Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

logo_musiczine

Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26651 Items)

Collapse Under The Empire

Fragments of a Prayer

Écrit par

Il y a un peu plus d’un an, la formation allemande Collapse Under The Empire et russe Mooncake partageaient un split album de toute bonne facture. Etabli à Hambourg, le duo nous propose aujourd’hui son nouvel opus. Réunissant Chris Burda et Matthew Jason, C.U.T.E. est né en 2008. Il pratique un post rock particulièrement typique et rencontre un succès, ma foi, très relatif dans son pays. Prolifique, la paire a publié deux Eps (« Paintball » en 2008 et « The Sirens Sound en 2010) et quatre elpees (Systembreakdown en 2009, « Find a place to be safe » en 2010, « Soulders & Giants » en 2011 et le petit nouveau cette année). Sans oublier les singles.

« Fragments of a Prayer » constitue un interlude entre le premier et le second volet d’un double album concept entamé l’an dernier (« Soulders & Giants »). Baignant au sein d’un climat ténébreux, leur post-rock cultive une mélancolie ‘mineure’ propre au genre. Une expression sonore traversée de subtiles touches d’électro, mais dominées par des accès de guitares éthérés, des interventions au piano et des arrangements de cordes élégants, dispensés sous une forme très (trop !) classique. Cinématographique et atmosphérique sont des termes qui reviennent constamment, lorsqu’on évoque leur musique. Une description pas vraiment originale quand on parle de post rock. Mais difficile de la dépeindre autrement, même si C.U.T.E. a le bon goût d’éviter les climax systématiques. Les aficionados devraient adorer ce « Fragments of a Prayer ». Les autres lui reprocheront une absence d’évolution ; car hormis les étonnantes percussions qui enrichissent « In the Cold », ce long playing ne propose absolument rien de neuf…

 

Vitor Hublot

Contes De La Libido Ordinaire

Écrit par

Cher confrères,

Je vous renvoie au cas du dénommé Vitor Hublot, atteint de symptômes graves de schizophrénie aiguë et dont les agissements au sein de la scène musicale belge (par ailleurs maintes fois rapprochée du mouvement surréaliste dès qu'il s'agit de se démarquer un tant soi peu des us et coutumes d'un rock guindé et policé) interpelleront à coup sûr votre intérêt.

Récidiviste notoire (pour rappel, il s'était déjà illustré en attaquant un gorille géant), il étend cette fois le champs de ses expériences et démontre ainsi le caractère incontrôlable de ses (v)agissements.

L'objet de son dernier méfait est une étude pour le moins extravagante de la libido dite ordinaire.

Certes, d'imminents spécialistes se sont penchés sur le comportement du patient ; mais il semble que le mal dont souffre Monsieur Hublot soit contagieux.

Dès lors, nous devons déplorer l’enrôlement dans ce projet un peu fou de praticiens dont le sérieux n'avait jamais été mis à mal (quoi que?)…

Ainsi, le dénommé Jacques Duvall et la dénommée Isabelle Wéry s'adonnent ici à des pratiques que je jugerais intolérables s'il n'en résultait un tel degré d'euphorie palpable au long de ce drôle de projet.

Mais de quoi s'agit-il?

Sous l'égide du docteur Guy Clerbois (manifestement de mèche), cet ensemble de fous furieux s'est mis en tête d'étudier de près les déclinaisons variables autour du thème précité et d'en tirer le suc, pour le régurgiter sous une forme totalement libertaire.

Pour y parvenir, quoi de mieux que de grandes et belles chansons visitant les mythes de l'Amour, du désir et autres pulsions avouables ou non?

S’appropriant pas moins de onze titres du répertoire d'autant d'artistes, allant de Boris Vian à Françoise Hardy, en passant notamment par Charles Trenet ou Didier Barbelivien, Vitor Hublot et ses complices dissèquent, piétinent, salopent tout sur leur passage.

Et cette impertinence fait mouche.

Comme du reste l'illustration de cet album le démontre de fort belle manière.

Si la potion ainsi fournie peut laisser un goût nauséeux à l'oreille à la première écoute, cette orgie gargantuesque d'idées loufoques a le mérite de dépoussiérer un contenu parfois abandonné dans le formol mou du musée des souvenirs.

Tantôt irritant (cette singulière schizophrénie qui transparaît au détour de quelques désaccords), souvent bandants, jamais sages, ces "Contes De la Libido Ordinaire" proposent une relecture peu conventionnelle de ces hits incontournables, dont nous épinglerons volontiers, tels de joyeux lépidoptéristes, "Amoureux Solitaires" ou encore "La Complainte Des Filles de Joie", qu'un certain Brassens aurait embrassé avec joie.

Au plaisir de vous retrouver nus et décomplexés lors de notre prochain séminaire!

 

Moby

Destroyed Remixed

Écrit par

Multi-instrumentiste, Moby est également Dj new-yorkais. Un artiste qu’on ne présente plus, vu son implication sur la scène électronique internationale, depuis 1984. Il a publié de nombreux albums et décroché une pluie de hits, parmi lesquels on épinglera les incontournables « Why does my heart feel so bad » et « Lift me up ».

En 2011, il surprenait un peu son monde en gravant « Destroyed », un disque au cours duquel il avait poussé le bouchon de l’électro un peu plus loin ; et si certains –comme votre serviteur– avaient applaudi ce virage quasiment à 180°, les aficionados de la première heure n’ont pas trop apprécié cette métamorphose. Lui reprochant d’avoir négligé la formule magique de ses chansons : son feeling pop et la tendresse de ses mélodies. 

Moby persiste et signe donc dans sa nouvelle voie, puisqu’après une réédition ‘deluxe’ de son dernier album, enrichi de quelques titres supplémentaires et d’un Dvd, il nous propose aujourd’hui « Destroyed – Remixed, » une double compilation consacrée à des remixes de l’album original, sorti l’année dernière.

Le premier cd s’intitule « Big Room ». Il est découpé en 13 pistes et a notamment bénéficié de la collaboration de Holy Ghost !, Basto et Arno Cost.

Le second a été baptisé « Small Room ». Il réunit 9 titres. Et parmi les invités de marque, on relèvera la présence de David Lynch et Ben Hoo.

