L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Les métadonnées de Woolvs…

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Jeune groupe bruxellois, Woolvs est responsable de chansons nerveuses et décalées susceptibles de réchauffer le cœur, chatouiller l'esprit et - de temps en temps - exploser dans un nuage de bruit.

Les cinq musicos se servent de leur expérience dans le jazz et la musique improvisée pour concocter des chansons dont les lyrics sont écrits par Willem Malfliet, chanteur/guitariste/pianiste du band, mais également producteur.  

Dans l’univers du jazz et au-delà, les membres de la formation, participent à différents projets alternatifs tels que Bombataz, SCHNTZL ou An Pierlé Quartet.

La plupart des chansons sont enregistrées par l'ensemble du groupe en une seule prise, avec peu ou pas d'overdubs.

Le clip est à découvrir ici 

Bérode, chemin de traverse pour Quentin Maquet…

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Bérode, c’est le projet de Quentin Maquet, la tête-pensante de Dalton Telegramme. Agé de 35 ans, ce multi-instrumentiste liégeois de 35 ans n’a nullement l’intention d’abandonner ses troupes ni de clôturer cette aventure, mais de s’évader en solitaire à travers une perception plus personnelle, souple et organique de la musique.

Bérode qui traîne dans sa tête depuis des mois est né comme il a été imaginé. En toute quiétude, toute simplicité et à la maison, dans un petit studio de campagne où on entendrait presque le frigo se refermer, les enfants jouer dans le jardin, le vent s'engouffrer dans les embrasures.

Le premier ambassadeur se nomme "Lâcher l'échelle", parfaite illustration de cette chanson-folk chaleureuse et incarnée. Comme une envie de balade en forêt profonde et d'arrêt au bord du lac pour faire le point.

Interprétée dans la langue de Molière, cette chanson a été composée et arrangée au moment de la disparition d'Ennio Morricone.

Trompettiste aperçu auprès de Balimurphy, Orfeo et Dan San, Quentin recrée d'abord en solitaire puis avec l'aide en live de Remi Rotsaert, autre multi-instrumentiste touche-à-tout et vieux compagnon de route de Dalton Telegramme et Balimurphy, cet univers americana qui le touche tant.

Autre exemple de ce répertoire intimiste, la cover de Dominique A "Au Revoir mon amour" qu'il fusionne avec un air issu de la B.O. signée Mark Orton qui figure dans le film "Nebraska" d’Alexander Payne. D'autres grandes plaines sauvages, mais le même amour pour l'abandon et pour les petites histoires personnelles qui finissent par être universelles.

L’album est prévu pour cet automne et Quentin compte en livrer les secrets au fur et à mesure de l'année.

Le clip de « Lâcher l’échelle » est disponible ici 

Great Men With No Fear vs Frédéric Laval

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Derrière ce nom de projet au pluriel, on retrouve l’auteur-compositeur Frédéric Laval, un Bordelais de 28 ans exilé à Bruxelles. La capitale européenne est pour lui le terreau parfait d’une introspection, d’une prise de distance nécessaire et salutaire par rapport à son quotidien chahuté et à une société qui sans cesse s’affole. De loin, il observe cette situation et traduit ses émotions en sons, en métaphores, en petites histoires teintées de mélodies folk forcément un peu mélancoliques.  

De la pudeur dans la voix, de la sensibilité dans l’écriture et derrière une guitare brute, principalement acoustique, des couches d’arrangements électronica saupoudrées par-dessus tout, depuis son home studio à Bruxelles. 

Il a réuni ses compositions dans un album intitulé « Old Loved Ones » sorti en 2020, petite collection de neuf titres aussi désarmants de beauté que lumineux d’espoir, à l’image des 2 premier singles « Poems from Beirut » et « Gave More », caresses auditives accompagnées d'une vidéo comme l'est aujourd'hui le troisième single « Between The Relief and the Pain », pour lequel il a pris en featuring la chanteuse américaine à la voix d'or Heather Hammers !

Réalisé par Julie Marcet et Marine Pinard, le clip de « Between the relief and the pain” est à découvrir ici

BVRT, entre London Grammar et Massive Attack

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De retour après avoir gravé un premier single intitulé « Time is Up », en featuring avec Mustii, le trio belgo-britannique BRVT commence 2021 sur les chapeaux de roue en proposant son nouveau single, mais sans invité, baptisé « CO2 ».

Magnétique voire hypnotique, le morceau aborde les thèmes de la dépendance et de la solitude. En ces temps si incertains, quand les effets psychologiques de la pandémie sur le monde entier sont encore incommensurables, « CO2 » évoque les sentiments de déconnexion et de désillusion partagés par le monde entier.

Dès la première ligne, ‘Basically, I’ve forgotten how to heal, how to touch’ (Trad : ‘Fondamentalement, j’ai oublié comment guérir, comment toucher’), la chanteuse Arianna D’Amato nous livre son témoignage magnifiquement honnête et sans aucune restriction.

Soutenue par ses rythmes trip hop palpitants et synthétiseurs analogues, cette chanson est chargée de feeling. Pour les fans de London Grammar et Massive Attack, « CO2 » est un nouveau morceau unique de par son esthétique sonore et son lyrisme.

