L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Coffee Or Not

Coffee Or Not : ‘What else ?’

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C'est dans une grange rénovée –et franchement elle a belle allure– de la cité castelloise que Coffee Or Not s’est produit. Un lieu bien convivial et comble pour l'occasion. Coffee or Not est un duo établi à Bruxelles. « SoRe » constitue son troisième opus, un disque sur lequel, il a abandonné les instruments acoustiques. « SoRe » (première syllabe des prénoms de protagonistes : Soho Grant et Renaud Versteegen) verse dans une électro-pop mélancolique, atmosphérique et parfois même ténébreuse. Chantée dans la langue de Shakespeare…

Le trio du jour, au travers de ce nouvel elpee, nous a offert son univers et imposé son savoir-faire qui, au nez, nous a éclaté.

Deux voix, un synthétiseur, une guitare, une basse et une batterie pour une performance inoubliable.

Du goût, de l'élégance, de la délicatesse et de l'harmonisation obtenue à travers les voix, les nappes de sons et les boucles de guitares.

Et quoi d'autre ?

Des séquences rythmiques, basse et/ou batterie, dignes de ce nom. Une vraie claque !

Nous sommes face à des musiciens soucieux du détail, mais dans sa discrétion.

Aucune démonstration, donc... au profit d'une grande musicalité.

"Simple is beautiful", serait la formule magique du groupe.

La maîtrise de l'exercice cache très bien la complexité de ce dernier. La complicité règne et s'avère être un atout majeur au sein du combo bruxellois.

Au vu de l'applaudimètre, c'est sûr, ce soir, Coffee Or Not a conquis les coeurs et vendu quelques albums au passage.

En quittant La Grange, « SoRe » en main, j'appréhendais moins la monotonie habituelle du dimanche matin.

La pochette est à l'instar du groupe : humble et originale à la fois.

(Organisation : La Grange)

 

 

Romano Nervoso : né pour le boogie!

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Depuis sa première prestation accordée sur scène en 2009, Romano Nervoso ne cesse de repousser les limites de ses aptitudes sans montrer le moindre signe d’essoufflement.

Désormais reconnu comme parrain du ‘Spaghetti Rock’, il a sévi au sein des salles les plus mythiques de la Belgique. Le Sportpaleis d’Anvers, en supporting act de Johnny Hallyday, le Vk*, le Botanique et le Théâtre National. « Italian Stallions », premier opus du groupe, était parvenu à séduire un public sensible à la sensualité de leur rock’n’roll.

Après avoir mis le feu à quelques-uns des plus grands festivals européens et joué en première partie pour les Electric Six, Band of Skulls, Skip The Use, Boots Electric, il était temps qu’il se retrouve sous le feu des projecteurs. Les Britanniques les réclament, les Italiens les ont récupérés et même nos amis Français les apprécient.

Romano Nervoso a marqué les esprits lors de la release party de leur nouvel elpee qui s’est déroulée devant une salle comble au Botanique. Très attendu, « Born to Boogie » est paru chez Mottow Soundz.

Et pour regarder le clip vidéo du single « Aline/Maria », c’est ici 

https://twitter.com/romanonervoso

 

Pas peur de Diablo Blvd ?

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Anversois, Diablo Blvd réunit Alex Agnewn, Andries Beckers, Dave Hubrechts, Kris Martens et de Tim Bekaert. Un groupe de métal actuellement en tournée des clubs pour présenter son troisième album, « Follow The Deadlines », sorti en 2014. Il assure pour l’instant, le supporting act de Machine Head et Life Of Agony.

Le combo vient de publier un nouveau single, « Son Of Cain », doublé d’un clip. Ce clip a été tourné à la manière d'un film d'épouvante, en reprenant tous les codes du genre. C'est plutôt réussi. Il a été réalisé par Jelle Boucher d'Unleached Visuals qui s'est inspirée des films 'Hammer Horror'. Diablo Blvd a tourné cet été aux États-Unis. Le groupe a rejoint Slayer, Machine Head et Sepultura sur le label Nuclear Blast.

Pour la vidéo, c’est par ici 

Un clip inédit pour Chicos Y Mendez

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Après avoir sillonné la Flandre, la Wallonie, le Luxembourg et s’être produit à Bruxelles et Paris, Chicos y Mendez a terminé sa tournée estivale lors du Festival Esperanzah! à Barcelone. C'est donc le moment de remercier tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à faire vivre le groupe durant cette tournée !

Chicos y Mendez travaille actuellement sur un premier album ! Pour fêter cet événement et vous donner un petit avant-goût, une version inédite du titre "Multi Belgica", featuring deux incontournables musiciens haïtiens de passage en Belgique, en l’occurrence le chanteur B.I.C. et le percussionniste MarcoPercu. #ANSANM NOU PI BÈL, est disponible sur Youtube. Et c’est ici

 

 

Impericon Never Say Die 2014 : jeudi 27 novembre

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La tournée ‘Never Say Die’ a pris un air de mini-festival Hardcore. Et pour cause, pas moins de sept groupes ont foulé, ce jeudi soir, les planches du Trix à Anvers. En tête d’affiche, Terror, un des flambeaux du style, tout droit venu de Los Angeles. Une formule intéressante permettant d’en avoir largement pour ses oreilles. Immersion.

Capsize avait la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Pas facile de jouer devant une salle aux trois-quarts vide. L’horaire particulier constitue certainement la principale cause. Arriver à destination dès 18 heures au Trix, est quasi impossible, vu les embarras de circulation qui gangrènent Anvers. Ce qui explique pourquoi je n’ai uniquement entendu que deux morceaux de la formation californienne. Ce laps de temps, certes court, est néanmoins suffisant pour se rendre compte que Capsize pratique un Hardcore ‘classique’, peut-être même un peu trop ; et qu’en outre, il faudra encore un peu de patience afin que le band n’acquière son identité propre.

No Bragging Rights s’approprie ensuite la scène. Pas de grande innovation non plus mais le public, de plus en plus nombreux, semble apprécier le show. Quelques envolées à la guitare viennent garantir le tampon ‘Hardcore Mélodique’ du groupe. Le set n’est pas trop long et permet donc d’apprécier le band sans susciter de lassitude. En effet, même si l’affiche réunit un nombre important de noms, la durée de l’ensemble du show reste néanmoins similaire à tout autre concert. Ce qui implique des prestations très courtes : 20 minutes pour le premier groupe, 25 pour les trois suivants, 35 pour les cinquième et sixième et finalement 40 minutes pour la tête d’affiche. Des timings qui ont parfois tendance à laisser un public sur sa faim.

More Than a Thousand monte à son tour sur l’estrade. Le combo portugais propose un Metalcore teinté ça et là de chants clairs, mais qui malheureusement sonnent souvent faux. Une appréciation mitigée ; autant certains morceaux sont monotones, autant d’autres sont véritablement recherchés et ne peuvent qu’entraîner le public, de plus en plus nombreux, à headbanguer et à les applaudir chaleureusement.

Le temps d’installer deux toiles tendues sur la scène, inspirées de l’artwork de leur dernier album, et c’est au tour d’Obey the Brave de fouler les planches anversoises pour y dispenser son Metalcore. Fait intéressant : le chanteur, Alex Erian, prend la peine d’introduire chaque morceau, et les plonge dans le contexte au sein duquel ils ont été écrits (situation familiale, économique, etc.) ; ce qui permet inévitablement de mieux accrocher aux compos et de mieux les ‘vivre’.

