La vie dans les petits espaces de Black Marble

Black Marble, alias Chris Stewart, sortira son premier album, « Life in Small Spaces », le 21 août 2026 chez Sacred Bones, qui sera immédiatement suivie d’une tournée. Il s’agit de son premier elpee complet depuis « Fast Idol » (2021). « Life in Small Spaces…

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Greg Freeman

Greg Freeman ostéopathe ?

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Greg Freeman a partagé « Indu », premier extrait de son nouvel opus, « All Set The Bone », attendu le 2 octobre chez Transgressive/Canvasback. Le titre s’accompagne d’un clip    (à découvrir ici)

Produit par John Congleton, ce disque marque une nouvelle étape dans le parcours du songwriter, quelques mois seulement après avoir gravé « Burning Over ».

À peine ce précédent long playing achevé, Freeman s’est remis à écrire, animé par l’envie de déplacer ses repères plutôt que de prolonger une formule éprouvée. ‘J’ai eu une sorte de révélation où j’ai compris ce que devait être le prochain album’, explique-t-il, surpris lui-même par la rapidité de cette nouvelle impulsion. Il pensait devoir attendre que les influences et l’inspiration reviennent plus lentement ; elles se sont finalement imposées naturellement, nourrissant des morceaux tendus, directs, mais jamais encombrés.

« All Set The Bone » s’annonce comme le reflet de changements profonds et de tensions multiples. Freeman y rassemble des récits politiques et intimes, répartis sur quatre faces, où les secousses du monde croisent le deuil personnel. Cette matière dense s’est construite durant une période de rupture : l’artiste a quitté Burlington, où il vivait depuis longtemps, pour s’isoler dans un coin reculé du sud-ouest des États-Unis. Il s’est alors consacré pleinement à la musique, laissant derrière lui ses emplois de paysagiste dans un cimetière et de cuisinier dans un restaurant.

Par son énergie nerveuse et sa mélodie accrocheuse, « Indu » donne un premier aperçu de cette mue. Le morceau est alimenté par une tension constante et par une écriture qui privilégie l’élan à la démonstration. Sans multiplier les effets, Greg Freeman y confirme une trajectoire singulière : celle d’un musicien qui transforme l’instabilité en matière sonore et ouvre, par ce nouveau disque, un chapitre plus frontal et plus habité.

Protomartyr

Protomartyr imagine l'Amérique comme un hôtel vieillissant

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Protomartyr sortira Hotel Usona, son septième long playing, le 25 septembre 2026 chez Domino. Pour en ouvrir la porte, la formation post-punk de Detroit publie “Sounds We Cannot Hear”, accompagné d’un clip officiel visible ici

Réalisée par Danny Scharar et Harris Mayersohn, la vidéo met notamment en images Nate Varrone dans une atmosphère de malaise ordinaire, parfaitement raccordée aux obsessions du morceau.

Enregistré sous la houlette de Dave Fridmann aux Tarbox Road Studios, dans l’ouest de l’État de New York, Hotel Usona imagine l’Amérique comme un hôtel vieillissant, dont chaque chambre abriterait une inquiétude contemporaine. Joe Casey y scrute la paralysie de la vie moderne, l’absorption par les écrans, la violence diffuse, les dérives politiques et l’épuisement intime, sans transformer le constat en sermon. Le disque privilégie une tension sèche, parfois presque théâtrale, mais garde cette ironie noire qui permet à Protomartyr de regarder le désastre sans se draper dans la pose.

Autour du chanteur, Alex Leonard, Scott Davidson et Greg Ahee densifient encore le langage du combo. Les guitares se tendent, les rythmiques glissent d’un bloc compact vers des échappées plus troubles, tandis que des influences venues du Moyen-Orient et de l’exotica des années 50 traversent l’ensemble sans l’alourdir. Fridmann accentue les reliefs, notamment dans la batterie, et l’apport de cuivres signé Jon Fridmann élargit par moments le décor.

“Sounds We Cannot Hear” donne ainsi une première idée d’un opus pensé comme un lieu mental : sombre, nerveux, habité, mais jamais boursouflé. Protomartyr y conserve son art du déséquilibre, entre rudesse rock, narration fragmentée et mélodies obliques. Iggy Pop, autre figure de Detroit, accompagne d’ailleurs cette annonce par un texte où il salue une formation capable de déplacer rythmes et harmonies sans ostentation.

Après la sortie de Hotel Usona, Protomartyr repartira sur les routes. Le passage belge est fixé au samedi 20 février au Botanique, à Bruxelles. Une occasion d’entendre ces nouvelles chansons hors du cadre du studio, là où leur tension devrait prendre une autre dimension.

 

Lisa LeBlanc

Lisa Leblanc, on en parle beaucoup

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Quelques années après s’être approprié les codes du disco sur l’album « Chiac Disco », Lisa Leblanc vient de partager la pépite rock « Whole Lotta Talkin’ ». Grâce à son mélange unique de musique roots, rock, disco, funk et country, Lisa LeBlanc s’impose comme une icône acadienne depuis 2012. Après avoir connu un succès majeur pour son premier elpee éponyme, elle décide de troquer le français pour l’anglais sur « Highways, Heartaches and Time Well Wasted » en 2014, ainsi que sur « Why You Wanna Leave Runaway Queen ? ». Ces trois premiers disques s’écoulent à plus de 140 000 exemplaires.

Passant aussi aisément de Dawson City à Caraquet que de Paris à Lafayette, Lisa et ses musiciens tournent pratiquement sans relâche au cours des années suivantes. Elle prend une pause en 2019 mais en profite néanmoins pour voyager, écrire et s’épanouir en tant que musicienne. Elle coréalise le premier opus du Néo-Écossais Jacques Surette, puis assure la réalisation du 25e long playing d’Édith Butler, « Le tour du Grand Bois ». Ajoutant cette nouvelle corde à son arc, elle explore d’autres facettes de la création musicale, tout en mettant ses idées et sa passion au service des autres.

Caractérisé par un riff de guitare surf rock et par un orgue des années 60 qui rappelle The B-52’s, « Whole Lotta Talkin’ » évoque avec humour une situation à laquelle tout le monde a été confronté·e : se retrouver coincé·e face à quelqu’un qui n’en finit plus de parler. Cette réjouissante chanson témoigne aussi de l’aisance de la musicienne acadienne à passer du français à l’anglais, du disco au rock ‘n’roll, sans jamais compromettre son identité artistique.

Réalisé par Alexandre Pelletier, le clip de « Whole Lotta Talkin’ » met en scène les aventures de tournée d’un groupe dysfonctionnel composé de Lisa Leblanc et de marionnettes. ‘J’ai voulu exécuter ce récit drôle et absurde avec tout le sérieux du monde, comme si on regardait un film biographique musical ultra-dramatique’, explique le réalisateur. Attention : ce qui commence sur une note ludique se termine par un double marionnetticide.

Depuis la sortie de « Chiac Disco » en 2022, Lisa LeBlanc a accordé plus de 140 concerts à travers l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon ; a reçu plusieurs Félix, une nomination aux Junos et une place sur la prestigieuse courte liste du Prix Polaris ; elle a aussi fait équipe avec 63 musiciens classiques pour enregistrer l’album « Live » en compagnie de l’Orchestre symphonique de Québec, lancé en 2024.

Le clip de « Whole Lotta Talkin’ » est disponible

 

 

Phil Campbell’s Bastard Sons

La flamme Campbell continue de brûler…

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Phil Campbell’s Bastard Sons et Rödder au Zik-Zak : la flamme continue de brûler. Cette soirée estivale s’annonce chargée d’émotion. Quelques mois après la disparition de Phil Campbell, guitariste historique de Motörhead, ses trois fils retrouvent les planches sous le nom de Phil Campbell’s Bastard Sons, aux côtés du chanteur Julian Jenkins. Cette tournée permet à la famille Campbell de poursuivre l’aventure et de perpétuer l’héritage rock’n’roll de leur père.

Depuis la disparition de Lemmy et la fin de Motörhead, Phil Campbell n’était pourtant pas resté inactif. Après avoir sillonné les routes sous le nom de Phil Campbell’s All-Stars et figuré à l’affiche de nombreux festivals, la formation était rapidement devenue Phil Campbell and the Bastard Sons. Elle réunissait ses fils Todd à la guitare, Dane à la batterie et Tyla à la basse, ainsi que Neil Starr, un ami de la famille, au chant. Le combo avait publié son premier opus, « The Age of Absurdity », en 2018, puis entrepris une tournée intensive. Campbell avait ensuite sorti le disque solo « Old Lions Still Roar » en 2019, entouré de nombreux invités. En 2020, pendant la pandémie, les Bastard Sons avaient proposé un deuxième long playing, « We’re The Bastards ».

Phil Campbell est décédé le 13 mars 2026, à l’âge de 64 ans, des suites de complications consécutives à une lourde opération.

Rödder chauffe rapidement la salle. À 20 heures, le combo ouvre la soirée par une prestation brève et efficace d’environ trente minutes. Il entre immédiatement dans le vif du sujet et livre un rock énergique, soutenu par des guitares incisives et une attitude en accord avec le programme.

Face à une foule principalement venue retrouver l’énergie brute associée à Motörhead et à la famille Campbell, Rödder remplit sa mission. La formation fait monter la température et prépare le terrain sans ralentir le rythme. Cette première partie directe, dépourvue de longue introduction ou d’artifices, plonge aussitôt la salle dans une atmosphère rock (page ‘Artistes’ ici). 

Vers 21 heures, Phil Campbell’s Bastard Sons investit les planches. Dès les premières mesures de « We’re the Bastards », le ton est donné : guitares puissantes, basse lourde et batterie d’une précision redoutable. Todd Campbell assure les parties de guitare, Tyla Campbell tient la basse et Dane Campbell propulse l’ensemble derrière ses fûts. Au chant, Julian Jenkins trouve naturellement sa place dans cette nouvelle configuration.

L’absence de Phil Campbell reste perceptible, mais le band ne transforme jamais la soirée en cérémonie funèbre. L’hommage s’exprime par la musique, le volume et la volonté de continuer. La manière la plus fidèle de célébrer un homme qui a consacré plus de trente ans à Motörhead consiste sans doute à jouer du rock’n’roll aussi fort que possible.

La setlist associe les compositions des Bastard Sons à plusieurs classiques liés à Phil Campbell. Des titres tels que « High Rule », « Spiders », « Dark Days », « Strike the Match » ou « Maniac » rappellent que la formation possède sa propre identité et ne se réduit pas à un tribute band.

