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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Epica - 18/01/2026
Gavin Friday - Het Depot

Mount Mural

Everyone (single)

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Etabli à Toronto, au Canada, Mount Mural publiera son premier elpee, ce 16 juillet 2025.

En attendant, il a gravé un single, « Everyone ».

Véritables artistes bricoleurs, les musicos sont responsables des compositions, du mixage et de la production.

Bien que ses racines restent fermement ancrées dans le shoegaze, « Everyone » s'aventure dans des territoires inattendus, expérimentaux, alternant sans transition entre des éléments de post-punk et de dream pop.

Caractérisé par son instrumentation complexe, le morceau finit par se dissoudre dans un paysage sonore Introspectif et à l’atmosphère presque hypnotique.

« Everyone » est en écoute  

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Rocket Rules

Immediately and without hesitation (Ep)

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Rocket Rules est une jeune formation, originaire de Melbourne, responsable, à ce jour, de deux Eps, Un Eponyme, paru en septembre 2024, et « Immediately and without hesitation », en mars dernier.

Sa musique baigne dans une forme de jangly shogaze/dream pop.

Sur les trois titres de cet Ep, « The Weight » évolue sur un tempo plus lent ; une compo à la mélodie fraîche et mélancolique, qui flirte avec des guitares floues et parfois bourdonnantes, alors que la voix délicieuse de Rach s'envole littéralement.

« The Weight » est en écoute ici 

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Basic Partner

New Decade

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Issu d’une collaboration entre musiciens nantais et rennais Basic Partner a sorti son premier long playing, « New Decade », en avril dernier.

Le combo est souvent comparé à Viagra Boys et Psychotic Monks ; Viagra Boys pour le son post-punk bruyant et le recours au saxophone, et Psychotic Monks pour sa dimension noise et immersive. Enfin, pour le climat cinématographique, le combo avoue s’inspirer des courts métrages de David Lynch.

Mais le groupe cherche simplement à trouver sa propre voie et à être sincère dans ce qu’il propose en explorant les paradoxes d’un monde oscillant entre incertitude et renouveau.

Enfin, vu le titre de l’elpee, les stigmates de Joy Division transparaissent comme une référence. Et puis, la musique émarge quand même, fondamentalement au post punk. Et à son atmosphère mélancolique.

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Phi Milson

In Over My Head (Ep)

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Originaire d'Essex, au Royaume-Uni, Phi Milson est une auteure-compositrice-interprète.

Agée de 20 ans, elle vient de graver son premier Ep, « In Over My Head », sur lequel figure ses deux premiers singles, « Closing Time » et « Thedistance », parus en 2024.

Inspirée par les textures oniriques du shoegaze et l'émotion pure de groupes indépendants comme Wolf Alice et Slowdive, Phi nous plonge dans des paysages sonores atmosphériques au lyrisme introspectif.

Elle crée des chansons brutes et sincères qui explorent les thèmes de l'identité et de la santé mentale.

À travers sa musique, elle cherche à créer une connexion, en transformant ses expériences personnelles en principes universels…

Extrait de cet Ep, « Thedistance » est en écoute là 

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Daily Toll

Killincs (single)

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Daily Toll, c’est une formation australienne, issue de Sydney très exactement, dont le premier elpee, « A Profound Non-Event », paraîtra ce 20 juin.

Un profond non-événement ! Curieux ce titre ! Et en même temps une thématique qui soulève, probablement, l’idée d’une communication apparemment primordiale annoncée, notamment, par les médias, mais qui s’avère, finalement, inintéressante.

Cet opus constituera, le premier du trio.

En attendant ce futur long playing, le groupe a partagé le single « Killincs », décrit comme suit dans la bio :

Une rumination verbeuse sur les sentiments d'isolement et de nostalgie, explorant les défis de faire la paix avec ses décisions dans l'incertitude d'un monde souvent dur et la réalisation que certaines choses restent mieux non résolues…

« Killincs » est disponible sous forme de clip ici 

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Kallsup

Forever (single)

Écrit par

Sextuor, Kallsup est originaires d’Orebro, en Suède.

