La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Balbino Medelin

Evangiles Sauvages

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D’origine catalane, Balbino Medellin est né en 1979. A 25 ans, ce chanteur parisien apporte sa collaboration à Manu Solo pour concocter son elpee « Les Animals ». Bernard Lavilliers lui tend ensuite la main. Il ne la lâchera plus. En 2006, paraît « Gitan de Paname », son premier album, suivi par « Le soleil et l’ouvrier », en 2008. Fier de ses racines, sa musique est fortement influencée par les cultures catalanes, espagnoles et gitanes.

Quittant la maison Barclay pour Naïve, Balbino (Medelin a disparu) se lâche, s’affirme de plus en plus et a les coudées franches pour exprimer de façon plus ‘électrique’ ses sentiments et surtout sa colère contre la société de production où le faible devient une proie de plus en plus facile pour l’élite. Un air de déjà vu et entendu…

Produit par son ami et protecteur, Balbino développe les mêmes thèmes que lui. Après deux opus à consonance hispanique, quelque part entre Manu Chao et les Négresses Vertes, Medelin se la joue cette fois beaucoup plus électrique. Les guitares omniprésentes, confiées à Alice Botté (Bashung, Daniel Darc, Christophe) communiquent à ses 11 nouvelles compos une dimension plus ‘sauvage’, plus rock ! Une dimension qui convient peut-être mieux au message qu’il tente de délivrer tout au long de ses « Evangiles ».

Ce qui ne l’empêche pas de revenir, pour un titre, à ses racines en compagnie de Cali, invité à partager avec lui un pamphlet antifranquiste sur « L’Estaca », interprété pour l’occasion en espagnol par notre duo.

Le reste de ses chansons est un long combat mené pour les ‘broyés de la société contemporaine’.

Fortement influencé par le parcours de l’écrivain Charles Bukowski, il lui dédie le single « Bukowski ». Comme lui, Balbino s’identifie à un marginal d’une société abandonnant ceux qui ne suivent pas le bon sillon creusé pour eux dans notre système. La boucle est bouclée.

‘Je veux être la voix des sans voix, ceux dont on ne parle pas, que la crise a repoussé dans les cités ouvrières où j’ai grandi’. Tel est le crédo (!) de l’auteur de ces « Evangiles sauvages »…

 

Chris Rea

Santo Spirito

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Christopher Rea a soufflé, en avril dernier, les soixante bougies de son gâteau d'anniversaire. Le compositeur anglais avait pourtant annoncé sa retraite. Mais, il a apparemment changé d’avis. Et c’est un réel bonheur de retrouver ce compositeur au timbre de voix rauque et chaleureux chez ce gratteur qui privilégie, une nouvelle fois, sa guitare slide. Chris ne fait jamais les choses à moitié. Souvenez-vous, il avait publié une série de onze albums, sous un même coffret, baptisé "Blue guitars", fin 2005. Cette nouvelle œuvre est parue sous la forme d’un cd, mais également sous des formats différents. Dont un coffret en édition spéciale réunissant 3 cd et 2 dvd. La booklet est malheureusement avare en infos sur les participants aux sessions d’enregistrement. Une chose est sûre, cet opus est découpé en treize nouvelles compos et Rea est responsable de la peinture qui illustre la pochette.

L’elpee s’ouvre par "Dancing my blues away", un blues rock rythmé, entraînant, qui incite à danser. La voix de Chris est immédiatement identifiable. "Rock and roll tonight" embraie dans le même registre, mais cette piste met en exergue la slide. Une slide sauvage et torturée. Manifestement l'artiste privilégie un même profil rythmique ; à l’instar de "Never tie me down", imprimé sur un tempo bien carré. Revers de la médaille, la compo manque de relief. En effet, la section rythmique (basse/batterie) semble souffrir d’anémie. Elle manque même de groove, de punch quoi ; et je soupçonne fort Chris de s’être réservé la plupart des prises instrumentales. La voix est bien mieux mise en évidence sur "The chance of love", une ballade séduisante très proche de l’univers sonore de Mark Knopfler, en compagnie duquel il a d’ailleurs pas mal bossé, dans le passé. Il s’agit aussi de la meilleure plage de ce long playing. Nous ne sommes pas loin du folk rock celtique accroché à ses racines. "The last open road" monte en intensité. La slide crève l’écran lors de ce hard rock balisé par un riff puissant. Un riff qu’il emprunte à Joe Walsh sur "Electric guitar", un morceau signé par les Eagles. L’atmosphère y est quelque peu étouffante. Longue plage "Money" aborde le thème de l’argent. La sonorité dispensée au début de la piste craquèle comme un vieux 78tours. Instrumentale, la musique semble immortalisée dans un ancien cabaret. Elle glisse ensuite vers un style celtique allègre avant d’atterrir dans un blues que chante un Rea bien inspiré, dans un registre proche de cet autre charmeur qu’est Tony Joe White. Blues classique, "The way she moves" constitue un cri d'amour destiné à cette créature de rêve qui est venue pour danser. Chris en profite pour libérer sa plus jolie salve de slide. Le climat est semblable lorsqu’il attaque "Dance with me all night long", une boogie au tempo léger. Nous ne sommes pas loin de l’esprit de Dylan, flanqué du Band, lorsqu’il aborde "You got lucky", un track bourré de charme. Mais c’est lors des ballades mélancoliques que Rea prend toute sa dimension, des chansons dépouillées à l’extrême, élégantes, empreintes d’une grande douceur, et qu’on retrouve en fin d’album, comme "Think like a woman", "Lose my heart in you" et "I will go on".

