Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

Dione Taylor

Spirits in the water

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Originaire du Saskatchewan, Dione Taylor est canadienne, Elle chante aussi bien le blues, le roots, le gospel, la soul que le jazz, dans un style qualifié, en général, d’americana, outre-Atlantique. Dione l’a plutôt baptisé ‘Prairie Blues’. Son premier opus, "Open your eyes", remonte à 2004,"Spirits in the water" constitue son cinquième. Pour l’enregistrer, elle s'est tendue à Nashville, dans le Tennessee. Depuis plusieurs années, le guitariste Joel Schwarz milite au sein de son backing band, Backsliders. Pour cet opus, Il occupe une place prépondérante, puisque non seulement il se charge des parties de gratte, mais il cosigne la majorité des plages avec Miss Taylor ; et, enfin, produit impeccablement huit des dix titres.

Orgue et percus amorcent l’excellent "Water", le titre d’ouverture, avant que n’émerge une guitare menaçante, puis la voix claire et tranchante de Dione. Talonnée par les cordes, elle est bien mise en exergue sur le délicatement rythmé "Workin'". Puis, lorsque la compo s’emballe, elle réplique aux chœurs gospel. Une formule reconduite sur "How many times". Très jolie ballade indolente, "Where I belong" nous réserve de nouveaux échanges vocaux et des cordes acoustiques, mais surtout une intervention à la guitare amplifiée de Schwarz. Tramée sur une sèche, "One more shot" est un folk/blues naturellement doux, lent et dépouillé. Ballade, "Darkness" agrège la délicatesse des cordes acoustiques aux électriques redoutables, mais subtilement chiadées.

Deux pistes ont été mises en forme par Sandy Mamane, un ami, qui pour la circonstance a reçu le concours de musiciens différents. "Ain't gonna let nobody turn me around" trempe dans une sorte de folk rockin’ blues dynamique, réminiscent du Led Zeppelin (« III »). Et si la voix de Dione est plus tendre que celle de Page, les cordes pénétrantes du banjo de Nichol Robertson et celles de la guitare de Sean Pinchin raniment ce souvenir. La même équipe nous réserve "Running", un blues/rock qui monte graduellement en puissance. Une chanteuse à découvrir absolument !

King Gizzard & The Lizard Wizard

K.G.

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Bien que fondée en 2010, cette formation australienne compte déjà 16 albums studio à son actif. Découpé en 10 plages pour 42 minutes, son dernier, « K.G. », baigne au sein d’un psyché/rock qui se nourrit de tonalités microtonales, comme dans la musique arabe, hindoue et raï, des intonations qui nécessitent des accords quarts de ton. Mais également de jazz, folk, funk, prog et métal.

Depuis la sortie de son dernier opus, l’un des batteurs, Eric Moore, a quitté le navire afin de se consacrer ‘full time’ au label Flightless. Le line up est donc réduit à un sextuor. Ce qui ne change pas grand-chose aux facultés du combo à jongler entre les différents styles. Encore que sur ce nouvel LP, King Gizzard & The Lizard Wizard use et parfois abuse de ces tonalités microtonales. Même les guitares sont touchées par cette contagion stéréotypée. Trois ou quatre plages, ça passe, mais dix, ça lasse. Les nuances apportées par le sitar et la flûte allègent souvent les compos. Cependant, elles sont un peu trop rares pour corriger le tir. Pourtant, il y a de l’énergie, de la percussion, parfois même de la folie douce (« Ontology », compo dont les lyrics traitent de la complexité de l’existence humaine), des harmonies vocales limpides, parfois incantatoires… et puis le groove libéré par « Minimum brainsize » nous replonge dans l’acid house de Madchester (Stone Roses ?). Mais le déséquilibre est trop flagrant pour emporter les suffrages de votre serviteur. Dommage !