Lorsque retentissent les premières notes de « Going to Brazil », « Rock Out » ou « R.A.M.O.N.E.S. », l’ombre de Motörhead plane sur le Zik-Zak. L’auditoire retrouve une formule éprouvée : riffs simples et ravageurs, rythmique lancée à pleine vitesse et refrains repris en chœur. « Ace of Spades », placé au milieu du concert plutôt qu’en conclusion, provoque l’un des temps forts de la soirée. Le quatuor ne cherche pas à reproduire Motörhead à l’identique ; il conserve l’urgence et l’agressivité qui ont élevé ce titre au rang de classique du rock.

La suite ne faiblit pas : « Born to Raise Hell » précède « Maniac », qui clôt la première partie. À ce stade, le combo concilie le respect de son héritage familial et l’affirmation d’une personnalité musicale plus actuelle.

Le rappel s’ouvre sur « Heroes » de David Bowie. Dans le contexte de cette tournée, le titre acquiert une résonance particulière. Après la déferlante de guitares et de décibels, cette parenthèse mélodique ménage un moment d’émotion et de respiration sans rompre l’intensité de la soirée.

La formation repart ensuite sur « Ringleader », puis assène un dernier coup par « Killed by Death ». La soirée s’achève sur « Motorhead », morceau initialement enregistré par Hawkwind et devenu l’acte fondateur du band de Lemmy. La conclusion ne pouvait guère être plus symbolique : les fils de Phil Campbell terminent leur concert à la source de l’histoire dont ils assurent désormais la continuité.

La relève est assurée. Dans le cadre intimiste du Zik-Zak, la proximité entre les musiciens et la fosse accentue la puissance de la prestation. Réputée pour son acoustique et la faible distance qui sépare les artistes des spectateurs, la salle d’Ittre convient parfaitement à ce rock direct et physique.

Phil Campbell’s Bastard Sons ne cherche ni à remplacer Phil Campbell ni à recréer artificiellement Motörhead. Le combo prolonge plutôt une histoire familiale tout en bâtissant son propre avenir. Todd, Tyla et Dane Campbell poursuivent leur route aux côtés de Julian Jenkins, animés par une détermination évidente.

Au terme de la soirée, une impression domine : la disparition de Phil Campbell laisse un vide immense, mais n’éteint pas la flamme. Ses fils montrent qu’elle brûle encore, nourrie par le respect de son héritage et par une solide dose de décibels.

Verdict : une soirée puissante et émouvante, où l’héritage de Motörhead rencontre l’avenir des Bastard Sons.

(Organisation : Zik-Zak) 

 

 

Pukkelpop 2026 : les guitares indie reprennent Kiewit

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Du 20 au 23 août 2026, Pukkelpop retrouvera la plaine de Kiewit, à Hasselt, avec une affiche qui confirme une fois de plus son goût pour les grands écarts. Les grosses pointures sont bien là : Tyler, The Creator, Florence + The Machine, Deftones, YUNGBLUD, Zara Larsson ou encore Major Lazer devraient assurer les grands moments fédérateurs du week-end. Mais au-delà des noms qui remplissent les hautes lignes de l’affiche, cette édition 2026 s’annonce surtout passionnante pour celles et ceux qui aiment le rock indépendant sous toutes ses formes.

Le samedi, Wet Leg viendra défendre son post-punk nerveux et faussement nonchalant, taillé pour les scènes où la tension se transforme vite en fête collective. À ses côtés, Wunderhorse promet l’un des concerts rock les plus attendus, entre guitares brutes, refrains écorchés et énergie de club transposée en plein air. Geese, programmés le vendredi, devraient de leur côté séduire les amateurs de rock anguleux et imprévisible, quelque part entre urgence new-yorkaise, éclats post-punk et mélodies en déséquilibre.

Pukkelpop misera aussi sur les textures plus rêveuses et les formats hybrides. Parcels apportera son groove solaire, à la croisée de l’indie pop, du funk et du disco chic, tandis que Blood Orange devrait offrir l’un des moments les plus élégants du dimanche, entre art pop, soul alternative et songwriting feutré. Kurt Vile & The Violators complèteront idéalement ce versant plus laid-back, avec leurs guitares sinueuses et leur folk-rock indolent. Côté sensations actuelles, SPRINTS, Lambrini Girls, Gurriers, Maruja, Fiddlehead ou Wednesday rappelleront que l’indie rock de 2026 n’a rien de sage : il grince, accélère, se cabosse et regarde volontiers du côté du punk, du noise ou du shoegaze.

Entre mastodontes pop, rap et électro, Pukkelpop 2026 garde donc ce qui fait sa singularité : une programmation capable de faire cohabiter les énormes machines de festival et les groupes qui écrivent, souvent dans un coin de scène, la prochaine page du rock alternatif. Pour les curieux comme pour les puristes, il faudra donc prévoir de bonnes chaussures, un planning serré… et l’envie de se laisser surprendre.

https://www.pukkelpop.be/fr/

 

 

Ancienne Belgique : les nouveaux concerts (update 22/07/2026)

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dim. 20/09 |
Sunday Morning Concert: Gwen Sainte-Rose

mar. 22/09 |
Laundromat Chicks + Topsy Turvy + Tropen @ Super Fourchette

mar. 03/11 |
Moving As A Giant + Tuesday Violence @ Super Fourchette

dim. 15/11 |
Sunday Morning concert: Daimon (Eric Thielemans & Jozef Dumoulin)

mar. 17/11 |
Au Pairs

mar. 01/12 |
Unsafe Space Garden + Bubba @Super Fourchette

ven. 15/01 |
Bellaire

http://abconcerts.be

 

 

Dead Meadow

Une compile incluant des reprises étonnantes pour Dead Meadow

Dead Meadow, figure emblématique du rock psychédélique de Washington D.C., dévoile un premier extrait onirique de son nouvel album « Foundlings » qui consiste en une compilation de sept titres qui puise dans les archives du groupe, couvrant plus de deux décennies de sessions, d’hommages et de perles inédites. La sortie en avant-première est prévue le 31 juillet chez Heavy Psych Sounds.

Réputés pour leur mélange hypnotique de riffs puissants, d’ambiances oniriques et de grooves captivants, Dead Meadow propose, depuis près de trente ans, une recette sonore organique, magistrale et totalement envoûtante. La compilation « Foundlings Rarities » promet de mettre en lumière l’évolution du groupe, en présentant des morceaux inédits qui illustrent leur capacité unique à réinterpréter des influences classiques, de la puissance inspirée de Black Sabbath aux textures chatoyantes à la manière de The Cure, à travers leur propre prisme brumeux, tout en rendant hommage au bassiste et membre fondateur Steve Kille, décédé il y a deux ans après un long combat contre le cancer.

Réunissant le noyau dur du groupe, composé du guitariste et chanteur Jason Simon et du regretté bassiste Steve Kille, avec Mark Laughlin et Stephen McCarty se partageant la batterie, « Foundlings » rassemble des morceaux enregistrés entre 2002 et 2024. Parmi les moments forts, on retrouve une interprétation de « Kingdom of Heaven » de Powell St. John (issue des sessions de « Sonic Cathedral »), une reprise de « Tomorrow Never Knows » des Beatles (issue des sessions de « The Nothing They Need »), ainsi qu’une version de « No Quarter » de Led Zeppelin initialement enregistrée pour un album hommage chez Cleopatra Records, aux côtés de titres originaux issus des sessions d’enregistrement de l’album « Voyager to Voyager », d’une session « EarthQuaker Devices » et d’une session du « Committee to Keep Music Evil » enregistrée avec Anton Newcombe et Rob Campanella (The Brian Jonestown Massacre).

Formé à l’automne 1998, Dead Meadow a émergé de la scène indie/punk de Washington, D.C. pour fusionner son amour du hard rock du début des années 70 et du psychédélisme des années 60 en un mariage unique entre la félicité rêveuse des guitares fuzz et des riffs planants. Au fil de sept elpees studio, trois long playings live et une Peel Session, le groupe a intégré des influences orientales plus sombres et des superpositions de plus en plus denses et hypnotiques, tout en effectuant des tournées dans des contrées aussi lointaines que la Russie et l’Australie et en se produisant dans des festivals de renom, notamment Roadburn et Levitation Fest. Il est devenu un pilier incontestable du mouvement ‘heavy psych’ moderne, aux côtés de contemporains tels que Black Mountain, King Gizzard & the Lizard Wizard et les Black Angels.

Le single « Lost to Light » est en écoute

 

Nina Winder-Lind

Nina Winder-Lind fonce tête première

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Nina Winder-Lind, membre du quatuor The New Eves, dévoile « Headfirst », nouveau single tiré de son premier long playing solo, « Wild Love », attendu le 14 août chez Transgressive. Le titre s’accompagne d’un clip (à découvrir ici), prolongement visuel d’un morceau qui avance d’abord sur un groove dépouillé, porté par des guitares entrelacées et une batterie live au relief nerveux.

Peu à peu, « Headfirst » gagne en ampleur jusqu’à un crescendo collectif, sans perdre la tension instinctive qui traverse l’écriture de Winder-Lind. Sa voix rauque y occupe le centre du récit, entre élan intime et énergie indomptée. L’artiste décrit la chanson comme la rencontre d’un poème né lors d’une promenade dans son quartier et d’un riff étrange enregistré sur GarageBand sous le nom « television guitar » : une affirmation de l’existence, du mouvement et de l’émotion.

Réalisé par Jack Ogborne, déjà associé à Bingo Fury et The Cindys, « Wild Love » a pris forme dans deux studios de Bristol, l’un installé sous la salle Louisiana, l’autre dans une église réaménagée. Pour ce disque, Nina Winder-Lind s’entoure de ses partenaires de scène : Ella Oona Russell, également présente au sein de The New Eves, Finlay Burrows, Edward Deeney et Toma Sapir, auxquels se joint Francesca Brierley.

Même si l’opus conserve quelque chose de la fougue partagée par The New Eves, il explore un territoire plus personnel. À travers onze titres, Winder-Lind rassemble souvenirs, passions et tensions intérieures dans une écriture directe, où l’expérience féminine revient comme un fil conducteur. « Headfirst » en donne un aperçu vif : une entrée tête la première dans un univers rock libre, physique et émotionnellement franc.

