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Milow

Les aventures de… Milow

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Quelques semaines après avoir déroulé le tapis rouge pour accueillir les nouvelles aventures de Tintin (made in Spielberg), l’AB, situé à quelques mètres de la Place de Brouckère, en faisait de même pour… Milow.

Une foule nettement moins dense que lors de la visite du réalisateur américain s’était donc déplacée; mais c’est quand-même près de 2000 personnes qui avaient, ce jeudi soir, décidé de venir écouter Jonathan Vandenbroeck.

Ben oui, c’est bien de lui qu’on parle, Milow, alias Jonathan Vandenbroeck, trente ans, né un 14 juillet dans la banlieue anversoise. Remarqué, même s’il ne le gagne pas, lors du festival/concours Humo en 2004, cet auteur/compositeur/interprète s’ouvre les portes du monde professionnel de la musique.

Son premier album dans les bacs, Milow perce grâce au single « You Don’t know » dès 2006. L’aventure commence… Mais sa carrière explose réellement lorsqu’il reprend de fort belle manière  "Ayo Technology" du duo réunissant 50 Cent et Justin Timberlake.

Ce soir, sept ans après avoir foulé cette même scène comme candidat du concours, il revient sa guitare sous le bras pour nous conter ses plus belles ballades.

Mais avant de déguster le plat principal, une petite entrée nous est servie. Brett Dennen, pop/folksinger Américain à la dégaine improbable, est chargé de nous mettre les papilles en éveil. Grand rouquin un peu mal à l’aise, timide et hyper discret, il nous gratifie de quelques chansons issues de son répertoire aux couleurs ‘Dylaniennes’. Trois petits tours et puis s’en va sous les applaudissements d’un public qui meurt d’envie d’attaquer la ‘ pièce principale’ du repas.

Quelques réglages, pas trop quand même, et tout est prêt pour accueillir notre divin chauve et ses acolytes. Car si Milow, c’est avant tout Jonathan Vandenbroeck, il trimballe une véritable tribu, une vraie famille réunissant l’Anversois, les quatre musiciens et l’équipe technique qui l’accompagnent.

« The Kingdom » ouvre le bal. Véritable hymne à la patrie, déclaration d’amour à son pays, cette chanson qui fait (plus que) frémir les nationalistes belges de tous bords sert d’entrée en matière idéale pour l’artiste qui manie aisément nos deux langues nationales, outre l’anglais qu’il a plus qu’apprivoisé lors de son séjour californien. Enchaînant dans la foulée un second titre de son dernier opus (« Rambo »), Jonathan démontre, si nécessaire, qu’il est un bougrement bon chanteur. Ensuite… ‘Bonsoir, content d’être là et merci à vous aussi d’être venu, blablabla…’ le tout exprimé principalement en néerlandais où se glisse de temps à autre un mot perdu en anglais.  Mais bon, on ne lui en veut pas. On s’en fout même royalement. On vient l’écouter chanter, point barre.

Et chanter, c’est ce qu’il fait le mieux. Non pas qu’il soit maladroit à la guitare, bien loin de là, mais il faut reconnaître qu’il a la chance incroyable de pouvoir s’appuyer sur des musiciens ‘énormes’.

 Tant à gauche où sévit un guitariste de la meilleure veine qu’à droite, place occupée par sa claviériste également responsable de quelques percus, Milow peut compter sur deux voix exceptionnelles qui se mettent au diapason et apportent un enrichissement à la partie vocale du set. On joue véritablement dans la cour des grands à ce point de vue. Le tout au service d’un répertoire riche en chansons qui sont autant d’histoires vécues par notre hôte d’un soir, que ce soient ses mésaventures de l’autre côté de l’Atlantique (« California Rain ») que ses manquements personnels (« Out Of My Hands ») qu’il n’hésite pas à évoquer sans fausse pudeur. Et à chaque fois, Milow tape dans le mille. Avant d’entamer un petit solo de deux titres à la guitare acoustique, le combo nous gratifie de deux hits assez récents, « Never Gonna Stop » et surtout le splendide « Ayo Technology » revu et corrigé. Surtout en seconde partie où la face cachée ‘rock’n roll’ du band apparaît en pleine lumière. Du pur plaisir pour eux et un régal pour nous...

Cependant Milow ne serait pas Milow sans son côté folksong épuré dont « Car Wreck In The Lake » et « KGB » constituent d’excellentes illustrations.

Mais c’est de manière plus ‘attendue’ qu’il termine la première partie de son show en proposant deux de ses plus beaux standards, « You Don’t Know » et « You And Me » repris à l’unisson par un public définitivement conquis.

A peine le temps de boire un coup dans les coulisses et l’ami Vandenbroeck nous revient. D’abord seul pour interpréter « Where My Head Used To Be », puis rejoint par ses comparses pour livrer les trois derniers chapitres d’un fort joli concert. Souhaitant rendre hommage à Brett Dennen, il le convie à profiter d’un succès mille fois mérité pour partager le micro sur « So Far From Me » et écouter une dernière fois les fans chanter avec lui « She Might She Might » en clôture d’une soirée super agréable. Belgique, terre d’artistes !!!

