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Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Gustaph

Jaded

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Gustaph est un jeune musicien et chanteur talentueux, plutôt connu dans le Nord du pays. Il a d’ailleurs déjà participé à une émission sur Radio 1, et a fait l’objet d’articles dans la presse écrite flamande.

Il produit aujourd’hui « Jaded », un Extended Play 6 titres. Après écoute, tout amateur d’électro ne peut qu’être séduit par les sonorités de « Jaded », son titre phare (et surtout la version produite par Luuk Cox).

Bien sûr, tout n’est pas parfait dans ce premier essai. On pourra, au rayon des regrets, reprocher à la voix de Gustaph d’être un poil trop aigue, qui peut donc, après plusieurs écoutes, parfois un peu irriter. En outre, sa tonalité ne permet de ‘détonner’ par rapport aux mélodies qui sont offertes.

Finalement, sur les 6 titres, il y a quand même pas moins de quatre fois le morceau « Jaded », certes travaillé différemment (dont une version piano très réussie), et deux fois un second intitulé « Same thing ». Ce qui se résume, au final, à un total de… deux chansons différentes. Difficile donc de juger de l’intérêt à porter à l’artiste sur la longueur, après avoir écouté ce seul opus.

Mais reste que, malgré ces petits défauts, Gustaph démontre un indubitable talent. Caractérisé par ses rythmes agréables et entraînants, « Jaded » est donc un premier né tout ce qu’il y a de plus attirant, et nul doute qu’on reparlera de cet artiste rapidement, au Nord comme au Sud du pays. De notre côté en tout cas, on attend impatiemment un album complet.

 

Antoine Henaut

Quelqu’un de bien (Ep)

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Jamais entendu “Quelqu’un de bien”?

Pas possible, vous n’écoutez pas la radio, bon sang ! Ce titre casse la baraque sur toutes les ondes belges, en ce moment. Partout, tout le temps !

Originaire d’Onnezie dans la banlieue montoise, Antoine Henaut est un chanteur chez qui les mots comptent. Après s’être essayé à l’écriture de petits romans et de nouvelles, la chanson lui tend les bras. C’est en manifestant beaucoup d’humour, voire d’ironie et en jonglant avec les expressions et les phrases qu’il raconte la vie, ses soucis, ses petits bonheurs et ses contraires.

Flanqué des membres de son ex-band ‘de jeunesse’, Sonotone, il tente une percée via cet Ep partagé en quatre titres. Le début d’une belle aventure ? Sans aucun doute, car après avoir écouté la plage phare, les trois autres compos sont du même tonneau. Fraîcheur, jeux de mots, humour et tutti quanti sont au rendez-vous. « Qu’est-ce que t’as » est désopilant. Il reflète le comportement d’un dépressif qui… nous fait rire…

« Les contes de fée » et « J’ai pas envie » complètent le carré de chansons de même manière. Côté musical, Antoine et ses acolytes font bien mieux que se défendre. Accrocheuses, diaboliquement efficaces et immédiates, les mélodies soutiennent parfaitement ces ‘histoires drôles’.

Troquant leur nom de scène pour ne garder que celui de leur chanteur/compositeur pour les identifier, Antoine au chant et à la rythmique, Max aux guitares, David à la basse, François à la batterie et Xavier aux claviers ont déjà derrière eux un petit bout de chemin qu’ils comptent mettre à profit dans un avenir pas très lointain.

Récemment, ils ont précédé Suarez ou Michel Delpech lors de leurs tournées, profitant de l’occasion pour présenter leurs dernières compos et faire le plein de confiance.

Confiance dont ils auront besoin lors des prochaines semaines, puisqu’ils vont devoir assurer un duo TV en compagnie de Thomas Fersen et ouvrir le concert des Brigitte, le 7 décembre prochain, au Bota.

Confirmation attendue impatiemment !

 

Joe Henry

Reverie

Écrit par

Première difficulté, répertorier correctement cet artiste. Rock/Pop ? Folk ? Blues ? Jazz? Country ?

Difficile à dire! En tous cas sa musique n’a ni l’odeur ni le goût de la pop music, encore moins les parfums d’un bon vieux rock. Et qwé alors ? Joe Henry est compliqué à cerner. J’aurais bien inventé une nouvelle catégorie rien que pour lui mais là, on va me corriger vite fait. La section blues/jazz/country n’existe pas. Ok gardons jazz alors. Bien qu’accolé à ‘classique’, ce qui n’est, il est vrai guère ‘sexy’ mais les ordres étant les ordres (NDLR : c’est la db, mon cher Luc, c’est la db…)

Mais qui peut bien être ce Joe Henry ?

Il est né 1960. En Caroline du Nord. Il a grandi dans le Michigan avant de déménager à New York, pour finalement s’établir à Los Angeles, dès 1990. Marié à la sœur de Madonna, il apporte sa collaboration sur deux de ses albums. Il est même à l’origine d’un des hits de la reine de la pop, « Don’t Tell Me ».

Quant à sa carrière personnelle, Joe en est déjà à son douzième long playing. Le premier est paru en 1986 ; et 25 ans plus tard, « Reverie » clôt une fameuse série toujours en cours…

Sur cette dernière production, Joe se veut plus authentique, plus proche des racines musicales qu’il défend. Totalement acoustique, Joe n’utilise aucun instrument électrifié. Faisant confiance à Keefus Cianda au piano, Davis Piltch à la contrebasse et Jimmy Bellerose à la batterie, il s’adjoint également de manière pus épisodique les services de Marc Rinot à la guitare acoustique et au ukulélé ainsi que Patrick Warren, préposé à l’orgue à soufflets. De son côté, outre la guitare, il consent à partager le micro avec Jean McClain pour les chœurs et a invité Lisa Hannigan dont il avait produit le dernier elpee, « Piano Furnace ».

Responsable d’un mélange de jazz et de folk, Joe Henry a les idées bien claires, tout comme sa musique. Reposant sur des bases épurées, elle est découpée en accords nets. Les mélodies sont touchantes et élégantes.

Les arrangements, axés sur les guitares sont efficaces de simplicité et donnent une impression de ‘Ligne Claire’ tout comme celle qu’Hergé avait inventée dans le monde de la bande dessinée.

« Reverie » est un opus émouvant, simple et beau à la fois ; d’un autre monde, d’une autre époque.

A écouter un soir d’hiver au coin du feu, en sirotant un tout bon vieux whisky…

 

Matthew Herbert

One Pig

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Matthew Herbert n’est pas véritablement un musicien. C’est plutôt un artiste, au sens premier du terme. Son troisième elpee « One Pig » clôture sa trilogie « One », démarrée en 2010 et vise, selon les propos mêmes de l’auteur, à produire ‘Trois albums, chacun à propos d’une chose’.

Le projet est assez élémentaire : superposer, à une musique électro, des bruits et sonorités issus de la vie quotidienne. Et pour ce nouvel opus, Matthew Herbert a donc superposé, comme l’annonce son titre, des sons de… cochons ! Sons originaux des animaux, directement enregistrés depuis une ferme d’élevage.

