Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

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Une nouvelle vidéo pour Collapse Under the Empire.

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Les aficionados (mais aussi les autres !) du post-rock, sont invités à découvrir la nouvelle vidéo du titre « Closer », qui annonce la sortie d’un nouvel album de Collapse Under the Empire. Cet opus paraîtra ce 28 septembre.

« Fragments of a Prayer » sera le premier elpee qui paraîtra sur leur propre label.

http://vimeo.com/47001339

http://www.facebook.com/collapseundertheempire
http://www.collapseundertheempire.com

 

Le pedigree d’Anna Aaron

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Anna Aaron a présenté son album « Dogs in Spirit », dans le cadre du Brussels Summer Festival ! Il sortira le 7 septembre via Rough Trade.

A 26 ans, Anna Aaron regorge de talent. Et le très prometteur « I'll Dry Your Tears Little Murderer » en était une belle illustration. Son nouvel opus a été enregistré sous la houlette du producteur Marcello Giuliani, et Eric Truffaz a participé aux sessions, comme guest de luxe.

Ecoutez le morceau « Sea Monsters »  ici

http://www.youtube.com/watch?v=bwnt0RD24D8
http://www.youtube.com/watch?v=rZX73sqbKfc

http://www.annaaaron.com/

 

Les Rival Sons ont la tête en bas…

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C’est ce 17 septembre que Rival Sons publiera son nouvel album. Intitulé « Head Down », il fait suite à « Pressure & Time », sorti en 2011.

Pour l’enregistrer, ils sont allés au studio Honey Pye à Nashville, sous la houlette de Dave Dave Cobb (Secret Sisters, Shooter Jennings) et Vance Powell (Jack White, Kings of Leon). 

« Head Down » recèle 13 nouveaux titres qui, s’ils marquent une évolution musicale, restent fidèle au son d’origine.

Après leurs passages remarquables accordés à l’Ancienne Belgique, à Werchter et au Graspop, la formation étasunienne partira en tournée. Un périple qui passera par le Trix d’Anvers ce 2 octobre

http://www.facebook.com/rivalsons

 

Gary Primich

Just a little bit more

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Gary Primich était sans conteste l'un des meilleurs harmonicistes de blues. Il est né en 1958, à Chicago. Mais il nous a quittés en septembre 2007, suite à une overdose d'héroïne. Il n'avait même pas 50 ans. Il s’était fixé à Austin dès 1984, et n'avait dès lors plus quitté le Texas! En 1987, il monte The Mannish Boys en compagnie de Jimmy Carl Black (ex-Frank Zappa Band). Ils publient deux elpees ensemble. Ensuite Gary décide de voler de ses propres ailes et enregistre un opus éponyme en 1991. Il en gravera huit de plus, sur Flying Fish, Black Top et Antone's. Son dernier, "Ridin' the darkhorse", était sorti en 2005, chez Electro-Fi.

C'est la famille de Gary qui a décidé de sortir ce double CD en hommage à l'artiste. Une collection de 24 plages issues de plusieurs de ses long playings, des inédits et des extraits enregistrés pour Omar & the Howlers, lors d’une période qui s’étale de 1994 à 2006. L’occasion de retrouver la crème des musiciens blues de la capitale texane, à l’instar des notoires Derek O'Brien, Jay Moeller, Sarah Brown, Georges Rains, Wes Starr, Nick Connolly ou encore Gary Clark Jr… L'homme était également et incroyablement populaire en Finlande. D’ailleurs, un Gary Primich Band tourne, en hommage au regretté disparu?

Cette collection s'ouvre par "Satellite rock", un tour de force instrumental qui remonte à ses débuts. "Sweet fine angel" ouvrait son album éponyme commis en 1990 chez Amazing. Plongé au cœur d'un big band, "Boogie woogie baby" swingue du tonnerre ; Gary se réserve pourtant une sortie remarquée sur son petit instrument! Plusieurs plages jamais éditées et immortalisées en compagnie d'Omar Dykes ont été retenues, dont le solide boogie "Midnight ramblin' man". Un pur bonheur pour tous les fans du regretté Texan. L'intensité libérée lors de la reprise de "One room country shack" est tout à fait remarquable. La voix d’Omar est au bord des sanglots et l'harmonica de Gary si proche du maître George Smith. Trois extraits de "Travelling mood", publié en 1994 sur Flying Fish, figurent en fin de parcours sur le premier cd. Tout d’abord une claque instrumentale ; en l’occurrence la relecture du classique jazz de Duke Ellington, "Caravan". Le très jazzy "School of hard knocks". Et "House rockin' party", une piste imprimée sur le Diddley beat et caractérisée par la présence de Shorty Lenoir aux cordes. Enfin toujours contaminé par le même Diddley beat, figure "Hoodoo ball", un extrait de l'album d'Omar, "Muddy springs road".

Le second cd épingle d’abord quatre fragments issus du même elpee. Tout d’abord "Dangerous man" ; et il casse la baraque. "Put the hammer down" ensuite. De toute évidence l'un des sommets de cet hommage. Un flirt entre le blues et le rockabilly, mais tout en légèreté et swing. "Mr Freeze" encore. Un instrumental généreux exécuté sur l'instrument chromatique. "Mail order Mojo" enfin. Un titre époustouflant célébrant cette collaboration entre Omar Dykes et Gary Primich. Cette plaque recèle également quatre plages extraites de "Ridin' the darkhorse" (NDR : publié sur Electro-Fi en 2005). Notamment les swamp blues "Pray for a cloudy day" et "Never know when a woman", impliquant Dave Biller à la guitare, ainsi que "Keep on talking", une compo dont le tempo est emprunté à Jimmy Reed, et à laquelle Gene Taylor participe au piano. Le recueil s’achève par "Down in Mississippi", lors d’un duo inédit entre la voix et la guitare d'Omar et l'harmonica de Primich. L’émotion est constamment palpable tout au long de cette œuvre. Manifestement, Gary est toujours dans nos cœurs…

 

1=0

Forteresse (Ep)

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A l’origine, 1=0 se limitait à un duo. Et il faut le reconnaître, les Inrocks avait déjà eu le nez creux en repérant le potentiel du projet. Au fil du temps, la paire s’est muée en quatuor. Remplaçant notamment la boîte à rythmes par une batterie. De quoi apporter, on l’imagine, davantage de puissance à leur musique.

Cet Ep est limité à 12 minutes. Un laps de temps au cours duquel, le combo n’a pas voulu perdre de temps. 1=0 y propose un rock minimaliste et abrasif évoquant tour à Fugazi et Shellac. Entre les moments d’accalmie, les riffs de guitares sont saccadés, explosifs, rapides ou hypnotiques. Les changements de tempo sont parfaitement maîtrisés. Faut dire que les interventions à la batterie sont impeccables et judicieusement dispensés. Seul petit hic : la voix du chanteur. Pas le choix de la langue de Molière. Là n’est pas le problème. D’ailleurs, les textes récités sont suffisamment abstraits pour que l’on puisse s’en détacher. Même si inévitablement, ils suscitent la réflexion.

