La terre fissurée de Daffo

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

Miossec simplifie…

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Spoon

Plus anglais que texan…

Inspirés par la musique des frères Davies, le Bowie de « Hunky Dory » et The Modern Lovers, Britt Daniel (guitares et chant) et Jim Eno (batterie et chœurs) fondent Spoon en 1994. L’année suivante, évoluant sous la forme d’un trio au sein duquel John Croslin se réserve alors la basse, il est débusqué et signé sur le champ par Matador, suite à un concert accordé dans un bar de sa ville d'Austin, capitale du Texas, patrie des Bush, des ‘rednecks’ (traduisez par ploucs fachos) et des exécutions capitales... De quoi être remontés !

Invité à plusieurs reprises sur les tournées de Pavement et Guided By Voices, la formation revisitée et complétée de Rob Pope ainsi que d’Eric Harvey vient d’enregistrer « They Want My soul », son huitième opus.

Il y a donc déjà une petite vingtaine d’années que les gars de Spoon sont actifs, et plus spécifiquement, une bonne décennie que leur musique agite véritablement les cercles indépendants. Un groupe qui se fait plutôt rare sur le Vieux Continent. Il avait cependant décidé de prendre place dans le magnifique Vooruit de Gand. Une bonne occasion pour visiter cette belle ville du Sud de la Flandre avant d’affronter les 11 nouvelles mélodies post « Transference » (2010) du groupe texan. Une salle de concert aux allures de vieux théâtre déglingué qui colle délicieusement au pop-rock du band. Le temps de se perdre dans le centre culturel gantois, d’user d’un néerlandais bancal pour enfin trouver la salle de concert (NDR : attention, l’entrée de celle-ci se cache à l’arrière du bâtiment et n’est pas particulièrement bien indiquée) et on investit enfin les lieux, alors que le début de set vient de commencer, le troublant Britt Daniel entonnant déjà « Do You », le single groovy de son dernier effort, « They Want My Soul ». Onze titres renouant avec la spontanéité et la fraîcheur des impeccables « Gimme Fiction » (2005) et « Ga Ga Ga Ga Ga « (2007). Un retour aux sources choisi par le frontman qui contraste avec le très rugueux et hermétique « Transferrence » (NDR : certainement le meilleur album du groupe américain.)

Sans ne jamais s'éloigner d'une formulation folk rock somme toute assez classique, Spoon envoie le bois tout en décochant des mélodies imparables. Ce qui le caractérise, c'est l'inventivité de ses digressions, la variété des chemins de traverse qu'il emprunte, la soudaineté des attaques bruitistes de la guitare de Britt Daniel, le concours d'un quatuor à cordes, l’apparition d'un soubresaut électronique ou encore du contre-chant de Jim Eno. « Two Sides Of Monsieur Valentine » et « My Mathematical Mind » (un monstre instantané qui renvoie vers Spiritualized) raillent chacune à leur manière l'esprit dérangé des prédicateurs sudistes... Impossible de résister à la power pop de « Sister Jack », pas plus qu’à « The Delicate Place » et son, euh, délicat (très) gros son tout comme au contre-pied musical de « Was It You? » (une allusion au choix de nom du groupe, le titre d'un des meilleurs morceaux de Can ?) Ultime aspect paradoxal de la musique de Spoon : il a un son bien plus anglais qu'américain. Divine surprise.

 

Coup double pour les Smashing Pumpkins

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Les Smashing Pumpkins ont annoncé la sortie de deux albums dans l’année à venir. « Monuments to an Elegy » sera disponible à la vente le 8 décembre prochain alors que « Day For Night » paraîtra courant 2015.

Le quatuor mené par Billy Corgan a la lourde tâche de produire les successeurs à « Oceania », acclamé par la critique lors de sa sortie en 2012.

« Monuments to Elegy » a été produit par Howard Willing et Billy Corgan en personne. Le disque sera dans la continuité du projet « Teargarden By Kaleidyscope », une série de 44 morceaux proposés au public.

http://www.smashingpumpkinsnexus.com/

 

 

Einstürzende Neubauten comme en 14…

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Le groupe allemand Einstürzende Neubauten sortira son nouvel album, « Lament », le 10 novembre prochain. Une production composée de morceaux écrits pour le live et retravaillés afin de pouvoir proposer une meilleure expérience à l’auditeur.

Un disque construit autour d’instruments bruyants qui reproduiront avec précision le son caractéristique de la formation anarchique.

Les textes raconteront la première guerre mondiale avec un angle bien particulier. Blixa Bargeld, le chanteur-compositeur, partira du principe que cette guerre ne s’est jamais terminée.

Un programme surprenant qui pourra être découvert sur scène le 8 novembre à Diksmuide.

http://www.neubauten.org/

 

Du beau monde pour le nouvel album de Bryan Ferry…

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Brian Ferry a annoncé que son nouvel album « Avonmore » sortira le 21 novembre prochain chez BMG. Le Britannique sera accompagné sur certains morceaux par Johnny Marr, Nile Rodgers et Marcus Miller. Le résultat s’annonce en tout cas très varié. En effet, les morceaux sont annoncés parcourir des univers parfois sombres, imaginaires ou encore joyeux.

Les nouvelles compositions pourront être découvertes en Belgique le 17 novembre au Cirque Royal ou le 11 décembre à l’Ancienne Belgique.

http://www.bryanferry.com/

Animals As Leaders

Techniquement (sur)doués…

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Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…  

(Organisation: Ancienne Belgique)

 

Tesseract

Le ‘djent’ dans toute sa splendeur !

Écrit par

Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…   

Setlist : « Of Matter – Proxy », « Of Matter – Retrospect », « Of Matter - Resist », « Concealing Fate, Part 2: Deception », « Concealing Fate, Part 3: The Impossible », « Concealing Fate, Part 4: Perfection », « Concealing Fate, Part 5: Epiphany », « Concealing Fate, Part 6: Origin », « April », « Of Energy – Singularity », « Of Mind – Nocturne » et « Concealing Fate, Part 1: Acceptance ».

(Organisation: Ancienne Belgique)

Sworn Enemy

Mons, terre du Hardcore, ‘clap’, deuxième !

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La ville de Mons a accueilli, pour la seconde fois en un mois, à l’Alhambra, quelques pointures du Hardcore. La qualité était une fois de plus au rendez-vous : les locaux de Repulsion et les Mexicains révoltés de Thell Barrio ont chaudement ouvert le bal au Thrashcore américain de Sworn Enemy.

