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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Rock en Seine 2014 : dimanche 24 août

La journée de dimanche du festival est également sold out ; et en pénétrant dans un Domaine de Saint-Cloud ensoleillé, on se réjouit de pouvoir à nouveau découvrir une jolie palette de valeurs sûres et de 'jeunes pousses' prometteuses.

Premier arrêt devant la Grande Scène, où Airbourne chauffe l'ambiance. Ces Australiens sont une véritable copie d'AC/DC. Le chanteur/guitariste, Joel O'Keeffe, cumule Angus Young et Brian Johnson à lui tout seul. Déçus, nous gagnons sans attendre la ‘Cascade’, en perspective d'un concert très attendu...

Celui de Warpaint, très exactement, formation californienne réunissant quatre musiciennes. Le titre « Love Is To Die » les a révélés au public 'indie', en janvier dernier. On est donc étonnés de les voir figurer aussi tôt dans la programmation. Qu'importe, les fans sont très nombreux dès 17h pour encourager leurs 'protégées', au moment où elles prennent possession des lieux. Très jolie brunette, Theresa Becker Wayman s’installe à gauche. Elle se consacre au chant, aux claviers (un magnifique Prophet V) et à la guitare. Emily Kokal se plante à droite. Elle partage les vocaux et se charge également de la six cordes. La bassiste Jenny Lee Lindberg et la drummeuse Stella Mozgawa, se positionnent en retrait.

Difficile de décrire la musique de Warpaint : c'est une sorte d’indie-rock psychédélique, aux accents cold wave, qui évoque tour à tour Austra, Beach House, Bat For Lashes mais aussi parfois Björk. Les harmonies vocales sont fondamentales et l'ensemble affiche un côté très dansant, très funky, notamment grâce au jeu de basse, fort syncopé de Jenny Lee Lindberg.

Malgré quelques petits problèmes de son (Emily Kokal se plaint de ne pas s'entendre dans les retours), Warpaint impose petit à petit son style unique. Sur « Bees », Theresa Wayman, particulièrement souriante, établit un très chouette contact avec le public et tout le monde tape dans les mains. « Undertow » déroule son rythme sensuel et le final est étonnant, bruitiste et tout en accélération. D’une durée moyenne de 5 à 6 minutes, les morceaux impliquent de nombreux changements de rythmes, un aspect un peu 'prog' très caractéristique de Warpaint.

‘You seem a bit shy, we need to dance !’ clame Emily. Warpaint enchaîne donc par le hit « Love is to Die », qui recueille un franc succès. Après « Disco//Very » et « No Way Out », le set se termine sur un très beau « Elephants ». Le quatuor allonge la compo en improvisant un final fascinant. La formation se retire ensuite sans accorder de rappel, malgré l’insistance des fans. Un superbe concert, qui donne envie de la revoir au plus vite... Tiens, justement, le quatuor est programmé au Cirque Royal, en novembre prochain...

Retour en vitesse vers la Grande Scène, car Selah Sue est sur les planches. C'est la toute grosse foule et il faut admettre que ce petit bout de femme a un punch étonnant. On connaît son style particulier, qui combine blues, soul, rock et ragga... et fait merveille en ‘live’ ! Un peu comme si Marvin Gaye avait eu une fille aux cheveux blonds et aux yeux bleus ! Très à l'aise, l'artiste louvaniste aligne les hits et nous réserve également quelques nouveaux titres ; et notamment le très beau « Stand Back ». Son prochain elpee devrait sortir en février prochain sur le label français Because : le rendez-vous est pris !

Nous abandonnons (honteusement) notre compatriote, car il faut 20 minutes pour rejoindre la ‘Pression’, où Thurston Moore va se produire. Le fondateur et chanteur de Sonic Youth y présente en avant-première son prochain album, « One More Day », qui sortira en octobre sur le label Matador. Délaissant les escapades acoustiques (voir son dernier elpee solo, « Demolished Thoughts »), il renoue avec ses premières amours, soutenu pour la circonstance, par son acolyte Steve Shelley, ex-batteur de Sonic Youth. A leurs côtés, la présence de la bassiste de My Bloody Valentine, Debbie Googe, et du guitariste James Sedwards (Nøught, Guapo, Chrome Hoof) illustre la consistance du projet.

La prestation de ce 'super groupe' sera franchement excellente. Les nouvelles compos sont superbes et on se régale vraiment ! Le concert commence par une longue séquence 'shoegaze' constituée de sons de guitares saturés, chargés d'effets 'larsen'. Ensuite, les rythmiques répétitives, psychédéliques, obsédantes vont inévitablement évoquer Sonic Youth, période « Murray Street », mais aussi Swans.

Affichant un look débonnaire d'éternel étudiant, Moore est l'anti-star parfaite. Ici, aucune esbroufe, tout est frappé du sceau de la sincérité la plus totale. Dans la setlist, on reconnaît « Forevermore » mais aussi « Detonation », qui a déjà été publié en single par Blank Editions. Debbie Googe trouve parfaitement sa place au sein du line up et sa complicité avec Steve Shelley fait plaisir à voir. Bref, un superbe concert ! Gageons que la prochaine fois, Moore aura droit à une scène plus en vue et une place plus avantageuse dans la programmation.

Après ce grand moment, le public de la ‘Pression’ repart comme un seul homme vers la Grande Scène pour le concert de Lana Del Rey. Arrivés un peu tard, il nous est impossible d'approcher de l’estrade ; car la foule est tout simplement ahurissante. Comme on a déjà pu voir l'artiste américaine, à Forest National, nous nous rabattons sur l'espace VIP, où l'on peut suivre le concert sur l'écran vidéo. Vêtue d'une jolie robe rose fuchsia, Lana Del Rey va accorder une prestation prévisible, mais sans faille. Rappelons que, contrairement aux calomnies, elle chante vraiment en live et dans l'ensemble, correctement. La setlist est une succession de hits, repris en choeur par les fans en délire. Le plus touchant chez Lana Del Rey, c'est l'attention qu'elle porte précisément à ses fans. Après le tout premier titre, « Cola », elle descend déjà les marches et rejoint les aficionados du premier rang pour signer des autographes et accorder des 'selfies'. A la fin du dernier morceau, « National Anthem », rebelote : elle replonge dans la fosse et recommence à s'adresser à son public. Et quand ses musiciens quittent l’estrade, elle s’attarde encore là, pendant de longues minutes. Etonnant !

