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Autumn Falls 2011 : jeudi 24 novembre

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Il y a quatre ans, le groupe américain Pinback publiait son dernier ouvrage, « Autumn of the seraphs » (NDR : un titre bien judicieux pour cet Autumn Falls!). Drivé par le duo inséparable Rob Crow et Zach Smith (basse/guitare), le combo bosse actuellement sur un cinquième opus. Créé au milieu des années '90, comme projet alternatif à Three Mile Pilot, Pinback a introduit (NDR : tout comme Low, d’ailleurs) la lo fi et le slowcore en associant des couches de guitares et de claviers, des percussions lancinantes et des voix éthérées, parfois sombres, pour créer une atmosphère rêveuse et fascinante. Le trio a remplacé les claviers par des boucles d'échantillons préenregistrées. Sur scène, il respecte le son délicat de « Pénélope » et « Loro », mais injecte plus de puissance et imprime des beats plus prononcés dans des chansons comme « Good to Sea », « Sherman » et « Fortress ». Crow est le showman par excellence ! Il se roule à terre et se déplace sur le podium à la manière d'un dauphin… On attend donc impatiemment leur nouvel elpee ; mais pour un retour en ‘live’, Pinback a reçu un accueil chaleureux de la part du public.

On avait déjà pu assister à la prestation de Bill Callahan, accordée au Théâtre 140 de Schaerbeek, dans le cadre des Nuits Botanique. Pendant de nombreuses années, le chanteur/auteur/compositeur a publié des albums sous le patronyme de Smog, mais depuis 2007, il les grave sous son propre nom. A l'instar des Dave Eugene Edwards, Nick Cave, Stuart Staples et autre Gavin Friday, il nous entraîne au sein d’un univers indie/sadcore fascinant et mélancolique, hanté par une voix profonde et caverneuse, qui évoque Leonard Cohen. Callahan prend le public par la main pour le guider dans ses périples : “Rising for the feeling”, “Baby’s breath” et “America”. Il chante en s’accompagnant à la guitare semi-acoustique. Accrocheuses, les compos sont enrichies par des percus hypnotiques et parfaitement complémentaires, mais surtout par le jeu de guitare aventureux et tout en contre-point de son comparse. Ses riffs surprenants entretiennent ainsi l’intensité de ce véritable 'wall of sound'. Les chansons du dernier opus, « Apocalys », grésillent agréablement à l’oreille. « One fine morning », « Too many birds » ainsi que le discret mais efficace « Our Anniversary » clôturent cet excellent set ténébreux mais chargé de passion. Il faut dire que Callahan et sont band sont de remarquables musiciens. La classe!

Low va également se révéler sous son meilleur jour. Tout au long de son concert d’une heure et demie, il va laisser parler la musique. Communiquer ses émotions. Une prestation qui s’achèvera peu avant minuit. Le combo de Duluth construit ses mélodies à l’aide des guitares, dans des compos qui enflent et se transforment en éructations brutes et granuleuses, avant de se distordre dans un rock violent proche de l'explosion.

Le couple, à la maison comme sur la scène, Alan Sparhawk (guitare) et Mimi Parker (batterie minimaliste), est bien sûr toujours accompagné d’un bassiste, qui semble parfaitement bien intégré au line up. Le jeu des musicos est mordant et fortement contrasté. Contrastes que l’on retrouve aussi dans le chant. La voix chaude et tourmentée de Sparhawk se conjuguant à celle plus douce et empreinte de charme de Parker.

Véritable perle, “Violent Pass” ouvre le bal. Le tracklisting aligne des morceaux comme “Nothing by heart”, “Monkey”, “Sunflowers” et le plus délicat “Nightingale”. Mais aussi des plages véhiculant une menace insidieuse, telles que “Try to sleep”, “Breaker” et “$20”. Bref, un périple sonore passionnant autant qu’étonnant au cours duquel le trio va encore nous réserver le visionnaire “Witches”, “In the drugs”, “Murderer”, et un très accessible “Last snowstorm of the year”.

En rappel, Parker et sa bande vont nous mettre dans leur poche en interprétant des titres comme “You see everything”, “Especially me” et “Laser beam”, des morceaux au cours desquels, ils vont moduler les sonorités pour rendre les chansons les plus accrocheuses possibles, des variations littéralement rafraîchissantes qui vont carrément nous flanquer la chair de poule. "When I Go Deaf" va clore le set de Low. Non seulement cette compo couvre tous les registres, mais autorise une déclamation de Sparhawk et s’achève en douce berceuse. Fascinant ! Low est un des premiers groupes confirmés pour le Festival de Cactus, le samedi 7 juillet. C'est noté dans l'agenda!

