La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Frankie & The Heartstrings

Hunger

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Premier test taille réelle, déjà, pour Frankie & The Heartstrings. Ce groupe originaire de Sunderland ne s’est formé qu’il y a deux ans seulement. Quelques singles plus tard, Edwyn Collins décide d’aider les Britanniques à mettre le tout en boite. C’est ainsi que le groupe accouche de « Hunger ». Ce dernier ne correspond sans doute pas aux attentes que la presse anglaise avait misées sur cet album. Et il est vrai qu’il ne s’agit pas là d’un grand moment historique, musicalement parlant. Mais quitte à parler d’Histoire, fouillons un peu. Laissons, dans un premier temps, de côté les outils modernes et revenons aux méthodes traditionnelles. Le trésor archéologique découvert est alors fortement apprécié tant par les hommes du métier que par le public. Mais il est vrai que si on se met à gratter plus fort, à creuser plus profond, à analyser l’ensemble aux rayons X, ce n’est plus qu’une découverte comme bien d’autres en ont fait avant. Et pas la moindre petite pièce du squelette n’a plus de valeur que les autres. Pourtant, on aurait bien envie d’aller sur place voir si les sensations ne sont pas plus fortes. Parce qu’en ‘vrai’, tout peut être aussi « Fragile » qu’ils veulent !

Grey Reverend

Of The Days

Écrit par

L’univers sonore de Grey Reverend serait-il gris ? Voire ténébreux ? On pourrait le croire, à la lecture de ce patronyme ecclésiastique. Mais, en écoutant attentivement « Of the Days », son premier opus, on décèle quelques nuances dans son folk d’apparence très (trop !) classique. Né LD Brown, l’Américain fait ses débuts à New York. En assurant le supporting act de The Cinematic Orchestra. C’était déjà, il y a quelques années. Pas étonnant qu’« Of the Days » soit donc publié sur Motion Audio, le label de Jason Swinscoe, leader du Cinematic Orchestra.

Tout au long de son album, notre Reverend tisse subtilement de douces et simples complaintes acoustiques dans le blues/folk. Parfois, il souffle dans un harmonica (« Forsake »). Les textes sont épurés mais forts et profonds. Le meilleur morceau de l’elpee ? Le craquant « Little Eli ». Phénomène inévitable, vu le dépouillement des compos, au fil de l’écoute, un certain ennui commence à vous envahir. Je conseillerai donc l’écoute de ce disque, à celles et ceux qui recherchent la relaxation, et de préférence dans le noir (NDR : le gris ?)

 

Tim Holehouse

Grit

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Tim est britannique. Il est issu du Sud de l’Angleterre. Et de Portsmouth, très exactement. Il a une longue expérience musicale. Touche-à-tout, il a milité au sein d’une multitude de formations, dans des univers sonores différents : indie rock, black metal, hardcore et musique progressive. Il mène sa barque personnelle depuis 6 ans.

Sa première œuvre paraît en 2005. Elle s’intitule "Found dead on the shoreline". Son second chapitre, est plus travaillé. Son titre ? "From the dawn chorus". Mais il ne paraît qu’en 2009. Puis, il grave encore "….To the howls of midnight" et "In search of the binary star", sous le patronyme de Thimoty C Holehouse. Une sévère altération de ses cordes vocales l'oblige à changer de registre. Mais aussi de style, puisqu’il commence à puiser ses sources dans le blues. La formule nouvelle rencontre un succès certain, et Tim a ainsi l’opportunité de tourner sur tous les continents. "Grit" constitue donc son dernier opus, un disque pour lequel il est soutenu par son backing band, The Gentlemen, en l’occurrence le bassiste Graham Young, le percussionniste Michael Howe et le clarinettiste/claviériste Chris Derrick.