Le clip animé de « CO2 » est à découvrir ici

Gari Grèu, un artiste militant

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Contre quoi lutte l’artiste ? Tartare et Gari célèbrent l’artiste, sa quête d’horizon et d’amour.

Oui l’artiste, ce fada, ivre d’idéal qui se bat pour un peu de beauté.

S’il n’est pas à l’affiche les passants auront au mieux de la pitié… mais lui lutte, contre le deuil des idées, contre le verbe enchaîné.

Il est vivant. En ces temps si perturbés, où les artistes ne peuvent s’exprimer que par écrans interposés, où les salles restent portes closes, où la culture est officiellement proclamée NON ESSENTIELLE, résistons !

On se retrouve dans les onze chansons comme on se retrouverait au ‘comptoir de Noailles’, dans une ville-monde, orientale et provençale.

Un disque de petits pas, de tango dansé sur la pointe des pieds, de valse tournée avec le cœur qui s’emballe, de cordes de guitare grattées, pincées, piquées, glissées.

Le clip de « Lutte d’artiste » est disponible ici

Jérôme Pinel s’envoie en l’air…

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Jérôme Pinel s'était illustré dès 2019 en gagnant la coupe du monde de poésie slam.

Son univers singulier, sa créativité et ses origines (NDR : il est issu du Tarn) ont permis à tous les voyants de passer au vert avant d'arriver à ce clip.

La chanson s’intitule "Les avions". Elle a été arrangée par Daran et la vidéo plane par ici

 

Du sel de mer pour The Amber Day…

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The Amber Day publiera un Ep 5 titres au mois de mai prochain. En attendant, il a décidé de sortir un nouveau clip intitulé "Salt and the Sea", une compo qui devrait figurer sur ce disque. Il s’agit, en outre, d’une cover de The Lumineers.

Et la vidéo est disponible ici

 

Antoine Pierre

Le jazz est une musique de partage… il est donc difficile de la faire vivre à travers des écrans…

Antoine Pierre est un batteur de jazz exceptionnel. Il ne fait qu'un avec son instrument. Pour son dernier projet solo, VAAGUE, il a décidé de mettre l’accent sur un drumming varié et coloré. En outre, il n’est pas rétif à l'expérimentation. Ainsi, ce virtuose a recours aux effets électroniques spéciaux pour transformer un concert en set dansant. Et le chant constitue une valeur ajoutée. Ce qui confère à VAGUEE un concept unique en son genre. L'artiste est un touche-à-tout, comme il l'a déjà prouvé au sein de son autre projet, Antoine Pierre URBEX. De bonnes raisons pour lui poser quelques questions sur son passé, son présent et ses ambitions futures...

Antoine, tu es entré dans le monde de la musique très jeune. Comment tout a commencé, et pourquoi avoir choisi la batterie ?

Mon père est musicien de jazz et ma mère grande mélomane. On écoutait toujours du jazz à la maison : Keith Jarrett, Pat Metheny, Jan Garbarek, … J’étais fan d’une VHS de Pat Metheny avec Paul Wertico. Je jouais ce que j’entendais sur des tonneaux de ‘Dixan’ ! Puis j’ai assisté à un concert de Pat Metheny, en 2002. Cependant, lorsqu’il a débuté, quelle a été ma déception de ne pas voir Paul Wertico derrière ses fûts. Mais dès que le batteur a commencé à jouer j’ai été littéralement soufflé. C’était Antonio Sanchez. Ce qui explique pourquoi, j’ai ensuite absolument voulu jouer de la batterie.

Quelle importance la musique a-t-elle eue au cours de ton enfance ? Penses-tu qu’avoir des parents musiciens ou qui aiment, tout au moins, la musique, constitue un tremplin pour embrasser une carrière de musicien ?

Ça dépend ! Dans mon cas, cette filiation a été bénéfique car il y avait la place et le temps pour écouter et faire de la musique. Mes parents m’ont fait confiance et ont accepté que je fasse ce choix dans la vie. Mais si je prends l’exemple de Jean-Paul Estiévenart, qui est un musicien incroyablement talentueux et cultivé, il est né au sein d’un milieu où la musique n’était pas très présente, hormis à travers les fanfares et les harmonies de village. Tout le monde peut faire de la musique, et à n’importe quel âge…

Quels sont les drummers qui t’ont le plus influencés, à ce jour ?

Au départ, j’étais un grand fan d’Antonio Sanchez et de Stéphane Galland. Adolescent, j’écoutais énormément Aka Moon et Pat Metheny. Puis j’ai découvert Jack Dejohnnette, Tony Williams, Elvin Jones et Roy Haynes… Il y en a tellement ! Et les influences changent en fonction des époques… Pour l’instant, je suis surtout intéressé par Louis Hays, Art Blakey et Marcus Gilmore.

Rencontrer Philip Catherine a été une étape importante dans ton parcours. Par quel hasard, cette rencontre a pu se produire ?

