Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Noa Moon

River (Ep)

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« I’m on my Way to Paradise », ce titre vous dit quelque chose ? Mais oui, bien sûr…

Euh, c’est Katty Perry, non ? Non ! Alors c’est Adèle ? Non plus ? Ah oui, j’suis con, c’est Birdy bien évidemment ! Ben non, encore raté !

Vous n’y êtes pas du tout. Faut pas chercher si loin, voyons. Restons chez nous, dans notre joli petit pays où tant de talents naissent les uns après les autres. Cette fois, c’est au tour de Noa Moon de prendre place sous les feux des projecteurs. Mais je comprends tout à fait votre (vos) méprise(s). Cette jeune chanteuse-guitariste, bruxelloise bon teint, âgée tout juste de 21 printemps, complètement inconnue au bataillon, débarque un Ep de 5 titres alléchants, sous le bras. Mais comment peut-on se contenter de cinq morceaux quand on a tant de talent ?

« Paradise » a cassé la baraque tout l’été et est suivi de quatre autres compos qui, immédiatement, nous bousculent, nous obsèdent, nous rendent déjà amoureux de la petite Manon (c’est son vrai prénom). « River » est magique de simplicité et délicieux comme un bonbon, un peu acide à l’extérieur et sucré à l’intérieur. « One more Night » ressuscite une Suzanne Vega morte et enterrée depuis des lustres. Quant à « Magic » c’est carrément sous les traits d’une star de la britpop qu’elle déroule son refrain endiablé à souhait. Avant de redonner à « Paradise » une couche ‘radiophonique’ dans une version nettement plus commerciale et non moins intéressante, Noa Moon termine son mini elpee par « It’s OK » ballade folk toute en douceur, démontrant que l’orchestration et l’interprétation acoustique ne font pas peur à notre jeunette.

Un Ep à découvrir absolument et c’est avec une impatience non dissimulée qu’on attend la suite…   

 

Arno Satamaria

1362

Écrit par

Non non, Arno Santamaria ne nous vient pas de l’autre versant du Mont Blanc, même s’il est vrai que son identité pourrait laisser penser le contraire. Arno est bel et bien français pur jus. Né en 1978, dans le Val d’Oise, c’est à 34 ans qu’il nous propose sa première œuvre majeure.

« 1362 », c’est quoi ? Une date ? Non vous n’y êtes pas… C’est un petit merci aux 1362 personnes qui ont financé la production de son album via le site en vogue du moment ‘My Major Company’ (Grégoire, Joyce Jonathan, Irma, …) Faut dire que le gaillard a quasiment dû affronter le parcours du combattant pour y arriver !

Après quelques années de galère, il entre enfin en possession de la somme nécessaire pour entrer en studio et, sous la houlette de Vic Emerson (Bashung) ou encore Thomas Bloch (Radiohead, Gorillaz), il met en boîte les 12 chansons de ce premier long playing. Nous somme alors en février 2011.

A l’écoute de ce premier ouvrage, on ne peut que rester admiratif. Tout y est, beaux mots, belle voix, partitions et arrangements remarquables. Arno a du talent, c’est une évidence.

Sincère, authentique, émouvant, Arno joue sur la corde sensible, transmet bien dans ses textes ce qu’il vit, voit, ressent. Il parle de lui et c’est un concentré d’émotions qu’il nous dévoile. C’est Léo Ferré qui est à l’origine de son amour des beaux textes. Pas étonnant, dès lors, qu’il développe une même force dans ses mots, est toujours à la recherche de la bonne formule. A l’image d’un Bertrand Cantat (qui aurait pu être l’auteur de quelques titres) et par son tout petit côté violent, ses paroles nous bousculent, nous accrochent et font mouche. Du grand art !

Le tout sur des musiques riches, envoûtantes qui créent une atmosphère sublime, une intensité pleine de charme, de fraîcheur. Arno est visiblement amoureux des guitares car, à l’instar d’un Neil Young, toutes ses compos en sont magnifiquement imprégnées.

Un album sublime pour un magicien des mots et des maux. Quand l'émotion se décline en musique et en chansons, il en résulte un album riche porté à bout de voix et de cœur par un Arno Santamaria troublant de sincérité, d'authenticité et de charisme.

Attention, talent !

 

Joanne Shaw Taylor

Almost always never

Écrit par

Joanne Shaw Taylor est une jeune Anglaise âgée de 23 ans. Elle chante et joue de la guitare. Son univers ? Le blues. A 16 printemps, Dave Stewart, alors leader des Eurythmics est impressionné par son talent et l’intègre dans son groupe. Elle est également actrice. Et a notamment figuré dans “Deep blues”, un film tourné au Mississippi, en compagnie de légendes vivantes comme RL Burnside et Jessie Mae Hemphill. Lorsqu’elle est signée par Ruf, le label allemand l’invite à se rendre à Memphis pour mettre en boîte son premier opus, “White sugar”, un disque qui bénéficie alors de la production du redoutable Jim Gaines et, de collaborateurs notoires, en l’occurrence Steve Potts et Dave Smith, des anciens musiciens de Luther Allison. Ce disque paraît en 2009. Et l’année suivante, elle grave un second elpee, intitulé “Diamonds in the dirt”.

