Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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The Rest

Everyone All At Once

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Il y a maintenant une bonne dizaine années que le Canada incarne le centre névralgique de la musique indie. Est-ce dû au brassage des cultures, exemple d’un véritable melting-pot ? Ou peut-être à la richesse de leurs paysages naturels ? Allant de la toundra des territoires du Nord aux Rocheuses, en passant par les plaines de l’Ontario, en quelques heures tout solitaire peut s’isoler et se retrouver seul à seul face à dame nature. Mais peu importe les raisons qu’elles soient géographiques, culturelles ou autres, le fait est que chaque année, que dis-je chaque mois, un groupe canadien déboule sur la scène musicale et une fois sur trois celui-ci est digne d’intérêt. Autant dire que le taux de réussite est élevé. Même si la Belgique n’a pas à rougir, il faut reconnaître que l’univers musical canadien a de quoi faire rêver. Arcade Fire, Broken Social Scene, Black Mountain, Wolf Parade et l’écurie Constellation en sont probablement les plus beaux fleurons. Mais on n’oubliera pas Japandroids, Tokyo Police Club, The Acorn, Caribou, auxquels on pourra ajouter dès à présent, The Rest.

Fondé à Hamilton (situé à quelques centaines de kilomètres de Toronto), le collectif évolue au sein d’un univers sonore assez proche de celui d’Arcade Fire. A l’instar des géniaux Montréalais, leur musique prend aux tripes. Un univers nébuleux, ténébreux, au cœur duquel l’aspect théâtral prend une place importante.

« Modern Time Travel » et « Coughing Blood/Fresh Travel (Necessities) » s’ébrouent en nappes de guitares avant de s’emballer au contact des refrains. Un exercice de style où le septuor se montre très à l’aise. Ce qui ne l’empêche pas de s’en écarter circonstanciellement pour emprunter un style plus épuré, tout en conservant l’intensité émotionnelle (« Drinking Again »). Ces Canadiens sont tout simplement ‘bluffants’. Ils tissent chaque morceau comme une toile distincte, véhiculant tour à tour des sentiments d’ivresse, d’envoûtement, d’obsession et de violence maîtrisée. Et impossible de résister à cette déferlante. En outre, la performance vocale somptueuse accomplie par Adam Bentley, tout au long d’« Everyone All At Once », accentue cette mélodicité contagieuse. Suffit d’écouter « Walk On Water (Auspicious Beginnings) » pour s’en rendre compte. Encore un groupe canadien qui ne devrait pas demeurer en Rest…

Serena-Maneesh

No 2 : Abyss In B Minor

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Formé en 1999, Serena-Maneesh s’est illustré en 2006, lors de la sortie de son premier album éponyme. Un opus pour lequel, les Norvégiens étaient déjà parvenus à bien s’entourer, puisque Martin Risi (Swans, Sonic Youth) y assurait la production alors que Mr. Sufjan Stevens y opérait une petite apparition (NDR : au sein d’un univers musical pourtant assez éloigné du sien). Un disque qui leur a valu d’excellentes critiques auprès de la presse internationale. Un début plus que prometteur qui leur a permis d’ouvrir pour la tournée européenne des Dandy Warhols, mais aussi d’Oasis, sur le territoire insulaire. 

Leur second elpee est sobrement baptisé « No 2 : Abyss In B Minor ». Et première constatation, on y retrouve les mêmes influences que celles rencontrées sur leur opus initial. Notamment puisée chez My Bloody Valentine (NDR : pensez à leur œuvre maîtresse « Loveless ») et Sonic Youth. Donc à la fois dans le shoegaze et la noise. Nappes de guitares torturées, bourrées d’effets, en couche, claviers atmosphériques ainsi que vocaux limpides partagés entre Emil et Hilma Nikolaisen, constituent la trame de cette expression sonore. Et le timbre de la frangine est tellement proche de celui de Bilinda Butcher (MBV). Différence, mais elle est de taille, la formation scandinave accorde un soin tout particulier aux rythmiques. C’est d’ailleurs ce qui fait leur marque de fabrique. Complexes, caoutchouteuses, puissantes et précises, elles apportent une dimension toute personnelle aux compos. Conférant une certaine organisation au chaos noisy. A tel point que les mélodies subtiles, complexes, en deviennent terriblement contagieuses. Voire même envoûtantes. « No 2 : Abyss In B Minor » nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Mais les 38 minutes que se partagent les 8 morceaux de cette œuvre valent leur pesant de ‘noisy’. Probablement un des meilleurs albums de shoegazing de l’année.

A noter que le groupe se produira dans le cadre du festival de Dour, ce vendredi 16 juillet.

La météo selon !!!

