La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

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La supplication de CLAMM

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Le second elpee de CLAMM paraîtra ce 9 avril 2021. Intitulé « Beseech Me », il a été enregistré sous la houlette de Nao Anzai (Rolling Blackouts Coastal Fever, Floodlights, NO ZU). Découpé en dix pistes, ce long playing explore autant les sentiments de fureur que de tendresse. Issu de Melbourne, ce trio pratique une musique punk qui s’inscrit bien dans le renouveau du style (NDR : pensez à Shame, Idles et consorts)

Explicites, les lyrics posent les bonnes questions sur le pouvoir et l'oppression, mais également l’indignation qu’ils suscitent… Cependant malgré sa frustration, CLAMM maintient une forme d’optimisme dans sa philosophie.

Le clip de « Keystone Pols » est disponible et le titre « Liar » est en écoute ici, deux plages qui figureront sur le futur long playing

Des lichens, mais pas de mousse chez Dijf Sanders…

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Dijf Sanders sortira son nouvel Ep, « Lichen », ce 26 mars 2021. Il s’agit de 6 morceaux qui n’avaient pas été repris lors des sessions d’enregistrement de ses albums précédents, des titres qu’il a retravaillés en fusionnant l'électronique organique avec la musique classique.

Extrait de ce futur Ep, « Swans on Drums » est en écoute ici

https://undayrecords.bandcamp.com/

Girl In Red réduite au silence…

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Girl In Red, c’est le projet de Marie Ulven, une artiste norvégienne qui sortira son premier elpee, « if i could make it go quiet », ce 30 avril 2021.

Sur cet opus, elle explore les limites de la condition humaine, dénonce la trahison, tente de se libérer de la dépression ou encore traite de la libération sexuelle, que ce soit à travers le désir ou de la luxure…

Agée de 22 ans, l'auteure-compositrice-interprète a enregistré cet LP à Bergen… Et elle y a reçu le concours de Matias Tellez à la coproduction.

En attendant, issu de ce long playing, le single « Serotonin » est disponible ici

 

Empty Head : pas la tête aussi vide qu’on pourrait imaginer…

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Fondé en 2019, Empty Head est un jeune groupe liégeois dont le premier single baptisé « Hunted from below », est paru ce 24 février 2021. A première écoute, le garage/punk frénétique mais mélodique de ce quintet évoque Lemonheads voire Hüsker Dü. Mais on devrait en savoir plus lors de la sortie de son premier Ep, prévu pour bientôt…

Le clip de « Hunted from below » est disponible ici

Et celui de « Cosmic Rave »

 

Encore un V.I.R.US….

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« World War 3.2.1 », c’est le 1er single extrait du 1er album de V.I.R.US. Enregistré à Berlin et mixé à Paris, il est le fruit de la rencontre entre deux artistes passionnés par l’époque qu’ils traversent. Empreint d'actualité et très inspiré par la crise qui nous impacte tous (et que personne n’avait prévu), ils restituent ici ce moment d'histoire à travers une bande son où l'ambiance très fin de règne côtoie le pire. V.I.R.US travaille à l’écriture d’un album où l’actualité sera centrale comme une sorte de carte postale de notre époque…

Le clip est disponible ici

(D’après communiqué de presse)

Marquis (de Sade)

Un album hommage, pour tourner la page…

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Marquis de Sade s’est reformé en 2017. C’est lors d’une exposition destinée à célébrer son quarantième anniversaire que le groupe accepte de se reformer. Dans la foulée, en 2018, il entreprend une tournée, pour quelques dates de concerts. Et comme la flamme semble rallumée, il décide de sortir un troisième opus. Mais alors que le projet est bien avancé, Philippe Pascal, le chanteur charismatique, se donne la mort le 12 septembre 2019. Beaucoup auraient jeté l’éponge, mais deux mois après avoir encaissé le choc, Éric Morinière, Thierry Alexandre et Frank Darcel reprennent le collier, afin de sortir cet album… sous le patronyme de Marquis…

Fondé en 1977, Marquis de Sade n’a gravé que deux long playings, ‘Dantzig Twist’ en 1979 et ‘Rue de Siam’ en 1981. Considéré comme le chef de file de la new wave française et influencé par le Velvet Underground et Television, mais également Joy Division, les Stranglers et Talking Heads, il se sépare après la sortie du second elpee, en gravant dans la mémoire du punk/rock, des morceaux devenus classiques comme « Conrad Veidt », « Set in Motion Memories » et « Walls », mais également « Cancer et drogues » ainsi que « Brouillard définitif ». Philippe Pascal et Anzia, présent sur le premier LP de MDS, fondent alors Marc Seberg (1981 - 1992, période au cours de laquelle il réalise 4 albums) et Frank Darcel, Thierry Alexandre et Eric Morinière, Octobre (1981-1986, un album). Puis, malgré quelques projets éphémères, ces musiciens disparaissent des radars… Frank Darcel, le guitariste, part même vivre au Portugal. Il s’y consacre alors à la production, avant de revenir au bercail pour y former Republik, dès 2015…

‘Aurora’, l’album de Marquis est finalement paru ce 5 février 2021. A travers une longue interview accordée par Skype, Frank a accepté de nous parler de toutes les péripéties –parfois dramatiques– rencontrées lors de l’enregistrement de cet LP. Mais aussi de son profil de romancier. De Marquis de Sade, bien sûr. Et puis de la construction de l’Europe, dessein qui lui tient particulièrement à cœur…

Il a fallu trois longues années avant qu’‘Aurora’ ne soit achevé. Vu les événements tragiques affrontés, des moments de découragement sont inévitables. Des circonstances qui auraient pu inciter les musicos de tout plaquer. Frank réagit : « Non, mais nous les trois anciens du groupe, on a toujours eu envie d’aller jusqu’au bout. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu des moments difficiles, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours cru que ce disque irait à son terme. Après la disparition de Philippe, on a pris du recul, le temps de reprendre nos esprits. Et, immédiatement, j’ai pensé que l’école belge de rock pouvait nous correspondre. Avant qu’Adriano Cominotto ne me mette en contact avec Simon, je connaissais Ghinzu, dEUS et Balthazar. Et je me disais, mince, ces gens-là, comme en Bretagne, ils ont continué à faire du rock, en anglais avec leur son propre. J’en ai donc déduit que le salut viendrait de Belgique. Je le jure c’est vrai (rires). Et quand Adriano m’a parlé de Simon, on a été intéressé tout de suite. Mais je ne m’imaginais pas que les circonstances allaient prendre une tournure, finalement favorable. Et puis que les critiques des médias à l’égard de cet album seraient aussi positives. D’ailleurs, beaucoup de concerts sont annoncés pour septembre. Bref, s’il s’intitule « Aurora », ce n’est pas par hasard, car il se lève sur un jour nouveau. Et si c’est un album hommage, il tourne aussi la page… »       

