L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Depeche Mode

Remixes 2 : 81-11

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Les fêtes de fin d’année apportent, comme tous les ans, leur lot de Best Of, d’éditions ‘Deluxe’, de versions collectors et autres albums de remixes. Et c’est de remixes qu’il s’agit ici puisque Depeche Mode publie son énième compilation de ce type.  Intitulé « Remixes 2 : 81-11 », la galette, qui existe en version simple et double, réunit du beau monde. Chargés d’apporter une plus-value aux morceaux du trio mené par Dave Gahan, des artistes tels que Trentemøller, Röyksopp, M83 et Jacques Lu Cont s’y collent avec plus ou moins de succès.

La version double du disque nous réserve également les collaborations de, entre autres, Dan The Automator, Peter Bjorn & John, Darren Price, Clark, Orbital et Digitalism.

Côté réussites au sein de la version simple qui nous a été fournie, on épinglera les arrangements trippants de « Dream On » par Bushwacka, « John The Revelator » revu et corrigé par UNKLE, un « Peace » réorchestré à merveille par Six Toes et la vision estivale de « Puppets » imaginée par Röyksopp. Par contre, ce sont ceux dont attendait le plus qui déçoivent à égale mesure. Ainsi, les variantes de « Suffer Well » et « Wrong » par, respectivement M83 et Trentemøller sont les moins intéressantes de l’ensemble. Même Eric Prydz parvient à faire mieux sur « Never Let me Down Again », ce qui n’est pas peu dire.

Tout le monde le sait, un Depeche Mode version Dancefloor, c’est le jackpot assuré question ambiance pour tout DJ qui se respecte. Ce disque devrait donc (ré)chauffer les platines en cette fin d’année.

Esmerine

La Lechuza

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Le ‘Miles End’ est un quartier relativement méconnu de Montréal. Mais c’est probablement un endroit formidable. Et pour cause, c’est là que sont nés des groupes aussi fantastiques que Godspeed You ! Black Emperor, Set Fire to Flames et Thee Silver Mt. Zion, réunis sous le label Constellation. Et que nous vient Esmerine, un duo expérimental, fondé il y a une dizaine d’années, par Bruce Cawdron et Beckie Foon. « La Lechuza » constitue leur nouvel opus. Leur troisième aussi. Et le précédent date quand même de 6 longues années…

En règle générale, la musique d’Esmerine privilégie la rencontre entre le violoncelle de Beckie Foon et les rythmes latino de Bruce Cawdron. En résulte des vignettes oniriques épurées de toute trace de guitare. Mais sur cet elpee, le duo a intégré la harpe de Sarah Pagé (Barr Brothers) et les percussions d’Andrew Barr (The Slip et Barr Brothers).

La richesse de cette œuvre se mérite. Et pour cause, en l’écoutant d’une oreille distraite, il se révèle anodin, à la limite irritant. Pourtant, en creusant un peu, on se rend compte de la richesse de son instrumentation.

Dans sa grande tradition collective, la scène montréalaise a participé activement aux sessions d’enregistrement de ce long playing. Point d’orgue ? La magnifique complainte « Snow Day for Lhasa », chantée par Patrick Watson (NDR : également responsable de la production du disque) et l’instrumental énergique « Little Streams Make Big Rivers ». Parmi les autres collaborateurs, on épinglera également la participation de membres du backing group de Patrick Watson, de Sarah Neufeld d’Arcade Fire et de Colin Stetson, préposé au saxo. Sans oublier feue Lhasa de Sela, pour « Fish on land », morceau qui avait été composé en sa compagnie. La chanteuse canadienne nous a malheureusement quittés début 2010…

 

Exit Music

From Silence (Ep)

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« From Silence » constitue le second Ep d’Exitmusic, un duo new-yorkais réunissant Aleksa Palladino et Devon Church. Le couple voue apparemment une grande admiration à Radiohead. Ce qui explique, sans doute le patronyme de leur groupe. Et probablement à Sigur Rós, également. Puisant ses influences dans l’électro/rock complexe des premiers et privilégiant les envolées atmosphériques des seconds. La voix de Palladino rappelle même celle de Jonsi. Des références ambitieuses, mais peut-être un peu trop écrasantes, il faut le craindre.  

L’expression sonore d’Exitmusic est quand même dominée par les claviers, un style sculpté dans un rock atmosphérique, glacé, un peu détraqué mais beau à la fois, qui lui permet de concocter des vignettes aux accents cinématographiques particulièrement prononcés. Et je pense tout particulièrement à « The Sea ». Pas vraiment étonnant, quand on sait qu’Aleksa est… actrice. Et joue d’ailleurs le rôle d’Angela Darmody, dans la série ‘Boardwalk Empire’. David Lynch en raffolerait à coup sur!

 

Hir*shima M*n Am*ur/ Slogan

Incipit (split vinyle)

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« Incipit » permet à deux groupes français, Hir*shima M*n Am*ur et Slogan de partager un split vinyle, équitablement réparti en deux fois trois titres. Deux formations aux styles fondamentalement différents, puisque si la première s’enfonce dans le minimalisme ténébreux, la seconde propose une musique davantage onirique et atmosphérique.

En général, le split album est réservé aux artistes étiquetés électro ; mais pour la circonstance, on est en présence de deux combos qui baignent résolument dans le rock indépendant. Point commun quand même, ces deux bands se distinguent par des lyrics recherchés, parfois même hermétiques (Hir*shima M*n Am*ur n’hésite pas à puiser ses références chez Derrida ou Barthes…) ; son ‘spoken-word’ vindicatif rappelle même le rock littéraire hexagonal qui a sévi au cours des nineties.