Dour festival 2026 : dimanche 19 juillet

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Bon nombre de festivaliers anticipent déjà le rush des départs prévu ce lundi. Sacs à la main, certains gagnent leur véhicule dans l’espoir de quitter le site plus calmement. Ils se souviennent sans doute de ces années où il fallait patienter des heures, sous un soleil de plomb, avant de retrouver le bitume.

Votre serviteur doit malheureusement écourter sa journée, pour raison familiale. Dommage, car ce clap de fin aligne encore de belles affiches, dont Ghinzu, The Experimental Tropic Blues Band ou Interpol. Sur le papier, il s’agit même sans doute de la journée la plus riche musicalement.

À la suite de la défection d’Odezene, Eosine se produit à 18 heures. Une bonne nouvelle : programmée en début d’après-midi, la formation aurait probablement attiré moins de monde.

En attendant, cap sur la Boombox pour découvrir Elea.

Jeune pousse de la pop francophone, Elea s’est fait remarquer par des compositions introspectives et une sensibilité artistique immédiate. Entre mélodies accrocheuses et confidences intimes, la chanteuse s’est frayé un chemin jusqu’aux grands festivals, séduisant un auditoire sensible à sa sincérité.

Sous ses airs parfois fragiles, Elea affirme une identité visuelle claire. Sur les planches, elle a enfilé un pantalon trop court, un bonnet qui lui donne un petit côté écolier et, détail plus inattendu, une cravate.

Au fond du podium, son nom s’affiche en grand, ponctué de clins d’œil pleins d’autodérision : un bonnet rose posé sur le ‘E’ et le ‘A’, une cravate sur le ‘L’. Ces signes distinctifs renforcent l’univers graphique de la tournée. La jeune artiste maîtrise déjà quelques recettes du marketing.

Côté line-up, elle est épaulée par un bassiste et un batteur, tandis qu’un DJ, installé au centre de l’estrade, soigne l’habillage sonore et les rythmiques du set.

Dès les premières notes de titres entraînants comme « Nouveau départ » ou « Tout recommencer », le ton est donné. Elea se livre au fil du concert, évoquant auprès de la foule son goût pour la musique classique et Eddy de Pretto. Pour lui rendre hommage, elle interprète une version très personnelle de « Random », exercice qu’elle aborde avec assurance.

C’est toutefois sa reprise de « Creep » de Radiohead qui surprend le plus. Elle y mêle français, anglais et incursions rap dans une version ample, efficace, qui réveille la fosse. La tension grimpe encore au son de « Briller » et de « Passionnée de toi ».

Pour remercier les aficionados venus nombreux, elle présente en exclusivité « Pour moi », un titre inédit annoncé pour le mois d’août. Plus ambiancé et rythmé que ses morceaux habituels, il laisse entendre une orientation plus marquée vers le rap.

Enfin, pour prendre congé de ses hôtes, elle propose une relecture d’un titre de Maître Gims, moins spectaculaire que les moments précédents, mais assez légère pour refermer la prestation sans lourdeur.

L’Atelier accueille ensuite Kaat Van Straelen.

Figure montante du paysage musical, Kaat Van Straelen séduit par un univers situé entre pop organique, mélodies soignées et textes intimistes. Grâce à des compositions ciselées et une présence lumineuse, l’artiste s’est peu à peu imposée sur des affiches plus exposées, affirmant une signature singulière.

Sur les planches, la formule reste épurée, efficace et résolument rock. Le combo réunit un bassiste, une chanteuse, un guitariste et un drummer. Le bassiste, chevelu comme un lion, imprime une présence visuelle sauvage qui contraste agréablement avec la finesse des mélodies.

Devant une salle pleine à craquer, l’échange fonctionne bien. Au fil du set, la formation alterne rythmes accrocheurs et chansons plus douces, mettant en valeur la voix poignante et cristalline de la chanteuse.

Si la connexion semble réelle entre Kaat Van Straelen et la fosse, votre serviteur, lui, n’accroche pas. Une proposition plus appétissante attend peut-être du côté de la Petite Maison dans la Prairie : High Vis s’y colle.

Originaire de Grande-Bretagne, High Vis s’est rapidement imposé parmi les formations marquantes du punk et du post-hardcore actuels. Entre urgence abrasive, mélodies directes et textes ancrés dans la réalité de la classe ouvrière, le band a gagné une solide réputation sur les circuits alternatifs internationaux.

Sur l’estrade, le line-up va droit au but : deux guitares, un préposé au chant et un batteur redoutablement nerveux.

Dès l’intro et le brûlot « Drop Me Out », l’énergie jaillit. Ça part dans tous les sens, et la foule réagit immédiatement. Le combo enchaîne les salves sonores, traversant des morceaux tendus comme « Walking Wires », « Altitude » et l’implacable « Out Cold ».

Le frontman se dépense sans compter, harangue l’auditoire et accentue la tension de chaque titre. À sa droite, le guitariste ne ménage pas non plus ses efforts : ses gestes amples martèlent les accords et donnent du relief à « Mob DLA », « 0151 » ou encore « Guided Tour ».

La tension ne retombe pas lorsque surgissent les riffs incisifs de « Choose to Lose » et la charge de « Mind’s a Lie ».

Guidé par une voix âpre, le set s’achève sur « Trauma Bonds ». La foule ressort secouée, mais convaincue par une prestation viscérale et sans concession. De la rage, de la sueur et peu de place pour le compromis.

Il est 18 heures : Eosine peut entrer en piste.

Lorsque les musiciens d’Eosine grimpent sur l’estrade, on mesure à peine qu’un combo aussi jeune puisse déjà bénéficier d’une telle popularité. Emmenée par Elena Lacroix, à la guitare électrique et au chant, la formation compte quelques EP à son actif, dont « Obsidian » (2021) et « Carolline » (2023), mixés et masterisés par Mark Gardener himself, l’un des chanteurs-guitaristes du légendaire Ride.

Entre dreampop et shoegaze, Eosine esquisse un univers qui évoque Slowdive ou Cocteau Twins, tout en cherchant à s’en distinguer par une couleur sonore propre.

Toute l’équipe est vêtue de blanc. Serait-ce l’immaculée conception ? Elena Lacroix s’installe d’un pas sûr, entourée d’un batteur, d’un second guitariste et d’un bassiste chevronné. Au milieu de cette esthétique vaporeuse, un détail plus décalé attire l’œil : le second guitariste arbore une coupe mulet, touche amusante dans ce tableau soigneusement composé.

La voix peine à se dégager en début de set, mais la chanteuse corrige rapidement le tir et trouve sa place dans le mix.

Entre les morceaux, Elena s’adresse à l’auditoire en français, en néerlandais puis en anglais, chaque fois sans hésitation, ce qui crée une proximité immédiate.

Le combo dégage une belle énergie, taillée pour le live. Dès les premières notes de « Digitaline » ou de « A Scent », la voix laisse entendre des intonations qui rappellent Björk, tandis que les guitares oscillent entre reverb, chorus et delay.

Les compositions flirtent avec une abstraction sidérale et entraînent l’auditoire dans un climat presque cosmique. Le set gagne peu à peu en intensité avant de se refermer sur des vagues hypnotiques, marque de fabrique du combo.

Elena Lacroix manie sa guitare avec précision, tandis que la frappe du batteur alterne souplesse et rigueur.

Eosine signe ainsi un show carré et maîtrisé, confirmant son aisance sur les planches. Vaporeux, précis et cosmique : un triptyque idéal pour clore cette édition.

L’édition 2026 du festival de Dour s’achève ici. Entre le départ de son organisateur historique, Damien Dufrasne, lié au festival depuis 35 ans, un déficit structurel et les stratégies financières des actionnaires, l’édition 2027 pourrait réserver bien des surprises. Et pas forcément les meilleures.

(Organisation : Dour festival)

Dour festival 20026 : samedi 18 juillet

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Et de trois ! Une journée supplémentaire commence à peser dans les guiboles. Même si le site paraît moins étendu cette année, il faut encore avaler pas mal de kilomètres, les podiums restant bien éloignés les uns des autres.

Les températures, plus respirables que lors des deux jours précédents, offrent un vrai répit aux festivaliers.

La journée se place sous le signe de la détente et de la découverte. Votre serviteur file donc vers la Petite Maison dans la Prairie, l’un des hauts lieux du rock, pour y écouter une toute jeune demoiselle du nom de Théa.

Propulsée par une ascension rapide sur le circuit indépendant francophone, Théa s’impose comme une voix singulière, entre urgence punk, esthétique pop et production électronique acérée.

Elle passe sans peine des climats intimistes de « Echo » ou « PTSMR » aux décharges sonores de brûlots tels que « h4rdro0ck3r ». L’autrice-compositrice-interprète s’est taillé une solide réputation sur les planches. Habituée des clubs underground et des tremplins alternatifs qui l’ont aguerrie, elle promène aujourd’hui sa gouaille et sa rage sur les grands podiums de festivals, auprès d’une jeunesse en quête d’authenticité brute.

Sur les planches, le regard accroche d’abord une batterie rose installée au milieu des projecteurs, tandis que les amplis, placés à l’opposé, affichent le même coloris flashy. À les voir ainsi trôner, on croirait presque le matériel sponsorisé par la Commune de Boussu, voisine du festival, dont le rose passe pour la couleur préférée de la Bourgmestre, affectueusement surnommée Barbie dans l’intimité. C’est dire !

Théa ne s’embarrasse pas toujours de délicatesse, et c’est précisément ce qui nourrit sa force. Tandis que résonnent des titres percutants comme « Hannah Montana », « Allo ? C Moi » ou l’euphorique « Enfants D’la Rave », elle livre ce soir « Bby me laisse pas », composition faussement nostalgique traversée par des beats proches de l’électro-rock. Elle n’abandonne jamais son goût pour le récit cru, notamment sous « Anxiolytiques » et son refrain cathartique – On a baisé une dernière fois. C’est fin, c’est frais et ça se mange sans faim.

Entre deux décharges sonores comme « Guillotine » ou l’entêtant « Cavale ! Cavale ! », l’artiste dessine un versant plus nuancé et réellement intéressant.

Ses textes, chargés d’une rage manifeste, parlent à une foule jeune qui semble connaître l’artiste sur le bout des doigts. Elle scande d’un même élan des titres comme « Qui Fera Taire les Kidz Fucked Up ?? », plus portée à vibrer collectivement qu’à reprendre sagement des refrains balisés.

