La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Michael Jessen

Memories

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Michael est né au Danemark en 1981. Il est guitariste de formation. Il a commencé à en jouer vers 15 ans. Préalablement à carrière solo, il avait milité chez High Octane. Il en était d’ailleurs le leader. Avant de graver « Memories », il avait publié un Ep 4 titres.

Son backing group réunit l’ex-Yngwie Malmsteen Göran Edman au chant, Christoffer Hoaas à la basse et Mads Grunnet aux drums. L'album a été enregistré et mixé par Christian Bonde et Michael Jessen au CB Studios (NDR : c’est au Danemark).

« Broken Heart » ouvre la plaque. La voix est mélodieuse et la section rythmique est un remarquable tremplin pour les riffs de gratte à la fois élaborés et précis. « My Own Funeral » est un titre irrésistible. A cause du remarquable solo de guitare. Serions-nous en présence d’un futur guitar hero ? Une chose est sûre, il a une excellente technique sur son manche. Et il va de nouveau le démontrer sur « The Rose » et « Freefall ».

Comme tout bon Scandinave qui se respecte, Michael a de nombreuses relations dans le monde de la musique. Et même de grosses pointures. A l’instar de John Norum. Le gratteur de Europe se réserve le solo sur « Blackwater », une plage qui baigne inévitablement dans le rock mélodique. D’autant que Michael y pose parfaitement sa voix. Morten Dybro siège derrière le piano sur « Prisoner », une invitation à rejoindre le dancefloor. Mais en douceur...

Plus lourd, « Runaway » est dispensable. C’est sans doute le seul point faible de l’opus. Plus nerveux, « Dreams Die Hard » est stimulé par une batterie plus qu'efficace. Et vu son titre, « Lost In L.A. » lorgne inévitablement vers les States. Une chouette découverte...

In Flames

Siren Charms

Écrit par

Réunissant le chanteur Anders Fridén (chant), les guitaristes Björn Gelotte et Niclas Engelin ainsi que le bassiste Peter Iwers et le drummer Daniel Svensson, In Flames est né en 1990, à Gothenburg, en Suède. Depuis sa formation, il a publié onze elpees : « Lunar Strain » (1994), « The Jester Race » (1995), « Whoracle » (1997), « Colony » (1999), « Clayman » (2000), « Reroute To Remain » (2002), « Soundtrack To Your Escape » (2004), « Come Clarity » (2006), « A Sense Of Purpose » (2008) « Sounds Of A Playground Fading » (2011) et « Siren Charms » en septembre dernier. Il est également responsable de trois Eps : « Subterranean » (1995), « Black-Ash Inheritance » (1997) et Trigger (2003), ainsi que d’un DVD live « The Tokyo Showdown » ( 2001).

In Flames pratique un death metal particulièrement mélodique. En fait, les Nordiques ont une approche très personnelle du métal, privilégiant avant tout la qualité et l’accessibilité des compos.

Découpé en 11 plages « Siren Charms » se caractérise d’abord par ses refrains immédiats. La voix est harmonieuse ; les hurlements semblent appartenir au passé. Tout est pensé pour séduire le mélomane du genre. Les compos sont parfaitement calibrées afin d’atteindre une efficacité optimale. Même l’artwork de la pochette a été étudié pour accentuer ce pouvoir de séduction.

Quoique particulièrement énergiques, « In Plain View » et « Everything's Gone » sont sculptés dans des riffs de guitares bien dosés. Pas de risque d’agression. Excellents, « Paralyzed », « With Eyes Wide Open » et « Dead Eyes » sont encore plus accessibles. Parfois les guitares sonnent comme des claviers. Le drummer fédère le tout et appuie judicieusement le timbre clair et délicat du chanteur. Et si « Through Oblivion », « Rusted Nail » et « Siren Charms » sont des titres carrément commerciaux, « Monsters In The Ballroom » et « Filtered Truth » rivalisent d’insipidité. Plus consistant, « When The World Explodes » opère un retour judicieux dans le passé. A conseiller aux amateurs du style…

Dub Thompson

9 Songs

Écrit par

Amateur de bric-à-brac sonore et de fourre-tout ingénieux, cet album est pour toi. "9 Songs" (qui n'en contient que 8) est l' oeuvre de deux petits gars de 19 ans originaires d'Agoura Hills, patelin de la banlieue de Los Angeles, renommé entre autres pour ses festivals et les nombreux artistes qui y résident. Le duo, qui confesse être bien plus fan de Can que de ses concitoyens de Linkin Park, a eu le bonheur de séduire un prestigieux voisin. En effet, Ewan Rando, le leader des Foxygens s'est entiché de leurs compos et a absolument voulu jouer le rôle du grand frère. Il a donc loué une petite maison dans l'Indiana afin d'enregistrer les premiers pas de Dub Thompson et s'est chargé de la production. On ne s'étonnera donc pas du son un peu crasseux, des relents de psychédélisme et de l'impression de grand collage désordonné qui nous est livré ici.

Max Pulos et Evan Laffer puisent leur inspiration chez des groupes qui ne disent sans doute pas grand-chose à leurs potes de lycée. Il doit en effet être plutôt rare de trouver dans les discothèques d'ados californiens des formations comme This Heat, The Fall, Big Black, Captain Beefheart ou Père Ubu.

Résumer Dub Thompson à un style est donc bien difficile. Proto-Punk, Garage, Hardcore, Kraut, Indie 80's et Post-Punk se succèdent ou fusionnent dans une atmosphère de radio pirate. Et ce ne sont pas les petites touches post-disco, dub ou muzak qui vont aider à les définir.

Le plus étonnant est donc que le tout demeure finalement assez digeste. On se sent en effet plutôt bien dans la cave des Dub Thompson à les regarder délirer. Ce foisonnement pourrait provoquer l'écoeurement ou une rapide lassitude. Au contraire, l'album est attachant voire fascinant grâce à cette variété des climats, cette multitude de brèves propositions.