Un tout petit bémol qui ne gâchera pas la fête et une petite suggestion… Une visite chez l’ORL serait peut-être la bienvenue pour l’ingénieur du son qui nous a assourdis et un peu martyrisé les tympans, à cause d’une basse envahissante qui nous a fait un peu trop ‘vibrer’ à défaut de nous enchanter de ses notes… inaudibles

 

Buddy Whittington

Six string Svengali

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Ce guitariste texan drivait son propre band, The Sidemen, chez lui à Fort Worth. En 1991, le groupe se produit en première partie de John Mayall et ses Bluesbreakers. Le contact est noué. Deux ans plus tard, Coco Montoya quitte les Bluesbreakers. Aussitôt John passe un coup de fil à Buddy pour pallier le départ de son gratteur. Il sévira au sein de la bande à Mayall de 1993 à 2008. Il faudra d’ailleurs attendre 2007, pour que Buddy Whittington grave son premier opus solo. Il sera éponyme. Et embraie par "Bag full of blues", en 2010. Il est aussi la pierre angulaire des projets du Dr Wu, "Texas Blues Project : Vol 1 et 2", parus respectivement en 2007 et 2010. Certes Buddy a toujours été élevé à l'essence du blues, mais pas dans la pureté électrique des premiers gratteurs anglais comme Mayall, Clapton, Green ou autre Taylor. Son attaque sur les cordes est puissante, dure, implacable. Son style est plus proche d’un Walter Trout, sixcordiste qui l’avait précédé dans le backing group du natif de Macclesfield, même s’il reste bien plus fidèle à ses racines. Buddy est aujourd’hui âgé de 55 balais. Il signe les onze plages de cet elpee. Pour enregistrer cet opus, il ne s’est entouré que de sa section rythmique : le bassiste Wayne Six et le drummer Mike Gage.

"Back when the Beano was Boss" ouvre la plaque. Une belle synthèse de son style. Et un titre de plage qui se réfère à Mayall dont la pochette de son elpee le plus célèbre, "Bluesbreakers", montrait les musiciens occupés de lire la revue Beano. Plutôt R&B, "Deadwood and wire" réverbère des accents Southern rock très prononcés, tout en adressant un clin d'œil aux Allman Brothers. Et pour cause, Buddy double ici guitare et slide, jouant à lui seul les rôles de Duane Allman et Dicky Betts. La section rythmique est solide et efficace. Elle libère un maximum de groove. Le tempo est quand même, en général, assez uniforme. Faut dire qu’outre-Atlantique, le blues est avant tout une musique à danser. Et "My world revolves around you" en est certainement une belle illustration, une piste au cours de laquelle, il fait à nouveau vibrer la guitare slide. La production réservée à ce disque est impeccable. Le son est d’une précision métronomique. Digne de Steely Dan. Et c’est un compliment ! Pourtant, Mr Whittington est au sommet de son art, lorsqu’il nous balance son rockin' blues offensif. A l’instar d’"Ain’t got the scratch", une compo que le trio barbu de Dallas aurait pu inclure dans son répertoire. Fruit d’un mélange de country et de rock'n'roll, "I had to go see Alice" est lancé au galop. Un exercice de style en pickin' particulièrement complexe au cours duquel, Buddy s’en sort à merveille. Nous ne sommes alors pas loin de Nashville. La voix de notre Texan est puissante, jamais prise en défaut. Il a une présence de poids. Il attaque "Fender champ" à coups de slide incendiaires. On pense à Hendrix ; mais il reste lui-même d'un bout à l'autre de la piste. "Six string romance" baigne dans du western swing à la sauce Fort Worth. Seconde ville principale de l'aire urbaine de Dallas, elle est considérée comme une ville sœur, au Texas. Un état célèbre pour ses trios. Formules célébrées sur "Texas trios", tout en pensant à ZZ Top et Double Trouble (de Stevie Ray Vaughan). La fête texane s’achève par une ballade paisible intitulée "While we're here". 

 

Jon Amor

Jon Amor Blues Group

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Au cours des nineties, un groupe a fait fureur sur les scènes européennes en pratiquant un hard blues rock ravageur : Hoax. Une formation insulaire réunissant le chanteur Hugh Coltman, le guitariste Jon Amor et les deux frères Davey, Jesse et Robin, à la guitare et à la basse. Elle dispensait une musique inspirée du regretté Texan Stevie Ray Vaughan, mais en l’assaisonnant à l’inévitable sauce anglaise. Les frangins Davey se sont ensuite montrés plus discrets, se consacrant au cinéma, avant de faire leur comeback, il y a deux ans, sous le patronyme de Davey Brothers, et même publié début 2010, un album intitulé "Wolfbox".

Jon Amor est demeuré dans l’univers de la musique, en se lançant dans une carrière individuelle sous son nom de famille. Tout en élaborant une musique plus personnelle, il a commencé à développer son talent de compositeur. Il a récemment décidé de monter son propre groupe. Et s’est tourné une nouvelle fois vers une paire de frangins : les Doherty. Dave à la guitare et Chris à la basse ; le drummer Simon Small complétant le line up. Et si de prime abord, le style est toujours marqué par le blues primaire, il est nettement plus dépouillé, moins hard, plus proche des pionniers de Chicago, Muddy Waters et Howlin' Wolf ainsi que des sons plus âpres rencontrés chez les adeptes des sonorités issues du delta du Mississippi, comme les Black Keys.

