La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

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La naphtaline symphonique d’Ez3kiel

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C’est Samuel Petit qui a immortalisé sur un Dvd, l’enregistrement qu’Ez3kiel a accordé au Grand Théâtre de Tours, en juin 2011, en compagnie de l’Orchestre Francis Poulenc du conservatoire du chef-lieu d’Indre-et-Loire.

Deux années de travail ont été nécessaires pour mettre le tout en forme. Inspiré de l’album « Naphtaline », il a été entièrement réarrangé par Stéphane Babiaud du groupe EZ3kiel, devenu également chef d’orchestre pour la circonstance, pour le transformer en version orchestrale…

 

 

De la pierre et du bois pour Anstam

Écrit par

L’Allemand Lars Stöwe, aka Anstam, a annoncé la sortie de son second album. Il paraîtra ce 26 octobre prochain.

Un premier extrait de « Stone and Woods » est disponible ici :

Tracklisting:

1. ‘Morning Shiver Down The Black Wood River’
2. ‘Hope’s Soliloquy’
3. ‘Me And Them’
4. ‘Heart’s Soliloquy’
5. ‘My Dreams Are Made Of Steam’
6. ‘Handsome Dances The Dance’
7. ‘Time Will Show You Who I Am’
8. ‘The Herald And The Lamb’
9. ‘Shoulders’

 

Reptile Youth, clap 1ère !

Écrit par

Responsable d’une musique post-punk, Reptile Yout est une formation danoise dont le premier album, très attendu, paraîtra ce 24 septembre 2012. Il a été produit par Dave M. Allen (The Cure, Human League) et Mark Ralph (Hot Chip).

Les titres suivants sont déjà visibles sur Youtube :

"Shooting Up Sunshine"
http://youtu.be/cX5fCph-2zc

"Black Swan Born White (S.C.U.M Remix)"
http://www.youtube.com/watch?v=5oOunh5xOEQ

"Black Swan Born White"
http://www.youtube.com/watch?v=xL4jVZZ0h1o

"Speeddance"
http://www.youtube.com/watch?v=ts6nZPbhwTo

Tracklisting

1. Black Swan Born White
2. Morning Sun
3. Dead End
4. Speeddance
5. By My Yoko Ono
6. A Flash In The Forest
7. Shooting Up Sunshine
8. It’s Easy To Lose Yourself
9. Heart Blood Beat

10. Fear

 

Fur Coat préfère l’esprit à la matière.

Écrit par

Le 17 septembre, le 1er album du duo Fur Coat paraîtra sur le label Crosstown Rebels.

Trempée dans l’électro ‘dark’, mais dansante,  « Mind Over Matter » est le résultat des cerveaux surchauffés des producteurs vénézuéliens Sergio Munoz et Israel Sunshine.

Les sessions d’enregistrement ont bénéficié du concours de Mel Blatt (All Saints) et du MC new-yorkais Rap Lisa.

Tracklisting

1- Mind Over Matter (Intro)
2- Those Days
3- Pettit Pillow ft. Rap Lisa
4- She´s All Good ft. Big Bully
5- Falls Away ft. Mel Blatt
6- The Man of the Hour (Interlude)

7- Spirit
8- Going Nowhere ft. Stee Downes
9- Change Resistance
10- You And I ft. Cari Golden
11- Space Ballad ft. Argenis Brito
12- Understand What I Do ft. Big Bully
13- This is the End

http://www.crosstownrebels.com
http://www.facebook.com/pages/Fur-Coat/201228743228492

 

Cat Power

Sun

Que le temps passe vite. Il y a déjà 4 ans que Chan a publié « Juke box », un album de reprises. Et son véritable dernier opus studio, « The greatest » remonte déjà à 2006 ! Après avoir proposé une musique minimaliste, fruit de la rencontre entre folk, country, blues et rock, Chan Marshall, aka Cat Power, s’est orientée vers la pop et la soul. Enregistré à Memphis, « The greatest » avait ainsi été enregistré à Memphis et bénéficié de la participation de vétérans impliqués dans les backing groups d’Al Green et de Booker T.

Découpé en 11 plages, le nouvel elpee baigne dans une pop rafraîchissante, visionnaire, chaleureuse, agréable et pleine de tendresse. Il y a un zeste d’électronique. Des rythmes stimulants. Et puis quel bonheur de retrouver la voix mélancolique, légèrement rauque de Chan. Parfois un peu trafiquée. Pas nécessairement une bonne idée. Un disque sur lequel figure le presque dansant « Ruin », paru en single, et puis une longue plage intitulée « Nothing but time », qui rend hommage à Bowie, pour laquelle elle a reçu le concours d’Iggy Pop. Un retour surprenant !

 

Fabrizio Cammarata

Rooms

Écrit par

Pas facile pour un artiste italien au physique d’Apollon de se s’offrir une certaine crédibilité dans le milieu folk ; surtout lorsqu’il enfonce le clou et se met en scène tel Eros Ramazotti sur la photo qui illustre son album… Mais, dès l’inaugural « All I Know », on est prêt à oublier cette faute de goût pour élever Fabrizio Cammarata au rang du Suédois Jens Kristian Mattsson (The Tallest Man on Earth) voire du Gantois Bram Vanparys (The Bony King of Nowhere). Sa voix est douce et nasillarde, dans un registre proche de Bob Dylan. Flanqué de son groupe, The Second Grace, le songwriter a, en outre, le bon goût de varier les ambiances. De son second opus, on épinglera le plus électrique « Alone & Alive », une plage fouettée de rythmes caribéens, « Misery », dont les interventions à la slide peuvent rappeler celles d’un Ryan Adams, ainsi que le très réussi « Myriam », morceau au cours duquel guitares et le violoncelle font bon ménage.

On comprend mieux pourquoi Fabrizio Cammarata a tourné en compagnie d’Iron & Wine, mais également de Devandra Banhart… « Rooms » est la preuve vivante que les clichés ont la vie dure. Ce Sicilien (Palerme) pourrait bien placer son île sur celle du folk européen. Car manifestement, il n’a plus de frontières…

En concert le 7 octobre 2012 au DD12 de Moerbeke-Waas.

