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Kitty, Daisy & Lewis

Smoking In Heaven

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Différent, mais pas trop. Telle est la démarche entreprise par les frangins Durham au sein de « Smoking In Heaven », leur second LP. En 2008, la fratrie surdouée avait pris tout le monde de revers en concoctant un premier album entre roots, blues et revival rockabilly. Kitty était alors âgée d’à peine 15 ans, Daisy de 17 et Lewis, 19. Entre reprises de classiques et morceaux originaux, le trio était tout simplement surprenant de maturité. Le son vintage de « Kitty, Daisy & Lewis », le même que l’on retrouve ici, est de ceux qui laissent bouche bée tant il est fidèle à celui de l’époque retranscrite. Sur « Smoking In Heaven », les Britons parviennent encore, trois ans plus tard, à nous faire croire qu’ils sont originaires d’un patelin du Sud des Etats-Unis et qu’ils ont traversé au moins six à sept décennies pour nous délivrer le meilleur de l’époque. 

« Smoking In Heaven » est donc ‘différent, mais pas trop’ car les trois jeunes adultes lancent l’auditeur sur une fausse piste en ouvrant leur nouvel ouvrage par « Tomorrow », une plage résolument Ska et, plus loin, en introduisant quelques éléments de rock steady (« I’m So Sorry »). Et ce, avant de revenir à leurs bonnes vieilles mélodies bluesy et rockabilly qui refusent tout compromis et fantaisies contemporaines. Kitty, Daisy & Lewis, qui travaillent essentiellement à l’aide de matériel datant des années 50, sont de vrais petits ovnis dans le paysage musical actuel. Nul doute qu’ils donneront des idées à de nombreux artistes en manque d’inspiration. « Smoking In Heaven » est un voyage temporel à effectuer les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes.

Live : 17 juillet au festival Blues Peer (Peer).

 

Jester At Work

Lo-Fi, Back to Tape

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En 2005, Antonio Vitale choisit pour patronyme El Dobro, afin d’embrasser son projet solo. Il le transforme assez rapidement en Jester At Work, une dénomination qu’il estime plus adéquate à la pratique de son folk lo fi, alors en plein processus de création. Avant de se lancer dans cette aventure individuelle, ce natif de Pescara a été le leader des (très) méconnus Warm Morning 616.

Il lui a cependant fallu attendre un certain temps afin de concrétiser ses ambitions. D’enregistrer ses propres compo pour son propre compte. En fait, il souhaitait se procurer un véritable Fostex 4 pistes d’origine pour mettre en boite cette collection judicieusement intitulée « Lo-Fi, Back to Tape ».

Lorsque l’ami Jester se met au boulot, ce n’est pas en dilettante mais pour créer une œuvre qui tienne la route. Responsable d’une musique folk intemporelle, le Transalpin est influencé par Johnny Cash, Mark Lanegan et Tom Waits, même si parfois son style me fait penser à notre marin national Admiral Freebee. Trempés dans l’americana ou le blues, ses compos respirent les grands espaces… américains. Et deux plages comme « The Worst Cowboy » et « I’m On Fire » en sont les plus belles illustrations. Cet Italien est aussi à l’aise à l’harmonica qu’à la gratte acoustique qui accompagne sa voix burinée par le temps, à l’instar d’un cow-boy mis en scène par Sergio Leone. La Grappa semble en tout cas avoir le même effet sur les artistes italiens que le whiskey sur la création des artistes américains…

Seasick Steve

You can't teach an old dog new tricks

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Au cours de ces dernières années, le blues sans concession de Steve Gene Gold recueille un franc succès. Agé de 70 balais, ce Californien a connu, dans sa jeunesse, Janis Joplin. Son épouse est norvégienne. Il s’est d’ailleurs établi en Norvège, pendant quelques années, où il a fondé sa famille. Nombreuse, il faut le préciser. Il est cependant revenu aux States, et s’est installé du côté de Seattle. Ses débuts discographiques ne datent que de 2004. Mais depuis, il faut reconnaître que l’artiste est devenu particulièrement prolifique. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de son fils Paul Martin Wold. En outre, l’artwork de la pochdette a été imaginé par son autre fiston, Didrik Wold.

Un intimisme chaleureux envahit "Treasures", une compo chantée par Steve, soutenue par les cordes acoustiques de sa guitare ainsi que de son banjo, et balayée par le violon de Georgina Leach. Lors de la plage éponyme, il nous plonge dans le Delta. Il se réserve les vocaux, sous une formule trio, qui implique –excusez du peu– John Paul Jones (ex-Led Zeppelin) à la basse. Une plage à la fois chiadée et intense. Malgré son titre, "Burnin' up" est une ballade lente, ténébreuse, dépouillée, un blues caressé par la voix douce et paisible de Steve. Une piste au cours de laquelle il ne dispense que les notes nécessaires, face aux percussions fragiles de Dan Magnusson. Magique ! Les accents métalliques du Delta opèrent leur retour, dans une certaine liesse, pour nous convaincre que "Don't know why she love me but she do". Steve déambule à petits pas, en maltraitant sa guitare à quatre cordes (une ‘Cigar box’) qui libère des sonorités très jouissives. Au bord de l’extase, il hurle sa joie de vivre en ces instants de bonheur. Après une trêve acoustique, il revient furieux, flanqué de sa gratte à trois cordes, et épaulé par la basse de John Paul Jones. Ce dernier doit alors certainement se souvenir des vibrations électriques produites par Led Zeppelin, lors d’un implacable et intransigeant "Back in the Doghouse", une piste attaquée dans l’esprit de son premier elpee solo "Dog House Music", sorti en 2006. Il revient sur terre, armé de son banjo pour interpréter "Underneath a blue and cloudless sky". Seasick Steve souffre peut-être du mal de mer, mais il aime profiter des plaisirs de la vie. Il est de sortie. Pour boire un coup. Et fréquenter les filles. Au port. Son sémillant "Party" nous conte ces aventures. Il entre en transe lors de l’atmosphérique "Days gone". Rondement menée, cette compo est dynamisée par des montées en puissance assez irrésistibles. Et pour clore cet elpee de bonne facture, Steve s'efface lors d’une ballade empreinte de douceur, enrobée de chœurs. Sculptées dans les cordes acoustiques, elle est même enrobée de chœurs...