Enfin, le festival se termine en apothéose par Queens Of The Stone Age (QOTSA). Issue de Palm Desert, en Californie, la formation emmenée par Josh Homme est un 'act' incontournable en festival. Les organisateurs savent que QOTSA est un rouleau compresseur efficace et qu'il n'a pas son pareil pour mettre une ambiance festive et rock'n’roll.

Que ce soit sur le hit « No One Knows », le funky « Smooth Sailing » ou l'irrésistible « Sick, Sick, Sick », les Américains impressionnent. Un point d'orgue idéal pour ce Rock en Seine, qui, une fois de plus, aura été un succès total. Vivement l'année prochaine !

(Organisation : Rock en Seine)

 

Pitbull se soucie de la mondialisation

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« Fireball » sera le premier single du nouvel album de Pitbull. Un elpee dont la sortie est prévue pour la fin de l’année 2014. Il s’intitulera « Globalization » et paraîtra chez Sony Music 

Pour découvrir «  Fireball » featuring John Ryan, c’est ici 

Spotify : http://open.spotify.com/track/49eplIHvgCLY8HAgcaWrUb

iTunes: http://smarturl.it/FireballiTunes

 

 

Von Durden : la reine est morte, vive la reine !

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Début de vie : dès 2007 le combo publie le single « Dance to the Music », clairement orienté fun et éclate. Le ton est donné et la machine lancée. Dans la foulée, il grave l’album « Death Discotheque », et embraie trois ans plus tard par « Dandy Animals ».

Au moment d'attaquer le tournant critique du troisième opus, le noyau central constitué d’Elliott-le beau au chant, de Kevin-la brute à la guitare et de Nicolas-le truand à la batterie (c’est également le principal compositeur) décident de se recentrer sur leur projet. Et engagent deux nouveaux musiciens : Fabrice (Romano Nervoso) et Marie (Gladys). L’opus a été enregistré sous la houlette de Christine Verschorren (Ghinzu, dEUS, Das Pop), un disque 100% organique, où l'énergie et l'humain passent avant tout.

La majorité des titres de « III » a été immortalisé lors de prises ‘live’. Résultat: un rock sans concession, brut de décoffrage qui n'oublie pas pour autant ses racines pop.

Pour découvrir cet album sur les planches, une tournée-éclair de quelques mois (?!?!?) a été planifiée. Elle démarrera le 1er octobre au Botanique (Rotonde). Les places sont limitées. Précipitez-vous sur l’évènement. Pas besoin de casser la tirelire. C’est 11 euros en prévente et 14 euros le jour même.

Quelques anecdotes :

Le mastering de III a été confié à Benjamin Joubert (Noir Désir, Justice, Charlotte Gainsbourg…).

Le clip de « Dead Queen », premier single issu de l'album, a été réalisé par à Julien Henry (La Film Fabrique), qui avait déjà tourné celui de « Dance To The Music » (n°5 du MCM Top Hits, plus de 100 000 vues sur YouTube…)

L’image reproduite sur « III » a été immortalisée, il y a près de 10 ans, après une soirée particulièrement arrosée.

Le premier airplay radio de « Dance to the Music » a été suivi d'un « You Really Got Me » des Kinks tandis que celui de « Devil In Me » précédait « 3's and 7's » des Queens of the Stone Age. On prend les paris pour « Dead Queen » ?

http://www.vondurden.com/

https://www.facebook.com/vondurden?fref=ts

 

 

Rock en Seine 2014 : samedi 23 août

Pour sa 12ème édition, le festival Rock en Seine proposait une affiche très variée. A l’instar des années précédentes, il a investi le superbe domaine boisé de Saint-Cloud, au sud-ouest de Paris. En constante progression depuis sa création, il a fait le plein, totalisant quelque 120 000 visiteurs sur trois jours. N'ayant pu nous déplacer le vendredi, c'est donc le lendemain que nous rejoignons la capitale parisienne.

Au programme du samedi, une belle brochette de formations confirmées, surtout Portishead, dont le retour est très attendu, mais également quelques autres très prometteuses, qui opèrent presque leurs débuts dans un festival d’envergure.

Ce qui frappe tout d'abord à Rock en Seine, c'est l'excellent accueil réservé aux journalistes. En véritables VIP, nous avons accès à un vaste espace privé, avec bar, resto, transats et des écrans projetant les images des concerts. Idéal pour se relaxer entre deux spectacles ! Lorsque nous débarquons, il fait plein soleil et Sean Lennon accorde une interview sur le stand de France Inter... Sympa !

Première halte près de la Scène 'Pression', à flanc de colline, pour découvrir un trio de sirènes issues du Danemark : Giana Factory. Louise Foo, Lisbet Fritze et Sofie Johanne ont fondé Giana Factory en 2008. Evoquant Austra, Bat For Lashes ou encore Marscheaux, leur 'dark pop' est intrigant et les harmonies vocales, très jolies. Rien de vraiment révolutionnaire, mais un set bien agréable pour entamer notre journée.

Sur la Scène de la ‘Cascade’, la deuxième en importance, on découvre ensuite une formation suédoise, Junip. Emmenée par José González (voix, guitares) et Tobias Winterkorn (orgue, Moog), elle pratique un rock psychédélique aux accents folk. Fleet Foxes et Grizzly Bear ne sont pas très loin. Mais ce qui singularise leur musique, c'est la voix très douce et suave de José González, mais aussi les arrangements très psyché, voire même parfois kraut. Mention spéciale à « Line of Fire », un superbe titre extrait de « Junip » (2013), qui recueille un joli succès en fin de parcours. Une belle découverte !