Quant à Slogan, ses paroles sont exprimées dans la langue de Shakespeare et servent des compos à tendance ‘post’. Largement soutenues de cordes, ses compos lorgnent plutôt du côté de Venus (« Kiss Me »). Autre similitude entre les deux ensembles, leur sincérité, le climat mélancolique au sein duquel baigne leurs compos et puis leur volonté de ne faire aucune concession à  la scène mainstream. Bref, une belle initiative de réunir sur un même support deux aussi beaux spécimens la scène indie française…   

 

Justice

Audio, Video, Disco

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Maintenant que nous avons eu le temps de bien digérer le premier album de Justice, il faut bien reconnaître que leur succès planétaire est probablement l’une des plus belles arnaques musicales rencontrées au cours de ces dernières années. Bien sûr, en ‘live’, le combo parisien libère une belle énergie électro, lors d’un show parfaitement chorégraphié ; mais leur musique est loin d’être à la hauteur de leur image très étudiée. Probablement conscients de l’imposture de leur ‘buzz’, Gaspard Augé et Xavier de Rosnay n’ont pas pour autant voulu changer de fusil d’épaule, en nous livrant une copie efficace, parfois euphorisante et plus rock, mais à nouveau souvent proche du degré zéro musical, de leur premier opus. Toujours à la limite du mauvais goût, la musique de Justice campe un mix bien dégoulinant entre le métal FM kitch d’Iron Maiden voire d’Europe (« Horseposer », « New Lands », « Brianvision ») et l’électro de Daft Punk, sous un forme bien cheap (« Civilization »). Alors, les mêmes recettes pour un même succès ? Pas certain, car malheureusement pour Pedro Winter et sa clique, pas de véritables hits du niveau de « We are Your Friend » ou « D.A.N.C.E. » à l’horizon, sur cet elpee… Justice, c’est comme un bonbon chimique, pas très subtil et pas très recommandé pour la santé, mais difficile de se débarrasser de son addiction… C’est une certitude, en vieillissant, j’apprécie de moins en moins les bonbons.

 

Kings of Leon

Tahilina Sky - The story of Kings of Leon (Dvd)

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Waouw, un DVD des Kings Of Leon. Vite, vite, je me jette dessus. Pas la peine de prendre des renseignements à gauche ou à droite. J’adore, donc sans réfléchir… je plonge.

Ce Dvd des « Kings Of Leon », c’est un peu comme l’histoire du fou qui va à la piscine… Il hésite longuement sur le plongeoir devant une piscine vide d’eau. Une lueur d’espoir s’allume dans les yeux des médecins présents qui lui demandent pourquoi il ne plonge pas et lui de répondre : ‘Je ne sais pas nager !’

Ben ce dvd, c’est un peu ce qui m’est arrivé. J’ai pas vu qu’y’avait pas d’eau dans le bassin !!! Je me suis empressé de m’emparer du disque pour me rendre compte (trop tard) qu’il était aussi vide que la piscine de notre pauvre déséquilibré.

Ben oui, pas de musique, pas d’images de concert, d’une tournée quelconque, de sessions d’enregistrement, rien ! Musicalement, c’est le vide intégral, le néant, le trou noir !

Par contre, si vous voulez voir la binette du tonton, du beau-frère, du mari de la sœur de… Allez-y, achetez-le et extasiez-vous devant  plus d’une heure trente de présentations familiales. Maman, papa, frère, sœur, beauf, et patati et patata. Et vas-y que j’te raconte des anecdotes vieilles d’un quart de siècle ou que je te montre la balançoire sur laquelle mamie s’asseyait pour prendre le thé.

Merde ! Me suis fait avoir dans les grandes largeurs.

Maintenant, si vous voulez plus de détails sur les trois frères Followill et le cousin du même nom (les quatre membres du combo de Nashville) et tutti quanti, bah j’ai ce qu’il vous faut. Passez le prendre à la maison quand vous le voulez, je vous l’offre de bon cœur !

 

Harold Martinez

Birdmum

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Mieux vaut avoir le moral au beau fixe pour écouter cet album sorti en mai 2011. Il nous plonge dans une ambiance suffocante, qui met presque mal à l’aise.

Ancien bassiste du Clan Edison, un groupe rock issu de Nîmes, Harold Martinez nous invite à découvrir son univers original au gré des neuf morceaux portés par sa voix éraillée, presque désespérée. On adore ou on déteste. Mais l’émotion passe. L’ensemble est marqué par des rythmes lancinants, répétitifs, comme un martèlement de tambours, une longue marche dramatique. Le périple est allégé par des accords celtiques et des chants d’oiseaux, et entrecoupé par les plages 6 et 9, les seules à associer uniquement voix et guitare bluesy.

Classé dans le genre folk-rock, « Birdmum » a quelque chose d’écorché vif. Il sent la souffrance, le spleen. On est écrasé par la torpeur qu’il dégage. Il y a un petit goût du « Ciment sous les plaines » de Noir Desir, en moins rock. Et ici les textes sont chantés en anglais, avec un accent français à couper au couteau.

Harold Martinez a le grand mérite de proposer un style unique et des morceaux reconnaissables entre tous, dans lesquels certains prendront plaisir à s’enliser. Le crayonné de la pochette –entre Grande Faucheuse et poor lonesome cow-boy, sur fond de tête de mort– traduit bien le côté torturé de cet elpee, qui ne laissera personne indifférent.

 

Jean-Louis Murat

Grand Lièvre

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Il a publié dix albums au cours des dix dernières années. Après avoir concocté « Le cours ordinaire des choses », en 2009, Jean-Louis Murat passe en mode biennal et nous propose, la plume gorgée de mémoire, « Grand Lièvre », un opus dont le titre signifie chez les Amérindiens ‘espèce menacée’ et ‘esprit farceur’... sans doute les deux sont-ils nécessaires pour franchir l’autre rive.

