Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Accept

Blind Rage

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Accept sonne un peu comme une injonction dans la liste des nouveautés de Nuclear Blast. Vu son pedigree, ce groupe peut laisser présager un bon produit… ou pas. Il faut parfois se méfier des groupes prolifiques. Leur premier album, éponyme, date de 1978. Sous la houlette de Udo Dirkschneider, Accept est parvenu à se hisser, au fil de sa discographie, à la hauteur de groupes comme Iron Maidon ou Manowar qui ont marqué de façon bien plus populaire le heavy des années 80. Après son départ en 1996, on pensait Accept disparu. C’était sans compter sur Wolf Hoffmann qui relance la machine à composer et dégotte Mark Tornillo au poste de chanteur. 2010 sonne le grand retour. La formation publie « Blood Of The Nations », suivi en 2012 par « Stalingrad ». Deux albums bien accueillis par la presse spécialisée.

Le band nous propose aujourd’hui « Blind Rage », sa quatorzième publication. Accroché par le clip promotionnel « Stampede » et la pochette bovine à faire fuir le syndrome de Creutzfeldt-Jakob, je me lance dans l’écoute de ce dernier ouvrage. Le moins que l’on puisse dire c’est que le son est vintage ! Chœurs, riffs, bonne basse, refrains mélodiques, toute la panoplie y est ! Accept fait ce qu’il sait faire depuis trente ans. Pas de grandes surprises ! On remet le couvert sur des recettes qui fonctionnent. Parfois un peu trop même : sur « Final Journey », il nous confirme leur amour de la musique classique. Après avoir intégré l’hymne national russe et la « Lettre à Elise » de Ludwig, il nous refait le coup en adaptant « Le Matin » de Grieg. On a de la chance que ce soit la musique classique qui les fascine et pas les comédies musicales. On aurait peut-être eu droit à une intégration métal de Luc Plamondon… Bref, si l’ensemble de la production tient la route, elle flirte parfois avec de l’auto-plagiat. Et ce taureau me direz-vous ? Vous ne trouverez sur cet album aucune référence à une révolte attendue ni au titre « Blind Rage ». Wolf Hoffman en dira juste que la pochette était choisie avant la production. Dans le fond « Blind Rage » c’est comme un plat préparé : la mention ‘photo non-contractuelle’, ne reflète pas le contenu » qui aurait dû y être apposé.

Ne soyons pas méchants pour le plaisir de l’être, « Blind Rage » est un ensemble bien fait et sympathique mais il ne restera pas gravé dans vos mémoires. Quant à votre serviteur, paraphrasant le Grand Jacques, il ajoutera tout simplement : « Au suivant ! »

 

The War On Drugs

Lost in The Dream

Écrit par

C’est bien entendu l’un des albums de l’année et beaucoup de choses ont déjà été dites, et écrites à son sujet.

Réveillant les passions secrètement endormies dans les alcôves de nos souvenirs de mélomanes aguerris, « Lost In The Dream » est un album-phare, n’ayons pas peur des mots.

Synthétisant l’essence même du Rock en dix plages.

Comment ?

La formule reste jalousement gardée par son mentor, Adam Granduciel, qui du reste, sans en être pleinement conscient, restitue ici la trame des albums dits ‘classiques’.

Car tout y est, du début à la fin.

D’abord, cette production tout en finesse, qui enveloppe les titres sans en faire trop, une production assurée par Granduciel lui-même et qui confine à l’excellence.

Riche en détails et pourtant d’apparence si brumeuse, quasi-mystérieuse.

C’est que l’ami Adam aime prendre son temps. Et on ne saurait que lui donner raison.

Pourtant, et c’est là toute la force de cette production, la spontanéité n’est jamais prise en défaut.

Si le mix final s’est compté en heures, semaines, mois de labeur (frisant parfois la folie), aucun détail n’est superflu.

Et puis ensuite, bien sûr, il y a les morceaux en eux-mêmes.

Là encore, on est sans cesse secoué, renvoyé aux grands mythes de l’Americana, de Springsteen à Dylan ou tout simplement embarqués dans leurs enivrantes bal(l)ades intérieures propres.

Les chansons de The War On Drugs ont leurs propres codes, leurs propres vie.

Elles sont comme les couches de peau qui habillent le squelette de leur géniteur.

Le propos ne respire pas l’optimisme (au sortir de la tournée de l’album précédent, Granduciel est tombé dans la dépression et la conception de cet album a donc été sa catharsis), mais ne sont pas lestées de grandiloquence défaitiste. Au contraire, certaines envolées lumineuses sont autant d’appels à l’espoir.

De ce rêve dans lequel Granduciel n’est donc pas le seul à se perdre, il y a tant à retenir qu’il n’est dès lors possible que d’y plonger entièrement.

Et au petit matin, quand la lumière s’invite au travers des paupières closes, c’est pour espérer prolonger encore un moment la magie de l’instant.

 

Puggy

Confession d’un aficionado…

Écrit par

Puggy termine sa longue tournée qui a suivi la sortie de l’album « To Win The World ». Mouscron est d’ailleurs annoncé comme la dernière date de ce périple. Mais les trois artistes ne sont pas à une surprise près. D’ailleurs, sur leur site, est mentionné un concert pour le 29 octobre, mais pas de lieu, simplement un point d’interrogation. Donc il pourrait encore y avoir des prolongations. Pas évident de repérer la Plaine de la Neckere. Un petit tour, quelques ballons dans l’atmosphère et votre serviteur est prêt à assister au soixante-deuxième set de Puggy.

Un immense chapiteau est prévu pour accueillir 1400 personnes. J’estime qu’il doit y en avoir 2 à 300 en plus. La foule est donc compacte et la température grimpe très rapidement.

Puggy a toujours le nez creux pour choisir ses premières parties. Ce soir, il a posé son dévolu sur la formation bruxelloise FùGù Mango. Tiens, je remarque la présence de l’ami Franck Baya derrière les fûts. Un fameux drummer qui milite au sein d’une multitude de projets. Il a ainsi prêté son concours à Coffee Or Not, Sarah Carlier, Clare Louise et bien d'autres. Et il me semble que deux autres musicos sont des membres des Bikinians. Sur l’estrade ont été disposés des timbales, congas et autres cymbales sur scène. Bref, le combo va nous dispenser une musique rock indie à la fois métissée et colorée. La chanteuse/guitariste –très polie par ailleurs– se démène beaucoup sur les planches, même si les musiciens ont peu de place pour s’exprimer. Ils occupent l’avant-scène. Et puis ils ne disposent que de 30 minutes. Mais sur ce laps de temps particulièrement court, FùGù Mango va nous réserver une prestation de bonne facture. Et pas de problème pour chauffer l’auditoire, vu la température ambiante…

Puggy n’est plus vraiment un trio, depuis qu’un quatrième larron vient de débarquer. En l’occurrence John Janssens (Papa Dada), qui les accompagne sur scène depuis la tournée « To Win The World ». La pression monte dans la fosse. La foule s’agglutine devant le podium ; en fait de foule, il s’agit surtout de jeunes adolescentes boutonneuses. Sur l’estrade, Alex et Clément se chargent les derniers préparatifs. Benoît, des derniers détails inhérents au mixing. Votre serviteur se plante derrière la console, là où le son est le meilleur. Nos loustics montent du l’estrade, le sourire aux lèvres. Ils sont en forme. Pas comme à Binche, il y a 15 jours. Faut dire qu’ils avaient joué à Paris à 14h30 et dans la cité des Gilles à 20h30 ; et tout naturellement, ils étaient crevés. Mais vu le succès, difficile de refuser certaines prestations.

