L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Ganglians

Monster Head Room

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Ganglians est un combo originaire de Sacramento. Remarqué lors du prestigieux festival South By Southwest (SXSW pour les intimes), qui s’est déroulé en mars dernier, le quatuor s’est empressé de publier un premier Ep éponyme, suivi de très près par une première œuvre complète, « Monster Head Room ». Ganglians marche sur les traces de Wavves, Vivian Girls, Thee Oh Sees, Kurt Vile et autres formations néo-psyché ayant bouffé du Beach Boys toute leur enfance. Mais Ganglians tire son épingle du jeu grâce à sa propension à faire évoluer des morceaux à priori inoffensifs en déclaration de guerre assassines (« 100 Years », « Blood On The Sand », « The Void », « Voodoo » et surtout « Valient Brave »).

« Monster Head Room » n’est pas de ces disques qui s’appréhendent en une seule écoute. Il faut savoir le caresser dans le sens du poil, l’apprivoiser petit à petit et avec patience. Car derrière ses airs d’animal indomptable, Ganglians cache une certaine vulnérabilité qu’il expose, l’air de rien prudemment, sur des morceaux tels que « To June », « Modern African Queen » ou « Cryin’ Smoke ». Il est clair que « Monster Head Room » n’est pas le genre de plaque qu’on uploade dans son intégralité sur son lecteur MP3 ou qu’on écoute en boucle dans sa voiture (quoique…) Mais il est certainement de ceux vers lesquels on revient, quelques années plus tard, un large sourire au visage et plein de souvenirs dans la tête.

Jacques Higelin

Coup de foudre

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Higelin ? Tout un programme. Et pourtant ! Depuis quelques années, l’ami Jacques s’était fait plutôt discret. Il faut dire que la qualité des œuvres proposées n’était plus à la hauteur de son passé ni de son immense talent. A croire qu’il avait mis sa gouaille en mode vibreur, voire silencieux.

Mais en 2010, soit à 69 ans bien sonnés, il décide de nous revenir en publiant « Coup de foudre », son dix-septième album studio au compteur depuis les prémices de sa carrière, en 1965 (hé oui déjà !) Après quelques réalisations plutôt anodines, il nous sort un de ses meilleurs elpees, un peu comparable au superbe « Tombé du ciel », qui date de 1988. Cet opus fait suite à « Amor Doloroso » qui amorçait en 2006 un retour en force. Ce trublion de la chanson française, digne héritier de Charles Trénet, autre fou chantant, a repris dans son équipe les mêmes membres qui lui ont valu un retour aux sources. Et les recettes sont les mêmes pour un résultat encore meilleur que quatre années plus tôt. Comme il y a 22 ans, les mélodies sont au rendez-vous. Variées, agréables, ludiques ou tout simplement belles. L’accent est mis sur l’accessibilité de ses chansons.

Car à dire vrai, pour apprécier Higelin, il faut oser entrer dans son univers, accepter ses coups de gueule, ses avis bien tranchés, son sens désopilant de la réalité du monde dans lequel il vit. Pas si simple. Surtout quand lors d’une première écoute, on n’a pas l’oreille accrochée par la ligne mélodique de la chanson.

Ici, pour « Coup de foudre », Jacques a rendu ses textes directement accessibles grâce à une clarté, une pureté des sons qui vous capturent immédiatement. Il s’en sert alors royalement pour nous proposer son grand carrousel de mots. D’amoureux fou dans « Coup de foudre » qui ouvre l’album, il passe au statut de paumé du cœur dans « J’ai jamais su », puis critique notre société de consommation « Qu’est ce qui se passe à la caisse ». Comme en ses plus beaux jours, il visite ses thèmes préférés : l’amour, la joie, la misère, la violence parfois et puis la poésie encore et toujours.

Il nous faisait peur le bougre en sortant à près de 70 ans un nouvel album. Allait-il être capable de relever son niveau, de se hisser à nouveau au sommet de son art ? Visiblement, comme le bon vin, il s’améliore encore au fil des années. Mais il faut prendre soin de choisir alors la bonne bouteille ! Sortez les verres ! Santé !

 

Jim Kerr

AKA Lostboy

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Jim Kerr, c’est le chanteur du légendaire groupe de rock écossais Simple Minds. Une formation qui a vendu plus de quarante millions d'albums, à travers le monde, depuis 1979. Sans oublier les hits planétaires (NDLR : et surtout les plus populaires) comme « Don't You (Forget About Me) » et « Alive And Kicking », qui leur ont permis d’entrer dans la légende. Jim a décidé de voler de ses propres ailes. Et d’enregistrer un premier album solo. En choisissant pour pseudonyme Lostboy! Pour la première fois, il a bossé sans le concours de son acolyte Charlie Burchill, musicien (NDR : guitariste, claviériste, saxophoniste, batteur et violoniste) et surtout compositeur hors pair. Depuis plus de 30 ans, il était la muse de Simple Minds. Cependant, Kerr a sollicité, pour concocter son premier album solo, le coauteur et producteur londonien Jez Coad, qui avait déjà collaboré à la mise en forme du 14ème elpee studio du combo écossais, « Black & White 050505 », en 2005.

Mais venons-en au fait. En perte de vitesse depuis quelques années, Simple Minds s’essouffle visiblement. Souhaitant donner un coup de fouet ou de lifting à son image, Kerr nous propose donc « AKA Lostboy », balade solitaire d’un leader actuellement en manque de reconnaissance.

Là où on attendait un renouveau, une tentative, une prise de risque, Jim nous sert des fonds de tiroir où se sont accumulés quelques titres poussiéreux et totalement dépassés pour l’heure. De « Refuggee » à « Mr Silversmith », Jim Kerr, alias Lostboy, ne s’est visiblement pas perdu en chemin. Il n’a pas dévié d’un poil des sentiers tracés. Il a parfaitement suivi les dizaines de petits cailloux blancs qu’il avait semés durant plus de 20 années en compagnie de ses acolytes. Bref, rien de bien nouveau à déguster mais simplement une repasse des plats bien connus des amateurs de pop/rock des eighties. La voix et les mélodies sont immédiatement reconnaissables ; et on en arrive à se demander pourquoi sortir un elpee solo si c’est pour faire exactement la même chose que durant son aventure vécue au sein des Simple Minds ???