Paru ce 21 février, le single « Forever » annonce la sortie d’un premier album

C’est une chanson triste voire dramatique qui porte, néanmoins, le même genre d'espoir qui existe lorsque la dernière pluie d'été s'est calmée et que vous êtes en équilibre entre l'asphalte mouillé et la boue.

Si ce nouveau single continue d'explorer le son shoegaze rêveur, il lorgne davantage vers les qualités éthérées de la dream pop.

C'est un changement rafraîchissant qui crée un joli contraste avec le ton plus énergique de ce morceau.

La chanson gagne progressivement en intensité, incorporant des éléments plus lourds qui accentuent le climat atmosphérique et l'impact émotionnel.

« Forever » est en écoute ici 

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Sonic Transistor

Floodgaze

Écrit par

Lorsqu’on part à la recherche d’infos relatives à cette formation, sur la toile, on a souvent le message : ‘Ce groupe n’existe pas !’

Et pourtant, Sonic Transistor est le projet shoegaze/dream-pop du producteur, compositeur et multi-instrumentiste, Giovanni Ianiro.

Né dans un village isolé des montagnes du sud de l'Italie, il s’est désormais établi à Rome.

Il a créé ce concept par passion pour le shoegaze, mais il a enrichi ce style de new-wave et post-punk.

Après avoir gravé l’Ep « Distances », en 2022, Sonic Transistor a sorti son premier elpee, « Floodgaze ».

Chaque morceau raconte l’histoire d’une personne rencontrée par Giovanni au cours de la vie quotidienne. Ces situations reflètent son besoin de croire au genre humain, malgré la déception qu'elle génère.

Issu de cet LP, « Life est en écoute ici

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IAMX

L’alchimiste des âmes…

Il est de ces artistes qui sculptent des univers, des refuges où les âmes égarées se retrouvent, frémissantes, pour communier dans une transe collective. Chris Corner, l’âme tourmentée d’IAMX, est de ceux-là. Depuis 2002, cet alchimiste tisse une toile sonore singulière, mêlant dark synthpop, électro hypnotique, darkwave envoûtante, burlesque décadent et indus rageur. Enfant prodige, il n’a que quinze ans lorsqu’il intègre Sneaker Pimps, avant de s’émanciper pour donner naissance à IAMX, son projet solo, son laboratoire d’émotions brutes. En 2006, grâce à « Spit It Out », il déchaîne une ‘IAMX-mania’ qui, on s'en souvient encore, a fait trembler les murs de l’auditoire Paul-Émile Janson, à Bruxelles. Mais Corner n’est pas homme à se reposer sur les lauriers d’un succès facile. Il a choisi l’exil volontaire dans un univers autistique, un refuge d’expérimentations audacieuses où il célèbre sa singularité aux côtés d’une tribu fidèle, disséminée aux quatre coins du globe.

Ce soir, dans l’antre mythique de l’Ancienne Belgique, le prince noir de l’électro-rock opère son retour. Il y a dix ans, votre serviteur a eu l’honneur de fouler cette même scène à l’invitation de l’artiste, un souvenir gravé dans l’éternité. Ce soir, l’AB, en configuration ‘box’, vibre d’une ferveur palpable. Les premiers rangs frémissent, les cris fusent comme des éclairs avant l’orage. La salle, presque comble, retient son souffle.

Le rideau s’ouvre sur « The Ocean », joyau tiré du dernier opus, « Fault Lines² ». La voix éthérée d’Hafdís Huld, la chanteuse islandaise, absente physiquement mais présente grâce à une bande-son, flotte comme un spectre bienveillant, tandis que des images en noir et blanc, d’une beauté austère, dansent sur trois écrans dressés sur l’estrade. La scène s’anime, et Chris Corner surgit, figure chamanique drapée de noir, le visage orné d’un masque surmonté d’une couronne d’épines mystiques, tel un succube post-apocalyptique. À sa gauche, Sarah Pray, dont la voix cristalline et la présence magnétique (connue sous son excellent projet solo Carrellee) captent la lumière. À droite, Janine Gezang, fidèle bassiste et choriste, ancre le son dans une énergie sensuelle. Derrière, Jon Siren, batteur aguerri aux accents heavy metal et indus, martèle le rythme avec une précision féroce, fort de son passé auprès de formations comme FrontLine Assembly ou Psyclon Nine.

