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Suzane

Engagée !

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Une soirée prometteuse s’annonce à l’Ancienne Belgique où Suzane se prépare à investir les planches. Devant l’entrée, la file s’étire : la date affiche complet depuis longtemps. L’artiste séduit la foule par une énergie constante, des prestations remarquées et des textes engagés.

Quand Suzane rejoint le podium, elle ne vient pas seulement chanter : elle entend témoigner, provoquer, parfois même apaiser. Figure libre de la nouvelle mouvance électro‑pop, elle se présente comme une ‘conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro. Son écriture ciselée, ses mélodies efficaces et sa présence incisive structurent un spectacle où le visuel, le rythme et la tension s’entrelacent.

Originaire d’Avignon, Suzane — Océane Colom — se révèle dès 2020 sur son long playing « Toï Toï », certifié disque d’or, et impose un regard frontal sur le monde. « Caméo » (2022) confirme son ancrage sur les planches françaises. Lauréate de la Victoire de la Musique ‘Révélation scène’, en 2020, elle entretient un lien direct et instinctif avec le public : plus de 500 concerts lui ont forgé un territoire où les mots prennent corps, entre sueur, lumière et tension.

Son dernier opus, « Millénium » (26 septembre 2025), ouvre une nouvelle étape. Suzane y questionne la place de l’humain dans un univers ultra‑connecté, les fractures générationnelles et les silences imposés, proposant un disque dense, lucide et profondément ancré dans son époque.

Le supporting act revient à Lou Dassi, qui ouvre la soirée en affichant une élégance discrète.

Elle se présente d’emblée devant la salle : vingt ans, chanteuse‑autrice‑compositrice originaire de Gap. Sa musique baigne au sein d’une pop alternative intense, nourrie de textes à la fois désinvoltes et sincères. Elle explore l’amour, le doute, l’adolescence, la rupture ou encore la remise en question, et combine fragilité assumée et énergie vive pour transformer ce moment en partage authentique.

Révélée à seize ans dans ‘The Voice 11’, en 2022, Lou Dassi rejoint les planches en solitaire pour un set d’une trentaine de minutes. Aucun combo, aucun décor : une table, un ordinateur, un micro, une jupette noire et des bottes hautes. Cette configuration volontairement dépouillée ne lui offre aucune zone de repli — un choix qui, paradoxalement, renforce son interprétation.

Quelques faux départs et quelques hésitations techniques surviennent çà et là, mais elle désamorce chaque accroc grâce à une autodérision naturelle et une réplique spontanée. Elle commente ses maladresses, en sourit, et entraîne la fosse dans ce rapport direct. L’échange demeure simple, franc, immédiat.

C’est la première fois qu’elle se produit au plat pays, et cette entrée en matière s’inscrit sous le signe de la sincérité et de la proximité (Page ‘Artiste' ici). 

Place maintenant à la tête d’affiche.

Le décor et la scénographie restent sobres mais judicieux : une estrade à deux niveaux occupe toute la largeur du podium, perchée à deux mètres cinquante. Sur sa face avant, des rampes de LED longent la structure, tandis qu’un écran monumental couvre l’arrière‑plan. L’espace laissé en contrebas suffira pour que Suzane et ses quatre danseuses circulent aisément. Aucun musicien n’apparaîtra : l’accompagnement sonore sera diffusé sur bandes, comme lors de son précédent passage dans la salle, il y a trois ans.

À 20 h 50, les lumières s’éteignent. Quatre silhouettes apparaissent en ombres chinoises, perruques vissées, corps déjà en tension. Quelques secondes passent sans qu’on puisse distinguer l’artiste de ses danseuses. Puis Suzane surgit sur le palier supérieur de l’estrade, comme si elle prenait d’emblée position avant l’affrontement.

Très rapidement, elle s’adresse à l’auditoire, évoque son absence prolongée, remercie le public et souligne la présence importante de son producteur, Valentin Marlin. Les premiers titres révélés — « Marche ou rêve », « Je t’accuse », « Lendemain de fête » — annoncent le ton : puissance, urgence, mais aussi nuances et vulnérabilité. « Je t’accuse » surgit du silence et aborde frontalement violences sexuelles et luttes individuelles, un cri qu’elle universalise.

Au fil du premier tiers du set, Suzane déploie ses thèmes majeurs : regard des autres, pression sociale, difficulté d’exister hors des normes. Les gestes oscillent entre brusquerie et retenue, comme pris dans des contraintes invisibles. La salle suit attentivement. Musicalement, l’électro‑pop reste l’axe central, ponctuée d’incursions dans la variété française et d’arrangements ancrés dans le présent tout en cultivant une certaine exigence dans l’écriture et le son.

Pour « Champagne », une table est installée au centre du podium. Entourée de ses choristes, Suzane grimpe sur la surface et déclenche son MPD. La scène ne verse jamais dans le léger ou le gratuit : la satire sociale se révèle mordante.

Rien d’inutile ici. Chaque élément répond à une intention précise. Le corps domine l’ensemble, non pour illustrer les titres, mais pour les transmettre par un langage chorégraphique omniprésent. Les mouvements évoquent tour à tour le combat, la résistance et la discipline. Suzane en connaît la portée et l’assume. Elle n’avance pas pour séduire, mais pour affirmer une position.

Sur « SLT », la tension militante s’accentue. La mise en image se réduit à l’essentiel : une danseuse filme le tableau en direct ; l’image, retransmise en noir et blanc sur l’écran géant, crée un contraste brut. L’auditoire se tait. Le propos reste frontal, sans atténuation possible. Suzane expose, insiste et transforme ce moment en espace de témoignage collectif.

« P’tit gars » commence a cappella. Le morceau évoque le rejet familial, l’homophobie ordinaire, la violence des mots. Certaines phrases serrent la gorge, d’autres apportent un souffle. À la fin, Suzane saisit un drapeau LGBTQIA+ tendu depuis la fosse et le lève. Le geste, simple mais assumé, prolonge la vulnérabilité du titre en soutien manifeste.

Plus tard, « Millénium » esquisse le portrait d’une génération lucide, fatiguée, prise entre crises économiques, urgence écologique et perte de repères. Puis revient « Je t’accuse », dans un moment charnière : derrière elle, des chiffres relatifs aux violences sexistes et sexuelles s’affichent. Le morceau devient une accusation adressée non à un individu, mais à un système défaillant. Le poing levé, micro tendu, elle se transforme en porte‑voix déterminé. « Humanoïde » s’attaque ensuite à un monde algorithmique qui érode l’humain. « Lendemain de fête » clôt le set sur un appel simple : agir, aimer, vivre avant qu’il ne soit trop tard.

Au rappel, « Suzane » referme la boucle. L’artiste y retrace son parcours, ses doutes, ses critiques, sa crainte de ne pas entrer ‘dans le bon format’.

Une conclusion qui, sans artifices, laisse des éclats dans les yeux et rappelle combien Suzane vit le moment comme un terrain de lutte et de présence.

Setlist : « Mouvement », « Dégaine », « Marche ou rêve », « Un sens à tout ça », « Champagne », « L'insatisfait », « Virile », « Au grand jour », « SLT », « Plus que moi », « T’as raté », « P'tit gars », « Millénium », « Je t’accuse », « À la vie », « Humanoïdes », « Lendemain de fête ».

Rappel : « Suzane »

(Organisation : Live Nation)

Les pass 1 jour pour le Hellfest en vente à partir de 25 mardi 13 février à 14 heures !

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Préparez vos agendas ! Après l'écoulement record des pass 4 jours, le Hellfest vient d'officialiser la date tant attendue de mise en vente des billets 1 jour. Il s'agit de la dernière chance pour ceux qui n'auront pas pu mettre la main sur le précieux sésame pour l'intégralité du festival en juillet dernier.

La billetterie ouvrira le 12 février à 13h. Il y a fort à parier que les pass se volatiliseront en peu de temps. Tenez-vous donc prêts pour espérer avoir la chance de participer à une partie du festival.

Cette édition 2026 s'annonce déjà monumentale avec une programmation de haute qualité ne laissant aucun genre de metal de côté. Pour rappel, les scènes du festival verront se succéder Amenra, A Perfect Circle, Cult of Luna, The Dillinger Escape Plan, Iron Maiden, et autres Opeth le temps de 4 jours à Clisson.

