Westside Cowboy, et ça continue…

Westside Cowboy publiera son premier elpee, It Goes On, le 21 août 2026 chez Island Records. Fondé à Manchester il y a trois ans, le quatuor réunit Jimmy Bradbury et Reuben Haycocks aux guitares et au chant, Aoife Anson O’Connell à la basse et au chant, ainsi…

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Lisa Leblanc, on en parle beaucoup

Quelques années après s’être approprié les codes du disco sur l’album « Chiac Disco », Lisa Leblanc vient de partager la pépite rock « Whole Lotta Talkin’ ». Grâce à son mélange unique de musique roots, rock, disco, funk et country, Lisa LeBlanc s’impose…

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Jeronimo

Les rêves de Jeronimo !

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Le nouvel album de JERONIMO "La difficulté des rêves" sortira ce 17 avril.

Premier album en plus de dix ans.  En pleine ascension, Jérôme Mardaga avait mis son projet en pause après la sortie de son album Zinzin, parce qu'il avait l'impression de tourner en rond.

Il a profité de ces années pour explorer de nouveaux horizons, a multiplié les expériences en tant que guitariste ( e.a aux côtés de Marc Gardener le leader de Ride)  a sorti un album solo, s'est consacré au synthé modulaire et a sorti plusieurs albums sous le nom de Thamel.
Après avoir célébré les vingt ans du premier album en 2022 avec une tournée solo intimiste, l’envie de composer de nouvelles chansons s’est imposée comme une évidence. C'est ainsi qu'ont commencé la composition et l'enregistrement du nouvel disque.

Jérôme est quelqu'un qui travaille beaucoup, il a beaucoup appris pendant ces années, a peaufiné son jeu de guitare mais aussi le travail sur le son, les effets.  On retrouve dans ce disque à la fois des influences des guitares noise de la fin 80 mais aussi des guitares plus aériennes, trempées de réverbe et de vibrato (Jérôme est passionné par la musique Surf).

La paternité de l’artiste a certainement influencé l'écriture des paroles. Souvent, il nous invite à embrasser la difficulté des rêves et à cultiver une présence sereine face au tumulte du monde. 

Beaucoup a déjà été dit en musique mais, Jerôme arrive encore à innover.

Comme un fakir en extrait ici.

Kyo

Kyo se rebelle !

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Annoncé dans un Accor Arena complet, Ultraviolent est le 7ᵉ album studio de KYO, groupe pop/rock aux 2,5 millions d’albums vendus et 970 millions de streams dans le monde.

Un nouvel album traversé par les émotions extrêmes, les contradictions du monde et les failles intimes. 12 fragments de vie, 12 histoires d’amour, de chaos et de lumière.

KYO y mêle écriture directe, une production moderne, pop, élégante, où se mêlent le spleen froid des machines et la tension charnelle des guitares.

Chaque chanson est une photographie de l’époque : ses excès, ses doutes, ses élans, sa beauté cabossée, le pardon, les vertiges.

Il y est question de solitude choisie, de colère maîtrisée, d’amour intense, de ruptures nécessaires.

12 titres dont « Hors du temps » entré directement sur Radio Contact, Bel RTL, Vivacité, Nostalgie et NRJ.

Ecoutez un extrait ici.

Curtain ouvre les rideaux !

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Les silences peuvent parfois laisser place à des renouveaux musicaux précieux et inattendus. Curtain en est la preuve. Après une éclipse de quelques années, le groupe a fêté les 20 ans de son célèbre opus “No flowers by request” en 2021 avec une réédition Deluxe paru sur le label MusikÖeye.

Curtain a confirmé son retour sur le devant de la scène, enchaînant les concerts en France et à l’étranger aux côtés de pointures internationales (Christian Death, Selofan, Kontravoid...) ou encore la fine fleur de la coldwave française (Little Nemo, Guerre Froide, Corpus Delicti, Martin Dupont) sur les prestigieuses planches parisiennes telles que le Trabendo, le Petit Bain et La Maroquinerie.

En parallèle, en mars 2024, Curtain a sorti son nouvel album “Between us” sur le Manic Depression Records : 8 titres, soigneusement sélectionnés, qui reflètent les différentes inspirations musicales du groupe, un mélange de “Pop froide et de new wave classieuse à la française” (Twice). 

