Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Pneu

Destination Qualité

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Après avoir entrepris de multiples projets (enregistrement de plusieurs albums pour Papaye, tournée ‘colonie de vacances’ en compagnie d’Electric Electric, de Marvin et Papier Tigre), JB (batterie) et Jay (guitare) sont de retour pour un troisième opus.

Trois ans après avoir publié "Highway to health", Pneu n'a rien perdu de sa fougue, de son énergie et de sa capacité à nous désarçonner. Sur "Destination qualité", le duo a certainement gagné en maturité. D’abord, pour réaliser cet LP, il a bénéficié du concours d’Andrew Scnheider (Unsane, Pigs), à la mise en forme. Puis, il a enfin décidé de soigner l’illustration de sa pochette (NDR : réalisée d'ailleurs par JB). Leur art à mélanger math-rock et noise est intact et Pneu va toujours droit au but. Pour preuve, le combo enfile neuf morceaux en à peine 36 minutes. Enfin, comme d’habitude, la cerise sur le gâteau est posée par un chanteur. Qui vient déclamer sur « Hinges ». Il s’agit, de Pete Simonelli d’Enablers.

Bref, JB et Jay ont décidé de poursuivre leur route en utilisant une formule qui marche ; et elle a, en outre, le mérite de vous secouer… 

 

Jenny in Cage

The Perfect Side Of Nonsense

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Cinq ans après avoir publié « Solid Liquid Ether », Jenny in Cage nous propose une suite à cet opus. Pascal Giudicelli, guitariste et fondateur du groupe, a eu besoin de quelques années pour reconstituer et stabiliser sa formation. La voie était donc ouverte pour la naissance de « The Perfect Side Of Nonsense ».

Rarement un titre d’ouverture ne m’a, à ce point, rappelé un autre groupe. Autant dans la voix que la guitare, « City of White House » fait immédiatement songer à Placebo. Difficile, ensuite, de chasser cette idée de la tête. Les Parisiens écrivent souvent des textes du même acabit que ceux dont les Britanniques ont l’habitude de nous proposer. L’allusion au sexe et le ton provocateur de « Just a Toy Boy »  (‘I’m just the thing that you’ve needed for pleasure’) pourraient même faire frémir Brian Molko. Ce morceau court et nerveux est vraiment réussi. Il constitue, à mon humble avis, le meilleur titre d’un LP assez inégal. Car quand la formation s’écarte un peu du style évoqué précédemment, il devient un tantinet brouillon voire agressif. « God(s) » et « Not Communicate », par exemple, nous plongent dans une atmosphère plus lourde, évoquant alors plutôt le rock américain de la fin du siècle dernier. Et malheureusement pas toujours à bon escient.

« In The End » remet le combo sur la bonne voie avant de clôturer sur « Shades Of Memories », une plage qui réalise une belle synthèse de l’elpee. Pour les plus gourmands, un ‘hidden track’ mélancolique est également disponible.

Parfois un peu trop colérique, Jenny In Cage livre cependant un album encourageant malgré toutes les péripéties vécues au cours de ces dernières années. En canalisant un peu sa rage et en approfondissant les morceaux plus nerveux, le quatuor pourrait finir par nous surprendre, dans le futur.

 

Visage

La voix de Visage s’est éteinte…

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De son véritable nom Steven John Harrington, Steve Strange est décédé ce jeudi 12 février, à l’âge de 55 ans, des suites d’un infarctus, en Egypte. C’est en 1979 qu’il avait opté pour ce patronyme de scène, fondant alors Visage en compagnie des membres des Rich Kids, Rusty Egan et Midge Ure (futur Ultravox) ainsi que de Magazine, Barry Adamson (futur Bad Seeds), John McGeoch (futur Banshee auprès de Siouxsie Sioux) et Dave Formula. En 1980, le second single « Fade to grey » devient un énorme tube, ouvrant alors la voie à un mouvement qui sera qualifié de néo-romantique et donnera naissance à des groupes comme Spandau Ballet, Japan, Duran Duran, A Flock of Seagulls ou encore Ultravox. Un mouvement qui va associer image, mode et musique. Steve avait d’ailleurs commencé, fin des seventies, par organiser des soirées dans des clubs tels que le Blitz ou le Camden Palace, des soirées au cours desquelles les convives étaient maquillés et vêtus de costumes extravagants. Un univers qui s’inspirait de la période glam et décadente de David Bowie. Harrington avait d’ailleurs participé comme acteur au clip de Bowie, « Ashes to ashes ». Visage publiera quatre albums, entre 1980 et 1986, sous des line up différents, mais toujours sous la houlette de Steven. Mais faute de succès, il était retourné dans l’univers organisationnel d’événements. R.I.P.    

The Kooks

Plus de funk, mais moins de pêche…

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Les vacances de Carnaval viennent de commencer. Et ce 14 février, le Cirque
Royal accueille les Kooks. Une longue file s'étire déjà jusqu'au coin de la rue et il n'est que 18h15. The Kooks est de retour après trois années de silence. Il vient de publier un nouvel album. Intitulé « Listen », il est plus funky et plus dansant. Ce qui risque de surprendre les
aficionados du groupe. Bleachers assure le supporting act.

Bleachers nous vient d’outre-Atlantique. Un combo fondé par le chanteur/guitariste Jack Michael Antonoff, en 2014. Originaire du New Jersey, ce sympathique trentenaire est actif sur la scène musicale américaine, depuis plus de 10 ans. A partir de 2002, il se réserve les vocaux chez Steel Train, un combo qui va graver trois albums au cours de son existence : « Twilight Tales From The Prairies Of The Sun »  en 2005, « Trampoline » en 2007 et « Steel Train » en 2010.

Jack est également guitariste au sein de Fun. Une aventure qu’il a entamée en 2008, en compagnie de Nate Ruess et Andrew Dost. Le trio a décrocher un Grammy Award en 2013, pour la chanson de l’année, grâce à son hit « We Are Young », titre auquel la charmante Janelle Monáe avait participé. Outre son talent de musicien, Jack est un auteur/compositeur/producteur unanimement reconnu par la critique. Jack a également reçu une nomination lors des Golden Globe pour « Sweeter Than Fiction », une chanson pour laquelle il avait reçu le concours de Taylor Swift. Bleachers est venu défendre son nouvel opus « Strange Desir ». Mais il ne dispose que de 30 minutes. Un peu court !