Philippe Pascal disparu, il fallait que le trio déniche un chanteur. La première solution que Frank ait envisagée était d’inviter un interprète par titre. Frank explique : « On a d’abord contacté Etienne Daho, puis Dominic Sonic et Christian Dargelos qui avait fondé Marquis de Sade avec moi, il y a très longtemps. Mais entre-temps, on a rencontré Simon Mahieu, et là on s’est rendu compte qu’avec lui, on pouvait remonter un groupe. Mais on avait déjà reçu l’accord de plusieurs invités. On ne pouvait donc plus faire marche arrière. On avait aussi pris langue avec Dirk Polak, car on voulait absolument qu’il interprète une des compos… »

Et ce sera ‘Soulève l’horizon’. Une superbe chanson qui véhicule un message d’espoir. Frank partage cet avis : « C’est une des plus belles chansons de l’album. Elle traduit effectivement un message d’espoir. J’ai écrit ce texte-là en pensant à des êtres très chers disparus et en me demandant ce qui se passerait s’ils revenaient sur terre. Parce que l’album est né au cours d’une période sombre. Et que personnellement, je crois à la réincarnation. Je le confesse. C’est une chanson qui parle d’ailleurs de la réincarnation… Lorsque Dirk a envoyé sa maquette, je l’ai écoutée en présence d’une amie. La version n’était pas mixée. Et en l’écoutant, elle a fondu en larmes. Le morceau dégage vraiment quelque chose et on le remercie vraiment pour sa participation. Enfin, on espère que si on accorde un concert dans son coin, on pourra l’inviter sur scène, évidemment… »

Le nombre de guests justifie sans doute le manque d’homogénéité d’un LP complexe, mais qui tient la route. Frank concède : « Il a un côté un peu foutraque, mais il affirme une identité à travers la musique. On avait besoin de cette catharsis pour remonter la pente. De tout ce monde qui vienne nous donner un coup de main. Parce que le départ de Philippe nous avait laissé sans voix. On bossait sur cet album depuis tellement longtemps quand Philippe a disparu et puis on revenait de New York. Le projet a failli ne jamais voir le jour. Heureusement, la rencontre de Simon a permis de reconsidérer nos plans. Mais il est vrai que ce disque manque un peu d’homogénéité. Sans doute parce qu’il implique des interprètes différents ; mais l’accueil réservé par les médias est bon et il est évident que sur le deuxième album –qu’on ne va pas trop traîner à mettre en route– l’identité de Marquis sera plus palpable… »   

Etienne Daho rend hommage à Philippe Pascal sur ‘Je n’écrirais plus souvent’. Ce qui l’entraîne à (re)chanter sur une composition bien plus alternative que celles qui figurent dans son répertoire devenu mainstream. Frank raconte : « On a proposé deux titres à Etienne, et il a choisi celui-là. Au fur et à mesure qu’il nous a envoyé les parties vocales, on a eu l’impression qu’elles sonnaient comme lorsqu’il avait 25 ans ; comme ce qu’on avait réalisé en sa compagnie, 35 années plus tôt. En fait, tout l’album est très étonnant, vu le déroulement des événements. Non je crois que pour Etienne, c’est aussi une sorte de retour aux sources. Détail amusant, on vient d’apprendre aujourd’hui que ce titre rentrait en playlist sur France Inter. C’est comme une aventure qui recommence. Ce disque s’est nourri de cycles. C’est la raison pour laquelle, à première écoute, il peut dérouter ; mais il s’inscrit dans plusieurs histoires. Dont la fascination que New York exerçait sur nous quand on a démarré la musique. Et maintenant, une partie de ce New York-là joue avec nous. Oui, c’est une drôle d’histoire, cet album… »  

Episode particulier, le retour d’anciens membres du groupe comme Christian Dargelos et Sergeï Papail pour participer aux sessions. Ils interprètent ‘Holodomor’, une chanson inspirée de la famine organisée par le régime stalinien, dont ont souffert les Ukrainiens, dans les années 30. Un comeback quand même inattendu, vu les circonstances de leur éviction. Surtout pour Christian. Frank justifie leur présence : « Il est toujours resté un ami, même si c’est moi qui l’ai viré du groupe en 78. Donc, il subsistait une petite douleur, à cause de cette décision. Dès lors, pour lui, ce n’était pas une revanche, mais aussi un cycle qui s’achevait. Il remettait un pied dans Marquis de Sade. D’une manière un peu détournée, mais bon… Non, non, ils étaient très heureux d’être associés au projet. On ne voulait pas, non plus, d’une réunion d’‘Anciens combattants’, car on savait qu’il y avait 40 ans de punk rock qui nous regardaient… Pour en revenir à la chanson, Marquis de Sade l’interprétait déjà, lors de la deuxième tournée, après la sortie de ‘Rue de Siam’. Mais on ne l’avait jamais enregistrée. Et quand Philippe était encore vivant, il m’a confié avoir envie de reprendre ce morceau. Mais on n’avait pas la maquette. Finalement, on a retrouvé la bande d’un concert accordé à Strasbourg. Et on l’a rejouée. Musicalement, ce n’était pas trop compliqué. Car elle est identique à ce qu’on proposait en 80, sur les planches. On l’a simplement adaptée aux nouvelles technologies de studio. J’ai donc travaillé sur le thème de l’Holodomor, pour écrire le texte. Et dans cet esprit, on a ajouté le discours de Tymochenko au Maïdan, en 2014. Ce qui communique un aspect politique qu’on aimait bien chez Marquis de Sade, au morceau. C’est aussi un message de soutien aux Ukrainiens… »