L’album est accueilli avec succès par le public en France et en Europe. Il est encensé par la presse (Obskure.com, Post-Punk.com, Sanctuary.cz ...) et mis en lumière à travers de nombreux passages sur des radios indépendantes françaises et étrangères (dont une émission “spéciale Curtain” sur Radio Libertaire). “Between us” intègre aussi une multitude de playlist et mix de curateurs (notamment en Angleterre et aux Etats-Unis). Une diffusion TV (itvw et clips) lui sera également consacrée sur une chaîne régionale mexicaine.

Depuis plusieurs mois, Curtain travaille activement à l’enregistrement de nouveaux morceaux dont il a confié la production à Franck Amendola, membre emblématique du groupe culte Corpus Delicti.

Découvrez Fire en cliquant sur ce lien.

Lilly Wood & The Prick : entre élégance et piquant !

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Lilly Wood & The Prick est le projet fondé par Nili Hadida et Benjamin Cotto.

Le groupe a connu un démarrage fulgurant avec leur premier album, a enchainé les tournées mondiales, porté par leur hit international Prayer In C (plus d'un milliard de streams).

En janvier,  le groupe a sorti son cinquième album Christina, qui marque un virage artistique et une volonté d'explorer des univers musicaux différents.

Une volonté d'ouvrir la porte aux collaborations.  Ils collaborent avec e.a. avec Dan Black pour l'écriture et confient la production à Myd, (musicien et producteur connu pour son projet Club Cheval, pour ses colabs avec Brodinsky, avec le label Ed Banger...).

Lilly Wood & The Prick parle d’amour, d’amitié, de dérive, de solitude — mais toujours avec ce mélange rare de lucidité et de lumière. En studio, plus besoin de se convaincre ou de s’expliquer. L’alchimie est là, installée.

Le clip de Christina (feat. Myd) est à écouter ici.

Ancienne Belgique : les nouveaux concerts (update 25/03/2026)

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mer. 06 mai
EUphoria

mar. 19 mai |
Hommage à Éliane Radigue: screening, live set & diffusion

mer. 10 juin
KYLE DIXON & MICHAEL STEIN PERFORMING THE MUSIC OF 'STRANGER THINGS'

sam. 14 nov.
Ice Sealed Eyes

jeu. 26 nov. |
Kodaline

dim. 06 déc. |
Trixie Whitley

mer. 16 déc.
Girls In Hawaii presents Eldorado

ven. 19 févr. |
Zornik

http://www.abconcerts.be

La nouvelle salle de jeux de Penny Arcade

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Second album de Penny Arcade dont la sortie est annoncée pour ce 17 avril, 'Double Exposure’ n'est pas nécessairement un nouveau départ, mais cet album contient certains des sons les plus bruts et les plus déconstruits que James Hoare – de Veronica Falls, Ultimate Painting et The Proper Ornaments – ait enregistrés à ce jour.

Pour la première fois, les guitares passent au second plan. Il ne s'agit en aucun cas d'un album conceptuel "sans guitare" ; c'est simplement le résultat final.

Après le premier album ‘Backwater Collage’ sorti en 2024 sous le pseudonyme Penny Arcade, voici une expérience hallucinogène dont la colonne vertébrale est la boîte à rythmes qui a inspiré les chansons. C'est aussi un album empreint d'une douce dualité. Il serait également inexact de suggérer que les guitares ont été complètement bannies.

‘Double Exposure’, qui tire son nom de la technique photographique, est constitué de couches d'idées qui n'ont pas été écrites comme des morceaux, mais plutôt comme des mélodies spontanées qui forment leur propre image abstraite.

L'album se situe quelque part entre les expérimentations incessantes de Syd Barrett et les innovations analogiques décomplexées de Tim Presley sous le nom de White Fence.

Un extrait ici.

Soulcrusher 2026 : Une première salve de noms dévastatrice !

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L'attente touche à sa fin ! L'équipe du Soulcrusher Festival vient de dévoiler les premiers noms de son édition 2026 qui se déroulera en octobre prochain.