 

Teletextile

Glass

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Il y a bien longtemps qu’un album proposé par une demoiselle ne m’avait plus interpellé. Pour dire vrai, depuis Alela Diane, il y a bien trois ans. Pour le coup, Pamela Martinez, fondatrice du groupe, tape dans le mille. La New Yorkaise (de Brooklyn plus précisément), nous propose tout au long de « Glass », une musique intelligente et originale. Loin d’une folk-pop minimaliste pratiquée par nombre de ces compatriotes, Teletextile cherche plutôt ses influences du côté de Björk, Cocteau Twins voire Portishead.

« Glass » constitue un fourre-tout musical. La liste d’instrus utilisés sur les 11 pistes est impressionnante. Les plus identifiables ? Le violon, le piano et xylophone. Chaque sélection d’instruments semble mûrement réfléchie tandis que la finesse de production met en valeur les choix artistiques. Teletextile réussit à trouver un parfait équilibre entre des morceaux atmosphériques, majoritairement instrumentaux, et des titres plus entraînants aux mélodies contagieuses. Enfin, la voix de Pamela Martinez apporte la touche finale à l’édifice. Le neuvième morceau de l’album, long de 5 minutes, en est un parfait exemple. Cependant, il faut avouer qu’écouter Teletextile dans de mauvaises conditions est susceptible de taper sur le système nerveux. Mais sous le casque, lorsqu’on se promène en ville, c’est un véritable délice. Une critique ? Le patronyme : Teletextile. Franchement, il est tout simplement affreux !

 

Elisa Tovati

Le syndrome de Peter Pan

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On connaît un peu Elisa Tovati, 35 ans, comédienne (Chochana Boutboul, fiancée de José Garcia dans le deuxième volet de « La Vérité si je mens ! ») On connaît nettement moins Elisa Tovati, chanteuse. Pourtant, après avoir commis « Ange étrange », un premier opus paru en 2002, et « Je ne mâche pas les mots », un second album sorti 4 ans plus tard, la comédienne/chanteuse nous propose « Le syndrome de Peter Pan », son dernier-né, en ce bel automne ensoleillé.

A la décharge de l’actrice, qui au contraire de Mélanie Laurent et de ses consœurs ‘chanteuses’ –et c’est presque devenu un phénomène de mode– Elisa ‘chante’ depuis près d’une décennie. Alors que d’autres habituées de l’écran osent mettre les mains dans le cambouis, histoire de s’investir quand-même un peu, Elisa Tovati ne signe ni paroles, ni musiques, se contentant du strict minimum syndical. Néanmoins, c’est sans aucun gêne qu’elle s’octroie le rôle d’interprète principale (sans mauvais jeu de mots) et s’entoure de gens qui prennent en mains ce qu’elle n’est pas capable d’assumer…

Emmené par « Il nous faut » single co-interprété en compagnie de Tom Dice (waouw !), représentant de la Belgique au concours Eurovision de la chanson, en 2010, le disque de la Russo-marocaine est un recueil de petites chansonnettes insipides et sans relief. De quoi ravir les petites jeunes filles en pleine puberté, accros à NRJ, une station de radio (?!?) qui fourgue sa daube aux innocents ‘sourds d’une oreille et 'aveugles' de l’autre’…

Second rôle au cinéma dans des rôles au bord de la confidentialité, l’interprète de « Barbapapa », « Ex-princesse » ou encore « La femme du magicien », titres qui annoncent visiblement des chansons à textes (!), Elisa ne trustera probablement pas de récompense non plus sur aucune des 9 autres compos qui peuplent ce ramassis de niaiseries pourries de fond de tiroir.

