Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Retribution Gospel Choir

2

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Retribution Gospel Choir, c’est le projet alternatif d’Alan Sparhawk, le leader de Low. Dans cette autre aventure, il a entraîné son bassiste Steve Garrington pour pallier au départ de Matt Livingston. Et engagé le drummer Eric Pollard, pour compléter le line up. « 2 » constitue naturellement le second opus de RGC. Il fait suit à un elpee éponyme, publié en 2008. Produit par Mark Kozelek (Sun Kil Moon, Red House Painters), leur nouveau long playing est découpé en 10 titres, dont deux brefs interludes, le premier limité à 43 secondes, se bornant à un petit exercice guitaristique, torturé dans l’esprit de Jimi Hendrix. Mais le reste vaut vraiment qu’on y prête une oreille attentive. L’électricité y est vivifiante, crépitante, déchiquetée, féroce, chatoyante, bringuebalante, languissante ou marécageuse. Le sens mélodique soigné et les harmonies vocales limpides. Les pulsations de basse souvent métronomiques et les drums amples. Les compos sont contagieuses et parfois même hymniques. Des références ? Neil Young & Crazy Horse (le garage rock de “Workin’ hard”), Pearl Jam (les vocaux sinusoïdaux de “White Wolf”), Alice In Chains (la construction en crescendo des huit minutes d’“Electric guitar”), Queens of The Stone Age (le granuleux, croustillant et morose « Your bird ») voire un Low qui serait devenu tempétueux et même agressif. Seul le titre final, le douloureux « Bless us all » emprunte un tempo plus paisible, autorisant un zeste de violon. Une plage plus proche du style proposé sur leur premier opus. Enfin, les vocaux dispensés sur la première partie de « Something’s going to break » sont aussi triturés que ceux de feu mark Linkous sur « Vivadixiesubmarinetransmissionplot ». Dans le style, c’est probablement un des albums de l’année… Et c’est un style qui me fait toujours autant flasher…

Various Artists

Be Yourself – A tribute to Graham Nash’s Songs for Beginners

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Lorsque Graham Nash a écrit les chansons de son premier album solo, “Song for Beginners”, il venait à la fois de rompre avec sa dulcinée, Joni Michell, et en même temps de connaître le premier split de CS&N (NDR : il y en aura plusieurs, mais aujourd’hui encore, le trio tient toujours la route). Cette époque vivait également l’escalade de la guerre du Vietnam et la perte des valeurs idéalistes cultivées au cours des sixties (NDR : le fameux peace & love !). Le disque est alors paru en 1971.

Près de 40 ans plus tard, la fille de Graham, Nile a décidé de rendre un hommage à son père en invitant toute une série d’artistes pour interpréter les chansons de ce « Songs for Beginners ». Y sont impliqués Brendan Benson (Raconteurs), Vetiver, Robin Pecknold (Fleet Foxes), Bonnie ‘Prince’ Billy, les Moore Brothers, Alela Diane, Sleep Sun et Nile (pour deux titres), sans oublier les deux versions nées de collaborations. Une entre Port O’Brien et Papercuts. L’autre entre Mariee Siioux et Greg Weeks (Espers). Certains sont parvenus à donner une coloration toute personnelle aux adaptations. D’autres ont préféré respecter la forme originelle. Mais une chose est sûre, les 11 versions sont vraiment superbes.

 

Anaïs

Live – The Short Version

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Responsable de ‘petites chansons’ d’amour très particulières, Anaïs a décidé d’immortaliser ses chansons interprétées en ‘live. Où ? Aux Francofolies de La Rochelle. Quand ? L’an dernier. 

Comme d’habitude, la (re)belle grenobloise caricature grossièrement la relation amoureuse ou tout simplement le ‘couple’ dans ce qu’il y a de meilleur mais aussi souvent de pire… Un peu d’humour et de dérision ça passe. Tout au long d’un même cd, ça lasse. D’autant plus qu’il est pimenté, entre les différents morceaux, de commentaires et autres intermèdes du style. Et à la longue, son attitude devient vite agaçante et difficilement supportable ! Les titres ? Vous les connaissez tous. Donc, pas de surprise. Son tracklisting épingle tous les classiques. Depuis « Christina » à « Mon cœur, mon amour », en passant par « Le premier amour » ou encore « Peut être une angine ». Le tout complété par quelques compos un peu moins connues du grand public.

« Short Version » ? En existerait-il une longue ? Pas du tout ! Alors pourquoi baptiser son opus live d’un tel titre ? Et bien tout simplement pour deux raisons : la setlist est plus courte qu’un concert classique, et lors de cette prestation accordée aux Francofolies, Anaïs était vêtue d’un short ! L’explication vaut ce qu’elle vaut ; et pourtant, c’est la réalité. Il suffit de jeter un œil sur la pochette… Hormis ces quelques défauts, il faut reconnaître que la chanteuse démontre, tout au long de cet elpee live, qu'elle est une fameuse show girl, capable de se débrouiller plutôt entre plusieurs styles : rock, pop, r'n'b ou chanson française, ... En outre, elle parvient à enflammer son public, qui chante et s'éclate en même temps qu'elle ; surtout lors de l'intro de « Mon cœur, Mon amour », une interprétation très réussie au cours de laquelle, elle emprunte plusieurs gimmicks de guitare ultra-connus.

Aujourd’hui âgée de 34 ans, la jeune femme avait entamé sa carrière en 2003, au sein d’un groupe ‘illustrement’ inconnu répondant au patronyme d’Opposum. Un combo qu’elle a quitté en 2004 pour embrasser une carrière solo. Son premier elpee, « Cheap Show », sorte de ‘one-woman-song’ oscillait entre folk, blues, rock, rap et r'n b' (!?!!) Armée d'une simple guitare acoustique et d'une pédale, elle bouclait en live sa voix.

Mais c’est en 2005 qu’elle va enfin se révéler. Les médias vont alors découvrir sa première incursion dans les histoires de couple, à travers "Mon cœur mon amour". Le reste, vous le connaissez…

Le « Live Short Version » d’Anaïs est donc un condensé de 6 années de carrière solo qui se laisse écouter ; mais seulement à doses homéopathiques…

 

BLK JKS

Zol ! (Ep)

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Si on vous parle d’Afrique du Sud, aujourd’hui, vous n’allez pas me répondre en termes de Bafana Bafana, mais de vuvuzelas. Et pourtant, une formation indie est parvenue, là-bas à faire son trou. Elle a même gagné le prix du meilleur album de musique alternative lors des Awards décernés dans leur pays. Ce qui lui a permis, lors de la cérémonie d’ouverture de la dernière coupe du monde de football, de s’y produire en compagnie d’Alicia Keys.

Non seulement le combo a apporté une jolie pierre à cet édifice, mais il est devenu une véritable vitrine pour l’Afrique toute entière. Et l’occasion était donc belle pour BLK JKS (à prononcer Black Jack) de sortir un nouvel Ep. Intitulé « Zol ! », il fait suite à « After Robots », publié l’année dernière.

Sur ce disque, le band est parvenu à se démarquer davantage de ses influences, lorgnant même carrément vers le psyché rock de Mars Volta. Cinq titres interprétés tantôt en anglais, tantôt en zoulou, qui vibrent au son des rythmes africains, rivalisant d’exotisme (« Hetys »), de psychédélisme et (« Paradise ») ou même d’ambient (« Zol ! »).

En concoctant cet Ep, BLK JKS vient d’élargir son espace de créativité. Ce qui devrait lui permettre de forger sa propre identité, sans pourtant renier ses racines. Le combo est peut-être occupé d’ouvrir une voie à un Continent dont l’affirmation de soi se fait de plus en plus forte. Continent dont on a d’ailleurs beaucoup à apprendre.

 

Love Is All

Two Thousand And Ten Injuries

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Love Is All est une formation suédoise (NDR : issue de Göteborg, très exactement) qui ne jouit guère d’une grande notoriété, hors de ses frontières. Et pourtant, elle en est déjà à son troisième album. En outre, ses deux premiers avaient reçu d’excellentes critiques, de la part de la presse spécialisée. David Bowie n’avait d’ailleurs pas hésité à leur emboîter le pas. Une fameuse référence !