Big Pacific

Welcome to the party

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Etablie sur l'île de Vancouver, à l'extrême ouest du Canada, Big Pacific est une formation de roots rock. Elle nous propose son second opus, "Welcome to the party", un disque qui fait suite à « Big Pacific I », paru en 2018. Constitué de musicos expérimentés, le quatuor est drivé par le chanteur/guitariste Roly Sandeval. Il est épaulé par le claviériste John Hannah (NDR : dans le passé, il a milité chez Heart et au sein du backing group de Bryan Adams), le bassiste Wayne Veillet et le drummer Nick Dokter, ces trois derniers participant généreusement aux vocaux. Ce team de vétérans pratique un rock simple, direct, efficace, remuant et bien imprégné de blues… 

Titre judicieux, "Welcome to the party" ouvre l’elpee. Energique, il démontre la maîtrise du band. Les voix collent parfaitement au style. La rythmique adopte des riffs stoniens. Piano et orgue soulignent un ensemble au sein duquel la slide de Roly s'intègre parfaitement. Sans compromis, "Bad girl" s’avère tout aussi nerveux. Tous solidaires du piano, les musiciens créent une solide ambiance autorisant enfin le passage à l'orgue de John Hannah. Exaltés, les quatre chanteurs embraient par "Rack 'em up". Ravageuses et dominatrices, les interventions à la slide s’envolent alors. Introduit aux ivoires, "Slip away" est plus paisible. Mélodieux et allègres, les chœurs se libèrent face au piano et la slide. Entraînant et puissant, le rock/blues "Lovin' arms" adopte un profil presque hard. Accrocheur et funky, "Here on the east side" s’enfonce dans le rockin' r&b. De très jolies harmonies vocales illuminent le country/rock "Hard road", une chouette ballade tapissée par l'orgue. Hannah joue encore un rôle déterminant tout au long de l’amusant "California girl" et de "Blue Moon blues", deux plages qui baignent résolument dans le rock'n'roll. Le long playing nous réserve encore deux bonus tracks, deux pistes acoustiques qui n'apportent rien de bien neuf. Big Pacific est manifestement davantage taillé pour le ‘live’ que pour le studio. Suivant la formule consacrée : “Welcome to the Party”!

Cable Ties

Far enough

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Originaire de Melbourne, Cable Ties est drivé par la chanteuse, compositrice et guitariste Jenny McKenchie. Elle est soutenue par une section rythmique impliquant la drummeuse Shauna Boyle et le bassiste Nick Brown. Ce trio compte déjà quatre elpees à son actif. Autoproduit, le précédent (« Say What You Mean ») avait suscité l’attention du label Merge (Fucked Up, Destroyer, Titus Andronicus, …) Ce qui explique pourquoi ce « Far enough » est paru chez cette écurie américaine….

Les huit pistes de cet opus baignent dans une forme de noise-punk susceptible de booster votre moral, en ces sombres journées d’automne… Le long playing s’ouvre par « Hope ». Après une intro tout en douceur, le morceau s’emballe et Jenny en profite pour dire tout ce qu’elle pense du patriarcat. Ambiance ! Et la suite n’est pas piquée des hannetons, puisque ses lyrics reflètent son engagement féministe, quand ils ne témoignent pas de son mécontentement général à l’égard du matérialisme ou du sexisme. La basse sous overdrive assène ses lourds riffs tantôt de manière hypnotique (« Tell Them Where to Go ») tantôt dialogue avec la guitare (« Sandcastles ») alors que la batterie libère un max de puissance. Outre ces morceaux énergiques, Cable Ties nous réserve des plages plus groovy et mélodieuses comme l’excellent « Lani » (7’26 quand même !) Accrocheuse, elle est balisée par une ligne de basse grondante, rappelant même le « One of these days » du Floyd, alors que la guitare grésille ou piaille allègrement quand elle ne se met pas à hurler.