Hormis cette réserve, l’Ep de cette formation hexagonale est irréprochable. Même la production. Faudra voir maintenant, vu ce handicap, si un long playing tiendrait la route…

 

The 44s

Americana

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The 44’s est l'une des formations de blues les plus actives en Californie du Sud. Elle rayonne d’ailleurs autour de la mégapole de Los Angeles. Le Dvd "Live at Biacci", paru en 2009 et l’elpee "Boogie disease", publié l’an dernier, avaient déjà été chroniqués dans Musiczine. Le line up du groupe est identique.

Imaginez un vieux club de L.A. dont le podium est constitué d’un plancher en bois. S’y produisent The 44’s. Tex Nakamura est au milieu de la scène. Les yeux du souffleur japonais sont dissimulés par de sombres lunettes. Un chapeau est éternellement vissé sur son crâne. Il est posté derrière son micro. Chanteur et guitariste, Johnny Main est couvert de tatouages. Mike Turturro l’est tout autant. Il passe régulièrement de sa basse électrique à une contrebasse plutôt encombrante. Ses accords sont lourds. Enfin, derrière ses fûts, siège J.R Lozano. Tout comme pour le dernier opus, c’est la légende locale, Kid Ramos qui s’est chargé de la production. En outre, il a apporté sa contribution personnelle aux sessions d’enregistrement.

Le signal de départ est à peine donné, que les 44’s se lancent dans un boogie bien huilé. Le riff est emprunté à John Lee Hooker. La machine à rythme soutient les deux solistes. Déjà épaulé par Ramos à la guitare, Tex dissémine de courtes phrases incendiaires ; mais c’est Johnny qui dirige admirablement la manœuvre. La mise en forme est impeccable. Imprimé sur un tempo hypnotique, accentué par le saxophone de Ron Dziubla, "Lady luck" est sculpté dans un funk contagieux. Ce morceau qui invite à la danse me rappelle la quintessence du Creedence Clearwater Revival, et en particulier la reprise du classique "Suzie Q". La sortie parcimonieuse aux cordes de John et de Kid est superbe. "Cocaïne" campe un shuffle. Les cordes impriment un rythme cher à Jimmy Reed. Tex souffle dans les aigus et le chant de Main est une nouvelle fois impeccable. Rockabilly blues, "Dixie" évolue sur un tempo très soutenu. Blues incantatoire, "She's poison" évoque les meilleurs moments des Red Devils. La mémoire de Tex est bien hantée par le fantôme de Lester Butler. Et Main démontre qu’il a accompli d’énormes progrès sur son instrument. Le son des 44’s est authentique. Il est vrai que tous les musicos se servent d’instruments ‘vintage’! Remarquable, "Pleading my case" nous plonge au cœur du Chicago Southside. Kid Ramos a saisi son bottleneck et lance le riff de slide d'Elmore James. John vocalise énergiquement. Tex souffle à la manière de Junior Wells voire de Louis Myers. Johnny chante, sanglote même "Mr Operator", le blues lent de circonstance, un titre à l’instrumentation minimaliste. Le sax de Dziubla et la guitare lumineuse de Ramos alimentent "You'll be mine", un R&B imprimé sur un tempo enlevé. Main s’est manifestement amélioré aux vocaux. Il a acquis une telle expérience qu’il se révèle redoutable sur le country blues électrique "You'll be mine", une piste au cours de laquelle il se réserve également la partie de slide. Elle est même ravageuse. Et il remet impeccablement le couvert sur "Slip slidin' thang", pendant que notre Japonais, disciple de Magic Dick, signe sa meilleure sortie. "99 to life" est un authentique exercice de style acoustique. Dernier shuffle, "Mr Highway man" replace tous les acteurs sous les projecteurs. Et pour cette compo, ils ont une pêche pas possible. Des cuivres brûlants irradient "Hold on". "Americana" constitue le meilleurs elpee commis par les 44’s depuis "So Cal"! Et à coup sûr l'un des musts en blues, pour l’année 2012. 

 

The Blasters

Fun on Saturday night

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The Blasters incarne probablement le band ‘americana’ par excellence! Le groupe existe depuis 33 ans déjà ; et depuis ses débuts, il propose un savoureux cocktail de rockabilly, rhythm & blues, country, tex-mex et blues! Issu de Downey, le combo s’est installé à Los Angeles, en 1980. A la barre, deux frères : Phil et Dave Alvin. Ils sont alors épaulés par le bassiste John Bazz, le drummer Bill Bateman et le pianiste Gene Taylor.

Le premier cd est simplement et judicieusement sous-titré ‘American Music’. Ce qui correspond parfaitement au style des Blasters. Dave avait quitté le navire en 1986, pour embrasser une carrière personnelle ; mais il est toujours resté très lié à son frère et donc aux Blasters. Aujourd’hui, le band est drivé par le chanteur/guitariste/pianiste/harmoniciste Phil Alvin ; il est entouré par sa fidèle section rythmique réunissant Bill Bateman et John Bazz, Keith Wyatt se chargeant de la seconde gratte. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à L.A., dans le studio Pacifica, sous la houlette de Phil et de Scott Abeyta, patron de ce nouveau et intéressant label, Rip Cat.