Rendez-vous ce jeudi sur https://tickets.hellfest.fr/

Notez qu'il est toujours possible de s'inscrire sur la liste d'attente pour la revente de billets sur https://tickets.hellfest.fr/revente.html

Het Depot (Louvain) : les prochains concerts (update 6/02/2026)

Écrit par

Lu 23.02.2026
Depot Café & Studio Brussel present Emma Hessels
GRATIS

Ve 15.05.2026
Live Nation presents Aaron Blommaert

Ma 23.06.2026
The Wailers

Sa 28.11.2026
Live Nation presents Merol

Sa 05.12.2026
Sofie Lemaire

https://www.hetdepot.be

Main Square festival : la programmation à ce jour (update 5/02/2026)

Écrit par

Vendredi 3 juillet

KATY PERRY // PAUL KALKBRENNER // CHARLOTTE CARDIN // CASSIUS // MIKI // MIDNIGHT GENERATION // LUIZA // JESSIE MURPH // LINKA MOJA …

Samedi 4 juillet

ORELSAN // MARSHMELLO // L2B // ASAF AVIDAN // YAMÊ // NONO LA GRINTA // EVE LA MARKA // THE WARNING // RADIO FREE ALICE // KEO ...

Dimanche 5 juillet

TWENTY ONE PILOTS // VALD x VLADIMIR CAUCHEMAR X TODIEFOR : Team Reloaded // RENEE RAPP // DON WEST // PERCEVAL // ZAHO // BALU BRIGADA // VOILÀ //SUPERMODEL*…

https://mainsquarefestival.fr/

Het Depot (Louvain) : les prochains concerts (update 5/02/2026)

Écrit par

Ma 17.02.2026
The Wolf Banes

Je 19.02.2026
Jokke

Me 25.02.2026
SONS

COOL FESTIVAL > 27.02.2026 - 01.03.2026
SELAH SUE & THE GALLANDS

Ve 15.05.2026
Live Nation presents Aaron Blommaert

Di 31.05.2026
Nacht van de Nederpop

Ve 25.09.2026
Black Stone Cherry

Me 11.11.2026
Iskander Moon

https://www.hetdepot.be

Fishbach

Flora Fishbach reprend un titre de Michel Jonasz: “Je voulais te dire que je t'attends”

Après “Val Synth”, un des meilleurs albums de 2025, Flora Fishbach annonce la sortie d'un nouvel EP, au coeur duquel on trouve une reprise d'une compo de Michel Jonasz qui date de 1981: “Je voulais te dire que je t'attends”. Comme à l'habitude, la voix de la belle ardennaise est envoûtante et nous entraîne dans les tourbillons de l’amour sur des rythmes digitaux, influencée par la pop synthétique des années '80.

Flora magnifie comme personne la douce mélancolie du classique de Michel Jonasz. Il semble avoir été écrit pour elle tant elle en incarne les mots avec sincérité. “Je souhaitais depuis longtemps la reprendre car c’est à mon cœur l’une des plus belles chansons françaises. Et j’ai voulu y ajouter ma sensibilité de femme qui aime danser sur ses mélancolies”, confie-t-elle. Les autres titres du EP sont “Homme du feu”, un mantra qui se répète à l’infini pour finir par s’épanouir, tout en douceur. “Je suis fière d’être de ce monde malgré l’incendie”, glisse Flora. Le disque se clôt sur le cinématographique “Absolument fabuleux”, une balade éthérée qui parle des faux paradis technologiques qui nous entourent.

Flora a elle-même co-produit les trois titres avec l’aide de Nicolas Borne (Acid Arab). Elle se produira aux Nuits Botanique, à Bruxelles, le 24 mai prochain. Elle sera également au Zénith de Paris le 17 mars 2027.

“Je mettrai mon cœur dans du papier d'argent
Mon numéro d'appel aux abonnés absents
Mes chansons d'amour resteront là dans mon piano
J'aurai jeté la clé du piano dans l'eau
J'irai voir les rois de la brocante
"Vendez mon cœur trois francs cinquante"
Tu savais si bien l'écouter
Que ma vie s'est arrêtée
Quand tu m'as quitté(e)...”

Tracklist:
EP « Je voulais te dire »:
1. Homme du feu
2. Je voulais te dire que je t'attends
3. Absolument fabuleux

 

Ancienne Belgique (Bruxelles) : les nouveaux concerts (update 4/02/2026)

Écrit par

sam. 28 févr. |
BREAXX x AB Club

lun. 02 mars |
Punk 50 Triple Bill: Hyperdog (AT) + Spotbust (GER) + Mesher (B)

ven. 08 mai |
Ifé Ogunjobi

ven. 05 juin |
Ghinzu

dim. 30 août |
The Whitest Boy Alive

dim. 11 oct. |
The Sisters Of Mercy

mar. 17 nov. |
Eluveitie

ven. 05 févr. |
Eosine

http://www.abconcerts.be

Roots & Roses : les 4 derniers noms de la programmation (update 4/02/2026)

Écrit par

The Animeros (USA), Cabana Belgicana (BE), Connolly Hayes (UK) et Jovin Webb (USA) sont les 4 derniers noms qui clôturent, ainsi, la programmation de l’édition 2026 du Roots & Roses.

http://www.roottsandroses.be

Gent Jazz 2026 : de nouveaux noms (update 3/02/2026)

Écrit par

De nouveaux noms sont venus enrichir l’affiche du Gent Jazz 2026 et notamment Van Morrison, Angus & Julia Stone, John Legend, Tamino, Tindersticks, Samara Joy et Charles Lloyd Quartet, pour ne citer qu’eux…

Plus d’infos sur http://www.gentjazz.be

Water Moulin (Tournai) : les prochains concerts (update 2//02/2026)

Écrit par

Jeudi 5 février 

THE MACKS (us),

https://themacks.bandcamp.com/album/bonanza

 https://www.youtube.com/watch?v=-kNxeItj93I

DERBY DAY!!!

https://www.instagram.com/itsderbyday/

Portes à 20h00

 

    13 fev balladur  - Badaboum

    13 mars: YALLA MIKU

    21 mars : Escape-ism - Die Anstalt -Christophe Clebard

    11/04/26 : SHTËPI (uk) - Maraudeur

    31 mai: Le Prince Harry - milk me

WATER MOULIN 207 bld Eisenhower, 7500 Tournai

https://www.facebook.com/watermoulin/?locale=fr_FR

 

 

Concerts Peter Verstraelen (update du 01-02-2026)

Écrit par

25 avril 2026 - ARBEID ADELT ! - 't Zomerlief, Mariakerke

16 mai 2026 - ARBEID ADELT ! - De Kelk, Brugge

05 juin 2026 - ARBEID ADELT ! - Hnita Jazz Club, Heist-op-den-Berg

06 juin 2026 - ARBEID ADELT ! - De Singer, Rijkevorsel

19 juin 2026 - HET ZESDE METAAL - Blender, Kortrijk

20 juin 2026 - ARBEID ADELT ! - Djingel Djangel, Antwerpen

21 juin 2026 - HET ZESDE METAAL - Huysmanhoeve, Eeklo

04 juillet 2026 - ARBEID ADELT ! - Dreeffestival, Tielt

20 août 2026 - DE MENS - OLT Rivierenhof, Deurne

10 novembre 2026 - ARBEID ADELT ! - De Kapel, Mol

https://peterverstraelen.com/

 

 

 

Live Nation - les nouveaux concerts (update du 01-02-2026)

Écrit par

Lundi 16 mars 2026 – Maisie Peters – La Madeleine, Bruxelles

Vendredi 15 mai 2026 – Aaron Blommaert – Het Dépôt, Louvain

Dimanche 17 mai 2026 - NE-YO & AKON – AFAS Dome, Anvers

Vendredi 26 juin 2026 – Froukje – OLT Rivierenhof, Anvers

Jeudi 27 août 2026 – Sylvie Kreusch, Olt Rivierenhof, Anvers

Mardi 10 novembre 2026 – Enter Shikari, Forest National, Bruxelles

Mardi 17 novembre 2026 – Eluveitie – Ancienne Belgique, Bruxelles

Jeudi 03 décembre 2026 – Elmiene – Ancienne Belgique, Bruxelles

http://www.livenation.be/

 

 

 

The New Pornographers

L’ancien site de The New Pornographers

Écrit par

Le quintette canadien The New Pornographers prépare la sortie de son prochain long playing, « The Former Site Of », prévu pour le 27 mars chez Merge Records. Pour accompagner cette annonce, la formation diffuse « Votive », un extrait soutenu par une vidéo animée (à découvrir

Conçu autour de la mandoline d’A.C. Newman, « Votive » s’ouvre sur des nappes de synthés et de claviers avant de s’étendre vers un jam ample. Le clip, animé par Michael Arthur, puise dans l’imagerie des paroles de Newman et met en lumière le refrain partagé par A.C. Newman et Kathryn Calder : ‘I didn’t see you there’.

