La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Rivierenhof 2011 : lundi 11 juillet

Openlucht fiesta

Ce lundi il flotte comme un air de kermesse, dans la Province d’Anvers. Nous croisons un tas de monde qui a déjà un verre dans le nez. Faut dire, qu’aujourd’hui, c’est la fête de la Communauté flamande. La Wallonie et la Belgique, eux, jubilent un peu moins, vu le contexte politique actuel. Mais qu’importe, notre soirée risque fort de prendre des allures de Saint-Patrick, puisque les Pogues se produisent dans le cadre du Rivierenhof.

Ce soir, la chaleur est étouffante. Nous avons avalé des kilomètres en voiture, puis emprunté le train et le tram avant d’atteindre la localité de Deurne. Après avoir traversé un grand parc cosmopolite où se mêlent allégrement adeptes du cours de danse, sportifs avertis, familles et autres hippies portés sur la fumette, nous arrivons au portail du superbe site qu’est l’Openlucht Theater. Passé un joli petit bar sis en plein air, on débarque au sein d’une sorte d’amphithéâtre plutôt sympathique. Surtout à cause de cette impression de proximité entre le public et la scène, malgré les 2.000 personnes (enfin c’est ce que l’on estime) présentes. Le festival Rivierenhof n’est pas très connu dans le Sud du pays. Et pourtant cette année, il accueille des concerts exclusifs comme ceux de Dinosaur Jr, Sinéad O'Connor ou encore Manu Chao. Sans oublier celui des Pogues, auquel nous assistons ce soir.

Et on espère, bien sûr, que la formation sera en forme. Car lors de son dernier passage en Belgique, le set était plutôt catastrophique. C’était dans le cadre du festival Dranouter, en août 2010. On craint même un instant le pire, car le groupe, programmé à 21h30, compte déjà 20 minutes de retard sur l’horaire. En fait, il se fait attendre et désirer. Enfin, résonne le « Straight to hell » des Clash. Une intro qui rappelle que Joe Strummer a aussi milité au sein des Pogues afin d’achever une tournée, début des 90’s. Shane McGowan éprouve quelques difficultés à monter sur les planches. Souffrirait-il de la goutte ? Pourtant, le gaillard a quand même l’air dans un bon jour. Le show s’ouvre par les rituels « Streams of Whiskey » et « If I should fall from grace with god ». Il faut pourtant attendre l’instrumental et traditionnel « Repeal of the licensing laws » pour voir l’ambiance monter d’un cran, dans le public. Enfin, on la vit cette ambiance des pubs irlandais où la bière coule à flots, les gens tapent des mains et du pied à tout crin. Sans oublier d’y ajouter l’inévitable connotation punk, of course. Les pogos se multiplient et ne vont plus guère cesser jusqu’au bout du set. Le tout sous le trafic aérien des verres de bière, exécuté au-dessus de l’auditoire. Si la plupart des musicos restent toujours placides, Phil Chevron et James Fearnley n’hésitent pas à venir sur le devant de la scène pour exciter la foule. Du répertoire proposé ce soir, on épinglera encore « Body of an american », « Irish rover » et en finale « Fiesta ». Bref, une setlist sans grande surprise. A se demander si un jour les aficionados ne vont pas en avoir marre de toujours entendre les mêmes morceaux. Mais quand donc les Pogues vont-ils des décider à proposer de nouvelles compos ? Enfin heureusement, il reste cette ambiance unique, sorte de communion celtique, célébrée par le groupe et ses fans…

La première partie a été assurée par le groupe local Donkey Boni. Leur répertoire ? Difficile à cerner. Soit c’est de la pure impro, soit le résultat d’expérimentations élaborées. Le tout plongé dans un climat indus (pensez à Einstürzende Neubauten) et ténébreux (dans l’esprit de Swans). Il semble quand même que le band se soit réservé une cover de leurs voisins dEUS. Leur musique est plutôt originale, mais trop paisible pour chauffer une salle. Surtout en supporting act des Pogues. Bref, on a vécu le calme avant la tempête irlandaise...

(Organisation : Openlucht Theater Rivierenhof)

 

Pour Noël Gallagher, les oiseaux volent haut…

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C’est le 17 octobre que paraîtra le premier album solo de Noël Gallagher. Intitulé “Noel Gallagher’s High Flying Birds”, il a été coproduit Par Noël et David Sardy. Les sessions d’enregistrement de l’elpee on été entamées à Londres et se sont terminées à Los Angeles. Il sera découpé en dix plages. Un deuxième opus devrait suivre, en 2012, puisque l’ex-Oasis s’est déjà constitué un réservoir de nouvelles compos, des morceaux qu’il a enregistrés en compagnie de The Amorphous Androgynous.