Probablement proclamé ‘Album de l’année’ d’une artiste française en 2011 lors des futurs NRJ-Awards de la chaîne radiophonique commerciale de bas étage, « Le syndrome de Peter Pan » s’est vu décerner un coup de cœur par deux vendeuses FNAC, grandes spécialistes et véritable juges de paix de la chanson française. Personne n’en doute ! Aïe, aïe, aïe. Où va-t-on si même la FNAC s’en mêle ?

Ben moi, je vais nulle part. Le Cd par contre prend illico la direction des oubliettes…

 

Atomic Paracelze

Atomic Paracelze

Écrit par

Derrière ce patronyme détonnant, se cache un quintet suisse responsable d’une musique explosive. Et le mot est faible. Une forme d’avant-rock (NDR : et je n’invente rien) élaboré par un line-up plutôt insolite : un violon, un fender rhodes (NDR : c’est un orgue !) et une batterie ; le tout enrichi de bidouillage électroniques plus ou moins étranges. Pas de guitare, donc. Une expression sonore sur laquelle vient se poser la voix de A.Lang (NDR : il est également actif au sein du groupe genevois Zwegh). Une voix très, très proche de celle de Mike Patton. Pas étonnant, puisque le combo est manifestement influencé par Mr. Bungle, The Melvins et Jesus Lizard. Le band prétend pratiquer du ‘no-guitar-avant-rock’. Pas étonnant qu’il soit parvenu à partager l’affiche de formations comme Zu ou encore Kill The Thrill.

A l’instar de Mike Patton, Atomic Paracelze adore les brisures de rythme. Les crissements sont légion. On a même souvent l’impression que leurs compos partent dans tous les sens avant de retomber, à chaque fois, comme par magie sur leurs pattes. La technique des membres du groupe n’y est sans doute pas étrangère ; d’ailleurs tous les musicos jouent au moins dans deux autres formations. Mais le plus impressionnant est incontestablement l’organe vocal de Zwegh. Rien à faire, il est hanté par celui de Mr. Patton.

 

Azymuth

Aurora

Écrit par

A force de perdre le nord dans la routine du métro-boulot-dodo quotidien, on en oublie les bonnes choses de la vie. Résultat : on finit la tête à l’envers et l’esprit complètement à l’Ouest. Fort heureusement Azymuth est capable de remettre les âmes perdues sur le droit chemin en les enivrant de musique ensoleillée, grâce à leur tout nouvel album « Aurora ». Ce jazz aux nuances variées, empruntant des tournures tantôt relaxantes, tantôt festives, nous promet une escapade sur les terres brésiliennes, le temps d’une chanson. « Aurora » c’est un assemblage de couleurs qui entre dans nos oreilles, une rythmique énergique fidèle au groupe susceptible d’orienter les avis des mélomanes sur l’angle du coup de cœur.

 

Jello Biafra

Enhanced Methods of Questioning (Ep)

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S’il ne fallait retenir qu’un seul nom dans l’histoire du punk hard core américain, celui de Jello Biafra nous viendrait immédiatement à l’esprit.

Chez les Dead Kennedys, il a écrit une page incontournable du rock engagé. Anti-américain et anarchiste confirmé, le leader a habilement, mais aussi brutalement, exprimé ses opinions contre la vivisection, les religions, les lobbies financiers, les régimes radicaux et la torture.

Depuis peu, Biafra perpétue la tradition du mythique combo par le biais d’une formation qui comprend, notamment, Billy Gould de Faith No More. Son nom révèle à lui seul le génie sarcastique de notre punk en costard cravate. Cet Ep constitue une seconde sortie, après un premier effort datant de 2009. Son contenu ne nous surprend pas et s’en tient à la formule qui a fait les grandes heures de Dead Kennedys.

Mais Biafra parvient à contourner la redite en instaurant des climats propres à chaque titre de la plaque. Au final, les cinq fragments ici offerts s’avèrent rudement efficaces, comme ce « Miracle Penis Highway » qui semble conclure l’Ep. Surprise ! Un titre bonus démentiel se profile sous la forme d’une cover des Deviants, « Spatiale », une adaptation complètement tordue et empreinte d’une folie presque communicative. La claque est telle qu’on salive déjà à l’idée de la sortie d’un véritable album. Soulignons enfin que les illustrations du livret sont signées Michel Langevin du groupe de trash metal canadien Voivod.

