L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

logo_musiczine

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26656 Items)

Couleur Café 2011 : dimanche 26 juin

Écrit par

Pour le dernier jour, le soleil a décidé d’être de la partie. D’autant plus de raisons pour faire la fête. Le dimanche est immanquablement le jour ‘familial’ à Couleur Café ; et l’affiche s’y colle parfaitement. Au programme : Seal, Band Of Gypsies 2, Irma, Dub Inc., Alborosie, etc. Sur papier, on ne se laisserait pas facilement convaincre mais, sur scène, l’ultime journée du festival réservait bien quelques bonnes surprises.

On démarre le dimanche mollo devant la grande scène Titan, surplombée par un soleil radieux. Le coup de départ est donné à 18h par le projet Band Of Gypsies 2, qui rassemble deux grands noms de la scène balkanique, à savoir Taraf de Haïdouks et Koçani Orkestar. Au total, 26 musiciens se retrouvent sur la Main Stage du « Coul’Caf’ ». Tout ça pour un résultat tout mou, qui ne donne pas spécialement envie de se dégourdir les jambes sous le soleil de plombs. Et pourtant, c’est ce que l’on attendait de ce type de formations. Il faut dire que le son n’était génial et n’a pas vraiment aidé le public (hormis les irréductibles enthousiastes) à s’imprégner de la musique de la grande troupe.

Une grosse demi-heure plus tard, je découvre que le public, peu nombreux du côté de la grande scène, s’est en fait terré sous l’ombre et dans l’ambiance moite du chapiteau Univers. Impressionnant : Keny Arkana, la petite rappeuse au tempérament de feu, se produit devant un parterre surchauffé et ultra enthousiaste. Des premiers aux derniers rangs, les fans scandent ses textes comme un seul homme. La Franco-Argentine se donne à 100%, avec une hargne assumée et des textes acérés et, surtout, qui ont un sens. On est bien loin du monde édulcoré à la Diam’s. Et pourtant, la jeune femme fédère aussi facilement que sa compatriote. Elle, c’est sûr, on ne manquera pas son retour sur les planches belges.

Pas si attendu que ça, le projet Congotronics VS Rockers. Du moins, pas par l’ensemble du public de Couleur Café. Et c’est bien dommage! Les visiteurs du festival auront préféré se promener autopur du site ou aller jeter un œil aux prestations d’Alborosie et Irma. Pourtant, le spectacle de Juana Molina, Deerhof, Wilbirds & Peacedrums, Kasai AllStars, Konono n°1 et compagnie fait vibrer le chapiteau Univers. Mais c’est devant un chapiteau aux deux tiers vide que la troupe présente son excellent projet. Chapeau bas à Hoquets qui, le temps d’un morceau, ont mis le feu aux planches.

Un peu plus loin, sous la Fiesta, c’est la force tranquille d’Irma qui séduit les festivaliers. Le charme de la Française originaire du Cameroun opère sans effort avec des morceaux ultra-radiophoniques. Son set se clôture sur le méga tube « I Know », repris en chœur par les fans. C’est gentil et mignon comme tout. Un peu trop à mon goût mais la jolie jeune femme à un potentiel de sympathie tel qu’on tombe dans le panneau. Et c’est là que je me rends compte que les cinq minutes que j’avais prévu de consacrer à la chanteuse se sont inconsciemment prolongées d’une vingtaine supplémentaire. On est fleur bleue ou on ne l’est pas…

21h45. Sur la scène Titan, l’heure est venue pour la tête d’affiche de cette édition de faire son apparition. Partout, on ne voit que des sourires et des jeunes femmes hurlant à plein poumons. Seal, chemise noire, lunettes de soleil et magnifiques chaussures jaunes, débarque sur l’estrade et balance quelques uns de ses derniers morceaux bien pourris avant de passer aux choses sérieuses. « Killer » entame le cycle des hits avant la respectueuse reprise du « It’s A Man’s Man’s World » de James Brown. On a droit également au sympathique « I Can’t Stand The Rain » de Ann Peebles avant que le bonhomme ne décide de nous balancer encore trois ou quatre daubes. « Kiss From A Rose », morceau très attendu par les demoiselles de l’assistance, se place en fin de parcours avec l »inévitable hit « Crazy ». Le mari de la Klum aurait pu s’arrêter là, mais non. C’est qu’il tenait encore à partager l’un ou l’autre titre anecdotique de sa discographie. Pas grave, y’a mieux à voir ailleurs.

Mieux à voir mais pas forcément à entendre. Massacre intégral pour le début de set du talentueux Kid Koala. Le DJ estampillé Ninja Tunes aura du souffrir d’un problème technique massacrant ses beats à la tronçonneuse. Limite inaudible. Sous son costume de Koala, le Canadien s’efforce de continuer ses enchaînements sans se laisser démonter par la catastrophe sonore. Ce n’est qu’un bon quart d’heure plus tard que l’un des techniciens se décide enfin à venir vérifier l’équipement du bonhomme. Un petite et simple manip’ plus tard, les oreilles des fans peuvent enfin distinguer autre chose que la soupe qui émanait des baffles quelques instants auparavant. Une petite heure durant, le Kid aux mains d’or aura fait danser les derniers motivés au son d’un DJ set aussi impressionnant que d’habitude. Une bien belle manière de clôturer un festival que l’on espère retrouver l’an prochain au même endroit (rien n’est moins sûr) et, surtout, étayée d’une affiche un chouia plus alléchante.