Le concert s’ouvre par « Move on ». Pas de préparatif, on entre immédiatement dans le vif du sujet. Matt se montre assez interactif avec les premiers rangs. Romain a encore ingéré des pois sauteurs. Un vrai kangourou. Ziggy terrasse ses fûts. Les musicos ont une pêche d'enfer. Je le sens bien, le concert va être exceptionnel. La setlist embraie par deux extraits de « Something You Might Like », leur second elpee, en l’occurrence « Give Us What You Want » et « Goddess Gladys » pour ne pas déstabiliser les fans de la première heure.

Il ne fait plus chaud mais torride. J’ai m’impression qu’il y a de plus en plus de monde. Le concert monte encore en puissance grâce à la succession de hits : « Someone Makes No Sound », « To Win The World », « Ready Or Not », « How I Needed You » et surtout « Goes Like This ». L'effet du micro siffleur vous ouvre le ventre et vous plaque les tripes au sol. Un titre issu de la plume de Ziggy, le blond qui venait du froid. Pour « When You Know », Matthew pousse sa superbe voix dans ses derniers retranchements. Le jeu prend comme d'habitude et le public le suit. C’est l’instant qu cours duquel je crains le plus pour sa voix. Elle a déjà subi une extinction. Alors fais gaffe quand même ! « Last Day on Earth » est le titre dont j’apprécie tout particulièrement le clip. Et pour cause, c’est une partie de votre serviteur qui y joue. Et il en est fier chaque fois qu'il l'entend. D’ailleurs, tous ses poils sont au garde-à-vous. Le set s’achève par l'éternel « Teaser ».

Cinq années déjà que votre serviteur est sur les traces de Puggy. Cinq folles années au cours desquelles on a avalé ensemble des kilomètres, partagé des très bons moments. Je n’y ai jamais ressenti un moment de lassitude. C’était un réel bonheur de vous suivre. Décompressez, puis prenez le temps de composer les chansons de votre nouvel opus. Et qu’il soit du tonnerre…  

(Organisation : les  24 Heures en course libre de Mouscron)

 

 

Part Chimp

Court mais incisif…

Écrit par

Suite des festivités au Magasin 4 qui, depuis près d’un mois maintenant, fête ses vingt années de sévices.
Au menu du soir, du singe et du lapin, et bien plus encore à se mettre sous la dent…
Mesdames et messieurs, veuillez prendre place.
Voici le menu.

Pour toute ‘mise en bouche’, rien de tel que du Lapin Cru.

Il mijote parmi les convives, puisque jeté directement à même le sol, ici, devant la scène.

Cru et désossé, la chair bien visible.

Un parterre de curieux s’installe donc tout autour du duo qui  s’agite frénétiquement, l’un arc-bouté sur ses fûts, l’autre sur son manche électrifié.

Forcément tendue, au bord de la rupture, la musique se déploie en ondes saccadées, brisées, épousant des pics d’agressivité, haletante ici, reprenant son souffle par là.

C’est que tout lapin qu’il soit, il nous a grugé !

Pas question que la bête se laisse manger toute crue.

Il faut donc se lancer à sa poursuite, se glisser dans les interstices qu’elle épouse, se glisser comme elle dans la fange, grimper et dévaler les sommets à son rythme effréné.

Ce qui bien entendu en laisse quelques uns sur le carreau.

Ceux pour qui l’effort n’est pas de mise.

Pas encore. Pas si tôt.

Le cercle se délie donc autour du combo.

Au bout du compte, Lapin Cru s’abandonne aux papilles auditives des spectateurs accrochés à leurs sonorités escarpées.

Bravo l’animal ! Tu t’es bien défendu !

D’Adolina, combo de chez nous, on ne sait que peu de choses au départ.

Étonnant puisqu’il existe depuis 98.

Menant sa barque en toute discrétion mais en manifestant énormément de foi et d’abnégation, il est donc inclus sur une bien belle affiche.

Un mélange de styles plutôt bien digérés, mais dénué d’originalité.

Attention, ce n’est pas un reproche.

Chercher à tout prix l’originalité équivaut souvent à vouloir en faire trop.

Ce qui manifestement n’est absolument pas dans l’optique du groupe.

Adolina se contente donc de s’exprimer dans un style déjà maintes fois remanié mais aux angles toujours aussi pointus et tranchants, de Shellac à Chevreuil pour ne citer qu’eux.

En résulte un set efficace qui se suit très agréablement depuis le bar.

Amputée d’un membre, et pas n’importe lequel (!) la soirée en est déjà à sa deuxième moitié.

Les Liégeois d’Ultraphallus ont dû renoncer pour cause de naissance imminente ; on passe donc illico à Hey Colossus.

Et là, on embraie en enclenchant le braquet supérieur.

« Cuckoo Live Life Like Cuckoo », leur dernier album en date, est sorti l’année dernière. La formation britannique est donc déjà solidement armée, mais elle a amené, en outre, dans ses bagages quelques nouvelles compos qui tracent définitivement leur route dans cette belle nuit.

Solide pont transgenre, leur musique a récemment pris ses marques et se distingue nettement de leurs premières traces discographiques.

Émancipée d’influences trop évidentes, l’identité de Hey Colossus s’affiche donc à présent sans masque et éclabousse de sa superbe.

Tendue et sujette à d’innombrables revirements, pleine de surprises et délicieusement retors.

Tantôt rampante, tantôt cinglante, lourde et menaçante, l’ombre de ce colosse s’étend et m’enveloppe tout entier.

Une gifle colossale assenée par une main de velours gantée de fer.

Je resterais bien pantois si je n’étais autant excité.

Entre hypnose syncopée et injection d’adrénaline sous-cutanée, le corps de ce géant, qui en est encore en pleine croissance, s’agite sur scène et l’impact de ses grondements résonne puissamment, me captivant totalement.

Une prestation qui pourrait presque faire de l’ombre à Part Chimp.

Mais c’est sans compter sur l’efficacité du combo londonien, tout heureux d’être à nouveau présent sur notre territoire, après un dernier passage qui datait quand même de deux mille onze (c’était au VK et nous y étions).

Après avoir disparu un temps de nos radars, ceux-ci répondent donc présents à l’invitation du Magasin 4.

Une excellente décision puisque c’est un plaisir de découvrir que non seulement, Tim Cedar et sa bande n’ont rien perdu de leur gouaille, mais qu’en plus, de nouveaux titres ont depuis vu le jour.

Un album en préparation, donc. Quelle bonne nouvelle !

Alors forcément, pour l’occasion, je me suis muni de mes jambes d’antan.

Et c’est euphorique que je les balance frénétiquement sous mon torse gonflé d’enthousiasme puéril, profitant de cette bouffée d’air juvénile.

Prenant autant de plaisir que l’assistance, Part Chimp découpe donc son set de tranches bien saignantes, juteuses à souhait.

Reviens deux fois sur scène, et se plie au jeu des rappels.

Les ‘classiques’ « Trad » ou encore l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 People » vont générer, inévitablement, de joyeuses vagues parmi la foule enthousiaste.

Courte mais incisive, leur prestation laisse la marque d’un retour réussi, et elle réclame déjà un nouveau retour chez nous, bien plus rapidement cette fois.

Promis, le band reviendra l’année prochaine.

Alors on se quitte, on s’embrasse et on se tient au courant.

Allez, à bientôt les gars !

Sur ce, j’abandonne le lieu des festivités.

J’ai encore perdu un peu de mes facultés auditives.

Ça zune et ça bourdonne dans les oreilles.

Mais si c’est là le tribut à payer pour revivre de tel moment, alors, demain, je veux bien aller m’acheter un sonotone !

Crever concert ! Comme dirait un certain Zoulk…

(Organisation Magasin 4)

Hey Colossus

Colossal…

Écrit par

Suite des festivités au Magasin 4 qui, depuis près d’un mois maintenant, fête ses vingt années de sévices.
Au menu du soir, du singe et du lapin, et bien plus encore à se mettre sous la dent…
Mesdames et messieurs, veuillez prendre place.
Voici le menu.

