La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Moonjellies

Inner Anger, Feather

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Le rock français ne s’épanouit pas uniquement à Paris, Lille ou Bordeaux : Moonjellies est originaire de Tours et s’autoproduit depuis 2008. Après son premier Ep, Moonjellies publie « Inner Anger, Feather » qui conforte notre foi en la qualité du rock européen.

Amorçant sur des chœurs ostensiblement dignes des Beatles, l’album saute ensuite quatre décennies du british pop pour nous offrir la mélodie entraînante et le piano d’un vieux Hoosier sur « You don’t have to » (pareillement sur « Pauline »), avec la même crédulité. « Come across your shade » continue sur la même lancée à l’aide d’un son rétro plus brut pour nous emmener sur la Pacific Coast des années 90 (ou dans les petites salles belges, en fonction de ce qui aura imprégné chacun d’entre nous). On se sent bien, donc, au sein de cet enchevêtrement de guitares.

L’album s’effiloche ensuite sur quelques titres un peu moins accrocheurs ni novateurs sans pour autant désagréables, puisqu’ils rappellent Neil Young et Yes. La voix instable chancèle mais nous retombons sur nos repères ; des arpèges ‘radioheadiens’, des modulations ‘pavementiennes’… et le fade out tout en choral de « Sunrise » rappelle moins les Beach Boys qu’un optimiste Elliott Smith ; c’est-à-dire un Brendan Benson, analogie davantage valable pour « Black Cloud » et « Summer Dress », sorte d’hybride avec les Dandy Warhols. Plus de références américaines, alors, que de patrimoine britannique. L’album s’achève en beauté par le magistral « Whispering stone », un morceau étoffé de cordes et cuivres, suivi d’une intime ballade très proche de leurs compatriotes de Cocoon (glockenspiel inclus) qui confirme le potentiel compositionnel du groupe, et prouve que la naïveté ironique, si la mélodie solide est la pierre angulaire de l’édifice des arrangements, devient parfaitement crédible.

L’album fin et audacieux manque peut-être de carrure, mais incarne l’une des preuves que la scène pop rock française s’est émancipée et joue désormais dans la même cour que celle des Anglo-Saxons.

The New Loud

Measures Melt

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The New Loud proposait il y’a quelques mois « Can’t Stop Not Knowing », un Ep 5 titres qui ne permettait pas vraiment de se forger une idée précise des desseins du trio. Pop-punk, indie-electro, pop FM, etc. la formation avait ratissé large. Sur ce nouvel essai, elle propose « Measures Melt », un premier LP au sein duquel elle opte pour un amalgame des styles abordés sur « Can’t Stop Not Knowing ».

Les trois musiciens s’éloignent également de l’univers de Los Campesinos! et se retrouvent à la tête d’un assortiment de chansons bancales sur les bras. The New Loud saute parfois les deux pieds dans la boue et, au lieu d’y plonger entièrement afin d’y déclencher une bonne bataille sans pitié, la formation préfère s’en extirper pour poursuivre sa route sur des sentiers défrichés et plus lisses. 

The New Loud porte bien mal son nom tant il n’a rien de neuf à offrir. « Can’t Stop Not Knowing » proposait une reprise sympa du « 2+2=5 » de Radiohead. Une version personnelle supérieure à « Measure Melts » dans son intégralité… A oublier.

Owen Pye

The Truth About Man

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Owen Pye nous vient de l’Illinois. Son premier elpee, « If That’s Cool With You », est paru en 2006. Il est suivi, trois ans plus tard, par « Owen Pye & The Sunday School Band ». Un titre pas difficile à comprendre, puisque pour la circonstance, il est soutenu par un backing group. Ses influences, il les puise chez Sufjan Stevens, Wilco et Death Cab for Cutie ; mais malheureusement, il n’affiche pas le sens mélodique à la fois subtil et riche de ses maîtres. En fait, il s’inscrit plutôt dans la lignée des songwriters américains légèrement contaminés par la scène indie (Butch Walker ?), qui trahissent certaines affinités avec le style roots voire americana’ (Ben Sollee ?) ou se destinent à alimenter la bande la FM (Joshua Radin ?)