Chilly Gonzales

The Unspeakable Genius

Écrit par

Il n’est pas idéal d’assister à deux concerts, en autant de soirées d’affilée ; car lorsque le spectacle parvient à me transporter, il me faut plus de 24h pour le digérer… Et ce sera le cas pour l’Unspeakable Chilly Gonzales programmé à la Volksbühne. Etait-ce de la musique contemporaine ? Un one-man show ? Une leçon d’éthique ? Ce que j’ai retenu, c’est que je ne me suis pas emmerdée une seconde. Le concert était ultra sold-out ; mais on a récupéré des cartes de ‘désistement’ après 3/4h d’attente à la caisse. D’un seul coup, 10 places se sont libérées (NDR : oui, je sais, j’aurais dû m’y prendre plus tôt ; et pareil pour les Foo Fighters).

L’homme est mégalomane : il se déclare légèrement dictateur à l’égard du Fuck Luck Orchestra (sic) qu’il ‘paie pour qu’ils fassent ce qu’il dit’.

L’homme est humble : en pantoufles et peignoir, comme à son habitude, il aspire avant tout à se décarcasser ostensiblement pour le public. Dans son interview sur Motor FM le lendemain, il expliquait que seuls les vrais artistes sont ceux chez qui on sent les années-misères, le vrai ‘job alimentaire’ de musicien de studio/d’ambiance/prof derrière eux, qui ont acquis assez d’humilité pour ne pas jouer les invincibles ‘même pas mal quand je joue’ une fois sur la scène du succès. Chilly Gonzales transpire, postillonne, s’obstine et s’essouffle. Il a parfois le profil du pianiste dans ‘Shine’.

L’homme est génial : il définit le musical genius comme la simple faculté d’entendre des choses et de les rejouer. Cela ne signifie pas le talent. Mais avant tout, l’unspeakable genius de Gonzales procède de l’invention d’un langage musical drôle et compréhensible qui demeure dans la finesse. Un piano s’exprime. Des incises au semblant improvisé donnent l’impression qu’il nous parle à tous, et pas seulement dans un jargon destiné aux musicos, même dans son trip extatique.

L’homme est un poète : il a peut-être pensé que les gens l’écouteraient plus que ne le liraient et a intégré ses poèmes, voire son pamphlet, dans sa musique. Résultat : du rap blanc qui ne parle ni de misère, ni de fric, ni de sexe et baston, mais résonne tel un article de Slate. Pourquoi le rap ? Parce que ‘si vous n’aimez pas le rap d’aujourd’hui, vous n’aimez pas aujourd’hui’.

L’homme souhaite vivre dans son temps: ‘I want to be a man of my time with my old-fashioned skills. (…) Find a way in. Find your way in’. Le pianiste tambourine de la pédale et va dans les cordes, mais accuse les musiciens classiques contemporains d’avoir tué la musique classique et se met à jouer n’importe quoi, ‘What I’m playin’ is bullshit, you know, just make the face so as to make it credible’.

L’homme est capitaliste : ‘Vous savez, ceux qui aiment ce que je fais achèteront mes disques et viendront à mes concerts, c’est comme ça que ça marche, je suis capitaliste’. ‘I’m a lot of things, but a left-wing singer songwriter I’m not.’

L’homme est arrogant, atypique, légèrement démoniaque, et complètement barge…

(Organisation Volksbühne)

Couleur Café 2011 : samedi 25 Juin

Écrit par

Deuxième jour. On est loin du carton plein, côté public. Ce samedi 25 juin, le site de Tour & Taxis accueille, en effet, beaucoup moins de monde que la veille. Ce qui ne va, en rien, affecter l’ambiance du festival bruxellois. Au programme : Yael Naïm, Raggasonic, Puggy et, surtout DJ Shadow, qui en va en mettre plein la vue à l’assistance.

Arrivé assez tardive sur le site mais juste à temps pour applaudir un pti’ gars qui risque bien de faire parler de lui dans les semaines ou mois à venir. Ghostpoet, qui a la malchance de jouer en même temps que les inévitables Puggy, s’affaire sur les planches de la scène Fiesta à 19h45. Du coup, ses beats sont de temps en temps noyés par les riffs de la formation belge. Mais le britton ne se laisser pas déconcentrer et enchaîne les sons de « Peanut Butter Blues & Melancholy Jam », son premier LP publié en février dernier. Obar Ejimiwe, alias Ghostpoet, mélange subtilement rap, soul et electronica. Il n’y a pas énormément de monde sous la petite tente mais ceux qui y sont n’ont pas l’air de s’y emmerder. Le bonhomme à lunettes et ses très bons « Run Run Run », « Liines », « I Just Don’t Know » et « Cash & Carry Me Home » font taper du pied l’assistance. Un peu timide au départ, le gars, au capital de sympathie plutôt élevé, se lâche au fur et à mesure du set pour finalement délivrer un des concerts les plus agréables auquel j’aurais eu la chance d'assister. Le poète fantôme reviendra faire un tour en Belgique à l’occasion du festival de Dour. Les amateurs du genre feraient bien d’aller jeter un œil et une oreille à son set !