Ce dixième opus rassemble dix récits brefs centrés sur des personnages confrontés à diverses formes de tension personnelle ou sociale, présentés sous des chansons pop travaillées avec précision. Ébauché dans le studio domestique de A.C. Newman, le disque a ensuite été transmis au reste du quintette — A.C. Newman, Kathryn Calder, Neko Case, John Collins et Todd Fancey. Pour cette session, le batteur Charley Drayton (Divinyls, The Rolling Stones, Fiona Apple) a rejoint la formation, tandis que Josh Wells (Destroyer, Black Mountain) siègera derrière les drums, durant la tournée printanière.

A.C. Newman explique que la possibilité de travailler longuement dans son propre espace lui a permis de poser les structures essentielles de chaque morceau — quelques éléments, la direction émotionnelle, le strict nécessaire — avant de les proposer au reste du band pour approfondissement. Cette méthode a réduit les révisions et a clarifié l’élan créatif dès le départ.

Motorpsycho

Motorpsycho dans l’espace…

Motorpsycho a toujours été d'avis que les choses les plus intéressantes dans toute forme d'art se produisent avant qu'elles ne soient formatées et figées. Dans la musique rock, ce phénomène a atteint son apogée vers 1970, et c'est à cette période que la meilleure musique heavy a été créée, tout simplement parce que les règles n'étaient pas encore établies, qu'il n'y avait pas encore de clichés sur lesquels s'appuyer.

« The Gaia ll Space Corps » est un album dont les morceaux ne ressemblent pas tout à fait à du heavy metal ou du hard rock, mais qui visent clairement certaines des mêmes qualités. C'est une musique post-psychédélique, pré-metal, et probablement ce qui se rapproche le plus d'un véritable album de ‘hard rock classique’ que Motorpsycho ait jamais produit.

« The Gaia ll Space Corps » est court, concis, entraînant et passionnant, qui reprend là où « Stanley and The Comeback » s'était arrêté. L'instrumentation se compose principalement de guitares, de guitares et encore de guitares, mais il y a aussi pas mal de chant, et même un ou deux sons de clavier occasionnels. Mais il s'agit surtout d'une musique de guitare qui... eh bien, qui déchire !

Le premier single est le morceau d'ouverture de l'elpee, « Fanny Again Or ». Cette fable chantée par Bent est une véritable injection d'adrénaline qui rappelle fortement les Osmonds. C'est un morceau riffé qui ne peut que faire monter l'adrénaline chez tous les vrais rockeurs !

‘On ne fait plus de disques comme ça aujourd'hui’, a admis la formation, qui a alors décidé de passer à l'action. Enregistré à la fois à l'Old Cheese Factory de Trondheim et à Amper Tone à Oslo, « The Gaia ll Space Corps » sonne fièrement comme s'il avait été enregistré en 1970 et compense par son enthousiasme ce qui lui manque peut-être en subtilité.

« The Gaia II Space Corps » sortira le 27 mars 2026.

Le titre maître est en écoute

 

 

Anna von Hausswolff

Cérémonie chamanique ou rituel alchimique de purification ?

Quel chemin parcouru pour Anna von Hausswolff ! Depuis ce concert en septembre 2013 au Théâtre Américain, en première partie de Wire, où la Belgique l'avait découverte. L'artiste suédoise est aujourd'hui devenue une des figures de proue de la musique alternative et ce, à l'échelon international. Ce soir, elle vient défendre son nouvel opus et le Trix est comme un chaudron qui bruisse dans l'expectative d'un moment magique.

Il revient à Rylander Löve d’ouvrir le bal. Cette saxophoniste et compositrice, également suédoise, milite au sein du groupe qui accompagne Anna sur scène. Au cours de sa prestation, elle explore les frontières entre le jazz, l'improvisation, la musique électronique et la pop expérimentale. Ses paysages sonores sont complexes et mélangent des éléments tant acoustiques qu'électroniques. Une musique riche, affranchie des conventions, qui ouvre les sens et stimule l'esprit. Une excellente ‘mise en bouche ! ‘ (Page ‘Artistes’ ici)

L'arrivée d'Anna von Hausswolff transforme l'atmosphère, la faisant passer de l'apesanteur à une intensité bouleversante. Décrire cette musique relève de la gageure. L'art-pop s'y mélange aux accents gothiques, aux atmosphères ambient/prog et aux rythmes tribaux, le tout baigné dans un esprit boréal et une profondeur quasi mystique.

L'écrasante majorité des titres de la setlist sont tirés de l'album “Iconoclasts”, sorti en octobre 2025. Cette œuvre colossale et sombre prend une dimension encore plus immense en 'live'. Sur les planches, Anna trône sur un podium, flanquée de ses synthés et d'un instrument étrange, monté sur pied. On dirait une harpe de cristal, mais c'est en fait un 'cantiga organetto’, un harmonium à tubes dont elle joue avec la main droite, tandis que la main gauche actionne le soufflet. C'est en voyant une Belge, Catalina Vicens, en jouer qu'Anna est tombée amoureuse de cet instrument.

Dans le premier titre, “Consensual Neglect”, un instrumental ambient expérimental, c'est le saxophone de Rylander Löve qui ouvre les hostilités. Pendant près de 3 minutes, l'instrumentiste construit des loops de sons qui forment un véritable mur sonore, au-dessus duquel les autres musiciens viennent poser leurs arabesques, le tout culminant dans un paroxysme final impressionnant.

Caractérisé par ses accents solennels, “Facing Atlas” permet au public de découvrir la voix d'Anna von Hauswolff. Planant très haut dans les aigus, elle est puissante et incroyablement claire. Affûtée comme un glaive, elle transperce aisément le voile des autres instruments pour venir toucher le spectateur au plus profond de son âme. Des moments de pop inattendus surgissent, notamment lorsque le concert s'attarde sur “Stardust”, où une douce mélodie plane comme un voile fantomatique au-dessus des têtes. D'autres morceaux, comme "Aging Young Women", offrent une beauté délicate et poignante qui plonge la salle dans un silence absolu.

L'artiste va sur ses 40 ans mais, en ‘live’, elle apparaît encore comme une jeune adolescente, fragile, la queue de cheval de sa chevelure blonde virevoltant au rythme de ses mouvements. Le premier moment phare du concert est atteint grâce à un tour de force : “The Mysterious Vanishing of Electra”, extrait de “Dead Magic”, considéré comme son meilleur opus. Anna descend de son podium, se place au-devant de la scène et entame à la guitare électrique le premier accord en mi mineur de cette composition hallucinante. La rythmique est tribale et les fans entament un headbang lent et cérémonial. La puissance des arrangements évoque évidemment Swans, une formation dont Anna a souvent assuré la première partie. La voix de la belle valkyrie est ici envoûtante, alternant entre une noirceur presque infernale et la plus éclatante des lumières. On assiste à une cérémonie chamanique, un rituel alchimique de purification et l'auditoire frissonne tant l'émotion est palpable.  