Pour toute ‘mise en bouche’, rien de tel que du Lapin Cru.

Il mijote parmi les convives, puisque jeté directement à même le sol, ici, devant la scène.

Cru et désossé, la chair bien visible.

Un parterre de curieux s’installe donc tout autour du duo qui  s’agite frénétiquement, l’un arc-bouté sur ses fûts, l’autre sur son manche électrifié.

Forcément tendue, au bord de la rupture, la musique se déploie en ondes saccadées, brisées, épousant des pics d’agressivité, haletante ici, reprenant son souffle par là.

C’est que tout lapin qu’il soit, il nous a grugé !

Pas question que la bête se laisse manger toute crue.

Il faut donc se lancer à sa poursuite, se glisser dans les interstices qu’elle épouse, se glisser comme elle dans la fange, grimper et dévaler les sommets à son rythme effréné.

Ce qui bien entendu en laisse quelques uns sur le carreau.

Ceux pour qui l’effort n’est pas de mise.

Pas encore. Pas si tôt.

Le cercle se délie donc autour du combo.

Au bout du compte, Lapin Cru s’abandonne aux papilles auditives des spectateurs accrochés à leurs sonorités escarpées.

Bravo l’animal ! Tu t’es bien défendu !

D’Adolina, combo de chez nous, on ne sait que peu de choses au départ.

Étonnant puisqu’il existe depuis 98.

Menant sa barque en toute discrétion mais en manifestant énormément de foi et d’abnégation, il est donc inclus sur une bien belle affiche.

Un mélange de styles plutôt bien digérés, mais dénué d’originalité.

Attention, ce n’est pas un reproche.

Chercher à tout prix l’originalité équivaut souvent à vouloir en faire trop.

Ce qui manifestement n’est absolument pas dans l’optique du groupe.

Adolina se contente donc de s’exprimer dans un style déjà maintes fois remanié mais aux angles toujours aussi pointus et tranchants, de Shellac à Chevreuil pour ne citer qu’eux.

En résulte un set efficace qui se suit très agréablement depuis le bar.

Amputée d’un membre, et pas n’importe lequel (!) la soirée en est déjà à sa deuxième moitié.

Les Liégeois d’Ultraphallus ont dû renoncer pour cause de naissance imminente ; on passe donc illico à Hey Colossus.

Et là, on embraie en enclenchant le braquet supérieur.

« Cuckoo Live Life Like Cuckoo », leur dernier album en date, est sorti l’année dernière. La formation britannique est donc déjà solidement armée, mais elle a amené, en outre, dans ses bagages quelques nouvelles compos qui tracent définitivement leur route dans cette belle nuit.

Solide pont transgenre, leur musique a récemment pris ses marques et se distingue nettement de leurs premières traces discographiques.

Émancipée d’influences trop évidentes, l’identité de Hey Colossus s’affiche donc à présent sans masque et éclabousse de sa superbe.

Tendue et sujette à d’innombrables revirements, pleine de surprises et délicieusement retors.

Tantôt rampante, tantôt cinglante, lourde et menaçante, l’ombre de ce colosse s’étend et m’enveloppe tout entier.

Une gifle colossale assenée par une main de velours gantée de fer.

Je resterais bien pantois si je n’étais autant excité.

Entre hypnose syncopée et injection d’adrénaline sous-cutanée, le corps de ce géant, qui en est encore en pleine croissance, s’agite sur scène et l’impact de ses grondements résonne puissamment, me captivant totalement.

Une prestation qui pourrait presque faire de l’ombre à Part Chimp.

Mais c’est sans compter sur l’efficacité du combo londonien, tout heureux d’être à nouveau présent sur notre territoire, après un dernier passage qui datait quand même de deux mille onze (c’était au VK et nous y étions).

Après avoir disparu un temps de nos radars, ceux-ci répondent donc présents à l’invitation du Magasin 4.

Une excellente décision puisque c’est un plaisir de découvrir que non seulement, Tim Cedar et sa bande n’ont rien perdu de leur gouaille, mais qu’en plus, de nouveaux titres ont depuis vu le jour.

Un album en préparation, donc. Quelle bonne nouvelle !

Alors forcément, pour l’occasion, je me suis muni de mes jambes d’antan.

Et c’est euphorique que je les balance frénétiquement sous mon torse gonflé d’enthousiasme puéril, profitant de cette bouffée d’air juvénile.

Prenant autant de plaisir que l’assistance, Part Chimp découpe donc son set de tranches bien saignantes, juteuses à souhait.

Reviens deux fois sur scène, et se plie au jeu des rappels.

Les ‘classiques’ « Trad » ou encore l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 People » vont générer, inévitablement, de joyeuses vagues parmi la foule enthousiaste.

Courte mais incisive, leur prestation laisse la marque d’un retour réussi, et elle réclame déjà un nouveau retour chez nous, bien plus rapidement cette fois.

Promis, le band reviendra l’année prochaine.

Alors on se quitte, on s’embrasse et on se tient au courant.

Allez, à bientôt les gars !

Sur ce, j’abandonne le lieu des festivités.

J’ai encore perdu un peu de mes facultés auditives.

Ça zune et ça bourdonne dans les oreilles.

Mais si c’est là le tribut à payer pour revivre de tel moment, alors, demain, je veux bien aller m’acheter un sonotone !

Crever concert ! Comme dirait un certain Zoulk…

(Organisation Magasin 4)

 

La Nuit du Soir 2014 : mercredi 24 septembre

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De multiples péripéties, y compris un retard imprévu et quelques accrochages houblonnés, ont pratiquement résumé ces ‘Nuits du soir’ au concert du très attendu Sharko. Certes, j'ai aussi vaguement vu et entendu les Vismets déterrer « Umma Gumma » de Pink Floyd ; mais il est préférable de ne pas trop m'étendre sur le sujet...

Après quelques années d'absence sous l'étiquette Sharko et une escapade très réussie en solo, David Bartholomé nous revient en groupe accompagné du fidèle guitariste extra-terrestre Teuk Henri et d'un nouveau batteur en la personne du Liégeois Olivier Cox (Dalton Télégramme, Mademoiselle Nineteen et Moladji, entre autres).

Attiré par la promesse de nouvelles compositions, le public nombreux attendait impatiemment le retour du meilleur chanteur wallon encore en activité. Et l'auditoire n’a pas été déçu. Pour ouvrir le show, le trio nous gratifie du superbe et inédit « Happy Ending » et enchaîne par un futur hit interplanétaire baptisé « Waterloo ». Une autre nouvelle compo, le touchant « Shalaine », nous prouve d'entrée de jeu que le groupe n'a rien perdu de son pouvoir mélodique. Le concert se poursuit par un somptueux ‘best of’, dont les captivantes réinterprétations du punchy « Motels », du rock « Exellent » et une version du classique « I went down » aussi hantée qu'à l'époque de sa sortie.

Après avoir enchaîné sa setlist par sa collection de singles implacables, dont « Yo Heart » et « Sweet protection », morceaux pour lesquels on se demande toujours pourquoi le groupe n'est toujours pas parvenu à se forger une reconnaissance amplement méritée au-delà de nos frontières ; et alors qu'on avait l'impression que le concert venait à peine de commencer, David annonce déjà le dernier morceau. Le rageur « Rock 1 ». Une apothéose qui ne suffira pas à nous enlever ce goût de trop peu… Vu son stock de mélodies accrocheuses, David Bartholomé et ses compères auraient pu nous tenir en haleine beaucoup plus longtemps. Mais ne nous plaignons pas, ce retour a été plus que réussi et l’enthousiaste manifesté par le public présent ce soir se réjouit à coup sûr de revoir Sharko dans un contexte un peu moins ‘festival’, dans le cadre d’un show plus complet.