L'ouverture est royale. Elle est digne des meilleurs Blasters. Du west coast jump chargé de swing. Il s’agit du "Well Oh well" de Tiny Bradshaw. Wyatt ne tient pas en place à la ‘six cordes’. Ses arpèges sont gouailleurs. De la pure dynamite ! Le "Jackson" de Johnny Cash offre une autre facette du groupe. Evidemment country, jamais très éloigné des ambiances festives rencontrées à la frontière mexicaine. Phil et Miss Exene Cervenka (NDR : c’est la vocaliste du groupe X) se sont respectivement mis dans la peau de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, pour interpréter cette plage. "Breath of my love" voyage au cœur des années 50. Cette compo nous entraîne du côté de Memphis et tout particulièrement des studios Sun. Phil siège derrière le piano. Soutenu par des chœurs en doowop, il chante à la manière d’Elvis Presley. Il est toujours au micro pour attaquer le titre maître. Sa voix est remarquable. Il affiche un ton aussi confidentiel (?!!?) que celui de Little Richard lorsqu’il hurle son rock'n'roll décapant. "No more nights by myself" baigne dans un climat lourd et mélancolique. La basse acoustique qui ouvre cette plage accentue cette sensation accablante. Le ton est cependant minimaliste et se révèle très proche de feu Sonny Boy Williamson II, cet artiste légendaire dont la voix distinctement chevrotante s’appuyait sur de courtes phrases tirées de son harmonica, qu’il ne quittait guère des lèvres! Retour à la guitare jump pour aborder le célèbre "Love me with a feeling", une compo issue du répertoire de Magic Sam qu’il avait écrite au cœur du Chicago Westside. Toute la vitalité du morceau émane de l'attaque des cordes. Phil emmène alors ses musiciens pour un Chicago shuffle plus vrai que nature : "I don't wantcha". Les trois Blasters éprouvent énormément de plaisir à épauler leur leader dans cette démarche rythmique proche de Jimmy Reed, pendant qu’Alvin peut souffler comme… Little Walter. Place ensuite à une cover du "Please please please" de James Brown. Toutes les voix se mettent au service de cette version particulièrement réussie. Mais les Blasters sont au sommet de leur art, lorsqu’ils pratiquent le jump. Bien huilé, il tourne à plein régime sur le célèbre "Rock my blues away" de Gatemouth Brown. "Penny" est une composition issue de la plume des quatre musicos. Très réussie, elle est imprimée sur un rythme lancinant, hypnotique, réminiscent de Howlin' Wolf. Perso, j’estime que le band devrait, à l’avenir, creuser dans cette veine. Par contre, le futile "The yodeling mountaineer" me botte beaucoup moins. Phil se prend pour un vocaliste tyrolien ioulant à l'infini. De bonne facture, cet elpee s’achève la reprise de "Maria Maria", un morceau signé par Dave Alvin. L’ambiance est franchement tex-mex. Les paroles sont chantées dans la langue de Cervantès. Et Kid Ramos s’y réserve le bajo sexto.

 

Grapes

Some Kind of Happiness

Écrit par

Little Bob ne sera bientôt plus seul à donner de la voix au sein des quais brumeux du Havre ! Le célèbre rocker français a peut-être un héritier naturel. Son nom ? Grapes. Pour enregistrer son premier elpee, le groupe a bénéficié du concours de l’ex-Supergrass, Mick Quinn. Aux chœurs et aux claviers. Dans ces conditions, on imagine bien que leur musique est fortement influencée par la musique pratiquée outre-Manche.

« Some Kind of Hapiness » s’ouvre par « So fine », un single imparable dont le refrain est digne des plus grands hits du défunt trio issu d’Oxford. Et même de The Auteurs voire du Blur originel ! Encore que l’opus révèle toute une palette d’ambiances différentes. Leur performance est d’ailleurs plus qu’honorable lorsqu’ils ralentissent le tempo. A l’instar de l’élégant « Alarm Cock », du plus instrumenté « Who Cares to Waste ? » ou encore du presque folk « Beautiful » ; même s’ils excellent moins dans ce registre. Comme le signale le titre de cet essai inaugural, une certaine forme de bonheur se dégage de cette première œuvre. En espérant qu’elle soit davantage que chargée de promesses…

 

Hot Sugar

Moon Money

Écrit par

Hot Sugar, alias Nick Koenig à la ville, est un créateur de musique new-yorkais au sens propre du terme, puisqu’il pratique la méthode dite de ‘la musique associative’. Comment ? En collant des sonorités de la vie quotidienne pour les transformer en musique.

Cet original n’hésite ainsi pas à amplifier le rythme cardiaque d’un rat ou le souffle d’un vieillard de 86 ans, pour alimenter son projet. Une expérience insolite dont le résultat ne peut que surprendre. Même un Béotien ne pourrait que partager ce point de vue.

Le résultat est reproduit sur ce « Moon Money ». Un elpee découpé en 9 morceaux. Et dont la pochette est illustrée par une belle et grande tarentule.

Après plusieurs écoutes, je dois avouer que le bilan est mitigé. L’univers sonore est singulier. Ou bizarre si vous préférez. Mais aussi ténébreux voire glauque. Peut-être mélancolique. Les mélodies sont balisées par des accès de basse lourds et des bruitages amplifiés et étranges.

Le mix est particulier ; et perso, je ne suis pas parvenu à accrocher. Ces expérimentations pourraient naître d’un esprit sous acide. Un trip psychédélique (?!?!?) qui au final se révèle indigeste et pénible à supporter.

Si l’idée de base est à la fois amusante et intéressante, le produit fini n’est, par contre, pas à la hauteur des attentes. Un peu comme si l’artiste avait perdu trop vite le fil de ses idées et avait omis d’en revenir aux fondements de l’électro : une bonne mélodie parsemée de césures, de l’énergie à revendre, et une ligne de chant claire pour parachever le travail. « Moon Money » en est totalement sevré.

 

Johnny Mastro

Luke's dream

Écrit par

Les Mama’s Boys sont issus de Long Beach. Il y a déjà une bonne vingtaine d’années qu’ils écument les routes, à travers le monde. Si celles du sud de la Californie du Sud n’ont plus de secret pour eux, ils se sont également déjà produits à 22 reprises, outre-Atlantique. A ses débuts, la formation squattait littéralement un des meilleurs clubs de blues de L.A, le ‘Babe's and Ricky's Inn’, dont la propriétaire n’était autre que la regrettée légende locale, Mama Laura Gross. Depuis leur formation, ils sont drivés par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro. Il est épaulé par son fidèle guitariste, Smokehouse Brown. Le reste du backing group est cependant identique que lors de la confection du dernier opus, "Beautiful chaos", paru en 2011. Et leur musique est demeurée directe, primaire, rugueuse, âpre et puissante.