Pour ce spectacle, Jack est soutenu par 4 musicos. Soit deux drummers et deux multi-instrumentistes (claviers, guitares, saxophone). Et ils sont placés en avant-plan. C’est aussi l'anniversaire d'un des deux claviéristes. Jack est bien sûr le chef d’orchestre. La voix d’Antonoff est d’abord douce, avant de devenir puissante. Son timbre campe un hybride entre Jim Kerr et Bono. L’ambiance monte progressivement dans les tours. Et Jack finit même par haranguer le public pour qu’il chante et jumpe ; un public majoritairement féminin, dont l’âge oscille entre 18 et 25 ans. Et il réagit instantanément. Un peu à la manière du Boss (NDR : également issu du New Jersew), Jack achève son set, tel un Bruce triomphateur. Bleachers se retire alors, ravi d’être parvenu à conquérir l’auditoire. Idéal pour chauffer la salle…  

Qui est pleine à craquer. Votre serviteur a choisi de s’installer à l’étage, juste au-dessus de la table de mixage, pour mieux dominer la situation. Les aficionados s'agglutinent contre les barrières devant la scène. Vu le nombre de filles, c’est parfois nécessaire pour éviter les débordements. Faut dire qu’elles attendent impatiemment Luke et sa belle gueule d'ange…

The Kooks est un jeune quatuor né en 2004. A Brighton. Il n’a fallu au band qu’un single (« Naive ») et un album (« Inside In-Inside Out », le premier, paru en 2006) pour se forger sa notoriété. Encensé par la presse musicale insulaire, il fait alors un malheur en Grande-Bretagne. Mais également en Europe et aux States, où les concerts sont accordés à guichets fermés. Le long playing récolte un énorme succès : quadruple disque de platine en un an au Royaume-Uni, platine en Australie et double platine en Irlande. The Kooks remporte également le Best UK & Ireland Act aux MTV Europe Music Awards, en 2006, et décroche une nomination aux Brit Awards, pour le single « She Moves In Her Own Way ».

Paru en 2008, leur second LP, « Konk » se classe numéro ‘1’ dans les charts britanniques. Il s’écoule à 65 000 exemplaires en une semaine. Et obtient, à nouveau, un disque d'or au Royaume-Uni et en Irlande. Au cours de cette même année, Max Rafferty, le bassiste/guitariste, quitte le navire. Il est d’abord remplacé par Dan Logan, puis par Peter Denton. Gravé en 2011, « Junk Of The Heart » accentue leur progression vers les sommets. En septembre dernier, le combo publie son quatrième opus, « Listen », un disque enregistré entre Los Angeles et Londres. Luke et Inflo, un jeune prodige de la scène hip hop anglaise, le coproduisent. Victime de son addiction à la drogue, Paul Garred cède alors ses drums à Alex Nunez. Du line up initial, il ne reste donc plus que le gratteur Hugh Harris et Pritchard. Luke a déclaré que ce nouvel elpee constituait un nouveau chapitre dans l’histoire du groupe, et reflétait leur nouvelle orientation musicale. Avant de paraître, ce long playing a été précédé par trois singles, issus de l’œuvre : « Down » en avril, « Around Town » en juin et « Forgive And Forget », en août.

A l’origine, la musique des Kooks était principalement influencée par le mouvement 'British Invasion’ qui a contaminé les States au cours des 60’s et le post-punk du nouveau millénaire. The Kooks se définit cependant, comme un groupe pop. Ce qui ne l’a pas empêché de se frotter au rock, à la britpop, au reggae et au ska. Ni de concocter des singles aussi contagieux qu’efficaces.

Le quatuor monte sur le podium. On en a déjà plein les mirettes. A cause du light show, mais également du support vidéo. Il n'y a pas moins de 12 écrans aux dimensions différentes, réparties sur la scène. Le drummer s’est installé sur une haute estrade, juste sous le grand écran. Luke Pritchard occupe bien sûr l’avant-plan. Il a même toute la place pour faire le choix entre ses grattes acoustiques ou électriques.

Le set s’ouvre par une nouvelle compo, « Around Town », et embraie par deux morceaux issus du premier elpee, « See The World » et « Ooh La ». Un disque qui m’avait permis de découvrir le groupe, puis incité à le voir en ‘live’, dans le cadre du festival Rock Werchter, pour un concert plutôt explosif. C’était d’ailleurs l’époque de leur splendeur juvénile. Depuis le band a acquis une certaine maturité. S’est assagi. Mais a aussi perdu cette forme de candeur et tempéré cette d’énergie qui faisaient son charme. On a même l’impression qu’il se repose davantage sur ses lauriers. D’ailleurs, sur les planches, les musiciens sont plutôt statiques.  

« It Was London », « Bad Habit » et « Down » sont trois titres issus du nouveau cd. Plutôt déroutants. Funkysants même. Manifestement le combo évolue. Luke a empoigné une six cordes électro-acoustique pour interpréter le plus paisible « She Moves In Her Own Way ». Place ensuite aux hits « Eddie Gun's» et « Seaside ». Nous sommes en terrain connu. Quoique extrait du nouvel essai, « Dreams » est une jolie ballade assez classique.

« Tick Of Time » est une plage tirée de « Konk ». Curieux, on dirait que « Westside » est un pastiche de leur « Sea Side ». Différence ? Des synthés hybrides et décousus ont été ajoutés. « Always Where I Need To Be » libère enfin l’énergie originelle ; celle qui me rappelle la pêche que le band manifestait lors des festivals. Balayé par des interventions de claviers, « Sweet Emotion » opère un virage électro/pop. C’est dans l’air du temps. Plus rock, percutant, « The Saboteur » figure sur le troisième opus, « Junk Of The Heart ». Caractérisé par la voix beatlenesque de Luke, il est particulièrement apprécié par l’auditoire. Sans doute aussi, pour son approche théâtrale. Plutôt rock'n'roll, « Sway » est une compo qui me botte particulièrement. Après « Sofa Song », The Kooks achève sa prestation par « Forgive And Forget », un morceau qui lorgne généreusement vers le funk, un style davantage exploré sur le dernier elpee. Luke remercie le public belge, à qui il reconnaît devoir une partie de son succès.

En rappel, le combo va encore nous réserver « See Me Now », « Junk Of The Heart (Happy) » et « Naïve ». Mais, je dois avouer que ce concert m’a laissé sur ma faim. J’espère tout simplement que la tournée est encore en rodage et leurs prestations vont davantage s’électriser au fil du temps. Pour atteindre leur pic, au moment des festivals.