 

R.I.P. Gil Scott-Heron

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Le chanteur/poète Gil Scott-Heron nous a quittés le week-end dernier. Celui qui a délivré l'excellent "I'm New Here" l'an dernier est décédé à l'âge de 62 ans. Les causes de ce décès ne sont pas encore connues mais il semblerait qu'il soit tombé malade après un dernier voyage en Europe.

L'auteur du über-classique "The Revolution Will Not Be Televised" était de passage en Belgique en 2010 pour une date aux Nuits Botanique et une dernière prestation au Gent Jazz Festival.

Cette année, l'oeuvre ultime de Scott-Heron, "I'm New Here", s'est vu offrir un lifting par Jamie XX. "We're New Here" est dans les bacs depuis mars dernier.

L’Eté 67 débute en Fanfare !

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Vous avez envie de devenir membre de la fanfare éphémère aux côtés d’Eté 67 ! Alors rendez-vous sur le parvis de Saint-Gilles, le vendredi 3 juin à 18h30, pour participer  l’adaptation du titre « Passer la Frontière ». Vous devrez simplement apporter votre voix et votre instrument… Et si c’est dans vos cordes, rassemblez un maximum de musiciens autour de ce flashmob !

 

Un Scenario percutant ?

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Sayem est un producteur d’électro et de hip hop français dont le premier clip vient d’être publié sur la toile. Son titre ? « Scenario ».

http://www.dailymotion.com/video/xil464_sayem-scenario_music

L’album et la BD ‘A City Gone Mad With Fever’ sortiront en octobre 2011.

http://www.facebook.com/youaresayem
http://www.myspace.com/youaresayem

 

Brian Eno est fan de The Leisure Society !

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‘Le premier album de Leisure Society fut un véritable bijou, un des meilleurs albums de l’année, à l’époque. Je l’ai écouté chaque matin pendant des semaines… Leur second semble encore meilleur… frais et brillant !’ C’est ce qu’à déclaré tout récemment Brian Eno. Rien d’autre à ajouter au sujet d’« Into The Murky Water », le nouvel opus de la formation anglaise. The Leisure Society se produira en concert le 1er juin au Botanique à Bruxelles et le 5 août dans le cadre du festival Dranouter.

La vidéo de « This Phantom Life » est visible sur YouTube.
http://www.youtube.com/watch?v=Y8HAmWbqgvs

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/theleisuresociety

 

 

La classe internationale pour Kryptonica…

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Sabino et Roberto ont fondé Kryptonica, un duo italo-pop transporté en Belgique, patrie de la New-beat, de Technotronic et de Stromae. Leur 1er single, “Internazionale Klass” a été mixé par Raphael Wynands (Fast Lane Candies, The Waow, Mlcd, Mademoiselle 19,..) au Studio 5. Une sucrerie pop estivale aux parfums funky et sexy qui annonce un premier Ep , pour la rentrée, chez Freaksville.

http://soundcloud.com/freaksvillerecords/kryptonica/s-TQ0vw

 

Josh T. Pearson

Macadam Cowboy

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J’avoue, je ne suis guère à l’aise dans l’exercice de l’interview. Cette discipline, c’est avant tout une rencontre, avec une grand part d’inconnu, et l’appréhension de ne pas trouver les questions judicieuses. Celles susceptibles d’éveiller l’intérêt de l’artiste, du public, et le mien au passage. Pour cette raison, je laisse le soin à d’autres de s’y risquer. Ce qu’ils font d’ailleurs bien mieux que moi. Reste l’opportunité unique de rencontrer en aparté des gens qui par la grâce de leur art réussissent à me toucher au plus profond. Si l’angoisse des obstacles cités plus haut prend alors une plus grande dimension, l’excitation de franchir la frontière ténue qui me sépare de l’âme de l’artiste sert de détonateur, et il arrive alors que je sorte de ma tanière et ose m’aventurer sur le terrain de la rencontre.

Une seule écoute de « Last of the Country Gentlemen », premier album de Josh T Pearson depuis la dissolution de Lift To Experience (1996-2001), a suffi pour me jeter à l’eau. Et grand bien m’en a pris. D'interview, au sens classique du terme, il n'y en a pas eu. Une grande conversation à cœur ouvert, sans ambages ni faux fuyants. Un moment rare. Un moment précieux. Dont je vous livre l’essentiel…

Josh T Pearson est grand, mince, et son visage est largement couvert d'une barbe hirsute. Il est voûté sous le poids de la fatigue, mais accueillant, humble et charismatique. Il se sert un grand verre d'eau. Je lui demande comment il va. Débute alors, le plus simplement du monde la conversation qui s'ensuit.

Je suis fatigué. J'ai très peu dormi et je n'arrête pas de courir depuis un certain temps. Aujourd'hui les interviews s'enchaînent. Je me suis levé à 6 heures. Sans savoir si je vais être confronté à des gens qui ont aimé mon album ou pas. Donc, j’appréhende un peu chaque rencontre. Parfois je raconte des conneries. Souvent même (NDR : il sourit et marque une pause). C'est un album difficile qui fait écho à mon âme et j'y ai mis tellement de moi-même. Mais une fois le disque terminé, et bien, voilà, le résultat est gravé et on ne peut plus rien y changer. Et c'est difficile d'en parler. Mais en même temps, c'est agréable. Quand tu t'investis autant dans ton Art, tu espères juste toucher les personnes qui partagent la même sensibilité, qui embrassent la même conception des choses, de la vie, et les autres aussi, peut-être? Je suis assez satisfait du résultat. Mais voilà, maintenant... Il faut que j’assume le service après vente

Apprécies-tu de partager ces émotions avec ton public, de rencontrer des gens qui viennent à ta rencontre pour te dire qu’ils apprécient ce que tu fais?

C'est extrêmement enrichissant de rencontrer tant de personnes différentes à travers le monde. J'adore ces moments de communion et il m'est toujours douloureux d'en repartir les mains vides, sans plus aucune trace de ces bribes de conversations. Que les souvenirs (NDR : à cet instant, une ombre passe sur son visage, puis il semble se ressaisir). Je suis quelqu'un d'assez drôle même si on ne le devine pas à premier abord (NDR : il rit). Les gens sont parfois surpris parce que je raconte des blagues pendant le concert ou que je parle beaucoup.

Parce que ce que tu chantes est singulièrement triste, peut-être ?