Par conséquent, attendez-vous à découvrir, au détour de votre écoute, des bruits de dispute, de naissance et même de mort de nos compères à quatre pattes. Le titre « August 2010 » ira d’ailleurs jusqu’à proposer, mélangés à des mélodies électro assez bien construites, des bruits d’urine ! Par conséquent, si on ne peut nier le travail accompli, nul doute que l’auditeur lambda restera probablement de marbre face au style d’Herbert, assurément décalé…

Après quelques écoutes, on ne peut donc qu’être partagé entre d’une part, le message honorable véhiculé, à savoir la dénonciation des conditions de vie abominables des porcs au sein de la chaîne alimentaire, et d’autre part le résultat obtenu ainsi que l’aspect forcément pour le moins étrange du projet. Les 10 pistes s’écoutent donc par curiosité, mais ne se réécouteront probablement pas.

En conclusion, cet album est de ceux qui ne laissent pas indifférent, dans un sens ou dans l’autre, sans demie mesure… puisqu’une association de défense des animaux a d’ores et déjà porté plainte et tente d’empêcher sa distribution, estimant que l’artiste ‘rend amusant la cruauté animale’. Alors même que de l’avis de son auteur, c’est l’exact but inverse qui est poursuivi. Sans doute s’agit-il ici d’un énième artiste incompris ?

Etonnant et indubitablement original, « One Pig » est donc à réserver à un public averti.

 

Caroline Jokris

Etrange liaison

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Aïe aïe aïe ! Qu’il est difficile parfois de dire ce que l’on pense d’un ‘artiste’ et de son travail…

Caroline Jokris, 35 ans bien sonnés, soldate (complètement) inconnue au bataillon de la scène belge propose pourtant déjà son troisième elpee.

Et qu’en dire ? Ben pas grand-chose de bien, hélas pour elle.

Suivant sa bio, elle commence sa carrière artistique (?) à quatre ans comme petit rat de l’opéra. Au conservatoire, à six, elle rêve de devenir actrice, puis chanteuse après avoir assisté à un concert de son idole, Jean-Jacques Goldman. Et le pire, c’est qu’elle y croit et qu’elle ose ! A quinze, elle se produit sur scène et à vingt publie son premier album. Le succès la boudant, sauf peut être du côté de Montréal, elle continue sa quête vers une impossible renommée.

Un trou d’une dizaine d’années ne la décourage même pas. Elle finit par rencontrer Michael Jones qui, gentil comme un cœur, accepte d’échanger un duo en sa compagnie. Ivre de joie, la jolie blonde est relancée, pour notre plus grand bonheur (!). Or, grâce à quelques internautes qui ne savent vraiment pas quoi faire de leurs tunes, la troisième plaque de Caroline vient de sortir. Et pour être franc, j’ai l’impression que les choses n’ont pas beaucoup changé.

Un duo pourri même auprès d’une grosse pointure n’autorise pas tout… Mais faut dire qu’on l’entendait plus beaucoup non plus le copain de l’autre (Michael Jones)!

On a ici entre les mains et les oreilles, des chansons minables, niaises qui foutent le bourdon et ne donnent qu’une envie, sortir le Cd de son tiroir et le flanquer illico à la décharge. Du sirop ! C’est exactement ça ! Du gros sirop sucré qui colle, rend les mains (et les oreilles) poisseuses. Vite, vite, un robinet pour aller nettoyer le tout. Et c’est sûrement pas une mauvaise reprise de « Week-end à Rome » du vieux Daho qui sauvera ce truc d’un naufrage programmé.

Heureusement que tous les fans de Goldman ne se mettent pas en tête de sortir un disque. Au secours !

 

Gérard Lenorman

Duo de mes chansons

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Ah ! Quand on n’a plus grand chose à dire depuis un bout de temps, il est parfois utile de ressortir les vieux discours qui ont marqué et, peut être, après les avoir un peu dépoussiérés, plairont encore…

C’est ce que s’est dit Gérard Lenorman, chantre de la variété française des années 70 qui a fait évidemment le bonheur des scouts, guides et autres patros en composant « La Ballade Des Gens Heureux », un hymne que tous chantaient le soir assis, en rond, autour du feu de camp…

Alors comme une pièce défraîchie, salle, abandonnée que l’on veut restaurer, Gérard nous ressort ses classiques qu’il a décidé de repeindre en deux tons. Pour cette occasion, il a fait appel à une équipe de ‘peintres’ plus ou moins connus dans le panel de la profession.

Afin de rendre donc des couleurs à ces chansons, et reconnaissons-le, elles ne sont pas moins bonnes que celles servies actuellement par une brochette de soi-disant artistes de chanson française, l’ami du « Gentil dauphin triste » a lancé un appel à ses amis du milieu. Florent Pagny, Grégoire, Zaz, Patrick Fiori, Joyce Jonathan, Shy’m, Maurane, Amaury Vassili, Roch Voisine, Anggun, Stanislas et Chico et les Gypsies l’ont tous rejoint pour lui rendre cet hommage. C’est ainsi que renaît un artiste disparu de la circulation qui avait laissé derrière lui un répertoire… Et la magie opère, ravive des souvenirs sympas et met le sourire aux lèvres des quadras et quinquas qui le dénigraient sans doute (j’en suis, j’avoue) à cette époque.

Sans prétention, c’est de jolie manière que Gérard Lenorman célèbre ses 40 ans de scène.

Tant pis si ma chronique fait rire certains ; je ne suis pas moins sûr que beaucoup entendront ces chansons revisitées avec un brin de tendresse et des souvenirs d’enfance et/ou de jeunesse intacts !

Male Bonding

Endless Now

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Un an et demi seulement après avoir pondu « Endless Now », les Londoniens remettent le couvert. Pour rappel, « Nothing Hurts » avait été favorablement et unanimement encensé par la critique. 

Sur ce deuxième opus, Male Bonding revendique davantage ses influences grunge et rock issues des 90’s, en général. Pas pour rien qu’on retrouve derrière les manettes John Agnello, un personnage qui a notamment bossé pour Cell, Kurt Vile, Dinosaur Jr. ainsi que Thurston Moore. Le son est crade. Survitaminés, résolument punk, dégoulinants de sueur, les douze morceaux font mouche. Les Anglais de ne se posent pas de questions. Le tempo est soutenu. Le sens mélodique contagieux. Il s’imprègne même dans notre subconscient avec une facilité déconcertante. Les riffs de guitares sont simples mais efficaces ; mais tout comme la voix, ils sont chargées de reverb’. Il y a bien l’une ou l’autre plage qui permet quelque peu de reprendre haleine (« The Saddle »), mais c’est toujours pour ensuite redémarrer de plus belle. Encore que dans le ventre mou de l’elpee, on a parfois l’impression que le combo cherche son second souffle. Suivant l’adage, ‘trop d’énergie finit toujours par tuer l’énergie’. Mais en fin de parcours, il retrouve toute sa sauvagerie.