Epaulé par ses fidèles musiciens, Fred Jiminez et Stéphane Reynaud, Murat nous réserve 10 titres mélancoliques ‘amélodiques’ où la musique se fait toute petite au profit des textes, du timbre, du mystère et de l’homme.

Néanmoins, même après avoir intégré ce postulat, ce n’est pas gagné : ouvrir l’album par l’épaisse lenteur d’« Alexandrie » et d’une voix d’outre-tombe, on a beau apprécier Murat, le doute s’insinue. Impression fugace. Dès « Haut-Averne », l’auteur nous emmène dans ses coutumiers tumultes amoureux où ‘les cœurs se soignent à la torture’. A propos de chœurs, cet album n’en manque pas, et confèrent une certaine allégresse à l’ensemble. Et dès « La lettre de la Pampa », on se met à pister ce « Grand Lièvre » qui évoque la guerre (« Sans pitié pour le cheval » et « Rémi est mort ainsi ») sur un tempo décalé et bien balancé, ponctué de voix et de ‘didoudidas’ tellement improbables au vu du sujet, qu’ils en deviennent indispensables. Sont abordés par ailleurs la désertion des campagnes sur fond de piano bar (« Vendre les prés »), ‘où réciter par cœur est souvenir des lieux’, la petite reine (« Le champion espagnol ») et  –fallait-il le préciser– le chaos des cœurs qui battent (« Alexandrie », « Je voudrais me perdre de vue »). 

Souffles, bruissements, cris, chuchotements et hennissements viennent souligner l’univers musical somme toute prévisible mais ô combien rassurant pour quiconque apprécie Murat. Et pour ceux qui ne le connaissent pas, cet album constitue une belle entrée en matière. En cette saison où les petits frissons s’insinuent le long de l’échine, merci l’Auvergnat de nous avoir donné quelques bouts de toi quand dans nos âmes il faisait froid.

 

Sherman

One Way Town (Ep)

Écrit par

Derrière Sherman se profile en réalité une formation articulée autour de Steven Bossuyt. Son histoire débute il y a deux ans. Accompagné de son ami et batteur David Demeyere, Steven place rapidement son sort entre les mains de Jeroen Swinnen qui a collaboré en compagnie de tas d’artistes issus du nord du pays, dont K's Choice et Soulsister sont les meilleures illustrations. C’est à ce producteur que revient la tâche d’opérer un choix dans les compos proposées par le duo pour en faire une démo. Celle-ci dans leurs bagages, les deux potes s’exilent aux îles, dans la banlieue londonienne et, entre petits boulots le jour et représentations la nuit tombée, Sherman se fait rapidement remarquer par un des ‘cent cinquante mille’ producteurs que compte la BBC. Bingo ! Ils décrochent le gros lot grâce à un succès radiophonique immédiat et des sessions live enregistrées sur BBC2 lors du ‘Janice Long Show’.

Les deux comparses et leur producteur, forts de ce premier succès exécutent dès lors demi-tour afin de profiter de cette belle rampe de lancement. De retour au pays, le premier single « On Your Side » fait son petit bonhomme de chemin sur les ondes et une formation plus conséquente est mise sur pied. Viennent donc s’ajouter au duo initial Gerben Hemelson à la guitare, Timothy Jacobs à la basse et Willem De Deygere aux claviers.

Et hop, direction le studio d’enregistrement pour d’autres compos et un second simple, « Don’t Go By » qui à nouveau cartonne sur les ondes durant tout l’été. Il faut dire que Sherman se distingue par une musicalité résolument pop dont Snow Patrol, entre autres, a le secret. « On Your Side » en est une parfaite illustration. Comparaison n’est peut-être pas raison, mais il convient de reconnaître un certain savoir faire et une efficacité toute belge pour un genre musical qui propage des émules aux quatre coins de notre beau royaume…

Sherman démontre que son séjour de l’autre côté de la Manche lui a été profitable. Dans un style épuré mais diablement ‘juste’ Steven Bossuyt apporte une preuve tangible qu’il faudra désormais compter sur lui au sein d’un paysage musical belge qui ne cesse de s’élargir. Les quatre titres de ce mini-album, dont les deux premiers singles, achèveront de convaincre les plus septiques.

Prometteur assurément !

 

Sigur Rós

Inni

Écrit par

Islande : terre de feu, de geysers, de volcans, de sources chaudes...

Islande, terreau où se sont développés Bjork et Sigur Rós, cinglés de musique et parfois cinglés tout court !

Cinglés à un point tel que la contagion gagne et que l’on risque de le devenir également à l’écoute de leur musique et encore plus à l’observation de leur comportement…

Sigur Rós est un quatuor dont le style résulte d’un mélange étonnant entre post-punk (les riffs), musique classique minimaliste et rock progressif. Rien que ça ! Pas question donc de rencontrer dans leurs compos un semblant de schéma conventionnel couplets-refrain. On n’est bien loin de cette ‘règle’ !

La formation est drivée par Jonsi, un borgne génial. Il possède une voix de fausset et se sert de la guitare électrique comme un violon (NDR : à l’aide d’un archet). Sigur Rós est au bord de la rupture quand Vincent Morisset, réalisateur français signataire d'un documentaire remarqué sur Arcade Fire (NDR : il en a réalisé d’autres, notamment consacrés à Beirut et The National) propose au quatuor de les prendre sur le vif, lors de leur de leur tournée britannique. A cette époque, il est fortement question d’une séparation au sein du band. Mais cette éventualité est vite balayée. D’ailleurs un nouvel opus, suivi d’une tournée, sont prévus au cours des prochains mois.