On s’est rencontré lors de deux jams sessions qui se sont déroulées à deux semaines d’intervalle. Une à Liège et l’autre à Dinant. On a interprété quelques morceaux ensemble pendant la seconde et puis on a participé à un premier concert de Greg Houben, au Jacques Pelzer Club de Liège. C’était vraiment génial ! Je n’étais âgé que de 18 ans et j’avais l’impression de connaître super bien sa musique. Faut dire que mon père est guitariste et bien évidemment, j’ai écouté les disques de Philip, chez moi, dès ma plus tendre enfance… Le lendemain de ce concert, j’ai reçu un e-mail me proposant de le rejoindre au sein de son trio. Le reste s’est vite enchaîné. On a accordé des tas de concerts et j’ai beaucoup appris de son expérience ainsi que de sa conception de la musique. La meilleure école !

Je suppose que tu as quand même vécu des hauts et des bas, dans ta carrière…

Le vrai topper jusqu’à ce jour, je le dois à ma carte blanche dans le cadre du Brussels Jazz Festival, en 2020, à Flagey, où j’ai aligné 3 concerts. Un quartet avec Joshua Redman, Eric Legnini et Or Bareket ; mon groupe Urbex dans une formation spéciale pour l’enregistrement de notre disque « Suspended », en hommage à la musique de Bitches Brew ; et une session de batterie improvisée, sous la forme d’un trio, en compagnie de Mark Schilders et Lander Gyselinck… Le plus difficile c’est cette époque que nous sommes occupés de vivre, une période au cours de laquelle la culture est en switch off. On dispose bien de quelques opportunités grâce au streaming, mais cette alternative ne remplace pas le lien réel qui s’établit entre le public et l’artiste. Le jazz est une musique de partage ; il est donc difficile de la faire vivre à travers des écrans…

Ta contribution au groupe Taxiwars t’a-t-elle permis de t’ouvrir à d’autres horizons ?

Effectivement. C’était une belle expérience de jouer dans des salles et festivals plus ‘rock’. Et elle le reste. J’ai découvert un public qui réagit à d’autres perspectives de la musique, comme l’énergie et la ‘vibe’. Ce qui m’a permis de découvrir une autre partie de moi-même, et appris à explorer d’autres zones de la musique.

L’Antoine Pierre Urbex a réservé au Bijloke de Gand, un concert au cours duquel les frontières de l'improvisation ont été abolies. Une révélation ! Comment la coordination entre les différents musicos s'est-elle mise en place ?

Urbex existe depuis 6 ans déjà et au fil du temps et des concerts on a dû remplacer des musiciens. Dans ce contexte, j’avais eu envie d’inviter tout ce beau monde afin de réaliser un live en stéréo, en dédoublant le claviériste et le guitariste, par exemple… Naturellement, au fur et à mesure, on s’est forgé une manière d’improviser différente de celle du jazz traditionnel. Tout le monde a la liberté de s’exprimer et d’échanger avec un ou plusieurs autres musiciens. Le but est de créer des flux de sons et d’en changer les formes…

Malheureusement, pour l’instant, je n’ai pu assister à l’une ou l’autre de vos prestations qu’en streaming. Que ressens-tu quand tu joues devant une salle vide ?

Au début, c’était vraiment très étrange. Pas d’applaudissements, bien évidemment, mais surtout, pas de ‘vibe’ à partager avec le public. Souvent, un concert commence sous une certaine configuration, puis nous entraîne au sein d’un climat inconnu en fonction de l’intervention du public ou de son implication.

Que penses-tu du streaming, en général, en espérant qu’il ne devienne pas la nouvelle norme ?

Au début, se produire devant des caméras constituait un vrai challenge. Aujourd’hui, on commence à s’habituer à la situation et c’est ce qui me fait peur. Je ne veux pas qu’elle devienne la nouvelle norme. La musique, ce n’est pas ça ! Certes, cette alternative a permis aux musiciens et au public de rester en contact et c’est important. Mais maintenant, je crois qu’il est nécessaire de passer à autre chose. Raison pour laquelle j’ai décidé de ne plus me produire en streaming.

La deuxième fois que j’ai pu te voir en concert, c’était dans le cadre du festival de jazz à Louvain. J’avais écrit alors à ce sujet : ‘D'un côté, c'est un virtuose de la batterie, mais les effets électroniques spéciaux rendent le set dansant. Et le chant constitue une valeur ajoutée. Ce qui confère à VAGUEE un concept unique en son genre’. Ton avis sur la question ? Comment l’idée d’un tel projet est née dans ton esprit ?

Il y a déjà quelques années que je souhaitais réaliser un set en solo. Mais je ne voulais pas qu’il soit limité à de la batterie et des loops. Alors, suite à des recherches, j’ai découvert cette technologie américaine baptisée ‘Sensory Percussion’ qui permet d’assigner des samples à différents endroits du kit de batterie. J’ai donc créé de la musique en me servant de cette technologie pour improviser. Ce qui permet de changer les formes si j’en ai envie ou de me laisser surprendre par le programme. Alors, la musique a adopté un profil plus dansant, car je suis convaincu qu’on en a tous besoin.  