Ce soir les fans de slowcore sont montés au septième ciel, grâce à cette superbe triple affiche réunissant Low, Bill Callahan et Pinback

(Traduction Philippe Bauwens / Adaptation Bernard Dagnies)

Organisation: Botanique, Bruxelles (Toutpartout)

 

 

Scott Matthew

Gallantry’s Favorite Son

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L’heure de la révélation a-t-elle enfin sonnée pour Scott Matthew ? Fervent supporteur de l’artiste depuis sa première apparition discographique au sein de la bande son de « ShortBus » en 2006, ce sont les oreilles grandes ouvertes que Musiczine accueille le troisième LP de Matthew. « Gallantry’s Favorite Son » nous parvient deux ans après le captivant « There Is An Ocean That Divides… ». Et force est de constater que l’homme s’avance encore de quelques centimètres de plus vers le côté clair de la force. Celui qui nous avait habitués à des morceaux d’une intensité palpable se permet aujourd’hui de sourire le temps de quelques mélopées. A commencer par le sifflotant « Felicity », qui dévoile un Scott Matthew comme on l’entend trop rarement.

Les textes demeurent cependant très obscurs et affectés (« Duet », « Buried Alive », « Seedling », « Sinking »). L’Australien poursuit donc sa thérapie. Thérapie qui fonctionne manifestement bien, le musicien s’approchant peu à peu de la lumière (« The Wonder Of Falling In Love », « No Place Called Hell », « Felicity »). Ses onze nouvelles complaintes sont tout simplement émouvantes,  envoûtantes et magnétiques. Chose qu’il doit indubitablement à des cordes vocales touchées par la grâce. Tête d’affiche de la septième soirée du festival Autumn Falls ce 27 novembre 2011, Scott Matthew est un artiste à ne surtout pas manquer, aussi bien sur disque que sur scène.

 

Wooden Wand

Briarwood

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Franchement, comment un artiste aussi talentueux et affichant un tel vécu peut-il demeurer dans la zone crépusculaire de l’underground. James Jackson Toth, aka Wooden Wand, est peut-être fait de bois ; mais alors d’un bois noble et centenaire à partir duquel les guitares de Neil Young, Ben Chasny ou Jason Molina ont été fabriquées ! L’homme a, paraît-il, une quantité astronomique d’albums autoproduits derrière lui depuis 2000 ; et, à l’écoute de ce nouvel essai, difficile de ne pas croire la rumeur. Son nouvel album serait un recueil des ‘lettres d’amour’ de James Toth adressé à ses héros des temps modernes, mis en musique à l’aide des très mystérieux Gum Creek Killers et de quelques amis qui militent chez The Briarwood Virgins. Le tout enregistré en Alabama. Tout un programme ! En se servant, notamment de guitares tranchantes et sacrément bavardes, dont la pedal steel, d’orgue Hammond et probablement une bonne dose whisky, Wooden Wand nous sert de véritables pépites enrobées de country-folk psychédélique. Un peu dans le style de Songs:Ohia, il y a quelques années. Un opus qui ne recèle aucune faiblesse, même si j’accorderai une médaille à « Big Mouth USA » et « Motel Stationary », plages vraiment brillantes. A découvrir absolument !

 

Maxon Blewitt

June ‘81

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« June ‘81 » est la dernière fantaisie concoctée par Bjørn Erikson, guitariste et membre fondateur du band Maxon Blewitt ; et dans une autre vie, acteur au sein de Zita Swoon.

Dès 2002, Eriksson décide de voler de ses propres ailes en publiant un premier ouvrage qu’il intitule « Maxon Blewitt ». C’est ensuite le nom qu’il donnera à sa formation et c’est sous cette appellation que sort le second Cd, « When The Moon Winks », en 2005.

C’est en s’inspirant de quelques souvenirs d’enfance et d’adolescence, dont sans doute ce vieux cliché d’une jeune femme nue sur la pochette, que Bjørn écrit et compose ces onze nouveau titres.

Panoplie d’airs rêveurs, tous bercés par le son chaleureux d’une guitare acoustique, ce nouvel opus dégage des parfums de rêves et de nostalgie.

Doucement, tout doucement, le combo, fort de ses 14 membres (!) nous emmène dans ce monde merveilleux de l’imaginaire, au cœur d’un monde où règnent des mélodies ‘sympathiques’ imprégnées de clarté et de simplicité.

Pas besoin d’artifices pour convaincre le commun des mortels. Les notes et les mots se suffisent à eux-mêmes.

Il est évident que le but recherché n’est pas de truster les premières places dans les charts. A l’écoute de cet elpee, on sent clairement que chaque musico, impliqué dans cette aventure, prend du plaisir… et en procure à celui qui se donne la peine de tendre l’oreille.

En retournant la pochette de cet album, une autre photo, sans doute de la même époque. Serait-ce, cette fois, un cliché du petit garçon qui a rêvé de la jolie inconnue toute sa vie et qui nous la chante trente ans plus tard ?

 

Brigitte

Et vous, tu m’aimes ?

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On ne les présente plus. Les deux fausses frangines qui font honneur à toutes les Brigitte du monde sont rapidement passées de secret bien gardé au statut de phénomène Pop. Ce, grâce à une reprise imparable. Celle de « Ma Benz » de NTM, revue et corrigée à la sauce séraphique. Et un premier single, « Battez-Vous », auquel aucun ‘radiophile’ n’a pu échapper. Les deux Brigitte, sont depuis devenues les coqueluches des gens cool. Parce qu’un Buzz à la française, ça marche aussi. Pour preuve, une Orangerie sold-out en l’espace de quelques semaines. Sylvie Hoarau, la brune, et Aurélie Maggiori, la blonde, ont tapé dans l’œil du label Wagram fin 2010 et la suite de l’histoire, on la connaît. Les filles multiplient leurs apparitions scéniques et publient en avril dernier « Et vous, tu m’aimes ? » un premier disque qui, sans être exceptionnel, se défend plutôt bien.