(Organisation le Soir)

UB40

Le ‘Red Red Wine’d’UB40 est un millésime qui vieillit plutôt bien…

Écrit par

Mea Culpa, ça n’est pas de ma propre initiative que je me suis rendu au concert d’UB40 ce mercredi soir à l’Ancienne Belgique… Des amis particulièrement fans des vétérans anglais m’avaient en effet convaincu de les accompagner afin de redécouvrir les nombreux hits d’un groupe dont l’image n’est plus des plus moderne…

Formé en 1978, à Birmingham, la bande jouit cependant encore d’une belle notoriété. Faut dire qu’elle a tout de même placé plus de 50 singles dans les charts anglais tout en vendant plus de 70 millions d’albums dans le monde ! Le succès n’est pas un gage de qualité, mais une réécoute de leur large répertoire refile tout de même une sacrée envie de se replonger en live, un brin nostalgique, dans leurs hits reggae/pop incontournables tels que « Food for Thought », « Red Red Wine » ou encore « Can’t Help Falling in Love With You »…

C’est une salle archi-comble qui accueille UB40. Suite à de sombres affaires d’argent, Duncan Campbell remplace son frère Ali. Le chanteur originel a quitté le navire en 2008 et a remonté UB40 Reunited, dont le crédit n’atteint pas celui du combo de base. Le line up implique également le bassiste Earl Falconer, le drummer Jimmy Brown, le guitariste Robin Campbell ainsi que quelques autres musiciens dont une impressionnante section de cuivres drivée par l’inamovible Brian Travers dont les interventions au saxophone sont toujours aussi puissantes. Le son est nickel et le public très réceptif. Mais n’est-ce pas une attitude propre aux émanations rasta ? Le show des insulaires est solide. On sent que l’envie continue de les booster. Et on est manifestement loin d’un groupe en roue libre ou à la recherche de cachet ! Leurs vignettes pop teintées de dub, de reggae et de ska font souvent mouche, même lorsque les morceaux s’éloignent de leurs classiques que les musiciens gardent bien entendu pour la fin ! Nos jambes répondent instinctivement aux rythmes qui, s’ils n’ont rien d’originaux, sont tout simplement irrésistibles. Les musicos on droit chacun à leur moment de gloire ; ce qui rend le concert moins uniforme. Entre le hip-hop entonné par Earl Falconer et la présence de Norman Hassan, le percussionniste au look de lutteur Maori, aux avant-postes, ces tours de rôle apportent de la variation au spectacle ! Claire et bien timbrée, la voix de Duncan Campbell est quasiment identique à celle de son illustre frangin.

Après plus d’une bonne heure de concert, les 9 musiciens reviennent saluer la foule pour trois morceaux supplémentaires dont l’imparable « Can’t Help Falling in Love With You » qui finit d’achever un auditoire réchauffé par ces tempos chaleureux, positifs et contagieux. Un concert d’UB40 est définitivement à conseiller aux personnes qui manifestent des premiers signes de morosité ou accusent un coup de mou…

(Organisation Greenhouse Talent)

Intergalactic Lovers

C’est le carnaval d’Alost qui a déterminé le nom du groupe…

Écrit par

Les Lokerse Feesten en sont à leur sixième jour. Intergalactic Lovers est programmé entre Girls In Hawaii et Patti Smith. Avant de monter sur les planches, la vocaliste Lara Chedraouic et le guitariste Marteen Huygens nous accueillent dans les loges, pour un entretien. Qu’ils nous accordent dans la langue de Voltaire. Sympa ! 

J’ai découvert votre groupe, il y a 3 ans, dans le cadre des fêtes de la musique à Charleroi. Puis je vous ai revus au Rock Ternat. Dans votre fief. Et c’était très perceptible, vu la réaction du public. Vous étiez à la même affiche que Puggy, Arsenal et Das Pop, et vous aviez assuré grave. Ensuite, vous avez participé au LaSémo à Hotton. Et enfin, Puggy vous a entraînés pour assurer leur supporting act à l'Olympia en première partie. Vous vous attendiez à une telle invitation ?

Marteen : C’était pour un seul concert. Je ne me souviens plus des circonstances qui ont permis cette opportunité, mais quand on les a rencontrés, le courant est bien passé. Et notre set s’est bien déroulé. L'Olympia ne nous laisse que de bons souvenirs…

L’album « Little Heavy Burdens » vous a permis d’acquérir une certaine notoriété ? 

Lara : Oui, en fait, on a récolté le fruit de notre travail. On a énormément bossé sur ce disque. On a donné tout ce qu’on avait dans le ventre. Et on est fier du résultat. Bien sûr, la mise en forme est bien plus professionnelle. C’est le fruit de l’expérience. Tu sais mieux ce que tu veux. Et ce que tu ne veux pas. Pour moi, le second album est particulièrement réussi. Il est la suite logique du premier. On eu la chance de jouer en Allemagne et aux Pays-Bas. Et on envisage tourner en France et davantage en Wallonie. On doit encore y faire notre trou. Ce n’est pas facile, mais notre cd devrait nous permettre d’acquérir une certaine popularité.

Quelle est l’origine du patronyme Intergalactic Lovers ?

Marteen : Nous sommes alostois. Et s’y déroule annuellement un grand carnaval comme à Binche. Un carnaval au cours duquel le déguisement est roi. Mais pas dans un souci d’esthétisme. Au contraire, au plus ces accoutrements sont ridicules, moches et laids, au plus ils sont recherchés. La parade ‘Voil Jeanet’ (NDLR : la sale Jeannette) en est le plus bel exemple. Un défilé au cours duquel les jeunes gens sont travestis en femmes. Ils portent des corsets, poussent des landaus et exhibent des parapluies cassés. Et dans le passé, on organisait des fêtes autour d’un thème. Un jeu de rôle au cours duquel tout le monde devait se déguiser. C'est toujours idéal pour l'ambiance. En pensant à ce que les marginaux du futur allaient ressembler. Donc, c'était très beau à voir. Mon nom, c'était 'Intergalactic Lovers'. Un nom vraiment grotesque. Tellement absurde, qu’un membre du groupe a suggéré de le choisir pour patronyme. C’est le carnaval d’Alost qui a déterminé le nom du groupe…

Finalement, la bande sonore du film « Code 27 », vous l’avez enregistrée ?

Lara : On nous a demandé de réaliser ce soundtrack. Mais un peu tard. Nous ne disposions que d’un mois pour le terminer. Nous leur avons répondu que ce délai était insuffisant et qu’il était impossible de le respecter, vu le nombre de concerts à assurer. Finalement, le choix s’est porté sur des compos issus de notre premier album, « Greetings & salutations » ; en on y a ajouté une nouvelle chanson. Et cette collaboration nous a apporté pas mal de publicité. Le film est basé sur une série populaire programmée en Flandre.  

Au départ vous aviez signé chez EMI ; depuis le label a été absorbé par Warner. Vous sentez-vous bien soutenus par ce major ?

Marteen : Oui aucun problème, une partie du personnel d’EMI, que nous connaissions, a été transféré chez Warner, une boîte dont les responsables sont compétents. Bien sûr, on s’est rendu compte que cette fusion n’était pas encore au point. La firme n’avait pas l’habitude de sortir des disques d’artistes belges, mais plutôt américains. La situation était inédite pour eux. On l’avait remarquée, mais ils ont bien bossé pour rectifier le tir.

Votre premier opus vous a permis de décrocher un disque d'or ; et le second est, je pense, sur la bonne voie pour prendre le même chemin.