Les premiers à monter sur les planches sont les Montois de Repulsion. ‘On est ici chez nous et on espère qu’on va faire la fête ensemble’, lance Max, vocaliste du groupe. Le set démarre et les proches de la formation commencent directement à remuer. C’est toujours plus facile pour une première partie quand on se produit sur ses terres... Mais la sauce a malheureusement un peu de mal à prendre et les breaks parfois un peu longs entre chaque chanson ont tendance à faire retomber la pression. Le chanteur tente même de réveiller le public en descendant dans la fosse afin de bousculer l’une ou l’autre personne… mais n’entraîne que la chute de quelques bières sur le sol. Il ne manque néanmoins pas de s’en excuser aussitôt. Un détail révélateur de l’ambiance à l’Alhambra : on s’y sent bien et on est uniquement là pour passer un bon moment, entre fans de musique.

La tension monte ensuite directement d’un cran lorsque les Mexicains de Thell Barrio débarquent sur l’estrade. Ces derniers sont atypiques à plus d’un titre. D’abord, il y a deux drummers. L’un siège derrière une batterie ‘classique’, l’autre frappe la rythmique sur un assemblage hybride d’instruments de percussion, offrant par la même occasion une sonorité latino particulière. Pas pour rien que Thell Barrio se targue de faire du Latincore. Mais leur originalité ne s’arrête pas en si bon chemin : les visages des six membres sont en effet entièrement recouverts d’un masque de tissu, donnant l’impression de se retrouver face à un gang issu des bas-fonds mexicains. L’utilisation d’artifices visuels est toujours périlleuse, surtout lorsque ces derniers servent à pallier une maîtrise musicale trop faible. Mais ici, loin s’en faut. L’ambiance visuelle vient renforcer un Hardcore lourd, puissant et brutal. Pas de place à la concession, les morceaux vont droit au but. Un chant hurlé typique mais en espagnol et parfois empruntant une rythmique propre au rap, ne fait qu’appuyer cette sensation d’immersion dans les enfers des ghettos mexicains. Une claque !

Facile de s’imaginer que la température de la salle est à point pour Sworn Enemy. Originaires de New York, les cinq Américains pratiquent du Hardcore old-school teinté ça et là de nuances Thrash. Ici, pas de masques ni même de bâche de fond frappée du logo du groupe ; tout est focalisé sur les morceaux qui s’enchaînent les uns après les autres avec force et précision. Mention spéciale à Matt Garzilli, un des deux guitaristes, pour ses fréquentes envolées en solo. Le combo prend plaisir à jouer, c’est manifeste. Le chanteur ne manque pas de dédicacer un morceau à Chris Michez, chanteur de Do or Die, afin de le remercier pour les avoir invités à jouer. Il salue par la même occasion les membres de Thell Barrio qui assistent au concert depuis les côtés de la scène. Un renvoi d’ascenseur, puisque les Mexicains avaient fait de même lors de leur prestation. Deux formations qui apparemment prennent plaisir à se partager l’affiche. Plaisir également partagé par le public, où les mosh-pits se multiplient dans la petite fosse de l’Alhambra. Certains esprits agités n’hésitent pas à monter sur le podium en toisant (gentiment) Sal LoCoco, l’imposant chanteur du quintet new-yorkais, avant de repousser les quelques amplis présents sur la scène. Une attitude provocatrice, mais certes modérée, mue certainement autant par la puissance de la musique que par un léger abus de boissons alcoolisées. Un écart de suite repris en main par quelques personnes de l’auditoire, qui s’empressent de ramener le matos à sa juste place. Un circle-pit, assez largement suivi, siffle la fin de la prestation des Américains. Deux ou trois ‘We want more’ émanant de la fosse inviteront Sworn Enemy à clôturer leur set, sans avoir quitté la scène au préalable. Ne pas perdre de temps doit être l’un de leur credo. En effet, à peine le temps de saluer le public et ranger son micro que Sal LoCoco saute de scène, traverse la salle à moitié encore remplie et va rejoindre son stand merchandising, au plaisir d’échanger quelques mots en compagnie de ses fans. Et le tout dans une bonne ambiance…

(Organisation : Alhambra)  

John Weeks

John Weeks Band

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Né en France, John Weeks est chanteur et guitariste de blues. C’est un vétéran puisqu'il a entamé sa carrière au début des 70’s. Au départ, il était influencé par les Allman Brothers, Jimi Hendrix, Eric Clapton et surtout Freddie King. Début des 90s, il vit à Paris. Il drive alors un trio baptisé TNK, un combo qui squatte les clubs de l'Hexagone. Depuis, l’artiste a émigré à  Denver, dans le Colorado où il multiplie les projets : Bluzinators, Papa Juke, Cedar Avenue Blues Band, entre autres. Printemps 2014, il monte ce Willie Weeks Band, en compagnie d’Andras Csapo (AC), un chanteur/claviériste/harmoniciste d'origine hongroise, Curtis Hawkins à la basse, et Tim ‘Chooch’ Molinario à la batterie. Au cœur de cet été, ils ont investi le studio Colorado Sound. 

L’elpee s’ouvre par "All night", un blues teinté de R&B de toute bonne facture qui rappelle quand même l’Allman Brothers Band, notamment à cause de la guitare de Weeks et l'orgue de Csapo. La voix de Weeks colle bien à ce climat digne d’un jam band sudiste… Caractérisé par ses cordes acoustiques, "Devil in my house" sonne plus roots, une piste au cours de laquelle AC est passé à l'harmonica. Plus laidback, l’atmosphère est plus proche de JJ Cale. Guitare et harmonica dialoguent tout au long de l’instrumental "Why don't we slepp on it?", une compo bien balancée. Une excellente intervention à l’orgue Hammond ouvre "How can you love me?", un blues lent que chante Weeks d’une voix empreinte de désespoir, face à un amour qui n’est pas partagé, avant de libérer ses cordes, tout en retenue et parcimonie. Blues funk, "I want to get back home" est coloré par l'harmonica de Csapo et dynamisé par la six cordes du leader. "You never say what you mean" baigne dans un climat latino-jazz, une plage dont le groove est alimenté par les percussions de Chooch, mais également les variations de la guitare et d’orgue. Des claviers chaleureux qui balaient la finale "Moving on", une autre plage funk, caractérisée par une dernière sortie des cordes, sans pour autant déborder de son contexte.

