Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

logo_musiczine

Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26651 Items)

Paul Simon

Graceland – 25th Anniversary Edition (Cd + Dvd)

Écrit par

En 1986, c’était encore l’apartheid en Afrique du Sud. Paul Simon avait eu l’idée saugrenue d’aller s’y produire, en compagnie de musiciens locaux. Ce qui lui avait valu une volée de bois vert de la part des organisations qui militaient pour les droits de l’homme… En rentrant aux States, l’ex-partenaire d’Art Garfunkel décide d’immortaliser cet événement sur disque. Ce sera « Graceland », une œuvre aujourd’hui devenue culte…

Pour célébrer le 25ème anniversaire de cette parution, Legacy a eu la bonne idée de ressortir cet elpee sous une forme remasterisée. Et de l’enrichir d’un Dvd. Un documentaire au cours duquel Paul et son équipe racontent les péripéties qui ont émaillé l’organisation et le déroulement de ce périple. Le box recèle également les inévitables bonus (trois clips et une émission télé) et des interviews. Notamment de McCartney ainsi que de Peter Gabriel.

Le tout est bien sûr complété par un superbe booklet incluant les lyrics, des photos de cet événement, etc.

Mais revenons-en au cd audio. Non seulement il s’est vendu à plus de 14 millions d’exemplaires, mais surtout il popularisé la world music. Tout en permettant au monde de découvrir des artistes issus d’Afrique du Sud, comme Hugh Masekela ou feu Miriam Makeba, rompant l’embargo dont les artistes indigènes étaient finalement devenus également les victimes. 

Paradoxalement, et malgré le contexte, ce concert libère une joie de vivre que seule la musique du monde est capable de communiquer. Et il recèle une pluie de tubes, dont le titre maître, « Under Afrikan skies » ou encore « The Boy in the bubble ». Pour la circonstance, Paul avait également reçu le concours de musiciens ou de chanteurs occidentaux, comme Linda Ronstadt, Los Lobos, les Everly Brothers, Adrian Belew et le Sénégalais Youssou N'Dour. Les prises originales avaient bien sûr été retravaillées en studio, à New York. Ce qui explique que certains artistes figurent dans la liste des invités, alors qu’ils n’étaient pas présents à Johannesburg.

Et finalement, c’est en provoquant cette rencontre entre le groove des rythmes africains et le sens mélodique de la pop que Paul est parvenu à faire la différence. Il venait aussi d’ouvrir la voie à la world music…

 

Joey Cape & Tony Sly

Acoustic Volume 2

Écrit par

Il est bien triste de découvrir le nouvel album d’un artiste, quelques jours après sa mort… Tony Sly, leader emblématique du groupe de skate-punk californien No Use For A Name, fondé en 1987, est donc disparu à l’âge de 41 ans. Le Californien avait mené jusqu’alors une belle et longue carrière et avait, entre autres, décidé de se lancer dans une carrière en solitaire, dès 2004. Tony et Joey Cape, la tête pensante de Lagwagon, avaient partagé un split album ‘unplugged’, au cours de cette même année. Les deux artistes avaient publié leur propre opus, par la suite.

Cette expérience commune a néanmoins un prolongement aujourd’hui, puisque 8 ans après le premier projet initial, Fat Wreck Chords nous propose un second volet. Il réunit 5 reprises de morceaux issus du répertoire de leurs gangs respectifs (Notamment « Black Box » et « Soulmate » pour Tony ainsi que « I Must be Hateful » et « Know it All » pour Joey), et réserve pour chacun d’entre eux une compo originale. Les fans devraient apprécier ces versions ‘light’, conduites par l’accordéon, le piano ou même les violons, et soutenues par les voix si caractéristiques des deux songwriters. Frank Turner et Dashboard Confesional ne sont pas loin. Les deux acolytes offrent une seconde existence à des titres qui, c’est une certitude, survivront au décès du leader de No Use For A Name ; même si je vous conseille vivement de vous tourner plutôt vers le répertoire le plus électrique du combo, bien meilleur à mon goût. Sur l’ultime morceau, Tony Sly chante « Liver Let Die ». En fin de parcours, ses amis scandent « One More Song ! ». Vu le contexte, c’est particulièrement émouvant…

 

Ulver

Childhood’s end

Écrit par

Parmi les 16 artistes ou groupes (voir le tracklisting ci-dessous) sélectionnés pour alimenter cette compile, la moitié sont d’illustres inconnus. Mais le mérite en revient à Kristoffer Rygg, alias Garm, le chanteur d’Ulver, qui a eu la bonne idée exhumer ces titres issus de la scène psyché/garage des sixties. Et d’avoir proposé au combo norvégien d’en réaliser ses propres versions. Qui se sont déroulées en deux temps et en compagnie de deux drummers différents. La première en 2008 et la suivante en 2011. Des adaptations pour la plupart très réussies, même si elles n’atteignent pas toujours la quintessence des originales. De quoi vous inciter peut-être à aller creuser dans cet univers si riche et si méconnu de l’histoire de la musique rock et au sein duquel de nombreux artistes ou formations puisent leurs sources encore aujourd’hui.

A cet égard, si le psychédélisme vous branche, je vous invite à vous procurer d’urgence (NDR : à moins que ce ne soit déjà fait) les fantastiques compiles « Nuggets » ou encore « Pebbles ». 