Lara : La plupart des remarques formulées à l’égard du nouvel album concernent le premier abord. On nous dit d’abord qu’il n’est pas terrible. Puis au bout de quelques écoutes, les avis changent, et il récolte de plus en plus de crédit. A tel point, qu’après quelques semaines, certains médias l’ont estimé tout bonnement génial. En fait, ce disque nécessite plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur. Et quand il vous a investi, vous ne pouvez plus l’effacer de votre mémoire. Tu as même envie de le réécouter. Et ainsi de comprendre une nouvelle fois, le message qu’on tente de faire passer…

Sur les planches, le batteur est décalé à droite. Une configuration significative ?

Lara : Lors de nos premières prestations, le drummer se plantait derrière nous. Puis on a décidé de le décaler. En fait, chaque musicien a droit au chapitre. Mais le batteur ne doit pas nécessairement se réfugier au fond du podium. Et j’apprécie tout particulièrement les groupes qui se produisent sur une même ligne. Pas pour respecter une symbolique. Das Pop y a pensé avant nous et on s’est dit, pourquoi ne pas adopter la même formule. Et le résultat est probant…

Quand on vit à Alost, une ville administrée par la NVA, on ne craint pas l’hostilité de la presse francophone? 

Lara : Nous n'avons aucun problème avec la presse en Wallonie. Le seul souci que l'on a rencontré, c'est qu’il n’existe pas d’Airplay (NDR : un concept radiophonique spécifique au Nord du pays). Mais dès qu’on en a l’opportunité, on accorde une interview ou une session radio. Toujours. Mais on espère secrètement qu'il ait quelqu'un qui ose nous diffuser sur davantage de radios. Radio Charlekin (France) et Sud Radio ont fait le pas…

Vous vous êtes produits à Dour, Ronquières, l'Ancienne Belgique, la Citadelle de Namur, chaque fois à guichets fermés. Mais à Mons, il n’y avait pas grand monde. Une raison particulière ?

Marteen : Oui, manifestement, à Mons, le public était clairsemé. Il doit y avoir eu un problème. Probablement un manque de publicité.
Lara : Même le personnel de Sud Radio ignorait que nous nous y produisions. Tu imagines, ils bossent à Mons et ils n’ont même pas été informés…

C’est sans doute dû à une l’ouverture d’esprit de nos communautés, bien plus grande en Flandre qu’en Wallonie ?

Marteen : Je ne sais pas si c'est la raison. Il y a certainement plus de salles pour se produire au Nord du pays. Lorsque nous avons participé au festival de Ronquières, on nous a posé la même question. Au début des années 70, la Flandre a commencé à créer des réseaux. Et en récolte sans doute le fruit encore aujourd’hui. D’autre part, les radios accordent une place importante aux artistes du cru. Et certaines organisations, comme le PopPunt, aident les artistes qui font leurs premiers pas sur la scène musicale. Un ensemble de circonstances qui constituent un fameux tremplin. Mais en Wallonie, il existe également des formations qui ont acquis une dimension internationale, comme Girls In Hawaii…

On compare souvent la voix de Lara à celle de Nina Persson des Cardigans. Un compliment ?

Lara : Oui, un compliment ! C'est la première fois que j'entends cette réflexion. Ou peut-être la seconde. Il est vrai que j’aime sa voix. Et aussi le groupe. Cette remarque me fait plaisir…

Tu as participé aux sessions d’enregistrement de « Death And Glory », le dernier elpee de Montevidéo. Et je dois avouer que ta performance aux vocaux et remarquable. Qui a eu l’idée de t’inviter ?

Lara : En fait, leur manager a appelé le nôtre. Il a demandé si j’étais intéressé de participer aux choeurs. Au départ, j’ai mal compris ce qu’on je demandait, car je pensais devoir écrire des trucs sur cette chanson. Quand j’ai débarqué aux studios, on m’a demandé de me charger des backing vocaux. Je leur ai signalé que j’avais préparé le travail. J’ai donc été invité à me jeter à l’eau. Ce que j’ai fait. Et finalement, tout le monde était content du résultat. Moi aussi, d’autant plus que c’et un chouette album.

Et si nous parlions des influences d'Intergalactic Lovers ? Certain médias vous attribuent des références avec le hard rock mélodique…

Marteen : C'est une question très difficile. Il y a cinq personnes dans le groupe, et chacun a ses propres influences. Il y en a bien que nous aimons tous, mais dans l’ensemble nos goûts sont assez éclectiques… Le hard rock mélodique ? En live, alors. J'apprécie Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath et compagnie.
Lara : Oui, surtout sur scène. Et il est vrai que nos performances sont meilleures en ‘live’ que sur disque.

Vous paraissez très soudés au sein de la formation. Vous vous partagez l’écriture de la musique et des textes ?

Marteen : Nous nous connaissons depuis longtemps. Plus besoin de savoir sur quel bouton il faut pousser. Notre professionnalisme découle tout simplement de l’expérience acquise.
Lara : Nous participons tous à l’écriture de la musique. Je me charge des lyrics, mais Marteen y a également collaboré sur le dernier opus. Marteen, Raf et Brendan se concentrent davantage sur la musique. Et le plus souvent, ce dernier crée les ébauches à l’aide d’accords de piano. Bref, c’est le fruit d’un travail collectif. Et il arrive que dans un texte, l’un d’entre eux me dise qu’il est préférable de changer un mot ou une phrase. Tout le monde apporte ses idées, et lorsque nous sommes tous d’accord, on est satisfaits. Maintenant, il est exact que certaines influences inconscientes peuvent dicter notre conduite.

Quel est le meilleur concert que vous ayez accordé à ce jour ?

Lara : La première fois que nous avons joué à l’Ancienne Belgique ; et même si nous étions un peu trop nerveux, ce n’était pas mal. Mais le meilleur souvenir remonte à notre première participation au festival de Dour. En fait nous attendions devoir nous produire devant une centaine de personnes. Et quand nous sommes montés sur le podium, on s’est rendu compte que le chapiteau était plein à craquer. Une fameuse surprise ! Tous ces gens étaient venus pour nous. Nous n’en revenions pas. Un moment magique ! 

 

Blonde Redhead

Un long dimanche qui pue…

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Après avoir passé ce long dimanche pluvieux à chercher une activité pour mes deux petites filles et été dissuadé par les nombreuses averses de toute activité extérieure, j'attendais de cette soirée qu'elle pimente enfin cette fin de week-end maussade.

Arrivé légèrement en retard pour la première partie, c'est, muni d'un gobelet king size de ma boisson jaune favorite, que je pénètre dans une Orangerie déjà bien remplie pour satisfaire ma curiosité et écouter Yuko. Malgré une certaine maîtrise technique et une bonne présence scénique, le groupe originaire de Gand n'est pas parvenu, malgré quelques titres, à captiver mon attention et à m'éloigner de ma passion pour la boisson houblonnée. Je m'en allai donc prendre l'air, histoire d'économiser ma concentration et mes tympans, en vue d'assister à la prestation du groupe phare de la soirée : Blonde Redhead.

Il y a quelques années déjà, « Misery is a butterfly » faisait partie de mes disques de chevet ; mais, relativement déçu par les opus qui ont suivi, je dois avouer que mon intérêt pour ce groupe s'est lentement effiloché. C'est cependant avec une certaine impatience que je m’apprête à les voir en live pour la première fois, regrettant toutefois de ne pas avoir eu l'occasion d'assister à leur concert lors de la sortie de mon album fétiche.

Attendus de pied ferme par une salle comble, les frères Pace et la chanteuse Kazu Maeakaimio entrent enfin en scène. Après un départ chaotique dû à des problèmes techniques, le groupe enchaîne, pour mon plus grand bonheur, par une excellente version de « Falling Man ». Les patterns rythmiques originaux et les arrangements subtils de guitare, basse et guitare baryton ne parviennent toutefois pas à me captiver out au long de ce show. Motif ? la setlist mélange anciennes compos et morceaux plus récents. Et puis, pas assez de rock ou d'énergie et trop de retenue à mon goût. Certes, les titres « Melody » et « Misery is a butterfly » constituent les meilleurs instants au cours desquels Kazu nous fait profiter de sa voix douce mais assurée.