Richard Hell (Voidoids), Richard Lloyd (Television) et James Chance, véritables légendes du punk américain, ont participé aux sessions. Peter Katis, producteur, ingénieur du son et mixeur régulièrement sollicité dans l’univers du rock alternatif (Kurt Vile, The National, Sharon Van Etten, Shearwater, et la liste et très, très loin d’être exhaustive), a même été approché pour tout mettre en forme… Frank clarifie la situation : « J’ai rencontré Peter lors des secondes sessions new-yorkaises. C’est le voisin des ex-Talking Heads, Tina Weymouth et Chris Frantz. Et ce sont des amis. Ils vivent dans le Connecticut. Mais je les vois régulièrement, quand ils reviennent en Bretagne, car Tina a des origines bretonnes, par sa mère. Et puis, ils avaient aussi assuré une section rythmique sur un disque de Republik. Inutile de dire que lorsque j’avais reçu la session, j’étais comme un enfant au bas du sapin de Noël. Cependant, je n’avais pas l’intention de leur demander de collaborer à l’album de Marquis. Simplement, j’ai informé Tina, qu’on cherchait des guitaristes. Ivan Julian (NDR : Richard Hell & The Voidoids), un pote également, était déjà partant. Elle m’a répondu qu’elle allait me mettre en contact avec Richard Lloyd, parce qu’il n’est pas toujours facile de l’atteindre. D’autant plus qu’il ne vit plus à New York. Et elle a tenu parole. Tina et Chris m’ont aussi hébergé quand je suis allé voir Peter Katis. Et c’est Chris qui m’a emmené chez Peter pour visiter son studio. Ils sont toujours bienveillants. Tina, c’est en quelque sorte la marraine du projet. Quand j’ai rencontré Peter, Philippe était encore là. On souhaitait que ce nouvel album soit distribué aux Etats-Unis. La présence de ces prestigieux invités était un atout, mais bénéficier du concours d’un mixeur de renom comme Peter aurait pu s’avérer déterminant. Et Peter était d’accord sur le principe. On a commencé à échanger les fichiers par Internet. Mais Philippe est décédé et quelque temps plus tard, le Covid a démarré. Dès lors, cette collaboration était devenue improbable. Finalement, on a confié le boulot à notre mixeur maison Sébastien ainsi qu’à Dan Lacksman. Et on est très content du résultat. On ne regrette pas ce choix, mais Peter ça a failli se faire, mais ça ne s’est pas fait… »

Un fameux boulot en perspective, vu le nombre d’invités et les différentes sessions réalisées à des endroits différents. Frank confirme : « Heureusement qu’on ne se sert plus de bandes à l’ancienne. La ‘production executive’ a dû tenir compte des séjours à Bruxelles, Paris et New York, outre ce qu’on avait accompli en Bretagne. Sans oublier que Dirk Polak a réalisé sa session à Amsterdam. C’est l’avantage de la technologie. Avec des bandes, on serait encore occupés de remixer l’album. Un disque dur est très pratique. Il ne pèse que quelques centaines de grammes, et on peut l’emporter avec soi, pour aller aux Etats-Unis, par exemple… »

Sur l’opus, figure une compo interprétée partiellement en allemand, une en portugais, une en néerlandais et les autres en français ou en anglais. Le groupe aurait peut-être pu en prévoir une en breton. D’autant plus que Frank a été impliqué dans l'autonomisme de cette région et est un ancien membre du Parti breton. Et qu’en outre, en 2000, il a produit l’album d’Alan Stivell, ‘Back to Breizh’. Frank n’y avait pas pensé : « On avait travaillé sur son album au SynSound, aussi chez Dan Lacksman, en Belgique. J’aime beaucoup Alan, c’est un ami. Mais je parle mieux le portugais que le breton. J’ai travaillé au Portugal un bon bout de temps ; et quand on produit des disques là-bas, il est exclu de ne pas apprendre la langue. Et il est toujours préférable de parler celle du pays. C’est pourquoi, j’approfondis le breton, en ce moment... » Et d’ajouter : « J’ai insisté pour que Simon interprète une chanson en flamand. Parce qu’au départ, il était parti sur un texte en anglais. Et je lui ai dit que ce serait quand même sympa de l’interpréter dans sa langue natale. J’ai chanté en portugais, tu pourrais en chanter une en flamand ! On a vraiment cette appétence européenne, et l’envie de tourner en Europe, mais pas seulement. Au cours de notre jeunesse, on ne voulait déjà plus de frontières à l’intérieur de l’Europe, et à fortiori du mur de Berlin, qui nous séparait du bloc de l’Est. D’ailleurs on espère que les frontières en Europe seront définitivement effacées dans quelque temps. C’est un peu le message qu’on veut faire passer, en chantant dans plusieurs langues européennes… »

Frank est un Européen convaincu, mais il regrette que l’Europe sociale ne soit pas encore réalisée. Finalement, n’est-elle pas allée trop vite, en ouvrant les frontières aux pays sis plus à l’Est ? La question méritait d’être posée… « Oui, bien sûr, on peut débattre du sujet, car ce qu’on appelle le noyau dur européen n’a pas pris la peine d’harmoniser le processus d’intégration. Mais je pense qu’il n’existe pas de volonté pour y parvenir. Si l’Europe se réalise, ce sera par celle des citoyens européens. Les députés européens sont aujourd’hui élus au suffrage universel. Ce qui n’était pas le cas au départ. Des habitants de villages italiens ont pétitionné et obtenu suffisamment de signatures pour qu’on force le parlement européen à devenir démocratique. La décision remonte à bien longtemps (NDR : en 1979 !). L’Europe dispose des boîtes à outils pour devenir plus efficace, et malgré sa réglementation, elle n’est pas si mal faite. Mais c’est aux citoyens de s’en servir, car les élus considèrent leur mandat comme leur gagne-pain. Et dans ces conditions, l’Europe n’est pas près de se réaliser. Pourtant, je crois beaucoup au passeport européen. J’aimerais qu’il ne mentionne que le nom, le prénom, le lieu de naissance et le domicile. Et rien d’autre que ‘Communauté européenne’ et pas de référence à un pays. Ce serait un pas en avant extraordinaire dans la construction de l’Europe… »

‘European psycho’ se réfère au film ‘American psycho’ de Mary Harron et par conséquent au livre de Bret Easton Ellis du même nom. Apparemment, c’est un thriller qui a marqué Frank. Il confirme : « Oui, c’est un livre que j’ai beaucoup aimé. Il y a ce moment dans le film où le gars qui a commis les pires atrocités se rend compte que la police ne s’intéresse pas vraiment à lui. Ce raccourci sur le monde dans lequel on vit est vraiment fascinant. A l’époque, quand le film est sorti, il a été plutôt décrié, mais personnellement, je l’ai apprécié tout de suite. J’avais aussi découvert Christian Bale, un acteur qui n’était pas totalement débutant, mais que je trouvais extraordinaire dans son rôle. Donc cette histoire m’a influencé. En extrapolant, il faut admettre que le monde a été confié, depuis quelque temps, à des personnages aussi controversés que Trump, Bolsonaro ou Poutine. On se demande alors où se trouve la normalité ? Et finalement, le personnage central de cette chanson estime qu’il commence à être en accord avec la réalité. C'est-à-dire que le monde est devenu aussi dingue que lui. Et ça lui va bien. Mais nous, ça nous inquiète, évidemment… »        

Frank écrit aussi des romans. « Depuis une quinzaine d’années. Du roman noir. « J’en ai publié deux chez Flamarion. J’ai participé à des concours dans le domaine du polar. Le prochain bouquin, ‘L’armée des hommes libres’, est en cours de gestation et de correction. Il ne sera publié que l’année prochaine. Mais je n’ai pas encore choisi l’éditeur… C’est une dystopie qui se déroule en 2030. En Finlande. A Helsinki. Une ville que j’ai découverte il y a 2 ans, que j’ai beaucoup aimée. Et j’ai commencé à écrire ce roman dans la foulée. Le scénario repose sur l’histoire d’un soldat portugais qui s’est perdu dans cette ville, suite à la 3ème guerre mondiale, et après avoir survécu à de tas d’épidémies. Le monde a explosé. Et j’y décris ma version de la post-apocalypse… »