(Organisation : Live Nation)

Voir la section photos ici

 

 

 

Minuit vingt : l’heure de Loraine B

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Loraine B a publié un clip nocturne illustrant son morceau « Minuit Vingt ». Réalisée par Laure Bonnal, la vidéo donne au texte de la chanteuse un questionnement plus profond. Le principe est simple : des images sont transférées directement sur la peau de l’artiste, ce qui y apporte un coté mystique. De plus, rien n’a été retouché au montage. Une belle réussite à découvrir sur Youtube.

https://www.youtube.com/watch?v=ibUtkeFItUc

 

 

L’Epitaph de Moriarty

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« Epitaph » le nouvel album de Moriarty sortira le 30 mars. En attendant, vous pouvez découvrir le teaser ici

 

 

Karavan

Sur la voie du chœur tracée par Karavan…

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Ce lundi 9 février, l’AB Club accueille Karavan. Un grand jour pour le collectif, puisqu’il s’agit de la ‘release party’ consacrée à son premier album, « Arnoquins ». Un elpee sur lequel figure huit reprises de notre Arno national. Européen aussi. Cet Ostendais, dont le phrasé et l’humour décalé nous séduisent depuis plus de 30 ans, n’a-t-il pas écrit « Putain, Putain, nous sommes tous Européens » ? Le concert est sold out. Joy Simar assure le supporting act. Il est venu défendre son nouveau projet : Joy and Safar. Donc double découverte pour cette soirée.

Joy Simar n'est pas une inconnue. Elle a milité au sein de 1060, un duo qu’elle partageait en compagnie du producteur/bassiste Renoar Hadri. Un patronyme original, puisqu’il s’agissait tout simplement du code postal de sa commune d'adoption. Leur musique s’inscrivait dans le courant New Soul Underground. Joy est une Bruxelloise flamande originaire de Beersel. Elle est parfaitement bilingue. Son père est francophone et sa mère néerlandophone. Jolie, blonde, Joy a décroché un master en sciences politiques (NDR : comme quoi !), à la KUL ; mais elle est avant tout attirée par la musique. 1060 avait publié un premier opus en 2009, « Fortunella ».

Joy ressemble un peu à Selah Sue. Dès sa montée sur les planches, elle attire un courant de sympathie. Elle est soutenue par Safar Republique, un groupe réunissant 4 hommes souriants. Amine Kanzi Belghiti, le percussionniste, s’installe à l'extrême droite du podium. Il s’assied sur un cajon. Jan Sébastiaan Degeyter se réserve la guitare et Olivier Stroobant le kamele n'goni (NDR : cet instrument à cordes pincées est issu d'Afrique de l'Ouest). Pas de bassiste, mais un violoniste, Sébastien Paz Ceroni, qui se plante derrière la chanteuse. La soul pop de Joy est sucrée et métissée et puise ses influences dans la world –tant la tradition ouest africaine (percussions) qu’issue du Maghreb (instruments ethniques)–, le classique (violon) ainsi que le jazz (guitare). Un cocktail déroutant et novateur à la fois.

Après avoir salué l’auditoire, Joy l’invite à se frotter les mains l'une contre l'autre (pas d'applaudir) et entame « April ». Le décor est planté ! Joy possède une voix chaude au grain soul. Joy occupe toute la place sur l’estrade et remue pas mal. Elle est même plutôt sexy dans ses contorsions. C'est un plaisir de la voir évoluer sur les planches. En général, les interventions du violon communiquent un sentiment de mélancolie. Sur « Open Up », elles dominent l’ensemble tout en épaulant le chant plutôt soul de Joy. Il y a même du groove dans sa voix. A cet instant, le set de Joy and Safar baigne dans l’expérimentation. Le périple se poursuit dans l'ouest africain ou le Magreb. A cause des sonorités typiques des instruments utilisés par les musiciens de Safar. Ma voisine de droite semble avoir l’esprit critique. Elle a déjà vu Joy en concert, à plusieurs reprises, mais ne la retrouve pas à travers ce nouveau projet. Perso, j’estime que cette rencontre entre une voix soul et des sonorités world, tout particulièrement africaines, est intéressante et surtout novatrice…

Karavan est un collectif réunissant 8 chanteurs : Nicole Bongo - Letuppe, Marie-Ange Tchaï Teuwen, Fredy Massamba, Myriam Gilson, Djubebe Kalume, Epolo Mabita, Mister Mo et Soul T. Je l’avais découvert à l'Ancienne Belgique, en première partie de Sinead O'Connor, un groupe afro-bruxellois dont le répertoire est essentiellement composé de reprises d’Arno. Interprétées a cappella. Discret, Arno assiste au set, du fond de la salle, près du bar.

Et c’est parti pour la présentation d’« Arnoquins », un long playing essentiellement consacré à des covers de l'albinos blanc. Huit en tout, les deux autres pistes relevant de la plume du collectif. La Karavan débarque sur les planches comme un petit train, chaque wagon succédant à l’autre. Ils s’installent sur deux niveaux. Trois devant et 5 derrière. Nicole et Marie-Ange sont les deux voix de tête du band. Le show s’ouvre par le « You Gotta Move » de Mississippi Fred McDowell. C'est également un titre qui figure au répertoire d'Arno. Chacun y va de son intervention, mais c’est l’ensemble qui fait la différence. Plutôt soul, la version aurait pu être interprétée par un chœur gospel. Elle en est digne, en tout cas. Marie-Ange signale que la Karavan (de Bruxelles) va faire arrêt à Bruxelles Nord, Central et Midi. Fou rire général. Le convoi poursuit sa route et nous le rappelle à travers le titre significatif « Karavan ». Ce sont les filles qui se réservent les vocaux, alors que les gars, derrière, assurent l’instrumentation et le tempo à l’aide de leur voix, et tout particulièrement le beat box. Et cette conjugaison est parfaite.

Un baryton profond investit « We Want More », un morceau essentiel dans le répertoire de notre Ostendais. Troublant ! Nicole a le sens de l’humour. Elle nous réserve une petite démonstration d'‘air guitar’, en imitant le son de la 6 cordes. Mais quand la gratte s'emballe, elle est gentiment rappelée à l'ordre par ses comparses. Un climat de dérision qui communique un sentiment de bonne humeur. Ainsi l’interactivité entre les artistes et le public est parfaite. La température monte de quelques degrés. Il fait de plus en plus chaud. Pour « Chic Et Pas Cher », la voix principale est masculine. Les filles assurent les choeurs. « Les Yeux De Ma Mère » est certainement une des chansons d’Arno que je préfère. Pourtant revisitée par les filles de Karavan, l’âme de l’artiste est toujours bien présente dans cette compo. Les voix masculines dominent à nouveau leur sujet, tout au long de « Jive To The Beat ». Le human beat box nous fait une nouvelle démonstration de son talent sur « Elle Adore Le Noir ». Un titre au cours duquel, les harmonies vocales féminines déploient toute leur puissance. Pendant « Je Veux Nager », les artistes développent une gestuelle, pour mimer les mouvements des nageurs dans la piscine. Au bout d’une heure, le set s’achève par « Bathroom Singer ». Avant un rappel consacré à un medley de « Les Yeux De Ma Mère/Bruxelles ».