Pas spécialement intéressé par les artistes suivants (Soja, Smod, Sergent Garcia), l’occasion est venue de faire un tour rapide du site et de constater qu’il y’a manifestement un problème d’agencement de l’espace. Les coupables : la tente Dance Club et la petite scène sponsorisée ‘Move Stage’. Placées respectivement à droite en face de l’Univers et à gauche en face de la Fiesta, elles possèdent toutes deux des baffles assez puissants pour rendre fou les festivaliers coincés sur le chemin qui mène d’une scène à l’autre. En effet, dès qu’il s’éloigne des estrades principales, le festivalier se retrouve pris dans l’étau du son émanant de quatre scènes. Cacophonie intégrale et pas spécialement agréable. De quoi écourter rapidement les ballades sur le site…

Un peu plus tard, vers 22h, je prends mes quartiers sous la tente Univers. Ce soir, DJ Shadow va faire tourner la tête des festivaliers. Son projet ‘Live From the Shadowsphere’, présenté quelques jours plus tôt sur les planches du Vooruit de Grand, atterrit pour une petite heure à Couleur Café. La fameuse sphère de Josh Davis est plantée au milieu de la scène devant un écran géant. Au moindre clignotement des spots de lumières, le public se déchaîne. Ca promet ! 22h15, DJ Shadow embarque dans sa bulle et entraîne avec lui une foule hurlant à plein poumons. L’effet des projections sur la sphère est presque aussi spectaculaire que celui de l’installation d’Amon Tobin pour sa tournée « Isam ». Plein les yeux, plein les oreilles. A l’intérieur de sa boule multimedia, Davis enchaîne quelques uns de ses meilleurs morceaux, retravaillés pour l’occasion. Exit l’affreux « The Outsider », le DJ se concentre principalement sur ses énormes « Endtroducing… » et « The Private Press ». L’homme se révèle au public extatique à l’occasion de deux nouveaux titres, dont « I Gotta Rokk », son dernier single en date. Et redécolle ensuite, pour un sprint final étayé par l’incontournable « 6 Days ». Pas aussi percutant que le show d’Amon Tobin mais impressionnant quand même !

Ce soir, je la fait courte. Mais avant de partir, pas moyen de manquer le traditionnel feu d’artifice de Couleur Café. Une fois encore, les gros pétards volants auront littéralement émerveillé le public du festival. Et après le show de DJ Shadow, le moindre que l’on puisse dire c’est que la soirée de ce samedi fut véritable un plaisir pour les mirettes.

Couleur Café 2011 : vendredi 24 juin

Écrit par

C’est parti ! La saison des festivals d’été est entamée. Comme chaque année, Couleur Café est le premier à se lancer dans l’arène. Malgré une affiche moins affriolante que dans le passé, le festival bruxellois, qui se déroulait du 24 au 26 juin à Tour &Taxis, est tout de même parvenu à s’offrir quelques jolies prestations d’artistes autant confirmés que prometteurs. On épinglera plus particulièrement les shows de DJ Shadow, Kid Koala, Ghostpoet et Irma. Et même si le soleil n’a brillé qu’un jour sur trois, l’ambiance, elle, a une nouvelle fois atteint des sommets de chaleur !

C’est dès 19h que je frôle les (affreux) graviers de Tour&Taxis. Le temps est pas top mais le public est chauffé à point. A temps pour applaudir les rappeurs marseillais les plus fadas de la planète. Comme à son habitude, IAM se démène à secouer un public déjà très nombreux devant la scène Titan. Mais v’là qu’un problème technique les forcent à arrêter leur set pendant quelques minutes. Akhénaton et Shurik’N ne le laissent pas démonter. A peine le courant rétabli, ils reprennent de plus belles en enchaînent avec quelques uns de leurs plus gros tubes, à savoir l’énorme « L’empire du côté obscur », « Petit Frère », « Independenza » et, évidemment « Le Mia » retravaillé sur le sample funky de « Give Me The Night » de George Benson. C’est vrai qu’ils jouent ‘un peu tôt’, comme s’en sont plaint pas mal de festivaliers. Mais au moins t’es dans le bain, direct. Ca démarre plutôt fort.

Après la France, c’est au tour de la Belgique de prendre possession de l’estrade du Titan. Couleur Café, elle connaît bien la petite Louvaniste. Tour à tour, Selah Sue aura posé le pied sur chacune des scènes du festival. Le Titan, c’est la consécration. Bien méritée, d’ailleurs. Suffit de voir le nombre de fillettes arborant la même coiffure pour classer définitivement la carrière de la chanteuse comme l’une des plus énormes success story musicale made in Belgium. Pourvu que ça dure, comme dirait l’autre. Faut juste espérer qu’elle garde les pieds sur terre. Des petons qui étaient bien vivaces sur les coups de 20h15. Toujours plus à l’aise sur scène, Selah Sue parcoure son éponyme avec naturel et une bonne dose d’énergie. Entre deux morceaux du disque, elle s’essaie à l’exercice de la reprise en réinterprétant le « Lost Ones » de Lauryn Hill. Pas mal. Par contre, ceux qui s’attendaient à voir débarquer Cee-Lo Green pour le duo « Please » ont du être terriblement déçu. En même temps, faut pas rêver, les ptis gars. Green est remplacé au pied levé par le (co)producteur de la jeune femme, Patrice. Histoire de se chauffer un peu avant son set, qui suit une petite heure plus tard sur la même scène. Succès de foule, Selah Sue peut dormir sur ses deux oreilles. Et vu l’acceuil que le public de Couleur Café lui a réservé, y’a en effet de grandes chances que son concert prévu à Forest National à la rentrée affiche tôt ou tard complet.

Un tour du côté de la scène Univers pour la prestation d’une autre star montante, Américaine cette fois, me donne envie d’abréger en écrivant ‘Cfr. Article du 20.02.2011’. Tout simplement parce que le manque de spontanéité du show de Janelle Monáe se confirme. Certes, la gamine, les danseuses et les musiciens y mettent du cœur. Mais tout y est quasi à l’identique. Y compris l’ordre des morceaux. Non, attends. C’est vrai, elle a fait l’effort de chanter « I Want You Back » des Jackson 5 au lieu du « Smile » de Chaplin. On l’applaudit bien fort. Next.