Les amateurs du genre apprécieront et tomberont peut-être même sous le charme ; reste quand même un petit goût de trop peu ou plutôt de déjà vu ou entendu ! D’ailleurs, pour ne pas être trop négatif, on épinglera quand même le single « Shadowland » que n’auraient pas renié les habituels musiciens du band, restés cette fois à quai, pour voir partir leur ‘enfant perdu’…

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Have blues will travel

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Suite du périple de notre duo de guitaristes black & white. Joe Kubek, le blanc et le Bnois King, le (chanteur) noir. Les douze plages de ce nouvel elpee ont été intégralement composées par le tandem. Quel chemin parcouru, lorsqu’on sait que leur tout premier opus, publié en 1981, recelait douze reprises.

Si Kubek a autrefois milité au sein du backing band de Freddie King, comme second gratteur, c’est depuis 1980 qu’il partage ses aventures musicales, en compagnie de Bnois King (NDR : il est né en Louisiane). Une coopération ponctuée d’une quinzaine d'albums, parus chez Bullseye et Blind Pig et, depuis "Blood brothers", concocté en 2008, sur le prestigieux label Alligator. La pochette est très évocatrice : les deux hommes sont sur la route, les guitares dans le dos, en imaginant déjà de nouveaux épisodes.

La plage éponyme ouvre l’opus. Un morceau puissant imprimé sur un tempo boogie. Les guitares crépitent. Un service gagnant! Soutenues par une section rythmique d'acier, constituée du bassiste John Morris et du percussionniste Adrian Marchi, les douze cordes se conjuguent à la perfection. Joe est intenable, sa slide rugit de bonheur. "Got you out of my blood" baigne dans du R&B pur funk. Le timbre de Bnois est velouté. Il est dans son élément de prédilection. Les cordes de son partenaire sont agressives. Elles inoculent une coloration rock à la compo. King semble ravi lui accorder une réplique dans le style si cher à Albert King. Un modèle de feeling et d'efficacité. Pas le temps de récupérer et "Out of body, out of mind" nous prend à la gorge. Le rythme reste toujours aussi sémillant. Les deux guitares se muent en rythmique et ne laissent guère de place aux espaces vides. Joe le fumeur torture ses cordes. Echanges à couteaux tirés et grattes agonisantes : le southern rock dans toute sa splendeur ! "RU4 Real?" campe enfin le blues lent de circonstance. Un morceau bouleversant de sensibilité au cours duquel Kubek pince ses cordes à la limite de la rupture. Du bon, du vrai blues brûlant! Joe martyrise ses cordes à l’aide de son bottleneck sur "Payday America". Encore un titre pour la route. Bnois injecte toute sa passion, toute sa flamme dans sa voix pour attaquer "Shadows in the dark", une ballade blues au cours de laquelle les guitares sont insatiables, mais toujours remarquables. "My space up yours" trempe dans le texas blues le plus pur. Une plage bien rythmée, plus conventionnelle, mais moins rock que la plupart des autres de l’elpee. Ce qui n’empêche pas les interventions de Kubek de demeurer aussi redoutables. "Sleeping with one eye open" se couvre également d’accents blues. Mais sans jamais susciter la moindre sensation d’ennui. Autre ballade, "Wishful thinkking" est illuminé par une superbe mélodie. La voix de Bnois est conquérante et la slide de Joe majestueuse. Certainement un des meilleurs opus de ce duo, qui a bénéficié du concours du boss d’Alligator en personne, à la production.

 

Johnny Moeller

Bloogaloo!

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Johnny Meller milite au sein des Fabulous Thunderbirds, depuis 2007. Comme guitariste. Ce Texan pur sang est originaire de Fort Worth où il est né il y aura bientôt 40 ans. Un véritable bluesman dans l’âme. Ses premiers pas en studio, il les a accomplis en 1996. Il avait alors participé à la confection de "Return of the funky worm", l’album de Paul Size, le gratteur des Red Devils ; un disque publié sur le label de la Dallas Blues Society. Sa première œuvre personnelle remonte à 2001. Elle s’intitule "Johnny’s Blues aggregation".

Pour concocter "Bloogaloo", il a reçu le concours de toute une série de collaborateurs. Et tout d’abord, son propre band ; soit le bassiste Steve Gomes, le claviériste Matt Farrell et le drummer Rob Stupka. Mais plusieurs invités notoires ont contribué à la conception de cet elpee, réalisé au sein des studios de Church House.

Le titre maître ouvre le feu. Une plage instrumentale aux accents texans très prononcés. Et manifestement abordée dans l'esprit des petites pièces musicales qui avaient permis à Freddie King, de se forger une réputation, dans le passé. Johnny signe "I'm movin' on up". Un titre solide et grave. Très rythmé, il trahit des références R&B dansantes indéniables. L'orgue de Farrell communique une coloration très Memphis à l’ensemble. Le timbre vocal de Shawn Pittman (NDR : un pote à Moeller) est chargé de passion. Et pour clôturer cette plage, Johnny se réserve une intervention particulièrement saignante sur les cordes, proche d'un Jimmie Vaughan au sommet de son art. Un climat r&b délicieusement fun qu’on retrouve sur le "Trick bag" d'Earl King. Moeller ne dispose pas d’un organe vocal exceptionnel. Il en est conscient. Aussi, il injecte toute son énergie dans les cordes et le rythme. Et finalement son jeu en devient très caractéristique. Il est violent, sauvage. Le tempo s’élève. Il galope même. Matt est passé au piano. Johnny est alors rapidement soutenu par Kim Wilson (NDR : son boss chez les T-Birds). Il est venu donner la réplique vocale et a emporté son harmonica. Johnny compte énormément d’ami(e)s du côté d'Austin. Ainsi l'énigmatique Lou Ann Barton est venue apporter son concours. Elle chante vigoureusement, autoritairement, "I'm stuck on you". Ce qui a le don de piquer au vif notre Moeller, qui signe une sortie de haute facture. Elle interprète également "Everybody's got to cry sometime", mais d’un timbre fausset. Une plage indolente, hantée par la réputation de femme de mauvaise vie véhiculée par Miss Barton, mais qui transcende littéralement le jeune Johnny, dont les interventions aux cordes touchent au sublime. Instrumental, "Theme from the one armed swordsman" pourrait servir de B.O. de film. Caractérisé par la présence de l'orgue et la frappe métronomique de Stupka, la guitare se détache de l’ensemble. Deux autres copains sont venus épauler Johnny sur  "Raise your hands". Deux Texans. Issus d’Austin, également. Tout d’abord le jeune noir Gary Clark Jr ; et puis James Bullard. Ils lui donnent la réplique vocale. Kim Wilson revient chanter "Well goodbye baby". Energique, parcouru par les ivoires trépidantes de Farrell, il s’agit certainement d’une des meilleures plages de l’opus. Torride, "Shufflin' around" est un autre instrumental. Une plage au cours de laquelle les cuivres tentent de baliser la guitare, manifestement insatiable. Cet album sans prétention s’achève par "Tease my baby", un titre plus roots. Moeller est seul. Il s’accompagne à la guitare. Dans un style proche de John Lee Hooker voire de Lightnin' Hopkins!