Mais ce n'est pas fini ! Il y a encore cette terreur, “Ugly and Vengeful”. Dépassant les 16 minutes, le morceau donne l'impression de sombrer lentement dans la folie, une descente inexorable portée par des percussions qui martèlent et de vastes nappes d'orgue. La voix de von Hausswolff, incantatoire, rappelle par moments celle de Lisa Gerrard. Elle oscille entre dévotion et pure démence. L'intensité est bouleversante. La puissance sonore est tout simplement stupéfiante. Orgue, synthétiseurs, basse et batterie tonitruante s'entrechoquent en vagues déferlantes. Un final qui fait littéralement vibrer la coque métallique du Trix.

Le rappel nous permet de redécouvrir “Funeral For My Future Children”, un titre au rythme de valse datant de 2012, interprété "pour les anciens fans". Comme “Facing Atlas”, c'est une marche funèbre, qui évoque “Atmosphere”, de Joy Division. Enfin, “Struggle With the Beast”, traversé par son riff répétitif au saxophone, clôture en apothéose ce concert simplement... époustouflant. En ce 30 janvier, la messe est déjà dite : on vient déjà d'assister au meilleur concert de 2026...

Playlist :

Consensual Neglect
Facing Atlas
The Mouth
The Whole Woman
The Iconoclast
An Ocean of Time
The Mysterious Vanishing of Electra
Stardust
Aging Young Women
Ugly and Vengeful

Rappel :
Funeral for My Future Children
Struggle with the Beast

Crédits photos :

Willem Schalekamp
Niko Schmuck

(Organisation : Trix)

 

Parade Ground

Certains fans nous attendent depuis 1987 pour nous voir en concert !

Parade Ground a été formé en 1981 par les frères Jean-Marc et Pierre Pauly. Pionniers de la cold wave et de l'EBM, ils ont gravé leur premier single, « Moan On The Sly », en 1983 et sont restés actifs jusqu'à aujourd'hui. Notons qu'entre 1988 et 2007, le duo a disparu des radars pour se consacrer à d'autres projets artistiques comme l'écriture et les arts plastiques, ainsi qu'à la composition pour deux opus de Front 242 (“Evil” et “Off”). Leur style combine une cold-wave glaciale et radicale à une synth-pop dansante, caractérisée par des rythmes incisifs et des mélodies synthétiques, le tout soutenu par une esthétique visuelle dadaïste teintée d’industrial. Outre Front 242, ils ont régulièrement fréquenté Colin Newman (de Wire). A trois reprises, leur compo “Moans” a servi de B.O. pour des films hollywoodiens, et notamment “Little Sister” (2016). Musiczine a pu rencontrer Pierre et Jean-Marc à l'occasion des 45 ans de carrière que le duo fête cette année.  

Merci d'avoir accepté cette interview ! Parlons de “Moans”, votre plus grand hit. Il date de quelle année, encore ?

Jean-Marc Pauly (JM) : “Moans”, c'était en 1987.
Pierre Pauly (P) : Le morceau a connu un regain de popularité spectaculaire ces dernières années. Il y a cinq ans, il a été intégré dans la B.O. du film américain “Little Sister”, ce qui nous a valu des retours incroyables. Sans oublier un beau chèque de la SABAM (rires) !
JM : Au total, le morceau a été repris dans trois films hollywoodiens. Et les gens viennent souvent me voir pour me dire : ‘Tu sais, moi, je vis avec cette chanson : elle m'a même aidé à consolider mon couple’.
P :
Nous nous sommes produits à Stockholm récemment et les gens nous disaient : ‘J'attends depuis 1987 de vous voir en concert’ ! Et à chaque fois, c'est de ce morceau que l'on nous parle.

Et ce qui est fascinant, c’est que, sur ce titre, il y a une profusion d'invités de marque, dont, je crois, Colin Newman, de Wire.

P : Oui, il a participé aux chœurs.

Et Daniel Bressanutti, de Front 242, y a également collaboré.

P : Oui, bien sûr.

Je suppose que l'enregistrement a été réalisé à Aarschot, dans le studio de Daniel ?

P : Oui, oui.

Et il y a aussi Patrick Codenys, également de Front 242.

JM : C'est ça.
P : Daniel et Patrick étaient impliqués dans chacun de nos disques. Et Colin Newman a tenu à assurer les backings et à jouer de la guitare ! Le solo de guitare, à la fin, c'est lui...
JM : C'est amusant d'ailleurs parce qu'à l'époque, j'avais un accord de guitare qui était particulier, en 'open tuning' et j'ai dû montrer à Colin comment le jouer.
P : Et Colin a gentiment adapté sa manière de jouer. Il avait emporté sa guitare blanche mythique (NDR : une Airline Map). Et aussi deux grandes valises, remplies d'anciennes pédales d'effets. Il a réalisé des tests pendant une heure et il a trouvé ce qui lui convenait.

Je propose qu'on évoque les débuts. Si je me souviens bien, vous avez commencé à écouter de la musique très tôt.

JM : En 1972.

A l'époque du glam ?

P : C'était surtout Slade ! 

Alors, on a ça en commun ! Je me souviens encore de “Coz I Luv you” au moment où il est sorti. Et que je suis allé acheter le 45 tours.

JM : Pierre adore encore ce morceau à ce jour.
P : Oui, surtout la partie au violon !

Donc Slade, on est d'accord, un groupe fondamental. Quoi d'autre ? T. Rex, Bowie ?

P : Bowie, en effet. Et Kraftwerk, c'était la première étape électronique pour nous.

Et puis le punk et le post-punk ?

JM : La période punk a ouvert toutes les portes. Des albums comme celui de Wire, “154”, n'auraient jamais pu trouver leur place à l'époque où les dinosaures occupaient le terrain.

P : C'était une période incroyable. J'étais encore à l'athénée. On échangeait les premiers 45 tours des Buzzcocks. Il y avait “Metal Box“, de PIL. Je séchais les cours pour aller acheter des disques chez Caroline, près de la Grand Place. 

Je vous ai demandé de sélectionner des coups de cœur de cette époque-là et, chronologiquement, je crois que le premier, c'était sans doute “Hong Kong Garden”, de Siouxsie & The Banshees, en '78, non ?

JM : Oui, on l'a vue sur scène à l'époque.
P : Mais notre tout premier concert à l'étranger, c'était à Londres.

C'était Wire ?

P : C'était Wire, lors d'un festival Et quelques années plus tard, on a pu côtoyer Colin Newman. Incroyable !

Ce qui est marrant, c'est que le papa de Siouxsie était Belge.

P : Ah bon ? Je ne savais pas.

Elle s'appelle Susan Ballion. Son père était Wallon. Et alors, “Hong Kong Garden”, c'était un restaurant chinois à Londres, souvent attaqué par des skinheads. Elle a écrit la chanson en réaction à cette situation.

P : Elle aimait beaucoup choquer. Récemment, sur Facebook, les gens se plaignaient du fait que, sur une photo de l'époque, elle portait un brassard représentant une croix gammée. C'était uniquement pour choquer. Colin Newman nous disait toujours qu'il faisait de la musique pour choquer et pour combattre les vieux dinosaures. Mais, dans les commentaires, sur Facebook, les gens postaient : ‘C'est la dernière fois que j'écoute Siouxsie’, ce qui est débile.

A côté de Siouxsie, vous avez choisi Public Image Limited et le titre “Public Image”, extrait de leur premier album. D'après ce que j'ai compris, la chanson était en fait une diatribe contre Malcolm McLaren.

JM : Pourtant, il les a bien aidés.

Oui, mais ils se sont quittés en mauvais termes, on va dire.

JM : Lydon a été fort influencé par Malcolm McLaren.

Pour ne pas dire façonné par...

P : Oui, c'était sa ‘chose’.

Et le riff de basse emblématique de Jah Wobble.

P : On avait vu PIL, en concert, à cette époque. Ils avaient joué derrière un rideau. Et personne n'avait osé aller arracher la tenture ou prendre une initiative.
JM : Autre anecdote : Pierre a défait le lacet de John McGeogh.

Donc, cet épisode s’est produit lorsque John jouait dans Magazine. Mais ça, il ne faut jamais faire. Mais John est resté très calme, je crois ?

P : Oui, très calme. Il a juste reposé son pied devant quelqu'un d'autre, qui lui a relacé la chaussure. Plus tard, nous avons retrouvé John, qui était dans...

