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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Gregor Hilden

In phase

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Gregor Hilden est de nationalité allemande. Un guitariste de blues qui jouit d’une belle expérience, puisqu’il a déjà publié une dizaine d'albums. Il ne chante pas ; aussi, très souvent, il sollicite le concours de collaborateurs. Et quand ce n’est pas le cas, il se contente d’une œuvre exclusivement instrumentale. Pour enregistrer "In phase", il a bénéficié de la participation de son backing group, constitué d’un claviériste, d’un bassiste et d’un drummer.

"Mr Magic" ouvre la plaque. Un funk très clean. Alors que Dieter Steinman imprime le tempo, l'orgue Hammond tapisse l’expression sonore au sein de laquelle la guitare se libère simplement, clairement, dans une tonalité proche de celle si chère à Carlos Santana. "In phase" baigne au sein d’un climat atmosphérique qui me rappelle un autre esthète des cordes, l'Anglais Snowy White. Une plage empreinte de délicatesse et vraiment belle. Blues rythmé, "On blues" vire à la musique d'ambiance, une piste qui met l'accent sur le piano électrique de Thomas Hufschmidt. Le long playing recèle quelques morceaux qu’on pourrait qualifier de fusion entre rock, jazz, funk et blues. A l’instar de "Rock-Zabern" et "Desert song". "Springtime" est illuminé par sa très jolie mélodie. Parmi les titres les plus purement blues, on épinglera "Blues from the outer side", au cours duquel le piano électrique est bien mis en exergue, l’indolent et superbe "Naylor's blues', le trop bref à mon goût "63", et "Fleetwood Mac", une compo qui réverbère des tonalités très proches de celles dispensées à l’époque par Peter Green. La guitare est d'ailleurs une Gibson Les Paul Gold Top! Il s’agit d’une des deux reprises du long playing recèle. La seconde est consacrée au "Chitlins con carne" de Kenny Burrell. L’opus s’achève par "Farewell blues", un morceau sculpté dans la pureté cristalline. Gregor Hilden est un excellent musicien qui ne quitte guère l'Allemagne. Il se produit régulièrement en compagnie d’un autre remarquable gratteur teuton, Richie Arndt, ou encore des UK All Stars de Sam Kelly!

 

Karine Germaix

Ondes étourdies

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Karine Germaix est originaire de Nantes. Elle chante et joue de l'accordéon. Pas un instrument facile à maîtriser. Mais dans des mains expérimentées, le résultat peut s’avérer fascinant.

A première écoute, « Ondes Etourdies » ne m’a pas trop botté. Il a fallu que je lise le livret pour remettre le métier sur l’ouvrage. Et le second essai m’a alors paru déroutant, aventureux et beau à la fois. La musique de Karin est le fruit de la rencontre entre passé et présent. Et ses textes émargent à la bonne chanson française. Ce long playing ressemble à un petit laboratoire à idées. Et au plus je l’écoute, au plus je l’apprécie.

Finalement, la surprise est un peu comparable à celle qu’avait provoqué Ez3kiel, après la sortie de son elpee, « The Naphtaline Orchestra ». Lors de son set accordé à l’Aéronef de Lille, il y a 2 mois, la formation m’avait éblouie par ses expérimentations sonores réalisées dans le cadre de la sortie de l’LP « Lux ». Du grand art ! Je vous explique maintenant la comparaison. En concert (NDR : je l’avais découverte dans le cadre du Propulse), Karine se produit suivant deux formules différentes. Soit en solo, limité à l’accordéon, la voix et les percussions. Soit lors d’une performance plastique en compagnie de Mickomix (NDR : qui signe la pochette du disque ; et elle est particulièrement soignée). Mickomix dessine des ‘movies-pictures’ qui sont projetées sur écran, pendant le set, fusionnant ainsi graphisme et musique.

L'album est sorti en édition limitée. Les 200 exemplaires sont sérigraphiés et numérotés en digipack. Donc, c’est un collector !

« Exotisme » s’ébroue dans les sonorités profondes et mystérieuses. Elles pourraient nous conduire dans la forêt de Brocéliande, pour y rencontrer des elfes. « Oscillations » est plus difficile à digérer. Mais après plusieurs lectures, vous vous laisserez entraîner dans les abysses des grands fonds marins.

« La Fièvre » repose sur la combinaison voix/accordéon. Sur cette plage, pourtant plus accessible, l’artiste a un message à faire passer. Pour « Escarboucle », une voix atmosphérique se profile sur des sonorités austères, dispensées par le piano à bretelles, avant que l’expression sonore nous transporte dans une ambiance médiévale.

Accordéon magique et voix envoûtante colorent « Calamity Jane ». Caractérisée par ses percus incorporés par paliers, « Chanson Nue » constitue la meilleure compo de l’œuvre. Une véritable perle. Sur « Rouille », l'artiste explore des chemins sonores plus escarpés. C’est audacieux, mais jamais casse-gueule. Quoique légèrement plus rock, « Le Fantôme Du Corridor » est un morceau plus accessible, mais aussi bien ficelé.

Ce n’est qu’une suggestion, mais si l’artiste décidait d’ajouter des cuivres dans sa musique, elle pourrait grimper un nouvel échelon et pourquoi pas nous plonger dans un univers sonore aussi magique que celui de Beirut. Chapeau l'Artiste !

Dana Fuchs

Songs from the road

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Originaire du New Jersey, Dana Fuchs est une chanteuse de blues/rock. Quoique âgé de 40 balais, elle ne manque pas de charme. Elle avait entamé son parcours musical dès 16 ans, au sein du groupe Holiday Inn. Elle s’établit à New York et rencontre celui qui est toujours son compagnon, le guitariste John Diamond. Elle monte alors son Dana Fuchs Band, et publie un premier elpee, "Lonely for a lifetime", en 2003, puis un live en 2008, intitulé "Live in NYC". Elle interprète le rôle de Janis Joplin dans la pièce musicale "Love, Janis", un rôle qui lui va comme un gant, vu la similitude entre sa voix et celle de feu l’icône texane. Ce qui va lui ouvrir la voie du succès. Et tout particulièrement lors de la sortie des elpees "Love to beg", en 2011, et surtout "Bliss Avenue", en 2013.

Les deux supports (cd et dvd) consacrés à "Songs from the road" ont été immortalisés au Highline Ballroom de New York, en mars 2014. Pour la circonstance elle avait reçu le concours de Jack Daley à la basse, Joe Daley à la batterie et des Screaming Sirens aux chœurs.

Dana entame le show par son titre fétiche, "Bliss Avenue". Eraillée, sa voix s’enflamme très vite, et évoque inévitablement celle de la mythique Janis Joplin. Redoutable gratteur, John Diamond y torture les cordes de sa Telecaster. Et elles vibrent tout au long du blues/rock "Handful too many". Soutenu par des chœurs gospel, "Livin' on Sunday" baigne dans un climat plus funky. Pete en profite pour tirer son épingle du jeu. Dana est la plupart du temps sur les genoux pour interpréter "How did things get this way". Illuminé par les harmonies de trois vocalistes blanches, Elaine, Nicki et Belle, ce rock déménage. La voix de Mrs Fuchs est particulièrement expressive, tout au long du lent et mélancolique "So hard to move". Dana avait entamé sa carrière dans le gospel. Et on s’en rend compte, lorsqu’elle joint sa voix à celle des trois autres voix féminines sur "Summersong". Judicieusement intitulé, "Set it on fire" est un brûlot rock'n'roll. Emouvante, "Sad salvation" est une ballade gospel acoustique. Dana empoigne une sèche pour attaquer "Tell me I'm not drinking", une autre ballade vivifiante. "Love to beg" est le seul morceau qui ne figure pas sur le dvd. Caractérisé par une excellente introduction, il glisse vers le r&b, dans un style proche des Small Faces circa 60s, en imaginant que la voix de Steve Marriott s’efface au profit de vocaux féminins. A cet instant, les cordes de Diamond font merveille. Elles sont même carrément déjantées. Un des meilleurs moments du concert ! Sculpté dans le country/rock, "Rodents in the Attic" adopte le rythme du cheval au galop, une piste hantée par Ennio Morricone. Dana reste littéralement collée au plancher alors que son Jon est étincelant sur sa gratte. Pete siège derrière le piano pour le blues/rock classique, "Nothin' on my mind". Le tempo se calme pour "Vagabond wind", un blues au cours duquel, chargée de feeling, la voix de Dana se révèle tout bonnement exceptionnelle. Digne de Janis. Miss Fuchs vit son répertoire. Elle manifeste beaucoup de présence sur les planches. Et elle le démontre encore sur "Long long game", une plage au cours de laquelle John s’autorise un étonnant envol psychédélique sur sa six cordes. "Keep on walkin'" est un autre R&B incandescent. Le public est debout. En rappel, elle attaque "I've been loving you too long", une ballade qui figurait au répertoire d’Otis Redding. Puis le "Don't let me down" des Beatles, une compo signée par John Lennon, en 1969. Et ces deux versions sont bouleversantes. Excellent!

 

Flyin' Saucers Gumbo Special

Swamp it up!