« Keep On Sinning » ouvre l’elpee. Un titre basique, sympathique, mais pas vraiment transcendant. Faut dire qu’Owen Pye ne dispose pas d’un organe vocal extraordinaire. Il parvient quand même à tirer son épingle du jeu sur les morceaux les plus acoustiques. A l’instar de « Barriers » ou « I Must Exist ». Ou alors sur « Pharisee of the State ». Certainement la meilleure plage de l’opus. D’abord les lyrics sont empreints de spiritualité. Puis balisé par un duo piano/batterie, le tempo conjugue élégance et précision. Par contre sa reprise du « If I Give My Soul » de Johnny Cash est un peu trop conventionnelle, à mon goût.

L’« American Pye » n’est donc pas d’une saveur exceptionnelle. Et je me demande quand même pourquoi un tel album est parvenu à traverser l’Atlantique. Pas qu’il soit foncièrement de mauvaise facture, mais parce que dans son style, il aurait dû se noyer (le disque !) avant de rejoindre le Vieux Continent.

The Ratboys

Cash, Gas And Trash

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La naissance des Ratboys remonte au 2 août 2008. Lors d’une belle soirée d’été. Nous sommes à Lokeren. Comme chaque année, à la même époque, la ville flamande s’est transformée en capitale belge du rock’n’roll. L’atmosphère est propice aux retrouvailles. Sur scène, les Sex Pistols, fraîchement ressuscités, renouent (comme l’ont fait quelques heures plus tôt les Buzzcocks et les New York Dolls) avec un public belge déchaîné.

C’est dans cette ambiance survoltée qu’Eric (chant et guitare) retrouve Vincenzo (basse et chant). Ces amis de longue date s’étaient perdus de vue depuis une dizaine d’années. L’énergie punk des ‘Pistols’, le savoir faire rock’n’roll des ‘Dolls’ et probablement quelques litres de houblon liquéfié réveillent chez nos deux amis des instincts primaires de rock’n’rolleurs. ‘Il faut absolument que nous formions un groupe’ ! Le pacte est scellé. Les Ratboys sont nés.

Babba est recruté pour la batterie, Manu pour la seconde guitare. Le quatuor ainsi formé se lance dans la composition de titres qu’il ne tarde pas à mettre en boîte. Trois jours de studio suffisent aux garçons-rongeurs pour soumettre les bandes du futur « Cash Gas & Trash » au mixage professionnel de Pierre Vervloesem (dEUS). L’album terminé, il faut encore trouver un deal. Il se concrétise au printemps 2010. C’est le label américain Brutarian Music qui distribuera la galette.

Si la naissance des Ratboys est directement imputable aux amours coupables entre les ‘Poupées de New York’ et les ‘Pistolets du Sexe’, c’est du côté des Ramones que les Bruxellois sont allés chercher l’inspiration. Sur la pochette, le choix des pseudos ‘familiaux’ (Ratboy Ricky, Ratboy Vince, Ratboy Baba et Ratboy Manu) évoque indéniablement le style des New Yorkais. Mais la ressemblance ne s’arrête pas en si bon chemin, puisque la musique a aussi été touchée par l’esprit de Dee Dee, Johnny et Joey. Le chant nasillard d’Eric (‘Ricky’) évoque davantage Joey Ramone que Johnny Rotten. Difficile aussi de nier qu’un titre comme « Backseat  Angel » doive beaucoup plus à « Suzy is a Headbanger » qu’à « Anarchy In The UK ».

N’en déduisez pas que The Ratboys constitue une copie carbone des Ramones. Loin de là. Si le punk rock endiablé de la seconde partie des seventies constitue l’ossature des compositions des ‘boys’, elles sont aussi flanquées d’une bonne dose d’énergie garage rock. Ah, cet orgue  fleurant bon les sixties sur les excellents « Hollywood Summer », « Coconut Jane » et « Going Back To School » : un pur délice !

Fans des Ramones, des Pistols, de New York Dolls, de Johnny Thunders ou tout simplement de très bon rock’n’roll, vous savez déjà ce qu’il vous reste à faire !

 

Rhino Bucket

Who’s Got Mine ?

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L’annonce de la sortie d’un nouveau Rhino Bucket est toujours une excellente nouvelle. Surtout si l’on est fan de hard rock et qu’on préfère AC/DC dans sa période Bon Scott. Car c’est le style pratiqué par Rhino Bucket depuis sa formation à la fin des eighties : du hard rock, comme le dispensait le combo aussie, à l’époque de Bon Scott.