The Armory Show ?

P : Oui. C'était lors d'un festival. On a discuté dans les coulisses et je lui ai dit : ‘C'est moi qui avais défait tes lacets’. Il m'a répondu : ’J'aurais dû te foutre ma guitare dans la gueule’ !

Tu aurais alors une cicatrice en plus sur le front (rires) !

P : Voilà, exactement. J'en ai déjà pas mal.

Je le dis pour les gens qui ne connaissent bien Pierre. En concert, il a l'habitude de se brutaliser le front.

P : On m'a d'ailleurs conseillé de ne plus le reproduire, parce que je risque d'attraper un cancer de la peau.
JM : Si on ne peut même plus se marteler le crâne... (rires)
P : On ne peut rien faire dans ce monde, c'est terrible.

Votre carrière a commencé en 1981, dans le magasin d'instruments de musique Hill's Music, à Bruxelles, il me semble…

P : Mais oui, parce que Daniel (NDR : Bressanutti) y régnait comme un monarque. Beaucoup de gens venaient le consulter parce qu'il était très au courant des nouveaux appareils électroniques. Nous, on était un peu les enfants de la maison. On pouvait s'asseoir sur l'escalier et y rester pendant des heures. Il nous montrait le fonctionnement des premiers synthétiseurs. Donc, on a appris sur le tas grâce à lui, chez Hill's.

C'est marrant parce que c'est aussi chez Hill's Music que Patrick Codenys et Jean-Luc De Meyer ont rencontré Daniel B. Rappelons que Front 242, c'était d'abord Daniel et Dirk Bergen. Et Jean-Luc et Patrick ont rejoint le projet un peu plus tard.

P : Oui, et par la suite, ils ont eu un succès inouï. Ils le méritaient vraiment, car ils ont beaucoup travaillé.

C'est à ce moment-là que vous avez commencé à composer et que vous avez sorti “Moan on the Sly” ?

JM : En fait, l'histoire, c'est que Patrick Codenys nous a repérés lors d'un concert au Cool Gate, chez Serge Nicolas. Il a eu un coup de foudre parce que nous étions un peu atypiques, et très en colère. Il cherchait des groupes impressionnants sur scène.

P : Il nous a dit par après que ce qui lui avait plu chez nous, c'est qu'on tapait du pied, mais on tapait vraiment très fort.

“Stomp your feet”, comme demandait le chanteur de Slade (rires) ?

P : Noddy Holder ! Oui, c'est la même chose : ‘Clap your hands, stomp your feet’ !

Et alors, il vous a proposé de sortir un disque ?

P : Oui. Ils étaient sur New Dance Records à l'époque et il nous a proposé : ‘Venez, on va enregistrer à Aarschot et vous allez sortir un disque sur notre label’. Et le label a accepté. Mais huit jours avant la sortie du premier 45 tours, Philippe Sion nous a déclaré : ‘Non, je ne le sens pas, je n'ai pas envie’.
JM :
C'est surtout qu'il était tombé en faillite. Il rencontrait des problèmes d'argent, comme d'habitude.
P : Donc, on a dû racheter le pressage du disque et payer tous les autres frais. On a réglé le montant en plusieurs fois.

C'était “Moan on the Sly” ?

P : Oui. On a pu l'enregistrer dans un bon studio. La manager des Names nous aimait bien. Elle nous avait conseillé d'aller dans le studio où les Names enregistraient.

Ce n'était pas à Aarschot ?

P : Pour ce morceau-là, non. Ce sont les vinyles suivants qu'on a enregistrés à Aarschot.

Mais alors, où a été enregistré “Moan On The Sly” ?

P : Au Studio Livingstone, à Bruxelles. Mais souvent, on enregistrait dans différents studios. On avait aussi gagné un prix lors d'un festival ; et ce prix, c'était un enregistrement gratuit.
JM : C'était lors du ‘National Rock Meeting’ à Saint-Nicolas.

Il existe toute une flopée d'anecdotes de ce type dans le livre que vous venez de sortir, qui s'intitule “Words, Swords, Words”.

P : Oui, on peut le commander auprès de votre label : VUZ Records.

Je recommande ce bouquin pour son contenu, mais aussi pour les anecdotes complètement dingues. Spontanément, je pense à la Jaguar rouge. Racontez-nous l'histoire de cette voiture.

JM : Ma mère avait commencé à travailler comme dame de compagnie chez un baron, ici à Bruxelles et ce dernier est devenu un peu notre mécène. Nous recevions chaque mois 2 500 €. Et il nous a permis de rouler dans sa Jaguar.
P : Il était propriétaire de plusieurs voitures, et il nous a cédé sa vieille Jaguar rouge décapotable.

Comment faisiez-vous pour mettre le matos là-dedans ?

JM : Ce n'était pas pour le matos, c'était pour reconduire Daniel, le plus souvent, jusqu'à Aarschot.
P : On conduisait aussi les amis de Front 242, pour aller acheter des vêtements à l'étranger.

Des vêtements militaires ?

P : Exactement ! Des vêtements militaires. Et ils ont été critiqués pour ce choix...

On va quand même rappeler l'histoire parce certains ne sont pas au courant et pourraient mal comprendre. Comme tu expliquais tout à l'heure, ils avaient surtout envie de provoquer et de faire du second degré, voire du troisième. Ils voulaient dénoncer justement les idées qu'ils ne soutenaient pas en les projetant au visage des gens, d'une certaine manière.

P : C'était pour choquer. Ils portaient des habits militaires et des brassards, sur lesquels était inscrit ‘Front 242’. Il n'y avait pas de croix gammée ou de trucs de ce genre. C'était vraiment plus visuel qu'autre chose. Pourtant, ils ont été mal perçus, surtout au Pukklepop. Une bagarre a éclaté entre la direction du festival et le groupe, parce que Richard avait harangué le public en criant ‘move your body !’ Des spectateurs ont essayé de monter sur scène et la sécurité n'a pas apprécié. Donc, ils ont traité Richard de ‘pea brain’ (Trad : idiot). 
JM : Nous, nous avons choisi le nom ‘Parade Ground’ justement en réaction contre le service militaire. Pierre a été obligé de l’accomplir. Je me suis fait réformer.

Et puis, on arrive tout doucement à la période Play It Again Sam (PiaS). Vous avez été signé par ce label belge dans la foulée de Front 242 ?

JM : C'est plus compliqué que ça. On a d'abord suivi Front chez Himalaya. Ensuite, Himalaya est devenu Another Side. Et puis seulement Played Again Sam. Il y a une anecdote à ce propos :  à l'origine, ils nous avaient refusés.

En première écoute ?

P : On avait filé une démo à Kenny Gates et Michel Lambot, les fondateurs du label, et ils avaient refusé de nous signer.
JM : Ensuite Richard, de Front 242, monte dans la voiture de Kenny Gates, il insère une cassette et déclare: ‘Écoute, j'ai quelque chose de bien à te faire découvrir’.

Et c'était ça ?

JM : Oui. Et il a trouvé ça très bien. Et il a demandé : ‘Qu'est-ce que c'est ?’

Eh bien, c'est ce que tu viens juste de refuser (rires) !

P : C'est le groupe que tu as refusé il y a une heure.

Kenny, si tu nous lis.

JM : Merci à Richard.

Merci à Richard, en effet !

P : Richard nous aimait beaucoup. Il venait voir tous nos concerts à nos débuts. Il voulait absolument devenir notre manager.

Avant même de rejoindre Front ?

P : Absolument ! Il venait régulièrement nous voir. Il connaissait les paroles des chansons par cœur. Il s’était proposé : ‘Je veux être votre manager, il faut absolument que vous explosiez!’.
JM :
Mais, une semaine après, il intégrait Front 242.

Tu vois à quoi ça tient ! Ne s’est-il pas produit sur scène une fois en votre compagnie ?