‘Le voyage d’Andrea’, c’est le titre du livre de Manuela Varrasso, mais ce serait un autre hommage à Philippe Pascal. Or c’est un instrumental… Frank s’épanche : « J’ignorais que c’était le titre d’un roman, mais ça m’intéresse. En fait, l’album ‘Rue de Siam’ s’achève par un morceau intitulé ‘Submarines and Icebergs’. Et lors des obsèques de Philippe, c’est ce titre qui a été joué. Ce qui nous a fortement émus. Aussi, en quittant les funérailles, j’ai dit à Thierry et Alexandre, qu’il fallait qu’on lui donne une suite. Qu’on refasse un instrumental en hommage à Philippe et qu’on l’intègre à la fin du nouvel album. Ce fameux disque qu’on n’arrivait pas à terminer. Et finalement, on l’a intitulé ‘Le voyage d’Andréa’, parce que Philippe est parti en voyage. Et Andréa, c’est le surnom qu’il avait choisi à une époque de l’existence de Marquis de Sade. Je pense, par ailleurs, qu’il s’agissait d’un clin d’œil adressé à la bande à Baader. Bien que ce soit Andreas Baader, je crois… »

Etonnant quand même que Dominique A n’ait pas été sollicité pour composer ou interpréter une chanson. Frank réagit : « Il figurait dans la liste des invités potentiels. Mais après avoir rencontré Simon, ceux qu’on pensait contacter ne l’ont pas été… » Dominique a quand même intégré une reprise de ‘L’éclaircie’ (NDR : signée Philippe Pascal, elle figure sur l’elpee de Marc Seberg, ‘Le chant des terres’) sur son dernier opus, ‘Vie étrange’. Frank l’encense : « Cette adaptation est dépouillée, mais elle est magnifique… »

Autre moment émouvant, la reprise d’‘Ocean’ du Velvet Underground, chantée par Dominic Sonic. Il est décédé peu de temps après l’avoir interprétée. Votre serviteur avait eu l’occasion d’assister à un concert de cet artiste, au cours des années 90, à l’Aéronef de Lille. Une affiche dont la première partie était assurée par un groupe constitué de personnes handicapées lors d’un set consacré à la musique, mais également à la poésie. Et pour lequel Dominic était impliqué... Mais à partir de 1997, il se fait de plus en plus discret. Début du millénaire, il se produit encore lors de festivals prestigieux et participe à différents projets. Il grave un cinquième elpee en 2007, fonde AK47 Blues Rendez-vous en 2010 et dans la foulée, repart en tournée. Il publie un dernier LP en 2015. Puis, on perd sa trace. Frank restitue quelque peu son parcours réalisé au cours de ces dernières années : « Il se produisait encore un peu en ‘live’. Il a apporté sa collaboration à plein de gens. Avant de remonter Marquis de Sade, il était venu assurer un duo, lors de sessions de mon dernier groupe, Republik. Il était toujours disponible, mais entre deux disques, il assurait le rôle de roadie pour d’autres formations. Et même pour Marquis de Sade, lors de la tournée de reformation. C’était drôle ! Il aimait tellement la musique et la scène. C’est quelqu’un qui voulait être le plus proche de cette scène. Proche de l’action, en quelque sorte. Un type adorable et tellement chouette ! Et pour nous, il était vraiment naturel qu’il vienne chanter sur le disque aussi… » Et d’ajouter : « Il a toujours été impliqué dans des actions caritatives. La formule peut paraître bizarre, mais pour ceux qui l’ont connu et se souviennent de lui, ils te diront qu’il était impossible de se fâcher avec lui. C’était une sorte de Saint. Comme on en a beaucoup en Bretagne. Et on est vraiment heureux qu’il ait chanté sur le disque. Malheureusement, il nous a quittés, trois semaines après sa participation. Le titre est d’autant plus touchant, évidemment… »

Lorsqu’il est né, Marquis de Sade rêvait de sonner différemment de ce que les groupes français proposaient à la fin des 70’s. Pourtant la musique de Magma et d’Ange sonnait différemment… Frank réplique : « Ange, c’était pas du tout ma tasse de thé. Ce sont des groupes qui n’ont pas du tout été concernés par le mouvement punk. C’était un autre monde. Et d’une certaine manière, c’était un monde que nous voulions voir disparaître. Ils n’ont jamais servi de référence pour moi. J’avais assisté à des concerts de Magma à Rennes, et je reconnais que les prestations étaient impressionnantes. Mais le mouvement punk se foutait royalement des prouesses techniques. Ce qui n’était pas le cas de Magma. Le mouvement punk voulait faire table rase du passé. Ce qui nous intéressait beaucoup. Et cet état d’esprit m’a incité à me lancer dans la musique. J’ai cessé les études à cause du mouvement punk. Sans quoi, je ne serais pas devenu musicien. Après, j’ai appris à jouer de la guitare… »

A ses débuts, Marquis de Sade accordait également une grande importance à l’image. Mais est-ce encore le cas aujourd’hui ? Une question qui méritait également d’être posée. Frank nuance : « Peut-être pas de la même manière. Je pense que l’esthétique sur scène restera importante. Un aspect qu’on retrouve également dans le soin et la sobriété apportés aux pochettes de disques qu’on a essayé de réaliser dans le contexte européen. Peu de couleurs. Une forme d’épure, de retenue. En poursuivant cette espèce de ligne sombre en terme esthétique. Bien sûr, je pense que cette caractéristique est devenue à la fois moins déterminante, tout en demeurant très pertinente, notamment en matière de circulation des images, de réalisation de clips, etc. Richard Dumas, notre photographe pour les séances officielles y est attentif, mais il n’existe plus de code aussi strict qu’aux débuts de Marquis de Sade. Je porte même une chemise à rayures sur la photo de session officielle. Ce que je ne me serais pas permis (rires), il y a 40 ans. On garde cette norme en tête, mais elle est évidemment moins rigide… »  

En cherchant sur la toile, on découvre l’existence d’une chanson intitulée ‘Aurora’, signée par un groupe néo-zélandais baptisé Marquis & The Vanguard, une compo qui figure sur l’Ep ‘My skinny bones’. Drôle de coïncidence ! Frank l’a aussi constaté et il ajoute : « Il y a mieux encore. Marquis c’est également une marque de cheminée produite dans le Nebraska, aux Etats-Unis, dont un des modèles s’appelle Aurora. On pourra bientôt faire leur pub. Sur les moteurs de recherche, les associations de mots incompatibles débouchent rarement sur un résultat. Mais ces deux termes sont un peu sexy. Ce qui explique, forcément, que c’était déjà imprimé quelque part. Je n’ai pas écouté la compo du groupe néo-zélandais. C’est peut-être un groupe issu des années 60 voire 70… » Reconnaissant ne pas avoir approfondi l’info lors de la recherche, je ne puis lui répondre que le titre tient la route (NDR : en fait, il s’agit d’un combo récent qui pratique du néo-folk et dont le morceau en question remonte à 2015). Frank prévient d’un ton amusé : « On diffusera le morceau, avant de monter sur scène. Et on y installera une petite cheminée, aussi (rires)… »    