Les quelques groupes annoncés esquissent d'ores et déjà une édition qui restera dans les mémoires. Les hostilités seront ouvertes par Gaerea, le groupe de black metal, fort de la sortie de son nouvel album "Loss" ce 20/03, qui avait déjà participé au Soulcrusher en 2022.  À leurs côtés, le groupe de sludge Dimscüa dont l'EP "Dust Eater" a marqué les esprits, mais aussi Anciients, Bianca, Patristic, Young Widows et Bloed.

Le reste de cette affiche déjà prometteuse ne saurait tarder.

Réservez déjà vos tickets ici

Rendez-vous au Doornroosje ces 9 et 10 octobre !

Botanique (Bruxelles) : les nouveaux concerts (update 23/03/2026)

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Les nouveaux concerts, c’est ici

Concerts SOLD OUT :

25.03 The Mystery Lights - Tuff Guac

10.04 Chalk - Makeshift Art Bar

22.04 The Notwist - A Happy Return

09.06 TeddyBear

http://www.botanique.be

Les nouveaux concerts Live Nation (update du 22-03-2026)

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Lundi 27 avril 2026 - Berre, Ise, Young Yello (Club C On tour) - Trix, Anvers

Mardi 28 avril 2026 - Berre, Ise, Young Yello (Club C On tour) – Het Dépôt, Louvain

Marci 05 mai 2026 - Berre, Ise, Young Yello (Club C On tour) – De Vooruit, Gand

Jeudi 04 juin 2026 – Don Broco – Kavla Zappa, Anvers

Vendredi 05 juin 2026 – Ghinzu – Ancienne Belgique, Bruxelles

Vendredi 09 septembre 2026 – James Blake- Cirque Royal, Bruxelles

Mercredi 16 septembre 2026 – Metric - De Roma, Anvers

Mercredi 16 septembre 2026 – Stars - De Roma, Anvers

 Mercredi 16 septembre 2026 – Broken Social Scene - De Roma, Anvers

Vendredi 18 septembre 2026 – Judas Priest – Forest National, Bruxelles

Mercredi 30 septembre 2026 – Death Cab For Cutie – Cirque Royal, Bruxelles

Dimanche 01 octobre 2026 – Placebo – AFAS Dome, Anvers

Dimanche 18 octobre 2026 – Myles Smith – Forest National, Bruxelles

Jeudi 29 octobre 2026 – Ghinzu – Forest National, Bruxelles 

Lundi 09 novembre 2026 – Korn – AFAS Dome, Anvers

Lundi 09 novembre 2026 – The Fray – La Madeleine, Bruxelles

Lundi 09 novembre 2026 – Fink – Cirque Royal, Bruxelles

Jeudi 26 novembre 2026 – Kodaline – Ancienne Belgique, Bruxelles

http://www.livenation.be/

 

 

Ana Popovic

Un concert placé sous le signe du groove, de la maîtrise instrumentale et du plaisir partagé…

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Pas de première partie pour le retour d’Ana Popovic ce soir au Zik-Zak: la salle enregistre une belle affluence. On y croise de nombreux habitués ainsi quun programmateur de Classic 21, particulièrement avenant, en la personne de JeanPol Wiesmans.

La guitariste est programmée dans le cadre du ‘Dance To The Rhythm Tour’, une tournée nourrie de blues, de soul et de funk.

D’emblée, son parcours impressionnant mérite d’être rappelé. Il serait en effet réducteur de la cantonner au rôle de simple guitariste de blues: elle partage ou a partagé les planches aux côtés de figures majeures du genre telles que Buddy Guy, Eric Johnson, Jonny Lang, Kenny Wayne Shepherd, B.B. King, Joe Bonamassa ou Gary Clark Jr. Elle a même participé à une tournée en tant quinvitée spéciale auprès de celui que beaucoup considèrent comme lun des plus grands chanteurs de tous les temps: Solomon Burke. Quant à Bruce Springsteen, il la décrit comme une ‘guitariste hors pair’. Un curriculum vitae particulièrement éloquent. Née en Serbie et installée aujourdhui à Los Angeles, elle a longtemps séjourné aux PaysBas et à Memphis, des étapes déterminantes qui ont façonné, sans doute, ses choix esthétiques et son identité sonore.