Pas très intéressé par ce que fait Patrice (‘tiens v’là Selah qui lui rend la pareille…’), le moment est idéal pour aller fureter sur les inévitables à-côtés du festival. A commencer par la Grande Rue du Bien Manger où les bons petits plats des quatre coins du monde embaument l’air de leurs délicieux parfums. Ca te coûte la peau des fesses mais tu sais que tu ne pourras pas y résister. Quelle faiblesse ! Quel bonheur ! Et puis y’a le marché. Le plaisir de ces dames, principalement. Et, ô joie, toujours pas une goutte dans le ciel ! L’expo, ce sera pour demain parce maintenant, faut se mettre en place pour accueillir Method Man & Redman comme il se doit.

Mais quelle erreur… Prévu à 23h15, ce n’est que vers 23h40 que quelque chose se passe enfin sur scène. Pas de rappeurs East Coast en vue. Juste un DJ qui tente de chauffer la salle pendant que les deux mecs terminent tranquillement leur bédots. Et quand ils débarquent enfin sur scène, le résultat est pas génial. Rien à redire côté énergie, Method Man & Redman se démènent comme des bêtes. Mais le son pourri de la scène Univers, et plus particulièrement du mic’ de Method Man gâche un peu la fête. Sa voix si authentique est passée au hachoir et c’est bien dommage. Me reste donc plus qu’à rentrer à la baraque et me taper la daube cinématographique « How High » (mettant en scène les deux acolytes). Même le son mono de ma téloche rend bien mieux justice aux cordes vocales du grand maître... Repos bien mérité avant la reprise des activités le lendemain.

Christophe Maé immortalisé à Forest National !

Écrit par

C’est le 26 septembre que sortira l’album live de Christophe Maé. L’artiste avait bien commis un elpee unplugged, intitulé « Comme à la maison », mais pas encore de véritable opus enregistré en face d’un  grand public. Là où règne la véritable ambiance des concerts. Les enregistrements datent des 12 et 13 décembre 2010 ; et ils ont été réalisés à Forest National. Un avant-goût sera proposé mi-août lors de la sortie du single « Un peu de blues », prévu pour les radios.

Herman Düne avide de connaissance…

Écrit par

La vidéo du single “Tell Me Something I don’t Know” d’Herman Düne, titre issu de leur dernier album « Strange Moosic », est téléchargeable sur le net ici

Les Franco-suédois se produiront dans le cadre des Ardentes le 7 juillet, et le 20 juillet au Boomtown à Gand.

http://www.hermandune.com
http://www.myspace.com/therealhermandune

 

 

Les semences de Fleetwood Mac…

Écrit par

Eagle Rock Entertainement publiera, le 5 septembre prochain, « Seeds We Sow’, le nouvel album studio de Lindsey Bunckingham. L’ex-producteur, chanteur, compositeur et guitariste de Fleetwood Mac a enregistré cette nouvelle livraison, chez lui à Los Angeles. L’opus recèlera une cover du « She Smiled Sweetly » des Stones.

Tracklisting

1) Seeds We Sow
2) In Our Own Time
3) Illumination
4) That’s The Way Love Goes
5) Stars Are Crazy
6) When She Comes Down
7) Rock Away Blind
8) One Take
9) Gone Too Far
10) End Of Time
11) She Smiled Sweetly

 

Versus Mr. Blue

Écrit par

Groupe français pratiquant une musique qui oscille entre Hip Hop, Soul & Funk Blaxploitation, Versus publiera son premier Ep, « Mr Blue », ce 4 juillet. Sur ce disque, figurera des remixes de 20syl (Hocus Pocus) et de Booster ainsi que des versions instrumentales et a capella.

 

Tindersticks

Tindersticks playing Claire Denis Film score : ‘A marriage made in heaven’

Écrit par

A pas de velours, la musique des Tindersticks prend corps le temps de quelques soirées d’exception à travers le monde, grâce aux images de Claire Denis (juste renvoi d’ascenseur, puisque l'inverse est vrai au cinéma depuis 1996). Si les compositions de Stuart Staples et des siens marient pour le meilleur et jamais le pire la filmographie de cette dernière depuis quinze années maintenant, ce n’est pas un hasard. Sorte de communion solennelle des sens et des sons, l’union sacrée entre ce groupe de classe et la réalisatrice française se fait charnelle et douloureuse, triste et passionnée, sensible et tumultueuse. L’interprétation live captivant les sens tandis que les images déclinées en patchwork illustrent les notes qui elles-mêmes renvoient aux images.

Ce jeudi, Bruxelles jouissait à son tour de cet immense privilège, après Istanbul, Paris, Londres ou encore San Francisco.

Aperçu d’une soirée en seize neuvième.

 S’invitant dans les plus belles salles pour ces représentations hors-cadre, les Tindersticks découvrent ce soir le Palais des Beaux Arts, dans le cadre de la neuvième édition du Brussel Film Festival.

En ce lieu élégant et quelque peu daté, seyant parfaitement à la musique des Anglais, les spectateurs, peu habitués à ce type de cadre, savourent l’atmosphère théâtrale. Elle emplit le microcosme avant que les lumières ne s’effacent. Sous les applaudissements se découpent alors les huit silhouettes du groupe sur la toile blanche qui ce soir, leur servira de tremplin. Absorbée par les images de « Nénette et Boni » et baignant dans les reflets aquatiques de cette scène miroitante de la piscine, doucement, la bande son prend possession de l’espace. Pour ne plus s’en défaire, jusqu’à la dernière note, suspendue quelque part dans l'infini.

Défilent sur la toile: trains à destination de l'abandon, chevaux lancés à bride abattue, dans la virginité opaque de campagnes enneigées ou paysages d'Afrique à la terre rouge sang.

Se succèdent, scènes chagrines ou sensuelles, tantôt bercées, tantôt malmenées ou encore transfigurées par la sublime musique de ces ombres se dessinant en contrebas de l'immense écran.