D’une grande qualité musicale et vocale, ce show a aussi valu par sa charge émotionnelle. Celle de la voie du chœur tracée par Karavan

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Ozvald

Des compos progressives, parfois, et nuancées, toujours…

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Ozvald se produisait ce samedi au People’s House de Dour, juste après Speaking Corner (voir compte-rendu ).

Si l’endroit n’offrait pas une acoustique digne de ce nom, les cinq membres du band ont fait fi de ces aléas sonores et ne se sont pas laissé impressionner le moindre du monde ! Au contraire, vu de la prestation magistrale qu’ils ont livrée…

A titre anecdotique, le patronyme du groupe n’a strictement rien à voir avec Lee Harvey Oswald, principal suspect de l'assassinat du Président américain John Fitzgerald Kennedy. L’origine serait plutôt l’attrait d’un personnage anticonformiste, complètement déjanté et épicurien. C’est dire l’esprit tourmenté !

Les chevilles ouvrières de cette formation (née en 2012) sont Giuseppe Petolillo (guitare et voix) et Stéphane Panozzo (guitare) qui l’a suivi de peu. Viendront ensuite s’adjoindre, au fil des rencontres, une poignée de gens talentueux : un batteur ‘quatre bras’ en la personne de Maxime Pasquini ; un bassiste, Fabrice Giacinto, remplacé depuis par Raymondo Tornabene ; une violoncelliste, Laurence Leclerq, remplacée, elle aussi, par la petite, mais très charmante Hélène Cambier.

Certains d’entre eux possèdent déjà une longue expérience musicale, à l’image d’un Petolillo qu’on a pu voir dans Al Dente, Rimbaut et Monsoon notamment ou encore d’un Tornabene qui a également participé à l’aventure d’Al Dente. D’autres sont multi-instrumentistes, comme Panozzo, batteur de formation ou encore Pasquini, claviériste génial chez Coverplay (groupe de covers consacrées à Coldplay).

Ces différentes origines donnent naissance à un mélange de plusieurs influences et de générations très ouvertes et éclectiques.

Alors âgé de quelques mois à peine, le groupe avait présenté un premier Ep le 8 février 2014 à la Chapelle de Mons. J’ai eu la chance d’assister à ce live et j’avais été stupéfait déjà du vent nouveau apporté.

A ce propos, on regrettera le nombre (volontairement) peu important des compositions figurant sur le support, même si effectivement les titres choisis suffisent à montrer l’originalité, l’étendue, la culture et le talent du groupe. Dont acte !

De prime abord, un concert d’Ozvald surprend. Stéphane semble étrangement possédé par une force démoniaque. Cheveux rouges, ses yeux son parfois révulsés. Giuseppe manifeste des inflexions proche d’un Bowie torturé, et tout particulièrement sur « The little guy with his pie ». Maxime martèle ses fûts de manière tentaculaire tout en libérant une énergie rarement atteinte, communiquant des beats métronomiques d’une précision spectaculaire, notamment sur « Highway to glory ». Le violon apporte quand à lui cette une dose lancinante, douce et mélancolique… humaine même. Je suis littéralement subjugué par la candeur et la fraîcheur avec laquelle cette jeune fille, si frêle, joue amoureusement de son instrument sur « Next time ». Enfin, le bassiste est sans doute le mois démonstratif de tous.

Le set d’environ 45 bonnes minutes a balayé un répertoire d’anciennes et nouvelles compositions. Tantôt douces, tantôt revêches, celles-ci sont progressives, parfois, et nuancées, toujours. Sans doute le résultat d’une étrange complexité sonore et de mysticisme à l’image des leaders.

Le visuel y était aussi. Les musicos se sont, à plusieurs reprises, échangés des sourires et regards complices synonymes de satisfaction, de bonheur et de soulagement. Au-delà du talent, c’est aussi la preuve d’un show intelligemment servi.

A l’issue du concert, très charismatiques, accessibles et d’une simplicité incroyable, Giuseppe et ses comparses se sont laissés envahir de questions de la part d’un public curieux d’un tel OVNI musical.

Si ces extra-terrestres ont manifestement pris du plaisir, les spectateurs présents dans la salle se sont littéralement délectés. L’applaudimètre ne trompe pas ! Pari gagné ! Chapeau bas M’ssieurs, dame !

Set List :

1°) The little guy with his pie
2°) Step in – step out
3°) Looney people
4°) Next time
5°) Empty space
6°) Upside down
7°) All is all behind
8°) Highway to glory
9°) Sunny day
10°) 10!
11°) Love is a game

(Organisation :  Xtrm Scandalous)

Les prochaines dates sont :

 

-Vend 10/04/15: La Louvière (@l'Annexe)
-Sam 02/05/15: Hautrage (@Canal 10 + support)
-Vend 22/05/15: Dour (@SkiaRockFest + support)
-Vend 29/05/15: Hem/Lille/Fr (@Salle des fêtes + support)
-Vend 03/07/15: La Louvière (@La Taverne du Théâtre)

Hypercolor

Hypercolor

Écrit par

Il est préférable de vous prévenir d'emblée : l'écoute de cet album n'est pas aisée. D'ailleurs, je crains fort que de nombreux mélomanes jettent l’éponge, au beau milieu du parcours. Et personne ne peut leur en vouloir, ni leur donner tort. L’univers du free jazz est particulièrement hermétique. Et la musique de ce trio new-yorkais en est un bel exemple. Bref, on n’aime ou on n’aime pas, mais ce style ne laisse jamais indifférent.

Personnellement, je ne me farcirais pas du Hypercolor tous les jours. C’est plutôt indigeste. Cette expression sonore déstructurée, nourrie aux rythmes spasmodiques et aux riffs de guitare décousus est même perturbante. Pas trop ma tasse de thé. Les moment qui ont pu me séduire, sont plutôt rares. Hormis l’excellent « Forget », il faut pouvoir s’accrocher. Je conseillerai donc cet elpee à celles et ceux qui apprécient l’avant-jazz ou la new music. Mais s’il vous plait, ne l’imposez pas à votre entourage ; soyez tolérant !