Ce concert confirme une nouvelle fois qu’Ana Popovic demeure l’une des artistes les plus dynamiques et inventives du blues actuel. Pour ce segment de périple, elle s’est entourée d’une formation soudée et aguerrie: le bassiste Buthel, le claviériste Michele Papadia, le batteur Jeremy Thomas, rejoints par une section de cuivres emmenée par Claudio Giovagnoli et Davide Ghidoni. La chanteuse Skyler Jordan, fraîchement intégrée au combo, insuffle une dimension supplémentaire et instaure un dialogue vocal contrasté qui enrichit l’ensemble.

Dès l’ouverture, la soirée s’annonce placée sous le signe du groove, de la maîtrise instrumentale et du plaisir partagé. Popovic navigue sans effort apparent du blues à la soul, du funk au rock, jusque dans des accents R&B, construisant un univers sonore dense et nuancé, à la fois résolument actuel et profondément ancré dans la tradition. Si son approche embrasse plusieurs genres, le blues en demeure le cœur battant : il transpire dans son phrasé, s’impose dans son timbre et transparaît dans un feeling immédiatement reconnaissable.

Son jeu de guitare marque chaque instant du concert. Expressif et parfaitement contrôlé, il se montre rugueux quand la tension le réclame, puis d’une finesse remarquable lorsque le morceau l’exige. Chaque note semble choisie, pensée, chargée d’intention, affirmant une signature sonore personnelle et cohérente. Ana Popovic rappelle volontiers l’importance du direct — ‘Cest sur scène que tout se passe’ — et ce passage sur les planches en constitue la démonstration éclatante. Le lien qui s’établit entre la formation et l’auditoire se révèle immédiat et tangible ; l’énergie circule librement, de l’estrade vers la fosse et en retour. Le fil rouge demeure ce jeu de guitare à la fois gracieux et nuancé. Virtuose incontestable, elle met toujours sa technique au service de la composition, sans jamais céder à la démonstration gratuite.

La setlist propose un équilibre judicieux entre titres bien connus et compositions plus récentes issues de son dernier long playing, « Dance To The Rhythm ». Le rythme et le groove irriguent l’ensemble du concert, conférant au show une énergie irrésistible qui invite à la danse sans sacrifier la profondeur musicale. Même une reprise telle que « 50 Ways To Leave Your Lover » de Paul Simon trouve naturellement sa place dans l’univers de Popovic : immédiatement identifiable, mais entièrement réappropriée.

Tout au long de la soirée, l’artiste démontre non seulement une autorité technique indiscutable, mais également une capacité constante à capter l’attention de la foule, à dialoguer avec elle et à donner chair à sa musique sur le podium. C’est précisément cette alchimie qui continue de la distinguer.

Cette prestation confirme, une fois de plus, que le blues — sous toutes ses déclinaisons — demeure vivant, évolutif et plus pertinent que jamais.

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

BIG|BRAVE

BIG|BRAVE, dans le chagrin ou l’espoir…

BIG|BRAVE a annoncé la sortie de son dixième album, « In grief or in hope », prévue le 12 juin 2026. Cet album propose une vision novatrice du son électroacoustique et de la narration émotionnelle, une profusion infinie de distorsions saisissantes et d’une beauté bouleversante.

Parallèlement à l'annonce de l'opus, le trio a dévoilé son premier single et clip « The ineptitude for mutual discernment », une illustration puissante de l'approche singulière de l'ensemble en matière de distorsion texturale et de complexité émotionnelle, qui oppose des vagues de guitares hérissées à la voix déterminée du guitariste et chanteur Robin Wattie. La vidéo a été réalisée par le guitariste Mat Ball, avec une correction des couleurs assurée par la cinéaste Stacy Lee.

Pour BIG|BRAVE, « In grief or in hope » marque un tournant vers des compositions plus denses et axées sur la guitare. Avec le bassiste de longue date Liam Andrews (MY DISCO, Aicher), qui rejoint pour la première fois en studio le guitariste/chanteur Robin Wattie et le guitariste Mathieu Ball, les morceaux sont minutieusement construits avec une complexité d’harmoniques et de subtilités tonales. Au sein de boucles aux textures maximalistes et de voix affectées, les morceaux exploitent l’esthétique de la musique électronique et heavy sur une base de forme pop.