Pour concocter “Almost always never” Miss Taylor s’est rendue au Texas, à Austin très exactement, une œuvre qu’elle a enregistrée sous la houlette de Mike McCarthy, dont la carte de visite mentionne la mise en forme d’albums de Spoon et Patty Griffin. Pour la circonstance, elle a reçu le concours du claviériste David Garza (ex-Blues Traveler), du bassiste Billy White et du drummer J.J. Johnson. Enfin, elle signe la quasi-totalité de son répertoire.

"Soul station" ouvre le long playing. De la pure dynamite ! Très nerveuse, cette compo permet déjà à Joanne Shaw de s’autoriser des sorties audacieuses, recherchées, sur ses six cordes et puis de libérer ses cordes vocales. Elle passe ainsi du soupir aux larmes pour exploser enfin dans la joie et la jouissance. Sa voix est terriblement expressive tout au long de la ballade mélancolique "Beautifully broken". Son solo de gratte est superbe, simple mais diablement efficace. Les interventions d’orgue sont discrètes mais tout aussi judicieuses. Semi-acoustique, "You should stay, I should go" est une petite perle dont le potentiel commercial est indéniable. Ballade ‘hendrixienne’, "Peace of the sky" nous réserve un solo majestueux en dérapage parfaitement contrôlé. Signée Frankie Miller, "Jealousy" s’ouvre comme une ballade fragile dessinant une jolie mélodie. Mais finement ciselées, les cordes sont rapidement rejointes par l’orgue, avant de monter en puissance. Une puissance parfaitement maîtrisée qui permet à Joanne de susurrer sa jalousie et même de consentir un sanglot. Une même douceur baigne le titre maître. Les notes dispensées par Miss Taylor sont créatives, mais également sensuelles. "Tied & bound" est une compo vibrante. Ce blues rock se met au service de la voix qui oscille constamment entre tendresse discrète et colère contenue. Une situation propice à l’éclosion d’un solo déjanté enrichi par les interventions d’orgue de David. Et l'envol final est tellement dense qu’il finit par embrasser les clichés du heavy rock. Rockin' blues nerveux, "Standing in love" sert de prétexte à une exploration instrumentale réminiscente des 70’s ; et pour cause, suivant l’inspiration, les plages sont généreusement allongées. Imprimé sur un tempo funky et couvert d’accents jazzyfiants déversés par le piano électrique, "Maybe tomorrow" est hanté par des tas de bruitages insolites. La guitare se dédouble et s’autorise une aventure proche de la jam improvisée. Le long playing s’achève par "Love myself to loving you", une plage qui rivalise de charme et de tendresse. Probablement l’œuvre la plus personnelle de Joanne Shaw Taylor

 

Arno

Future Vintage

Arno a presque l’âge de la retraite. Il est d’ailleurs né le 21 mai 1949, à Ostende. Et depuis plus de 30 ans, il intrigue et interpelle. Notamment à cause de son plaidoyer pour la société multiculturelle. Bourgmestre nocturne de Bruxelles et parrain non reconnu de la pop belge, soutenu par son fidèle bras droit, Serge Feys, depuis 1979, il semble pourtant hanté par une éternelle jeunesse. Et ses prestations ‘live’ en sont les plus belles illustrations. Car s’il a publié 5 elpees studio, au cours des 10 dernières années, ce sont ses disques immortalisés en public qui se sont révélés les plus intéressants. Pas que ses derniers essais soient de mauvaise facture, mais parce qu’ils soufflent à la fois le chaud et le froid.

N’empêche, on identifie immédiatement une chanson d’Arno. Contagieuse, rafraîchissante, dynamique, croustillante, intimiste ou humble, elle est reconnaissable entre mille. A cause de sa voix. Défraîchie, profonde et qui sent le vécu. 

« Future Vintage » fait suite à « Brusseld », paru en 2010. Une œuvre sur laquelle il chante tour à tour en anglais, en français ou dans un dialecte ‘brusselostendais’. Arno en est revenu à son rock à la TC Matic sur « Show of life », « Die en lie » et « I don’t believe ». Enfin, du rock teinté de blues et de funk. Qui groove si vous préférez. Les rythmes sont percutants, puissants et excitants. Arno nous réserve même un énième remix de son classique, « Olalala ». Ce qui ne l’empêche pas de se replonger dans le vaudeville, à l’instar de « Quand les bonbons parlent », « Chanson d’amour » et « Dis ça à ma femme ».

La Goutte

Drôle de monde

Écrit par

Il y a quatre ans, dans le cadre de la fête de la musique à Lille, une bande de copains (ils sont six et font de la musique juste pour s’amuser) décide de se produire ensemble sous le patronyme de La Goutte.