À peine le concert s’élance-t-il que l’énergie explose. Sur les planches, c’est une chorégraphie de chaos maîtrisé ; dans la fosse, une marée humaine s’agite, électrisée. Les titres prennent une ampleur nouvelle, transfigurés par une patine électro-indus. Sailor, née en 2004, se mue en un monstre rythmique. Ses pulsations implacables sont accompagnées d’une vidéo aux accents fétichistes délicieusement provocateurs. « Aphrodisiac », réverbérant des échos d’Obsession d’Animotion, révèle la complicité entre Corner et ses deux muses. « After Every Party I Die » embraie, déferlante qui embrase la foule. Corner, possédé, se jette dans un stage diving sauvage, porté par une vague humaine.

L’atmosphère s’apaise un instant, grâce aux mélodies introspectives de « Grass Before The Scythe » et « Break The Chain », mais la machine électro reprend vite ses droits. « I Come With Knives » et « Neurosymphony » électrisent, cette dernière prouvant que les nouvelles compositions d’IAMX passent bien la rampe. Puis arrive l’inévitable « Spit It Out », apogée de la soirée. La foule, emportée par un raz-de-marée électronique, chante à l’unisson : ‘And it breaks my heart…’ Corner, tel un sorcier magnétique, règne sur l’assemblée. Sa présence androgyne, son chant d’une précision tranchante et son charisme brut captivent. ‘Vous êtes magnifiques ! Et très érotiques !’ lance-t-il, malicieux, avant d’enchaîner par « The Great Shipwreck of Life ». La salle se transforme en un dancefloor tribal, où les stroboscopes tailladent l’obscurité, plongeant le public dans une transe collective.

Le rappel, hélas, prive les fidèles de « Kiss + Swallow », mais « The Alternative » et le burlesque « Bernadette » font monter la fièvre d’un cran. « Mercy » conclut la cérémonie, comme un ‘merci’ murmuré par une foule reconnaissante.

Une fois encore, IAMX a conjugué virtuosité musicale, performance scénique et intensité émotionnelle. Si Chris Corner ne soulève plus les foules avec la même frénésie qu’il y a dix ans, il demeure un alchimiste des âmes, capable de tisser une communion presque mystique avec son public. Ce soir, il a prouvé qu’il reste, indéniablement, IAMX-traordinaire.

Setlist :

The Ocean

Disciple

The X ID

Sailor

Aphrodisiac

After Every Party I Die

Grass Before the Scythe

Break the Chain

I Come With Knives

Neurosymphony

Exit

Spit It Out

The Great Shipwreck of Life

Rappel :

The Alternative

No Maker Made Me

Bernadette

Mercy

En première partie, le duo Ductape, originaire de Turquie, a enchanté le public grâce à une darkwave évoquant Siouxsie, Lene Lovitch et Sisters of Mercy. La chanteuse, Çağla Güleray, possède une voix grave et envoûtante, tandis que son acolyte, Furkan, tisse de belles arabesques mélodiques à la guitare électrique. Un projet prometteur, qui sera de retour à Bruxelles le 12 juin prochain (infos ici et page ‘Artistes’ )

(Organisation : FKP Scorpio)

Photo : Thomas Jansson (Instagram)

The Bug Club

Back to the seventies…

Écrit par

The Bug Club se produisait au club de l’Aéronef, à Lille, ce mercredi 14 mai. Un duo gallois, réunissant Sam Willmett et Tilly Harris, qui compte 5 elpees à son actif, et dont le sixième, « Very human features », paraitra ce 13 juin.