C’est donc un triple ‘album’ qui vous tend les bras. L’objet réunit un Dvd, également minimaliste (comme leur musique) et deux Cd immortalisant l’intégralité de leur prestation live. Le qualificatif de ‘minimaliste’ n’est pas choisi au hasard. Hormis quelques ‘coupures’ consacrées à des archives d’un ennui mortel, on ne peut pas dire que le réalisateur ait fait preuve d’une grande originalité. Plaquant le plus simplement du monde sur la pellicule les images noir et blanc de neuf morceaux (à rallonge), Morisset n’a hélas jamais cherché à enrober son produit. C’est du brut de décoffrage sans aucun artifice. Mais visiblement, cette idée a séduit, produisant même son effet auprès de chacun des membres du combo, puisqu’ils ont décidé d’accomplir un bout de chemin ensemble. C’est déjà ça… Pour les autres, à l’écoute de ce que peuvent interpréter ces zouaves venus du grand froid, c’est la déception. On aurait sans doute imaginé autre chose. Des images, des couleurs, des jeux de lumières à la hauteur de leur inventivité, de leur créativité… Rien, c’est le néant et, désolé, c’est même moche !

Restent donc deux Cd un peu plus consistants qui nous proposent quinze titres dont quelques-uns font double emploi avec le ‘film’. Mais à tout choisir, autant se remémorer leur concert sans les images ; car d’une part, on en a bien plus pour son argent et deuxièmement comme les images n’apportent strictement rien, autant faire l’impasse sur ce disque-là…

La bonne surprise, c’est que Sigur Rós propose enfin, après 17 ans d’existence, son premier album live. Reconnaissons ici l’excellence de la prise de son (retravaillé en studio ?) et le choix des morceaux qui balaient la carrière entière du band. Admettons également que ce style musical hors du commun mérite parfaitement sa place dans des éditions live, quoi que certains puissent parfois en penser.

Bref, un peu à l’image du pays, Sigur Rós alterne le chaud et le froid dans cette parution où le superflu côtoie l’essentiel. Mais si l’image ne rend pas d’elle ce que l’on attendait, il serait erroné de croire qu’un concert de Sigur Rós ne vaut pas la peine d’être vécu !

Soyez donc vigilant lorsque les dates de leur prochaine tournée seront fixées ; et ne ratez surtout pas l’occasion de vivre à une des plus grandes messes musicales, de votre existence…

 

François Staal

Canyon

Écrit par

Auteur-compositeur-interprète français, François Staal signe ici son quatrième album, « Canyon ». Il fait suite à « 100 Millions », « Sur les Rails » et « Emois ». Responsable de musiques pour le cinéma et la télévision depuis 20 ans, il s’est fait remarquer grâce à son duo « Tout briser » interprété en compagnie de CharlElie Couture. Une compo qui figure sur son 3ème essai, « Emois ». De l’avis de tous, il est temps que ce talentueux poète sorte de l’ombre.

Pour cet opus, F. Staal s’est choisi un invité de marque en la personne de Jean Fauque, grand parolier auquel on doit notamment « Osez Joséphine », « Ma petite entreprise » et « La nuit je mens ». Et on pense d’ailleurs beaucoup à Bashung en écoutant ce CD, en particulier les titres « Terre m’atterre » et « J’aimerais tant ». On retiendra aussi la « Chanson à la con », un bel hommage au génie Gainsbourg.

C’est de la variété française, mais au sens le plus noble du terme. Les textes sont ciselés et raffinés. Ils traitent du voyage, du sens de l’existence, de l’amour, avec beaucoup de poésie. François Staal s’est entouré de musiciens extrêmement efficaces. Le son est à la fois rock et blues. Il y a des guitares électriques à la Dire Straits et de l’harmonica pour la touche country. Une grande sensibilité émane de cet elpee qui semble venu d’un autre temps. Tout y est : les chœurs et, pour les instruments, rien que de l’acoustique. Et ça s’entend !

Quand François Staal parle de musique, tout est émotion et humain. C’est un amoureux des instruments, qu’il perçoit comme autant de moyens de transmettre quelque chose, de  repositionner l’Homme au centre du monde.

Et ses textes, sa musique, ses concerts ne le démentent pas !

 

Sungrazer

Mirador

Écrit par

Difficile d’imaginer que ce nouvel album de Sungrazer a été réalisé en à peine quelques mois, tant le trio batave semble avoir gagné en maturité. A croire que le groupe se soit exclusivement consacré à la musique, au cours de cette période.

Le groupe remet au goût du jour les grandes heures du rock-psyché. Hormis Black Mountain, je ne vois guère d’autres formations qui y soient parvenues avec autant de succès. Sungrazer fait la part belle aux ambiances aériennes ainsi qu’aux riffs hypnotiques. Cependant, l’objectif n’est pas de nous plonger dans un sommeil profond. Le début d’un morceau peut se révéler paisible, relaxant, puis à l’instar de l’excellent « Behind » (plus de 13 minutes), le climat sonore se charge d’intensité. La basse entre jeu, le tempo s’emballe, les guitares stoner s’agitent, les harmonies vocales s’élèvent dans l’éther atmosphérique, et nous sommes littéralement aspirés dans un tourbillon psychédélique, hallucinatoire.

Sungrazer aime également les brisures de tempo. Elles sont même légion tout au long de l’elpee. Un exercice de style qu’il accomplit à la perfection. N’hésitant pas à interrompre une envolée planante ou psyché par un riff brutal, réminiscent de Kyuss.

Le potentiel affiché par Sungrazer tout au long de « Mirador » est vraiment impressionnant. Espérons simplement qu’il n’ait pas encore été exploité dans son intégralité. Dans ce cas de figure, le combo batave n’a pas fini de nous étonner.