Ce recueil tient parfaitement la route. Les copains DJ respectent totalement la marque de fabrique Moby et parviennent à distiller une électro souple qui impose doucement sa force tranquille. Mention spéciale à la version de « Basto » d’ailleurs, qui décidément connait une période particulièrement faste en ce moment.

Dès lors, pour peu que l’on apprécie les pistes originelles de l’elpee, on tombera facilement sous le charme des versions opérées par ces grands noms de la scène électro. A un tel point que parfois on se demande si ces remixes ne découlent pas directement des morceaux initiaux. 

Côté reproche, il faut reconnaître que pour un double LP, l’ensemble manque d’audace. C’est de l’électro, que diable ! J’aurais aimé une approche plus aventureuse de cet exercice de style. Tout au moins sur un des deux disques, histoire de varier les plaisirs.

Néanmoins, si vous avez flashé sur « Destroyed », vous ne pouvez passer à côté de son « Remixed »

 

Muse

The Second Law

Écrit par

Muse est de retour ! Près de trois années se sont écoulées depuis la sortie de « The Resistance » et son flot de critiques… pro ou anti… Muse.

Il est vrai qu’une certaine rupture s’est produite entre ce que le groupe pratiquait une décennie plus tôt et ce qu’il dispense depuis trois ans. « Showbiz » et « Origine of Symmetry » proposait, fin des nineties, une musique puissante, novatrice et fougueuse. Après avoir commis une œuvre de transition intitulée « Absolution », opus qui révélait déjà deux faces bien distinctes de l’écriture de Matt Bellamy, l’une pop, l’autre plutôt symphonique, Muse publie « Black Holes and Revelation », une collection de hits monumentaux renouant quelque peu avec le passé mais laissant clairement apparaître un côté résolument commercial. La pêche au gros est ouverte ! Grâce à cet album des plus médiatisés, le trio opère son entrée sur les ondes radiophoniques ‘grand public’, envahit les plateaux TV et truste les récompenses.

Déjà, à cette période, des voix s’élèvent contre ce qu’ils considèrent comme une trahison musicale !

« The Resistance » ne fait qu’accentuer cette fracture. Les uns jetant aux orties ce qu’ils ont adoré dix ans plus tôt, les autres reconnaissant un talent certain à Bellamy et louant sa capacité à ratisser large. Le constat est clair, Muse est devenu un mutant. Mais non, on ne nage pas en pleine science fiction !!! Ben oui, le groupe évolue et se permet de déplaire. D’ailleurs, il s’en fout éperdument du ‘qu’en dira-t-on ?’. Bellamy et ses potes ont une ligne de conduite bien définie, et tant pis pour celles et ceux qui décident de quitter le navire. D’autant plus que d’autres l’ont rejoint et leur nombre ne fait que croître, serait-on tenté de dire. Finis les disques pour les amateurs purs et durs de leur pop/rock de la première heure et bonjour aux nouveaux fans qui s’abreuvent de hits monstrueux, estimant les envolées symphoniques du band géniales. Perso, j’ai pas quitté le bateau et j’avoue sans honte que cette métamorphose me plaît. Muse semble avoir embrassé la démarche adoptée par Queen, il y a une trentaine d’années. Suffit d’écouter « Madness » ou « Panic Station » pour s’en convaincre. Si vous avez la mémoire courte, souvenez-vous que Freddy et ses acolytes ont également été la risée des pseudo-spécialistes à l’époque de « Radio Gaga » et autres tubes de l’espèce, alors que l’on (sur)nageait en pleine tourmente disco. Quelques années après sa mort, le talent du brave Mercury a été reconnu tout comme ses facultés d’adaptation.

Muse a emprunté le même chemin. Le parallèle est frappant ; et pourtant le critiques émanant de gens qui, pour la plupart, n’ont jamais été capables de lire et encore moins d’écrire une seule note de musique, pleuvent à nouveau… Moi non plus, ok ; mais je ne me permettrai jamais de porter un jugement négatif sur ce que je ne maîtrise pas… (NDLR : Luc, bravo pour la détermination de ton message, mais dis-toi bien que sans Radiohead, il n’y aurait jamais eu de Muse).

« The 2nd Law » est la suite logique de “The Resistance”. Outre les plages qui séduisent instantanément ou vous donnent l’envie de remuer (« Supremacy », « Follow  Me », « Big Freeze »), on retrouve inévitablement des envolées lyriques, mais aussi des morceaux plus ‘soft’ que ceux commis par la formation insulaire, il y a une douzaine d’années. Muse est devenu un groupe qui a succombé au concept commercial, qui rassemble les foules, fait l’évènement (l’hymne officiel des J.O.) et se drape dans le gigantisme et la grandiloquence.

Pour les aficionados (dont je fais partie, j’ai aimé et j’aime encore), « The 2nd Law » est un très bon disque. A la première écoute, on n’entre pas immédiatement dans l’album. La digestion prend plusieurs écoutes et plusieurs jours, voire semaines. Sans cesse renouvelé mais toujours surprenant, le son Muse continue de se démarquer de la plupart des formations actuelles qui se contentent du traditionnel refrain-couplets pour amadouer l’auditeur. Muse va plus loin, ose et surprend toujours. A certains médias spécialistes de la presse écrite, je dirai simplement que si n’importe quel autre groupe avait concocté cet album on aurait crié au génie ; mais puisque c’est de Muse qu’il s’agit, une certaine presse manifeste un snobisme musical puant pour les clouer au pilori. Quelle élégance !

Car finalement, « The Second Law » ne navigue pas si loin des origines du band ; la preuve par « Survival », qui aurait pu facilement figurer sur « Origine of Symmetry ».

Un album détonnant et parfois épique. Une grande cuvée !

 

Rachel Sermanni

Under Mountains

Écrit par

Si la notoriété de la jeune Ecossaise Rachel Sermanni n’a pas encore traversé la Manche, elle ne devrait pas tarder. Elle est âgée d’une petite vingtaine années, et son premier Ep, sorti en mars 2012, avait suscité l’intérêt de la presse musicale, mais également du monde artistique. A l’instar de la BBC ou du Sunday Times. Même Guy Garvey, le leader d’Elbow, est tombé sous le charme de sa voix. Et après avoir écouté son premier opus, difficile d’aller à l’encontre de leur avis.