N’empêche, ce « Childhood’s end » constitue un bel hommage à ce mouvement, et devrait ravir tous les mélomanes du style,

Tracklisting

Bracelets of Fingers (The Pretty Things)
Everybody’s Been Burned (Byrds)
The Trap (Bonniwell’s Music Machine)
In the Past (Chocolate Watchband)
Today (Jefferson Airplane)
Can You Travel in the Dark Alone (Gandalf)
I Had Too Much to Dream Last Night (Electric Prunes)
Street Song (13th Floor Elevators)
66-5-4-3-2-1 (Troggs)
Dark is the Bark (Left Banke)
Magic Hollow (Beau Brummels)
Soon There Will Be Thunder (Common People)
Velvet Sunsets (Music Emporium)
Lament of the Astral Cowboy (Curt Boettcher)
I Can See the Light (Les Fleur De Lys)
Where is Yesterday (United States Of America)

 

Josh Alan

Wonder City

Écrit par

Bien qu’autoproduit, le premier album solo de l’Américain Josh Allen débarque en Europe ! Une traversée qui n’est peut-être pas synonyme de succès, mais démontre que cet artiste a sans doute du potentiel. Faut dire qu’il est également membre des Meanwhiles, en compagnie de son frère Todd

Composé dans sa chambre à New York, « Wonder City » est censé représenter l’état d’esprit de l’artiste plongé dans l’atmosphère de cette mégalopole grouillante dont il n’hésite pas à laisser telles quelles les sonorités émanant des rues ou du métro, qu’on entend depuis sa fenêtre… Et son humeur, à l’époque, ne devait pas être particulièrement guillerette, tant cet elpee est ténébreux. Le folk de J. Allen est mélancolique. Mais aussi nébuleux, affranchi et déconstruit à la fois. On a parfois l’impression que les compos observent un cheminement fait de méandres, dans l’esprit des œuvres de Bradford Cox pour son projet Atlas Sound ou du cerveau embrumé de DM Stith. Les complaintes de « Wonder City » sont psalmodiées (« Afterglow ») ou chuchotées (« Heavy Head ») et rarement la solitude des grandes villes contemporaines modernes n’aura été si justement mise en son ; même si l’écoute de ce disque se révèle souvent éprouvante…

 

Minco Eggersmann

Reservoirs

Écrit par

ME, c’est le projet solo de Minco Eggersman, un drummer/producteur mieux connu pour son implication chez At The Close Of Every Day et The Spirit That Guides Us. Ce Néerlandais est également un compositeur talentueux, peu connu en Francophonie. Et également un excellent chanteur. « Reservoirs » constitue donc son nouvel opus solo. Un disque dont les lyrics traitent d’illusions, de mystère, de cauchemars et de souvenirs. Minco apprécie tout particulièrement David Lynch. Ce qui explique sans doute pourquoi l’approche de sa musique est parfois cinématographique. Mais dans l’ensemble, cet elpee baigne dans un climat fort 80’s. D’abord à cause de cette basse mélodieuse. Réminiscente de Mick Karn. Parfois, lorsqu’elle glisse vers l’ambient, l’expression sonore rappelle même Japan ou plus exactement l’œuvre en solitaire de David Sylvian voire de Jansen & Barbieri. La voix de Minco campe elle, un hybride entre celle de Dean Wareham (Luna) et Mark Kozelek (Red House Painters, Sun Kil Moon), une voix tourmentée, fragile, que vient régulièrement consoler celle de Mariecke Borger, tour à tour angélique ou atmosphérique. Cette œuvre nous plonge régulièrement dans une ambiance ouatée, parfois même propice au farniente, à l’instar de « The shimmering », une plage (?!?!) au cours de laquelle on a l’impression d’être allongé(e) sur le sable, à moitié endormi(e), bercé(e) par la cymbalisation des cigales. Mais par bonheur, ce disque nous réserve quelques titres plus intenses. Souvent mid tempo. Alimentés par des synthés (parfois des accords de piano caverneux), des cordes de guitare cristallines, tintinnabulantes (« Center at beauty ») et secouées par des interventions de drums arides, tour à tour syncopées, percutantes ou sporadiques (« Southwold »). S’il n’y avait ces interludes ‘ambient’, filmiques, ce disque aurait décroché le titre de ‘must’ !

 

Evening Hymns

Spectral dusk

Écrit par

Le vent souffle et l’eau ruisselle. Ces bruissements ouvrent le deuxième album d’Evening Hymns le projet de Jonas Bonnetta. Une intro qui correspond parfaitement à l’état d’esprit du Canadien à la barbe hirsute. Pas étonnant d’ailleurs qu’il ait enregistré cet opus, au fond des bois, dans l’Ontario. Il a quand même invité quelques potes à le rejoindre. Et notamment des musiciens de The Wooden Sky ainsi que Taylor Kirk (NDR : Timber Timbre en personne). Pas uniquement pour partager un barbecue, mais surtout pour participer aux sessions. 

Cet elpee paraît donc trois années après « Spirit Guide ». « Spectral dusk » baigne au cœur d’un folk atmosphérique. Chargé de sensibilité, introspectif, il peut aussi se révéler bouleversant. Faut dire que lorsqu’on puise son inspiration dans l’émotion suscitée par la mort de son père, on n’a pas envie de faire la fête.

Cette œuvre ne nage pas dans le bonheur, c'est une certitude. Le spectre de feu son paternel plane constamment. Pourtant, l’ambiance peut s’avérer champêtre, en parfait accord avec la nature. Mais souvent brumeuse. Les compos sont lentes. Bonnetta prend le temps de poser sa voix sur les morceaux, même s’il lui arrive de hausser le ton ; à l’instar du vibrant « Cabin in the Burrow » ou encore de « Song to Sleep to », une plage enrobée de chœurs. Les arrangements sont superbes et l’instrumentation paradoxalement riche (lapsteel, piano, guitare, …), une approche susceptible de rappeler Black Heart Procession. Encore que les titres entièrement instrumentaux lorgnent plutôt vers Sigur Rós voire Album Leaf.