Coup d’essai, coup dans le mille ! Accueil au-delà de leur espérance, ils vendent même leur premier CD aux 300 personnes présentes ce soir-là au prix… que chacun voudra bien donner… Ce premier ouvrage n’a jamais été officiellement distribué.

Quatre années ont passé et les six potes sortent ‘pour de bon’ leur second opus « Drôle de monde ».

Mélange légèrement pop sur fond de folk acoustique, l’inspiration vient des grands de la chanson française, de Brassens à Mano Solo. Perso, c’est plus à Brel ou à Ange que les textes me font penser. Chanter les émotions et les réalités était plus l’apanage de Jacques que de Georges, davantage porté sur d’autres sujets…

 l est vrai cependant que le jeu des cordes se rapproche plus de l’homme à la pipe que du comédien.

Bref, La Goutte nous emmène dans son second projet discographique, mélange de modernité et de réalité urbaine. Articulé autour de Hugo Lagorsse, guitariste-chanteur, le groupe, complété par une contrebassiste, une accordéoniste, un autre guitaristes, un guitariste/trompettiste et un batteur, nous sert un mélange musical un peu indéfinissable.

Tantôt folk, tantôt, pop, les instruments sont là pour souligner et porter ces textes remarquables d’authenticité. Le résultat de cette alchimie nous donne un album ‘populaire’ dans tout ce qu’il a de positif, rien de bien compliqué, amusant et plein d’humanité.

Dans la mouvance des Ogres de Barback ou Debout sur le zinc, La Goutte doit pousser un peu à gauche, un peu à droite afin de se forger un nom et de prendre sa place parmi ces adeptes du genre.

Belle découverte même si le style n’a rien de nouveau.

 

Peasant

Shady Retreat

Écrit par

Damien DeRose, alias Peasant, creuse un sillon semblable à celui tracé par feu Elliott Smith voire Conor Oberst. Et sa carrière, il l’a entamée en 2003, alors qu’il venait seulement de fêter ses 18 ans.

Paru en 2010, « Shady Retreat » constitue son troisième opus. Damien nous y propose un folk empreint de délicatesse, au cours duquel il nous relate de brèves comptines, dépassant rarement les 3 minutes. Des blessures éprouvées par son âme, qu’il épanche de sa voix douce et la soutient par l’instrumentation acoustique. Si l’œuvre ne manque pas charme, les compos souffrent cruellement d’un sens mélodique qu’on pourrait qualifier d’inoffensif. On est loin du travail d’orfèvre opéré par notre Texan maudit préféré. « Bound For Glory », son nouvel essai, vient de paraître…

 

Le concert à emporter de Cold Specks.

Écrit par

A l’écoute d’« I Predict A Graceful Expulsion », le premier album de la Canadienne Cold Specks, vous risquez fort d’être transportés dans le Sud profond des Etats-Unis. Mais à une autre époque, celle des forçats enchaînés ; en fait, le moment au cours duquel le blues a croisé la soul.

Découvrez son ‘Concert à Emporter’ sur le lien suivant :
http://www.blogotheque.net/2012/09/10/cold-specks-concert-emporter/

http://www.coldspecks.com/

   

MOM + WOW

Écrit par

Quelques mois seulement après avoir publié leur dernier opus, Mouse On Mars est déjà de retour, puisque ce 11 novembre paraîtra « WOW », sur le label de Modeselektor.

Pour la circonstance, MOM a reçu le concours au chant de Dao Anh Khanh, sculpteur vietnamien que le groupe a rencontré lors de sa tournée asiatique ainsi que Las Kellies, un groupe de punk féminin argentin.

Tracklisting CD

1. SOS
2. DOG
3. HYM
4. VAX
5. PUN
6. BSD
7. ACD
8. APE
9. CAN
10. ESO
11. SUN
12. WOC

13. CAT

 

Electric Guest

Cassée, la voix…

Écrit par

En mai dernier, Electric Guest se produisait dans le cadre des Nuits Botanique. Un set remarqué, même s’il ne s’agissait pas de son premier passage en Belgique. Et le duo qui n’en est pas un (NDR : Rejoints par les frères Todd et Tory Dahlhoff, en 2011, Asa Taccone et Matthew Compton sont les membres fondateurs du combo) revenait une nouvelle fois sur la terre de leurs premières amours. Un exercice de style censé rendre le sourire à un public découragé par une météo déprimante.

Arrivé en trombe sur le site du Botanique sur le coup de 20h35, je manque de peu le dernier morceau proposé par le supporting act. Pas grave, si j’en crois les commentaires recueillis auprès des nombreux spectateurs entassés au bar ; leur prestation n’a guère convaincu ces assoiffés qui ont préféré dépenser moult kopecks en nectar mousseux, en attendant le moment fatidique. Soit 21 heures.