Lors des sessions, deux morceaux avaient été enregistrés en compagnie Philippe Pascal. Ils figureront sur la future intégrale, actuellement en préparation. Mais pourquoi alors avoir intégré sur le long playing la chanson de Dominic Sonic, et pas celles de leur chanteur emblématique, puisqu’ils sont décédés tous les deux ? Serait-ce pour booster la vente de cette intégrale ? Frank justifie cette option : « Non, pas du tout. Au départ, c’était par respect pour la famille de Philippe. Et puis, ce choix nous paraissait plus cohérent. Le travail sur l’intégrale, il a commencé bien avant le décès de Philippe. La démarche juridique nécessaire pour redevenir propriétaire des premiers albums de Marquis de Sade, a pris 2 ans, une procédure à laquelle Philippe a participé. La récupération de certaines bandes démo était un processus entamé depuis longtemps. Je me suis rendu chez Dan Lacksman, à Bruxelles, il y a 4 ans maintenant, pour nettoyer des bandes, les passer au four, etc. ; car il est aussi spécialiste dans ce domaine. Finalement, on était beaucoup plus à l’aise d’insérer les morceaux interprétés par Philippe, dans l’intégrale, parce que c’est du Marquis de Sade, et le groupe a quand même choisi maintenant le nom Marquis. J’estime que c’est plus honnête. Maintenant, si la maison de disques en profite pour faire de cette exclusivité du markéting, ce n’est pas notre problème. Les compos n’ont même pas encore été mixées. Donc, elles ne pouvaient pas figurer sur « Aurora ». En outre, ce sont des extraits qui comportent une forte charge émotionnelle. On n’a pas eu le cœur à ça et donc… Cette intégrale devrait paraître fin de cette année, mais ce n’est pas certain non plus. Certains chaînons sont encore manquants et on veut vraiment faire un chouette truc… »         

Photo : Richard Dumas

 

Bénabar, un « Indocile Heureux »

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Bénabar poursuit sa route en publiant un 9ème opus studio. Partagé en 12 plages, « Indocile Heureux » s'amuse à brouiller les pistes entre émotion tendre, poésie et humour sans filtre.

La production de cet opus s'inscrit dans la tradition de la chanson française, mettant en lumière la beauté organique des instruments. Les textes évoquent tour à tour et dans un joyeux désordre, l'amour, la famille, l'amitié, le temps, la vaine postérité, la mort et... les Daltons ! Les obsessions d'un auteur-conteur qui sait traduire en chansons nos grandes émotions.

Bénabar en a déjà dévoilé trois extraits : "Tous les divorcés", dans lequel il met à l'honneur l'amour qui peut surprendre plusieurs fois dans une vie. "Les Belles Histoires", l'éloge du romantisme exalté et désuet. Et le plus tourmenté "Au nom du temps perdu", où l'artiste narre la complexité de l'amitié et du pardon.

« Indocile heureux », titre maître de l’elpee, est en écoute ici

Tout n’est pas si Mauvais

Écrit par

En 2016, pour son premier album, Mauvais débarquait avec un visuel très fort : un Depardieu éthéré et ingénu, travesti par Aurélie William Levaux. On n'est pas près d'oublier son col Claudine, ses joues fardées, ses cheveux jaunes.

En 2020, Mauvais -qui a décidément bon goût- revient et récidive, se tournant cette fois vers Steve Michiels, formidable illustrateur flamand dont le talent s'exprime généralement chez FRMK, dans les pages de Knack ou du Standaard. Et la pochette signée par le Gantois n'est pas moins mémorable. Arrêtez-vous un instant, jugez-en par vous-même. Goûtez cette élégance feutrée, ce glamour un peu bourgeois, savourez ces teintes chaudes évocatrices d’un enivrant brouhaha. Maintenant, revenez-y, regardez mieux. Ah ben, ça alors… Vous étiez passé à côté, n'est-ce pas ? Le disque est à cette image. Ambigu, long en bouche, insidieux. À double détente. Élégant et vénéneux. L’assassin s’est mis sur son 31. Petits fours et coups fourrés.

Quatre ans ont passé depuis « Pour toi je peux devenir Gérard Depardieu » et Mauvais nous revient, donc. Avec, sous le bras, « Tout va bien », un album tout aussi singulier et encore plus ambitieux.

Nos trois briscards en ont vu d’autres, ils ont pris le temps – trois pleines années – de soigner les détails, de laisser mûrir, de poser les bons choix.

La trame, fondamentalement, n’a pas changé. Mauvais a toujours des fourmis dans le slip et une araignée au plafond, des papillons dans le ventre, le bourdon jamais bien loin. Mauvais continue de distiller ses références vintage – du Sampa à l’Aziza et de Halliday à Dalida – et ses rimes improbables – mariachis et raviolis ?!? – sur des productions soignées, racées, référencées, modernes, tranchantes, pointues.

Mais les contrastes, désormais, sont sacrément plus prononcés. Là où « Pour toi… » soufflait le chaud et le froid, Tout va bien louvoie, lui, du glacial au bouillant, de l’euphorique au féroce.

A voir et entendre ici 

Antoine Meersseman de plus en plus contagieux…

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Échappé du groupe BRNS, le multi-instrumentiste Antoine Meersseman incarne le corps et l’esprit de Paradoxant. Née d’une profonde remise en question, sa musique tend naturellement vers le changement et le danger à travers des mélodies pop hantées et instantanées, mais aussi, et surtout, en s’autorisant davantage de liberté.

Au plus près de ses intuitions artistiques, « Earworm », son premier elpee, collecte des mélodies mutantes et sensuelles, quelques rythmes délicieusement cabossés, du groove et d’étranges matières synthétiques. Sous une noirceur apparente, cet enregistrement regorge pourtant d’espoir et de secrets bien gardés.

Dans le sillage des chapitres écrits par des formations comme Crack Cloud, Suuns, Clinic ou Liars, le récit de Paradoxant s’est étoffé grâce aux contributions d’Antoine Pasqualini (Monolithe Noir) et Romain Bernard (Ropoporose), complices croisés dans les coulisses de la scène bruxelloise ou le temps d’un supergroupe nommé Namdose. Sinueux, aventureux et jalonnés d’instants épiques, « Earworm » ouvre une porte sur le monde de demain…

Issu de cet LP, et doublé d’un clip, « Dead Beat » est disponible ici

 

Loyd sort de son Bunker !