Le dessin qui illustre la pochette d’« Under Mountains » évoque remarquablement l’univers lyrique au sein duquel sa musique baigne. Tels les épisodes d’un conte, les onze compos forgent un ensemble cohérent. Lewis Carrol n’est pas loin. Et surtout son « Alice au pays des merveilles ». Les orchestrations sont judicieuses et diversifiées. Les interventions des violons, du piano, de la guitare et de la contrebasse sont bien équilibrées. Et au cœur de ce paysage sonore parfaitement mis en place, la native de Carrbridge vient poser sa voix, aussi belle que parfaitement maîtrisée.

On est probablement en présence de la chanteuse de folk la plus douée de sa génération depuis  l’avènement de Joana Newsom. Et si un brin de logique régit la sphère musicale (NDR : rien de moins sûr !), ce talent à l’état pur devrait conquérir le Vieux Continent.

La jeune compositrice/interprète se produira ce 21 novembre au Café Vidéo de Gand.

 

Staff Benda Bilili

Bouger le Monde!

Écrit par

La magie qui opérait sur le premier opus de Staff Benda Bilili allait-elle s’estomper lors de la sortie de leur deuxième essai. Leur magnifique aventure était-elle éphémère ? Pas du tout ! Les Congolais ont ici l’ambition de « Bouger le Monde » et le pari, risqué, est remporté haut la main. Toujours inspirés par les effluves musicaux de Kinshasa, ces artistes handicapés ne se sont pas embourgeoisés, même si leur nouvelle livraison a été enregistrée dans un studio et non plus dans les jardins d’un zoo local ! On y retrouve la ‘satonge’ de Roger Landu (‘home made’ guitare faite de boites de conserve et de fils), responsable de sonorités si particulières, mais aussi leurs harmonies vocales très élaborées. En outre, leur mélange de blues, rumba, soukou et zouk libère toujours un groove unique en son genre. Enfin, leurs lyrics sont alimentés par des histoires de gangs (« Kuluna »), de religion ou encore puisent dans leurs propres expériences vécues dans l’une des villes les plus impitoyables de la planète. Il ne faut pas oublier que, victimes de la polio, la plupart des musicos du combo ont gardé de graves séquelles de la maladie. Ce qui ne les a pas empêchés de devenir musiciens. Même les Etats-Unis ont succombé et accueilli à bras ouverts les Congolais. C’est dire si le Staff Benda Bilili parvient à faire « Bouger le Monde » !

 

Joshua

Happy birthday

Écrit par

Joshua a dû attendre 2007 et la sortie de "Music And Chocolate" pour être reconnu auprès du grand public. Pourtant, le groupe de ‘street pop’ s'est formé, il y a dix ans déjà. C'est à l'Ancienne Belgique, une salle qui les a déjà accueillis à maintes reprises que la formation a décidé de célébrer cet anniversaire. Grâce au matraquage d'une station de radio nationale, beaucoup d'invités se sont joints aux fans de la première heure ; en outre, les fidèles de l'émission ‘The Voice’ semblent s’être mobilisés en nombre, ce soir.

Manque de bol, le set démarre un peu mollement, et je ne dispose que de trois premières chansons pour prendre des clichés. Tant pis, je profiterai mieux de la suite du concert. Joshua aussi, d'ailleurs, dont le manque d'énergie et de présence scénique s'atténue au fil des titres. Et anniversaire oblige, la setlist puise dans un large éventail de la discographie du band. Le nouvel album, "The Outsiders", on s'en rend vite compte, tranche franchement avec le précédent, "Animals Will Save The World", tout comme ce dernier avait marqué le pas par rapport à "Music And Chocolates". Parmi les titres interprétés ce soir, on épinglera une jolie version quasi a cappella d’"Animals Will Save The World" qui sera réinterprétée dans sa mouture originale lors du rappel. L'intensité du concert monte peu à peu, et surtout au fil des Jack Daniel's que les Bruxellois descendent ; et c'est dans une franche bonne humeur que la prestation d’une heure trente s’achève.

Un concert varié, plaisant, mais pas la claque que j’espérais. Dommage ! En outre, le départ de Matt, second chanteur capable de mettre un feu d’enfer aux planches, à lui seul, est regrettable. Petite consolation, Greg m'a dédicacé "Punk Rock Song", une de mes chansons préférées, grâce à mon t-shirt Ramones, qu'il avait repéré.

(Organisation Ancienne Belgique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Get Well Soon

Apocalypse Now !

Écrit par

On pourrait qualifier la pop baroque et mélancolique de Get Well Soon, de trop sophistiquée et cultivée. Un univers hermétique architecturé par Konstantin Gropper qui serait réservé aux intellos frustrés et déprimés. Il bâtit avec une dextérité improbable une musique hyper référencée d’écrivains et de peintres inconnus comme Henry Darger (coupable d’avoir publié un récit épique et mélancolique, illustré de quelque 15 143 pages !), mais également de cinéastes tels que Wim Wenders (‘Palermo Shooting’) ou Roland Emmerich (NDR : notamment réalisateur d’‘Indepedence Day’ et de ‘The Day After Tomorrow’). On pourrait aussi prétendre que le chant de Gropper serait aussi obsédant que celui de Casper le gentil fantôme, à mi-chemin entre un Patrick Wolf après une dépression nerveuse et un Thom Yorke se gargarisant. Venez l’écouter sur scène et vous changerez certainement d’avis.

Le jeune compositeur et multi-instrumentiste allemand élabore une atmosphère particulière. Sa pop lyrique à l’architecture foisonnante est issue d’un cerveau ingénieux et créatif. Ici, tout semble aller plus loin. Le jeune Berlinois de 30 ans use à l’envi de ses différentes expériences (conservatoire, cinéma, théâtre, philosophie et lettres...) et conjugue les genres pour explorer le nouveau. Une musique hybride qui relève davantage du génie que de la masturbation intellectuelle.