Bref, si l’émotion est très palpable tout au long de « Spectral Dusk », les subtilités sonores permettent de s’y engouffrer, sans sombrer dans le spleen. Jonas est un artiste qui jouit d’un énorme potentiel et son Evening Hymns un projet qu’on espère redécouvrir au plus vite, peut-être dans d’autres circonstances…

 

Fang Island

Major

Écrit par

Originaire de Providence (Rhode Island), mais établi aujourd’hui à Brooklyn, Fang Island est né en 2005, suite à la rencontre des trois futurs membres du groupe qui partageaient alors les mêmes bancs d’une école de design new-yorkaise. Depuis lors, Jason Bartell (guitare), Chris Georges (guitare) et Marc St Sauveur (batterie) ont publié quelques Eps ainsi qu’un album (éponyme), il y a deux ans. Un premier elpee qui n’est malheureusement pas sorti sur le Vieux Continent. Pourtant, cet opus était de bonne facture. La formation y révélait des morceaux punk-pop entraînants, excitants, dus à un sens mélodique particulièrement aiguisé, mais qui avaient le bon goût de ne pas sombrer dans la facilité. 

Pour concocter ce deuxième elpee, le band étasunien a décidé de repartir sur les mêmes bases, mais en prenant le soin de débroussailler davantage leurs compositions. Les approximations ont ainsi été gommées pour laisser place à des pistes particulièrement efficaces. D’ailleurs après avoir écouté les onze brûlots de ce long playing, les mélodies continuent de trotter dans votre boîte crânienne, et pour un bon moment. Pourtant, à première écoute, les sonorités criardes des grattes et les rythmes caoutchouteux semblent issus d’une autre époque. Tout comme les chœurs. Mais la mayonnaise prend tellement bien qu’on en oublie qu’elle est peut-être périmée. Le groupe décrit sa musique comme suit : ‘everyone high-fiving everyone’. Et ma foi, cette formule traduit parfaitement le style ensoleillé, coloré du groupe… De quoi mettre de bonne humeur pour toute la journée…

 

Garbage

Not Your Kind of People

Écrit par

En août 2005, Garbage annule les dernières dates de la tournée « Bleed Like Me » et annonce un hiatus à durée indéterminée. Repos provisoire, split ou envie de passer à autre chose ? Personne ne le sait alors. Shirley Manson tente le difficile exercice de l’album solo (qui ne verra jamais le jour) et apparait dans une vingtaine d’épisodes de ‘Terminator : The Sarah Connor Chronicle’s. Butch Vig, lui, reste très actif et continue à produire de nombreux artistes (Subways, Green Day, Foo Fighters, Muse…) Le seul sursaut estampillé Garbage viendra d’un ‘best of’ intitulé « Absolute Garbage ». Paru en 2007, il recèle néanmoins un inédit, « Tell me Where it Hurts ».

C’est en février 2010 que Shirley Manson annonce via son compte Facebook qu’elle vient de passer une semaine en studio en compagnie de ses vieux amis. L’enregistrement d’un cinquième opus studio sera officiellement confirmé, quelques mois plus tard.

Qu’était-on en droit d’attendre de ce nouvel essai de Garbage ? Les deux premiers elpees studio étaient novateurs et particulièrement réussis, des disques sur lesquels figurent des pépites comme « Only Happy When it Rains », « Queer », « Stupid Girl », « Push It » ou encore « I Think I’m Paranoid ». Les deux suivants, par contre, avaient été quelque peu décevants, Garbage glissant dangereusement sur la pente savonneuse d’une pop inoffensive et mièvre, sacrifiant alors son identité propre pour rentrer dans le rang. Ce cinquième elpee s’apparente donc à un examen de passage.

D’entrée, on peut rassurer l’auditoire sur deux points : Butch Vig n’a pas perdu la main, le son de Garbage reste reconnaissable dès les premières notes et la voix de Shirley Manson est toujours aussi percutante. Pour le reste, on navigue entre deux eaux, le très bon côtoie le très moyen, un peu comme si « Not Your Kind of People » était la transition entre les deux premiers LPs (« Garbage » en 1995, « Version 2.0 » en 1998) et les deux suivants (« Beautiful Garbage » en 2001 et « Bleed Like Me » en 2005).

« Blood For Poppies » était sans doute le single idéal pour lancer ce nouvel opus. Efficace, entêtant, sans fioritures, ce titre rappelle directement le son du Garbage de la fin des années 90. « Control », « Battle in Me » et « Man on a Wire » sont de la même trempe : la bande à Butch Vig ne se pose pas de questions et y concentre toute son énergie. Sur « Sugar », on a tout le loisir d’écouter la douce voix de Shirley Manson, à la manière de « You Look so Fine », qui clôturait divinement « Version 2.0 » en 1995.

Aux côtés de ces quelques vraies réussites, on trouve des titres plus moyens (« Not Your Kind of People », « Beloved Freak ») et quelques morceaux où le groupe retombe dans ses travers de pop facile (« Big Bright World », « I Hate Love »).

« Not Your Kind of People » ne sera donc pas un album inoubliable, mais il a le mérite de faire revenir Garbage sur le devant de la scène et, ne fut-ce que pour cette raison et pour les quelques très bons morceaux qu’il recèle, il mérite une chance d’atterrir dans votre lecteur CD.

Garbage se produira à l’AB le 25 novembre 2012, premier concert bruxellois depuis leur concert éclair accordé aux Halles de Schaerbeek, c’était déjà en 2001.

 

Happy Mondays

Call The Tops – Live in New York 1990

Écrit par

Quoique mythique, The Happy Mondays est une formation qui a brûlé la vie par les deux bouts. L’abus de drogues a carrément détruit le groupe qui s’est séparé en 1992. L’aventure de Black Grape ayant tourné court, Les Mondays vont se reformer circonstanciellement, pour accorder quelques concerts, et même enregistrer un nouvel album en 2007, « Uncle Dysfunktional », un disque qui n’a cependant guère convaincu. Ils sont depuis repartis en tournée…

Mais revenons à la période dorée vécue par le band. Que l’on situe entre la fin des 80’s et le début des 90’s. Une époque à laquelle, il va faire les beaux jours du club l’Haçienda en dispensant un mélange détonnant entre rock, house et funk. Mais aussi publier quelques superbes opus, comme « Squirrel And G-Man Twenty Four Hour Party People Plastic Face Carnt Smile (White Out) », « Bummed » et surtout « Pills 'N Thrills And Bellyaches », ce dernier en 1990. C’est de cette année que datent les prises « Live in New York ».