Wattie explique : ‘Je voulais explorer des phrasés mélodiques accrocheurs tissés à travers l’intensité de l’instrumentation et les changements d’accords robotisés. Tout ce sur quoi je pouvais réfléchir, c’était le chagrin et l’espoir, la mort et la vie, la cause et l’effet; les expériences communes de l’existence humaine.’

À eux trois, ils créent une dynamique émotionnelle qui dépeint avec force les sentiments complexes et profonds que sont la lutte, la douleur et la transcendance. « In grief or in hope » transmet cette humanité à chaque geste.

Le single “The Ineptitude for Mutual Discernment » est en écoute

 

 

The Mekons

L’horreur horrible des Mekons

« Horrorble » est une réinterprétation dub intégrale de l'album « Horror », sorti en 2025, créé en collaboration avec Tony Maimone (Pere Ubu). Il transforme des morceaux familiers en paysages sonores immersifs et chargés d'échos qui soulignent la tension et la profondeur. Les chansons de « Horror » sont décomposées et remodelées en un paysage dub dérivant où les lignes de basse s'étirent et se dissolvent, les rythmes résonnent dans l'espace ouvert et les morceaux sont démontés et réassemblés en versions qui dérivent, se heurtent et se dénouent.

Le premier single « Mudcrawlers feat. Benji Webbe » (sorti le 9 mars) voit Benju Webbe, le chanteur principal du groupe légendaire britannique de dancehall metal Skindred revisiter l'original.

Alors que l'album original « Horror » abordait, comme thématique, la catastrophe climatique, la violence économique et la décadence politique à travers le rock and roll, le punk et la mélodie, « Horrorble » révèle son pendant sombre. En collaboration avec Maimone, cet elpee traite le dub comme une soustraction, un espace et un écho plutôt que comme une simple révision, révélant des textures cachées et une nouvelle charge émotionnelle dans les enregistrements originaux.

‘Nous avons rencontré Tony Maimone pour la première fois lorsque nous avons fait la première partie de Pere Ubu, le groupe d'art rock le plus sombre de Cleveland, lors d'une longue et étrange tournée au Royaume-Uni en 1988. En 1991, il jouait d'une manière ou d'une autre de la basse pour les Mekons, récemment séparés, lors d'une tournée européenne encore plus longue et étrange, où ils interprétaient des morceaux de l'album « Curse », qui n'a jamais vu le jour aux États-Unis. En 2015, Tony a lancé le Studio G mobile pour enregistrer « Existentialism », l'album live instantané des Mekons comprenant de toutes nouvelles chansons. Enregistré en une nuit dans un petit théâtre de Brooklyn, tout en mixant et en éditant la série de morceaux qui sont devenus « Horror », nous avons eu le sentiment qu'ils pouvaient avoir une sorte de double vie secrète. Tony était l'homme de la situation pour sortir ses outils et voir ce qui se cachait derrière afin d'en faire un véritable « Horrorble »’.

Formé à Leeds à la fin des années 1970, Mekons a toujours fonctionné comme un collectif, travaillant en dehors des tendances et des attentes. Guidés par la conviction que le politique et le personnel restent indissociables, ils continuent à créer selon leurs propres termes, combinant l'expérimentation avec un appel à s'organiser et à résister.

Le line up des Mekons est aujourd’hui constitué de Jon Langford, Sally Timms, Tom Greenhalgh, Dave Trumfio, Susie Honeyman, Rico Bell, Steve Goulding et Lu Edmonds.

Le single « Mudcrawlers » est en écoute ici

 

False Figure

L’incarnation de False Figure

Écrit par

False Figure a sorti son nouvel elpee, « Incarnate », ce 17 février, un disque post punk qui mêle tension brute, refrains mélodiques et une mélancolie lumineuse. L’album explore des thèmes allant des relations toxiques (« Favorite Game ») à la lucidité face au chaos (« Original Sin ») et à l’urgence de l’action (« Say Nothing »).