"Holy water" ouvre l’elpee. Le tempo est vif. L’impact est franc et direct. Le chant d'Amor n'est guère puissant mais il épouse toutes les facettes rythmiques de sa musique. Les riffs sont moins métalliques que ceux dispensés chez Hoax. Ils peuvent cependant s’avérer très durs, implacables même, mais jamais saturés de décibels. Sur "Juggernaut", les accords rythmiques sont découpés sur le fil du rasoir, alimentant un climat dramatique. Les cordes ne tardent cependant pas à s’autoriser un billet de sortie, tout en affichant un caractère acerbe et incisif. Et les interventions de Simon Small sur les cymbales métalliques accentuent ce climat sauvage. "Make it your trouble" est une plage audacieuse. Le backing group d’Amor y sculpte des motifs rythmiques inspirés par Howlin' Wolf. Menaçant, "Repeat offender" nous plonge dans la cité urbaine de Chicago. Nous ne sommes pas loin de l’univers sonore du grand Muddy Waters. Amor adopte aussi la spontanéité d’un Dr Feelggod des débuts. Il arrache ainsi ses accords à la manière de Wilko Johnson, sur "Sweetheart" et "She thought I was an eagle". La férocité originelle des Pretty Things alimente "Angel in a black dress". Le chant est aussi furieux que celui de Phill May, l’homme à la longue crinière, en 1964. Plus aventureux, "The underdogs" et la finale "You know it's only love" se signalent par un dérapage permanent des cordes. Blues lent à l’anglaise, "When the time comes" manque manifestement de subtilité. Le rythme écrase tout sur son passage ; mais il entretient une atmosphère dramatique. Un brillant exercice de style ! Franchement, le meilleur opus de Jon Amor publié à ce jour.   

 

A.A. Bondy

Believers

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Derrière le patronyme de A.A.Bondy se cache Auguste Arthur Bondy, alias Scott Bondy. Il a sévi chez la formation Verbena, au cours des nineties, avant de tirer sa révérence en 2003, pour embrasser une carrière solo. Une nouvelle aventure au cours de laquelle l’Américain a décidé de tourner le dos au rock pratiqué par son ex-groupe, pour privilégier un style davantage folk. Il a publié son premier elpee en 2007, « Americain Hearts », et en 2009, son  deuxième « When the Devil’s Loose », des œuvres qui n’ont recueilli que des critiques mitigées et ne lui ont pas permis de se lancer, malheureusement, à l’assaut du Vieux Continent.

En concoctant « Believers », A.A. Bondy semble avoir franchi une nouvelle étape. On est davantage plongé dans les forêts canadiennes que perdu au cœur des reliefs d’Alabama.

Son folk est toujours aussi délicat, minimaliste, mais plus aussi basique. Il est devenu davantage élaboré, atmosphérique même. Une ambiance entretenue par des rythmes languissants, parfois réminiscents de Bon Iver, à l’instar de l’excellent « Skull & Bones ». Susceptible d’apaiser, mais aussi de communiquer le spleen. D’ailleurs, au fil de l’elpee, les ténèbres semblent envahir l’espace sonore. Et l’envoûtement cède le relais à l’angoisse. Etrange sensation.

Pourtant, le morceau qui ouvre le long playing me fait penser à Timber Timbre. Et la voix de Scott à Ryan Adams. Certaines compos sont balayées par des accès de slide, d’autres nappées de claviers. Tout au long de « Down  in The Fire (Lost Sea) », on a l’impression d’être bercé par des bruits des vagues. La piste la plus cool, c’est une certitude. Elle prélude une fin de parcours bien plus obscure…

Bref, le troisième essai de A.A. Bondy est certainement son plus abouti. Il ne lui reste donc plus qu’à trouver sa véritable voie : entre la lumière et les ténèbres. Perso, je pense que l’artiste est aujourd’hui prêt à conquérir l’Europe. Un périple qui débutera à l’Ancienne Belgique, ce 14 décembre.

 

The Bony King Of Nowhere

Eleonore + Les Géants

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Quelques mois après avoir publié son très délicat second album « Eleonore », le Gantois Bram Vanparys, alias The Bony King of Nowhere, nous propose une nouvelle version de cet opus, enrichie de 6 morceaux qui ont servi de soundtrack au magnifique film du réalisateur wallon Bouli Lanners, ‘Les Géants’. Difficile d’opérer un choix plus judicieux que ce mini-Bob Dylan belge pour mettre en son cette Wallonie, filmée à la manière d’un teenage road movie américain…

Et, quand le plus Américain des réalisateurs belges rencontre le plus américanophile des songwriters flamands, bizarrement, ça donne une œuvre éminemment belge ! Qu’importe les discussions communautaires, difficile de ne pas se sentir Belge à l’écoute des pépites acoustiques sculptées par The Bony King of Nowhere ! « Eleonore » est un album à absolument redécouvrir !

 

The Bye Bye Blackbirds

Fixed Hearts

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The Bye Bye Blackbirds est une formation originaire d’Oakland. Mais de la ville sise près de San Francisco, pas du quartier de Chicago. Et cela s’entend. D’ailleurs, le quatuor a davantage était bercé par les Beach Boys et la flower power que le rock pratiqué dans la région des grands lacs.

Bradley Skaught et ses acolytes accordent une grande importance aux mélodies. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à puiser dans la quintessence du passé, et en particulier les 60’s, pour concocter leur power pop. Et la structure couplet-refrain ainsi que les harmonies vocales en sont les plus beaux exemples. Parmi les influences les plus marquantes, on épinglera celle des Byrds. Et tout particulièrement sur « Every Night at Noon ». « Fixed Hearts » alterne plages plus rock (« Jack frost ») et morceaux acoustiques (« New River Sunset »). « Mermaids » est même contaminé de blues. Mais c’est quand même du côté de Ted Leo and The Pharmacists, sans l’engagement politique cependant, que leur expression sonore lorgne le plus. 