Oui, sans doute. Les gens doivent se dire que je suis un sinistre larron (NDR : à ce moment, il se saisit de l’album d’Agnès Obel qui traîne sur un coin de table). Est-ce que tu penses qu’on formerait un joli couple elle et moi ? Tu connais ?

Je l’ai vue dernièrement. Disons que vous partagez une certaine sensibilité mais…

Elle est grande ou petite ?

Petite.

Laisse tomber ! (NDR : il jette la tête en arrière et s’affale dans le divan et m’avoue que cet état d’épuisement est difficile à gérer… nous transgressons quelque peu avant de reprendre le fil de la conversation).

Josh, ton état d'épuisement affecte-t-il tes concerts?

Et bien... (NDR : il réfléchit, prend une grande inspiration avant de répondre). En fait, à un certain stade, tu oublies la fatigue ou en tout cas, tu t'en accommodes. Tant que tu es lancé, tu peux continuer, encore un peu plus. Le plus pénible, c’est quand tu t'arrêtes. Il devient alors beaucoup plus difficile de relancer la machine. En tout cas, j'essaie de garder un maximum d'énergie pour la scène, afin d’offrir le meilleur à ceux qui me font l'honneur d'être présents. Mais, oui, je suppose que quelque part, à la longue, cette situation affecte mes concerts d’une certaine manière. Je ralentis le rythme de mes chansons. Nous ne sommes pas des machines ; donc, ça demande pas mal d'efforts pour ne pas craquer. Ce n'est pas le pire des jobs. J'en ai fait de vraiment terribles. Mais quand je suis sur la route, je souffre de l’absence de mes amis et de ma famille. Je manque de stabilité. Mais c'est nécessaire. En tout cas, je fais tout pour ne pas le laisser transparaître cet état d'épuisement. Mais uniquement sur scène.

Il y a quelques jours, tu étais à Londres afin de donner un concert exclusif pour ton label. Tu y as interprété une série de reprises d'artistes abrités par Mute. Comment s’est déroulé l'expérience?

Elle était amusante et récréative. Tu sais, je dois distraire le public en me servant de avec ma seule voix et de ma guitare. Ce qui n'est pas toujours gagné!

Tu reprends Erasure, notamment.

Oui. Tu as entendu?

Oui, et j'aimais beaucoup. Parce que tu mettais beaucoup de toi dans cette chanson.

Merci. J'essaie toujours de donner un peu de moi. La meilleure partie en tout cas (NDR : il rit). Je reprends Moby aussi (NDR : il commence à fredonner « Natural Blues »). C'était juste pour l'occasion. Parfois, je glisse l'une ou l'autre reprise, mais en général, je développe déjà assez mes propres chansons en longueur (NDR : elles durent en moyenne 10 minutes et il lui arrive d'en enchaîner deux à la suite ou encore de se raconter tout en jouant ses morceaux). Donc en général, je suis venu à bout de la patience du public…

Parlons de ton album. Tu t'es impliqué tellement dans celui-ci, y a mis tellement de choses personnelles, t'es tellement dévoilé. Comment te sens tu après coup? Mieux?

Je ne sais pas encore. Je ne peux pas dire que je me sente mieux. C'est difficile à dire. C'était une sorte de catharsis. Mais de là à dire que je me sens mieux... Certaines personnes m'ont dit qu’ils étaient bien, après l'avoir écouté. Dans ce cas, cette réaction me rend effectivement heureux. En ce sens, oui, je me sens mieux. Il faudra peut-être encore un peu de temps pour que je puisse statuer sur cette question.

Est-ce justement le rapport avec le public qui t'a poussé à enregistrer ces chansons?

Il s’est produit un événement majeur dans ma vie, il y a quelque temps. Je jouais dans un petit club en Irlande, pour le plaisir. Après le concert, deux gars à la stature imposante se sont approchés de moi, des larmes dans les yeux, et ils m'ont demandé pourquoi je n'enregistrais pas mes chansons, pourquoi je refusais de les partager. Je me suis dit, si je suis capable de toucher des gars pareils, et crois moi, ils ressemblaient à des durs à cuire, et bien, peut-être devrais-je en effet enregistrer un album. J’aime l’idée que mon disque puisse aider d’autres personnes. Attention, je ne veux pas sauver le monde, hein. Non, mais ma contribution, aussi simple soit-elle me procure une sorte de bien-être.

Et donc, tu t’es rendu dans un studio, à Berlin ?

Le reste s'est déroulé fort naturellement. On a booké 10 jours et enregistré deux nuits, en prises directes. C’était un procédé très spontané. Mais la bonne manière de parvenir à nos objectifs.

Regrettes-tu parfois la dissolution prématurée de Lift To Experience ?

Non, je n'ai pas de regrets. Pour des jeunes comme nous étions à l'époque, c'était une magnifique expérience, traverser l'Europe et tout ça. Mais nous n'avions pas envie de frayer avec le music business. On vivait au milieu de nulle part. Dans le bled où on habitait, il n'y avait vraiment rien à faire, alors on tournait en rond. Donc, c'était amusant un temps, mais mieux valait arrêter avant de se lasser. Et puis, il nous est arrivé pas mal de merdes. Non, je ne regrette pas.

Et maintenant? Que vas-tu faire?

Dormir ! (NDR : il rit). Non, en fait, je vais continuer à courir. J'ai encore quelques dates. Amsterdam, demain, une radio session en Ecosse vendredi, et puis je joue ici à Bruxelles bientôt, non?

Oui, samedi.

Ensuite, quand j'aurai fini toute cette promo, je rentrerai quelque temps au Texas. J'ai besoin d'y retourner. Je vis à Londres en ce moment. Enfin, je ne sais plus très bien où je vis pour l’instant…

Je repars au Texas en juillet. J'irai faire des tours en moto et je prendrai un peu de repos. Avant de recommencer.