 

Low

La musique est un langage universel…

Écrit par

Une drôle d’aventure a précédé la réalisation de cet entretien. Low annoncé dans le cadre du festival Cactus, je signale mon intention au label qui distribue la formation de réaliser une interview en compagnie du groupe. Trois semaines avant leur passage à Bruges, l’attaché de presse introduit la requête officielle auprès du label. Aucune réponse. Il tente même un dernier essai via la cellule organisatrice de l’événement. Silence radio. Bref, c’est sans issue. D’autant plus que ce 7 juillet, vers quatre heures du mat’, un SMS me confirme la fin de non recevoir. Pourtant, au cours de la matinée, une petite voix me souffle qu’il reste un petit espoir. Donc je passe deux bonnes heures à griffonner des questions, en me disant qu’elles pourront peut-être servir ultérieurement… Après le set du trio, je retourne au stand presse. Soudain, j’aperçois Alan Sparhawk en conversation avec quelques VIP. J’attends patiemment qu’il termine ce conciliabule pour l’approcher et l’interpeler. Je lui explique les péripéties qui ont émaillé la demande d’interview. Et il me demande si je suis prêt à tenter le coup. OK, mais ce sera sans filet…

On se retrouve donc dans la loge du groupe. Le bassiste est couché sur une banquette et semble se défouler sur un gameboy. Mimi Parker (l’épouse d’Alan) et le tour manager sont face à leurs portables, sans doute absorbés par leurs ‘chats’ échangés sur internet. Le temps de préparer le matos et on entre immédiatement dans le vif du sujet…

Pour enregistrer son dernier opus, la formation a reçu le concours de quelques invités. Dont Matt Bekcley (Katy Perry, Avril Lavigne, Vanessa Hudgen), à la coproduction, aux arrangements de cordes et au mixing. Il participe également aux harmonies vocales. Puis, la violoniste Caitlin Moe et surtout le guitariste de Wilco, Nels Cline, que nous avions eu l’occasion d’interviewer, dans le cadre du festival de Dour, en 2007. Un Cline dont la liste des collaborations est impressionnante. Alan précise « On se connaît depuis longtemps. Même avant qu’il ne rejoigne Wilco. Lors des sessions d’enregistrement, c’est lui qui s’est chargé des soli. On s’est croisé il y na une quinzaine de jours. En fait, Wilco se produisait au même endroit que nous. Et on a passé un moment ensemble ».

A propos de coopérations, Low n’est pas en reste, puisqu’il développe différents projets parallèles. Musicaux, mais pas seulement. The Retribution Gospel Choir, d’abord. Un combo responsable de deux excellents opus, dont le remarquable ‘2’, paru en 2010. « On essaie de jouer autant que possible. ‘2’ est un excellent album. On en a extrait un single avec 4 chansons. La formation a l’intention d’enregistrer d’autres disques. » The Hospital Choir ensuite. « On a sorti un single qu’on interprète encore. On a accordé de rares concerts, mais jamais accompli de tournée ». Black Eyed Snakes encore. « Ce concept remonte déjà à quelques années. En fait, on s’est investi pour des tas d’amis (NDR : Rivulets, Haley Bonar, etc.), mais toutes ces entreprises nous ont coûté beaucoup d’argent. On a mis la pédale douce, maintenant. On s’est encore embarqué dans l’aventure The Murder of Crows, dont la violoniste s’appelle Gaelynn Lea. Le disque est instrumental et, je pense, s’inscrit dans la lignée de Dirty Three. » Egalement une pièce de danse contemporaine baptisée ‘Heaven’. « On a été très occupé par ce projet pendant deux ans. Il ne se limitait pas à la bande originale. On a aussi participé à la représentation. Qui a exigé énormément de travail. Bien plus que lors d’une tournée d’un groupe de rock’n’roll. Mais c’est énormément de boulot pour très peu de spectacle. Et rien n’a été ni enregistré, ni filmé. C’est étrange et frustrant à la fois… » Humanitaire enfin : la construction d’une école au Kenya. « Ce n’était pas un grand sacrifice. On connaissait un ami qui vivait dans un village masaï et on lui a demandé ce qu’on pouvait faire pour les aider. Donc on a accordé quelques shows à la Noël dont les bénéficies ont été versés à cette cause. On aurait pu en faire davantage. Et puis, c’était une opportunité pour visiter ce coin d’Afrique. Un endroit incroyable ! Mais en fait, c’est plus le responsable de l’opération qui était engagé. Nous on a simplement financé le projet. C’est tout ! »

Daniel Lanois se produisant au cours de la soirée, en vedette, il était intéressant de demander si un album de Low pourrait un jour être produit par le Canadien. Et comme il est à la même affiche, pourquoi ne pas lui proposer, éventuellement, ce soir… Alan réagit : « Il en avait été question, il y a quelques années. C’était une idée qu’il avait en tête, à l’époque où il avait son studio à la Nouvelle-Orléans. On y était même allés, mais il n’y a pas eu de suite. Ce sera peut-être pour une autre fois. La porte reste ouverte… » Mais n’est-ce pas aussi un problème de coût ? Alan admet : « Oui probablement. Et puis, chez Lanois, il a des aspects que j’apprécie et d’autres moins. Son univers est tantôt proche du mien. Notamment dans la manière de jouer de la guitare. Dans la recherche de l’esthétique. Tantôt aux antipodes. C’est plutôt une relation amour/haine… »