Parfait pour retrouver la forme, Male Bonding agit comme un excitant naturel. Un cran en dessous de « Nothing Hurts », « Endless Now » demeure néanmoins un excellent album. Aussi, ne boudons donc pas notre plaisir !

John Martyn

Heaven and Earth

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John Martyn étant décédé en 2009. « Heaven and Earth » est un album posthume que son ami et producteur de longue date, Jim Tullio, a achevé avant de le mettre en boîte.

Plutôt réputé pour ses frasques et épisodes sulfureux que la vie lui a réservés, John est un musicien connu de peu mais adulé par quelques-uns parmi les plus grands. Citons en vrac, Eric Clapton, Phil Collins, Stevie Winwood, Robert Palmer, David Gilmour et Paul Weller qui l’ont souvent produit et/ou accompagné.

C’est à l’âge de 19 ans, en 1968, qu’il enregistre son premier elpee après une initiation à la ‘folk music’ dispensée par le regretté David Graham. Entretemps, c’est un catalogue de presque 50 Cd que laissera à ses héritiers ce doux dingue (plutôt dingue que doux, d’ailleurs).

« Heaven and Earth » met donc un terme à une carrière bien mouvementée qui a duré plus de 40 ans.

Les neuf morceaux réunis sur ce dernier ouvrage sont, à l’exception de « Can’t Turn Back The Years » (NDR : titre révélateur, il est signé Phil Collins) autant de testaments laissés à la postérité par cet agitateur impénitent.

Respectueux des idées de son poulain, Jim Tullio a fait appel aux fidèles d’entre les fidèles pour achever d’écrire ce dernier chapitre. Les bien nommés Spencer Cozens au piano, Arron Ahmun aux drums et Alan Thompson à la basse ont tenu à être présents pour mettre un point final à la carrière pleine de rebondissements de cet artiste hors du commun.

Fruit d'un mélange de jazz, blues, world, funky, folk et rock, la musique de l’irascible Ecossais est une véritable ouverture sur le monde, capable de nous faire voyager à travers différentes cultures et modes de vie.

Curieux quand-même que cet auteur/compositeur/interprète à la voix si proche de Joe Cocker et aux compos dignes d’un John Lee Hooker n’ait pas connu le succès qu’il aurait sans doute mérité !

 

Peter Kernel

White Death & Black Heart

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Non, Peter Kernel n’est pas un autre songwriter, mais un trio helvético-canadien qui pratique de l’‘art-punk’ (NDR : enfin c’est ce qu’il raconte). La musique proposée est donc supposée singulière. La brève bio du groupe nous apprend qu’ils ont participé à divers projets autres que musicaux. On comprend dès lors mieux leur concept artistique. Plus qu’un style musical, Peter Kernel décrit davantage une manière de penser et de composer en dehors de tout carcan. Actif depuis 2005, le band a assuré la  première partie de groupes tels que Mogwai, Why ?, Wolf Parade, … De quoi accentuer encore ce goût de la diversité.

« White Death Black Heart » constitue le deuxième album du groupe, mais le premier sur le label Africantape. Peter Kernel brasse des influences variables. Certains titres sont plus accessibles, d’autres plus énergiques. On pense d’abord à Sonic Youth pour les sonorités dissonantes (« Anthem of Hearts », « The Peaceful »). Et à l’instar du combo new-yorkais, on y retrouve cette alternance entre voix féminine et masculine, qui conversent et finissent par se conjuguer. Par contre, les dialogues et le timbre aigu de demoiselle rappellent plutôt Yacht (« Hello My Friend »). Mais, Peter Kernel est également capable de torcher des morceaux minimalistes bourrés d’énergie, réminiscents de la période émo-punk (« The Captain’s Drunk »).

Peter Kernel est digne des meilleurs groupes de la scène indie-pop yankee. Qu’on se le dise !

En concert le 11 novembre, au DNA, à Bruxelles.

 

The Walkabouts

‘Devil's Road’ n’existerait pas sans ‘Born Sandy Devotional’…

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Les Walkabouts viennent donc de publier leur nouvel album. Son titre ? ‘Travels in the Dustlands’. Il fait suite à ‘Acetylene’, sorti déjà il y a six longues années. Entretemps, Chris Eckman et Carla Torgeson ne se sont pas pour autant reposés sur leur lauriers. Chris a même multiplié les projets parallèles. Bref, leur nouvel opus est très riche. Musicalement, mais aussi et surtout au niveau des textes. Et franchement, il m’aurait fallu une bonne demi-journée d’interview, si je m’étais évertué à décortiquer leur prose, en leur compagnie, tant elle est intéressante. Mais, l’important était quand même de vous donner une idée globale du contenu de cet elpee, en essayant de poser des questions (im)pertinentes, auxquelles Chris et Carla ont eu la grande gentillesse de répondre…

Mais où se trouvent donc les ‘Dustlands’ ? Près de la frontière mexicaine, quelque part en Afrique ou en Australie ? Vu les lyrics, pas loin du désert, c’est sûr. D’ailleurs la collaboration de Chris apportée à Tamikrest, formation malienne, est peut-être une explication. Chris réagit : « C’est près du Mexique, pas en Afrique. Bien sûr, j’y ai puisé quelques idées pour écrire mes chansons, mais les ‘Dustlands’ se situent bien en Amérique » Et Carla d’ajouter : « S’ils étaient localisés en Afrique, on aurait mis en scène des chameaux… »

Ex-Willard Grant Conspiracy, Paul Austin a rejoint le line up des Walkabouts. Mais était-ce Chris et Carla qui le souhaitaient ou Paul qui a demandé de rejoindre le groupe ? Carla clarifie la situation : « Nous l’avons invité. On le voulait pour son talent, sa créativité ; et puis parce qu’il fait partie de la famille de nos amis depuis au moins dix ans. En fait, on souhaitait tout réorganiser de fond en comble. C’est un peu comme quand on joue aux cartes et puis qu’on décide de les redistribuer. »

Les lyrics sont donc très importants chez les Walkabouts. Ils sont signés par Chris. Une des compos s’intitule ‘They are note like us’ (Trad : ils ne sont pas comme nous). Mais qui sont-ils ? Chris nous éclaire à ce sujet : « Cette chanson parle d’un gars qui vit en Amérique profonde ; un type issu de la droite conservatrice, un peu fêlé. Il conduit un camion avec semi-remorque et porte un flingue. Il s’est taillé dans le désert avec son véhicule. Et quand il s’arrête enfin, il se place devant son camion, l’arme à la main, en se demandant de quoi sera fait demain. Cette histoire décrit la mentalité de ce type de personnage qui vit là-bas, aux States. Et elle est encore bien d’actualité. Il ne faut cependant pas s’arrêter au rôle du camionneur. En fait, le narrateur se met dans sa peau. C’est un peu caricatural, mais vous savez, aux Etats-Unis, il existe encore des hameaux où les habitants se barricadent dans leur ranch ou s’isolent dans une forme de camp retranché, en érigeant de hautes clôtures faites de fils barbelés. Ils veulent se protéger, se défendre. Mais qui craignent-ils ? Les bourgeois. En fait ce qu’ils considèrent comme des bourgeois : les démocrates, les intellos, les gens qui débarquent de l’extérieur. Ils ne comprennent pas les décisions prises par le gouvernement. Ce sont de farouches individualistes qui votent pour des partis d’extrême droite et s’accrochent à un certain style de vie. D’un point de vue politique et philosophique, je ne partage pas leurs opinions. Elles sont dangereuses. Par contre, je leur reconnais un sens des responsabilités particulièrement élevé. Ils ne demandent rien à personne. »