Sur « Incarnate », le trio élargit sa palette vers une dream pop plus luxuriante, nourrie par la cold wave française, la Movida espagnole et le shoegaze britannique, avec une formation renouvelée (Keven DeFranco à la seconde guitare, Kenan Hamilton à la basse).

Le clip de « Flowers in bloom » est à voir et écouter ici

 

 

Dear Pola

Les petites choses de Dear Pola

Écrit par

Dear Pola, c’est le projet de Mary, autrice-compositrice-interprète et poétesse née dans la Drôme.

Elle chante et écrit en anglais, façonnant une musique introspective et exigeante où la voix et la guitare se répondent comme des fragments de pensée. Entre folk dépouillée et mélancolie moderne, ses chansons explorent la mémoire, le deuil, le désir et la solitude, à la croisée de l’intime et de l’indicible. Autodidacte, elle a développé un jeu de guitare en picking et open tuning, organique et reconnaissable, qui dialogue avec ses textes et porte les émotions là où les mots échouent. Ses chansons ne cherchent pas à consoler ni à résoudre : elles observent, recueillent et exposent, avec un mélange de fragilité et de lucidité.

Son travail artistique est une exploration du passé, des non-dits et des fissures de l’existence, où chaque geste musical devient une tentative de dire ce qui reste inavoué.

Après avoir gravé son premier EP, « Ma Part du Ciel » (2023), Dear Pola s’apprête à livrer son premier album en octobre 2026, poursuivant son exploration de l’émotion et de la mémoire à travers un langage musical à la fois sobre et intense.

En attendant, elle a partagé le single « Little things » sous forme de clip, et il est disponible

 

BBCC

Le feu de camp de BBCC

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Le groupe français BBCC sort officiellement aujourd'hui « Campfire » sur toutes les plateformes numériques. Ce titre est le premier single extrait de leur prochain elpee « King Michael II and the Trial of the Axe », dont la sortie est prévue le 12 juin sur le label October Tone. La publication du single est accompagnée d'un clip saisissant réalisé par Laura Sifi. Entièrement tourné en pellicule 16 mm et produit par October Tone et ASM Films, avec le soutien du CNC, le clip étend l’univers narratif de l’ambitieux nouvel opus de la formation.

Écrit par Laura Sifi et Adrien Moerlen, le film suit un groupe de promeneurs qui se réunit autour d'un feu de camp au cœur du bois de Mélopeine. On dit que la sève de ses arbres est un puissant psychotrope et que leurs feuilles produisent des sons étranges, capables de plonger les humains dans une transe mélancolique. Nos joyeux compagnons en feront l'expérience douloureuse et se retrouveront pris au piège des flammes après avoir ‘accidentellement’ mis le feu au bois. Hallucinations, trips psychédéliques et voyage onirique.

Le morceau « Campfire » s'inscrit dans une histoire en plusieurs actes, celle de « King Michael II and the Trial of the Axe », un album concept qui se déroule dans un Moyen âge grotesque, glam et surréaliste, au cœur d’un royaume dirigé par le roi Michael II (lointain ancêtre de Michael).

Au-delà de sa place dans l'œuvre globale, ce titre explore la négligence, l'immédiateté des plaisirs au détriment du vivant, les conséquences invisibles de nos choix. Le divertissement au sens premier, qui nous détourne de la réalité. Il évoque la performativité du bonheur qu’on tente sur les photos de famille ou dans des kermesses d’enfants. Puis vient la catastrophe qui gâche la fête.

Le clip est découpé en 3 chapitres. Une première partie baroque-pop lumineuse et entraînante qui glisse vers une ambiance plus sombre et psychédélique pour finir sur des envolées lyriques et orchestrales.