Au fil des écoutes, ce qui paraissait un brouillon bouillon devient une succession d'histoires courtes dont les détails ne sont pas sans intérêt. Chaque morceau affiche son identité et laisse découvrir de réelles qualités d'écriture. Cette impression est d'ailleurs confirmée en live où leur sens de la mélodie accrocheuse est étrangement plus palpable que derrière la production de Rando. Tout comme le côté dub d'ailleurs. On y découvre aussi une dimension punk hip hop proche des Beastie Boys des débuts. Et l'on peut s'amuser à essayer de compléter les rayonnages de leurs armoires à disques : Joy Division, ESG, LCD Soundsystem, Gary Numan, Kraftwerk, les compiles Nuggets...

Comme tout premier disque, "9 Songs" concède évidemment des faiblesses et affiche un condensé d'influences ; mais on a hâte de découvrir les prochaines compositions du duo. Et pourquoi ne pas suivre les pas de Foxygen en trouvant une large audience sans faire trop de concessions? Certes, leur style est moins consensuel, quoique, mais le potentiel est présent. Les Dub Thompson sont en tout cas des gamins doués avec toute la fraîcheur inhérente à leur âge. Ils canaliseront leur musique au fil du temps. Mais qu'ils ne se pressent surtout pas.

 

A Supernaut

Arcore (Ep)

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L’occasion est trop belle pour s’en priver.

Quand une bande de lascars décident de jammer et d’envoyer le bois, la consommation de houblon augmente tout comme la sécrétion de la sueur. Leur patronyme ? A Supernaut. Et il est excellent !

Couillu au possible, l’Ep de ce band bruxellois nous dessine un cercle électrifiant, blindé à la vitamine diluée dans un galon de bourbon.

On pourrait même traduire « Arcore » par ‘dikke klûût’, tant il en faut des grosses pour libérer sur si peu (trop peu) de morceaux, une pareille dose d’énergie.

Puisant ses influences à la fois chez les Kinks, Funkadelic, The Dead Weather et Black Sabbath (vu le nom du combo, on s’en doutait un peu), la galette se déguste sans modération et sans même risquer un quelconque écœurement.

Possédées et contagieuses les quatre pistes s’écoutent à fond les manettes, au risque d’envoyer le vumètre dans le rouge.

Du rock, certes, mais sacrément bien branlé où l’on perçoit la volonté de se faire plaisir avant tout.

A Supernaut est un projet prometteur, qui gagne à être connu, à être reconnu et que des fans hystériques s’arrachent les sous-vêtements au cours d’une gigue destructrice…

A Supernaut donne envie d’être mauvais, puant et outrancier ; mais putain c’est tout ce que l’on attend.

L’Ep est téléchargeable sur leur bandcamp ; et c’est ici ou dans certaines crèmeries spécialisées

 

Various Artists

La bande à Renaud - 2

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Depuis « Boucan d'enfer », son dernier vrai succès salué par la presse en 2002, Renaud Séchan est à nouveau rongé par ses vieux démons. Et il n’est plus que l’ombre de lui-même.  Aujourd’hui, âgé de soixante-deux ans, ce représentant de la chanson française, s’est désormais retiré discrètement du monde des strass et des paillettes…

L’a-t-on oublié pour autant ? Que nenni ! La preuve en est par ce deuxième opus de reprises sous forme d’hommage posthume, tant sa carrière semble compromise…

La recette de ce genre de disque est souvent la même : on prend quelques vieux baroudeurs de la scène (Albert-Félix Thiéfaine, Nicolas Sirkis, Benjamin Biolay, Jean-Louis Aubert, …), on y ajoute quelques nouveaux venus (Renan Luce, Thomas Dutronc, …) et on saupoudre le tout d’une personnalité à contre-emploi (Vincent Lindon).

Sans être véritablement une catastrophe industrielle à l’instar de son « Molly Malone », inspiré du folklore irlandais sorti en 2009, on peut affirmer sans trop de difficultés que la mayonnaise ne prend pas !

L’intention des intervenants y est, mais l’âme profonde des textes du faux loubard a disparu.

Les partisans diront qu’il s’agit là avant tout d’une action artistique. Les détracteurs souligneront quant à eux la promotion médiatique… La question reste posée… A vrai dire, la vérité se situe entre ces deux points de vues antinomiques.

On soulignera quand même l’interprétation inventive de notre Arno national se réappropriant « Ma gonzesse », intéressant dans ce genre d’exercices (souvenez-vous de son album improbable de reprises « Cover Coktail ») et d’une Emily Loizeau (« It is not because you are ») qui a osé sortir de sa zone de confort et semble très à l’aise dans un ‘franglais’ particulièrement amusant. 

Mais, est-ce suffisant pour se donner la peine de mettre toute la ‘bande’ sous le sapin de Noël ? Pas sûr !

En conclusion, n’en déplaise à certains, n’est pas Renaud qui veut ! 

 

AqME

Le nouveau Messie du métal est arrivé…

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Formation parisienne, AqME a enregistré son dernier album, début novembre dernier. Il s’intitule « Dévisager Dieu ». Il s’agit du premier elpee dont les vocaux sont assurés par le nouveau chanteur, Vincent Peignart-Mancini ; un disque que le quatuor est venu défendre au Salon de Silly. Particularité chez ce groupe de métal, à l’une ou l’autre exception près, tous les textes sont écrits dans la langue de Molière. Mais avant la tête d’affiche, deux ‘supporting acts’ ont été prévus. Un Tournaisien (Mingawash) et un Lillois (Unswabbed).

Issu de la Cité des 5 Clochers, Mingawash est né en 2012. Un sextuor réunissant Martin et Clément au chant, le bassiste Denis, les guitaristes Quentin et Max ainsi que le drummer Théo. Sans oublier Xing Hui, le panda qui s'est évadé de Pairi Daiza, venu foutre le souk aussi bien sur les planches que dans la fosse. L'un des deux chanteurs se prend pour Angus Young. Il a enfilé des culottes courtes, porte une cravate et trimbale une mallette de pc portable. A plusieurs reprises, le combo demande à l’auditoire, un peu mou du genou, de s’approcher du podium. Invitation qu’il exécute timidement.