Après une courte pause, nous revenons au même endroit pour Thee Oh Sees, qui a décidé de tout fracasser à coup de riffs psyché/punk. En short et la guitare serrée très haut contre sa poitrine, John Dwyer, le chanteur/guitariste, a la même dégaine qu’Angus Young. Mais la musique lorgne plutôt vers les Sex Pistols alors que les voix oscillent entre cris aigus et grognements rauques. Fun mais de quoi rester sur sa faim. J’ignore si le band californien est responsable, mais il commence à pleuvoir ; et on en profite pour opérer un détour par le Village du Disque, où sont dressés les stands de Born Bad Records, Ground Zero, etc.

Nous décidons de faire l'impasse sur Cheveu, la nouvelle sensation française, que nous avons vus en février dernier, à l'Atelier 210 de Bruxelles. Gageons que leur electro-punk dévastateur aura mis le feu à la Scène de l'‘Industrie’. On me rapporte que le chanteur a, de nouveau, terminé le concert debout sur son synthé. Attention au gimmick ! 

Pendant ce temps, sur la Grande Scène, Sean Lennon et sa compagne, Charlotte Kemp-Muhl, présentent leur projet créé en 2008 : The Ghost of a Saber Tooth Tiger (oups, quel patronyme) ! L'Anglais arbore un look très sixties et la ressemblance avec son père est frappante. La musique, également ! Par moments, on croirait entendre les Beatles, période psychédélique, un peu comme si Georges Harrison avait modernisé « Tomorrow Never Knows ». Tout est bien en place, et particulièrement lors de « Xanadu » et « Animals », malgré un côté un peu caricatural. Qu'importe, le son est excellent et on en conclut que le 'revival' psyché pourrait offrir au 'fils de...' une opportunité de come-back. Sur l’estrade, la très belle Charlotte Kemp-Muhl se réserve la basse et chante même quelques titres. Un projet à surveiller !

Après une pause bibitive bien méritée, nous décidons de 'zapper' Emilie Simon afin de nous placer idéalement pour le concert de Portishead. L'artiste française a apparemment fait fort en bénéficiant, pour la circonstance, du concours de l'Orchestre National d’Ile-de-France.

Devant la Grande Scène, l'attente est écourtée par la projection d'un film sur les intermittents du spectacle. On sent la pression monter, car le retour des petits génies anglais est très attendu. Portishead a marqué les années 90 et 2000 en créant un style mariant à merveille la voix très 'bluesy' de Beth Gibbons et les arrangements trip-hop, voire kraut, de Geoff Barrow et Adrian Utley. Leur retour coïncide d'ailleurs avec la réédition de leur premier opus, « Dummy », paru il y a juste 20 ans.

Dès les premiers samples de « Silence », on a la conviction qu'on va assister à un concert unique. Beth Gibbons s'avance sur le podium et c'est le délire dans le public. Elle est habillée chaudement d'un imperméable à capuche ; et, suivant son habitude, restera très discrète tout au long de sa prestation. Mais l'essentiel est dans sa voix, et quelle voix ! Elle est empreinte d'une sensibilité déchirante qui vous glace le sang. Après un magistral « The Rip », « Wandering Stars » constitue le premier moment d'absolue magie. Geoff Barrow quitte son espace synthés/percussions et s'assied à côté de Beth Gibbons pour jouer de la basse. Une basse, une voix et quelques sons de guitare sont suffisants pour nous flanquer la chair de poule. « The blackness of darkness forever... » atteint les tréfonds de la noirceur de l'âme ; et comme pour faire écho à ces paroles, la nuit s'installe doucement sur le domaine de Saint-Cloud.

« Machine Gun » marque un changement radical d’orientation. Les basses mitraillent littéralement l’auditoire ; surtout les spectateurs qui sont placés aux premiers rangs, juste devant les énormes woofers ! Le très célèbre « Glory Box » nous plonge ensuite dans son ambiance soul. La foule est aux anges. La fin du set est tout simplement géniale : caractérisé par sa rythmique hypnotique très kraut/wave, « Chase The Tear » fait mouche, alors que « Threads » constitue l'apothéose finale par excellence. La composition est obsédante, lourde, presque 'doom', et gagne progressivement en intensité. A la fin du morceau, Beth Gibbons vide ses tripes et crie comme une possédée ‘I am One, Damned One’, pendant que les écrans vidéos projettent des images hallucinantes. Un final extraordinaire, qui atteint selon moi le niveau de Nine Inch Nails (le 'nec plus ultra' en live, à mon humble avis)...

En rappel, Portishead continue sur sa lancée et délivre un excellent « Roads », marqué par les sons vibrants de Fender Rhodes et enfin, « We Carry On », extrait de « Third ». Une prestation en tous points excellente, qui a véritablement illuminé le festival. Vivement un 4ème elpee !!

Retour à l'espace VIP pour se remettre de ses émotions en suivant distraitement sur l'écran vidéo le concert électro du jeune australien Harley Edward Streten, aka Flume. Mais peut-on vraiment appeler ‘concert’ la prestation d’un musicien qui passe son temps à activer des 'patches' sur un contrôleur tout en affinant le son sur un égaliseur ? 

Cap ensuite vers l’'Industrie’, pour assister au show de The Horrors, une formation anglaise que nous suivons depuis ses débuts, en 2005. Après avoir publié deux albums 'culte', l'un très post punk (« Strange House ») et l'autre cold wave (« Primary Colours »), la bande à Faris Badwan a malheureusement viré vers la 'pop', pour ne pas dire la britpop, à partir de 2011. En ‘live’, il y a bien longtemps que The Horrors tourne ‘en pilote automatique’, accordant des prestations professionnelles mais sans véritable spontanéité. Mention quand même à l'excellent « Sea With A Sea », qu'on ne se lasse pas d'entendre. Le public est assez mou, dans l'ensemble, ne réagissant que pour le très mainstream « Still Life ». Mission accomplie pour The Horrors, mais sans aucun éclat.