Violence et tourments, personnages en perdition, amour, haine et sexe se côtoient ainsi dans une orgie fantasmagorique dont la bande son illustre avec brio chaque imperceptible mouvement. La flûte traverse hier, le mélodica s’appuie sur deux mains, et le violon scelle son destin.

Alors que les dialogues se décalquent sur les nuances tissées au fur et mesure, le temps s'arrête, happé par cette ambiance feutrée.

Quand plus de septante minutes plus tard, en guise de remerciements, le groupe offre deux titres en rappel, dont l'incontournable "Tiny Tears", le voile se lève sur ce concert événement qui situe un peu plus les Tindersticks dans la sphère de ces groupes précieux considérés comme indéfinissables et dont la trempe n'a d'égal.

Standing ovation et saluts théâtraux clôturent cette bien belle soirée contrastant drastiquement avec la dernière fois que j'avais pu assister à un de leurs sets.

C'était à Eindhoven, l'an passé et après une trentaine de minutes, le concert s'était achevé  prématurément, Stuart Staples tournant les talons à un public irrespectueux et à la langue trop bien pendue.

Et oui, les Tindersticks jouent une musique qui s’écoute, mais comme aujourd’hui, se regarde aussi.

Organisation: Bozar

 

Hubert-Félix Thiéfaine

Suppléments de mensonge

Écrit par

Hubert-Félix Thiéfaine, figure emblématique d’un rock engagé et marginal, vient de sortir un dernier disque aux formes plus rondes, aux inflexions plus romantiques que celles qu’on lui connaissait. A quelques exceptions près, les mélodies sont plus douces que d’aventure, et s’organisent autour d’une structure traditionnelle. Mais si le cadre est classique, le contenu dépote comme aux premiers pas de cet inclassable musicien. Ecrits en rimes et en alexandrins, les textes évoluent au sein d’une atmosphère baudelairienne. Ils abordent des thèmes comme ceux de l’amour, du voyage, de l’exotisme, des douceurs féminines, de la nostalgie et de l’enfance et recèlent de nombreuses références littéraires. La plume de Thiefaine griffe et arrache plus qu’elle ne caresse.

Les trois premiers morceaux inaugurent l’album en beauté. "La Ruelle Des Morts", ressuscite les mythes de l’enfance, les souvenirs des soirées magiques de juillet, framboises, kéfir et récits d’aventure. Ces images sont celles de Thiéfaine enfant. La ruelle des morts est le nom d’une artère de Dole, petite ville jurassienne dont l’artiste et votre serviteur sont originaires. Les allusions à Barberousse se réfèrent peut-être à la place qui porte cette appellation, et à la mystérieuse statue du cyclope qui s’y tient. "Fièvre Résurrectionnelle" est une chanson d'amour itinérante, quête irréelle d'un absolu impossible, d'amour et de liberté. Chanson langoureuse, "Trois Poèmes Pour Annabel Lee" nous renvoie à un poème d'Edgar Poe écrit à la mort d'une femme, amour d'enfance doublement défunt.

Malgré une tendance à l'adoucissement, quelques titres plus rock font cingler les guitares. Egalement plus sombres, "Garbo XW Machine " et "Lobotomie Sporting Club " révèlent une urgence angoissée, sur une rythmique endiablée.

Quelques chansons sont moins intéressantes, à l’instar des "Ombres du soir" aux inflexions débonnaires et de "Compartiment C Voiture 293 (Edward Hopper1938)" rêverie d’un romantisme un peu usé, inspiré d’un tableau représentant une femme qui lit dans un train.

Le cinquième morceau, "Petit Matin 4.10 Heure d'Eté" semble être le symbole de tout le disque. Sur une instrumentation sobre, mêlant guitare, harmonica et d'autres cordes plus légères, HFT nous confie : ‘Je n’ai plus rien à exposer dans la galerie des sentiments. Je laisse ma place aux nouveaux-nés sur le marché des morts-vivants’ ou encore ‘Je rêve tellement d'avoir été que je vais finir par tomber’. Nostalgique envers un temps perdu et désabusé face au monde à venir, Thiéfaine a choisi de brûler la chandelle par les deux bouts, de vivre dans un présent incandescent, d’en épuiser l’ivresse. Avec une sincérité impudique, cet esprit libre se livre dans ce disque, qui sera suivi de sa dernière tournée, baptisée Homo Plebis Ultimae Tour.

 

En espérant que les médias généralistes se rendent enfin compte de son existence, donnant en même temps tort à cet artiste qui a dit que ‘la meilleure façon de devenir célèbre, c'est d'être mort.

 

Woods

Sun and Shade

Écrit par

Le nouvel opus de Woods porte bien son titre : « Sun and Shade ». Et pour cause, les 12 morceaux de cet elpee oscillent entre hits folk ensoleillés (« Pushing Onlys », « To Have in the Home ») et longues divagations folks abscondes (« Out of the Eye », « Sol Y Sombra »)

Il s’agit déjà de leur sixième long playing. En fait le groupe est sorti de son anonymat en 2009, lorsqu’il a publié « Songs of Shame ». Les années passées au purgatoire du folk underground ont donc été très longues. Mais finalement le charme de leurs compos folk-rock-pop-lo-fi a opéré. Etonnant, leur nouvel opus propose des compos qui accrochent moins vite. Ils ont préféré varier les climats et (ré)expérimenter.

Depuis le krautrock acoustique de « Sol Y Sombra » à la ballade délicate (« Wouldn’t Waste », « Who do I think I am »), en passant par l’instantanéité pop à coloration 60’s de « Pushing Onlys », par exemple, les contrastes sont saisissants. Des contrastes qui enrichissent indubitablement la musique de Woods et préservent de l’ennui. On épinglera également la voix de Jeremy Earl, dont le timbre assez proche de celui de Neil Young, communique énormément de douceur aux compos les plus mélancoliques.