Tracklisting “Noel Gallagher’s High Flying Birds”

Everybody’s on the run
Dream on
If I had a gun…
The death of you and me
(I Wanna Live In A Dream In My) Record Machine
Aka…what a life!
Soldier boys and Jesus Freaks
Aka..broken arrow
(Stranded On) the wrong beach
Stop the clocks

http://www.noelgallagher.com

 

Rien n’est mauvais pour les Dawes

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La formation californienne Dawes publiera son second album, ce 22 août. Il s’intitulera « Nothing is wrong ». Enregistré sur du matos analogue, l’album a été produit par Jonathan Wilson avec la collaboration de Benmont Tench. Un invité de marque : Jackson Browne. La musique de Dawes est fortement influencée par les sixties et le début des seventies ; et en particulier par des artistes et groupes comme The Band, Crosby, Stills, Nash & Young, The Eagles, Gram Parsons, Tom Petty and the Heartbreakers et The Jayhawks.

http://www.youtube.com/watch?v=KFIyx4EaIkk

Le rossignol impérial de Stereo MCs

Écrit par

Légendes urbaines britanniques, les Stereo MCs, publieront leur nouvel opus chez K7, ce 29 août. Il s’intitulera Emperor’s Nightingale. Dans l’univers du hip hop, Stereo MCs a toujours été un cas particulier. Et une nouvelle fois, Nick Hallam et Rob Birch ont encore décidé d’innover. Et pour cause, Rob chante, et ne se contente pas de déclamer, sur ce disque.

http://www.youtube.com/watch?v=3DEq-xas898&feature=youtu.be

 

Tarwater nous mène en bateau

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Le onzième opus de Tarwater paraîtra ce 9 septembre 2011. Intitulé « Inside the ships » il est sensé refléter les différentes facettes de l’univers cosmique imaginé par le duo berlinois, Ronald Lippok et Bernd Jestram. Quand au titre de l’elpee, il s’agirait d’une métaphore métaphysique.

http://www.tarwater.de

 

 

Les orchestres en caoutchouc d’Anthony Joseph

Écrit par

Deux ans après avoir publié « Bird Head Son », Anthony Joseph sortira son nouvel album. Il sera produit par Malcolm Catto, batteur et leader de The Heliocentrics. Le preacher sera, en outre, accompagné sur un titre par le fondateur des Specials (Jerry Dammers). Cet elpee proposera des compos qui font la part belle au voodoo funk, mais également à la soul et au black rock, le tout sur fond de textes politiquement engagés.

 

Grace Jones : l’ouragan est de retour

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“Hurricane Dub”, c’est le titre du nouvel opus de Grace Jones, dont la sortie est prévue pour le 5 septembre 2011. Un double cd, dont le second proposera des versions dub du premier. L’elpee a été produit par Ivor Guest.

Track listing

This Is
William’s Blood
Corporate Canniba
I’m Crying (Mother’s Tears)

Well Well Well
Hurricane
Love You To Life
Sunset Sunrise
Devil In My Life

Cactus 2011 : vendredi 8 juillet

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On ne va pas revenir sur le cadre qui héberge le festival Cactus, mais une chose est sûre, son charme influe sur les choix de votre serviteur. Le festival fêtait, en outre, son 30ème anniversaire. Et pour la circonstance, on avait droit à une exposition consacrée au monde de l’étrange et du fantastique, dans le Minnewaterpark. Sympathique et original ! Mais venons-en à cette soirée du vendredi 7 juillet.

Pas de chance pour la formation belge Lady Linn & the Magnificent Seven. Quelques gros ralentissements avant d’entrer dans Bruges, la file pour recevoir son bracelet, et le concert était déjà terminé, lorsqu’on est arrivé devant le podium. Tant pis, ce sera pour une autre fois…

Kate Nash est londonienne et pas yankee comme son nom pourrait le faire penser. Elle compte, à ce jour, deux albums à son compteur. Le dernier, « Doo Wah Do », est même paru l’an dernier. Mais vu le manque de promo, il est complètement passé inaperçu. Enfin, paraît que les MySpace, Facebook, Twitter, Blogs et autre réseaux sociaux permettent de tout savoir sur les artistes ou groupes. Sauf que chez eux tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Alors bonne chance pour dénicher une analyse critique qui tienne la route… Bref, revenons à nos moutons. Kate Nash est très jeune. Elle est née le 6 juillet 1987. Très jolie aussi. Elle monte sur les planches en compagnie de trois musiciennes. Une drummeuse, une bassiste et une guitariste soliste, privilégiant les accords en picking. Excellente, par ailleurs. Outre le chant, Kate se réserve la rythmique et les claviers. Surtout le piano. Instrument qu’elle dissimule sous un drap blanc décoré d’une centaine d’ampoules, comme on en voit souvent à la foire de Bruxelles. A moins qu’elles n’aient été récupérées sur les guirlandes de Noël, lors des fêtes de fin d’année. L’entrée est fracassante. Ce soir, Kate a la pêche. Elle est coiffée d’un énorme nœud noir dans les cheveux. Probablement emprunté à la garde-robe de Minnie Mouse. Et porte une jupe écossaise. Si le set est plutôt allègre au début, il devient progressivement frénétique. Voire punk. Elle descend dans la fosse pour haranguer la foule. Nous réserve un petit laïus féministe. Et se sert même d’un parlophone. Les compos les plus notoires ne sont pas oubliées : « Love you more », « Do wah doo » et en fin de parcours « Foundations » ainsi que « Pumpkin soup », moment choisi par Kate pour monter sur les touches de son clavier, manquant même de se prendre une belle gamelle. Et de pianoter des pieds, l’équilibre retrouvé, grâce au secours de deux roadies, un sourire jusqu’aux oreilles. Un chouette moment !