Une suggestion pour rater infailliblement la première partie d’un spectacle à l’Ancienne Belgique, un vendredi soir ? Rendez-vous y en voiture… Ce supporting act est assuré par David Lemaitre, un artiste prometteur qui pratique un electro-folk lo-fi. Sur les planches, il se produit sous la forme d’un trio. Fragile, éthérée et rêveuse, sa voix se promène quelque part entre Beirut et Bon Iver. Ce jeune Bolivien, Berlinois d’adoption, est parfaitement à l’aise dans son style. C’est même un virtuose. Empreint de délicatesse, son jeu de guitare est légèrement troublé par des vagues electronica douces et sautillantes. Un artiste à suivre dont vous pourrez découvrir l’univers sonore, lors de la sortie de son premier album prévu pour le début de l’année 2013.

Place ensuite à Get Well Soon. Deux ans après avoir accordé un excellentissime concert à l’AB Club, Gropper envahit à nouveau l’espace. Il est accompagné de 4 musiciens pour hausser le ton et donner plus d’étoffe ; pour apporter une dimension musicalement plus riche à son répertoire. Les ondes se modulent, montent et descendent, ne laissant pas le temps aux cœurs de réfléchir. Une vraie orfèvrerie pop gothico-baroque, puissante, romantique et ténébreuse. Une œuvre qui ne tombe cependant jamais dans le piège facile et pathétique du poète maudit en continuelle lamentation stérile.    

Un set où l’apocalypse est omniprésente. « Let Me Check My Mayan Calendar » coule d’un fleuve instrumental, easy-listening, sur fond de voix en lévitation (backing vocals et violon assurés par Verena Gropper, la sœur) et vient s’écraser sur les forêts électriques hargneuses de "You Cannot Cast Out The Demons (You Might As Well Dance)" lors d’un final noisy en déluge sonique. Tandis que, soudainement descendu de la canopée, le groove de "Courage, Tiger!" vient nous surprendre. D’abord discrète ("Prologue" et "The Last Days Of Rome") comme une ombre, la setlist se met à gronder comme une marche militaire balisée par ses voix déployées et son matraquage orchestral. Get Well Soon explose les carcans et fait virevolter leurs débris au sein d’un cyclone symphonique étourdissant. Un concert où le son paraît s’ériger comme un moment au mille lambris dont chaque morceau s’emplit d’une atmosphère singulière, toujours dense, lyrique et tragique. L’impression crispante que le sort sonore pourrait se briser à tout moment.

Un excellent concert qui se terminera sur les couleurs vives du premier album, par "I Sold My Hand For Food So Please Feed Me". Get Well Soon, toujours un grand moment pop !

Organisation Ancienne Belgique

 

Dernière Volonté

Requiem pour des ombres…

Dernière Volonté, c'est le projet du Français Geoffroy Delacroix, dit ‘Geoffroy D’. Avant de monter sur les planches du Magasin 4, ce 12 octobre, il nous avait accordé une interview, que nous vous invitons à lire ici . Organisé de main de maître par Michel Kirby (Elektrocution), le disquaire alternatif de la Rue des Pierres à Bruxelles, ce concert nous a permis de voir le groupe en action, dans des conditions idéales.

Il revenait à Néon Noir d’ouvrir la soirée. Une formation de darkwave qui donnait son premier concert. Un set qui m'a laissé sur ma faim, surtout en raison du style, un peu trop ‘cliché’, du chanteur...

Place ensuite à Mongolito, soit Marc De Backer, un musicien bruxellois bien connu de la scène alternative. Sa musique instrumentale, ‘dark ambient’, a littéralement envoûté le public. La structure de son expression sonore est constituée de loops (boucles) et de drones (bourdons) préenregistrés, combinés à une boîte à rythmes. Et par-dessus, Marc dessine en ‘live’ de nouvelles boucles ou des solos à l'aide de sa guitare Fender Stratocaster. Sur l’estrade, il joue assis et cache son visage derrière un masque. Derrière lui, des projections vidéo accentuent le côté sombre de l'interprétation. Les compositions évoquent Pink Floyd, Tangerine Dream voire Massive Attack et le jeu de guitare, très fluide, rappelle David Gilmour, bien sûr, mais aussi Jimi Hendrix (la pédale wah-wah!) Un concert fascinant. Le tout premier album de Mongolito, « Acedia », vient de sortir chez Hau Ruck Records, le même label que Dernière Volonté. A découvrir !

Après Mongolito, Solsturm, un groupe norvégien, a prolongé la magie grâce à son néo-folk très classique (on pensait beaucoup à Death In June) mais empreint d’une grande sensibilité.

Cependant, la majorité du public attend impatiemment Dernière Volonté. Le décor du concert est particulièrement dépouillé. Seul le logo du groupe figure en arrière-plan. La batterie comprend une grosse –pardon monumentale– caisse placée de biais sur un support, afin qu'Andy Julia, le percussionniste, puisse jouer debout. Les bougies disposées sur les côtés de la scène renforcent l'ambiance mystérieuse.

Une musique instrumentale et ténébreuse envahit l’espace. « Les Partisans » ouvre le set ; c’est un extrait du premier opus du groupe, « Obéir et Mourir » (1998). Le ton est donné. Il est d'emblée cérémonial, martial et hypnotique. Les deux musiciens entrent alors en scène et entament « La Source ». Geoffroy lance son cri de guerre, ‘Hey !’, puis embraie par une chanson issue de l’elpee « Les Blessures de l'Ombre ». Elle prend d'assaut un public déjà conquis d'avance. On est frappé par la puissance et la pureté du son. Geoffroy est, comme d’habitude, très discret, vêtu sobrement d'une veste militaire. Mais sa stature et son élégance constituent un point de focalisation naturel.

« Mon Mercenaire », le morceau suivant, est sans doute un des plus remarquables, ne fût-ce que par la ressemblance thématique avec « Mon Légionnaire » de Gainsbourg. Ici, le mixage est moins réussi. Les claviers sont quelque peu étouffés par les percussions. Il n'empêche, le public est emporté malgré lui dans une farandole macabre, qui s'amplifie lors du superbe « L'Eau Froide », hanté par un orgue lugubre.

« L'Ombre des Réverbères », tiré de « Devant Le Miroir », se développe en deux parties, comme c'est le cas pour les meilleurs morceaux du band. Après une accalmie prodiguée en milieu de parcours, une mélodie languissante et des paroles répétitives prennent possession de nos sens et enflent jusqu'à l'orgasme auditif.