 

Gotan Project

Club Secreto

Écrit par

En 2001, l'Argentin Eduardo Makaroff, le Suisse Christoph H. Müller et le Français Philippe Cohen-Solal fondent Gotan Project. De cette réunion multiethnique souffle un vent nouveau qui va donner naissance à une sorte d’hybride, fruit d’un mélange subtil entre tradition argentine, musique électronique contemporaine et faux airs jazzyfiants…

Le succès est immédiat et tout particulièrement à travers leur premier opus « La revancha del tango ».

Le second, paraît en 2006. Il s’intitule « Lunático » et rend un hommage appuyé à Carlos Gardel.

Entre ces deux disques, le trio prend la direction des studios et accompagne Brigitte Fontaine à la « Rue Saint Louis en l'Île » sur une création d'Astor Piazzolla.

« Tango 3.0 », troisième élaboration du combo, paraît en 2009.

« Club Secreto », dans les bacs depuis le 17 novembre 2014, est un patchwork de titres revus et corrigés autour des 3 créations studio du ‘band’.

L’ensemble se veut volontairement hétérogène de par la pléthore même des remixeurs de tout genre qui ont participé à ce long format. En effet, chacun a apporté ce qu’il sait faire de mieux dans son domaine. Le tout, pour un résultat qui oscille entre légèreté et gravité.

Plutôt orienté ‘électro’, cet elpee ravira inévitablement les aficionados du dance floor. Plutôt irrégulières et diversifiées, les sonorités arpentant ce disque affichent, certes, un charme latino, mais souffrent d’un formatage légèrement répétitif. On se lasse donc rapidement !

Mais si cette constante fluctuation peut désarçonner de prime abord, Gotan Project a tout de même choisi le parti d’emprunter une voie médiane, dans un entre-deux étrange qui donne lieu à quelques belles séquences musicales dans ce flux de singulières expérimentations. Fait plutôt rare de nos jours et qui mérite d’être souligné !

Les puristes du tango de la première heure seront relativement déconcertés. Pour un public averti donc !

Tracklisting :

1. Arrabal (Haaksman & Haaksman Hopper rmx)
2. Peligro (Lagartijeando rmx)  
3. Época (DJ Muro mix)
4. La Gloria (3Fulanos feat. Magnus Mefisto – MÄUSS rmx)
5. Rayuela (Daniel Haaksman rmx)
6. Santa María (del Buen Ayre) (Alex James rmx)

7. La cruz del sur (Interfearance vocal mix)
8. Panamericana (Michel Cleis remix)
9. Mi
confesión (Sandrinho DJ’s Aumentaosom remix)
10. La gloria (Poirier remix)
11. De hombre a hombre (Nicolas Repac rmx)
12. La del ruso (Calexico version)

Einstürzende Neubauten

Lament

Écrit par

Einstürzende Neubauten signifie approximativement ‘nouvelles constructions croulantes’ en allemand et j’avoue que c’est le son des vieilles friches industrielles que je m’attendais à découvrir lors de ma première écoute de l’univers si souvent décrit de la bande menée depuis plus de 30 ans par Blixa Bargfeld (ex-Bad Seeds). Et l’inaugural « Kriegmaschinerie » ne me donne pas tort… son ambiance ‘salle des machines’ expérimentale est ainsi pour le moins dissonante ! Mais très vite, comme une évidence, ces vétérans prouvent que leur musique ne se résume pas à ces gimmicks industriels…

Einstürzende Neubauten –dont la musique est basée sur des bruits d’outils de tous genres, outre les instruments habituels– aborde le thème de la Première Guerre Mondiale sur « Lament », un nouvel album commandé par la ville flamande de Dixmude afin de commémorer le centenaire de la ‘Guerre des tranchées’ ! Toujours à la limite de l’expérimental et loin d’être facile d’accès, l’opus de cette formation allemande varie cependant les climats : entre les plus pop et ‘autotunés’ –toute proportion gardée, ce n’est pas Justin Beiber non plus– « The Willy-Nicky Telegrams » ou « On Patrol On No Man’s Land », le pharaonique et impressionnant « Der 1. Weltkrieg » énonçant pendant plus de 13 minutes, année par année, l’entrée des pays et des villes en guerre, le glacial « Achterland » ou les plus lyriques « How Did I Die ? » et « Hymnen ». Judicieusement intitulé, cette dernière plage est entonnée comme un chant de guerre. « Lament » se révèle une œuvre ambitieuse, poétique et atypique, une œuvre unique en son genre, réalisée par un groupe résolument marginal et passionnant à la fois. Ces inclassables Teutons se produiront en live, à l’AB, les 27 et 28 mai.

 

Dans Dans

3

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Près de deux ans après avoir publié son premier LP, "I/II", Dans Dans nous propose un nouvel essai logiquement et sobrement intitulé "3". Et il serait juste que cette nouvelle œuvre passe la frontière linguistique de la Belgique. C'est du moins tout ce que la formation flamande mérite.

Steven Cassiers (batterie), Frederik "Lyenn" Jacques (basse) et Bert Dockx (guitare) continuent d’explorer l’aspect sombre de la musique. Un subtil mélange de jazz, de garage, de blues et de psychédélisme qui n'a pas fondamentalement évolué depuis deux ans. Entièrement instrumentale, pour la circonstance, cette expression sonore n'a rien perdu en intensité et en finesse. Digne d'une B.O. de film d’horreur, le trio prend un malin plaisir à se servir de mêmes riffs, tout au long de l’opus ; une méthode qui finit par tourner en boucle dans votre esprit, après avoir écouté les huit titres. Une chose est sûre, "3" est une nouvelle preuve d’un vrai talent qui mériterait une plus grande reconnaissance… 

 

Convulsif Big Band

cd 3

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Un jour, il faudra tout de même donner une définition de la musique. Ou du moins déterminer les caractéristiques qui permettent de la qualifier comme telle. Bien sûr, elle doit être considérée dans son sens le plus large du terme, pour ne pas brimer la créativité. Donc l’expérimentation. De là à pousser cette expérimentation dans ses derniers retranchements, il y a une limite qu’il serait souhaitable de ne pas dépasser. Ce qui explique pourquoi je doute fort que ces Suisses fassent de la musique. Ce n’est même pas de la musique concrète et encore moins post-industrielle. En fait, Convulsif Big Band produit une succession de bruits. Qui pour ma part ne ressemble à rien. À côté de ce « cd3 », les projets de Mike Patton ou encore la drone de Sunn O))) constituent de la pop. Le cadeau idéal à offrir à votre pire ennemi !