Au cœur de cette déferlante électrique, le set prend soudain une tournure plus intime grâce à « Juste ami ». En version piano-voix, le registre change, et son grain vocal particulier trouve pleinement sa place, laissant entrevoir une fragilité plus directe.

Fidèle à ses convictions et à l’esprit frondeur de ses prestations, l’artiste ponctue aussi son passage de prises de parole antifascistes et antiracistes, qui donnent une autre portée au concert.

Une chose est sûre : le passage de Théa à Dour ne laisse guère indifférent. C’est cru, brut et sincère.

À une encâblure de là, la curiosité de votre serviteur le pousse vers l’Atelier, non pas pour bricoler, mais pour y voir Lézar. Pas l’animal, mais la formation, pardi !

Né dans le bouillonnement du circuit alternatif, Lézar s’est peu à peu faufilé dans le paysage musical en cultivant une esthétique singulière, loin des sentiers battus.

Nourri d’influences éclectiques, le projet s’est structuré au fil des répétitions et des passages locaux, jusqu’à trouver sa place dans l’effervescence de grands rendez-vous comme Dour.

Sur l’estrade, le quatuor réunit guitare, basse, batterie et chant, ce dernier incarné par une chanteuse à la présence affirmée.

L’univers proposé se situe à mille lieues de l’ambiance nerveuse à laquelle votre serviteur venait de s’habituer. Il doit bien se rendre à l’évidence : préférant d’autres horizons, il décide sagement de changer de crèmerie.

Et la déception ne s’invite pas au programme. Bob Vylan constitue sans doute l’une des belles surprises de cette édition 2026.

L’hémicycle de la Petite Maison dans la Prairie affiche complet. Signe que le spectacle annoncé risque de secouer les lieux.

Originaire de Londres, Bob Vylan réunit Bobby au chant et Bobbie à la batterie. À la croisée du punk, du rap et du rock alternatif, le duo s’est rapidement taillé un nom sur le circuit international grâce à des prestations viscérales et à un engagement politique tranché, qui bousculent les codes des grands festivals européens.

Sur le podium, un grand écran occupe l’arrière-plan. S’y succèdent des images de nature et, surtout, des textes politiquement engagés. La configuration s’avère minimale : un chanteur, un batteur et une bande-son percutante, qui renforce les compositions du duo.

La musique de Bob Vylan secoue d’emblée : elle respire une énergie foutraque et nerveuse.

Dès les premières notes de titres comme « We Live Here », « Down » ou l’explosif « GYAG (Get Yourself a Gun) », le ton est donné.

Le frontman, engagé et tendu comme un ressort, ne tient pas en place. Il bouge, sautille sans discontinuer et galvanise la foule au rythme de morceaux incisifs tels que « Makes Me Violent », « Take That », « Northern Line » ou le cynique « Sick Sad World ». Qu’il enchaîne l’urgence de « Ring the Alarm », la lourdeur moite de « Wicked & Bad » ou l’ironie mordante de « Pretty Songs », il occupe l’espace scénique par une intensité constante.

Entre « I Heard You Want Your Country Back » et l’implacable « Hunger Games », on retient aussi l’hommage rendu à Stephen Lawrence.

Pour rappel, ce jeune étudiant noir britannique de 18 ans a été assassiné en 1993 à un arrêt de bus de Londres, lors d’une attaque raciste qui a profondément ébranlé le Royaume-Uni et mis en lumière les failles institutionnelles ainsi que le racisme systémique de la police britannique.

En invoquant sa mémoire, le duo ancre sa prestation dans une réalité historique et militante forte. Rage, mémoire et frontalité : voilà le triptyque Bob Vylan.

Pour terminer cette journée, place aux déjantés de TVOD. Derrière cet acronyme ne se cache pas une chaîne de télévision, mais une bande de joyeux lurons déchaînés dont l’objectif consiste à contenter une foule exigeante musicalement.

Dans la lignée des formations qui raniment l’urgence du rock indépendant, TVOD s’est forgé une solide réputation au fil de prestations intenses. Entre nostalgie vénéneuse, énergie post-punk et tension abrasive, le sextuor s’impose comme une valeur sûre à suivre sur les scènes alternatives européennes.

Sur les planches, le line-up est complet et généreux : une batterie, une basse, deux guitares, un clavier et un chant. Côté style, le frontman annonce la couleur grâce à un t-shirt jaune à manches longues flanqué du logo Martini, clin d’œil rétro assumé qui donne le ‘la’ de la performance.

La formation délivre une sonorité héritée des années 80-90. Dès que résonnent « Uniform », « Pool House » ou l’implacable « Car Wreck », les guitares suintent la distorsion et le batteur claque ses baguettes sur les fûts par une précision rageuse, rappelant la grande époque des vieux briscards du rock.

Mais les frasques survoltées du chanteur justifient à elles seules le détour et propulsent le show dans une zone délicieusement foutraque. Il court, hoche la tête frénétiquement et sautille sans répit sur des salves sonores telles que « Super Spy », « MUD », « Ex-Boyfriend Beat » ou le cinglant « Clorox ». Entre deux accélérations sauvages comme « Pilots », « Rerun » ou le percutant « PIT », il mène la danse de bout en bout, pour le plus grand bonheur des aficionados massés au pied du podium.

Alors que la tension grimpe au son de « Meetings », « Wet Brain », « Wells Fargo » et de l’hymne incandescent « Party Time », le set s’embrase pour de bon.

Sous les vagues sonores hypnotiques de « Alien » et de l’entêtant « Mantis », les musiciens finissent par emboîter le pas de leur gourou. Dans un élan collectif, la troupe entière s’abandonne à un final où elle s’écroule sur les planches, couchée au sol et happée par la transe.

Nostalgie, transe et sueur : TVOD vient à bout des derniers organismes encore debout.

Plus rien de vraiment apaisant n’apparaissant au menu, votre serviteur préfère tourner les talons et parcourir les quelques kilomètres qui le séparent de son cocon.

(Organisation : Dour festival)

La Carrière Festival revient à Bioul les 21 et 22 août 2026

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La Carrière Festival fera son grand retour les 21 et 22 août 2026 au Domaine de La Carrière, à Bioul. Pour sa septième édition, l’événement confirme sa place parmi les rendez-vous musicaux à taille humaine les plus attachants de Wallonie. Dans le cadre singulier d’une ancienne carrière, entre nature, pierre et atmosphère conviviale, le festival proposera deux jours de concerts, de découvertes et de rencontres.

Fidèle à son ADN, La Carrière mise sur une programmation indépendante, curieuse et éclectique, mêlant artistes belges et internationaux. Parmi les noms annoncés figurent Alice Costelloe, Annie-Claude Deschênes, Dame Area, Holiday Ghosts, Oberbaum, Yolande Bashing ou encore Wild Classical Music Ensemble. De quoi composer un week-end rythmé, ouvert aux amateurs de nouvelles sonorités comme aux festivaliers en quête d’une ambiance détendue, loin des grands rassemblements impersonnels.

Au-delà des concerts, le site invite à vivre l’expérience pleinement grâce à ses espaces extérieurs, ses possibilités de camping et les hébergements disponibles dans le domaine ou à proximité. Entre musique, nature et esprit de communauté, La Carrière 2026 promet une parenthèse estivale chaleureuse au cœur de la vallée mosane. Les réservations sont ouvertes pour celles et ceux qui souhaitent déjà bloquer leur week-end.

Plus d’infos ici

 

 

Maison Culturelle d’Ath : une saison 2026-2027 aux accents musicaux

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La Maison Culturelle d’Ath dévoile une saison 2026-2027 où la musique occupe une place de choix. Entre chanson, pop-électro, swing, bluegrass, orchestre et créations hybrides, plusieurs rendez-vous promettent de faire vibrer le public du Palace.

Le mardi 10 novembre, la soirée La Banza + An Pierlé Duo mettra à l’honneur deux univers d’autrices-compositrices belges. Silvia Bazantova ouvrira la soirée avec La Banza, entre influences classiques, pop-électro et chants multilingues. Elle sera suivie par An Pierlé, qui célébrera 25 ans de carrière dans une formule intime piano-voix, enrichie par les sonorités de la clarinette basse et du saxophone.

Le jeune public aura aussi son moment musical avec Ali Baba et les 40 voleurs, présenté le mercredi 25 novembre par les Jeunesses Musicales et l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège. Ce conte des Mille et une Nuits prendra vie dans une version orchestrale accessible aux enfants et aux familles.

En décembre, Rumba, écrit et mis en scène par Ascanio Celestini, réunira le verbe de David Murgia et la musique live de Philippe Orivel dans une satire poétique consacrée aux invisibles de la société.

Le jeudi 25 mars, place au groove avec Bruce Ellison & The Jellodies + Duo Hogge/Iannello : une double affiche entre folk, bluegrass du Kentucky, swing et jive des années 1940-1950. Une saison musicale éclectique à découvrir sur www.maisonculturelledath.be.

Toute la programmation 2026-2027 de la Maison Culturelle d’Ath est disponible dès à présent sur www.maisonculturelledath.be

Dour Festival 2026 : vendredi 17 juillet

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Hormis la tête d’affiche du jour, aucun nom de l’affiche ne parlait vraiment à votre serviteur. Tant mieux : c’est souvent dans ce genre de brouillard que son flair aime s’aventurer.

Direction la Petite Maison dans la Prairie, où le nez le mène tout droit vers Yoa.

En quelques années, Yoa s’est imposée parmi les nouveaux visages de la pop française. Après une poignée d’EP, la chanteuse franco-suisse a publié en janvier 2025 son premier long playing, « La Favorite », disque très personnel où elle aborde la santé mentale, les relations amoureuses, les violences sexuelles et l’identité. Cette progression rapide lui vaut, en 2025, la Victoire de la Musique de la Révélation Scène.

C’est autour de cet opus qu’elle pose pour la première fois le pied à Dour. Elle aborde l’exercice dans une décontraction communicative, à l’aise devant une foule qu’elle doit pourtant encore convaincre en partie.

Avant le concert, elle fixe une règle simple : le respect demeure la base de toute prestation. On aime ou on n’aime pas ; si la proposition ne convient pas, il suffit de partir.

La remarque prend tout son sens dans un festival comme Dour, dont la diversité de programmation permet à chacun de trouver chaussure à son pied parmi les podiums et les univers les plus variés.