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Après avoir gravé « Lifetime », qui lui a valu le titre de ‘Pure Like’ sur Pure FM, et assuré toute la première partie de la tournée de Mustii, Løyd, talent émergent dans l’univers de l’électro alternatif, a ensuite publié « Revolution », un morceau aux accents rebelles.

Si son nom commence seulement à circuler dans le monde de l’électro, cet ingénieur du son n’est pourtant pas un débutant ; et pour cause, il affiche un beau passé sous un autre pseudonyme, un pan de son parcours dont il a aujourd’hui tourné la page par choix, afin de renaître sous le nom Løyd. Le Bruxellois a joué dans de célèbres boîtes de nuit de la capitale (Fuse…), et, cerise sur le gâteau, il a vu l’un de ses morceaux diffusés dans ‘America’s Got Talent’, émission télévisée diffusée aux Etats-Unis qui attire plus de 60 millions de téléspectateurs !

À contre-courant des tendances, Løyd écrit donc un nouveau chapitre de son histoire, et non sans bagage, puisqu’il a récemment travaillé avec Charles de Schutter, fondateur du studio Rec’N’Roll, sur différents morceaux d’artistes belges et internationaux et publié son 1er elpee, « A Post-Apocalyptic Modern   Art Gallery ».

L'album a été partiellement remixé par les meilleurs artistes 'electro' européens du moment tels que Cyberpunkers, HIPPØ & THE JACKET, SHDDR ou encore eXcess, Modek...

Issu de cet opus, « Bunker » est en écoute ici

 

L’or bleu de Sin Ross…

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Création née du Dr Silex, aka Alexandre Lacroix, Sin Ross, aujourd'hui également composé de Maewenn Sort et Gabrielle Duplenne, navigue entre deux rêves.

Mélangeant les codes de l’indietronica à une tension venue du rock, le trio breton (les musicos sont issus de Rennes et de Saint-Malo) brosse l’image d’un monde envoûtant, avec sur scène un écrin visuel aux accents hypnotiques : projections bizarres, nébuleuses et lumières puissantes.

Un fil rouge de guitares aériennes, de basses caverneuses, de batteries subtiles sur lesquelles se pose une voix puissante, un fil d’Ariane dans l’imaginaire doux-amer et quasi-chimérique de Sin Ross, pour qui chaque création reflète une spontanéité de création, un moment saisi furtivement, gardé précieusement.

L’Ep « Blue Gold » constitue l’aboutissement d’une proposition globale faite au public : ce n’est pas juste le support pour partager sa musique, c’est le prétexte pour faire coexister l’image et le son, sur écran mais aussi sur scène, et de faire de l’objet-CD même une œuvre. La pochette dépliable a ainsi été créée par l’artiste-illustrateur Harry Hadler.

Parmi les treize morceaux composés, quatre figurent finalement sur cet Ep, et abordent les thèmes de la recherche introspective, des valeurs et des conséquences de nos choix sur tout ce qui nous entoure, avec, en ligne de mire, la cohérence entre actions et philosophie de vie. Les chansons, assez différentes dans leur forme, sont complémentaires : une ballade mélancolique douce-amère ("The Whole Circle [2020 edit]") va suivre un titre beaucoup plus énergique ("Dioxin") ou technique, comme avec les loopers de "Wild Roses". Quant à "Blue Gold", c'est un crescendo puissant qui symbolise bien l’Ep, le choix de lui en donner le nom était donc une évidence.

Le visuel de l’Ep mais aussi les clips s’additionnent et forment un ensemble indivisible, une symbiose entre tous les éléments produits par le groupe.

Le clip de « Blue Gold » est disponible ici

Encore une histoire à la con…

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L'auteure-compositrice-interprète belge Lucie-Valentine a posté une version ‘live’ de son titre « Une Histoire à la Con » sur les réseaux. C’est le seul extrait acoustique de son premier album, "La Vie est Belle". Il a été immortalisé au King's Field Studio à Bruxelles. Gaëtan Trésignies, présenté dans la série de capsules vidéo dédiées à son équipe, après celles des producteurs Konoba et Nico D'Avell, s’y consacre à la guitare.

"Une Histoire à la Con" a été coécrit en compagnie de Livia Phélizon et William Larqué lors des Labos Chanson d'Astaffort, organisés par Voix du Sud et parrainés par Francis Cabrel. Un atelier d'écriture que l'artiste a suivi en 2016 aux balbutiements de son projet.

Le titre parle des histoires de cœur sans lendemain de Lucie, au temps des rendez-vous pris sur internet, jusqu'au jour où une rencontre bouscule sa vision de l'amour. Pour l'anecdote, c'est le premier ver de ce titre qui l'a décidée à adopter son nom de scène : Lucie-Valentine.

« Une histoire à la con » est à découvrir ici

Un ami très spécial qui a un ennemi commun…

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« Ennemi Commun », le nouvel elpee de Special Friend, paraîtra ce 26 mars 2021.

Duo franco-améicain réunissant Erica Ashleson (Batterie/Voix) et Guillaume Siracusa (Guitare/Voix), Special Friend est né en 2017. Le tandem compose très rapidement plusieurs titres et accorde une poignée de premiers concerts à Paris.

En 2019 paraît son premier Ep, un éponyme. Il est enregistré par la paire elle-même, en 2 jours et dans des conditions très modestes, pour y préserver sa spontanéité. Le groupe y construit une indie pop minimaliste et singulière, qui évoque pêle-mêle Yo La tengo, Duster ou Electrelane.

La réception très positive de ce premier disque encourage le duo à envisager sa suite. Il fait appel en 2020 à Vincent Hivert (En attendant Ana/Belmont Witch) pour enregistrer et mixer un premier album, « Ennemi Commun ».

L’enregistrement a lieu en plein été, sur un Tascam 8 pistes, entre la cuisine et le salon de la maison de leur amie Tara Clamart, à Montreuil.

Dans la continuité de l’Ep, le parti pris demeure résolument spontané, mais le groupe s'autorise quelques arrangements, notamment des interventions ponctuelles de clavier sur quelques titres. L’opus fait également plus de place aux vocaux, souvent brutes, qui s’accordent, se mélangent et se détachent au fil des titres. Le tandem joue sur les contrastes, tant dans les voix que les tempos ou les effets.

Surtout, la formule s'affine, et derrière le minimalisme assumé du groupe, les 11 pistes de cet « Ennemi Commun » dessinent une indie pop fouillée, maitrisée et profondément touchante.