P : Oui, mais c'est plus tard. C'était encore une histoire impliquant la Jaguar rouge. On était allés été chercher Daniel à Bruxelles. Le concert de Front était programmé dans le Limbourg. Il y avait des embouteillages. Quand on est arrivés là-bas, Richard a déclaré : ‘Non, tu es en retard. Moi, je ne veux pas jouer.’ Pour emmerder Daniel, il a ajouté : ‘Je vais me joindre à Parade Ground sur scène’. Et il l'a fait. Ensuite, Daniel a trouvé les bons arguments afin que Richard rejoigne quand même Front pour le concert suivant.
JM : Nous étions des futuristes. Il faut rouler très vite en voiture pour s'envoler jusqu'à la lune.

Et donc, on arrive au disque “Dual Perspective”, qui contient vos deux plus grands hits. On a déjà parlé de “Moans”. Il y a aussi “Gold Rush”, sur ce 12 pouces. C'est bien un 12 pouces ?

P : Oui, tout à fait. Il est paru sur Play It Again Sam.

Maintenant, parlons des autres sélections. Vous avez aussi choisi Joy Division, ce qui est parfaitement logique. Le morceau “A Means to an End”, extrait de l'album “Closer”, paru en 1980.’

JM : C'est un ami journaliste, Philippe Carlot, qui nous l’avait conseillé, en ces termes : ‘Il faut absolument que vous voyiez ce groupe, il est formidable.’ Nous sommes allés les découvrir au Plan K, à Bruxelles, et le concert était très froid. Et puis, le son n'était pas au point. Pourtant, en rentrant chez moi, j’ai revu mon jugement et j'en ai conclu : ‘C'est le concert le plus génial que j'ai jamais vu’.

C'était le concert où Cabaret Voltaire était également à l’affiche ?

JM : Non, c'était l'autre concert au Plan K, aux côtés de Digital Dance.
P : Digital Dance, et l'excellent Stephan Barbery ! Très important pour nous. Il a réalisé toutes nos pochettes par la suite.

Et donc, le concert était génial ?

JM : C'est toujours le meilleur concert que j'ai jamais vu.
P : Nous avons pu écouter Joy Division au moment où ils amorçaient un virage électro.

Il y avait de plus en plus de synthés. Sur “Closer”, la moitié est post-punk et l'autre, c'est déjà de la wave synthétique.

P : C’est exact !
JM : On sentait bien qu'ils voulaient évoluer.

Et Jean-Marc, quels sont tes souvenirs de ce concert ? Tu te remémores encore de l’attitude de Ian Curtis ?

JM : Il était extraordinaire, effervescent. Je dis toujours, c'était une aspirine effervescente dans de l'eau. Il était vivant, émouvant, il sortait de lui-même. C'était extraordinaire.
P : On se souvient aussi que c'est là que nous avons rencontré Annick.

On parle ici d'Annick Honoré, la compagne ‘extra-conjugale’, du chanteur de Joy Division, Ian Curtis. Elle travaillait à l'ambassade ? Ou déjà au sein du label à ce moment-là ?

JM : Oui, elle bossait chez Another Side.
P : Je la vois encore, il y avait des grandes tables et elle se chargeait des entrées.
JM : Il y avait une ambiance incroyable dans cette salle. Par la suite, nous avons été très proches d'Annick, qui était pour nous comme un ange.

On la regrette encore aujourd'hui.

P : Oui, vraiment.

Je l'ai connue plus tard. Un jour, je l'ai rencontrée au Botanique et je lui ai dit : ‘Il n'y a pas à dire, mais elle me botte, Annick’ (rires).

P : Bravo, ha ha ha !

Et après Joy Division, vous avez choisi Section 25 et le morceau “Haunted”.

P : C'est mon groupe préféré. Les frères Cassidy, c'était quelque chose !

“Haunted” est extrait de leur premier album, paru sur Factory Records et produit par Martin Hannett.

JM : Le même producteur que Joy Division.

Passons maintenant à votre période “Rosary”. Ainsi, on respecte la chronologie. Car après Play It Again Sam et l'album “Cut Up”, il y a eu, je crois, un hiatus dans la carrière de Parade Ground. Et ce, jusqu'en 2007. Est-ce bien exact ?

P : Oui, mais concernant cette période, on doit évoquer des albums de Front 242, “Up Evil” (NDR : “06 :21 :03 :11 Up Evil”) et “Off” (NDR : “05 :22 :09 :12 Off”), auxquels nous avons participé, en 1993.
JM : En fait, nous étions un peu fâchés contre PiaS, parce que nos ‘grands frères’, Front 242, nous avaient laissés tomber. Nous n'avions plus de label.

En outre, le problème de PiaS, c'est qu'ils ne distribuent pas assez de Pias-tres... (rires)

P : Oui, Phil (rires). Quelques années plus tard, Daniel nous a appelés pour nous demander de concevoir les paroles et les mélodies vocales des albums “Up Evil” et “Off”, de Front. C'était un travail considérable parce que Jean-Marc, quand il commence quelque chose, il y va à fond !
JM : Oui, et puis surtout, Daniel, de Front, était derrière moi pour me dire : ‘Plus dur, encore plus dur !’.
P : Daniel taillait dans les paroles. Je me souviens d'un mot, c'était : ‘I confess’. Il justifiait : ‘Non, ça fait trop penser à 'fesses' ! Tu enlèves’ (rires).
JM : Donc, on a travaillé énormément.

Il est dur, Daniel.

JM : Il est exigeant avec les autres comme il l'est avec lui-même.

P : Ils étaient aussi en bisbille au sein de Front. Richard et Jean-Luc étaient fâchés à mort parce qu'on nous avait demandé d’effectuer leur travail. C'est vrai qu'ils n'y parvenaient pas. Mais, si on leur avait donné un peu plus de temps, à mon avis, ils y seraient parvenus. A la fin du processus, il y eu une scène incroyable. Il fallait entériner officiellement les paroles que Jean-Marc avait écrites. On les a donc reçus chez nous, autour d'une grande table, et Patrick Codenys était assis au bout de cette table. Il tenait un marteau. Et, à chaque fois, il prononçait le titre d'une chanson et, ensuite, criait : ‘sold !’. Et il tapait du marteau sur la table (rires).

Si je comprends bien, dans les titres dont vous avez partagé la composition, il y a ‘Religion’ ?

P : Bien sûr.

Ça, c'est énorme ! C'est quand même un titre très connu.

P : Oui, c'est le plus connu de cette époque-là.

Qui a fait quoi dans la composition de “Religion” ?

JM : ‘Let me burn you, let me burn you, let me burn you down’.
P : Jean-Marc a composé les mélodies vocales et a écrit le texte. Et le reste, la musique, c'est Daniel.

Uniquement Daniel ?

P : Oui, en général, c'était exclusivement Daniel et Patrick ajoutait des sons.

Il intervenait un peu comme un architecte sonore ?

P : Oui, principalement.

Mais le musicien, c'était Daniel. Les autres ne connaissaient pas vraiment la musique, les harmonies.

P : Non, et puis, je te dis, pour cet album, les autres n'étaient pas très impliqués.
JM : On a prétendu que nous étions riches, car nous avions travaillé sur deux albums de Front.

Les paroles et les mélodies du chant, représentent au moins 50% des droits, non ?

P : Normalement, on avait droit à 50%, mais finalement, on n'a obtenu que 3% ! Ils avaient des accords et comme les patrons du label étaient leurs amis, ils se sont arrangés entre eux.

Et en parlant de “Religion”, puis-je vous questionner sur votre séjour au monastère ?

JM : Bien sûr. Après tous ces événements, nous étions dégoûtés du milieu de la musique; on ne voulait plus rien entendre. Et j'ai ressenti un appel. Donc, nous avons intégré une communauté religieuse en France, en Haute-Marne, où nous sommes restés pendant deux ans. On y a passé des moments formidables. On devait suivre le mode de vie des moines.

Le régime devait être spartiate.

P : Effectivement ! On assistait à la messe, aux aurores. Mais le plus chouette pour nous, c'est que mon neveu connaissait une dame qui possédait les clés d'une petite église de village. On a donc eu la possibilité d'y enregistrer.
JM : Le père abbé était très, très gentil et très ouvert. Il nous laissait vraiment faire ce qu'on voulait. On composait de la musique gothique dans ce lieu magique, qui date du XIVᵉ siècle.
P : Je jouais de la guitare et du synthé, en bénéficiant d'une acoustique inouïe. On y a enregistré les prémices de l'album “Rosary”. Pour moi, c'était la perfection. Vraiment, il n'y a pas un défaut dans cet album. Peut-être le son, qui aurait pu être meilleur, mais c'est tellement riche. Il y a des trouvailles partout, des préludes, des intros, des outros. Voilà. C'est pour notre retour. On aura pris une pause d'environ 10 ans.
JM : Et là, nous sommes très loin de “Gold Rush”.