Isobel Campbell et Mark Lanegan ne se produisent pas très souvent, live, ensemble. Faut dire que l’ex-Screamin Trees cumule les projets. Et pas seulement en solitaire, puisqu’il est impliqué chez Queens of The Stone Age et Soulsavers lorsqu’il n’épaule pas Greg Dulli, au sein des Twilight Singers. Ce qui n’a pas empêché le duo d’enregistrer trois albums. De toute bonne facture, par ailleurs. Surtout notoire pour avoir milité chez Belle & Sebastian, Isobel compte 4 elpees solo, à son actif. On se demandait donc comment le couple allait se débrouiller pour traduire en direct, leur mélange de blues poussiéreux et de pop sophistiquée. Le line up est complété par un guitariste, un contrebassiste/bassiste et un claviériste. Ils sont donc six sur les planches. Isobel porte une mini robe blanche à gros pois noirs. Et ma foi, elle est plutôt jolie et très sexy. A l’instar des rappers, Mark a coiffé sa casquette à l’envers. La voix éraillée de Mark et celle si douce et limpide d’Isobel se conjuguent à merveille. Parfois, elle vient s’asseoir, un peu en retrait pour jouer du violoncelle. C’est beau, émouvant, mais un peu trop paisible à mon goût. En outre les musicos sont statiques et communiquent très peu avec le public. On se demande même s’ils se rendent comptent qu’ils jouent face à un auditoire. Et comble de l’assommoir, les fréquences basses sont beaucoup trop puissantes. Il faudra attendre la fin du set pour entendre enfin l’une ou l’autre chanson un peu plus animée. Dommage ! A mon avis, ce type de concert serait bien plus adapté aux salles intimistes.

Les disques de KT Tunstall m’ont rarement fait flasher. D’honnête facture, mais sans grand relief, ils proposent essentiellement des compos qui trempent dans un metal/pop un peu trop standardisé à mon goût. Aussi, au début de son set, j’en étais encore à déguster une blanche de Bruges, en discutant autour d’une table. Au bout d’une dizaine de minutes, je me suis quand même levé pour aller prendre la température du spectacle. Et surprise, la petite Ecossaise est occupée de mettre le feu. Elle aime les guitares et en change pratiquement à chaque morceau. Et puis elle est plutôt habile pour tirer parti au maximum de ses pédales. Sa voix un peu râpeuse ne manque pas d’amplitude. Et enfin, elle peut s’appuyer sur un excellent backing band, dont une soliste terriblement efficace. Habillée très classe, cette dernière a un look digne de Chryssie Hynde des Pretenders. Mais surtout, elle assure derrière sa leader. La moitié de la setlist est composée de plages issues de son dernier opus, « Tiger », mais pas de morceau extrait de son Ep, « The scarlet Tulip », il est vrai exclusivement acoustique. Par contre, elle y a inclus plusieurs de ses classiques, comme « Black horse », « Difficulty », « Lost » et en clôture, l’inévitable « Suddenly I see ». Sans oublier « Other side of the world », la meilleure compo de l’artiste. D’un bout à l’autre de la prestation, Tunstall va manifester une énergie et un enthousiasme communicatifs. Si bien qu’on va se laisser prendre facilement au jeu. Pour finalement devoir admettre que l’artiste a beaucoup de talent ; et qu’elle possède même encore une fameuse marge de progression…

Place donc à la tête d’affiche du festival. Ils sont douze sur le podium. Enfin dix musiciens et deux danseuses. Tout va presque par paire au sein du line up. Deux drummers, dont le fils de Bryan et l’inusable Andy Newmark. Deux guitaristes. Deux choristes noires, postées de chaque côté du podium. Un claviériste/pianiste, une saxophoniste/claviériste. Un bassiste et Bryan Ferry. Un Ferry habillé très élégamment, comme d’hab et qui de temps à autre réenfile son par-dessus (NDR : paraît qu’il a toujours froid). Il ne tient pas en place et, non content d’arpenter le podium de long en large, il vient s’installer, tantôt à gauche, tantôt à droite derrière un piano. En début de parcours, il nous délivre deux gros tubes, « Slave to love » et « Don’t stop the dance », avant que le set n’entre dans une phase propice aux longues plages instrumentales, presque prog, au cours desquelles le jeune Olivier Thomson et le vétéran Chris Spencer s’en donnent à cœur joie. En toile de fond, les deux danseuses se trémoussent sensuellement devant un écran géant projetant des photos de Kate Moss. Au beau milieu du show, elles se déguisent même en rat d’hôtel. Pourquoi pas ! Les titres défilent : « Alphaville », des chansons issues du dernier elpee de Bryan, « Olympia », l’une ou l’autre adaptation de Roxy Music et la cover du « Like a Hurricane » de Neil Young. Mais il faut attendre que les deux choristes se libèrent pour voir enfin décoller le concert. On en est alors presque à la moitié du parcours. Elles se réservent enfin quelques vocalises tout bonnement exceptionnelles. On en attrape la chair de poule. A partir de cet instant, le public entre en osmose avec le band. D’autant plus qu’hormis les inévitables tubes « Avalon » et le final « Jealous Guy », au cours duquel le dandy va réussir son exercice de style, en sifflant, la main sur l’oreille, le reste des compos fait l’unanimité. Dont le « Just like tom thumb's blues » de Dylan, mais aussi l’inévitable « Let’s stick together », repris en chœur par la foule, « What goes », « Love is a drug » et « My only love » ainsi qu’un instrumental (« If there is something ») destiné à mettre en exergue le talent de ses musiciens, et en particulier de la saxophoniste, la charmante Jorja Chalmers qui, tout au long du set, en aura presque fait oublier Andy Mackay. A 1h10, Bryan Ferry et sa troupe prennent congé de l’audience, particulièrement ravie de la prestation, nous rassurant sur son état de santé, annoncé pourtant précaire au cours des derniers mois. Ne pas oublier que le Britannique a quand même 66 balais, même s’il en paraît 10 de moins…