Un disque sympa, à écouter d’une traite, idéal pour égayer les barbecues.

 

Sarah Carlier

For Those Who Believe

Écrit par

Une fois n’est pas coutume, la Belgique accouche d’un nouveau talent…

Habitué à l’émergence de groupes rock/indé fleurissant un peu partout dans le pays, c’est une jeune femme qui cette fois a droit à la une et… aux lauriers.

Sarah Carlier, née en 1990 à Schaerbeek d'un père belgo-congolais et d'une mère Tchadienne publie un premier album grâce aux internautes et à Aka-music. Force est de constater que les uns comme les autres ont eu le nez creux. « For Those Who Believe » est vraiment bien né. Décliné en 11 plages, au potentiel surprenant, Sarah puise son inspiration chez Nina Simone, Jimmy Hendrix ou son idole Gnarls Barkley.

Mais c’est sans aucun doute à Tracy Chapman qu’elle sera le plus souvent comparée. Tout comme l’Américaine, elle partage un style musical, axé essentiellement sur des partitions de cordes acoustiques et une rythmique entêtante et mélodieuse. Même la voix et/ou l’interprétation soutiennent la comparaison. « Chorus Man » qui ouvre l’album en est la parfaite illustration.

Afin de mener à bien son projet, Sarah a bénéficié du soutien de Franck Baya (Saule) qui a cosigné quelques compos, tenu les baguettes derrière les fûts et s’est réservé les manettes pour mettre en forme l’album. Laurent Stelleman (Moonsoon) a également mis sa guitare au service de la jeune Bruxelloise, pour son plus grand bonheur.

Jouant véritablement de son excellent organe vocal sur les non moins bonnes partitions, la jeune chanteuse démontre un talent et une maturité qui étonnent.

Fort de onze morceaux tous aussi réussis les uns que les autres –mention  particulière à « Tenderness »– elle ne doit, cette fois, plus rien à Tracy Chapman et Sarah Carlier, parvenant à convaincre dès sa première parution.

On épinglera un détail qui démontre le caractère chaleureux de notre Tracy nationale : elle remercie chacun des 600 producteurs en leur consacrant les trois dernières pages de son livret.  On n’a pas affaire à une ingrate !

Vite, vite, la suite !

 

Dave Cloud

Practice in the milky way

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Dès qu’on entre dans « Practice in the milky way », on a l’impression de pénétrer dans un bar établi en Amérique profonde. L’atmosphère est malsaine, pue la sueur et la clope froide ; et on vous y sert du whiskey frelaté. Le tableau est planté et il est loin de s’aventurer du côté de la voie lactée…

« Practice in the Milky Way » constitue le quatrième opus du natif de Nashville. Et pour l’enregistrer, il à une nouvelle fois fait appel à The Gospel of Power, un backing group réunissant, dans l’ensemble, de vieux baroudeurs du rock garage. Et en particulier Tony Crow (Lambchop, Silver Jews) ainsi que Ben Martin (Clem Snide).

Tout au long de cet opus, l’intensité est permanente. Mais la voix de Dave Cloud n’a toujours pas évoluée. Approximative elle devient agaçante sur la longueur. Instrumentalement, par contre, The Gospel of Power est irréprochable. Faut dire qu’au sein du line up, on y retrouve des ex-musiciens de Silver Jews. Pas étonnant d’ailleurs que parfois on pense à la défunte formation issue de New-York City, à l’écoute de cet elpee. Le son des guitares est crade. Des claviers remontent à la surface lors des morceaux imprimés sur un tempo plus lent. Pas pour s’abandonner dans des slows langoureux. Ce n’est pas exactement le genre de la maison. D’ailleurs le style baigne plutôt dans un rock/blues brut de décoffrage…

Malheureusement, l’attitude désinvolte voire excessive de Cloud dessert totalement l’excellent boulot accompli par son backing group. Et si sur les 10 premiers morceaux, elle prête à sourire, au bout de vingt titres, elle devient insupportable. Et puis quelle idée de réserver 20 pistes à un seul album !

 

Julien Doré

Bichon

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Il en a fait du chemin, le petit Julien, depuis sa victoire remportée en 2007, dans le cadre de la défunte émission du télé-crochet ‘Nouvelle Star’. En 4 ans, le gars s’est entouré d’une large palette de personnalités (Arno, Christophe, Christian Lacroix, Catherine Deneuve, etc.), a raflé quelques récompenses dont une Victoire de la Musique, s’est affiché sur grand écran avec plus ou moins de succès, s’est prêté au jeu de la bande originale de film, et délivre à présent son second ouvrage. Le Français est parvenu sans mal à se détacher de tout ce qui pouvait le lier de près ou de loin à l’émission de M6, sans pour autant la renier.

Trois ans après avoir publié « Ersatz », un premier disque de facture respectable, Julien Doré et sa gueule d’ange revient pour un deuxième LP en tous points supérieurs au précédent. Deux parfait témoignages : « Kiss Me Forever » et « L’été Summer », les deux premiers singles qui en sont extraits. Passé pro en matière de textes décalés et jeux de mots, Doré s’est une nouvelle fois entouré d’une belle brochette d’invités. Ainsi, au casting de « Bichon », on retrouve Katerine, Dominique A, Biyouna, Françoise Hardy pour un charmant duo sur « BB Baleine », The Shoes et enfin Yvette Horner, pour laquelle le jeune homme a toujours clamé haut et fort son admiration. Doré envoie treize morceaux sincères et captivants qui relèguent « Ersatz » au rang d’anecdote. A écouter les oreilles bien dressées.