Neil Young et Dylan sont deux artistes auxquels Alan voue une grande admiration. Il confirme. « Oui, en fait, ils viennent plus ou moins de ma région (NDR : le Minnesota est un Etat du Mid-Ouest des États-Unis, dont la frontière Nord est formée par les provinces canadiennes du Manitoba et de l'Ontario). C’est un peu une fierté d’appartenir à cette zone d’Amérique où ont grandi Neil Young (NDR : il est né à Toronto) et Dylan (NDR : Le Zim, à Duluth). Il est certain que Neil Young me parle et plus récemment Dylan. A un certain moment, tout artiste doit être confronté à de grands songwriters. Ce qui fait sens. J’ai écouté de manière obsessionnelle les albums de Dylan. Même les bootlegs. C’était il y a deux ou trois ans… »

A propos de Neil Young, en assistant au set accordé juste avant cet entretien, j’ai ressenti chez Alan, dans sa manière de jouer, le feeling du ‘loner’. Et puis, parfois, quand le tempo s’élève, un rythme tribal que l’on retrouve chez les Indiens d’Amérique. « C’est intéressant ce que tu me dis. Au départ, notre style est minimaliste. Mais le minimum de musiciens doit être capable d’en faire le maximum. C’est un peu comme si j’avais recours à d’autres collaborateurs. Au fil du temps, on est parvenu à créer de l’intensité sans avoir recours aux rythmes normaux du rock’n’roll, sans ses trucs et ficelles. Par rapport au set, je suis d’accord avec toi. Tout d’abord je joue d’une Les Paul, comme lui. Mais ma manière de jouer est plus relâchée. Moins précise. Perso, c’est très expressif. C’est dans l’instant présent, dans le feu de l’action. Et à un certain moment, je m’autorise ce genre d’extra. C’est un peu comme si j’utilisais les mêmes outils que Young. Mais ce n’est pas intentionnel, c’est plutôt comme une mutation, une dérive dans mon jeu. Après une vingtaine d’années de pratique de la guitare, j’essaie d’en jouer le plus spontanément possible… »

Pour Sparhawk, la musique véhicule une forme de spiritualité. Peut-être comme le gospel… Il s’épanche : « La musique est un langage universel. Elle n’est pas nécessairement spirituelle. Ce n’est pas une religion. C’est une langue que nous parlons. C’est la raison pour laquelle tout le monde l’aime, depuis les temps immémoriaux. Dans ce domaine, l’expérience la plus importante de mon existence est apparue, lorsque je me suis rendu compte que je touchais à la réalité, à la vérité. Et c’est chaque fois arrivé lors d’un moment en relation avec la musique. Une bonne partie de ma foi se décline autour d’elle. Depuis mon enfance. C’est une révélation qui me permet de voir la vérité à travers une chanson spécifique. Comme serviteur de Dieu, c’est la foi pour mon Eglise, un prophète ou même Joseph Smith (NDR : fondateur du mormonisme) qui me pousse à écrire. Ce qui peut sembler stupide ; mais beaucoup de gens comprennent ce que je raconte, car de nombreuses expériences spirituelles sont liées à la musique… »

(Merci à Vincent Devos)

 

Bucolique 2012 : samedi 25 août

Fuyant une actualité devenue folle (la mort d’un cycliste qui a marché sur la lune et le visage du Christ défiguré par une vielle dame aux talents incertains), votre paire malicieuse s’est abritée ce week-end dans un havre de paix, logé au cœur du Condroz.

Relogé aux pieds du château de Ville-My pour sa septième édition, le Bucolique reste, à bien des égards, un événement hors du commun.

Prouvant si besoin est qu’il n’est nul besoin d’attirer des stars internationales pour concocter une affiche de choix. 

 Au menu, éco-responsabilité, nourriture de qualité à prix défiant la concurrence, joutes théâtrales, fanfares endiablées, et surtout, surtout, quelques fleurons de notre pays, loin d’être plat quand on aborde son versant musical.

Samedi 25 août.

Appréhendés par une vache au regard hagard et sollicités par une coccinelle hérétique, nous arrivons en retard sur le site verdoyant du festival, absolument confus et contrits à l’idée d’avoir manqué The Themis et de devoir ici relater les impressions d’un spectateur ou l’autre trié sur le volet.

Hélas, après de vaines recherches, il nous sera impossible de retrouver l’une des trois personnes présentes à cette heure précoce du jour.

A vrai dire, Recorders a déjà entamé son set, et le public est encore parsemé sous la toile du chapiteau, alors que nous nous y engouffrons.

Armé de bonne volonté, le jeune combo s’évertue à sensibiliser la maigre assistance à force de mélodies teintées sombrement d’une vague loin d’être nouvelle.

Si le single « Someone Else’s Memory » jouit d’un certain intérêt sur les ondes positives d’une certaine radio FM, le résultat en ‘live’ reste encore pâlichon et demande à être réexaminé dans des conditions plus propices.

Le public recèle encore de nombreux curieux mal éveillés quand Gaëtan Streel et ses quelques musiciens décident de poser leurs valises emplies de rêves et d’escapades ensoleillées sous les projecteurs de l’unique scène du jour.

Amputé d’une bonne partie de son groupe et rejoint in extremis par sa claviériste, le talentueux Liégeois distille son folk aérien ; et comme d’hab’, l’artiste est de charmante humeur.

Le répertoire issu de son premier et élégant premier album (« One Day Day At A Time » publié chez Jaune Orange), enrichi d’un inédit en mode test, ravit les grappes d’auditeurs qui commencent à se former, et timidement se regrouper.

Habitué à se produire devant bien plus de peuple, Gaëtan affiche pourtant la même volonté de donner le meilleur de lui, et offre ses chansons avec autant de générosité qu’il ne nous gratifie de son sourire.

« Whatever I Shall Say » et « I’m Gonna Get Through Fall » lancés en éclaireurs dans les brumes épaisses de nos esprits encore anesthésiés par la nuit Electro de la veille, et en arrière plan, ces images cinématographiques qui s’impriment dans nos imaginaires à l’écoute de ces pépites pop, tantôt sucrées, tantôt enlevées, toujours empreintes d’une douce nostalgie ensoleillée.

Quelques bouffées de soleil plus tard, nous sommes confrontés à une grande énigme : Stereo Grand.