Les compos figurant sur « Two Thousand And Ten Injuries » ont été écrites à l’issue de leur dernière tournée. Au sein de leur environnement natal. Cool. Sans aucune pression. Et le résultat va au-delà de toutes les espérances. Pas le moindre titre faible sur cet opus. La voix de Josephine Olausson communique le même enthousiasme à une pop ensoleillée, pétillante, rafraîchissante, grisante, éclaboussée de quelques accents punk. La musique de Love Is All évolue à la croisée des chemins d’Architecture In Helsinki (NDR : également chez Polyvinil) et Los Campesinos ! Tout en parvenant à y intégrer des éléments noisy. C’est d’ailleurs ce qui en fait sa singularité. Le tout enrichi circonstanciellement d’interventions de saxophone et de chœurs. Un coup de cœur ? « Kungen ». Une plage qui lorgne manifestement vers les Beach Boys. 

Vu la canicule, je vous conseille de consommer ce disque d’urgence. Et sans modération…

Natalie Merchant

Leave your sleep

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Peu nombreux sont ceux pour qui le nom de Natalie Merchant n’évoque l’once d’un style ; la dame est pourtant sur scène depuis longtemps. Elle a accompli ses tout débuts au sein des 10,000 Maniacs, il y a 30 ans... En 1995, elle quitte son groupe et s’impose modestement en tant qu’artiste solo. Notoire pour sa prose sentimentale et son indépendance créative, la chanteuse poursuit sur la même voie, en publiant aujourd’hui “Leave your sleep” ; mais elle a peut-être poussé la réflexion un peu trop loin.

En alignant des titres prometteurs de spiritualité, Natalie Merchant explique que sa collection de chansons est le fruit des conversations entretenues avec sa fille au cours des six premières années de sa vie, toutes illustrées par des poèmes anglo-saxons des siècles derniers, sélectionnés soigneusement (elle mettra 5 ans). On entre alors dans un univers allégorique où les histoires de marins, d’animaux et de cirques ambulants se chevauchent lors de récits sucrés de princesses et de gitans, de sorcières et de géants.

Dans une instrumentation générale de ‘folk américain’ et ‘folklore européen’ à majorité acoustique, les fables sont contées au moyen de genres musicaux bien identifiables : outre son début celtique tout en cornemuse irlandaise et violon ‘de rue’, qui nous fait retomber au niveau des Corrs (« Nursery Rhyme of Innocence and Experience »), l’album recèle quelques jolies ballades (« The Man in the Wilderness »), mais trahit aussi des influences tziganes (« The Dancing Bear »), country bluegrass (« Calico Pie », « Adventures of Isabel »), accès de pur blues (« The Janitor’s Boy », « Bleezer’s Ice-Cream ») et de reggae (« Topsyturvey World »), pour finir sur une musique cinématographique violoneuse (« Spring and Fall : to a Young child »).

En gros, beaucoup d’effets de style et des textes empruntés pour peu d’originalité. La voix veloutée et nasillarde dans les aigus n’offre, vu sa modeste tessiture, pas plus de reflet que l’ensemble. Et pourtant, parmi la dizaine de collaborateurs sollicités pour participer à la confection du disque (NDR : une procédure identique que pour ses albums précédents), n’ont été choisis que celle est ceux dont l’expertise était avérée. Le ton général folk aux touches fiddle n’est pas ce qui existe de plus excitant et ne bénéficie malheureusement pas non plus d’un effort d’actualisation thématique ou musicale. L’album puise son mérite dans la poésie et les symboles, car l’approche y est plus textuelle et conceptuelle que musicale.

 

Mountain Man

Made The Harbor

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La première décennie de ce troisième millénaire a été marquée par une profusion d’artistes féminines se réclamant du folk traditionnel. De Joanna Newson à Alela Diane, ce n’est pas le brio qui manque. En général, toutes ces compositrices abordent des thèmes liés à la nature. Au cœur d’une ambiance hippie ou chamanique, elles aiment communiquer avec les esprits de cette Amérique oubliée, retrouver leurs racines. Si cette scène recèle de nombreuses artistes talentueuses, il faut reconnaître que la ligne commence à être encombrée. Et si souvent la qualité est au rendez-vous, c’est l’originalité qui commence à faire défaut. Aussi, pour les dernières arrivées, difficile de se faire une place au soleil. Surtout quand on n’a rien de vraiment neuf à proposer…

Mountain Man est un trio issu du Vermont. La région est boisée et parsemée de lacs. Idéal pour se lancer dans une aventure folk… Molly Erin Sarle, Alexandra Sauser-Monnig et Amelia Randall Meath se connaissent depuis le collège. Elles partagent une même passion pour le chant. Et de fil en aguille se décident à composer. Se réunissant régulièrement dans le salon de l’une ou l’autre jeune fille. C’est d’ailleurs au sein de l’un d’entre eux que « Made The Harbor » sera enregistré. A l’aide d’une guitare acoustique, les trois Américaines vont alors poser leurs voix sur leurs chansons aux mélodies douces et apaisantes. Les harmonies vocales sont parfaites. Mais si leur approche minimaliste ne manque pas de charme, au fil du sillon, elle commence à nous assoupir. Et même à nous endormir. C’est même plus efficace qu’un somnifère.

Bref, si vous cherchez un fond sonore pour faire la sieste, je vous conseille vivement ce « Made The Harbor ». Il pourrait même vous aider à dessiner de beaux rêves. Si le fait même de somnoler vous horripile, tournez-vous plutôt vers les classiques du genre. Au moins, pas de risque de tomber en léthargie…  

 

Oasis

Time flies… 1994-2009

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Il faut le reconnaître, Oasis a marqué toute une génération. Tout comme Blur, par ailleurs. A l’instar de la rivalité entre les Beatles et les Stones, celle entre les deux groupes-phares britanniques des nineties, va permettre d’alimenter les tabloïds. Et surtout aux deux groupes de vendre des millions de disques. Oasis, c’était avant tout les frères Gallagher, Liam et Noël, dont les rixes étaient rituelles. Et la dernière, qui s’est produite en août 2009 (c’était lors du festival parisien Rock en Seine) a mal tourné. Puisqu’elle a scellé l’aventure de la formation. Du moins, provisoirement (NDR : les fans peuvent toujours espérer, Les Mancuniens n’en sont pas à leur première réconciliation). N’empêche la brouille semble persister, puisque Liam a fondé un nouveau groupe, en compagnie de ses anciens acolytes, Beady Eye (NDR : un premier elpee, enregistré sous la houlette de Steve Lillywhite, devrait sortir d’ici quelques mois), et a monté sa propre boîte de production. Noël a entamé une carrière solo depuis…

« Time flies… 1994-2009 » réunit tous les singles issus des différents albums d’Oasis. Depuis « Supersonic » à « Falling down », en passant par « Wonderwall », « Cigarettes & alcohol », « Don’t look back in anger », « Some might say », en j’en passe. 26 en tout. Un superbe box incluant un booklet de 12 pages, au sein duquel figurent les paroles des chansons, un dvd réunissant 36 clips-vidéo ainsi qu’un cd live, immortalisant un concert accordé le 21 juillet au Roundhouse de Londres. Un véritable testament !

 

Shawn Pittman

Too hot

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Il y a deux ans, Shawn a signé chez Feelin' Good Productions, une boîte italienne dirigée par le Transalpin Tano Ro. Le label avait déjà publié "Moovin' and groovin", une compilation consacrée aux quatre premiers albums de Pittman. Lors de sa 10ème tournée accomplie outre-Atlantique (NDR : c’était en novembre 2009), le jeune Texan comptabilisait 18 dates de concerts en 19 jours. Il lui restait une seule date de libre. Au cours de laquelle il s’est rendu aux studios Electric Honey. Après 4 heures de travail acharné, il avait mis en boîte ce "To hot".

L’elpee réunit quinze plages dont une majorité de reprises. Shawn est soutenu par son backing band de tournée. Ils sont tous de nationalité italienne : Martin Iotti à la basse et Emanuel Zamperini aux drums. En outre, il a invité l’harmoniciste Max Lugli, le leader des Helltones qui participe à plusieurs compos. La voix de Pittman diffère très fort de ce qu’il nous propose en studio. Elle est très certainement fatiguée par l’accumulation de prestations concentrée sur une brève période. Le tempo s’avère, en général, plutôt uniforme, même si on y recèle davantage de morceaux rapides.