A ce stade, la conversation prend une autre tournure, et c'est Josh T Pearson qui me pose les questions, sur ma vie, sur ce que je fais. Mais cette conversation est bien moins captivante pour vous, amis lecteurs…

 

Primavera Sound 2011 : vendredi 27 mai

Écrit par
Día 2
 

La soirée, marquée par le retour inattendu du groupe britannique Pulp, présentait certainement l'événement majeur de ce week-end. Un vendredi placé sous le signe d’une concurrence particulièrement rude ; jugez-en plutôt : The National, Belle & Sebastian, Deerhunter, Sufjan Stevens (again !), Explosion In The Sky, Pere Ubu, Low, Battles…

Dix ans après la sortie de « We Love Life » en 2001, les anciens combattants de la pop britannique recouvraient subitement la vie. Plus qu’un simple come-back, Pulp réintègre sa formation originelle. Quinze ans se sont écoulés déjà depuis que Nick Banks, Candida Doyle, Steve MacKey, Russel Senior, Mark Webber et Jarvis Cocker ont cessé de plaquer ensemble leurs accords. Une exclusivité du Primavera Sound. Le communiqué de presse, rendu public par Jarvis Cocker pour annoncer leur retour, était clair : ‘Nous allons jouer tous les morceaux de toutes les époques de notre carrière. Oui, cela signifie que nous allons jouer votre chanson favorite.’ 

L’esprit britpop 90’s des six de Sheffield et l’enthousiasme démesuré de Jarvis Cocker étaient bel et bien présents sur les planches de la scène San Miguel pour revisiter les tubes issus principalement de trois albums cultes : « Different Class », « Son N Hers » et « This Is Hardcore ». Un concert survolté frappant le public de plein fouet de hits tels que « Babies », « Disco 2000 » et « Common People ». Ce dernier morceau sera tout spécialement dédié aux ‘Indignados’ fraîchement expulsés de la Plaza Catalunya.         

Comment rédiger un compte-rendu quand on se trouve relégué à plus de 300 mètres de la scène ?! La masse de spectateurs qui foule quotidiennement l’asphalte du ‘Prima’ rend  les conditions parfois insupportables. C’est une musique fast food à consommer sans réfléchir que l’on nous sert ici. Le confort, la qualité du spectacle, lors des représentations des têtes d’affiche pourtant prestigieuses, semblent, en ce lieu, des critères négligeables. Bref, pas la peine de préciser que la plaine du Llevant était archipleine pour accueillir les Étasuniens de The National.

  Les sept musiciens de Brooklyn parviennent cependant à tisser d’étranges nébuleuses électriques dans la nuit chaude de Barcelone. Une intensité qui frissonne à fleur de peau et transperce tous les épidermes d’une assistance frontalement agitée aux marges de la scène. Deux grands écrans au visuel sombre et brumeux renforcent l’imagerie mentale du spectateur décidemment imprégné de son et d’alcool. Pourtant, la voix de Matt Berninger le trahit. Cette tessiture grave qui nous séduit tellement en studio dérape sur scène. Une confusion qui ne trouble guère pourtant la haute tension émotionnelle qui règne dans l’arène du Llevant. Une fin de set sur « Anyone’s Ghost » et « Sorrow » où la voix retombe et les mélodies s’accordent. Le meilleur moment du concert où, enfin, Matt Berninger ne gueule plus ! The National, un grand groupe qui ne semble pas taillé pour les grandes scènes. 

Ce vendredi, on recensait sur le site un nombre incalculable de spectateurs britanniques, venus manifestement pour faire la fête. Erigé comme une forteresse impénétrable face au podium ‘San Miguel’, ce mur humain faisait bloc devant le groupe culte glaswégien. Impossible de le franchir. Pas le moindre interstice pour se couler vers la lumière. Et un concert de plus à visiter, derrière la scène, sur des écrans géants ! Considéré comme ‘the Smiths for the generation that came after Morrissey and Marr’, Belle & Sebastian on stage continue à véhiculer l’image d’une musique surannée, sensible et tendrement pop. Une image, devenue populaire au fil des albums, qui déplace toujours les fans en masse. Stuart Murdoch ne l’avait-il pas laissé entendre publiquement sur un air détaché : ‘Je me préoccupe exclusivement de composer pour les gens que j’aime, et le reste du monde, il peut m’écouter siffler’ ? Démonstration d’une autosuffisance qui porte ses fruits puisque, ce soir, le groupe écossais et le public font réellement corps. Une philosophie payante grâce à laquelle les éternels étudiants écossais ont su se tailler une place unique au sein du paysage musical indie britannique. Dès lors, sur les planches du Primavera, ils nous exposent les forces vives d’un groupe culte qui brille encore de régularité. Un roc solide qui, inlassablement, résonne de sa pop raffinée et méticuleusement arrangée. Une machine douze pièces bien huilée épaulée d’un quatuor à cordes et de cuivres qui pimentent certains titres.

Alors, vraiment indispensable ce soutien orchestral ? Certes, les cordes et les cuivres renforcent les mélodies pop classiques du combo glaswégien, mais les versions épurées demeurent néanmoins les moments les plus forts, les plus intenses aussi. Car la voix et les lyrics priment sur les mélodies. Comme si Murdoch était la réponse de la pop moderne à Philip Larkin (poète, romancier et critique de jazz considéré comme le poète anglais le plus important de la seconde moitié du XXème siècle). Tour à tour lapidaire et profond, il chante l’absurdité de la vie et de la mort avec une extrême sensibilité. C’est ainsi que « The Fox in the Snow », chanson chargée en émotion, touche la foule de mélopées étranges. 

Une prestation, avouons-le, spécialement réservé aux amateurs de la première heure. D’ailleurs, lorsque les anciens morceaux surgissent (compos principalement issues de « The Boy with the Arab Strap »), le public exulte. Un gig indie cool archétypal présentant une pop classique qui tente l’inattendu. Le groupe organise le spectacle d’ingénues mises en scène et parie sur une forte interaction avec le public. Un calcul théâtral qui invite cinq personnes de l’assistance à danser sur scène lors de « The Boy with the Arab Strap ». Une farandole grotesque récompensée d’une généreuse distribution de médailles et d’une volée d’embrassades distribuées par Stuart Murdoch himself. Belle & Sebastian aime chouchouter son public et le démontre. Une intimité qui touche la mémoire affective des fidèles irrémédiablement conquis. Belle & Sebastian, des mélodies familières intemporelles que l’on aime fredonner au fil du temps.

Mais, avant de se précipiter vers le Llevant pour se délecter de l’un des groupes noise rock les plus intéressants de ces dernières années, Deerhunter, trois frustrations artistiques nous laissent un goût de fiel. Ignorer l’indie rock américain de Low, le noise-math-rock de Shellac (projet de Steve Albini) devient pure torture. Pourtant, sur le chemin, comme fascinés par les échos lointains du post-rock majestueux d’Explosions In The Sky qui nous parviennent, impossible de résister, l’espace d’un instant furtif, à l’appel  incomparable des sirènes. Face à la mer, sur la scène ‘Ray-Ban’, la formation texane nous offre un spectacle ‘son et lumière’ d’une esthétique sans faille. Haute voltige atmosphérique durant laquelle le corps et l’esprit s’immobilisent et oublient le temps, celui d’aller voir Deerhunter.