En repassant devant la Grande Scène, on a l'occasion de suivre de loin la fin du set de The Prodigy, les pionniers anglais du 'Big Beat' qui a marqué les années '90. Un spectacle très puissant, accordé devant une foule enthousiaste. Mais hanté par les mélodies de Portishead, nous reprenons la route vers l'hôtel...

(Organisation : Rock en Seine)

Julian Casablancas + The Voidz = Tyranny

Écrit par

Julian Casablancas et The Voidz se sont associés pour publier un album commun qui paraîtra le 22 septembre prochain.

« Tyranny » sortira sur Cult Records le propre label du fantasque leader des Strokes. Pour le teaser, c'est ici

http://juliancasablancas.com
http://www.cultrecords.com/contact/

 

Kiasmos à la bouche ?

Écrit par

Kiasmos est né de la rencontre entre Olafur Arnalds et Janus Rasmussen. Leur album « Same » sortira le 27 octobre sur Erased Tapes ; mais le duo se produira en live, au Bozar Arts Festival, ce 26 septembre.

Un avant-goût ? « Burnt », un extrait de cet opus. Et c’est ici

https://www.facebook.com/kiasmos

 

 

Illuminine tout sur son passage…

Écrit par

Kevin Imbrechts, aka Illuminine, a écrit les chansons de son premier album, en solitaire, dans sa chambre, avant que Christophe Vandewoude (Isbells, Pilod), mais aussi Birgir Jón Birgisson (Sigur Rós) ne l’aident à le mettre en son…

Le processus est à découvrir sur Facebook

http://www.facebook.com/illuminine et http://instagram.com/illuminineband

Un artiste intéressant à découvrir grâce à ce teaser, avant la sortie d’un album prévu pour 2015

https://soundcloud.com/illuminine/teaser-20140723

 

Hot et brillants!

Écrit par

We Are Shining, le duo de producteurs londoniens, publiera son nouveau single ce 8 septembre. Un chouette mix entre blues et hip hop qui s’intitule “Hot Love”. A découvrir ici

www.weareshining.com

 

Lonely The Brave en Ukraine…

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Les événements s'accélèrent pour Lonely The Brave!

Intitulé "Backroads", le premier single de ce quintet insulaire (NDR : il est originaire de Cambridge) a été consacré 'Hottest Record In The World' sur BBC1’ et a été salué par NME.

Cette vidéo a été réalisée en Ukraine. Les premières images ont été tournées parmi les bâtiments détruits de Kiev et le clip se poursuit dans le pays libre. Les figurants ne sont pas des acteurs mais de jeunes Ukrainiens…

http://lonelythebrave.com/

 

Cecilia :: Eyes

Disappearance

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Une pochette sortie de l’univers de Tim Burton, une (jolie) intro qui pourrait traverser les paysages austères de Twin Peaks, une photo froide, grise, frissonnante, gravée d’un « If I’m sad enough I will disappear » communique, dès l’ouverture de ce quatrième long playing, un ton dramatique et mélancolique. Mystérieux de bout en bout, le quintet bruxellois emmené par Christophe Thys (guitares), Gauthier Vilain (guitares, samples), Michaël Colart (guitare, basse), Xavier Waerenburgh (drums), nous invite dans un univers hautement atmosphérique. Un univers de 7 titres bondissant sans la moindre hésitation d’une planète dream pop obscure à une autre aux nuances plutôt post-rock ‘shoegazée’. Un choix mélodique qui confère à la plaque une belle unicité, sans lasser l’auditeur. Surfant avec bonheur entre des mélodies vaporeuses down-tempo et de longues reverb sur les guitares, le groupe bruxellois s’appuie sur une section rythmique intelligente et soignée qui ne s’éloigne guère de celle de ses aînés.

Ainsi, les sonorités d’« Isolated Shower » ne tombent jamais très loin des cultissimes Mogwai ou Godspeed You! Black Emperor, alors que celles du final de « Reign » affrontent et modernisent la scène shoegazer des années 90 (Slowdive, My Bloody Valentine, Cocteau Twins,…) Cecilia::Eyes ose s’attaquer à du roc et il le fait avec talent.

Nouvel essai mâture et sophistiqué signé sur le label dEPOT212 (Bruxelles), « Disappearence » devrait plaire à tous les amoureux de post-rock et de noisy ; en outre, il se révèle comme l’une des belles surprises musicales belges pour 2014. 

 

JP Soars

Full moon night in Memphis

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Ce chanteur/guitariste nous vient de Floride. Il s’est intéressé à de multiples styles avant de se forger le sien. Du blues tout d’abord. Dont Muddy Waters et Guitar Slim. Du jazz. Notamment Django Reinhardt et Wes Montgomery. Et enfin du métal. En l’occurrence Black Sabbath et Slayer. Excusez du peu! Il joue sur une Epiphone, mais également, une guitare cigar-box maison à deux cordes.

En 2009, à la tête de son trio, baptisé les Red Hots, il décroche le réputé International Blues Challenge de Memphis. Il remporte aussi l'Albert King Award, comme meilleur nouveau guitariste. En 2011, il publie son premier album, "Back of my mind", et embraie l'année suivante par "More bees with honey". Il rejoint ensuite le gratteur Damon Fowler et le claviériste Victor Wainwright pour participer à l’aventure du super groupe floridien Southern Hospitality. Le band grave "Easy Livin'", chez Blind Pig, en 2013. La même année, il immortalise sa tournée européenne, qu’il accomplit en compagnie de ses Red Hots, "Live from the Netherlands". Il apporte encore sa participation à l’ex-Nighthawks Jimmy Thackery, pour un autre opus ‘live’, "As live as it gets".

"Full moon night in Memphis" constitue donc son premier elpee solo, un disque dont les sessions se sont déroulées au Studio 13 de Jeremy Staska, à Fort Lauderdale. JP et Staska, plus souvent impliqué dans la mise en forme d’albums de groupes de hardcore et de métal, coproduisent le long playing. Qui réunit 14 plages dont treize sont signées par JP. Pour la circonstance, il a reçu le concours de son backing group, soit le drummer Chris Peet et le bassiste Todd Edmunds. Mais également d’une belle brochette d’invités.