Les lyrics sont exprimés dans la langue de Voltaire et ne manquent pas d’humour. A prendre au second degré, bien sûr. La bonne humeur est de rigueur. Les musicos déménagent littéralement sur l’estrade. Dans le public s’amorcent quelques petits ‘round circles’. Le panda se décarcasse tellement pour mettre l’ambiance, qu’il en attrape des bouffées de chaleur et se retrouve en slip… Carrée, l’expression sonore oscille du hardcore au metalcore et peut s’appuyer sur une section rythmique particulièrement solide. De la setlist, j’épinglerai « Choco-Jeanne », « Fish Boy », « Polygame », « Infection Cérébrale », « Chope Ton Biker » et en apothéose, « Mingawash », titre qui a donné le patronyme au groupe. Bref, une chouette découverte qu’il faudrait suivre du coin de l’œil… Et le public d’affluer dans l’auditoire, au fil du set…

Changement de matos et place à Unswabbed. Il s’était déjà produit en mai dernier au Salon, en première partie du second projet de Vincent, le chanteur d’AqMR, The Butcher's Rodéo. Le combo est venu présenter son nouvel Ep « Tales From The Nightmares vol.1 » paru ce 31 mai. Séb, Bruno, Mathias, Filz et Charles se sont rencontrés en 1995. A l'époque, ils n'avaient pas 20 ans. Bien qu'issus d'horizons musicaux différents, ils décident de monter Unswabbed. Premier objectif : se faire plaisir ! Filz abandonne néanmoins l'aventure, réduisant le line-up à un quatuor. Qui compte plus de deux cents dates de concerts à son tableau de chasse. Leur participation dans la catégorie 'Découverte Rock/Métal', lors de l'édition 2011 du Printemps de Bourges, suscite l'intérêt de Canal +. Aussi dans le cadre de l'émission 'Un Monde de Brutes', la chaîne les suit pendant cinq jours. Leur répertoire est partagé entre titres interprétés dans la langue de Molière (une majorité) et celle de Shakespeare (quelques-uns). Leurs textes sont engagés. Les mélodies accrocheuses et les riffs incisifs. Sur le podium, le chanteur grimpe sur tout ce qui est susceptible d’être escaladé. Le chant est puissant et assez mélodieux. Les riffs de gratte sont incisifs et le drummer tape sur ses fûts comme un vrai malade. Bref, la foule commence à remuer et les ‘round circles’ se multiplient alors que le crowdsurfing s’intensifie…

Mes biens chers frères, mes bien chères soeurs, accueillez le nouveau Messie du métal, j'ai nommé Vincent Peignart-Mancini. Il s'agit du nouveau chanteur du groupe parisien AqMe. Il a débarqué en 2012. Pourtant, peu de formations résistent au départ de leur vocaliste. Maintenant, n'imaginez pas que leur musique s'écoute religieusement. Comme une messe célébrée par trois curés et une bonne soeur. Depuis l'arrivée de Vincent, le combo a retrouvé une nouvelle vigueur et est prêt à affronter l'adversité. La pochette est illustrée par un gaillard à deux têtes dont le coeur est bien au milieu et les veines lui traversent le corps. Déroutant ; mais surtout biologique ou alors mystique. Le drummer et dernier membre fondateur Etienne Sarthou (NDR : la naissance d'AqME remonte à 1999), la bassiste Charlotte Poiget (depuis 2000) et le guitariste Julien Hekking (il a rejoint le combo en 2009) complètent l'équipe. « Dévisager Dieu » constitue leur 7ème album et le premier d'une longue lignée, un disque qui a été mixé une nouvelle fois par un vieux complice, Magnus Lindberg.

AqME est en forme. Il a même une pêche d’enfer. Et pourtant, c’est la force tranquille du band, Etienne, le seul rescapé du line up, qui donne le ton. Sa frappe métronomique mais percutante est en quelque sorte fédératrice. La voix de Vincent est puissante, parfois à la limite de la rupture, mais constamment mélodieuse, sauf bien sûr lorsqu’elle se mue en hurlement. Charlotte a beaucoup de charme. Elle est même très sexy. De ses doigts cajoleurs, elle palpe ses quatre cordes.  

En toile de fond, deux tapisseries représentant le logo de la pochette du nouvel opus Le concert s’ouvre par une petite intro qui permet aux trois métallos mystiques de prendre place sur scène. Vincent attaque « Avant le jour », le single qui a précédé la sortie de « Dévisager Dieu ». Le guitariste et le bassiste sont bien en ligne. « Lourd Sacrifice » est une ancienne compo, sur laquelle le hurlement de Vincent est digne de son prédécesseur. Il donne même une nouvelle dimension aux anciens titres. Il affiche une attitude rock’n’roll tout au long de « Au-delà De L'Ombre », issu du dernier elpee. Manifestement, c’est un excellent showman et il monopolise tous les regards. Il parvient à faire monter la pression dans une fosse qui commence à jumper. Les riffs de Julien sont incisifs, meurtriers même. Et il nous le démontre tout au long de « Culte De Rien », tiré de « En l'Honneur de Jupiter » (2009) et « Rouge/Noir », du premier long playing, « Sombres Efforts » (2002). « Ce Que Nous Sommes » et « Enfant De Dieu » sont deux morceaux à la fois musclés et savoureux. Et le concert de s’achever par une petite bombe sonore, « Luxe Assassin », tiré d’« Épithète, Dominion, Epitaphe » (2012).

En rappel, on aura droit à  « Pornographie » et « Superstar ». Une belle soirée trempée dans le métal ! AqMe se produira au Durbuy Rock Festival, l’an prochain. A vos agendas...

(Organisation : Le Salon de Silly - François Meertens)

Calogero

En apesanteur…

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Paru le 18 août 2014, le sixième opus de Calogero a été enregistré entre Paris, Bruxelles et Londres (pour la frime, raconte-t-il ironiquement à son public) ; et il est excellent ! Il aborde, dans un langage accessible, certains sujets sociétaux sensibles tels que l’acceptation de soi, la problématique des familles recomposées ou encore les relations mères/enfants… Sa plume n’est pas formatée par les diktats de l’industrie du disque. Elle est acerbe et sagace.  

C’est au Palais 12, à Bruxelles, devant un parterre de fans complètement ‘en apesanteur’ que le chanteur d'origine sicilienne a, le 12 décembre dernier, livré son cœur et dispensé ses riffs de guitare lors d’un show ‘son et lumière’ parfaitement huilé, durant près de deux heures! 