Sur les planches, Bradford Cox, personnage fragile, est soutenu par le drummer Moses Archuleta, le bassiste Josh Fauver et le guitariste Locket Pundt. Le set se renouvelle et propose de nouvelles compos comme « 60 Cycle Hum », un morceau qui rassure quant à la valeur du prochain album. Ensuite, le quatuor géorgien enchaîne par l’irrésistible single « Desire Lines », seul titre chanté par Locket Pundt, caractérisé par un long crescendo final. Magique ! Le tracklisting épinglera cependant la plupart des plages du dernier elpee : les superbes « Don’t Cry » et « Sailing », l’onirique « Basement Scene » (en hommage à John Cage), l’efficace « Helycopter » ainsi que « He Would Have Laughed » (dédié à Jay Reatard). Sans négliger pour autant les perles du passé, « Hazel St. » ou encore « Never Stops ». Cox fait preuve d’une grande aisance tant au chant qu’aux six cordes. Son impeccable. Cohésion entre les musiciens irréprochable. Qu’elles soient shoegaze ou lo-fi, les mélodies sont simplement superbes. En outre, lorsque la musique navigue toutes guitares en avant, le groupe devient vraiment impressionnant.

Conquis, le public est alors comblé par le rappel au cours duquel la formation exécute « Nothing Ever Happened », un morceau magistral, tourmenté, intense, de plus de 10 minutes. A cet instant, on frôle le délire. Hallucinant ! Mais, ce qui interpelle, c’est cette absence de contact entre les musicos et le public. En fait, chez Deerhunter, la musique est essence et se suffit à elle-même. Et le reste n’est que littérature…

Mauvaise surprise ! Les talentueux Californiens d’Autolux ne se produiront pas ce soir. Las d’avoir joué pendant trois jours à Barcelone, ils sont malades. On peut donc faire une croix sur l’excellent rock d’avant-garde dispensé sur leur albums « Future Perfect » (2004) et « Transit Transit » (2010). Les organisateurs, coupables de cette gigantesque mécanique parfaitement huilée, sont incapables de nous fournir le moindre indice. L’énigme de cette absence inhabituelle au festival restera sans réponse. 

3:45 am, scène Ray Ban ! Lieu où Ian Williams, Dave Konopka, John Stanier nous avaient donné rendez-vous pour nous faire part de leur rock cosmique savant. L’une des plus belles scènes du site, la Ray Ban prend la forme d’un amphithéâtre adossé à la mer. Un cadre idyllique qui n’est guère fait pour desservir les artistes.

Phénomène new-yorkais très à la mode, Battles ne regorge pas moins de talent. En effet, le trio étasunien présente un spectacle conjuguant musique, art-work et nouvelles technologies où le visuel compte autant que l’auditif.  La musique, organique et électronique tonitruante,  se mêle aux hologrammes futuristes et aux voix préenregistrées. Elle invite le spectateur à franchir les portes de ‘The Twilight Zone’.  

En concert, l’atmosphère est captivante. La musique flirte avec un rock cosmique qui interroge le futur. Qu’on apprécie ou non, le style bien particulier du trio le rend unique et surprend l’auditeur. Un groupe qui illustre mieux que quiconque le binôme post-rock-math de sa belle liberté instrumentale. Tirée, à l’origine, d’influences passant de Can à Steve Reich, sa musique atteint désormais le faîte d’une précision métronomique.

Une formule dans laquelle cohabitent les caprices du jazz, le dynamisme de la batterie, le pincement cérébral de la guitare et les coups de griffes de l’électro. Une alchimie qui s’explique sur scène dans des œuvres telles que « Tonto », «EP C / B » et tous les étranges spécimens issus de « Mirrored » et « Gloss Drop ». « Battles », une formation réservée à un public très hermétique.

Dernier groupe programmé : Nuit Blanche à 5 :00 am ! Encore une fois, les nuits catalanes promettent d’être longues, très longues…

Très caricaturalement, si le jeudi a mis surtout l’accent sur l’électronica, le vendredi était plutôt consacré aux guitares (post-rock, math-rock, noise…)

Zazie

Three Times A Lady

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Plutôt trois fois qu’une, Isabelle Marie Anne de Truchis de Varennes (oui, rien que ça…) alias Zazie effectuait en cette fin de mois de mai une inspection générale des salles bruxelloises de taille moyenne. Il faut dire que la demoiselle comptait pas moins de 49 titres à promouvoir, tous issus de son ‘petit’ dernier, intitulé « 7 », et découpé en autant d’Eps thématiques. Après un premier passage opéré au sein d’une AB bondée, ce sont les planches des Halles de Schaerbeek qui accueillaient la brune et ses musiciens pour un show, à l’image de la personnalité de la chanteuse, simple, amusant et chaleureux. Humain, tout simplement.

Pas de pitié pour les retardataires, Zazie démarre quasi pile à l’heure indiquée sur le ticket. La salle est encore occupée de se peupler, qu’elle achève déjà « Des Rails », le deuxième morceau de la soirée. L’ambiance, entretenue par la bonne humeur de la chanteuse, est électrique. Entre deux morceaux, cette dernière adresse systématiquement la parole à ses fans, toujours avec humour. Pratiquant l’autodérision comme un art, la Française nous offre un One-Woman Show partagé entre morceaux de son dernier ouvrage, « 7 », ainsi que certains de ses classiques comme « Rodéo », « Rue de la Paix », « Sur toi » et « Aux armes citoyennes ».

Avant d’entamer un duo avec son guitariste, Philippe Paradis, Zazie déclenche l’hystérie auprès de ses fans les plus fervents en interprétant une version acoustique de « Zen », repris évidemment en chœur par l’assemblée. Assis sur l’estrade, cette dernière et ses musiciens tournent le dos à un décor sans artifices. Une seule fantaisie: un écran découpé en 4 bandelettes surplombant la scène. Le moment-phare du spectacle est atteint lors de l’interprétation du tube « Je suis un homme », repris à gorge déployée par quelques surexcités dans l’assistance.