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Le (subjectivement) très attendu 4e album de !!! devrait atterrir dans les bacs le 21 août prochain. Le disque s'intitulera "Strange Weather, Isn't It?" et sera précédé du single "AM/FM". Il fait suite à l'énorme "Myth Takes" publié en 2007 et sera le premier LP enregistré sans la participation de piliers de la formation, John Pugh, Justin Vandervolgen et Tyler Pope, tous trois ayant décidé de travailler sur de nouveaux projets…

Tracklist:
 
AM/FM
The Most Certain Sure
Wannagain Wannagain
Jamie, My Intentions Are Bass
Steady as the Sidewalk Cracks
Hollow
Jump Back
Even Judas Gave Jesus a Kiss
The Hammer
 

Mines d’Or ?

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« Five Little Rooms », morceau issu du nouvel album du magnifique trio Menomena, est disponible en téléchargement dès aujourd’hui. Toutefois, pour pouvoir goûter aux sons barrés des Américains sur la longueur, il nous faudra patienter jusqu’au 30 juillet et la sortie de « Mines »…

Pas de dates belges prévues pour l’instant…

http://www.menomena.com/mines

“Mines” track listing:

Queen black acid
Taos
Killemall
Dirty cartoons
Tithe
Bote
Lunchmeat
Oh pretty boy, you’re such a big boy
Five little rooms
Sleeping beauty
Intil

 

Kitto arrive en France

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Après avoir envahi la Scandinavie et l’Australie, Kitto débarque en France (NDR : à quand la Belgique ?) Kitto a été comparée à Marianne Faithfull, à cause de sa voix chaude et éraillée ainsi qu’à Kurt Cobain pour l’intensité de ses concerts et son charisme. Auteur, compositeur et interprète australienne, elle s’impose sur scène un peu partout dans le monde.

Elle se produira en première partie de Pete Dehorty, à Nice, le 08 juillet.

Son album, « Unlearn Your Generation » est, lui, prévu pour le 21 mai.

http://www.youtube.com/watch?v=5Z-o_aCxrxM
http://www.dailymotion.com/video/xd7yug_kitto-mary-rose_music
http://www.myspace.com/kittowhosjack

 

'La Peste' a bien grandi…

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Le nouvel album de Disiz, « Dans Le Ventre du Crocodile », est sorti ce 11 mai sous le patronyme de Disiz Peterpunk. Près de 4 années ont été nécessaires à Disiz pour enregistrer ce nouvel opus, mais également et surtout pour échapper à l’univers parfois un peu trois formaté du hip hop français.

Son album présente un curieux mélange entre rythmes africains, avant-gardisme new-yorkais et prose très caractéristique de l’auteur du fameux « Je Pete les Plombs ! »

http://www.disizpeterpunk.com

 

Jamie Lidell en chauffeur de salle pour Prince

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Prince, qui fera un arrêt en Belgique le 10 juillet dans le cadre du festival Werchter Boutique, laisse à Jamie Lidell la tâche de chauffer la plaine. Le showman dont l'album "Compass" vient d'atterrir dans les bacs se produira donc en ouverture des festivités. Il s'agira de la troisième date belge pour Lidell qui se sera déjà produit deux jours auparavant, aux Ardentes et le 17 mai dernier en clôture des Nuits Botanique.

 www.wercheterboutique.be

 

Deadmau5

I Think I Smell A Rat

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Comment électrifier son public en un tour de main ? Derrière sa tête de rongeur, Joel Zimmerman ne laisse rien percevoir mais connaît sa leçon sur le bout des doigts. Ce 19 mai, le Canadien de 29 ans est venu présenter son dernier labeur, « For Lack Of A Better Name », lors d’un show à faire pâlir de jalousie Tiësto et consorts. Un choc visuel que les Daft Punk applaudiraient des deux mains.

L’Allemand Moguai, chargé de la première partie, semble s’éclater derrière ses platines. Sa House n’a rien de révolutionnaire mais permet à quelques motivés de pratiquer leur cardio avant l’arrivée sur scène du principal intéressé. Fait rare pour une première partie, les lumières de la salle brillent toujours de mille feux alors que le set du DJ est entamé depuis un long moment. Ce qui renforce le sentiment que Moguai comble l'attente en jouant le simple rôle de chauffeur de salle, et rien d’autre.

Un concert de Deadmau5, c’est la garantie d’en prendre plein les yeux. Les rideaux se lèvent vers 21h pour dévoiler une table de mixage oblique, en forme de V ; et un sacré dispositif de light show à l’arrière. Zimmerman, a.k.a. Deadmau5, apparaît derrières ses machines et sous un masque d’un blanc immaculé. Le DJ rentre dans le vif du sujet en balançant directement l’un de ses plus gros hits, « Moar Ghosts ‘n’ Stuff ». Le lightshow paraît à priori gentillet mais va prendre, au fur et à mesure, une dimension autrement plus spectaculaire. Les hits ultra-dansants s’enchaînent mais, pour la majorité du public, impossible de décoller les yeux de la scène.