Les irrésistibles « Oh La La », « La Vengeance d’une Louve » et « Après Minuit », pour ne citer qu’eux se distinguent surtout par leurs textes cocasses et le mariage d’influences qu’elles y étalent. Le duo, aidé par Albin de la Simone et Camille Bazbaz sur une large partie du disque, ne sont pas ce que l’on peut appeler de grandes chanteuses mais leur personnalités atypiques et présence scénique font de Brigitte une valeur sûre de la scène francophone. Et pas que. Car les filles s’égosillent également en anglais. Chose dont elles devraient par ailleurs s’abstenir tant les morceaux interprétés (partiellement) dans la langue de Shakespeare sont les plus dispensables de la galette (« Jesus Sex Symbol », « English Song »). « Et vous, tu m’aimes ? » est un disque charmant. Ni plus, ni moins. Pour autant qu’on adhère au style des deux jolies demoiselles.

Live : 07/12/2011 au Botanique (Complet) et 26/01/2012 au Cirque Royal.

 

Buffalo Killers

3

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En choisissant un tel patronyme, ce groupe affiche immédiatement sa référence majeure : Buffalo Springfield. Buffalo Killers est un trio issu de Cincinnati, dans l’Ohio. Au sein du line up, on retrouve les frères Zachary et Andrew Gabbard, deux ex-Thee Shams. « 3 » constitue inévitablement le 3ème opus du combo. Et il trempe, en général, dans une West Coast réminiscente de la fin des sixties et du début des seventies. Les harmonies vocales sont limpides. Les compos, sont imprimées, la plupart du temps, sur un mid tempo et lorgnent tour à tour vers Crosby Stills, Nash, avec ou sans Young, voire Poco, suivant le recours moins ou plus intensif à la guitare électrique (NDR : que suppléent, le cas échéant, et très judicieusement les cordes de sèche) et la richesse des arrangements. Circonstanciellement, le banjo et la lap steel ont également voix au chapitre. Tout comme le clavier rogné. A l’instar de « Spend my last breath », emprunté à The Band, malgré les inflexions vocales amères, paradoxalement empruntées, pour ce titre, à Axl Rose. Deux plages s’écartent cependant de la ligne de conduite. Tout d’abord « Circle day ». Pourtant basiquement rock, il recèle des traces de glam, de swing et un zeste de funk. Et puis « Jon Jacob », une piste plus aride, plus lo-fi, rappelant que le deuxième elpee des Buffalo Killers, « Let it ride » avait été produit par Dan Auerbach, le chanteur/guitariste des Black Keys.

 

Danielson

Best of Gloucester County

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Non, il ne s’agit pas d’une compile consacrée à Daniel Smith, mais un nouvel album. Le premier depuis 5 longues années. Première constatation, hormis son épouse et ses deux sœurs Megan et Rachel, préposées aux backing vocaux, les membres de sa famille ont déserté le navire. Exit donc ses frères Andrew et David, qui ont laissé la place à un quintet, au sein duquel, on retrouve ni plus ni moins que son pote Sufjan Stevens. Sans oublier un trio de cuivres. Et puis toute une série de collaborateurs (NDR : pas vraiment une surprise, chez Smith), parmi lesquels, on relèvera la présence de Jens Lekman ainsi que de membres des groupes Sereena Maneesh, US Mapple et Cryptacize.

Pas de surprise majeure sur le septième elpee de Danielson, puisqu’il est toujours aussi décalé. D’abord, il y a la voix de Daniel, un falsetto cartoonesque, qui lorgne carrément vers Francis Black, sur le morceau d’entrée, « Complimentary dismembrement insurance ». Puis ce style à la fois expérimental, mélodieux et tumultueux, qui doit autant à Daniel Johnston, Captain Beefheart, T.Rex que Kevin Ayers circa « Whatevershebringswesing ». Sans oublier les textes évangélisateurs, qui pour la circonstance, traitent de l’autosatisfaction, de la rupture, du conflit, du pardon et de la mort. Et pour davantage brouiller les pistes, Smith s’est frotté au ska (« Lil Norge »), à la valse (« This day is a loaf ») et au music-hall (« People’s partay »). Il s’est même autorisé une excursion dans l’ambient psyché (« Hovering about that hill »), qu’on aurait pu croire exclusivement réservé à une collaboration entre Robert Wyatt et Brian Eno. Bref, à conseilleur aux aficionados de Danielson et aux mélomanes avides de créativité…

 