Pete Molinari

A Train Bound for Glory

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Pete Molinari est le fruit d’un véritable melting-pot humain. Issu d’une famille italo-égyptienne d’origine maltaise, il est né dans le Kent anglais ! En outre, il pratique du blues/roots. Dès son plus jeune âge, alors que ses amis ne juraient que par Nirvana, Oasis et autres stars des 90’s, Pete se régalait à l’écoute des vinyles de Billie Holiday, John Coltrane, Leadbelly ou encore Bob Dylan. ‘Pendant que mes frères jouaient au foot dehors, je contemplais avec admiration la collection de mes vieux parents’ affirme-t-il. Et c’est peu dire que son écriture s’en ressent! Lors d’un séjour prolongé aux Etats-Unis (2 ans !), c’est décidé, Pete marchera sur les traces de Jack Kerouac et Woody Guthrie. Il se produit donc à Greenwich Village, comme ses idoles, en y jouant des compositions plus américaines que celles des Américains. Ses pérégrinations, vont le conduire, sans surprise, à Nashville, San Fransisco ou encore la Nouvelle-Orléans… Ce qui va lui permettre de rencontrer du monde. Et puis de se produire en première partie de Dan Auerbach des Black Keys ainsi que de Richard Hawley.

Produit à Nashville par Adam Landry, « A Train Bound For Glory » constitue son 3ème elpee. Si vous aimez la musique des mythes mentionnés dans le premier paragraphe, vous risquez fort d’apprécier celle d’‘old’ Pete… Même si parfois, elle peut glisser vers la parodie. L’application de Pete est telle qu’il en perd toute originalité. Et on finit par s’ennuyer ferme. C’est comme lorsqu’on visite un très beau musée ; la reconstitution est authentique mais impossible de faire revivre l’atmosphère de l’époque, même si elle est hantée par l’âge d’or de la musique yankee. « A Train Bound To Glory » rappelle constamment les Zim, Roy Orbison ou Tim Hardin … On aimerait que Pete s’émancipe quelque peu de ses racines. Qu’il les sublime même. A l’instar de « What a Day, What a Night, What a Girl », une sublime ballade subtilement enrichie de cordes, démontrant ainsi qu’il est capable de se créer son propre univers sonore…

The National

High Violet

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A la vitesse à laquelle se sont arrachés les tickets pour leur concert à l’AB, plus de doute possible, The National est désormais l’une des formations les plus incontournables et respectées de la scène indie. Lentement mais sûrement, le quintet est parvenu aux sommets, tant de sa notoriété que de son art. « Boxer », publié il y a trois ans, avait déjà démontré que les New-Yorkais étaient arrivés à atteindre le parfait équilibre entre leurs mélopées élégiaques et les vocalises crépusculaires de Matt Berninger. Il suffit, pour en être convaincu, de prêter une oreille attentive au morceau d’ouverture de « Boxer », « Fake Empire », parfait en tous points. A l’issue d’un tel coup de maître, The National avait plutôt intérêt à assurer.

Après avoir planché sur la géniale compilation « Dark Was The Night », parue l’an dernier, la formation poursuit son ascension et déballe un « High Violet » encore plus riche, plus fin, plus passionnel. Et toujours plus juste. The National fait à nouveau preuve d’une incroyable densité, alliée à une formidable sérénité. Preuve en est, les magnifiques « Afraid Of Everyone », « Lemonworld », « Anyone’s Ghost », « England » et, surtout, le salvateur « Bloodbuzz Ohio », porté par un Matt Berninger dont la voix libère une intensité à en donner la chair de poule. Le quintet s’illustre également par des textes d’une profondeur assez exceptionnelle et remporte à nouveau la plus grande distinction pour ce « High Violet » tout à fait incontournable. De quoi contribuer à un succès plus qu’amplement mérité.

Ceux qui n’ont pas obtenu le sésame pour voir The National à l’AB pourront se consoler cet été, le 21 août plus précisément, au festival Pukkelpop.

Oh No Ono

Eggs

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Les Danois de Oh No Ono publiaient, il y a deux ans, leur premier ouvrage, tout simplement intitulé « Yes ». Un disque pas convaincant pour un sou. Aujourd’hui le quintet nous propose « Eggs », un second ouvrage au titre aussi simpliste que celui du précédent et au contenu tout aussi peu exaltant. Certes, il y a de l’effort au niveau de la production, plus orchestrale et mieux maîtrisée qu’auparavant. Des morceaux tels que « Swim » et « Internet Warrior » parviennent même à provoquer un soubresaut d’intérêt.

Mais la grandiloquence de certaines plages (« Icicles », « Helplessly Young », « Eve ») et le côté lancinant d’autres (« Eleanor Speaks » ou le presque religieux « The Wave Ballet »), associés à la voix criarde de Kristoffer Rom, rend l’ensemble assez difficile à digérer d’une traite. « Eggs » prouve qu’Oh No Ono est une formation qui se cherche encore, tant la plaque est décousue. La formation remporte peut-être un franc succès dans son pays d’origine mais il lui faudra bien plus qu’un disque fourre-tout pour en dépasser les frontières…

Patxi

Amour Carabine

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Un peu d’histoire pour commencer. A vingt et un an, Patxi, jeune homme basque, participe à l’édition 2003 de la Star’Ac. Tout le monde s’en fout ? M’en doutais un peu. S’ensuit immédiatement un single « A l’anglaise » que personnellement je n’ai jamais entendu. En 2006 paraît un premier album « S’embrasser ». Aux manettes, on y retrouve JP Nataf (ex-Innocents) aidé dans les compos par Louis Chédid et Pierre Souchon. Pas n’importe qui… Pourtant, jamais entendu non plus ! Quatre années plus tard, c’est Sébastien Lafargue, bassiste du groupe Autour de Lucie qui s’y colle. Mais cette fois-ci, personne pour écrire ou composer, Patxi Garat (de son patronyme complet) s’affirme quasi seul, hormis une collaboration de l’écrivain Philippe Besson.