Sur disque, et notamment sur le dernier opus, « On The Intricate Inner Workings Of The System », gravé en 2024, ainsi que la plupart de ses singles, sa musique trempe dans une forme de pop/rock énergique aux harmonies vocales soignées et le tout est emballé dans des chansons qui dépassent rarement les 3 minutes.

Lorsqu’on débarque, le concert va bientôt commencer, et il doit y avoir plus ou moins 200 personnes dans la salle. C’est un trio qui monte sur les planches, soit Sam, qui s’est coupé les tifs, Tilly, qui ne manque pas de charme, ainsi qu’un drummer ; et pas n’importe qui, puisqu’il est aussi producteur (notamment de The Bug Club) tout en militant chez Buzzard Buzzard Buzzard. Et dès le premier morceau, il nous réserve un solo de batterie, comme dans les seventies…

La setlist embraie par les singles « War Movies » et le plus radiophonique « Pop Single ». Petit souci, quand même, les balances sont approximatives. En outre, le volume sonore dépasse déjà allègrement les 100db. Mais on sent que les trois musicos prennent beaucoup de plaisir à se produire sur scène. A partir de « Best Looking Strangers in the Cemetery », le problème de balances s’estompe : mais on est loin du niveau de sophistication atteint sur disque. Et si les harmonies vocales échangées entre Sam et Tilly sont une des forces de The Bug Club, en ‘live’, elles sont plus brutes. On retrouve cependant, le style de questions/réponses échangé entre les deux membres du groupe. A l’instar de « Suck it », lors d’une joute déclamatoire, avant d’assister à une orgie instrumentale. Et non seulement ils partagent le chant, mais leurs interactions sont ponctuées de sourires et de regards complices.

Si le groove de basse implacable dispensé par Tilly ne faiblit jamais une seconde, Sam s’autorise régulièrement des solos de guitare, comme c’était courant au cours des années 70. On sent même qu’ils sont régulièrement improvisés. Le final bruitiste de « Can Ya Change A Thing Like This ? » accentue même cette impression de revivre ces épilogues exécutés fréquemment, un demi-siècle plus tôt. Et le plus glam « We Don't Care About That » adresse carrément un clin d’œil à T. Rex, même si le solo de sixcordes dispensé en fin de parcours semble plutôt s’inspirer de Bill Gibbons (ZZ Top). Dans le même esprit, le plus lent « Short and Round » véhicule d’ailleurs des accents bluesy. Le spectre de Rory Gallagher ne plane pas encore, mais son souvenir traverse l’esprit de votre serviteur…

Les deux gratteurs abandonnent souvent leurs micros respectifs pour jouer en face-à-face, au centre du podium, se délectant clairement de leurs duels sonores.

Le trio enchaîne « Little Coy Space Boy » et « The Intricate Inner Workings of the System », comme s’il s’agissait du même morceau.

Et après le ‘pixiesque’ « It's Art », le combo achève son set par l’échevelé « Quality Pints ».

Les 21 morceaux ont défilé à une vitesse vertigineuse, mais seuls deux compos du nouveau long playing, « Jealous Boy » et « How to Be a Confidante », ont été interprétées.

Le trio salue la foule et commence à regagne les coulisses. Les haut-parleurs crachent déjà une musique d’ambiance, mais le public en veut encore, et The Bug Club vient rapidement accorder un rappel de deux titres.

Malgré le mixing imparfait, le public semblait ravi du concert au cours duquel The Bug Club, responsable d’un punk lo-fi joyeux, ludique, non dénué d’humour et parfois suranné, imprimé sur un rythme rapide, a libéré une énergie réminiscente des seventies, mais dans l’esprit du Fuzz de Ty Segall, voire de Jack White…

Back to the seventies !

(Photos Ludovic Vandenweghe ici)

(Organisation : Aéronef, Lille)

Setlist

Soundcheck

War Movies

Pop Single

Best Looking Strangers in the Cemetery

Marriage

Jealous Boy *

A Bit Like James Bond

Four Sisters

Can Ya Change A Thing Like This ?