Dès les premières minutes, la chanteuse impose une présence singulière, soutenue par une voix profonde qui tranche avec l’image fragile et aérienne que son univers pop électronique pourrait laisser supposer.

Sur les planches, Yoa est rejointe par deux danseuses. Le trio compose rapidement un ensemble cohérent, les trois artistes évoluant en réelle harmonie. La synchronisation réussie des danseuses prolonge les morceaux plutôt qu’elle ne les illustre platement. Le mouvement devient une composante du spectacle et lui apporte une dimension visuelle inattendue.

C’est ce caractère surprenant qui frappe surtout. Yoa ne se limite pas à aligner ses titres. Le set joue sur les contrastes, entre chansons douces, presque intimistes, et morceaux plus dansants, nourris d’électronique. Cette alternance évite au concert de s’installer dans une seule ambiance et révèle plusieurs facettes de son univers.

Parmi les titres interprétés, « 2013 » s’inscrit pleinement dans cette proposition à la fois personnelle et contemporaine. Yoa chante exclusivement en français, plaçant ses textes au cœur d’un spectacle où musique, voix et chorégraphie dialoguent en permanence.

La prestation aurait toutefois gagné en crédibilité par une prise de risque vocale plus marquée. Yoa chante sur bande-son, choix qui laisse une légère frustration au regard de la qualité de sa voix et de la maîtrise de son univers scénique. Cette voix profonde mériterait un dispositif live plus affirmé. Le contraste entre cette présence vocale singulière et l’usage d’une bande enregistrée donne parfois l’impression que le spectacle aurait pu franchir un cap.

Reste une première apparition à Dour convaincante. À l’aise devant l’auditoire, soutenue par deux danseuses parfaitement calées et capable de passer naturellement de la douceur à des rythmiques plus dansantes, Yoa propose un spectacle équilibré. Il confirme surtout que son univers ne se limite pas à une pop électronique introspective : sur podium, l’artiste entend aussi mettre les corps en mouvement, sans renoncer à la sensibilité qui constitue l’une de ses forces.

Toujours à la Petite Maison dans la Prairie, changement radical d’ambiance pour le show de Peaches.

La Canadienne, figure incontournable de l’electroclash et de l’electropunk depuis le début des années 2000, s’est bâti une réputation internationale grâce à une musique provocante, décomplexée, et à des performances qui brouillent les frontières entre concert, geste artistique et cabaret. Par son nouvel opus, « No Lube So Rude », elle prolonge son travail autour du corps, de l’identité et des normes sociales.

Autant le préciser d’emblée : Peaches n’a pas choisi la demi-mesure.

Dès son entrée sur les planches, le ton est donné. La chanteuse transforme presque chaque chanson en nouveau tableau. Pratiquement chaque titre s’accompagne d’une tenue différente, faisant basculer le concert vers un défilé surréaliste. Cette succession de costumes participe à la volonté de surprendre, de provoquer et de jouer sur les codes.

À ses côtés, deux danseuses aux allures volontairement ambiguës complètent le dispositif. Corps, costumes et accessoires brouillent les repères et rendent difficile la distinction entre les identités et les genres représentés. Peaches entretient elle-même ce flou, laissant planer le doute sur ce qu’elle souhaite donner à voir. La surprise, elle, tient bon jusqu’au bout.

Les deux comparses se livrent à des chorégraphies physiques, laissant les corps s’exprimer hors des conventions. La synchronisation entre les trois artistes fonctionne particulièrement bien et donne au spectacle une cohérence visuelle nette. Peaches et ses deux partenaires forment un véritable trio, où la danse pèse autant que la musique.

C’est là que réside la force de cette prestation. Une fois encore, le recours à une bande-son trouble pourtant légèrement l’ensemble. Comme pour Yoa, le spectacle aurait sans doute gagné en impact par une interprétation live. La présence scénique de Peaches, son expérience et sa capacité à capter l’attention auraient pu soutenir un dispositif musical plus organique.

Le volet visuel prend toutefois vite le relais. Impossible de décrocher les yeux de l’estrade. Chaque morceau apporte son lot de surprises, de changements d’apparence et de situations décalées. On ne sait jamais vraiment ce qui va arriver ensuite, et c’est précisément ce qui tient la foule en haleine.

Le set cherche clairement à provoquer le rire ou le choc. Peaches travaille cette frontière sans choisir totalement son camp. Elle provoque, amuse, interpelle et pousse l’auditoire à s’interroger sur ce qu’il regarde. Le corps devient outil artistique, terrain de jeu et parfois arme de provocation.

Musicalement, le personnage central évoque un improbable croisement entre Nina Hagen et Anne Clark. De la première, elle retient cette capacité à repousser les limites de la performance et à transformer l’extravagance en langage artistique. De la seconde, elle conserve cette froideur électronique et cette manière d’utiliser le corps comme instrument au service d’une musique qui ne cherche pas forcément à séduire.

Le résultat tient autant de la performance artistique que du spectacle musical. Peaches ne vise pas la prestation conventionnelle : elle impose son univers, ses codes et ses ambiguïtés. Si l’absence de véritable interprétation live laisse un léger goût d’inachevé, la richesse du dispositif visuel et la complémentarité entre la chanteuse et ses deux danseuses maintiennent l’attention.

Dans l’enceinte de la Petite Maison dans la Prairie, Peaches livre finalement un show à son image : provocateur, déroutant, drôle, parfois déstabilisant, impossible à enfermer dans une case. Un spectacle où l’on hésite entre rire, surprise et simple abandon au mouvement.

Votre serviteur se poste ensuite face à la Main Stage, coincé parmi une brochette de jeunes gaillards qui ne doivent pas dépasser la vingtaine, pour y (re)voir Orelsan.

Le rappeur caennais n’est plus vraiment à présenter. Depuis ses débuts à la fin des années 2000, Orelsan s’est imposé comme l’une des figures majeures du rap français. De « Perdu d’avance » à « Civilisation », en passant par « Le Chant des sirènes » et « La fête est finie », il a bâti une carrière jalonnée de succès populaires, de textes générationnels et d’une capacité rare à faire évoluer son personnage sans perdre son identité. Ses disques l’ont porté bien au-delà du seul cercle rap, jusqu’à en faire l’un des artistes francophones les plus populaires de sa génération.

Le frontman débarque soutenu par une machine scénique parfaitement huilée. Le concert se construit comme une succession de chapitres, autant de séquences qui structurent la progression du spectacle et de la narration. Cette architecture permet à Orelsan de naviguer entre différentes ambiances et plusieurs périodes de sa carrière, tout en conservant un fil conducteur.

Les chorégraphies témoignent d’un vrai travail de mise en scène. Les mouvements s’enchaînent précisément, tandis que l’écran géant installé en fond de plateau diffuse des visuels qui renforcent l’atmosphère de chaque morceau. L’ensemble apparaît spectaculaire, millimétré et pensé dans le détail.

Le concert démarre par « Yoroï », avant « Basique », qui plonge immédiatement la fosse dans l’univers du rappeur. « La Quête », « Le Pacte », « Plus rien », « Ailleurs » et « Boss » installent ensuite progressivement la dynamique du set.

Orelsan alterne les titres issus de ses différentes périodes, faisant voyager l’auditoire dans une discographie désormais particulièrement riche. Le medley « Pour le pire / Jimmy Punchline / Le Chant des sirènes / À l’heure où j’me couche / La pluie / Rêves bizarres » revisite plusieurs morceaux emblématiques, avant « Encore une fois » et « Défaite de famille ».

Le spectacle ne manque pas de moments forts. « Oulalalala », « L’odeur de l’essence », « Tellement d’amis », « Du propre » et « SAMA » maintiennent la pression, tandis que « Soleil levant », « Les Monstres » et « Athéna » apportent d’autres nuances à un set qui joue constamment sur les contrastes.

La foule connaît les paroles et ne se prive pas de le signaler. Orelsan peut compter sur une armée de fans qui reprend les morceaux à ses côtés et transforme la Main Stage en gigantesque karaoké. Le rappeur, lui, se dépense sans compter : il court, saute, harangue l’auditoire et multiplie les déplacements, comme s’il cherchait à repousser ses propres limites.

La dernière partie du concert s’articule autour de « Jour meilleur », « Épiphanie » et « La Terre est ronde », offrant une conclusion plus apaisée après un spectacle mené tambour battant.

Et pourtant, malgré cette énergie, quelque chose semble manquer. Orelsan se dépense sans compter, mais le spectacle paraît par moments si calibré, si maîtrisé, qu’il perd un peu de spontanéité. Tout est là : chorégraphies, écrans, effets visuels, scénographie et artiste infatigable. Derrière cette impression de perfection, il manque peut-être un supplément d’âme. Et la vieille bagnole posée sur les planches, depuis laquelle il se poste parfois pour chanter, ne change pas vraiment l’affaire.

Le contraste frappe d’autant plus que la discographie d’Orelsan repose largement sur une écriture personnelle, parfois intime, souvent introspective. Sur podium, cette dimension semble par moments reléguée derrière une production spectaculaire qui privilégie l’efficacité.

Le pari reste largement réussi sur le plan du divertissement. Le spectacle est solide, professionnel et visuellement impressionnant. Orelsan maîtrise les codes de la grande scène et sait comment entraîner une foule venue avant tout pour lui.

Cette foule, justement, était particulièrement dense. Le parterre, pris d’assaut par les fans du rappeur, chantait chaque refrain, reprenait chaque punchline et célébrait son idole.

Orelsan aura donc livré un spectacle sans faute technique majeure, soutenu par une scénographie ambitieuse et une énergie communicative. Un show efficace, même si, derrière cette machine parfaitement réglée, on aurait aimé retrouver davantage de cette part intime qui nourrit la richesse de l’artiste.

Avant de filer vers ses pénates, votre serviteur s’offre un dernier détour dans l’hémicycle de la Petite Maison dans la Prairie, pour y attraper le spectacle d’Oklou, alias Marylou Mayniel, productrice, chanteuse et compositrice française peu à peu imposée comme l’une des figures singulières de la nouvelle pop électronique.

Après plusieurs projets, dont la mixtape « Galore » en 2020, elle franchit une nouvelle étape par « choke enough », son premier véritable disque studio, sorti en février 2025. L’opus confirme son goût pour les atmosphères éthérées et les expérimentations électroniques, quelque part entre ambient, pop rêveuse et pulsations club.