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Bien qu’elle ait choisi un patronyme à consonance louisianaise, cette formation est en réalité française. Elle est même originaire de la Gironde. Un quintet qui réunit les mêmes musicos depuis 1997. A ce jour, il a enregistré "Blues attack" en 1998, le live "Bon Ton Roule" en 1999, "Radio Gumbo" en 2002, "Raw & spicy covers" en 2007, "Fire on the Bayou" en 2008 et "Here comes the crawfish groove" en 2010, avant de publier ce "Swamp it up! " Bien évidemment, ses membres aiment la Louisiane sous toutes ses coutures musicales ; que ce soit à travers le cajun ou le zydeco pratiqué du côté de Lafayette, du swamp blues rencontré à Baton Rouge ou encore du jazz, du funk et du swing prodigués à la Nouvelle Orléans. Tous chantent, dont trois comme solistes. Le line up s’établit donc comme suit : Fabio Izquierdo (accordéon, harmonica, percussions diverses), Cédric Le Goff (piano, orgue), Fabrice Joussot (guitare), Jean-Charles Duchein (basse) et Stéphane Stanger (batterie et percussions). Ils jouissent d’une solide réputation ; ce qui leur a permis de participer, comme invités, à de multiples sessions d'enregistrement.

Nous plongeons immédiatement dans la Crescent City, soit la Nouvelle-Orléans, dès  "Pitchtraow tune". Les cuivres, les voix et le piano de Cédric y entretiennent l'ambiance. "Tailgator groove" reflète la joie de vivre, une compo qui trempe dans le zydeco au cours de laquelle l'accordéon (of course), la planche de Philippe Sauret, l'orgue et la guitare sont bien en place. Fabrice Joussot signe "Dance around me", une ballade empreinte de charme et de tendresse, et légèrement teintée de cajun. "Freeborn man" nous entraîne dans les marais, près de Baton Rouge, une plage remarquablement interprétée par Loretta, la chanteuse des Bad Kings. Anthony Stelmaszack se consacre à la six cordes alors que Fabio souffle dans les aigus comme feu le légendaire Slim Harpo. Fabrice se réserve le micro sur "My dog", un titre de roots/rock entraînant. Et Cédric pour "What ya doin' first", un titre de funk. Sa voix est superbe, alors que le trombone de Thomas Besse est en effervescence au cœur du brass band. Syncopés, les accords de piano colorent de sonorités néo-orléanaises "Real, real man", une plage hantée par Huey Smith, Allen Toussaint et Professor Longhair. Cédric est toujours aux ivoires pour attaquer "Don't look back", un blues lent de bonne facture, avant d’être rejoint par le front de cuivres et l'orgue Hammond. "Women & Buicks" retourne au cœur des bayous, un rock entretenu par l’accordéon, alors que la guitare ne tient plus en place. Soutenue par les chœurs du Gumbo Special, la voix de Sugaray Rayford (NDR : il est hébergé par l'écurie Delta Groove) est puissante et expressive tout au long de la reprise du "Pray for your daughter" d'André Williams, une piste parcourue par le banjo de Manu Bertrand, un spécialiste du bluegrass. Caractérisé par ses accords de gratte reverb, dignes de Tony Joe White, "The great zombie" macère dans le swamp rock. Evoluant sur le rythme indolent des marais, "Rainy day night in Georgia" clôt ce remarquable opus, une plage que chante Jimmy Burns, bluesman issu du Mississippi, d’une voix particulièrement expressive… 

 

Flygmaskin

Fall

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Flygmaskin est un quatuor liégeois qui marche sur les traces de l’ensemble anversois DAAU. Découpé en 10 titres instrumentaux, « Fall » révèle en tout cas un fameux potentiel onirique, inspiré par le pianiste Sébastien Willemyns. L’accordéon vivace, la cadence imposée par la contrebasse et les accords d’ivoires délicats sont les principaux ingrédients qui illuminent les perles composant cet opus. La justesse de la mélodie (« Résonnance »), la liberté de ton inhérente au jazz (« Mississimi », « Arpèges »), le tempo enlevé imposé aux valses (« Escalions » et son final euphorisant) et même parfois une certaine accessibilité (« Harmonie du Soir ») illustrent parfaitement les paysages visionnaires de « Fall », une œuvre à la fois poétique, fragile et classique, mais surtout d’une grande qualité musicale. Mot suédois, Flygmaskin se traduit par ‘Machine Volante’ ; et en effet, on a vraiment l’impression de voyager, à leurs côtés, dans l’atmosphère, en écoutant cette musique…

 

Deep Show

The Spleen King

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Deep Show est une formation belge qui écume les planches, depuis 2011. Côté discographie, elle a gravé un Ep éponyme de 5 titres avant de publier son premier album studio, intitulé « The Spleen King ». Les membres de ce band ne sont pas tout à fait des inconnus ; et pour cause, son chanteur, Sergeï Kraven, milite également dans le groupe de grindcore Leng Tch’e tandis que le guitariste, Rudy Dumont, est un ancien membre de Stereo Chrome. Jason C. quant à lui frappe les fûts chez le combo de hardcore, T.C.M.F.H.. Le décor est planté, ce ne sont pas des néophytes.

Cet elpee démarre par une introduction jouant sur les fibres d’une ambiance angoissante, à l’image de la cover affichant le portrait dessiné d’un homme qu’on imagine au bout de sa vie, rongé par un passé trop lourd à porter. Quelques ‘distros’ lentes de guitare ouvrent le morceau, rejointes rapidement par la batterie, un peu comme si chaque instrument cherchait à entrer en harmonie l’un par rapport à l’autre. La tension monte jusqu’à ce que le premier riff naisse, accrocheur à souhait. La sauce prend, « The Spleen King » peut débuter. La voix riche et chaude de Sergeï vient se poser sur l’ensemble, alternant entre chant clair et hurlement, accompagné de quelques passages chuchotés. L’ambiance est lourde, planante, on se sent transportés en leur compagnie. Du bon Stoner, à n’en point douter.

« Dr Hoovy » embraie. Tiens, mon PC a dû bugger et zapper vers une autre setlist. Bizarre ! Ah… ben non, ce n’est finalement pas un morceau de Down qui passe. La ressemblance est flagrante (pour ne pas dire bluffante), tant au niveau musical que vocal. Qu’on s’inspire d’un ou plusieurs groupes n’a rien de dérangeant, au contraire. C’est même logique et naturel. Mais ici, la similitude frôle le dérangeant. C’est bon, c’est très bon… mais cette plage, ainsi que la plupart des autres de l’opus, pourrait figurer au répertoire d’un tribute band du groupe de Phil Anselmo. Une similitude marquée une fois de plus lors de la dernière piste de l’opus, où comme dans « Nola », premier long playing de Down, la fin de « Bury Me in Smoke » ne cesse d’être répété. Et on constate une même analogie sur « Seek Some Action », clôturant le présent LP des Montois…

Mais il n’empêche que ce premier album nous réserve beaucoup de bons moments, transpirant, en outre, une maîtrise certaine. Un décollage plus que probable leur est promis, si le quatuor parvient à forger son identité propre, comme sur le titre d’ouverture, « The Spleen King » ou encore « River O’River », compo bénéficiant d’une très belle montée en puissance. La présence des lyrics dans le livret joint au CD aurait permis de comprendre un peu plus l’ambiance que le band a voulu insuffler, tout en parvenant à mieux cerner le contexte de certains morceaux. Mais gardez simplement ce qualificatif en tête : ‘Hoovy’. Où, comme l’explique le combo, le Heavy rencontre le Groovy. Un adjectif qui ne pourrait mieux coller à la musique de Deep Show, une valeur sûre en devenir de la scène belge, qui profitera très certainement de cet été pour, petit à petit, caresser les oreilles et hanter les esprits de plus d’un mélomane. Il ne manque plus grand-chose pour y parvenir…

 

Eric Clapton

Olanes, trains and Eric (Dvd)

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La carrière d’Eric Clapton est déjà très longue. Sa notoriété, il l’a forgée au fil de ses expériences, qu’il a menées chez les Yardbirds, Bluesbreakers, Cream, Blind Faith, Derek and the Dominoes et bien entendu, en solitaire. La plus longue, il faut le préciser. Au fil du temps, la musique de l’artiste est devenue plus pop, même si elle a toujours conservé des racines blues. Ce qu’il a constamment démontré sur les planches. Ses enregistrements ‘live’ sont innombrables. Ce Dvd a été immortalisé dans le cadre de la tournée "Mid and Far East Tour", en 2014. Il nous livre seize chansons (en comptant les deux en bonus) dont certaines appartiennent à son répertoire intemporel, depuis plusieurs décennies. Il recèle également des interviews, des  séances de répètes et des reportages filmés lors de ses voyages en train ou en avion. Artiste plus que notoire, Clapton peut se permettre d’engager de brillants collaborateurs. Pour la circonstance, il a entraîné ainsi dans l’aventure, Steve Gadd et Nathan East pour constituer la section rythmique, Paul Carrack et Chris Stainton, aux claviers, ainsi que deux choristes, Michelle John et Shar White.