Après le sold-out de ce 8 novembre, Julien Doré reviendra à l’AB le 14 mars prochain.

 

Evanescence

Evanescence (Cd + Dvd)

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Depuis l’énorme succès rencontré par son premier album, « Fallen », qui s’est écoulé à plus de 17 millions d’exemplaires, Evanescence n’a cessé d’écumer les routes, et de chambouler maintes fois son line-up. Amy Lee y fait figure de leader incontestée.

On se demandait sérieusement si on entendrait encore parler de ce combo, aux allures d’éphémère machine à hits. Ce troisième album vient balayer nos doutes. La belle est parvenue à s’entourer d’un solide groupe, et d’un producteur chevronné, en la personne de Nick Raskulinecz (Rush, Alice in Chains…) Le concours de Will Hunt, batteur récemment aperçu chez Black Label Society, n’est pas étranger à une approche nettement plus heavy que celle opérée chez « The Open Door », deuxième effort pas convaincant pour un cent. Ici, les compositions sont pêchues et extraordinairement bien arrangées. A l’instar de « The Other Side », caractérisé par ses interventions de cordes très discrètes ou encore « Lost in Paradise », et son intro au piano. Si le refrain de « My Heart is Broken » s’avère entêtant, « Made of Stone » pourrait parfaitement s’écouler en format single.

Mais inutile de chercher ici des tubes comparables à « Bring me to Life » ou « My Immortal », car il n’y en a pas. Pourtant, le combo signe le meilleur et le plus authentique de ses albums. Une bien belle prouesse dans un style musical où la concurrence devient de moins en moins rude.

 

Eleanor Friedberger

Last Summer

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Avouons que le monde musical a connu plus glamour que Friedberger comme nom d’artiste ! Mais la New-yorkaise s’en contrefout probablement ; car mériter le statut de véritable artiste, elle l’a déjà démontré à maintes reprises au sein de son groupe fantastique et barré, Fiery Furnaces, qu’elle dirige en compagnie de son frère Matthew, depuis 2003.

« Last Summer » constitue son premier opus solo ; et il s’affiche du côté pop de la force, assez éloigné des expérimentations familiales habituelles. Les morceaux sont simples, mélodiques et bien ficelés. Puisant souvent dans les seventies (« Heaven »). Pensez à Todd Rundgren et Joni Mitchell. Ils pourraient même passer à la radio. A l’instar du très pop « My Mistake » ou du ‘Motownesque’ « Roosevelt Island », bien qu’un brin trop long... Des claviers, des riffs de guitares efficaces, une basse caoutchouteuse et même des saxos soutiennent la voix d’une Eleanor de plus en plus ‘chanteuse’ –dans l’acceptation classique du terme– que jamais. Bien sûr, tout n’est pas parfait (« Glitter Gold Year »), mais dans l’ensemble cet opus se révèle frais, charmant et inspiré.

En publiant ce premier effort solo, Eleanor vient de démonter quelle pouvait se débrouiller en dehors du cocon familial !

 

Ben Howard

Every Kingdom

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On tient probablement la prochaine coqueluche folk-pop : Ben Howard. Et grâce à son style dans la lignée de Damian Rice, Piers Faccini, Bon Iver ou même Nick Drake, elle devrait faire l’unanimité. Les singles très efficaces de ce chanteur anglais âgé de 23 ans, « Old Pine » et « The Wolves », caracolent déjà en tête des charts de son pays natal. Il faut dire que l’ami Ben possède un jeu de guitare, tout en arpèges et tapping, assez incroyable, et une voix d’ange qu’il aurait, paraît-il, volée à Tom McRae… Les 10 titres d’« Every Kingdom », bien que très peu originaux, devraient lui ouvrir les portes de tous les royaumes musicaux tant ils sont agréables à l’oreille. Comme s’il appliquait une formule magique, tout semble tellement facile pour ce jeune homme. Bien sûr, on pourrait lui reprocher un excès de classicisme, mais pourquoi se donner tant de mal à critiquer des ritournelles de cette qualité, si en plus elles sont chargées d’émotion ? « Every Kingdom » est tout bonnement un chouette album ; et d’une telle qualité pour un inconnu qu’il pourrait susciter la suspicion. Surfeur comme Jack Johnson, Ben Howard est, guitare à la main, bien plus talentueux que son confrère australien!

Une future star à découvrir le 3 décembre à l’Ancienne Belgique à Bruxelles.