Le morceau d’ouverture est imprimé sur un tempo vif. Si sa voix s'est calmée, elle reste bien âpre et ravagée. Elle évolue au sein d’un environnement sonore tout en rythmique, enrichi par l’orgue, glissant du rock expérimental ‘velvetien’ au punk agressif. Ballade acoustique tourmentée, "Creeping death" prend lentement du tempo. Mais est-t-il vraiment sage de partager sa bouteille de whisky avec le diable en personne! "The prisoner" reprend du poil de la bête. Il se révèle même sauvage, déjanté, dans l’esprit du Jim Morrison de la grande époque. Bruitages et percussions étranges alimentent "Broken bones", une compo insolite, sorte de funk de l’impossible au cours duquel la clarinette épouse la voix à l'agonie. Le diable opère son retour pour "The devil went back down to Georgia". Une compo minimaliste qui aurait pu servir de ‘work song’, dans un pénitencier, autrefois… Des accords de slide poussiéreux introduisent "Into Mexico", un blues rocker au cours duquel la voix de Tim affiche une violence inouïe. Une fureur qui précipite ses collaborateurs dans un climat de transe. Amorcé sous la forme d’un blues primitif, languissant, "Rogues gallery" monte progressivement en puissance et s’électrise au contact des accords de la lap steel, prodigués par son ami James McGregor. Une plage victorieuse ! "Long road to nowhere" achève l’opus. Une piste sensée retrouver l'apaisement. Ce n’est pas le cas. Elle replonge dans l’univers torturé de Timothy ; celui qui produit cependant le plus d’effets… 

Jenny Hval

Viscera

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S’il fallait comparer l’album « Viscera » à un genre littéraire, ce serait au fantastique. Dès les premières notes d’« Engines in the City » on est plongé au sein d’une ambiance à la fois mystérieuse et fascinante. Comme si un homme étrange survenait de nulle part et vous invitait à découvrir un passage secret conduisant vers un univers encore inexploré.

Jenny Hval nous enivre de sa voix aux inflexions tantôt médiévales, tantôt contemporaines, une voix si proche de celle de Björk.

Les chansons sont mélodieuses, et entraînantes voire même envoûtantes. Le titre de l’album n’est pas anodin.

La chanteuse souhaite nous entraîner au plus profond du corps humain, dans les viscères, dans nos mystères… Accomplir un voyage, celui de la découverte intérieure.

« Viscera » n’est pas qu’un simple album, c’est le travail d’une jeune artiste qui a pris un réel plaisir à le concocter, et surtout le plaisir de savoir qu’il sera écouté. Une impression qu’illustrent parfaitement les pistes mélodiquement variées et leurs durées prolongées. Ce qui ne gâche, cependant, en rien le plaisir de l’écoute.

Des titres comme « Portrait of the Young Girl as an Artist » ou encore « Milk of Marrow » constituent des moments de détente idéaux.

Il est rare d’éprouver un tel plaisir en écoutant un disque. Et si vous souhaitez consacrer du bon temps, rien qu’à vous, cet album est celui qu’il vous faut. Sa musicalité est bien mieux qu’une thérapie pour se redécouvrir.

I Am Oak

Oasem

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C’est officiel, Antony Hagerty possède un lointain cousin batave. Et il est originaire d’Utrecht. Son nom ? Thijs Kuijken alias I Am Oak. A l’instar du New-Yorkais, ce jeune artiste compose de délicates et profondes complaintes sculptées dans un mélange de folk romantique et de soul ténébreuse. Le plus bel exemple ? Une magnifique chanson issue d’« Oasem », le second album d’I Am Oak. Il fait suite à « On Claws », paru en 2010. Et comme sur les dernières œuvres d’Antony & the Johnsons, le climat entretenu tout au long de ce long playing est particulièrement austère. Parfois même impénétrable. Et je pense tout particulièrement à « Island ». D’ailleurs, certaines plages nécessitent plusieurs écoutes, avant de pouvoir en percer le cœur. L’ombre de Timber Timbre plane sur le ténébreux « Curt ». Un morceau au format acoustique, éclaboussé d’interventions distordues de claviers, et surtout d’orgue. Soutenu par d’excellentes harmonies vocales, la voix profonde et mélancolique de Thijs est susceptible de vous entraîner dans un univers tortueux, au sein duquel vous ne pourrez (voudrez ?) plus vous évader.

« Oasem » se prononce ‘Awesome’ et finalement, on n’est pas loin du compte, non plus !

En concert le 1er octobre au Play Festival, à Hasselt.