Surprise, le titre d’ouverture est acoustique. Il s’agit, en outre, du titre maître. Une plage qui rend hommage à un grand bluesman issu de Los Angeles, emporté par une overdose en novembre 2008, Robert Lucas. Il vivait le blues. Il avait le blues. Il chantait d’une voix caverneuse, très expressive. Au cours des dernières années de sa vie, il avait milité chez Canned Heat. Johnny chante superbement ce rêve de Luke. Il est épaulé par Brown à la gratte et le percussionniste local, Max Bangwell. Toujours en ‘unplugged’, le même trio est reconduit pour le percutant "Mr J.J's man", un boogie/country/blues, et l'excellente reprise du "Roller Coaster" de Bo Diddley. Des bruitages accablants forment la trame rythmique de "Thunder roll", une plage qui baigne au sein d’un climat de transe d'où se libèrent la slide largement amplifiée et l'harmonica du leader. Ce dernier poursuit même son chemin sans demander son reste flirtant au besoin avec les notes aiguës. Peter Atanassof a collaboré aux sessions d’enregistrement de ce disque. Il y joue de la guitare et injecte dans l’expression sonore de nombreux bruitages. Pas vraiment notoire, ce musicien avait quand même autrefois transité par le Paul Butterfield Band. "Knee high" est un boogie primaire, dur, tortueux, sans concession, bref à la sauce Mastro. On y remarque la participation du ‘sixcordiste’ déjanté Kirk Fletcher. De quoi nous rappeler que les Boys sont proches du boogie band le plus célèbre au monde, Canned Heat ; et bien sûr du regretté Henry Vestine. "Junker's blues" est une compo issue de la plume du pianiste boxeur new orléanais, Champion Jack Dupree. Ce blues est imprimé sur un mid tempo. La rythmique est lourde. Les douze accords sont plaqués. Les interventions à l’harmo sont claires et concises et s’évadent une nouvelle fois. En perpétuel dérapage contrôlé, la slide de Brown est saturée d'écho! Mastro semble toujours au bord de l'agonie lorsqu'il chante au cœur de rythmes hypnotiques. La douleur semble intense tout au long de "Hurt". Jimmy Goodall cogne durement sur ses peaux à l'arrière, alors que Scott Abayta, le patron de Ripcat, apporte sa collaboration à la guitare. La musique est âpre, mais elle passe bien la rampe. Le message du metal blues tient la distance. Après une intro qui prend sa source dans le Delta, "Tonight we ride" vire au Chicago blues. Une plage de bonne facture accommodée à la sauce des Boys. A la slide, Fletcher pousse le riff familier d'Elmore James, renforçant ainsi l'édifice. "The light" est un blues rock sauvage. Le mélomane est pris à la gorge. L'étau se resserre. D’autant que les terriblement efficaces "Francine" et "My rocket" embraient dans le même style. "Temperature" achève l’elpee. Une longue finale qui synthétise toutes les aptitudes de la bande à Mastro. Cette piste avait également été écrite par Little Walter. Un nouveau traitement lui est réservé. La pression est maximale. Atanasoff parsème la piste de bruitages décapants, nous plongeant au sein d’une transe psychédélique. Impressionnant !

 

Mickey Moonlight

Mickey Moonlight & The Time Axis Manipulation Corporation

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Lorsqu’on est chroniqueur musical, on doit généralement s’attendre à voir atterrir sur son bureau des disques de tous les styles. Même dans l’univers de l’électro. Parfois des perles rares, plus régulièrement des disques plutôt sympathiques, et malencontreusement aussi des essais loupés.

A côté de ces catégories évidentes, apparaît, de temps à autre, un OVNI musical. Un artiste ou groupe sorti de nulle part et qui ne ressemble à aucun autre : Mickey Moonlight appartient à cette espèce. Avant de publier ce premier album, il avait déjà gravé deux Eps, « Interplanetary Music » et « Love Pattern ». Le nouvel opus est partagé en 16 plages, quand même. C’est dire s’il avait besoin de s’exprimer.

Ce disque illustre parfaitement l’univers musical unique et particulier de ce musicien ; un univers qu’il qualifie lui-même de ‘science-fiction teintée d’exotisme’. Et si les termes sont discutables, une chose est sûre, sa musique se différencie clairement de ce qui se produit généralement en électro. Ici, point de ligne de basse puissante ou de mélodie poussée par un synthétiseur survitaminé. L’expression sonore baigne plutôt dans une forme d’électro/pop tropicale, où les sons analogiques et numériques sont traversés de rythmes tribaux et basiques. Un peu comme dans la world. L'artiste impose donc son style déjanté et étrange, mais plutôt fascinant, avouons-le d'emblée.

Parmi les plages qui m’ont le plus fait flasher, j’épinglerai « We'll meet again » et « Come on Humans ! », à la fois complètement frappées et diaboliquement envoûtantes. Surtout à cause de la mélodie et du chant. Evidemment, si ce ‘bazar organisé’ ne manque pas de charme, je me demande quand même si sur la longueur, il ne pourrait pas provoquer une overdose.

Pour l’instant, en tout cas, en marchant exactement sur un fil qui sépare le foutoir et le génie, ce Britannique force le respect. Il doit juste faire attention à ne pas glisser…

 

MxPx

Plans within Plans

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Au cours de cette année, nous sommes véritablement bombardés de livraisons attribuées à des vétérans de la scène punk. Après avoir succombé au gros son californien d’Offspring, assisté au retour des ex-peroxydés de Blink 182 et avant de farcir la trilogie mégalo annoncée par Green Day, le punk à roulettes des moins notoires MxPx est venu se glisser. En fait, pour fêter dignement leurs 20 ans de carrière ininterrompue, la formation a décidé de publier un 9ème opus

Mike Herrera, Yuri Ruley et Andy Husted ont fréquenté la même ‘high school’ de Bremerton, dans leur état de Washington, et ne se sont plus quittés depuis… Bien que proche de la scène ‘Christian’ (NDR : en gravant « Punk Rawk Christmas », en 2009, le combo s’est quand même quelque peu trahi), leur skate-punk binaire et ensoleillé est surtout influencé par des groupes tels que NOFX (« Access Up », « Lucky Guy ») voire The Descendents (« Screw Loos »). On pourrait aussi y ajouter Lagwagon, No Use for a Name et Pennywise. A cause de leurs riffs à la limite du métal, des doubles pédales et des chœurs presque pop et hyper mélodiques. « Plans Within Plans » recèle en effet quelques excellentes plages bien caractéristiques (« The Times », « Nothing Left »)… mais également d’autres plus qu’anecdotiques. Moins racoleur qu’Offspring et probablement plus intègre que Blink 182, MxPx vient peut-être de signer un des meilleurs albums de skate-punk de l’année ! Les aficionados du genre vont savourer…

MxPx se produira dans le cadre du Kloemprock Festival (Bunsbeek), le 11 octobre, et au Ieper Festival (Ypres), le 11 novembre.

 

Omar Kent Dykes

I'm gone

Écrit par

Kent ‘Omar’ Dykes est originaire de McComb, dans le Mississippi, à l’instar d’un de ses vieux maîtres, le légendaire Bo Diddley. Son premier groupe, il le fonde dès son plus jeune âge. Une formation qu’il va bientôt baptiser The Howlers. En 1976, décide d’émigrer à Austin, au Texas. Ce qui va l’encourager à jouer le blues des pionniers. Celui des Howlin' Wolf ou Hound Dog Taylor. Son premier elpee ne paraît qu’en 1980. Il s’intitule "Big leg beat". Il récolte un succès local. Mais dans la foulée, les Howlers vont publier 13 albums au cours des 15 années qui vont suivre.