Evitant la surenchère, la discographie du chanteur a bien été revisitée. Le tout dans une ambiance tantôt intimiste, la formule piano/voix exacerbant l’émotion des textes, tantôt hystérique, comme par exemple lors de son interprétation de « Un jour au mauvais endroit », un morceau au cours duquel le public, poings en l’air, encouragé par l’artiste, a clamé haut et fort son indignation face au drame d'Echirolles (banlieue de Grenoble) où deux jeunes adolescents ont trouvé la mort.

Fils d'immigrés et d'ouvriers, le plus gaucher des bassistes (il s’en amuse tout au long de « Conduire en Angleterre ») vient du peuple d’en bas et on se ressent dans son rapport affectif avec son auditoire ! 

Le spectacle a d’ailleurs offert de jolis moments de complicité, comme lors de cette séquence plutôt cocasse au cours de laquelle le public a chantonné le gimmick de « Seven Nation Army » des White Stripes. Calogero a saisi la balle au bond et s’est tout naturellement livré au jeu en balançant quelques notes de basse provoquant l’hilarité du public.

Un très bon concert donc !

 

Boyz II Men

Il n’y manquait que des musiciens…

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Les voix soul de Boyz II Men sont au programme ce mardi 9 décembre, à l’AB. En arrivant vers 18 heures, la file est déjà bien longue. Pas de tartiflette ce soir, je suis le mouvement. La soirée n'est apparemment pas sold out. Ce soir, l’auditoire, multiethnique, va parfaitement refléter la population de Bruxelles, ville multiculturelle par excellence. Un public qui va vibrer face à ce trio d’exception…

L’ouverture des portes accuse un gros quart d’heure de retard. Après avoir récupéré mon sésame, je fonce vers le balcon afin de me procurer une place assise la plus confortable possible. Ce sera au troisième rang, au milieu de la rangée. Idéal pour ne rien rater du spectacle. Devant moi, il y a quelques jeunes filles qui incarnent parfaitement le métissage qui fait la fierté de la capitale européenne. En outre, tout en demeurant assises, elles vont communiquer leur bonne humeur et leur joie de vivre, tout au long de la soirée, à l’ensemble du public de l’étage.  

Lorsqu’un Dj se produit en première partie d'un concert, on a souvent droit à un enchaînement de morceaux destiné à faire passer le temps. Et quand il faut s’en farcir 75 minutes, on est littéralement assommé. J'appréhendais donc ce scénario. Or, Dj Da Vinci va épater toute la galerie. De son véritable nom Robert Hoogduin, ce Batave mixe depuis 1984. Et il le fait divinement. Il crée une interaction avec le public et parvient à chauffer l’ambiance doucement, graduellement, mais efficacement. A tel point qu’il va transformer la fosse en immense dancefoor. Sa programmation nous réserve des titres de Alt J, Beyonce, Rihanna, Ken West, 50 Cent, et même, pour passer à la vitesse supérieure, de Michael Jackson. Bref, Da Vinci a parfaitement joué son rôle d’entertainer pour Boyz II Man. Une vraie bête derrière ses manettes…

Le public est impatient de voir monter Boyz II Men sur l’estrade. Perso, c’est la première fois que j’assiste à ce type de spectacle.

A l’origine, les Boyz II Men impliquaient 5 membres ; mais le line up s’est rapidement réduit à un trio, un noyau dur réunissant Nate Morris, Wanya Morris et Shawn Stockman. Leurs 10 premiers elpees se sont écoulés à plus de 60 millions d’exemplaires. Ils sont ainsi devenus le groupe de R&B le plus populaire de leur époque. En 2007, ils ont décidé d’adapter des standards du catalogue Motown. Un projet qui a surpris pas mal de monde –y compris le groupe– mais qui s’est soldé par un nouveau succès. Dans la foulée, il publie « Love » en 2009, « Twenty » en 2011 et « Collide » en 2014 (NDR : c’est leur quinzième LP), un disque qu’il va présenter en troisième partie du spectacle. C'est la troisième fois que le trio se produit à l’AB. Il s’y était déjà illustré en 2010 et 2012, au sein d’une salle sold out…  

Le décor est dépouillé. Un écran a été placé en arrière-plan pour recueillir les projections de vidéos. Une petite estrade sert uniquement de table pour déposer les rafraîchissements des artistes. Trois tabourets ont été installés sur les planches. On remarque également la présence d’une guitare, côté gauche, et d’une basse, côté droit, placés contre l'estrade. Pas d'autres instruments ni d’amplis. La musique est préenregistrée sur bande. C'est un peu dommage ! Mais c’est la volonté des artistes, et il faut la respecter. Tout est mis en place pour mettre en exergue leurs voix. Quant au light show, il va évidemment se focaliser sur les artistes.  

En guise d’intro, l’historique de la carrière du band défile sur l’écran. Les trois vocalistes débarquent sous un tonnerre d’applaudissements ; acclamations qui vont se répéter tout au long du show. Les portables et les appareils photos crépitent dans la fosse. L’effet est plutôt surprenant quand on se trouve au balcon. Le set s’ouvre par l’énergique et plutôt dansant « Believe / Muzak ». L’expression sonore baigne dans le funk et le r&b. Un départ à l’américaine, digne de LMFAO. Issu de « II », « On Bended Knee » est interprété à trois voix. Les fantômes de Marvin Gaye, des Temptations, de Stevie Wonder et de Mickael Jackson rôdent…

Les tubes, tels que « End Of The Road », « I'll Make Love To You » et « Can't Let Her Go » sont repris en choeur par la foule. Les artistes confessent adorer le mouvement old school de la Motown, mais admettent qu’ils appartiennent à la nouvelle école. Ils vont nous le démontrer à travers de nouvelles compos. Les images défilent. Dont certaines destinées aux applications à télécharger sur son I Phone, afin d’y disposer constamment de leur musique. Explications à la clé. Parmi les covers, j’épinglerai « Money (That's What I Want) » de Barrett Strong, « It's The Same Old Song/Reach Out I'll Be There » des Four Tops, « Amazed » de Lonestar et « Open Arms » de Journey. Du nouveau long playing, « Collide », on aura droit à quelques plages paisibles, mais chargées de swing. De quoi mettre du baume à l'âme et au coeur.