Après un petit rappel accordé en bonne et due forme, la plus captivante des chanteuses de variété française exécute « 3 petits tours » et puis s’en va, après s’être livrée à 100% durant près de deux heures. Lors d'un second et dernier rappel, elle s’attaque à son hymne anti-fachos, « Tout le monde » durant lequel elle laissera le soin au public de fredonner le refrain. Après que la chanteuse et son équipe ait tiré leur révérence, le spectacle se clôture de manière originale. Sur les écrans défile une sorte de générique de fin présentant toute l’équipe, technique et autre. Cette même équipe que la brunette aura respectueusement remercié plus d’une fois au long du show.

Le lendemain, c’est au Cirque Royal que Zazie bouclait sa tournée bruxelloise, avant d’écumer les festivals d’été. Et vu l’énergie dispensée, nul doute que la tournée ne s’arrêtera certainement pas en si bon chemin.

A (re)voir aux Francofolies de Spa le 23 juillet et au Tempo Festival de Tournai le 30 juillet.

Organisation : Live Nation

Les Clap Your Hands Say Yeah victimes d’une hystérie collective…

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Les ex-stars de la blogosphère, Clap Your Hands Say Yeah, ont annoncé la sortie de leur 3ème album. Intitulé « Hysterical », il devrait paraître ce 12 septembre prochain, 4 ans après leur dernière production.

Cette nouvelle livraison sera produite par l’excellent John Congleton (Explosions In The Sky, Okkervil River, The Mountain Goats).

Et la formation partira en tournée, dans la foulée. Pour l’instant, cependant, aucune date n’est prévue pour la Belgique.

http://www.clapyourhandssayyeah.com
http://twitter.com/cyhsyband
http://facebook.com/clapyourhandssayyeah

 

When Saints Go Machine : la nouvelle sensation électro-pop qui jette un froid…

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When Saints Go Machine serait le chaînon manquant entre la musique d’Antony & The Johnsons et celle de The Knife. A cause du falsetto du chanteur et de l’aspect électro de l’expression sonore proposée par le combo suédois. « Konkylie », leur premier album paraîtra ce 6 juin…

 

Les Felice Brothers cartonnent…

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Le nouvel opus des frangins Felice est paru ce 23 mai. Il s’intitule « Celebration, Florida ». Il a été élu album americana du mois par Uncut. Leur tournée européenne passera par l’Ancienne Belgique ce 14 décembre...

 

Un Ep pour Babe Rainbow

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Babe Rainbow publiera un nouvel Ep ce 20 juin. Intitulé « Endless path », il fera suite à l’excellent « Shaved », paru l’an dernier. Une œuvre dont l’électro dark et atmosphérique est réservée aux fans de Salem voire de Gonjasufi…

Si vous souhaitez découvrir le premier single « It’s All Happening Here », les liens suivants vous seront d’une grande utilité…

http://vimeo.com/23022124
http://soundcloud.com/baberainbow/itsallhappening

http://baberainbow.com/

Et vous aimeriez connaître le tracklisting de cet Ep ? On vous le communique…

01.   It’s All Happening
02.   The Spill
03.   Set Loose
04.   Greed (feat. Yung Clova of G-Side)
05.   Bounty
06.   Chains
07. Endless Path (digital only)
08. Choked  (digital only)

 

Mademoiselle Z un K à part…

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Zazie a accepté l’invitation de Mademoiselle K afin de partager sa chanson "Me taire Te plaire", une compo extraite de son nouvel album « Jouer Dehors ».

‘Un duo avec Zazie parce que j’ai toujours aimé sa voix, ses textes, sa simplicité, son honnêteté. Je savais par ailleurs qu'elle aimait mon univers. Elle me l'avait dit lors d'un festival où on s'était croisé il y a trois ans. J'ai beaucoup appris de cette rencontre tant musicalement qu'humainement. C'est un mariage comme je les aime: beau, simple et inattendu’.

Les deux artistes sont actuellement en tournée et devraient se croiser lors de leurs périples respectifs…

Elles se produiront notamment, dans le cadre des Francofolies.

http://www.mademoisellek.fr
http://www.facebook.com/01mademoisellek

 

Laisse les parler, ce n’est pas Docteur House, mais Hugh Laurie…

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Il est atteint par le virus du blues, et son album « Let them talk » est paru ce 6 mai. Un disque enregistré à Los Angeles et à la Nouvelle Orléans, pour lequel il a reçu, le concours de musiciens qui ont bossé pour Greg Allman, Solomon Burke, Robert Plant, Kd Lang, T-Bone Burnett, Alison Krauss et John Legend. Hugh Laurie se réservant le piano et le chant. L’opus épingle de multiples covers, dont des compos signées par des légendes du blues comme, Lead Belly, Robert Johnson, Ray Charles et Memphis Slim.

http://www.youtube.com/watch?v=gI7_sXFN6t0

Primavera Sound 2011 : jeudi 26 mai

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Plus de 140 000 visiteurs ont franchi les portillons de la onzième édition du San Miguel Primavera Sound, pour assister à 260 concerts. Un bilan positif dont les organisateurs, Alberto Guijarro et Gabi Ruiz, se félicitent, lors de leur conférence de presse. Un succès qu’ils attribuent volontiers à la sélection d’un line up de qualité visant à réunir des groupes issus de tous les horizons. Une machinerie éléphantesque où l’industrie de la musique, dont les professionnels du secteur et les journalistes, soit plus de 2 200 personnes venues de 36 pays différents, se sont réunis dans le cadre d’un projet commun : redessiner la carte actuelle du paysage musical indépendant. Enjeux mégalomaniaques dont la promotion se joue essentiellement dans les coulisses et non sur les dix scènes plantées sur le site du festival. C’est ainsi que les backstages accueilleront une trentaine de meetings, conférences, ateliers, cocktails parties dans l’enceinte cosy du ‘Adidas Originals Primavera Pro’. Un espace idyllique qui longe la mer et vise à faciliter le contact entre les professionnels du secteur de la musique et les artistes. Ouvert toute la nuit, il offre des services qui vous en feraient presque oublier l’essentiel : la musique et la scène (restaurants proposant une cuisine sophistiquée, bars, espace de détente et zone de baignade donnant sur la mer…). 

Mais revenons à l’essentiel, la musique !