 

Odessey & Oracle

Odessey & Oracle and The Casiotone Orchestra

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Dès les premières notes et malgré le curieux emprunt de leur patronyme à un album des Zombies, on se rend rapidement compte que le son du ‘Casiotone Orchestra’ proposé par Odessey & Oracle sera plus foutraque et résolument lo-fi que proche des orfèvreries pop 60’s des illustres Anglais… Ce trio lyonnais, réunissant Guillaume Médioni, Fanny L’héritier et Alice Baudoin, possède en effet plus en commun avec des bricolos de la pop comme les Moldy Peaches ou CocoRosie qu’aux harmonies vocales chères aux Beach Boys et autres Zombies. Pour accentuer le côté ‘foufou’ de leur orchestre, les Français n’ont d’ailleurs pas hésité à sortir de leurs boîtes à musique, des instruments aussi saugrenus que la viole de gambe, le dobro ou le violoncelle baroque ! Depuis leur atelier, nos jeunes artisans enchaînent quelques belles réussites comme le doux « The Cat With Lipstick » et autres ratages comme le poussif et médiéval « The Unicorn », toutefois jamais sans se départir d’une rafraîchissante ouverture d’esprit. Sur des textes naïfs et barrés (abordant le Viagra, les licornes ou le rouge à lèvres…), les morceaux d’Odessey & Oracle étalent leurs drôles d’apparats tour à tour irritants (l’impossible et inaugural « 2016 ») ou séduisants (« Fixing the World »). Dommage ce manque de rigueur mélodique –un comble quand on se réfère aux Zombies– qui égratigne parfois les oreilles ; car l’originalité et la qualité sont indéniables !  

 

Speaking Corner

A la recherche du coin des orateurs…

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Après avoir couvert le festival ProPulse pendant trois jours, votre serviteur est invité par le groupe Ozvald, à assister au concert qui se déroulera –selon Facebook– au café People's House, sur la Place de Dour. Le nom de la salle sonne très insulaire et rock'n'roll. L'adresse est introduite dans le GPS qui guide souvent mon chemin, lorsque la destination m’est inconnue. Arrivé au terme de mon parcours, je ne discerne pas de café au nom évocateur. Evidemment, la ville qui accueille le célèbre festival de rock alternatif compte trois places. Interpellation d'un indigène ! Il me répond : ‘Pas de café anglais à Dour. Pour les concerts, il faut attendre 5 mois et le festival’.

Suis mal barré ! Je décide donc de parquer mon véhicule. Après 5 minutes de recherche, je passe devant un café assez imposant. Je relève la tête et découvre l'enseigne ‘Maison du Peuple’. Le franc tombe et effectue le parallèle entre « People's House » et « La Casa del Populo ».

Le concert débute normalement à 20h00. Il est déjà 21h00. Pas grand monde dans l'établissement, mais je reconnais quelques têtes connues. Surprise, MusicZine est représenté en force. Trois reporters sont présents. Stéphane va se charger de la rédaction du compte-rendu d'Ozvald et Didier, du supporting act, c’est-à-dire Speaking Corner, qu'il découvre. Le troisième collaborateur est prêt à prendre la relève, en cas de défaillance. Une équipe soudée décidée à affronter le déluge sonore.

La salle est magnifique, immense, mais malheureusement elle ne se prête pas au déroulement de concerts rock. L'ingé-son va pourtant accomplir des miracles et faire tout son possible pour maîtriser la sonorisation.

Speaking Corner est un quintet. Fred se réserve le micro, Bob et Raf, les grattes, Fab la basse et Max les drums. Claudia, la chanteuse/choriste est absente. Le combo est issu du coin. On me signale que chanteur a participé à l'aventure du ‘Plan Langues’ de la RTBF. Son anglais est d’ailleurs parfait, même si ses textes sont également écrits dans la langue de Molière. Le band a publié un album au titre évocateur, « Prochaine Saison », chez Hats Records. Normalement, ils portent tous un chapeau. Je ne remarque la présence que d’un barbu coiffé d’une toque en peau de castor. D’après la bio, la formation écume les salles obscures de notre royaume depuis quelques années. Ils ont du vécu et de la technique ; ce qui se ressent dans leur musique.

« Despereado » ouvre le bal. La voix de Fred est grave et caverneuse. Elle aurait pu naître d’un croisement entre Ian Dury, Nick Cave, Léonard Cohen et feu Ian Curtis, chanteur de Joy Division. L'artiste a vécu une relation fusionnelle avec Annick Honoré, une Montoise que j'ai connue. Annick a malheureusement été emportée par le cancer…

Lorsque les textes sont exprimés en français, ils oscillent entre le slam et le débit déclamatoire, proche d’un Serge Gainsbourg. « Michel Pop » est un extrait du roman ‘La possibilité d'une île’ de Michel Houellebecq. On écoute les lyrics de ce morceau, religieusement. Plutôt rock, la musique est parfaitement adaptée et se prête bien à ces écrits. Jean-Louis Aubert interprète « Les Parages Du Vide » de Houellebecq. Quelle belle coïncidence ! « Sens Unique » est hanté par un Gainsbarre taillé dans le rock. Les guitares s’y réservent la part du lion. Il manque cependant une petite touche féminine pour adoucir l’ensemble. « Brand New Church » est un morceau que chante habituellement Claudia. Elle est supplée, pour la circonstance, par Fred. A cet instant, c’est le spectre de Léonard Cohen qui se met à planer. Paradoxalement, si les guitares peuvent se révéler incisives, c’est la section rythmique qui se charge de tempérer les vocalises du chanteur. L’obstacle principal vient de la taille de la salle. Trop grande ! Et pourtant, on peut affirmer que derrière la console, le responsable s’est coupé en quatre pour le franchir.

J’espère revoir Speaking Corner dans de meilleures conditions. Pour la review d’Ozvald, c’est ici.

(Organisation :  Xtrm Scandalous)

Liesa Van der Aa

Woth

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Les interrogations sont nombreuses avant d’entamer l’écoute d’un triple album. Or, légitimement, comment trouver 130 minutes pour écouter ces 25 morceaux ? Mais surtout est-ce que l’artiste en question ne souffrirait-t-il pas d’une certaine mégalomanie en osant –en ces temps de crise de l’industrie du disque– pareille œuvre pharaonique ?