Lors du rappel, deux des artistes empoignent enfin la basse et la guitare pour attaquer le « Never Mind » de Nirvana. Et la version est particulièrement électrique. Ces instruments ne servaient pas seulement de décoration.

Bref, si j’ai assisté à un superbe concert, dans une ambiance du tonnerre, et savouré les voix remarquables de Boyz II Men, j’ai quand même regretté la quasi-absence de musiciens. Lors de leur retour, c’est un souhait que je formule. Certain que le spectacle y sera encore plus remarquable…

(Organisation : Greenhouse Talent)  

 

Triggerfinger

Public apathique pour trio sympathique…

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Pour le concert de Triggerfinger, Forest National recense 6 000 personnes. Un belle prouesse quand on sait que la capacité totale de cette salle est de + ou – 8 400 spectateurs. Le nombre d’artistes ou de groupes belges capables de la remplir n’est pas légion (dEUS, Machiavel, Vaya Con Dios, Puggy, etc.) ; mais en général, ils jouissent déjà d’une belle notoriété ou sont à l’aube de la reconnaissance internationale. Et ce soir, c’est blindé de chez blindé pour assister au set du trio anversois, éminemment sympathique. En supporting act, on retrouve la formation canadienne Big Sugar, qui avait déjà joué ce rôle, lors du show accordé à l'Ancienne Belgique, en mai 2014.

 

Big Sugar est un combo qui a déjà connu deux vies. La première entre 1991 et 2004. La seconde depuis avril 2010, soit depuis leur reformation. Le line up réunit Kelly 'Mr Chill' Hoppe au saxophone, à l'harmonica et aux claviers, Garry Loweest à la basse, Gordie Johnson au micro et à la six ou la douze cordes et enfin le drummer St ainsi que le claviériste DJ Friendlyness. Big Sugar est une véritable institution au pays de l’érable. Dans l’univers du blues et du roots, il est considéré comme un des plus créatifs ayant sévi au cours des 90’s. Il est né de la rencontre improbable entre un guitariste de hard-rock, un bassiste jamaïquain et un batteur punk.

Leur musique est plutôt originale et métissée. Une forme de blues aux réminiscences reggae et ragga. Le chanteur a une bonne voix et se révèle excellent gratteur. Les musicos bougent pas mal sur les planches. Le band s’était produit le 1er mai dans le cadre du Roots & Roses de Lessines ; et honnêtement, il ne m’avait pas particulièrement marqué. Bref, si le son manque quand même de pêche, il faut reconnaître que le show est dynamique et bien rôdé. En outre, les musicos manifestent une belle interactivité avec le public…

Véritable institution en Flandre, Triggerfinger jouit aujourd’hui d’une notoriété internationale, qu’il a acquise au fil du temps. Surtout comme groupe ‘live’. A tel point, qu’au cours des dernières années, le combo a été programmé au sein des plus grands festivals européens : Werchter, Vieilles Charrues, Rock Am Ring, Dour, Pukkelpop, Pinkpop, Sziget, Lowlands, Main Square, etc. Il a même assuré le supporting act des Stones à Hyde Park, l’an dernier. Eponyme, son premier opus est paru en 2004. Suivi par l’album ‘live’ « Fathers Up » en 2007, « What Grabs Ya » en 2008, « All this Dancin' Around » en 2010 (NDR : il a récolté un succès phénoménal qui s’est traduit notamment par un disque de platine en Belgique) et le dernier, « By Absence Of The Sun », cette année. Un enregistrement qui a été postposé, suite au succès imprévisible de leur cover du « I Follow Rivers » de Lykke Li, immortalisé lors d’une session radio pour la chaîne hollandaise 3FM. Un tube aussi énorme qu’inattendu qui les a renvoyés sur les routes, pour un nouveau périple de 6 mois, aux quatre coins du Vieux Continent. Une reprise qui figure sur le nouvel LP ‘live’ « Faders Up 2 ». Mais si vous souhaitez en savoir davantage sur l’épisode qui a marqué les sessions de leur dernier long playing, réalisé aux States, je vous renvoie à l’interview que le trio avait accordée à Musiczine au printemps dernier (voir ici)

A l’instar de la pochette du dernier LP, le chanteur/guitariste Ruben Block, le bassiste Paul Van Bruystegem, aka Monsieur Paul, et le drummer Mario Goossens ont revêtu leurs costards. Sexy, zébré mauve et rose pour Ruben, bleu foncé aux rayures verticales bleu ciel et blanches pour la veste chez Mario et comme d’hab’, blanc pour Mr Paul. Le rideau gris habituel est tiré en fond de scène. Et le set va bénéficier d’un solide light show. Avant que le combo ne monte sur l’estrade, une intro ténébreuse est crachée par les haut-parleurs. Et le spectacle de commencer par « Black Panic », un premier extrait du petit dernier, « By Absence Of The Sun ». Ruben triture sa gratte. Mario est déjà en super forme et invite la foule à se remuer en frappant dans les mains. Il se lève régulièrement de son siège pour haranguer la foule. Les 120 minutes de concert ont démarré à du 100 à l’heure ! D’autant que Mario martèle ses fûts toujours aussi frénétiquement. Comme sur le titre suivant, « And There She Was Lying in Wait ». Faut dire aussi que la section rythmique est particulièrement solide et balise les compos à la perfection. Car le showman, c’est avant tout Ruben. Il arpente l’estrade de long en large. Petit problème quand même, récurrent à Forest National, la voix de Block est trop en retrait. « By Absence Of The Sun » déclenche un véritable délire dans l’auditoire. Mario marque la cadence à l’aide de ses sticks pendant que les spectateurs frappent des mains. Enfin, l’ambiance commence timidement à décoller. Et « There Isn't Time » prolonge cet engouement. On My Knees » est un extrait du premier album, gravé en 2004. L’éponyme ! Une compo qui leur a permis de faire leurs premiers pas. Il fait de plus en plus chaud. Sur le podium. Les trois musicos se livrent et donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Ruben tombe la cravate ainsi que la veste. Normal, il assure le show. Mario se charge plutôt de relancer (NDR : réveiller ?) la foule, quelque peu mollassonne et l’incite à applaudir le barbu. Après « Perfect Match », la voix légèrement vocodée de Block amorce « My Baby's Got a Gun » (NDR : tiré d’« All This Dancin' Around »), un titre qu’il va charge d’intensité à l’aide de sa guitare, par paliers, avant d’atteindre une saturation ultime. C’est évidemment lors d’« All This Dancin' Around » que Mario va nous accorder un solo d’enfer sur ses fûts, moment choisi par ses deux comparses pour l’éclairer à l’aide de deux énormes spots ; et pendant les 20 bonnes minutes de son exercice de style !