Onze titres peuplent cet opus qui, surprise, n’est pas si mauvais qu’on aurait pu le craindre. Visiblement, en se prenant en charge seul comme un grand garçon, en osant écrire et composer, ce Basque de 29 ans est devenu un chanteur à part entière. Un chanteur de (bonne) variété certes, mais de bien meilleure qualité que certains dont la notoriété est déjà bien assise dans le métier… Non, non, pas de noms…

« Paris » qui ouvre l’album semble quelque peu autobiographique, « Le Début du siècle » rend hommage à son grand-père, lorsqu’il a fui la dictature franquiste. « A l’évidence », titre phare de l’album, reste en tête grâce à son phrasé répétitif. La voix légèrement éraillée de Patxi soutenue d’un son acoustique fait mouche sur « Parachute », enveloppé d’un doux parfum de Raphaël. « Chaque ville », hymne au voyage, servi par les chœurs de Valérie Leulliot, ex-chanteuse d’Autour de Lucie, transporte ailleurs. Pour le reste, ses compos oscillent entre chanson française et pop-folk, parfois rehaussées d’une pointe d’électro, à l’instar de « Chercher la vitesse ».

En conclusion, Patxi se révèle enfin, il nous montre ses talents de jeune auteur-compositeur en alignant des titres tour à tour légers puis graves. Le résultat est intéressant, dans la bonne moyenne des chansons françaises qui fleurissent ces dernières années. Une petite réussite.

 

Pauline

La vie du bon côté

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Découverte en 2007 par son tube, « Allô le Monde », la chanteuse française, Pauline, sort aujourd'hui, son second album. « La Vie du Bon Côté » est partagée en 12 nouvelles compos dont a été extrait le premier single, « Tous les Jours ». Signant elle-même toutes les mélodies et quasiment tous les textes, la ‘nouvelle Zazie’ a cependant confié la réalisation du long playing à Jean-Luc Léonardon, qui a autrefois bossé pour Natasha Saint-Pier.

Jouant régulièrement du piano depuis ses cinq ans, c’est à douze que Pauline découvre sa passion pour la musique, en rentrant au Conservatoire de Lille. Trois ans plus tard, elle obtient son diplôme de fin d’études (NDR : de piano évidemment) et elle écrit sa première chanson « Vie de songes ». ‘J’ai toujours écrit, je voulais poser mes mots, parfois n’importe quoi, des citations, des pensées, ma journée… Le plus compliqué ensuite, c’est de les rassembler en trois minutes pour en faire une chanson’, précise-t-elle encore. Elle rencontre et collabore ensuite avec Martin Rappeneau, Léna Ka, Jean-Luc Léonardon et François Welgryn, en compagnie desquels elle coécrira quelques textes de ce premier opus, « Allô le monde » qui sera écoulé à plus de 100 000 exemplaires.

Son second, « La vie du bon côté » se décline en 12 titres, copies conformes de ce que réalise habituellement Zazie. Cette impression d’hommage encombrant se confirme dans « Music Pop », titre dancefloor, pétri d’effets électro qui rappellent l’esprit de « Tout le monde » ou « Cyber », et dans d’autres titres dont « Dormons mieux » et « A mourir ». Le mimétisme est assurément poussé à son paroxysme. Tout y est, mélodies, textes, voix et interprétation. Pourquoi un tel plagiat ? J’ai bien du mal à comprendre que l’on puisse produire un tel disque. En outre, quel est l’intérêt ? Assurément pas la découverte d’une ‘nouvelle artiste’…

Malgré un talent d’auteur-compositeur et de pianiste, difficile de voir éclore l’univers de Pauline ! Décevant !

 

Sugar Minott

La Jamaïque endeuillée

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Le parrain du Dancehall, Sugar Minott (Lincoln Barrington Minott), est décédé samedi soir en Jamaïque, suite à une défaillance cardiaque. Le leader des African Brothers avait à peine 54 ans...

Musiczine avait consacré , fin 2008, une excellente critique de non album "New day" : http://www.musiczine.net/fr/chroniques/sugar-minott/new-day/

 

Family Jammin se prépare pour le festival de Dour

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Du funk au reggae, en passant par le dub et le rock, cela fait bientôt 10 ans que Family Jammin crée sa propre musique. La détermination de ces sept musiciens, inspirés par Groundation, The Roots, Antibalas et bien d’autres, les conduit cet été sur l’une des scènes les plus convoitées d’Europe.

Le festival de Dour. Tel est notre propos aujourd’hui. Family Jammin, ses fans, certains professionnels du secteur et la Communauté Française qui soutiennent le groupe n’ont pas ménagé leurs efforts. Enfin, leur persévérance a largement porté ses fruits car c’est un franc succès.

On en oublierait presque le long parcours jalonné d’étapes (pénibles autant qu’aléatoires) à affronter pour convaincre, propager et diffuser cette musique. A présent, tout s’enchaîne. En septembre 2009, un premier album autoproduit « In Skank We Trust » voit le jour et, quelques mois plus tard, séduit les programmateurs Thierry Ashanti (Le Monde est un Village Reggae) et Alex Stevens (responsable programmation du festival).

Ce dimanche 18 juillet, dès 14h, Family Jammin ouvrira la « Red Frequency Stage » et fera trembler la région avec une présentation dynamitée de morceaux repris sur l’album, mais également de quelques inédits et nouveautés que nous vous invitons vivement à découvrir !

Il est temps de porter votre curiosité au-delà du classique pop-rock qu’on a l’habitude d’entendre dans le paysage musical belge. Ce ne sont pourtant pas les créations originales qui manquent ! Pour preuve, Family Jammin. Ce groupe vous convaincra que d’autres genres méritent d’être explorés…

Website MySpace : http://www.myspace.com/family_jammin

Cactus 2010 : samedi 3 juillet

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La présence d’Elvis Costello, à l’affiche du Cactus, ce samedi 10 juillet, avait donc incité votre serviteur de se déplacer à Bruges. Au Minnewaterpark. Superbe site qui accueillait donc, cette année, sa 29ème édition. Pour rappel, ce festival se déroule en trois jours ; mais son organisation impeccable et sa formule antistress (NDR : un seul podium, pas besoin de marcher des kilomètres, pendant la journée, pour aller applaudir les artistes) lui ont valu de décrocher, en janvier dernier, l’Award de meilleur petit festival d’Europe… Anecdote, avant de pénétrer dans l’enceinte, je suis totalement fasciné par le nombre de vélos rangés face à l’entrée du site…

Il revenait à Balthazar d’ouvrir les festivités. Un quintet courtraisien que j’avais déjà eu l’occasion d’applaudir lors de l’édition 2009 du D’hiver Rock à Tournai. La popularité du combo monte apparemment en flèche au Nord du pays, puisqu’il s’est produit ce vendredi 2 juillet, sous le Pyramid Marquee, dans le cadre du festival de Werchter. Leur tracklisting n’a pas négligé les inévitables « Fifteen floors » et « Hunger at the door », issus de leur album « Applause ». Mais surtout le groupe démontre qu’il a, aujourd’hui, toutes les planches pour s’exporter…