La première impression que la formation nous avait laissée, en mai dernier, à Liège, était pour le moins mitigée.

Il faut dire que le groupe cultive un sens quelque peu démesuré du spectacle.

Une scénographie fort imposante. Des éclairages sophistiqués destinés à jouer sur les contrastes blancs. Des milliers d’euros de matériel. Bref, un équipement qui fait quelque peu tache dans un cadre bucolique.

Du coup, on craint une poussée d’ego surdimensionné et d’arrogance mal à propos.

Que nenni !

Les compos sont certes ultra communément pop, mais elles lorgnent avec insistance outre-Manche voire outre-Atlantique ; cependant, l’interprétation ne manque ni de gouaille, ni de panache et la maîtrise est parfaite. Conclusion, SG ne se la joue absolument pas en conquérants.

Si ces jeunes gens bien propres sur eux se rêvent sûrement plus à Wembley qu’en plein cœur d’une nature campagnarde, et bien sur scène, cet état d’esprit ne transparaît pas.

L’habit ne fait donc décidément pas le moine. Ce qu’illustre parfaitement ce combo belgo-écossais au travers de son album « The Invisible Wall ».

Malheureusement, pour d’affreuses raisons de timing, le set doit être écourté.

Alors, humbles et nimbés de couleurs, le Stereo Grand s’en est allé.

Laissant derrière lui une excellente impression.

L’heure est au grand écart, en compagnie de BRNS, quatuor qui confirme tout le bien qu’on dit de lui, et ce, de prestations en prestations.

Une explosion de contrastes entre atmosphères nuancées.

Inventive sans être rébarbative, leur musique semble embrasser plusieurs styles tout en se révélant particulièrement cohérente, formant un patchwork résolument emballant, le tout dans une bonne humeur communicative.

De Ferrières à Mexico, le vol ne prend pas plus d’une poignée de secondes. Vol malheureusement écourté pour d’affreuses raisons de timing (impression de déjà vu).

Anecdotes de comptoir et coulées de bières fraîches dans les pissoirs, et on repart de plus belle.

Place au cuir version simili et à la sueur labellisée Narta. Le trio Elvis Black Stars vient de monter sur les planches.

Efficace, certes, mais un poil trop sobre et maniéré que pour convaincre réellement. Il y a néanmoins, de la bonne volonté et de la qualité.

Mais dans ce registre, la différence se joue sous la ceinture, et cet Elvis semble manquer de poids.

Le son est puissant, mais la trique est molle.

Il y a de la gomina, là où on souhaite du cambouis, et du marcel qui transpire trop proprement.

Rien d’affligeant, juste un peu dérangeant. Mais pas de quoi gâcher l’agréable sentiment d’une après-midi se terminant.

Petit tour au château, avant la dernière ligne droite, où nous sommes accueillis de fort agréable manière (c’est aussi ça, le Bucolique Festival).

Quelques ‘coupettes’ de champagne plus tard, alors que le soleil s’apprête à lécher l’horizon, Dan San caresse l’atmosphère de ses délicates sonorités.

Nimbées d’une aura mystérieuse, délicates et fragiles, malicieuses comme un feu follet, et enrobées d’imperceptibles subtilités, les chansons du combo liégeois s’expriment mieux dans des endroits plus confinés mais se saisissent néanmoins des attentions, à cette heure, toutes prêtes à être détournées.

La nuit avance se diluant dans le ciel, et les silhouettes se fondent à présent dans l’opacité de l’air.

Suivant le tracé d’une montagne qui se dessine sous nos yeux, nos esprits vagabondent le long de la scène, où s’installent bientôt les prémices d’une surprise de taille.

Quelque peu refroidi par quelques prestations acoustiques, somme toute sympathiques mais qui n’avaient guère éveillé en notre fors intérieur, une flamme passionnelle, je constate que les Great Mountain Fire ont décidé de se brancher sur l’électricité. Et c’est une très bonne nouvelle !

Et chevauchant le vent, vont cette fois nous démontrer l’étendue de leur talent.

De fait, maîtrisant parfaitement leurs sujets, ces seigneurs des grands espaces mêlent l’élégance pop à la fulgurance du rock sur leur album « Canopy » ; un génie perceptible sur disque qui prend pourtant toute son envergure quand le groupe déploie ses ailes comme ce soir.

Une prestation de toute grande facture qui interpelle et semble poser les jalons d’une conquête de territoires toujours plus vastes.

Le meilleur moment de ce week-end, à n’en pas douter.

Ravi par tant d’excellence, il me reste à trancher entre faire ripaille en bonne compagnie ou subir le concert (NDR : qui a dit horrible ?) de Joshua.

Conversant avec quelques poissons rouges en manque d’oxygène, je ne vois pas le temps passer, et oh ! Zut ! J’ai raté Joshua.

Tant pis !

Il se fait tard et la nuit est loin d’être finie.

Montevideo installe donc son rock élégant entre les étoiles.

Son chanteur charismatique dépose sa voix suave sur des compositions nichées dans le creux du temps, entre différentes époques.

Libre et décomplexée, la musique de ce groupe se moque des étiquettes et instaure un climat chatouillant légèrement les sens.

Alors que DJ Grounchoo s’installe derrière les platines, vos serviteurs sont déjà noyés dans l’obscurité de la plaine.

Il fût un temps où être Belge était un handicap de taille sur la scène musicale.

Aujourd’hui, en proposant une affiche presqu’exclusivement issue du terroir, le Bucolique peut se targuer d’avoir, si non amassé les foules, au moins offert un large panel des plus belles promesses de nos contrées.

Et comme ce qui était à Ferrières ne sera plus à faire demain…

(Organisation : ASBL Bucolique)

 

Bucolique 2012 : vendredi 24 août

Fuyant une actualité devenue folle (la mort d’un cycliste qui a marché sur la lune et le visage du Christ défiguré par une vielle dame aux talents incertains), votre paire malicieuse s’est abritée ce week-end dans un havre de paix, logé au cœur du Condroz.