« Is It » achève le set, un excellent boogie issu du premier elpee. Les membres de Big Sugar et du trio sont devenus très proches. Aussi, plusieurs d’entre eux les rejoignent sur le podium. Pour rappel, on aura droit à « Off the Rack », une version singulière du « I Follow Rivers » de Lykke Li (NDR : surtout l’intro) et à « Cherry ». Bref, si Triggerfinger s’est montré à la hauteur de sa prestation, il faut avouer que le public a quand même manqué de réactivité. La faute à une qualité de son insuffisante ? Sans doute. Mais pour le régler à la perfection, dans une telle salle, il faudrait bien une baguette magique. Ou alors disposer d’un matos hyper pro comme Neil Young, par exemple…

(Organisation : Live Nation)

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Ian McLagan

R.I.P. Ian McLagan

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Ian McLagan, connu pour avoir été le claviériste des Small Faces et ensuite, des Faces, est décédé ce 3 décembre, d'une défaillance cardiaque chez lui, à Austin, au Texas. Il avait 69 ans.

Cet Anglais était né à Hounslow en 1945. Il intègre les Small Faces en 1965, auprès de Steve Marriott, Ronnie Lane et Kenny Jones. Les 45trs du band décrochent pas mal de succès à l'époque : "Sha la la la lee", "All or nothing", "Itchycoo Park", etc.

Après le départ de Marriott fin 1968 pour monter Humble Pie, les Small Faces changent de patronyme en Faces. Mac reste cependant fidèle à Rod Stewart, avant de tourner régulièrement en compagnie des Rolling Stones. En 1979, il participe à l'aventure des New Barbarians, auprès de Keith Richard et Ronnie Wood. En 1984, il tourne avec Bob Dylan!

En 1994, McLagan s'installe à Austin, au Texas. Il monte son Bump Band.

Son dernier album "United States" date de juin 2014.

 

 

Bobby Keyes

R.I.P. Bobby Keyes

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Un autre collaborateur de longue date des Rolling Stones, Bobby Keys, saxophoniste, est lui aussi décédé ce 2 décembre. Il était atteint d'une cirrhose. Ce Texan allait bientôt fêter ses 71 ans. A ses tous débuts, il avait tourné en compagnie de Buddy Holly et Bobby Vee. Il était un musicien de studio très prisé et surtout un renfort recherché sur scène. Il a participé à la plupart des tournées des Rolling Stones, depuis 1970.

Il a enregistré pour Joe Cocker, BB King, Chuck Berry, George Harrison, John Lennon, Ringo Starr, Delaney & Bonnie, Dr John, Lynyrd Skynyrd, et la liste est loin d’être exhaustive

 

Sadistik

Ultraviolet

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Au vu du patronyme, il est certain qu’on ne va pas revivre un nouvel épisode de La Compagnie Créole. Et pour cause, Sadistik est un rappeur issu de Seattle qui étale son flow sur un hip-hop ténébreux et ultra vulnérable. « Ultraviolet » constitue le 4ème essai de l’Américain –et le second sur Fake Four Inc., le label d’Astronautalis, Busdriver et Child Actor (en guest ici d’ailleurs sur « Orange »)– au cours duquel il étale ses cicatrices personnelles (c’est dans ce registre qu’il a bâti sa notoriété) sur des beats enfumés. Un univers pas éloigné de Sage Francis, Cage ou du précité Astronautalis ; mais sans l’instantanéité parfois pop de leurs compositions. Cody Foster, aka Sadistik, avoue avoir écrit les morceaux d’« Ultraviolet » sous l’emprise d’opiacés et c’est très perceptible, à travers les ambiances synthétiques et glaciales qu’il entretient. Le flow est efficace (« Death Warrant »), aux antipodes de l’égotrip sur des morceaux rendant hommages à Georges Orwell (« 1984 ») ou citant Bukowski (« Witching Hour » qui bénéficie du concours de Nacho Picasso) et souvent introspectifs comme sur le très efficace « Gummo ». Du hip-hop dérangé et éthéré destiné aux esprits les plus tourmentés…

 

Rone

Tohu Bohu + Tohu Bonus

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Chronique un peu tardive de l'album de Rone. Mais l'occasion de revenir sur ce Français qui est devenu l'un des artistes de musique électronique les plus prisés, au cours de ces dernières années. Erwan Castex a le grand mérite de toucher un public assez jeune grâce à des compositions mélodiques et des arrangements délicats influencés par la musique classique. Ses concerts, qui drainent des foules considérables, prouvent en effet qu'il n'est pas toujours nécessaire d'asséner des gros beats et des sons saturés pour s'attirer l'adhésion des moins de trente ans.

Ce talent pour les textures agréables lui a notamment valu la reconnaissance et le soutien de Massive Attack, Laurent Garnier ou Jean-Michel Jarre. "Tohu Bohu", deuxième réalisation pour Infiné, est avant tout un album à écouter chez soi ou sur une autoroute. Il oscille entre ambient, electronica et techno downtempo. On le rapprochera des premiers travaux Neo-Trance d'artistes comme Gui Boratto, Natan Fake, James Holden et Max Cooper. C'est particulièrement le cas sur le morceau le plus hymnique "Parade" ou sur "Fugu Kiss". On a aussi comparé le résident berlinois à Radiohead dans ses moments les plus électroniques. Il y a, en outre, un petit côté lyrique voire symphonique dans ses compositions comme sur "Icare", sur lequel il a reçu la collaboration du violoncelliste Gaspar Claus ou "Beast (Part2)".