Ce premier opus est chargé de promesses, même si la voix de John n'est guère passionnante. Néanmoins, le band vient d’engager une chanteuse, Miss Michele Steele, pour assurer les lead vocals. Et c’est une excellente idée !

 

Thisell

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Si chroniquer un album est un exercice de style enrichissant, le plus excitant est certainement de découvrir des artistes que personne –ou presque– n’est encore parvenu à dénicher. Discerner une pépite que l'on ne partagera qu'avec nos plus proches connaissances, reste l'un de mes plus grands plaisirs. Ce type de découverte n’est pas fréquent, mais quand le phénomène se produit, on ressent ensuite une envie irrépressible de clamer cette bonne nouvelle sur tous les toits. Il faut avouer que l'histoire de Peter Thisell attire la sympathie et quand on observe les images qui illustrent la pochette de l'album, on ne peut que succomber au charme de ce Suédois.

En 2010, des idées plein la tête, il réunit ses ami(e)s et sa famille pour enregistrer ses morceaux au sein d’une école abandonnée. Après une semaine d’enregistrement, il dispose de toutes les maquettes de son elpee, sobrement intitulé « 1 ». Mais il lui faudra de quatre ans pour qu’il puisse sortir sous sa forme physique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a bien fait d’attendre. Peter Thisell et sa bande nous livrent huit morceaux trempés dans l’americana. Des compos dont les influences oscillent de Bonnie Prince Billy à Wilco, en passant par Neil Young.

Dès « A Town of Windows », la première plage de l’opus, la voix du Scandinave fait chavirer les âmes. Epaulée par de superbes chœurs elle est empreinte d’une grande mélancolie. Omniprésentes, les interventions au violon communiquent d’inévitables frissons. Thisell raconte ses histoires. Sans jamais en remettre une couche, il parvient à accrocher le mélomane. Finalement, il n’en faut pas forcément beaucoup pour faire de la musique avec un grand ‘M’.

Finalement, je vous ai déjà un peu trop livré mes impressions. Une écoute vaut mieux qu’une longue description ; c’est pourquoi je vous laisse le soin de découvrir cet album. Et croyez-moi, il en vaut largement la peine… 

 

Reigning Sound

Shattered

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Les onze pistes de ce « Shattered » nous replongent dans la pop des 60’s. Les refrains sont d’une efficacité redoutable. Les riffs de guitare sont subtils et les interventions d’orgue chaleureuses. L’opus oscille entre plages rock (« North Cackalacky Girl », « Once More ») et ballades folk (« Never Coming Home », « If You Gotta Leave »), certains morceaux exsudant même une sensualité ‘soul’ (« In My Dreams », « I'mTrying (to be the Man you Need ) »).

Greg Cartwright, le leader de la formation, est impliqué dans de multiples projets ‘garage’, dont The Compulsive Gamblers, le mythique The Oblivians et Greg Oblivian & The Tip Tops. Reigning Sound est plutôt une aventure pour laquelle il cherche à se faire plaisir, et cela s’entend. Comme sur ce dernier elpee, un disque qui fait suite à « Love & Curses », paru il y a déjà 5 ans. « Shattered » est un excellent album. Et je vous le recommande vivement…

 

Jordan Officer

I'm free

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Agé de 37 ans, Jordan Officier nous vient de Montréal. Chanteur, compositeur et guitariste, le Canadien a déjà reçu un Prix Juno pour le meilleur album de jazz vocal, publié en 2010. Une récompense attribuée à son premier elpee commis en solitaire, "Jordan Officer". Pour enregistrer "I'm free", il a déménagé temporairement à New York. Lors des sessions, il n’a reçu le concours que d’une section rythmique. Aux drums, le plus souvent Charley Drayton (ex-Herbie Hancock, Johnny Cash, Neil Young) et parfois Tony Mason (ex-Joan Osborne, Norah Jones, Bo Diddley). A la basse, Andy Hess. Le tracklisting recèle huit compos originales et, en finale, deux reprises.

"At least I've got the blues" ouvre le long playing. Une perle. Jordan avoue que, s'il aime le  jazz, la country et le rock'n'roll, il éprouve un réel plaisir à en revenir aux sources, le blues. Un dialogue d’une grande pureté et particulièrement raffiné s’établit entre l’artiste et ses cordes. Les percus de Tony Mason sont bien mises en exergue tout au long de "A night of fun", une piste qui véhicule des accents latinos. La voix est nonchalante et le jeu de gratte très rythmique. Blues indolent, dépouillé, le titre maître rappelle T-Bone Walker voire, sous un angle plus contemporain, Ronnie Earl, un morceau au cours duquel on ressent profondément le feeling de l’artiste. "When we were just two" adopte le Diddley beat, mais sous un format très léger. Les cordes et les drums de Mason font ici bon ménage. Pour exprimer au mieux ses émotions, Officer choisit le plus souvent le dépouillement extrême, notamment à travers son jeu de cordes. La section rythmique balise à la perfection "I'm all alone". Exercice de style, "Jackie's tune" conjugue virtuosité et mélodicité. Une piste qui navigue à nouveau dans un climat proche de Ronnie Earl. Jordan chante "Two will do". Mason produit un léger swing proche du bebop, sur ce titre jazz. Intimiste, "Life just showed me" opère un retour au blues traditionnel. Le jeu de guitare est d’une grande limpidité. Superbe ! Le long playing s’achève par deux reprises. Tout d’abord "Ain't nobody's business", un blues lent popularisé par Freddie King. L’intensité dramatique de cette version traduit la sensibilité d'écorché vif de l’artiste. La finale est instrumentale. "Hang 'em high" me fait penser à une B.O. de western ; finalement pas tellement éloignée de l’esprit d'Ennio Morrricone, même si le morceau est davantage contaminé par le blues et le surf. Un album remarquable !

 

King Creosote

From Scotland with love

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En quinze ans de carrière, King Creosote a quasiment publié le même nombre d’albums. Mais ce « From Scotland with love » devrait enfin consacrer cet artiste. D’ailleurs si ce n’est pas le cas, je jette définitivement l’éponge et me consacre à la musique de stade. Car, je le dis et le répète, « From Scotland with  love » est un œuvre parfaite de bout en bout. Mais paradoxalement, Kenny Anderson (NDR : encore un barbu !) alias King Creosote, pourrait atteindre cet objectif, grâce à cette B.O. d’un documentaire réalisé par Virginia Heath, consacré à l’Ecosse via les Jeux du Commonwealth.