Relogé aux pieds du château de Ville-My pour sa septième édition, le Bucolique festival reste, à bien des égards, un événement hors du commun.

Prouvant si besoin est qu’il n’est nul besoin d’attirer des stars internationales pour concocter une affiche de choix. 

Au menu, éco-responsabilité, nourriture de qualité à prix défiant la concurrence, joutes théâtrales, fanfares endiablées, et surtout, surtout, quelques fleurons de notre pays, loin d’être plat quand on aborde son versant musical.

Vendredi 24 août

A mi-chemin entre promenade champêtre et rendez-vous à la mode des jeunesses écolos presqu’ardennaises, le Bucolique est avant tout un festival musical dans la pure tradition électro-rock. Et pour être certain de bien cerner un public toujours plus exigeant, les deux styles dominants trouvent refuge dans une journée qui leur est totalement consacrée. Le vendredi fait la part belle aux sonorités synthétiques et électroniques tandis que le samedi devient un ersatz de La Mecque du rock belge.

Difficile de bâtir affiche plus cohérente et alléchante pour une manifestation de cette ampleur, le line up du premier soir laisse pantois. Alliance subtile entre produits du terroir (Compuphonic, Jona, Kolombo, Attar! et les frapadingues de la Disco Mafia) et talents extérieurs à nos frontières peu habitués aux chapiteaux de campagne (Clara Moto, Alex Gopher et Agoria). Reste à savoir comment le public réagira … et c’est justement ici que le bât blesse. Peu enclin à se laisser transporter vers d’autres horizons, l’audience parsemée ne se laisser aller qu’à l’approche d’une turbine à peine dissimulée, signe révélateur d’une triste réalité. La douce mais glaciale Autrichienne (comprenez Clara Moto) en a fait les frais. Trop minimaliste et trop élitiste, son set s’est soldé par un fiasco tout à fait prévisible. Faut dire que lorsqu’on absente pendant plus de deux ans… Très regrettable, quand on connaît le talent de la Teutonne.

Au-delà de ce flop annoncé, on pouvait classer les performances de la soirée en 3 autres catégories. Ceux qui ont dû jouer dans une indifférence quasi-générale ; la faute à une tranche horaire délicate ou à des conditions climatiques désastreuses par intermittence. Navrante constatation pour ces artistes qui méritaient sans doute une assemblée moins clairsemée.

Ceux qui étaient présent en territoire conquis suite aux multiples prestations précédentes accordées en ces même lieux (ou presque).

Et enfin ceux dont le dépucelage de Ferrières s’est opéré en douceur et brillamment. En effet, les deux dj’s de l’Hexagone ont livré, chacun dans leur style, une prestation claire, nette et sans bavure. De quoi prouver à celles et ceux qui en doutaient encore qu’ils sont pétris de talent.

Au final, de cette soirée électronique, nous retiendrons le nouveau cadre semi-naturel, bien plus en adéquation avec l’esprit du festival, des prix pratiqués, en général très démocratiques, et une affiche harmonieuse que les organisateurs sont parvenue à ficeler, sans trop se mouiller…

(Organisation : ASBL Bucolique)

 

Françoiz Breut dans le rôle de Dr House ?

Écrit par

« La Chirurgie des Sentiments », c’est le titre du nouvel opus de Françoiz Breut. Il sortira le 3 octobre. Et dans la foulée, elle se produira en concert, ce 23 octobre au Botanique de Bruxelles.

http://www.francoizbreut.be
http://www.facebook.com/francoizbreut

Et pour voir son dernier clip, c'est ici

 

 

 

Vitalic revitalise les Raves !

Écrit par

Le nouvel album du producteur français Vitalic sortira le 22 octobre prochain. « Rave Age » a été mixé par Stéphane Alf Briat (Air + Phoenix) et a bénéficié de la participation de Joe Reeves (Shit Disco), Goose ainsi que de Sexy Sushi.

Tracklisting :

Rave Kids Go
Stamina
Fade Away
Vigipirate
Under Your Sun
No More Sleep
Nexus
The March of Skabah
Lucky Star

La Mort Sur Le Dancefloor
Next I’m Ready
The Legend of Kaspar Hauser

 

C’est la rentrée pour Lucane Musiques !

Écrit par

Libourne est une petite ville située à un jet de pierre à l’est de Bordeaux. Lucane Musiques y organise la Rentrée du R.A.C. les 8 et 9 septembre, au skate park local.

Cet évènement mêlera skate et musique puisqu’on pourra y assister à la fois à un contest et à divers DJ sets et concerts. Le programme complet sur https://www.facebook.com/events/419070344812608/

 

Oscar & The Wolf

Summer skin (Ep)

Écrit par

Oscar and the Wolf pourrait bien être une des révélations belges en cette année 2012. Après avoir publié un premier Ep (NDR : « Imagine Mountains », sur lequel figure le single « Pastures ») en avril 2011, les quatre Gantois remettent le couvert en gravant « Summer Skin ». Depuis un an, les musiciens ont acquis de l’expérience. Ils ont, en outre, signé sur le label Pias (NDR : ils se produiront d’ailleurs, ce samedi 25 août, au Pias Nites en compagnie de Lisa Hannigan ou encore Josh T.Pearson). Oscar and the Wolf a également assuré les premières parties de Warpaint, Ben Howard, Villagers, Julia Stone et même Lou Reed à l’occasion de ses derniers concerts accordés au Benelux et en Angleterre. La formation était à l’affiche du dernier Pukkelpop et figure sur celle du Leffingeleuren, ce sera pour ce 15 septembre. La classe donc…

Les cinq titres de cet Ep ont été enregistrés au sein d’une église désaffectée à Lommel, sous la houlette de Robin Proper-Sheppard, le leader de Sophia. Ce qui explique sans doute pourquoi il règne une atmosphère quasi-religieuse tout au long du disque. Une atmosphère entretenue par les arpèges et les harmonies vocales. « Crossroads » qui ouvre l’Ep et « Orange Sky », traduit en single, en sont les plus belles illustrations. « All We Want » trempe davantage dans l’univers du folk. Introduit par un piano langoureux, « Ribbons » élève ensuite le tempo, démontrant que le combo gantois est aussi capable de varier son répertoire. Sur ce morceau, la voix de Max Colombie s’élève même dans les aigus.