Depuis 2006, Rhino Bucket effectue un retour discret mais efficace. Bien sûr on est loin du succès des débuts. En 1990, le groupe était signé par Warner Bros. Ses disques étaient produits par Terry Manning (Led Zeppelin, ZZ Top). Le single « Ride with Yourself », extrait du second album « Get Used to It », s’était même retrouvé sur la B.O. de ‘Wayne’s World’ en compagnie de titres de Cinderella, Queen et Alice Cooper. En 1994, pour l’album « Pain », c’était Simon Wright, l’excellent batteur chauve d’AC/DC et de Dio qui tenait les baguettes. Et puis silence radio. Plus de nouvelles jusqu’aux rumeurs de formations colportées au début des années 2000. Mais il faut encore attendre 2006 pour avoir enfin une confirmation discographique de ce retour. L’album « And Then It Got Ugly » marque aussi l’arrivée d’un nouveau guitariste. Oh, pas un inconnu puisqu’il s’agit de l’excellent Brian ‘Damage’ Forsythe, jadis sixcordiste chez les excellents Kix.

En 2009, « The Hardest Town » (chroniqué sur Musiczine) confirme l’excellente santé du combo. La voix de Georg Dolivo rappelle toujours autant celle de Bon Scott et son tandem guitaristique avec Forsythe est aussi excitant que celui des frères Young. En 2010, Rhino Bucket joue pour la première fois de sa carrière sur le Vieux Continent. Peu après cette tournée européenne, le combo retourne en studio, en compagnie de Doug Boehm (Fireball Ministry, Danzig, The Vines), afin de mettre en boite son sixième opus : « Who’s Got Mine ? »

« Who’s Got Mine ? », sans être décevant, ne deviendra pas notre album préféré du quatuor. Le hard rock des ‘Buckets’, confié aux manettes de Doug Boehm, semble un peu moins ‘couillu’ que par le passé. La patte AC/DC, toujours bien présente, souffre un peu d’une production trop léchée, plus adaptée à des formations rock’n’roll telles que les Rolling Stones ou les Vines. Ce disque est pourtant loin d’être de mauvaise facture et des titres comme « Drive Thru Liquor », « Message In A Bottle » ou « Hollywood & Wine » donnent toujours autant envie de se secouer les cervicales. Un peu plus de pèche, cependant, aurait fait notre bonheur.

 

Templo Diez

Greyhounds

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Difficile à croire, mais Templo Diez est un groupe qui nous vient tout droit de La Haye. Pourtant, à suivre notre instinct, on serait tenté de croire que ce sextet débarque des plaines désertiques américaines. Il faut dire que Templo Diez sonne davantage comme Giant Sand que Dick Annegarn. « Greyhounds » constitue en fait le quatrième album de la formation, il fait suite à une trilogie entamée dès 2003 (« Hoboken », poursuivie en 2006 (« Winterset ») et achevée en 2009 (« Merced »).

Après m’être renseigné à leur sujet, ce dernier opus semble être leur plus abouti et leur plus complet. Celui sur lequel l’influence américaine est la plus évidente. Si certains morceaux rappellent Giant Sand, d’autres sont résolument plus sombres évoquant davantage Woven Hand voire Swans. Et je pense tout particulièrement à « Holler 2# ». De plus, la conjugaison des voix féminines et masculines, sur certains morceaux, apporte une autre dimension à l’expression sonore. Plus langoureuse, plus atmosphérique. A l’instar de « Fine As Powder ». Ces Hollandais prouvent qu’il n’est pas nécessaire de se rendre de l’autre côté de l’Atlantique pour rencontrer d’excellents groupes de folk rock.

« Greyhounds » constitue un retour à la vie pour Templo Diez. Et pour cause, leur claviériste est décédée en décembre. Le combo a donc traversé une période difficile et inactive, avant de revenir sur la scène musicale. Templo Diez aurait l’intention d’entamer une nouvelle trilogie. Elle est entamée de manière magistrale…

Shugo Tokumaru

Port Entropy

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Shugo Tokumaru est un véritable orfèvre de la pop. Jusqu’ici ses travaux étaient restés assez confidentiels. Une erreur que le label Souterrain Transmissions propose de réparer en délivrant « Port Entropy », le quatrième labeur du Japonais. Et il prouve une fois encore qu’il a absolument tout compris lorsqu’il s’agit de créer la chanson indie-pop immédiate et irréprochable. Légères, pastorales, raffinées, chacune des 12 comptines de ce nouvel LP inspire une surenchère d’épithètes louangeuses.