 

Zola Jesus

L’arène de cœur

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Petit bout de femme épatant, à la frêle silhouette mais au registre vocal épatant, Nika Roza Danilova, alias Zola Jesus envahit littéralement une Rotonde pleine à craquer en ce lundi soir. Une heure de show qui stoppe net le balancier du temps, fige celui-ci dans un impalpable écrin de soie aux fibres venimeuses et transforme la plus grande obscurité en lumière blanche aveuglante. Petite par la taille, grande par le talent, cette jeune prodige d’un peu plus d’une vingtaine d’années trace sa route comme son destin. Sans compromis, et en pleine conscience de ses moyens.

Imaginez un instant Britney Spears ou Lady Gaga, tombées à l’adolescence dans un chaudron Indus-Goth et épargnées par l’industrie musicale de masse.

Imaginez-les face à un miroir au verre non déformant, où l’image reflétée serait celle d’artistes émancipées et intègres.

Et bien, de l’autre côté de ce miroir, camperait une statue de marbre blanc à l’effigie de Zola Jesus, plongée dans le crépuscule d’un univers idoine.

Débarrassée de ses oripeaux de grande prêtresse et explorant des horizons sensiblement plus Pop (définition à placer dans une perspective tronquée, cela va sans dire), son troisième opus, intitulé « Conatus », révèle au grand jour son extraordinaire potentiel.

Conatus, terme emprunté à la philosophie de Spinoza, signifie quelque chose comme : ‘continuer à aller de l’avant’. Il ne saurait en être autrement au vu de la prestation de ce soir.

Envahissant l’espace et le temps, au devant de la scène comme dans le public où elle n’hésite pas à descendre pour se mêler à la foule, attitude que l’on devine aisément contre sa nature, tant sa fragile stature tendrait à la confiner à une timide retenue, la Russo-américaine se livre entièrement et surtout laisse échapper sa voix qui s’envole depuis sa cage thoracique pour étendre ses ailes au dessus de nous, dans un vol splendide et majestueux.

Entourée de trois hommes de l’ombre aux claviers et programmations et d’un quatrième, derrière les fûts, elle restitue parfaitement en live l’univers de ses albums.

Feu de glace, sa musique est un souffle derrière un voile de grâce. Simultanément inquiétante et apaisante, excitante et intrigante, charnelle et pourtant évanescente.

« Swords » dont la lame scintille sous le crépuscule d’une nuit blafarde, « Shivers » dont les tremblements lointains résonnent en échos binaires, « Clay Bodies » dont l’enveloppe plastique s’assimile à une étreinte désespérée au cœur de l’abandon, et l’incontournable « Vessel » qui s’enlise langoureusement dans l’impénétrable tissu du doute et de l’espoir.

Une prestation sans faille et qui projette définitivement l’avenir de Zola Jesus dans une dimension parallèle au sein de laquelle nous sommes appelés à nous retrouver pour danser avec l’Amour, la Mort et la Vie, dans une communion solennelle.

(Organisation : Botanique)

  

Autumn Falls 2011 : dimanche 27 novembre (Bota)

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Du 21 au 27 novembre, ToutPartout a mis le grappin sur Bruxelles pour la deuxième édition de son festival indoor Autumn Falls. Alors que la première n’avait duré que trois jours, le tourneur belge a mis le paquet cette année, en investissant une semaine durant la plupart des salles de concerts bruxelloises, de l’AB au Bota en passant par le Magasin 4 ou le VK. Pour clôturer cette prestigieuse seconde mouture, ToutPartout a invité sur les planches du Botanique quelques beaux noms de la scène indie : My Sad Captains, Still Corners, A Winged Victory For The Sullen, Scott Matthew et, cerise sur le gâteau, la très réservée Marissa Nadler.

On ne se bouscule pas aux portes du Botanique en ce froid dimanche de novembre. C’est que le festival Autumn Falls a dû en épuiser plus d’un. Normal lorsqu’on propose une affiche réunissant des artistes aussi prestigieux que Metronomy, Low, Okkervil River, The Field, Matthew Herbert, Suuns ou encore The Experimental Tropic Blues Band. Ce soir, les organisateurs ont mis l’accent sur la découverte, en misant sur des artistes dont le succès demeure encore confidentiel.

A commencer par le grand Scott Matthew venu présenter son récent « Gallantry’s Favourite Son ». Un silence religieux envahit l’Orangerie tandis que l’homme interprète, en s’accompagnant à la guitare et soutenu par deux autres musiciens, certains de ses plus beaux morceaux. On se laisse emporter volontiers par cette voix envoûtante tandis qu’elle nous compte déboires amoureux et aléas de la vie. Entre deux chansons, Matthew plaisante avec l’assistance, peu nombreuse certes mais pas pour le moins chaleureuse, en retraçant le concert qu’il donnait une semaine auparavant, dans une église de Cologne, devant un parterre composé, entre autres, de dévots. Ça doit effectivement être bien drôle d’interpréter des chansons aux titres aussi évocateurs que « Buried Alive », « Sinking », « No Place Called Hell » ou « Amputee » face à des prêtres.

Still Corners enchaîne les festivités à la Rotonde. La salle est bien bondée, contrairement à l’Orangerie quelques minutes plus tôt. Tessa Murray et ses garçons viennent présenter pour la seconde fois cette année leur « Creatures Of An Hour » qui, s’il est impeccable au niveau des arrangements, est légèrement handicapé par les vocalises de son interprète. La voix de Murray est à apprécier avec modération. Derrière la formation britannique, un écran fait défiler des images chimériques se mariant à la perfection aux compos qui s’échappent des baffles. En occultant de temps à autre la voix de sa chanteuse, Still Corners parvient à susciter l’intérêt général. Le set du quintet se clôture donc sur une note positive.