Enfin, l’attraction de la soirée monte sur les planches ; j’ai cité : Electic Guest. ‘Fuck yeah Brussels, we are Electric Guest’. Les présentations sont faites. Les choses sérieuses peuvent débuter. « Waves » déferle dans la salle et communique les premiers frissons à une assemblée à moitié dans les bras de Morphée. Musicalement c’est au point. Mais il y a quelque chose qui cloche, d’anormal dans la voix d’Asa Taccone. Il n’ose pas monter dans les aigus, pourtant spécialité du chef. L’explication viendra quelques morceaux plus tard. Le jeune Etasunien est malade. Il carbure au thé depuis la matinée afin de soigner sa gorge enrouée. Les morceaux déferlent. Ils sont bien construits, entraînants et conformes à l’album. Et pourtant, un goût de trop peu reste en bouche. Il manque ce petit plus susceptible de graver ce spectacle dans les mémoires. Malgré une excellente interprétation du tout aussi excellent morceau « This head I hold » et un inédit seulement interprété deux fois auparavant, le set ne décollera jamais. Il restera agréable, sans plus.

Au final, quoique sympathique, il nous a laissé sur notre faim. La faute à une voix cassée, un auditoire sous morphine et à un manque de répertoire. Onze titres en tout, c’est peu quand on doit tenir en haleine une salle pendant une heure.

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Dan Deacon

A voir, mais surtout à vivre…

Écrit par

On attendait impatiemment le retour de Dan Deacon en Belgique, ce doux-dingue qui avait littéralement retourné le Botanique le 7 juin. Il se produisait donc ce lundi 24 septembre, à même adresse, mais au sein de la Rotonde. En brisant les codes scéniques en vigueur, l’Etasunien était parvenu à réaliser une communion parfaite avec le public. Pas étonnant dès lors que la salle soit comble afin de pouvoir assister ou plus exactement vivre une performance qui ‘deacone’ bien. D’autant plus que son nouvel album, « America », paru voici quelques semaines, est propice à la transposition en ‘live’…

Avant d’entrer dans le vif du sujet, place à Deep Time. Le duo monte sur l’estrade à 20 heures tapantes. Autrefois, le couple répondait au patronyme de Yellow Fever. Jennifer Moore (chant, guitare, synthé) et Adam Jones (batterie) viennent de publier un elpee éponyme, proposant une pop minimaliste plutôt sympathique. Malgré ce potentiel, tout au long des 30 minutes de leur set, la chanteuse ne parviendra jamais à se lâcher. En outre, elle va commettre quelques erreurs ; maladresses qui finiront par mettre son partenaire de très mauvaise humeur. Dommage, car intrinsèquement les morceaux tiennent la route ; mais dans ce contexte difficile de créer une quelconque interaction… Dommage !

21 heures approche. La tension est palpable au sein de la Rotonde pleine à craquer. Manifestement, le public est déjà acquis à la cause de l’artiste, avant qu’il ne fasse son apparition. Sur ce podium, deux batteries se font face et un crâne y est planté au beau milieu. Des spots multicolores surplombent une table sur laquelle est disposé un matos, ma foi insolite. Enfin, le crâne s’illumine. Suivant sa bonne habitude, Dan Deacon se place dans le public, devant sa table. Dès cet instant, le natif d’Austin (NDR : il réside aujourd’hui à Baltimore) entre en symbiose avec son public. Un public dont la majorité va entrer dans une forme de transe, dont il ne sortira que 90 minutes plus tard.

Ce gourou à l’allure de nounours a un don inné pour faire participer les spectateurs à son show. Il commence par rendre un hommage à Lenny Kravitz. L’auditoire fixe du doigt la boule à facette placée au plafond. Suivant les consignes du maître de cérémonie, tout le monde se baisse pour se relever à la fin d’un décompte. C’est alors que retentissent les premières boucles électroniques, des boucles soutenues par les interventions alertes des deux drummers. Un régime frisant la frénésie qui va conduire logiquement les deux musicos, au bord de l’épuisement, à la fin du show. Excités, les jeunes bondissent ou frappent des pieds sur le sol. La Rotonde tremble. Le répertoire de Deacon réunit titres de son nouvel opus et du précédent, « Bromst ». Mais la foule n’en a cure ; c’est l’ambiance qui prime. Jamais, je n’avais vu autant de folie dans une salle de concert. Le clou du spectacle ? Une farandole géante organisée par Dan. Un tunnel géant humain va même se former jusqu’à l’extérieur de la salle. Et dans la bonne humeur. Autres moments forts : les slams. Tant les garçons que les filles y participent. Ils se déclenchent de gauche à droite et de haut en bas de la scène ! A 22h30, le show s’achève. Acclamations unanimes pour Dan Deacon. Les spectateurs qui l’entourent le prennent dans les bras, l’invitent à signer des t-shirt, des drapeaux, etc.