Tokumaru, souvent comparé à Sufjan Stevens, propose un disque qui mérite d’autant plus le respect qu’entièrement concocté à la sauce DYI (do it yourself). Le travail de production à lui seul démontre toute l’étendue du talent du trentenaire. Outre « Malerina » et « Orange », deux morceaux gravitant au cœur d’univers opposés tout en se complétant naturellement, « Straw », « Drive-Thru », « Rum Tree » sont les moments forts d’un disque quasiment impeccable. A l’heure du retour des rayons de soleil, « Port Entropy » s’avère providentiel.

Ce 5 avril à la Rotonde du Botanique.

 

En attendant le stock des Strokes !

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Ecoutez gratuitement le quatrième et nouvel album des Strokes dans son intégralité.

En effet, le quintet garage rock américain vous invite généreusement à découvrir la totalité des titres de « Angles » sur leur site officiel : http://www.thestrokes.com ! Quant aux impatients de l’objet CD, il leur reste à contempler  le compte à rebours qui surplombe le site. Courage, plus que 6 jours, 14 heures, 39 jours et 23 secondes !

 

Connan Mockasin : c’est le pied !

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Originaire de Nouvelle-Zélande, Connan Mockasin a vraiment choisi un pseudo à dormir debout… Physiquement, il ressemble un peu à Klaus Kinski, mais sa musique évolue à la croisée des chemins du Pink Floyd, de MGMT, de Gainsbourg période « Melody Nelson » et de Brian Eno. Il a été une des révélations des Transmusicales de Rennes, en 2010. Son premier clip vidéo s’intitule « Forever Dolphin Love » et vous pouvez le visionner ici

 

 

Zeal Records fête son dixième anniversaire!

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Pour fêter ses dix ans d’existence, le label Zeal organise toute une série d’événements et en particulier des concerts, au cours de ce mois de mars. Et en particulier :

22/03-25/03 Expo @ Twee Bronnen Bibliotheek Louvain

22/03 Kiss The Anus Of A Black Cat Solo  @ Twee Bronnen Bibliotheek Louvain @ 17h00

22/03 Isbells/Krakow @ Predikherenkerk Louvain (sold out!) (10 years krakow as well!)

23/03 Isbells/Sleepingdog @ Predikherenkerk Louvain (Sold Out!) (sleepingdog new album april 25th)

24/03 10 Years Zealrecords @ Stuk Louvain feat.:

cape coast radio (liveband: nick transit, gaetan isbells, pieter marble sounds, chantal sleepingdog, christophe marble sounds plus guest vocalist...)

            kawada (stunning new album autumn 2011)

            kiss the anus of a black cat (new songs!)

            krakow (bonnie & sparklehorse covers)

            marble sounds (sparklehorse & sleepingdog covers)

            say say (non zealband, but we like 'em, girl pop)

            senne guns (with tomàn backing band)

            sleepingdog (vocal only version with zeal all stars)

            tomàn (good music...)

            low vertical (full show, performing their debutalbum "i saw a landscape once"

 

Alex Winston

Sister Wife

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Certains albums sont destinés au succès de masse, c’est une certitude ; mais, si toute la variété était de la trempe de ce « Sister wife », on écouterait peut-être NRJ… tout en admettant que tôt ou tard la diffusion rotative de ces futurs tubes finirait par nous dégoûter ; à l’instar de ceux de Yael Naïm, Mika, La Roux ou même Florence and the Machine, programmés au cours de ces dernières années…

Et après avoir écouté cet Ep, on peut allègrement déduire que ses compos s’inscrivent parfaitement dans ce contexte. Ce disque fait suit à un autre Ep intitulé « The Basement Covers ». Consacré à des reprises (Mumford & Sons, Rolling Stones, Jack Peñate, …), il nous avait permis de découvrir cette jeune chanteuse américaine (NDR : à peine âgée de 19 ans, elle est originaire du Michigan).