"Tell the truth" date de l'époque Derek and the Dominoes. C’est le titre qui ouvre le Dvd. "Pretending" embraie. Il s’agit de la première piste de l’elpee, "Journeyman". "Crossroads" est devenu un classique. Il remonte à l’époque de The Cream. Une compo signée par le légendaire Robert Johnson, et imprimée ici sur un tempo plus lent. Blues indolent, "Driftin' blues" a été écrit par Johnny Moore et Charles Brown, au cours des années 40. La nouvelle version est acoustique. La reprise du "I shot the sheriff" de Bob Marley a toujours été un moment incontournable lors d'un concert de Clapton. "Layla" et "Wonderful tonight" sont deux chansons qu'il avait destinées son ex-épouse Pattie Boyd, également une ex de feu Georges Harrison… Ce périple nous entraîne au Japon. Qui rend hommage à Eric pour son 200ème concert accordé au pays du soleil levant. On le retrouve ensuite, également, à Singapour, au Bahrein et à Dubai. Parmi les blues les plus remarquables, j’épinglerai les versions du "Little queen of spades" de Robert Johnson, du "Key to the highway" de Big Bill Broonzy, du "Before you accuse me" de Bo Diddley, du "Hoochie Coocie man" de Willie Dixon, sans oublier le clin d’œil adressé à son grand ami, disparu il y a peu, JJ Cale, à travers "Cocaine". La dernière piste, "High time we went", est signée Joe Cocker (NDR : encore une légende récemment décédée) et Chris Stainton. On en arrive donc aux bonus tracks, au cours duquel Eric chante unplugged le traditionnel "Nobody knows you (when you're down and out)", une composition issue de la plume de Jimmy Cox, datant de 1923, et "Alabama woman blues", de celle de Leroy Carr, remontant à la même époque!

 

Eric Bibb

Blues people

Écrit par

Eric Bibb est chanteur/compositeur. Il est âgé de 63 balais. C’est le fils de Léon, vocaliste de folk et de blues, mais également acteur. La discographie d’Eric est déjà conséquente. Il se considère comme un troubadour du blues. Il aime en rappeler les origines puisées aux sources afro-américaines. L'un de ses héros est le Dr Martin Luther King, qui a tant lutté pour les droits civiques des noirs. Il a intitulé son nouvel elpee, "Blues People" (NDR : traduisez, ‘le peuple du blues’), soit le même titre que l’ouvrage d'Amiri Baraka, signé sous le pseudo de LeRoi James, en 1963. Une approche sociale et politique du blues et du jazz qui a contribué au mouvement ‘Black Power’, destiné à la lutte contre la ségrégation raciale. Pour enregistrer cet opus, Bibb a reçu le concours de nombreux amis et collaborateurs.

L’ouverture de "Silver spoon" est empreinte de pureté et de dépouillement, un peu dans le style du John Lee Hooker originel. La section rythmique opère discrètement son entrée, avant que la guitare électrique –particulièrement inspirée– de Popa Chubby –un pote new-yorkais– n’entre dans la danse. Eric et Michael Jerome Brown cosignent "Driftin' door to door". Ce dernier se consacre à la slide sur cette piste, afin de ressusciter l'esprit du légendaire Bukka White, au sein d’un climat cool, digne de JJ Cale! "Turner station" baigne dans une même atmosphère intimiste. Le producteur, Glen Scott, siège derrière l'orgue Hammond, alors que Brown s’illustre à la slide électrique. Bibb reprend le "Chocolate man" de son ami Guy Davis. Et ce dernier, y participe. Nappé de cordes ténébreuses, "Rosewood" relate l’histoire du massacre d'Afro-américains, dans la petite ville de Rosewood (NDR : c’est en Floride), perpétré en janvier 1923. Eric adapte le "I heard the angels singin" du Reverend Gary Davis, un morceau caractérisé par les interventions à l'harmonica du Français J-J Milteau et le concours des voix envoûtantes des Blind Boys of Alabama. Il partage le chant auprès de la vocaliste de couleur noire Ruthie Foster (NDR : c’est une Texane !) et d'Harrison Kennedy (ex-Chairmen of the Board) tout au long de "Dream catchers", une compo qui mêle habilement gospel et reggae. Eric et son producteur Glen Scott conjuguent leurs voix sur le superbe "Chain reaction", une plage au potentiel commercial indéniable. De nombreux artistes ont apporté leur collaboration à "Needed time", une véritable fête vocale : Taj Mahal, Ruthie Foster, les Blind Boys of Alabama ainsi que Browne à la slide. Linda Tillery (NDR : fin des 60’s, elle assurait les vocaux chez Loading Zone, un combo issu de San Francisco) se réserve le micro sur "Remember the ones", un R&B légèrement cuivré. Le chanteur sud-africain Andre De Lange, apporte sa touche indigène à "Home". Enfin, cet excellent opus s’achève par "Where do we go", une plage à laquelle participe la charmante citoyenne de la Nouvelle Orléans, Leyla McCalla, au chant et au banjo.

 

Balkun Brothers

Red Rova

Écrit par

Balkun Brothers est un trio de power blues/rock. Il est issu de Hartford, dans le Connecticut et réunit de jeunes musicos : le bassiste Caleb Battersby et les frères Balkun. Steve se charge du chant et des guitares, Nick des drums. A ce jour, le combo a gravé un Ep 6 titres en 2013 ; en l’occurrence, l’impressionnant "God bless our fallout shelter". Puis un LP baptisé "Bluesch Metal Live from the Baeschment", paru en mars 2014, un disque sculpté dans le hard rock, métal, funk et psychédélisme. Octobre 2014, le band a gravé un second Ep 5 titres, intitulé "We. In. Detroit". Et le nouveau long playing a été publié en janvier 2015!

Les frangins signent l’intégralité de leur répertoire. Le trio a déjà remporté plusieurs challenges dans leur Etat du Connecticut, au cours de ces deux dernières années. Steve n'a pas encore trente ans. Il a étudié la musique au Berklee College of Music de Boston, puis a suivi une formation de luthier en Georgie. Il fabrique ses propres guitares et est propriétaire d’un magasin d’instruments, chez lui, à Hartford. Nick a lui monté son studio : ‘Balkun’. Equipé professionnellement, il est ouvert aux autres musiciens. Les frères sont des passionnés et leur musique ne laisse pas indifférent.

Dès le premier morceau, "Oh yeah! (Last Jam)", on se prend une belle claque en pleine tronche. Le son est puissant. La guitare, largement amplifiée. La section rythmique, parfaitement soudée et littéralement en plomb. Seule la voix trahit une certaine jeunesse. Superbement jouée, la guitare est hantée par Jimi Hendrix, tout en préservant la cohérence du morceau. Au bout de 4’, le tempo s'accélère. Nick pousse son frère dans ses derniers retranchements ; et Steve tient parfaitement la distance. Introduit par des sonorités cosmiques, "Redrova" prend ensuite la tonalité métallique du Delta et se convertit au blues hard rock. La slide dirige alors la manœuvre, avant de s’autoriser un trip psychédélique. La construction musicale est complexe et intelligente. "Got my boots" s'enfonce davantage dans le delta blues originel. Les percus sont variées. Très métallique, la guitare Résonator domine le sujet. Steve pose sa voix sur la plage lente et atmosphérique "Keep me warm". Son timbre est totalement différent. Déjantées, les cordes montent progressivement en puissance, avant d’atteindre le sommet. Rapide et nerveux, "Song for an arachnid" est contaminé par la country. Funky blues, "Bippidee Bopp" est une piste bien construite. Steve s'applique sur sa slide et en libère des sonorités à la fois personnelles et originales. Titre de brève durée, "Keep it up" concède des accents boogie et jazz. "Sally's blues" est un autre blues lent. Larry Fallstrom double au piano et à l’orgue. La six cordes prend un billet de sortie, dans un style plus classique, même si l'escapade s’avère encore remarquable ! Dave Sadloski  souffle dans son harmonica sur le country/blues "Fried Pickle Party", un court intermède acoustique. Cap vers le Mississippi pour "Slidin' buff", encore un country blues parcouru par une slide fringante. Et elle embraie dans le même registre sur "Tell me", un blues bien rythmé, proche de Chicago. Brillante, cette œuvre s’achève par "Too damn long". Le climat est lugubre, mais authentique. Cette piste nous entraîne de nouveau au cœur des collines du Mississippi ; mais témoigne encore de cette facilité affichée par les frères Balkun, lorsqu’ils s'expriment à travers le blues.

 

The Yellow Traffic Light

Dreamless (Ep)

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Originaire de Turin, cette toute jeune formation est née en 2012.

Un trio dont le premier elpee, intitulé « Home at least », date de mars 2013.

L’année suivante, un quatrième larron vient compléter le line up.

Lanotte Jacopo (guitare et voix), Lorenzo Avataneo (basse et voix), Luca Chiorra (batterie) et  Federico Mariani (guitare et clavier) livrent ici un support trois titres aux accents ‘shoegaze’ baptisé « Dreamless ». C’est peu, me direz-vous ! Et pourtant, il démontre le travail créatif du combo !

Sans être des précurseurs en la matière, les gaillards se démerdent plutôt bien et proposent des mélodies d’une certaine qualité. A la fois aériennes, mélancoliques et légères, elles évitent les poncifs bruitistes du genre.