Comptes-tu concrétiser ces projets lors de sessions d’enregistrement ? En as-tu d’autres ?

Un disque est en cours de réalisation. Il devrait paraître l’an prochain ! Un autre également pour Next.Ape, un groupe expérimental davantage trip hop. On a tout enregistré et on va s’attaquer à la post prod !

Quels sont tes projets et tes ambitions à court et à moyen terme ? Et caresses-tu un objectif ultime dans ta carrière ?

J’ai encore plein de projets et de désirs à réaliser ! Que ce soit dans la pratique de mon instrument ou en matière de composition… Je voudrais rencontrer à nouveau du monde et dans le futur, créer de nouvelles collaborations…

Merci pour cet agréable entretien, en espérant te rencontrer bientôt, en chair et en os…

InHuman

Si l’intensité permet aux émotions de s’exprimer, alors je pense que nous avons atteint notre objectif…

Après avoir pris soin, au cours des dernières années, de faire évoluer sa musique, son style et ses performances, Anwynn a décidé de changer de patronyme afin de devenir un groupe percutant, sombre et ambitieux. Et il a choisi celui de InHuman. En gravant des titres comme "Keratin", "Shrine" ou encore une version symphonique du "Now I Lay Thee Down" de Machine Head, une nouvelle orientation semblait aussi naturelle qu'inévitable. Eponyme, le premier elpee s’attaque à de nouveaux thèmes lyriques et embrasse une dimension orchestrale, tout en s’ancrant plus profondément dans le death metal. En revenir aux airs folkloriques antérieurs n’était plus tellement opportun. Inspiré par la condition humaine, depuis ses moments de splendeur absolue aux regrets les plus profonds, cet elpee constitue un nouveau départ et augure d’un un avenir passionnant…

Le long playing a été enregistré et mixé au Nomad Studio par Julien Huyssens et les voix au Vamacara Studio, en France. Lors de sessions, le band a également reçu le concours du Chœur de l'Université de Gand. Enfin, les orchestrations ont été réalisées par Eerik Maurage. C’est Astrid, la claviériste, qui a accepté de répondre aux questions de Musiczine…

Tant chez Anwynn qu’InHuman tu as marqué et marques encore, de ton empreinte, la musique de ces formations. Mais quelles sont tes sources d’inspiration majeures ?

C'est partiellement exact. Mais pour ce nouvel album, l’influence des autres membres du groupe a également été très importante. Mes sources d’inspiration sont multiples. Et puis j’écoute aussi bien des bands de métal progressif, comme Devin Townsend, que hard tel que Machine Head qui est l'un de mes groupes préférés. Mais j’aime également la pop comme celle de Beyoncé. La plupart des autres musiciens apprécient le métal symphonique mais dans des styles très différents. Eerik, qui s’est chargé de nos orchestrations, est plutôt influencé par Dimmu Borgir, mais perso, je préfère SepticFlesh…

Votre musique est sombre, à la limite macabre. Vous vous y complaisez ?

Tu penses que notre musique est sombre ? (rires) Si tu penses à la partie la plus émotionnelle de l'obscurité, j’admets. Mais elle peut se révéler joyeuse et inciter les gens à danser, à s’amuser et à faire bien d'autres choses. Elle libère énormément d’énergie et lors de nos concerts, de nombreux spectateurs sautent et chantent les refrains. Tout dépend de l'humeur du jour… ou de la personne. 

En fait, c’est surtout l’intensité sombre de votre musique que j'aime… Et puis, on se sent à l’aise au sein du côté obscur de la musique.

Oui, mais on peut la percevoir de différentes manières. Si l’intensité permet aux émotions de s’exprimer, alors je pense que nous avons atteint notre objectif… Je partage ton impression (rires). Elle est pertinente…  

InHuman, c’est quand même un peu une réincarnation d’Anwynn ?

Anwynn a entamé son aventure, il y a pas mal de temps. En 2010, on a vécu de nombreux changements de line up. Par conséquent, notre musique s’est également transformée. L’arrivée de nouveaux membres a inévitablement entraîné de nouvelles influences, et plus nécessairement issues du folk. Entre-temps, j'ai eu l'impression de vivre une époque complètement différente, et je suis aussi devenu une personne totalement différente. Donc ce concept 'InHuman' est fondamentalement distinct et prend une direction complètement différente de celle d'Anwynn. Les influences symphoniques y sont davantage marquées. Au fil du temps, je me suis rendu compte que non seulement nous avions changé de style, mais qu'il était également temps de changer de nom. C'est donc devenu un nouveau projet, avec un nouveau nom et un nouveau line up.

Mais pourquoi Inhuman ? Y a-t-il une vision derrière ce choix ? Et que reste-t-il des références folk ?

Nous nous sommes éloignés du folk metal et des paroles celtiques. Et même si on en retrouve parmi nos nombreuses influences, ce n'est plus du tout sous cet angle que nous allons aborder notre musique, maintenant. Nous étions libres de faire ce que nous voulions de la musique et des paroles. En fait, c'est plutôt psychologique et émotionnel. C'est donc une métaphore de l'évolution que nous vivons. Le tout a commencé sur ce que c'est d'être humain, et ce que c'est d'aimer l'humain. Et c'est précisément ce que nous voulions tous dire dans "InHuman" ; il dit ce qu'il veut dire…

Quelles sont les réactions, en général, face à ce changement de direction ?