Woods n’est donc pas un énième groupe qui pratique du folk US, mais une formation extrêmement talentueuse au répertoire aussi riche que varié. C’est également un combo capable d’évoluer, tout en alignant des œuvres à un véritable rythme de métronome. Pas étonnant que le groupe soit devenu culte à New York…

Beatsteaks

Boombox

Écrit par

Stars en Allemagne, les Beatsteaks sont nés à Berlin, en 1995. Le gang teuton pratique, depuis le début de sa déjà longue carrière, du punk-rock old-school, essentiellement influencé par Bad Religion et Pennywise. En 2008, les musiciens avaient décidé de se mettre en standby indéfini ; mais, très vite, le virus de la musique a repris le dessus, et la formation a de nouveau décidé de sévir sur les scènes européennes (et du monde entier d’ailleurs), en refourguant leurs riffs acérés aux oreilles de leurs aficionados. 

« Boombox » constitue déjà leur 6ème album ; et il faut reconnaître que le combo berlinois y a fortement adouci le ton. De quoi se mettre à dos une partie de leur public de la première heure. La plupart des morceaux privilégient l’aspect mélodique, lorsqu’ils ne flirtent pas carrément avec la pop. Parfait album printanier, « Boombox » regorge de tubes comme le sautillant « Milk & Honey », rappelant les dernières productions de Madness ou le rigolo « Cheap Comments », qui lorgne du côté des Ramones. En outre, Sublime n’aurait certainement pas renié la coolitude ensoleillée de « Let’s See » et les King of Leon, « House is on Fire ». La belle voix enrouée d’Arnim Teutoburg-Weiß apporte toutefois un peu de profondeur à une musique parfois trop produite et attendue. Il subsiste cependant encore quelques salves punk sur l’opus. A l’instar de « Bullets From Another Dimension » ou encore « Behavior » ; mais on n’y croit plus beaucoup. Les Beatsteaks sont devenus un très bon groupe de pop-rock. Sucré, « Boombox » est un album assurément de bonne facture, mais dont l’urgence punk a presque totalement disparue…

Les Beatsteaks se produiront dans le cadre de l’Eupen Musik Marathon, le 26 juin.

Gérard Herman

Fêta justice

Écrit par

Gérard Herman est étudiant en arts graphiques à Gand. « Fêta justice » constitue une partie de son travail de fin d’études. Prions d’ores et déjà pour que son diplôme lui soit attribué afin d’éviter un second opus du même acabit. Cet alignement de sons, parce qu’il est impossible d’évoquer une quelconque mélodie, agace rapidement. Des cris d’oies aux bruits étranges d’instruments que l’artiste a confectionnés lui-même, tout semble posé au hasard, sans le moindre fil conducteur. Ce jeune Flamand essaie d’embarquer l’auditeur dans un monde décalé et pour le moins original mais la sauce ne prend pas. Gérard Herman devrait en rester à ses fusains car « Fêta justice » a plus l’allure d’une blague que d’une réussite.

Oreilles sensibles s’abstenir !

Liturgy

Aesthetica

Écrit par

Je ne suis pas sûr que ce « Liturgy » recevra la bénédiction papale. Vu les lyrics qui alimentent les compos, il risque même fort de ne pas trop plaire à Benoît XVI et toute sa clique.

Liturgy est un groupe de Black metal new-yorkais. A l’origine, il s’agissait du projet solo de Hunter Hunt-Hendrix (NDR : pas un nom de star…) qu’il a transformé en groupe, dès 2008. L’année suivante, la formation américaine avait quelque peu créé le buzz en qualifiant la musique de son premier album, « Renihilation », de ‘black métal transcendantal’. Loin des clichés du genre –les membres du groupe, très Ivy League, s’habillent comme ceux de Vampire Weekend ; Hunter a d’ailleurs fréquenté la même faculté, la Columbia University– Liturgy risque de subir les foudres des aficionados de la première heure, malgré la férocité et le radicalisme de son expression sonore. Et ce n’est pas la signature chez Thrill Jockey (High Places ou The Fiery Furnaces) qui lui servira de paratonnerre.

Et pourtant, les 12 morceaux qui figurent sur cet elpee sont à la fois brutaux et inventifs ; ce qui n’est pas un mince exploit, avouons-le, lorsqu’on évolue dans un style parfois très codifié. Les assauts sont complexes et agressifs tant du point de vue vocal qu’instrumental. Les guitares et la rythmique ‘blatbeast’ qui alimentent des morceaux comme « Generation », « Glory Bronze » ou l’immense « Harmonia », rappellent que le Black metal n’est pas une musique primaire. Bref, cette violence fait du bien ! ‘Habemus Black Metal’!

Malachai

Return to the Ugly Side

Écrit par

Le Malachai est-il une nouvelle espèce de monstre musical en pleine mutation ? C’est en tout cas l’impression que nous donne « Return to the Ugly Side », le nouvel album de cette formation anglaise, issue de Bristol, très exactement. Un elpee qui fait suite à « The Ugly Side of Love », un premier elpee publié en 2009 et réédité l’an dernier. Issu de Bristol, le combo réunit Gee Healy au chant et Scott Hendry à l’instrumentation et aux samples. Musique mutante, car Malachai mêle brillamment hip-hop et pop, un peu  la manière de Gorillaz. Et puis, pas étonnant que le monstre ait été découvert par Geoff Barrow, tête chercheuse de Portishead, tant les atmosphères planantes et jazzyfiantes sont proches. D’ailleurs, un morceau comme « How You Write » rappelle même carrément l’univers trip-hop des vétérans anglais. Toutefois dans un esprit aussi fun qu’inquiétant.