 

Fink

Perfect Darkness

Écrit par

La noirceur et l’ombre n’ont jamais été aussi attirants que bercés par les mélodies suaves de Fink. Fin Greenall, de son vrai nom, nous embarque dans un monde empli d’émotions. Dont le sentiment principal est la peur, quelque peu empreinte de nostalgie. Et en quelques minutes, il nous décompose cette crainte dans tous ses états. Commençant par son côté obscur (« Perfect Darkness », également titre maître de l’elpee), le chemin aboutit à un lever de soleil sur Berlin (« Berlin Sunrise »), nous rappelant que même les sensations douloureuses ont des aspects appréciables. On traverse les ténèbres pour atteindre la lumière. Et cette route que construit l’ancien DJ (je sais, c’est à peine croyable), peu d’artistes sont capables ne fût-ce que de l’imaginer. De plus, on est à mille lieues de chansons et de mélodies dépressives, ce qui est souvent le péché mignon des artistes touchant à des sphères négatives. Et le chemin parcouru est entièrement homogène. Pas une seule bosse, pas un seul trou ne vient se dresser tel un piège. Mention toute particulière quand même à « Wheels » ; même si, je le répète, les dix pistes sont extrêmement homogènes. La magie de ce morceau est difficilement explicable. Il allie une certaine oppression et une promesse de grande liberté. Et il n’use d’aucun artifice. Mais il n’est pas ici question de vous dévoiler toutes les surprises de cette grande œuvre, même si on pourrait en parler pendant des heures sans jamais s’en lasser. Comme on peut l’écouter en boucle sans jamais avoir envie d’y mettre fin. « Perfect Darkness » est, pour les amateurs du genre, un incontournable. Il ne s’écoute pas, il se vit.

Hugh Laurie

Let them talk

Écrit par

James Hugh Calum Laurie est surtout connu du grand public comme acteur. Depuis 2004, il incarne Dr House, dans la série télévisée du même nom. Né à Oxford, cet Anglais est aujourd’hui âgé de 52 ans. Ce touche-à-tout assez génial a un emploi du temps plutôt chargé. Jugez plutôt : il est acteur, bien sûr, mais aussi réalisateur, producteur, auteur et musicien. Il a signé un contrat chez Warner en 2010 pour lequel il vient de publier un album de classiques du blues et du jazz, fortement teintés par la musique de la Nouvelle Orléans. Hugh est capable d’écrire ses propres chansons ; mais il souhaitait rendre hommage à un style qu’il affectionne tout particulièrement. En résulte un elpee au cours duquel il reprend une majorité de standards des années 20 et 30. Soutenu par le label major, il a pu mettre les petits plats dans les grands. Il a ainsi reçu le concours de Joe Henry, à la mise en forme. Ce chanteur/compositeur américain est un producteur expérimenté et notoire. Il a ainsi notamment bossé pour Mose Allison, Allen Toussaint, Solomon Burke, Loudon Wainwright et Susan Tedeschi. En outre, Joe a invité d’excellents musiciens pour participer aux sessions d’enregistrement, sessions qui se sont déroulées au studio Ocean Way, à Hollywood. Hugh chante, joue du piano et de la guitare.