Après le sautillant « Corps Languissant », le solennel « L'Eau Pure » et le classique « Songe d'un Matin d'Eté », le son glisse quelque peu vers l'électro. Issu d’« Immortel », Impossible » se colore de tonalités synthétiques, cristallines, voire 'kraftwerkiennes'...

Geoffroy saisit ensuite le micro et imprime à son corps un mouvement de déhanchement : c'est « Mon Meilleur Ennemi », la plage titulaire du dernier opus. On monte d’un cran dans la puissance et l'intensité. Andy Julia frappe furieusement sur ses fûts, et l’auditoire ondoie de plaisir... (Voir la vidéo ici: http://www.youtube.com/watch?v=21BG7ASwFKo). A la fin du morceau, Geoffroy esquisse un timide ‘Merci’ et on pense que le set est terminé ; mais il revient très vite pour interpréter un de mes morceaux favoris : « Rien à Aimer ». (Une autre vidéo ici http://www.youtube.com/watch?v=1yZA-XdC0QM ). Un riff d'accordéon synthétique est relayé par une rythmique irrésistible déclenchant un véritable tourbillon. Imbibés d’alcool, nos yeux se ferment pour mieux ressentir toute la force libérée par cette musique, qui prend toute sa dimension en ‘live’. La voix, frêle et émouvante de Geoffroy nous fait frémir et lorsqu’il ponctue sa prestation d'un ‘Merci, bonsoir’, on sort d'un rêve éveillé, mais bien trop court.

En rappel, le très dépouillé « Cœur de Légionnaire » clôture tout en douceur ce magnifique concert. J’avais déjà eu l’occasion de voir Dernière Volonté, de nombreuses fois en concert. Notamment à Waregem, Utrecht et Leipzig. Celui-ci aura été de loin le meilleur auquel j’ai pu assister, principalement grâce à la puissance ahurissante du son ainsi qu'à l'interprétation, beaucoup plus énergique de morceaux très bien choisis dans la vaste discographie du groupe. En sortant du Magasin 4, on a l'impression d'avoir assisté à une messe noire, une cérémonie rituelle, comme un éloge funèbre aux soldats morts au combat.

Malheureusement, Geoffroy D. a l'intention de prendre une pause, délaissant Dernière Volonté pour se consacrer à Position Parallèle, un projet minimal wave consacré aux sons de la musique électro des années 1970/1980. Il parle même d'une tournée, où il partagerait la scène auprès de sa célèbre bien-aimée. Aussi, on est impatient de découvrir ses nouvelles aventures…

(Photo Xavier Marquis)

 

Kanka / Weeding Dub ft. Fu-Steps

Ambiance Sound-System : Weeding Dub en terres conquises, Kanka déstabilisé.

Écrit par

Ce jeudi, c’est parti pour une soirée aux grosses lignes de basse. A peine arrivé à l’Aéro que la taille de la file me frappe. De fait, l’organisation a décidé d’ouvrir la grande salle pour cette soirée au public fidèle. Cette formule dévoilée il y a un an à la Maison Folie Moulins s’approprie un autre quartier lillois ce soir.

Weeding Dub (originellement du coin) prend possession des lieux et s’installe sur une scène où deux praticables se battent en duel. Rac d’effets, samplers, laptops, tables de mixages et autres machines sont en place pour une session bien calibrée qui réveille son public. La seule fausse note à mes yeux (NDLR : oreilles ?) procède des interventions intempestives et autres ‘Pull up’ qu’enchaînent les deux MC’s de Fu-Steps. Toutefois, nous ne pouvons reprocher au DJ de nous fournir une sélection des plus agréables dynamisée par un jeu de scène (DJ – MC’s) qui s’affirme au fil des morceaux. Bref, un super live qui a permis au public de se chauffer à bloc.

Un peu plus tard, Alexis prend place à jardin où trône son installation afin de prendre le relais pour nous servir une recette dub-stepper dont il a le secret. Accompagné de son bassiste (Chris B.), le set de Kanka peut commencer. Sauf qu’après la production léchée et (sur)puissante de son prédécesseur, le son nous paraît presque bizarre avec l’arrivée de ce bel instrument qu’est la basse dans un environnement de séquenceurs numériques. Les cordes ronronnent bien mais n’égaleront jamais celles qui sortent de l’ordino de Weeding Dub.

Toutefois, Kanka ne déçoit pas ses fans en leur réservant des versions et autres ‘specials edits’ de « Ya estas aqui » ou encore « Indian time ». Une belle prestation qui laisse cependant percevoir le manque d’assurance scénique du groupe...

Pour terminer cette soirée sympathique, les deux groupes nous ont concoctés un ‘Dub fi Dub’ (Un morceau/Un groupe). Weeding Dub ouvre le bal. Le son dispensé est beaucoup moins inspiré du reggae ; mais le public prend alors une véritable claque. Nous sentons ainsi la tension monter entre les deux protagonistes de Kanka qui se demandent peut-être que faire après un tel carnage. Ils n’ont pourtant pas à rougir d’enflammer l’Aéronef à ce point. Finalement, les choses vont très vite ; le trio lillo-rouennais lamine les enceintes et fait trembler l’infrastructure à l’aide d’un morceau envoûtant et on ne peut plus dansant. Rebondissement, Kanka qui n’avait pas ouvert la bouche de la soirée vient de dégotter un MC pour un avant-dernier morceau. Vous vous en doutez, c’est finalement Weeding Dub qui clôturera cette magnifique session comme à la maison.

En résumé, une production des morceaux sélectionnés plus équitable aurait été plus judicieuse, ainsi qu’une interprétation live. Mais le son était bon, la soirée bien pensée et les bonnes intentions de la partie. Seule une question persiste : le DJ-producteur est-il artiste ou simple machine à enchaîner les séquences préenregistrées ? Un débat qui permettra d’alimenter moult réflexions nocturnes.

(Organisation Aéronef)

Voir aussi notre section photos :  Weeding Dub et Kanka

 

Breton

Not Ready Yet

Écrit par

En publiant « Other People's Problems », un premier album surprenant et ultra-efficace, les Londoniens de Breton sont une des plus belles surprises de 2012. Et pour promouvoir l'un des disques les plus excitants de l'année, le quintet a effectué un second arrêt au sein de la maison Botanique. Date choisie, le 11 octobre, soit six mois jour pour jour après avoir accordé un concert archicomble à la Rotonde. Après une demi-année, on pensait que les Britons allaient casser la baraque, au point de pouvoir remplir sans problème une Ancienne Belgique. Mais le constat de cette soirée sera tout autre...