A l’Orangerie c’est au tour des Ricains de A Winged Victory For The Sullen de prendre place. La salle est beaucoup plus garnie qu’une heure auparavant. Mais c’est toujours dans un silence immaculé que se poursuit la soirée tandis que Dustin O’Halloran et Adam Wiltzie prennent place derrière leurs instruments. Ils sont épaulés par une section de cordes pour donner à leurs compositions tout ce qui fait la richesse et la beauté de leurs morceaux : de belles envolées orchestrales ou au contraire, un minimalisme troublant. Le public est accroché aux moindres notes jouées par les deux hommes et leurs collègues. De toute beauté.

Et pour finir en apothéose, le festival se clôture sur une dernière danse accomplie en compagnie de Marissa Nadler. La Rotonde n’est pas aussi remplie que l’on avait imaginé. Et à juste titre, puisque ce n’est qu’à 23h que la jolie demoiselle prend possession des planches. Seule sur scène avec ses guitares, sa voix et ses doutes, elle interroge le public : ‘Vous vous amusez bien j’espère ? Je n’arrive pas à savoir…’ Tous lui répondent d’un large sourire tandis qu’elle reprend son set et offre aux derniers résistants les superbes mélopées que sont « Diamond Heart », « The Sun Always Reminds Me Of You », « Famous Blue Raincoat » (reprise de Leonard Cohen), « Baby, I Will Leave You In the Morning » ou encore « Silvia » pour clore en beauté sa prestation.

Malgré une fréquentation vue à la baisse pour son dernier jour, le festival Autumn Falls devient à présent l’un des événements majeurs de la saison. ToutPartout ayant plus d’un tour dans son sac, on peut s’attendre à une affiche 2012 encore plus alléchante. Patience, patience…

Organisation : ToutPartout

 

Arid

La crème des crèmes…

Écrit par

Suite à la sortie de son dernier opus, « Singles Collection », la formation flandrienne a décidé de déposer ses valises, depuis une petite dizaine de mois, un peu partout dans nos contrées. Le but poursuivi est de faire revivre d’une  façon moins ‘ostentatoire’ la crème de leurs compos. Entamée réellement en 1999, lors de la parution de « Little Things of Venom », la carrière d’Arid est immédiatement placée sur les bons rails. Douze ans plus tard et forts de 5 albums studio, la qualité toujours au rendez-vous ; mais le combo a voulu faire le point de la situation avant d’aller plus avant ans son projet. Réunissant 19 plages, ce « Singles Collection » est véritablement une superbe vitrine derrière laquelle sont exposées les plus belles pièces de leur travail.

C’est donc d’une façon plus intime, plus proche de leurs fans que les Gantois ont souhaité partager leurs plus beaux trésors. Petite salle, proximité du public, simplicité dans l’amplification, Jasper Steverlinck et ses deux (trois en incluant le bassiste) acolytes invitent donc celles et ceux qui les aiment à s’approcher d’eux, à discuter après le show, à boire un coup et même à poser pour la photo souvenir !

Ce dimanche, en fin d’après-midi, nous étions parmi les 200 veinards à avoir dégoté un sésame permettant d’entrer en communion avec ce qui reste, à mes yeux et pour beaucoup d’autres, le meilleur band belge depuis perpète. Il est 18h30 à peine et la petite salle lessinoise est pleine comme un (petit) œuf quand Jasper s’assied derrière son piano et entame en solo « I Don’t Know Where I’m Going ». La magie opère immédiatement et le constat est implacable, il a une sacrée voix ce mec. Jasper Steverlinck est un vrai, un grand, un très grand chanteur, y’a pas à discuter là-dessus ! Et c’est dans de telles conditions que cette évidence saute aux yeux ou plutôt aux oreilles, devrais-je dire….

David Du Pré et Steven Van Havere rejoignent leur leader pour ce qui sera le meilleur concert d’Arid vu (six fois) par votre serviteur, en dix ans. Sur une scène de vingt mètres carrés environ, un piano trônant au centre, les places sont chères… Mais David, stoïque comme à son habitude va rester près de deux heures sur son petit espace, Steven se contentant de son estrade, derrière ses fûts, et le bassiste se confinant bien sagement dans l’ombre des trois autres. Faut dire que le trio est présent depuis les prémices de la carrière du groupe, alors que ce dernier n’est qu’une pièce rapportée…. Tous quatre vêtus de noir de la tête aux pieds, sauf les chaussures (NDR : faut pas déconner non plus), ils nous gratifient de plus d’une heure trente de titres tous plus connus les uns que les autres. L’intégralité des classiques est passée en revue, de « Broken Dancer » à « If You Go ». Inutile de citer les dix-neuf, chacun aura compris qu’Arid interprète la crème des crèmes. Personne ne s’y trompe d’ailleurs. Bien sagement assis durant près d’une heure, la foule (?) se déchaîne (!) et abandonne les fauteuils confortables de ce petit théâtre pour enfin se laisser aller, danser, taper des mains et reprendre en chœur les refrains hyperconnus. Pas besoin de grand-chose de plus, à peine un petit jeu de lumière discret, une gorgée de whisky de temps à autre (dixit Jasper himself) pour se chauffer les cordes vocales mises à rude épreuve et l’affaire est dans le sac.

Il est à peine vingt heures lorsque les quatre compères quittent le podium sous les acclamations et ne se font pas prier trop longtemps pour revenir interpréter trois derniers morceaux. « Until I Find You » clôture ce superbe set, tout en justesse et authenticité.

Nous sommes à peine sortis de la salle qu’ils sont là, dans la buvette ! Un petit verre de blanc à la main, ils nous attendent, offrent des poignées de mains, des autographes, taillent une bavette avec tout qui veut et dédicacent leur dernier CD et même les autres à ceux qui en font l’acquisition. On se croirait revenu en 1999 lors de leur première tournée. Magique et vraiment sympa !