Le rongeur exécute un véritable déballage d’effets visuels percutants. De la table mixage au masque du bonhomme, tous les éléments déployés sur scène disposent d’écrans digitaux. A chaque morceau son ambiance visuelle particulière. Le public en prend plein les mirettes mais un tel spectacle est à double tranchant. A vouloir épater la galerie, le cousin halluciné de Mickey Mouse fait malheureusement passer la musique au second plan. Cependant, que l’on aime ou déteste la House Progressive, impossible de ne pas reconnaître Deadmau5 comme l'un de ces artistes capables de vous scotcher du début à la fin de leur show. Avant de se retirer pour un ultime rappel, le Canadien clouera le bec aux spéculateurs en dévoilant son visage à l’assemblée. Histoire d’éviter une réputation d’escroc scénique à la Daft Punk ou MF Doom ?

A voir cet été au festival Pukkelpop.

Organisation : Live Nation

Keep Of Kalessin

Reptilian

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La Norvège bien pensante semble être prête à pardonner au black métal ses dérives incendiaires et criminelles des années 90. Ce sont, en effet, plus de 250 000 Norvégiens qui, en janvier dernier, ont soutenu de leur vote, la candidature de Keep Of Kalessin au concours Eurovision de la Chanson. Bien sûr, ces suffrages n’ont pas été suffisants pour permettre au combo black métal de Trondheim de rendre malade Michel Drucker (NDR : Lordi, il y a quelques années, y était parvenu). Mais ce plébiscite en dit long sur l’ouverture d’esprit des pays scandinaves, vis-à-vis des musiques plus extrêmes.

Si l’on peut s’interroger sur les motivations réelles qui ont poussé Keep Of Kalessin à se présenter à un tel concours (Célébrité ? Argent ? Provocation ? Pied de nez aux conventions ?), on ne peut pas vraiment affirmer que le groupe ait vendu son âme au diable pour parvenir à ses fins. « The Dragontower », l’extrait du nouvel album choisi pour être interprété au célèbre concours, bien que plus ‘heavy mélodique’ que le reste du tracklisting, ne rentre quand même pas dans les standards de la pop européenne. Et pourquoi pas l’an prochain, afin de s’aligner sur les pays nordiques, ne pas envoyer Enthroned ou Ancient Rites représenter notre pays à l’Eurovision ? Juste pour savoir combien de voix, ils parviendraient à recueillir.

Keep Of Kalessin a été fondé en 1995 par le guitariste Obsidian C. (Satyricon, Headspin). Outre ce seul membre survivant de la formation originelle, le line up actuel est constitué de Thebon (Subliritum, Twinsoul) au chant, Wizziac (Eternal Silence, Headspin) à la basse et Vyl (Gorgoroth, Headspin) aux baguettes. « Reptilian », le sixième album du combo a la lourde tâche de succéder à « Kolossus » (2008) et « Armada » (2006), deux pièces maîtresses du black métal épique. Pas vraiment facile quand on sait que de nombreux fans ‘hardcore’ de la formation ont un peu de mal à lui pardonner son escapade ‘eurovisionnienne’. Pourtant, il faut bien admettre que la qualité est présente. Le son, tout d’abord, est assez massif. Signée par  Daniel Bergstrand (Meshuggah, In Flames, Behemoth, Ram-Zet, Soilwork), la production ne pouvait qu’être excellente. Fidèle à son habitude, Keep Of Kalessin propose une série de titres assez longs et épiques, mélangeant le style de Satyricon à celui de Dimmu Borgir. « Reptilian » est un album black métal épique et symphonique aux parties rapides impressionnantes mais qui parfois, ne rechigne pas à s’aventurer sur le terrain du doom. Vyl semble être un adepte inconditionnel du blast-beat intensif. De quoi susciter parfois une certaine irritation. K.o.K. semble avoir travaillé et diversifié un peu son registre vocal. Pas de chant clair cependant, mais quelques vocaux plus graves (à la limite du drone) et quelques chœurs lyriques bien sentis. Le point culminant de l’opus est sans conteste le titre fleuve « Reptilian Majesty ». Quatorze minutes d’un black métal sombre et sinueux. Une composition à la fois violente, ambiante et héroïque, truffée de chœurs et d’arrangements qui s’inscrit parfaitement dans la lignée des deux efforts précédents du combo norvégien.

S’il n’atteint pas la qualité de composition d’« Armada », pour lequel le Keep Of Kalessin avait placé la barre très très haut, « Reptilian » est cependant un poil au dessus de « Kolossus » qui, personnellement m’avait un peu déçu. Norvège quatre points, Norway four points !

 

Christophe Maé

On trace la route

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Simpliste et simplet

Révélé par la comédie musicale (?) « Le Roi Soleil », Christophe Maé compte déjà trois albums à son actif, en moins de quatre ans. Après avoir publié « Mon paradis » en 2007 et « Comme à la maison », l’année suivante, il nous propose aujourd’hui « On trace la route ». Essaierait-il de rattraper le temps perdu lors de projets foireux du style « Mozart », « Notre-Dame de Paris », « Roméo et Juliette » et compagnie ? On serait bien tenté de le croire…

Comme pour ses deux premières réalisations, Christophe Maé a de nouveau fait appel à l’équipe : Volodia aux manettes, coréalisateur et ingénieur du son ainsi que le fidèle Bruno Dandrimont, guitariste/compositeur et ami de longue date. Pour l’écriture des textes, outre l’incontournable Lionel Florence, Boris Bergman, qui a signé pour Bashung notamment, et Diam’s, offrent eux aussi leur contribution.