Kinski Elevator

Inner Crab Dogs (Ep)

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Kinski Elevator est un groupe particulier, composé de trois compères : Pierre Luzy (batterie), Serge Rogalski (guitare, chant) et Bruno Ruder (claviers). Leur premier Ep, intitulé « Inner Crab Dogs », est découpé en quatre morceaux. On a l’impression d’assister à une de ces séances d’invocation à un dieu quelconque. Mais le problème, c’est que l’offrande, c’est nous ! On nous pousse gentiment jusqu’en haut du volcan en espérant qu’on s’y jette la tête la première, sans opposer de résistance. Ce qui n’a absolument aucun sens, d’où la comparaison avec « Inner Crab Dogs ». Et ces puissances surnaturelles appelées à aider une population vivant dans un pays éloigné de toute civilisation, ne montrent jamais ne fut-ce que le bout de leur nez. Elles paressent et se moquent de ces petits individus aux coutumes dépassées. Et nous, en tant que sacrifice, nous demandons quand est-ce que quelqu’un va se rendre compte que tout ce cirque est ridicule. Mais comme personne ne remue le moindre petit doigt, on finit par se jeter soi-même dans la lave fumante, pour que tout s’arrête au plus vite. Il nous reste alors seulement la possibilité de se dire : mais Bon Dieu, pourquoi je me suis embarqué dans cette galère !?

 

Le Butcherettes

Sin Sin Sin

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Enigmatique Le Butcherettes… Un étrange patronyme. Une signature chez ‘Rodriguez-Lopez Productions’ (NDR : le label d’Omar Rodriguez-Lopez, guitariste de The Mars Volta, préposé à la basse sur cet elpee). Et l’illustration malsaine de l’artwork, digne de Marilyn Manson. Aussi, on se demande à quelle sauce on va être mangé à l’écoute de ce « Sin Sin Sin », le premier opus de Le Bucherettes. Un groupe fondé à Guadalajara (au Mexique) par Teri Gender Bender (née Teresa Suarez) et Auryn Jolene (NDR : elle a quitté le groupe entretemps)…

Eh bien, leur solution sonore pourrait être le fruit d’un mélange entre le rock des Yeah Yeah Yeahs (« The Actress That Hate Rousseau ») et la folie de System of a Down (« Dress Off », « Mr. Tolstoi »). Si quelques morceaux ne sont pas du meilleur goût (« Tainted in Sin ») et les textes un peu faciles, Teri ne manque en tout cas pas de personnalité ! Sa voix rappelle celle d’Allison Mosshart de The Kills (« New-York ») voire celle de Courtney Love. Résolument féministes, Le Butcherettes défendent, à travers leurs textes engagés, la condition féminine. Se référant aussi bien à la maltraitance, aux bordels de Tijuana qu’à la littérature anglo-saxonne …

Le côté un peu fêlé, décalé et latino de « Sin Sin Sin » devrait ravir les chantres des séries Z tels que Quentin Tarantino ou même Rob Zombie. Et, paraît-il, le groupe excelle sur les planches, y dispensant une énergie hors du commun. Un spectacle au cours duquel les artistes portent des déguisements burlesques, font couler du faux sang ou exhibent une tête de porc… Caramba ! C’est le comble pour une végétarienne comme Teri Gender Bender !

 

Moby

Destroyed

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Le divin chauve new-yorkais, quadra bien sonné (46 ans dans quelques semaines) nous propose son 24ème album !!! Hein, quoi ? Pas possible ! Ben oui, ce pro des platines (DJ à ses débuts) en est à sa 24ème galette, remixes et ‘best of’ inclus, of course. Quel appétit, quelle boulimie plutôt…

Rendu célèbre grâce à sa trilogie « Play », « 18 » et « Hôtel » qui fourmille de hits monumentaux, Richard Melville Hall (de son véritable patronyme) a été sacré prince de la pop électro et empereur des dance floors dans la foulée. Deux titres que personne n’oserait lui contester, avouons-le.