Belle soirée, horaire idéal pour terminer la soirée entre amis autour d’un verre pour… refaire le concert.

Alors, si vous en avez l’occasion, ne les ratez surtout pas. Mais grouillez-vous, la tournée est en fin de parcours !

(Voir aussi notre section photos)  

The Black Keys a retrouvé son chemin…

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The Black Keys publiera son nouvel album ce 2 décembre. Ce sera son septième. Il fait suite à « Brothers », paru en 2010, qui lui avait valu 3 Grammy Awards et un MTV Video Music Award. Produit par Danger Mouse et The Black Keys, "El Camino” a été enregistré au cours de cet été au Easy Eye Studio de Dan Auerbach, à Nashville, fief du groupe.

The Black Keys se produira ce 23 janvier 2012 au Lotto Arena d’Anvers.

Tracklisting :

1. Lonely Boy
2. Dead and Gone
3. Gold on the Ceiling
4. Little Black Submarines
5. Money Maker
6. Run Right Back
7. Sister
8. Hell of a Season
9. Stop Stop

10. Nova Baby
11. Mind Eraser

http://www.theblackkeys.com

 

Paul Weller, clap 11ème !

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« Sonik Kicks », le 11ème album solo de Paul Weller devrait paraître en mars 2012. Noël Gallagher et Graham Coxon ont participé aux sessions d’enregistrement.

Un premier extrait, “Around the Lake”, est disponible sur le site de l’artiste, accompagné d’un petit film intitulé '24hrs, Pavey Park', dont Paul Weller est fan, réalisé par Mike Moloney et John Hooper.

http://www.paulweller.com

Tracklist :

1. Green
2. The Attic
3. Kling I Klang
4. Sleep Of The Serene
5. By The Waters
6. That Dangerous Age
7. Study In Blue
8. Dragonfly
9. When Your Garden's Overgrown
10. Around The Lake
11. Twilight
12. Drifters
13. Paperchase

14. Be Happy Children

 

Les secrets de Dan San !

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La formation belge Dan San publie enfin son premier single, « Question Marks », issu de son futur et très attendu 1er album, « Domino ».

http://www.dansan.be

Envie de voir le groupe dans un cadre intimiste ? Possible, car Dan San offre 4 x 50 places pour assister à un de ses concerts secrets via son site web.

28/11 Louvain-la-Neuve
01/12 Liège
02/12 Huy

Le groupe participera également aux Pias Nite, le 23 novembre.

http://piasnites.com/concours/DANSAN/

 

Autumn Falls 2011 : samedi 26 novembre (Vk*)

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Tel un pèlerin décidé à rejoindre Compostelle, je suis (enfin !) retourné dans cette salle mythique du VK, dont le destin m’avait tenu éloigné de trop nombreuses années. Jusqu’à la fin des années 90, cet endroit était presque devenu ma seconde résidence, tant l’affiche programmait mes groupes fétiches de l’époque. De Belly à Therapy, en passant par Ned’s Atomic Dustbin, les Cranes, The Verve, Adorable, Blur, L7 et j’en passe et des meilleurs. Que de souvenirs accumulés au sein de cette salle extraordinairement propice à ce genre de musique.

C’est donc le cœur chargé de nostalgie que j’ai retrouvé le chemin qui mène à Monlenbeek. Rue des Ecoles, très exactement. En ce soir particulièrement glacé de novembre. Et quel bonheur de voir que finalement, pas grand-chose n’a changé. Un cadre parfait pour une soirée placée sous la bannière d’un son burné teinté d’expérimentations diverses et forcément éclectique. Amis des boules Quiès, bien le bonsoir !

Alkerdeel est un combo gantois qui pratique du Droney Black Doom Metal. Il avait l’insigne honneur d’entamer les festivités. Votre serviteur s’est rapidement retrouvé sous une épaisse couche de basses écrasantes et de borborygmes lourdement assenées. Absolument pas coutumier à ce type de musique (NDR : ok pour le côté dark, au secours pour l’aspect ‘zombie souhaite ´Vicks Vaporub` dans les plus brefs délais’), il m’est difficile de statuer sur la performance d’un groupe au potentiel manifestement enthousiasmant, vu l’accueil réservé par un public sensiblement plus connaisseur que votre humble rédacteur. N’y voyant finalement pas plus de subtilités que dans l’étron canin jonchant le parvis d’une magnifique cathédrale gothique, je me suis finalement résolu à épargner mes tympans, au moins l’espace d’un instant. Et que Dieu me pardonne mon ignorance !

Perso, j’étais venu pour voir Part Chimp, dont le noise Rock imbibé fait immanquablement danser mes castagnettes depuis un certain nombre d’années (et la fin de Ligament, énième groupe de Tim-ex-Penthouse-et-Scarfo-Cedar et Jon-Drumm Chimp-ex-th’Faith Healers Hamilton en particulier).

Dernier concert en terres extraterritoriales pour le groupe londonien, je ne pouvais manquer cette ultime occasion de dodeliner de la tête sur ces rythmes lourds et obsédants qui remuent les tripes et nettoient le cerveau de toute impureté.

Onze années que ça dure. Puissant, obsédant, dévastateur, le son de Part Chimp, évoluant entre Métal couillu et Indie-Noise, ravage les tuyaux acoustiques et liquéfie le sang neuf d’un genre non balisé où les ersatz ne font guère légion.

Dispensant une énergie jamais prise en défaut, manifestant une sympathie et une humilité confondante, et affichant un talent savamment pourri par un son crunch proche du Grunge, ce combo avait tout pour devenir ce qu’il est devenu, à savoir le plus grand groupe mésestimé d’un genre méprisé (ou du moins ignoré).