A quelques minutes de l'entrée en scène du quintet, amputé d'un membre pour la circonstance, le public est plus que clairsemé. Étonnant pour une formation de cette trempe, ayant réussi le sans faute lors de son premier passage en Belgique. Entre les quatre murs de l’Orangerie, peu de monde. Si peu, qu'un rideau dissimule un bon tiers de la salle. Côté public, aucune gêne occasionnée par d’éventuels grands dadais, tellement le parterre est clairsemé. Bref, ce n'est pas le succès de foule pour Breton, qui monte sur l’estrade sur le coup des 20h30.

Dès l'entame, c'est puissant, les quatre gaillards en envoient sans interruption jusqu'au troisième morceau, l'über bandant « Edward The Confessor ». Derrière eux, leurs créations vidéo défilent à la même mesure que les titres du set. De jolies projections qui justifient largement leur prétention multimédia. Entre les chansons, Roman Rappack s'exprime dans un français impeccable et propose l'une ou l'autre nouvelle compo plutôt bien foutue.

Sur scène, Breton se cherche encore et manque cruellement de charisme. Et vu la rage et l'ambition communiquées à « Other People's Problems », les deux tiers de la prestation laissent perplexe. Bien qu'ils soient entrés dans le vif du sujet au début de leur représentation, qui s’annonçait prometteuse, les quatre Londoniens perdent de la hauteur au fur et à mesure que les minutes défilent et proposent, finalement, un set en dents de scie. Au point de se demander si la formation présente sur l’estrade ce soir est bien la même qui a pondu un énorme premier essai. Même l'addictif « Jostle », placé en quasi fin de parcours, est à peine parvenu à retenir l'attention.

Breton, mouture ‘live’, pourrait être aussi bon qu'un Foals ou un Vampire Weekend, mais doit tout simplement encore prendre de la bouteille pour être aussi convaincant que dans sa version studio. On en reparle dans deux ou trois ans.

(Organisation : Botanique)

 

Des téléchargements gratuits chez !K7 Records

Écrit par

Pour fêter ses 27 ans d'existence, !K7 Records propose, en téléchargement gratuit, des morceaux exclusifs de son catalogue sous forme d'EP! Dépêchez-vous le 16 octobre, c’est déjà fini…

Pour plus d’infos : http://www.k7-27.com/tracks

 

 

Tame Impala

Lonerism

Drivée par Kevin Parker, Tame Impala est une formation qui a le vent en poupe. En 2010, la formation aussie (NDR : elle est issue de Perth) avait publié un superbe album intitulé « Innerspeaker », une œuvre sur laquelle figurait le splendide single « Solitude is bliss ».

Ce premier elpee brassait une multitude d’influences pour les transformer en psyché/rock à la fois brillant et revivaliste.

Plus homogène, leur second essai est plus structuré, maîtrisé même, et accorde davantage d’importance à la sensibilité mélodique pop, sans pour autant se départir de ses pulsions expérimentales néo-psychédéliques. Des pulsions que le combo australien a sans doute chopé en écoutant ses classiques de l’histoire du rock. Depuis le Floyd de Syd Barrett à Radioahead, en passant par The Cream, Hawkwind, Rare Earth, Supertramp, Burning Brides, The Warlocks et Black Angels. Sans oublier le shoegaze (NDR: notamment Ride et Pale Saints) ainsi que le stoner (NDR: pensez à Kyuss).

Conséquence, la formation adopte plus souvent un format chanson, à l’instar de « Be above it », « Endors toi », « Mind mischief », « Keep on lying » et plus particulièrement encore sur les singles « Feels like we only go backwords » et « Elephant ». Et ces compos se révèlent à la fois classieuses et ingénieuses. Visionnaires également. Tirant parti de rythmes hypnotiques ou explosifs, de claviers intergalactiques ou vintage, de synthés aventureux, de percussions languissantes et de cordes de guitare réverbérées ou en boucle.

Et c’est David Fridmann (Mercury Rev, The Flaming Lips, MGMT) qui s’est chargé de mixer cet album à la fois captivant, coloré et surtout parfaitement réussi.

 

Scissor Sisters

House Of Fun

Écrit par

Depuis 2004, année de leur reprise couillue du « Comfortably Numb » de Pink Floyd, les Scissor Sisters excitent leur public à travers des mélodies contagieuses et des textes parfois subversifs ou ridicules, mais souvent cocasses. Après avoir publié trois disques résolument pop, la formation new-yorkaise nous propose son quatrième labeur, « Magic Hour », un opus qui confirme son statut d’entertainer. Un plaisir coupable qui se déclinait en live et en couleurs sur la scène de l’AB ce 8 octobre. Et à guichets fermés, siouplé !

‘Let’s Have a Kiki’ ! Les Scissor Sisters débarquaient à Bruxelles pour la seconde fois depuis 2004. Sold-Out assuré. Et pour fêter leur retour sur des planches de notre capitale, le quatuor a généreusement confié la lourde tâche d’assurer la première partie à leur collaborateur, DJ Sammy Jo. Résultat : de l’electro-pute répétitive et assommante, à moins d’avoir déjà quelques verres au compteur. Et le calvaire va se poursuivre jusqu’à l’extinction des lumières. Soit vers 21h. Heure à laquelle les surnommés Del Marquis et Babydaddy entrent en scène, accompagnés de deux choristes et de deux musiciens complémentaires, claviers et grosses caisses, sous les lumières de gyrophares placés aux quatre coins de la salle.

Le fameux logo de la bande est projeté en arrière-plan lorsque démarre le premier morceau de la soirée, « Any Which Way ». Ana Matronic et Jake Shears opèrent ensuite leur apparition devant un parterre composé aux 2/3 de mecs déchaînés. Ana Lynch, aka Ana Matronic, est resplendissante dans sa petite robe jaune à petits pois ; mais celui qui retient l’attention du public, c’est évidemment Jason Sellards, alias Jake Shears, qui rend tous ces messieurs hystériques. Les pas de danses subversifs s’enchaînent à la même vitesse que les morceaux « Baby Come Home », « Keep Your Shoes » et « Kiss You Off ».