A partir de "Boogie man", paru en 2003, il décide de collaborer auprès d’autres musiciens pour l’écriture. Et en particulier Ray Willie Hubbard, Alejandro Escovedo ou Stephen Bruton. Il commet encore un opus flanqué de ses fidèle Howlers, en 2006, "Bamboozled", puis grave deux elpees en compagnie de Jimmy Vaughan, "On the Jimmy Reed Highway" en 2007 et "Big Town Playboy" en 2009, sans oublier "Chapel Hill", pour lequel il reçoit le concours de Nalle et Magic Slim, en 2008. Et puis c’est le silence absolu. Avant qu’il ne refasse surface au cours de cette année, en publiant trois long playings en quelques mois. Soit ce "I'm gone", une compile intitulée "Essential collection", prodiguée par Omar & the Howlers, et "Just a little bit more", œuvre du regretté souffleur Gary Primich auquel il était associé.

Cette nouvelle sortie correspond à la célébration de son 50ème anniversaire sur la scène musicale. Pour la circonstance, Omar est soutenu par le drummer Wes Starr et le bassiste Bruce Jones, une section rythmique qui participent à l’aventure depuis les débuts, soit 30 années. Les sessions se sont déroulées au sein des studios South Lamar, à Austin, des sessions au cours desquelles d’autres potes ont débarqué ; en l’occurrence les gratteurs Derek O'Brien et Casper Rawls ainsi que le batteur Mike Buck et le bassiste Ronnie James.

Cet album passe en revue les goûts musicaux de notre géant au cœur tendre. A l’instar du titre maître. Un pur rock'n'roll qui déménage. Omar n'a rien perdu de sa dextérité sur le manche. Ses doigts parcourent les cordes à la manière de Scotty Moore. Sa voix sert de gouvernail. Il embraie par "All about the money", un bon vieux blues texan imprimé sur un tempo emprunté à son icône, Jimmy Reed. Il enfourche son cheval et part au galop sur les chemins poussiéreux du Far West à la recherche de ce "Drunkard's Paradise", sur un rythme très country. Le Bo Diddley beat introduit "Wild and free", une plage au cours de laquelle la section rythmique soutient à merveille son leader! Le maître nous réserve des envolées très rock’n’roll tout au long du blues shuffle classique "Down to the station ". Il y manifeste une facilité déconcertante. Instrumental, "Lone star blues" est un texas blues indolent et généreux qui ne manque pas de relief. Autre instrumental, "Omar's boogie" est un exercice de style bourré de petites astuces techniques épatantes. Proche des racines, Omar chante passionnément "Goin' back to Texas". Une douceur communicative nous suggère l’étreinte tout au long du torride et mélancolique "Let me hold you", une piste au cours de laquelle Omar communique son mal-être de l'instant. Direction plein nord. Vers Memphis, dans le Tennessee. Pour un blues/rock intitulé "Move up to Memphis". Signé John Lee Hooker, "I'm mad again" est le blues lent de circonstance. Le riff est répété à l’infini. Puissante, caverneuse, brûlante, concédant des accents dramatiques, sa voix rappelle le légendaire Howlin' Wolf. D’excellente facture, cet elpee s’achève par "Take me back (to Mississippi)". Un flirt entre le country blues et le rockabilly qui nous ramène aux premières années de sa carrière musicale. Et la guitare y est tout simplement magique. Welcome back Mr Dykes!

 

Dr Wu

Live from Texas (Cd + Dvd)

Écrit par

Texans, Bryan Freeze et Jim Asworth sont de grands amis. Issus de Fort Worth, ces compositeurs aiment travailler en studio. Ensemble, ils ont créé, voici quelques années, le Dr. Wu' Blues Project, nom emprunté à une composition du groupe Steely Dan. Comme ces derniers, ils ont voulu tenter l'aventure live! Après avoir publié deux albums studio, ils ont donc mis sur pied ce concert organisé dans le désert, aux portes de la cité de Fort Worth.

Autour d'eux, rien que des potes. Tout d’abord le peu notoire mais très doué harmoniciste Gary Grammer ; mais aussi le Buddy Whittington Band au grand complet, soit Buddy et Mouse Mayes, qui se partagent chant et guitare, le bassiste Wayne Six et le drummer Mike Gage. Baptisé "Live from Texas", le concert a été immortalisé sur cd et dvd. Il dure environ 75'. Un set au cours duquel, la formation a interprété l'essentiel des plages qui figuraient sur leurs deux opus précédents.

Souvenez-vous, sur le dernier elpee studio ! Jim Asworth était crédité de ‘rien’ (nothin'). Ici, il chante la célèbre reprise de "I'm a man". Une ouverture royale au cours de laquelle il se révèle convainquant et même brillant. Le tempo est rapide, dans l’esprit des mythiques Yardbirds anglais. Cet "I'm a man" est issu de la plume de Bo Diddley. La nouvelle version est un réel brûlot. Pour le reste du concert, Jim se réserve plusieurs grattes rythmiques, mais pas certain qu'elles soient branchées sur un ampli! Buddy prend les rênes, dès la plage suivante, "Why is it so hard to say goodbye". Et il se révèle excellent chanteur. Sa voix est puissante et incisive. Il interprète ensuite "Jacksboro Highway", du nom de cette route qui relie Dallas à Jacksboro, la T199. Ecrite par Gary Nicholson, cette plage figurait au répertoire du John Mayall's Bluesbreakers. Tout au long de cette nouvelle adaptation, le jeu de slide est superbe! Bryan Freeze se réserve le micro sur "I wanna love you", un shuffle à la texane. Boogie, "Boogie in the rain" rend hommage à John Lee Hooker et Canned Heat. Toutes les guitares communiquent une véritable intensité à cette piste, au cours de laquelle l'envol à l'harmonica exécuté par Gary Grammer est remarquable. Bryan est au bottleneck pour "When I get to heaven", une compo qui démarre dans le Delta avant de passer à un blues électrique nerveux et percutant. Il est à la slide et sur la route dans sa Cadillac rouge pour les excellents blues rock "That ain't right" et "High maintenance baby". Buddy se réserve le chant pour "Bryant Irving road", un blues décontracté (laidback) imprimé sur un mid tempo, qui s'achève par un duel entre slide et harmonica ; et Mr Freeze, un autre shuffle participatif intitulé "I don't need no woman like you". "Slow rollin' train" lorgne vers ZZ Top. A cause de la sonorité de guitare dispensée par Buddy, digne de Billy Gibbons. C’est vrai que nous sommes au cœur du Texas. Le morceau final est particulièrement festif. C’est Mouse qui se réserve les vocaux sur ce "Bo Diddley Tribute"

Ce set généreux accordé par Dr. Wü' and Friends est reproduit sur un dvd dont les images sont d’une grande qualité. En outre, il est enrichi de deux plages captées lors du soundcheck opéré par le Buddy Whittington Band, le "Bar-B-Q" de ZZ Top et un blues lent quand même, le "Ain't nobody's business" de Freddie King.

 

No Use for a Name

No Use for a Name en deuil

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Tony Sly, le leader de No Use For A Name est décédé inopinément à l'âge de 41 ans. La nouvelle a été confirmée par son label Fat Wreck Chords. Pas encore d'infos sur les circonstances du décès.  