La plage d'ouverture est royale. Une reprise du "How many more years" de Howlin' Wolf. Le concours de Lugli à la musique à bouche est déterminant. Ses interventions sont versatiles. L'offensive est lancée. Imprimé sur un tempo vivace, "Secret weapon" véhicule des accents louisianais. Surtout au niveau du chant… qui me fait penser à Lazy Lester. Aussi, on n’est pas trop surpris lorsqu’il adapte aussitôt son "The same thing could happen to you". Le rythme est implacable. Les cordes vocales sont épuisées, corrodées. Mais l’organe est idéal reprendre cette chanson issue des swamps. Pittman appuie sur le champignon pour attaquer le classique de Larry Williams, "Slow down". Du pur rock'n'roll. Idéal pour se déhancher devant les planches. Pas de répit, puisqu’il embraie par "Geronimo rock", un boogie rock issu de la plume de Jerry McCain. Sans transition, il aborde "Next door neighbor". Max Lugli opère son retour à ses côtés. Une intervention au cours de laquelle, le souffleur de Reggio étale toutes les facettes de son talent. La machine est en surrégime. Et persiste dans son emballement sur l’instrumental très rythmique, "Lookin' good". Place ensuite au hit texan "My love is here to stay", une compo signée Anson Funderburgh/Sam Myers. Shawn incarne le rôle d'Anson. Max celui du regretté Myers. L’adaptation du "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed nous replonge en Louisiane, un morceau au cours duquel Mr Lugli souffle dans les aigus avec un réel bonheur. Pittman nous réserve encore quelques shuffles fricotés à la sauce texane : "Play a little while", "Business man" et le "Where you get your sugar from" d’Eddie Kirkland. Pittman parvient quand même à changer quelque peu de registre. Notamment en sculptant dans le funk "Burnin' up", titre maître de son elpee publié en 98, et le "Reap what you sow" de Mance Lipscomb. La sortie est aussi royale que l'entrée. Il s’agit du titre maître. Une compo écrite par Jerry Mc Cain, un fabuleux harmoniciste né en 1930. Et inévitablement, Max Lugli participe à cette version remarquable. La brûlure ne dure que trois bonnes minutes. Mais elle est intense. 

Shawn Pittman

Undeniable

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« Undeniable » constitue le dernier elpee de Shawn Pittman. Autoproduit, c’est son huitième destiné au marché américain. Et il a été enregistré aux States. Aux studios Wire Recordings, à Austin. Shawn est soutenue par Pat Schramm à la basse et à la guitare rythmique ainsi que du drummer notoire des T-Birds, Jason Moeller (T-Birds). Le titre de l’elpee est lourd de signification : la musique reproduite sur cet opus baigne dans le texas blues. Et elle est basique, sans la moindre fioriture. Et émane de tout ce qui touche à Pittman. Ou que Pittman touche : sa guitare, son ampli, ses doigts, ses compos…

"Hard to hold on" ouvre l’elpee dans ce style texan, décrit dans le premier paragraphe. Les notes dispensées par Shawn sont parcimonieuses, mais franches et directes. Et le résultat est excellent. Shuffle classique, "Young girl" semble émaner en ligne droite du chaudron d'Austin. Pittman est uniquement épaulé par sa section rythmique. Il chante son couplet avant de rapidement s’évader aux cordes. Son exercice de style, il l’accomplit sans filet. Et il s’en sort impeccablement. Il récidive tout au long de "Change of heart". La voix de Shawn n’est gère assurée, mais elle tient la route. Dès qu’elles en ont l’opportunité, les cordes prennent le large. "Who's your man" est imprimé sur un tempo extrêmement rapide. Un boogie blues converti en rock'n'roll furieux. Pat Schramm assure une rythmique implacable ; ce qui permet au leader de se divertir à souhait. Très offensif, "The hard way" est un autre shuffle. Les musiciens montent en puissance. Leur pouvoir de séduction progresse, mais dans la mélodie. Blues lent, "Somebody please" transpire le vécu. Une compo troublante, brûlante, au cours de laquelle l'artiste baigne dans son élément. Son timbre a retrouvé tout son aplomb. La section rythmique est sur le velours. Elle n'a plus qu'à porter le leader qui atteint alors le sommet de son art. Superbe! "Righteous woman", la plus longue plage de l'opus, s'étire paresseusement. Pas d’effervescence, mais une incontestable efficacité. Le rythme décélère encore tout au long de "Sucker for love". Shawn sort le grand jeu et nous livre un solo d'une pureté inouïe. Mr Pittman est passé derrière le piano lors du boogie woogie instrumental "Blues for Juanita". Et il tire parfaitement son épingle du jeu. Slow blues, "Mindin' my own business" navigue sur le delta du long fleuve tranquille. La guitare concède des accents métalliques. Très sonore, amplifiée, la basse de Pat établit l'assise nécessaire pour accomplir ce type d'exercice de style. L'album s’achève par un excellent instrumental : "Lookin' good", un boogie shuffle très dynamique. La guitare nous prend à la gorge et ne nous délivre de son étreinte qu'à la toute dernière note.

Dour festival 2010 : dimanche 18 juillet

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Quatrième et dernier jour de cette 22ème édition du festival de Dour. L’heure des premiers bilans aussi : 125.000 spectateurs pour ces 4 jours. Soit 31 000 le jeudi, 30 000 le vendredi, 32.000 le samedi et autant le dimanche. Ce qui semble réjouir les organisateurs lors de la conférence de presse (?!?!) Pourtant, manifestement, la fréquentation est en baisse, cette année. En 2007, le festival était sold out et au cours de certaines éditions précédentes, on avait atteint des pics de 35.000 voire 36.000 spectateurs. ‘Cette année nous avions agrandi la capacité du site. Il pouvait accueillir 40.000 personnes. Le sold-out n’est pas un objectif en soi’, m’explique, par ailleurs, le responsable de presse, Alex Stevens, lors d’un entretien, à bâtons rompus. Il ajoute d’ailleurs : ‘Le but, c’est d’organiser un festival de qualité, en programmant des groupes intéressants et dans une ambiance qui reste conviviale’. N’empêche, du côté de Liège, les Ardentes prennent de l’ampleur et le Pukkelpop affiche déjà complet un mois à l’avance. Alors, quelle est la raison de ce déclin de popularité ? La concurrence des événements susvisés, certainement. La date, qui en 2010, s’est située en période charnière de départs en vacances (NDLR : on pourrait aussi ajouter le nombre de festivals qui ont explosé, un peu partout en Belgique, et même dans le Nord de la France ; et puis, peut-être le manque d’artistes susceptibles de convaincre les véritables mélomanes de se déplacer, en l’occurrence celles et ceux qui ne manqueraient sous aucun prétexte Killing Joke, Black Rebel Motorcycle Club, Wilco, Mercury Rev, Archive, Wampas, Nada Surf, Dandy Warhols, Young Gods, !!!, Bérurier Noir ou encore celles et ceux qui suivent certains groupes belges aux quatre coins du pays) Néanmoins, ne gâchons pas notre plaisir : Dour est toujours un festival incontournable en Hainaut et un des trois plus grands de Wallonie (NDR : les Francos de Spa et les Ardentes sont les deux autres). Il est en outre, bien plus alternatif que ses concurrents ; et puis, et c’était nécessaire, de gros efforts ont été consentis pour améliorer le confort des festivaliers (NDR : supermarché alimentaire à l’entrée, etc.) Félicitons également les organisateurs pour le timing scrupuleusement respecté par les 200 groupes, et pour l’absence d’incidents majeurs sur le site.