C’est ce que j'allais dire.

JM : C'est carrément de la musique industrielle.

Le changement de style musical est, en effet, assez significatif. Il part d'une cold wave EBM, même synth-pop pour se diriger vers quelque chose d'industriel. On vous compare souvent à Front, mais perso, j’estime que votre première période est plutôt proche du style de Trisomie 21, voire de Joy Division. C'est un patchwork. Il y a même du Tears for Fears dans la voix.

P : Oui, tout à fait.

On y décèle également des traces d’Eyeless In Gaza.

P : Wow ! C'est un compliment !

La voix affiche ce côté 'high pitch voice', très synth-pop quelque part, combiné à une cold-wave très profonde et des éléments EBM, c'est unique. Il n'y a personne d'autre qui offre ce spectre-là.

P : On nous a souvent comparé à The Cure mais...

Non, ça n'a rien à voir avec The Cure.

P : Et donc, nous étions encore au monastère lorsque nous avons reçu un coup de téléphone de Dirk Ivens, qui nous a proposé de revenir et de jouer au BIM Festival.

Organisé par son acolyte, Peter Mastboom.

JM : Des Juggernauts.

Dès lors, vous avez aussi enregistré pour son label, Minimal Maximal.

P : Pour l'album “The 15th Floor”.
JM : Dirk a toujours été un grand fan du groupe. Et au début, il avait assisté au premier festival où nous avions gagné un prix et il nous avait transmis du courrier de fans. Des véritables lettres enflammées. Nous les avons conservées et quand il est venu manger à la maison, de nombreuses années plus tard, on lui a donné les lettres.

Il a dû être content. On a une pensée pour lui parce que sa santé n'est pas au top pour l'instant, mais apparemment, ça va.

P : Croisons les doigts !

On en vient aux prochains concerts, qui se dérouleront en Belgique pour l’anniversaire de la formation, car vous fêtez, cette année, les 45 ans d'existence de Parade Ground !

JM : Ben oui !

Vous serez tête d'affiche du Festival ‘TwoFourThree : the next generation’, à Bruxelles.

P : Oui, l'affiche programme aussi Krieg-B, Extra Bleu Ciel...

Extra Bleu Ciel qui est un projet soutenu par Fernando Wax, de Red Maze Records ! Ils sont présents sur la dernière compilation du label de notre émission WAVES. 

P : Extra Bleu Ciel, c'est de la minimal synth ; c'est vraiment superbe. Très mélodique, très beau.

Les voix sont superbes.

Fernando Wax (WAVES) : C'est un duo : Sadie et Nora.
P : Il y aura aussi Camy Huot, Bad Time et Mi6. Il se déroulera au Drink Drink le 11 avril.

Là où se produisent les soirées So New Wave.

P : Effectivement. On va écouter et regarder ces concerts ! Krieg-B, c'est vraiment de l'EBM pur.

Mi6, c'est le groupe d'un des membres de Factheory ? Dominique Nuydt ?

P : Absolument ! Dominique. C'est le bassiste de Factheory. La musique est davantage orientée Kraftwerk.

Et il y a l'autre concert du côté de Mons, à Hautrage, organisé par Olivier, d'Alterprod. Au Canal 10.

P : De nouveau en compagnie de Krieg-B.
JM : The boys are back in town...

Un morceau de Thin Lizzy ! Datant de 1976 ! Chanté par Phil Lynott, la tête de linotte (rires) !

P : Oui, la tête de Linotte.

Et donc, si on respecte la chronologie, après 2007, après Dirk Ivens ?

P : Vu que nous avions énormément composé lors de notre séjour dans le monastère, la suite de “Rosary” était prête à être publiée. C'est notre nouveau label, VUZ Records, qui a sorti “Sanctuary”.

JM : Et ensuite « Ora et Labora ».

Et là, on arrive à 2025, où vous avez sorti deux releases.

P : Exactement. D'abord, “The Hidden Side”, paru chez Dark Entries.

Et “Heaven With Care” !

P : Dark Entries est très important pour nous. On aime tellement Josh Cheon (NDR : le fondateur du label).
JM : Malheureusement, nous avons été refusés aux États-Unis, à cause des problèmes mentaux dont j’ai souffert dans le passé.
P : Oui, c'est une histoire de dingue. Nous devions accomplir une tournée, il y a 3 ans. Les Américains étaient prêts à payer les avions, les hôtels, tout. Il s'agissait de 10 dates, tu imagines, des têtes d'affiche de festivals et tout ça. Mais on a été bloqués à l'entrée.
JM : Ils se sont renseignés. Je ne sais pas comment ils sont parvenus à savoir.

Les fédéraux ont accès à tout, via la NSA et le FBI. Tu es vraiment screené dans tous les détails. C'est la procédure depuis 2001, depuis le Terrorist Act.

P : On avait dû remplir des documents. Parmi les questions, il y avait : ‘Venez-vous aux États-Unis pour tuer le président (rires) ?’
JM :
Bien sûr, on ne vient rien que pour ça.
P : L'Ambassade des États-Unis à Bruxelles a contacté le psychiatre de Jean Marc.

Big Brother is watching you ! Mais vous avez quand même réussi à sortir quelque chose chez Dark Entries finalement...

P : Oui, deux albums. D'abord “The Golden Years” est paru il y a quelques années.

Une compilation !

P : Oui, une compilation comprenant tous les morceaux les plus connus. La spécificité de ce label-là, c'est vraiment d'aller chercher des vieilles démos, des bandes en mauvais état et de les ressortir. Et pour les 20 ans du label, il nous avait aussi demandé un morceau pour sa ‘compile’. L’an dernier, il a sorti “The Hidden Side”.

Et ensuite, “Heaven With Care”, paru chez VUZ.

P : Qui réunit les premières démos de tous nos morceaux les plus connus.

Ainsi que des inédits.

P : Notamment “A message to Europe (for the dreamers)”.

De quand date cette démo ?

P : De 1982.

45 ans plus tard, cet inédit de Parade Ground est disponible sur Bandcamp. C’est fou, non ?

P : Oui, tout à fait.

Concernant Wire, vous avez sélectionné “I Should've Known Better”. Pourquoi avoir choisi un titre composé et chanté par Graham Lewis ? Et pas par Colin Newman ?

P : Parce qu’i s’agit de notre morceau préféré de Wire.

On cite souvent “The 15th”.

P : Il passe trop souvent à la radio. En fait, tout le catalogue de Wire pourrait y être diffusé (rires) !
JM : Il existe une interview de Robert Smith, dans laquelle il déclarait que, le jour où The Cure serait plus grand que Wire, ils arrêteraient. Et quelques années après, les gars de Wire sont allés à la rencontre des musiciens de The Cure pour leur demander quand ils arrêteraient (rires) ?
P : C'était lors d'un concert de The Cure - je pense - accordé à Forest National, qu’on était allé conduire les membres de Wire, dans la Jaguar rouge. Et, sur place, on est allé dans les loges et c'était impressionnant de voir les gars de The Cure et Wire parler et rigoler ensemble. Un moment fou !

Si on s’attarde sur la remarque de Robert Smith : je crois qu'il a souvent tendance à livrer de telles déclarations.

P : Ah bon ?

Oui. Il avait aussi eu ce type de discours pour And Also The Trees. Vous savez sans doute que c'est grâce à The Cure qu’AATT a pu sortir son premier disque ?

P : Non, je l’ignorais.

Eh bien, à ce moment-là, Robert s’était fendu de propos du style : ‘Vous êtes nettement meilleurs que nous!’ Je crois qu'il pratique très bien l'understatement, en toute modestie.