Le monde de la musique est en émoi ! Tony Sly avait fondé le groupe en 1989. Outre les 9 opus concoctés en compagnie de son band, il avait publié deux essais en solo.

Il avait donné son dernier concert en Floride deux jours avant sa mort.

http://nouseforanamemusic.com/

 

Sziget Festival 2012 : dimanche 12 août

C’est le dernier jour du festival, et on doit avouer que la fatigue commence à peser. Mais nous sommes aussi présents pour couvrir l’événement. Et puis nous voulons profiter au maximum de ce séjour.

Il est 15 heures (NDR : c’est le moment au cours duquel les premiers groupes branchent leurs amplis) et nous nous dirigeons vers la scène italienne ‘Puglia Sounds – Mambo Stage’. L’occasion d’y assister à la prestation de 15 Reasons. Notre coup de cœur noir/jaune/rouge. Fondé en 2002, cet ensemble de Nu-Métal puise ses influences majeures chez Metallica, Stone Sour ou encore Korn. Il avait publié un premier album intitulé « Equilibrium », en 2007. Au cours de cet après-midi, ils vont défendre leur second, sobrement baptisé « The Second Coming ». En 50 bonnes minutes. Le set s’ouvre par une petite intro accordée par Valéry Granson (Val pour les intimes), l’amoureux de la guitare à sept cordes. Couvert de tatouages et responsable de grimaces, il est facilement identifiable. Le combo nous réserve des titres monstrueux comme « Darker Than Black » ou encore « Almost Blind » (NDR : notre compo préférée). Derrière ses fûts, Fred Werner est déchaîné. Il parvient à faire  trembler la scène à lui seul. Nicholas Brynin, bassiste confirmé et depuis peu préposé au chant, étale toute son assurance ; et en particulier sur « Call me By my name ». Afin de chauffer davantage le public, le combo nous réserve une reprise de LMFAO (tête d’affiche de ce dimanche), cuisinée à la sauce Métal. Surprenant mais agréable ! Bref, un excellent concert pour ce band belge qui mériterait d’être reconnu à sa juste valeur. Et si vous souhaitez mieux le connaître, je vous invite à visiter leur site web (www.15reasons.net).

Setlist : Intro (Val), Damage Done, Sea5ons, Darker Than Black, Almost Blind, Around me, Taste The Worm Inside, The end of everything, Call me by my name, Mirror Mirror

Il est nécessaire de retraverser le site, pour revenir vers la scène Pop Rock. Et notamment pour ne pas manquer le concert de l’excellent groupe suédois, Mando Diao. Plutôt rock, leur style classieux et énergique nous rappelle celui de leurs compatriotes The Hives. Bien soutenu par un backing group, les chanteurs/guitaristes Bjôrn Dixgard et Gustaf Norén parviennent à mettre le feu en dispensant des titres comme « Dance with somebody » et « Gloria », issus de leur elpee « Give me fire ». En 2007, les médias leur ont consacré toute une série d’articles, suite à un accident qui s’était produit lors d’un de leur concert. Une vingtaine de fans s’étaient alors blessés, suite à l’effondrement du plancher. Les musicos ont rendu visite à toutes les victimes, qui séjournaient à l’hôpital. Et il est vrai qu’ils sont sympas et accessibles. On les a ainsi retrouvés un peu plus tard, dans la soirée, sur une piste de danse du Sziget !

Pas besoin de se déplacer pour le spectacle suivant. Mais nous constatons que la foule devant ce podium est de plus en plus imposante. Normal, puisque va s’y produire une des grosses têtes d’affiches du festival : LMFAO. Epris de ‘dance pop’, ce duo californien s’est formé en 2006. Il réunit Sky Blu (Skyler Austen Gorden) et Red Foo (Stefaan Kendal Gordy). Leur premier opus, « Party Rock », est paru en 2009 ; le second, « Sorry for Party Rocking », en 2011. Ils sont aussi friands de collaborations. Et en particulier, pour David Guetta sur « Gettin’ Over you » ; mais également Pitbull, Flo Rida ou encore Madonna. Ce soir, les filles sont ravies. Elles en ont même plein la vue, puisque l’estrade est peuplée de mecs en slip qui dansent sur « Sexy and I Know it ». Malheureusement, passé cet épisode fantaisiste, le set tourne rapidement en rond. Le tandem se contente d’user et d’abuser de samplings lorsqu’il ne balance pas des reprises, à l’instar du hit passe-partout « Seven nation army » et même d’un titre des Guns’n’Roses.

Cap ensuite vers l’‘OTP Bank World Music’, pour suivre le spectacle proposé par Goran Bregovic et son Wedding and Funeral Band. Affichant plus de 62 balais au compteur, le Serbe possède une longue carrière derrière lui. Au sein de différentes formations d’abord. Mais aussi comme compositeur de B.O. de films. Et en particulier « Le temps des gitans » d’Emir Kusturica (NDR : encore lui), « Arizona Dream » ainsi qu’« Underground ». Et comme la veille, en compagnie des Pogues, devant le podium, l’atmosphère est ‘bon enfant’. Un vrai public de world. Qui remue allègrement. Même la courte averse qui s’abat lors du set ne parvient à refroidir son enthousiasme. Pourtant, sur les planches, les musicos sont plutôt statiques. Le leader demeure confortablement assis. Composé de trois instrumentistes, la section de cuivres a de la bouteille. Peut-être un peu trop. Quant aux deux choristes, installées à gauche de l’estrade, vêtues de tuniques traditionnelles, elles me font penser à des mamies qui vendent des fleurs sur un marché local. Mais qu’importe, la musique balkanique fait mouche ; il faut même avouer que depuis quelques années, elle est quelque peu considérée comme un ‘hype’. Peu de temps mort cependant, au cours de ce concert, qui s’est achevé par le chant révolutionnaire « Bella Ciao » et dans la foulée, le tout au autant frétillant « Kalachnikov ».

Un rapide coup d’œil au show des Ting Tings, s’impose, afin de prendre quelques clichés de la toujours aussi sexy Katie White et de son acolyte Jules de Martino. La chanteuse a fait un bel effort, pour présenter le groupe. Elle lit ainsi quelques lignes rédigées sur une feuille de papier, en magyar De quoi bien amuser le public. De notre côté, on a aussi l’opportunité de savourer quelques excellents morceaux de leur répertoire, comme « We walk » ou « Fruit machine »…

Pour terminer ce festival en beauté, un dernier crochet vers la grande scène s’impose. The Killers y est programmé. Les filles sont en furie. Elles piaillent ou scandent le nom du beau gosse ‘Brandon’. Une grande majorité de l’auditoire danse et chante sur « Runaway » et « Somebody told me ». La cover du « Forever young » d’Alphaville, « Mr Brightside », et en fin de parcours « Jenny was a friend of mine » ainsi que « When You Were Young » pètent des flammes. Pas étonnant dès lors d’assister à un final ponctué par des jets de fumigènes, le tir d’un feu d’artifice et la projection de confettis au-dessus de l’auditoire. Manifestement, The Killers est bien une tuerie en live, et surtout un choix judicieux pour clôturer un festival…

(Voir aussi notre section photos ici)

Pour nous, l’heure est aux bilans (plutôt positifs) après ces quatre jours de marathon musical

Nos plus :

-           les transports en commun reliant la ville et le site du festival (métro, tram, bus nocturne, et même bateau)

-           le cadre idyllique du site dans une ville de Budapest qui mérite une visite touristique.