Mélodies foutraques mais ô combien pernicieuses, rythmiques carrées et subtilement concassées, voix à la limite du juste mais sauvagement distillée, autant d’ingrédients qui font de ce groupe un incontournable du genre.

Allégés en matières grasses mais jamais avares d’un son où le Fuzz règne en maître sur les autres pédales d’effets, ces Anglais ont rapidement fait le tour d’une question encore non  élucidée : mais qu’aurait fait Black Sabbath si Ozzy avait lu l’intégrale des « Martine » ? Pas de hits potentiels, que des hits en puissance ! Pour (a)mateurs du genre, entendons-nous bien (ou plus, c’est selon !)

Un rappel de deux titres, dont l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 people », ponctuera ce set qui va récolter un succès hautement mérité, malgré une discographie somme toute succincte, mais combien jouissive.

Le roi Part Chimp est (presque) mort, vive le roi !!!

Dont la scène, à défaut du trône, était laissée à Chrome Hoof en cette fin de soirée. Orchestre philanthropique (j’entends par là dont la générosité n’a d’égal que le désintéressement lié à toute forme puérile de mercantilisme nauséeux), la formation londonienne (NDLR : encore !) est à elle seule un édifice érigé à la gloire de la démultiplication des genres.

Si le line up repose à l’origine sur un duo, il et décliné, dans un esprit hédoniste, par une cohorte hétéroclite de musicien(nes) au talent exacerbé par une imagination semble-t-il sans limites. D’ailleurs, l’univers fantasmagorique des ces suppôts de Satan côtoie aussi bien le Hard-Rock Opera de Papy que le Disco-Funk à Grand’ Ma.

A l’instar des compos du groupe, sans complexes et s’éparpillant tout azimuts, les costumes de scène –grandes capes noires cabalistiques ce soir– sont déconcertants et s’inscrivent dans un concept tout aussi déroutant.

Mais honnêtement, le set était éreintant. A force de s’égarer dans les genres et de déstructurer inlassablement ces morceaux, le groupe ne gagne guère en cohérence. Partant dans tous les sens, leur musique a tendance à égarer l’auditeur. A moins bien sûr d’être initié dès le départ, ce que je confesse ne pas avoir été.

Sorte de rituel organique et orgasmique pour fans en transe, ce concert avait les défauts de ses qualités, et à trop en faire, Chrome Hoof perd en évidence ce qu’il gagne en audace. Mais sans doute mon ressenti ne reflète que l’avis d’un païen non converti. Et à en juger par le public de connaisseurs, ce concert m’avait tout l’air d’un excellent condensé (et dansant).

Alors que la nuit froide et impalpable m’enveloppait au dehors sous ses noirs ramages, les prémices d’une soif intarissable conviaient les derniers amateurs au bar autour d’une bière fraîche, pour une fin de soirée assurée par DJ Cha ! Selektor

Quant à votre serviteur, je me promettais de bientôt remettre les pieds dans ce lieu, me rappelant tant de bons souvenirs.

Alkerdeel + Part Chimp + Chrome Hoof

(Organisation : ToutPartout)

 

Autumn Falls 2011 : samedi 26 novembre

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La deuxième édition de l’‘Autumn Falls’ s’est donc déroulée, entre le 21 et 27 novembre 2011. Cet excellent festival indoor avait élu la salle de l’AB, ce samedi 26 novembre, pour y accueillir Metronomy, dont le troisième album, « The English Riviera », a rencontré un énorme succès. Un succès pas vraiment inattendu, vu l’engouement suscité par les deux précédents. Mais aujourd’hui, la formation insulaire a déjà largement dépassé le stade de la ‘hype’…

Pile à l’heure (on est à l’AB tout de même…), Joseph Mount et ses 3 acolytes montent sur une estrade décorée de peintures représentant naïvement les 4 membres du groupe. La rumeur voulait que le groupe anglais ne soit pas à la hauteur, en live… et les deux premiers morceaux confirment malheureusement cette opinion. Probablement à cause d’une balance pas encore bien réglée. Mais assez rapidement, le son s’améliore et retrouve même la netteté et la puissance qui font la notoriété de la salle bruxelloise.

Ce soir, le concert est sold out ! Le tracklisting est partagé entre anciens singles et nombreux hits issus de leur dernier opus. En toute simplicité, Joseph Mount communique énormément avec le public, en s’exprimant dans un français proche du délice. Malgré une longue tournée, le groupe semble heureux de se produire sur les planches de l’AB. Sa bonne humeur est communicative. Et le sourire arboré tout au long du set par le bassiste, Gbenga Adelekan, en est certainement la plus belle illustration. En outre, sur sa quatre cordes, il impressionne. Et ses accords funkysants font littéralement mouche. La musique proposée au cours de la soirée est d’ailleurs plus funk et même rock que sur disque, même si la bande du Devon ne néglige pas pour autant sa face électro et dansante. Qu’entretient, bien sûr, les claviers 80’s d’Oscar Cash, pendant que les drums d’Anna Prior, au charme toujours aussi discret, se chargent de baliser l’ensemble. Et certains morceaux plus pop, aux mélodies imparables comme « The Bay » et « The Look », finissent par enivrer une foule qui ne demandait qu’à passer un bon moment en compagnie du groupe. Franchement, ce soir, Metronomy était vraiment dans un bon jour. Que demande (de plus) le peuple ?

Metronomy

(Organisation : ToutPartout)

Et de onze pour Lambchop !

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Kurt Wagner vient d’annoncer la sortie du onzième opus de Lambchop. Il s’intitulera « Mr.M » et paraîtra ce 20 février. Cette publication précèdera une tournée européenne qui passera par le Botanique de Bruxelles, ce 9 mars 2012.

« If Not I’ll Just Die », premier extrait, est déjà disponible sur la toile : http://www.cityslang.com/lambchop/free-mp3