La guitare largement amplifiée introduit "Full moon night in Memphis". Les cordes sont même menaçantes. La voix de JP s’impose instantanément. Puissante, impressionnante, elle est ensuite rejointe par l'harmonica du redoutable Brandon Santini, un souffleur dont la réputation ne fait que croître. Solides, les riffs de grattes dialoguent et accrochent tout au long de "Back to broke", un funk caractérisé par les interventions vocales élimées, reflet de leur vécu… Volontiers cool et indolent, "Make no sense" adoucit le tempo. La voix profonde et les cordes échangent leur point de vue. JP double à la basse qui épouse les percussions de Raul Hernandez sur "Somethin' ain't right", un blues rock plutôt âpre. Les percussions exotiques de Chris Peet et surtout la guitare réverbérée tirent leur épingle du jeu sur la superbe reprise de "Mean old world" (NDR : attribué ici à T Bone Walker). Caverneuse et charismatique, la voix rappelle le légendaire Howlin' Wolf. JP est rejoint par un autre gratteur, Steve Laudicina, pour "Savin' all my lovin'", blues indolent propice à un excellent duel entre les deux musicos. Steve participe régulièrement aux tournées de la formation. "Reefer man" est un tube décroché jadis par Cab Calloway. La version déménage dans un style pas tellement éloigné du western swing et du dixieland. D’ailleurs, Scott Ankrom au saxophone et Chaim Rubinov à la trompette sont à la fête. "Way back home" adopte un tempo répétitif et hypnotique. Les sonorités dispensées par la cigar box sont lancinantes, primaires et métalliques. Bref, on replonge dans l’univers de Howlin' Wolf. Du jazz manouche amorce "The back room", avant de se muer en funk sous l’impulsion de l'orgue Hammond dispensé par Mark Leach (Buddy Miles Express). "Thorn in my side" est une ballade R&B un peu particulière. Très roots, mais dans l’esprit de Soars, elle s’illustre par une texture de cordes à la fois surprenantes et tellement belles. Encore une ballade : "Viper". Des cordes acoustiques réverbèrent des sonorités gypsy. La clarinette de Scott Ankrom et la trompette s’incrustent dans l’ensemble. Mais cette voix venant d'outre-tombe refait surface. JP se réserve la lap steel, Santini l'harmonica, et la Texane Teresa James (NDR : encore une guest !) le chant sur la piste particulièrement country, "The road has got me down". "Lil' Mamacita" baigne dans une ambiance hispanisante et enflammée ; à cause des sèches flamenco et des percus de Hernandez. Surprenant, cet opus s’achève dans le jump. "Missin' your kissin'" est éclaboussé par le brio du saxophoniste Terry Hanck, alors que les cordes entrent en folie. Excellent!

 

Gina Sicilia

The Alabama sessions (Ep)

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Son père était d’origine calabraise. Elle est née à Newtown, en Pennsylvanie, un faubourg de Philadelphie, où elle vit d’ailleurs toujours. Agée de 29 ans, Gina Sicilia a chopé le virus de la musique dès son plus jeune âge. Alors qu’elle n’est encore qu’adolescente, elle écrit ses propres chansons. Ce qui ne l’empêche pas de réussir ses études de journalisme. Elle enregistre son premier opus, "Allow me to confess", en 2006, sous la houlette de Dave Gross, qui semble être son compagnon. Elle embraie par "Hey sugar", en 2008 et "Can't control myself" en 2011. Et enfin "It was'nt real" en 2013, pour le label Vizztone. Elle y adapte le succès d’Etta James, "Don't cry baby". Ce qui explique pourquoi, par la suite, on va la comparer à cette célèbre chanteuse de blues.

"The Alabama sessions" est un Ep 5 titres qu’elle autoproduit. L’an dernier, elle a émigré à Nashville. Et en janvier de cette année, elle s’est rendue à Sheffield, dans l’Alabama voisin, pour y entrer aux célèbres Muscle Shoals, afin d’enregistrer ce disque. Cinq compos qui traduisent un changement de cap. Elle veut en quelque sorte y signer sa déclaration d'indépendance, une espèce de survie, selon ses propres mots!

Son backing group a également changé. Le line up réunit ainsi Bryan Farris (guitares et piano électrique), Mike Vargo (basse) et Scott Key (batterie).

Première constation, les cinq plages affichent une coloration différente. "Sinkin' low" est une piste séduisante et rafraîchissante, qui jouit manifestement d’un potentiel pop. La voix de Gina n’a guère changé, mais elle est mise en exergue sous un autre angle. Je préfère "Wasted it all on you", une compo plus intimiste, au cours de laquelle son chant d’une grande pureté se libère de cet environnement de cordes acoustiques, traversé par un solo subtil et discret, dispensé par Farris. Bien plus proche du blues, "I'm in trouble" replonge dans son ancien style. Farris se révèle un gratteur efficace au sein de cette instrumentation qui met une nouvelle fois bien en exergue les vocaux accrocheurs de Gina. "No use at all" est hanté par la Music City de Nashville, une ballade country savoureuse, au cours de laquelle toute la sensibilité naturelle de l'artiste est parfaitement restituée. "My love" est une chanson très personnelle. Confidentielle, même. Elle y exprime ses sentiments, sa passion ou alors elle cache bien son jeu. On en apprendra davantage lorsqu’elle publiera son nouvel album… 

 

Sankt Otten

Messias Maschine

Écrit par

Depuis 1999, Stephan Otten et son comparse Oliver Klemm publient, à intervalles réguliers, des albums dans la lignée des pionniers de la musique électronique allemande et en particulier de la légendaire école de Berlin (Klaus Schulze, Tangerine Dream, Ash Ra Tempel). D'abord sur de petites structures ; puis, depuis 2009, chez Denovali. "Messias Maschine" constitue le cinquième opus en cinq ans pour le label teuton ; et c'est sans doute le plus abouti.