Dans les textes, Chris évoque souvent la sécheresse. Je lui signale qu’en Belgique, il pleut très souvent. ‘Rainmaker blues’ nous parle d’un faiseur de pluie. Existe-t-il vraiment ? L’a-t-il vu à l’œuvre. Il commente : « En fait, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, on rencontrait des faiseurs de pluie, au cœur des Etats-Unis. Ils se déplaçaient de ville en ville et proclamaient qu’ils étaient capables de faire pleuvoir. En tirant un boulet dans les nuages, par exemple. En fait, cette chanson traite de faux espoirs placés en quelqu’un. Le ‘Rainmaker’ arrive dans un bled et déclare qu’il peut la sauver la région de la sécheresse. Mais rationnellement, on sait que ce n’est pas possible. Donc, le personnage de la chanson, celui que j’interprète, croit fermement qu’il va y parvenir. Mais sa femme émet des doutes sur ses pouvoirs. En fait, elle n’y croit pas du tout. Et lui, répond qu’elle doit y croire et ne pas se montrer aussi cynique, car c’est leur dernier espoir. Il s’agit d’une métaphore qui vise notre monde contemporain, au sein duquel nous sommes tous en attente d’une solution. On espère que la technologie va nous sauver des dégâts causés à la planète. La crise que nous vivons est symbolisée par la sécheresse. Elle n’existe pas seulement en Amérique et en Europe. Elle sévit partout. Beaucoup de gens, aujourd’hui, se posent des questions, doutent et rejettent même la science… » Cette compo est imprimée sur un tempo tribal. Chris argumente : « Il faut demander à Terri. Elle a transmis (NDR : par e-mail) trois propositions pour le tempo, et j’ai choisi celle qui me semblait la plus adaptée à cette chanson. Mais ne me demandez pas quelle est son inspiration ? » Carla approuve et précise : « C’est une compo plus agressive »

Dans les lyrics, on retrouve souvent un sentiment de culpabilité qui ronge les personnages. Pourquoi donc ? Chris argumente : « En fait, l’émotion principale véhiculée est la déception et souvent la culpabilité va de pair avec la déception. Et quand on analyse pourquoi naît cette déception, la réponse est en nous-mêmes. On n’a que soi à critiquer. Et c’est alors que surgit la culpabilité. La plupart des personnages mis en scène dans mes chansons sont des gens qui on le mal de vivre. Qui n’ont plus beaucoup de choix. Qui sont acculés. Et donc, ils jettent un regard rétrospectif. Ils regardent d’où ils viennent et essaient de trouver des solutions (‘Quand tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d'où tu viens’ – Aimé Césaire). La culpabilité est une réponse parmi d’autres, mais une réponse à court terme. A longue échéance, vous devez faire des choix. Un exemple ? On arrête un criminel. On le met en prison. A-t-on résolu le problème ? » Autrement dit, ce dont l’avenir sera fait ne devrait pas être l’héritage de notre responsabilité envers le passé. Mais laissons notre interlocuteur poursuivre ses explications : « On doit regarder vers l’avant. Dans mes textes, on retrouve également des personnages qui sont toujours pressés et d’autres qui décident de mettre les voiles. En fait on pourrait penser qu’ils vont de l’avant pour donner une nouvelle orientation à leur existence. Mais en réalité, ils sont paumés et ne savent pas de quoi demain sera fait… »

Dans la chanson ‘No rhyme, no reason’, on parle d’un scorpion cerné par les flammes, qui se pique lui-même pour ne pas périr brûlé. Une description qui méritait des éclaircissements. Chris nous les fournit : « Cette histoire est puisée dans une de mes lectures. Un épisode qui se déroule au Sahara. Lorsque les indigènes trouvent un scorpion sous leur tente, ils allument des feux autour de cette tente. Et le scorpion se pique. Il meurt. Il se suicide quoi. Maintenant, j’utilise cette image pour illustrer l’état d’esprit d’une personne désespérée, prête à mettre fin à ses jours. Elle pose un choix : je me suicide ou pas ? »

Parmi les références littéraires reconnues par Chris, on retrouve les écrivains Paul Bowles, Willa Cather et William T. Vollmann. On peut lire d’ailleurs des citations de ces artistes, au sein de son booklet. Chris confirme : « Ce sont trois écrivains que j’aime. Ils contribuent à décrire ce que j’essaie d’exprimer. Ils me construisent un cadre qui m’aide dans ma création. C’est une sorte de fenêtre que j’ouvre au groupe. Des sources multiples qui oscillent des écrits journalistiques aux bouquins d’histoire, en passant par la Bible ou des récits mystérieux. Ce qui contribue à focaliser les collaborateurs sur le contenu de la chanson. Il y a 9 ans que je vis en Slovénie. Et donc je communique avec les autres musiciens par internet. » Carla confirme : « Il donne ce cadre général constitué de citations et invite le groupe à digérer le tout… » Tiens, parmi les citations, dans son booklet, figure également un passage de la Bible. De l’Ancien Testament, justement (NDR : Jérémie – chapitre 12 – paragraphe 11 et12 – ces passages évoquent les thèmes de la désolation et de la dévastation). Voudrait-il concurrencer David Eugene Edwards ? (rires) Chris se défend : « Je ne suis pas croyant. J’ai utilisé ce texte comme référence littéraire, pas religieuse. J’apprécie la description de ce qu’il raconte. Pas davantage. En ce qui concerne Eugene, je respecte son œuvre ; mais afin de ne pas nous brouiller, il est préférable de ne pas aborder de sujets religieux ou politiques avec lui, mais plutôt parler de la pluie et du beau temps… »

‘My diviner’ est une chanson très lente, une sorte de slowcore qui me rappelle les Cowboy Junkies. Carla partage cet avis : « Absolument ! Effectivement, ce groupe pourrait reprendre cette compo. C’est une chanson d’amour, et dans cet exercice de style, les Cowboy Junkies sont remarquables. Ce qui est singulier, c’est que lorsque je la chante, le public la reprend en  chœur, et ça me touche. Et si Margo a envie de l’interpréter, j’en serais très flattée. D’ailleurs, je l’encourage à l’adapter… »