On sait tous que l’AB jouit d’une excellente acoustique. Mais ici, le son était parfois bien trop parfait que pour être tout à fait honnête. Certains titres du set laissent bizarrement penser que quelques portions de ce dernier sont interprétées en playback. Mais le spectacle sur scène (et parfois dans le public) reste entier. Un « Take Your Mama » aux couleurs de l’arc-en-ciel précède de près l’un des morceaux les plus attendus de la soirée ; en l’occurrence le single « Let’s Have A Kiki », un titre électro un peu débile mais assez addictif. Ce qui représente plutôt bien la troupe, qui a même offert son propre site internet au morceau (http://letshaveakiki.com/ ). Suivront une version acoustique de « Mary » et un « Comfortably Numb » boosté à la guitare.

En guise de bouquet final, « Invisible Light », « Shady Love » (morceau originellement interprété en compagnie d’Azealia Banks, remplacée ici par une des choristes) et le classique « I Don’t Feel like Dancin’ » enflamment littéralement parterre et gradins. D’autant plus que Jake tombe la chemise, très vite imité par quelques gars de l’assemblée à la demande d’Ana. Par la même occasion, cette dernière fustige gentiment les quelques malheureux qui ont pris place sur les sièges du 1er étage.

Lors du rappel, « Only The Horses », premier extrait de « Magic Hour » fait doucement retomber la pression avant le déchaînement de guitares du très moyen « Music Is The Victim ». La bande aurait gagné à inverser les deux titres ; mais vu la joie manifeste du public, les Scissor Sisters peuvent une nouvelle fois s’écrier ‘veni vidi vicci’.

(Organisation : AB)

 

A Place To Bury Strangers

A fond les curseurs…

Écrit par

Ce lundi 8 octobre, l’Orangerie s’attendait à trembler sous les coups de butoir de A Place to Bury Strangers (APTBS), un groupe issu de Brooklyn, dont le volume sonore dispensé lors de ses concerts, est considéré comme un des plus élevés, sur la scène rock. Une réputation qui n’est pas usurpée, et on va pouvoir le vérifier, ce soir…

Il revenait à la formation gantoise, Räpe Blossoms, d’ouvrir les hostilités. Le quatuor, monte sur l’estrade vers 20 heures. Leur set ne durera qu’une bonne demi-heure. Une prestation au cours de laquelle, ils sont venus défendre leur premier Ep, « Starving Vultures at 7-eleven ». Et manifestement, ils ne font pas dans la dentelle. Pourtant, on ne peut pas dire que les quatre musicos ont le physique de leur musique. Une musique bien dans la lignée d’APTBS. Pas pour rien que le combo a été choisi pour assurer le supporting act. Le show tient bien la route et intéressé, le public semble réceptif. Une belle découverte et surtout un groupe à suivre…  

C’est donc vers 21h que les choses sérieuses débutent. Oliver Ackermann (guitare/chant), Jay Space (batterie), Dion Lunadon (basse) débarquent sur le podium. Dès les premières notes ou plus exactement les premières sonorités, le trio new-yorkais annonce la couleur. Une coloration sombre, très sombre. Une chose est sûre, ils ne sont pas là pour rigoler. Leur musique est lourde, accablante, voire écrasante. Certains spectateurs ne parviennent pas à résister à ce mur de son, et désertent les lieux, parfois même soutenus par des proches. Pendant une bonne heure, nos tympans vont être mis à rude épreuve. Le climat est ténébreux, malsain. Stroboscopes, faisceaux lumineux ou projections d’images irradient le podium en alternance. Le tout est fréquemment voilé par un écran de fumée. Pas ou peu d’éclairage en front de scène. Si bien qu’on n’entrevoit les visages des musiciens que très épisodiquement. Pas de communication entre les musicos et la foule. Ils vivent dans leur trip. A Place to Bury Strangers enchaîne essentiellement les morceaux issus de « Worship », leur dernier elpee paru en juin. Les coups assénés par le drummer sur ses fûts sont meurtriers et hypnotiques. Les accords de guitare ainsi que la voix sont noyés sous des vagues de reverb’. Ackermann et Lunadon n’hésitent pas à se lancer dans des exercices de style bruitistes et expérimentaux, moments au cours desquels, ils se déchaînent en brandissant leurs grattes dans tous les sens, quand ils ne leur réservent pas un mauvais sort. Manifestement, ils ne sont pas trop attachés à leurs instruments. Et si on peut parfois leur reprocher d’en remettre une couche, les rares moments d’accalmie ont quand même permis quelque peu de souffler. Avant que l’expression sonore ne remonte en décibels…

Dévastateur, ce concert a confirmé la notoriété du groupe, comme un des plus puissants de sa génération. Ce qui ne les a pas empêchés de nous délivrer une excellente prestation…

(Organisation Botanique)

 

Les Heures InD 2012 : 5, 6 et 7 octobre

Écrit par

Un ciel d’automne déborde de chagrin, comme un lavis peint par Emile Zola.
Et moi, et moi, et moi.
Liège s’arc-boute, laissant tomber son manteau de pluie pour accueillir ses enfants transis.
Et s’illumine de toutes parts comme pour réchauffer les cœurs meurtris.
Patchwork d’événements éparpillés aux coins de la ville.
Sonorités urbaines, renaissance cold wave : tous unis dans la même idylle.
Liège éclectique, à l’instar de cette affiche InD.
Liège plurielle, pour un festival scindé.

Projeté dans un bain de jouvence dès le premier soir, je nage à contre-courant.

Et pourtant l’ambiance demeure bon enfant.

Mon grand âge ainsi que le misérabilisme tragique et romantique qu’il traîne ne pourront appréhender le menu de ce vendredi, sans une once de scepticisme.

Je concède donc volontiers le savoir faire de Foreign Beggars dont l’entrain communicatif reste le fer de lance d’une musique somme toute assez conventionnelle dans le registre ‘Say Oh-Say Yeah-c’est tout’.

Quant à l’absolu génie commercial d’OrelSan, il envoie mille cinq cents spectateurs euphoriques en apesanteur, et me projette dans le temps et un espace bien plus approprié à mes rhumatismes auditifs.