L'indéniable atout vient de la présence d'invités prestigieux sur presque tous les morceaux. Et c’est la rencontre du mythique batteur des Ash Ra et de Cosmic Jokers, Harald Grosskopf, qui va tout déclencher. Ce dernier, les considère comme ses fils spirituels et les met en contact avec quelques personnages notoires. C'est ainsi qu'outre Grosskopf, on retrouve le légendaire batteur de Can, Jaki Liebezeit sur 4 titres de l’elpee. Mais aussi Coley Dennis, le guitariste de Maserati, A.E. Paterra (Zombi, Majeure) ou encore le saxophoniste de Bohren & Der Club of Gore, Christoph Clöser.

La majorité des compositions jouissent donc du concours de percussionnistes prestigieux qui ajoutent leurs pulsations métronomiques aux déambulations synthétiques du duo. Outre cette contribution importante, la musique du duo d'Osnabrück conserve les caractéristiques des disques précédents. Atmosphérique, mélodique, cinématique et forcément rétro. On retrouve donc les sonorités cosmiques des pionniers de l'électronique allemande, mais également quelques petites touches plus actuelles. Certaines plages pourraient en effet attirer certains fans d’Ulrich Schnauss (d'ailleurs présent sur un titre) voire même de BOC. On pense aussi parfois à Pete Namlook, à Cluster et même à Pink Floyd quand des notes de guitares ‘darksidiennes’ éclosent.

"Messias Maschine" nous replonge donc dans les atmosphères spatiales des seventies en évitant le piège de la pure imitation. Les amateurs de l'école berlinoise trouveront donc certainement quelque intérêt à ce prolongement de leurs premiers amours ambient. Et plus généralement, ceux qui aiment les atmosphères hypnotiques et les voyages soniques apaisants y découvriront quelques passages fort agréables. Un moment de recueillement bercé par la mélodie des machines.

 

Samaris

Silkidrangar

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Paru chez One Little Indian, « Silkidrangar » pourrait très bien constituer la bande son d’un film de science-fiction, tant sa construction paraît atypique. Une musique venue d’ailleurs chantée dans la langue natale du trio islandais Samaris. Très rapidement proclamé l’un des meilleurs groupes islandais actuels par la majorité de la presse internationale –critiques de NME (‘Elegant and unusual’) en passant par le Financial Times (‘Rich and textured’)– et présent sur les plus grands festivals européens de l’été, Samaris apparaît moins comme une nouveauté scandinave qu’une curiosité structurelle.

En effet, en dépit du refus formel de Jófríður Ákadóttir d’accepter la comparaison, l’influence et la voix de Björk se dévoilent très clairement sur l’ensemble de l’elpee (« Ég Vildi Fegin Verða », « Lífsins Ólgusjór »…)

Outre la spécificité de la langue, l’originalité viendrait plutôt du mélange entre tradition et futur. Un album dichotomique chanté dans leur langue natale naviguant entre musique numérique et poésie traditionnelle islandaise (les textes sont inspirés d’un recueil de poésie ancienne découvert dans le local répétition).

Malgré une trame artistique classique, les mélodies et l’écriture, Áslaug Rún Magnúsdóttir (clarinette) et Jófríður Ákadóttir (chant) cimentent l’esprit final du groupe sur le génie électronique de Þórður Kári Steinþórsson (claviers/laptop). Un court-circuit entre textes anciens et musique d’avant-garde. Une mise en contact insidieuse entre les pôles opposés du temps, et le passé et le futur se mêlent savamment pour produire des morceaux atemporels et exaltants : l’electronica finement ciselée de Brennur Stjarna et la tradition scandinave de Máninn Og Bróðir Hans. Ou encore les lourds beats complexes et obscurs de Nótt ou Hrafnar taillés pour les dancefloor de clubs berlinois.

Un long playing uniquement fabriqué de sons numériques sans l’utilisation de guitares ou autres instruments à cordes. Un son totalement synthétisé qui devrait certainement plaire à tout amoureux de musique électronique en recherche de nouvelles sensations.  

 

Rose Windows

The Sun Dogs

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D’accord, la galette n’est pas neuve.

Apparue en plein solstice d’été 2013, nous ne nous y intéressons qu’aujourd’hui. Mais à l’écoute de l’œuvre, la fonction ‘espace/temps’ ne semble pas pertinente.

Dès l’ouverture, on est plongés 40 ans en arrière, lorsque les fantômes de Black Sabbath étaient encore menaçants. Alors, 12 mois d’écart entre la sortie et la chronique ne peuvent interférer dans la qualité qui au final en ressort.

Entre les nappes organiques des claviers rutilants, les cordes héroïques et lancinantes, la procession de Rose Windows vient cloîtrer immédiatement le mélomane au sein d’un univers psyché-rock. Epoustouflant ! En y ajoutant des interventions de flûte et de long solos de guitares fièrement déployés, on est vite déchiré entre mélancolie naïve et puissance maléfique, dévotion pieuse et hallucination chamanique.

Sous leur apparence d’hippies attardés, les 7 protagonistes du combo s’affichent tout feu tout flamme, sans la moindre gêne ; et dans une ambiance au sein de laquelle les éléments se baladent, s’entrechoquent, sont cajolés ou retournés, il envoient le bois sans aucune concession.

Au moment même ou l’on signerait le pacte qui lierait notre âme au diable, Rose Windows vient calmer le jeu et nous invite à prendre le recul nécessaire à cette hérésie via la voix superbe de Rabia Shaheen Qazi, la chanteuse, qui teinte les morceaux d’une douceur voluptueuse et permet un répit dans nos errances sataniques.

« The Sun Dog » épate, et peut même carrément laisser sans voix tant la qualité générale présente tout le long de l’album est tout simplement parfaite.

La justesse, tant dans les compositions que les voix, tant au niveau de la production que le choix rythmique des pistes ne pourrait être décortiquée, et c’est justement là que se situe la force imparable de l’elpee : il ne souffre d’aucune faiblesse.