Les onze pistes de ce long playing sont aussi accrocheuses les uns que les autres. Des titres pop/folk/rock qui font mouche à chaque fois. Le disque s’ouvre par un véritable hymne pour les marins qui ont le vague à l’âme, une ballade folk dépeignant sa ville portuaire natale de Fife. « Cargill » réchauffe l’atmosphère. L’instrumentation est luxuriante et le remarquable crescendo évoque instinctivement Arcade Fire voire The Decemberist. « Largs » est imprimé sur un tempo plus enlevé. Et finalement, on pourrait mettre en exergue toutes les plages du long playing, tant elles rivalisent d’excellence. Néanmoins, j’épinglerai encore « For One Night Only », réminiscent de Wilco ainsi que « Bluebell,  Cockleshell, 123 » et « Pauper’s Dough », deux pistes magnifiées par des chœurs…

« From Scotland with love » constitue clairement l’album le plus abouti de King Creosote, mais surtout, un des meilleurs parus en 2014, tous styles confondus.

 

Erin Harpe

Love whip blues

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Originaire de la région de Washington DC, Erin Harpe chante et se consacre à la guitare. Elle a appris à en jouer très jeune, auprès de son père, bluesman. C’est dans la capitale fédérale qu’elle va commencer à se produire tout en améliorant progressivement son style. Elle émigre ensuite à Boston où elle apporte sa collaboration à Paul Rishell et Susan Tedeschi. Elle publie deux albums solos acoustiques, "Blues roots" en 2002, et "Delta Blues duets" en 2008. Sa nouvelle formation, The Delta Swingers lui permet de découvrir les racines du blues du Mississippi des années 30 ; une structure qu’elle va balayer de références plus ou moins conséquentes de soul, funk et reggae.

Ce disque a été enregistré au sein des studios Fat Rabbit (NDR : ils appartiennent au jeune guitariste/producteur issu du New Jersey, Dave Gross). Le tracklisting réunit quatre compositions personnelles et des reprises de standards des années glorieuses du blues d'avant-guerre. Le line up des Delta Swingers implique le bassiste Jim Countryman, le drummer Bob Nisi et l’harmoniciste Richard Rosenblatt (NDR : c’est également le boss du label Vizztone qui avait aussi lancé Tone Cool Records). Et la production est impeccable.

Erin chante d’une voix pure et suave "Delta Swing", une plage très roots, qu’elle a co-écrite auprès de Rosie Rosenblatt. Le titre ne manque pas de charme et permet une excellente sortie de Rosie à l’harmonica. Quel plaisir de pouvoir le réécouter à ce niveau! Les percussions saccadées de Bob Nisi secouent "Love whip blues". La voix est étonnante ; mais c’est surtout l’harmo qui reste maître du jeu. La cover du "Future blues " de Willie Brown est superbe, un titre qui emprunte le tempo du chemin de fer, alors que la slide de Sonny Jim Clifford évoque les interventions d’Alan Wilson de Canned Heat, dans leur version de 1970. Et Rosenblatt s’y révèle époustouflant! Willie Brown est l'un des pionniers du country blues. Né à Clarksdale, il avait côtoyé Charley Patton, Robert Johnson et Son House! Solide compo, "Good luck baby" concède de légers accents reggae, une plage dont les parties vocales sont particulièrement soignées. Lucille Bogan est une des premières chanteuses de blues. On lui attribue la signature de "The M&O Blues". Willie Brown en avait également réalisé sa propre reprise. La nouvelle est une autre belle réussite dans l’univers du blues traditionnel, un morceau rehaussé par la présence à la slide de Bob Margolin, un ancien du Muddy Waters Band. Et à nouveau, Rosenblatt est bouleversant sur son harmonica. Les Delta Singers abordent le country blues traditionnel "One way gal", puis le jazz manouche "Pick poor Robin clean". Dave Gross se réserve le Wurlitzer pour le ludique et dynamique "Virtual booty blues". Les musiciens ont adapté le vieux "Mississippi blues" de Willie Brown (NDR : sans doute un WB différent de celui cité plus haut, un des mystères du blues!) sous la forme d'un blues amplifié, conventionnel mais impeccable. Ils l’ont cependant rebaptisé "Charles River Delta blues". Dans un style proche du Chicago southside, Miss Harpe se charge des cordes et Rosie de l'harmo. La interventions vocales d’Erin Harpe sont brillantes tout au long d’"Angel from Montgomery", une compo signée par le chanteur de country, John Prine. Et c’est également la finale. Pour votre info, sachez qu’Erin milite également au sein de Lovewhip, une formation qui pratique de l'electro-funk!

 

Fucked Up

Glass Boys

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Outre son patronyme plutôt accrocheur, Fucked Up, peut se targuer d’être parvenu à s’extraire du milieu punk-hardcore, sans pourtant le trahir. Dix ans déjà que l’imposant barbu, Damian Abraham, déverse toute sa rage dans le micro. En 2009, son elpee « The Chemistry of Common Life» décrochait le Prix Polaris (récompense attribuée au meilleur album de l’année, au Canada), au nez et à la barbe de Feist, Arcade Fire, Godspeed ! You Black Emperor ou encore Caribou.

Son nouvel opus s’intitule « Glass Boys ». Il s’agit du quatrième. Fucked Up reprend les choses là où il les avait laissées, trois ans plus tôt, lors de la sortie de l'excellent « David Comes to Life ». Certes, leur musique ne surprend plus, mais elle est toujours aussi efficace et jubilatoire.

Après trente secondes paisibles qui servent d’intro, place à la tempête sonore. Abraham se met à grogner et les guitares à crisser. Les premiers morceaux adoptent –et c’est une surprise– un ton plus rock que punk. « Sun Glass » s’ouvre sereinement par des accords de gratte acoustique, avant de libérer toute son énergie. Mais le combo torontois a toujours le bon goût de ne pas sombrer dans le punk rudimentaire. Non seulement, il ne se contente pas du format couplet/refrain, mais les vocaux sont repris en chœur. En outre, les riffs de guitare sont recherchés et, après quelques écoutes, deviennent accrocheurs.