 

Iceage

New Brigade

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« New Brigade » était déjà paru en janvier dernier sur un petit label danois. Et vous vous en doutez, la formation nous vient du Danemark. Depuis, Iceage détruit depuis tout sur son passage. A cause de cet opus, bien sûr, qui fait un véritable buzz sur la scène pop/rock internationale. Même le site américain Pitchfork, fait plutôt rare lorsqu’il évalue une formation européenne, s’est rallié aux critiques enthousiastes…

Ce groupe, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas la vingtaine d’années, nous crache toute sa violence à la figure. Ce qui n’a finalement rien d’exceptionnel. Et paraît même assez normal. Mais la manière est ici totalement différente. En général ce type de comportement est illustré par une suite d’accords simplistes et de lyrics rebelles clamés par un chevelu enragé. Cependant, chez ces ados issus de Copenhague, la forme est différente. Certes, la violence est omniprésente tout au long des douze morceaux consommés en 25 minutes par cet elpee. Mais ils sont le fruit d’une maturité musicale étonnante, pour un si jeune combo. Les influences sont parfaitement digérées. Intelligent, leur punk doit autant au charisme d’un Joy Division, à la violence du hardcore qu’à la noise d’un No Age voire de Liars. Il règne tout au long de l’œuvre, une énergie malsaine, cultivée essentiellement par le son des grattes et la voix nonchalante. Chaque morceau est un uppercut asséné dans l’estomac. Et ils font mal ! Le coup de grâce ? « Broken Bone », un titre tout simplement exceptionnel. Bref, on ne sort pas indemne de ce combat. En frappant haut et fort, ces Scandinaves viennent probablement de publier un des albums de l’année. Une révélation ! A ne manquer sous aucun prétexte, lors de leur prestation qu’ils accorderont à l’Ancienne Belgique, le 30 novembre prochain…  

 

Markéta Irglová

Anar

Écrit par

Markéta Irglová. Ce nom à consonance slave ne vous dit probablement pas grand-chose. Pourtant, si on vous parle du film ‘Once’, ses chansons vous reviendront peut-être à l’esprit…

C’est à Dublin que cette jeune musicienne, née en 1988 en Tchéquie, est devenue comédienne et a composé la bande son de cette charmante bluette narrant de manière très émouvante la rencontre entre une jeune mère immigrée et un troubadour local (Glen Hansard). Ce film de John Carney avait rencontré un véritable succès en salle et une des chansons (« Falling Slowly »), composée par le duo sous le pseudo de The Swell Season, avait d’ailleurs remporté l’Oscar de la meilleure chanson originale. Markéta Irglová avait à peine 19 ans à l’époque !

Depuis, on avait un peu perdu sa trace (malgré la comédie musicale inspirée du film que Glen Hansard est occupé de mettre sur pied…) mais elle revient aujourd’hui proposer « Anar », son 1er album solo. Et, s’il est toujours question de folk délicat et précieux (« Your Company », « Crossroads »), il a cette fois été enregistré à New-York, avec l’aide de Tim Iseler, son mari… depuis seulement un mois ! « Anar » signifie ‘pomme grenade’ en persan (NDR : ce qui explique la peinture de l’artiste Nahid Hagigat, pour illustrer la pochette…) Ce fruit est lié à la fertilité et à l’abondance, un état d’esprit qui correspond au degré d’inspiration de Marketa, lors de son déménagement à la ‘Big Apple’. La musicienne reconnaît pour influence majeure Otis Redding ; et, en effet, on peut déceler une touche soul sur des morceaux comme « Go Back » ou « We are Good ». Certaines compos sont même proches de l’univers de Joan As Policewoman ; à cause de l’instrumentation. Très riche, elle est ainsi parcourue de cuivres et de chœurs, même si c’est le piano qui domine la majorité des titres, lui conférant une élégante sobriété.

Pas facile de se remettre d’un Oscar obtenu si jeune (pauvre Eliott Smith…) ; mais Markéta Irglová vient de démontrer que c’était possible, en publiant une très belle première œuvre en solitaire !

 

Judas Priest

Single Cuts

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Quel est donc l’intérêt de publier une énième compilation du grand Judas Priest, si ce n’est pour capitaliser un maximum sur son compte avant la dissolution de la légende du heavy metal ?

« Single Cuts » aura au moins, outre son aspect bassement commercial, la qualité de retracer l’histoire de la meilleure période du combo. Celle qui oscille entre 77 et 1992. Et on s’amuse follement à redécouvrir des singles au succès des plus relatifs tels que « Locked In », « United » ou « Don’t Go ».

Le mélomane lambda sera également étonné d’apprendre que les deux premiers simples du Priest étaient, l’un comme l’autre, des reprises d’artistes au style bien éloigné du metal. Le sublime « Diamonds and Rust » signé Joan Baez et le moins populaire « Better by Tou, Better Than Me » emprunté à Gary Wright révèle une formation qui se cherche encore.

Et quel contraste, lorsqu’on est confronté aux machines de guerre que sont « Painkiller » et « Freewheel Burning ». Vraiment de quoi déconcerter. Révélation en pleine période punk, Judas Priest a traversé toutes les modes et s’est imposé comme une des formations les plus importantes de l’histoire du metal.

Au final, « Single Cuts » égrène 19 ‘hits’ qui nous rappellent à quel point Priest nous est indispensable !

 

M+A

things.yes

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Gang Gang Dance, Wilco, Nicolas Jaar, Bon Iver et les autres ont du souci à se faire.

Novembre est un mois critique pour le chroniqueur musical. Les tops de fin d’année approchent. Les jours défilent à toute vitesse et le choix devient de plus en plus pressant. Personne n’y coupe. Aussi, quand bien même le rédacteur est persuadé de tenir son top 5 bien avant les deux derniers mois de l’année, il y a toujours cette petite sortie inattendue, qui vous prend de revers et vous oblige à redéfinir ce dont vous étiez sûr à 100%. « things.yes », le premier LP de M+A est de ceux-ci. Une putain de claque. Monotreme, label qui compte dans ses rangs 65daysofstatic et This Will Destroy You pour ne citer qu’eux, vient de frapper un grand coup en prenant sous son aile ce duo originaire de Forli, en Italie. Michele Ducci et Alessandro Angioli, respectivement 19 et 22 ans, proposent dix morceaux de pop cristalline, enrobés d’une gracieuse touche d’electronica. Une pure merveille. Le genre de disque qui vous oblige à user de tous les superlatifs possibles et imaginables.