Les riffs de guitares occupent la majeure partie de l'espace sonore. Les nappes de synthé se font volontairement discrètes. Aucune surprise du côté des sessions rythmiques, celles-ci se révélant on ne peut plus conventionnelles.

Par contre, ce qui fait véritablement l’originalité de cet opus, c’est l’association entre le côté vaporeux drapé de soie et le chant sous mixé. Un mécanisme qui n’est pas sans rappeler la dream-pop d’un certain Cocteau Twins. Il suffit d’écouter « April » et « Do it right » pour s’en convaincre !

La filiation est sans équivoque ! Le groupe se défend d’ailleurs de puiser son inspiration auprès de My Bloody Valentine et Ride. Dans cette catégorie, on ne fait pas mieux !

Plus pop, « Care » s’écarte de cette ligne de conduite. C’est dommage ! Peut-être est-ce dû à une volonté de se rapprocher davantage des postulats radiophoniques ?

À découvrir sur Bandcamp ici

 

 

ABBota 2015 : samedi 7 mars

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C'est la seconde journée du festival ABBota. Il se déroule à la Rotonde et à l’Orangerie du Botanique. Elle est consacrée aux artistes issus du Nord de la Belgique, régulièrement programmés par l’AB. Les concerts démarrent vers 19h00. Vu les embouteillages qui perturbent la Capitale à ce moment de la journée, impossible d’arriver à l’heure.

Et je manque donc Kris Dane. En arrivant à destination, direction l'Orangerie pour assister à la prestation de Wallace Vanborn, un excellent groupe de métal gantois. Fondé en 2005, il pratique un stoner particulièrement énergique. Trois albums à son actif : « Free Blank Shots », en 2010, l’épatant « Lions Liars Guns And God », en 2012, et « The Orb We Absorb », l’an dernier, que le trio est venu défendre. Un disque produit par Chris Goss (Mark Lanegan) au Rancho de la Luna, à Joshua Tree. C’est en Californie. Le line up réunit le chanteur/guitariste Ian Clement, le bassiste Dries Hoof, et le drummer/chanteur Sylvester Vanborn. Le groupe jouit d’une énorme popularité en Flandre et aux Pays-Bas. En Wallonie, il est très peu connu. J’avais découvert ce band, en 2009, lorsqu’il avait assuré le supporting act de Therapy. A l’instar d’Amera et de Channel Zero, il s’agit assurément d’une des meilleures formations métalliques issue du Nord du Pays. L’Orangerie est pleine à craquer. Le décor est dépouillé. La section rythmique basse/batterie est particulièrement efficace. C’est souvent le cas au sein d’un trio. Le son est parfait. Pas de fioriture dans leur set. Il sera carré, rock’n’roll. Les riffs de guitare sont huileux, graisseux même. Soigné, le sens mélodique est soutenu par des vocaux limpides. Manifestement les musicos ont été biberonnés, au cours de leur jeunesse, à la musique du mythique Queens Of The Stone Age. Brillant !

La petite soeur de Geike Arnaert (NDR : l’ancienne chanteuse de Hooverphonic) se produit à la Rotonde. Kaat (NDR : c’est son prénom) est en résidence à l'Ancienne Belgique pour l’exercice 2014-2015. Elle a d’ailleurs reçu le concours de l’AB pour publier son premier elpee, mais également des internautes via la plateforme de crowdsufting, KissKissBangBang. C’est à l’âge de 14 ans qu’elle a intégré Sutrastrore, une formation de trip pop. Pour y chanter. Elle rejoint ensuite Tommigun, en compagnie duquel elle part en tournée à travers la Belgique et la Hollande, un périple auquel participe également d’autres combos belges : Balthazar et Amatorski. Tommigun grave un premier LP qui sera distribué en Belgique, Allemagne et Suisse. En 2009, Tommigun assure le supporting act de Daniel Jonhston pour sa tournée européenne. Kaat a également accompli la première partie de Sébastien Tellier, à l'Ancienne Belgique, le 11 octobre 2014.

Son premier opus réunira 12 chansons. Elle va nous en présenter plusieurs extraits au cours de son set. Kaat se réserve bien sûr, les vocaux. Elle est épaulée par un drummer et un préposé aux synthés et machines. Il y a du peuple dans l'amphithéâtre, mais je suis quand même parvenu à me faufiler jusqu’au bord du podium. L’univers sonore de Kaat est subtilement teinté d’électro. Sa voix est claire, douce, bouleversante, et rappelle quelque part, celle de sa frangine. Capable de monter en puissance, elle ne libère jamais une once d’agressivité. Elle nous confesse que quelques morceaux de ce long playing ont été composés en Palestine. Assez statique sur les planches, elle remercie néanmoins souvent le public d'être venu l’applaudir. Mais mon attention est surtout focalisée sur le drummer qui utilise une multitude d'ustensiles pour enrichir les compositions. Une artiste certainement à suivre en 2015. J'attends avec impatience la sortie de son album.

Kenji Minogue nous vient également de Gand. Un groupe qui a déjà décroché deux hits : Mijn Oeders » et « Alwadamehetten ». Sur son elpee « De Groetjes », figure « Danny », un morceau qui a été repris par un certain Luc De Vos.

Tous les musicos sont déguisés. Deux dames sont vêtues de noir et ont enfilé des collants arlequins plutôt colorés. Leurs voix sont trafiquées par un vocodeur. L’une a pris une tonalité masculine et l’autre féminine. Le drummer porte un masque de sanglier qu'il ne quittera pas du show. Le combo va nous en proposer un à la fois déjanté et festif. Les lyrics sont dispensés dans la langue de Vondel. La musique baigne dans l’electro/trash. Les musicos déménagent sur les planches. A deux reprises, 2 nudistes vont débouler sur l’estrade et adopter, auprès des chanteuses, quelques positions plus pornos qu’érotiques. C’est finalement assez rock’n’roll. Je n'avais jamais assisté à une tel spectacle au Botanique et les agents de sécurité, non plus. Finalement, ils ne sont pas intervenus et ont demandé bien gentiment aux naturistes de se rhabiller. Après cet intermède imprévu, la pression va inévitablement montrer, surtout chez les filles… Tiens, petite anecdote, je me rappelle qu’à ses débuts, Jérémy, l’un des deux chanteurs/gratteurs d’Experimental Tropic Blues Band, exhibait ses attributs. Mais ce temps semble révolu. Et puis, les musiciens ont aujourd’hui acquis davantage de maturité. Bref, pour en revenir à nous moutons, Kenji Minogue nous a réservé un spectacle festif et involontairement libidineux au sein duquel il est parvenu à intégrer rock, électro, trash, hard, punk et même techno… 'Wa een feestje ! Da was dikke fieste! '

Black Flower clôt l’ABBota à la Rotonde 1) Votre serviteur est crevé et a envie de rejoindre ses pénates. 2) Le groupe ne me botte pas particulièrement. 3) Impossible de rentrer dans la salle, sauf en crowdsurfing. 4) Je tire ma révérence. 5) A l’année prochaine !

(Organisation : Botanique et Ancienne Belgique)

Kris Dane + Wallace Vanborne + Kaat Arnaert + Kenjin Minogue + Black Flower

 

D’Angelo

Le Messie Noir et son avant-garde…

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On n’espérait plus revoir D’Angelo en concert en Belgique. Sa dernière apparition datait du mois de juillet… 2000, lors de l’une des 77 dates de son ‘Voodoo Tour’. Faut dire que le chanteur américain s’était fait plutôt discret depuis la sortie de son dernier album « Voodoo », un disque qui lui avait permis de se faire connaître aux yeux et aux oreilles du grand public. Cette exposition médiatique nouvelle a été difficile à gérer pour l’artiste, qui a développé plusieurs addictions à la drogue et à l’alcool, ne nous livrant plus aucun projet depuis l’an 2000. Quinze années plus tard, c’est Forest National qui accueille le chanteur, originaire de Richmond aux Etats-Unis, sur nos terres pour la dernière date européenne de sa tournée consacrée à son troisième LP, « Black Messiah ».

C’est peu avant 21h00, devant un parterre d’environ 2 000 personnes, sous un décor minimaliste et sur une scène bourrée d’instruments, que D’Angelo monte sur l’estrade. Le chanteur nu soul ouvre son concert par le très réussi « Prayer ». Mais D’Angelo ne joue pas en solo très longtemps. Il est rejoint quelques minutes plus tard, par ce qu’il présente comme son nouveau groupe, The Vanguard. Et c’est justement ce qui va faire tout l’intérêt du concert. Soutenu par Pino Palladino, Chris Dave, Kendra Foster et Jesse Johnson, le concert n’en est que plus convaincant.

D’Angelo & The Vanguard enchaînent les titres du dernier long playing, mais aussi des classiques des deux précédents opus de D’Angelo ; soit « Brown Sugar » et « Voodoo ». Le public est littéralement conquis quand retentit l’introduction de « Really Love », l’un des meilleurs morceaux de « Black Messiah ». D’Angelo peut d’ailleurs compter sur ses fans pour l’accompagner sur une bonne partie du morceau. Même constat sur « Brown Sugar » et « The Charade », fortement appréciés par l’auditoire bruxellois.