Bref, « Glass Boys » recèle tous les éléments d’un bon album de punk/hardcore et permet aux aficionados du style de se défouler un bon coup. Que demander de plus ???

 

Fathead

Fatter than ever

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Fathead est incontestablement un des meilleurs groupes de blues canadiens. Fondé en 1992, ce quintet est sur les routes depuis plus de 20 ans. A son actif neuf albums et deux JUNO awards (les oscars du blues canadien). Issue de Toronto, cette formation peut s’appuyer sur deux excellents compositeurs, Al Lerman et Omar Tunnoch! Multi-instrumentiste, Lerman est le leader. Il se réserve essentiellement l'harmonica et les saxophones, mais joue également de la gratte électrique ou sèche. John Mays se consacre aux lead vocals. C’est le seul membre de couleur noire du groupe. Sa voix est puissante et domine parfaitement l’ensemble. Le line up est complété par le bassiste Tunnoch, le guitariste Papa John King (ex-Long John Baldry Band) et le drummer Bucky Berger.

Soutenu par le piano de Lance Anderson (NDR : décrété claviériste blues de l'année au Canada), "I don't want to leave the party" est imprimé sur un tempo vivace. Lerman s’autorise déjà sa première sortie sur l'harmonica! Et elle est explosive. "Johnny says" adopte un même tempo. Le riff rythmique est âpre sur cette piste qui adresse un clin d'œil au rockabilly, tout en permettant une sortie aux cordes de Papa John. Enlevé, "Take a little time for yourself" emprunte des accents country. Expressif, le chant de Mays se détache face aux petits coups de griffe ingénieux assénés par l'harmonica. "Evil eye" est toujours aussi remuant. Alec Fraser, un musicien qui a souvent épaulé feu Jeff Healy, est préposé à la basse. "Twenty second chances" adopte un tempo plus tempéré. Un soul blues tapissé par l'orgue Hammond de Lance Anderson et traversé par le saxophone d’Al Lerman. Blues/rock, "When do you ever?" réactive le rythme. La guitare marque le riff et l'harmonica reste constamment à l'affût ! Tout aussi dynamique, "Slippery slope" est un titre qui incite à se déhancher devant le podium, un morceau au cours duquel Al Lerman libère une énergie digne de celle des Nighthawks. Lerman a empoigné une Resonator pour attaquer "Life goes on ", une roots song paisible. Retour à l’agitation pour "My brother", une piste vivifiée par les riffs de la guitare, au cours de laquelle la voix de Mays est soutenue par les chœurs passionnés de ses partenaires. R&B, "Better off taking chances" célèbre le retour du piano et du saxophone de Lerman. Deux instruments toujours à l'offensive sur "Shake that rooster", une plage qui déménage et rocke. Blues funk, "Pinching pennies" adopte le style New Orleans. De funk, il en est à nouveau question sur "Preacher jam", une sorte de gospel fluidifié par l'orgue Hammond de Denis Keldie. "Throw me a bone" trempe dans de la soul dansante, une compo excitante au cours de laquelle Papa John King y intègre astucieusement un solo. Et l'opus de s’achever par un dernier funk, "Cost to boogie".

 

Sean Costello

In the magic shop

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Ce chanteur/guitariste américain est décédé en avril 2008, la veille de son 29ème anniversaire. Il était originaire de Philadelphie et sa famille s'était installée à Atlanta alors qu'il n'avait pas encore dix ans. A 16, il grave son premier elpee, "Call the cops". En 1996. A 20, il publie "Cuttin' in", un opus très bien reçu par la scène musicale blues. De son vivant, il publie encore "Moanin' for molasses" en 2001, "Elvis Costello" en 2005 et "We can get together" en 2008. Il avait une voix étonnante et était aussi bien capable d’aborder le blues, le R&B que la soul. Mais ces deux derniers long playings s'éloignaient quelque peu du blues pour aborder le southern soul et le rock. Hélas, il a été retrouvé mort dans une chambre d'hôtel, à Atlanta, probablement des suites d'une overdose. Il souffrait de désordre bipolaire, une maladie qui pouvait le rendre euphorique un instant et morose le suivant, proche même du suicide. Ses parents ont depuis fondé le ‘Sean Costello Memorial Fund for Bipolar Research’. En septembre 2009, son label Landslide a sorti un "Best of" baptisé "A Memorial Retrospective". Sean s’était bâti une solide réputation d’artiste live. En 2011, l’écurie a publié "At his best – Live", un LP dont les bénéfices ont permis d’alimenter le Fonds. Vizztone s’est chargé de graver ce petit bijou, immortalisé au cours de l'automne 2005 et mixé durant le printemps 2014 au studio ‘The Magic Shop’ à New York, sous la houlette de Steve Rosenthal.

"In the magic shop" débute de manière… magique! Blues lent, "It's my own fault" est une cover de B.B King, une compo extrêmement dépouillée, mais particulièrement efficace. Pour jouer ainsi, Costello avait certainement le blues. Il ne dispense que les notes indispensables, et elles font mouche. Les moments de silence sont importants. Et Paul Linden le seconde impeccablement. Un exercice de style opéré sur le fil du rasoir. Et au cours de la dernière minute, Sean se met à chanter. En transe, comme s’il était possédé ! Tapissé par l'orgue Hammond de Linden et le piano électrique de Brian Jackson, "Can't let go" embraie en mode soul. Passionnée, la voix de Sean est soutenue par deux voix féminines. "Hard luck woman" est imprimé sur un tempo indolent. Un blues alimenté par les vocaux, le chant, la gratte, l’harmonica, le piano et une section rythmique constituée du bassiste Melvin Zachery et du drummer Ray Hangen. "Trust in me" (Traduction : Faites-moi confiance) déchire l’atmosphère. Il ressemble à un cri de douleur, un appel à l’aide extrêmement expressif, face aux ivoires et aux cordes acoustiques. Blues amplifié, "Feel like I ain't got a home" rocke, une plage au cours de laquelle Sean hurle ses mots. Autre cover, "You don't know what love is" est issue de la plume de Fenton Robinson. Du Chicago westside blues coloré de soul. La six cordes est bien sentie. La voix est dévorée par la passion. "Check it out" est une plage écrite par Bobby Womack. La nouvelle version trempe dans un cocktail de soul, R&B et funk plutôt sauvage! "I went wrong" nous transporte dans le monde du Memphis blues. La guitare marche sur les traces d'Albert King, avant de planer dans la stratosphère. La reprise du "You wear it well" de Rod Stewart est surprenante. Sean adapte cette ancienne compo de l’ex-(Small) Faces issue de l’elpee "Never a dull moment", parue en 1972. Et la voix de Sean est encore plus écorchée que celle de Stewart. Tout comme sur "Told me a lie", une ballade blues tourmentée, lancinante, parcourue par une guitare effarouchée. Fruit de la rencontre entre funk et r&b, "Make a move" célèbre le retour des voix féminines. Signée Johnny Fuller, "Fools paradise" est une piste minimaliste tellement chargée de passion. Une finale aussi bouleversante que l’ouverture. Dommage que cet artiste soit disparu si jeune. Car son talent était vraiment exceptionnel!