Nous n'avons pu nous produire que trois fois sous le nouveau nom. C'était très amusant et les réactions étaient plutôt bonnes. Malgré la transformation, les fans étaient toujours aussi enthousiastes, à cause de la bonne dynamique et puis grâce à Kelly Thaans qui a pris le relais au chant aux côtés d'Eline.

Comme tu bosses dans la sphère de la psychiatrie, tu dois certainement être confrontée au comportement des gens ? Cette situation constitue-t-elle une source d’inspiration pour la composition, les textes et a-t-elle influé sur le patronyme de la formation ? Es-tu également inspirée par le cours de la vie quotidienne ?  

Oui, sans aucun doute. Tout en pensant à la santé de mes patients, je me soucie de ce qu'ils ressentent. Et c'est, en grande partie, ce qu’on retrouve dans les paroles et la musique.

Qu’est-ce que vous attendez du nouvel elpee ? Quels sont vos projets et vos ambitions à court et à moyen terme ? Et caressez-vous un objectif ultime pour le groupe ?

Vu la crise que nous traversons, il est difficile de répondre à cette question. Parce que pour l’instant, on ne sait pas de quoi demain sera fait. J'essaie de ne pas y penser. Pour ne pas me projeter dans le futur. Des dates de concerts sont prévues en mai, j’espère simplement qu’on pourra nous y produire. En live ou en streaming ? Personne ne le sait. Donc, pas la peine de faire des projets, vu la période que nous vivons… Nous en avons certainement, mais je ne sais pas comment nous allons pouvoir les réaliser. Nous voulons cependant continuer à faire de la musique… Et en matière d’objectif, il se résume à un processus évolutif sans fin. Si vous en avez atteint un premier, vous voulez en atteindre un autre. Et ainsi de suite. L’ambition, c’est de poursuivre dans cette voie et de persévérer dans ce processus.

Alors, où te vois-tu (et vois-tu le groupe) dans 10 ans ?

Personnellement, je me vois dans un tas de genres musicaux différents, dans des styles différents. Métal ou pas métal. Pour InHuman, j'espère que nous pourrons toujours faire de la musique avec le groupe, et enregistrer de la musique. Et, comme je l'ai dit, que le processus dans lequel nous sommes engagés continue. Dans le style au sein duquel nous travaillons maintenant.

Malheureusement, je crains que vous ne puissiez jouer devant du public. Sauf en streaming, concerts auxquels j’assiste pour l’instant, parce qu’il n’y a pas d’autre alternative. Vous y êtes-vous préparés ? Que pensez-vous de ce concept ? Ce n’est pas la même chose, mais bon, il faudra peut-être y consentir…

Comme tu le dis, ce n'est pas du tout la même chose. Notre musique est très cinématographique et vous ne pouvez la ressentir que lorsqu’on la joue sur scène face à la foule. Pas devant un écran ou autre système similaire. Bien sûr, il faudra bien s’en contenter, s’il n’y a pas d’autre solution, mais nous préférons nous produire devant des spectateurs en chair et en os… Maintenant, oui je le reconnais, c’est le seul moyen de mettre le groupe en vitrine…

Les conséquences de la pandémie que nous éprouvons encore exercent un impact énorme sur la population. Comment as-tu traversé cette période comme musicien (et être humain) ?

Certaines répercussions sont positives, d’autre négatives. J'ai dû m’accorder une pause au sein du groupe, mais cette interruption m’a permis de prendre le temps de me remettre à jouer du piano. Ce qui est finalement bénéfique, car je ne pouvais plus y consacrer beaucoup de temps auparavant…

Et cette époque que nous traversons vous a-t-elle inspirée pour composer les morceaux de votre nouvel LP ?

Non, parce que tout était déjà enregistré et mixé avant le lockdown…

Penses-tu que la musique et la culture (mais aussi d'autres secteurs touchés comme l'horeca) vont survivre à cette crise ?

C'est une question difficile. Je pense qu'elle va se réinventer. Dans le bon ou le mauvais sens, je ne sais pas. Mais elles se régénéreront tôt ou tard, car l’histoire est faite de changements. La musique elle-même doit se réinventer de toute façon, comme elle l'a toujours fait. Peut-être que cette crise pourrait permettre à l’industrie musicale de se remettre en question et de repartir sur de nouvelles bases. Qui sait ? Est-ce un bien ou un mal ? Je n’en sais rien ! La suite sera aussi peut-être moins favorable qu'avant. Mais je pense que nous survivrons à cette crise, simplement parce que, dans le passé, la musique est toujours parvenue à surmonter les épreuves…

Si vous vous produisez dans le cadre d’un streaming, faites-moi signe et je rédigerai un compte-rendu à ce sujet. En espérant qu’on puisse vous applaudir bientôt sur les planches. Même dans un environnement corona proof.