Les spectateurs sont maintenant présents en nombre et la température monte au fil des prestations. C’est donc une salle à point qui accueille Stick to your Guns. Une chose est certaine : vu le nombre de t-shirts et hoodies à l’effigie de la formation, le groupe californien est pour le moins attendu. Depuis la création du ‘Never Say Die Tour’ en 2008, reprenant chaque année plusieurs pointures de Hardcore et de Metal, c’est la seconde fois qu’il répond présent. Il a également participé au Festival de Dour, cette année. Autant dire que le public attiré par ce type de rendez-vous a pris l’habitude de venir à leur rencontre. Il suffit d’entendre les premières notes d’« Amber » pour que la foule lève les bras comme un seul homme et commence à s’enflammer. Les hochements de tête timides du début de soirée font maintenant place aux mosh pits musclés face à la scène. Une prestation très réussie, qui se clôturera par un « Against Them All » tant attendu, permettant aux coreux présents d’expulser le reste d’air présent dans leurs poumons afin d’entonner le refrain en compagnie du quintet.

Nouvelle montée en puissance dès l’arrivée de Comeback Kid. Il avait également mis le feu au Festival de Dour, mais en 2013. En outre, il avait accordé une très belle prestation, il y a quelques mois, dans le cadre du Graspop Metal Meeting. Le band canadien figurait également parmi les groupes les plus attendus en cette journée. Pas de fioriture : ne disposant que de 35 minutes, les petits plats sont directement mis dans les grands. Il commence par le pêchu « G.M. Vincent and I ». Telle une traînée de poudre, le feu prend directement et le public présent aux premiers rangs, se rue en direction du podium pour s’époumoner en compagnie d’Andrew Neufeld, le chanteur de la formation. Détail qui a toute son importance : la salle est dépourvue de grilles de sécurité et de stewards. L’accès est donc totalement libre à qui veut monter sur l’estrade ; ce que bon nombre d’aficionados vont accomplir tout au long de la soirée. Alors que les amateurs de ‘stage diving’ se font habituellement porter de l’arrière de la salle vers l’avant, c’est ici l’inverse. En un seul mouvement rapide, hommes comme femmes, se hissent sur la scène, slaloment entres les musiciens et se lancent dans la foule en euphorie, espérant pouvoir retomber sur quelqu’un. Certain(e)s n’y parviennent d’ailleurs pas et se prennent un ‘billet de par terre’ plus vite que prévu. Mais qu’importe, la musique sert d’analgésique et permet très vite oublier les éventuelles douleurs. Sans oublier qu’il s’agit ici d’un public Hardcore : c’est violent, certes, mais tout un chacun reste attentif à relever la personne qui serait au sol ou à aider celle qui ce serait pris un mauvais coup. Une ambivalence où exutoire physique et compassion se côtoient naturellement. Les Canadiens donnent ce qu’ils peuvent et égrènent en dix titres un mélange entre leurs classiques et des compositions de leur dernier elpee, « Die Knowing ». C’est par un magistral « Wake the Dead » (comptabilisant presque un million d’écoutes sur Spotify !) que Comeback Kid achève un set, une fois de plus, sans concession.

Pas besoin de dessin : plus de quatre heures après le début de cette édition 2014 du ‘Never Say Die’, les âmes présentes ce soir dans le Nord de la Belgique sont plus que prêtes à accueillir Terror. Devenu un véritable mythe au sein de la sphère Hardcore, le quintet de Los Angeles n’a pas l’habitude de servir de la soupe tiède. Scott Vogel, vocaliste, entre le premier sur scène, rapidement suivi par le reste du groupe. Le guitariste Martin Stewart entame les premières notes de « Your Ennemies are Mine » et le ‘la’ est directement donné. Le rond typique du moshpit se forme face au podium, bras et jambes s’envolent et la fièvre monte dans l’auditoire. Le combo enchaîne directement par « Stick Tight », autre grand morceau de l’album désormais devenu culte, « Keepers of the Faith ». Pas besoin de ‘surjouer’, tout est présent pour accorder un set 100% punk-hardcore pur jus. Les musiciens semblent contents d’être là, et plus particulièrement Scott Vogel qui incite les spectateurs à se rapprocher d’eux : ‘faites-moi plaisir, faites tous deux pas de plus vers nous. Allez, tout le monde, deux pas en plus !’. Il n’hésite pas non plus à aider les personnes qui voudraient monter sur l’estrade afin qu’ils puissent se relancer deux secondes plus tard dans la foule. Deux jeunes demoiselles, peut-être prises par le feu de l’action, s’embrassent face au public avant de tenter de débaucher les musiciens. Mais le vocaliste décline fermement l’invitation : ‘Désolé mais je suis marié et j’ai un jeune enfant’, adresse-t-il à la foule’. Eh oui, c’est aussi ça l’esprit Hardcore. Les morceaux s’enchaînent et le groupe prévient : ‘il ne reste plus que deux morceaux, profitez-en !’ « Keepers of the Faith » clôture en toute logique ce set puissant, qui flaire bon le hardcore old-school, tant par sa musique que son esprit. Cerise sur le gâteau, Jesse Barnett, vocaliste de Stick to Your Guns, est venu rejoindre Scott pour partager un duo tout au long de « Stick to Your Guns. Une soirée très riche pour tout amateur du genre, le tout dans une ambiance de fête où le but était simplement de se faire plaisir, entre amateurs de musique. Il ne reste plus qu’à attendre la prochaine édition.

(Organisation: Heartbreaktunes + Trix Anvers)

 

Joey Bada$$

The Moneymaker

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Jo-Vaughn Scott est une usine à tubes à lui seul. Son nom d’artiste, Joey Bada$$, affiche deux ‘dollar signs’ bien à propos. Le rappeur bankable à mort était de passage ce jeudi 27 novembre au Botanique, dans une Orangerie bondée et bouillonnante pour y présenter « B4.DA.$$ » (lire ‘before the money’), un premier LP très attendu, après trois impeccables mixtapes qui ont mis l’eau à la bouche des aficionados d’excellent Hip Hop circa nineties.

Après un premier passage sur les planches belges l’été dernier à Dour, le rappeur originaire de Bed Stuy, à Brooklyn –quartier d’origine de nombreux artistes tels que Jay-Z, Mac DeMarco, Norah Jones, Mos Def ou les regrettés Notorious B.I.G. et Aaliyah– revenait mettre le feu en Belgique pour la seconde fois en moins de 5 mois.

Le concert, sold-out depuis plusieurs semaines, réunit principalement un public jeune et chaud bouillant. Pile à l’heure, Bada$$ investit la scène, précédé par une surprise de taille puisque c’est le DJ et producteur Statik Selektah qui est en charge des beats ce soir. Dès l’entame, le parterre est déjà conquis à la cause du MC, qui parcourt à la même mesure ses deux mixtapes principales « 1999 » et « Summer Knights » ainsi que le premier LP ‘officiel’, « B4.DA.$$ » à paraître en janvier 2015.

Les tubes se suivent et ne se ressemblent jamais. Le flow de Joey Bada$$ est limpide et n’a rien à envier à des Method Man ou autres Jay-Z. Le public connaît tous les hits du bonhomme, scandés d’une seule voix, des énormes « Waves », « Christ Conscious » et « Big Dusty » aux frémissants « Snakes », « Sweet Dreams », « On & On » et « Unorthodox ». Kirk Knight est le seul membre du collectif Pro Era, auquel appartient Bada$$, à accompagner son collègue sur les planches. Le temps de mettre le feu sur deux ou trois morceaux ainsi que sur les courtes reprises du « Simon Says » de Pharoahe Monch et « Ante Up » de M.O.P., qui vont déclencher l’hystérie dans le parterre. D’autant que le jeune homme, âgé de 19 balais à peine, n’hésite pas à se jeter dans la foule, histoire de mettre de l’huile sur un feu déjà ardent.