Les spectacles vont se concentrer sur deux sites principaux : le Poble Espanyol et le Parc del Fórum. Le premier, espace où le festival a vu le jour, accueille désormais la journée officielle d’ouverture et la cérémonie de clôture. Une journée d’ouverture qui recevait, ce 25 mai 2011, 5 300 privilégiés. Une poignée de veinards qui a pu assister à la magie électronique de Caribou (groupe également présent le lendemain sur le Parc del Fórum), à la pop classique d’Echo & The Bunnymen, à l’indie pop de Comet Gain et au rouleau compresseur nippon de Nisennenmondai. Quant à la soirée de clôture, elle se refermait lentement sur les ondes de Mercury Rev, BMXBandits, Mon Teenage Stride et Me and The Bees.      

L’essentiel de la programmation restait pourtant à venir, les jeudi 26, vendredi 27 et samedi 28 mai 2011, sur le site colossal du Parc del Forúm situé dans la zone portuaire de Barcelone. Un océan de béton adossé à la mer méditerranée doté d’un microclimat annonçant trois jours d’orage sonique sur les dix scènes proposées.

Le San Miguel Primavera Sound 2011 avait donc élaboré une programmation épinglant 221 artistes ou formations. Un grenier à souvenirs bâti de millions d’infinitésimales particules sonores, dont les principaux émetteurs toxiques se cachent sous des pseudonymes tels que The National, Pulp, Belle & Sebastian, Grinderman (combo dirigé par Nick Cave). Ou encore sous la forme d’un spectacle coloré, animé par les anciens combattants de The Flaming Lips, la Britannique PJ Harvey, toujours aussi illuminée par son charme intemporel ou encore Animal Collective, responsable d’une pop aussi majestueuse qu’expérimentale…

Día 1 (Jeudi 26/05) :

Mieux vaut se concentrer uniquement sur le Parc del Fórum et oublier tous les événements parallèles au festival. En effet, le site nous propose, rien que sur la journée du jeudi, pas moins de 58 concerts planifiés à des horaires très ibériques (ouverture des portes à 5:00 pm et début du dernier concert à 5 :00 am). Le paradis des fêtards !

Un marathon musical qui commence d’ailleurs de bien belle manière : Sufjan Stevens. Artiste mis à l’honneur lors de cette onzième édition, le musicien américain a le privilège de jouer au sein de la somptueuse salle indoor Rockdelux, un auditorium ultramoderne et cosy situé à l’entrée du site. Stevens va y livrer un concert privé (~ 3.000 personnes !) dans des conditions optimales, afin de nous présenter son dernier album, inspiré par la vie et l’œuvre de l’artiste américain Royal Robertson. Hallucinant, le spectacle son et lumière contamine très rapidement le spectateur de la folie schizo-paranoïde, propre au peintre louisianais.

Finalement, la pop cosmique, irréelle et habitée du combo étasunien invite le spectateur, confortablement installé dans son fauteuil, à la célébration d’une grande messe mystique. Le public, complètement conquis, saute, danse et chante sous une pluie de confettis et de ballons. Plus de deux heures de show électronica-pop surréaliste qui l’éloigne de plus en plus des rivages de ‘Chicago’. Sufjan Stevens a ainsi démontré qu’un autre monde était possible…

Les trois heures consacrées au Stevens’ show ne nous ont pas laissé le temps d’assister au concert des légendaires P.I.L, formation fondée par Johnny Rotten et certainement l’un des groupes les plus provocants et novateurs de la période post-punk. Impasse également sur les extravagants Étasuniens d’Of Montreal.

Une heure de file et deux heures de concert plus tard, les chemins bétonnés du Prima nous conduisent doucement vers la scène San Miguel afin d’affronter le rock-garage crasseux de Grinderman. Un concert qu’une poignée de spectateurs va suivre sur grand écran derrière la scène. La Main stage, dont la dimension et la configuration ne suffisent pas à assurer une visibilité satisfaisante, nous contraint régulièrement à assister à des spectacles dans des conditions déplorables. Bref, il y a trop de monde, vu la taille de la scène. Force est de constater que la formation dirigée par Nick Cave n’a pas pris une ride et déplace toujours autant les foules. La fosse est pleine. Le rock rageur de Australien libère toujours autant d’intensité musicale contagieuse. Enfin, surexcité, porté par le public, le leader charismatique n’hésite pas à se lancer dans la foule, sans épargner son micro. Des hurlements qui, s’il le fallait encore, intensifient les secousses sismiques d’une plaine noire de monde. Nick Cave et ses Bad Seeds, un remède de jouvence.

Pas le temps de souffler. La foule prend massivement la direction de la Llevant, située en bordure de site. Cette scène à la charpente imposante bénéficie d’un visuel supérieur à la précédente mais présente parfois de cruelles carences sonores. C’est le lieu choisi par Interpol pour planter ses guitares. Le vaste espace est bondé et le public trépigne. Barcelone aime le trio new-yorkais et le laisse entendre. Cette formation correspond d’ailleurs parfaitement à la philosophie du ‘Prima’. Une machine à tubes radio qui fait vendre de la plaquette et qui attire les foules tout en préservant son statut de rock indépendant. Entre gris clair et gris foncé.  

Huit ans et trois albums ont donc été nécessaires pour que les cousins sombres des Strokes recouvrent un brin de liberté artistique. Sur scène, ce travail est palpable et se gratifie de textures plus denses et de sons plus complexes. Sans sacrifier des tubes comme « Barricade », les New-yorkais parviennent, cependant, à conjuguer les genres. Mais le public n’est pas ici pour disserter sur des sujets transcendantaux ou la métaphysique. Abreuvé d’alcools et de bières, il est venu pour fêter le printemps. Lorsque les gros moteurs d’ Interpol déboulent, il répond présent en manifestant une ferveur électrisante. Une gigantesque marée humaine s’éveille alors ; tous vibrent, dansent et chantent sous le soleil de ‘Mexico’. La bande à Paul Banks est taillée pour remplir les salles, pourquoi s’en priverait-elle ?   