We Don't Care About That

Lonsdale Slipons

Better Than Good

Suck it

Short and Round

How to Be a Confidante *

Cheap Linen

Actual Pain

Little Coy Space Boy

The Intricate Inner Workings of the System

It's Art

Quality Pints

Encore :

(Unknown)

(Unknown)

[* nouveaux titres]

Steven Wilson

Une odyssée cosmique et introspective…

Ce soir, Bruxelles s’illumine sous l’éclat d’une étoile rare : Steven Wilson, souverain incontesté du rock progressif, est de retour au Cirque Royal pour dévoiler “The Overview”, son dernier opus solo, une œuvre aussi ambitieuse qu’astrale. Six ans se sont écoulés depuis sa dernière apparition en Belgique, une absence que la tournée 2023 de Porcupine Tree, cruellement dépourvue de halte belge, n’a fait qu’amplifier. L’attente, presque palpable, des aficionados a transformé ce concert en une célébration à guichets fermés.

Par sa voûte circulaire évoquant un dôme céleste, le Cirque Royal se prête à merveille à l’univers de Wilson. “The Overview”, concept-album inspiré par l’’effet de vue d'ensemble’ – cette sidération contemplative éprouvée par les astronautes face à la Terre vue de l’espace – métamorphose la salle en un planétarium. Les projections stellaires, cascades d’étoiles et de nébuleuses, enveloppent les spectateurs, tandis que la musique, aux accents floydiens, tisse une toile sonore où s’entrelacent méditation et voyage interstellaire. Les deux suites épiques, de 23 et 18 minutes, divisées en mouvements comme autant de constellations (huit pour la première, six pour la seconde), imposent un silence quasi sacré. Ce ne sont pas de simples chansons, mais des fresques mouvantes, des spirales de notes qui oscillent entre introspection et infini.

Un film d’animation de Miles Skarin accompagne cette odyssée : un extraterrestre gris émerge d’un marais primordial, des nébuleuses annulaires palpitent à des années-lumière, des visions cosmiques dansent sous les yeux ébahis. L’effet est envoûtant, une immersion totale où le spectateur, suspendu entre la Terre et l’éther, se perd dans l’immensité.

Vêtu de noir, pieds nus et arborant un look d'éternel étudiant, Steven Wilson orchestre ce voyage avec aisance. Passant de la guitare aux claviers, il guide une formation d’exception : Adam Holzman, sorcier des synthétiseurs, Randy McStine, prodige des six cordes, Nick Beggs, ancre rythmique à la basse, et Craig Blundell, maître des percussions. McStine, benjamin de la troupe, brille malgré une entrée légèrement ternie par un réglage maladroit. Ses solos, échos vibrants de David Gilmour, s’élèvent en arabesques stratosphériques, mêlant virtuosité et émotion. Blundell, en revanche, pèche par excès de puissance : son jeu, parfois trop massif, écrase la délicatesse des autres instruments. N'est pas Gavin Harrison qui veut...

Dans "Objects Outlive Us", un riff hypnotique de 19 notes, porté par une rythmique asynchrone, évoque les spirales envoûtantes de Happy The Man (“Carousel”). Pas étonnant, quand on sait qu'Adam Holzman est un grand fan du groupe américain, comme il nous l'avait confié dans les coulisses du Trix, à Anvers, il y a quelques années.  Mais Wilson ne se contente pas de rendre hommage au passé. "No Monkey’s Paw" s’ouvre sur des textures 'ambient' dignes de Brian Eno, avant que "The Cicerones" n’ose des dissonances électroniques aux accents d’Aphex Twin. Cette fusion audacieuse entre progressif et avant-garde atteint ici une cohérence rare, un équilibre entre héritage et exploration.