Bon, et la programmation de ce dimanche alors ? J’y arrive. Ma journée commence vers 16 heures, sous un soleil généreux (NDR : finalement hormis quelques averses, la météo aura été clémente). J’ai chaud à la place de Mélissa Auf Der Maur. Tout de noir vêtue, son teint est pâle. Elle doit souffrir de la température. La Canadienne est surtout notoire pour avoir milité  comme bassiste chez Smashing Pumpkins puis Hole. A l’époque, Billy Corgan, le leader des Citrouilles Eclatées l’avait pris sous son aile, avant de la conseiller à son amie ( ?!?!?) Courtney. Son set est très pop. Pas vraiment ce qui me branche. Et Mélissa éprouve toutes les difficultés pour susciter un quelconque enthousiasme auprès d’une audience encore à-moitié endormie. A l’issue de sa prestation, Mélissa vient se mêler à la foule. Elle se ballade tranquillement et prend le temps de signer des autographes (NDR : elle avait même prévu de se munir d’un crayon-feutre !)… Sympa !

D’autres musiciens se promènent sur le site. Mais ils passent bien moins inaperçus. A cause de leurs vêtements touaregs. Tinariwen. La formation va ensuite offrir une des rares notes world au festival. Sur fond de guitare résolument blues (NDR : un concept partagé par de nombreux artistes maliens, comme Amadou et Mariam, par exemple). Différents membres se relayent au chant. La musique baigne au sein d’un climat exotique. Le combo cherche à établir une forme de communion avec le public. Un peu comme lors d’une fête de village en Afrique, autour d’un feu de bois ou sous un bivouac. Le set est savoureux. Mais à mon avis, leur prestation aurait mérité de se dérouler sous un chapiteau. De toutes manières, à un endroit plus intimiste que sur la Last Arena. Les applaudissements auraient alors certainement résonné plus chaleureusement…

Sous La petite maison dans la prairie, Monotonix est occupé de foutre le boxon. Cosmopolite, quoique incluant une frange de musicos israéliens, le combo nous en met plein la vue. Pourtant, leur garage rock plutôt basique voire tribal (NDR : qui a dit trivial ?) ne casse pas des briques. Mais on assiste à un grand spectacle ! Les musiciens se dispersent dans le public. Le chanteur escalade un poteau du chapiteau et à 4 mètres de hauteur, il se jette dans la foule. Manifestement Monotonix est un groupe de festival. Il attire la grande foule et met de l’ambiance. Pourtant, en salle, il ne draine que quelques centaines de personnes, à peine (NDR : il s’était produit à Courtrai, salle De Kreun, peu de temps auparavant). Didier Super était aussi parvenu à mettre le feu, sous la Magic Tent, quelques années plus tôt. Un constat amer et en même temps une situation paradoxale, quand on voit qu’un groupe pétri de talent comme Tinariwen, ne recueille pas le succès mérité. Alors que la présence de Rémi Bricka, Annie Cordy ou Grand Jojo, déclencherait probablement l’hystérie…

Trêve d’élucubrations et cap sur la Last Arena où sont programmés The Raveonettes. Et le line up des Danois est au grand complet. Déjà ‘tête d’affiche’ en 2008, Sune Rose Wagner avait dû composer sans Sharin Foo. A l’époque elle attendait famille et avait été remplacée par sa sœur. La recette n’a pas trop changé. Leur électro pop à coloration 80’s est toujours aussi noisy. Le tracklisting inclut les incontournables « Candy » et « Heart of stone ». De quoi satisfaire les nombreux trentenaires et quadragénaires rassemblés face à la scène. La basse et les percus sont minimalistes. Et balisent les interventions du duo ténébreux Wagner-Foo, cachés derrière leurs lunettes fumées…

Autre tête d’affiche sur la même scène : Ghinzu. Il est loin le temps où ce combo belge se produisait en club. La popularité du groupe est en progression constante. Ce qui lui permet aujourd’hui de remplir Forest National ou de figurer à l’affiche de festivals conséquents. Ce soir, c’est un véritable best-of que le groupe nous livre. De quoi se rendre compte du nombre de tubes déjà publiés par la formation. Dont les inévitables "Take It Easy" et "Do You Read Me". Leur set est très pro, même si les poses du chanteur finissent par agacer. Mais un imprévu va se produire et mettre un peu de piment dans le show. Au beau milieu du set, le combo se lance dans l’impro (NDR : à moins que ce ne soit une succession d’approximations). Les musiciens se parlent entre certains morceaux. Ils semblent préoccupés. Le claviériste monte sur son instrument et commence à taper du pied sur ses touches (NDLR : un disciple de Keith Emerson ?) Heureusement, le matos semble solide et résiste à l’assaut. Et puis, l’assaillant n’est pas obèse (NDR : à l’issue du concert, on aura l’explication de cette attitude : en fait, il semble que le clavier se soit détraqué au cours de la prestation et par un concours de circonstance, le spectacle a gagné en spontanéité). La reprise de « Killing in the name » est peut-être brouillonne, mais elle parvient à faire bouger une grande partie de la foule. En fait, les événements ont forcé le combo à modifier leur setlist. Et à improviser (NDLR : un accident heureux, avait un jour déclaré un membre d’Ozric Tentacles). Le groupe va quand même finir par croire qu’il est maudit. Et pour cause, l’an dernier, lors des Eurockéennes de Belfort, il avait déjà dû interrompre son show, suite à une panne de courant.

J’imaginais que Devendra Banhart allait nous accorder un récital sculpté dans le folk minimaliste. Le talentueux chanteur/auteur/compositeur en était coutumier, au cours des dernières années. Après avoir surfé avec succès sur la vague hype néo-hippie, il était un peu tombé dans les profondeurs de l’oubli. Mais ce soir, il a décidé de nous surprendre. Et dès les premiers titres, on se rend compte que son concert sera très rock. Les guitares montrent les dents. Son néo-psychédélisme à la pèche ! Exit les ballades soporifiques dispensées lors des éditions précédentes, à Dour. L’intensité est omniprésente, mais Devendra la rend plus fluide en lui administrant, ci-et-là, une petite pointe de dérision. Comme lors de sa cover du vieux tube « Tell it to my heart » de Taylor Dayne.

Autre bonne surprise en ce dimanche : Calvin Harris. Il est surtout connu pour ses tubes house, dance et électro qui envahissent les ondes radiophoniques. Et notamment « The girls » et « Flashback ». En ‘live’, je m’attends donc à DJ set plutôt statique. Erreur, Calvin est soutenu par un véritable band. Il se révèle très à l’aise sur les planches et se la joue, quelque peu, rock star, à la manière d’un Dave Gahan. En un peu moins excentrique quand même. L’expression sonore est particulièrement vivifiante et lorgne tour à tour vers le funk, l’électro voire le punk-rock. En outre, Harris possède une chouette voix. Après 1h30 de show, on le sent quand même éprouvé. Ce qui ne l’empêchera pas de le clôturer par un “You are not alone” de toute beauté. Franchement, cet artiste est à suivre de très près et mériterait un autre statut que celui de pourvoyeurs de singles pour la bande FM.

On le sait, chez Sexy Sushi, le raffinement n’est pas de rigueur. Heureusement il est passé minuit. Les enfants sont déjà couchés, et les nombreuses familles invitées par le Bourgmestre sont rentrées à la maison. Car comme prévu, le flux de grossièretés proférés à la minute est sidérant. Comment est-il possible de concentrer autant de gros mots au sein d’un seul couplet ? Seul Sexy Sushi en a la recette. La musique est minimaliste. Electro. Il y a un claviériste et puis un figurant qui assume un rôle de bourreau. Bien sûr, il s’agit de mise en scène. La sulfureuse Julia affiche un look grunge. Cheveux gras, jeans, t-shirt et baskets crades. Elle n’hésite pas à se lancer dans des crowd-surfing et invite même le public à monter sur le podium lorsqu’elle attaque « Sex appeal ». Et les mâles vont me demander si elle a terminé son spectacle en petite tenue, comme très souvent. Désolé mais vu la piètre qualité de la solution sonore, je me suis tiré avant…

En effet, j’ai préféré aller jeter un dernier coup d’œil (et d’oreille) à The Sonics. Le spectateur lambda les connaît surtout pour leur chanson « Psycho a-gogo » (NDR : ne me dites pas que vous n’avez jamais entendu ce fameux refrain ‘Baby, you’re driving me crazy’). Ou encore du morceau « Have love with travel », qui a servi de B.O. au dernier film de Mathieu Amalric (NDR : c’est toujours d’actualité !) Il est assez troublant et en même temps réconfortant de voir de véritables papys déménager autant sur les planches. Respect donc à ces vétérans qui perpétuent ce rock né au cours des 60’s. N’empêche, pour encaisser la transition entre le rock-électro avant-gardiste de Calvin Harris et le garage yankee des Sonics, faut être blindé…