Eepocampe

When Strings Gets Abstract

Écrit par

L’hippocampe est un drôle d’animal, un poisson marin qui ressemble à un cheval, en miniature. Et la musique hybride de cette formation mystérieuse, répondant au patronyme d’Eepocampe reflète cette même dualité entre la beauté de l’instrumentation et l’anachronisme de l’interprétation. Son style est cependant bien marqué par les années 90. Imaginez le post-rock d’Explosions in the Sky légèrement contaminé par l’Emo cher à Brandston, Envy voire Thursday (« Lions & Elephant ») et revisité par Brendan Boyd d’Incubus (« Neumonal Realm »), et vous aurez une petite idée du style pratiqué par la formation hexagonale. Issue d’Arras, elle réunit des musiciens particulièrement doués, et capables de s’autoriser de grandes envolées, tout en maîtrisant leur sujet. Et « When Things Get Abstract » ainsi que « Polaroid Fades » en sont les plus belles illustrations. En outre, il faut reconnaître que la qualité du son est très pro. Etonnant, pour une autoproduction. Bref, si ce combo est à suivre de très près, il aurait tout intérêt à éliminer ses quelques accents néo-métalliques, pas vraiment judicieux ; et puis surtout peu propices à une évolution favorable…

 

Fennesz

Seven Stars (Ep)

Écrit par

Christian Fennesz est un artiste qui compte déjà une bien longue carrière. Guitariste et électronicien, il a fait ses armes au sein de la scène électro viennoise ; mais surtout, il a bossé en compagnie de grosses pointures, comme Ryuichi Sakamoto, Jim O’Rouke, Mike Patton, David Sylvain ou encore Sparklehorse. Bref, on ne peut pas dire que le personnage se soit dispersé. La guitare et les expérimentations constituent la source de son inspiration. Brian Eno est certainement un maître pour l’Autrichien. Il est d’ailleurs tout aussi prolifique. Et ouvert à tous les courants musicaux. Depuis l’électro minimaliste à la pop jusqu’aux créations bruitistes.

« Seven Stars » constitue son nouvel Ep. Sa première œuvre publiée en solo depuis « Black Sea », un elpee paru en 2008. Elle s’inscrit dans la configuration la plus atmosphérique de Fennesz, paisible et minimaliste. Quatre titres vaporeux, légers (et un peu angoissants…) écrits entre Vienne et Bali. Une expression sonore ‘ambient’, pas facile d’accès, mais néanmoins assez fascinante. Les amateurs d’électro cosmique et cérébrale ne devraient pas résister au charme du remarquable titre “Liminal”, un morceau qui aurait pu facilement servir de ‘soundtrack’ au film « Tree of Life » de Terrence Mallick, un long métrage qui avait décroché la dernière Palme d’Or, à Cannes.

 

Peter Gabriel

New blood

Écrit par

En 2010, je n’avais pas été trop emballé par “Scratch my back”, album sur lequel l’Archange se contentait de reprendre des compos de groupes ou d’artistes mythiques, mais aussi contemporains. Trop mou du genou, il m’avait même carrément pompé l’air. Gabriel avait donc prévu que ceux qu’il avait adaptés, l’adaptent à leur tour. En consacrant un opus à des covers de ses chansons. Mais le projet a capoté. Si bien que Peter a décidé de donner une suite personnelle. En reprenant les mêmes ingrédients ; c’est-à-dire sans guitare, sans batterie, mais à l’aide du même orchestre symphonique, le New Blood. Ce qui explique le titre de son long playing.

Et je dois avouer que je m’attendais au pire. Ben, non à mon grand étonnement, Peter est parvenu à faire prendre la mayonnaise, mais en reprenant ses propres compos. En outre, hormis l’une ou l’autre exception, il leur a donné une nouvelle dimension.

Mais attaquons-nous d’abord aux points faibles. Il y en a peu. « Mercy street », tout d’abord. Abordé dans l’esprit de « Scratch my back ». L’instrumental « The nest that sailed the sky ». Inutile ! Les plus de 4 minutes comptabilisées par “A quiet moment”, une piste consacrée au bruit produit par les flots d’une rivière qui couvre d’imperceptibles pépiements d’oiseaux. Cet interlude n’est d’ailleurs pas de ‘nature’ à soutenir la différence avec le célèbre « Cirrus mirror » du Floyd ni de préparer une conclusion digne du « Soleil vert », roman de science-fiction de Harry Harrison adapté en long métrage par Richard Fleischer, en 1973. Vous allez comprendre ensuite pourquoi, je me réfère à ce film. Enfin, sur « Don’t give up », la Suédoise Ann Brun a pris le relais de Kate Bush. Mais son gémissement terne ne permet pas au duo de décoller. On ne remplace pas impunément une voix d’exception…