Bénéficiant d’un travail de mise en forme impeccable accompli par le duo de producteurs new-yorkais The Knocks (notoires pour leurs remixes de Passion Pit et de Kate Perry) ainsi que du Londonien Charlie Hugall (Florence and the Machine, Rihanna), les 6 plages sont des hits en puissance. Et en particulier le titre maître. Sans oublier « Choice Notes », morceau choisi pour servir de bande sonore à la dernière pub de Hyundai. Deux pistes irrésistibles, il faut le souligner. Les refrains sont fédérateurs et la voix à la fois craquante et un peu bizarre (NDR : une Joanna Newsom en plus pop). Enfin, sa bonne humeur franchement communicative est épicée par un zeste d’excentricité. Un ensemble d’atouts qui devraient permettre à Alex de se faire une place au soleil, d’ici quelques semaines. En 2011, vous pouvez parier sur Alex Winston, ce sera certainement son année. Dépêchez-vous, car en 2012, on l’aura peut-être oubliée…

 

Wire

Red Barked Tree

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Douzième album studio en 34 années d’existence, pour Wire, toujours orphelin de Bruce Gilbert, mais qui bénéficie, lors de ses tournées, de la participation d’un(e) guitariste complémentaire. Mais venons-en à cet opus. Il s’ouvre par « Please take », une compo plus pop, plus cool, très mélodieuse (NDR : le sens mélodique est constant tout au long du disque, y compris sur les morceaux les plus percutants) dans l’esprit des premières œuvres solo de Colin Newman, même si le tempo épouse une forme new wave. Un rythme que l’on retrouve partiellement sur « Clay », une plage davantage shoegazing. Un style noisy que rencontré tout au long de l’elpee, mais chargé de multiples nuances. Dès le deuxième titre, « Now was », le post punk revient en force, malgré les accords de gratte bringuebalants, consentis en toile de fond. Et il est confirmé sur « Two minutes », une composition pilonnée par des drums propulsifs et parcourue de vocaux déclamatoires. Plus carré, « Bad worn thing » est issu de la plume de Graham Lewis. On y recèle quelques traces puisées dans le Roxy Music du début des seventies (NDR : un clin d’œil ?), mais ce sont les inflexions vocales de Lewis, calquées sur celles de Peter Fox qui frappent. Etonnant et savoureux ! Mécanique, « Moreover » lorgne davantage vers l’indus. Deux titres enlevés encore dans le genre, mais plus classiques pour Wire : « A flat tent » et « Smash ». L’œuvre nous plonge encore dans le psyché folk sur « Adapt ». A cause de ce recours à la sèche électrifiée. Un grattage acoustique qui trame le morceau final, en l’occurrence le titre maître. Une superbe plage épique de plus de 5 minutes, légèrement prog, subtilement psyché, qui ouvre peut-être une future perspective pour l’univers sonore de la formation insulaire. Reste « Down to this », une piste plus acoustique également, mais rampante, morbide presque sinistre. A vous faire froid dans le dos. Un superbe album, rien d’autre à ajouter…

A Hawk And A Hacksaw

Cervantine

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« No Rest For The Wicked » ! A Hawk and A Hacksaw donne le ton dès l’ouverture de « Cervantine ». Le duo accordéon-violon originaire du Nouveau Mexique voit les choses en grand depuis qu’il a reçu le concours de The Hun Hangar Ensemble, en 2007. Ainsi, Jeremy Barnes (ex Neutral Milk Hotel) et Heather Trost s’offrent les services de six musiciens intérimaires ainsi que cinq invités. Fort de treize paires de bras, A Hawk And A Hacksaw délivre l’élément discographique le plus élaboré de sa carrière. « Cervantine » est un disque qui ne reste pas en place. Les élans rythmiques de la troupe surgissent de toutes parts. On se prend les cymbales, les tubas, les trompettes et autres bouzoukis en pleine tronche.

Des Balkans à l’Amérique du Sud en passant par l’Europe de l’Est, le duo transcende majestueusement les frontières. La passion des musiciens est palpable dans chacune des notes de cette œuvre intemporelle susceptible de passer en boucle chez les fans du genre. L’empreinte de Tarafs de Haïdouks n’est jamais loin même si A Hawk and A Hacksaw comptabilise quelques degrés supplémentaires de chaleur (si si !) « Cervantine » est tout simplement un voyage immanquable.