Ballade pop mélancolique aux guitares discordantes, soutenue par de discrets arrangements claviers et des harmonies vocales qui se croisent et s'entremêlent jusque dans un final extatique, « Pastel » précède la sortie de l’elpee, et son clip est disponible ici

 

Les enquêtes de Brioche, détecteur privé…

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Quel lien pourrait-il y avoir entre sa musique et la viennoiserie ? Peut-être le réconfort qu’apportent les deux à la dégustation. Car c’est avec tendresse et sincérité que cette brioche lilloise au cœur coulant nous livre une pop rafraîchissante qui ne laisse d'autre choix que d'embarquer avec elle vers des horizons enchantés.

Son premier Ep intitulé “La Lumière du Matin”, entièrement autoproduit et réalisé seul à la maison, est un doux mélange entre rétro et modernité. Musicalement inspiré à la fois par le rock des années 70 et la scène actuelle psych-pop, ce violoniste de formation se dévoile en français avec insouciance, pour nous faire partager d'une touchante naïveté son optimisme, ses désirs d'évasion et son plaisir à contempler ce qui l’entoure.

Et s’il se montre méticuleux dans les arrangements de ses titres, y invitant trompette, chœurs entêtants et percussions en tout genre, c’est pour rendre sa musique si irrésistible qu’on n’en ferait qu’une bouchée.

Après son premier single et clip “Au Bal des Crustacés”, Brioche partage son deuxième clip, un hommage au Film Noir, “Notre-Dame”, au cours duquel il se met dans la peau d’un détective privé ; et la vidéo est disponible ici

C’est en recevant la mystérieuse lettre d’un corbeau qu’il en déduit qu’un incendie aura lieu sur un des principaux monuments de Paris, seulement lequel ?

Brioche va alors parcourir la ville à la recherche d’indices…

Pour DORRR, le futur, c’est maintenant…

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DORRR pratique une pop visionnaire et nostalgique qui navigue dans des eaux sonores fréquentées par Cyndi Lauper, Fleetwood Mac, Chromatics, Chvrches, Still Corners et The War On Drugs.

D'origine polonaise, Dorota Kuszewska, surnommée Dee, arrive en France à sa majorité pour étudier et lancer sa carrière musicale. En parallèle elle multiplie les collaborations et accomplit plusieurs tournées mondiales, notamment avec le duo The Blind Suns. Dee écrit des titres plus personnels et éprouve l'envie de s'exprimer en solo dans un nouveau side project baptisé DORRR.

Dee est également investie dans des actions en faveur de plus de parité dans l'industrie musicale et est à ce titre lauréate 2020 et 2021du programme Keychange, financé par le projet Creative Europe de l'union européenne.

Le clip de « The future is now” est à découvrir

 

Roxane Fréché cherche Remidi à quatorze-heures…

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Roxane Fréché est auteure, compositrice, interprète, comédienne et photographe.

Après avoir sillonné le globe, de New-York à Tokyo en passant par le Caire, cette citoyenne belge profite de son temps libre et du confinement, pour composer.

Son dernier morceau « Remidi », un remède en français, relate des événements émouvants qui nous touchent tous depuis plusieurs mois maintenant.

En attendant, son nouveau single, « Remidi », est à découvrir ici

Et si vous souhaitez en connaître davantage sur cette artiste cinacienne, c’est

 

Deux sœurs pour un seul nom…

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Le premier album de Célénasophia, le duo de sœurs né de la fusion de leurs prénoms s’intitule « Les géantes bleues ».

En onze compositions originales, brutes et sans filtre, elles livrent un long playing de chanson française moderne, urbain, profondément ancré dans le présent. Elles y affirment leur féminité, leurs doutes, leurs besoins d’évasion, de passions, leurs acharnements, ... et, par-dessus tout, leurs valeurs et leurs idéaux.

Les compositions sont habillées d'arrangements actuels aux sonorités urbaines enrichies de percussions, de beats, de zestes d’électro, de codes empruntés au hip-hop, de gimmicks pop et de beaux effets aériens sur les guitares.

Aventureux dans ses thématiques, avec une poésie écorchée et réaliste et un sens de la métaphore qui vient du cœur, Célénasophia s’interroge sur le rapport à l’argent (« Pile ou Face »), évoque la maitrise des pensées négatives (« On s’en souviendra pas »), cherche le réconfort auprès de l’être aimé (« Me plonger dans tes yeux »), élève la solitude en vertu thérapeutique (« Seul hôtel », « Passage secret ») et s’adresse avec beaucoup de pudeur à une maman partie trop tôt rejoindre les anges (« Je te vengerai »).

La chanson « Les géantes bleues » a donné son titre à l’album ; ce sont des étoiles massives, très chaudes et très lumineuses, elles symbolisent les personnes proches perdues et sont pour les sœurs une source d’énergie qui les pousse à aller de l’avant.

Le clip est à voir et écouter ici

M!NH$∆i, un artiste sans visage

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M!NH$∆i est un one man band parisien, sans visage, utilisant des loops pour dispenser un rock industriel rugueux avec des pointes de sonorités électroniques. Un univers dont l‘épicentre est le live. Une figure toujours dissimulée ou hors cadre, à contre-courant d’une époque de la surexposition de soi.

Dans la lignée des ‘guitar heroes’ à la Jack White, Josh Homme ou St-Vincent, ce songwriter place les sons analogiques au premier plan. Le paradoxe d’une voix calme sur des riffs abrasifs, une poésie rock en français, où se mélangent métaphores et allégories, C’est la recette musicale de M!NH$∆i. Un artiste énigmatique dont les mystères n’ont pas fini de nous surprendre.

Le musicien vidéaste a posé les fondations de son univers exclusivement à travers le live. Quatre sessions tournées dans divers lieux Franciliens dont les premières vidéos ont été dévoilées en 2020. (« I.D.Ø.GR∆M’ » et « ∆U TØP »).

L’audio de ces quatre sessions a été regroupé pour constituer l’Ep « !NTRØ$€$$!ØN$ » qui sortira le 5 Mars prochain accompagné d’une nouvelle vidéo intitulée « Le Géomètre ».

Seul le titre « Sur mon épaule », dont le clip sera le dernier à être dévoilé, a été enregistrée en acoustique, sur un bateau.

Issu d’une session ‘live’, “ΔU TØP” est à découvrir

 

Johnny Mafia sentimental ?

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Fondé en 2010 par quatre lycéens à Sens, pas tellement un berceau historique du rock, Johnny Mafia s'est construit au fil du temps une implacable réputation de groupe de scène. Et en deux albums et près de 250 concerts, il est parvenu à s'imposer comme figure de proue d'une nouvelle scène française qui n'en finit plus de surprendre.

Après un second opus enregistré par Jim Diamond (The White Stripes, The Fleshtones, The Sonics), largement plébiscité par la presse spécialisée, c'est vers la pointure locale Kris Banel, derrière les manettes de nombreux excellents disques punk rock français, que le groupe se tourne pour préparer la suite, enregistrée au studio Warmaudio, au printemps 2020.