L'ouverture est superbe. Hugh nous propose sa lecture personnelle du célèbre "St James infirmary", une compo traduite en succès, par Louis Armstrong, en 1928. Sa longue introduction au piano est totalement bouleversante, et la suite est tout aussi réussie. Le toubib possède bien le feeling du blues! Sa voix de fausset me fait penser à celle de Dr John ; mais elle s’intègre bien à l’ensemble. Les musiciens commencent à swinguer avant que les cuivres, orchestrés par Allen Toussaint, ne fassent leur apparition. Compo allègre, "You don't know my mind" est traitée à la manière d’un jug band. A cause de la mandoline de Kevin Breit, des percus et des chœurs féminins qui soutiennent le lead vocal. La reprise du "Six cold feet" de Leroy Carr est impeccable. Une intensité dramatique envahit le chant. Un accordéon enrichit le décor sonore, pendant que Levon Henry, à peine âgé de 18 ans, épate la galerie au saxophone ténor. Dr John, en personne, débarque de sa ville new orléanaise pour chanter avec passion mais douceur "After you're gone", un succès signé Bessie Smith en 1928. Laurie au piano et Robby Marshall à la clarinette y entretiennent un climat très cabaret. Hugh adopte alors le style boogie et martyrise ses ivoires tout au long de "Swanee river", une plage caractérisée par des interventions de violon qui ne manquent pas de charme. Irma Thomas est déterminé pour chanter "Joe Henry", un traditionnel du folk blues abordé suivant l'arrangement imaginé par Memphis Slim. Moment d’émotion intense lors de la cover du "Tipitina" de Professor Longhair, une plage qui symbolise bien le climat de la grande ville louisianaise. Vous n’avez jamais entendu Tom Jones chanter le blues ? Il s’y colle tout au long de "Baby, please make a change", une chanson au cours de laquelle il est épaulé par l’excellente voix d'Irma Thomas. L’elpee recèle encore deux reprises de Jelly Roll Morton, un artiste majeur qui a marqué de son empreinte la naissance les premiers pas du jazz ; mais également quelques bon vieux blues signés Arthur Phelps, J B Lenoir et un certain Robert Johnson. Le long playing s’achève par "Let them talk", une tendre ballade idéalement taillée pour la voix de Hugh Laurie. Si cette œuvre semble émaner d’une autre époque, elle se révèle d’excellente facture. Elle reflète, en outre, le profond respect que manifeste cet artiste pour cette musique…

 

Luc

Blablabla

Écrit par

Luc présente son second opus depuis qu’il a entamé sa route seul, après quelques expériences opérées au sein de diverses formations. Il en a profité également pour poser ses valises en Nouvelle-Zélande. Origine sans doute de sa recommandation : ‘to be listened to at the beach’ (‘à écouter sur la plage’).

« Blablabla » laisse s’évader l’imagination, libère les pulsions dynamiques, trace le chemin pour des ballades incohérentes. La plus belle de celles-ci est certainement « Cockroach ». Attachez bien vos ceintures parce que ce morceau va vous embarquer pour un voyage que vous n’êtes pas prêt d’oublier. Et il est vrai que le conseil de Luc devient parfaitement judicieux : cette mélodie mélangée au claquement du vent marin et au bruit des vagues doit avoir une saveur toute particulière. En outre, l’artiste joue lui-même tous les instruments et toutes les chansons sont issues de sa plume. Une exception vient toutefois confirmer la règle : la trompette qui accompagne « Graveyard ». Mais cette union est tout simplement à couper le souffle. Les pistes les plus rock ont, quant à elle, un côté un peu déjanté mais aussi quelque peu désordonné, à l’image de « Bike » ou de « Clever Monkey ». Mais la plupart des autres titres qui n’ont pas encore été cités ici passent un peu outre. On peine à en retenir la moindre note. Bien qu’ils soient pourtant sympathiques, ils ne correspondent qu’à une douceur à déguster sur le moment, elle ne laissera de toute façon pas de trace. Mais quoiqu’il arrive, à la petite phrase ‘Que le talent soit avec toi’, Luc répond par « Blablabla ».

Malachai

Ugly Side of Love

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Derrière Malachai se cache le duo originaire de Bristol formé par Gee Ealey et Scott Hendy. Et dans le même esprit que leurs compatriotes de Portishead et Tricky, ils chamboulent le terrain musical en renouvelant l’établi. Les années 1970 sont leur terrain d’expérimentation, qu’ils réactualisent en ajoutant un côté ‘qui dérange’. Dès qu’on tente de les classer dans une époque ou un style, un élément vient perturber notre jugement. Alors certes, on connaît ce vieil orgue, ce sample presque hip hop et ce solo de guitare, mais pas tous à la fois et pas pour un tel résultat.

Malachai déconstruit. L’ambiance zen (« Snake Charmer ») sera cassée par le groove ‘lennykravitzien’ qui suit (« Snowflake »). Outre le psychédélique, il embrasse sans complexe l’héritage des Beatles (« Another Sun ») et de la british pop des années 1970 en général (« How Long »). On penche également parfois pour un rock garage sur lequel Malachai joue des samples vintage, des rips de vinyle, et du hip hop (« Fading World »).

Plus ‘déclassé’ qu’inclassable, l’effet général de l’album est fondamentalement posé mais laisse transparaître ce caractère faussement brouillon des Black Keys. Le duo parvient à produire un son complètement neuf en n’utilisant quasiment que du vieux, révélation qui nous submerge dès le premier titre.

Au début de cette année, Malachai a publié « Return of the Ugly Love », dans la même lignée d’exploitation de basiques mais dans une orientation distinctement trip hop.