Après deux heures de concert intenses où D’Angelo est apparu très proche de son public tout en laissant la part belle aux musiciens de The Vanguard sur la quasi-totalité de la set list, « Till it’s done (tutu) » ainsi que le très long mais pas moins très énergétique « Untitled (how does it feel) » achèvent le spectacle.

D’Angelo a signé un retour gagnant auprès de son public qui l’attendait depuis un long moment. Le chanteur nu soul libère beaucoup d’énergie sur les planches changeant plusieurs fois de tenue vestimentaire au cours de la soirée, au gré des séquences abordées (rock, latin, soul, funk). On a vécu un show très réussi, notamment grâce à la présence des Vanguards, bien mis en avant par D’Angelo qu’on espère cependant revoir (très vite), mais au sein d’une une salle plus intimiste afin d’encore mieux profiter de tout son talent.

(Organisation : Greenhouse Talent)

BRNS

Un peu de respect SVP, même pour le condamné qui fume sa dernière cigarette…

Ce samedi 7 mars 2015, votre serviteur prend la direction de Mons, Capitale Européenne de la Culture, afin d’assister au concert de BRNS (NDR : prononcez Brains).
Comme bon nombre de villes de taille moyenne, elle souffre d’un manque évident de parkings. Méfiant de nature, je prends donc toutes les précautions d’usage et prend la route de bonne heure.
Malgré une autoroute quelque peu encombrée, j’arrive à bon port, trente bonnes minutes plus tard. Par chance, je parviens à dénicher une place à quelques centaines de mètres du but.
Je me dirige alors vers l’Alhambra, rue du Miroir, lieu légendaire de la vie nocturne montoise, situé à une encablure de la Grand-Place.
Il est 19h45 lorsque, enfin, j’y suis. L’ouverture des portes est prévue dans 15 minutes. Le timing est respecté !
Le sas d’entrée est pourtant déjà bondé d’impatients, le fameux sésame en main. Il faut dire que la réputation du combo bruxellois n’est pas surfaite ! Je pense que, vu le monde présent, ce sera sold out !

A 20h00 pétantes, je me fraie difficilement un chemin à travers les badauds. A la réception, la caissière me donne un ticket. Mountain Bike assure la première partie. Excellent choix !
Je prends un verre et attends patiemment. Je contemple, sourire aux lèvres, cette drôle de pieuvre peinte au plafond. Idée saugrenue. Mais qu’importe, l’étendue de la culture est sans limite !
Afin de profiter du spectacle sous un angle optimal, je me plante face à la scène. Avoir une petite taille handicape parfois !
Un peu vague à l’âme, je me remémore l’excellent moment passé en compagnie de ma meilleure amie, lorsqu’un certain 27 juin 2012, j’étais assis derrière ma batterie, baguettes en mains, imprimant un son rock bien trempé ! Cette soirée, très spéciale, restera à jamais gravée dans nos mémoires.
D’une capacité d’environ 350 personnes, la salle ne tarde pas à se remplir. La pyramide des âges est bien respectée. Devant moi, un garçon –qui doit avoir à peine dix ans– accompagne son père. Ca fait plaisir à voir !

Il est 20h15 lorsque le premier combo entame les hostilités.

Surpris, je constate qu’il ne s’agit pas de Mountain Bike comme annoncé, mais de Thibet. Je ne comprends pas… Il s’agit, sans soute encore, des aléas de la programmation musicale. Ce sera donc une découverte !

Réunissant Gregory Vandamme (voix/guitare) Thomas Venegoni (guitare/clavier/voix) David Davister (batterie/voix) et Julien Bacquet (basse/voix), le band est venu défendre « Vision and Certitude », un long format tombé dans les bacs depuis avril 2014.

Leur mélange de pop et de psychédélisme, saupoudré d’un soupçon de new wave va parvenir à faire oublier ma déception. Je n’ai vraiment pas perdu au change !

Durant environ quarante minutes, le public pourra s’enivrer de ces savoureux rythmes indie pop contemporains aux sonorités eighties. Aucun doute, ce quatuor s’est attiré de nouveaux fans !

Un interlude d’un peu plus de trente minutes est prévu. Histoire de s’hydrater sans doute !

Il est maintenant 22 heures. Que la grand-messe commence ! Les fidèles se pressent devant l’hémicycle. Il faut dire que la présence d’Antoine Meersseman (basse/chœur), Tim Philippe (batterie/chant), Diego Leyder (guitariste) et César Laloux (multi-instrumentiste), à Mons, est une première !

C’est tout naturellement par « Void », titre maître du nouvel elpee, intitulé « Patine », que le groupe chauffe les groupies. Le show est lancé !

Les notes tourbillonnent autour de la voix très particulière du batteur/chanteur, Tim. Les regards se croisent. Des sourires s’échangent.

Les tubes d’enchaînent alors. La setlist s’inspire essentiellement du dernier opus. Le band balance une salve de titres issus de « Patine » (« Slow Hear », « My Head Is Into You », « Omen », etc.)

Assez décevant par rapport à celles qui figurent sur leur génialissime précédent LP, les compositions prennent pourtant et étrangement une toute autre dimension en live !

Les morceaux issus du sept titres « Wounded » ne sont pas oubliés pour autant ! Ainsi, caractérisé par un drumming tentaculaire, le nouvel espoir noir-jaune-rouge a marqué, ce soir, les conduits auditifs au fer rouge, notamment lors de l’excellentissime « Mexico ». Dans le genre, difficile de faire mieux !

Ce qui me surprend le plus chez ce drummer, c’est ce côté autiste. Hors du temps, hors de tout, il s’amuse tel un gamin déballant le jouet que le Père Noël vient de lui apporter. Il est vraiment dans son truc !

Très amusant aussi, c’est la manière dont il frappe les éléments : le Charley de la main gauche et la caisse claire de la droite. Et surprenant en même temps ! Le tout, avec une dextérité hallucinante ! Et détail croustillant, aucun tom n’est présent, hormis le floor tom !

Multi-instrumentiste, le claviériste alterne synthé et guitare électrique selon les titres.

Le percussionniste, quant à lui, n’est pas seulement venu appuyer la rythmique. Le réduire à ce rôle simpliste serait lui faire affront ! Il constitue, au contraire, une pièce maîtresse du puzzle !

Au terme de quarante-cinq minutes d’un gig qui a tenu toutes ses promesses, BRNS tire sa révérence, en concédant « Clairvoyant », avant de regagner les coulisses. L’un des meilleurs titres, à mon humble avis ! Efficace et redoutable !

Les gaillards s’éloignent pour un (seul) vrai faux rappel. Incendiaire, il met un terme à cette soirée du tonnerre de Dieu.

Les lumières se rallument. Un after show est assurée par un DJ. Je regarde cette poignée de filles encore sous l’émoi de ces belles gueules.

Certains resteront se délectant de cette musique électro. D’autres repartiront des étoiles plein les yeux. Le reste, comme moi, ira prendre un dernier verre au bar. Un peu comme la cigarette du condamné… J’aime cette métaphore !

Je m’apprête à rejoindre mes pénates. A ma droite, les garçons signent des autographes. J’hésite un instant. Je vide finalement les lieux sans pouvoir leur dire un mot. J’ai eu tort…

En conclusion : bonne ambiance, décibels, sueur et présence scénique. Ce soir était encore un grand soir !

S.R.

 

BRNS à l’Alhambra, c’était un peu un rendez-vous obligatoire pour les fans montois de rock. Mais une réelle inquiétude m’envahit avant de rejoindre la rue du Miroir. La salle a, à juste titre, la réputation de souffrir d’une acoustique assez médiocre. Et quand on connaît la subtilité du son des Bruxellois, il y a de quoi être méfiant des conditions sonores qui vont régir la soirée.

Avant d’être fixé sur ce point, Thibet ouvre le bal. C’est ma première rencontre avec ce groupe dont on dit le plus grand bien. Malheureusement, leur musique est un peu trop progressive à mon goût. Si les explosions directes ne sont pas obligatoires, loin de là, j’estime quand même qu’à partir d’un certain moment, une montée dans les décibels s’impose. L’attente est souvent trop longue et le choix des morceaux d’ouverture et de fin, ne sont pas  forcément opportuns. Thibet jouit d’un vrai potentiel, c’est certain ; mais la comparaison avec BRNS est difficile à supporter.

Tant attendue, la tête d’affiche monte sur le podium, alors qu’on approche les 22H devant un auditoire conséquent. Il ne faudra que quelques minutes pour être fixé quant aux craintes émises à l’égard du son. A ma plus grande surprise, il est très correct ! Sans aucun doute la meilleure acoustique identifiée depuis que je fréquente les lieux. L’ingénieur du son doit probablement réaliser de l’excellent travail. Pour le reste, le concert de BRNS est classique mais efficace, exactement comme la semaine dernière à la Ferme du Biéreau. Le set est ici un peu plus long car il n’est pas accordé dans le cadre d’un festival. Les morceaux s’enchaînent vraiment bien ; néanmoins, l’attitude du public n’est pas très respectueuse. Trop souvent, un bruit de fond, causé par des conversations parasites, empêche de profiter complètement de la montée en puissance des morceaux. Et cet irrespect pénlise également le public qui souhaite s’immiscer au maximum dans l’univers cérébral du quatuor. Il n’y a vraiment que « Mexico » qui va focaliser l’attention générale. L’effet pure.fm, sans aucun doute.