Si l’on peut sourire en voyant débarquer la troupe sous ses airs de nostalgie ‘woodstockienne’ et mettre un fond de doute dans leur sérieux, une fois les amplis allumés et les instruments en branle, la ligne claire et fluide des compositions ne permettent qu’une seule option : tomber délicatement sur un matelas d’épines et s’en relever sans aucune égratignure.

« The Sun Dog » est un petit bijou ; et à l’instar de l’Anneau de Tolkien, il nous mène droit au brasier ardent d’un monde parallèle en plein essor. Et nous y allons, attirés malgré nous, tout en souriant au démon.

 

Bob Mould

Beauty & ruin

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Si Bob Mould n’est plus à présenter pour bon nombre de quadragénaires, fans de rock indépendant depuis leur plus jeune âge, l’ex-guitariste de Hüsker Dü, groupe mythique de punk-hardcore, ne jouit pas d’une grand notoriété auprès du jeune public qui n’a pas été bercé par le rock des 80’s. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir publié des disques. Bob Mould n’a jamais cessé d’enregistrer ou de tourner, que ce soit en solo (NDR : il y a 25 ans que son premier album solo est sorti) ou au sein de Sugar, une formation qui n’a malheureusement sévi que de 92 à 95. « Beauty & ruin » constitue donc le onzième opus de l’Américain.

A nouveau, celui qui a influencé toute une génération de groupes et de musiciens (des Pixies à Nirvana) nous propose onze morceaux efficaces au cours desquels la guitare est bien mise en exergue. Tout comme sur son précédent elpee, Bob Mould a reçu le concours de Jason Narducy (basse) et Jon Wurster (drums). Bonne nouvelle, il a décidé de délaisser les sonorités électroniques, parsemées sur plusieurs de ses essais précédents, pour en revenir à la formule qui lui convient le mieux : le rock électrique.

Le New-yorkais nous réserve 13 pistes spontanées aux mélodies accrocheuses (« Hey Mr.Grey », « I Don’t Know You Anymore »). A 54 ans, il nous démontre qu’il n’a rien perdu de son énergie et que son instinct ‘punk’ est toujours intact ; à l’instar de « Little Glass Pill » ou « The War ». Mais, il nous rappelle aussi qu’il est aussi capable de pondre de jolies ‘ballades’ (« Forgiveness »).

Si le ton paraît enjoué et optimiste, Bob a consacré des lyrics existentiels à ce « Beauty & ruin ». Il a pris de temps de faire le point sur sa vie. En début de parcours, il abord des sujets comme ceux de la vieillesse et de la mort. Il analyse ensuite son existence ; et en bout de course, il pose une réflexion sur l’avenir et l’acceptation de soi. Tout ce cheminement est parfaitement illustré par l’image qui illustre la pochette. Elle superpose la photo actuelle de l’artiste et celle issue d’un dossier de presse datant de l’époque de Hüsker Dü.

Si après 25 ans de carrière solo, le guitariste se pose de nombreuses questions et dresse un bilan intermédiaire, le nôtre est sans appel et il est clairement positif !

 

Lower

Seek Warmer Climes

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Lower nous vient du Danemark. De Copenhague, très exactement. « Seek Warmer Climes » constitue le premier album. Auparavant, ces Danois avaient déjà publié plusieurs Eps ; mais surtout partagé deux ‘split cd’ en compagnie de leurs compatriotes d’Iceage. Ces deux formations pratiquent un post-punk brutal et sans concession.

Les dix titres de « Seek Warmer Climes » constituent autant d’hymnes obscurs et urgents à la gloire du post-punk. A cause de la voix vindicative d’Adrian Taudro, de la ligne de basse puissante, écrasante même, des interventions de guitare dissonantes, chargées de décibels et des drums percutants. Il règne un climat oppressant tout au long de cet elpee, avant que les percus tribales ne viennent suggérer l’exploration d’un « Expanding Horizons (Dar Es Salaam) », en toute fin de parcours…

Dans le style, Lower a parfaitement réussi son premier long playing. Et franchement, j’aimerais pouvoir assister à un de leurs spectacles, en ‘live’ ; la forte personnalité du vocaliste apportant –suivant les reviews publiées sur la toile– une dimension particulière à leurs shows… 

 

Hamilton Leithauser

Black Hours

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Incarnation même de l’esprit ‘sombre’ reflété par son band The Walkmen, Hamilton Leithauser s’offre une parenthèse solo, afin que ses aspirations de crooner puissent s’affranchir de manière plus douce qu’au sein de l’univers chargé d’électricité de sa troupe new-yorkaise. Issu du groupe probablement le plus sous-estimé des années 2000, l’Américain possède une voix d’une rare intensité capable de transformer la moindre mélodie en pic émotionnel. Vu son titre, « Black Hours » ne devrait pas se démarquer d’une ligne de conduite ténébreuse… Pourtant Leithauser a décidé de varier les plaisirs et, dès l’inaugural « 5 AM », on découvre une nouvelle facette de l’artiste, plus apaisée, quoique toujours aussi majestueuse. Le leader des Walkmen est ainsi capable de passer d’un format quasi pop, à l’instar d’« Alexandra », une compo coécrite par Rostam Batmanglij de Vampire Weekend (NDR : également responsable de la production), à des rythmes marimba (« The Silent Orchestra ») en passant par de la soul hymnique (« I Retired ») et une évocation de sa propre  formation (« I Don’t Need Anyone »). « Black Hours » aurait pu constituer un recueil de flip sides (NDR : faces B) légèrement alternatives réservé par Leithauser à ses fans…

 

Manu Lanvin

Son(s) of the blues

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Agé de 40 balais, Manu Lanvin est auteur, compositeur, interprète et producteur. C’est le fils de l'acteur Gérard Lanvin. Les premiers artistes qu'il écoute dans sa jeunesse sont Téléphone, Paul Personne et Bernie Bonvoisin (Trust). Au début de ce nouveau siècle, il publie plusieurs albums : "Venir au monde" en 2000, "Tout ou presque" en 2004, "Les Temps mauvais" en 2005 et "Faible humain" en 2007. Année au cours de laquelle il rencontre le chanteur texan Calvin Russell. Il coécrit et coproduit son opus, "Dawg eat dawg". Et collabore encore sur ses deux derniers elpees, "Contrabando" et "The last call, in the heat of the night". En 2012, Manu grave son quatrième long playing, "Mauvais casting", flanqué de The Devil Blues. Il croise alors un autre bluesman américain, devenu populaire dans l'Hexagone, Neal Black, en compagnie duquel il accomplit le "Paris - Texas Tour", en 2013. En janvier 2014, Manu représente la France à l'International Blues Challenge de Memphis.