À Dour, Oklou vient précisément défendre cet univers particulier, difficile à enfermer dans une catégorie. La Petite Maison dans la Prairie se transforme alors en bulle hors du temps, loin de l’agitation des autres podiums. La prestation cherche davantage à installer une atmosphère qu’à provoquer une déferlante d’énergie.

Oklou impose rapidement une présence retenue. Sa voix fragile et délicate se pose sur des nappes électroniques qui confèrent au set une dimension presque irréelle. Ici, pas question de chercher l’efficacité immédiate ni de multiplier les effets spectaculaires : tout se joue dans les textures, les nuances et les silences.

La musique flotte entre deux mondes. D’un côté, des compositions intimes et cotonneuses qui invitent à l’introspection ; de l’autre, des rythmiques plus électroniques rappelant les origines club de l’artiste. Ce contraste constitue l’une des forces de son univers et évite au concert de sombrer dans la monotonie.

Il faut pourtant accepter de se laisser porter. Oklou ne livre pas un spectacle construit autour d’une succession de tubes destinés à faire chanter la foule d’un festival. Son approche est plus sensorielle. Elle demande au spectateur de prendre le temps d’entrer dans son univers, de se laisser absorber par ces sonorités parfois étranges, parfois mélancoliques, mais toujours travaillées.

Cette proposition peut dérouter dans le contexte de Dour. Là où certains podiums cherchent à faire exploser les corps, Oklou semble plutôt vouloir les suspendre. Son concert fonctionne comme une parenthèse, une respiration au milieu du tumulte.

L’auditoire de la Petite Maison dans la Prairie semble progressivement se laisser gagner par cette atmosphère. Les compositions prennent une dimension immersive et esquissent un langage sonore propre à l’artiste.

C’est peut-être là que réside la singularité d’Oklou. Là où la pop électronique contemporaine cherche souvent à impressionner par la démesure, elle choisit la suggestion, voire l’intuition. Ses morceaux progressent par petites touches, construisant des paysages sonores dans lesquels la voix se fond plutôt qu’elle ne s’impose.

La prestation ne cherche donc pas à conquérir Dour par la force, mais plutôt à l’apprivoiser. Oklou propose une expérience musicale délicate, expérimentale et profondément personnelle, qui confirme la place particulière qu’elle occupe aujourd’hui dans le paysage électronique français.

À la Petite Maison dans la Prairie, la Française aura finalement offert un moment suspendu, quelque part entre rêve éveillé et réalité numérique. Le concert ne se donne pas immédiatement, mais gagne à être appréhendé comme une immersion. Dans le tumulte d’un festival comme Dour, cette capacité à créer une véritable bulle sonore constitue déjà une forme de réussite.

Un moment dense, traversé d’une intensité discrète. Une seconde journée qui s’achève dans l’amour. C’est aussi ça, Dour !

(Organisation : Dour Festival)

Dour festival 2026 : jeudi 16 juillet

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Pour sa 36e édition, le Dour Festival n’a pas seulement revu sa programmation : il a aussi repensé une partie de son architecture. Six espaces thématiques — Last Arena, De Balzaal, Boombox, PMP, Dub Corner et L’Atelier — ont redessiné la circulation sur le site, tandis qu’une journée d’ouverture inédite, « The Opening », lançait les festivités dès le mercredi, quatre podiums déjà en activité. Une entrée en matière destinée aux habitués, le temps de prendre ses repères.

Côté logistique, l’organisation a revu le dispositif de parkings et de navettes : quatre zones de stationnement, reliées notamment depuis Anderlecht, Berchem, Hal, Vilvorde, Malines, Nivelles et la gare de Quiévrain. Depuis le 1er mars, la TVA sur les nuitées est passée de 6 à 12 % en Belgique, une décision gouvernementale susceptible de peser sur la formule camping, pilier économique du festival. Le secteur événementiel doit désormais composer avec des marges toujours plus étroites.

Le sold-out n’a pas été atteint cette année, sans doute en raison de coûts élevés et d’une affiche moins riche que lors des éditions précédentes. Mais au-delà des chiffres et des plans de site, la même faune continue de donner à Dour sa texture singulière. Ici, la mode n’obéit à aucune règle : déguisements improbables, tenues bricolées la veille au fond d’une tente, looks proches du dénuement complet, le tout dans une indifférence générale. N’y mettez pas bobonne, elle y perdrait son dentier !

Le site semble ainsi échapper aux codes vestimentaires habituels, comme si la plaine douroise devenait, pendant cinq jours, un territoire soustrait au regard extérieur. À intervalles réguliers, où que l’on se trouve, jaillit le cri de ralliement devenu totem sonore : un ‘Dourrreeeehhhh’ » lancé à pleins poumons, repris d’un espace à l’autre, rappelant que malgré les nouveaux podiums et les parkings réorganisés, l’essentiel demeure : cette communion chaotique propre au festival.

Après environ quarante-cinq minutes de marche sur les terres douroises, votre serviteur atteint enfin le site sous un soleil de plomb. Direction la Last Arena, espace principal planté face au VIP. À cette heure de l’après-midi, la foule reste clairsemée. C’est YĪN YĪN qui ouvre le bal.

Les membres de YĪN YĪN sont d’abord des gens de la nuit. Leur amitié s’est construite sur le terrain, au fil de soirées DIY qu’ils organisaient avant même d’envisager de monter une formation. Le déclic survient lorsque Yves Lennertz et Kees Berkers enregistrent une cassette inspirée des musiques du sud et du sud-est asiatique. Le duo s’installe, entouré d’une montagne d’instruments, dans un local de répétition loué près de Maastricht, puis y grave plusieurs morceaux en trois jours.

Pour donner vie à ces titres sur les planches, les deux musiciens sollicitent des amis le temps d’un concert. Ce soir-là, le duo devient quatuor, rejoint par Remy Scheren à la basse et Robbert Verwijlen aux claviers. Cette spontanéité, née de l’urgence et de l’amitié plutôt que d’un calcul de carrière, restera la marque de fabrique du combo en studio comme en répétition. YĪN YĪN puise aussi son énergie dans les concerts : le contact direct auprès de l’auditoire nourrit un son pensé pour mettre les corps en mouvement.

Au fil du temps, la formation a enrichi sa palette, intégrant davantage de samples, de boîtes à rythmes et de synthétiseurs. Le line-up a évolué : Yves Lennertz a cédé la guitare à Erik Bandt en 2023, avant que Jérôme Scheren ne succède à Robbert Verwijlen aux claviers début 2025. C’est donc l’équipe actuelle — Kees Berkers, Remy Scheren, Erik Bandt et Jérôme Scheren — qui s’est produite à Dour, fidèle à l’esprit fondateur tout en affirmant une identité sonore renouvelée.

Sur le papier, YĪN YĪN tient du pari improbable : un quatuor néerlandais de Maastricht nourri au psych-rock thaïlandais des années 60-70, relevé de funk, de disco et d’expérimentations électroniques. Sur le podium, ce grand écart trouve d’abord sa logique. Le band montre pourtant vite ses limites. Privé de chant, le set repose entièrement sur l’échange instrumental entre section rythmique, riffs de guitare précis et nappes de synthés. Le groove ne relâche jamais la pression et installe une atmosphère hypnotique, mais son caractère répétitif finit par désarçonner.

En fond de plateau, un écran géant diffuse des images dominées par un rouge omniprésent, sans véritable fil conducteur. Surtout, aucune interaction ne vient rompre la distance : pas un mot, aucun regard appuyé vers l’auditoire, comme si la formation jouait pour elle-même. Le résultat laisse une impression paradoxale : une musique fascinante dans l’idée, maîtrisée techniquement, mais plus adaptée à une écoute solitaire, , verre de whisky dans une main et joint dans l’autre qu’à l’électrisation d’un champ de festival un jeudi soir.

Puisque Dour reste le terrain de la découverte, cap sur la Petite Maison dans la Prairie pour écouter Quentin Lepoutre, alias Myd, musicien, producteur et ingénieur du son français. S’agissant d’un set purement électronique, votre serviteur n’y restera guère plus de dix minutes avant de chercher une matière plus organique à la Boombox, où se produisent Scylla & Furax.

Derrière Scylla se cache Gilles Alpen, rappeur, slameur et poète belge dont la voix rauque et l’écriture affûtée ont marqué le rap francophone. Originaire de Drogenbos puis installé à Forest, il découvre l’écriture à l’adolescence, refuge qui deviendra sa voie. En 2002, il fonde le collectif OPAK auprès de Karib, L’AB7, Masta Pi et DJ Alien. Deux disques collectifs posent les bases : « L’Arme à l’œil » (2004) et « Dénominateur commun » (2006). Sa carrière solo démarre en 2009 par l’EP « Immersion », puis s’affirme avec « Abysses » en 2013, opus salué par la critique et classé 7e de l’Ultratop belge.

Sa collaboration auprès du pianiste Sofiane Pamart donne naissance à « Pleine Lune » et « Pleine Lune 2 », où rap et musique classique cherchent un équilibre entre puissance brute et contemplation. En 2025, il s’associe à Furax Barbarossa pour « Portes du désert », prélude à une tournée commune. Le duo opte ici pour un dispositif minimaliste : l’un au chant, l’autre au son, une configuration qui laisse toute la place à l’écriture et au dialogue des deux voix. Cette sobriété convient à un rap français qui n’a pas besoin d’artifices pour exister.

C’est pourtant là que le bât blesse. Entre Scylla, Bruxellois à la voix grave, et Furax Barbarossa, Toulousain au flow tranchant, les codes du genre s’enchaînent sans grande surprise. Dans les textes comme dans la gestuelle, les poncifs reviennent : mains levées pour faire répondre l’auditoire en chœur, punchlines calibrées pour déclencher l’ovation, postures de défi face à la fosse et vocabulaire scénique déjà connu des amateurs. La recette fonctionne malgré tout. Le public, nombreux devant la Boombox, suit le duo, reprend les refrains et scande les couplets les plus connus.

Scylla et Furax Barbarossa parviennent ainsi à fédérer une foule conquise d’avance, la gardant dans leur poche du premier au dernier titre. La preuve qu’une écriture solide et une complicité de plateau bien rodée suffisent parfois à emporter l’adhésion, même lorsque la surprise manque.