The Appolon Chamber Orchestra a participé aux sessions d’enregistrement de l’album, pour plusieurs morceaux. On a même parfois l’impression que l’esprit de Scott Walker plane sur ces compos. Chris nuance : « En fait, personnellement, je fais la distinction entre deux mondes. D’abord, il y a les arrangements pour cordes, ensuite les arrangements de cordes de Scott Walker. Et là, on n’est plus dans la même division. C’est vrai que dès que me viennent des idées d’orchestrations de cordes, je pense à Scott Walker. En fait, c’est la référence. Une voie universelle. Le summum de la maîtrise. Une référence à la production de la fin des années 60, en termes d’orchestration. On n’a jamais l’impression que les cordes écrasent l’ensemble ou le travail de l’artiste. Elles le subliment. Elles font partie intégrante des morceaux. C’est harmonieux. Il ne s’agit pas d’en remettre une couche. On avait repris ‘Cowbell shakin’’ sur une compile intitulée ‘Out of the Blue Volume 6’. Mais je n’imite pas, mes influences sont intégrées, digérées. Sur ce nouvel album, il y a 4 chansons qui bénéficient de ce type d’arrangements. Dès le départ, on savait qu’on les intégrer. C’était prévu. On a arrangé les compos en conséquence, car on considérait cette technique comme complémentaire » Carla insiste : « Les arrangements sont destinés à capter l’attention ». Et Chris d’enchaîner : « Ils ont une présence réelle. C’est une voie fondamentale pour ces morceaux… »

‘Thin of the air’ me fait penser à Jefferson Airplane, surtout la voix de Carla, finalement proche de celle de Grace Slick, et ‘Every river will burn’ lorgne également vers la musique issue de la West Coast des seventies. Ce titre me semble même abordé dans l’esprit d’‘If I could only remember my name’ de David Crosby. Chris s’extasie : “Il est hors catégorie”. Et Carla d’embrayer : “Nous sommes des produits issus de la West Coast. On y est nés. C’est dans notre nature. » Chris approuve : « Même en Slovénie, on est ‘West Coast’. C’est notre seconde peau. Le berceau de notre enfance, c’est CSNY, The Doors, Buffalo Springfield, les Byrds, … le premier album que j’ai acheté, gamin, c’était ‘Déjà vu’. Mes parents avaient bien des albums des Beatles, qu’ils m’avaient filé, mais le premier que je me suis procuré est celui-là… » Carla reprend la parole : « J’aime bien ‘Thin of the air’, c’est une chanson un peu venimeuse… De mon côté, j’appréciais surtout Paul Revere & The Raiders. D’ailleurs, à l’époque, on s’habillait comme les Beatles du ‘Sgt Peppers’… »

Sur ‘Long drive on a slow machine’, il y a une étrange atmosphère, hantée par le spectre des Triffids ; même que la voix de Chris me fait penser à celle de feu David McComb. Chris réagit : « Ah bon, parce que la presse a déjà écrit que je chantais comme Bruce Springsteen. Et soit dit en passant David McComb appréciait beaucoup Springsteen. Il en était même un fan. C’était un de ses 3 ou 4 dieux. Quelle famille ! Bon, on l’avoue, on ne s’est jamais réellement prononcés et on n’a pas davantage émis la moindre dénégation à ce sujet ; mais les Triffids nous ont quand même influencés. » Carla nuance : « Mais ils étaient quand même plus romantiques » Chris reprend le crachoir : « C’est surtout l’atmosphère de leurs chansons qui nous a marqués ; mais nous ne sommes pas des voleurs. Et ‘Devils’s road’ n’aurait jamais existé sans ‘Born Sandy Devotional’. Mais, vous savez, entre le moment de la sortie de l’album de la formation australienne (NDR : 1986) et le nôtre (NDR : 1996), des années se sont écoulées. Oui, bien sûr, ‘My Diviner’ baigne encore dans un climat susceptible de rappeler ‘Born Sandy Devotional’. Faut dire que Paul (Austin) nous avait envoyé un bouquin consacré à David McComb et puis aussi des bandes d’enregistrements ‘live’ réalisé par un Tribute Band des Triffids, juste avant de commencer les sessions d’enregistrement… »

La manière de jouer des claviers de Glenn évoque quand même Garth Hudson, le claviériste du Band. Surtout lorsqu’il nappe les compos d’orgue Hammond. Il fluidifie les compos de la même manière. Chris est d’accord : « Dans le groupe, on le surnomme Garth ! C’est une inspiration majeure pour lui. Il vient pourtant de l’univers de la musique électronique, voire même progressive. En fait, il a tourné en notre compagnie avant d’enregistrer. Je l’avais prévenu qu’il ne devait pas jouer du synthé sur notre album, mais uniquement du clavier et du piano. Et à la fin des sessions, on lui a dit qu’il pouvait mettre du synthé. Il a assumé tous les morceaux d’une traite, mais il ne participe pas à toutes les plages… »

Outre les Walkabouts, Chris et Carla sont impliqués dans de multiples projets. En duo, d’abord. Chris sévit notamment chez Dirtmusic et L/O/N/G, lorsqu’il ne tourne pas au sein du backing group de Willard Grant Conspiracy, alors que Carla bosse de temps à autre en compagnie du musicien grec Akis Boyatsis. Et bien, soyez rassurés, ils ne comptent pas abandonner leur différentes expériences parallèles. Ils vont les poursuivre, sans aucun problème. Carla se déclare quand même moins active, mais publiera quand même un nouvel album avec le producteur et multi-instrumentiste hellène, l’an prochain.

(Merci à Vincent Devos)

Sortie du nouvel album, « Travels in the Dustland », ce 21 octobre chez Glitterhouse / Munich

Machiavel de retour au ‘Live Act’ !

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Pour la toute première date de sa tournée, Machiavel a choisi de se produire au ‘Live Act’, à  Braine l'Alleud. Le 25 novembre, le groupe y présentera un nouveau spectacle qui préfigure son prochain périple. Cette date sera aussi l'occasion pour la formation belge de présenter son nouvel album, sorti ce 15 octobre, le 11ème studio, intitulé “Eleven”.

http://www.liveact.be/machiavel
http://www.machiavel.be
http://www.liveact.be

Tracklisting:

1. Here comes the crash
2. Feel the sun
3. Sail away
4. The spirits fly again
5. Save the world
6. Never-ending day
7. Hope to see you again
8. Find the mistake
9. What’s next
10. Without mask

 

Big Deal, duo féminin gagnant ?

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S’appuyant sur leurs deux voix et guitares, Alice Costelloe et Kacey Underwood créent une musique vaporeuse mais spartiate ; la voix sombre de Kacey et cristalline d'Alice se conjuguant comme par enchantement… En attendant la sortie de leur premier album, "Lights Out", chez Mute, le 24 janvier prochain, l'Ep "Chair" devrait donner aux plus curieux un avant-goût de la pop minimaliste concoctée par Big Deal.

http://www.youtube.com/watch?v=rW5j3z0AMhk
http://www.myspace.com/weareabigdeal

 

Tous les chemins mènent à Carl Cox.