Les planches de la Rotonde se rappelleront longtemps du passage de ce gourou. Dan Deacon y a immortalisé un concert qui, plus qu’à voir, est à vivre. Et les spectateurs présents ce soir ne sont pas près d’oublier ces moments privilégiés…

(Organisation Botanique)

Zulus

Zulus

Écrit par

Issus de la baie de San Francisco, Daniel Martens et Aleksander Prechtl militaient au sein de deux formations différentes. Afin de dépasser les limites du genre, ils décident de s’associer, mais également de s’installer à Brooklyn. Aleksander accepte de siéger derrière les fûts, bien conscient de ses compétences de drummer clairement limitées. Les deux musiciens sont rapidement rejoints par deux autres compagnons. Zulus vient de naître.

Après avoir écouté l’album éponyme de ces Etasuniens, un constat s’impose, leur musique sort des sentiers battus. Elle s’appuie sur des rythmiques rudimentaires et lourdes. Les sonorités de guitare sont perçantes. Les accès de basse cotonneux. En 23 minutes, les Zulus libèrent toute leur toute leur rage et leur hargne. Brutaux, les riffs peuvent adopter un profil hypnotique. A l’instar de l’excellent « Vibrations ».

Défoulement garanti !

 

Band of Skulls

Sweet Sour

Écrit par

Le trio de Southampton affiche ses prétentions sur ce deuxième album, plus riche et subtil que le précédent, « Baby Darling Doll Face Honey. Plus concis aussi.

Toujours mâtiné de gros riffs suintant un Heavy (dont « Lies » en est la quintessence) à la limite du bon goût et de mélodies qui entre d’autres cordes pencheraient définitivement du côté obscur de la fosse, Band Of Skulls joue habilement de ses gros bras aux bouts desquels on trouve des doigts d’orfèvres.

Emmené par les voix d’Emma Richardson et Russel Marsen, « Sweet Sour » ne manque pas d’atouts pour installer le groupe au rang de sensation.

Parfois un rien trop riche en matière grasse, la sauce finit néanmoins par prendre et on se laisse gagner au fil des écoutes par ces chansons décomplexées suintant le cambouis et le miel.

Une certitude : c’est sucré !

 

Catherine Graindorge

The Secret Of Us All

Écrit par

A pas feutrés, l’« Animal » s’enfonce dans le vierge manteau d’un paysage enneigé, désert et sauvage, avant de disparaître dans un monde imaginaire…

Virevoltant comme une brise glacée, le violon de Catherine Graindorge dessine les courbes secrètes qui mènent aux portes de son univers dense, aux teintes sépia, et bercé d’une extrême douceur…

L’animal en question sur ce premier titre nous conduit par la main sur le seuil où nous attend un autre animal, pas inconnu en ces terres.

« Extreme Lenghts », ainsi emmené par la voix grave et profonde d’Hugo Race (ex-Bad Seeds), plante le décor. Un moment suave, grave et oppressant.

Au-delà, le paysage reste froid, baigné d’une lumière pâle.

La marche se fait solennelle, et dans sa lente traversée de l’esprit, la musique cinématographique de cet opus aux allures de B.O. invite l’auditeur à plonger en son sein, entier, détaché de la réalité.

A mi-chemin, on rencontre une autre vielle connaissance, Marc Huyghens (Venus, JOY). Il nous invite à grimper sur « Le Do » de sa monture pour visiter ces terres mystérieuses…

Enfin, pour clôturer cette odyssée, l’ami Hugo nous conte « The Secrets Of Us All », achevant cet elpee dans un murmure confidentiel.

Dès son plus jeune âge, Catherine Graindorge se démarquait par sa maîtrise au violon. Audacieuse et curieuse, cette artiste pluridisciplinaire, met à profit sa virtuosité au profit d’un regard sensible sur l’univers qui l’entoure.

Le résultat est à la hauteur de ses ambitions, et son invitation au voyage ne devrait pas vous laisser insensible.

 

David Parienti

David Parienti

Écrit par

David Parienti fréquente les pianos-bars parisiens depuis plusieurs années. A force d’interpréter les chansons des autres, dans des ambiances enfumées, il a fini par se réaliser lui-même. En adaptant sempiternellement des standards des années 50 à 80, des idées ont commencé à germer dans sa tête. (Bien) influencé musicalement par Kate Bush et Radiohead, il va finalement trouver sa voie dans la chanson française. Et c’est chez Gainsbourg et Léo Ferré qu’il puise son inspiration. Le mix des deux genres est assurément une belle réussite. De bien beaux mots, bien chantés, essentiellement consacrés aux femmes ; celles qu’il aime, qu’il désire, qu’il surveille, qu’il critique, qu’il déteste ou encore qu’il trouve tout simplement belles.

Chaque chanson superbement bien orchestrée et gravée dans un moule musical d’une simplicité étonnement efficace est une partie de lui-même qu’il nous confesse. Et on l’écoute le bougre même si les choses qu’il raconte sont parfois nappées d’une légère couche de niaiserie. Car, tout simplement, la façon dont il raconte ses histoires est accrocheuse et redoutablement entraînante.