Joey Bada$$, Statik Selektah et Kirk Knight sont, ce soir, les parfaits ambassadeurs  de la ‘Beast Coast’, une East Coast nouvelle génération qui ne cesse de surprendre en s’appropriant et réinventant un Hip Hop Old School qui avait disparu des radars depuis le début des années 2000. En une heure à peine, l’acteur principal de la soirée est parvenu à asseoir sa réputation sans le moindre effort. Enorme ambiance, playlist parfaite. On a déjà hâte de retrouver les prochains représentants de la ‘Beast Coast’ effectuer un passage dans nos contrées. En l’occurrence il s’agira des Flatbush Zombies et The Underachievers, qui passeront par le VK* le 23 mars prochain. Le rendez-vous est pris.

(Organisation : Botanique)

Various Artists

20 Years Anniversary

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Thomas Ruf a fondé son propre label. Qu’il a baptisé ‘Ruf’. Il y a juste 20 ans. Spécialisé dans le domaine du blues/rock, il est devenu un des plus prolifiques en Europe, accordant leur chance aussi bien aux femmes qu'aux hommes. Les artistes sont, majoritairement blancs, américains ou anglais. Pour fêter le 20ème anniversaire de la boîte, le boss a décidé de publier un double compact disc. Intitulé "Girls with Guitars", le premier est consacré aux filles. Et le second, "Guys with guitars", aux hommes. Chez Ruf, la guitare est fondamentale. En outre, le patron adore envoyer ses artistes à travers le monde, par équipes même, au sein d’une aventure qu’il a brevetée, les ‘Blues Caravans’. 

L'elpee réservé aux filles s’ouvre par une reprise dynamique du "Bitch" des Rolling Stones. Trois artistes y contribuent : Samantha Fish, Cassie Taylor et Dani Fuchs. Dana Fuchs incarne une réplique contemporaine de Janis Joplin. Manifestement, elle a de la personnalité et une présence impressionnante sur les planches. "Bliss Avenue" est une  superbe compo. Joanne Shaw Taylor est l'artiste qui vend le plus de disques chez Ruf. Cette jolie Anglaise est âgée de 28 ans. Elle chante "Can't keep living like this", une plage mise en forme par Jim Gaines. Protégée de Mike Zito, Samantha Fish est encore plus jeune. Issue de de Kansas City, elle n’a que 25 printemps. Et elle chante "Down in the swamp". Autre insulaire, Dani Wilde est également une excellente chanteuse. Et elle le démontre sur "Shine". Ce qui avait permis de charmer le producteur emblématique Mike Vernon. Le Vieux Continent n’a pas été oublié. A l’instar de la Serbe Ana Popovic. La star féline attaque le funky "Love fever". Puis de l’Autrichienne Meena. Elle est au micro pour le "Try me" de James Brown. Ensuite l’Italienne Eliana Cargnelutti, dont le  "Stranded in Memphis" est chargé de promesses. Et enfin la Finnoise Erja Lyytinen. Spécialiste du bottleneck, elle brille tout au long de "Skinny girl". Plusieurs Américaines sont bien sûr de la partie. Soutenue par sa gratteuse Laura Chavez, Miss Candye Kane nous réserve "Toughest girl alive". Sue Foley est séduisante, mais surtout sa voix de fausset est irrésistible sur "Show me". Il y a un bout de temps que je n’avais plus entendu parler de Joanna Connor. Qui me semble avoir pris du poids. Elle s’acquitte de "Never been rocked enough". Et la fête des filles s’achève en compagnie du trio Sue Foley/Deborah Coleman/Roxanne Potvin.

Place ensuite aux mâles ! Parmi lesquels on épinglera d’abord feu Luther Allison, dont la cover du "You can't always get what you want" des Stones est vraiment remarquable. Jeff Healey n’est également plus de ce monde. Sa version du "I'm torn down" est particulièrement enlevée. La grande famille néo-orléanaise est bien sûr mise en exergue. Tout d’abord le Royal Southern Brotherhood pour le remuant "Rock and roll". On y retrouve la voix de Cyril Neville ainsi que les guitares de Mike Zito et Devon Allman. Inépuisable, Zito se charge des vocaux sur "Voices in Dallas". Et il est impressionnant. Cyril Neville s’illustre tout au long du "Swamp funk" de Dr John, un titre parfaitement adapté. Devon Allman, le fils de Gregg, apporte sa touche personnelle sur "Homesick". Dans cette grande famille, il faut désormais intégrer Bart Walker, spécialiste du southern rock, qui vient de succéder à Mike Zito au sein du Royal Southern Brotherhood. Et il tire son épingle du jeu sur "Waitin' on daylight". Savoy Brown a toujours été un de mes groupes de blues anglais favoris. Kim Simmonds, son leader et guitariste, s’est établi aux USA depuis longtemps. Egal à il même, il rayonne au long d’"If you wanna live". La voix de Thorbjorn Risager est extraordinaire. Le Danois ouvre le second compact disc par "If you wanna live". Et au menu, il faut encore épingler le Yankee Walter Trout, les Britanniques Oli Brown, Laurence Jones, Aynsley Lister et Ian Parker, les Spin Doctors et le Floridien Albert Castiglia dont le blues lent "Bar Avenue" est particulièrement efficace. En espérant que le label Ruf soit encore à la pointe du mouvement blues, dans les dix prochaines années…

 

George Taylor

Rain or shine

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Originaire de Goochland, en Virginie, George Taylor est un musicien de country et de blues. Il a publié son premier opus, "Trouble town", en 2010. A l’issue de cet enregistrement, il décide de voyager dans le Delta, au cœur du Mississippi, à la recherche du blues traditionnel. Il transite par Helena, en Arkansas et termine son périple à Austin, au Texas. Où il reste trois ans avant de revenir l'été 2013, en Virginie, à Richmond, où il s’est établi depuis. George est un fervent adepte de l’americana, une musique inspirée par les racines profondes du nouveau monde. Il compose, chante, joue de la guitare et de l'harmonica. L'album a été enregistré au studio Shine, à Austin… 

Choisir "Goodnight" comme ouverture a de quoi interpeller. M’enfin, ce blues largement teinté de country se singularise par une mise en place étonnante des instruments. Les percussions de Blake Lange dominent l’ensemble. Le violon de Jerry Reynold exécute un mouvement constant de va et vient. Mais l'harmonica finit par mettre le nez à la fenêtre. Et grâce à la production particulièrement soignée de Justin Douglas, le résultat tient parfaitement la route. "The hard way" baigne dans la pure country. La voix est grave. La pedal steel de Justin Douglas est étincelante et constitue le maillon indispensable pour une telle ballade exécutée au Far West. Superbe ! "Railroad song" baigne dans le même style, l'harmonica imprime le mouvement du train qui se déplace. Soutenu par les cordes acoustiques, George chante d'une voix chaude et confidentielle la ballade intimiste "What am I gonna say?". Encore un morceau de country bluegrass. Un climat qu’on retrouve tout au long de "Scenery", une autre ballade au cours de laquelle Cody Ground se réserve le piano, alors que la voix de George est empreinte d’une grande sensibilité. Plus blues en vertu de ses percussions primaires et des interventions écorchées à l'harmonica, "Breakin' in boots" lorgne vers la country, lorsque la pedal steel entre en scène. Le dialogue qui s’établit alors entre ces deux derniers instruments vaut vraiment le détour. "Harvest moon" constitue certainement la meilleure plage de l’opus. L’instrumentation de l’intro est bruitiste. Puis les racines vont à la rencontre du blues, de la country, du folk et du rock. Les percus sont éclatantes. Les cordes électriques et en particulier la vieille lap guitare du leader se lâchent. Et Cody nappe le tout d’interventions d’orgue. Un peu dans l’esprit d’un vieux titre de Dylan, remis au goût du jour. Taylor aborde le Mississippi blues sur "The rain". Les percus sont sinistres et tribales. Le dobro libère ses sonorités métalliques. L’harmo est en retrait et le violon pointe le bout de son archet. Remarquable ! Le long playing s’achève par "Seat with your name", une ballade mélancolique, caractérisée par un assemblage instrumental particulièrement réussi entre drums, basse, rythmique sobrement amplifiée et cordes acoustiques à la superbe ligne mélodique, et ponctuée par une finale théâtrale et dramatique. Paradoxal, mais il faut attendre les trois dernières plages pour que le band tire la quintessence de son potentiel…