Composé sur une période bien plus resserrée que leurs disques précédents, le bien nommé « Sentimental » y gagne en cohérence comme en intensité.

Le groupe s'éloigne un peu du garage/rock qui caractérisait ses précédents disques, et laisse plus de place à des influences majeures de longue date, Pixies et Breeders en tête. Sous de puissants murs de guitares qu'on penserait tout droit sortis d'une époque où MTV était encore synonyme de coolitude, le groupe empile des titres furieux aux refrains indélébiles, empreints d'une étonnante sensibilité pop qui donne tout son sens au titre de ce nouvel opus. Et s'essaie à quelques judicieux arrangements sans perdre de vue l'essentiel.

« Sentimental « est l'un de ces elpees dont on ressent, à l'écoute, que le groupe savait exactement où il voulait aller, et qu'il a su s'en donner les moyens.

Un disque d'indie rock spontané, décomplexé et particulièrement jouissif, un véritable classique instantané comme il n'en sort pas tous les jours en France.

« Sentimental » paraîtra le 21 mai 2021, en digital, vinyle et CD. 

En attendant, plongez-vous dans l’univers de « Sleeping » ici

Alice Spa n’a pas le monopole de la jalousie…

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Alice Spa vient de publier son 2ème single, « Moi Pas Jalouse », morceau qui figure sur son second Ep. Intitulé « Élan » il marque son évolution mais surtout une volonté de littéralement s'élancer vers de nouveaux horizons.

Les textes sont intimistes et les compos résolument pop à l'instar de « Tes Mots d'Amour », mais le tout est teinté de touches électro, sous la houlette de la productrice Le Manou.

Le clip de « Moi Pas Jalouse », est à découvrir

Les Nuits Botanique 2020 : dimanche 11 octobre

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Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. En outre, les concerts prévus sous le chapiteau ont été reprogrammés en plein air, sur un podium baptisé ‘Scène Parc’. Les spectateurs doivent prendre place sur des sièges laissant un espace vide entre chaque bulle. Sous cette configuration, toutes les places seront occupées. Dehors, il pleut et la température est plutôt froide. Heureusement, il y a de la musique pour réchauffer les cœurs. Et puis, on peut se lever et danser sur place tout en gardant son masque…

C’est la dernière soirée à laquelle votre serviteur assiste, dans le cadre des Nuits Botanique.  A l’affiche : Sage Comme Des Sauvages et en supporting act, Kùzylarsen.

Power trio infernal, Kùzylarsen a choisi le nom de famille de Mathieu Kùzylarsen, comme patronyme. Mathieu se charge de l’oud électrique et du chant. Il est soutenu Alice Vande Voorde à la basse et Julieta au beatbox. Ces deux dernières participent également aux vocaux. Interprétées dans la langue de Molière, les chansons parlent de la condition humaine, mais aussi d’amour et de sensualité. Julieta pratique le human beatboxing (Trad : boîte à rythmes humaine), technique qui consiste à créer de la musique en imitant des instruments, le plus souvent des percussions, uniquement avec la bouche). Cette pratique est fascinante et c’est d’ailleurs Julieta qui focalise toute l’attention du public. L’oud entretient un climat arabisant au concert. A l’instar de Juicy, Mathieu, dont le discours est engagé, dédie une de ses chansons à l’ex-secrétaire d’Etat à la migration, Théo Francken, pour ses accointances avec les partis néo-nazis. A l’issue de la prestation, la foule va réserver une véritable ovation à Kùzylarsen. Pas étonnant qu’il ait été récompensé dans la catégorie chanson française aux derniers Octave de la musique.

Setlist : « Le long de ta douceur », « Clarisse », « Le château vide », « Fils de tous », « La luciole », « 30 ans de voyage », « Fer de Lance », « Plus personne ne chante ici » (en version exceptionnellement ‘a cappella’).

Place ensuite à Sage comme des Sauvages, un duo réunissant Ismaël Colombani et Ava Carrère. Lui est Corso-belge et militait au sein du combo noisy expérimental Vitas Guerulaïtis. Franco-Américaine, elle est diplômée des Beaux-Arts et a fourbi ses armes dans le monde du cabaret à Berlin. A l’actif de ScdS deux albums, « Large La Peau », paru en 2015 et « Luxe Misère », en mars de cette année. Nourri d’humour noir et de rêves exotiques, l’imaginaire du tandem s’est depuis enrichi de rencontres aux quatre coins de la francophonie.

Une estrade est dressée sur le podium, à gauche, pour le percussionniste ; et une autre à droite pour le tandem infernal. Derrière eux on remarque la présence d’un rack sur lequel sont posés deux grattes semi-acoustiques, un oud, un bouzouki et un ukulélé.

Ils sont tous les 3 coiffés d’une couronne de roi épiphanique. Elle est vêtue d’une robe brune à paillettes et lui a enfilé un t-shirt à l’effigie d’une tête de loup et une sorte de smoking fantaisiste à queue de pie…

Le concert démarre en trombe par « Mon Commandant ». On ressent immédiatement de la sympathie pour ces musiciens. Le sourire radieux et les yeux pétillants d’Ava ne sont pas étrangers à cette impression. Parfois, elle me fait penser à Bianca Casady (CocoRosie). Le duo se partage le chant. Ismaël balance ‘Bruxelles vous êtes belle’. Puis ajoute ‘Vous êtes beaux, masqués’. Dynamisé par les percus, « Rouge Colère » baigne au sein d’un climat africain. Tout comme le tribal « Les Oiseaux Parents ». Les singes déboulent de la forêt tropicale et crient à tue-tête.

La musique est le fruit d’un savant cocktail entre chanson urbaine et percus tribales, où se mêlent joyeusement maloya, calypso et rebétiko (une musique issue du répertoire populaire grec). Hormis celle en cajun (« Panier su la tête »), toutes les compos sont interprétées en français. Les textes sont à la fois beaux et imprévisibles, poétiques et pertinents.

Tout est prétexte à nouer le dialogue avec le public. Le combo n’en oublie évidemment pas son single « Inattendu » (?!?!?). En général Ismaël se charge de l’ukulélé, parfois des autres instruments à cordes et Ava, assise, du tambourin marocain. Ava ne l’abandonne que pour 2 chansons afin de se consacrer à la gratte semi-acoustique…

Et à l’issue du set, le trio va nous accorder « Yassou Evropi », en rappel. A revoir, assurément !

Setlist : « Mon commandant », « Rouge Colère », « Inattendu », « Panier su la tête (Alain Peters) », « Les oiseaux parents », « Les Angoisses », « Lailakomo », « Garçon », « De L'eau », « Le goût de la fumée », « Luxe Misère »

Rappel : « Yassou Evropi »

Sage Comme Des Sauvages + Kùzylarsen

(Organisation : Le Botanique et FrancoFaune)