Surprise, surprise pour ce dernier opus, Moby revient à ses premières amours. Terminés les morceaux qui décoiffent et qui rendent complètement hystériques, voire fous. Place à une musique électronique subtile, à des ambiances planantes, à des ballades atmosphériques sans paroles qui enchantent les tympans, « The Violent Bear it Away ». Retour donc aux origines pour ce génie de l’électro. Il suffit d’insérer le Cd dans votre lecteur et vous serez emportés au sein d’univers fantastique, dans un véritable film, rêve musical où se bousculent rythmes disco, beats sourds, synthés entêtants, envolées lyriques musées…

Rien ni personne ne vous empêchera cependant de vous éclater comme autrefois sur quelques morceaux plus dansants tels « The Day », « After » ou encore « Victoria Lucas » pour ne citer que ces trois-là.

Multi instrumentiste, auteur et compositeur, Moby ne s’autorise qu’une seule collaboratrice ‘longue durée’, la vocaliste Inyang Bassey, préposée aux partitions chantées. Pour le reste on épinglera également la voix de Joy Malcolm sur « Lie Down in Darkness » et celle d’Anna Maria Friman pour « Stella Maris ».

« Destroyed » surprendra les amateurs d’un Moby qui avait envoûté ses fans sur les 3 albums précités ; mais il convient de rendre à César ce qui lui appartient : un véritable talent de compositeur, une créativité sonore inégalée et surtout une place faite aux rêves dans la musique.

 

Alina Orlova

Mutabor

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Qui peut se vanter de pouvoir aligner des chansons en 3 langues différentes sans qu’on ne sente le moindre point de rupture ? A ma connaissance, Alina Orlova est la seule réponse possible. Que ce soit en lituanien, en russe ou en anglais, les chansons glissent dans l’oreille comme une lettre à la poste. Pour ceux qui pensent encore que ces langues de l’Est se résument à des borborygmes gutturaux, elles constituent le plus beau des démentis. La splendide voix de la jeune artiste de seulement 23 ans est un peu comme la mer : belle, envoûtante, mystérieuse, capricieuse. Nous, nous sommes les bateaux qui nous laissons aller à son gré. La chanteuse lituanienne nous emporte, nous fait valser. Tantôt calme, avec pour seul bruit les vagues qui s’en vont mourir doucement sur les côtes. Tantôt déchaînée, au bord de la folie, prête à nous faire chavirer, elle nous balance comme des vulgaires insectes. Mais elle peut aussi être d’une poésie extraordinaire, d’une mélancolie incroyable. Oui, la voix d’Alina Orlovskaya, de son vrai nom, est capable d’accomplir toutes ces prouesses et de bien plus encore. Et que dire des compositions enchanteresses, des mélodies frissonnantes, des notes remplies de sensations indescriptibles. Quand on pense qu’elle se charge de tout. Il est complètement impossible de ressortir un morceau plus qu’un autre car cet elpee est un coffre empli de richesses toutes plus belles les unes que les autres. Mais ce qui parait improbable, c’est que, dans ce trésor, il n’y a pas la moindre pièce de toc.

A sa naissance, la jeune Lituanienne a dû bénéficier des grâces d’une bonne fée ou d’un ange pour jouir de cette « Kibirkstélé » (titre d’une des pistes, ce qui, en français, signifie ‘étincelle’) divine. Je suis tellement subjugué et tout retourné que j’en oublierais presque de vous dire que l’album s’intitule « Mutabor » et qu’il est, à mon sens, une des plus grandes réussites de cette année (je sais, on en est qu’à la moitié, mais je suis persuadé qu’il restera parmi les meilleurs). Artiste à suivre !

 

The Shoes (France)

Crack My Bones

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Vous n’avez jamais entendu parler de The Shoes, la nouvelle sensation électro-rock française ? Pourtant, ce duo de producteurs –Guillaume Brière et Benjamin Lebeau (ex-The Film)– a déjà beaucoup fait parler de lui à travers ses nombreux remixes (Ladyhawke, Late of the Pier, etc.) et travaux de production (Shakira, Raphaël, Gaëtan Roussel) avant de délaisser ses laptops pour se lancer dans l’aventure pop. D’ailleurs, on imagine difficilement que des artistes aussi réputés que Gonzales, Esser, The Cock’n Build Kid, Primary One ou Wave Machine, seraient venus apporter leur concours à la confection de leur premier album, sans cette carte de visite…