Pour concocter ce troisième opus, Christophe Maé, de son vrai nom Christophe Martichon (ben oui ça ne s’invente pas) a voulu tester l’exotisme. Il s’est donc rendu à Dakar et Saint Louis pour se tremper quelque peu dans l’ambiance africaine ; mais également pour tenter de  communiquer à ses chansons une connotation afro/soul. Le résultat obtenu n’est qu’une pâle copie de ce que Yannick Noah réalise depuis quelques années, dans l’univers de l’afro-zouk-reggae.

Simpliste, sa musique ne repose que sur quelques accords de guitare et des rythmes identiques et sans saveur. Les textes sont, quant à eux, en dessous du niveau de la mer. Ils ne tiennent à rien (on y apprend qu'il aime sa femme, on est rassuré pour elle !) Pour couronner le tout, la voix (qui est inaudible) est en total désaccord avec l'ensemble.

En conclusion, cet album n'a aucune âme, et pour argumenter ce point de vue, tout en étant à la hauteur des textes : c'est mauvais. Mais Christophe Maé n’en a cure, il vendra. TF1, Europe1 et RTL matraquent déjà, sur leurs ondes, le single « Dingue, dingue dingue », afin que cette ‘œuvre’ devienne une des révélations de l’année.

Pour ajouter une touche finale encore plus personnelle, je dirais que les photos du livret ne représentent en rien la réalité de la vie sénégalaise. Notre pseudo-vedette a l’art de se draper dans des décors superbes. Pour avoir vécu l’aventure africaine de l’intérieur, je peux vous garantir que ces images cachent, en réalité, un univers misérable pour les autochtones. Et une manipulation (de plus), une !

 

Marvin

Hangover the Top

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Adhérer un jour au concept d’African Tape relève, perso, de la mission impossible. Ce label qui, sous le couvert de prétentions indie, noise, avant-gardistes ou alternatives, propose les œuvres d’artistes qui, (c’est un avis tout à fait personnel) le plus souvent, font vraiment n’importe quoi. De tous les albums signés par African Tape que j’ai eu la (mal)chance de chroniquer, « Hangover The Top », le nouvel effort du trio Montpelliérain Marvin est celui qui se rapproche le plus, personnellement, du ‘musicalement acceptable’.

Marvin, c’est deux gars, une fille. Emilie aux claviers, Fred à la guitare et Greg à la batterie. Trois individus manifestement barrés qui font autant de bruit que s’ils étaient dix. Difficile de coller une étiquette sur ce mélange de noise, de punk, de math rock et d’expérimentions synthétiques. « Hangover the top » est presque entièrement instrumental. Tant mieux ! Ce rock schizophrène n’a pas vraiment besoin du chant approximatif et inconfortable de « Roquedur », le titre d’ouverture vaguement métallique auquel je préfère, sans conteste, les vocaux trafiqués à l’aide d’un antique vocodeur, propagés sur « Dirty Tapping ».

« Hangover the top » est un disque bourré de qualités ; mais il est difficile à digérer. Surtout chez un métalleux primaire tel que votre serviteur. Cependant, j’admettrai volontiers que dans le genre barré et déstructuré, je n’ai pas souvent entendu mieux.

 

Pearly Gate Music

Pearly Gate Music

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Quelque part au cœur des grands espaces ouest américains, se cache probablement une école spécialisée en cours de folk, d’americana, mais également de chant pastoral enseigné par des disciples de Gram Parsons et des Byrds. En outre, les classes de cet établissement sont probablement composées d’élèves très doués ! C’est la seule explication valable, vu l’afflux constant d’artistes naviguant non loin des sommets de la folk US, ces derniers temps : des Fleet Foxes à My Morning Jacket en passant par Blitzen Trapper, Great Lake Swimmers, Midlake ou Avi Buffalo, chaque mois nous apporte une production de qualité estampillée indie-folk. Et le label Bella Union n’y est pas pour rien ! En ce mois de mai, la maison texane a l’honneur de vous présenter Pearly Gate Music. Le projet solo de Zach Tillman, le frère du batteur des… Fleet Foxes (qui le rejoint d’ailleurs sur scène) ! Une réduction est-elle offerte à l’inscription d’un 2ème enfant à cette fameuse école du folk ?