Personnellement, c’est à Marc Lavoine qu’il me fait penser. Même tessiture, même façon de chanter et même des rythmes ainsi que des mots aussi assez proches de cet artiste aussi doué sur disque que sur grand écran. 

Drôle, irritant, cru et parfois méchant, David caricature en douze plages ce qu’il vit, mais également sa place réelle dans l’existence. Bref, très sympa, le premier album de ce Parigot âgé de 34 ans vaut assurément le détour et procure tout simplement du plaisir. D’ailleurs, si la chanson française est votre tasse de thé, je vous le conseille vivement.

 

Terry Malts

Killing time

Écrit par

Une demi-heure ; c’est le temps que dure cet opus. En quatorze morceaux Terry Malts nous balance un punk instinctif qui, à défaut d’être original, a le mérite de déborder d’énergie. Un punk que les Californiens (NDR : ils sont originaires de San Francis) sont clairement allés puiser du côté des Ramones. Rythmique primaire, production approximative, voix nasillarde et guitares saturées, sans oublier les mélodies entêtantes, telle est la recette adoptée par Terry Malts. Rien de plus, rien de moins. Et ça marche !

Décomplexé et efficace, « Killing Times » ne sera clairement pas l’album de l’année. On l’aura d’ailleurs certainement oublié d’ici quelques mois ; mais peu importe après tout, il a au moins le mérite de permettre aux aficionados du style de se défouler.

 

Various Artists

The Music of the Commodore 64

Écrit par

« SID Chips Sounds – The Music of the Commodore 64 » constitue, vous l’imaginez une œuvre destinée à rendre hommage (?!?!?) à un ordinateur désormais trentenaire : le Commodore 64. Cette initiative originale émane de l’imagination de quatre compositeurs : Martin Galway, Rob Hubbard, David Whittaker et Ben Gladish. Ils ont cherché à remettre au goût du jour la musique dispensée par un des tous premiers ordinateurs familiaux.

Et manifestement, cette production s’adresse aux ‘nostal-geeks’ ? En effet, les 18 morceaux réunis sur ce disque sont tous inspirés de jeux-vidéos des années 80, l’âge d’Or du Commodore : Arkanoid, Last Ninja ou Sanxion, tous les grands noms sont là.

Par conséquent, pour un fan de jeux vidéos tel que votre serviteur, né par ailleurs au cours des eighties, difficile de demeurer objectif, tant le périple lui a plu ! Des les premières tonalités, on est transporté au cœur d’un rêve peuplé de pixels, d’écrans verts et d’obscurs messages DOS.

En ce qui concerne les mélodies, pas de surprise, elles sont formatées dans les sonorités 8-bits pures, marque de fabrique du Commodore. On y retrouve ce côté mécanique et austère si caractéristique des premières compos électro concoctées sur ordinateur de bureau.

Evidemment, je me doute que ce type de création risque fort de ne pas plaire au mélomane lambda. A cause des stridulations émanant de ces fameux 8-bits. Parfois fatigantes voire exaspérantes. A l’instar de « Last Ninja (Wilderness) », morceau un peu trop débridé à mon goût. A contrario  des titres comme « Arkanoid » ou « Commando » jouent dans la catégorie simple et efficace.

Et puis d’ailleurs, qu’importe les légers défauts de création ! L’objectif poursuivi sur cet opus est tout simplement ludique. Pas la peine d’en exiger davantage. Et c’est tout ce qu’on lui demande. A conseiller donc, outre les fans, à tous les curieux et nostalgiques de vieilles technologies!

 

White Rabbits

Milk Famous

Écrit par

A l’image (sobre mais barrée) de leur pochette, ses lapins blancs sortis du terrier Mute abordent les événements à contre-courant et régurgitent un patchwork hybride hautement jouissif.

Pop foutraque touchant au génie, un peu Art Rock mais sans prétention, autant que Psyché, mais sans prise de tête inutile, ce premier album de ces Amerloques respire l’inventivité et la liberté d’expression.

« I’m not Me » reflète parfaitement cet état d’esprit décomplexé qui fait toute la richesse de cet excellent opus.

Certes, il faut parfois un peu s’accrocher pour suivre ces léporidés courant tout azimut, mais au bout de l’effort, il y a la récompense : un célèbre verre de lait…

Quoi de neuf, docteur ?

 

Dan San ?????

Écrit par

Le premier clip de Dan San, issu de l'album "Domino",  illustrera la chanson "Question Marks". Il est disponible sur la toile depuis ce mercredi 12 septembre (voir ici ). Il a été réalisé par VLE - Simon Médard, l'homme à l'origine des teasers du groupe.

Le groupe partira en tournée d’automne. Il se produira notamment en Allemagne, en France, au Grand-duché de Luxembourg et en Belgique. L’occasion pour la formation de présenter également de nouveaux morceaux.