Dommage également que « Deathbed » et de « The Story Of Bible », deux titres phares de l’Ep « Wounded, n’aient pas été exécutés. On remarque en fait toute les limites des tournées promotionnelles post-albums. Certaines chansons moins réussies de « Platine » sont interprétées et des meilleurs morceaux plus anciens sont oubliés. Une petite déception pour les fans de la première heure ; mais un choix complètement normal dans la logique marketing d’un groupe, même si je reste persuadé qu’il devrait toujours jouer ses meilleures compositions en live.

Il y a beaucoup de critiques dans ce report, je le reconnais, mais n’allez pas croire que la soirée ait été détestable. Loin de là. Les Bruxellois vont d’ailleurs conclure leur concert par « Our Lights », lors d’un rappel particulièrement puissant.

A l’issue de leur set, les musicos vont passer de nombreuses minutes au stand marchandising, pour y discuter en compagnie de leurs nombreux fans. Un groupe qui, en plus d’être un des plus talentueux du pays, est complètement accessible et très sympathique. Un exemple pour tous les jeunes artistes de Belgique.

A.M.

(Organisation Alhambra)

Ex Hex

Rips

Écrit par

À l’heure où de nombreuses formations se sentent obligés d’insérer quelques lignes de claviers ou du moins un zeste d’électronique dans leur expression sonore, un trio féminin a décider de nous rappeler les belles heures du punk-rock des 90’s.

En Hex est un trio yankee fondé en 2013 par Mary Timony (Wild Flag, Helium), Laura Harris et Betsy Wright. Pour elles, une basse, une guitare et une batterie suffisent pour envoyer du bon vieux rock à l’ancienne. Ces trois Américaines, toutes bien connues dans l’univers rock/garage des States, n’encombrent pas leur musique d’éléments futiles. Leur rock est sans fioriture, instinctif et va à l’essentiel. L’écoute de « Rips » remonterait le moral de tout dépressif. Sous un format classique couplet/refrain, ces douze morceaux sont d’une redoutable efficacité. Ne soyez d’ailleurs pas étonnés si vous commencez à fredonnez certaines mélodies, quelques heures plus tard.

Les trois demoiselles exercent leur charme en se servant d’un rock/garage primaire ; et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on y prend plaisir. Comme quoi, il n’est pas toujours judicieux d’en remettre une ou plusieurs couches. Ex Hex retourne aux fondamentaux et on en redemande !

Ex Hex se produira le 8 mars au Trix à Anvers. Si vous en avez l’occasion n’hésitez pas à aller les applaudir !

 

ABBota 2015 : vendredi 6 mars

L’ABBota est un festival partagé en deux soirées. Il se déroule tour à tour à l'Ancienne Belgique et au Botanique. Les deux salles bruxelloises s'associent pour présenter des artistes belges émergents, mais également confirmés, issus des deux côtés de la frontière linguistique, les compétences culturelles ayant été scindées en deux rôles. Y compris pour la musique. Résultat, chaque communauté programme ses artistes dans sa région et rares sont ceux qui parviennent à franchir la frontière (?!?!?) qui les sépare. Heureusement, l'Ancienne Belgique et le Botanique on décidé de travailler ensemble. Notamment à travers cet ABBota. Au cours des années précédentes, les artistes francophones et néerlandophones se produisaient au sein des deux salles bruxelloises. La programmation y était parfaitement panachée. Nouveauté en 2015, les premiers squattent l’AB et les seconds le Bota.  

Ce soir, la quintessence de la scène francophone a été sélectionnée. Tout d’abord, Alaska Gold Rush, des bluesmen qui pataugent dans le bayou bruxellois. Puis Applause, les petits frères de Puggy, biberonnés à l’indie rock. Ensuite, Mountain Bike, des musicos qui ont déjà parcouru de nombreux kilomètres. Mais aussi la formation liégeoise incontournable The Experimental Tropic Blues Band, venue rôder son concept album « The Belgians ». Et enfin, Fùgù Mango, le projet coloré et métissé de Frank Baya des Bikinians (NDR : notamment !)

La soirée s’ouvre au Club en compagnie d’Alaska Gold Rush, un duo réunissant le chanteur/guitariste Renaud Ledru et Alexandre De Bueger, un drummer un peu fêlé. Leur premier Ep, « Pilot Village Midnight », a permis au combo de décrocher de nombreuses dates de concerts. Une notoriété que le tandem allait confirmer en remportant le tremplin Verdur Rock et le Concours-Circuit. Si la paire se veut aussi efficace que les White Stripes et The Black Box Revelation, sa musique puise davantage ses racines dans le Bayou, mais n'en oublie pas pour autant ses références rock, roots et folk. Faut dire que Renaud est passionné par la musique américaine traditionnelle (le blues des années 20 à 30, la country, l'americana et le rock'n'roll). C'est, en outre, lui qui assure l'essentiel de la composition. Alex est davantage influencé par la musique instrumentale de la scène contemporaine, une expression radicale susceptible de libérer un max d'énergie et de puissance, comme le rock pur et dur. Et c'est cette dualité qui fait l'originalité de leur style. Leur nouvel Ep s'intitule « Dirty Road ». Il est déjà disponible sur la toile. Alex est également le drummer de Maw//Sitt//Sii et d'Alaska Alaska. La voix de Renaud est plutôt atypique et me fait parfois penser à celle de Peter Doherty. Mais en version blues/roots.

Comme lors de leur concert accordé au ProPulse, AGR draine du peuple. L’AB Club est donc blindé, quand il monte sur l’estrade. Il n’y a même plus de place pour y caler une sardine. Renaud est toujours aussi statique sur les planches. Il se concentre surtout sur son chant et sa gratte. Alex martèle ses fûts de manière énergique, sauvage, mais précise. Le duo nous réserve en primeur trois nouvelles compos parues ce 26 janvier : « Dirty Road », « Where The Mountain Ends » et « Rich ». Et puis bien sût des extraits du premier Ep, dont « Shake In Those Streets » et « The Gallows Birds ». Manifestement, le tandem a acquis pas mal de maturité au fil des prestations accordées en 'live'. Alaska Gold Rush est un groupe sur lequel il faudra compter en 2015.

Place ensuite à Applause, qui est programmé dans l’AB Box. Un band souvent comparé à Puggy. Pas étonnant puisqu’il est coaché par Nicolas, un fin renard, dont le flair semble particulièrement aiguisé. Il a notamment aidé Puggy, Kiss And Drive et Antoine Chance à prendre une toute autre dimension. 2015 sera donc peut-être l’année Applause. En 2014, il a publié trois Eps intitulés « Acids ». Volume 1, 2 et 3. Leur premier elpee, « Where It All Began », est paru en en 2011. Nicolas est soutenu par Manuel Roland à la guitare, David Picard aux synthétiseurs, Manu Loraux à la basse et enfin le drummer Jerémy Mosserey. Anecdote, les quatre mousquetaires qui épaulent Nicolas ont milité au sein de la Fanfare du Belgistan. La setlist privilégie les extraits des Eps. Ce qui me frappe chaque fois chez ce combo, c’est la manière d'évoluer sur les planches du chanteur, Nicolas Ly. Il est de nationalité française. Sur le podium, il ne tient pas en place. Ce n’est pas la première fois que j’assiste à une prestation du combo, mais j’avoue qu’à chaque fois, elle me botte. Pourtant, il faut reconnaître que l’électro prend de plus en plus de place, même si la section rythmique continue de baliser l’ensemble. Il y a la grande foule dans l’AB Box, et il n’est pas facile de se faufiler pour atteindre l’estrade. Je décide donc de me planter près de la table de mixage, dans le fond de la salle, là ou le son est optimal. Une grande toile blanche est tendue derrière le drummer. Y est mentionné un grand ‘A’. Une manière d’affirmer la personnalité du groupe, un peu comme Archive. Faut dire que Nico est réalisateur, et il soigne son image. C'est d'ailleurs lui, le cœur d’Applause. On devrait revoir le combo, au cours des festivals d’été. Le manager veille au grain, croyez-moi…  

Pas de Mountain Bike pour votre serviteur. Interview Applause oblige. Adrien, mon collègue, prend le relais…

Auquel je n’étais pas préparé. Là on est dans l’impro. Pas grave ! Plus compliqué sera de rester objectif à propos de la prestation du quatuor bruxellois. C’est un de mes coups de cœur pour l’année 2014. Je me poste, en tout cas, au premier rang, devant Etienne, le chanteur/guitariste. Il est vêtu d’un simple caleçon en dessous de son maillot de basket américain un peu trop grand. Aussi fantaisistes, ses trois camarades sont accoutrés de la même manière.

« Hangin’ Around » envoie les premiers décibels dans le Box. Le titre progressif est parfait pour lancer le concert : nous rentrons dans le vif du sujet petit à petit. Au fil du set, Mountain Bike enchaîne les titres puissants de son album éponyme, sorti il y a presque un an. Que le temps passe vite ! Parfois, une nouvelle compo titille nos oreilles. Comme lors du concert de Peruwelz fin janvier, c’est « Good For Nothing » qui retient mon attention. Même si le titre est, de l’avis du groupe, assez compliqué à reproduire en studio, il est tout simplement savoureux en live. Long de presque six minutes, il part en peu dans tous les sens tout en restant extrêmement cohérent. Un vrai bonheur à découvrir sur youtube dans un live de ‘Bruxelles Ma Belle’ (voir ici).