Superbe, cet Ep augure un futur victorieux pour Oscar and The Wolf. On attend d’ailleurs impatiemment la sortie de leur premier album. En attendant, les cinq mélodies pop de ce band gantois risquent de hanter encore pendant de longues semaines nos esprits conquis…

 

Sheetah et les Weissmüller

Evolution Française

Écrit par

Vu le patronyme aussi loufoque, je m’attendais à ce que ces énergumènes optent pour une grande liberté de ton et libèrent une bonne dose d’humour rafraîchissante. Malheureusement, le rock psyché de Sheetah et les Weissmüller est tellement rétro, qu’il en devient revivaliste. En outre, il est loin d’être désopilant.

Bien qu’enregistré par Jorge Explosion et Mike Mariconda, au sein des studios Circo Perrotti, à Gijon, en Espagne, ce disque puise allègrement dans la musique insulaire des sixties. Et en particulier dans l’univers des Beatles et des Kinks. Pour un résultat qui se rapproche davantage des très énervants Kula Shaker plutôt que de leurs illustres prédécesseurs. Si la musique de Barnabé, Hubert, Jeje, Laurent et Fifi Weissmüller est une habile transcription, les textes censés désopiler, ne m’ont pas fait rire du tout. Et les horripilants « Lundisamedimanche » ou « Suzanne Ouvre-toi » en sont les plus belles illustrations. Si la formation lilloise souhaite monter d’une division, elle a intérêt à se remettre en question. Et surtout trouver une solution à son absence d’inspiration. Sans quoi, elle risque encore longtemps de s’adresser à un public constitué d’amis, à défaut de pouvoir partager leur aventure avec le plus grand nombre…

 

Shonen Knife

Pop tune

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Véritable institution dans son pays, cette formation a publié 18 albums depuis le début des 90’s. Cependant, ils ne sont jamais parvenus à s’imposer sur le Vieux Continent. Anecdote, feu Kurt Cobain avait avoué être devenu hystérique, comme une adolescente de 19 ans assistant à un concert des Beatles, lorsqu’il avait découvert le groupe sur scène. Il est vrai qu’emmenée par la charismatique chanteuse/guitariste Noako Yamano, le groupe ne manque pas de charme. C’est aussi la seule membre originelle du trio. Ah oui, Thuston Moore en est également un fan !

Sur « Supergroup » (2008) et « Free time » (2010), Shonen Knife avait décidé d’explorer le rock-métal issu des 70’s. Découpé en 10 titres, « Pop Tune » macère carrément dans le punk-pop. Un style coloré, dont les mélodies contagieuses, ensoleillées, post-adolescentes respirent la joie de vivre. Encore que si certaines compos véhiculent des lyrics puérils ou mièvres voire même trempés dans la flower power, d’autres se révèlent carrément irrévérencieux. Et ces éternelles admiratrices de Ramones (NDR : l’an dernier, elles leur avaient consacré un tribute, « Osaka Ramones) ont même eu recours à de la guitare acoustique, du kazoo et même un peu de flûte, pour alimenter leur expression sonore.   

 

Camera

Radiate !

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Derrière l’œil de cette caméra turbinent trois têtes pensantes plutôt armées de solides références faisant la part belle à de fulgurantes excellences dont le but avoué est de libérer le Krautrock de son carcan.

Ce trio berlinois décline donc sa vision non passéiste d’un genre que certains pensent à tort hermétique. Et pour y parvenir, ces trois lascars n’hésitent pas à offrir des prestations live improvisées qui leur ont valu d’être estampillés Guerilla Krautrock (somme toute, une étiquette comme une autre).

Mais la formule concoctée ne s’est pas satisfaite de faire renaître le Phoenix de ses cendres, dans des endroits improbables.

Entre escalades spatiales (« Lynch ») et cosmiques (« Morgen »), les synthés déploient des océans d’étoiles et offrent un voyage hors de toute dimension temporelle, tandis que les guitares déchirent ce qu’il reste de la toile onirique.

Pas étonnant dés lors de les voir s’acoquiner avec Michael Rother (Neu !, Harmonia ) et Dieter Moebius (Cluster, Harmonia), le temps de poser quelques jalons supplémentaires sur cette route irradiée par la lumière de soleils qu’on croyait éteints depuis des lustres…

 

Devianz

A Corps Interrompus

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Bien que fondé en 2004, Devianz vient seulement de publier son second elpee. Il paraît plus 7 ans après son premier essai (« Una Duna in Mezzo all’Oceano »), même si la formation a sorti deux Eps entre-temps…

Le groupe parisien a donc pris son temps pour concocter cet « A Corps Interrompus ». Devianz revendique pour influences majeures, Portishead et At the Drive-In ; pourtant si la puissance des Texans est parfois perceptible dans leur musique, les ambiances du gang de Bristol ne le sont pas du tout. La plupart du temps, leurs compos lorgnent du côté du rock-métal de Mass Hysteria (NDR : ces guitares saturées et ces drums telluriques !) quand ils ne sont pas hantés par l’esprit torturé et à fleur de peau de Damien Saez (« L’Alchimie des Sens »). Les analogies relatives au Savoyard mettent parfois les nerfs du mélomane à rude épreuve car Devianz véhicule son lyrisme et sa passion à travers la voix de Guyom Pavesi. Malheureusement, il a trop tendance à amplifier excessivement ses épanchements d’émotions. Ce qui explique pourquoi l’écoute des 14 titres de cet elpee peut se révéler éprouvante. En outre, le sens mélodique n’est pas évident, nonobstant une structure instrumentale (guitares, piano, passages électro) solide et une excellente production. En écoutant plus attentivement les plages, on décèle quelques belles épopées dont le très beau « Ton Corps n’est qu’Atome », interprété en compagnie de Vincent Cavanagh d’Anathema. Les fans d’Agora Fidelio devraient apprécier. Ceux qui ne jurent que par le prog rock peut-être. Les autres passeront sans doute leur chemin. Bref, j’ai eu beaucoup de mal a accrocher à cette version métallique d’Indochine (« Lames de Sel ») !