15/09/2012    Beatnik Festival - Verviers - BE   

21/09/2012    Jyvazik Festival - Walhain - BE    

02/10/2012    Mons On Air - Campus Tour - BE   

04/10/2012    Fnac - Liège- BE    

06/10/2012    Fnac - Bruxelles Toison d'or - BE   

12/10/2012    Noumatrouff - Mulhouse  - FR                w/Revolver

20/10/2012    Fnac Anvers - Anvers - BE   

20/10/2012    Fnac Gand - Gand -  BE

31/10/2012    Rockomotives - Vendôme - FR   

02/11/2012    Ferme du Biéreau - Louvain-la-Neuve - BE   

03/11/2012    CC de Libramont  - BE   

17/11/2012    Festival Rock & Chill - Soignies - BE      

24/11/2012    CC Welkenraedt  - BE   

30/11/2012    West Rock - Cognac - FR                     w/Absynthe Minded

05/12/2012    Rockhal - Luxembourg - LU   

 

 

 

Allah-Las

Allah-Las

Allas-Las nous vient de Los Angeles, en Californie. Son rock/garage, il le puise du côté de la côte ouest américaine de la fin des années 60. Pensez au groupes cultes comme The Seeds, 13th Floor Elevators et Count Five. Un peu comme si le temps s’était arrêté depuis plus de 4 décennies. A la limite, on pourrait les insérer au sein d’une compile ‘Nuggets’ voire ‘Pebbles’. Mais malgré cette coloration rétro, leur musique est vivifiante et rafraîchissante. Légèrement trempée dans le psychédélisme, aussi. Pétillantes, les compos sont soulignées de mélodies délicieuses et stimulées par les guitares chatoyantes voire surf (The Gun Club, The Nomads, The Cramps). 

Avant de devenir une machine à hits, REM baignait dans les mêmes eaux. Rain Parade également, une formation issue du mouvement Paisley Underground qui n’a jamais rencontré qu’un succès d’estime. Allah-Las pratique donc du garage rock, mais sans les dérives ‘fuzzy’. Légères, leurs plages baignent davantage sous le soleil de la Californie. D’ailleurs en écoutant des titres comme « Don’t forget it », « Vis-à-Vis », « Long Journey » et les judicieusement intitulés « Sacred Sands » et « Ela Navega », un surfeur remonterait spontanément sur sa planche…

 

Calexico

De l’or dans les doigts, des cuivres dans les oreilles…

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Après avoir assisté au fantastique set de Calexico, flanqué de l’orchestre mexicain Mariachi Luz de Luna, dans le cadre du festival Pukkelpop, en 2000, puis vécu celui –remarquable également– accordé lors du Cactus (?!?!?) de Bruges, en 2009, je ne pouvais manquer celui de l’AB, prévu ce 19 septembre 2012. D’autant plus que la formation vient de publier un nouvel album il y a quelques jours. Intitulé « Algiers », il a été enregistré à la Nouvelle-Orléans. De quoi escompter une fusion de styles originale…

Ce soir, l’Ancienne Belgique est archicomble. Il revenait à Laura Gibson d’ouvrir la soirée. Originaire de Portland, cette artiste est rarement inspirée pour se fringuer. Pas trop gâtée par la nature, plutôt timide et chaussée de lunettes d’institutrice, cette grande bringue (NDR : elle a intitulé son dernier album « La Grande », le nom d’un patelin sis dans l’Oregon), possède cependant une superbe voix. Angélique et rafraîchissante. Talentueuse, elle s’accompagne à la sèche (parfois aussi aux claviers) et bénéficie du concours d’un claviériste/trompettiste, d’un drummer (sis à l’extrême droite du podium), d’un guitariste (parfois préposé à la steel) et d’un contrebassiste. Et la musique trempe dans une forme de folk/jazz particulièrement élégante. Une demi-heure de set qui mériterait un prolongement ultérieur… mais bon, comme votre serviteur a débarqué à 20h15, il en a savouré un bon quart d’heure ; dans ces conditions, difficile d’en raconter davantage…