-           l’amabilité des Hongrois, toujours prêts à nous renseigner

-           une affiche (surtout la scène world) et un public multiculturels

-           la diversité des stands et la variété de la nourriture proposée (ce qui change aussi des grands festivals belges)

Nos moins :

-           le stand presse : un bungalow de plus ou moins 10m2 mis à la disposition des journalistes et des photographes, une connexion internet hyper lente et un pc configuré en hongrois.

-           les horaires des concerts qui se chevauchent (les têtes d’affiche sont toutes programmées vers 21h30 sur toutes les scènes)

-           les consignes fastidieuses imposées par le management des groupes pour les photos (inscriptions sur une liste, consultation d’e-mails en cours de journée, prise de rendez-vous pour contrat, etc.)

-           un emploi du temps tellement chargé qu’il aurait fallu disposer de journées de 48 heures pour couvrir davantage le festival ; mais vos serviteurs ont fait le max, en ne se réservant qu’un minimum de périodes consacrées au repos.

 

Pas de panique, Deerhoof ne s’est pas séparé…

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Labélisés par Pitchfork comme le meilleur groupe au monde (pas moins!) les Américains de Deerhoof seront de retour en septembre pour un 12ème album ! Son titre ? « Breakup Song ».

Tracklisting

1. Breakup Songs
2. There's That Grin
3. Bad Kids To The Front
4. Zero Seconds Pause
5. Mothball The Fleet
6. Flower
7. To Fly Or Not To Fly
8. The Trouble With Candyhands
9. We Do Parties
10. Mario's Flaming Whiskers III
11. Fete D'Adieu

 

Rachel Sermanni soulève des montagnes…

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Rachel Sermanni publiera son premier opus, le 8 octobre prochain.

‘Quelque chose de vraiment spécial. Elle est surprenante. Ecoutez sa voix…’ - Guy Harvey, Elbow.

‘Sa voix est un instrument d’une incroyable pureté’ - The Sunday Time

Intitulé « Under Mountains », l’album de l’artiste anglaise proposera une collection de ballades folk sombres. Un premier single sera disponible dès le 24 septembre. Son titre ? « The Fog ».

 

Sziget Festival 2012 : samedi 11 août

Chose promise, chose due, aujourd’hui, nous débarquons sur le site, frais comme des pinsons.

Nous nous dirigeons sans perdre de temps vers la scène OTP Bank World Music pour assister à la prestation de Sergent Garcia. Nous ne sommes pas seuls à vouloir vivre ce concert. L’auditoire est déjà bien conséquent. Bruno Garcia est chauffé à blanc, cet après-midi. Et les titres de son dernier album, « Una y otra Vez », incitent le public à danser. Tous les ingrédients sont réunis pour un spectacle réussi : un zeste de salsa, une touche de reggae et une pointe de rock. En outre, on n’oubliera pas que le chanteur français est l’ancien guitariste de Ludwig von 88. D’ailleurs, il continue d’afficher une certaine attitude punk, de manière à éviter que sa musique ne sombre dans le latino traditionnel.

The Horrors se produit sur la scène principale. Pop/rock, son style nous replonge quelque peu dans les eighties. Mais la formation a abandonné le look kitsch, emprunté aux films d’épouvante de série B, affiché à ses débuts. En outre, ce soir, le répertoire n’inclut aucun morceau issu de l’elpee paru en 2007, « Strange house ». Seuls quelques titres issus de « Primary colours », dont les efficaces « Mirror’s image » et « Who can say » dispensés en début de parcours, ont été retenus. Le reste est issu de « Skying ». L’univers ténébreux du band insulaire est entretenu par la voix de Faris Badwan. Mais difficile d’apprécier leur prestation sur une aussi grande scène. Le public n’est qu’à moitié conquis. Pour se forger une meilleure idée de leur potentiel, il serait peut-être souhaitable de les revoir dans de meilleures conditions.

Setlist : Mirror's Image - Who Can Say - I Can See Through You - Scarlet Fields - Changing The Rain - Endless Blue - You Said - Sea Within A Sea - Still Life - Moving Further Away .

SUM41 embraie sur le même podium. Agé de 32 ans, Derick Whibley est toujours à la tête de son groupe. Et depuis 1996. Son punk rock a toujours autant de succès auprès des teenagers boutonneux qui lui soufflent les paroles de « Fat Lip » et « In Too Deep ». Deux chansons qui ont alimenté la B.O. d’American Pie, c’est dire ! Car il faut avouer qu’on a bien passé l’âge pour ce type de musique. On a presque pitié pour Whibley qui devra sans doute encore jouer son rôle d’éphèbe, jusqu’à ses 40 balais, au moins.

Autre lieu, autre style. La scène Arena accueille Letfield. Le duo londonien est devenu une légende dans l’univers de l’électro. Paul Daley et Neil Barnes sont venus défendre leur dernier opus, « Tourism ». Plusieurs de leurs chansons ont été reprises pour les B.O. de films ; et notamment « Trainspotting » ainsi que « The Beach ». En outre, leurs collaborations opérées en compagnie de John Lydon (pour les singles « Open up » et « Sun ») ne sont pas, non plus, passées inaperçues. Sous le chapiteau, au rythme des basses qui vous transpercent littéralement le corps, et saoulés par le light show de circonstance, les Clubbers dansent jusqu’à l’épuisement le plus total. Dommage que ce show ait été programmé en fin d’après-midi. Plus tard, en soirée, il aurait fait carton plein, en drainant tous les festivaliers qui ne jurent que par la dance…