Loin d’avoir gravé l’album de l’année, Cable Ties a manifestement une fameuse pêche et la communique à travers ses compos. Ce qui est réjouissant en cette période plutôt anxiogène…

Kid Ramos / Bob Corritore

Phoenix Blues Sessions

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Agé de 64 balais, Bob Corritore est un des plus brillants harmonicistes contemporains. Il a partagé la scène avec de très nombreux bluesmen notoires, et tout particulièrement sur les planches de son club, ‘The Rhythm Room’, à Phoenix, en Arizona. Ce bluesman à la vie intense est également devenu un animateur radio réputé, à travers ‘Those lowdown blues’, une émission qu’il présente sur KJZZ FM. En outre, sa discographie est conséquente. Sa réputation, il l’a forgée au fil du temps et de ses expériences…

Guitariste californien, Kid Ramos a milité chez le James Harman Band et surtout sévi, pendant dix longues années, au sein des Fabulous Thunderbirds. Il a entamé sa carrière solo, en parallèle. A ce jour, il a gravé cinq elpees sous son propre nom, dont le dernier, "Old school", remonte à 2018.

Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Phoenix, entre la fin des années 90 et le début du millénaire. Cet opus était paru comme ‘benefit album’, en 2012, pour financer les frais médicaux de Kid qui luttait alors contre un cancer. Toutes les compos ont été masterisées. En outre, le long playing a été enrichi de plusieurs titres inédits. Comme ni Kid ni Bob ne sont chanteurs, ils ont fait appel à de nombreux amis, parmi lesquels figure le pianiste Henry Gray, décédé récemment à l’âge de 95 ans.

Superbe, "Aw shucks baby" ouvre la plaque. Nappy Brown se consacre au chant. Bob est intenable à l’harmonica. Derrière son piano, Henry Gray interprète l'inédit "Come on in". Kid Ramos est alors au sommet de son art. Gray est toujours au poste pour attaquer "I held my baby last night », un excellent downhome blues signé Elmore James. Et encore le remuant "Talkin bout you", une plage issue de sa plume. Blues lent classieux, "24 hours" a été composé par Eddie Boyd, en 1953. Un certain Dr Fish se réserve le micro, alors que Mr Corritore souffle dans l'instrument chromatique. L’émotion est à son comble lorsque Chief Schabuttie Gilliame (NDR : affichant 95 balais, il est né en Egypte) chante d’une voix ravagée, "No more doggin'". "Mother-in-law blues" est une piste indolente jadis popularisée par Junior Parker. Batteur de session, Chico Chism, se charge des parties vocales alors que Ramos dispense une sortie chargée de feeling sur les cordes. Le Kid se distingue encore à la slide tout au long de "Possum in my tree", un morceau que chante autoritairement Big Pete Pearson. Pas la moindre faiblesse sur ce long playing qui recèle, en outre, de remarquables titres de blues classique…

Holy Family

Values

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Suivant l’adage, Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! Bien que paru en 2017, le second elpee de Holy Family, « Values », mérite toujours qu’on lui accorde une chronique.

A l’époque, il marquait le retour au pays de la formation suédoise après des piges de longues accomplies à Montréal ou à Athens (en Géorgie où l’album a d’ailleurs été enregistré en compagnie de Kevin Barnes, la folle tête pensante d’Of Montreal). Réunissant Anton et Viktor, Holy Family reconnaît alors pour influences majeures, Blur, Grizzly Bear et les années 60 en général.

Tout au long de cet LP, le groupe explore une indie-pop au groove plutôt imparable (le tube « Erratic »), rappelant même Wild Beast. Un profil confirmé par « Empty Gestures », une plage caractérisée par la ligne de basse caoutchouteuse.

Bien que très plaisant, cet opus manque sans doute d’identité distincte pour permettre à Holy Family de se distinguer d’autres groupes du même genre…

Population II

À La Ô Terre

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Premier album pour ce trio montréalais, au sein duquel milite Emmanuel Ethier (Chocolat, Corridor, Jonathan Personne). Intitulé « À La Ô Terre », il puise ses influences au sein d’une multitude de styles : rock, pop, prog, stoner, space, psyché, kraut, garage, blues, jazz, etc., tout en s’autorisant parfois des ouvertures orientales. Un peu comme de nombreux groupes qui ont traversé les 70’s ; mais en parvenant à jouer sur les contrastes… Acide et légèrement sous reverb, la voix délivre des textes en français, mais elle s’intègre tellement bien à l’ensemble qu’on n’y prête guère d’attention, même si parfois elle adopte une forme hymnique voire exotique.