 

The Black Box Revelation

My Perception

Écrit par

Black Box Revelation est un peu l’alter égo flamand de l’Experimental Tropic Blues Band (NDR : pou rappel, le trio est liégeois). Un duo 100% rock n’roll qui a de l’énergie à revendre. Jan Paternoster et Dries Van Dijck ont à peine 20 ans. « My Perception » constitue leur 3ème  album en 3 ans. Truffé de tubes, il ne devrait pas décevoir ses nombreux fans. Garage, le son est sale. Il est même proche de celui des White Stripes. Mais une touche soul, en plus, dans la lignée de ces filous de Black Keys. Pendant que Dries martèle rageusement ses fûts (« My Perception »), Jan lacère nos tympans à l’aide de riffs puissants et au groove rare dans le pays de Maurane (« Skin »). La voix rauque et féline est digne de celle d’un véritable vétéran de la scène rock… Le fantôme des Stooges est dans la pièce ! Même lorsqu’ils ralentissent le tempo, les Black Box Revelation conservent leur morgue rock n’roll. Motif ? La production confiée à Alain Johannes (Queen of the Stone Age, Them Crooked Vultures). Enfin, le single « Rattle My Heart » aurait pu figurer au répertoire des Rolling Stones.

Ce duo est devenu un des meilleurs représentants de la scène rock noir/jaune/rouge. Mais aussi une formation qui a suffisamment de planches pour percer hors des frontières de la Belgique. Et au vu de ses prestations scéniques enflammées, il possède tous les atouts pour conquérir le monde. Et ce sera d’autant plus facile qu’il vient de commettre son meilleur album à ce jour !

Les 3 et 4 novembre à l’AB à Bruxelles, le 5 novembre à la Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve et le 3 décembre au Belvédère à Namur.

 

Blitzen Trapper

American Goldwing

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Véhiculant un patronyme qui évoque une division de blindés, rien ne semble pouvoir arrêter Blitzen Trapper. Un an seulement après avoir publié « Destroyer of the Void », leur 5ème opus, Eric Earley et sa bande nous proposent « American Goldwing », un elpee toujours aussi efficace. Et pourtant, la formation étasunienne (NDR : elle est issue de Portland, dans l’Oregon) continue de faire la part belle à l’Americana. Leur science ? Revisiter la musique populaire américaine sous un angle contemporain : Bob Dylan sur le magnifique « Girl in a Coat » ainsi que « Stanger in a Strange Land », The Band (« My Home Town  »), Creedence Clearwater Revival (« Fletcher ») et même Lynyrd Skynyrd (« Street Fighting Sun »). De moins en moins folk et de plus en plus gonflés aux stéroïdes électriques, les morceaux de Blitzen Trapper doivent s’écouter en pickup (‘The highway / Which runs far but never my way / Don’t you know’ sur « Stranger in a Strange Land »). A l’instar du titre de l’elpee, difficile de faire plus yankee… La voix ‘dylanesque’ d’Eric Earley et l’exécution parfaite des morceaux préservent l’ensemble du simple exercice de style, même si le combo s’aventure parfois à la limite du mauvais goût sudiste (« Street Fighting Sun »). Ou, exception qui confirme la règle, passe complètement à travers sur un « Your Crying Eyes » bourré de clichés. Mais nonobstant une légère carence en personnalité, le band ne manque pas de talent. En outre, il a eu la bonne idée de se débarrasser des accès progressif qui contaminaient « Destroyer of the Void », pour privilégier un répertoire plus accessible. Saupoudré de rock et de country, le long playing nous réserve quelques petits tubes ‘roots’ particulièrement intenses. Et je pense à « Might Find it Cheap » et « Fletcher ». Il recèle également l’une ou l’autre ballade déchirée par un harmonica, dont « Love the Way You Walk Away », une plage très réussie qui suscite l’enthousiasme. En simplifiant son écriture, Blitzen Trapper vient probablement de réussir son meilleur album ce jour !

 

Bogong in Action

And That if Piggod !

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Il ne faut pas plus de 8 minutes en tout et pour tout au trio italien Bogong in Action pour démontrer toute sa puissance ou plus exactement, l’étendue de sa ‘folie’. Huit minutes pour reléguer au rang de groupes pop, n’importe quel groupe post-punk. Seul The Locust a, peut-être, réussi à faire pire. En six pistes ne dépassant pas les deux minutes, hormis le morceau d’entrée, le groupe pousse l’expérimental à l’extrême. Huit minutes durant lesquelles les guitares crissent tandis qu’un ahuri prend un malin plaisir à se détruire les cordes vocales. « And That if Piggod » constitue une expérience musicale, rien de plus. Oreilles sensibles s’abstenir.