Entrons maintenant dans le vif du sujet. Parce qu’enfin, sous la houlette du même Ben Foster, les 46 musiciens du New Blood (instruments à cordes et à vent, percus et tutti quanti, sous leur forme la plus ‘classique’) sont sortis de leur coquille. Et notamment sur des titres comme le somptueux et puissant « The rhythm of the heat ». On affronte le flux et le reflux des cordes, comme lors d’une tempête. Un mouvement qui balaie littéralement l’exquis « In your eyes ». Du mouvement et des variations, c’est ce que parvient à communiquer cet orchestre. Sur l’apocalyptique « Red rain », un morceau lustré, cuivré, dont la nouvelle mouture a emprunté des couleurs audacieuses, vivaces. En fait, on a parfois l’impression que les nouvelles versions, ont été conçues pour servir de musique de film. Mais un film d’action dramatique, épique, déchiré entre moments paisibles et périodes haletantes. « Darkness » en est certainement le plus bel exemple, une plage de mauvaise augure, menaçante, tout en contrastes. Tout comme « Intruder », capable de vous flanquer la chair de poule. Et dans ce domaine, John Metcalfe, à nouveau préposé à la mise en forme, parvient à faire la différence. Bon, ne passons quand même pas sous silence la superbe voix de Peter, qui ne se contente plus de chuchoter. Chaude, bouleversante, tantôt falsetto, tantôt éraillée, elle s’est adoucie avec le temps, mais se fond aussi plus facilement dans la solution sonore. Les interventions au piano sont peu fréquentes, mais très judicieuses. Pour les backing vocaux, l’Artiste a fait appel à sa fille, Melanie.

Deux titres sont également à épingler. Tout d’abord « Digging in the dirt ». Au départ funky, ce sont les cordes et les cuivres qui dictent les changements de rythme. Et puis, le bonus track, « Solsbury hill », très différent des autres pistes de l’elpee. Il est proposé sous une version enlevée, optimiste même, malgré ses lyrics mélancoliques, une piste balisée par un violon sautillant et un piano sonore. Du grand art !

 

Hella

Tripper

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« Tripper » constitue le cinquième album d’Hella. Il met fin à quatre années de silence pour le duo de Sacramento. Enfin, pas tout à fait, puisque durant cette longue période, les deux enragés n’ont quand même pas chômé. Zach Hill (NDR : le chevelu derrière les fûts) a ainsi multiplié les collaborations et projets divers avec plus ou moins de réussite. Quoique les plus expérimentaux, notamment opérés en compagnie d’Omar Rodriguez Lopez, ne laisseront pas de souvenir impérissable.

Ce nouvel opus était donc l’occasion pour la paire de remettre les points sur les ‘i’. De remettre les pendules à l’heure, si vous préférez. Ce que Hella est parvenu à faire en publiant ce « Tripper ». Fini les plaisanteries de mauvais goût. Les Californiens ont décidé de refaire de leur ville, le centre névralgique du math-rock en duo !

Le tandem pète la forme. Zach Hill démontre une nouvelle fois sa dextérité aux drums. Tout en conjuguant vélocité, nuance et puissance. Difficile de suivre le rythme, d’ailleurs, tout au long de ces dix morceaux de cet elpee

Hella parvient, dans la limite du possible, à maintenir ses pulsions dévastatrices et reste toujours dans la limite de l’audible. Le tempo finit toujours par s’emballer et lorsqu’il est interrompu un bref instant, c’est pour repartir de plus belle et de manière plus brutale. Néanmoins, impossible pour nos deux lascars de ne pas déraper instinctivement, mais brièvement, dans le démonstratif. On ne leur en voudra pas pour autant ! Chaque morceau construit même sa petite mélodie (parfois bien cachée il faut l’avouer).

« Tripper » est l’un des meilleurs albums jamais enregistré par Hella. Si vous aimez le genre, vous ne pourrez qu’y adhérer. D’ailleurs, peu de formations françaises, sont jusqu’à présent, parvenues à atteindre une telle dimension. Ils ne peuvent d’ailleurs qu’en prendre de la graine !

 

Idaho

You were a dick

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Fondé en 1991 par Jon Berry et Jeff Martin, Idaho est depuis la mi-nineties, le projet du dernier cité, même s’il lui arrive de solliciter le concours de l’un ou l’autre collaborateur, pour bosser en studio ou partir en tournée. Un musicien dont la particularité est le recours à une guitare qui ne compte que 4 cordes (NDR : Joni Mitchell et Steely Dan se servent également d’un modèle semblable). Si Idaho est notoire pour son slowcore, au fil du temps, sa musique s’est quelque peu libérée de ses principes. Notamment depuis que l’artiste a tenté de se lancer dans la bande sonore pour le cinéma et la TV (NDR : pas une réussite, il faut le reconnaître). On retrouve d’ailleurs un instrumental du style sur son nouvel opus, « The serpent & the shadow ». Et puis bien sûr des compos naturellement lentes. Tramées le plus souvent sur une ligne de piano sonore ou une texture de cordes de sèche. Mais le plus intéressant procède de cet éclectisme, auquel il ne nous avait pas habitués. Elevant même le tempo. A l’instar de  « Up the hill », sorte d’Echo & The Bunnymen sous perfusion electro, de l’excellent « The space between », du versatile “A million reasons” ou encore du final “What was that?”, caractérisé par ses cordes bringuebalantes (Durutti Column ?) Tâtant même de la soul. Sur « Weight is down », plage imprimée sur un mid tempo, parcourue d’accords de piano électrique, au feedback parfaitement maîtrisé et aux arrangements luxuriants. Des arrangements disséminés parcimonieusement, tout au long de l’elpee. Parfois électro. Un coup de cœur ? Le morceau d’ouverture et titre maître. Une compo qui aurait pu figurer au répertoire d’American Music Club. Même la voix de Jeff emprunte le timbre de Mark Eitzel. Et pour que votre info soit complète, sachez que Jeff Martin a enregistré ce huitième opus dans son home studio, à Laurel Canyon (NDR : c’est sur les hauteurs de L.A.) et n’a reçu le concours que d’Eleni Mandell aux backing vocaux. Pour le reste, il a tout assumé en solo. Comme d’hab !