En général, les compos se fondent l’une dans l’autre sans qu’on s’en rende compte. A l’instar du triptyque « Les vents » / « L’offrande » / « La nuit », au cours duquel la harpiste Marylou Lyon apporte son concours (NDR : sur le premier fragment !) Ligne de basse énigmatique, solos de gratte, drums souples et orgue vintage discrètement rogné (Iron Butterlfly ?) alimentent un fameux groove sur plusieurs plages. Un peu à la manière de Motorpsycho. Surtout lorsqu’elles s’emballent.

Floydienne (« Echoes ?), la basse palpite tout au long d’« Attraction », un titre qui s’ouvre et s’achève sur un rythme indolent, prend son envol à mi-parcours et concède des accès de free jazz au saxophone (NDR : invité pour la circonstance, Samuel Hampbell y souffle également sur le titre d’entrée, « Introspection »). Une structure qu’on retrouve sur « Ce n’est rêve », une compo sinueuse qui évolue d’abord sur un tempo tribal voire martial, monte en crescendo, explose et finit par retrouver sa langueur. Et le long playing de s’achever par le serpentueux « Je laisse soleil briller ». Excellent dans le style !

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que l’album est sorti chez Castle Records, le label qui appartient à John Dwyer, le leader de Osees.

Jeremiah Johnson

Unemployed highly annoyed

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Jeremiah Johnson est issu de St Louis, dans le Missouri. Sa musique baigne dans le blues et le southern. Ce presque quinquagénaire s’est entouré d’un backing group en 2009. Et dans la foulée, la formation a gravé "9th & Russell", un premier elpee. En 2018, Thomas Ruf l’intègre dans son écurie. Jeremiah y publie alors "Straitjacket", un long playing qui rencontre un énorme succès, en décrochant une pole position au sein du ‘Billboard Blues Chart’.

Lors des sessions de son quatrième LP, Jeremiah a reçu le concours de ses musiciens ; en l’occurrence le bassiste/claviériste Paul Niehaus IV et le drummer Tony Antonelli. Mais Niehaus a également invité des potes dans son studio Blue Lotus. En outre, non seulement il se charge des claviers sur la grande majorité des plages, mais il assure également la production. "Unemployed highly annoyed" recèle huit plages dont une reprise. Elles s’inspirent de la sombre époque que nous vivons, une situation causée par une pandémie qui force les musiciens à l’inactivité.

Southern rock, "Burn down the garden" est une superbe ouverture. Face à l’orgue, la voix colle parfaitement au style et Jeremiah s’autorise déjà une belle envolée sur ses cordes. Tout comme sur "Muddy black water", un titre dont le climat singulier et exotique est entretenu par les percussions et le piano électrique. La cover du "Cherry red wine" de Luther Allison est impeccable, un bues lent qui n’atteint cependant pas l’excellence de la version originale. Pas de claviers pour "Daddy's going out tonight", un rockin' blues dispensé sous la formule du trio classique, qui fait mouche. Naturellement funky, théâtre de beaux échanges entre cordes et clavier, le titre maître est contaminé par cette période Covid. Slow blues somptueux mené à la texane, "Different plan for me" est tapissé par la chaleur feutrée de l'orgue. Jeremiah est convaincant au chant, tout en arrachant de sa gratte, des notes dignes d'Albert Collins. Orgue et cordes continuent de nous enchanter tout au long du lent et intimiste "Love and sympathy". De très bonne facture, cet opus s’achève par le judicieusement intitulé "Rock'n'roll for the soul"…

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