 

Eric Sardinas

Boomerang

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Originaire de Fort Lauderdale, en Floride, ce guitariste de blues/rock est âgé de 43 ans. C’est un spécialiste du bottleneck et de la guitare slide. Vu sa manière de chanter et de gratter, on l'a souvent comparé au regretté Johnny Winter. Malgré la génération d’écart, il possède une même dégaine ; et puis des cheveux de braise alors que ceux de Winter étaient blancs. Eric a entamé son parcours, alors que celui de Winter était plutôt confidentiel. Sa discographie n’est pas très conséquente. Son premier elpee, "Treat me right" remonte à 1999. Il a publié "Devil's train" en 2001, "Black pearls" en 2003, "Eric Sardinas & Big Motor" en 2008 et "Sticks and stones" en 2011.

Sardinas se produit sous la forme d’un trio. Il est épaulé par le bassiste Levell Price, dont la barbe est plutôt imposante, et le drummer Bryan Killing. Eric amorce "Run devil run" à la guitare Resonator, qu’il amplifie rapidement. La batterie imprime un rythme tribal. A la poursuite du diable, la voix de Sardinas communique sa fureur et son travail sur les cordes est impressionnant. Rock’n’roll, "Boomerang" est imprimé sur un tempo très enlevé. Les musicos assurent les backing vocaux pour leur leader qui vocifère à la manière d’un jeune Johnny Winter. Matt Gruber a accompli un remarquable boulot à la production. Et il tire un maximum du trio. Plus lente, "Tell me you're mine" est une plage interprétée d’une voix frémissante, alors que les percus entretiennent un climat de folie permanente. Les sonorités métalliques du dobro acoustique ouvrent "Morning glory". Les vocaux affrontent les claquements de mains et les accords hallucinants de guitare. La version du "Bad boy blues" d'Eddie Taylor est classique et plutôt primaire. Plus subtil, "If you don't love me" est un blues rock bien équilibré qui ne manque pas de charme. Signé par la célèbre paire Leiber & Stoller, "Trouble" est un blues lent bien ficelé, dont le rythme change radicalement en cours de route, servant alors de tremplin idéal à l’envol décisif de la guitare slide. Caractérisé par ses excellentes interventions de six cordes, "Long gone" revient au rock'n'roll. La cover du "How many more years" de Howlin' Wolf colle parfaitement au style de Sardinas. Et ce n’est pas étonnant. Eric est dans son élément, la voix convaincante et la guitare demeurant constamment aux abois. Baignant dans le delta blues, "Heavy loaded" clôt l’elpee. La guitare Resonator et le kazoo du Hilo Boy Honorady Brigade participent à la folie collective. Sans surprise, cet opus est dédié à la mémoire du regretté Johnny Winter.

 

The Ropes

Sadness Is The Rich Man’s Drug (Ep)

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Mélancolique mais terriblement addictif...

Le duo new-yorkais The Ropes mérite vraiment qu’on manifeste davantage d’intérêt à son égard. Il approche la décennie d’existence et ne jouit pas encore la notoriété qu’il mérite. Parmi ses faits d’armes, on épinglera des premières parties pour Imagines Dragons ou Crocodiles. Tricky a même samplé son single « Does It ».

Fin octobre, les deux Américains publient un Ep de trois chansons intitulé « Sadness Is The Rich Man’s Drug ». A la lecture de ce titre, pas la peine de s’attendre à des morceaux très optimistes. Mais ce n’est pas ce qu’on espère de cette formation de dreampop. Car sa musique est froide, pas forcément très accessible mais terriblement addictive.

L’ouverture s’effectue sur le titre éponyme et plonge tout de suite le mélomane dans une ambiance atmosphérique. Le son y est très dense et la voix de Sharon Shy colle parfaitement aux émotions que souhaite communiquer le duo. Le chant androgyne rappelle immédiatement Victoria Legrand de Beach House. « Maiden Claiming » accélère le rythme grâce à une batterie plus régulière. Le refrain est plus puissant ; nous montons clairement dans les tours.

Cette impression est confirmée par « I Am The Last Getto ». La mélancolie est toujours bien présente mais elle prend une autre forme. Le son se rapproche plus de la new wave. Ce n’est pas surprenant, la formation cite souvent le mouvement français des années 50 comme inspiration. Néanmoins, la présence de ce chant froid est déroutante et vraiment magnifique. Un vrai plaisir pour l’oreille.

Vous l’avez compris, « Sadness Is The Rich Man’s Drug » est un gros coup de coeur. L’Ep est très (trop) court mais ne possède aucune faiblesse. Les trois pistes s’enchaînent et se complètent à merveille. Si vous êtes amateur de dreampop, vous passerez cet Ep en boucle très régulièrement. Le tout est disponible en téléchargement au prix que vous souhaitez (voir ci-dessous). L’occasion est trop belle, ne la laissez pas passer !

Lien de téléchargement ici

 

 

 

Gabriel Rios

This Marauder's Midnight

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Le parcours étonnant de Gabriel Rios débute en 1998. Il participe au Humo's Rock Rally, en compagnie du groupe The Nothing Bastards. C'est en 2004 que Gabriel publie son premier album solo, « Ghostboy ». Après avoir rencontré Jo Bogaert (Technotronic). Le single « Broad Daylight » rencontre un immense succès et permet à Rios de dépasser les frontières de la Belgique. Musicien talentueux, chic et sexy, Gabriel séduit aussi bien sûr disque que sur scène. Faut dire que, fruit d'un mélange détonant de swing, de rock et de funk et parfois de jazz, sa musique ne manque pas de charme. Il décroche de nombreuses récompenses belges et internationales. En 2007 il grave son deuxième opus, « Angelhead », qui squatte à nouveau la tête des charts, durant de longues semaines. Devenu alors une star de la pop, il décide d'en revenir à une formule plus intimiste. En solitaire ou en se limitant à un minimum de collaborateurs, comme Jef Neve et Kobe Proesmans.

Il y a 14 mois, le Belgo-portoricain commence à poster, tous les mois (NDR : très exactement chaque troisième lundi), une nouvelle compo sur son site. Un projet qui va aboutir, septembre 2014, par la réunion de ces 12 titres sur un nouvel album qu’il intitule « This Marauder's Midnight ». Il s’agit de son quatrième.

L’elpee a été minutieusement mis en boîte à New York (Chinatown). Pour la circonstance, l’artiste a reçu le concours de deux musiciens néerlandais de formation classique, Ruben Samama à la contrebasse et Amber Docters van Leeuwen au violoncelle. Et le courant est passé instantanément entre les différents intervenants. Toutes les chansons ont été écrites en une semaine. Et enregistrées pour moitié dans une petite église de Woodstock, et l’autre au sein d’anciens studios sis aux Pays-Bas et en Belgique. Gabriel a privilégié l'utilisation d'instruments athentiques et en bois, afin d'obtenir un son chaleureux et naturel. Le plus naturel possible. Gabriel a également bénéficié de la participation de cuivres ; soit Matt Holman et Sam Vloeimans aux trompettes, Tom Verschoore et Nick Grinder aux trombones, enfin John Morgan Bush et Peter Van Montfort aux cors français.