Le mini album qui accompagne la deuxième édition de "Tohu Bohu" est bien plus que du remplissage destiné à relancer les ventes suite au succès toujours grandissant du natif de Boulogne-Billancourt. Il me semble même supérieur. La nouvelle version de "Let's Go", pour laquelle il a reçu le concours du rappeur High Priest (Anti-Pop Consortium), est bien plus intéressante. Et l'on appréciera aussi la rencontre avec John Stanier des Battles sur l'envoûtant et cinématographique "Pool". "Tag" et sa techno hypnotique est également une réussite.

Rone sortira son prochain opus "Creatures" le 9 février prochain. D'ici là, il est encore temps de se plonger ou de se replonger dans les paysages rêveurs de "Tohu Bohu". Une oeuvre qui porte bien mal son nom tant elle est propre et bien ordonnée. Un peu trop peut-être.

 

Ozark Henry

Live 2014 : The Journey Is Everything

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Piet Goddaer, alias Ozark Henry, a pris un nouveau virage depuis la sortie de son album studio, « Stay Gold », en 2013. En intégrant une voix féminine à son expression sonore, le compositeur a voulu élargir son horizon sonore pourtant déjà très large. Un choix certainement payant sur son dernier elpee mais pas forcément convaincant en live.

Laura Groeseneken a accompagné le Courtraisien, lors de cette tournée 2014. Ce qui explique pourquoi les anciens titres ont été adaptés en fonction de la vocaliste.

S’il est agréable de constater que l’artiste flamand essaye toujours d’offrir de nouvelles expériences à son public, les puristes risquent de regretter légèrement les nouvelles versions de certains morceaux. Car, même si Goddaer est un excellent compositeur, beaucoup de personnes sont aussi conquises par sa voix si particulière. Et la voir parfois mise en retrait pour celle de Groeseneken s’avère assez frustrant.

Il y a quand même des exceptions qui confirment la règle. « At Sea » en est le parfait exemple car Laura semble répondre à Piet. Ce qui rend le morceau interactif et vivant. L’enchaînement de ce titre avec « These Days » et « I’m Your Sacrifice », dans la deuxième partie de l’album, est d’ailleurs le meilleur passage de celui-ci. Toute la palette d’Ozark Henry est mise en avant par ces trois chansons.

« The Journey Is Everything » est un live agréable, aucun de doute là-dessus. Mais on peut se demander si depuis « Stay Gold », Piet Godaert n’a pas changé de public. Les compositions sont plus pop et plus lisses. Ce qui rejaillit un peu sur les plus anciennes, en public. Tout en reste néanmoins un ‘must-have’ pour les fans du grand Belge. Mais il leur faudra certainement un petit temps d’adaptation pour pleinement apprécier la nouvelle expérience proposée par celui qui reste une des références musicales dans notre pays.

 

May The Silent Fail

Of Hope And Aspiration

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A l’heure où l’homme pose des trucs sur les comètes, j’ai envie de vous envoyer un OVNI dans votre espace Death, lisez Organe Vociférant Non Identifié ! Le 10 octobre 2014, May The Silent Fail a sorti son premier LP chez Supreme Chaos : « Of Hope And Aspiration ». Ce jeune et ambitieux groupe d’origine teutonne nous balance un ouvrage Mélo Death mêlant modernité et classicisme. Inspirés de groupes comme In Flames, Unearth ou Heaven Shall Burn, leur musique alterne les tempos en enchaînant riffs rapides ou mélodiques sur deux guitares, soutenues par une basse lourde et une batterie sèche qui claque. Le groupe n’hésite pas à y injecter du clavier, de la guitare sèche ou une touche d’électro d’ambiance. Alors il est où l’OVNI ? Au vocal, pardi ! May The Silent Fail pose deux voix, une clean et une growl. Si  Sarina Wijasuriya a tout de la sirène envoûtante, que serait le Death sans bon growler ? Et le growler est… une growleuse ! C’est Janina Kutschewski qui s’y colle et elle se défend plutôt bien. On pourrait penser que ce don est né suite à un problème de mue à l’adolescence, mais non, car elle n’hésite pas à soutenir le chant mélodique. Pourtant, si Mademoiselle te dit qu’elle sort boire un verre avec ses potes et que le souper a intérêt à être prêt quand elle rentre, tu te mets aux fourneaux !

La conjugaison de ces deux ‘Front Women’ nous donne un ensemble très bien équilibré, l’une ne prenant jamais l’avantage sur l’autre. Ce nouveau monstre original risque de devenir une bébête qui monte. May The Silent Fail a ainsi eu l’occasion de suivre Slayer, Mastodon et Amon Amarth dans sa prime jeunesse lors de l’Unholy Alliance Tour de 2008, mais a aussi été sélectionné en 2013 dans le cadre du New Blood Award ouvrant les portes du Summer Breeze Festival. Actuellement elles accompagnent Sonic Syndicate en tournée mais aucune date n’est prévue dans nos contrées. En attendant je vous invite à vous rendre sur leur canal Youtube afin de faire vos premiers pas dans leur univers ! Et c’est ici

 

 

 

Indian Red Lopez

Commit

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Même si vous n’en entendez plus guère parler, les boys band sévissent encore et toujours. Ils se sont métamorphosés (pas toujours en bien), mais ils  existent toujours bel et bien. Certes, ceux-ci ont évolué (mais n’ont pas affiné leur concept), mais ils sont toujours là. Indian Red Lopez vient tout droit d’Aberdeen en Ecosse, un pays qui nous avait pourtant habitué à mieux.

« Commit » constitue leur deuxième album et ne mérite pas une seule ligne. Rien qu’en ouvrant la pochette, la pause prise par les Ecossais prêtent déjà à sourire. Si seulement le stéréotype  s’arrêtait là, on ne s’en porterait pas plus mal. Malheureusement, une fois dans le lecteur cd, le groupe sévit. Les voix sont formatées et maniérées tout comme le reste de la musique d’ailleurs. Elle est même tout bonnement insupportable.

À ce moment précis, je préfère arrêter les frais. Mieux vaut donc ne plus en parler…

 

If the Kids

I Need Some Company (Ep)

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‘If the Kids’ apprécient ce genre de musique, ben alors franchement, je commence à être dépassé… Pas que la musique de ce groupe parisien soit foncièrement de mauvaise facture ; mais née d’un compromis entre Superbus et Good Charlotte, elle ne me touche absolument pas ! Ces tubes électro-pop qui se veulent punk alors que leurs lyrics faussement engagés sont totalement inoffensifs, à l’instar d’« I Need Some Company », finissent même par m’horripiler.