La voix de Zach Tillman rappelle beaucoup (oh surprise !) celle de Robin Pecknold des Fleet Foxes ; mais le ton de ses compositions, un peu en marge et moins mélodique, est plus varié que celui de ses aînés. Il ne s’agit pourtant que de son premier album. Mais dès le morceau inaugural, l’hymne morbide « Golden Funeral », la magie opère. Interprété pratiquement a cappella, il glace le sang tout en hypnotisant l’auditeur. Ensuite, « Big Escape » débute comme un morceau des Fleet Foxes pour finir sous un mur de saturation. Pas étonnant que Zach annonce préférer le « On The Beach » à « After The Goldrush » de Neil Young… « Oh, What A Time », dans une veine plus mélodique, est chantée en chœur avec son frère. Pas difficile d’imaginer le talent familial. Chaque morceau baigne au sein de sa propre atmosphère et se laisse porter par le timbre magnifique et mystique du jeune Zach. La production variée, entre lo-fi et arrangements finement ciselés, apporte une dimension live à l’ensemble et insuffle aux morceaux une dose supplémentaire de réalisme… rural bien entendu ! « Gossamer Hair », le meilleur morceau du lot, navigue dans les hautes sphères du folk américain, pas loin des ambiances réverbérées de Great Lake Swimmers. De la musique d’église en quelque sorte. Les amateurs de mélodies pop immédiates peuvent toutefois passer leur chemin ; car chez les Tillman, la musique est quelque chose de sérieux, de sacré même…

Reste à découvrir la date des portes ouvertes de cette fameuse école du folk afin d’y inscrire nos (futurs) rejetons. Plus rêche que celle des Fleet Foxes, la musique de Pearly Gate Music devrait en tout cas convaincre les fans des groupes précités.

Christian Prommer

Drumlesson Zwei

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La transposition des œuvres classiques en texture électronique n’est vraiment plus un exercice de style insolite. Surtout depuis que Carl Craig et Moritz Von Oswald ont (re)dirigé pour le compte de l’écurie Deutsche Grammophon, l’intemporel « Boléro » de Ravel. Visiblement l’opération inverse semble également être dans l’air du temps. En 2008, le drummer de jazz, Christian Prommer, avait publié « Drumlesson Vol.1 », une œuvre au cours de laquelle le Munichois avait eu l’excellente idée d’inviter des musiciens talentueux à mettre des classiques de l’électro, à la sauce jazz. Dont le « Trans Europe Express » de Kraftwerk ou encore le « Strings Of Life » de Derrick May. Suite à la réaction favorable de la critique, le Teuton a décidé de remettre le couvert. « Drumlesson Zwei » constitue donc la suite de ses expérimentations. Rien que du bon pour les oreilles !

Le nouvel essai a été coproduit par son comparse Peter Kruder. Et le concept est semblable. Sauf que sur le premier volume, l’électro était quasi inexistante, alors que sur le suivant, c’est tout le contraire. En outre, les adaptations sont fort différentes des versions originales. Plus question donc de se délecter sereinement, un Manhattan dans une main et un Montecristo N°5 dans l’autre, d’un Kraftwerk revu et corrigé par un quatuor de jazz. Bien sûr, vous reconnaîtrez, sans hésitation, la mélodie immortelle gravée au fond de votre mémoire, d’« Oxygène Part IV » de Jean-Michel Jarre ! Par contre, l’« Acid Eifel » de Laurent Garnier n’est guère discernable. A priori, le producteur et DJ allemand semble bien plus inspiré, lorsqu’il se charge de remixer. Un exercice de style au sein duquel il excelle. A l’instar de « Sandstorms » du mythique Carl Craig, pourtant considéré comme le roi du remixe. Le jazz n’est cependant pas exclu du paysage sonore. Et navigant en eaux troubles, le fragile « High Noon » de Kruder et Dorfmeister, sur lequel vient se poser un piano élégiaque, en est une belle illustration.

Christian Prommer vient encore de réaliser un coup fumant. Peut-être pas aussi original que son coup d’essai, mais tout aussi bien conçu. En outre, la mise en forme est irréprochable. Oh diese Deutschen!

 

Race Horses

Goodbye Falkenburg

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17 secondes de flottement. En intro. Le calme avant la tempête. Puis bienvenue dans un joyeux bordel où l’extravagance règne en maître. Et les surprises se multiplient. Au fil des treize morceaux de leur premier elpee, les natifs de Cardiff affrontent une palette de styles particulièrement riche. Heureusement, pour mettre un peu d’ordre dans ce foutoir, le groupe a pris la judicieuse initiative de mentionner, au sein de son booklet, les albums qu’ils ont écoutés en enregistrant cet opus. Une liste qui dévoile une bonne partie des références dont se réclame le combo. Mais si certaines semblent évidentes, d’autres sont plutôt étonnantes. Et en particulier Neu !, Can et Faust. Donc le krautrock.

Par contre pas de doute en ce qui concerne les Beatles. Suffit d’écouter « Captain Penelope Smith » ou « Isle Of Ewe » pour s’en convaincre. De toute évidence, les Kinks, Love et Daniel Johnston on également marqué le band. Et parmi les ensembles contemporains, The Libertines (« Scooper »), The Coral et même The Decemberists (NDR : le lyrique « Voyage to St Louiscious »). Sans oublier leurs compatriotes Gorky’s Zygotic Mynci et Super Furry Animals. Les membres de Race Horses sont également gallois. Et il leur arrive également de  chanter dans leur dialecte. A l’instar de « Marged Wedi Blino » ou de « Glo ».