Le projet de Liesa Van der Aa ne manque en tout cas pas d’ambition. « Woth » est découpé en 3 chapitres conceptuels abordant… la cérémonie des morts dans l’Egypte antique de la « Pesée du Cœur » (« Weighing Of The Heart » d’où « Woth ») lorsque des juges décidaient si le cœur était lourd, léger ou en équilibre. Les 3 elpees reprennent les mêmes titres interprétés de manière différente : entre ballade pop éthérée (« On the Heart » - Chapter 2), électro quasi expérimentale (« On the Heart » - Chapter 1), folk chamanique déviant (« On the Heart » - Chapter 3) et vignettes électro-pop (« On Heaven » - Chapter 3), montée lyrique et tendue (« On Shadow » - Chapter 3) et uppercut indus (« On Names » - Chapter 1). Une bonne dose de mysticisme et le concours de la chorale des ‘42 Judges’ pour des interludes de chœurs baroques parachèvent de rendre cet OVNI musical au moins intéressant et osé à défaut d’être passionnant de bout en bout (comme le fatiguant et trop long « Freedom of Movement » - Chapter 2). On avait quasiment plus entendu œuvre si originale depuis Björk et Joanna Newsom… Forcément ça passe ou ça casse selon le mélomane ; mais saluons l’initiative !

 

Un clip incroyable pour Tahiti Boy

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« Songs of Vertigo »,  le second album de Tahiti Boy & The Palmtree Family sortira le 2 mars  prochain. Le groupe a pour l'occasion publié un clip étonnant pour illustrer  le single « Low Life ». Réalisé par Jack & Arnaud, on y découvre un homme s’animer sur des photographies de magazines de mode et tabloïds… Et c’est ici

 

 

 

 

 

Concerne Toro Y Moi

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Chaz Bundick, aka-Toro Y Moi, publiera un nouvel album ce 6 avril. Ce déjà vétéran de la ‘chillwave’ publiera un nouvel opus de R&B indie intitulé « What For », un disque pour lequel il a reçu le concours de Ruban Neilson d’Unknown Mortal Orchestra et de Julian Lynch.

L’Américain se produira le 2 avril au VK à Bruxelles.

 

Les Stranglers à la sauce FùGù Mango

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FùGù Mango a publié un live de sa reprise du célèbre « Golden Brown » des Stranglers. Le quatuor promeut ainsi son premier EP paru fin 2014 et intitulé « Juju ». Le groupe sera également en tournée aux quatre coins de la Belgique durant les mois à venir.

19.02 Trix Anvers

06.03 AB-BOTA Bxl

07.03 Eden Charleroi

23.04 Reflektor (Ardentes Club)  Liège

10.05 Eupen Musik Marathon

11.05 Les Nuits Botanique  Bxl

La nouvelle vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=dg4LXAUDu1g&feature=youtu.be

 

Le label de Boys Noize fête ses 10 ans d’existence ! 3650 days of Noize

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Boys Noize fête les 10 ans de son label Boysnoize Records en musique !

L'année 2015 promet de réserver pas mal de surprises, à commencer tout de suite par le cadeau d'un pack BitTorrent en libre téléchargement, avec en exclusivité les titres « Brain Frequent » et « Dawnload » de Boys Noize et plus de 5 heures de musique dont une compilation des 25 meilleurs titres sortis sur le label.

Plus tard dans l'année, des événements live sont à venir dans plus de 10 pays…

Pour télécharger le Player BitTorrent, c’est ici

 

 

 

 

 

The Scrap Dealers

Marre du garage…

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Ce 13 décembre 2014, la formation liégeoise The Scrap Dealers se produisait au Water Moulin de Tournai. Précédant le set de The Marvin Gayes et The Shivas. Avant de monter sur les planches, le quintet nous a accordé une interview. Au grand complet. Pendant leur collation. Seul souci au moment de rédiger cet article, c’est qu’en retranscrivant cet entretien, difficile de déterminer si les propos émanent de Hugues (guitare, chant), Régis (guitare, chant), Justin (basse), Cédric (guitare) ou Antoine (drums). Heureusement la plupart de leurs avis sont partagés. Et quand ils sont plus nuancés, votre serviteur tachera de le préciser.

La conversation débute par une boutade, puisque ‘The Scrap Dealers’ se traduit par ‘les ferrailleurs’. Or, à Kain, près de Tournai, le long de l’Escaut, est implanté, un énorme chantier de recyclage de métaux. Je leur demande donc si avant de débarquer au Water Moulin, ils y ont fait un crochet. L’allusion semble les perturber avant que l’un d’entre eux ne retombe sur ses pattes : « Faut demander à Hughes. Fallait trouver un nom. Ben, c’est vrai qu’il n’est pas très intelligent, alors on ne préfère pas en parler… » L’occasion d’embrayer par une question bateau (?!?!?), pour connaître le parcours musical des membres du groupe. Ainsi, Antoine a milité au sein de Pirato Ketchup et les autres, Local Fourmost Band, qu’ils ont quitté pour raisons personnelles, afin de rebondir chez The Scrap Dealers. « Un nom plus intelligent », embraie le même interlocuteur… Et en remontant ce nouveau projet, les musicos ont décidé d’y insuffler un nouvel esprit et d’écrire de nouvelles compos.  

Leur premier Ep s’étale sur plus de 33 minutes. Pourquoi donc n’a-t-il pas été considéré comme album ? Le groupe le considère comme tel, mais c’est JauneOrange qui a décidé de lui coller l’étiquette d’Ep. La plupart des critiques du disque que le band a pu lire soulèvent la même remarque. « On pense que la manière et la longueur y sont. On ne croit pas qu’il soit vraiment courant qu’un Ep réunisse 8 titres en près de 35 minutes. C’est même plutôt rare… » Un disque qui recèle un morceau caché. Comme pas mal de cds gravés au cours des nineties. Mais dans un style différent. Plus folk. Minimaliste même. Et sans titre. C’est Hugues qui s’exprime : « Il nous a quand même demandé une journée d’enregistrement. En fait, je voulais composer une chanson pendant les sessions et la travailler en compagnie du groupe. Mais cela n’a pas marché. Comme je l’avais écrite, on l’a enregistrée uniquement avec une guitare et quelques effets et on l’a ajoutée au tracklisting… » Une compo beaucoup plus paisible. « Effectivement, on voulait calmer le jeu. Que ce morceau surprenne. Et on l’assume à 200%. On est satisfait du choix d’ailleurs. » Oui mais alors pourquoi trois guitares sur scène ? « Parce que s’il ne tenait qu’à nous, on en mettrait davantage. Le problème en ‘live’, c’est qu’il faut de la place pour les caser. Et en général, sur les planches, il manque d’espace… »