Retour sur l’‘OTP Bank World Music’ pour terminer la journée. Ainsi la boucle est bouclée. D’autant plus que les Pogues sont au programme (NDLR : Seb en est fan depuis 20 ans ; il était donc logique qu’il s’en réserve le compte-rendu). Un concert du célèbre groupe de punk/folk irlandais demeure une expérience à part entière. Si les aficionados sont nombreux, leur contingent se renouvelle sans cesse. L’intro du fameux « Straight to hell » du Clash nous rappelle que feu Joe Strummer était un proche du groupe. L’inimitable Shane MacGowan monte sur l’estrade. Titubant, un verre de gin dans la main droite et une cigarette au bout des doigts de l’autre. En débarquant sur les planches, il est autant applaudi que sifflé. Comme d’hab’, il est ivre. Son public lui pardonne et rigole même de le voir aussi bourré. C’est devenu rituel, il rencontre des difficultés à se souvenir des lyrics, lors de certains refrains, et Spider Stacey le supplée. Un regret ? Oui cette foutue playlist qui est inchangée depuis plusieurs années, même si elle continue de faire recette. « Streams of whiskey » et « IISFFGWG » entament toujours le concert. Et les pogos se déclenchent déjà. Le public chante et danse bras dessus-bras dessous sur les titres comme « A pair of brown eyes » ou « Dirty old town ». Il y règne traditionnellement cette ambiance ‘bon enfant’ ; une ambiance qui évoque celle des pubs irlandais, où les clients se parlent à haute voix, chantent, dansent… Et en final, « Fiesta » invite tout naturellement à faire la fête. Un show sans surprise donc pour les admirateurs qui suivent le band depuis longtemps ; mais dont le bon déroulement relève du miracle, lorsqu’on connaît l’état de santé du leader, victime de ses nombreux excès. Il est d’ailleurs un peu fou, le pari osé par Lionel Grosheny, ce jeune loup de Polydor France qui vient de convaincre sa hiérarchie de les programmer deux soirs de suite, à l’Olympia de Paris, ces 11 et 12 septembre 2012. Mais surtout, d’immortaliser ces événements sur un cd et un dvd…

Mais en attendant, il nous reste une journée à couvrir ce dimanche, à Budapest. Et elle sera bien remplie. Il est donc judicieux de rentrer sagement à l’hôtel, afin de débarquer de bonne heure, le lendemain, pour cet ultime rendez-vous de l’édition 2012 du festival Sziget…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Sziget Festival 2012 : vendredi 10 août

Aujourd’hui, on a intérêt à se montrer un peu plus pro. En fait, la veille, après le festival, nous nous sommes aventurés dans les ‘ruin bars’ du district VII. Les Hongrois adorent ces endroits, car ils leur rappellent leur enfance sous le régime communiste. Ces ‘ruin bars’ sont installés dans de vieux immeubles à l’abandon ou destinés à la rénovation. Le public les fréquente volontiers, car chaque soir ils s’ouvrent aux expositions, projections ou encore concerts. Le tout, bien évidemment, en prenant une consommation. (NDR : ou deux voire davantage, comme l’ont appris à leurs dépens, vos serviteurs)

Si vous êtes intéressés, les sites http://www.ruinpubs.com et http://www.district7.hu/ vous fourniront toutes les infos nécessaires. Dont l’octroi d’un passeport D7 qui permet de bénéficier de ristournes lorsque vous devenez des clients assidus.

Bref, revenons à notre festival car l’affiche de ce vendredi est trop alléchante pour rester au lit à ‘cuver’.

A l’instar de The XX qui est programmé dans tous les grands festivals. Il s’était ainsi produit dans le cadre du dernier T/W. Suite au départ de Baria Qureshi, le line up est réduit à un trio. Le set des jeunes londoniens s’ouvre tout en douceur par « Angels », un titre issu de leur nouvel album « Coexist ». Et déjà la musique nous transporte. Suffit de fermer les yeux et de se laisser guider. Une chose est sûre, The XX porte bien son patronyme, car leur show baigne au sein d’un climat sensuel. Qui déteint dans l’auditoire. Les couples s’enlacent et s’embrassent sur leur premier tube « Intro », balancé en fin de set. « Tides » et « Stars » viennent clôturer une prestation de toute beauté. Les voix lymphatiques de Romy Madley Croft et Oliver Sim sont pourtant très différentes. Elles semblent sortir d’un même réveil difficile ou d’une fin de coma. Mais sont très complémentaires. Tout comme cette ligne de basse et ces synthés qui se rejoignent dans la candeur et les tonalités cold des 80’s.

Les Stone Roses se produisent ensuite sur le même podium. Originaire de Manchester, cette formation insulaire alternative a connu ses moments de gloire, au début des 90’s. Avant de se séparer en 1996, pour enfin se reformer cette année. Ce groupe est toujours adoré en Angleterre. Et les aficionados insulaires sont nombreux à avoir fait le déplacement pour assister à un de leurs concerts, car les premières dates mancuniennes, sont toutes sold out. La moyenne d’âge est d’ailleurs sensiblement relevée. Le set démarre en force par leur tube, publié en 1991, « I Wanna Be Adored » (NDR : ben tiens !), une compo qui figurait sur leur premier elpee. Ian Brown n’arrête pas de faire le pitre. Sa voix est monocorde et plombe parfois l’atmosphère. Mais les fans britanniques n’en ont cure. Ce sont eux qui vont entretenir la flamme durant toute la prestation. On a même parfois l’impression qu’ils soufflent les paroles à Brown. Il est vrai qu’il partage pas mal de points communs avec Liam Gallagher, et notamment le look et l’attitude désinvolte. L’engouement manifesté par tous ces Anglais me fait d’ailleurs davantage penser à celle d’un stade de foot qu’à un concert de qualité. Mais ce type d’ambiance de ‘stadium band’ est surtout à apprécier sur le moment.

Setlist : I Wanna Be Adored, Mersey Paradise, (Song for My) Sugar Spun Sister, Sally Cinnamon, Ten Storey Love Song, Where Angels Play, Shoot You Down, Fools Gold, Something’s Burning, Waterfall, Don’t Stop, Love Spreads, Made Of Stone, This Is the One, She Bangs The Drums, I Am The Resurrection

Ce soir nous décidons d’aller nous promener sur l’île. De manière à mieux nous imprégner de l’environnement. L’étendue du site est impressionnante. Pas seulement à cause des podiums et des stands, mais aussi des villages. Le Hungarian Village nous invite ainsi à découvrir les us et coutumes locales. Des jeunes s’extasient devant un Hard Rock café ou un Chuck’n’bar, dressés en plein air. Au coin d’une rue, une grande piste de danse reggae a été improvisée. Sans oublier les combats de Sumo, les sauts à l’élastique, le bar qui s’élève à plus de 50 mètres de hauteur ou encore cette grande roue animée par des projections géantes. Si vous avez envie d’y jeter un coup d’œil, c’est ici  

De notre côté, promis, plus d’excès cette nuit. On reprend ainsi sagement le bateau à l’arrière du site. On s’accorde une dernière balade bucolique le long des rives du Danube. Et surtout on profite d’un arrêt pratique de ce même bateau à proximité de notre hôtel. Histoire de bosser plus rapidement sur nos comptes-rendus, et d’être plus frais et dispo pour le lendemain.

(Voir aussi notre section photos ici)