Little Dragon est une formation suédoise, au sein de laquelle milite la vocaliste Yukimi Nagano. Elle est d’origine japonaise Sa voix soul se pose sur une musique mêlant jazz, r&b, électro, lounge, rock, hip hop et folk. Mais sa notoriété, le quatuor se l’est surtout forgée en participant à l’enregistrement de l’album de Gorillaz, « Plastic Beach ». Responsable de deux chouettes elpees à ce jour, on pouvait s’attendre à un show excitant. Yukimi est vêtue d’un kimono de couleur vive, mais tout au long du set, on a surtout envie de piquer un roupillon…

Faut croire que le public n’était pas encore suffisamment réveillé ou supportait mal la moiteur orageuse de l’air, car lorsque la formation canadienne, Black Mountain, est montée sur les planches, il était toujours aussi amorphe. Un peu comme s’il avait abusé de la fumette. Pas étonnant, lorsqu’on sait que la musique du quintet, alors sur le podium, baigne dans le psychédélisme 60’s : rythmique lourde, nappes de clavier rognés, cordes de guitare torturées, bourdonnantes, chargées de larsen. Le spectre d’Iron Butterfly semble manifestement hanter leurs compos. Cheveux longs et barbes, les musicos masculins affichent le même look que les baba cools qui avaient participé aux célèbres festivals de Wight et Woodstock. Malheureusement, Black Mountain ne recèle pas de vocaliste de la trempe de Doug Ingle. Il y a bien une chanteuse, mais elle passe plutôt inaperçu (NDR : non, elle ne porte pas la barbe !) Guère sexy, peu de présence et un timbre insipide, incolore et inodore. Dommage, car quoique revivaliste, leur musique a apporté un petit coup de fraîcheur au festival. Faut dire qu’il fait de plus en plus chaud… Et tant pis pour celles et ceux qui somnolaient encore…

José James ? C’est un formidable vocaliste. Un baryton dont les inflexions peuvent rappeler Louis Armstrong. Qu’il pose sur une musique oscillant entre soul, r&b, jazz et hip hop. Il est soutenu par des instrumentistes extrêmement brillants. Dont le claviériste, responsable d’interventions au Fender Rhodes, particulièrement chaleureuses. Et leur laisse, à tour de rôle, le loisir de démontrer tout leur talent. La dégaine de José, sur les planches, est chaloupée ; un peu comme s’il marchait sur l’eau. Au beau milieu du set, la vocaliste new-yorkaise Jordan de Lovely rejoint la troupe sur le podium. Histoire de donner encore plus de relief à la prestation. Cependant, le public ne semble pas très réceptif. Mais il est vrai que ce style de musique s’apprécierait plus facilement dans le cadre d’un festival de jazz ; ou alors au sein d’un petit club.

Balkan Beat Box est une formation américano-israélienne fondée par l’ex-drummer/percussionniste de Gogol Bordello, Tamir Muskat, le chanteur/percussionniste Tomer Yosef et le saxophoniste Ori Kaplan (NDR : ancien Firewater !) Ces deux derniers se chargeant également des samplers et des différents bidouillages électroniques. Leur musique oscille entre funk, jazz, ragga, reggae et la world du Moyen-Orient ainsi que des Balkans. Vu la formule du trio, on aurait pu craindre devoir se farcir un set à la fois synthétique et glacial. Pas du tout ! Tout d’abord, parce que le band a eu la bonne idée de recruter des collaborateurs pour se produire en tournée. Soit le bassiste Itamar Ziegler (ses interventions sont à la fois sinueuses et terriblement groovy), le guitariste Uri Kinrot et le clarinettiste/saxophoniste Eyal Tamuldi (NDR : associé à Ori, le duo de cuivres donne littéralement le vertige). Tomer est une véritable pile électrique. Il se charge des vocaux, passant du rap à la ballade contagieuse, avec une aisance étonnante, et lorsqu’il ne participe pas aux percus, il harangue la foule. Un bémol : le climat un peu trop linéaire de leur set. Et pourtant, en fin de parcours, le combo va démontrer qu’il est capable de s’aventurer dans un univers sonore plus subtil, plus envoûtant, presque arabisant. Ce qui lui vaudra, d’ailleurs, un rappel…

K’s Choice est extrêmement populaire dans le Nord du pays. A peine le présentateur a-t-il annoncé leur arrivée sur le podium, qu’une immense clameur traverse le Minnewaterpark. Sarah et Gert Bettens avaient donc décidé de dissoudre le groupe, en 2002, pour embrasser des carrières individuelles. Mais la sœur et le frère ont donc relancé la machine, l’an dernier, enregistrant même un nouvel album, cette année, intitulé « Echo Mountain ». Quoiqu’accueillant un nouveau guitariste au sein de son line up, on ne peut pas dire que leur musique ait beaucoup évoluée depuis leurs débuts, c’est-à-dire en 1993. Les musiciens sont excellents, ils mettent toute leur âme et leur passion dans leurs compos ; mais honnêtement, j’ai l’impression que leur horloge s’est arrêtée depuis au moins 15 ans. Aussi, après 20 bonnes minutes, je suis allé casser la croûte. Et aussi prendre un petit rafraîchissement…