Adele

21

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C’est sans conteste LA star pop de début d’année. Deux ans après avoir gravé « 19 », son premier LP, Adele effectue un retour fracassant en publiant « 21 ». Les medias n’ont plus d’yeux que pour elle. Idem du côté du public qui la sollicite à pleins poumons. En Grande-Bretagne, son nouvel opus squatte la première position des charts albums depuis sa sortie. Et pareil côté singles, où un extrait (« Someone Like You ») remplace directement en tête des classements le précédent (« Rolling In The Deep »), sans laisser de temps de parole aux autres. Mais ce bel engouement est-il justifié ? Suffit de jeter une oreille au superbe « Turning Tables », à un « Set Fire To The Rain » beau à en frémir ou au gospel rentre-dedans « Rumour Has It » pour obtenir une réponse à cette interrogation. « 21 » est un disque impeccable de bout en bout, ultra bien bidouillé sans jamais être surproduit. Et, surtout, porté par une voix incandescente, autant capable de voltiges que de circonspection.

Le « 21 » d'Adele, qui cause pas mal de tort à sa ‘concurrente’ Duffy, commercialement parlant, permet à la chanteuse de dévoiler une facette encore plus Soul/Gospel de son talent (« He Won’t Go », « Rolling In The Deep », « One and Only », « I’ll Be Waiting »). Seul reproche, le nombre de ballades encore trop important. Surtout lorsque la demoiselle s’en sort haut la main quand elle verse son grain de voix unique au cœur de morceaux plus ‘upbeat’. Mais dans son ensemble, « 21 » est une belle réussite qui confirme le statut de valeur sûre d’Adele Laurie Blue Adkins.

Cobra Skulls

Bringing The War Home (Ep)

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Fat Mike, le leader de NoFX et taulier du label Fat Wreck Chords présente ici le nouveau poulain de son écurie d’Iroquois. Cobra Skulls est un trio punk mélodique américain, basé à Reno dans le Nevada. Formé en 2005, le combo compte déjà trois albums ainsi qu’une pléthore d’Eps et de singles à son actif. « Bringing The War Home » constitue sa première sortie pour Fat Wreck. Cet Ep cinq titres, produit par Fat Mike en personne, ne dure en tout et pour tout que douze minutes ; ce qui est bien suffisant pour nous permettre de conclure à l’impersonnalité de ces keupons. Cobra Skulls est, en effet, l’un de ces groupes punk/pop rock mélodiques standardisés comme on en rencontre aux quatre coins de l’Amérique. Il est vraiment difficile de le différencier des autres formations du style (qui encombrent le catalogue de Fat Wreck). Les textes politisés dénonçant xénophobie et politique d’immigration américaine auraient pu faire leur effet dans le contexte d’un punk rock plus couillu. Déclamés sur de jolies mélodies punk/pop, ils n’effraient pas plus que les aboiements d’un roquet à sa mémère. Les interventions jouissives d’une section de cuivres sur « Doomsday Parade » auraient pu apporter une certaine originalité à la musique des Cobra Skulls, si leur utilisation avait été étendue aux autres titres. Ce n’est malheureusement pas le cas.

Les amateurs apprécieront probablement la cover de « Give You Nothing » de Bad Religion.

A écouter si vous appréciez Teenage Bottlerocket, Against Me! et les autres combos punk rock mainstream qui font partie du fond de commerce de Fat Wreck Chords.

 

Edwyn Collins

Losing sleep

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Votre serviteur a toujours manifesté un grand respect pour Edwyn Collins. Pas parce qu’il a pondu un hit incontournable en 1994, « A girl like you », mais à cause de son rôle joué au sein de la formation référentielle Orange Juice, qui a sévi entre 1979 et 1984. Elle constituait alors un fer de lance du mouvement ‘postcard’. Suite à une grave attaque cérébrale, dont il a été victime en février 2005, l’Ecossais est resté entre la vie et la mort pendant quelques jours. Et lorsqu’il s’en est sorti, il a dû entamer une longue période de rééducation, notamment de sa main droite, celle-ci ne lui permettant plus de jouer de la guitare. Un fameux combat contre le destin, pour un guitariste. En 2007, il publiait « Home again », un disque qui avait été enregistré avant son hémorragie. Un opus pas trop convainquant, il faut le reconnaître.