Les deux acolytes reconnaissent pour influences majeures Hot Chip, LCD Soundsystem mais aussi The Cure. Résultat des courses ? L’opus est en effet moins dansant et plus rock que les travaux des groupes chers à James Murphy et Alexis Taylor. Anthonin Ternant des Bewitched Hands collabore à la majorité des morceaux. Ce qui explique pourquoi certaines plages pourtant dansantes, comme « The Wolf Under the Moon » (Gonzales s’y réserve le piano) ou « Crack My Bones », baignent au sein d’un climat mélancolique. Pensez à New Order. Pourtant, c’est lors des pistes les plus up-tempo que The Shoes s’en tire le mieux. D’ailleurs, « Stay the Same » (avec Esser) ou l’ultra euphorisant « Time to Dance » sont des hits en puissance…

C’est le très en vue producteur londonien Lexxx qui s’est chargé du mix de cet elpee estival destiné aux dancefloors. Un bel essai réussi donc pour le groupe frenchie au plus grand potentiel commercial depuis Phoenix ! Des Shoes ‘hype’ d’accord mais ‘designées’ par des créateurs de talents. H&M rencontre Jimmy Choo ?

Notons aussi la très belle photo illustrant l’album, signée Gavin Watson (This Is England).

Pour danser au Pukkelpop le 20 août.

 

Sound Of Rum

Balance

Écrit par

C’est qu’elle est vénéneuse la petite Kate Tempest. A l’aide de son flow qui rendrait jaloux plus d’un rappeur briton, la blondinette de 20 balais vient de graver, en compagnie de ses potes Archie Marsh et Ferry Lawrenson, le premier LP de Sound of Rum. L’addition des versets livrés à toute vitesse par Tempest, aux accents beaucoup plus jazzy et funky –parfois même rock– que Hip Hop des deux musicos confère à « Balance » un statut de véritable surprise. Les nouveaux protégés du label Sunday Best (Dan Le Sac Vs SCroobius Pip, Beardyman, Kitty, Daisy & Lewis,…) se livrent corps et âme tout au long des douze morceaux bruts et sans faux-semblants. Kate Tempest lâche tout se qu’elle a dans le ventre en mélangeant rap et spoken word, exercice de style qui laisserait le commun des mortels sans souffle.

« Balance » n’est pas un disque parfait. Les membres de Sound Of Rum le savent et ils en jouent, déversant des notes qui ne collent pas forcément aux rimes de la slammeuse mais pour former toujours un ensemble indissociable. Ce premier LP ne fera probablement pas de vague, mais il a le mérite de mettre en lumière la talentueuse Tempest qui pourrait bien prendre d’assaut le monde si son carnet d’adresse gonfle aussi rapidement qu’elle déverse son flow…

 

Tyler, The Creator

Goblin

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Ils sont lâchés dans la nature. Les enfants terribles du collectif OFWGKTA (Odd Future Wolf Gang Kill Them All) ou Odd Future pour faire court, sont partout. A commencer par sa figure de proue, Tyler, The Creator. Après avoir concocté deux œuvres collectives (« The Odd Future Tape, Vol. 1 » en 2008, « Radical » en 2010) et une solo (« Bastard », 2010), publiées en ligne, Tyler Okonma profite du buzz pour prendre ses affaires en main et s’offrir un ‘one-shot deal’ en compagnie de XL Recordings. De quoi assurer son indépendance créative. Pas folle la guêpe.

Le petit génie âgé de 20 balais à peine délivre un LP puissant, déjanté, produit à la perfection. Certes les textes du gaillard sont sujets à controverse (misogynie, homophobie, viol, suicide, etc.) mais le savoir-faire (et le je-m’en-foutisme) du gamin lui permet manifestement de passer à travers les balles des critiques les plus acerbes. « Goblin » recèle quelques jolies perles, à commencer par les singles « She », « Sandwitches » et « Yonkers ». Qu’il touche au Hip Hop Old School (« Nightmare », « Her », « Window »), au Rap pur et dur (« Radicals », « Sandwitches ») ou au R’n’B non altéré (« She », « Analog »), Tyler, The Creator transforme chacune de ses notes en billets verts. Et ce premier disque destiné au commerce ‘standard’ ne marque que le début d’une carrière qui fait déjà du bruit et ne risque certainement pas de mettre une sourdine de sitôt.