« Yeloww » ouvre la galette de manière magistrale par un coup de synthé aérien auquel viennent se greffer tour à tour une flûte espiègle et des vocalises discrètement fondues dans le paysage sonore. S’ensuivent l’enivrant « Yes.pop » et l’impeccable « Liko Lene Lisa » dont les notes de saxo pénètrent instantanément la moindre cellule cérébrale rencontrée sur son chemin. En milieu de parcours, M+A ne lâche pas sa proie et ne cesse de surprendre. Plus particulièrement sur la plage intitulée « Blå », un morceau électronique subtil et ultra-efficace, et « Ly », un Kinder surprise auditif en guise de clôture du disque. En gravant « things.yes », M+A vient de s’introduire sur la scène indie par la grande porte. Triple.yes !

 

Mariachi El Bronx

Mariachi El Bronx 2

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Non, Mariachi El Bronx, le projet latino des furieux Angelinos punks The Bronx n’était pas une one-shot ! Matt Caughtran et sa bande reviennent en effet nous servir un second album de musique mariachi ! Convaincant sur un elpee, le concept allait-il passer la rampe du second essai ? Mais oui, et haut la main de surcroit ! Sincère et captivant, leur mariachi-punk est dynamisé par le ‘guitarron’, l’accordéon ainsi que le ‘jarana’, mais aussi par des grattes acoustiques et des trompettes ; et il tape à nouveau dans le mille. Bénéficiant du concours d’Alfredo Ortiz (percussionniste chez les Beasties Boys et Money Mark) ainsi que de Vincent Hidalgo –dont le père, David, est toujours impliqué chez les mythiques Los Lobos– The Bronx est devenu un véritable groupe. Et au sein de cette ambiance mexicaine, défile de véritables petites perles véhiculant des textes engagés, que chante d’une voix puissante et claire, Matt Caughtran. Des coups de cœur ? « 48 Roses » et « Revolution Girls ».

Mariachi El Bronx serait-il devenu l’incarnation idéale du Los Angeles américano-hispanique contemporain ? Une chose est sûre, en réalisant un mix parfait entre Black Flag et Los Lobos, les deux groupes préférés de Matt Caughtran, il est peut-être occupé de marcher sur les traces du Clash et même des Pogues…

 

Uniform Motion

One frame per second

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A l’image de la pochette, qui fait la part belle au rêve et à l’enfance, Uniform Motion nous propose son nouvel elpee, « One Frame per Second ». Créé en 2008, le trio réunit Andy Richards, chanteur-guitariste-auteur-compositeur anglais, Renaud Forestie, illustrateur français ainsi que son compatriote Olivier Piotte, à la batterie et au clavier, qui les a rejoints en 2011. 

Après avoir publié deux albums (« Pictures » en 2009 et « Life » en 2010, sur lequel figure l’aérien « Roll Over »), Uniform Motion a donc décidé de graver son troisième, un opus qui s’inscrit dans la même veine, mais en plus abouti : planant, apaisant, doux, chargé de tendresse, invitant au voyage, à l’évasion. On retrouve la prépondérance de la guitare sèche et la voix chaude et rassurante du chanteur, qui nous berce tendrement, dans le pur style folk-indie. Les entêtantes mélodies d’Uniform Motion sont à déguster en écoute libre sur leur site.

Dès les premiers accords, on est séduit par l’effet réconfortant et enveloppant de cet album très ‘uniforme’ et cohérent. Une composition intimiste et épurée qui donne envie de cocooner au coin du feu.

Puis, très vite, on fredonne certains airs. Et on ne rêve que de réécouter, encore et encore.

L’ensemble procure une sensation de sérénité. Apaise et fait du bien. Que demander de plus ? Davantage de relief peut-être…

Plusieurs morceaux retiennent toutefois l’attention. « There is no way, there is no way » par son côté enivrant et délicieusement mélancolique. On l’écouterait bien en boucle. Sans doute LE titre de l’album. « Fools, Don't Listen To A Word I Say » commence trop calmement mais la belle envolée de la fin évoque les Girls in Hawaï. « We’re Hauling Land Through the Air » et « I will put my Life on Tape » accrochent aussi davantage l’oreille car plus structurés, plus vivants. L’album se clôture par une plage aux airs de berceuse, peut-être pour nous aider à appuyer sur stop, à ôter les écouteurs et à redescendre sur terre.

Various Artists

BBE 15 compiled by Chris Read

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BBE Records est un label indépendant qui se focalise essentiellement sur la musique soul. Il nous propose aujourd’hui une compile consacrée au hip-hop et au jazz pratiqués au cours de ces 15 dernières années, un recueil remixé par le talentueux DJ anglais, Chris Read.