Pour enregistrer « Losing sleep », il a reçu le concours d’une belle panoplie de potes musicos. Et en particulier Roddy Frame (Aztec Camera) Ryan Jarman (The Cribs), Johnny Marr (Ex-Smiths, Cribs), Alex Kapranos et Nick McCarthy (Franz Ferdinand), Romeo Stodart (The Magic Numbers) ainsi que Jonathan Pierce et Adam Kessler (The Drums). Si sa voix de crooner a perdu de son timbre, elle se révèle aujourd’hui plus fragile. Les compos n’en sont que plus bouleversantes. Mais moins sensuelles. Faut dire qu’elles manquent cruellement d’efficacité. Et la sophistication de la mise en forme accentue cette impression. A tel point que certains titres mid tempo lorgnent carrément vers la pop/r&b mainstream. On devrait y voir plus clair lors de la sortie de son prochain long playing…

Nicolas Comment

Nous étions Dieu

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« Nous étions Dieu » constitue le premier album de ce Parisien, âgé de 37 ans, reconverti dans la chanson sombre et mélancolique. Un artiste complètement inconnu au bataillon, ce Nicolas… comment ? Comment, Nicolas Comment. Pigé ?

Après avoir accompli des études aux beaux-arts, arts-déco et de cinéma, il embrasse la profession de photographe et est engagé par l’agence VU, vu ?

Musicien (pour son propre plaisir) depuis toujours mais donnant la priorité à l’image, notre homme est un soir bloqué à l’aéroport de Berlin et c’est là que le déclic se produit, mettre en boîte ce qu’il a déjà écrit. En 2008, son projet donne naissance à un mini-album six titres, « Est-ce l’Est »

L’appétit venant en mangeant, Nicolas rencontre Marc Collin (Indurain, Ollano, Nouvelle Vague) qui, comme lui, est féru de ‘New Wave’ des eighties. Des 25 chansons proposées par notre photographe, le producteur dirige son choix vers les plus sombres et privilégie les synthés afin de les envelopper au sein d’une ambiance électro feutrée.

L’album est parfaitement réalisé, rien à dire. Les textes sont très beaux. L’accompagnement musical est impeccable ; en outre, la rythmique est efficace. Un petit bémol toutefois ; et même s’il s’en défend, Nicolas Comment (ab)use volontairement du style et du phrasé (il parle plus qu’il ne chante) de Gainsbourg, source d’inspiration des Bashung, Biolay, et bien d’autres…

Si l’album tient la route et que les textes ne manquent pas d’allure, on a malgré tout la nette impression de se farcir un énième disciple du fumeur de havane. D’ailleurs, pour celles et ceux qui recherchent un peu d’originalité, faudra repasser. Dans « Je te veux », plage ouvrant l’album, on croit même être en présence de Benjamin Biolay, tant la ressemblance est frappante. Et le reste est issu du même moule.

 

Cut

Annihilation Road

Écrit par

One, two, crie fort!

Pas le temps de reprendre son souffle, car ces treize brûlots Rock and Roll déboulent à vive allure et enflamment le bitume. Chaud devant!

Concis (les morceaux excèdent rarement les deux minutes trente), incisif, et interprété avec toute l'énergie que nécessite le genre, cet album n'a d'autre prétention que d'explorer plus avant la route toute tracée qui mène au plaisir direct et sans détour, sans se perdre dans les méandres de la complexité.

Et ces Italiens savent y faire dans le registre. Soutenu par le Label Go Down, il se pourrait bien qu'ils sortent de leur botte secrète pour conquérir de plus vastes territoires.

Dans cette veine old school qui doit autant au Ramones qu'aux Stooges, le pied au plancher, « Annihilation Road » fait le ménage et dépoussière les recoins des cerveaux encombrés. Une solide dose d'adrénaline, servie par des rythmes tranchés et des guitares tranchantes. L'aiguille monte dans le rouge et les jambes fourmillent, sous l'effet de ce Rock and Roll furieux et diablement efficace.