Boogie Beasts en showcase ce 25 mars 2021, à partir de 20 heures…

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Ce jeudi, Boogie Beasts se produira en showcase sur Classic 21 lors d’un showcase proposé dès 20h en direct. Boogie Beasts réunit deux Flamands et deux Wallons et pratique un Delta blues bien électrique.

Imaginez les Black Keys lors d’une jam avec John Lee Hooker dans les petites heures du matin à une soirée illégale, Morphine s’autorisant un trip psychédélique avec Little Walter, ou encore RL Burnside accompagné par les jeunes Rolling Stones dans l’arrière salle d’un juke joint du Mississippi.

Le quatuor vient de sortir un single. Baptisé « Bring it on » (en clip ici) il préfigure un nouvel album, prévu pour cet été. Ce sera le troisième.

Pour le showcase, rendez-vous

 

« Déjà vu », l’album culte de Crosby, Stills, Nash & Young, en édition deluxe !

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Pour célébrer le cinquantième anniversaire de la sortie de « Déjà Vu », une version deluxe sera commercialisée ce 14 mai 2021.

Cet opus est considéré comme un des plus célèbres de l'histoire du rock. Il recèle des compos incontournables comme « Carry On », « Teach Your Children » ou encore « Woodstock ». La version deluxe proposera une collection de 4 cds et un LP.

Sur la nouvelle édition anniversaire, les 10 chansons originales de l'album ont été complétées par 38 autres chansons qui consistent en démos, outtakes et prises alternatives, dont la plupart n'ont jamais été publiées auparavant. "Know You Got To Run" est l'une de ces chansons et aussi la première chanson que le groupe a enregistrée lors de sa première session de studio dans une maison que Stills louait à Peter Tork.

Issu de ce recueil, « Birds » est en écoute ici

L'édition anniversaire est accompagnée d'un livre de photos à couverture rigide rédigé par l'écrivain et cinéaste Cameron Crowe. Ses notes de l'époque donnent un aperçu du processus de création de l'album à travers des anecdotes sur Crosby, Stills, Nash et Young.

Le monde se souvient de The Go ! Team, maintenant…

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“Get the sequences part one”, le nouvel elpee de The Go! Team paraîtra ce 2 juillet 2021. En attendant, il a publié une vidéo de son nouveau single “World Remember Me Now”. Cette compo parle de se sentir oublié dans le monde moderne à travers la description de la journée dans la vie d'une femme dans une grande ville… ‘J'ai toujours été intéressé par la routine quotidienne des gens’ déclare Ian Parton, le compositeur. Le clip est disponible

 

Top Left Club en deuil…

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Top Left Club est un quatuor issu de Brighton constitué de la moitié des membres de Skinny Milk. A l’instar de Lumer, il est également signé chez Beast Records. Il publiera son premier elpee ce 14 mai 2021. Rapides et accrocheuses, les compos de Top Left Club libèrent une énergie punk pure et dure. Le titre de cet opus ? « Shoulders at 90 ». En attendant, « RIP », titre qui figurera sur cet LP est en écoute ici

 

Pink Room, roi de la prostitution…

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« Putain royale », c’est le titre du deuxième opus de Pink Room, un groupe gantois réunissant Bart Cocquyt (basse et voix), Jelle Lefebvre (batterie) et Glenn Janssens (guitare). Lors des sessions, le trio a reçu le concours de plusieurs invités, dont Cis Deman (Stake), Lee Swinnen (Double Veterans) et Tijl Van De Casteele (Whorses). Les morceaux de l’opus sont courts, sales, nerveux et même furieux. Pensez à Mclusky voire à Black Flag. 

Deux titres ont déjà fait l’objet d’une vidéo, « Losing » (ici) et « Hail satan », .

De quoi vous faire une petite idée de la musique de ce groupe qu’on pourrait qualifier de noisy/punk.

Un label de qualité pour Watchoutforthegiants…

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Une année après avoir gravé un premier Ep judicieusement intitulé "Extended Play", Watchoutforthegiants sortira son second en 2021.

Décrite comme de la pop torturée, nerveuse et arty, la musique de ce band issu de Nivelles aurait pu naître d’une rencontre improbable entre Midlake et Wire.

‘Complexité dans les chansons et équilibre agréable entre angularité et mélodie’ - Humo.

‘Un art rock bourdonnant et un jeu intelligent avec les synthés’ - De Morgen

Baptisé « Quality content », ce deuxième Ep est annoncé davantage pop et ludique. Produit par Michiel De Maeseneer (Mauro Pawlowski, Nordmann, Sylvie Kreusch, Balthazar, Warhaus...) "Head full of Lies" en a été extrait pour être traduit en clip. Et il est disponible

 