 

The Chakras

Build Me A Swan

Écrit par

Natifs de Dublin, les frères Rocky (chant) et Gordo Whittaker (guitares) sont à l’origine du projet qui réunit également Richie Mc Ardle (guitares), Bryan Pepper (claviers) et Ian Kane (basse). Après avoir fourbi leurs armes dans leur île natale sous l’œil bienveillant d’Ian Brown, le club des cinq émigre à Londres, il y a deux ans, pour des raisons purement musicales et techniques. Afin de se ‘réaliser’ complètement, les musicos coupent toutes relations qui pourraient interférer dans leur travail et se consacrent à leurs compositions dans des conditions de ‘liberté’ totale.

Après avoir publié le single « Build Me A Swan », en 2010, Chris Potter les rejoint pour remixer le morceau. Un renfort judicieux, puisque la musique s’avère plus aérée, plus abordable, loin des guitares trop lourdes, des rythmes tonitruants et surtout de tout ‘bruit inutile’.

Toujours à l’affût de bons conseils et à la recherche du son ‘juste’, le quintet irlandais s’adjoint les services de ‘Jay’ Jarrad Rogers à la production. De quoi booster et diversifier les compos du band. Et le résultat ne se fait pas attendre. Un véritable bijou de 11 titres émerge de cette fructueuse collaboration.

Dans un registre différent de la pop/rock commerciale d’excellente qualité, proposée actuellement, dont Coldplay est le chef de file, les Chakras prennent le risque d’explorer des domaines plus fouillés, osent des compositions qui s’imposent et gagnent en puissance à chaque nouvelle écoute.

Alternant les grandes envolées lyriques (les remarquables « Slowdive » et « Blinded »), les mélodies pop bien élaborées (« Build Me A Swan », « Drifting », « We The People », …), les Chakras ne copient rien ni personne ; et c’est bien là leur principale qualité. Quoique, en prenant un peu de recul, on peut déceler un petit air de famille avec ce qui  restera sans aucun doute l’icône incontestable de la pop des nineties, JJ72, hélas disparu de la circulation aujourd’hui.

Piano, synthé, guitares et batterie font bon ménage dans le monde des Chakras. Aucun instrument n’empiète chez le voisin ; une complémentarité évidente et diablement efficace saute aux yeux. Et détail croustillant, aucun des cinq membres ne tient les baguettes assis derrière les fûts. Pour assurer le tempo (et quel tempo), les Irlandais se sont assuré les services d’Osgar Duke, musicien indépendant qui n’a visiblement pas le droit de figurer ni sur la photo de famille, pas plus que dans le livret. Il faut juste espérer pour eux qu’il les accompagne sur scène, lors de leur tournée.

« Build Me A Swan » a tout de l’album révélation ou découverte 2011, c’est selon : punch, finesse, originalité, musicalité, variété,… tout y est. Aucune faiblesse à pointer, une fameuse réussite. Le smog londonien leur aura paradoxalement éclairci les idées ! Excellent, vraiment.

 

Counting Crows

August and everything after - Live at the Townhall

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Ils existent encore ? Débarqués de nulle part en 1993, ils se sont rapidement imposés sur les ondes, en composant ce fabuleux « Mr Jones » qui fait toujours partie de leur fond de commerce, à l’heure actuelle. Ils nous le resservent d’ailleurs encore et toujours, à toutes les sauces, en acoustique, en live, …

Bref, au moment où le glas sonne pour REM qui les avait précédés de quelques années, il est curieux d’apprendre que le band d’Adam Duritz (au look toujours aussi étonnant) ressort de ses archives un enregistrement public de leur premier album, excellent au demeurant, mais en version live ‘non’ acoustique contrairement à ce qui avait déjà été publié en son temps.

Pour les avoir vus et (mal) entendus sur scène il y a quelques années, il ne fait aucun doute que la technique fait actuellement des merveilles. Alors que leur prestation publique bruxelloise m’avait profondément déçu, voir dégoûté, cet enregistrement est d’une qualité honnête, presque bonne.

Mais pourquoi maintenant, près de 20 ans après la tournée originale, publier un tel disque ? Est-ce lié à un problème financier ? Y aurait-il un autre motif ?

En fait, libéré de sa maison de disques de l’époque et de ses contraintes et/ou obligations, le band s’est amusé et s’est fait plaisir. Enregistrant quasiment le tracklist original, c’est sans nouvelle surprise ou inédit que les Counting Crows nous fourgue sa camelote. Piège à cons ?

Visiblement oui car la version n’arrive pas à la cheville de l’album studio, que l’on a juste envie de ressortir de sa disco(compacto)thèque ; ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi.