Pour un premier elpee, il faut avouer que Race Horses mange à tous les râteliers. Il y jongle avec les influences (NDR : pop, glam, post punk, psychédélisme, etc.), les atmosphères, les langues (NDR : l’anglo saxon et celtique insulaires) ainsi que l’instrumentation (NDR : cuivres, piano, synthés, bidouillages, violons). Sans oublier d’y injecter une dose massive de bonne humeur. Pour un aussi jeune groupe, son éclectisme a de quoi dérouter. Mais surtout, tout au long de « Goodbye Falkenburg », la formation impressionne par sa maîtrise de ses influences. Une belle réussite ! En attendant de pouvoir la découvrir chez nous sur les planches…

 

The Red Earth Collective

Red Earth Dub

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Rastaquouères : à l’abordage ! La troupe du Red Earth Collective s’est associée, le temps d’un album, aux musicos de Soothsayers Horns pour concocter ce « Red Earth Dub ». Au menu : des sonorités dub (sans blague), des petites guitares catchy et une cargaison de cuivres bourrée de clichés reggae! Evidemment quand une formation choisit un patronyme comme Soothsayers Horns, faut pas s’attendre à ce qu’elle joue de la flûte de pan ! Cependant, même si cette solution sonore aussi caoutchouteuse que narcotique n’est guère excitante, il faut reconnaître que les musicos sont d’excellents instrumentistes. Et ne se contentent pas de pratiquer un reggae dit ‘classique’, véhiculant circonstanciellement des accès de jazz lorsqu’ils ne puisent pas leurs racines dans l’afrobeat (NDR : et pas seulement dans la Marie-Jeanne). Maintenant, il faut vraiment être un spécialiste du style pour déceler les variations de rythmes, de percus et de mélodies. Les capacités d’impro sont claires. Mais pas suffisamment explorées. A conseiller aux inconditionnels du genre. Perso, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé ! Chacun ses goûts…

Red Sparowes

The Fear Is Excruciating, But Terein Lies The Answer

Écrit par

Fondé en 2003, Red Sparowes est devenu aujourd’hui une figure incontournable de la scène post-rock/métal. Il faut dire que le line up du combo réunit des musiciens ayant évolué, auparavant, au sein de formations comme Isis ou The VSS. Si la solution sonore de Red Sparowes s’avère plus mélodique que celle de la bande à Aaron Turner, elle se révèle néanmoins plus brutale que chez Mogwai ou Godspeed You ! Black Emperor. La formation californienne (NDR : issue de Los Angeles, très exactement) se complaît cependant au sein d’un univers ténébreux, tout en jouant subtilement sur les climats, afin de rendre ses compos les plus contagieuses possible. Responsable d’un excellent deuxième elpee, en 2006, l’ensemble américain avait depuis publié un Ep 3 titres. Intitulé « Aphorisms », il était paru en 2008. Depuis, c’était le silence radio. Et une suite à « Every Red Heart Shines Toward The Red Sun », était impatiemment attendue. 

 

Il y a deux ans, Josh Graham avait quitté le bateau pour fonder son propre groupe, A Storm of Light. Un départ compensé depuis par l’arrivée de l’ex-guitariste des Nocturnes, Emma Ruth Rundle. « The Fear Is Excruciating » continue de creuser dans une veine post-rock/métal ; cependant, leur style, est manifestement en évolution, sans pour autant fois parler de révolution. D’ailleurs, on y retrouve leur marque de fabrique : la facilité impressionnante à superposer des lignes de guitares et à glisser d’un envoûtement presque ambient à un déferlement d’électricité. Mais, dans le passé, la plupart des morceaux flirtaient allègrement avec les 10 minutes. Pour ce nouvel opus, le combo a décidé de limiter leur durée. Est-ce un bien ou un mal ? Point positif, les compos sont plus instinctives, urgentes. Point négatif, les splendides crescendos dont le groupe nous régalait, sont bien moins fréquents. Autre métamorphose marquante, l’aspect post rock est davantage privilégié, au détriment du profil métallique. Les compos lorgnent même souvent vers Mogwai. Le ton est plus léger. Plus aiguisées, les six cordes perdent de leur profondeur. En outre la basse est moins présente. Bien sûr, il n’est toujours pas question ici d’ambiance festive ; la formation continuant d’explorer la face sombre de l’existence. Et véritable marche funèbre, « A Mutiny » en est certainement une parfaite illustration.