 

Rick Estrin

One wrong turn

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Rick Estrin est l'un des meilleurs harmonicistes de blues contemporains. Un disciple des plus grands souffleurs noirs du passé ; et tout particulièrement de Little Walter et Sonny Boy Williamson II. Il s’est forgé une solide réputation auprès de ses pairs et des passionnés du blues. Rick a aussi une forte personnalité. Sa dégaine est très personnelle : les traits du visage découpés au couteau, la mine patibulaire, les fines moustaches, toujours vêtu de costumes d'une autre époque. Il est devenu le leader des Nightcats, en 2008. Il a remplacé le guitariste et fondateur du groupe, Little Charlie Baty, lorsque ce dernier a décidé de ne plus sillonner les routes. Il ne faut cependant pas oublier que Rick est un des fondateurs du band californien. Dès 1976, ce combo était considéré comme un relais vivace et talentueux du Chicago blues urbain. Ce qui s’est traduit par la confection d’une bonne douzaine d'albums, tous publiés sur l'un des plus prestigieux labels de la Cité des vents, Alligator, une écurie créée et toujours conduite par Bruce Iglauer.

Rick est soutenu par un excellent backing group. En l’occurrence le Danois Chris ‘Kid’ Andersen à la guitare, Lorenzo Farrell à la basse et occasionnellement aux claviers ainsi que J. Hansen à la batterie. Estrin et ses acolytes sont de bons compositeurs et ils ont signé les douze plages de ce ‘mauvais virage’! Rick est un brillant lyriciste. Il est ainsi responsable de textes originaux qui décrivent des situations prêtant souvent à sourire.

L'ouverture "D.O.G" est percutante. Un R&B imprimé sur un tempo funk qui vous pénètre. Secondée par les chœurs de son team, la voix nasillarde du leader s’impose. Et lorsqu’il intervient à l’harmo, c’est tout en délicatesse, mais aussi puissance et technique. Un bourdonnement percussif prélude "Lucky you". Estrin est passé sur l'instrument chromatique. Il s’y révèle autoritaire. La compo évolue à très haut niveau. Ses musicos forment un ensemble homogène pour porter leur leader. C’est dans les mêmes conditions que Rick s’attaque à "Callin' all fold", une plage bourrée de swing dont l’ambiance Memphis Blues est alimentée par l’orgue Hammond. Kid s’autorise alors une sortie remarquée sur les cordes. Les croisières sur les mers chaudes des Tropiques récoltent un certain succès chez les bluesmen ; c’est sans doute pourquoi Estrin a écrit "(I met her on the) Blues Cruise", une piste qui bénéficie du concours d’une section de cuivres, parmi lesquels figure Doug James de Roomful of Blues. Evoluant sur un rythme indolent, "Movin' slow" ne manque pas de charme. Rick inocule un peu chaleur louisianaise dans son chant. Au sax, Jack Sanford souligne l'harmonica, tout en décontraction. Le titre baigne dans le R&B. L’orgue et la guitare se mettent au service de l’harmo qui domine le sujet. "Broke and lonesome" opère un retour judicieux dans le blues de Chicago ou plus exactement le Westside, cher à Otis Rush, Magic Sam et Luther Allison, une compo au cours de laquelle un billet de sortie est accordé à Kid Andersen. J Hansen chante le cinglant "You ain't the boss off me", un morceau destiné à mettre tous les musiciens à l'avant-plan! En fin de parcours, Rick étale toutes les facettes de son talent sur "Old news". Il y reproduit à la fois le jeu et le chant de Sonny Boy Williamson II. Magistral ! Le disque recèle deux plages instrumentales. Tout d’abord le très Memphis R&B jazzyfiant "Zonin'", une piste animée par le sax ténor de Terry Hanck. Ensuite une longue fresque à la fois ‘morriconesque’ et surf, "The legend of Taco Cobbler". C’est également la plage qui clôt ce long playing de toute bonne facture…

 

Lianne La Havas

Is Your Love Big Enough ?

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Certainement la révélation, R majuscule, de l’année en matière de Soul Music, Lianne La Havas grimpe les échelons quatre à quatre sans regarder en arrière. Le passé, ce n’est pas pour la Miss. « Is Your Love Big Enough ? », son premier LP, est un disque Soul qui fait honneur au genre et, qui plus est, ne souffre d’aucuns raccourcis retro easy et cheap. Bien au contraire, la Londonienne de 22 balais détourne le genre en introduisant de judicieux éléments folk à ses morceaux. Une formule magique aboutissant sur de superbes litanies dont on retient plus particulièrement les titres « Au Cinéma », un « No Room For Doubt » interprété en compagnie de Willy Mason, « Age » et « Elusive », la reprise d’un morceau du Briton Scott Matthews.

Avec son joli minois, son joli timbre de voix et une jolie première œuvre, Miss La Havas tape dans le mille, même si quelques éléments du disque sont un peu trop mielleux pour être digestes (« Everything Everything », « Lost & Found »). « Is Your Love Big Enough ? » est un travail qui n’est pas sans rappeler ceux de Corinne Bailey Rae. Reste à voir si la demoiselle remportera un succès à la longévité autrement plus probante que celui de cette dernière.