If the Kids est un groupe drivé par Mademoiselle Marie et l’ex-Silmaris Brice Montessuit. Leurs compos servent régulièrement de bande sonore publicitaire à des produits de consommation. « Life is Now » pour un parfum Lacoste notamment. Une démarche qui ne cadre pas du tout avec leur patronyme, inspiré d’une compo des vétérans punk britons Sham 69 (« If the Kids are United, We’ll Never be divided »). Autre temps, autre valeurs apparemment… Pas la moindre trace de révolte ici mais une envie de réussir flagrante sur des morceaux bien trop sucrés et catchy comme « Set You Free ». D’ailleurs le duo se réfère aux horribles Ting Tings. Un Ep 4 titres à éviter, donc…

 

Elia y Elizabeth

La Onda de Elia y Elizabeth

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Petit conseil du mois : laissez-vous bercer par ces Ondes musicales libérées par Elia et Elizabeth Fleta Mallol, deux sœurs issues d’une famille de musiciens espagnols émigrés à Baranquilla. Les ballades de ces deux frangines colombiennes, composées entre 1971 et 1973, ont en effet été exhumées des tiroirs par le label espagnol Vampisoul, orfèvre en la matière. Les morceaux pop-folk parfumés d’effluves psyché et stimulés par des rythmes caribéens enchantaient à l’époque les foules. De craquantes chansons qui n’ont pas pris une ride… Une carrière éclair limitée à deux long playings qui fait aujourd’hui l’objet de cette compilation réunissant 16 plages laidback au charme juvénile. Le début des études sonnera le glas de leur aventure… La légèreté des voix de ce duo féminin est magnifiée par la production sur mesure de Jimmy Salcedo, pianiste de formation, qui parvient à tirer le meilleur de leur répertoire. Les mélodies sont imparables, à l’instar du vaporeux « Fue una Làgrima » ou de l’émouvant « Descripcion ». Une plongée étonnante dans l’univers folk sud-américain d’une autre époque !

Un livret aux photos d’époque accompagne cet étrange recueil ainsi qu’un texte explicatif signé Carlos Icaza…

 

Alexia Coley

Keep the Faith

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Vous n’êtes pas encore lassé du revival soul post-Amy Winehouse ? Vous devriez alors prêter une oreille attentive à « Keep the Faith », le premier essai de la Londonienne Alexia Coley, jeune artiste active au sein de la scène jazz-soul locale depuis plusieurs années. Ses morceaux revêtent les habits classiques du genre qui ne pourront que plaire aux amateurs mais gaveront légèrement les autres, soucieux de changer d’horizon sonore…

La voix d’Alexia est puissante. Les singles sont nombreux : entre l’up-tempo « Drive Me Wild » et le plus sombre « Beautiful Waste of Time », les morceaux libèrent un swing imparable. Quant aux lyrics, ils traitent d’histoires d’amour difficiles et autres drames chers à l’imagerie soul ancestrale. Bref, si les titres de ce « Keep the Faith » sont parfaitement exécutés et particulièrement agréables à l’oreille, ils manquent toutefois de ce grain de folie qui fait la différence entre un disque de bonne facture et un autre inoubliable…

 

Applause

Acids Pt.2 (Ep)

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« Acid Pt.2 » constitue le second volet de l’originale initiative ‘in progress’ des Franco-belges d’Applause… La joyeuse bande a en effet eu l’étrange idée de sortir trois EPs la même année, successivement, avant de leur consacrer une compile. Pourquoi pas ! Ce second essai s’avère être ma première incursion dans le projet et leurs morceaux arborant fièrement des sonorités sombres et pop à la fois, mi-rock mi-synthétiques, chères aux 80’s en général, sont plus que convaincants. Les singles entraînants tels que l’inaugural « Riding » ou le lyrique « City Lights » sont, en outre, portés par la puissante et suave voix de Nicolas Ly – nouveau chanteur qui rejoint le line up bruxellois après avoir proposé ses services à l’issue d’un show parisien– rappelant Jasper Steverlinck d’Arid (Pt.2 ?). Le tout au sein d’une ambiance romantique et classieuse… Autant dire qu’il me semble indispensable d’aller jeter une oreille plus qu’attentive à leur deux autres Eps complétant cette étonnante trilogie !

 

Zaz

Paris

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Zaz a désormais publié un album de reprises. Il s’agit de son troisième opus et il est dédié à la capitale française : Paris.

Certains diront qu'il s'agit là d'un coup marketing, les autres parleront d'hommage

Les deux à la fois, pourquoi pas ?

Les treize chansons de cet LP sont, finalement, toutes de vieux tubes toujours modernes.

La tendance générale de ce long playing est plutôt jazzy, mais pas que... fort heureusement.

Même si j'ai décroché quelquefois, je suis arrivé jusqu'au bout sans grincer des dents, outre mesure.

Quelques bons souvenirs d'enfance ont refait surface. « La parisienne » (Marie-Paule Belle, 1976) ou encore « Les Champs-Elysees » (Joe Dassin, 1969).

J'ai apprécié « Paris Canaille » (Leo Ferré, 1953), judicieusement bluesy et ‘swingy’ et « La Romance de Paris » (Charles Trenet, 1941) en duo avec Thomas Dutronc.

« J'ai deux amours », écrite pour Josephine Baker par Géo Koger et Henri Varna, date de 1930. Mais je n’ai reconnu cette chansons qu’à l’évocation du titre, tant les arrangements sont trompeurs.

« A Paris » (Francis Lemarque, 1949) est très bien interprétée mais trop chargée en gospel, à mon goût.

« Paris au mois de mai » (Charles Aznavour, 1963) commence tout en douceur. La fin, plutôt énervée, m'a un peu plus dérangé. Dommage !

Les cinq autres chansons de l'album se sont laissées entendre. Sans doute quelques tours de pistes supplémentaires m'auraient aidé à les adopter plus franchement, mais l'inverse aurait pu se produire, aussi.

Sympa cette balade à Paris, finalement.