Hormis la journée du samedi, plutôt ‘light’, l’édition 2010 du festival de Dour a tenu toutes ses promesses. Retour à la maison, en sachant que sur le parcours, on risque de faire des rencontres très peu conviviales et surtout susceptibles de gâcher le plaisir acquis tout au long du week-end…

 

En direct de Dour (2)

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‘Le bon Dieu est montois’ s'exclame-t-on, lorsque météo est bonne, lors de la traditionnelle Ducasse de Mons. Mais il est aussi dourois. Les festivaliers ont, jusqu’à ce jour été épargnés par la canicule mais aussi par les averses. A contrario de celles et ceux qui se sont rendus à Werchter (NDLR : et au Cactus !) Le baromètre de l'ambiance monte toujours crescendo. A 15 heures, le public était encore calme et clairsemé, malgré un set entraînant des Mahones. Le hardcore suprenant de Fucked Up a provoqué les premiers pogos. Faut dire que le frontman a passé les 3/4 du concert au cœur du public ! Et les nombreux fans de hardcore en encore eu une belle ration, lors du set de Mass Hysteria. Sur les autres podiums, on épinglera encore la noisy de Chokebore, le psyché d'OS Mutantes et celui plus prog de Black Mountain…

Anti-Records se renforce !

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Artiste ultra-douée, dont le folk épuré s’inscrit dans la lignée de Nick Drake et Joni Mitchell, Beth Orton vient de signer chez Anti-Records. L’artiste folk anglaise est, en outre, sur le point de terminer l’enregistrement d’un nouvel album pour le compte de son nouveau label.

 

Des Nouvelles De Linkin Park

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Linkin Park vient d’annoncer la sortie de son nouvel album  « A Thousand Suns » pour le 14 septembre 2010. Comme « Minutes To Midnight » (2007), son précédent, le nouvel opus a été produit par Rick Rubin (Slayer, U2, Johnny Cash) et par Mike Shinoda, le vocaliste du groupe. « The Catalyst », le premier single extrait de l’album sera disponible en écoute sur la page MySpace du groupe http://www.myspace.com/linkinpark dès le 2 août.

Une initiative originale : Si vous êtes un producteur en herbe, Linkin Park vous encourage à télécharger  les pistes audio de « The Catalyst » disponibles sur sa page MySpace. Vous pourrez ensuite les modifier à votre guise à l’aide d’un logiciel informatique et soumettre votre version du single au groupe qui choisira celle qui lui plaît le plus et la fera figurer sur l’album.

Linkin Park entamera une tournée mondiale en octobre. Celle-ci passera par Paris (Bercy) le 25 octobre. Aucune date n’est prévue en Belgique pour l’instant. 

 

Enfin !!!, avec trois points d’exclamation !

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Complémentairement à la sortie de leur nouveau single, « AM/FM », !!! vient de poster sa nouvelle vidéo. Réalisée sous la houlette de Black Dice, elle est disponible sur Fader et YouTube. Quant à l’album sa parution est toujours prévue pour ce 23 août.

http://www.thefader.com/2010/07/06/video-premiere-amfm/
http://www.youtube.com/watch?v=LO_AofgXHFU
http://www.chkchkchk.net/

 

Seyfu allume la mèche

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Le nouveau single de Sefyu, « Allumeur de Mèche », a été dévoilé le 12 juillet. Il est issu de l’album « Oui, Je Le Suis », dont la sortie est prévue pour fin septembre 2010. Le clip sera également bientôt disponible…

En attendant vous pouvez découvrir le teaser sur le lien suivant :

http://www.dailymotion.com/video/xduogk_sefyu-allumeur-de-meche-teaser_music

 

Dour festival 2010 : samedi 17 juillet

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Troisième jour de festival et la fatigue commence à se faire sentir. Sans oublier les maux de tête et un début inévitable de surdité. Et dire que je ne dors même pas au célèbre camping. Sans quoi, quel serait le résultat ? Heureusement, et cet avis n’engage que votre serviteur, cette journée est également la plus light au niveau de la programmation. Pas vraiment de concert exclusif comme ceux de Faith No More ou Atari Teenage Riot, les jours précédents. Moins de découvertes aussi.

Ce qui explique pourquoi vous n’aurez droit qu’à un compte-rendu plus succinct de cette journée. Néanmoins, je débarque quand même à 14 heures pour ne pas manquer le set de The Mahones. Leur patronyme procède de l’anglicisation de la formule gaélique ‘Póg mo thóin’, soit le ‘F*** my ass’ dont je vous fais grâce de la traduction dans la langue de Molière. Il s’agit également d’une référence au groupe irlandais The Pogues. Et bien que la formation nous chante cet après-midi « A drunken night in Dublin », pas de méprise : The Mahones nous vient du Canada, et pas de l’île verte ! Leur punk-rock est d’ailleurs assez proche de celui de leurs concitoyens, les Real McKenzies. Une charmante accordéoniste évolue à droite de la scène. Hormis les bas-résilles elle est totalement vêtue de cuir. Et apporte une touche de fraîcheur tant visuelle que musicale. En engageant un musicien supplémentaire (NDR : préposé au whistle ou banjo), le combo embrasserait un profil encore plus celtique. Mais la petite centaine de spectateurs tape malgré tout du pied et se lance même dans une mini-farandole en fin de show. Un warm-up plutôt réussi, ce samedi donc.

A noter que, dans la même tranche horaire, les Poulycroc avaient également ouvert les hostilités en fanfare. Evidemment, si comme votre scribouilleur, vous habitez le Hainaut Occidental (d’où ils sont originaires) vous avez l’occasion de les applaudir, au minimum, une dizaine de fois par an. Et si vous ne connaissez pas ces joyeux loustics, sachez qu’ils pratiquent un punk/ska festif, quelque part entre le grand Jojo (avec qui ils ont déjà joué) et Ska-P.

En général, lors du festival de Dour, une frange du public est constituée de fans de hardcore et de métal. Rien d’étonnant, vu la présence des vétérans Stuck Up et autres Do or Die, dont les aficionados sont nombreux dans la région. Pourtant cette tranche de public très caractéristique disparaît d’année en année. Elle est remplacée par une catégorie de festivaliers dont le style  campeurs-clubbers est beaucoup plus stéréotypé. Heureusement, les organisateurs n’ont pas totalement négligé les hardeux. Le vendredi, ces derniers ont ainsi pu se défouler face à la Red Frequency, et ce samedi sous la Magic Tent. La formation canadienne (NDR : encore) Fucked Up pratique, comme son nom l’indique, une musique furieuse. Le chanteur Pink Eyes n’en est pas à sa première extravagance. C’est d’ailleurs ce qui a forgé sa notoriété. Dès le deuxième titre, il quitte la scène pour se mêler à la foule, qu’il ne quittera plus avant la fin du set. Tour à tour, il se lance dans le houlà-hop, provoque des pogos ou frotte son torse (NDR : velu et imprégné de sueur) contre le corps de jeunes filles en maillot de bain. Et la liste de ses frasques est loin d’être exhaustive. Conclusion, il donne bien du fil à retordre (au propre comme au figuré) aux techniciens et au service de sécurité. Et un peu plus tard, sur le même podium, The Spudmonsters va en remettre une couche. Issu de la scène old school, ce combo va aussi mettre le boxon, en invitant de nombreux fans à monter sur l’estrade, lors de leur final. De quoi, à nouveau semer la zizanie, au sein du frontstage.

Pour clôturer le chapitre hardcore, impossible de ne pas évoquer la prestation de Mass Hysteria accordée sur la grande scène. Tout le bien a déjà dit sur ce groupe français, que l’on peut voir chaque année dans nos contrées. D’ailleurs, rien qu’à Dour c’est déjà leur quatrième passage. Sans surprise, le groupe parvient donc à déclencher les pogos, circles et autres parades à la ‘Braveheart’ au sein du public. Mais aussi à communiquer des messages positifs, pacificateurs voir unificateurs. A l’image de ce ‘Wallons, Flamands, tous unis’ clamé haut et fort au milieu d’un couplet.