 

Yves Jamait

Saison 4

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Quatrième album en 10 ans de carrière pour ce chantre de la chanson française. Quelques chiffres : 3 albums, trois fois disque d’or, 250 000 disques vendus, plus de 500 dates de concert, 400 000 spectateurs.

Pourtant cet artiste reste injustement méconnu aux yeux du grand public…

Découvert par Patrick Sébastien (tout arrive) grâce au merveilleux et poignant ‘Dimanche (caresse-moi)’, Yves Jamait est illico considéré comme un futur grand de la scène hexagonale. Cependant, quelques mois après avoir décroché ce succès télévisuel, il retombe dans un anonymat que seuls les plus branchés de la langue française fréquentent. De ce même monde sont issus des formations telles que Debout sur le Zinc, Les Orgues de Barback et bien d’autres encore. En un mot, ceux qui n’ont pas les honneurs des plateaux TV.

« Saison 4 » constitue le dernier-né d’une famille… de quatre ; et il est évident qu’à 50 ans, Jamait est maintenant au sommet de son art. Sa voix est rocailleuse. Ses paroles et ses musiques swinguent. Bref, il nous enchante et nous touche au plus profond de notre âme. Poète et chanteur, il reste égal à lui-même distillant des perles de vie, des gouttes de bonheur, en évoquant le temps qui passe, l'enfance, les amours déçus, la fadeur du quotidien ou l'inévitable bistrot. Des chansons qui viennent des ‘tripes’, en quelque sorte. Tout en préservant un label de qualité, phénomène plutôt de plus en plus rare, aujourd’hui…

Les rythmes de valse ou manouches sont toujours le fil conducteur de la musique à Jamait. Mais cette fois, les accordéons et les sonorités acoustiques côtoient les guitares électriques ; car le rock gouailleur et le reggae font leur apparition pour envelopper ses textes à la poésie populaire.

« Saison 4 » est un album de grande qualité, de la très grande chanson française.

Pour les ignorants qui ne demandent qu’à être convaincus, je vous invite à jeter un œil sur : http://www.youtube.com/watch?v=QJBQ1NN94JU

Excellent !

 

Kammerflimmer Kollektief

Teufelskamin

Écrit par

Le Kammerflimmer Kollectief est, comme vous doutez, un groupe allemand… Une joyeuse bande mixant le free-jazz, la noise et la musique électro expérimentale. Fondée en 1997, la formation est responsable de 8 albums à ce jour. Les 10 titres de leur nouvel essai, « Teufelskamin », reflètent la liberté totale accordée aux musiciens lors de l’enregistrement de cet opus. L’impro y est une constante ; entre les solos de saxes détraqués (« The People United Will Never Be Defeated »), l’accordéon, les guitares bruitistes (« Teufelskamin Jam #1 ») et même les nuées de cordes. Des mélanges de genres on ne peut plus surprenants, qui atteignent le summum sur « Never Collapse, Always Dazzle ! », lorsqu’un vocodeur s’invite dans un climat psychédélique traversé par un souffle d’americana. Dommage que les vocaux d’Heike Aumüller soient aussi glaciaux. Ils se révèlent même néfastes à l’ensemble, et confèrent parfois une dimension soporifique à certains morceaux (« Shangrila », « Teufelskamin Jam #2 »). Tout en affichant une parfaite maîtrise dans ses expérimentations sonores, K.K. semble prendre son pied. Et n’invite pas, en général, le mélomane au farniente (« Nearly Able to Fly ») ! Quoique, cet esprit jazz-café, peut devenir, au fil de l’écoute, un peu lassant…

 

Keiki / Bee and Flower

Split 10"

Écrit par

‘222’ serait-il devenu le nouveau chiffre fétiche du diable ? Pour célébrer ses deux années d’existence, le label belge Cheap Satanism a en effet décidé de sortir deux splits/Ep consacrés chaque fois à deux groupes issus de son écurie, invités à proposer deux de leurs compos. Le premier proposé par la microstructure bruxelloise est partagé entre le duo bruxellois Keiki (également pilier du label) et le combo américano-berlinois Bee and Flower. Devrait suivre une plaque consacrée à nos Joy as a Toy et aux Italiens de Germanotta Youth (impliquant Massimo Pupillo de Zu).

Pour Keiki, ce disque constitue une sorte de récréation ludique avant la prochaine sortie de son troisième elpee, « Popcorn from the Grave ». Hanté par leur spoken word si singulier et nourri aux guitares stridentes, noisy et minimalistes, le ‘satanic-pop’ bon marché de ces vétérans fait à nouveau mouche. Et Pete Simonelli d’Enablers est venu apporter son concours au second morceau, « Full Body Wolf ».