Live : Les trublions d’OFWGKTA seront au Pukkelpop le samedi 20 août. Bordel géant assuré.

 

Laura Vane

Sugar Fix

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« Sugar Fix » démarre en trombe : « Capsize », premier titre de l’album, installe l’ambiance tout de suite. Ce morceau donne d’ailleurs à Laura Vane un petit côté Christina Aguilera, lorsque cette dernière s’exerce sur des titres tels que « Candyman ». Et cette petite ressemblance perdure tout au long des treize plages. Qu’on aime ou pas ce style de musique, il est profondément ancré dans la bonne humeur et la joie de vivre. Plongez le tout au beau milieu de l’été, lorsque le soleil pointe (enfin) le bout de son nez, et vous obtiendrez un cocktail détonnant qui pourrait bien donner à certains une envie irrépressible de danser. Il ne fait nul doute que le saxophone qui se traine sur toutes les pistes, enjolive les mélodies. Et de manière extrêmement frappante sur « Just Keeps Smoking », dont le rythme est plus lent que la moyenne des autres chansons. Mais en général, ces compos demeurent toujours aussi agréables à l’oreille, si pas plus. On pourrait toutefois reprocher à la musique de « Sugar Fix », son côté un peu trop ‘commercial’ voire passe-partout. Mais après tout, Laura Vane & The Vipertones se contentent de servir au public ce qu’il réclame, ce qu’il aime. Peut-on les blâmer d’offrir au peuple ce qu’il désire ? Je ne pense pas ! D’autant que cet aspect assez subjectif ne prend pas le pas sur la qualité musicale.

 

Yuck

Yuck

Écrit par

Le petit groupe londonien de Yuck a réussi à injecter dans son premier opus éponyme, le juste équilibre entre mélodies énergiques et déjantées et chansons un rien nostalgiques. On se retrouve, comme un funambule, au-dessus du vide, marchant sur une simple corde. Une sensation pas si facile à provoquer en dehors de ce contexte. Le danger est que le moindre faux pas peut être fatal. Quelques déséquilibres par-ci, quelques rétablissements par-là, on finit par atteindre l’autre côté sans dégâts. Vous vous demandez sûrement ce qui se trouve au bout de cette corde ? Un petit morceau de pur plaisir musical, j’ai nommé « Rubber ». Un peu comme la ‘standing ovation’ pour l’équilibriste, ce morceau est l’apothéose de cet album, l’ultime récompense. On profite de cet instant comme d’un moment inoubliable.

Toutefois, il faut émettre quelques réserves quant à ce numéro épatant. On n’est pas encore dans le grand vide, le fil est tendu d’un côté à l’autre d’un chapiteau de cirque. Pas accroché à l’Empire State Building ou surplombant le Grand Canyon. Bien que Yuck nous prouve qu’il n’y a pas que des clowns sous les chapiteaux, il ne fait aucun doute que pour un premier essai, il s’agit d’une prouesse. Mais laissons bien les choses à leur place : on est encore loin de la sensation extrême, de la grandeur ultime, du vide abyssal.

Beyoncé

4

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2011 est une année chargée pour la femme de Jay-Z. Après avoir viré son manager de papa qui lui piquait des sous dans la caisse, Beyoncé lance son quatrième ouvrage, prépare une tournée avec ses ex-camarades de charts et lance sa fragrance de parfum (trop chouette, y’a même un sampler glissé dans le livret du Cd !) Survolant le petit dernier de la jeune femme en compagnie d’un pote, celui-ci se retourne vers moi au bout de la 5e ou 6e piste pour me demander ‘Pourquoi elle a fait cet album ?’ Ca, c’est une putain de bonne question. Le quota de ballades de Queen B n’avait-il pas déjà été atteint par « Sacha Fierce » ? Manifestement pas.