Précurseur du mouvement Madchester, né évidemment à Manchester, The Happy Mondays va ouvrir la voie au ‘raves’ et aux collaborations entre groupes et Djs. Ce qui explique sans doute la présence de producteurs aussi notoires que Martin Hannett, Paul Oakenfold ou Howie B pour mettre en forme leurs disques (NDR : on n’oubliera cependant pas que c’est John Cale qui s’est chargé de produire leur premier essai).

Shaun Ryder, Gary Whelan, Rowetta Satchell et consorts, sans oublier le danseur insolite Mark ‘Bez’ Berry étaient apparemment en forme lors du (des) set(s) accordés à New York, en 1990. Ils étaient sans doute moins pétés que d’habitude. Ce qui a ainsi permis d’immortaliser ce ‘live’ ; un concert plutôt réussi (NDR : pas parfait, mais chouette) au cours duquel ils ont balancé quelques uns de leurs hits les plus notoires, tels que « Kinky Afro », « Hallelujah » ou « Wrote for luck ». Et à ce titre, c’est un document…

 

Marion James

Northside soul

Écrit par

Miss James ouvre l’opus par un excellent soul blues intitulé "I fell". Soutenue par un ensemble vocal féminin, sa voix est naturellement forgée dans le gospel. Très propre, la guitare d'Ivan Appelrouth (Li'l Ronnie Grand Dukes) s’intègre parfaitement dans l’ensemble. Une douceur certaine baigne "Smokin' hot", une piste légèrement funk, caractérisée par la présence de cuivres. Marion signe "Corrupted world", une ballade particulièrement indolente aux lyrics révélateurs. Lumineuse, sa voix s’impose face aux chœurs et aux accords empreints de sérénité du piano dispensés par Steve Bassett. L'atmosphère est toujours aussi délicate tout au long de "Crushing my heart", un autre blues lent au cours duquel Steve double au piano et à l'orgue Hammond. Une plage pour les cœurs solitaires, en fin de soirée! Imprimé sur un solide mid tempo, "I'm just what you're looking for" est un R&B dont le swing appuyé par l’ensemble des cuivres, est entretenu par la basse acoustique de Tod Ellsworth. Trompette, clarinette, trombone et tuba assurent les lignes de basse sur "Next time you see me", un classique préparé à la sauce New Orleans. "Blues recipe" opère un retour dans le blues lent rituel, un morceau que Marion colore judicieusement de son timbre vocal qui reflète un caractère bien trempé. "Mr Blues", "I know a good thing" et "Man size job" sont trois titres sculptés dans le funk dansant. Miss James rend un vibrant hommage au génie qu’était Ray Charles, en interprétant "I believe to my soul". Elle injecte toute sa passion dans cette superbe version en manifestant une incontestable autorité vocale, pendant qu’Ivan Appelrouth s’autorise un envol remarqué sur les cordes. "Candy" embrasse un style cabaret, fin de soirée. L’atmosphère est douce, veloutée même. Le style vire imperceptiblement au jazz. A cause des interventions au piano acoustique, des cuivres, et tout spécialement du sax ténor de Roger Carroll. "I just want to make love to you" clôt l’elpee. Un canon du blues issu de la plume de Willie Dixon et popularisé par Muddy Waters. Le piano et l'harmonica de Li'l Ronnie Owens introduisent la piste sous un format roots, avant de virer au funk intégral circa James Brown, puis de s’achever par un retour aux racines.

 

Metric

Synthetica

Écrit par

Metric est une formation ambitieuse. Et raffole apparemment des concepts. Emily Haines, leur chanteuse, livre ainsi celui qui dicté la conception de leur 5ème album : ‘le courage de rester chez soi et de s’occuper de sa propre réflexion dans le miroir’. Tout un programme ! Il est d’ailleurs appliqué directement au booklet, puisqu’un miroir y est inséré afin d’en décoder les textes.

Comme son nom l’indique, « Synthetica » fait la part belle aux sonorités synthétiques et sonne donc légèrement rétro-futuriste. Ce nouvel essai a été mixé par John O’Mahony aux célèbres studios Electric Lady à New-York et recèle quelques tubes potentiels (« The Void », « Lost Kitten », « Youth Without Youth »), des compos qui devraient permettre au band canadien de briller au sein des charts. Au menu de cet opus, du rock teinté de new-wave, de power-rock ou de post-punk. Les guitares pop et les synthés 80’s frénétiques de Jimmy Shaw soutiennent la voix assez limitée d’Emily Haynes, dans un registre parfois proche de Goldfrapp (« Youth Without Youth ») ou de Stereolab (« Artificial Nocturne »). Si les mélodies coulent de source, les lyrics sont profonds et méritent le décryptage. Malgré l’étrange présence de Lou Reed sur « The Wanderlust », les morceaux de Metric ressemblent à des bonbons acidulés trempés dans l’indie pop. Et finalement, on a tout à fait le droit de préférer ces friandises à la guimauve fadasse dispensée tout au long du dernier elpee de The Gossip !