Etonnant, mais vu leur jeune âge, les musiciens n’ont pas une mauvaise connaissance de l’histoire de la musique pop/rock. Et surtout sont conscients de leurs influences. Intentionnelles ou pas. Un titre comme ‘No sense in your eyes’ est imprimé sur une rythmique hypnotique qui pourrait faire penser aux débuts de Hawkwind. Ou alors a des combos issus du mouvement krautock comme Can ou Faust. Hugues reconnaît écouter beaucoup de rock allemand. Et bien sûr apprécier ce style musical. « On voulait créer un mur de son, en y ajoutant de la distorsion. Mais que ce soit en même temps ‘motorik’. Et c’est facile à jouer tout en y injectant de l’énergie afin de faire passer un simple message. Nous ne sommes pas des rockeurs progressifs comme Hawkwind. D’ailleurs on est moins doués. On essaie cependant de rester cohérents dans la structure des morceaux. Et puis, on ne connaît pas trop bien Hawkwind. M’enfin chacun a le droit de discerner, dans notre musique, ce qu’il ressent. Certains y décèlent du Count Five, du Blue Cheer ou du Blues Magoos… » Avis qui n’engage que votre serviteur, les mélodies d’‘Im so proud’ et de ‘For another day’ lui semblent aussi hymniques que chez les Dandy Warhols. « Davantage dans l’esprit de Brian Jonestown Massacre », me rétorque-t-on. Pourquoi pas ?

Abordons maintenant l’aspect plus garage de leur musique. A l’instar du morceau ‘I need you tonight’. Plus aride, plus malsain, mais dans l’esprit des Pink Fairies, voire des Deviants, deux groupes énormément portés sur les excès en tous genre. Justin prend la parole : « Deviants, j’adore. C’est même carrément mon groupe préféré. A cause du climat au sein duquel leur musique baigne. Sur cette chanson, la voix est particulièrement torturée. Et c’est en même temps lo fi. Très lo fi. Mais le thème de la chanson n’est pas particulièrement ‘harshé’. Elle demeure malgré tout sentimentale. Mais on a mixé très, très vite. Peut-être un peu trop. Pink Fairies ? J’aime un peu moins. Toujours aussi garage, mais plus pop… » Quant à ‘Evil ride’, il affiche une très jolie ligne mélodique. On pourrait même ajouter dans l’esprit du garage sixties cher aux compiles ‘Peebles’ et ‘Nuggets’. Ces anthologies figurent-t-elles dans leur discothèque ? « En fait, c’est une de nos plus vieilles chansons. Elle a même un petit côté post punk. La mélodie accroche facilement, c’est vrai. C’est aussi une des plus courtes. Une ballade de 2’30. » Mais le garage, ils en en ont tous un peu marre qu’on leur en parle et surtout qu’on les enferme constamment dans ce cadre. « Il faut savoir que depuis le début, on nous confine dans une cave. En nous comparant aux Black Lips, par exemple. On en a plein le c** ! Nous ne souhaitons pas être cloîtrés dans un genre,  à tout prix. Correspondre à une image prédéfinie. On a commencé comme formation de garage punk. La critique a essentiellement retenu cet épisode. Et elle continue à nous comparer aux Black Lips, aux Seagulls ou encore à Oh Sees. Ces analogies nous collent encore à la peau comme un chewing-gum pourri. Notre musique est en évolution constante ! Et le public est étonné de voir que le nouveau répertoire est totalement différent du single. En fait nous sommes encore un jeune groupe. Il n’a pas trois ans d’existence. Et au début, on a dû cravacher pour écrire des morceaux. Il était donc plus simple d’adopter le punk garage. Aujourd’hui, on a un peu plus de disponibilité pour travailler notre musique et rendre nos compos plus élaborées. Ce n’est pas qu’on change vraiment de style, mais on consacre plus de temps à les réaliser. Et puis on n’a pas envie de toujours reproduire la même chose. On a envie de toucher à des tas d’autres trucs. En fonction des humeurs… »

Inévitablement, quand on touche au psychédélisme, on pense au recours à des instruments insolites, indiens ou orientaux, notamment. Ou alors à l’utilisation de l’électronique comme Animal Collective, MGMT et il y a quelques années Ozric Tentacles. Alors, tenté par cette vision plus électro ? « On verra bien. Dans le futur, on va essayer de nouveaux types de synthés. Il y aura certainement des choix à poser. Ce sera une décision commune. Si tout le monde est d’accord, pourquoi pas ? Sans culpabilité aucune. On ne va cependant pas aller sur la voie du rock expérimental électronique ou post rock avec énormément de moog. Mais en ce qui concerne un tel recours, dans certains morceaux, à l’avenir, c’est possible. Tout est envisageable. On n’est fermé à rien du tout. Mais ce n’est pas sûr que ce soit en live. Plutôt en studio. Et puis on est plutôt réticent par rapport à l’électro pure. On veut conserver l’aspect hypnotique et psychédélique de notre rock alternatif. Ce qui ne nous empêchera pas d’évoluer. » Un concept hypnotique qui soudain évoque pour votre serviteur –et je me lance alors sans filet–Loop et Spiritualized... En plein dans le mille ! Surtout pour Hugues. « Personnellement que ce soit à travers Spacemen 3 ou Spiritualized, Jason Pierce est un dieu. A cause de la personnalité et de la sensibilité de sa musique. Bien sûr, je ne cautionne pas tout ce qu’il a fait, mais pour moi son œuvre est remarquable. Par contre, Loop adopte un profil plus aride et nonchalant. Plus shoegaze… » Comme Jesus & Mary Chain et Black Rebel Motorcycle Club ? « On apprécie la musique de Jesus & Mary Chain, mais pas vraiment l’attitude de poseurs des frère Reid. BRMC est responsable de quelques bons titres, mais les ¾ ne nous accrochent pas vraiment. Le leader joue bien de la guitare, il chante bien, il est beau, et il le sait. C’est une attitude qui fait c*****… »

Intéressant de savoir quand même si un nouvel et véritable elpee (?!?!?) serait en chantier. « Il est terminé. Il est au mixing. Mais il n’a plus rien à voir avec ce qu’on a fait sur le premier. Pas mal de monde va se poser des questions… »