Metronomy

The English Riviera

Écrit par

Metronomy nous avait régalés en accouchant de leur excellent second opus, « Nights Out ». C’était en 2008. Une merveille pop/électro aux sonorités racées tellement évocatrices qu’il était impossible de passer à côté de cette œuvre. L’Anglais Joseph Mount, tête pensante, accompagné de son cousin Oscar Cash, sont désormais responsable d’un des plus grands disques de cette année. Transformé en quatuor pour l’occasion, le combo délivre « The English Riviera », le tant attendu troisième opus considéré par Mount comme ‘La rencontre entre Daft Punk et les Eagles’. En s’intéressant de très près aux enregistrements des 70’s, ce dernier a clairement dicté la tournure de ce disque. On ne s’y méprend pas à l’écoute de « We Broke Free » titre d’ouverture après l’intro éponyme, captivante, laissant les oreilles dans un état léthargique et rêveur. « The Look » change de ton et fait vibrer les pieds par sa rythmique guillerette et constante. Un hymne pop bondissant à la production extraordinaire. Autre point fort, « The Bay » s’offre comme un tube addictif d’une instabilité jouissive. Basse funk, claviers rétros et beat démentielle, on plonge la tête première. Enfin, la traversée de l’English Riviera se termine en beauté par « Love Underlined ». Symphonie aux allures nu-disco. Avec en guise d’ecstasy, une basse frissonnante qui relève du génie.

   A l’instar d’un LCD Soundsystem, Metronomy fait partie de ces groupes capables de pondre trois grands albums. La différence c’est que Joseph Mount & Co n’a pas encore parlé de retraite. C’est une excellente nouvelle, car des disques de cette trempe, on en demande encore !

 

Milk

A perfect smile

Écrit par

Milk est un groupe belge actif depuis 2005 ! Mais au fil de son parcours il a subi quelques modification de line up, et notamment le remplacement (temporaire ?) de la chanteuse Aline, par Diego Straz. Une prise de risques qui a été couronnée de succès, puisque depuis, la formation multiplie les tournées et s’est produire dans plusieurs festivals en Belgique, en France et même et en Suisse ! Mais pas seulement …

Milk vient donc d’enregistrer son troisième album. Il s’intitule « A perfect smile ». Et le combo a  une fois de plus réussi son pari : surprendre son public !

Souvent comparé à Soulwax, tant pour son style que pour sa capacité à déjouer les sonorités électro, cet elpee est une bombe musicale !

« A perfect smile » décerne une grande place à l’instrumental mais aussi aux rythmiques qui nous donne envie de danser dès le morceau entamé ! Coup de cœur à « My destruction ». Et surtout à ses rythmes. Une compo qui pourrait très bien servir de BO à un film d’action. J’épinglerai encore le titre maître, « A perfect smile », « Go away » ou encore « Relation Shit », des plages trépidantes, excitantes, alimentées par les merveilleuses hybridations des rythmes électro-rock.

Vous l’aurez bien compris, Milk c’est la capacité de nous combler d’énergie à travers des musiques énergisantes pour lesquelles ont ne peut qu’adhérer !

Catherine Ringer

Ring n’ Roll (b)

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Catherine Ringer, quatre années après la mort de Fred Chichin (son compagnon sur scène et dans la vie), nous propose son album solo. Un disque en forme d'hommage et de remise en selle. Même en surmontant la disparition de son complice, difficile de se passer de celui qui assurait les compositions, figure discrète sur scène mais tout de même moitié des Rita Mitsouko ! Catherine Ringer est donc de retour. Et surtout son énergie, sa bizarrerie et sa voix incroyable, qui s'écarquille dans des aigus de diva avant de se répandre dans des graves sulfureux.

« Ring n'Roll » parcourt un vaste paysage musical, entre rock, folk, ska, punk, chanson française, musique de film ou classique, électronique, tropicale. Catherine Ringer y est accompagnée à la basse et à la guitare, au clavier ainsi qu'à la trompette, à la batterie, et par quelques petits bruitages et autres sons électroniques, flûtes et percussions.

On ne sait pas vraiment sur quel pied danser, car la personnalité décalée de la chanteuse ne rattrape pas l'inégalité des compositions. Il est difficile de ne pas comparer, de ne pas succomber au charme dépotant des clips des Rita que l'on retrouve facilement sur la toile. Comme si le mélange de ces deux personnalités électriques faisait courir les électrons, et qu'il fallait maintenant retrouver une autre voie, un nouveau circuit pour faire passer le jus.

« Pardon » donne l'impression de vouloir transmettre un message important sur la miséricorde et la culpabilité, tout en jouant la carte de l'autodérision, et laisse une impression étrange.

Les trois meilleurs titres, situés en fin de disque, donnent envie de réappuyer sur ‘play’ et de repartir pour un tour.

Le lancinant « Si un jour » est alimenté par une boucle de guitares et de vocalises, tentative d'espoir évoquant l'idée d'une renaissance. « Mahler » est un hommage assumé à Chichin, un poème chanté avec lenteur et vibrato sur l'air d'une symphonie du compositeur (Gustav Malher), soutenu par des cordes sensibles. « Rendez-vous », magnifique, clôt le disque sur un air pétillant et optimiste, à base d'accordéon, de beats électroniques et de grands éclats de voix. Le rendez-vous est donné sur un futur boulevard, voire ‘Sous une forme animale / Gazeuse ou minérale / On sera juste deux molécules / qui se ventriculent’.