 

The Nimmo Brothers

Brother to Brother

Écrit par

Stevie et Alan Nimmo sont deux frères originaires de Glasgow. Ils avaient entamé leur carrière dès 1990, sous le patronyme du Blackwater Blues Band, avant d’opter pour The Nimmo Brothers. Leur premier opus, "Moving on", paraît en 1998. Début de ce siècle, le tandem signe chez Armadillo et grave, en 2001, "Coming your way". Il se produit alors sur la plupart des scènes européennes, et notamment en Belgique. En 2003, il commet un album acoustique, "New moon over Memphis". Depuis, les frangins partagent leurs aventures entre projets en solitaire ou communs. Ce nouvel elpee, "Brother to brother" (Trad : de frère à frère) constitue donc un retour à la formule conjointe. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au studio ‘The Zone’, à Dripping Springs (NDR : c’est au cœur des collines !), près d'Austin, au Texas. Pat Manske (NDR : un personnage dont la carte de visite mentionne la mise en forme de disques publiés par Ray Willie Hubbard, Joe Ely, Eugene ‘Hideaway’ Bridges, Los Lonely Boys et The Band of Heathens) et les frères Nimmo coproduisent l’opus. Enfin, pour concocter ce disque, la paire a reçu concours de musicos locaux ; et notamment le drummer James Oldaker (ex-Eric Clapton Band), les bassistes Jimmy Pettit (Joe Ely Band) et Bill Whitbeck (Robert Earl Keen) ainsi que l’organiste Michael Ramos (Los Lonely Boys).

Les frères Nimmo pratiquent un blues rock particulièrement puissant. La section rythmique est en acier et les deux guitares largement amplifiées. "Still here strumming" en est immédiatement une parfaite illustration. Les cordes se libèrent déjà et nous plongent dans le southern rock, ce rock sudiste à l'américaine, caractérisé par ces grattes constamment au bord de la saturation. Pas question de desserrer l’étreinte. Sur "Lady Luck" les cordes sont acérées. Une compo efficace, redoutable, qui écrase tout sur son passage, dans l’esprit de Leslie West, lorsqu’il drivait Mountain. Ce cap est maintenu tout au long de "Coming around again". La slide guitar est en effervescence. Le bottleneck glisse le long des cordes en fusion. L'étreinte est inoxydable. Sebastien Vaivrand incocule ses interventions à l'orgue Hammond tout au long de "For you". De quoi rendre l’ensemble plus cohérent. Les frères conjuguent leur voix et leurs cordes. Ils exercent un forcing qui ne prend fin qu’à la dernière seconde. Caractérisé par ses changements de rythmes, "Sneaking up to you" évolue dans un univers très proche de Lynyrd Skynyrd. A cause de cette slide accrocheuse, aussi. Pourtant, on y décèle la présence de cordes acoustiques. Le riff dispensé sur "Never gonna walk on me" me rappelle celui de Paul Kossof, le guitariste du Free de Paul Rodgers. L'attaque est toutefois plus musclée et les cordes sont littéralement saignantes. Blues rock classique, "Living again" est imprimé sur un mid tempo. Les deux guitares entretiennent le rythme. La production met l’accent sur cet aspect pour le muer en force naturelle. L’intro de "Waiting for my heart to fall" est légère, mais cette ballade vire rapidement dans le style caractéristique des Nimmo Brothers, nappé pour la circonstance par l'orgue Hammond de Michael Ramos. Superbe ballade lente, "King and country" évolue sur une ligne mélodique efficace tout en ondoyant sur une intervention à la slide belle à pleurer. L’elpee épingle deux covers. Tout d’abord le "Wishing well" du Free. Le plus gros hit de cet ensemble insulaire, paru en 1972. Les Nimmo Brothers nous en réservent une version fidèle à l’originale qu’ils exécutent avec une facilité déconcertante. Et en finale, "Shape I'm in", un rock'n'roll signé Doyle Bramhall II, Charlie Sexton et Marc Benno pour les Arc Angels, en 1992 !

 

Para One

Lean on me (Ep)

Écrit par

Derrière Para One se cache le très bon Jean-Baptiste de Laubier. Après avoir collaboré auprès de TTC, Jean-Ba se fait plaisir en remixant bon nombre de pointures de l'electro et en s'investissant dans divers projets tels que l'Atelier, Institube ou Sixpack  France. C'est en 2006 qu'il publie sous le patronyme de Para One, son premier album solo, "Epiphanie".

En guise d’apéro au prochain opus, "Passion", il nous propose un nouvel Ep. Intitulé "Lean on me", il tient ses promesses en balançant un son à la fois abstract hip hop et cérébral. L'ensemble rafraîchit, percute et, comble de la gourmandise, est enrobé par la voix du plus que talentueux Teki Latex. Comme d’habitude, Para ne se fatigue pas à multiplier les samples et privilégie un son sauvage, purement electro qui fait tout de suite mouche.

De toute bonne facture, ce disque recèle également 3 remixes très variés explorant les différentes facettes du morceau. A souligner également que l'artiste est réalisateur de formation et nous propose, pour la circonstance, un clip né de son imagination, sur internet.

On frétille d’impatience en attendant l’album !

 

Li'l Ronnie

Gotta strange feeling

Écrit par

Ronnie Keith Owens est âgé de 62 ans. Il est né et vit toujours à Richmond, en Virginie. A l’origine, il était drummer ; et ce n’est qu’à 30 balais qu’il a décidé de privilégier l’harmo. Ce musicien est également chanteur et compositeur. Ce qu’il apprécie le plus, c’est le blues urbain d'après-guerre. Celui de Muddy Waters et surtout de on harmoniciste, Little Walter. En 1989, flanqué des Blue Beats, il publie "There's a party going on". Il fonde ensuite les Grand Dukes, une formation qui va aligner plusieurs albums : "Too fast for conditions" en 1998,  "Young and evil" en 2001, elpee auquel participe le gratteur texan Anson Funderburgh, et enfin "Do what'cha do" en 2005, qui bénéficie à  nouveau du concours du même Funderburgh, mais à la production. Au sein des Grand Dukes, figurent le guitariste Ivan Appelrouth (NDR : très apprécié dans son fief, il a milité chez Big Joe and the Dynaflows et le Jumpin' Johnny Sansone Blues Party), le bassiste John Shepperd, le batteur Mark Young et le pianiste John Fralin. La plupart des compositions sont signées Owens et Appelrouth.