L’ex Destiny’s Child s’offre donc un quatrième recueil moite, dégoulinant d’une couche presque écœurante de guimauve. « 4 », ce n’est pas seulement le titre de l’album mais également le nombre de morceaux qui se laissent relativement écouter sans broncher. Seul titre upbeat du disque, « Run The World (Girls) », qui table entièrement sur le sample du « Pon De Floor » de Major Lazer et boucle le disque aussi efficacement qu’un radioréveil en panne. Si ses précédents disques recélaient tous quelques bonnes surprises, c’est loin d’être le cas pour « 4 », destiné aux oubliettes. Vu l’énergie déployée sur ce disque, la promo de ce dernier ne devrait pas trop la fatiguer.

 

Birds That Change Colour

On Recording The Sun

Écrit par

Si pour des raisons climatiques évidentes, il paraît fort improbable de nos jours, pour un groupe belge, d’enregistrer le soleil qui darde ses rayons sur nos terres, le groupe anversois de Koen Kohlbacher dispose par contre d’un certain talent pour apprivoiser les oscillations mélancoliques de notre facétieuse météo.

Bercées d’un halo de lumière captées au travers d’un prisme déformant, les jolies mélodies toute en subtilité renvoient à diverses émotions et humeurs changeantes comme le temps.

Caractérisé par ses arpèges boisés, « Woods » constitue incontestablement l’arbre cachant la forêt qui s’étend sur le long de ces dix titres délicats et reposants.

On pense tour à tour aux Beatles du « Sergent Pepper’s », à Dylan, Mark Linkous ou encore Devendra Banhart, aussi bien qu’aux beautés de la nature, quand celle-ci s’offre à nos regards sous un jour nouveau.

« Oh so tired » fait feu de tous bois, « Lullaby » nous berce à la clarté des étoiles ; mais c’est surtout l’hypnotique « Never ending first of may » qui révèle l’énorme potentiel de ce groupe. Fantastique ballade à travers champs et plaines, le morceau étend sa ramure sur plus d’onze minutes que l’on savoure jusqu’au bout de la nuit.

« Oh what a day » clôture de façon enjouée ce très bel album aux sonorités psyché/folk de très, très bonne facture.

 

Boris

Attention Please

Écrit par

Sorti en même temps que « Heavy Rocks », « Attention Please » navigue dans des eaux sonores diamétralement opposées. Si « Heavy Rocks » surprenait par son amplitude de styles, il souffrait de vocaux faiblards. Sur « Attention Please », Wata, la guitariste, s’est réservé le micro. Et manifestement, les parties vocales sont nettement supérieures. 

Malheureusement, c’est au niveau musical que ça cloche. Plus de sources multiples pour l’inspiration, mais des plages à caractère shoegazing. Et au fil des morceaux, l’ennui vous envahit rapidement.

C’est bien beau de multiplier les disques et donc logiquement de composer une multitude de nouveaux titres ; mais si c’est au détriment de la qualité, on n’y voit pas l’intérêt. Bien sûr « Heavy Rocks » et « Attention please » ne sont pas de mauvais albums, mais ce ne sont certainement pas les meilleurs du trio japonais, non plus…

 

Boris

Heavy rocks

Écrit par

En 2002, cette formation nippone avait déjà publié un elpee intitulé « Heavy Rocks ». Comment les différencier alors ? Par la couleur de la pochette. Ce nouvel opus fait suite à l’excellent « Smile », paru en 2008. Boris s’est forgé son propre style, en mêlant drone, stoner et psychédélisme ; mais également en multipliant les collaborations. Si le trio japonais n’avait plus sorti d’elpee depuis trois ans, il vient de frapper fort, puisque outre « Heavy Rocks », deux autres long playing viennent également de paraître, « New Album » ainsi qu’« Attention Please ». Année prolifique pour la formation !

Tout au long de cet « Heavy Rocks », le combo mélange les styles, sans pour autant suivre la moindre logique ou un quelconque fil conducteur. « Czechoslovakia » est tramé sur un long crescendo d’une bonne dizaine de minutes. « Missing Pieces » également, mais il libère davantage de drone. « Tu, la la » lorgne vers le Dinausor Jr. époque grunge. « Window Shopping » et « Riot Sugar » sont déchirés entre hard rock et shoegaze. Bref un joli foutoir qui n’est pas pour me déplaire. Seule plate-forme commune entre les différents morceaux : le chant de Takeshi. Mais c’est également la faiblesse de cet opus. Car on ne peut pas dire que ses interventions vocales soient toujours très réussies. Enfin, lors des sessions d’enregistrement, Boris a reçu la collaboration ponctuelle de Ian Astbury et d’Aaron Turner.