CARM

37d03d

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CARM, c’est le projet de CJ Camerieri. Trompettiste et corniste, il est surtout connu pour son rôle de musicien de studio. Il a ainsi et notamment participé aux sessions d’enregistrement d’albums de Paul Simon, Bon Iver et Sufjan Stevens. Et dans le même esprit, il a également cofondé YMusic, un ensemble de musique de chambre qui a déjà décroché quelques prix. A force de collaborations, il s’est forgé un fameux cercle d’amis. Dont certains sont venus l’épauler pour concocter ce « 37d03d ». Et tout d’abord Sufjan Stevens sur « Song of trouble » une plage d’entrée qui donne le ton à cet elpee : il sera généreusement cuivré ! Que ce soit à travers, les orchestrations ou les interventions de Camerieri à la trompette ou au cor d’harmonie. Mais également et circonstanciellement, le concours d’un tromboniste, d’un saxophoniste, d’un second trompettiste et autres préposés aux instruments à vent, 

Justin Vernon (Bon Iver) contribue à deux pistes. Il se charge des synthés tout au long de « Slantwise », un titre qui vire parfois au free jazz. Puis se réserve le micro sur le gracieux « Land », une compo au sein de laquelle on ressent bien le lyrisme emblématique de Vernon.

Georgia Hubley et Ira Kaplan (Yo la Tengo) murmurent tout au long de l’atmosphérique et cotonneux « Already gone ».

Mouse on Mars est préposé aux beats sur l’expérimental « Scarcely out », une plage issue d’un crossover étrange entre acid house, garage UK, breakbeats instrumentaux, free jazz et bruitages de jeux vidéo. Shara Nova (My Brightest Diamond), pose une voix de plus en plus échantillonnée au fil de « Tapp », un morceau truffé de bruitages et de pulsations.

Le producteur et Dj techno Dustin Zahn sculpte « Nowhere » dans la techno minimale, une piste qui s’ouvre à une bande sonore de western spaghetti, mais s’autorise, une nouvelle fois, une envolée dans le free jazz.

Bref, une œuvre originale au cours de laquelle ce sont les cuivres et non les voix qui mènent la barque…

Lambchop

Trip

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On ne présente plus Lambchop, une formation réunissant des vétérans, dont le chanteur et leader, Kurt Wagner, possède une voix si particulière…

Depuis Nashville, elle publie, avec une régularité de métronome, des albums de country alternative délicieusement teintés de soul. « Trip » nous invite à voyager à travers quelques-unes de ses influences via 6 reprises bien senties. Depuis Wilco (les 13 minutes de « Reservations »), à Stevie Wonder (« Golden Lady ») en passant par les Supremes (« Love is Here and Now You’re Gone ») et même Yo La Tengo (l’inédit « Weather Blues »). Ce mélange des genres colle parfaitement à ce grand écart quasi-permanent cher à Lambchop accompli entre la soul ancestrale et l’indie americana contemporaine. Un bien beau « Trip » dont les morceaux sont totalement transformés par le son si particulier du groupe texan...

Sneaks

Happy Birthday

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Eva Moolchan, aka-Sneaks, assène, depuis sa base arrière de Washington DC, ses uppercuts, à la fois dans l’esprit hip-hop et post-punk. Un mix très ‘DYI’ pas vraiment usuel sur l’honorable maison Merge, malgré la prédisposition du label pour le post-punk. Le ton est résolument engagé et féministe, mais vu la place plus conséquente prise par la house et le hip hop, le résultat s’avère plus facile d’accès qu’auparavant. En à peine moins de 30 minutes, « Happy Birthday » s’érige en incarnation parfaite des mouvements sociaux actuels (MeToo et Black Lives Matters en tête) … ‘A better humanity for you and you and you / For all the black people / A better humanity’. Une version ‘consciente’ de LCD Soundsytem !

Neil Young

Way down in the rust bucket

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Neil Young n’en finit plus de publier des albums. En fait, il s’agit d’un nouveau volume de la série ‘Performance’ des archives du loner. Et après avoir pris la peine d’en avoir écouté quelques longues heures, il faut savoir que ces sorties vont encore se multiplier, dans les mois, voire les années futures.

Double album, « Way down in the rust bucket » a été immortalisé le 13 novembre 1990, au Catalyst de Santa Cruz, en Californie ; un set destiné à rôder la future tournée ‘Ragged glory’. L’opus recèle donc une majorité de titres de ce disque, mais nous réserve également d’inévitables classiques, dont les incontournables « Like a hurricane », « Cinnamon Girl » et une version chargée de feeling de « Cortez the Killer ». 

Petit historique, « Ragged glory » est une œuvre célébrant les retrouvailles de Neil et de son Crazy Horse, après trois années de bisbrouille avec le bassiste Billy Talbot et le batteur Ralph Molina. 

Aux grattes, Young et Frank ‘Poncho’ Sampredo sont toujours aussi complémentaires. A la fois mélodieuse et vivifiante, l’intensité électrique libérée vous remue littéralement les tripes. A tel point qu’à un certain moment, vous vous mettez à rêver d’un retour à la normale, afin de savourer une fois encore un concert de Neil Young et de son Crazy Horse sur les planches. Et il ne faudra pas trop gamberger, car Neil a fêté ses 75 balais en novembre dernier et si la scène, c’est aussi sa vie, il ne faut pas oublier qu’il a aussi l’âge de ses artères…

Sur les titres 19 proposés, trois sont cependant dispensable. En l’occurrence « Farmer Joe », une cover liquoreuse de Don Harris et Dewey Terry, le très léger « Roll another member (for the road) » et le plus glam « Homegrown ». A contrario, on épinglera encore les versions épatantes de « Love to burn », « Fuckin’ up » et « Love and on ly love ». A noter enfin, la présence de « Danger bird », un morceau issu de « Zuma » qui n’avait alors jamais été joué en ‘live.