Le dernier album de Declan Patrick MacManus, alias Elvis Costello, s’intitule « Secret, Profane & Sugarcane ». C’est apparemment son 29ème studio. Un disque de bluesgrass/americana/country auquel les musiciens de son backing band de tournée, baptisé The Sugarcanes, avaient déjà collaboré. Et en particulier Jeff Taylor à l’accordéon, Mike Compton à la mandoline, Dennis Crouch à la double basse (NDR : ça ressemble à une contrebasse) Jerry Douglas au dobro, Stuart Duncan au violon et Jim Lauderdale (NDR : lors des sessions d’enregistrement, il s’était contenté d’apporter son concours aux harmonies vocales) à la guitare. Un sextet qui ne recèle pas de drummer. Costello est coiffé d’un superbe canotier (pas d’un wiki !), mais toujours affublé de ses lunettes caractéristiques. Il s’accompagne à la sèche. Et le band ouvre le set en catimini, par « Complicated Shadow » et « Blame it on Cain ». Tiens, il tombe quelques gouttes. Le tracklisting alterne compos issues du dernier opus de Costello et de son back catalogue. Et nous réserve quelques reprises, dont un medley entre « New Amsterdam » et le « You’ve got to hide your love away » des Fab Four, ainsi qu’un peu plus tard, une cover du « Friend of the Devil » de Grateful Dead. Il commence à tonner. Il pleut. Le tracklisting défile : « Good year for the Roses », « The angles wanna wear my ». Il drache. Et pourtant, le public est ravi. Pas du temps, mais de la prestation du groupe. Et puis Elvis nous lance quelques boutades (NDR : l’humour britannique, dans toute sa splendeur, comme lorsqu’il exhibe une bouteille d’eau avant d’en boire une bonne lampée) Enthousiaste, la foule résiste aux intempéries. Pas votre serviteur, qui se réfugie sous la tente presse, pour assister à la suite des événements. Pas l’idéal, mais à un certain âge, il faut préserver sa santé… Quoique privée de percus, la musique commence à prendre du corps (NDR : qui a dit l’eau ?) Peut-être dans le but de réchauffer l’atmosphère. Après une version retravaillée d’« Everyday I write the book » et “Don’t lie to me”, Costello nous livre une version bouleversante, intense, tourmentée d’“I want you”. Au fil de l’âge, ses cordes vocales semblent renforcées. Une gigantesque ovation salue cette interprétation. En regardant l’écran, on y observe, aux premiers rangs, des tas de filles, souriantes, radieuses, mais trempées jusqu’aux os. Faut dire qu’il tombe alors des hallebardes. Le temps ( ?!?!?!?) de quitter le podium et le band revient pour accorder, « Sulphure to Sugarcane », le titre maître de son dernier album et « Happy ». La pluie vient de cesser. Le concert aussi. Revenu sur le site, je constate la présence d’une multitude de marres d’eau. Mais elle n’avait enfin plus la parole. Mais cause-t-elle l’eau ? La question méritait d’être posée…

Jamie Lidell a accordé 3 concerts en 24 heures ! Avant de se produire à Bruges, il avait assuré le supporting act de Prince (NDR : auquel il rend hommage, lors de son set, sur « I wanna be your telephone) sur la plaine de Werchter. Bonne surprise, si dans le passé, le natif de Huntingdon (NDR : c’est dans le Cambridgeshire, en Angleterre) qui s’est établi à Manhattan, se muait en véritable homme-orchestre, tripotant furieusement des tas de boutons, il a décidé de se produire, soutenu par un trio. Ce qui permet à ce véritable showman de se libérer de ses contraintes. En outre, il bénéficie du concours d’un excellent percussionniste, Guillermo Brown. Ce qui ne l’empêche pas de jouer encore, suivant les circonstances, à l’human beatbox. D’ailleurs le principal atour de Jamie, c’est sa voix. Une voix faite pour la soul, dont le timbre campe un hybride entre Stevie Wonder et Steve Winwood. Il nous réserve même une interprétation a cappella absolument époustouflante de « Another day » Et s’amuse encore parfois à la torturer à travers son mégaphone. Il vient aussi jouer des drums, sur une compo. Ah oui, j’allais oublier ? La musique. Elle est essentiellement funk ; même si elle trahit des traces de doo wop, d’électro, de pop, de rock, de soul et de blues. Ne m’en demandez pas plus ; je suis incapable de donner un avis objectif sur cette prestation. Vu l’enthousiasme manifesté par le public, elle devait donc être excellente… (Merci à Erwin)

 

Je rêvais de ‘L’Autre Monde’.

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Deux morceaux inédits de M83 figureront sur la BO du film "L'Autre Monde", réalisé par Gilles Marchand ("Qui a tué Bambi"), coécrit avec Dominik Moll ("Harry, un ami qui vous veut du bien", "Lemming"), un long métrage mettant en scène Louise Bourgoin, Grégoire Leprince-Ringuet et Melvil Poupaud.

Le film a été présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes (hors compétition).

La musique originale a été composée par Anthony Gonzalez (M83) et Emmanuel d'Orlando, arrangeur de musiques de films et de "La Ritournelle" de Sébastien Tellier.

http://www.naivenews.com/newmedia/PopFR/m83.html

 

Un quart de siècle plus tard

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Le second elpee solo de John Fogerty, le leader du mythique Creedence Clearwater Revival, « Centerfield », date déjà de 1985. Et pour célébrer cet anniversaire, une version remasterisée sera publiée ce 19 juillet. Elle inclura plusieurs bonus tracks.

Tracklisting

1. The Old Man Down The Road
2. Rock And Roll Girls
3. Big Train (From Memphis)
4. I Saw It On T.V.
5. Mr. Greed
6. Searchlight
7. Centerfield
8. I Can’t Help Myself
9. Vanz Kant Danz
10. My Toot Toot (Sidney Simien) Bonus Audio Tracks (B sides)
11. I Confess (T. Vann-N. Nathan) Bonus Audio Tracks (B sides)

http://www.johnfogerty.com/tour.aspx

 

Caetano Veloso

L'étoile du Brésil

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Ce mercredi 7 juillet, alors qu'une demi-finale de football attire les foules dans les bars du centre-ville, l'Ancienne Belgique accueille le tout grand chanteur brésilien Caetano Veloso. Censuré et interdit au temps de la junte militaire brésilienne au pouvoir jusqu'en 1985, rejeté par la gauche socialiste qui lui reprochait son goût pour les musiques nord-américaines, exilé en Angleterre, Caetano Veloso est aujourd'hui une fierté nationale adulée bien au delà de la terre brésilienne.

Auteur, compositeur, et interprète de grand talent, il a été révélé par chez nous grâce à ses collaborations aux B.O. de films, notamment le sublime "Cucurrucucu Paloma" du "Parle avec elle" de Pedro Almodovar. Et son concours à celle, non moins superbe, du long métrage "Frida" a contribué à sa popularisation en Europe. Veloso est aujourd'hui un familier de la scène, et c'est sans difficulté que celle de l'Ancienne Belgique s'est remplie pour ce concert.