Exit donc, les jeunes, place aux anciens.

Dans une ambiance nettement plus sobre, se déclinent alors les sonorités graves et parfois teintées de sépia, d’artistes hors du temps, hors des modes.

Auparavant, V.O. se sera collé comme le miel à la bouche, tout en douceur.

Et Lescop, sensation hexagonale aura remis au goût du jour les surgelés d’un Etienne Daho enduit de mascara.

L’occasion de constater que c’est sur la corde monotone d’un organe vocal limité que se joue la New Wave de la New Wave. Et que quelques belles envolées soniques en fin de set, peuvent enterrer les premiers doutes semés dans la forêt.

Oui, ce garçon ténébreux a la capacité de nous entraîner dans son sillage et nous perdre dans la syntaxe de ses textes obscurs.

Quand arriveront les heures Hindoues.

Mais pour l’instant, c’est aux majestueux Tindersticks que nos sens s’abandonnent.

Livrés à eux-mêmes dans les tourments de l’existence, offerts à cette musique qui défile comme la bande son de nos vies, battant nos tympans comme le ressac dans nos océans de tristesse.

Tragique et romantique, je le répète !

D’abord « Blood » monte à la tête. Puis s’ensuit une paralysie quasi générale. Lente, vénéneuse. Pour enfin s’envoler et s’estomper dans le sillage des amertumes.

Apaisé en apogée par un « Medicine » feutré.

Sobre, efficace. Un rien trop calme. Un rien trop bref.

Puis le vent se lève dans la peine, au chant d’un certain Dominique A.

Je vois les nuages passer

Le ciel s'ouvrir

J’écoute la rivière se taire

Noyant un lyrisme exacerbé dans un tourbillon de guitares tour à tour rugissantes ou contrôlées, le Français est traversé par des lueurs, de ces lueurs qui déchirent les persiennes.

Magnifique et souriant, dépouillé des cuivres du début de tournée, il s’ouvre au public, et se confie en diagonale.

Certes maniéré, ce qui en agace plus d’un, son chant perclus de gimmicks berce néanmoins cette nuit humide et froide.

« Le courage des oiseaux » revisité valant à lui seul le détour.

Enfin, soumis aux émanations d’alcool, les corps se libèrent dans la chaleur de la salle voisine, pour une soirée battue aux sonorités d’hier.

Demain, il fera moins froid.

Et comme disait Daho :

Oublier cette putain de pluie, la nuit est finie

Peut-être enfin demain nous appartient

Et de fait, le soleil s’immiscera dans cette après-midi de dimanche.

Quant à votre serviteur, il manquera à l’appel de cette dernière journée, au cours de laquelle, le ouaté de Cold Specks se sera mélangé aux tonitruantes expérimentations de Benjamin Schoos et de son septuor accoquiné pour l’occasion à Damo Suzuki, et au classicisme façon Burgalat.

Heures InD, rentrer tôt
Tôt ou tard c'est comme on le sent
Et j'ai l'idée de m'élever dans l'espace
Oublier ce putain d'ennui, la nuit est finie
Je sais enfin que demain nous appartient.

 

Ben Harper et Charlie Musselwhite en duo !

Écrit par

Ce 29 janvier 2013 paraîtra le premier album de Ben Harper pour Stax Records, un disque enregistré en compagnie de la légende du blues, Charlie  Musselwhite. Intitulé « Get Up! », il a été enregistré à Los Angeles. Il s’agira du 12e album elpee de Ben, un long playing qui fait suite à « Give Till It’s Gone », publié en 2011.

Pour écouter le titre I Don’t Believe a Word You Say c'est ici

http://www.benharper.com

 

www.facebook.com/benharper

 

Ultraista permet à Nigel Godrich de passer de l’autre côté de la console…

Écrit par

Ultraista est un trio anglais réunissant Laura Bettinson, ainsi que les multi-instrumentistes Joey Waronker et Nigel Godrich. Leader du projet, Nigel se charge également de la mise en forme.

On connaît surtout Godrich pour son travail de production opéré chez Radiohead. Il est d’ailleurs considéré comme le sixième membre du groupe par Thom Yorke, tellement son influence sur le son du groupe est conséquente.

Chez Ultraista, les influences sont multiples: afrobeat, musique électronique et pop.

L’album sera dans les bacs dès le 17 octobre mais la vidéo du titre « Smalltalk » est disponible sur le lien suivant : http://www.nme.com/nme-video/ultraista-feat-nigel-godrich---smalltalk/1631277292001

Pour plus d’infos : www.facebook.com/Ultraista

Tracklisting :

1. Bad Insect  - en écoute ici 
2. Gold Dayzz
3. Static Light
4. Strange Formula
5. Our Song
6. Easier
7. Smalltalk
8. Party Line
9. Wash It Over
10. You're Out

 

The Bony King of Nowhere seul au monde.

Écrit par

Quelques mois après avoir publié le très réussi « Eleonore », Bram Vanparys, alias The Bony King of Nowhere, publiera son nouvel opus ce 22 octobre.

Même si The Bony King of Nowhere a toujours été le projet d’un seul homme, il s’était néanmoins toujours entouré de collaborateurs pour enregistrer ses compositions ou accorder ses concerts.

Pour concocter son troisième, Bram n’a fait appel à aucune aide extérieure.

Résultat des courses, ce disque folk intemporel s’inscrit dans la lignée de Leonard Cohen, Townes van Zandt et de l’inévitable Bob Dylan.

 Pour écouter la chanson « Travelling Man », c’est ici

Pour plus d’infos : www.thebonykingofnowhere.be

 

 

Les murs du monde construits par Katie Melua…

Écrit par

La nouvelle vidéo de Katie Melua est visible sur la toile. Elle s’intitule « The Walls of the world ». Et c’est ici

En outre, elle se produira en concert ce 20 octobre 2013 à Forest National.

 

Saule au pays de Gulliver…

Écrit par

« Géant », c’est le titre du nouvel album de Saule qui paraîtra ce 5 novembre. En attendant, il nous en propose le clip de « L’Economie des Mots », un extrait de cet elpee ici 

http://www.dailymotion.com/video/xthzsz_waf-s12-teas-studio-prev1_music