Un album plutôt réservé aux fans, qui bénéficie, en parallèle, de la sortie du même concert en Dvd, business oblige.

Sans doute également une bonne opération promo, car Duritz annonce la couleur assez vite lors de ses échanges avec le public pour lui proposer la sortie imminente de leur sixième album, en novembre prochain.

Du bois de rallonge, rien de plus !

 

Enter Shikari

Live from planet earth (cd + dvd)

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« Live from planet earth » constitue déjà le troisième effort ‘live’ de la formation insulaire. Fondée en 1993, elle répondait, à l’origine, au patronyme de Hybrid. Enter Shikari est parvenu à se forger une notoriété en pratiquant une musique particulièrement éclectique, une forme de post hardcore née d’un mélange de screamo, de punk et d’électro. Et il faut le reconnaître, leurs albums cartonnent constamment dans les charts.

« Live from planet Earth » est triple. Il réunit un cd audio est deux Dvd live ; il immortalise des enregistrements opérés au cours de l’année 2010, au Royaume-Uni, en Russie et au Japon.

L’intro est somptueuse. De la musique symphonique remixée, au sein de laquelle se mêlent des sonorités de drums et de basse. De quoi chauffer le public impatient de voir monter ses idoles sur les planches. Et au vu de sa réaction, il est bien évident que les fans sont aux anges. Le son est très pur, les rythmes sont endiablés et les voix littéralement déchaînées. Et puis, il y a cette touche électro susceptible de suggérer qu’Enter Shikari est peut-être l’homologue anglophone de Mass Hysteria. Tout en incitant les aficionados à aller les applaudir en concert.

Les chansons sont plus entraînantes les unes que les autres et pourraient facilement servir de bande son pour un film d’action. Mais faute de film, c’est sur des séries qu’Enter Shikari s’impose avec des titres tels que “Destabilize”  dans la série “Ski Sunday” présentée sur BBC One, mais aussi “The Jester” dans “Oh OH Cherso” sur RTL 4, et bien d’autres encore.

Sensations garanties, la planète terre est avertie!

 

Jeff Hershey

Live at Grossman's - 1994

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Norman Jeffrey Healey est ce chanteur/guitariste canadien atteint de cécité depuis l’âge de 1 an. Atteint d’un cancer de la rétine, la maladie allait finalement l’emporter début 2008. Il n’avait pas encore 42 ans.

C'est en 1985 que le Jeff Healey Band prend forme, lors de la jam hebdomadaire accordée au club ‘Grossman's Tavern’, chez lui, à Toronto. Son backing band implique alors le drummer Tom Stephen et le bassiste Joe Rockman. Leur premier opus, "See the light", sort en 1988. Ce sera le début d’une carrière chargée de promesses, mais interrompue par la mort. Jeff était un grand amateur de blues et peut-être encore plus de jazz traditionnel. Au cours des dernières années, il avait également démontré ses talents de trompettiste. Eagle Rock nous propose un témoignage vibrant de cet artiste défunt.

Le Jeff Healey Band se produisait donc ‘at home’, au sein de cette célèbre taverne enfumée, deux soirs de suite, soit les 22 et 23 avril 1994. Pour la circonstance, le trio a reçu le concours du guitariste Pat Rush, un musicien qui avait côtoyé, notamment, Johnny Winter, James Cotton et Buddy Guy, ainsi que son compatriote harmoniciste, Michael Pickett.

Si Alvin Lee, le célèbre sixcordiste de Ten Years After, avait l'habitude de clôturer ses concerts par le fameux "I'm going home", Jeff débute le sien par une relecture de ce classique, mais dans un registre très différent. Pas vraiment rock'n'roll, mais bien plus blues, funky et tout en rythmique. Néanmoins, il aurait pu ne pas attribuer cette plage à Alvin Lee ; car sa version est tout à fait méconnaissable, uniquement instrumentale et théâtre d'une lutte à couteaux tirés entre les deux gratteurs. La machine du JHB est parfaitement huilée. Tous les engrenages fonctionnent à merveille. Place donc au "Killing floor" de Howlin' Wolf, une adaptation funkysante de ce blues rock propice à une nouvelle série d’échanges entre les cordes. Un frisson nous parcourt l’échine dès l’intro du superbe slow blues "As the years go passing by", une compo issue du répertoire d'Albert King, mais souvent et erronément attribuée à Fenton Robinson. Une excellente reprise chargée de feeling. Caractérisé par ses changements de rythmes, le "Yer blues" de John Lennon (un morceau qui figurait sur le double blanc des Beatles) est de toute bonne facture. Le climat baigne maintenant vraiment dans le blues. Signé Howlin' Wolf, "Who's been talking" bénéficie du concours de Michael Pickett à l'harmonica, un autre classique qui suscite mon enthousiasme. Tout comme le "Crossroads" du mythique Robert Johnson, dans une version plus proche de Cream que de l'originale ; mais plutôt roots, et colorée derechef par l'harmo de Pickett. Ce dernier termine sa prestation sur le "Dust my broom" d'Elmore James. Le concert s’achève par un hommage à Jimi Hendrix, lors de deux de ses créations ; tout d’abord le célèbre "Voodoo child", puis l’"All along the watchtower" de Bob Dylan…