Le set fait également l’objet d’un DVD sur lequel figure « Cowgirl in the sand », mais le morceau n’a pas été retenu pour le disque, car jugé de qualité sonore insuffisante…

Lars Tanésy

From shortmountain to sharpill

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Le responsable de la mise en forme de cet LP, Rudolf Hecke, n’est pas un inconnu pour votre serviteur, puisqu’il l’avait interviewé en 1989, dans le cadre d’une émission de radio qu’il présentait alors en compagnie de son frère. Depuis, l’artiste, musicien et poète n’a pas chômé, mais il s’est surtout illustré dans le nord de la Belgique, en s’investissant dans l’univers du théâtre, de la littérature (NDR : il a ainsi consacré une trilogie sur la vie de Serge Gainsbourg, dans la langue de Vondel), dont le roman. Sans oublier l’opéra. Et bien évidemment la musique, en collaborant notamment avec la légendaire Melanie, feu Mariska Veres (Shocking Blues) ou encore Elsje Helewaut.

« From shortmountain to sharpill » constitue le second elpee de Lars Tanésy, un duo réunissant le pianiste/claviériste Pieter Van Malderen et la chanteuse Karen Boelaerts. Aucune de ses plages ne dépasse les 190 secondes. Plutôt surprenantes, elles se frottent, en outre, tour à tour au blues, au jazz, au cabaret, à la pop, à la musique classique ou à la bande sonore cinématographique. Tramé sur un orgue de barbarie, « De Kastaar » pourrait ainsi figurer au répertoire de Yann Tiersen. Le disque propose encore quelques pistes instrumentales bien filmiques. Et si le doigté au piano trahit chez Pieter, une formation classique, ce sont surtout les arrangements de cordes qui communiquent aux compos une coloration symphonique. « How can that be », morceau qui ouvre le long playing, semble ainsi calqué sur le Canon de Pachelbel, un peu à la manière des Aphrodites Child pour « Rain & tears ». L’opus recèle également l’une ou l’autre valse ou encore des sonorités de clavecin sur « A most boring afternoon ». Karen possède une voix très particulière, souvent aiguë et gutturale, mais si sur certaines pistes elle se révèle haut-perchée, sur d’autres elle devient déclamatoire voire théâtrale ou dramatique, selon. Un orgue vintage tapisse « Houdini’s coffin », et dans le même registre, « What’s inside you », qui clôt cet LP, est rogné par des claviers poussiéreux.

Plus curieux encore, on retrouve la même illustration de la pochette de cet LP sur le livre « Dit is de goede oude tijd », un bouquin signé Lars Tanésy. Ce serait d ‘ailleurs ce dernier qui serait responsable des lyrics de cet opus…

Coil

Musick to play in the dark vol.1 (reissue)

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Le premier volume de l’album « Musick to play in the dark » était paru en 1999. Et le label Dais nous en propose une réédition. On doit donc s’attendre à la suite de ce diptyque, d’ici quelques mois.

Pour rappel, les deux membres du duo sont décédés. John Balance en 2004 et Peter ‘Sleazy’ Christopherson en 2010. Peter a fondé Throbbing Gristle en compagnie de Genesis P-Orridge, Cosey Fanni Tutti et Chris Carter ; et ce groupe est considéré comme un des pionniers de la musique industrielle. Il a ensuite formé Psychic TV avec P-Orridge, l’ex-Alternative TV Alex Fergusson et Geoffrey Rushton, mieux connu sous le pseudonyme John Balance. Designer et photographe, il a également réalisé une pléthore de pochettes d'albums, mais aussi des clips vidéo pour des artistes tels que Pink Floyd, Paul McCartney, Peter Gabriel et Rage Against the Machine…

Bien que sombres et inquiétantes, les 6 plages de cet elpee fluctuent au gré des climats. Depuis « Are you shivering ? », dont les orchestrations angoissantes rappellent la B.O. des ‘Envahisseurs’ (NDR : une célèbre série de science-fiction qui a marqué la fin des sixties), malgré les bruitages liquides et les bribes de discours austères, au mystérieux et mystique « The dreamer is still asleep », en passant par l’expansif et atmosphérique « Red birds will fly out of the east and destroy Paris in a night », une plage hantée par Tangerine Dream –à laquelle participe l’ancien Teardrop Explodes Thighpaulsandra, aux synthés–, un « Red Queen » aux tonalités jazzyfiantes entretenues par les interventions au piano, le minimaliste « Brocoli » et le ‘hitchcockien’ « Strange birds », au cours duquel Balance déclare en fin de parcours : ‘Un jour, vos œufs vont éclore et des oiseaux étranges vont émerger’. Un clin d’œil à ‘Jurassic Park’ ?