Fernando Wax : Nous qui vivons la wave aussi depuis plus de 40 ans, on a constaté que Bruxelles était, à une certaine époque, carrément une sorte d'épicentre de la scène. Et, pour les jeunes générations, il est important de rappeler que des groupes comme Front 242 et Parade Ground ont transformé la musique. L'EBM et la musique bruxelloise ont permis l'éclosion d'autres types de musique électronique dans le monde, qui ont toujours un impact aujourd'hui. Alors, comment vivez-vous cet impact que vous avez exercé sr autant de générations ?

JM : Nous donnons tout comme si c'était la dernière fois, que ce soit sur scène ou en studio.

Mais êtes-vous conscients de cet impact ?

P : Oui, bien sûr. Mais il nous surprend et nous émeut toujours énormément. A Stockholm, récemment, des gens témoignaient : ‘“Moans”, a une réelle importance pour nous’. On comprend difficilement, car ce morceau est très abstrait. Et, à Stockholm, on a vraiment apprécié, car le public était jeune.
JM : A Paris, aussi, il y a énormément de jeunes de 15 ou 16 ans qui assistent à nos concerts. Ils se comportent comme de nouveaux convertis, très enthousiastes. Ils connaissent toutes les paroles.

P : Pour nous, les deux meilleurs publics, on les rencontre à Paris et Barcelone.

FW : À l’Ombra Festival ?

P : Oui. Nous étions en tête d'affiche le premier jour. Et le public était incroyable. Vraiment, j'avais presque la chair de poule. J'amène le matériel sur scène, je branche le tout et les gens viennent me toucher.

Il faut quand même informer les gens qui ne vous connaissent pas bien que vos concerts sont extraordinaires. Je me souviens du festival Summer Darkness, en 2012. Je ne vais pas tout déflorer parce que c'est bien de découvrir et d'avoir la surprise, mais ce sont des shows uniques et complètement... dada (rires) !

P : Merci.

Dada, comme le Dadaïsme ! C'est un chaos organisé. Mais je n'en dis pas plus. Allez les voir en concert !

P : On essaie de surprendre le public à chaque fois. J’imagine d'autres chorégraphies. On essaye de faire évoluer les morceaux, d’amener des 'backings' différents et de dénicher des nouvelles idées. C'est ce qui nous permet de continuer dans la durée, je crois. Nous essayons de faire évoluer le groupe malgré tout.

Merci à vous pour cette interview ! C’était vraiment un honneur de vous recevoir. Et on encourage les gens à acheter vos albums, où que ce soit, et à aller assister à vos concerts. Et acheter le livre. Oui, n'oublions pas le bouquin. On peut le commander chez VUZ Records. Thank you, guys.

P : Split up.

JM : Cut up.

Pour célébrer ses 45 ans, Parade Ground se produira :

- le 11 avril au festival 243 au Drink Drink à BXL - organisé par Inclassablevents & So New-Wave

- le 2 mai au Canal 10 à Hautrage - organisé par Alterprod

Pour écouter l'interview de Parade Ground diffusée dans l'émission de radio WAVES, c'est  (part 1) et (part 2).

 

Ancienne Belgique (Bruxelles) : les nouveaux concerts (update 28/01/2026)

Écrit par

sam. 07 févr. |
KETCLUB : Johannes is Zijn Naam

dim. 22 févr. |
Sonic Sessions Residency - Edition II

lun. 23 févr. |
Klassiek met De Keere: De Picasso’s en Rothko’s van de 'klassieke' muziek

ven. 03 avr. |
BRDCST 2026 | 3.04 - 6.04

ven. 10 avr. |
UM!

mer. 15 avr. |
Kim Gordon - PLAY ME TOUR

mar. 28 avr. |
La Jungle

sam. 02 mai |
Dyce

mar. 05 mai |
Ricky Bekstok

mar. 12 mai |
Tamikrest

ven. 29 mai |
TP Le Green

jeu. 03 déc. |
Elmiene

http://www.abconcerts.be

Jinjer

Jinjer, Textures, Ancienne Belgique, Bruxelles le 25 janvier 2026 – Photos

Écrit par

Jinjer – Les géants ukrainiens du metal Jinjer se sont produits à l’Ancienne Belgique à Bruxelles pour un concert exclusif, débordant d’énergie brute et de finesse musicale. Le groupe, reconnu pour son mélange unique de groove metal progressif, s’impose comme une référence mondiale du genre.

Sur leur très attendu cinquième album studio « Duél », sorti plus tôt cette année, le groupe prouve qu’il ne se soucie pas des règles classiques du genre et suit pleinement sa propre voie créative. Jinjer s’affirme ainsi une fois de plus comme l’un des groupes les plus innovants et avant-gardistes de la scène metal moderne.

On attendait avec impatience un set rempli d’émotion, de virtuosité musicale et des performances vocales inégalées de la chanteuse Tatiana Shmayluk.

Après leur passage au Graspop Metal Meeting et en première partie, entre autres, de Sepultura, cette soirée s’annonçait incontournable pour tout fan de metal.

(Source : Live Nation)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

Jinjer

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8998-jinjer-25-01-2026

Unprocessed 

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8999-unprocessed-25-01-2026

Textures 

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/9000-textures-25-01-2026

(Organisation : Live Nation)

 

Lionheart

Lionheart, Madball + invités, Trix, Anvers le 24 janvier 2026 – Photos

Écrit par

Une soirée pleine d’énergie brute, de hardcore sans compromis et de noms légendaires qui ont façonné les fondations de la scène !

LIONHEART

La baie de San Francisco envoie ses fils et Lionheart mène la charge comme l’un des fers de lance de la nouvelle génération de monstres du hardcore. Avec des influences marquées de mosh et de NYHC, ils prouvent qu’ils peuvent retourner même les plus grandes scènes. Ceux qui étaient présents à Pukkelpop en 2024 en ont été témoins ! Welcome to the West Coast !

MADBALL

À l’origine, à la fin des années 80, Madball commence comme un projet parallèle de l’autre légende Agnostic Front, avec Freddy Cricien (le frère de) au chant. Lorsque AF fait une pause en 1992, Madball devient le projet principal et s’impose rapidement comme de nouveaux héros de la scène hardcore new-yorkaise. Plus de 30 ans et 9 albums plus tard, le groupe est toujours actif avec un dixième album complet.

GIDEON

Avec un son dévastateur prêt pour le pit, rappelant des groupes comme Earthmover et Snapcase, Gideon insuffle une nouvelle vie à ce son typique de la fin des années 90 en y ajoutant une touche personnelle, mêlant punk et metalcore mélodique.

SLOPE

Ce groupe crossover allemand mélange de solides influences hardcore avec des grooves funky irrésistibles. Ce creuset de styles, soutenu par des refrains accrocheurs et des riffs énergiques, donne au groupe une énergie contagieuse et inimitable à vivre absolument en live.

Pour les fans de Agnostic Front / Sick of It All / Terror

(source : Trix)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

Lionheart

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8997-lionheart-24-01-2026?catid=category

Madball

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8996-madball-24-01-2026?catid=category

Gideon 

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8995-gideon-24-01-2026?catid=category

Slope

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8994-slope-24-01-2026?catid=category

(Org : Trix, Anvers)

Briqueville

Briqueville, De Casino, Sint-Niklaas le 24 janvier 2026 – Photos

Écrit par

Nazgûl-robes et masques dorés aux becs sinistres : lors de son dernier concert belge, Briqueville fait descendre les ténèbres avec une plainte hypnotique, des enregistrements de terrain inquiétants et une instrumentation traditionnelle saisissante.

Ce collectif mystérieux de metal, né sur les rives de l’Escaut, est composé de musiciens ayant évolué dans d’autres genres et groupes lors d’une vie antérieure.

Depuis plus de dix ans, ils se relaient incognito (oui, même pendant les répétitions) en véritables trashers du metal.

Leurs concerts sont considérés comme des rituels et leurs morceaux sont baptisés « actes » qu’ils numérotent chronologiquement. Osez une virée psychédélique pleine de stoner doom…

(source : De Casino)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8988-briqueville-24-01-2026?Itemid=0

(Organisation : De Casino, Sint-Niklaas en collaboration avec Zingende Zwaluw)

 

 

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