Mais pourquoi donc avoir intitulé leur deuxième essai ‘Le retour…’ ? Sans doute parce que le premier n’allait pas assez loin, à leurs yeux et leurs oreilles ; et que les deux olibrius voulaient enfoncer le clou. « The Return… » est en effet plus abouti que leur premier long playing.

L’intro est monumentale. Il règne une ambiance de cirque noir. A cause de cette collaboration apportée par le compositeur de musique classique de la BBC, Ben Salisbury. Le tout mixé à des beats électro syncopés. Les deux musiciens –et véritables clowns tristes– recyclent les musiques urbaines contemporaines pour créer un ensemble très cohérent. Le drum&bass, le dub, le rock, la brit-pop, l’électro, la musique classique, le hip-hop, etc., rien ne résiste à leur appétit de fusion. Des extrêmes sur cette plaque ? Les énervés et quasi jungle « Anne » et « (My) Ambulance », d’un côté. Le duo partagé en compagnie de Katy Wainright, sur la ballade « Rainbows », de l’autre. Un ‘return’ finalement pas si ‘ugly’ qu’il ne le suggère, mais plutôt proche du ‘very beautiful’ !

Efrim Manuel Menuck

High Gospel

Écrit par

Efrim Manuel Menuck nous a souvent permis de rêver, tant chez Godspeed You ! Black Emperor, comme guitariste, que pour Thee Silver Mount Zion, au sein duquel il est chanteur. Des projets tout au long desquels il excelle, soit en nous réservant de longs crescendos instrumentaux, soit en transmettant ses émotions à l’aide de sa voix.

Première constatation, les pistes proposées par le barbu oscillent entre 5 et 6 minutes. Et dès le premier morceau, « Our lady of parc extension and her munificient sorrow », on a droit à ces envolées de six cordes si caractéristiques ; et ces loops qui ne le sont pas moins. En outre, le timbre du Canadien est toujours aussi hanté. Introduction parfaite. Un long titre expérimental et une plage atmosphérique embraient. Avant qu’Efrim nous offre la meilleure compo de l’opus : « Heavy calls & hospitals blues », une superbe chanson au cours de laquelle il s’accompagne au piano. Malheureusement, la suite manque de consistance, y compris le dernier morceau au cours duquel il nous parle de son fils (« I am no longer a motherless child »). Même le morceau qui rend hommage à son ami, feu Vic Chesnutt, ne semble pas l’avoir beaucoup inspiré.

Bien qu’appréciant énormément, Efrim Manuel Menuck, je dois avouer que son premier elpee solo m’a laissé sur ma faim. Le barde n’est pas un solitaire. Il a bien trop à partager. Dispensable !

 

oG

La Transformation

Écrit par

OG musique est le projet d'un jeune belge qui sait comment s’entourer pour réaliser une œuvre à part. Et en alimentant le marché des artistes belges puisqu’en dehors du dessin de la couverture, ce ‘petit orchestre’ provient entièrement de notre plat pays. A l’heure où la musique s’électronise de plus en plus, ces doux airs apaisent et reposent. Plus encore, ils nous racontent une histoire. L’absence de paroles est, à ce sens, un choix judicieux : il permet de laisser vagabonder l’imagination le long de ces gracieuses mélodies. Chacun peut alors monter son propre film au rythme des titres. Le premier morceau, « Naissance », prend d’ailleurs une vague apparence de musique de conte pour enfants. Les mélanges finement dosés d’orgues, de guitares, de basse, de violons et violoncelle, de saxophone, de trompette, de trombone, de flûtes, de piano, de percussions et de batterie entraînent toute une série d’émotions dans une valse des plus enivrantes. « La Transformation » semble même avoir été créé sur mesure : d’un état larvaire au début de l’album, on passe à une sublimation régénératrice, au cours des derniers morceaux.

Shawn Pittman

Edge of the world

Écrit par

Originaire de l'Oklahoma, ce jeune chanteur/guitariste n'a encore que 36 ans ; mais il fait son chemin lentement et sûrement. Il s’est établi à Austin, la capitale du Texas. Au cours des dernières années, il a publié toute une série d’albums, et très précisément pour le label italien Feelin' Good. Shawn ne dispose pas d'importants moyens financiers. Il enregistre chez lui, assurant pratiquement toute l’instrumentation. Il a tenté un pari audacieux : envoyer une maquette chez Delta Groove, à Los Angeles. Et le label est tombé sous le charme. Pour concocter « Edge of the world », Shawn a bénéficié du concours de son ami Lewis Dickson, un procureur à la préretraite. A la composition.