Ce soir, le public est cosmopolite et multi-générationnel, d'une moyenne d'âge de trente-cinq ans. Les conversations polyglottes se mêlent dans une atmosphère chaude ; des bribes de mots en espagnol et portugais s’échappent ça et là. Caetano Veloso se fait attendre et réclamer à plusieurs reprises, à grand renforts de sifflements. A 20h35, le rideau s'ouvre enfin sur un bonhomme aux cheveux blancs, mais toujours aussi charismatique. Souriant, il est vêtu en toute simplicité. Il entame la soirée par "A voz do morto", un morceau enjoué chaloupant déjà le public. Quelques titres plus tard, entre rock et bossa nova, l'étincelle Veloso gagne l'assistance qui s'embrase du parterre au deuxième balcon. Sa voix douce, capable de monter très haut, envoûte tout un chacun. Sans frime, mais pas sans humour, Veloso danse avec sa guitare, tape dans les mains des spectateurs du premier rang, regarde les visages éclairés par les spots le temps d'une chanson apparemment très populaire (les paroles sont connues très précisément par la foule). Par rapport à Veloso (NDR : il affiche 67 balais au compteur), les trois musiciens qui l'accompagnent sont jeunes. Sa présence scénique ne se laisse heureusement pas éclipser par une projection vidéo (si tendance !) présente le temps de quelques chansons, images sans queue ni tête du Brésil, vagues en pagaille et Christ de Rio. La fierté nationale est palpable dans l'assistance qui brandit un drapeau vert et jaune à chaque applaudissement.

Les morceaux, très différents les uns des autres, font preuve d'une grande liberté d'écriture, d'une inventivité et d'un intérêt continu pour les musiques actuelles. Veloso et ses musiciens (NDR : le guitariste Pedro Sa, le percussionniste Marcelo Callado et le bassiste Ricardo Dias Gomes) aiment puiser dans les musiques traditionnelles latines, et les déstructurer. Ainsi, un tango se métamorphose, grâce à des guitares électriques, sur "Volver". Chanté en anglais, le détonnant " Maria Bethania", écrit lors de son exil en Angleterre en hommage à sa sœur (également musicienne), rappelle le groupe français Dynonisos. On y retrouve l'influence, revendiquée par Veloso, des Beatles. Tous les muscles de son visage s'animent pour exprimer les sentiments humains, et l'homme nous apparaît fragile, touchant.

Après dix-huit morceaux énergiques, et un bis conséquent, les sifflements reprennent et les spectateurs tiennent dix bonnes minutes la barre des décibels pour un second rappel. Mais déjà le rideau rouge se referme. Celui qui s'est fait siffler se fait maintenant huer. Le rideau s'arrête in extremis ; on croit au miracle, mais quelques furtifs allers-retours indiquent qu'il est simplement bloqué ! L'auditoire déçu manifeste sa frustration, le concert n'a duré qu’1h45. Mais alors que la salle désemplit, restent les fans, les vrais, qui arrachent la tracklist collée au sol et la brandissent comme un trophée (NDR : de quoi faire des envieux ?), en ayant au moins la satisfaction de rentrer chez soi en emportant une photo souvenir (d'une liste de titres !)

De son vrai nom Velloso, auquel il a ôté un l (NDR : ce qui signifie ‘duveteux’), Caetano Veloso a malgré tout ravi son public de sa voix si douce, de ses yeux malicieux et de l'énergie contagieuse avec lequel l'on repart.

(Organisation: Greenhouse Talent, Gand)

 

The Rolling Stones

Exile on Main Street (2010 Remastered)

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Si “Exile on Main Street” figure dans notre rubrique ‘albums cultes’, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un des meilleurs elpees des Stones, mais simplement parce qu’aujourd’hui encore, il constitue une référence dans l’histoire de la musique rock.

Mais replongeons-nous à cette époque. En 1972, très exactement. Les Stones fuient l’Angleterre pour échapper au fisc et s’établissent sur la Côte d’Azur. A la villa Nellcôte, le manoir de Keith Richards. Ils ne sont pas seuls. Des groupies, des musiciens de studio, des potes (musiciens aussi) vont et viennent au gré des sessions qui se déroulent la nuit dans le sous-sol de l’immeuble. Parmi eux Dr John, Billy Preston, le pianiste Nicky Hopkins et Mick Taylor, le remplaçant de feu Brian Jones, à la guitare. Et pour tenir le coup, ça carbure à l’alcool et aux stupéfiants. Bref, sex & drugs & rock’n’roll ! De ses sessions sortiront 18 titres, partagés sur un double elpee, qui font la part belle à leurs idoles (Robert Johnson, Hank Williams, Otis Redding, Chuck Berry, Little Richard, …) ainsi qu’à leurs racines blues, country, r&b et gospel. Le tout sera ensuite produit par Jimmy Miller, The Glimmer Twins et Don Was, aux studios ‘Olympic’ de Londres ainsi qu’à Los Angeles (NDR : dans la Main Street, ce qui explique le titre de l’album).

Lors de sa sortie, la réaction de la presse est plutôt tiède. On lui reproche une mise en forme trop bordélique (NDR : ben tiens !) Ce qui ne l’empêchera de devenir rapidement disque de platine, aux States. Et culte, comme précisé dans le premier paragraphe de cette chronique. Je ne vous ferai pas l’injure de vous citer les titres figurant sur cette œuvre. Elle doit faire partie de toute bonne collection qui se respecte. Simplement, elle a été remasterisée. Et puis, elle est enrichie de dix nouveaux titres. Des inédits. Datant de cette époque. Des instrumentaux qui ont été retravaillés en 2009. Et auxquels ont été ajoutés voix, guitares et chœurs. Rien de transcendant, même si « Plundered My Soul » a fait l’objet d’un single et d’un clip vidéo. La nouvelle version contient également un booklet illustré de photos prises lors des sessions ainsi que des lyrics de toutes les chansons.

Rudy Trouvé

2007-2009

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Bien que né en 1967, Rudy Trouvé a déjà trempé au sein d’une multitude d’aventures. Entre 1993 et 1995, il a sévi comme guitariste chez dEUS. Il a donc participé à l’enregistrement des albums « Worst Case Scenario » et « In a bar, under the sea ». Kiss My Jazz et Dead Man Jazz constituent certainement deux de ses principaux projets. Ce qui ne l’empêche pas de s’improviser collaborateur, lorsque l’occasion se présente ou encore de relancer son big band (sextet devenu septet), en compagnie duquel, il avait déjà immortalisé plusieurs sessions. « 2007-2009 », constitue donc son dernier essai. Outre Rudy, ont participé à la confection de ce long playing, la trompettiste/claviériste Sigrid Van Rosendall, le drummer Aarich Jespers, le claviériste/guitariste Elko Blijweert, le bassiste Dimitri Daggelink, le guitariste Geert van Bever et le pianiste Joris Caluwaerts (ex-Zita Swoon).