"Can't buy my love" ouvre l’elpee au sein d’une atmosphère nonchalante, swamp blues. Li'l est déjà très inspiré sur l’harmo. Il est soutenu par les cordes et le piano de Fralin, dont les accords rappellent vieux Henry Gray. Légèrement funk, "Cold hard cash" nous transporte vers Crescent City ou si vous préférez la Nouvelle-Orléans, une compo abordée dans l’esprit du mythique Little Feat. Ténébreux, "Love never dies" nous replonge dans les marais louisianais chers à Lazy Lester et Lightnin' Slim. Ivan opère une superbe sortie. Sa sensibilité est exacerbée et ses notes nous transpercent. Le tempo s'élève et assène un solide coup de jump pour amorcer "Sweet Sue", une piste dynamisée par une section rythmique différente, drivée par la contrebasse de Mike Moore. Ronnie décolle à la manière de William Clarke voire d’un Rod Piazza au sommet de son art. C’est toujours Piazza qui inspire le petit Ronnie pour "Fat city", une plage impliquant les mêmes musicos. Chargé de swing, le "Buzz me" de Louis Jourdan est un exercice de style au cours duquel Ivan laisse échapper ses notes parcimonieusement, en adoptant le feeling de T-Bone Walker. Acoustique, "Screaming & crying" est un blues traditionnel qui coule près du long fleuve. Le chant est parfaitement adapté et l'harmonica éclate dès qu’il en a l’opportunité. C’est dans un climat de bonne humeur que "Can't please your wife" cavale comme un cheval au galop. Fralin se réserve le piano roadhouse alors que Mr Owen vide ses poumons sur son instrument! Très Jimmy Reed, "She"s bad bad news" campe le blues urbain qui s’impose, nous réorientant vers la grande cité chicagolaise. Cap vers la Californie sur "Gotta strange feelin'" et "Bring your love home". Ivan est dans son élément pour attaquer ce swing jump, alors que Ronnie ne tient plus en place! La Louisiane n'est cependant jamais bien loin. A l’instar du bouillant "I won't take it any more", une piste imprimée sur un tempo enlevé. Ronnie emmène ses grands ducs. La frêle  Janet Martin assume son rôle de choriste. Instrumental "Late nite blues" est un blues lent probablement inspiré par Harmonica George Smith. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par le "C'est la vie", un rock'n'roll signé Chuck Berry.

Et pour que votre info soit complète, sachez qu’au cours de ces dernières années, Lil' Ronnie se produit régulièrement en compagnie de Terry Garland, un spécialiste de la slide, mais également un excellent chanteur de delta et country blues traditionnel. 

 

Animal Collective

Centipede Hz

Depuis la sortie de « Strawberry jam », Animal Collective est devenu un groupe presque culte. Un statut qu’a confirmé « Merriweather Post Pavilion », leur disque le plus accessible à ce jour. Puis, lassé par une interminable tournée, le groupe a décidé de prendre une pause, histoire de se ressourcer. Nous étions en 2009. Le come back du band a donc incité Deakin à rentrer au bercail.

La formation new-yorkaise opère un mélange unique, versatile et avant-gardiste entre psychédélisme et free folk. Alimentée par des synthés, bruitages, jingles, bleeps, percussions et vocalises triturées ou pas (NDR : stridulantes ou flottantes, selon), sa musique est à la fois nerveuse et empreinte de charme. Elle nous entraîne, le plus souvent, au cœur d’un voyage étrange, hanté à la fois par les Beach Boys, les Flaming Lips, le Mercury Rev originel et Yeasayer.  

Lors de l’enregistrement de cet opus, le quatuor a voulu en revenir à une expérimentation plus pointue. Et s’il parvient à communiquer une belle intensité aux différentes compos, tour à tour contagieuses, accessibles, ambitieuses, capricieuses, déjantées, discordantes ou intrigantes, l’ensemble se révèle quand même plutôt bordélique et ne vous laisse que peu de temps pour reprendre votre souffle. Bien sûr, lorsqu’ils sont trempés dans le dubstep et la techno, les beats et loops électroniques sont parfaitement soutenus par la ligne de basse et dessinent un trip de danse hypnotique. Et puis, il y a cette rythmique. Tantôt doucereuse, tantôt agitée. Mais au final, en gravant « Centipede Hz », Animal Collective a décidé de redevenir un groupe défricheur. Et à ce titre, il mérite qu’on leur tire son chapeau… 

 

Un rayon de soleil pour Cat Power !

Écrit par

« Sun », c’est le titre du nouvel elpee de Cat Power qui sortira ce 3 septembre chez Matador. Six longues années qu’elle n’avait plus publié d’album. Lors des sessions d’enregistrement, Chan Marshall a bénéficié du concours de Philippe Zdar au mixing, mais surtout de la collaboration de Jim White et d’Iggy Pop. De quoi espérer un opus dans la lignée de « You Are Free », sorti en 2003.

Tracklisting:

1. Cherokee
2. Sun
3. Ruin
4. 3,6,9
5. Always On My Own
6. Real Life
7. Human Being
8. Manhattan
9. Silent Machine
10. Nothin But Time
11. Peace And Love

http://www.catpowermusic.com

 

Kesiena reprend Bob Dylan

Écrit par

Né au Nigéria et vivant aujourd’hui entre la France, la Suède, et son pays natal, Kesiena a le cœur au Nord et ses racines profondément ancrées au Sud. Son premier opus paraîtra ce 15 octobre 2012. Il s’intitule « It Was All Written ». Sa musique navigue quelque part entre soul et rock. Pensez à Ben Harper et Keziah Jones. Quand à sa voix, elle évoque plutôt Norah Jones. Un style hybride à découvrir dans cette reprise estivale du « I shall be released » de Bob Dylan.

http://www.youtube.com/watch?v=-fbILgVAWPI&feature=related
http://www.dailymotion.com/video/xseyp5_bob-dylan-i-shall-be-released-cover-by-kesiena_music?search_algo=2
http://www.youtube.com/watch?v=Oimv2TKV6rw&feature=youtu.be
http://www.dailymotion.com/video/xrgl6y_kesiena-it-s-alright-teaser-officiel_music

http://www.kesiena.com

 

Les BB Brunes voyagent en Long Courrier

Écrit par

Disponible dès le 21 septembre, le nouvel album des BB Brunes, « Long Courrier », annonce un changement de cap musical, selon les musiciens français.