A 21h00, la bande à John Convertino et Joey Burns montent sur les planches. Joey se réserve une ‘six cordes’ (le plus souvent acoustique) et le chant. John les drums. Arborant de superbes rouflaquettes, Jairo Zavala remplace Paul Niehaus, à la guitare solo et à la steel. Jacob Valenzuela se charge de la trompette, du vibraphone et des claviers. Martin Venk, l’autre trompette. Chris Giambelluca, la basse. Et Sergio Mendoza, l’accordéon, les synthés et surtout le piano. Ses interventions caribéennes aux ivoires, font d’ailleurs absolument merveille. Je m’attendais donc à un concert aussi déjanté que ceux auxquels j’avais pu assister. Mais en début de parcours, la musique épouse une forme plus conventionnelle, à la limite de la pop. Dans un style ténébreux et atmosphérique, néanmoins. Pas une entrée en matière très excitante. D’autant plus que les anciennes compos proposées sont toutes aussi paisibles. Heureusement, la suite va s’élever progressivement en intensité. Dès le ‘sergioleonesque’ « Roka », chanté tour à tour en espagnol et en anglais, les maracas et le vibraphone annoncent la couleur. « Para » se cuivre davantage et monte en crescendo. Enfin, tout en adoptant un rythme de valse, « Dead Moon » conjugue trois guitares dont une en vibrato. La musique baigne alors enfin dans un climat latino, pour le plus grand bonheur des aficionados. Vivifiant, « El picador » est superbement cuivré et incite les spectateurs à réagir. Des cuivres bien ‘Tijuana’ et qui vont colorer de plus en plus l’expression sonore, sans jamais l’étouffer. Jacob Valenzuela chante et enchante de sa trompette extatique le paso doble « No te vayas », un extrait du nouvel elpee. Pour attaquer la cover du « Alone again or » de Love, Chris a décidé de troquer définitivement sa contrebasse contre une basse, un morceau au cours duquel quatre des musicos participent aux vocaux. C’est à peu près à partir de ce moment que l’auditoire commence à participer de plus en plus activement au show, en frappant notamment dans les mains. Plus tex mex, « Corona » est enrichi par l’accordéon et une gratte countryfiante. L’épique « Puerto » flaire le Mexique à plein nez. C’est la composition qui achève le show. Au cours du set on aura aussi droit à un autre instrumental (« Close behind »), dont la slide projette dans les esprits des images d’un chemin de fer qui s’enfonce à toute vapeur vers l’Ouest. Lors du feutré « Hush », John Convertino joue en picking sur une guitare à 12 cordes pendant que Joe Burns caresse ses peaux. Un morceau au cours duquel les cinq autres musiciens rivalisent d’imagination pour entretenir les différents bruitages. Le public est ravi. Le groupe aussi ; et le rappel est inévitable. Trois titres y seront proposés, dont deux compos plus sereines ; et en final, le pimenté « Guëro Canelo » qui va soulever l’enthousiasme de l’auditoire. Acclamations nourries !

 

Bref, un excellent concert, mais pas aussi remarquable que les deux précédents auxquels j’avais eu la chance d’assister. A l’instar des anciens chercheurs d’or, Calexico aurait peut-être intérêt à chercher de nouvelles sources d’inspiration. Un bon filon à explorer. Pour ne pas connaître une traversée du désert…

Setlist

Epic
Across The Wire
Splitter
Roka

Para
Fortune Teller
Dead Moon
El Picador
Sinner In The Sea
No To Vayas
Maybe On Monday
Alone Again Or
Corona

Hush
Close Behind
Puerto

Rappel

The Vanishing Mind
Two Silver Trees

Güero Canelo

(Organisation Ancienne Belgique)

 

Aube Lalvée

Stars in your scars

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Ses chansons, Aube L les a (e)ancrées dans la peau, à l’in(star) de ses bribes de vies tatouées à la surface de son épiderme.

Son chant serpente et s’enroule tout autour du mélomane prêt à lui ouvrir les portes de ses perceptions. L’étranglant dans une douce caresse, relâchant son étreinte charnelle pour mieux se glisser et onduler au gré de ces mots tantôt susurrés, tantôt criés, pleurés ou pouffés, par un organe vocal à la tessiture troublante.

Choisissant l’‘Amour’ comme fil conducteur au milieu des dédales de nos tourments d’humains. Un ‘Amour’ immense, généreux, VRAI. Offert avec tant de simplicité qu’il en devient bouleversant.

Aucune chanson au monde n’aura jamais le pouvoir de guérir les blessures de la vie. Mais combien d’entre elles ont contribué à colmater les brèches dans les cœurs meurtris ?

Il est de ces albums qui aident à traverser les tourments, de ces artistes qui vous prennent par la main et vous emmènent au-delà de la souffrance et vous guident l’espace d’un instant là où la douleur s’estompe jusqu’à se muer en apaisement.

Jeux de miroirs qui reflètent nos vies, pans entiers de nos joies et peines ainsi dévoilés par la grâce de chansons intemporelles. Comme un recueil secret de nos cicatrices enfouies où l’on revient souvent pour se faire du bien. Ne pas oublier que nous ne sommes pas seuls (« We Never Walk Alone »). Combien nous sommes tous fragiles, malgré nos carapaces (« I Promise To Myself »). Et qu’au-delà du voile sombre de toute tristesse, la lueur de l’espoir éclaire les plus sombres ténèbres (« Stars In Your Scars »).

Aube est une artiste magnifique, rare, précieuse, et une personne d’exception.

Libre de toutes contraintes commerciales, sa musique est à l’image de cette fille brillante. Un astre dans nos nuits chagrines.

Et quand bien même tout semble fini, il reste encore la traînée lumineuse d’une étoile filante (morceau caché).

En filigrane, résonnent ces mots : ‘Rien n’est grave’.