Des revendications plutôt différentes de celles des Sales Majestés. D’accord, ils évoluent dans un registre plus punk traditionnel que hardcore. Ensuite les textes relèvent plus de l’anarchie, de la rébellion voire du nihilisme. « La rage », « La révolution », « Camarade » ou « Fier de ne rien faire » sont autant d’hymnes repris le poing levé par les keupons ou les trentenaires nostalgiques du rock alternatif.

Après toutes ces décharges de riffs, il est temps de remettre quelque peu ses idées en place. En assistant à un concert empreint de légèreté. Celui de Pony Pony Run Run devrait faire l’affaire. Issu de la région de Nantes, ce trio s’est formé en 2005. Son premier album, « You Need Pony Pony Run Run » est paru en 2009. Il a été consacré lors des Victoires de la musique, en mars 2010. Pas étonnant donc que le public soit nombreux sous la Magic Tent. Dès que le combo monte sur le podium, une immense clameur faite de cris et d’applaudissements s’élève (NDR : pardon, c’est un concert de Patrick Bruel ?) Mais la comparaison s’arrête ici. Car le groupe a son style. Très pop, mais inspiré par les 80’s. Surtout à cause des sonorités ‘vintage’ produites par le clavier. Un climat qu’accentue le light show. « Hey you », leur tube, est à peine attaqué que la foule entre en hystérie. Une excitation qui va se prolonger jusqu’au bout du set. Pas de contestation, à l’applaudimètre, PPRR a confirmé sa popularité. Faudra maintenant voir s’il sera capable de passer le cap du deuxième elpee…

Au fil des concerts, il devient de plus en plus difficile d’avoir les idées claires. Et même si une prestation se révèle d’excellente facture, on ne parvient plus à l’apprécier. L’épuisement, la chaleur et la bière (NDR : excellentes ces Hoegaarden rosées !) contribuant, bien évidemment, à cette situation. Dans ces conditions, il est parfois préférable de faire un break, afin de revenir frais et dispos, le lendemain. Soit le dimanche, pour vivre de nouvelles aventures…

Dour : les premiers échos

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En attendant les reviews détaillées, voici quelques échos répercutés par le festival de Dour…

Le cap des 30.000 festivaliers a été franchi. Faut dire que pour la plupart, ils avaient déjà débarqué la veille. Afin de prendre leurs quartiers au camping. Côté affiche, le set de Faith No More a quelque peu déçu. Trop expérimental pour les uns. Un son trop approximatif, pour les autres. A contrario, le festival a réservé son lot de bonnes surprises. Ainsi la prestation de Get Well Soon a tenu toutes ses promesses, alors que le Bal des Enragés a mis le feu à la Petite Maison dans la Prairie ; faut dire que pour l’occasion, une horde de punks avait pris d’assaut ce chapiteau…

Vendredi, le temps est menaçant, mais la pluie semble vouloir épargner le site. Los Campesinos! a bien ouvert les hostilités, mais face à un public encore clairsemé. Néanmoins, l’affluence devrait aller crescendo, vu la programmation. De Subways à Gwar en passant par Atari Teenage Riot et Chrome Hoof, le choix est suffisamment large pour satisfaire un large public…

Dour festival 2010 : vendredi 16 juillet

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Cette deuxième journée de festival est, à mon humble avis, la plus riche. Ce qui explique ma décision de débarquer sur le site bien plus tôt. Soit à 14 heures. Et ce que je pressentais depuis la veille, se confirme : le public qui fréquente le festival de Dour est de moins en moins rock. Malgré une affiche intéressante, la plupart des jeunes ne montrent le bout du nez que vers 18 heures. Ils récupèrent. Ou glandouillent au camping. Sans doute après avoir passé la nuit à danser sur les beats des Djs. Les artistes internationaux en devenir : ils n’en ont plus rien à cirer !

Une gangrène qui ronge les grands festivals. Le collectif Los Campesinos ! en est bien conscient. Et pourtant, ces valeureux musiciens font le max devant une centaine de spectateurs à peine, dispersés face à la Last Arena. Leur pop/rock est déjanté, enjoué, enrichi de cuivres ainsi que d’accès de violon et de xylophone. Leur solution sonore est cependant difficile à décrire. A l’instar du nom des villages peuplant leur Pays de Galles natal (NDR : ils sont issus de la région de Cardiff). Une jeune et charmante violoniste rousse illumine les compos de ses interventions, pendant que le chanteur se démène comme un bon prince. Son attitude me fait parfois même penser à Dalmon Albarn, deux décennies plus tôt (NDR : Blur, s’était produit également à Dour, il y a une quinzaine d’années). Bien sûr, depuis, le personnage a pris une autre envergure ; et ma comparaison, ne va pas plus loin. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il existe un fameux potentiel chez Los Campesinos ! Et au fil de l’expérience, la formation pourrait bien briguer une place, un peu plus haut des affiches, dans un futur proche. C’est en tout cas, tout le mal qu’on leur souhaite.

Lors du festival de Dour, à moins d’être un marathonien (NDR : et encore !), difficile d’assister à tous les concerts programmés au cours des quatre jours. Je loupe donc le set de Java. De quoi nourrir des regrets, car de l’avis de nombreux observateurs, leur hip-hop teinté de musette bon enfant a fait mouche. Et come il fait chaud, il fait aussi soif. Et en repassant par le bar, la convivialité se transforme rapidement en guet à pintes ! Surtout lorsqu’on retrouve des amis ou des collègues afin de débattre de l’une ou l’autre prestation d’un artiste ou groupe.

Ouf, le set de The Futureheads n’est pas terminé. Mais vu le parcours du combo, je craignais devoir me farcir de la pop/rock britannique calquée sur celle des Arctic Monkeys. Bref comme déjà vue et entendue 10 000 fois. Et pourtant, le set s’avère très agréable. Pas de temps mort. Un bon point de la journée. Faudra que je balaie les préjugés qui traînent encore dans mon esprit…

A contrario, il se confirme que de plus en plus de festivaliers issus du Nord du pays se rendent au festival de Dour (NDR : et Johan, notre rédacteur en chef néerlandophone, n’y est pas tout à fait étranger). La présence de ce public néerlandophone pour le set d’Absynthe Minded en est la plus belle illustration. La popularité du combo gantois monte d’ailleurs en flèche. Et pas seulement en Flandre. Lorgnant tour à tour vers le blues, le jazz ou le folk son pop/rock ne manque pas d’élégance. Et lorsqu’il interprète son tube « Envol », l’auditoire frappe la mesure des mains tout en fredonnant « Enough ». A l’issue de ce set, il en demandait et en redemandait encore…

Quinze années déjà que Dog Eat Dog ne s’était plus produit à Dour. A cette époque, l’affiche épinglait également la présence de Clawfinger et Public Enemy. Une période au cours de laquelle metal et rap faisaient bon ménage. Si le duo si caractéristique échangé entre la basse et le saxophone est toujours aussi efficace, il faut reconnaître que leur musique a quand même évoluée. Faut dire que faute de nouvel album, je craignais devoir me farcir un combo revivaliste dont l’horloge s’était arrêtée au cours des 90’s. Et puis non, leurs intros ont été revues et corrigées ; et puis, leurs références rap se sont muées en hip hop contemporain. Le public prend son pied, en particulier sur les inévitables « No front » (NDR : issu de l’album « All boro kings ») et « If these are the good times ». Un come-back réussi !