L’elpee possède un son exceptionnellement clair et chaleureux, entretenu par la voix latino de Rios ainsi que les instruments basiques. Pour la circonstance, Gabriel est uniquement armé d’une sèche. Le climat est dépouillé. La structure des compos est simple, afin de les rendre les plus intemporelles possibles. Contagieuses, elles peuvent se siffloter aisément sous la douche. Lorsqu’il a écrit les chansons, Gabriel a reconnu avoir éprouvé certaines difficultés pour élaborer les arrangements et trouver les mots justes.

« Gold », c’est son premier single. Gabriel ne s'attendait pas à un tel succès auprès des radios. A ce jour, c'est devenu son plus grand hit en Belgique.

« This Marauder's Midnight » constitue certainement le meilleur album de Gabriel Rios. Il a d’ailleurs été unanimement salué par la critique. Et a séduit de nombreux mélomanes avertis. Un album 5 étoiles ! 

Cd1 : « Gold » / « Madstone » / « Apprentice » / « Police Sounds » / « City Song » / « Burning Song » / « Song n°7» / « Work Song » / « Your Gods » / « Skip The Intro » / « All Is Fair » / « Swing Low ».

Les mêmes compos figurent sur le second compact disc, mais en version ‘live’. Un tracklisting enrichi d’un bonus track, « World Of Sex »

 

Popa Chubby

I'm feelin' lucky

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Ce guitariste new-yorkais jouit d’une belle notoriété sur la scène internationale. Agé de 54 balais, cet homme de poids est issu du Bronx. Son blues, il l’a toujours largement teinté de rock. Il est extrêmement populaire en France. Son premier elpee, "It's Chubby time", remonte à 1991. Et depuis, il a gravé un nombre impressionnant d’albums. I'm feelin' lucky" célèbre ses 25 de carrière sous le pseudonyme de Popa Chubby. L'édition ‘Collector’ est enrichie d’un cd bonus réunissant des enregistrement rares, issus de son parcours pré-Popa ; et en particulier au sein de combos comme Noxcuse et Bloodclot. Les nouvelles plages ont été mises en boîte à New York. Lors des sessions, il a reçu le concours de fameux musiciens, dont le claviériste Dave Keyes, le drummer Chris Reddan et le bassiste Francesco Beccaro.

Dès "Three little words", on entre dans le vif du sujet. Puissante, la voix est au diapason du physique de l’artiste. Il triture ses sonorités de gratte à l’aide de ses pédales. Alimenté par un claviériste talentueux –qui double orgue et claviers– et la trompette de Tipitina Horowitz (NDR : la fille du Popa), ce morceau plutôt agréable est sculpté dans le rock. Un rock qui se révèle plus bluesy sur "I'm feelin' lucky", titre au cours duquel la guitare de Popa bénéficie d’une plus grande liberté de manœuvre. Gratteur créatif au doigté bien personnel, il cisèle ses accords sans relâche. Mike Zito a co-écrit "Rock on Bluesman", un blues à la fois indolent et majestueux de plus de 7 minutes. Les deux acolytes se partagent les vocaux et les soli de guitares. De superbes interventions, caractérisées par celles plus dramatiques de Zito. Cette plage rend hommage au New-yorkais Leslie West, un autre artiste corpulent qui a milité chez Mountain et West, Bruce & Laing. Irrésistible! "One leg at a time" évolue sur un tempo enlevé. Tout est bien en place. La voix est autoritaire. La section rythmique est solide et les cordes prennent crânement leur billet de sortie. "Rollin' and tumblin" est un illustre traditionnel du blues issu de la plume de Hambone Willie Newbern. Il date de 1929. Notre géant travaille sa gratte au bottleneck et nous accorde une relecture puissante de ce classique! Popa et Bob Keys cosignent "Come to me", un excellent blues/rock tapissé par l'orgue Hammond, au cours duquel Miss Dana Fuchs apporte son concours aux vocaux. Rappelant Janis Joplin, sa voix est même particulièrement bouleversante. "Save your own life" et "I'm a pitbull" sont deux pistes languissantes qui conjuguent parfaitement orgue et gratte. Omniprésente, chargé de feeling elle est même hantée par Leslie West… Ballade, "Too much information" est dominée par les sèches et le piano électrique. Roots/rock teinté de blues, "The way it is" clôt l’elpee ; une piste bien structurée et agréable à l’écoute. "I'm feelin' lucky" constitue probablement le meilleur opus de Popa Chubby.

Le Collector se penche surtout sur le passé de l’artiste. Il s’ouvre par Elemental time", une piste qui remonte à 1983. Interprétée sous la forme du power trio, elle implique Popa (alias Ted Horowiez) au chant et à la basse ainsi que Jerry Williams, à cette époque propriétaire du vieux théâtre abandonné qui servait de local de répétition, à la guitare. Et ses interventions sont particulièrement déjantées. Quoique trempées dans l’acide, "Snake break" et "Drop the beat" sont deux compos qui adoptent le rythme du dub/reggae. A ses débuts, Ted s’était produit dans des salles étiquetées ‘punk’. Notamment au CBGB's. Il monte alors un combo baptisé Noxcuse, qui ne revêt plus aujourd’hui qu’un intérêt historique. "Videdo Venus" immortalise un titre datant de cette période. De 1980 très exactement. Et la guitare s’y révèle aussi détonante que délirante. Le plus ancien morceau remonte à 1978. Il s’intitule "My relation". John Gullo partage le chant sur ce track bien punk dans l’esprit de l’époque. Le bonus cd nous réserve d’autres plages expérimentales. Dont "I can't fix you", un piste gravée en 1986, au cours de laquelle Ted se concentre en solo sur la programmation. Il épaule ensuite Joe Lobelle, un poète qui militait contre la drogue, à travers Mike the Cop", un morceau caractérisé par des accords de gratte nonchalants et bluesy. Ted Horowitz and Monster, un backing group composé de deux potes, attaquent "I'm giving up" et "Steef Jam", une jam de plus de 11'. Un seul témoignage contemporain ! Il est accordé par Popa Chubby and Street Docs, un duo de hip hop, pour "Popa Chubby is an old ass man". Pourquoi pas!

 

Robert Plant

Lullaby And... The Caeseless Roar

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Il s’agit déjà du dixième album solo de Plant, depuis qu’il a quitté Led Zeppelin. Plant s'affranchit définitivement de l'ombre du groupe légendaire qui l'a rendu célèbre. Ce n'est pas le cas de Page, qui faute de mieux, semble condamné à célébrer son oeuvre passée en rééditant les uns après les autres les albums du dirigeable, enrichis de quelques bonus. Il faut évoluer avec son temps Mr Page. Le passé, c’est le passé. Bob a 66 berges. Et depuis 1982, il va de l’avant. Bien sûr, il n’a plus la voix perçante des débuts. Il a donc décidé d’adapter sa musique à son timbre et ses inflexions actuels. Elle est devenue plus douce. Une évolution qu’on peut juger positive.                                                           

« Lullaby And... The Caeseless Roar » constitue le premier long playing réunissant des compositions originales depuis « Mighty ReArranger », publié en 2005. Entre-temps, Plant ne s’est pas tourné les pouces. Il a revisité la musique d’autres artistes, dont Alison Krauss, en 2007, à travers « Raising Sand ». Puis au sein du projet Band Of Joy, en 2010. Robert signe ici son premier LP sur son nouveau label, Nonesuch. Il en a assuré la production et a confié le mixing à Tchad Blake et Tim Oliver. Les sessions se sont déroulées en Angleterre, au Helium Studios, dans le Wiltshire, et au Real World de Bath. 