Le rock de Bee and Flower est teinté d’accents pop (« Jackson ») ou cinématographiques (« You’re Not the Sun »). Deux titres plus légers, mélodieux, aux vocaux délicats, mais aux guitares distordues ainsi qu’aux textes dérangés, qui figureront sur leur prochain long playing, « Suspension ». Il règne d’ailleurs, tout au long de ces plages, une atmosphère étrange, mélancolique et même malsaine…

 

Kraak & Smaak

Electric Hustle

Écrit par

« Electric Hustle » constitue le troisième opus du trio hollandais Kraak and Smaak. Ce nouvel album se différencie des précédents car il se veut plus minutieux au niveau de la recherche d’arrangements sonores. Des rythmes entraînants mêlant la house, l’électro, la soul et le funk. Un cocktail détonnant puisqu’il pourrait tourner toute une soirée et combler les âmes festives sur la piste du dancefloor.

« Call up to heaven » ouvre l’elpee, dans un style proche de la regrettée Amy Winehouse, tant vocalement qu’instrumentalement. De quoi démarrer de manière simple et glamour.

Vient ensuite le temps d’enchaîner sur des rythmes plus soutenus, susceptibles parfois de nous replonger dans les années 90, comme le fait si bien « Let’s go back » ou encore « Hold back love ».

Le nom du groupe colle parfaitement à leur style : il crée une fissure dans l’electro pour nous permettre de savourer le goût de leur genre musical si riche et varié.

« Electric Hustle » c’est un peu comme un arc-en-ciel. Chaque chanson reflète sa propre couleur ; et l’ensemble illustre un joli assemblage de variétés sonores et colorées. En outre, les compos accrochent facilement l’oreille ; et il n’est pas rare qu’on se surprenne à fredonner un refrain, après avoir écouté le Cd

Si un album électro pouvait apporter instantanément apporter de la bonne humeur, ce serait celui des Kraak and Smaak.

 

Aube Lalvée

I Am

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Echouées sur les rives d’un fleuve tortueux et agité que l’on nomme la vie, les chansons d’Aube Lalvée ravivent à elles seules un concert d’émotions diverses auxquelles il est impossible de rester insensible.

Tombé dans le creux de mon oreille une froide journée de mars, l’album « Souls to the wind » avait éveillé en moi un émerveillement que je me suis empressé de vous faire partager (voir chronique découvertes).

Aujourd’hui paraît la suite. « I Am », tel un manifeste, le titre de cet elpee inscrit ses trois lettres au firmament des albums à la grâce intemporelle.

C’est que pris à la gorge dès les premières envolées de « Something simple », escaladant la ligne de basse sombre qui nous emmène vers des cimes majestueuses, il paraît évident que nous tenons là un album de très grande facture, intemporel, somme toute un classique.

Rythmiques et mélodies portent la voix sublime de cette artiste que l’on rêverait de voir éclater au grand jour et que pourtant, paradoxalement, on souhaiterait garder jalousement comme un trésor au fond de son jardin secret.

Poignantes mais non grandiloquentes, avec justesse et sensibilité, les chansons d’Aube L dépeignent un univers à la fois sombre et lumineux, à la fois triste et empli d’espoir.

Le frisson parcourant mon épine dorsale à chaque nouvelle écoute, je goûte pleinement ce fruit suave et m’enivre de ces atmosphères tourbillonnantes avec un plaisir sans cesse renouvelé.

Les racines de cet album poussent dans une terre nourrie de larmes, s’entrelacent dans une étreinte venimeuse et s’étendent à l’infini.

« We never walk alone » et son piano paradant au devant d’un beat martial indique un chemin vers les étoiles, qu’emprunteront seulement dans un premier temps les plus hardis d’entre vous, ceux avides de belles découvertes.

Les mots ne sauraient décrire pareil univers, seule sa musique le peut.

Donc je me tais…

A voir absolument le 03 décembre au Windows, à Bruxelles.

 

Loch Lomond

Little me will start a storm

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Loch Lomond a plusieurs significations différentes: lac d’Ecosse ou whisky, écossais également, adulé par le capitaine Haddock (décidément on ne peut échapper à Tintin et ses compères pour le moment). Mais c’est aussi un groupe originaire de Portland.

Leur nouvel album « Little me will start a storm » balance entre des morceaux à la limite du ringard et des pistes d’une profonde intensité. « I Love Me » est, à ce titre, un exemple frappant. Loin de la puissante et abondante musique électrique des temps modernes, les Américains ont de quoi renvoyer quelques formations à leurs études. Au fil des mélodies de plus en plus prenantes, ce côté qui paraissait ringard et dépassé disparaît. Il laisse place à une qualité extraordinaire qui devrait faire de « Little me will start a storm » un des grands albums pop de l‘année. Il offre du rêve, du plaisir, de la volupté… Le summum est atteint par « TIC ». Il est plus enivrant que tout un lac de whisky dans lequel plongerait n’importe quel marin sans aucune hésitation. Une force que j’ai jusqu’à présent retrouvé dans peu d’œuvres musicales. Surtout qu’elle ne dépend pas d’un seul titre mais d’un ensemble époustouflant. Mais trêve de bavardages, je retourne à l’écoute de ce séduisant album et vous conseille de faire de même.