Pour concocter son nouvel essai, il a pu compter sur le concours de Jimmy Montout à la batterie et Gabriel Barry à la basse. Soit sa section rythmique. En route pour une nouvelle tranche de blues urbain et rageur…

Le titre maître ouvre la plaque, un blues solidement amplifié réminiscent du ZZ Top. La voix est puissante et passionnée. Manu a de l'expérience à revendre, mais il la met au service de sa musique. La guitare suit constamment le chant empreint d’une certaine agressivité. "All night long" emprunte un riff à "Green onions" voire à "Help me". La lame de fond filtre davantage le blues au profit du rock. L’attaque est permanente et cette rage devient contagieuse, provoquant un climat de transe. Brutal, le réveil s’opère dans la langue de Voltaire. Soutenue par la basse de Gabriel et face aux cuivres fiévreux, ce "Merci" est une plage sculptée dans des accords de gratte sereins, légèrement rockabilly. "Just wanna drown" est certainement le meilleur morceau de l’elpee. Un titre imprimé sur un mid tempo et inspiré par le Memphis blues d'Albert King. Le chant est particulièrement soigné et les cuivres sont omniprésents. Mais l’irruption d’une voix proche de l’envoûtement, s’exprimant en français, est plutôt surprenante. Toujours interprété dans sa langue maternelle, "Laisse couler" est un titre bien ficelé qui autorise encore de chouettes envolées de cordes. Les percussions de Jimmy nous convient à une nouvelle fête du rythme tout au long de "Luzern", une piste entretenue par les sonorités artificielles et les cuivres. "Ain't gonna be your dawg" nous entraîne dans le delta. L’harmo impose sa rythmique implacable sur cette compo au son plus métallique. Un violon gémissant introduit "Lorsqu'une femme pleure", une ballade douce-amère, trempée dans le folk roots, que chante nonchalamment Manu, face aux instruments acoustiques. "Back in Montreux" est un rockin' blues plein de vigueur. Lanvin s’est forgé quelques uns de ses meilleurs souvenirs sur cette scène helvète, spectacle que feu Claude Nobs présentait en personne. "Ain't got time for love" concède un court exercice de rockabilly. Caractérisé par une slide incisive et acérée, "Hey hey hey" est le Lanvin boogie attendu. "Goin' down" clôt le long playing, un long blues que Manu interprète d'une voix moins impatiente. Sous un arrangement personnel, ce titre reflète un périple entre le Mississippi, une slide dans le décor, et la Nouvelle Orléans, où il retrouve un des nombreux brass bands locaux.

 

Douglas Dare

Whelm

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La musique, Douglas Dare s’y est frotté dès son plus jeune âge. Son père était professeur de piano. Pas étonnant que l’artiste britannique se soir rapidement familiarisé aux ivoires. Très tôt, il commence à écrire ses propres chansons. Mais pour parfaire ses connaissances, il part étudier la musique à l’Université de Liverpool. Ce n’est qu’en 2013, alors établi à Londres, qu’il grave un premier Ep, un disque qui lui permet d’assurer la première partie européenne d’Olafur Arnalds. Il vient de publier son premier long playing sur le label anglais en vogue, Erased Tapes (Nils Frahm, Peter Broderick, …)

Tout au long de « Whelm », Douglas Dare nous entraîne à la découverte des paysages paisibles qui ont bercé son enfance (NDR : il est originaire de Bridport, au sud-ouest de l’Angleterre), des tableaux parfaitement illustrés sur la pochette de l’album. Sa musique est minimaliste et délicate. Le piano constitue le motif central autour duquel viennent se greffer des éléments électroniques et divers instruments. Le résultat est au final assez proche d’un James Blake. Cependant, la voix de l’Anglais n’est pas suffisamment identifiable. Elle est parfaite, mais il lui manque cette petite étincelle pour nous faire chavirer. Ce qui n’empêche pas les mélodies, à l’instar de l’excellent « Nile », de vous communiquer l’un ou l’autre frisson...

Afin de vous faire une idée du potentiel de Douglas Dare, n’hésitez pas à aller l’applaudir au Parc Royal de Bruxelles, le 27 août où, dans le cadre des Feeërieën, l’Anglais partagera l’affiche avec Perfume Genius.

 

The Crookes

Soapbox

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Groupe jeune mais déjà presque vétéran de l’indie rock insulaire, The Crookes ne risque pas d’affoler les ‘charts’ de ce côté-ci de la Manche, malgré les évidentes qualités mélodiques de leur « Soapbox » (« Don’t Put Your Faith in Me »). Formé en 2008, dans la banlieue de la triste cité de Sheffield, The Crookes en est aujourd’hui déjà à son 3ème essai… L’influence de la pop et du rock des 60’s est flagrante. A l’instar de « Play Dumb », découpé dans des riffs kinksiens. Mais aussi celle de formations insulaires contemporaines. Titre puissant, « Echolalia » évoque Arctic Monkeys, qui vient d’ailleurs du même patelin. Plus accessible, « Holly Innocents » lorgne vers les Kooks, alors que « Marcy » épouse le lyrisme de Pete and The Pirates. On comprend ainsi mieux pourquoi Noel Gallagher est devenu fan des Crookes, d’autant que le combo affiche une morgue typiquement british, doublée d’un talent d’écriture imparable. Et comme la voix de George Waite rappelle celle de Jarvis Cocker (NDR : également issu de Sheffield), on peut affirmer que la musique des ‘Crookes’ est bien britannique. Et ce n’est pas une arnaque…