Plutôt blues et raisonnablement rock, ce long playing est balayé d’influences orientales, celtiques et même électroniques. Il recèle neuf pistes signées par Plant, une adaptation d'un blues traditionnel (« Little Maggie ») et un morceau issu de la plume du bluesman américain Lead Belly, « Poor Howard ».                                                                     

Depuis « Mighty ReArranger », l’artiste enregistre ses albums en compagnie d’un nouveau groupe. Pour la circonstance, il l’a baptisé The Sensational Space Shifters. Au sein du line up, le guitariste Justin Adams est également préposé au bendir (NDR : Justin a bossé en compagnie du combo touareg Tinariwen et Peter Gabriel. Puis le claviériste John Baggott, un proche de Massive Attack et de Portishead. Ensuite, le bassiste Billy Fuller (NDR : aux gènes plus rock) et le drummer Dave Smith (NDR : formé à l'école jazz). Adams et Baggott formaient déjà la section rythmique en 2002, pour « Dreamland ». Et enfin le Gambien Juldeh Camara, un virtuose du violon, préposé au peul ou ritti  (violon à une corde).                                                                                  

Plant ouvre l’elpee par la version du classique folk « Little Maggie ». Une compo qui a déjà fait l’objet d’une multitude de reprises. Dylan en tête. Le folk britannique, la country et la world music constituent trois des influences majeures chez Robert. Il les agrège ici à la perfection, en leur inoculant des rythmes électroniques. De l’électro dispensée tout au long d’« Up On The Hollow Hill (Understanding Arthur) ». Légèrement prog/rock, « Pocketful Of Golden » nous replonge apparemment dans le passé. Mais le concours des percus et du fifre irlandais, démontre qu’il cherche un chemin alternatif…                                                                                                                          

Robert Plant aime la world, ce n’est un secret pour personne. Et il adore en explorer toutes les facettes. Une expérimentation qu’il a remis au cœur de cet elpee, invoquant les énergies des transes du désert saharien sur plusieurs titres. A l’instar de « Rainbow », une compo qui puise ses lyrics dans un poème de William Morris, intitulé « Love Is Enough ».                                               

Plant s’intéresse également au patrimoine celtique. Pour lui, le folklore anglo-saxon et breton a une base commune. Il estime même qu’il existe un fil conducteur commun entre toutes les musiques traditionnelles d'Europe, d'Amérique et d'Afrique. « Poor Howard », une piste détournée du « Po' Howard » de Lead Belly en est la parfaite démonstration. Le duo banjo/violon y mène la danse.

« Embrace Another Fall », « Turn It Up » et « Arbaden (Maggie's Babby) » conjuguent harmonieusement rythmes métalliques et percussions orientales. Plant cède le micro à Julie Murphy sur « Embrace Another Fall ». Tendres, les accords de gratte ne sont pas sans rappeler ceux dispensés par Page sur « Somebody There » et « Turn It Up ». « House Of Love » se distingue par sa mélodie contagieuse. Tout comme « A Stolen Kiss », dont les écoutes répétées finissent par vous transcender l'âme. C'est beau et mélancolique à la fois.                                                          

Un très bel album pour cet artiste incontournable qui ne souhaite plus reprendre un quelconque envol à bord d’un vieux dirigeable…

           

Sinead O’Connor

I'm Not Bossy, I'm The Boss

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Sinéad O'Connor vient donc de publier son dixième elpee, « I'm Not Bossy, I'm The Boss ». Après avoir transité par une période mystique, opéré un retour –parfois réussi– vers les racines celtiques et reggae (NDR : malgré son titre interminable, « She Who Dwells in The Secret Place Of The Most High Shall Abide Under The Shadow Of The Almighty » constitue certainement une de ses œuvres les plus abouties ; et elle remonte à 2003), Sinéad O'Connor a brusquement décidé de revenir à un style pop/rock plus conventionnel. Soit à ses premiers amours. En 2012, elle grave « How About I Be Me (And You Be You) ? », un disque qui lui permet de retrouver une certaine popularité auprès des aficionados de la première heure, même si le long playing n’atteint pas l’excellence de « The Lion And The Cobra » (1987) ou de « I Do Not Want What I Haven't Got » (1990), opus qui recelait le succès planétaire « Nothing Compares 2 U », écrit par Prince. 

Mais penchons nous sur « I'm Not Bossy, I'm The Boss ». En observant l’image reproduite sur la pochette, on a l’impression que quelque chose cloche. En fait, Sinéad O'Connor est représentée comme un hybride entre Suzi Quatro et Miley Cyrus. Serait-ce une caricature destinée à tromper l'ennemi ? Probable, car Sinéad O'Connor est devenue, au cours des dernières années, une fervente féministe.

L’album s’ouvre par deux chouettes titres pop. Tout d’abord un très 90’s « How About I Be Me » et puis « 8 Good Reasons ». Insignifiante, « Dense Water Deeper Down » prend pourtant une autre dimension en live. Ce titre est davantage country, americana, même. Dommage que ce ne soit pas cette version qui figure sur le cd. « The Vishnu Room » est une jolie ballade bien ficelée. « The Voice Of My Doctor » lorgne vers le blues du Delta. Agréable à l’écoute, « Harbour » ne manque pas de charme. Seun Kuti, le fils de Fela, se réserve le saxophone tout au long de « James Brown ». Et son intervention est brillante. Sculpté dans le rock par les guitares, « Take Me To Church » est une compo de bonne facture. C’est également le single qui préludait la sortie du long playing. Et Sinéad semble y avoir retrouvé une certaine énergie juvénile. Soulignée par des accords de piano, « Streetcars » est une plage empreinte de douceur. Encore un morceau magnifié en public. Bref, si on a retrouvé sur son nouvel elpee, la voix hantée et frémissante d’O’Connor, il faut reconnaître qu’on aurait aimé quand même qu’elle prenne un minimum de risques. D’autant qu’elle a pu bénéficier du concours d’un backing group de classe. 

 

Tony Melvil

La Cavale (Ep)

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Etienne Villeminot, aka Tony Melvil, est né en 1982 à Dijon. Tony entame sa carrière en 2002, au sein de différentes formations lilloises, notamment auprès du chanteur Lulu au sein du groupe de rue Tchobello. Violoniste de formation classique, il passe rapidement à la guitare et au chant et enchaîne de nombreuses expériences de spectacle pour lesquelles il est tour à tour violoniste, guitariste, comédien, choriste, compositeur, figurant, roadie, mais aussi chargé d'administration ou comptable.

En 2009, poussé par Thibauld Defever (Presque Oui) et Romain Delebarre (Delbi), il se lance en solo sous le pseudo de Tony Melvil et teste ses propres chansons sur scène. Thibauld Defever le conseille pour l'écriture et pose un oeil expérimenté à ses concerts. Quant à Delbi, il prend en charge les arrangements. Repéré par 'Tour de Chauffe' en 2010, puis par ‘Domaine Musiques’ en 2011, il enregistre automne de la même année « Tentative d'évasion », un premier Ep 7 titres, arrangé et réalisé par Delbi.

En mars dernier, Tony publiait son second Ep « La Cavale ». Chez At(home) un label qui ne se contente donc pas de signer des artistes de rock alternatif ou de métal. La chanson française à textes, surtout si elle est doublée par une attitude rock’n’roll a également voix au chapitre. A l’instar de ses prestations ‘live’ qu’il accorde en formule trio, Tony Melvil se consacre à la guitare, au violon et au chant. Il est épaulé par Delbi au dobro et aux claviers ainsi que Maxence Doussot à la batterie et aux percussions.