Et d'ici là ? Pardon d'être si prosaïque, mais on voudrait bien encore un peu de musique !

 

The Toxic Avenger

Angst

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The Toxic Avenger est le titre d’un film d’horreur parodique réalisé aux Etats-Unis. Mais ‘Le Vengeur Toxique’ est aussi le choix opéré par Simon Delacroix, le musicien, DJ, compositeur de musique électronique, pour se forger un nom. « Angst », traduction de colère ou peur en allemand, constitue son premier opus. Et il est une parfaite mise en contexte de ces sensations. Rarement de telles perceptions ont été aussi bien mariées à ce style de mélodies. Ce qui devrait amener le Français au rang de référence de la musique électro. D’autant qu’il use habilement de ses différents talents. Cet album a été composé en France, aux Etats-Unis et au Maroc et les sessions d’enregistrement ont bénéficié de plusieurs collaborations. Bonjour Afrique, la Norvégienne Annie, les Californiens de Lexicon, Simone elle est bonne, Robert Bruce sont les noms les plus significatifs de ces diverses unions.

A savoir que « Angst » est décliné en quatre morceaux différents, tous avec un certain quota de qualité. Et cette ramification mène à « Angst : four », l’une des dernières pistes. Elle allie magie et génie. Elle est le plus beau reflet du travail accompli tout au long de ces quinze plages. Baignant dans une atmosphère qui laisse quelque peu songer à Daft Punk, elle vous engloutit dans cette angoisse, scène principale sur laquelle jouent les notes. De plus, elle vient nous surprendre au moment où la lassitude commence à nous envahir. Vient alors une envie irrépressible d’encore. On savoure l’« Outro » avant un bonus complètement à côté de la plaque. Une chanson débarque « N’importe comment » (ce n’est pas moi qui le dit mais bien le titre de la chanson) dans un monde sis à des années lumière du sien. Mais qu’à cela ne tienne, The Toxic Avenger a blindé son ‘nouveau-né’ de tous les charmes que le Français a en stock. Pour preuve, les remixes parcourent déjà les ondes sonores.

Zoey van Goey

Propeller versus Wings

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« Propeller versus wings » constitue le second album de Zoey van Goey, un groupe écossais passé de trio à quatuor. Quoiqu’agréable à écouter, « The Cage Was Unlocked All Along », paru en 2009, n’avait pas rencontré de grand succès. Sculpté dans l’indie rock, leur nouvel elpee s’inscrit dans la lignée du premier. Notamment à cause de la sensibilité mélodique, proche sans se révéler totalement identique.  

Dans ces conditions, on ne peut tirer que les mêmes conclusions. Et craindre que ce disque récolte les mêmes échos que le précédent. Pourtant, il ne manque pas de saveur. Douceur et rythme font bon ménage tout au long de la plaque. Une combinaison qui peut même se révéler enivrante. Et “Sackville Sun” illustre parfaitement cette sensation ! Ou encore “My aviator”, dont le faux air de mélodie rétro glamour fait merveille sur “ My diamond’s best friend”. Deux coups de cœur encore : “ The cake and eating it” et “Little Island”. Bref, si le nouveau long playing de Zoey van Goey risque fort de ne pas défrayer la chronique, il ne manque pas de charme ; et par sa simplicité et sa délicatesse, ce charme finit par séduire...

En tout cas, pour ma part, je suis séduite!

Braids

Native Speaker

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Les Canadiens de Braids ont la tête clairement tournée vers le soleil. Récupérant les mêmes sonorités tropicales que Vampire Weekend, la même orientation psyché qu’Animal Collective et un peu de Régine (Arcade Fire) dans la voix, tous les éléments sont réunis pour créer le buzz en deux temps trois mouvements. D’autant plus que, plus tôt cette année, le quatuor s’est retrouvé embarqué par Friendly Fires pour une inspection des scènes européennes. Bien que « Native Speaker », leur premier LP, soit propice à quelques joyeux bondissements, il trouve plus particulièrement sa force au sein des morceaux les plus lents. A l’instar de « Glass Deers », « Native Speakers » et « Little Hand », carrément envoûtant.

Les quatre musiciens de Calgary s’inscrivent dans la vague de ces artistes art-pop qui vont marquer l’année 2011. De cette famille, on citera principalement EMA, Austra, Chad Valley et Keep Shelly In Athens. Dieu sait que la liste est longue et ne cesse de s’élargir. Mais si certains d'entre-eux risquent d’être oublié dès le prochain réveillon, Braids a le potentiel pour subsister plus que le temps d’un buzz. A écouter au plus vite.