Troisième album de Red Sparowes, « The Fear Is Excruciating, But Therein Lies the Answer » est une œuvre de toute bonne facture. Cependant, on reprochera au groupe, un manque flagrant de prise de risques. Car manifestement, il dispose du potentiel nécessaire et indispensable pour concocter une œuvre majeure. Ce sera peut-être pour la prochaine fois…

 

Sade

Soldier of love

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Lorsqu’on évoque Sade, on pense immédiatement aux hits planétaires « Smooth operator » et « The Sweetest taboo », deux titres qui ont véritablement cartonné au beau milieu des eighties. Car la naissance du groupe remonte déjà à 1983. Une aventure qu’on ne peut qualifier de prolifique, puisqu’elle n’a, à ce jour, que six elpees au compteur (NDR : plus de 50 millions d’albums vendus à travers le monde quand même ; excusez du peu !) Dont le dernier, « Soldier of love », fait suite à « Lovers rock » publié, il y a déjà dix ans. En fait, Sade Adu, la vocaliste, se réserve un long break, après chaque accouchement, afin d’élever sa progéniture.

Pour enregistrer ce nouveau long playing, elle a bien sûr bénéficié du concours de ses fidèles collaborateurs. En l’occurrence le claviériste Andrew Hale, le guitariste Stuart Matthewman et le bassiste Paul Spencer Denman. Des sessions qui se sont déroulées au sein des studios de Peter Gabriel. Vous aimez le timbre vocal velouté, sensuel, suave, de Sade ? Ce disque devrait suffire à votre bonheur. Musicalement, hormis le titre maître et single –plus rock, plus martial– l’ensemble de l’opus trempe dans une soul, tour à tour teintée de jazz, de trip hop voire de reggae, le tout enrobé d’arrangements tantôt synthétiques, tantôt classiques (voire classieux). Un disque constitué, en majorité, de ballades délicates, vaporeuses, ténébreuses, mélancoliques ou visionnaires. Adu siffle même sur « Be that easy ». Coproduit par Sade et Mike Pela (toujours un indéfectible collaborateur), « Soldier of love » ne recèle pas de tube susceptible de squatter les ondes radiophoniques, mais contient 10 plages de bonne facture. Certains morceaux s’avèrent même assez complexes, même si le titre final, « The safest place », emprunte un format plus minimaliste…

 

Trans Am

Thing (2)

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Plus de 15 ans d’existence pour ce trio américain dont le post rock commence tout doucement à attraper un coup de vieux. Aussi, Trans Am a tenté de renouveler son fonds de commerce. Comment ? En inoculant de l’électro dans sa solution sonore. Les aficionados semblent ne pas trop apprécier la démarche. A contrario, les amateurs d’expérimentations électroniques estiment cette nouvelle orientation musicale plus contemporaine. De là à crier au génie…

Après avoir écouté cet opus, je dois avouer ne pas trop savoir sur quel pied danser. J’avoue même que cet elpee me laisse perplexe. Le trio du Maryland semble avoir élargi son champ d’influences. Qu’il a étendu au krautrock (Can, Neu, Kraftwerk, etc.) ; donc aussi bien organiques que synthétiques. Et même à l’ambient/indus (NDR : pensez à Jean-Michel Jarre). Mais en réalité, Trans Am n’est vraiment plus dans l’air du temps. Et cet horrible vocodeur qui envahit « Black Matter » en est une cruelle illustration. Tout comme « The Silent Star », dont les roulements intempestifs de drums et les bruitages synthétiques permanents, n’ont qu’une seule issue : la tête grosse comme une pastèque ! Ou encore cet « Intersellar Drift », fruit d’une rencontre avortée entre Mark Knopfler et Maserati.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter. D’ailleurs l’elpee recèle quelques petites perles telles que « Black Matter » ou encore l’excellent « Arcadia », dont le beat colle maladivement à votre cortex ! Mais bon, le résultat est quand même insuffisant au vu du potentiel d’un tel combo, encore trop englué dans son post rock gonflé aux claviers vintage… 

 

AC/DC

Iron Man 2 (Cd + Dvd)

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En l’espace de 35 ans de carrière AC/DC n’a pas trouvé le temps de sortir un authentique ‘best of’. La publication de ce volumineux digibook répare cette carence. Mais le clan ne s’est pas spécialement foulé ; le recueil résultant d’une association entre le groupe et Marvel Comics. Il signe donc la B.O. du film « Iron Man 2 », long métrage au cours duquel Mickey Rourke s’autorise bien des entorses aux projets de l’‘Homme de fer’, dans un déluge d’effets spéciaux. AC/DC n’en est pas à son premier essai cinématographique.

On se souvient de la bande son du délirant « Maximum Overdrive », réalisé par Stephen King. Pour l’occasion, la bande à Angus nous avait décoché quelques brûlots inédits (« Who Made Who », « Chase the ace », etc.) Ou encore de « Last Action Hero », incluant le simple « Big Gun ». « Iron Man » ne recèle que des morceaux notoires. Il compile sur un même Cd une poignée de gros hits (« Highway to Hell, « Back in Black », « Let there be Rock », « Thunderstruck » et le toujours irrésistible « Shoot to Thrill » qui ouvre les hostilités). Ne manquent que les tubes suivants : « You Shook Me all Night Long », « Whole Lotta Rosie » et même « Hell’s Bells », le plus gros carton des Australiens. Et c’est là que les choses deviennent un peu plus passionnantes ; car plutôt que de jouer la carte de la facilité, le combo nous invite à redécouvrir des titres moins connus, mais néanmoins excellents. On se réjouit donc de la présence du magnifique « Guns for Hire », extrait de « Flick of the Switch », de « The Razor’s Edge », tiré de l’elpee du même nom ou encore de « Rock n’ Roll Damnation », du redoutable « Powerage ». Les collectionneurs seront une fois de plus pris en otage, Sony ayant prévu la publication de cet ouvrage en quatre formats différents : le Cd standard, le Cd/Dvd de luxe, superbement illustré, un double LP, ainsi qu’une édition spéciale ‘format BD’ Cd + Dvd hyper soignée et numérotée !