« On M'A Dit » ouvre le disque. Tony y parle de la vie et signale que tout ira mieux... un autre jour. Tony est d’abord violoniste, un instrument avec lequel il fait corps depuis l'âge de 4 ans. Et il nous le rappelle tout au long de « Les Miroirs A L'Envers », une chanson qui baigne dans un climat particulièrement mélancolique.

Pour « L'Esprit Aventurier », les paroles sont à prendre au second degré. Elles ne manquent pas d'humour et reflète son esprit aventurier. Une aptitude qu'il développe particulièrement bien sur disque, mais encore mieux en 'live'. C'est la raison pour laquelle je souhaitais absolument assister à un des concerts de cet asticot (NDR : pardon, dans la chanson il parle plutôt du papillon ou de la libellule). « Sans Langue Sans Visage » est la chanson la plus rock de cet Ep. Elle engage directement à se rendre sur le dancefloor. « Bien Avant » termine très bien ce second Ep. On attend avec enthousiasme et intérêt son troisième, actuellement en chantier. Tony est un artiste éclectique. Parallèlement à sa carrière solo, il tente un tas d'expérimentations, notamment au sein de sa Compagnie Illimitée qu'il a créée en 2012, afin de monter des représentations pluridisciplinaires sur base de chansons. Destiné au jeune public, son spectacle baptisé 'Quand je serai petit' sera mis en scène par Marie Levavasseur (Cie Tourneboulé). Il s'y produira en duo en compagnie du musicien/producteur lillois Usmar, à partir de la fin décembre 2014.

 

Eugene McGuinness

Chroma

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Le dernier elpee d’Eugene MacGuinness, je l’ai découvert il y a peu. Et je l’ai franchement savouré. Aussi, mon appétit gourmand de pépites pop/rock ne pouvait passer à côté du  nouvel essai de l’artiste britannique…

« The Invitation to the Voyage » recelait une myriade de tubes sucrés (« Japanese Cars », « Sugarplum », etc.) « Chroma » creuse un même sillon, livrant de véritables perles au charme indiscutable. L’influence de la pop anglaise des 60’s est toujours bien présente. A l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « Godiva », qui doit tout aux Beatles et à leur « Day Tripper ». De plus, a contrario du parfois décevant Miles Kane dont il est d’ailleurs le guitariste en tournée, McGuinness n’oublie pas d’alléger ses mélodies, pour les rendre réellement contagieuses, comme sur « I Drink Your Milkshake » dont le refrain semble piqué aux Kinks. Moins focalisé sur les synthés que le précédent opus, « Chroma » s’avère encore plus accessible à travers sa palette de couleurs résolument pop. Et un titre comme « She Paints House » devrait lui permettre de se faire une place au soleil auprès de The Coral et The Last Shadow Puppets, qui partagent une même passion rétro-futuriste du rock anglais que notre cher Eugene…

 

Manic Street Preachers

Futurology

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Présent sur la scène pop/rock depuis près de 30 ans, les vétérans gallois de Manic Street Preachers ne semblent pourtant pas blasés pour autant… « Futurology », leur nouvel essai, succède déjà à l’inégal « Rewind the Cause » sorti il y a à peine un an et également enregistré à Berlin ! Une écriture débordante au détriment de la qualité des compositions ? C’est à nouveau le cas sur 12ème elpee ? Quelques pistes sont même carrément pénibles. A l’instar de « Sex, Power, Love & Money » qu’on croirait chanté par Dexter Holland d’Offspring ! Ou d’« Europa Geht Durch Mich », une plage électro inconsistante à laquelle participe l’actrice  allemande Nina Hoss, bien plus convaincante à l’écran que derrière le micro. Certes les ‘Manics’ possède toujours ce style si reconnaissable et cette urgence qui leur est propre. Une fougue doublée de textes engagés qui ont le mérite de paraître en cette période d’instabilité politique ou de montée des extrémismes… « Futurology » n’est cependant pas un album de mauvaise facture ; d’ailleurs certaines plages sortent du lot comme l’instrumental « Dreaming a City (Hugheskova) », « Misguided Missile », caractérisé par un intriguant crescendo stimulé par la ligne de basse, ainsi que le titre maître, un morceau chargé de passion. Green Gartside de Scritti Politti apporte également sa participation, sur le mollasson « Between the Clock and the Bed ». Il aurait pu s’abstenir…

James Dean Bradfield, Nicky Wire et Sean Moore seraient peut-être bien inspirés de s’accorder un peu de repos, histoire de recharger leurs batteries ; car on ne doute pas une seconde de leurs facultés à trouver les ressources pour se régénérer dans le futur !

 

Low Society

You can't keep a good woman down

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Un duo mixte drive Low Society : la chanteuse Mandy Lemons et le guitariste Sturgis Nikides. Originaire de Houston, Mandy est depuis contaminée, depuis bien longtemps par la musique des racines, le Texas Blues et le Memphis rock'n'soul. Guitariste et producteur, Sturgis possède une fameuse expérience sur la scène musicale. Ce New-yorkais a ainsi accompagné John Cale, du Velvet Underground. De leur rencontre est né un mélange de hillbilly et de blues du Delta et ainsi que du Texas, le tout épicé d’une bonne dose de rock underground des seventies, pratiqué alors à NYC. Le band avait déjà publié un album en 2011, "High time". Le duo est soutenu par une section rythmique réunissant le drummer Mike Munn et le bassiste Nick Dodson. Les sessions se sont déroulées à l'American Recording Studio de Memphis.

"Crammed & jammed" prend un excellent départ. La slide de Sturgis impose une rythmique lancinante. Très vite, la voix Mandy entre en scène. Rageuse, déterminée, elle émane du fond de la gorge et rappelle une chanteuse mythique texane, feu Janis Joplin. Invité, Rick Steff (NDR : un membre du groupe local Lucero) se charge des parties d’orgue. Le "Voodoo woman" de Koko Taylor est une superbe cover. Un blues ‘à l'arraché’, marqué par les coups de griffes assénés par la slide. La voix de Miss Lemons semble possédée. Sur les planches, elle doit certainement devenir une vraie bête de scène. Pas étonnant qu’elle avoue être une disciple de Koko Taylor. Et Dr Herman Green intervient au saxophone, un vétéran du jazz qui a joué auprès d’une multitude de musicos, dont BB King. "Need yer love" change complètement de style. Une sorte de valse roots pour laquelle Steff est passé à l'accordéon ; une chanson qui pourrait facilement relever du répertoire d’Arno Hintjens. Compo singulière, "Son House says" bénéficie du concours d'une des légendes du blues du Delta, Mr Son House. Encore une bonne roots song qui démontre la richesse du répertoire du combo et l’amplitude vocale de la chanteuse. En outre, la guitare et l'orgue tirent parfaitement leur épingle du jeu, au sein de cette atmosphère plutôt cool. Le piano de Steff talonne la voix autoritaire de Mandy, tout au long de "You can't keep a good woman down", un roadhouse blues bien nerveux. Empreint de douceur, "This heart of mine" est un long blues lent qui permet de bien mettre en exergue le talent des deux leaders. Enrichi de chœurs "Up in your grave" s’inscrit davantage dans la tradition du gospel. Bien sudiste, la compo est enflammée par le bottleneck de Stugis. "Let me ride" est un blues plus traditionnel. Le climat évoque une époque au cours de laquelle les chanteuses commençaient à se frotter au blues. Dans les années 1920, pour être plus précis. Une piste soulignée par les cordes acoustiques de Mr Nikides et les accords du pianiste de jazz issu de Memphis, John Shaw. Mike Munn imprime le rythme du chemin de fer à "No money down", une plage country que colore Nikki de sa guitare steel. "You got a right" est un bon Memphis blues à coloration R&B. L’orgue domine le sujet, alors qu’on assiste à un nouvel envol de la slide! "El diablo" est une ballade roots aux accents traditionnels. La voix est sereine face à un ballet de cordes acoustiques. "Should've known better" est un shuffle à la texane. Lors de cette finale, la section rythmique donne bien l’impulsion nécessaire à l'ensemble. La voix de Mandy est à nouveau souveraine, alors que pour la dernière fois, le saxophone d'Herman Green s’immisce dans le décor sonore. Un excellent album!