Après une dizaine de titres, je succombe néanmoins à l'appel de la bière sans doute précipité par l'ennui qui grandissait en mon for intérieur.

Les fans inconditionnels du trio New Yorkais étaient certainement été plus emballés que votre serviteur, puisqu'ils ont réclamé un rappel, d’ailleurs  rapidement exécuté par un band assez distant.

Bref, malgré mes espoirs, Blonde Redhead n'a pas réussi à clore ce dimanche qui pue par une note excitante. Trop doux, trop propre ou trop ‘arty’, je n'arrive pas à en comprendre les raisons... 

(Organisation Botanique)

 

Bardo Pond

Magie blanche et berceuses angélysergiques…

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C’est vers l'Avenue du Port que votre serviteur met une nouvelle fois le cap, pour un énième épisode de ces chroniques consacrées au 20 ans du Mag4. Ce soir, la triple affiche est à haute teneur psychédélique (minimum 66,6 % garanti).

Et pour ouvrir, le duo Baby Fire menée par l'incendiaire Diabolita (aussi active au sein de Keiki). Armée d’une six cordes, elle se réserve les vocaux. Sa flamboyante crinière allume quelques étincelles sans réellement parvenir à embraser la salle. Elle était autrefois accompagnée par sa complice Cha à la batterie. Qui a cédé depuis sa place à un collègue masculin, Alain Lefebvre, dont le parcours l'a déjà amené à côtoyer des musiciens de Minimal Compact, Tuxedomoon ou plus récemment Philippe Petit. Une nouvelle alchimie qui exige sans doute du temps pour se créer ; et malgré une certaine présence de Dominique aka Diabolita, on sent flotter un certain vide... Peut-être la scène du Magasin 4 est-elle un peu spacieuse pour accueillir le son minimaliste et rêche, tendu et plutôt introspectif de Baby Fire. Du coup on apprécie en tapant du pied gentiment mais sans vraiment se laisser entièrement séduire par ces compos qui pourtant sonnent plutôt pas mal en studio. En fin de set, la légendaire poétesse de la mythique formation anarcho-punk Crass, Eve Libertine, vient les rejoindre lors d’une intervention vocale assez intense.

Mais le premier décollage viendra de White Manna. Son psychedelic space rock s'installe tranquillement à l'instar de ce que Wooden Shjips peut également communiquer comme ambiance. Une ambiance qui monte ensuite en puissance et en vitesse, pour adopter un profil plus carré et très efficace, dans l’esprit de White Hills, mais sans aller aussi loin qu'eux. Car là où les New-yorkais explosent régulièrement ce canevas dans des abstractions sonores assez réjouissantes, White Manna s'en tient le plus souvent à une utilisation de riffs assez convenus, se contentant de simplement ‘décorer’ leurs morceaux de sons et effets psychédéliques. Mais si la formation ne réinvente vraiment rien, la sauce prend néanmoins ; et le band se fend même d'un surprenant final quasi punk rock à la Ramones.

Atterrissage et pause clope/pétard/bière (entourez la mention utile) avant le second et grand envol proposé par Bardo Pond, prolifique combo noise/drone/psyché de Philadelphie dont on ne compte plus les sorties discographiques. La dernière en date, le superbe "Peace on Venus", sera d'ailleurs assez largement et logiquement représentée dans la setlist de ce soir. Tête d'affiche, le quintet se produit devant un public majoritairement composé d'aficionados.

Mais pour commencer, retour au plus ancien "Amanita" assez apprécié par les fans et dont est extrait "Limerick", tout en langueur hallucinogène et voix distantes. En effet la chanteuse Isobel pose sa voix de façon complètement décalée, toujours en porte-à-faux par rapport à la musique et c'est ce qui fait son charme. Il n'y a d'ailleurs pas que sa voix qui semble en équilibre instable, à en juger par les traits de son visage qui semble fort marqué par les expériences de substances psychotropes diverses que l'on retrouve d'ailleurs souvent citées dans les titres de leurs albums. La musique est souvent lente, distordue, étirée et présente un contraste intéressant et rare entre lourdeur et légèreté. Les riffs sont souvent épais, massifs mais pas vraiment agressifs et contrebalancés par les notes de flûte et cette voix qui se perd dans l'éther et les feedbacks. Riffs massifs qui pourraient d'ailleurs séduire les amateurs de stoner voir même de doom lors de morceaux comme "Fir" qui propose carrément une version inversée du style qu'on pourrait appeler ‘Doom angélique’ (333 en lieu et place de 666). Ailleurs, et particulièrement sur "Chance", le côté bucolique/rustique amené par la flûte et la guitare folk qui côtoient l'électricité et la saturation bien crade et vintage pourraient évoquer Neil Young en cherchant un peu plus loin que les références habituellement citées à leur sujet. Et alors que le concert touche à sa fin, je discute avec un ami au bar du fameux "Tommy Gun Angel", compo que j'aurais tellement voulu entendre et qui semble le ‘pseudo hit’ du groupe… et comme par magie, Bardo Pond entonne les accords du dit morceau! Retour dans la foule pour en profiter au max malgré une légère déception dans l'interprétation ; il faut dire que la version studio possède un tel grain dans la saturation que le reproduire en live est une véritable gageure malgré l'excellent son proposé tout au long du gig.

Quoiqu'il en soit, encore une belle réussite à rajouter au bilan de ces 20 ans du Mag4 qu'on remercie à nouveau bien fort!

(Organisation Magasin 4)

Zola Jesus vit des jours dangereux.

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Zola Jesus a dévoilé la vidéo du titre « Dangerous Days » réalisée par l’artiste Tim Saccenti. Il s’agit du premier extrait d’un nouvel album dont la sortie est prévue pour le 6 octobre.

L’Américaine viendra défendre son nouvel opus, « Taiga », ce 14 novembre au Botanique de Bruxelles.

http://youtu.be/As-issfZ2-Q

Tracklisting

Taiga
Dangerous Days
Dust
Hunger
Go (Blank Sea)
Ego
Lawless
Nail
Long Way Down
Hollow
It’s Not Over

http://www.zolajesus.com

https://twitter.com/ZOLAJESUS

https://www.facebook.com/zolajesusofficial

https://www.youtube.com/user/ZolaJesus/videos

https://soundcloud.com/zolajesus

http://instagram.com/zolajesus

 

Yann Tiersen, pas seulement une météorite…

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Yann Tiersen a dévoilé la vidéo de son titre « Meteorites » sur lequel viennent se poser les voix d’Aidan Moffat (Arab Strap) et de Clémence Poésy.

Le Breton viendra se produira ce 26 octobre à l’AB de Bruxelles, pour présenter son dernier elpee, « ∞ (Infinity) ». 

http://youtu.be/m0fKjdVn8sA

http://yanntiersen.com/

 

 

Soldout en Braille…

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C'est le défi que s'est lancé le groupe belge Soldout pour illustrer la nouvelle campagne de la Ligue Braille : créer une musique à partir de sons de la vie quotidienne et de bruits de bureau.

« On avait déjà utilisé ce genre de sons sur nos albums, mais jamais avec autant d'éléments » confie Charlotte Maison, complice de David Baboulis du duo Soldout. Tous deux ont été immédiatement séduits par l'idée de la campagne de la Ligue Braille quand elle a fait appel à eux. « Ce qu’on a aimé, c’est l’idée d’intégrer des sons de bureau à la musique ; c’est quelque chose qu’on aime faire en général, donc on a tout de suite compris le concept » ajoute Charlotte.