Bien encadré, cet opus a été enregistré à N-Y par Matt Verta Ray, l’un des deux membres de Heavy Trash (NDR : l’autre, c’est Jon Spencer). Il lui a apporté le soin d'une production sauvage mais néanmoins claire et précise. Mixé par Ivan Julian (ex-Voidoids de Richard Hell), cet opus décolle dés les premières mesures et ne s'essouffle jamais en cours de route.

Certes pas crucial, mais fort bien troussé, cet elpee décoiffera et dérouillera les aficionados d'un genre qui au fil du temps se répète sans se lasser, et génère encore de sacrées sensations.

 

HK & les Saltimbanks

Citoyen du Monde

Écrit par

Ancien membre du Ministère des Affaires Etrangères, ce fils d’immigrés algériens a décidé de se lancer dans une carrière individuelle. Enfin, pas tout à fait, puisqu’il est aujourd’hui flanqué des Saltimbanks. Issu d’un quartier populaire de Roubaix, HK connaît parfaitement les sujets qu’il aborde dans ses lyrics : l’immigration, la pauvreté, l’intolérance. Des questions qui ont toujours préoccupé le personnage. Et pour exprimer ses sentiments, le Français a choisi, comme il le conte dans « Enfant d’une époque », la force des mots.

« Citoyen du Monde » constitue son premier album solo. HK et ses saltimbanques y mélangent les styles : du reggae à la musique africaine en passant par la chanson française ; un véritable métissage musical proche d’un Zebda et fatalement du Ministère des Affaires Etrangères, peut être aussi d’un Java, mais uniquement sous l’aspect musical. HK dispense ses messages en chantant, rappant ou slamant ; mais si sa prose est parfois naïve elle a au moins le mérite d’interpeler ; et surtout de nous pencher sur les problèmes sociétaux contemporains.

HK s’est montré très généreux dans l’effort, puisque cet opus réunissant 20 morceaux est partagé en deux compact-discs. Il faut cependant reconnaître que certains titres font un peu pâle figure ou sont tout simplement dispensables. Car finalement, un seul elpee de 10 à 12 pistes aurait largement suffi.

 

Indochine

Putain de stade

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“Putain de stade” est paru ce 17 janvier 2011 sous quatre formats différents : un double album digipack, un triple Dvd digipack, un double Blu Ray digipack et un coffret métallique réunissant les trois Dvd et les deux disques. C’est le double audio qui nous a été transmis. Cette œuvre ‘live’ immortalise le set d’Indochine, accordé au stade de France, le 26 juin 2010, face à 80 000 spectateurs. Il recèle tous les grands classiques du groupe interprétés dans une ambiance phénoménale. Revers de la médaille, les acclamations de la foule sont parfois un peu trop envahissantes. Il y manque sans doute l’image…

 

Sven Kacirek

The Kenya sessions

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Près de deux années ont été nécessaires pour voir naître ce projet singulièrement intéressant, tant sur papier, qu'à l'écoute de ces quinze titres aux couleurs d'un crépuscule africain.

Compositeur discret mais au talent reconnu dans le monde du jazz, Sven Kacirek s'attelle ici à une œuvre qui doit autant à son propre talent qu'à celui de ces autochtones pour le meilleur d'une collaboration riche en couleurs.

L’idée de pénétrer un monde différent, de quitter l'angoisse et la schizophrénie des grandes métropoles et de s'imprégner de la culture musicale de ce magnifique continent, précède ce voyage pluriculturel.

Loin de ses installations, l'artiste va alors récolter matière à son travail : chants traditionnels et hymnes locaux, rencontres avec ces voix qui font la magie des grands plateaux longeant le lac Victoria (Ogoya Nengo, grande dame qui prête son organe sur « Dear Anastasia », chanson qui du reste lui est dédiée), et enrichissement personnel au contact de ces gens dotés d'une grande ouverture d'esprit.

En ressort au final un disque dense et sauvagement beau. Peut-être simplement beau? Loin des crédos engoncés de notre vieille Europe. Captivant de bout en bout, « The Kenyan sessions » offre un billet vers l'imaginaire, et s'écoute sans effort.

Le piège de l'intellectualisme ayant été parfaitement contourné, je ne peux que vous inviter à jeter dans la gueule du lion...