Live : 07/07 aux Ardentes (Liège)

Obits

Moody, Standard and Poor

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En choisissant un tel titre, Obits démontre qu’il possède un humour féroce. « Moody Standard and Poor » constitue son second opus et vu la référence aux célèbres agences de notation (‘Moody’s’ et ‘Standard & Poor’) tristement célèbres pour avoir provoqué de fameux déboires en Grèce, on est assurément incité à s’y plonger avec curiosité. Les Obits, une formation de gauche luttant contre les excès du capitalisme ? Peut-être. Encore que je ne retrouve pas ce message dans les compos proposées par « De Mauvaise Humeur, Normal et Pauvre », un opus sculpté dans un rock, ma foi fort classique. 

Les Obits se sont formés à Brooklyn. En 2006. Le line up réunit alors des ex-membres des groupes de post-hardcore Drive Like Jehu et Hot Snakes (le guitariste et chanteur Rick Froberg) ainsi que d’Edsel (le guitariste Sorhab Habibion). Le premier opus, « I blame you » paraît en 2009 et il est particulièrement réussi. Au menu, un rock garage mélodique teinté d’un zeste de punk, dans l’esprit de Radio Birdman voire des Stooges originels.  

Nous sommes en 2011, et rien de bien nouveau à l’horizon pour le trio américain ; puisqu’il reprend les ingrédients qui ont prouvé leur efficacité depuis leurs débuts. Des guitares et encore des guitares soutenues par une rythmique simple mais diablement efficace ! Judicieuse, la pointe d’agressivité s’invite donc sur des brûlots comme l’énergique « You Gotta Lose », parcouru par sa ligne de basse imparable, ou encore le groovy « I Want Results ». Tous les morceaux ne sont malheureusement pas de la même trempe (le moins percutant « Shift Operator ») ; mais on ne s’ennuie pas une seconde, même lors des instrumentaux. En extrapolant, on pourrait décrire leur style comme une version punk des très mésestimés Black Lipsticks ! Dommage que malgré la cohérence impressionnante, aucun morceau ne se détache du lot. 

Hjaltalìn

Terminal

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L’Islande ne finit pas de nous surprendre, et Hjaltalìn persiste et signe dans la catégorie de leurs confrères : tous inclassables. Originaires de Reykjavik, Hjaltalìn connaît un énorme succès national depuis 2007, c’est-à-dire lors de la sortie de leur premier album « Sleepdrunk Seasons » ; sans doute en raison de la palette des styles intégrés simultanément dans leur musique.

L’introduction et la conclusion de « Terminal » sont typiquement philharmoniques. Et pour cause, l’orchestre symphonique d’Islande a participé à l’enregistrement de l’opus d’un bout à l’autre. Ne vous y méprenez pas, les 11 titres ne restent pas figés dans un rock orchestré, mais traversent les genres et les époques : des violons très ’60s (« Feels like Sugar »), des ambiances ecclésiastiques menaçantes (« Son From Incidental Music »), le souvenir d’une comédie musicale (« Montabone »), des ballades pop moins encombrées ou plus rock, mais dignes d’un excellent single (« Stay By You »), des mélodies aux arrangements Disney (« Vanity Music »), un chant au refrain disco-funk (« 7 years »), le tout formant une grande épopée contemporaine.

Alors si l’écho sacré nous rappelle d’emblée Arcade Fire, Hjaltalìn se distingue nettement par les voix. Non contents d’être tous multi-instrumentistes, les membres du groupe passent aussi devant le micro, et ce, pour un échantillon vocal extrêmement varié : une voix masculine mixte, rauque ou soul, une voix féminine diaphane, funky ; et le tout entremêlé (« Hooked on Chili »).

« Terminal » nous invite à entrer dans un film qui n’atteindrait jamais une pleine éclaircie. Une musique généreuse et ample sans être pompeuse constitue ce disque magnifiant qui a consolé l’Islande en pleine crise et en ressort la tête haute, en réitérant ce qui était fondamentalement important.

Bachelorette

Bachelorette

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« Bachelorette » trahit quelques relents liturgiques. Sur les deux premiers morceaux, on imaginerait presque un groupe de bonnes sœurs, le long de la plage, chantant au rythme de la guitare du curé. Et j’exagère à peine. Cette petite voix fluette et ses chœurs du même acabit n’ont absolument aucune consistance. Les mélodies, qui ont l’air, de piste en piste, quasi identiques, ne relèvent pas vraiment le niveau. Même pas sûr que les musiciens sachent dans quel monde ils veulent nous embarquer. On reste sur le quai et on regarde le bateau s’éloigner. Le sentiment que le navire va rapidement sombrer nous empêche de monter à bord. Et cette sensation nous sauve, car elle s’avère juste. Et personne ne se précipite pour reprendre quelque morceau que ce soit de l’épave. Car même en pièces détachées, l’album ne présente aucun véritable intérêt. Aucune plage n’a la véritable saveur amère de l’eau de mer. Aucun orage ne vient agiter cette même étendue d’eau, aucun souffle de vent ne vient pousser l’embarcation. C’est un surplace perpétuel. Et jamais la situation ne se débloque. Ceux qui avaient pris place sur le paquebot pensant partir à l’aventure, partagent une sombre pensée : ils n’auront rien à raconter de leur croisière qui leur a juste causé le mal de mer.