Ainsi, du 12 au 30 septembre, la Ligue Braille va promouvoir l’emploi des personnes aveugles et malvoyantes sous diverses formes : un spot TV, des affiches dans le métro Bruxellois, une brochure visant à répondre aux questions des personnes déficientes visuelles et des employeurs, divers événements en lien avec la campagne, ainsi que des revendications adressées aux responsables politiques.

Le message de la Ligue Braille est clair : « Il ne faut pas toujours de bons yeux pour faire du bon travail ». Travailler, gagner sa vie et être ainsi inclus pleinement dans la société est un droit auquel tout le monde doit pouvoir prétendre, y compris les personnes aveugles et malvoyantes.

« J’espère que cette campagne va attirer l’attention du public et qu'elle contribuera à diminuer les préjugés qu’on a sur les personnes aveugles et malvoyantes. A titre personnel, elle nous a éclairés sur leur façon de travailler et nous a permis de découvrir les outils qui existent pour les aider » souligne Charlotte Maison.

On peut visionner le spot télé et le making-of par ici  

Pout télécharger la chanson gratuitement (version courte ou longue) : c’est par-là  

Soldout sera en concert :

-le 20/09/2014 à Paris au Bus Palladium pour le Nouvel-An Belge.

-le 16,17 et 18/01/2015 à l’Indie Week à Toronto au Canada.

Du 21 au 25/04/2014 au CMJ Music Mrathon  à New-York aux Etats-Unis.

 

Le futur appartient à Manic Street Preachers …

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La vidéo du morceau “Futurology”, issue du nouvel et 12ème album de Manic Street Preachers sorti en juillet dernier, est sur la toile.

Tournée à Londres et dans les Pays de Galles par Kieran Evans, elle est inspirée par les pionniers de la musique du XXème siècle comme Kraftwerk, Neu!, Andy Weatherall, Popol Vuh et Cabaret Voltaire.

https://www.youtube.com/watch?v=2E8Iy-AZdl4

http://futurology.manicstreetpreachers.com/

 

Moaning Cities

Aux portes d’un Oasis…

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Ce samedi soir, juste après le très joli feu d'artifice, en guise de clôture des fêtes de Wallonie, Moaning Cities investit les planches de L'Alhambra. Il est 22h40.
Sur scène, les artistes dégagent, de par leurs apparences, un côté américain, mais aussi mancunien. Le chanteur et guitariste, Valérian Meunier, ne ressemble pas à Jim Morrison,  mais me fait, instinctivement, penser à lui.
Quant à la marinière rouge et noir de la bassiste-choriste, Juliette Meunier, elle me replonge dans la profondeur des brumes de Manchester.

Bien qu'ayant, à leur actif, neuf dates au compteur, entre les 6 et le 19 septembre, et tant de kilomètres parcourus sur les routes de France, ils transpirent tous d'énergie. 

Dès les premières secondes, les sonorités dispensées sont à la fois propres, bien étudiées, puissantes et hypnotiques.

D'emblée, la formation gagne tous les coeurs; parmi lesquels, ceux des fans de Speaking Corner, les locaux, qui venaient d'assurer leur première partie.

Alors que les trois premiers morceaux ont déjà été joués et que l'ambiance est à son apogée, mes préjugés quant aux apparences du quintette se confirment, musicalement cette fois-ci.

En effet, quand je ferme les yeux, j'entends Oasis et bien sûr les Doors.

Les  chansons s'enchaînent, le set est bien rôdé et la subtilité des arrangements, par le biais d'instruments aux sonorités orientales, devient évidente et transporte l'esprit là où le son des guitares électriques lui demande d'aller.

Cette sensation s'exacerbe au fur et à mesure que le set évolue, et ce jusqu'à son terme.

Le rock psychédélique de Moaning Cities a bousculé mon âme.

Harmonie parfaite entre des instruments d'origines et d'époques différentes.

En d'autres mots : sitar, saz, oudou and rock’n’roll !

Jim Morrison, Noël Gallagher et Kahled AlJaramni réunis dans pour même projet auraient, probablement, fait pareil.

Si c'est arrivé près de chez moi, alors pourquoi pas près de chez vous ?

"Pathways Through The Sail", sorti chez Mottow Soundz, en 2014, est le titre de leur premier opus que vous pouvez écouter, en intégralité,  sur le site officiel du groupe. Et c’est ici 

 

 

 

 

Doug Paisley

Strong Feelings

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Certains artistes ont besoin de temps avant de se forger une place au sein de la scène musicale… Ce qui semble évident pour le discret Doug Paisley. Pourtant, son dernier elpee, « Strong Feelings » devrait lui permettre d’y parvenir. Il s’agit du troisième opus du Torontois. Dès « Radio Girl », le morceau d’ouverture, le Canadien démontre qu’il connaît l’ABC du folk/rock. Et tout particulièrement celui des 70’s. La voix et la mélodie évoquent même un certain Johnny Cash, mais un Cash qui aurait été soutenu par The Band. Le timbre de voix de Paisley rappelle d’ailleurs énormément celui du vétéran américain… Dans l’ensemble, les compos de ce long playing sont plutôt classiques ; mais superbement interprétées elles sont susceptibles d’emprunter des chemins de traverse pour varier les ambiances ; à l’instar du plus jazzyfiant « What’s Up Is Down ». « Strong Feelings » va même au-delà du format folk/rock rétro pour se fondre dans l’americana (« A Song My Love Can Sing »). Une excellente surprise !

 

Me First & The Gimme Gimmes

Are we not Men? We are diva!

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Il est étonnant qu’un tel projet continue à tenir la route. Me First & The Gimme Gimmes a donc décidé d’adapter une nouvelle fois des tubes pop en punk. Il y a quelques années, ce type d’exercice de style se révélait concasse. Elton John, Boyz 2 Men et Lionel Richie en avaient ainsi déjà fait les frais. Mais aujourd’hui, reprendre des hits de Céline Dion, Barbara Streisand, Cher, Paula Abdul ou Britney Spears à la sauce punk a de quoi laisser perplexe. Or, ces vétérans exécutent ces covers avec une énergie communicative ! Il faut dire que formé en 1995 par Fat Mike (NOFX), Dave Raun et Joey Cape (Lagwagon), Chris Shiflett (No Use For a Name) et Spike Slawson (Swinigin’ Utters), ce super groupe est avant tout un side project ludique. Ces versions de divas de la pop moderne (dont… Boy George !) sont donc à prendre au second degré. Si pas au troisième. Des covers qui n’ont rien de bouleversantes mais qui selon la formule, devraient plaire aux fans. Les autres passeront leur chemin !

 

Romain Lateltin

Pas de Chichi Entre Nous

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Le titre de l'album nous le demande : « Pas de Chichi Entre Nous ».

Alors Romain Lateltin, mon garçon, n'y allons pas par quatre chemins et respectons ta proposition.

Je me méfie toujours, et souvent avec raison, des beaux plumages. Ils ont la fâcheuse tendance à ne pas valoir le ramage.

Emballé dans un joli box en carton dont le graphisme ne manque pas de style, enrichi de fiches pour recueillir les textes, « Pas de Chichi Entre Nous » en fait déjà trop pour correspondre à son message.

Romain propose tout au long de cet elpee de la chanson française assez basique. Entre banjo, guitare sèche, mandole, harmonica, trombone, l’instrumentation adopte quelque part le principe de la fanfare des ‘bons copains de lycée’. Et pourtant c’est sous cet aspect que le disque se révèle le plus intéressant. On y ressent une belle osmose entre les différents musicos ; leurs interventions se révélant très opportunes. Personne ne vient d’ailleurs jamais tirer la couverture de son côté.

Les textes ne sont guère transcendants et parlent bien souvent d'eux mêmes : « Je Dévore les Bonbons », « Badaboum, Patatras », « Ni Dernier, Ni Premier », etc. Mais a contrario d’Ours, de Dyonisos ou de Louise Attaque, entre les lignes, c’est le vide.