Pas le temps d’attendre la fin du set. Il faut se faufiler pour rejoindre los ‘fenómenos’ de la scène electronica. Trop tard ! Caribou a déjà transformé l’ATP Stage en une enclave inaccessible. Du haut de la colline, le spectacle est stupéfiant. Les milliers de spectateurs ne forment plus qu’une masse compacte en perpétuel mouvement. Certes, le son est pourri mais le light show hypnotise la nuit chaude catalane. Une manière unique d’observer les facéties du petit génie canadien. L’impressionnant mur rythmique, construit à l’aide de guitares et de drums, de beats et de bleeps, ne parvient que très faiblement à nos oreilles. Suffisamment, pourtant, pour participer à la grande messe électro-pop. En fin de parcours, le rituel « Sun » se met à gronder, sous l’impulsion d’un électro-noise puissant, couvert d’une voix en écho (‘Sun, Sun, Sun…’), avant de s’éteindre comme les derniers soupirs d’un concert absolument magique. Un voyage musical claustrophobe, à déconseiller à tout amoureux de grands espaces paisibles.

Une nuit sans sommeil qui croise d’infatigables ombres vacillantes. Elles trouvent pourtant l’énergie suffisante pour assister aux deux dernières représentations plutôt tardives. 4:00 am pour le quatuor indietronica de Sunns et 5 :00 am pour Girl Talk, l’un des artistes les plus respectés de l’electronica actuel.

Et demain est un autre jour ! 

Tahiti 80

The Past, The Present & The Possible

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Du changement pour la formation rouennaise, puisque le quatuor s’est élargi à un sextet, les deux musiciens participant aux tournées, Julie Barbagallo et Raphaëll Léger ayant rejoint définitivement le line up. Du changement également à cause de l’introduction d’éléments électro dans leur musique. Une première pour le combo, qui jusqu’alors, avait toujours privilégié la pop basique.

“The Past, The Present & The Possible” constitue leur cinquième opus, un oeuvre dont le titre est significatif d’une volonté de faire évoluer leur musique. Mais dans le domaine du possible. Electronica et boîtes à rythmes se sont donc immiscés dans l’expression sonore conventionnelle pour délivrer une électro pop riche, sophistiquée, à la limite ‘philspectoresque’. Parfois teintée de soul (« Darlin’ (Adam & Eve song) »), susceptible de libérer un bon groove (« Gate 33 ») ou sculptée dans la house mancunienne (« Solitary bizness »). Pensez à Happy Mondays ou aux Stone Roses. Si la plage d’entrée (« Defender ») est imprimée sur un tempo krautrock, malgré ses quelques accents de claviers vintage, « Crack up (extended) » nous plonge dans une électro tribale de plus de 8’, digne des Chemical Brothers. Mais en général, hormis le plus ténébreux « Nightmares », l’opus baigne dans un climat allègre, ensoleillé. Les superbes harmonies vocales ‘brianwilsonesques’ entretiennent ce climat ; mais également les ballades mid tempo (NDR : la seconde partie du titre maître et « 4am »), abordées dans l’esprit de Nada Surf. Un album sympa à écouter, mais qui ne recèle toujours pas de hit potentiel…

Jesse Sykes

Marble son

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Etabli à Seattle, ce combo compte quatre elpees à son actif. Et « Marble son », constitue son quatrième. La formation est drivée par la chanteuse/compositrice Jesse Sykes et le guitariste Phil Wandscher. Un quatuor qui pratique une forme d’alt country ouverte tant au folk, blues, rock que garage. Si « Like, Love, Lust and the Open Halls of the Soul » épousait un profil intimiste, « Marble son » est davantage chargé d’intensité électrique. La mélancolie est cependant toujours bien présente ; mais les vocaux sont plus en retrait. Certaines compos sont même réminiscentes du précédent elpee. Et je pense tout particulièrement au titre maître, caractérisé par ses superbes harmonies vocales, dignes des Fleet Foxes. De « Come to Mary », une berceuse californienne, abordée dans l’esprit de Crosby, Stills, Nash & Young. Ainsi que de la plage finale, « Wooden Roses », sculptée dans une très jolie mélodie. D’autres compos trempent dans un psychédélisme duveteux. Pensez à Rain Parade ou aux Long Ryders. Et ce Paisley Underground irradie les trois meilleurs titres de ce long playing. En se chargeant même d’une plus grande intensité tout en adoptant de multiples changements de tempo. A l’instar de « Your own kind », du presque ‘crazyhorsien’, tout en relief, « Pleasuring the Divine » et surtout des 8 minutes d’ouverture, “Hushed by devotion”. Un morceau tour à tour atmosphérique (Mazzy Star ?), traversé d’envolées d’électricité rageuses, vivifiantes (Dream Syndicate ?), se chargeant régulièrement de swing, pour éclater périodiquement en échanges de cordes duales, comme chez le légendaire Blue Oyster Cult (NDR : souvenez-vous de « Don't fear the reaper »). Manifestement le titre-phare du long playing. Un instrumental sur les 11 pistes : l’énigmatique, paradoxalement paisible mais tribal « Instrumental » (NDR : ben tiens !) Un chouette album !

 

Britney Spears

Femme Fatale

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Après avoir fait son ‘cirque’ en 2006, Britney Spears joue à la « Femme Fatale » au sein de ce septième LP dont le contenu est rapidement oublié, au profit des photos du carnet intérieur. Comme sur chacun des éléments discographiques de la demoiselle, il y a ici, une nouvelle fois, à boire et à manger. Encore plus orienté Pop électronique qu’auparavant, le nouveau recueil de Miss Spears tire souvent sur les grosses ficelles du genre. On a donc droit à une bonne dose d’autotune et de vocodeur (« Inside Out », « (Drop Dead) Beautiful »,…), de pseudo ballades moins mièvres que sur les disques précédents mais tout de même banales (« Criminal », « He About To Lose Me ») et du Will.I.Am, bien évidemment (« Big Fat Bass »).

Si les deux disques précédents de la blonde étaient plus ou moins cohérents, celui-ci sonne plutôt comme une ode à la récup’. Ainsi, lorsque Britney ne vogue pas –un peu tard– sur la tendance dubstep (« Hold It Against Me », « Inside Out »), elle délivre une trance à la Tiësto ou Swedish House Mafia (« Trip To Your Heart »), des sons nineties (« Up ‘n’Down ») ou même un morceau pop-rock à la Pink (« Don’t Keep Me Waiting »). Il est évident que l’originalité n’a jamais été vraiment de mise sur les travaux de la pop star. Mais « Femme Fatale » remporte la palme. En 16 morceaux, Britney nous délivre sa propre compile « Hit Connection ».