L'ouverture est imparable. Du texas blues rock par excellence. Nous sommes plongés dans un des clubs d'Austin. Issu de la plume de Howlin Wolf, ce "Sugar (Where'd you get your sugar from)" est une rampe de lancement idéale pour notre Shawn. Il libère constamment ses cordes sur une assise rythmique bien solide. Il a dû s'y reprendre à plusieurs fois, puisqu’il cumule le chant, la guitare, le piano, la basse et la batterie. C’est un véritable homme-orchestre. Si vous appréciez les premiers elpees des Thunderbirds, la musique de Pittman devrait vous plaire, même si bien sûr, Kim Wilson et l'harmonica sont absents. Néanmoins, Pittman tolère la présence d’un saxophoniste, Jonathan Doyle. "Leanin' load" est imprimé sur un tempo très vif, presque rock'n'roll. Face au sax baryton, la guitare, dans un style proche de Jimmie Vaughan, exerce son emprise sur l’espace sonore. Tout comme lors du très rythmique "Scent of your benjamins", une compo au cours de laquelle il décoche des flèches très incisive, dans l’esprit de l'aîné des Vaughan. Autre surperbe tranche de rock'n'roll, "Almost good" aurait pu garnir un de ces mythiques juke-boxes issus des fifties. Une compo balisée par le piano et le sax qui aurait pu également figurer au répertoire d’Ike Turner. "One of these days" adresse un  clin d'oeil au blues contemporain, celui qui sévit au sein des juke joints dans les collines, au Nord du Mississippi! "Edge of the world" emprunte la trame rythmique rituelle de Howlin' Wolf. Reverb, les cordes de guitare sont excellentes. Les accords de piano omniprésents. Un plaisir évident des oreilles, proche ici du son d'Otis Rush. "That's the thing" est une autre réussite. Répandant ses parfums de bayous louisianais, cette plage rappelle le regretté Guitar Slim. Les sonorités dispensées tout au long de "Maintain" sont primaires, rudes à l'extrême, une sensation accentuée par les percussions quasi tribales de Shawn. Surprenant ! Mr Pittman empoigne sa slide pour aborder "I've had enough", un Chicago bourré de charme. Son instrument ronronne sur un profil rythmique en béton. Bouleversant, "Somebody gonna lose, somebody gonna win" évoque le mythique bluesman Texan, Sam Lightnin' Hopkins. L’artiste est seul avec sa voix et ses cordes amplifiées. L’intensité est à son paroxysme. Et c’est à la sèche qu’il achève cet elpee lors de la ballade "If I could (make the world stop turning)". 

Religious to Damn

Glass prayer

Écrit par

Religious to Damn réunit, dans l’ombre, quatre personnes : Josh Strawn, Charlie Schmid, Allegra Benchley et Zohra Atash. Cette dernière jette sa voix veloutée sur tous les morceaux de « Glass prayer », comme une sorcière noire lance un maléfice hypnotique. Leur magie envoûte. Et comme toute force surnaturelle, elle a ses revers. Certaines mélodies frôlent parfois la dépression, respirent la solitude. L’enchanteresse balade de temps à autre ses intonations sur les frontières de l’agacement la durée d’un morceau ou l’autre. Mais les limites ne sont jamais franchies. D’où, le sort fonctionne à merveille. Ou presque… Le grimoire des sortilèges est un peu trop redondant. Autrement dit, si, au bout de quatre ou cinq plages, une impression de déjà entendu vous tenaille, votre cerveau n’est pas en train de faillir sous l’impulsion d’un charme. Religious to Damn va devoir, à l’avenir, songer à se diversifier un peu plus au niveau des compositions pour pouvoir franchir un palier supérieur.

 

William Fitzsimmons

Simple Kind Of Man

Écrit par

Le 8 février dernier, le sympathique William Fitzsimmons bluffait un Witloof Bar plein à craquer, en délivrant un concert acoustique de plus d’une heure, alors qu’il souffrait d’un mal de gorge. Un handicap qui n’avait en rien entaché son excellente prestation. Le chauve barbu avait alors promis de revenir faire un tour sur nos terres, lorsqu’il serait rétabli, à la sortie de son album, « Gold In The Shadow ». Chose promise, chose due, Fitzsimmons présentait pour la seconde fois, sa dernière œuvre, sur les planches du Botanique, ce 21 juin.

C’est donc effectivement en pleine forme que le bonhomme nous est revenu. ‘Upgrade’ oblige vu le succès de son précédent passage, William Fitzsimmons se produisait cette fois sur la scène de l’Orangerie. Les Slow Runner, trio originaire de Caroline du Sud, assuraient deux fonctions : celle de première partie et celle de ‘backing band’ de leur compatriote. La salle est loin d’être comble. La faute aux exams. Mais l’ambiance est à la bonne humeur. Et, vu son sens de l’humour et de l’autodérision, le Pennsylvanien accroche un sourire sur le visage de son public, sans le moindre effort.

Côté setlist, Fitzsimmons peut se permettre un peu plus de fantaisie que lors de son précédent passage, grâce à ses acolytes de Slow Runner. « Wounded Head », « If You Would Come Back Home », « It’s Not True » et leurs nappes d’electronica passent haut la main le test du ‘live’. L’Orangerie est littéralement envoûtée par le Ricain, qui a tout du bon pote. Qu’il soit devant 150 ou 500 personnes, le grand Will est toujours tranquille et interprète ses chansons de la même manière qu’il le ferait autour du feu en compagnie de 2 ou 3 amis proches. Toute la discographie du bonhomme y passe, d’« Until When We Are Ghost » à « Gold In The Shadow ». Il effectue un véritable tour d’équilibriste en restant constamment perché sur la ligne fine entre tristesse et allégresse. Ses prestations scéniques lui permettent également d’exorciser son passé (« You Broke My Heart », « Psychastenia ») avec esprit et un humour imparable. Après 1h30 de concert, Fitzsimmons et son équipe se retrouvent face au public, au stand merchandising, décontractés, souriants, naturels, abordables. Que demander de plus ?

Organisation : Botanique

Dorénavant, la St Vincent se fêtera en septembre.

Écrit par

Nouvel album pour St Vincent en septembre. Le 12 très exactement. Intitulé « Strange Mercy », il paraîtra chez 4AD. Il a bénéficié de la production de John Congleton et de la participation de membres de Midlake ainsi que de Bobby Sparks.

Si vous êtes impatients de découvrir cet elpee, je vous invite à vous rendre sur Youtube , afin de savourer leur reprise du « Kerosene » de Big Black. 

http://www.ilovestvincent.com
http://www.twitter.com/st_vincent
http://www.4ad.com/st-vincent