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Carl Cox publiera son 4ème album, “All Roads Lead to the Dancefloor”, ce 18 novembre sur Intec Digital. Fruit d’un mélange de techno, de breakbeat et même de musique latine, cet opus a été définitivement conçu pour les dancefloors et a été enregistré dans ses studios australiens avec l’aide de Josh Abrahams et David Carbone!

Tracklisting :

01. Carl Cox - Short Black
02. Carl Cox - Bread & Butter
03. Carl Cox - We Rob Together
04. Carl Cox - Nexus
05. Carl Cox - One Nation Under a Groove
06. Carl Cox - Family Guy - Acid Mix
07. Carl Cox - Kommen Zusammen
08. Carl Cox - Sentiemento Latino
09. Carl Cox - Avenger
10. Carl Cox - Fantasee
11. Carl Cox - Chemistry
12. Carl Cox - Day into Night.

 

François Staal version écolo.

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La musique de François Staal a souvent été considérée comme le résultat d’un mélange hypothétique entre celle d’Alain Bashung et de CharlElie Couture. Un artiste plutôt singulier, responsable de la composition de plus de quarante B.O. de films. Il vient de commettre son quatrième elpee, « Canyon ». Pour la circonstance, il a bénéficié du concours d’un invité de luxe, en l’occurrence Jean Fauque (« Osez Joséphine », « Ma petite entreprise »), qui signe deux nouvelles chansons, dont « Terre M’Atterre », une compo qui aurait pu figurer au répertoire du célèbre chanteur parisien, disparu voici déjà deux ans.

Vous pouvez découvrir ce titre à travers un clip, tourné dans les conditions live, telles que le disque a été enregistré.

http://www.youtube.com/watch?v=b2eKkgMYIxA
http://gallery.me.com/lestaal
http://www.olympiahall.com

 

Fink

Un concert soporiFink!

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Fink avait posé sa guitare sur la scène de l’Aéronef de Lille ce 24 octobre. Fin Greenall, de son vrai nom, présentait son album « Perfect Darkness », sorti au mois de juin dernier. Il était passé sous la loupe attentive de votre serviteur. Je lui avais fait la part belle en vous écrivant une critique avantageuse. Il fallait donc concrétiser cette première attache envers le Britannique par un concert.

Il est 20h30. Rachel Sermanni monte sur les planches de la salle lilloise. Sa guitare et sa douce voix séduisante embarquent le public vers les contrées écossaises, lieux de sa naissance. La petite artiste fait virevolter les notes comme des oiseaux voletant aux abords d’une forêt. Nous planons même au-dessus d’une verdure chatoyante, au sein de laquelle coule une rivière aux sons délicats et mélodieux. Rachel Sermanni est, elle aussi, un plaisir pour les yeux comme pour les oreilles. Du haut de sa petite taille, elle a ravi toute une salle, agrémentant les pauses entre ses chansons de quelques mots en français. Entourée comme il se doit, cette jolie demoiselle pourrait bien se révéler. Une belle découverte en somme. Le soleil qui précède la pluie voire même un gros orage.

Ah oui, c’est vrai… C’est du groupe soporiFink dont je venais vous décrire le triste concert. Effectivement, au bout de trois morceaux, je somnolais presque sur mon siège. Alors que peut-on retenir de cette soirée à l’Aéronef ? Pas grand-chose à vrai dire. Il est difficile de poser des mots sur l’ennui. Un live mou, sans vie, marquant très peu de différences par rapport au dernier opus. Assis sur son tabouret, le chanteur laisse jaillir ses chansons de sa bouche sans qu’aucune autre parole ne passe la frontière de ses lèvres. Pas la moindre communication entre deux titres avec les fans présents. Seulement un déballage continu et morne sans le moindre petit interlude. De quoi avoir envie de filer avant la fin. Et certains ne s’en sont d’ailleurs pas privés. En gros, Fink m’a juste offert une fantastique déception. Peut-être ma sévérité est-elle aussi liée à la forte impression que The Do m’a laissée il y a 10 jours. Car il est vrai qu’entre les deux, il existe plusieurs mondes de différences. Mais là, je suis bien redescendu sur terre. Cependant, certains artistes s’en sortent très bien en exprimant simplement leur talent en studio. Mais il faudrait malgré tout une fameuse dose de folie en plus pour pouvoir présenter ce spectacle sur des scènes de plus grande envergure. Plus d’envie aussi, sans doute. Parce qu’on est en droit de se demander quel plaisir Fin Greenall et ses musiciens prennent en ‘live’ lorsqu’on les voit peiner comme en ce lundi soir. La musique doit avant tout être motivée par le partage, rythmée par la passion, bercée d’une harmonie entre spectateurs et artistes. Autant de critères qui étaient aux abonnés absents et n’ont pas habité Fink, au cours de ce concert.

(Organisation : Aéronef)

Les heures In D 2011 : samedi 22 octobre

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Après avoir vécu l’édition de l’an dernier qui avait accueilli Midlake ou encore Anna Calvi, dans la cité bouillonnante, j’ai donc remis le couvert pour assister à ce festival parallèle aux Ardentes. Un événement qui jouait en 2011, la carte de l’éclectisme et de la découverte. Son appellation ne souffrant d’aucun malentendu, l’accent était, bien entendu, placé sur les artistes en marge du ‘mainstream’. Jeunes talents en devenir ou valeurs (r)assurées, cette nouvelle a permis au public considéré comme le plus ‘chaud boulette’ de s’éclater et de frémir aux sons les plus divers.

Day two.

C'est dans un silence religieux imposé par une assistance des plus clairsemées, que Leaf House, collectif local, dispense les premières mesures de cette deuxième journée, placée sous la bannière étoilée des cœurs plaintifs. Puisant son inspiration dans le souffle des vents d'une Americana en suspens dans le temps et métissant sa musique d'apports electro pertinemment agencés en séquences subliminales, le jeune combo dépose au pied de l'autel de cette plage désertée quelques pétales de fleurs arrachées au balcon de cités noyées dans les brumes de la nuit. Nuancées et délicates, les compositions trouvent un écho timide auprès d'une assistance néanmoins très concentrée sur le sujet, type de respect relativement rare à l'entame d'un festival.

BRNS quant à lui, se charge d'électriser quelque peu l'ambiance par le biais d'un set peut-être un peu inégal, mais bien maîtrisé. Laissant l'excellent "Mexico" terminer leur prestation de superbe manière.

La première gifle de la soirée est assenée par Imany, beauté comorienne montée sur des jambes qui ne finissent jamais et dont la voix est sans conteste à l'instar de son physique d'ex-mannequin. Décortiquant les plages de son premier album, "The Shape Of A Brocken Heart", dont le titre évoque le parallèle subtil entre la forme du continent africain et la moitié d'un cœur brisé, cette grande artiste (dans tous les sens du terme) nous dévoile sa forte personnalité et son talent énorme. Drôle dans ses interventions et touchante dans ses textes, Imany capte l'attention par la grâce d'une technique vocale sans faille mais surtout par une présence scénique remarquable si l'on considère sa frêle silhouette, accompagnée le plus simplement du monde par une guitare acoustique. Sorte de Grace Jones métissée de Tracy Chapman, elle a du bagout et son humour est bien balancé. Bref, cette ex-star des podiums réussit brillamment son virage. Nul doute qu'on en reparlera.