 

The Lords of Altamont

Lords take Altamont

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Un peu d’histoire pour commencer. En 1969, alors que les derniers hippies rentrent de Woodstock, heureux d’avoir vécu 3 jours (sans doute plus) de paix, d’amour, et d’allégresse, se prépare un des épisodes les plus sombres l’histoire. Et il surviendra en novembre. En Californie. Dans le cadre de ‘The Altamont Speedway Free Festival’. Les organisateurs ont eu la mauvaise idée d’engager des Hells Angels pour assurer la sécurité. Et l’un d’entre eux va poignarder un spectateur, pendant le concert des Rolling Stones. Il succombera à ses blessures. Quatre personnes vont d’ailleurs trouver la mort pendant ce festival. Un événement devenu tristement célèbre que, trente ans plus tard, quelques musiciens ont voulu commémorer.

The Lords of Altamont est une formation née en 1999. Elle est fondée par des ex-membres des Cramps et des Fuzztones. Depuis sa formation, le line up a connu de multiples changements. Seule la figure de proue, le chanteur Jack the Preacher Cavaliere, est toujours au poste. Quinze ans plus tard, le groupe californien (issu de Los Angeles, très exactement) publie son quatrième album intitulé « Lords take Altamont ». Il est donc destiné à rendre hommage aux victimes du festival. Et le combo a décidé d’interpréter des morceaux joués par différents groupes qui y avaient participé. Bien sûr, à sa manière. Soit dans un style rock’n’roll garage. Dont les inévitables « Sympathy for the devil » et « Stray Cat Blues » des Stones ainsi que « The other side of this life » et « 3/5 of mile in 10 seconds » du Jefferson Airplane.

Si le concept est louable, les adaptations n’apportent strictement rien de neuf. Elles se révèlent même finalement anecdotiques. Dommage que le combo n’ait pas osé se fendre de versions plus audacieuses…

 

KermesZ A L’Est

KermesZ A L’Est (Ep)

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Ce collectif implique 9 musicos issus de la région de Rochefort et de Bruxelles : Maxime Bocahut (trombone et clavier), Martin Chemin (grosse caisse, percussion et chant), Gaëtan Dardenne (clarinette), Emmanuel Haessig (saxophones alto et baryton), Thibault Jungers (caisse claire), Gilles Kremer (hélicon et clavier), Luc Lambert (trompette), Simon Menot (saxophones soprano et ténor) et enfin Maxime Tirtiaux (banjoline et basse). En 8 années d’existence, le band wallifornien a accordé plus de 500 concerts. Donc les planches, il connaît bien.

Le team s’adapte constamment aux circonstances. Imprévisible, il peut se produire au coin d’une rue, lors d'une festivité locale, au sein d’une salle de spectacle, dans le cadre d’un festival des Arts urbains, une kermesse au boudin ou à l'entrée d'un supermarché. Il se proclame première fanfare frigotartinable de Belgique. Elle est également taxée de ‘Fanfare de l'E411’, car elle est constituée d’anciens membres issus d’un collectif de promotion des arts de la rue à Louvain-la-Neuve. Ses musiciens sont aujourd’hui éparpillés le long de l'axe Nord-Sud de la Wallonie, et c’est la raison pour laquelle elle a reçu cette appellation.

KermesZ à l'Est privilégie avant tout, l’aspect festif de la musique. Une musique énergique et dansante. Née essentiellement de la rencontre entre musique traditionnelle klezmer (soit d’origine juive et pratiquée en Europe centrale et de l'Est), balkanique et rock. Et le résultat proposé sur ce premier Ep est détonnant. Il déménage et invite à danser. Si vous appréciez en même temps le trash metal, le bal musette et la musique manouche, vous allez adorer. « Zumkid » et « Papazov » incitent à vous remuer le popotin sur. Pot-pourri festif, « Rampi Rampi » agrège world music, musique manouche et slave. Cet Ep est exclusivement instrumental. « Sadovzko » est dominé par les cuivres. Plus expérimental, « La Noire » sort du cadre de cet Ep. Court, « La Blanche » s’ouvre dans un climat de bal musette. Pourtant, il s’agit de la dernière composition de cet essai parfaitement réussi.

Une fanfare d’un tel calibre est toujours impressionnante lorsqu’elle se produit en ‘live’. Et pour cause, pour faire partie d'un tel collectif, il faut être de fameux musiciens. Et ceux de KermesZ A L'Est le sont tout particulièrement…

 

Gulp

Season Sun

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Profitant de la mise en veille de Super Furry Animals, Guto Pryce, le bassiste du band gallois, s'est lancé, au cours des deux dernières années, dans un nouveau projet : Gulp. Une aventure qu'il partage en compagnie de son épouse Lindsey Leven et du guitariste Gid Goundrey. La batterie est tour à tour confiée à Gwion Llewelyn (ex-Race Horses) ou à son vieux comparse Dafydd Ieuan. Un autre SFA est également de la partie puisque Cian Ciaran se charge du mixage.

Comme beaucoup de sorties actuelles, "Season Sun" puise pas mal de ses influences dans le psychédélisme des sixties et du début des seventies. Synthés analogiques, guitares et basses fuzz confèrent un délicieux charme vintage à cette estivale ballade pastorale. Cet univers rétro est un parfait écrin pour la voix suave de Lindsey Leven. On pourrait la situer entre Alison Goldfrapp et Trish Keenan même si les intonations de l'Ecossaise sont souvent plus folk que ses consoeurs. La pureté de son chant sur "Game Love" peut même évoquer Vashti Bunyan.

"Vast Love", le morceau le plus rythmé de l'album, pourrait très bien avoir été composé par Django Django et mériterait de devenir un tube indie. Tout comme l'hypnotique "Clean & Serene", une perfection synth-pop à la rythmique motorik. D'autres tracks lorgnent davantage vers le psych-folk des sixties comme le délicat "Grey Area". Et l'on retrouve encore cette époque sur "Let's Grow", "Seasoned Sun" et "Play" qui ne sont pas sans rappeler Love. Les sonorités de la basse de monsieur Pryce y sont sans doute pour beaucoup.

Bref, "Season Sun" ne manque pas de qualité. Ses mélodies accrocheuses se découvrent avec grand plaisir et se réécoutent sans lassitude. Les nombreuses interventions du farfisa et autres synthés analogiques sont un régal pour l'amateur de sonorités vintage. Ces atmosphères nonchalamment psychédéliques devraient sans doute parler aux amateurs de Broadcast, Stereolab et des trop méconnus Soundcarriers. Elles ont en tout cas convaincu le jury du Welsh Music Prize, les victoires de la musique galloise, organisées par la BBC. L'album y sera en compétition avec ceux, entre autre, de Manic Street Preachers, Cate Le Bon, Future of The Left, Joanna Gruesome et d'une vieille connaissance, un certain Gruff Rhys...

Gulp est donc bien la bouffée d'air frais promise. Et "Season Sun", un album particulièrement agréable. Léger mais revivifiant comme un rayon de soleil sur le mont Snowdon.