Pas de quoi sauter au plafond, mais nous recommanderons l’édition standard aux adolescents qui souhaitent s’initier au hard bluesy toujours aussi efficace d’un des plus grands combos de toute l’histoire du rock n’roll.

Black Francis

Nonstoperotik

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Charles Thompson vient probablement d’enregistrer son 18ème long playing au cours de sa carrière. En comptabilisant ses projets collectifs (Pixies, Catholics, Grand Duchy) et en solitaire (Frank Black, Black Francis). Et en solo, il en est quand même à son 12ème elpee.

Pour concocter ce « Nonstoperotik », il a reçu le concours d’Eric Drew Feldman (NDR : reconverti en producteur, ce bassiste possède une fameuse carte de visite ; claviériste au sein du band de Captain Beefheart, il a notamment produit des œuvres des Residents, de Pere Ubu, dEUS, PJ Harvey et bien sûr pour Charles, sans oublier les Pixies) à la mise en forme. Un disque dont les sessions n’ont duré que quelques nuits.

Découpé en 11 plages, l’œuvre surprend par ses arrangements alambiqués, luxuriants, réservés à une bonne moitié des compos. Notamment sur les ballades. A l’instar du trompeusement laidback « O my tidy sum », au cours duquel, Frank se prend pour Jimmy Somerville. Un falsetto qu’il nous ressert lors de la comptine enfantine « Rabbits ». Des compos qui traitent surtout de foi et de religion. Comme lors de la première partie de la plaque. On retrouve quand même des accents ‘pixiesques’ sur la cover du « Wheels » de Flying Burrito Brothers. Et même un solo de guitare bien saignant. Sur le virulent « Six legged man », également, sorte de réécriture de « Tony’s theme ». Sur la compo qui ouvre le cd, « Lake of sin », une plage percutante mais imprimés sur des tempos variables. Et en fin de parcours de la ballade surf « Dead man’s curve », moment choisi pour pousser des hululements, des glapissements et des aboiements. A partir du 8ème titre, le style change radicalement. D’abord, à cause de ce « Wild son », calqué sur le « Riders on the storm » des Doors. Basse fiévreuse et piano électrique compris. Encore que lorsque ces ivoires empruntent les sonorités d’un bar, c’est plutôt à un vieux western, tourné par Ennio Morricone, qu’on se met à penser.

Et soudain, notre Charles se laisse glisser dans des confidences érotiques. Vantant les mérites du cunnilingus sur la ballade mid tempo « When I go down on you ». Sa voix en devient même éraillée comme Bruce Springsteen. Et sa mélodie hymnique. Il en remet même une couche sur le titre maître, un fragment nettement plus dépouillé (NDR : évidemment !)

L’album s’achève par la compo la plus intéressante : « Cinema star ». Parce que la plus originale et lumineuse. Tout y est : sens mélodique, richesse des arrangements (NDR : presque prog ?), variations de tempi, cordes de guitare bringuebalantes. En extrapolant on pourrait imaginer un croisement hypothétique entre Wilco (des débuts), Danielson et Elbow. A cet instant, Frank est en état de grâce (NDR : à quand des lyrics sur les oligo-éléments contenus dans la semence masculine ?)

The City

The City

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Et si l’avenir international du hard rock'n'roll belge passait par The City ? Ce groupe anversois peut se targuer de proposer, sur son premier album éponyme, le concentré de rock belge le plus exportable à l’étranger, entendu depuis longtemps.

Ces cinq tatoués aux mines patibulaires sont tous issus de la scène rock anversoise (The Heartaches, Enemy Rose, Mindfist). Pour son premier essai discographique, The City offre  un cocktail détonnant d’attitude punk rock et de hard’n’roll jouissif. Imaginez : le glam rock cradingue des premiers Guns’N’Roses et de Faster Pussycat (NDR : la voix de Tommy X ressemble parfois à s’y méprendre à celle de Taime Downe, le vocaliste des Pussycats californiens) marié au hard rock classique des premiers albums de Motörhead, Twisted Sister ou Krokus. Ajoutez-y l’énergie contestataire et la désinvolture qui caractérise le punk rock originel.

En dotant sa musique d’une bonne dose de riffs hard/punk débridés, de soli gras et dégoulinants ainsi que de propos corrosifs, débités par une voix nasillarde et rugueuse, The City réinvente l’essence du rock’n’roll énervé. Excellent !