 

Anthony Joseph

Rubber Orchestra

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Difficile de ne pas sentir des fourmis vous démanger les jambes, à l’écoute de « Rubber Orchestra », le nouvel et 3ème album du très doué Anthony Joseph. Pour la circonstance, il est de nouveau flanqué de son Spasm Band (double référence aux orchestres de rue chers à Louis Armstrong et aux spasmes dus aux incantations des chants des Baptistes), le poète et écrivain anglais (originaire de Trinidad) dévoile une série de 10 titres au groove et à la foi imparable. Une version moderne et cérébrale de Marvin Gaye ou des génériques endiablés de « Shaft ». Un sacré mélange de funk 70’s (« Speak the Name »), de jazz (« Bullet in the Rocks ») et de musiques africaines chères à Fela Kuti (« Damballah »). Anthony déclame des textes, souvent en spoken-word, d’une rare intelligence sur de longs instrumentaux que l’on croirait joués ‘live’ (« Cobra »), des plages parcourues de guitares funkysantes (« Tanty Linn »), de saxo furieux (« Cobra » encore), de percussions caribéennes (« Griot »), de chœurs féminins (« Money Satan ») ou d’accès de basse caoutchouteux (tout le temps…) Vu sa ferveur proche d’un prêcheur religieux et son immense talent, Anthony Joseph devrait parvenir à convertir de nombreux fidèles ! 

 

George Lynch

Kill All Control

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Au sein de Dokken, George Lynch affichait un statut de star, en plein revival metal ricain du milieu des années 80. Ses concurrents avaient pour patronyme Ratt, Motley Crüe et Skid Row. Il fonde ensuite le plus bluesy Lynch Mob qui se fend d’un carton du nom de « Wicked Sentation », en 1990.

« Kill All Control » constitue le premier véritable album solo du ‘guitar hero’, surnommé Mister Scary par ses fans.

Il nous invite à savourer pas moins de treize nouveaux morceaux dans la plus pure tradition hard rock, bien que très éloignés de l’univers Dokken.

« Kill All Control » et « Done » nous plongent immédiatement dans le vif du sujet. Ça va déménager ! Un petit air de Van Halen souffle sur « Rattlesnake », particulièrement durant le solo époustouflant de Lynch.

« Fly on The Wall » n’est pas une reprise d’AC/DC, comme on pourrait l’imaginer, mais lorgne sérieusement sur la partition d’un Alice In Chains dernier cru. Tantôt seventies, souvent groovy, les titres s’enchaînent fluidement, évitant de tomber dans le travers de la pure démonstration.

Lynch, au contraire, laisse beaucoup d’espace à ses acolytes. L’inverse serait décevant quand on sait que le diable d’homme a toujours eu l’art de bien s’entourer. Marc Torien (Bullet Boys) et Keith St. John (Montrose) ont posé leur voix sur certains titres ; et Fred Coury (Cinderella) assure une prestation magistrale prestation sur l’ironique « Son of Scary ».

De toute évidence, l’ex Dokken n’est pas en manque d’inspiration et ne souffre pas de problèmes d’arthrose dans les doigts. Pas l’album de l’année, mais un diablement bon disque.

 

Karkwa opte pour le DIY

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La sortie européenne du nouvel album de Karkwa est prévue pour le 17 octobre. Le disque s’intitulera « Les Chemins de Verre ». Le groupe canadien a décidé de passer au mode de distribution indépendant, en compagnie d’acteurs animés par l'esprit du DIY (do it yourself).

La distribution digitale est donc assurée par IDOL tandis que la physique est sera exclusivement confiée à L'Ambianceur, un artisan qui met lui-même en dépôt ses choix et raretés dans 70 points de vente indépendants en France (disquaires, libraires, et quelques FNAC). Les Boutiques Sonores vendront les disques sur leurs stands.