La Main Stage entre ensuite en effervescence : Zwangere Guy s’apprête à livrer un set appelé à marquer cette journée et probablement déjà le festival. Né à Anvers, l’artiste s’est imposé au fil des années comme l’une des figures les plus singulières du rap flamand, grâce à une plume affûtée et un franc-parler sans filtre. De ses débuts sur les planches anversoises à des collaborations qui ont dépassé les frontières linguistiques du pays, il a bâti une trajectoire qui l’amène aujourd’hui bien au-delà du seul auditoire néerlandophone.

Sur scène, l’homme attire l’attention, vêtu d’une étonnante tenue verte qui tranche sur le reste de l’affiche. Il est épaulé par deux comparses affairés aux machines, façonnant en direct la matière sonore du set. Ce qui frappe surtout, c’est sa gymnastique linguistique : Zwangere Guy passe du flamand au français, qu’il maîtrise impeccablement, puis à l’anglais, changeant de langue au gré des morceaux afin que le plus grand nombre puisse le suivre.

Certaines compositions mêlent d’ailleurs langue de Molière et de Vondel, matérialisant sur disque cette porosité linguistique qu’il pratique déjà sur les planches. Un compromis à la belge, en somme. Le public flamand s’est déplacé en nombre pour soutenir son artiste. Et pour cause : il rappelle lui-même qu’il s’agit de la première invitation d’un artiste flamand sur l’affiche de Dour. La démarche vise clairement à rallier la foule à sa cause. C’est aussi sa septième apparition sur le site, mais la toute première sur la Main Stage, progression qu’il dit vivre avec fierté.

Il confie vouloir écrire davantage en français, tout en évoquant certaines craintes face à une concurrence déjà bien installée, de Damso à Orelsan en passant par d’autres poids lourds du genre. Cette réserve paraît pourtant peu fondée : la langue de Molière lui convient et pourrait lui ouvrir les marchés francophones, donnant à sa musique une résonance plus large.

Il faudra attendre la fin du set pour entendre une bonne vieille guitare électrique s’inviter dans le mix, preuve qu’instruments organiques et rap peuvent encore cohabiter. Le concert se révèle solide, stimulé par des morceaux énergiques et une fosse très réceptive : une belle surprise de cette édition 2026. Même lorsque l’idiome empêchait de saisir tout le propos, on percevait un artiste enragé face à certaines idéologies politiques, exprimant plus clairement, à d’autres moments, son aversion pour la droite et les fascistes.

Cette première journée s’achève donc en demi-teinte, oscillant du médiocre au très bon. Un peu comme le climat belge, capable de traverser plusieurs saisons en une seule journée.

(Organisation : Dour festival)

Dinosaur Jr.

Là-bas, près de Dinosaur Jr.

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Dinosaur Jr. sortira son nouvel opus le 28 août via Jagjaguwar. Pour accompagner cette annonce, le trio a partagé ‘Several Got Away’, premier extrait doté d’un clip réalisé par Guy, sous la forme d’une fantaisie champêtre étrange, pince-sans-rire et fidèle à l’univers visuel décalé de la formation.

Ce disque constitue le sixième long playing publié depuis la reformation de Dinosaur Jr. il y a vingt ans, ainsi que son premier véritable recueil de nouveaux morceaux depuis Sweep It Into Space. Enregistré lors de sessions courtes et intenses au Bisquiteen Studio d’Amherst, There Near rassemble le noyau historique du combo : J Mascis à la guitare et au chant, Lou Barlow à la basse et au chant, puis Murph à la batterie. Ken Mauri y ajoute quelques touches de piano et d’orgue.

Selon J Mascis, le son de guitare rugueux du disque tient beaucoup à un ampli Mesa Boogie MK 1 des années 70, retenu pour renouer avec l’énergie brute des débuts du trio. Fidèle à sa méthode, le musicien conserve une part de mystère dans ses textes et privilégie les mots qui sonnent juste plutôt qu’une signification trop explicite.

Entre riffs massifs, énergie électrique et tension mélodique mêlée au fracas noise, There Near ouvre un nouveau chapitre dans la discographie de Dinosaur Jr. La formation défendra ce disque sur les planches lors d’une tournée nord-américaine prévue à l’automne. Le clip de ‘Several Got Away’ est à découvrir ici

Triggerfinger

Triggerfinger sur le tarmac

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Triggerfinger vient de dévoiler le clip de « Through The Beam », extrait de son prochain album « Tarmac », qui paraîtra le 18 septembre 2026. Un morceau de rock entraînant et dansant, à retrouver désormais en images !

L'année 2025 marque les 25 années de carrière de Triggerfinger. Pour célébrer cet anniversaire, le groupe de Rock belge fait son grand retour sur scène pour une tournée européenne de 25 dates, toutes sold out, et a également sorti « Stars », premier avant-goût de « Tarmac », le nouvel album.

Pour enregistrer ce 6ème opus, Ruben Block et Mario Goossens ont reçu le concours du le réalisateur américain Mitchell Froom (Suzanne Vega, Crowded House, Rufus Wainwright). Celui-ci les a poussés à sortir de leur zone de confort et à trouver de nouvelles façons de composer, sans idée préconçue de ce que le résultat pourrait être. Les deux musiciens ont relevé le défi haut la main : « Tarmac » est bluffant de liberté et voit un Triggerfinger avec un ADN musical renouvelé sans avoir rien perdu ce qui fait son identité.

Ce premier elpee en 9 ans, le premier également sans leur charismatique bassiste Monsieur Paul, décédé l’an dernier, marque une nouvelle ère pour Triggerfinger, et prouve que la formation appartient à cette rare catégorie de combos rock européens à avoir survécu aux tendances et aux modes des 25 dernières années.

La vidéo de « Through The Beam » est disponible

 

 

Allah-Las

Les sirènes d’Allah-Las

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Allah-Las annonce son retour discographique. Sirenas, sixième long playing de la formation californienne, paraîtra le 28 août 2026 chez Mexican Summer, en partenariat auprès de Calico Discos, son propre label indépendant. Le disque s’inscrit dans une veine instrumentale plus ample, née de sessions d’improvisation où l’instinct, l’écoute et l’expérimentation ont guidé l’écriture. En guise d’avant-goût, le combo dévoile aujourd’hui Pt. Conception, nouveau single qui prolonge l’horizon ouvert plus tôt cette année par Ultramarine.

Fondé en 2008 par Matt Correia, Spencer Dunham, Miles Michaud et Pedrum Siadatian, Allah-Las a bâti son identité entre psychédélisme lo-fi, rock garage et rythmes côtiers. Cette fois, le quatuor puise dans l’idée de fréquences invisibles et de transmissions intérieures, en écho aux visions d’Iasos et de Brian Eno, pour façonner un opus traversé par les grooves baléares, les textures métaphysiques et une atmosphère de cinéma brumeux.

« Cette absence d’intention nous a conduits sur des chemins que nous aurions peut-être consciemment évités », confie Miles Michaud. Sirenas avance ainsi comme un voyage ouvert, moins construit selon un plan que capté au fil d’élans intuitifs. Les références à Thor Heyerdahl ou Jacques Cousteau prolongent ce goût de l’exploration, entre monde physique, paysages mentaux et horizons encore troubles.

Le clip de Pt. Conception se découvre ici et celui d’Ultramarine, précédent extrait du disque,

 

 

 

The Go

L’album perdu de The Go, « Free Electricity », est enfin sorti !

« Free Electricity » des Go, l’album légendaire du groupe qui avait disparu depuis longtemps, sortira enfin dans le monde entier le vendredi 4 septembre 2026 ! Cet opus de dix titres a été écrit, composé et arrangé par Bobby Harlow (à l’exception du premier morceau, coécrit par Harlow et Dion Fischer, et du cinquième, coécrit par Harlow et Cary Loren).

Par ailleurs, « Free Electricity » a été mixé et produit par Matthew Smith, enregistré par Jim Diamond chez Ghetto Recorders, puis masterisé par Jim Kissling chez Jim Kissling Mastering à Détroit, dans le Michigan.

Matthew Smith se confie : ‘Les Go se sont produits à Détroit en 1998 et je suis immédiatement devenu fan. J’attendais que Détroit produise une formation d’une telle qualité depuis la séparation de Brownsville Station, et les voilà. On m’a finalement demandé de produire leurs deux premiers albums, ce qui m’a offert l’opportunité rare d’être le producteur de mon groupe de rock’n’roll préféré. Le premier était celui des débuts, « Whatcha Doin’ », et le second était le mystérieux, légendaire et ‘perdu’, « Free Electricity »

Après quelques changements au niveau des bassistes et des guitaristes solistes, et de nombreuses tournées aux États-Unis, à la suite de la sortie de « Whatcha Doin’ », The Go étaient de retour à Détroit avec tout un tas de nouvelles chansons qu’ils voulaient enregistrer sans attendre. Nous sommes retournés au Ghetto Recorders. The Go ont joué ces morceaux à fond dans le studio, les enregistrant tous en une ou deux prises seulement. L’ambiance qui régnait lors de ces sessions était imprégnée d’ouverture d’esprit et de créativité ; le processus de superposition s’est donc transformé en une avalanche d’idées, déferlant à toute vitesse et s’enregistrant sans effort sur la bande.

Le morceau-titre aurait pu finir par ressembler à un titre de rock’n’roll plus traditionnel, mais j’ai suggéré qu’ils enregistrent une prise où la guitare solo jouerait à fond sans interruption, ce qui a donné à la dynamique un caractère plus proche de celui d’un ensemble de free jazz. Lorsque je me suis mis à mixer le morceau, la cuve de réverbération a semblé s’ouvrir comme un trou géant dans la croûte terrestre et, soudain, ce qui est sorti des enceintes était un son immense et caverneux, comme une fréquence hantée transmise à travers la barrière du temps depuis le Grande Ballroom vers 1968.

Cet album est fortement influencé par le jazz. Nous écoutions tous beaucoup de free jazz des années 60. Il semblait donc tout à fait normal (pour certains d’entre nous) que les mixages aient tendance à ressembler davantage aux albums de Pharoah Sanders et Sun Ra qu’à ceux de nos pairs de la scène rock’n’roll.

Les participations de Cary Loren, de Destroy All Monsters, et de John Olson, de Wolf Eyes, n’ont fait que renforcer l’orientation musicale de l’album. Quoi qu’il en soit, « bizarre » ou pas, c’était un enregistrement inspiré, réalisé par un groupe de musiciens inspirés. Il y avait une atmosphère d’excitation et d’aventure lors de ces sessions, et je pense que nous avons su capturer ce sentiment sur bande.  