Les amis dispersés dans le public ne manquent pas de fêter l’anniversaire du batteur Charles, alors que les Franco-belges achèvent leur set sur la chanson qui clôt également leur elpee : « Japanese Guitar »

Comme à chaque fois, Mountain Bike a tout donné sur scène et son rock/garage a convaincu un public enthousiaste. Un groupe à voir en concert rapidement si ce n’est déjà fait ! (A.M.)

Place ensuite à The Experimental Tropic Blues Band. Le trio liégeois est venu présenter l’intégralité de son concept album, « The Belgians ». Une œuvre qui fait la part belle à l'histoire de la Belgique, revisitée bien sûr à la sauce Tropic. Donc complètement décalée. La pieuvre reproduite sur l'affiche de présentation de la tournée hante leur set. Un poulpe qui va vous retourner les tripes pendant soixante bonnes minutes. Jean-Jacques n’a pas enfilé sa chemise de cow-boy à franges. Et Jérémy, son marcel –habituellement destiné à bien mettre en valeur ses biscoteaux– non plus. Comme d’hab, le drummer frappe comme un métronome ses fûts. Derrière lui des images défilent sur un écran. Celles des différents rois de Belgique (Philippe, Baudouin, Albert II, etc.), mais aussi d’Eddy Merckx, d’Annie Cordy, de Plastic Bertrand, des diables rouges au Mexique et en Corée du Sud. Mais également de baraques à frites, des grèves de 60, de l'affaire Dutroux, du drame de la tuerie de La Place Saint Lambert et j'en passe. J'avais assisté au même spectacle, pour la première fois, l'an dernier, à la Rotonde, dans le cadre des Nuits Botanique. C'était magique ! Le trio se remet constamment en question et son nouveau concept est vraiment génial. L'énergie libérée sur les planches contamine la fosse. Pourtant, j’ai l’impression que les musicos sont un peu moins rock’n’roll. Leur show me semble moins déjanté. Se sont-ils assagis ou sont-ils tout simplement un peu fatigués. Heureusement, TETBB a un fameux fan club qui le suit fidèlement lors de ses concerts. Sûr, qu’il sera derrière eux au Salon de Silly, le 18 avril prochain, pour y présenter « The Belgians »...

Fùgù Mango achève le festival. On y retrouve les deux Bikinians (NDR : c’est quand même leur projet !) Jean-Yves (synthés, chant) et Vincent Lontie (basse) ; mais aussi le remarquable drummer Franck Baya. Sans oublier le concours d’une jolie chanteuse/guitariste. Il y a du peuple pour assister au concert de ce band qui est occupé de faire l'unanimité en Wallifornie. Il est venu défendre sont dernier opus, « JùJù ». Impossible de s’approcher du podium. La foule est trop compacte. Le son est excellent. « Floaréa » et la cover originale du « Golden Brown » figurent dans la setlist. Les compos font la part belle aux synthés, percussions tribales et harmonies vocales. Et osent se frotter à la world (NDR : afro, latino, etc.). Rien ne les effraye. La première journée de l’ABBota a été consistante, il faut le reconnaître.

(Organisation : Ancienne Belgique et Botanique)

Alaska Gold Rush + Applause + Moutain Bike + The Experimental Tropic Blues Band + Fùgù Mango

Panda Bear

Un oxymore vivant

Écrit par

La soirée est en principe destinée à prendre du plaisir. Et en même temps, à vivre une découverte.
Tout est parti d’une envie qui s’est rapidement transformée en situation troublante.
Et pourtant, sans la moindre brutalité, des hallebardes nous sont tombées sur la cafetière. Elles menaçaient au cœur du ciel d’hiver…
Et il en a fallu de peu, finalement. De quoi douter de la machinerie sournoise, précise orchestrée par Panda Bear. Capable de soudoyer n’importe quel mélomane lambda. Personne n’y croyait, et pourtant tout le monde est tombé dans le panneau. Sans regrets…
Ce n’était pourtant pas gagné d’avance.

20h00

Au sein de l’Orangerie, en attendant l’ours portugais d’adoption expatrié de Baltimore, il revenait à d’autres troublions, issus de la grosse pomme, de montrer ce qu’ils avaient dans le ventre. Jib Kidder et ses mollusques ont un côté nonchalant et peu soigné qui agace. Je n’ai pas dit qui a la grâce. Ce serait une insulte.  

Vu l’exercice périlleux du supporting act, il faut se montrer indulgent. Mais d’indulgence, il n’en sera jamais question. Jib Kidder nous bassine des reverbs atroces. Son phrasé est grailleux. Sa musique est incohérente, approximative, sans ligne de conduire. Le light show est obsolète. Le backing group insipide.

Chaque morceau semble volontairement biaisé. Désaccordé. Mais dispensé avec un esprit snob. De quoi provoquer un malaise, un haut le cœur, à la hauteur de leurs ambitions. Car, le combo ne manque pas de talent. Et il réunit d’excellent musicos. Mais, en s’égarant au cœur d’expérimentations bancales, leur compos se régurgitent plus qu’elles ne se savourent (NDR : qui a dit à vomir ?) Une épreuve dénuée d’émotion. Fin du match, on règlera les comptes. Au vestiaire…

21h00

Noah Lennox aka Panda Bear, montre le bout du nez…

Il est seul et se faufile discrètement sur l’estrade. Une incursion empreinte de délicatesse. Tout aussi furtivement, il déclenche le processus de mise en route de ses machines qui, pendant une heure, vont entretenir un climat intimiste et confortable au sein de la salle. 

Lennox est rompu au ‘live’ ? 15 ans déjà qu’il roule sa bosse sur les planches, en compagnie d’Animal Collective. Quand il ne se produit pas en solitaire. Ce qui explique pourquoi, il est devenu inébranlable.

La bouche ouverte, les mains pendantes, on se laisse piéger par le feeling mélodique qui vous contamine. Naturellement.

Il se moque des conventions. Y va au culot. Et botte en touche. Tout le monde partage ce point de vue, de toute manière.

Oscillant de mélodies synthétiques aux naturelles et instinctives, il réalise leur enchaînement en manifestant une facilité déconcertante. De fil en aiguille, les univers différents se rapprochent, se touchent, se respectent. Alliant l’eau et le feu, Lennox semble maîtriser les éléments. Il semble bien le seul dans cette salle. Si ses caresses réconfortent, ses coups de cravache ont un pouvoir orgasmique. Il est le Maître absolu de l’arrogance et de la simplicité, de la douleur et de la tendresse, de la puissance et de la tranquillité. Ce soir, Panda Bear est tout simplement un oxymore vivant.

En prenant du recul et en observant l’auditoire, on se rend vite compte que si Lennox nous a réuni dans sa bulle, ce n’est pas pour adresser un discours général à ce public, mais bien un message personnel.

Des corps se déhanchent, certains en abusent, d’autres restent figés, sous le choc. La liesse n’est pas collective. Le plaisir est individuel. Et il est intense, même s’il est profondément enfoui au fond de l’âme. 

22h00

De la même manière qu’il est apparu, Panda Bear file à l’anglaise, côté backstage, le public le contraignant à exécuter le rituel éternel du rappel qu’il viendra assurer encore pendant 20 bonnes minutes...

Guère loquace, jamais avare et même plutôt généreux, Panda Bear a démontré ce soir qu’il avait l’humilité et le prestige des plus grands artistes…

En sortant, je jette un coup d’œil à la table merchandising. Les mollusques de Jib Kidder y sont collés. Mieux vaut fuir. Je voudrais pas revivre le premier épisode.

(Organisation Ancienne Belgique)

Father John Misty

L’alchimie parfaite !

Écrit par

Ce mercredi 4 mars, l'Orangerie accueille John Father Misty ou plus exactement Josh Tillman, un personnage atypique, faussement mystique. Sous son nom, il a publié 7 elpees. Mais, c’est sous le patronyme de son projet alternatif qu’il se produit ce soir, pour y défendre son second opus, « I Love You, Honeybear », paru ce 10 février dernier. Un disque très bien reçu par la critique. Sur cet LP, l’ex-drummer de Fleet Foxes s'amuse à déconstruire, d'une manière sarcastique, les piliers de notre société. Musicalement, ce long playing propose un folk épique, enrichi par une instrumentation à la fois luxuriante et chargée de nuances.

Pour assurer sa première partie, le Californien a invité Kieran Leonard, un songwriter anglais qu'il a rencontré à Los Angeles. Leonard débute son concert vers 20h. En solitaire, uniquement armé de sa sèche, devant une salle quasiment vide. Manifestement, son folk ne déchaîne pas les foules. Faut dire que ses morceaux sont d'une telle banalité ! Le set de Kieran Leonard ne restera certainement pas gravé dans les mémoires.

Il est presque 21h et l'Orangerie est à présent pleine à craquer. Les lumières s'éteignent et les six musiciens du backing group de Father John Misty montent sur l’estrade. De chaque côté de la scène se postent le claviériste et le guitariste. Ils arborent une longue chevelure. Le violoniste et le bassiste se plantent en retrait. Le line up est complété par un troisième gratteur et un drummer.