 

Jimmy Carpenter

Walk away

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Jimmy Carpenter est surtout notoire comme saxophoniste. Pourtant, il est également chanteur, compositeur et arrangeur. Il est né à Greensboro, en Caroline du Nord. Il y a effectué ses premiers pas musicaux. En 1980, au sein des Alka-Phonics. Il émigre ensuite à Charlottesville, en Virginie, pour y rejoindre Charlie Pastorfield and the Believers. Tinsley Ellis (NDR : un chanteur/guitariste de blues issu d'Atlanta) le remarque en 1998 et l'intègre dans son band. L'année suivante, il intègre celui de Jimmy Thackery, The Drivers, au sein duquel il restera cinq ans. En 2004, il se fixe à la Nouvelle Orléans pour poursuivre ses expériences musicales. Il apporte sa collaboration à Eric Lindell, Walter Wolfman Washington et au Honey Island Swamp Band. Son premier opus personnel, "Toiling in obscurity", paraît en décembre 2008. Depuis, il multiplie les prestations ‘live’, que ce soit chez les Roadmasters de Wolfman Washington (surtout) et aussi depuis peu en compagnie de Mike Zito, au sein de The Wheel. Il est également impliqué dans l'organisation du MNOP Festival (Music of New Orleans de Périgueux, en France). On se demande parfois s’il prend encore le temps de dormir.

"Walk away" constitue sa deuxième œuvre personnelle, un long playing pour lequel il a bénéficié du concours de la crème des musiciens de la grande cité louisianaise. "Can let go" ouvre les hostilités. De toute bonne facture cette compo concède des accents pop. Les arrangements sont fouillés. Jimmy a une bonne voix et est épaulé par d’excellents musicos : John Fohl (longtemps membre du Dr John Band) à la guitare et John Gros (le leader de Papa Grows Funk) à l'orgue Hammond. Sans oublier comme ‘guest’, le célèbre Anson Funderburgh, qui nous réserve un solo de guitare. Le titre maître est un solide rhythm & blues roots. Le tempo est balisé par une section rythmique de classe : Casandra Faulconer à la basse et Wayne Maureau à la batterie. Jimmy est parfait aux vocaux et peut enfin mettre son sax ténor sur orbite, une intervention talonnée par l’orgue Hammond. Une superbe plage ! "When you're ready" s’inscrit dans le même registre. Et si Johan Gros est passé aux ivoires, on reconnaît le style de Mike Zito à la six cordes. Le saxophone amorce le tendre "She's not you", une piste lente caractérisée par d’excellents vocaux, des cordes acoustiques subtiles et un orgue majestueux. Instrumental, "7th Street shuffle " met bien en exergue le jeu raffiné de Jimmy sur son saxophone. "No one's ever" est une ballade indolente, décontractée, ‘cool’… Un tempo adopté par "More than meets the eye", un southern soul cuivré au cours duquel les saxophones du leader sont rejoints par la trompette d'Antonio Gambrell. Ainsi que par "Hard to be cool", une plage aux accents jazz, chantée passionnément et caractérisée par les cuivres à l'avant-plan. Plus pop, "Crazy 'bout you" accroche pas sa mélodie, et nous réserve des envols magiques sur l'instrument à vent. Longue épopée instrumentale, "C King blues" rend hommage à son véritable maître, le grand King Curtis, malheureusement assassiné alors qu'il n'avait que 37 ans. Ses interventions sont ici enflammées et lumineuses. Autre perle, "Favorite muse" emprunte le rythme d’une rumba. Fohl est à la guitare pur accentuer l’aspect blues de la compo. Michael Skinkus se charge des percus et Gros de l’orgue. Un orgue qu’on retrouve sur "On the outside", une piste plus rock, découpée par de solides riffs de guitare, que chante divinement Jimmy. D’excellente facture, cet LP s’achève par une ballade country dépouillée, au cours de laquelle Jimmy et la Texane Reba Russell se partagent les vocaux…

 

Louis Bertignac

Suis Moi

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Le rock’n’roll est immortel ; cependant « Suis-moi » nous pousse quand même un peu vers l’hospice…

Louis Bertignac. L’homme, le guitariste, celui qui a ouvert les esprits sur la potentialité d’un rock français excitant et excité. Lui qui grâce à Téléphone est parvenu à faire grandir une génération de gamins (dont votre serviteur), en faisant croire qu’une guitare pouvait être possédée…

C’est triste et cruel, mais sur son dernier elpee, Louis Bertignac déçoit. Pour la première fois de sa carrière, le Français parvient à fractionner l’écoute de son album. Déception et moule à gaufres, cette galette est tout bonnement insipide. Elle est même chiante et gluante. L’écouter d’une traite relève du défi.

Il serait trop simple de trouver la cause de cette déception, en remettant une couche sur les effets du célèbre télé crochet au sein duquel notre Louis était co-juré.

Il serait également facile de tout mettre sur la sagesse que Bertignac commence à devoir affronter en affichant la soixantaine joyeuse. Non, un rockeur ne doit pas devenir mielleux en vieillissant, ce n’est pas compris dans son code génétique. Et du mielleux, il en gerbe à grand débit, tout au long de « Suis Moi »

Mais ou se situe l’erreur ? Ou est passée la verve outrancière et le glaviot brûlant des elpees précédents ?

Pourquoi tant de mièvreries ? Et pourquoi si peu de réactions en regardant Bertignac se fourvoyer de la sorte ?