En effet, à 22 ans, les rockeurs parisiens se sont ouverts à d’autres horizons, après avoir écouté Christophe, Etienne Daho ou même Sébastien Tellier.

« Long courrier » devrait demeurer fondamentalement rock, mais il faut s’attendre à des compos au cours desquelles la part belle a été faite aux claviers, à des programmations ainsi qu’à des sons plus synthétiques, comme en témoigne le premier single "Coups et blessures".

"Long courrier" a été réalisé sous la houlette d’Alan O’ Connell, le jeune protégé de Mark Ronson qui a collaboré à la mise en forme des albums de Gossip, Singtank ou encore Paul McCartney.

Tracklisting

1. Grande Rio 3’28
2. Coups et blessures 3’57
3. Bye bye 4’11
4. Stéréo 3’29
5. Hémophile 2’57
6. Rue de Buci 3’23
7. Long courrier  3’16
8. Lala Queen 3’26
9. Aficionado 3’30
10. Police déprime 3’23
11. RIP 3’04
12. Au garde à vous 3’19

 

Les Panties

Les Panties dévoilent tout!

Le 30 juin dernier, le groupe bruxellois Les Panties accordait un concert remarqué au T.A.G. de Saint-Josse (Bruxelles), dans le cadre des Fantastique.Nights. Une prestation fascinante, hypnotique, dominée par la voix grave et envoûtante de Sophie Frison. Sophie était surtout connue pour ses animations à la RTBF ; mais au sein de ce nouveau projet, elle dévoile un véritable talent de chanteuse et de compositrice. Il n'en fallait pas plus pour nous donner envie de rencontrer cette formation prometteuse.

L'histoire commence à la fin des années 80 lorsque les trois fondateurs, Xavier Fernandez (basse), son frère Hugo Fernandez (batterie, production) et Vincent Lachenal (guitare), décident de faire de la musique ensemble. "On était très influencés par la vague Cure, avec un peu de retard certes", précise Xavier. "On a acheté des instruments pour apprendre à jouer en autodidactes. On avait entre 14 et 17 ans. C'était un petit groupe d'ados. On a juste enregistré des démos sur cassettes sans se produire en concert ni enregistrer d'album." Après quelque temps, l’aventure est abandonnée et ce n'est qu'en 2008 que les trois acolytes décident de déterrer les cassettes et de recommencer à bosser ensemble.

Au bout de quelques mois, ils se rendent compte qu'il manque une 'vraie' voix sur les morceaux et demandent à Sophie Frison, la compagne de Xavier à la ville, de tenter quelques essais. "C'était ma première expérience dans un groupe", se rappelle Sophie. "Auparavant, j'avais juste suivi des cours de chant classique. J'ai improvisé des lignes de chant, puis des paroles et chacun a amené ses suggestions de façon très démocratique, comme tout ce que nous décidons d'ailleurs." Le timbre de Sophie est très particulier ; il évoque Siouxsie dans les aigus mais c'est surtout dans les graves qu'il assied sa spécificité ; et là, on pense surtout à Nico.

Le combo puise ses sources dans la new-wave et le post punk, et en particulier chez  Joy Division et Cure, mais en combinant les spécificités de chacun des musiciens. "Vincent apporte une touche 'power-rock' par son approche ‘Magazine’", précise Xavier. "En fait, nous partageons des goûts très éclectiques, qui englobent aussi des groupes comme Velvet Underground, Justice, A Place To Bury Strangers, Crocodiles, KVB ou The Soft Moon."

Il y a neuf mois, un jeune claviériste, Pony Bambinelli, a rejoint le line up. Passionné par les synthés et les ordinateurs, il apporte une couleur plus moderne, plus 'branchée' au son général. "Mon groupe préféré est Soulwax", confie Pony. "Mais j'aime aussi Justice, Late Of The Pier, etc. "

On l'aura compris : en combinant des musiciens issus de générations différentes, Les Panties dressent un pont entre les musiques du passé et une véritable modernité. Une approche 'rétro-futuriste', en quelque sorte. "Au départ, le son était plus brut, plus postpunk", nous dit Xavier. "Au fur et à mesure, il est devenu plus riche, plus complexe." Cette évolution se retrouve dans les deux compositions ‘Eno Vision’ et ‘Post Eno Vision’, qui font référence au claviériste et producteur notoire Brian Eno. "Les morceaux commencent dans un style typiquement postpunk, mais petit à petit, on déconstruit la structure pour évoluer vers un style plus orienté synthés, plus hypnotique, un peu à la Suicide".

Si le band avoue une passion pour les instruments analogiques, leur démarche n'est pas intégriste. "Nous utilisons beaucoup des émulateurs de sons analogiques sur PC ou MAC", explique Hugo. "C'est plus pratique et également plus économique!"

Une approche très ‘Do It Yourself’ qui a poussé le team à produire lui même son premier single, qui comprend deux faces A : ‘Porkshop’ et ‘Westie’. C'est un 45tours vinyle pressé en 300 exemplaires numérotés. Rétro-futuriste ici aussi ? "Complètement! Nous aimons les beaux objets. Nous avons donc tout conçu nous-mêmes : l'enregistrement dans notre home studio, le 'mastering', la pochette (design par Spike and Jones). L'esthétique est résolument vintage."