A voir et à entendre le 27 novembre au Cirque Royal de Bruxelles

 

Dan Le Sac

Space Between The Words

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Dan Le Sac reprend du service, sans Scroobius Pip, son fidèle compagnon de route, lui-même occupé à sillonner les routes de Grande-Bretagne. Pour son premier ‘vrai’ LP en solo, Daniel ‘Dan Le Sac’ Stephens, a le mérite de proposer une série de compositions relativement différente de celles auxquelles il nous avait habitués. Notamment en intercalant quelques éléments de trip hop à son habituelle fusion electro-hip hop. Et en mettant en sourdine le Spoken Word, discipline de prédilection de son confrère. Tout au long de ce « Space Between The Words », le DJ et producteur se fait très clairement plaisir. Il fait d’ailleurs péter le carnet d’adresse et invite tous ses potes à interpréter le rôle de Scroobius Pip, le temps d’un ou deux morceaux. Ainsi, on épinglera de cette guest-list, Merz, B. Dolan, Emmy The Great ou encore Pete Hefferan (ex-Pete & the Pirates).

Les fantaisies de Dan, distillées sur les treize partitions de « Space Between The Words »,  tapent parfois  dans le mille. Au rayon pépites, l’instrumental hanté « Hold Yourself Lightly », un « Good Time Gang War » dont les beats flirtent dangereusement avec la dubstep de bas-étage avant d’effectuer un virage à 360° ou encore « Memorial », au sein duquel les vocalises d’Emmy The Great pourraient aisément être échangées par celles de Lou Rhodes tant le morceau papillonne du Lamb.

Et quand elles ne tapent pas dans le mille, les productions du gaillard pèchent par accès ponctuels de dilettantisme. On citera pour l’exemple les inutiles « Reprisals » et « Tuning » ou encore le pompeux « Breathing Underwater » ainsi qu’un « Break Of Dawn » dont le climax, localisé à près d’une minute et demie de la fin du morceau, aurait gagné à démarrer un brin plus tôt, histoire que la compo ait un quelconque intérêt.

De par son hétérogénéité et sa multitude de guests, « Space Between the Words » apparaît dans son ensemble beaucoup plus comme une collection de B-Sides que d’un réel album, un disque qui recèle d’admirables hauts et de regrettables bas. A écouter en sélectionnant les morceaux.

 

Left Lane Cruiser & James Leg

Painkillers

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Left Lane Cruiser est un duo originaire de Fort Wayne dans l'Indiana. Il réunit le chanteur/guitariste Frederic ‘Joe’ Evans et le drummer/percussionniste Brenn ‘Sausage Paw’ Beck. La paire est responsable d’un blues primaire, brut, réminiscent de ce qui se pratiquait dans les collines du Nord Mississippi et dont la figure de proue était le vieux bluesman local, feu R.L Burnside. Pensez au label Fat Possum!

Le tandem mêle roots, blues, country et bluegrass, tout en adoptant une attitude punk garage ; mais de toute évidence, il s’intéresse à la musique issue du plus profond des States. Le duo avait publié un tout premier elpee en 2006, "Getting down on it", un disque paru chez Hillgrass Bluebilly, avant d'être signé par Alive, pour lequel il a gravé "Bring yo ass to the table" en 2008, "All you can eat" en 2009 et enfin "Junkyard speed ball" en 2011. Depuis, la paire a régulièrement collaboré en compagnie de James Leg. De son véritable nom John Wesley Myers, il avait concocté un elpee solo, "Solitary pleasure", sur le même label. En outre, Leg est également chanteur et claviériste au sein d’un autre duo, Black Diamond Heavies. Et pour enregistrer cet opus, le trio a reçu le concours du bassiste des Dirtbombs, Jim Diamond, ainsi que du vétéran noir Harmonica Shah, le célèbre harmoniciste issu de Detroit.

"Painkillers" est un long playing un peu particulier, car il ne réunit que des reprises de stars confirmées du blues et de la rock music! L'ouverture ne nous laisse guère le temps de souffler. Le climat est torride. Furieuse, la slide gémit tout au long du "Sad days lonely nights" de Jr Kimbrough. Les claviers de Leg ont du répondant. Le choc entre Joe et James ressemble à un véritable combat de tranchée. Il est vrai que l’image reproduite sur la pochette était prophétique. Ces pilules, véritables "Tueuses de la douleur" qu'il est conseillé de prendre avec un grand verre de whisky, et dont les effets secondaires peuvent entraîner l'euphorie et un désir incontrôlable de danser le boogie! Hound Dog Taylor était un des plus grands sliders du blues. Sur son "She's gone", le bottleneck de Joe ne tient pas en place. Il est judicieusement talonné par l'harmonica de Shah, le souffleur de Detroit, âgé de 66 ans. Issu du répertoire de Bob Seger, "Come to Poppa" baigne dans une atmosphère relaxante. La guitare semble domptée. Les interventions à l’orgue lorgnent manifestement vers Jon Lord voire Ray Manzarek. Le chant devient féroce sur le "Shake it" de John Lee Hooker, un boogie plutôt sauvage qui accorde de l'espace au vieux Shah! Une solide tranche de punk blues juke joint! Les vocaux sont carrément déjantés et décapants tout au long du "If 6 was 9" de Jimi Hendrix, une plage balisée par un riff de gratte monumental et parcourue d’accès d’orgue plutôt appuyés. Willie Dixon a écrit "Red Rooster", un classique popularisé par Howlin' Wolf. Il fait ici l’objet d’une dissection à vif. Chapeau bas à Harmonica Shah qui parvient à s’imposer dans ce chaos sonore entretenu par la slide. James Leg siège derrière son roadhouse piano pour chanter le "Ramblin' my mind" du légendaire Robert Johnson. Sa voix évoque un Tom Waits qui aurait sifflé trois bouteilles de bourbon! Le "Chevrolet" de Taj Mahal carbure au groove. Et il est infernal. La basse de Jim et les percus de Sausage Paw s’affrontent à visière découverte. Shah revient une dernière fois vider ses poumons en exécutant le "When the levee breaks" de Led Zeppelin. Torturée, cette œuvre s’achève en toute décontraction, par la cover du "Sway" des Rolling Stones.