La seconde pièce, "The Overview", invite à la contemplation. "Perspective" s’élève comme une aube fragile, portée par des synthétiseurs éthérés, avant que "Borrowed Atoms" ne déploie une mélancolie toute romantique. Le final, "Permanence", s’évanouit dans un murmure ambient, un écho suspendu qui semble flotter dans l’infini, abandonnant l’auditeur à la solitude majestueuse de l’univers.

Après une pause, le groupe revient pour un second acte, une plongée dans le très riche répertoire solo de Wilson. Par son aspect cosmique, “The Harmony Codex” permet de faire le lien avec la première partie mais dès les premières notes de “Luminol”, le contraste est total : fini les bidouillages électroniques et retour au bon vieux rock progressif. Les musiciens semblent apprécier ce moment, et interagissent comme s'ils étaient en pleine répétition. Le riff de basse, parfaitement interprété par un Nicky Beggs au sommet de son art, fait exploser de bonheur l'auditoire, qui manifeste son enthousiasme en tapant dans les mains. “What Life Brings” prouve, comme le dit Steven en introduction, que ses morceaux ne sont pas tous des épopées de 9 minutes et qu'il est capable d'écrire des chansons 'indie-pop' courtes et simples. Un défi largement réussi et dans le solo qui clôture la composition, Wilson prouve à tout un chacun qu'il est aussi un remarquable guitariste. Et sa PRS Singlecut Trem dorée produit un son d'une pureté hallucinante. Un grand moment.

Comme on pouvait s'y attendre, c'est la reprise de Porcupine Tree, “Dislocated Day”, qui remporte le plus franc succès. Son côté plus ‘metal’ envoie le public au 7ème ciel, la majorité des fans ondulant doucement dans un lent mouvement de 'headbanging’.

‘La prochaine chanson est la plus difficile’, annonce d'emblée Wilson... ‘So, guys, don't f*ck up!’ C'est en effet une ‘impossible corde raide’ (“Impossible Tightrope”) que les musiciens franchissent avec maestria. On aurait peut-être préféré un autre titre que celui-là, vu qu'il présente des redites par rapport à “The Overview” (la vidéo) et qu'il manque de véritables mélodies. Heureusement, Wilson se rattrape, et de merveilleuse façon, grâce à “Harmony Korine”, une composition issue de son premier opus solo, “Insurgentes”: ‘Un album très important pour moi’, précise l'artiste. Le concert s’achève par "Vermillioncore", un instrumental jubilatoire, une apothéose incandescente.

Au moment du rappel, Wilson souligne qu'il ne possède pas de véritables hits, mais introduit quand même “Pariah” comme une chanson qui ‘aurait pu devenir un hit dans un univers parallèle’. Il faut dire que tout prédisposait la compo à faire mouche dans les charts. Car elle est basée sur la même série d'accords que “Purple Rain” et lorgne efficacement sur le “Don't Give Up” de Peter Gabriel, la chanteuse israélienne Ninet Tayeb apparaissant sur l'écran pour le 'contre-chant'. "Ancestral" clôture la soirée, bien que certains auraient préféré l’éclat tragique de "The Raven That Refused to Sing", que Wilson lui-même considère comme sa plus belle composition.

Finalement, ce qui frappe dans ce concert, c’est la capacité de Wilson à condenser les différentes périodes de la carrière en une encyclopédie sonore. On y retrouve les crescendos dramatiques de Porcupine Tree, des échos spatiaux, une touche d’indie-pop, mais jamais l’ombre du passéisme. Wilson ne regarde pas en arrière ; il projette sa musique vers un futur incertain, où le rock progressif devient un miroir de notre place dans l’univers, un chant fragile face à l’immensité cosmique…

Setlist :

Set 1 - The Overview :

Objects Outlive Us

The Overview

Set 2 :

The Harmony Codex

King Ghost

Luminol

What Life Brings

No Part of Me

Dislocated Day (Porcupine Tree song)

Impossible Tightrope

Harmony Korine

Vermillioncore

Encore :

Pariah

Ancestral

(Organisation : Live Nation - Accréditation: Cirque Royal)

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