Karkwa se produira le 11 novembre au Tipi à Liège et le 12 novembre au Botanique à Bruxelles.

http://www.dailymotion.com/karkwa

 

Universal fête les 20 ans de « Nevermind ».

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Afin de fêter, comme il se doit les 20 ans de la sortie de « Nevermind », Universal propose plusieurs nouvelles éditions du graal grunge comprenant des dizaines de titres inédits, B-sides et autres raretés (sur 4 Cds pour l’édition Super Deluxe mais également sous divers formats).

 

Plein Sud pour Benjamin Fincher…

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Ivox présente son nouveau coup de cœur, le multi-instrumentiste Benjamin Fincher, responsable d’un nouvel Ep intitulé « From the North to the South ». La musique proposée campe un mélange étonnant de pop orchestrale, de folk lo-fi, d’indie-rock et de 8-bit électronique… Disponible dès le 24 octobre prochain, il sera enrichi d’un titre inédit, "Wide Eyed" et de trois morceaux issus de son dernier album « Where the Rivers Goes ».

http://pacinist.bandcamp.com/album/from-the-north-to-the-south

 

The Golden Filter fait son cinéma...

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The Golden Filter est de retour, mais pour un court métrage intitulé "Syndromes", inévitablement complété par une B.O., film inspiré par un drame personnel pour lequel le duo a reçu le concours du réalisateur norvégien Kristoffer Borgli. A l’instar des 7 morceaux du disque, le climat y sera inévitablement sombre. Un lien destiné à visionner ce film a été inclus dans le cd. Un univers particulier, à découvrir ce 26 octobre.

Tracklisting :

01.Mother
02.SYN
03.Work
04.Kill Me
05.Shake
06.For Your Broken Life
07.Mysteries Of Love

 

Russian Red

Spanish Rose

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C’est toute la chaleur de l’Espagne qui s’est invitée ce 9 octobre au Club de l’AB. Pas de match Belgique-Espagne au programme, mais le passage attendu de la jolie Lourdes Hernandèz. Derrière le ton Russian Red de son rouge à lèvres, elle venait présenter les compositions émaillant « Fuerteventura », un second recueil qui l’approche lentement mais sûrement du devant de la scène.

Le tube « I Hate You But I Love You » et ses accents folky n’ont pas échappé à l’oreille attentive des mélomanes de tous bords. Porté par une voix délicate et des accords de guitares mariant efficacement folk, americana et pop, Russian Red s’inscrit dans la lignée de ces projets tout à fait banals, mais dont le tout petit truc en plus pousse l’auditeur à s’y attarder. Et surtout davantage qu’il ne l’aurait, à priori. Ce petit plus, on le doit à Lourdes Hernandèz et à son délicieux timbre de voix rehaussé d’un léger accent hispanique.

La salle n’est pas comble mais donne cette impression, le public patientant dans sa majorité les fesses à terre. Mais l’heure de se lever a tôt fait de sonner. La jeune femme s’avance sur le podium de l’ABClub, sur le coup des 20h40. Entourée de deux musiciens, elle s’arme d’une énorme guitare avant d’entamer son set par « The Memory Is Cruel », extrait du dernier né de Russian Red. Hernandèz remercie son public d’être venu si nombreux et lui adresse quelques mots dans sa langue natale. Lorsque tu vois toutes les mains se lever, tu comprends que t’aurais mieux fait d’être un peu plus attentif pendant tes cours d’espagnol.

Des extraits de « Fuerteventura » s’intercalent entre ceux de « I Love Your Glasses », premier du nom. Acclamations pour le single « I Hate You but I Love You » placé assez tôt dans la setlist. On se dit alors que la petite va avoir du mal à tenir en haleine les petits curieux de mon genre ; mais elle finit par y parvenir à l’aide des efficaces « The Sun, The Trees », « Every Day Every Night », « Cigarettes Revisited » et « January 14th ». En bout de course, la Madrilène offre à son public une version retravaillée et interprétée dans sa langue natale du « All My Little Words » de Magnetic Fields, réintitulée pour l’occasion « Todas Mi Palabras ». Une reprise d’une reprise, comme l’expliquera la chanteuse avant d’entamer son morceau.

Au rappel, Russian Red réitère l’exercice de l’adaptation dans une version impeccable du « Baby, It’s You » des Beatles, avant de s’éclipser et de réapparaître une ultime fois pour des ‘au revoir’ acoustiques. « A Hat » clôture la prestation de la jeune femme qui s’éclipse sous les acclamations de ses compatriotes. Ils en auraient d’ailleurs volontiers goûté une quatrième part. Mais point trop n’en faut.

(Organisation : Ancienne Belgique)