Beaucoup de monde pour applaudir Fun Lovin Criminals. La première grosse audience de la journée ! Curieux, quand on sait que le band newyorkais, responsable de 7 albums à ce jour, est en panne de créativité, depuis quelques années. En fait depuis leur premier opus, "Come find yourself", sur lesquels figuraient les hits "Scooby Snacks" et "The Fun Lovin' Criminal". Un départ en force qui s’est progressivement dégonflé. Sur les planches, les musicos dégagent un certain capital sympathie. Mais leur set ne remue guère. Il serait même plutôt statique (NDR : qui a dit amorphe ?) Le podium semble trop large pour eux. Les bouffées cuivrées de jazz sont judicieuses. Mais un sentiment d’ennui commence rapidement à nous envahir. En outre, ce vendredi soir, la Red Frequency propose une affiche bien plus alléchante…

Tout d’abord à cause de la présence de Gwar. La foule réunit cependant davantage de curieux que de métalleux. Fondée à Richmond (NDR : c’est en Virginie), il y a plus de 25 ans, la formation s’est forgée une notoriété sur les planches. D’abord à cause du look. Les membres sont vêtus de costumes kitchs dignes des films d’horreur de série B, tournés au cours des 80’s. Puis de leur show. Théâtral, il est échafaudé sur les thèmes du sexe et de la violence. Des armes et des sexes en plastique simulent des scènes de sadomasochisme, de sodomisation et de charcuterie. Le sang (factice of course !) gicle et asperge les spectateurs des premiers rangs (NDR : dont certains exhiberont encore des traces le lendemain). Quand à la musique, elle est découpée dans le hard, ma fois plutôt classique, à la croisée des chemins d’Alice Cooper et Anthrax.

Après avoir vécu cet épisode sanglant, place aux formations belges Sharko et Eté 67. Deux valeurs sûres de notre patrimoine musical, dont le show a manifestement bien évolué. Chez David Bartholomé et ses acolytes, la solution sonore oscille de l’électro basique au rock énergique. Mais se révèle surtout moins ludique. Exit les claquements de mains, les refrains repris en chœurs et le lancer des ballons… Quant à Eté 67, j’avoue n’être resté qu’un bref instant à leur spectacle ; en tout cas pas assez longtemps pour pouvoir émettre un avis éclairé.

Destination la grande scène pour le concert de The Subways. A l’instar de Fun Lovin’ Criminals, ce trio avait entamé sa carrière en mode TGV, en publiant un premier opus décoiffant. Mais la suite avait eu raison de l’enthousiasme manifesté à l’égard du combo. A cause de la confection d’un elpee insipide ; et puis d’une tournée interminable qui les avait alors vus se produire à l’affiche d’une multitude de festivals. Sans convaincre. Le band se produit ce soir à Dour, alors qu’il n’a pas commis de nouvel album. Et paradoxalement, les musiciens semblent éprouver beaucoup de plaisir sur les planches. Charlotte Cooper se démène comme une possédée sur sa basse. Et elle est très jolie. Blonde, aussi. De quoi inciter les spectateurs masculins à rester accrocher à ses cordes. Lors de l’interprétation de leur tube, « Rock’n’roll queen », Billy ponctue énergiquement toujours ses refrains d’un ‘You’re so rock’n’roll’…

Mais le meilleur reste à venir. Ou du moins le plus attendu. Flashback ! En 1999, tous les festivaliers s’étaient donné le mot pour ne pas manquer l’un des shows les plus décapants de l’édition de l’époque : Atari Teenage Riot. Malgré la chaleur étouffante, le petit chapiteau sous lequel le combo s’était produit, s’était rapidement rempli (NDR : à l’issue du set, des hôtesses avaient eu la bonne idée de vaporiser les spectateurs d’un déodorant d’une marque bien connue). Quelques années plus tard, Alec Empire était revenu flanqué d’un autre band sur la Plaine de la Machine à Feu. Et aujourd’hui, il est programmé sur la Red Frequency. Il est 23 heures. Une longue bande sonore est diffusée pour faire patienter la foule. Enfin, les trois protagonistes déboulent sur le podium. Difficile de retrouver ses repères puisque le line up a changé depuis le concert mémorable accordé en 1999. C’est même quelque peu perturbant. Autrefois, Hanin Elias et Nic Endo formaient un duo vocal féminin remarquable. Que ce soit en lead ou en backing vocals. Hanin Elias a quitté le band et formé son propre label. En 2002. Il faudra donc s’en priver. Néanmoins, il demeure Nic. D’origine japonaise, elle est aussi très jolie et n’hésite pas à faire partager sa plastique sur le devant de la scène. Décédé des suites d’une overdose, Carl Crack a également été remplacé. En 2001. Par un autre MC (NDR : Kidtronick). Cette substitution est moins problématique. Les morceaux de digital hardcore se succèdent. Tantôt parfaitement maîtrisés. Tantôt (volontairement ?) brouillons. Ou plus punk serai-je tenté d’écrire. Les textes (lorsqu’on arrive à les comprendre voire même les entendre) et les revendications entre les titres véhiculent toujours les mêmes thèmes : anarchie, antimilitarisme et antimondialisation. Lors d’une des ses interventions entre deux compos, Alec Empire nous balance ce discours : ‘Nos politiques devraient s’occuper de nous, mais au lieu de cela ils sont contrôlés par de grandes multinationales. C’est pour cela qu’Atari Teenage Riot existe’ ou quelque chose du genre. « Revolution action » et « Too dead for me » sont les morceaux qui parviennent à remuer le plus la foule. En fin de parcours, Empire, qui ne se tient plus, vient au contact du public. Et si vous n’y étiez pas, sachez qu’ils reviennent le 18 septembre au festival Ratrock. C’est gratuit et ça se passe à Harelbeke !

 

Dour festival 2010 : jeudi 15 juillet

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A l’occasion de cette 22ème édition du Dour Festival, une grosse vague de festivaliers (environ 15.000 campeurs) a déjà débarqué le mercredi soir. Des festivaliers préservés des orages, dont la violence faisait craindre le pire ; mais qui n’ont véritablement frappé qu’à une dizaine de kilomètres du site. Et pour ceux qui, comme votre serviteur, débarquent ce jeudi après-midi, la patience est de rigueur. Les contrôles opérés par la maréchaussée, les files sur la route, le temps nécessité pour retirer son bracelet ou les tickets boissons, deviennent presque un rituel. Mais l’affiche alléchante proposée ce jeudi permet de préserver bonne humeur et enthousiasme.

Débarqué sur le site vers 19 heures, je fonce vers le set de Get Well Soon. Responsable d’un chouette premier elpee, en 2008, intitulé « Rest now, Weary head ! You will get well soon », la formation allemande avait pris un gros risque, en 2010, en publiant « Vexations », un double album explorant davantage en profondeur, leur pop mélancolique (NDR : voir également les chroniques de cds consacrées au combo). La barre était donc placée très haut. Fallait maintenant que le collectif puisse la franchir sas encombre. D’ailleurs, ce soir, je rêve de retrouver toute la palette d’émotions dispensée sur leurs disques. Konstantin Gropper est un fameux personnage. Il est le leader, et rassure son auditoire par sa maîtrise. Les musicos masculins sont vêtus d’un costume noir. Un peu comme s’ils assistaient à une cérémonie funèbre. Ou peut-être dans l’esprit d’un vieux cabaret de music-hall. Une attitude qui me rappelle celle d’iLikeTrains, également présent à Dour, l’an dernier. Le climat est donc apparemment sombre. Heureusement, le tracklisting est entrecoupé de messages empreints de délicatesse. Et puis, les musiciens ont le bon goût d’esquisser quelques sourires. Verena, la violoniste, porte une robe rouge. Elle cherche le contraste. Et pas seulement à cause de la couleur, mais également de son backing vocal. Tout en douceur et en fraîcheur, prenant le contre-pied du baryton de Konstantin. Ce qui permet à la musique de ne pas sombrer dans le stéréotype revivaliste. Celui de Joy Division, pour ne rien vous cacher (NDR : il est même, avouons-le surexploité…) Malheureusement, le groupe et le public éprouvent de grosses difficultés à entrer en communion. Le band berlinois fait de son mieux, mais ne parvient pas à faire vibrer le Club circuit Marquee. Ce n’est qu’en toute fin de parcours que l’étincelle va enfin jaillir. Lors d’une apothéose explosive alimentée de guitares noisy, saturées. De quoi, enfin, remettre les pendules à l’heure. En récompensant les aficionados les plus patients. Et plus exactement ceux qui n’avaient pas déserté les lieux. Tout en préservant les grands espoirs, placés en eux (NDR : a contrario de nombreux artistes ou groupes, programmés au cours de la journée…)  