Le groupe va même plus loin et envisage de sortir une cassette audio consacrée à deux nouveaux titres. Un code permettant de télécharger les morceaux via internet lui sera attribué : vintage mais adapté à l'époque! Les morceaux sont intitulés provisoirement ‘Endless Day’ et ‘DSK’.

Après des concerts donnés aux Halles de Schaerbeek, La Maison du Peuple, Madame Moustache, à l'Atelier 210 (en première partie de Birdpen), au festival de Bourgeois, aux Fantastique.Nights et au London Calling, le combo se produira au Magic Mirror le 8 septembre prochain. Ne les manquez pas : Les Panties ont promis d'enlever le bas...

Deux extraits vidéo de leur concert aux Fantastique.Nights: ‘Call’ http://youtu.be/b6DZ6Cw_7dQ et ‘Post Eno Vision’ http://youtu.be/cZJG-GJ0Wjw

Les Panties sur Facebook https://www.facebook.com/LESPANTS et Soundcloud: http://soundcloud.com/les-panties

 

Visions of Trees

Visions of Trees

Écrit par

Vision of Trees est un duo mixte réunissant la vocaliste Sara Atalar et le compositeur/électronicien Joni Juden. Après avoir publié un Ep en 2009, intitulé « Sometime it kills », le groupe est-londonien propose aujourd’hui son premier elpee, un disque découpé en 10 pistes.

Le sens mélodique est soigné. Les compos font mouche et Juden impressionne de maîtrise. Surtout quand on sait qu’il s’agit d’un premier long playing. Il parvient ainsi à baliser les effets électro sur une ligne de basse puissante mais jamais écrasante. Du très bon travail. On est ici bien loin du style minimaliste proposé par les artistes issus de la scène contemporaine. Et vu le résultat obtenu, on ne s’en plaindra pas.  

Tout au long de cet opus éponyme, la voix de Sara est omniprésente. Une très belle voix qui sert en quelque sorte de cerise sur le gâteau sonore. On comprend mieux pourquoi Juden s’était mis, en 2009, à la recherche d’une voix féminine. Manifestement, c’est ce qui manquait à sa musique.

Une musique hantée par les spectres de Garbage, de Faithless voire de Crystal Castle. Au fil des plages, l’énergie cède le relais à la quiétude. Mais sans jamais perdre ce feeling accrocheur qui fait la différence.

De ce long playing, j’épinglerai « Turn 2U », un ‘single’ potentiel, mais surtout deux morceaux qui m’ont vraiment fait flasher. Tout d’abord « With You », piste au cours de laquelle Sara donne toute la mesure de son talent au chant et puis surtout « Glass Rain », la pépite de cet LP.

Un petit bémol, cependant, l’une ou l’autre compo part encore dans tous les sens. Et en particulier « Ocean Floor », un peu trop brouillon pour convaincre. Comme si le duo n’était pas parvenu à la dompter. Enfin, il manque peut-être sur ce cd, un titre explosif, nourri à l’électro survitaminée et au cours duquel la chanteuse se serait totalement libérée

M’enfin, pour un coup d’essai, on ne peut pas tout demander. D’autant que dans l’ensemble cet album est un délice. D’ailleurs si Visions of Trees continue sur sa lancée, on risque fort d’entendre parler d’eux d’ici peu. Et en bien !

 

Archive

With Us Until You’re Dead

Écrit par

Il y a déjà dix-huit ans que Danny Griffiths et Darius Keeler ont fondé le collectif Archive. Collectif, le mot prend toute son importance aux yeux des deux compères car Archive est un groupe à géométrie variable, articulé autour de ses pères fondateurs. Ses musiciens et chanteurs vont et viennent, même si le noyau dur du groupe et ses trois chanteurs principaux ne se quittent plus depuis 2006, c’est-à-dire depuis la confection du fabuleux « Lights ».

« With us until you’re dead » constitue déjà leur neuvième album studio. Ce nouvel opus continue d’explorer les atmosphères sombres et profondes qui ont fait la richesse de ses précédents essais. On retrouve ici un mélange des différentes influences qui ont marqué Archive tout au long de sa discographie. Et en particulier ce son trip-hop des débuts. Il recèle à la fois leur côté rock du début des années 2000 mais aussi la touche symphonique rencontrée sur « Lights ». Par contre, on n’y retrouve plus le rap de Rosko John qui, après un retour au sein de la formation sur « Controlling Crowds », disparait à nouveau du line-up.

La grande nouveauté de ce disque procède de l’arrivée d’une nouvelle chanteuse aux côtés des trois voix habituelles ; et la jeune Australienne Holly Martin est une belle découverte. Une voix de caractère, qui colle parfaitement au style du groupe et se marie parfaitement à celles de Dave Pen, Pollard Berrier et Maria Q pour aboutir à un ensemble étonnamment cohérent.

« With Us Until You’re Dead » s’écoute comme une histoire d’amour, avec ses hauts, ses bas, ses ruptures, ses coups de cœur. Probablement l’elpee le plus noir jamais enregistré par Archive. Les longs morceaux ne sont plus de la partie, les Londoniens vont droit au but en nous réservant quelques titres d’une efficacité remarquable comme le single « Violently » (pour lequel Holly Martin prête sa voix et dont le clip a été réalisé par Brian Cannon), « Hatchet » ou encore « Twisting » dont les envolées pourraient sortir tout droit d’un album de Portishead.

Cet opus, comme bon nombre d’albums d’Archive, est difficile à classer tant les courants s’y croisent avec bonheur : électro, trip-hop, rock, pop, symphonique… tout y est.

Mais c’est sur scène qu’Archive prend toute sa dimension, la machine est diablement bien huilée. A voir absolument à Forest National ce 13 novembre 2012.