 

Oh La La !

Oh La La !

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Oh la la… Dès la plage d’ouverture du premier LP, on repère instantanément l’influence majeure du duo mené par Natasha Le Jeune, ex-AS Dragon, et Benjamin Lebeau , membre de The Shoes : The Kills. Le côté pop électronique en plus. L’intérêt en moins. Oh La La !, c’est l’ennui ferme. Il y a bien du potentiel sur deux ou trois morceaux. Et s’il faut les citer, on pointera « Oser », « Not In the Mood » et « Tomorrow » qui entrent sans problème dans la catégorie pouce dressé.

Malgré ses flagrants emprunts à Metronomy, on évoquera également le beat entêtant et les textes subversifs du morceau « Un poing c’est tout » rehaussé par la collaboration sympathique de Katerine. Ailleurs, on a du Yelle (« Carmen »), du The Kills circa « Midnight Boom » (« Relax »), du Kills tout court (« Nu dans ton jean ») et du Rita Mitsouko (« Goodbye Superman »). Du coup, pas la peine de chercher la marque de fabrique d’Oh La La ! Elle est tout simplement inexistante. Même les deux rigolos de Sexy Sushi peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

 

Pitbull

Planet Pit

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Il y a de ces disques qui, à peine atterris sur votre bureau, vous incitent à grimacer. Alors lorsqu’il s’agit d’une œuvre de Pitbull, la grimace est d’autant plus accentuée. Le responsable d’une ribambelle de hits aseptisés dont les insupportables « I Know You Want Me (Calle Ocho) » et « Hotel Room Service » revient pour sa –déjà– cinquième livraison. Armando Christian Pérez, découvert lors de la sortie du second LP intitulé « El Mariel », pourtant relativement respectable, est très rapidement tombé dans le mercantilisme pur jus en publiant coup sur coup des œuvres vidées de toute subtilité et d’âme. « Planet Pit » s’inscrit directement dans cette catégorie. Mais il y a un ‘mais’. Parce qu’à force de camper sur ces positions, votre serviteur s’est bien fait avoir. D’abord récalcitrant, c’est douloureusement que le disque a été glissé dans la platine. Après quelques écoutes partielles, j’ai commencé à fredonner certaines mélodies tirées de la galette jusque dans mon sommeil. Et avant même de m’en rendre compte, j’étais pris dans les filets du bonhomme et envoyé à vitesse grand V sur la ‘Planet Pit’.

Car même si ses morceaux sont certes dignes d’une bande-son de séance d’aérobic ou du Carrefour Express du coin, le gars sait exactement comment s’y prendre pour faire mouche. Des inévitables singles « Give Me Everything » et « Rain Over Me » à « Something For The DJ’s » en passant par les remuants « Took My Love », « Come N Go » et un « Shake Senora » estival (morceau basé sur un sample d’un morceau d’Henry Bellafonte), Pitbull s’avère être un véritable roi des pistes de danse ‘grand public’. Et ce public, le rappeur originaire de Floride le met dans la poche grâce à une large palette d’invités (Marc Anthony, T-Pain, Kelly Rowland, Enrique Iglesias, Afrojack, Chris Brown, Jamie Foxx, etc.). Sans ces derniers, le Pitbull ne serait d’ailleurs qu’un toutou inoffensif auquel personne ne prêterait vraiment attention. « Planet Pit » est certainement le disque le plus représentatif de la scène commerciale du moment. Mais bien qu’on se laisse prendre au jeu assez facilement, l’euphorie n’est que purement passagère. 

 

Rumble In Rhodos

Signs of Fervent Devotion

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Derrière Rumble In Rhodos se cachent cinq Norvégiens déchaînés. Ils avaient effectué leurs débuts en 2006, en publiant « Own Me Like The City ». « Intentions » lui avait succédé en 2008. Cette fois, le groupe d’Oslo montre des « Signs of Fervent Devotion ». Un album quelque peu brouillon, où tout se chevauche, au point de ne laisser qu’un immense emmêlement de notes qui partent dans tous les sens. Le genre qui vous bourre la tête de superflu et laisse l’auditeur sans oxygène au bout de trois titres. On retrouve parfois quelques airs qui poussent nos pensées vers le célébrissime Linkin Park. Le disque est même coupé en deux par un interlude entièrement musical, à la manière des rockeurs américains. A la différence près, que chez les Californiens, il y a de la musicalité. On ne peut pas en dire autant de « Signs of Fervent Devotion ». Les Scandinaves ont surtout jeté leur dévolu sur le bruit plutôt que sur une musique savamment dosée. De l’énergie, c’est bien, mais trop, c’est trop! Comme de toute bonne chose, il ne faut pas en abuser. Or, ils balancent des sons à tout va, presque sans se préoccuper de ce que leurs compères font. Cette regrettable erreur transforme cet opus en brique indigeste et tellement banale.