Dommage que les vocaux gâchent ainsi une telle expression sonore. Et si vous ne parvenez pas à accrocher, je vous invite à vous tourner vers les deux autres albums de Boris. Vous y trouverez certainement votre bonheur...

 

Dead Flesh Fashion

Thorns

Écrit par

Actif depuis 2005, le groupe de hard core expérimental Dead Flesh Fashion n’affiche que deux albums au compteur. Et « Thorns » est son second. Ce combo teuton n’a pas son pareil pour envahir l’espace de sonorités ténébreuses, tout en développant une technique affûtée.

Même si cette dernière n’est pas l’élément essentiel de « Thorns », DFF présente un opus plus ambiancé, plus travaillé que son précédent essai.

On éprouve d’abord une impression de cacophonie malsaine, une dimension psychique, dissonante, tortueuse. Imaginez un Sonic Youth croisant le fer avec Pro Pain. « Flies », « Dancing Teeth » ou « All I Need » nous envoient au tapis, certes, mais créent un climat peu singulier à l’univers habituel du hard core. Ici, une sorte de malaise accompagne l’envoûtement. Les contrastes rythmiques et les atmosphères forment une substance huileuse et saturée. On  pense parfois à Crowbar, et même au Stooges, tant le spectre des influences des membres de Dead Flesh Fashion est large, on le devine aisément. Une bien belle deuxième couche.

 

DxBxSx

Zugriff

Écrit par

Suivant leur MySpace, DxBxSx se prononce Drivebs, un trio allemand issu de la capitale. Ignoble, l’artwork de la pochette prête même à sourire. Tout au long de « Zugriff », la formation exécute un punk-rock primaire et hystérique, dans l’esprit des MC5 ou des Stooges. Passé la barrière de la langue teutonne, on se laisse facilement emporter par cette énergie torrentueuse. Les compos sont rapides et efficaces. Et puis le combo ne se pose pas de questions et nous livre tout ce qu’il a dans les tripes. Ne vous attendez donc pas à une once de subtilité chez DxBxSx. Au plus brutal, au mieux ! Idéal pour se défouler ? Si on ne tient pas trop compte des longueurs et des répétitions. Car après avoir passé ses nerfs sur les premiers morceaux, la solution sonore peut finir par taper sur le système.

 

Finn.

I Wish I Was Someone Else

Écrit par

Patrick Zimmer (aka Finn.) est un auteur-compositeur originaire d’Hambourg. En 2009, cet artiste avait gravé un magnifique album dans les catacombes d’une vieille église de Saint-Pauli. Intitulé « The Best Low-Priced Heartbreakers You Can Own », cette œuvre était honteusement passée inaperçue, chez nous, alors qu’elle recelait des morceaux bouleversants d’émotion…

« I Wish I Was Someone Else » constitue son nouvel elpee. Il réunit des reprises qu’il a adaptées à sa propre sauce. Le tracklisting épingle notamment de grands classiques comme le « Kiss » de Prince, « Georgie on my Mind » de Ray Charles ou « Private Dancer » de Tina Turner. Des morceaux qu’il épure et interprète en injectant toute sa sensibilité personnelle, à l’aide de sa voix d’ange au timbre d’écorché vif. Les deux covers les plus réussies sont manifestement le « Don’t Dream It’s Over » de Crowded House, caractérisé par un dédoublement particulièrement réussi des voix, et la superbe version du « Ne dis rien » de Serge Gainsbourg, qu’il chante dans la langue de Molière. Si sur la longueur, le long playing peut susciter un léger sentiment de lassitude, individuellement, les pistes, sculptées dans le folk, sont de toute beauté. En fait, Finn. parvient à se réapproprier chaque chanson. Un exercice de style romantique pour lequel, manifestement, il excelle. Après cette parenthèse ludique, on espère vivement que cet artiste talentueux nous réserve bientôt un nouvel album, consacré à des compositions personnelles.