Malheureusement, ce double album est complètement plat et sans aucun intérêt. Si le mix de Chris Read et impeccable, on ne peut malheureusement pas en dire autant des morceaux choisis. En effet, les chansons sélectionnées sont totalement insignifiantes. Le tracklisting passe d’un morceau voire même d’un album à l'autre, sans qu’on puisse se rendre compte qu’on a changé de compo, tant la mélodie est similaire, le ‘chant’ exaspérant et les rythmes plutôt répétitifs. Rien de neuf à l’horizon, quoi !

Le double elpee se targue pourtant de proposer "15 years of real music for real people" ; mais j'avoue me demander encore quelle était la cible visée sur cet elpee ? Le fan de hip-hop reprochera aux titres le manque de rythme, dans la musique comme dans les paroles. Celui d'électro ne sera assurément pas séduit par l'absence de beatbox et de synthés, ainsi que par la présence de cuivres jazzyfiants. Finalement, ce disque s’adresserait-il à l’amateur de jazz ? Non plus, puisque la présence de grosses basses tonitruantes risquent fort de l’horripiler, dès le 1er morceau.

Reste, peut-être, d'éventuels amateurs de musique hybride, à la croisée des chemins de ces trois styles. Et à mon humble avis, ils ne doivent pas courir les rues… 

Sachez quand même que votre serviteur n'a absolument rien retiré de ce double cd, même après avoir poussé le vice jusqu'à le réécouter plusieurs fois afin de dénicher, mais en vain, un quelconque aspect positif.

Impossible de raisonnablement vous conseiller cette compilation, tant on s'ennuie à son écoute.

 

Various Artists

En route !

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"En route !" est une compilation publiée par Freaksville, un label belge créé en 2006. Ce recueil, réunissant principalement des artistes issus ‘du tout Paris’, séduit par des mélodies à nettes tendances disco.

Partagé en 9 pistes plus une dixième en bonus, ce Long Playing est agréable à l'écoute, et plutôt réussi dans son ensemble. Toutefois, aucun morceau ne sort véritablement du lot.

Epinglant plusieurs chansons ‘en français dans le texte’, cet elpee est conçu pour servir de compagnon de route, d'où le titre. Et effectivement, les morceaux sont mélodieux et assez variés dans l'ensemble, de telle sorte que l'album s'écoute aisément et d'une seule traite sans que l'on s'en rende compte. Ces titres constituent donc un disque idéal pour sonoriser la route des vacances ou lors d'un long périple, trajets au cours desquels le style alambiqué de pop électro et de compos instrumentales trouveront leur meilleur public.

Un bémol cependant : la présence de Lio. Bien sûr, elle relève de la même écurie ; mais rien à faire, je n’arrive pas à avaler sa voix. Sur le sixième titre de cette compile, elle se contente de ‘lire les paroles’, de sa voix nasillarde, démontrant une nouvelle fois, si besoin était, qu'elle n'a jamais été capable de chanter.

Hormis cette fausse note, le reste est de bonne facture, même s’il ne laissera pas, non plus, un souvenir impérissable dans les mémoires.

 

Marie-Paule Belle

ReBelle

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Qu’est-ce qui peut bien pousser une artiste connue et reconnue comme Marie-Paule Belle à demander aux internautes de l’aider à produire un album ?

Au vu de la carrière de la plus connue des ‘Parisiennes’ un premier sentiment d’étonnement fait place à une espèce de logique implacable. La démarche de la Belle est en somme la plus honnête qui soit. Car in fine, un chanteur, un acteur ou tout autre représentant d’un des arts majeurs se doit de répondre à une demande, à une attente de la part de son public. Bien vu et… bien joué ; car visiblement, l’intérêt reste vif pour cette grande dame de la chanson française qui a vu son parcours débuter en… 1969. Soit hier !

Entamée il y a donc plus de quarante ans, la route de cette chanteuse rare, donc précieuse, est parsemée de titres drôles (« Les petits patelins »), truculents (« La Parisienne »), burlesques (« L'alibi de la libido »), nostalgiques (« Berlin des années 20 »), poignants (« Les princes travestis ») ou troublants (« Celui ») ...

Pour concocter ce nouvel album, elle a reçu le concours de ses complices de toujours, soit Françoise Mallet-Joris, Dominique Valls, Isabelle Mayereau, Michel Grisolla et Jean-Jacques Thibaud côté textes ; mais elle s’est également entourée d’une équipe de musiciens plus proches de l’orchestre de chambre que d’un studio d’enregistrement. Piano, violons, alto, violoncelle, hautbois, cor anglais, contrebasse et autres flûte forment l’accompagnement idéal pour l’interprétation de ces onze partitions musicales, toutes issues de la main de cette alerte sexagénaire délurée.

Fidèle à son habitude, la ‘ReBelle’ décline ses sentiments, passant de la tendresse à la folie, de la douceur à l’extravagance, de la mélancolie à la joie de vivre, abordant les thèmes de la vie sous toutes ses coutures.

La plage inaugurale, « Celles qui aiment elles », confession intime d’une vie privée qui n’a pas toujours été facile à assumer, dévoile et assume sans fausse pudeur sa féminité et son homosexualité. Celle qui clôt le disque, « Assez », dénonce les violences conjugales subies par Cécile qui pourrait bien être une de nos voisines si seulement on avait le courage d’ouvrir les yeux et d’intervenir quand pareil cas se présente.

Voix splendide, arrangements musicaux de qualité, textes concis, cette grande artiste paradoxalement discrète au cours de ces dernières années réussit son pari. On redécouvre une chanteuse de qualité au talent immense intact.

« Réveille-toi ! » nous suggère la pochette. C’est fait !