Découpé en 13 plages, cet elpee tient vraiment bien la route. Un disque criblé de références ; et pas seulement puisées dans les eighties, comme j’ai pu lire à travers les chroniques de plusieurs webzines. Depuis le luxuriant « Beast », une compo imprimée sur un tempo new wave (NDR : la section rythmique évoque celle de The Sound), mais dont l’atmosphère éthérée, réminiscente de Grandaddy, est entretenue par les claviers, les accords de piano et les orchestrations, à l’instrumental « Sunrise on Palavas beach », un titre qui pourrait servir de bande sonore à un film d’aventure, pourvu qu’il soit romantique, en passant par « Footage », morceau hanté par des chœurs masculins, tapissé en toile de fond de bruitages psychédéliques, et parcouru d’une intervention à la trompette, le tout dans le style de Gorky's Zygotic Mynci. Si « Ted Cassidy » aurait pu naître d’une rencontre entre Joy Division (la section rythmique) et Belle & Sebastian (les harmonies vocales limpides), pour « Dub undead » ce serait plutôt entre le trio Holger Czukay / Jah Wobble / Jaki Liebezeit (NDR : pensez à « How much are they ») et Wire (le sens mélodique de « 154 »). Certaines compos embrassent un profil plus mélancolique. A cause des vocaux. Tantôt dans l’esprit de Luna (NDR : cette conjugaison entre voix masculine et féminine sur « Allright », même si le recours aux claviers électro vintage rappelle davantage Ultavox époque John Foxx, voire OMD ; et légèrement reverb sur le spectral « Stolen moments ») ou de Guy Chadwick (NDR : ces arrangements de cordes délicats sur a « Farewell to the giant ». L’album recèle encore quelques instrumentaux. Pour la plupart atmosphériques et filmiques. A l’instar de l’énigmatique « On a highway, barely awake » et puis deux compos ‘enniomorriconesques’. Tout d’abord « The sound of our childhood », nonobstant les accès jazzyfiants et le ton allègre. Et puis « Le thème du souffleur », caractérisé par son piano de saloon. Un très chouette album habillé d’une superbe pochette imaginée et dessinée par Rudy himself…

 

Satan Takes A Holiday

Satan Takes A Holiday

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En découvrant le trio Satan Takes A Holiday dans un café de Stockholm, le label indépendant ‘I Made This Records’ était bien loin de se douter qu’il venait de mettre le doigt sur la future star montante du rock’n’roll suédois. Fort d’un album, de deux singles biens classés dans les charts suédois et de quelques nominations à des awards nationaux, STAH est devenu l’un des groupes les plus en vue du pays.

Impossible pourtant de coller une étiquette précise sur ce rock’n’roll barré et complètement schizophrène. Punk, boogie, psychobilly, rockabilly, noise et garage, la musique du combo stockholmois est un véritable melting-pot dont les influences s’étendent des sixties à nos jours. Satan Takes A Holiday fusionne joyeusement les Stooges à Status Quo, les Rockets From The Crypt, les Meteors ainsi que les Stray Cats aux Vines et aux Hives. Pour le trio, tout dans le rock’n’roll est bon à prendre. Mieux encore, ce qui ne correspond pas à ses standards doit être modifié. A l’instar du « Big In Japan » d’Alphaville transformé ici un fougueux hymne rock’n’rollesque.

Le public scandinave est déjà conquis. Reste à convaincre le reste du monde. La diversité de l’album rendra peut-être les choses un peu difficiles. Les adeptes du verre à moitié vide parleront d’un album inégal et sans fil conducteur. A l’opposé, les champions du verre à moitié plein y verront un album varié et éclectique. Quant à nous, nous remplirons à nouveau notre verre vide en profitant d’un excellent moment de rock’n’roll.

Tracey Thorn

Love And Its Opposite

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En 1982, Tracey Thorn publiait « A Distant Shore », un premier recueil solo. Il faudra 25 ans avant qu’elle ne lui donne une suite. Trop occupée à enchaîner les tubes en compagnie de Ben Watt, son comparse d’Everything But The Girl, la demoiselle publiait « Out Of The Woods » en 2007. Le disque, partagé entre spleen et allégresse, était alors une excellente surprise. Pour son troisième effort en solitaire, la chanteuse évite les deux décennies et demie d’attente. Mais peut-être lui aurait-il fallu un peu plus de trois années pour sceller ce « Love And Its Opposite ». Son précédent opus, « Out Of The Woods », mariait joliment folk et nu-disco et regorgeait de hits comme « It’s All True », « Grand Canyon », « Get Around To It ». Ici, Tracey Thorn délivre une œuvre fidèle à son intitulé. « Love And Its Opposite » déborde de bons sentiments et ne décolle jamais vraiment. Le disque est parcouru d’un voile monotone que même l’intervention (discrète) de Jens Lekman sur la reprise du « Come On Home To Me » de Lee Hazelwood ne parvient pas à lever.

« Love And Its Opposite » est une œuvre anecdotique, à peine bonne à survoler. Pas un morceau ne se distingue tant Tracey Thorn joue à fond la carte de la mélancolie. Pourtant, l’Anglaise s’était plutôt bien entourée. Et en particulier de Jens Lekman, d’Al Doyle (Hot Chip), de Cortney Tidwell ainsi que d’Ewan Pearson derrière les manettes. A l’âge d’or des ‘come-backs’, Thorn devrait peut-être ressusciter Everything But The Girl en traînant sa moitié, Ben Watt, en direction studio et offrir, enfin, une suite au « Temperamental » de 1999…

W.R.3

Only The Hard Way

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Décidément, la scène punk belge se porte à merveille. Après Funeral Dress, The City, The Heartaches et Dear Hearts, c’est au tour de W.R.3 de prouver que dans notre beau pays on peut glavioter et pogoter aussi anarchiquement ; si pas mieux qu’en l’Angleterre ou en Californie.

W.R.3 (War Risk Three) sévit depuis quelques années dans la région de Denderleew et se proclame groupe alternatif influencé par le punk et le rock. Le combo est plutôt productif, puisque depuis 2004 (NDR : date de la sortie du  premier album « Thank You Mister President »), il a publié une douzaine de Cds (albums, singles et EPs). « Only The Hard Way », le nouveau méfait de ces punks rockers flamands, a été enregistré au « Dé Studio » d’Asse (dans la région de Bruxelles) sous la houlette du producteur attitré des lieux : Dirk Miers.

Souvent intense, « Only The Hard Way » propose dix-huit petites minutes d’un punk rock violent et fédérateur alliant les mélodies rauques du Clash de la fin des seventies aux riffs speedés d’un Charged GBH. Un bémol : les vocaux. Bien qu’excellents et accrocheurs, ils sont malheureusement un peu trop répétitifs au niveau du contenu.

Sans quoi, bourrée d’énergie, cette petite pépite est destinée aux rockeurs énervés.