L'atmosphère se drape alors dans des apparats de soie noire, lors de l'apparition du trio Fink. Le protégé du label Ninja Tune n'a pas son pareil pour ensorceler son auditoire en dispensant un folk sombre et pourtant lumineux, parcouru par sa voix au timbre habité par mille démons du passé. Emotions portées à leur paroxysme (en témoigne cette jeune fille en larmes du début à la fin du concert) et efficacité d'un set mené de main de maître basé sur le nouvel opus de cet esthète hors normes. Un moment poignant et à la hauteur des espérances.

Le final de cette seconde édition est donc laissé à Jean-Louis Murat, dont le mot de la fin se déclame en une sombre poésie où la langue française se conjugue au passé Baudelairien, à cheval sur les grands horizons américains. Fidèle à lui même, l'Auvergnat, dans un très bon jour, captive l'assistance en nous racontant ses histoires d'amours déchus et d'espoirs sans lendemain. Présentant son nouvel album ("Grand Lièvre"), le plus Indé des Français recueille un succès mérité pour sa prestation énergique et savamment équilibrée entre hier et aujourd'hui. Au delà du cliché de poète maudit, il affiche la classe d'un artiste n'ayant plus rien à prouver mais toujours un incroyable talent et surtout manifeste une envie insatiable d'aller toujours plus en avant. Chapeau bas, monsieur Murat.

Enfin, l'after party peut commencer à avaler la nuit, et dans son sillage, les échos d'un festival encore mineur, mais plus pour très longtemps.

Les heures In D 2011 : vendredi 21 octobre

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Après avoir vécu l’édition de l’an dernier qui avait accueilli Midlake ou encore Anna Calvi, dans la cité bouillonnante, j’ai donc remis le couvert pour assister à ce festival parallèle aux Ardentes. Un événement qui jouait en 2011, la carte de l’éclectisme et de la découverte. Son appellation ne souffrant d’aucun malentendu, l’accent était, bien entendu, placé sur les artistes en marge du ‘mainstream’. Jeunes talents en devenir ou valeurs (r)assurées, cette nouvelle a permis au public considéré comme le plus ‘chaud boulette’ de s’éclater et de frémir aux sons les plus divers.

Day one.

En débarquant après le boulot, j’ai manqué les prestations de Divine et Radio Radio.

Selon les échos glanés à chaud, la prestation de la jeune Liégeoise a récolté un franc succès ; elle a même emporté dans son flow les doutes éventuels quant à assumer seule l’ouverture du festival.

Sur la lancée de sa première Mixtape et déjà reconnue dans le milieu pour son talent de MC, Divine a assuré remarquablement un exercice toujours périlleux avec un certain aplomb. 

Suivent donc les Canadiens de Radio Radio, dont le hip hop electro aux accents Chiac (un franglais parlé principalement par la jeune génération du Nouveau Brunswick au Canada) convainc une assistance qui allait gonfler au fil des minutes. Prozac dans la grisaille et les premiers froids de cette soirée d’octobre, leur enthousiasme et bonhommie a instauré un climat on ne peut plus favorable pour la suite des festivités.

Auxquelles je me suis enfin invité sur le coup de vingt heures. Juste à temps pour le début du set de 1995… Absolument réfractaire au Hip Hop hexagonal perclus de clichés en tous genres –depuis la grosse chaîne en or qui brille, aux gestuelles formatées (Yo !) jusqu’au phrasé inlassablement copié-collé de générations en générations– je ne peux qu’émettre deux constatations. La première : sur les six minutes vingt-six secondes de patience accordée au set, chaque fois que j’ai tourné la tête, un membre de plus est apparu sur scène. La seconde : après coup, j’ai réalisé que la moyenne d’âge des fans oscillait autour des treize ans. Conclusion : trop vieux et trop Rock & Roll pour vous donner mon avis sur un épisode que j’ai de toute façon snobé.

Les choses sérieuses peuvent donc commencer par la prestation des Lillois de Skip The Use. Quelle énergie ! Quelle pêche ! Mêlant ingrédients pop aux forts accents British (Bloc Party comme référence majeure), son vachement burné (Dog Eat Dog ?) et influences glissant du funk au reggae, ces cinq là ont un allant certain pour mettre la patate et mettre l’ambiance dans une salle. Si ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé, j’en reprendrais volontiers une petite goutte en infusion veineuse. Un chanteur époustouflant, et un groupe qui dégomme derrière. Bref, cette révélation des Ardentes 2009 n’a rien perdu de sa superbe.

L’ambiance montée d’un cran, les Français de Caravan Palace n’avaient plus qu’à assener le coup de grâce. L’ennui, c’est que je déteste ce genre de jazz manouche teinté de disco house. J’admets un savoir-faire indéniable ; et au vu de la réponse du public et de son enthousiasme, le concert devait être particulièrement bon. Mais perso, ça m’horripile et je m’ennuie ferme face à telle prestation. Truc de jeunes ou de filles (ou les deux), le plan clarinette sur fond de boîte techno me laisse profondément de marbre. Au milieu de ces centaines de jambes qui s’agitent, de ces fessiers qui rebondissent, de ces poitrines qui se soulèvent, je ressemblais à une frêle embarcation prisonnière d’une tempête. Et je n’avais qu’une hâte, rejoindre le rivage.

Le premier soir s’achève donc par un salut théâtral dans une ambiance survoltée, pendant que je m’engouffre dans ma voiture, chauffage à fond.

A demain pour d’autres aventures…

 

Ground Zero 2011 : mercredi 19 octobre

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Caravan Palace a donc effectué son grand retour sur les planches, ce mercredi 19 octobre.  Pour célébrer les retrouvailles avec son public, le groupe a lancé la note au théâtre du Sébastopol de Lille. Une ambiance de folie au cours de laquelle l’electro et le swing ont fusionné pour un résultat détonnant mais surtout enchanteur…

La soirée a commencé en douceur par Felipecha, un duo venu caresser nos tympans de ses ballades fraîches et colorées. Responsable de deux albums à ce jour (« De fil en aiguille » en 2008 et « Les lignes de fuite » cette année), Philippe et Charlotte (NDR : ex-chanteuse de Wax Taylor) nous ont invités à les accompagner lors d’une promenade champêtre et parfumée, afin d’y cueillir des fruits sonore, nés d’un mélange de subtilité, de délicatesse et de maturité. Un supporting act très raffiné.

Place ensuite au groupe français Caravan Palace. Après s’être accordé une année sabbatique, la formation a donc décidé de reprendre du service. Un nouvel Ep est d’ailleurs paru début octobre. Teinté de jazz manouche (NDR : les musicos adorent Django Reinhardt), leur électro swing avait ainsi cartonné sur leur opus éponyme, publié en 2008, mais également leur avait permis d’accomplir une tournée à guichets fermés.