Il est déjà 20 heures. Pas trop de problèmes pour circuler sur le site, et s’approcher de la scène principale. S’y produit The Maccabees. Que l’on compare déjà à Arcade Fire. Le collectif canadien figurait à l’affiche du Rock Werchter. Normal, c’est devenu une grosse pointure. L’ensemble britannique figure à celle de Dour. C’est un groupe plein d’avenir… Leur rock déménage, mais se révèle un peu trop linéaire à mon goût. Heureusement les cuivres viennent quelque peu rompre la monotonie du set. Néanmoins, je reste dubitatif face à leur prestation, et décide d’aller voir ailleurs…

Et plus exactement le show de Wovenhand flanqué de Musizkas. Wovenhand, c’est le projet de l’ex-leader du défunt 16 Horsepower, David Eugene Edwards. Enfin, plus tout à fait une nouvelle aventure, puisqu’entamée en 2001, elle compte aujourd’hui sept album à son actif. Il a donc décidé d’inviter le collectif hongrois Musizkas, à participer à sa nouvelle tournée. Une initiative on ne peut plus épique. Le concert nous plonge d’abord au sein d’un climat très proche du dernier elpee. A l’instar de « Sinking hands » et « The Treshingfloor », titre maître du nouvel elpee. Jusqu’alors fort discrets, les vétérans Musizkas se réservent ensuite un petit interlude. Des interventions brèves qui se répètent tous les deux titres. De quoi inciter le public à remuer quelque peu. Et puis surtout de ne pas sombrer dans une forme de morosité folk gothique. Mais vu la réaction de l’audience, je me demande si elle connaissait même le patronyme de Wovenhand. N’empêche, rendons à Eugene ce qui appartient à Eugene (NDR : qui a dit César ?) : Edwards est quand même un fameux personnage. Assis sur un tabouret, coiffé d’un chapeau de cow-boy, affublé de lunettes noires, il possède un énorme charisme. Ce chanteur/compositeur américain n’a qu’un seul défaut : il prend l’Evangile pour la Bible. Ou l’inverse. A la lettre. Sans quoi il a autant de talent que Neil Young et Nick Cave. Son timbre et ses inflexions vocales sont tour à tour spectraux ou intimistes, mais toujours bouleversants. Malheureusement, le trio du Colorado et le team magyar ne parviennent pas à entrer en osmose. Eugene quitte (trop rarement) son siège pour venir se joindre à ses invités. Et on a l’impression que chaque formation préserve son jardin secret. En outre, la setlist ne recèle guère de morceaux phares, à l’instar de « Dirty blue » ou « The Speaking hands », privilégiant des compos issues du dernier opus (« Terre haute », par exemple). En fin de parcours, on aura quand même droit à une exception qui confirme la règle, « Oil of pannel », un morceau très riche, au cours duquel les Muziskas vont véritablement se libérer. Et paradoxalement, célébrer un des grands moments de la journée...

La grande foule commence à s’agglutiner devant la Last Arena. On y croise de nombreux fans de Faith No More, vêtus du t-shirt de leurs idoles. Certains sont même venus d’Australie pour acclamer le combo-culte, une des têtes d’affiche du festival. Lors de leur set accordé au Pukkelpop, l’an dernier, la setlist ressemblait à une sorte de best of. Ce ne sera plus le cas ce soir. En intro, « Midnight cowboy » brouille déjà un peu les pistes. « Out of nowhere » et « Land of sunshine » s’enchaînent. Mais le son hésite entre puissance et cacophonie. Il faut attendre le cinquième titre, « Evidence », pour enfin entendre correctement la voix de Mike Patton. « Ashes to ashes » et « Midlife crisis » semblent avoir trouvé la bonne carburation ; mais progressivement, les impros et expérimentations se multiplient. Comme chez Fantômas. « Epic » permet à la foule de retrouver ses esprits. Elle scande en chœur : « What’s it? It’s it ». Et en rappel, « Digging » et « Be aggressive » clôturent une prestation un peu trop brouillonne à mon goût et surtout sans grande étincelle. Certes Mike Patton vaut à lui seul le déplacement. Ses variations de timbre et d’inflexions sont impressionnantes. Et puis, il n’hésite pas à provoquer. Comme lorsqu’il démonte le câble de spot, pour le jeter dans le public. En compagnie de Fantômas, il était parvenu à mettre le feu à Dour. Mais au sein de Faith No More, il n’est plus en terrain conquis. A l’image de cet enfant qui hésite à accepter son invitation à monter sur scène. Et lorsque, le bambin (et in extenso ses parents) finissent par accepter, vu l’insistance du chanteur caractériel, il se débat et demande à retrouver son papa. Ce qui pousse Patton à une gueulante dont lui seul est capable : « Kids don’t like me ». Pas de nouveau titre, un timing plutôt minuté et un son plutôt pourri, surtout pour les spectateurs qui n’avaient pas le nez sur le podium. Pourtant, les inconditionnels risquent de déclarer avoir assisté à un show parfait. Désolé, mais faire preuve d’un tel aveuglement est un peu trop facile. Lorsqu’un artiste perçoit ce qui doit constituer le plus gros cachet pour Dour, il doit le mériter. Et surtout d’être à la hauteur. C’était loin d’être le cas. L’éclectisme de la programmation en est peut-être l’explication. Mais surtout l’engagement de grosses pointures, destinées à limiter les risques. Un coup d’œil aux têtes d’affiche du Pukkelpop de 2009 et 2010 corrobore ce point de vue…

Enfin, l’heure n’est pas aux grands débats, mais plutôt aux ébats. Et dans cette optique, Le Bal des Enragés va enflammer La Petite Maison dans la prairie. Pas de trentenaires nostalgiques du grunge face au podium, mais des punks, plutôt discrets jusque là. ‘Punk’s not Dead’ ? On pouvait en douter jusque là vu l’ambiance plutôt bobo-plage du festival et l’absence d’Iroquois jusque cette heure. Mais les membres de Lofofora, Parabellum, Punish Yourself et Tagada Jones vont remettre ces pendules à l’heure. Une sorte de bal populaire géant, où la musette est remplacée par des classiques du punk, rock ou métal des 70’s à nos jours. Un peu comme si Charlie Oleg, Gilbert Montagné ou Adamo laissaient leur place à Iggy Pop, Exploited ou Rage Against the Machine. Et pour être exhaustif, j’ajouterai aussi Les Wampas, les Sheriffs, Parabellum (« Cayenne » et leur refrain ‘mort aux vaches’, repris par eux-mêmes), Métal Urbain, Nirvana, Sick of it all, Dead Kennedys ou encore AC/DC. Bref, un joyeux bordel comme les Béruriers Noirs avaient pu le foutre quelques années plus tôt. Du coup la transition vers les DJ set et les clubbers jusque 5 heures du mat’, c’est un peu too much. Aussi  je préfère laisser la place et l’analyse aux accros des dance-floors...

 

Deadend In Venice

Batavian Sundown (Demo)

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Contrairement à ce que son patronyme semble indiquer, Deadend In Venice ne vient pas d’Italie mais bien d’Allemagne et plus précisément de la ville de Meerane, dans la Saxe. En attendant la sortie de son premier album, actuellement en cours de pré-production (NDR : il devrait paraître courant 2010), le sextet germanique à eu la gentillesse de nous faire parvenir sa première démo enregistrée entre 2008 et 2009.

Très influencé par la musique d’In Flames, de Children Of Bodom et de Soilwork, Deadend In Venice n’est cependant pas une copie conforme insipide de ces formations scandinaves. Afin de se démarquer des nombreuses formations mélodeath existantes, les Allemands combinent la douceur d’une jolie voix féminine aux grognements masculins agressifs inhérents au death métal mélodique. Cette dualité vocale leur permet de bâtir une rencontre musicale plutôt pittoresque entre métal gothique ambiancé et le mélodeath furieux.

Allant de pair avec les riffs rapides et précis du death mélodique, on retrouve aussi, sur « Batavian Sundown », quelques mélodies issues du  répertoire heavy métal classique et notamment quelques riffs qui n’auraient pas terni l’œuvre d’Iron Maiden. 

S’il n’est pas vraiment aisé de juger de la qualité d’un groupe sur base d’un tout petit quart d’heure de musique, les quatre titres proposés sur « Batavian Sundown » ont en tout cas le mérite de nous avoir fait saliver et surtout de nous donner très envie d’en entendre plus.

Un groupe à suivre de près.