Il y a pourtant 10 ans que le Français sillonne les routes. « Pas de Chichi Entre Nous » constitue son 5ème opus. Il serait peut-être temps que l’artiste étoffe son écriture. Qu’il sorte des sentiers battus. Qu’il choisse son camp. Entre ‘variétés’ et chanson française à textes. Car, tout au long du long playing, ses compos semblent un peu défraîchies, surtout datées, par rapport à la nouvelle scène hexagonale.

Pourtant bien ficelées ses chansons sont empreintes de douceur, et laissent transparaître un humour à la sensibilité d’éternel ado. Clichés, clichés, …

« Pas de Chichi Entre Nous » ne réinvente pas la roue, mais devrait cependant plaire à un public des Francos ou aux inconditionnels de la langue de Molière. Mais pour l’originalité, faudra repasser…

 

Exit Calm

The Future Isn't What It Used To Be

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Le titre de l’album se traduit par ‘l’avenir n’est pas ce qu’il avait l’habitude d’être’. De quoi laisser songeur.

D'entrée de jeu, « The Rapture » tisse une trame interrogative qui, au fil du sillon, gardera tout son sens.

Alors que le futur ne semble plus être ce qu'il était, le passé, pour Exit Calm, semble par contre, avoir méchamment influencé, pour ne pas dire endommagé, l’esprit des musicos de ce combo anglais.

On ne peut pas, à proprement parler, crier au scandale, mais le côté suranné de cet elpee laisse dubitatif.

Cohérents, bien découpés, les morceaux échafaudent des murs de guitares et bénéficient d’excellents arrangements. Ils ne manquent ni d’énergie ni de rythme. Mais ils sont chiants…

Interminables aussi, ils frôlent les 6 minutes de moyenne. Et l'on attend tout au long des neuf pistes, ce petit truc capable de dynamiter l’ensemble. En vain ! Pire, Exit Calm tâte de la ballade, quand il ne s’autorise pas des solos dégoulinants. De quoi davantage plomber notre impression. En outre, la voix du chanteur me fait penser à celle de Bono. Serions-nous en présence d’un ersatz de U2 ? Pas de bol, je déteste U2.

Pourtant, on espère toujours un changement de cap. Car techniquement, manifestement les musiciens ont de la maîtrise ; et il y a fort à parier que si le groupe explorait une musique plus intimiste, le résultat pourrait être bien plus intéressant. Et pour cause, les interventions –quoique discrètes– de la pedal steel ne manquent pas d’allure. Les fûts s’emballent un court instant. Et quelques riffs de gratte font bonne figure. Mais en étirant inutilement les plages, ces quelques étincelles finissent par s’éteindre d’elles-mêmes.

Bref, le temps semble figé tout au long de « The Future Isn't What It Used To Be »… 

 

Diane Coffee

My Friend Fish

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Diane Coffee. Derrière ce pseudonyme de chanteuse de country, se cache Shaun Fleming, un personnage étonnant au look androgyne et à la trajectoire précoce. Enfant, il est en effet une de ces voix sans visage qui peuplent les dessins animés de Disney. On l'entend notamment dans "Le roi lion" et la série "Kim Possible". Puis, il grandit au soleil californien découvrant ceux qui vont devenir ses idoles et principales références musicales, "The four B's" comme il les appelle, les Beatles, les Beach Boys, Bowie et Bill Withers. Il se passionne également pour des songwriters contemporains comme Sufjan Stevens, Bon Iver ou Feist. Au collège, Shaun se lie d'amitié avec Sam France et John Rado et devient le batteur d'un groupe alors impliqué dans l'expérimental et l'avant-garde, une formation qui deviendra célèbre quelques années plus tard : Foxygen.

"My friend fish" constitue le premier exercice en solitaire de Fleming. Les circonstances et les conditions d'enregistrement sont plutôt originales. En effet, alors qu'il vient de déménager à New York dans un minuscule appartement, le Californien souffre du mal du pays mais surtout de violentes poussées de fièvre. Cloîtré pendant quelques semaines, il se lance dans la réalisation d'un album à l’aide de matériel de fortune dont il dispose. Le pseudo kit de batterie est par exemple composé d'une caisse claire, d'une cymbale cassée et d'une vieille casserole. Une application de son iPhone pour enregistrer sa voix et une guitare désaccordée en guise de basse complète l'attirail.

La première qualité de cet opus est donc peut-être de ne rien laisser transparaître de ce bricolage. Le son est certes lo-fi mais avant tout très vintage. Il nous plonge dans des atmosphères sixties revisitant le meilleur du Rhythm and blues, de la soul, de la pop et du garage rock de cette époque. Et un Foxygen fiévreux ne pouvait évidemment qu'y ajouter une bonne rasade de psychédélisme.

Foxygen à qui l'on pense fatalement de temps en temps. John Rando apparaît d’ailleurs sur deux titres. Mais c'est surtout cette faculté à composer des chansons à tiroirs où l'on passe d'un style à l'autre qui évoque le groupe californien. Comme sur la plage titulaire "Hymn" ballade pop psychédélique aux choeurs tout droit sortis d'un album des Turtles, une compo que ne renieraient pas les Growlers, malgré quelques accords de rock énervé . Incontestablement une des perles de l'album. Ou sur "All the young girls" qui introduit quelques sonorités noise dans un univers proche de la Motown. Citons également l'excellent "WWWoman" aux mélodies d'orgue irrésistibles où la voix androgyne de Fleming fait merveille. Car ce monsieur, outre d'indéniables qualités de mélodiste, dispose d'un organe impressionnant qu'il module à merveille (la formation Disney quand même...)

Bref, "My friend fish" a beaucoup de charme et mérite certainement une petite place sur votre armoire. On est curieux d'entendre ce qu'il pourrait réaliser en plus de deux semaines et en se servant d’un équipement plus sophistiqué ; mais on perdra alors sans doute l'un des charmes de cet album, l'instantanéité. Diane Coffee. Drôle de nom. Sauf si l'on se souvient de l'agent spécial Dale Cooper. Celui qui envoyait toutes ces cassettes à une certaine Diane qu'on ne voyait jamais et qui se plaignait continuellement auprès d'elle de la piètre qualité du café de Twin Peaks.

 

Aisha Burns

Life in the Midwater

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Ben oui, c’est un disque paru en 2013, et votre serviteur a mis un temps fou avant de se décider à l’écouter. Sans raison vraiment valable, si ce n’est la pochette, pas vraiment excitante… « Life in the Midwater » constitue le premier opus d’Aisha Burns, une artiste texane, issu d’Austin très exactement. A l’instar de Valérie June ou de Tracy Chapman, son épaisse chevelure est tressée en longues dreadlocks. Et tout comme ses compatriotes, elle s’exprime à travers la musique folk. Il faut dire que la jeune femme possède plusieurs cordes à son arc. Tout d’abord, haut perchée et chaleureuse, sa voix rappelle Alela Diane, une voix qu’elle met bien en avant. Ensuite, elle compose ses propres chansons. Enfin, elle joue aussi bien de la guitare que du violon. Mais cette instrumentation –parfois enrichie d’accords de contrebasse– sont plutôt discrets. Il y manque d’ailleurs ce grain de folie qui pourrait faire décoller ses compositions. Mais également ce feeling mélodique qui accroche. Deux exceptions qui confirment la règle : « Mine to Bear » et « Nothing ». Sur le premier morceau, la diversification instrumentale est accentuée par le chouïa d’électricité. Sur le second, les accents de gratte se révèlent enfin, un peu plus agressifs.

Je n’irai pas jusqu’à affirmer que la musique d’Aisha Burns est aussi terne que l’image reproduite sur la pochette de son album ; mais en injectant un peu plus de dynamisme dans ses compos, elle leur communiquerait un tout autre rayonnement…