Le public est impatient. Il est convaincu qu’il va vivre une bonne soirée. Et pour cause, le tracklisting devrait inclure les nouvelles compos du band, qui figureront sur leur nouvel album (NDR : il s’intitulera « Clash » et sa sortie est prévue pour le premier trimestre 2012).

Sur scène, un grand rideau rouge est tiré. Un ancien micro est planté devant, au beau milieu du podium. Soudain, quelques notes jaillissent de nulle part, déclenchant un accès de frénésie général, au sein du public. Le Théâtre Sebastopol est une salle où les places sont assises. Aussi les mélomanes les moins avertis n’ont pas beaucoup le temps de se prélasser, car après quelques secondes, il est impératif de se lever pour voir le spectacle et puis évidemment ressentir les rythmes nous envahir.

Le rideau se lève et laisse apparaître six musiciens répartis sur le podium. L’excitation de la foule cède alors le relais à l’euphorie totale, lors de l’arrivée de la ravissante Colotis Zoé, vêtue d’une tenue, on ne peut plus ‘charleston’…

Le concert peut alors commencer. Le public se rapproche de l’estrade et laisse éclater toute sa fièvre contenue et manifeste un enthousiasme, que la chanteuse lui rend bien et chaleureusement.

Leur style est très personnel. Très différent des autres groupes électro. A cet égard, j’estime qu’il y gagnerait, notamment en ‘live’, en jouant davantage sur sa spécificité. Par exemple en tirant parti d’un décor mieux adapté à la musique. De quoi donner plus de consistance au set.

Mais finalement, il ne s’agit que d’un détail, tant les musiciens sont passionnés et libèrent de l’énergie sur les planches. A tel point qu’il est difficile de résister à l’envie de danser, de swinguer et de prendre du plaisir, autant que le groupe s’amuse lui-même.

Caravan Palace + Felipecha

 

Katy B

On A Mission

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Plus la peine de la présenter, la déjà fameuse Katherine Brien. C’est sous le sobriquet de Katy B que la londonienne conquiert les ondes depuis quelques mois. Passionnée de musique électronique depuis toujours, elle se fait remarquer en 2008 en poussant la chansonnette sur un morceau du rappeur Geeneus et un titre de The Count & Sinden. Son timbre de voix fait ensuite vibrer le slip des trois ténors du dubstep, Benga, Skream et Artwork, réunis sous l’étendard de Magnetic Man. C’est d’ailleurs en compagnie de ce ‘supergroupe’ que la jeune femme de 22 ans signe son premier tube, « Perfect Stranger ». La suite, on la connaît. Gros buzz, quelques scènes rapidement sold-out et un premier album directement classé en 2ème position des charts britons. Ce qui lui permet d’être nominée, quelques semaines plus tard, pour le prestigieux Mercury Award. Katy est en mission et n’a pas besoin de tapage pour le faire savoir.

Estampillée dubstep, à cause de sa collaboration opérée auprès de Magnetic Man, l’œuvre de Katy B ne se limite pas à un seul genre. Pop, electropop, trip hop, drum’n’bass, acid jazz (si si !), la jeune chanteuse ratisse plus ou moins large, en bénéficiant du concours de Geeneus et Benga. La pilule passe toute seule, notamment grâce à des morceaux comme « Katy On A Mission », « Easy Please Me », « Hard To Get » et un excellent « Lights On » au sein duquel elle reçoit le concours et le flow de Ms. Dynamite. La mission de Katy connaît malgré tout quelques grossières lourdeurs qui empâtent inutilement son premier recueil. Ainsi, on se passerait volontiers de l’assommant « Witches’ Brew », d’un « Go Away » dégoulinant de mièvrerie et d’un « Disappear » d’une platitude telle qu’il mérite amplement son intitulé.

Globalement, il est clair que Katy B n’a pas encore démontré tout ce dont elle était capable. Un petit coup de pouce de producteurs moins opportunistes permettrait probablement à la petite Anglaise d’en surprendre plus d’un. D’ailleurs, une éventuelle collaboration Katy B / Jamie XX ne serait pas dégueulasse au demeurant. Wait & See.

Live : Katy B sera sur la scène du festival ‘I Love Techno 2011’ à Gand ce 12 novembre.

 

Siskiyou

Keep Away the Dead

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Mais que se cache-t-il sous l’étrange sobriquet de Siskiyou ? Une tribu indienne encore inconnue ? Et bien, non ; il s’agit d’une formation canadienne dont la musique baigne au sein d’un univers sombre et gothique. Comme l’indique d’ailleurs si bien le titre de leur second album, « Keep Away the Dead ». Siskyou a été formé par le chanteur/compositeur Colin Huebert ainsi que le guitariste Erik Arnesen ; et après avoir écouté les compos de cet elpee, on reconnaît la griffe du premier cité, ex-membre des magnifiques Great Lake Swimmers.

Le band a signé chez Constellation. Et le line up s’est élargi à un quatuor. De quoi permettre à l’instrumentation de se diversifier, entre guitares slide, accordéons, pianos ou autres banjos. Pourtant, leur musique ne trempe pas dans un folk basique, mais privilégie des compos minimalistes, boisées, atmosphériques, hantées, ténébreuses, parfois proches de celles, plus ascétiques, de Royal City. Des morceaux pas toujours faciles à assimiler et qui exigent souvent un effort de concentration pour être appréciés à leur juste valeur. Quant à la voix de Colin Huebert, elle rappelle celle, ‘dérapante’, du regretté Saint-Thomas (« Revolution Blues »). Bref, si les 10 pistes proposées sur ce disque ne transpirent pas la joie, « Keep Away the Dead » se révèle très cohérent. Dommage que certaines plages soient inutilement étirées et puis que les mélodies soient aussi peu contagieuses (« Dear Old Friend »). Il ne nous reste plus qu’à invoquer la lune en compagnie de la tribu folk des Siskiyou…

Le 5 novembre à Dixmude au 4AD.

 

Michael Bolton

Gems - The Duets collection

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Le chouchou de ces dames, Michael Bolton sort son nouvel album intitulé « Gems - The Duets collection ».

Au menu, un homme à la voix de ténor aussi envoûtante que sexy offre de longs instants de tendresse et des moments câlins, à savourer de préférence sous la couette.

Mais bien que l’elpee épingle quelques uns des plus beaux duos, certains laissent à désirer.

La première partie de l’opus est plutôt soporifique, tant les chansons sont lentes au point d’en oublier la précédente. La seconde s’avère beaucoup plus intense, notamment lors de titres comme « The prayer » qu’il chante en duo avec Lara Fabian ou encore l’« Hallelujah » de Jeff Buckley. De quoi faire vibrer la gente féminine, le temps d’une soirée.

Vous l’avez bien compris, messieurs, si vous voulez faire concurrence à Michael Bolton, et épater votre douce moitié, il est temps de vous inscrire à des cours de chant !