La version ‘live’ du titre « Free Electricity » est disponible sous forme de clip

 

 

Son Lux

En direction de Son Lux

Son Lux sortira son nouvel album, « Out Into », le 18 septembre chez City Slang. En attendant, il a partagé son premier single, « Endlessly ». ‘We’ll find our way’. On trouvera notre chemin. » Lorsque Ryan Lott, fondateur de Son Lux, chante ces quatre mots au début même du neuvième elpee du groupe, « Out Into », c’est un serment qu’il prononce, une voie qu’il trace, une philosophie qu’il défend, une promesse qu’il scelle.

Ce qui suit, c’est Son Lux à son apogée : rythmiquement immédiat, lyriquement pressant et émotionnellement direct. En près de deux décennies, le trio, composé de Lott, du guitariste Rafiq Bhatia et du percussionniste Ian Chang, s’est construit un répertoire singulier qui brouille les frontières entre composition expérimentale, musique électronique, techniques de production hip-hop et ambition art-pop. Mais alors que leurs précédents long playings s’aventuraient souvent vers des horizons cinématographiques grandioses, « Out Into » s’oriente vers quelque chose de plus tactile et instinctif : une collection de chansons façonnées à partir d’improvisations spontanées et de premières impulsions capturées en temps réel. ‘Nous explorons des territoires inédits en termes d’énergie, d’attitude et de couleur’, explique Lott.

Aujourd’hui, ils dévoilent « Endlessly », un hymne envoûtant dédié à l’acceptation de son véritable moi. Le morceau trouve un équilibre entre libération euphorique et vulnérabilité émotionnelle, associant des percussions entraînantes et des arrangements grandioses à l’un des refrains les plus directs et les plus emblématiques du groupe à ce jour.

À propos de ce single, Son Lux explique : ‘“Endlessly” parle de l’acceptation de qui l’on est plutôt que de la résistance à cette identité. Il y a de la vulnérabilité là-dedans, mais aussi de la liberté. À l’origine, cette chanson avait été commandée pour un spectacle, mais elle est rapidement devenue un élément central du langage émotionnel de l’album.’

« Out Into » a été élaboré sur une période de deux ans, les intervalles entre les sessions permettant aux morceaux de gagner en profondeur et en intensité rythmique. Le résultat est un opus qui se situe dans un espace paradoxal, à mi-chemin entre spontanéité et raffinement, entre pop et expérimentation, entre intimité et ampleur.

Le single « Endlessly » est à voir et écouter sous forme de clip ici

 

Die Anstalt

Réédition du premier album de Die Anstalt

On a peut-être du mal à le croire, surtout quand on est submergé par des gros titres quotidiens catastrophiques, mais la réponse à tout ce chaos est étonnamment simple : la résistance civile. Celle-ci peut être méthodique ou simplement consister à dire : ‘Je m’en fiche, je reste dans ma communauté, je construis quelque chose dans le cadre qui m’est donné, et j’essaie d’y apporter une contribution positive.’ Die Anstalt en est la preuve vivante.

Apparu en 2023, Die Anstalt est un trio berlinois de post-punk et de synthé minimal qui s’est rapidement imposé grâce à une fusion fulgurante entre les débuts de l’EBM, le synth-punk et le post-punk classique. Leur son canalise la rudesse et la tension des sous-cultures industrielles des années 1980 tout en restant indéniablement contemporain. Récemment signé chez City Slang à l’échelle mondiale, la formation réédite son premier album éponyme, initialement sorti en indépendant, via ce label.

Lorsque Carmen, Jakob et Emanuele ont décidé de former un groupe il y a deux ans, c’était l’une de leurs motivations. Simplement pour exister, pour avoir le sentiment d’exister. Je crie, donc je suis. Die Anstalt – en allemand, cela signifie ‘l’institution’ ou ‘l’asil’. Les deux sens s’inscrivent parfaitement dans le contexte. Cette philosophie trouve un écho auprès de nombreux jeunes combos à Berlin, mais aussi partout ailleurs. On ne fait pas de la musique à partir d’un business plan, cela vient d’une profonde motivation intérieure. Et c’est cette motivation qui fait avancer ce groupe.

Ils s’occupent donc de tout eux-mêmes : enregistrer des cassettes, presser des vinyles, organiser leurs concerts. Ils se produisent dans tous les squats et toutes les salles DIY de Berlin et de toute l’Allemagne. En 2024, leur EP « Rat Race » sort et marque de son empreinte la scène underground berlinoise. Début 2025, l’agence de booking berlinoise Milk Me (Joshua Murphy et Cat Elsässer) se joint à l’aventure et commence à faire découvrir le groupe sur le circuit international des tournées, ce qui aboutit à une tournée en tête d’affiche à travers l’Europe en octobre 2025. Fin 2025, leur premier véritable long playing sort, limité à 300 vinyles, et se vend presque immédiatement. Les concerts prennent de l’ampleur. Le disque est réédité pour répondre à la demande.

Puis, quelques mois après la sortie du premier elpee, un label légendaire, City Slang, se manifeste avec une proposition inattendue : ‘Salut, on adore ce que vous faites, on aimerait vous aider’. Et la réponse n’a pas été ‘Cool’ mais ’Ouais, mais…’

Die Anstalt et City Slang. Ça a été le coup de foudre. Mais comme dans toute relation saine, il a d’abord fallu apprendre à se connaître. Nous leur avons d’abord expliqué qui nous étions, pourquoi nous les trouvions géniaux, puis nous nous sommes demandé comment nous pourrions les soutenir sans leur demander de renoncer à ce qui faisait leur particularité. Il est extrêmement important pour nous que ce band continue à faire exactement ce qu’il fait. Nous aimons leur musique, les personnes qui la créent, leur intégrité, tout ce qui les caractérise.

Die Anstalt n’a pas son pareil, même si chacun y entend quelque chose de différent. Le résultat est théâtral, provocateur, hypnotique et d’une intensité physique implacable. Ils écrivent des slogans qui restent gravés dans les mémoires. Leur rage est tout à fait justifiée. En concert, on assiste moins à un spectacle qu’à une explosion maîtrisée.

Leurs chansons donnent la parole à l’épuisement générationnel, aux absurdités dystopiques du présent, aux bellicistes, à la ‘manosphère’ et au sentiment constant que le monde est en train de s’effondrer. Mais surtout, Die Anstalt est la preuve qu’au-delà du bruit, des algorithmes et du tourbillon incessant du discours de l’industrie, quelque chose de vital brûle encore : la rage, la conviction et l’espoir, à parts égales. Au fond, c’est un groupe punk. Pas de posture. Pas de compromis. Pas de chichis. Ils ne demandent pas la permission. Ils réduisent tout en cendres.

« Kalter Schweiss », le single extrait de leur premier album, est disponible sous forme de clip

 

 

Mons au Carré 2026 : mercredi 1er juillet 2026

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Girls In Hawaii ne s’était plus produit depuis plusieurs années, à l’exception de la tournée célébrant les vingt ans de son premier opus, « From Here to There », en 2023, qui avait rempli quatre soirs l’Ancienne Belgique. Né au début des années 2000, Girls In Hawaii s’est imposé au fil du temps parmi les repères de l’indie rock européen. De « From Here To There » (2003) à « Everest » (2013), en passant par « Plan Your Escape » (2008), la formation a bâti un univers musical qui accompagne toute une génération d’auditeurs.

Cette date montoise lance une nouvelle tournée européenne, précédée d’une semaine de résidence et de répétitions au Manège de Mons. Elle accompagne la sortie annoncée d’« Eldorado », attendu en septembre. La première partie revient à Alice George Perez, artiste située entre folk contemporain et art-pop. La chaleur est telle, ce soir-là, que même les spectateurs les plus motivés patientent dehors avant l’arrivée des musiciens sur les planches, histoire de préserver leurs forces.

Un quart d’heure avant l’horaire prévu — la projection du match sur écran géant impose de composer par le calendrier sportif — Antoine Wielemans, Lionel Vancauwenberghe et leurs musiciens gagnent les planches et ouvrent le bal par « Is It Happening Right Now », un titre inédit extrait du prochain disque. Le morceau oppose matières organiques et textures synthétiques, invite à lever les yeux vers le ciel et à savourer l’instant présent. L’accueil se révèle chaleureux. Très vite, « Eldorado », lui aussi inédit, dévoile une écriture plus rythmée, plus brute, presque conceptuelle, qui déroute agréablement une partie de l’auditoire.

Le souvenir de Denis Wielemans, ancien batteur du combo disparu dans un accident de la route en 2010, demeure présent lors des concerts de Girls In Hawaii. « Misses », extrait d’« Everest », lui adresse un hommage sobre et sensible. Ce disque, né dans un contexte de deuil et de reconstruction, reste sans doute l’un des plus accomplis de leur parcours. L’atmosphère gagne peu à peu en tension. Sur l’entraînant « Found The Ground », le batteur imprime sa cadence à la charley, à la ride, à la caisse claire et à la grosse caisse, tandis que la voix légèrement éraillée du chanteur prend tout son relief.

« Not Dead » suit, titre qui retrouve une place de choix dans le nouveau tour de chant de la formation. La précision instrumentale, constante tout au long du set, se confirme sur « Who’s To Blame » et « Not Your Fault », deux nouvelles compositions où rythmique syncopée et chœurs dessinent un ensemble aux couleurs nettes. Plus de deux décennies après ses débuts, le quintette conserve une réelle force de proposition.

Quelques minutes plus tard, l’incontournable « Switzerland », où l’électro et le piano servent la mélodie, ravive l’élan du band. « Rorschach », tout en guitares saturées, clôt ensuite cette première partie de set dans une tension maîtrisée. La formation quitte les planches pour mieux y revenir presque aussitôt, par « Changes Will Be Lost », « Goddess » — dernier inédit de la setlist — puis « Monkey », extrait de « Nocturne », paru en 2017.

« This Farm Will End Up In Fire », morceau doux-amer à la mélancolie enveloppante, installe un moment de sérénité collective, chaque musicien reprenant en chœur son refrain entêtant. « Flavor », caractérisé par son intro de basse répétitive, referme finalement les débats dans une dernière montée en intensité.

Girls In Hawaii signe un retour solide, sans renier vingt ans de répertoire, et confirme sa place parmi les formations majeures de l’indé-pop belge.

(Organisation : Sumons)

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