Vraiment, sur le coup, c’est avec une grande tristesse que l’on s’oblige à rédiger une chronique.

« Suis-Moi » est tout ce que Bertignac a combattu durant sa somptueuse carrière : des compositions exsangues de contenu, des lyrics fades, bref des niaiseries…

Alors oui, de temps à autre, il y a bien un bon riff de guitare. Quelques éclats qui sortent la tête de l’eau. Mais ils sont si rares qu’on les remarque tout de suite et que l’on peut en faire le compte facilement. Et c’est pour cette raison, que la déception est si grande.

 

AqME

Dévisager Dieu

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Mes biens chers frères, mes bien chères sœurs, accueillez le nouveau Messie du métal, j’ai nommé Vincent Peignart-Mancini. Il s’agit du nouveau chanteur du groupe parisien AqMe. Il a débarqué en 2012. Pourtant, peu de formations résistent au départ de leur vocaliste. Maintenant, n’imaginez pas que leur musique s’écoute religieusement. Comme une messe célébrée par trois curés et une bonne sœur. Depuis l’arrivée de Vincent, le combo a retrouvé une nouvelle vigueur et est prêt à affronter l'adversité. La pochette est illustrée par un gaillard à deux têtes dont le coeur est bien au milieu et les veines lui traversent le corps. Déroutant ! Mais serait-ce c'est biologique ou mystique ?

Le drummer et dernier membre fondateur Etienne Sarthou (NDR : la naissance d’AqME remonte à 1999), la bassiste Charlotte Poiget (depuis 2000) et le guitariste Julien Hekking (il a rejoint le combo en 2009) complètent l’équipe. « Dévisager Dieu » constitue leur 7ème elpee, un disque qui a été mixé une nouvelle fois par Magnus Lindberg ; et son concours apporte une limpidité incroyable à cet opus.

« Avant Le Jour », c’est le single qui a précédé la sortie du long playing. Un retour aux sources. Le chant est puissant. Etienne, seul rescapé du line up initial, semble être parvenu à centraliser toute l’énergie du band, à l’aide de ses fûts. Vincent est un hurleur mélodique, et ne s’écarte pas trop du style de l’ancien chanteur, Thomas Thirrion. « Enfants De Dieu » et « Au Delà De L'ombre » sont des compos percutantes et incisives, réminiscentes des débuts d’AqME.

Vincent injecte toute sa rage dans « Ce Que Nous Sommes », une plage nerveuse, mais harmonieuse. « Un Appel » démarre en douceur. Tant la guitare que la voix adoptent ce profil paisible, invitant même sur le dancefloor, avant que l’ensemble s’emballe en milieu de parcours. Sur « Entre Louanges Et Regrets » et « L'Homme et Le Sablier » AqMe envoie du lourd. Les riffs de gratte sont épais alors que Charlotte apporte sa sensibilité féminine à la basse.

« Pour le Meilleur, Le Pire » démontre que le combo est au faîte de sa maturité musicale. Une œuvre qui s’achève par l’excellent « Les Abysses ».

Fin novembre AqME part en tournée pour défendre ce nouvel album. Une seule date en Belgique : le 12 décembre, au Salon de Silly.

 

 

James Yorkston

The cellardyke recording and wassailing society

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Il y a maintenant plus de 20 ans que James Yorkston propose des ballades intimistes à l’ombre de la célébrité. Le barde écossais enchaîne assidûment les albums. Et « The cellardyke recording and wassailing society » constitue son douzième. A plus de 40 balais, le natif de Fife (NDR : un patelin sis au Nord d’Edimbourg), continue de faire ce qu’il fait le mieux, du folk champêtre sobre et minimaliste. James Yorkston parvient, rien qu’en se servant d’une sèche, à nous flanquer des frissons partout, à l’instar de l’excellent « Sweet Sweet » pour lequel sa compatriote, la compositrice KT Tunstall, est venue lui prêter main forte. The Pictish Trail et Alexis Taylor ont également participé aux sessions d’enregistrement. Le leader de Hot Chip se charge même de la production. Il assure également les percussions et parfois les chœurs, comme sur « The Very Very Best ». Parmi les seize morceaux proposés, on épinglera certaines perles comme le désinvolte « Thinking about Kat », l’enjoué « King of the Moles » ou encore les mélancoliques « Broken Wave (a blues for Doogie) » et « Red Fox ». Sans oublier l’énergique « Great Ghosts », au cours duquel KT Tunstall est littéralement survoltée.

Tout au long de l’opus, la voix et la guitare sont les principaux atouts de l’Ecossais. Cependant, variée et parfaitement dosée, l’instrumentation est suffisamment conséquente pour que cet opus soit davantage qu’une simple incursion dans l’univers de la pop. Seul bémol : la durée. Seize morceaux en plus d’une heure, c’est plutôt long. Le tracklisting aurait pu se passer de quelques plages dispensables, comme « Honey on Thigh » ou « You & Your Sister », par exemple…

 

Lindsey Stirling

Une fée clochette des temps modernes !

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Votre serviteur a de nouveau pris rendez-vous au 110 du Boulevard Anspach, à Bruxelles, temple de la bonne musique et gage de conditions optimales pour tous les groupes qui s’y produisent. En cette soirée un peu frileuse, Lindsey Stirling assurait la tête d’affiche. Et le supporting act revenait au jeune Canadien Mike Tompkins. En arrivant vers 18h30, je remonte une file interminable jusqu'au 'Ticket Shop' de l'A.B.. Il y a du monde jusqu'à ' Music Village', autre institution réputée de la Rue des Pierres. On peut se préparer à une soirée d'anthologie grâce au tandem Tompkins/Stirling.

Mike Tompkins n’est guère notoire en Europe, mais vous risquez fort d’en entendre bientôt parler. Et en bien ! Ingénieur du son et producteur, Mike a commencé, au début de cette année, à mettre en ligne des reprises de chansons populaires en version a capella, des morceaux au cours desquels il reproduit tous les instruments à l’aide de sa bouche. Car Mike fait du 'Human Beat Box'.