Lorsque les premières notes de « I Love You, Honeybear » retentissent, Josh Tillman débarque à son tour su le podium. Elancé, vêtu d’un costard, ce barbu vient se placer tout naturellement au milieu du jeu de quilles. Il est particulièrement à l’aise, sûr de lui. Il arpente la scène de long en large, monte sur la grosse caisse, s'agenouille, tout en chantant d'une voix magistrale. Une belle entrée en matière donc...

Dès le morceau suivant, Josh empoigne sa six cordes et en joue pendant plusieurs titres. Et sur son instrument, c’est loin d’être un manchot. Et vocalement, il excelle aussi bien comme crooner que redneck, dans l’univers de la country (« I'm writing a Novel »).

Dès qu’il en a l’opportunité, et le plus souvent entre les morceaux, il dialogue avec le public. Il a le sens de l’humour, un humour parfois sarcastique. D’ailleurs, avant de tirer sa révérence, vers 22h, il en profite pour railler la coutume américaine du vrai/faux ‘rappel’. Aucune surprise donc, quand l'Américain opère son comeback et nous livre trois superbes morceaux : l'épuré « Bored in the USA », la reprise du « I'm Your Man » de Léonard Cohen et pour terminer, « Everyman Need a Companion ».

Véritable bête de scène, Father John Misty est littéralement parvenu à ensorceler son auditoire tout au long d’un spectacle musicalement très propre et au discours décalé… L’alchimie parfaite !

(Organisation Botanique)

Fauve

Comment sortir des griffes d’un tel Fauve ?

Écrit par

Tu le sais, tu t’es préparé. Tu as travaillé, essayé de soigner tes blessures. Un travail qui t’a demandé du temps. Mais en 2 notes, Fauve décolle tes pansements.
Il n’est pas sadique. Il ne veut pas te faire mal. Simplement, il possède une telle puissance naturelle, une précision dans le domaine du ciblage des émotions, que tu baisses rapidement les bras. Mais les as-tu seulement levés pour manifester contre eux ? Tu acceptes ce qui va se produire. C’est le prix à payer.
Certains viennent pour danser. D’autres pour la musique. Bref, ce phénomène a quand même son ‘tour bus’ réservé devant la salle, qui affiche sold out.
Tu as une dent contre ce peuple. Il viole en quelque sorte ton intimité. Tu as connu Fauve à ses débuts. D’abord chez toi, via Youtube. Puis à la Rotonde du Bota. Ensuite au sein de son Orangerie. Tu as pu ressentir ces émotions. Les partager avec eux.
Vu l’affluence, tu sais que tu devras encore davantage les partager. Tu devras te contenter de quelques miettes. Mais tu vas quand même les dévorer…
Tu y consens.
Tu assumes.
Et ton rêve peut commencer…
Enfin, pas encore, car tu devras encore patienter un peu…

La casquette vissée sur la tête, Romeo Elvis (aka ‘Kiki van Laeken’) a la lourde tâche d’essayer de s’extirper des griffes de l’animal qui va grimper sur l’estrade, derrière lui. Même pas peur le gamin ! Et c’est d’une voix très pro, grave, dispensant un flow sans accroche, sans faiblesse, qu’il balance son set au public un tantinet distrait mais surtout impatient.

Les morceaux s’enchaînent (« Mon Cousin Dégeulasse », « Bruxelles c’est Devenu la Jungle », etc.) avec une rapidité qui ne trompe pas. On a envie de le revoir ce gars là. Trop court pour ce soir. On va le tenir à l’œil et tendre l’oreille à la suite de son parcours.

20h40

La salle replonge dans l’obscurité. Cris soutenus dans l’AB.

Quentin Postel est vêtu d’un t-shirt à l’effigie de Stupeflip, le bassiste à celle des Black Lips. Grand écart culturel, on affiche ses références. Ce qui ne peut qu’être que bénéfique…

« Paraffine » ouvre les hostilités, explose les bacchanales. « Bermudes » embraie. Premier pincement au cœur, et apparition de cette fameuse boule au ventre. Il n’a pas fallu très longtemps à ces satanés Français pour nous tordre l’intérieur du corps. A peine quelques mots…

Postel parle enfin. Depuis le temps que le public attendait qu’il s’exprime. Il le remercie d’être présent. Il précise que c’est la première date de la tournée du nouvel album. Qu’ils sont contents d’être en Belgique, même si à chaque fois, leur set rencontre des problèmes techniques. Pourtant, ce soir, il sera épargné par cette poisse…

Si « T.R.W. » passe assez difficilement l’exercice du live, il ne fait que précéder celui que tu redoutais, mais que paradoxalement, tu attendais également.

Ce morceau qui rompt tout. Celui qui te fais baisser la tête. Mais ce soir tu as décidé de l’affronter : « Nuits Fauves » sonne…

C’est le frisson ! C’est à ce moment que tout à commencé. Tu ne fléchis pas, mais tu en prends plein la gueule. Ton cœur est transpercé. Car cet instant te tombe dessus sans crier gare… Et merde !

A peine remis de tes émotions, le groupe assène ses coups, trace sa voie, fustige et encore électrise l’auditoire.

Il parvient même à te faire chanter, dans son intégralité, « 4 000 Iles ». Fallait oser ! Fauve ne souffre d’aucun complexe, ne dresse aucune barrière. Balance même une version musicale de « Azulejos », plage qui figure sur « Vieux Frères Partie II », a cappella.

Jusqu’à la fin du show, le public ne cessera de s’élever, toujours plus fort, toujours plus haut.

Et le délire atteint son paroxysme quand « Blizzard » vient donner le coup de grâce.

Il est 22h00. Les masochistes en réclament encore. Et se manifestent à travers les hurlements ou encore en sifflant. Le bonheur est tellement intense et la demande tellement soutenue, que si les musicos ne reviennent pas rapidement sur les lieux de leurs méfaits, on pourrait assister à une mutinerie.

« De Ceux » vient calmer quelque peu les esprits. En ‘live’ ce morceau est excellent. Il faut cependant admettre qu’hormis la présence de titres pas encore suffisamment rôdés sur les planches, et tout particulièrement issus du nouvel opus, la setlist était vraiment parfaite.

22h30

Fauve a vidé les lieux…

Tu remets tes pansements, tu fanfaronnes et tu cries à ceux qui veulent l’entendre ‘même pas mal…Tu sais toi ? Tu mens…

Set List :

1/ « Paraffine »
2/ « Bermudes »
3/ « Infirmiere »
4/ « Saint-Anne »
5/  « T.R.W. »
6/ « Nuits Fauves »
7/ « 4000 iles »
8/ « Zoé »
9/ « vieux freres »
10/ « Talluah »
11/ « Haut les Cœurs
12/ « Azulejos »
13/ « Cock Music Smart Music »
14/ « Voyou »

15/ « Blizzard »

Rappel :

1/ « De Ceux »
2/ « Sous les Arcades »
3/ « Kané »
4/ « Hautes Lumières »

 

(Organisation : Nada Booking)

The Jon Spencer Blues Explosion is back!

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Le 23 mars prochain Jon Spencer Blues Explosion publiera un nouvel album. Pour titre de ce nouvel essai, les fous furieux new-yorkais se sont inspirés du nom d’un bâtiment situé à Miami, en Floride, qui sert de monument à la mémoire des Cubains en matière d'immigration aux États-Unis.

“Do the Get Down”, avant-goût de ce « Freedom Tower – No Wave Dance Party 2015 », est à découvrir ici

Tracklisting

 
1. Funeral
2. Wax Dummy
3. Do The Get Down
4. Betty vs The NYPD
5. White Jesus
6. Born Bad
7. Down And Out
8. Crossroad Hop
9. The Ballad of Joe Buck
10. Dial Up Doll
11. Bellevue Baby
12. Tales of Old New York: The Rock Box

13. Cooking For Television

Sufjan Stevens se dévoile.

Écrit par

« Carrie and Lowell », c’est le titre du nouvel opus de Sufjan Stevens, dont la sortie est prévue pour le 30 mars. Un premier extrait, intitulé “No Shade in the Shadow of the Cross”, est disponible sur la toile ; et c’est ici 

L’AB offre une chance à une start-up

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Si vous avez une idée novatrice mais pas de local pour la mettre en œuvre, ceci peut vous intéresser. Pendant un an, l’AB met gratuitement à disposition son ancien espace d’accueil du ticketshop. L’objectif est d’y voir une start-up avec une activité liée à celle de l’AB se développer durant toute une année.

Comment participer ?

              Introduisez, pour le 1er avril 2015 au plus tard, un business plan concis (maximum 10 pages)

    - Idée & plan stratégique

    - Lien avec l'activité de l'AB

    - Marketing/communication

    - Réalisation

    - Budget

              Toutes les idées relevant du domaine du (multi)media, de la technologie, de la musique, de l'écologie, etc. sont les bienvenues. Tout lien avec un lieu dédié à la musique est bien évidemment un véritable plus.

              Votre société doit être dans sa phase de démarrage (maximum un an d'activité)

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