Ses premières créations, « Dynamite » de Taio Cruz, « Teenage Dream » et « Just The Way You Are » de Katy Perry et Bruno Mars ont fait l'objet d'un buzz impressionnant sur Youtube (2 000 000 de vues). Il a une belle gueule et une belle voix. Mike fait preuve d'un grand professionnalisme aussi bien dans ses compositions que ses montages vidéo. Il est né à Edmonton, en Alberta (NDR : c’est au Canada), le jour de la tornade qui y a sévi, le 31 Juillet 1987. C'est à l'âge de 8 ans que Mike Tompkins commence à ‘beatboxer’, c'est-à-dire à utiliser le son de sa voix afin de produire des percussions vocales. La subtilité de cette pratique musicale est d'arriver à superposer différents instruments simultanément à partir d'une seule bouche. Il a participé aux sessions d’enregistrement du prochain album de Timbaland, qui devait s’intituler « Shock Value III », mais paraîtra finalement sous le titre d’« Opera Noir ».

L’AB est pleine à craquer pour accueillir notre Canadien. Il est seul sur l’estrade, entouré de ses machines. Son écran est placé derrière lui. Ce qui nous permettra de le voir bidouiller son matos. De nombreuses sonorités de beatbox ont déjà été préenregistrées dans sa loop machine. La voix de Mike Tompkins me fait penser à celle de Justin Timberlake. En deux temps trois mouvements, il va mettre le feu à l’auditoire. Manifestement cet artiste ne va pas assurer très longtemps les premières parties. Et à mon humble avis, on pourrait même bientôt le retrouver comme tête d’affiche au Lotto Arena ou dans un stade, comme le Skrillex. En tout cas, les trente minutes ont défilé à la vitesse VV’. A l’issue de son set, le public est chauffé à blanc. Juste à point pour Lindsey et son violon en folie.

Née le 21 septembre 1986 à Santa Ana, en Californie, Lindsey Stirling est une violoniste, artiste ‘performeuse’ et compositrice. Sa musique est considérée comme polyvalente. Elle a participé à plusieurs compétitions aux States. Ainsi, en 2010, elle a été finaliste de la cinquième saison d’'America's Got Talent’, où elle s'est présentée comme une 'violoniste hip-hop'. Elle a notamment apporté son concours à une flopée d’artistes, dont Sean Kingston, Donny Osmond, Allan Jackson, Peter Hollens, Shaun Barrowes, The Piano Guys, Pentatonix, John Legend ou encore Benton Paul. Eponyme, son premier elpee est paru en septembre 2012, un disque qui a atteint le top 5 en Allemagne et en Australie. Ce soir, elle est venue défendre son dernier opus, « Shatter Me ».

Pour permettre aux roadies de préparer le matos, un rideau noir est tiré tout au long du podium. Soudain, un déluge de lumières inonde ce voile derrière lequel se trémousse Lindsey, armée de son violon. Elle apparaît en 'ombre chinoise'… avant que ne tombe la tenture, au cours de l’interprétation du premier morceau, en l’occurrence « Beyond The Veil ». On découvre alors un décor soigneusement étudié. Au fond de la scène, est érigée une haute estrade surmontée d'un énorme écran où sont projetées des vidéos. Deux autres estrades, un peu plus basses, sont placées à droite et à gauche pour accueillir respectivement le claviériste (Jason Graviati) le drummer (Drew Steen). Et enfin, deux dernières, plus petites, sont disposées, à l’avant du podium, à l’extrême gauche et droite pour permettre à Lindsey de prendre de la hauteur, afin d’assurer sa chorégraphie. Lindsey et son violon ne font qu’un. Un violon bien amplifié. Elle entreprend un pas de danse en contorsionnant son corps dans tous les sens. Sa musique ? Un véritable cocktail de styles différents. Depuis le dubstep au hip hop, en passant par le drum and bass, le square dance, le bluegrass, la country et bien sûr l’électro (NDR : ces beats !) Tout passe à la moulinette ! En extrapolant, on pourrait imaginer ce spectacle comme du Walt Disney mis à la sauce électro/dubstep. Ou encore ‘La Belle Au Bois Dormant’ voire ‘Blanche Neige’ revus et corrigés par Steven Spielberg. 90 minutes au cours desquelles on va en avoir plein les mirettes. Ben oui, c’est un show à l’américaine auquel participent deux danseurs professionnels, suivis d'une Lindsey qui nous réserve ses pirouettes en compagnie de son violon. Une fée clochette des temps modernes !

Musicalement, c’est le violon qui constitue l’élément central du concert. La fée change fréquemment de déguisement. Elle crée une belle interactivité avec son public, dès qu’elle en  a l’opportunité. Ce qui lui permet de reprendre son souffle, car il faut reconnaître que le spectacle exige une fameuse dépense physique. Lindsey ne chante pas, le set est totalement instrumental. Sauf pour deux titres. Lzzy Hale, la chanteuse de Halestorm, apparaît sur l’écran pour interpréter ces deux chansons.

Privé de toute sensibilité, « Mirror Haus » est censé libérer un maximum d’ondes positives. « Electric Daisy Violin » est une petite ballade irlandaise électrifiée. Les titres défilent : « Night Vision », « Heist », « Swag » et « We Are Giants ». Puis « Zelda Medley », une piste au cours de laquelle Lindsey et son violon se plongent dans les jeux vidéo. Et encore, « Legend Of Zelda » et « Lord Of The Rings », deux morceaux surprenants, mais de toute beauté. La fée s'éclipse à nouveau pour changer d’accoutrement, pendant qu'on installe un synthétiseur et un cajón sur les planches. Objectif : une petite session acoustique au cours de laquelle on aura droit à « Transcendence » et « All Of Me », une chouette reprise de John Legend. Elle revient alors en tenue de danseuse étoile. Sans pour autant oublier son fidèle violon. « Take Flight » et « Moon Trance » bénéficient d’un excellent support visuel. « Roundtable Rival » nous propose d’opérer un bref périple dans le far west électronique. Et « Master Of Tides », aux Caraïbes. Au milieu de pirates ; Lindsey achevant le morceau sur le coffre des forbans. Elle n’oublie pas « Crystallize », le hit qui lui a permis de passer de l’anonymat à la célébrité, un titre qui compte plus de 100 millions de vues sur la toile. Et le set de s’achever par « Shatter Me »

Lors du rappel, Lindsey Stirling va nous réserver « Stars Align ». Le conte de fées est terminé. Dommage. C’était vraiment magique. Aussi je reviendrai la prochaine fois…

(Organisation : Greenhouse Talent)

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