L’album est disponible en précommande

Le clip de « Campfire » est à voir et écouter ici

(Photo Christophe Urbain)

Ancienne Belgique (Bruxelles) : les nouveaux concerts (update 18/03/2026)

Écrit par

mar. 14 avr. |
KULTURA: Round Table Talk

ven. 17 avr. |
KULTURA

jeu. 02 juil. |
Burning Spear

dim. 11 oct. |
Finojet

jeu. 29 oct. |
Double bill: Glenn Jones & Liam Grant

jeu. 03 déc. |
Kaat Van Stralen

lun. 14 déc. |
UB40 feat Ali Campbell

sam. 20 févr. |
Zornik

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Les nuits blanches de Cassily

Écrit par

Comme une insomnie coupable... « 3H15 » (lire trois heures et quart) est le premier EP de Cassily, jeune artiste francilienne à la sensibilité à fleur de peau. À travers 5 titres, elle nous entraîne dans une nuit blanche introspective, entre chanson française et pop rock à l’anglaise, citant parmi ses influences Michel Berger, Billie Eilish ou encore Inhaler.

Cassily partage ses états d’âme avec une sincérité désarmante et une énergie contagieuse. Ses chansons racontent les doutes qui l’habitent, les cicatrices des peines de cœur, mais aussi la quête de soi : qui l’on est, qui l’on souhaite devenir. Chaque titre est une étape de son parcours, un versant de ses émotions, entre fragilité et force, où l’intime devient universel.

Écrire et chanter, c’est pour elle une façon d’apprendre à mieux se connaître. Transformer ses questionnements en mélodies, ses failles en refrains, c’est ce qui l’aide à gérer ses émotions, à comprendre ses peurs, à maîtriser sa colère. Dans « 3H15 », Cassily parle autant de vulnérabilité que de renaissance. En explorant ses émotions, elle se permet de les accepter et de trouver une légitimité sur une scène qui laisse  encore trop peu de place aux artistes féminines.

À travers ses histoires personnelles, elle espère surtout que ses chansons résonneront chez ceux qui se sont déjà sentis perdus, en ruminant à 3 heures du mat’. Et qu’ils ne se sentiront plus jamais seuls.

L'artiste est à découvrir en cliquant ici.

Dinaa

Dinaa fait du bruit !

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Authentique, mélancolique, mais toujours solaire, elle transforme ses histoires en chansons. Depuis deux ans, elle sillonne la France, seule avec sa guitare, enchaînant plus de 100 concerts : des premières parties d’Angus & Julia Stone, Sofiane Pamart, Texas, Big Flo & Oli, Yamê, ... aux plus grands festivals (Solidays, Francofolies, Printemps de Bourges, MaMA, ...).

Autrice, compositrice et interprète, Dinaa s’impose rapidement comme l’une des jeunes rookies les plus prometteuses de la scène française, portée par un travail acharné et une énergie rare. Résultat : des centaines de milliers d’abonnés, des millions de streams… et une ascension qui ne fait que commencer.

Avec 'Maison vide', Dinaa signe un premier album d’une rare intensité. Un disque à nu, porté par des guitares et une voix qui ne triche jamais. Elle y raconte l’amour, les failles et les combats intimes, sans masque ni posture.

Entre pop rock, blues soul et une écriture nourrie de hip-hop, 'Maison vide' dessine un territoire émotionnel brut et profondément incarné.

Désolée pour le bruit : En écoute ici.

And Also The Trees

Ne pas avoir eu de hit a été une chance

Le groupe britannique And Also The Trees compte depuis longtemps parmi les favoris de la rédaction. Originaire d’Inkberrow, paisible village de la campagne anglaise, la formation façonne depuis 1979 une œuvre singulière, affranchie des classifications convenues. Nourrie de post-punk, sa musique se teinte d’accents néo-classiques et de réminiscences néo-folk, plongée dans une atmosphère tellurique, romantique et presque mystique.

Au cœur de cet univers se détache Simon Huw Jones, figure charismatique et profondément sincère, dont l’authenticité suscite immédiatement l’attachement. Musiczine l’a rencontré à l’occasion du concert exceptionnel accordé par les ‘Trees’ dans l’écrin intimiste de l’église ‘La Nef’, à Namur. Nous lui avons proposé un blind-test : reconnaître des extraits, puis les commenter.

Bonjour Simon. Nous nous sommes à La Nef, à Namur, pour le premier concert de votre nouvelle tournée.

SJ : Exactement.

Vous présentez donc un nouvel opus, « The Devil’s Door ».

SJ : Oui. Je crois que six titres de ce disque figurent dans notre setlist. Les répéter en si peu de temps a représenté un vrai défi, car nous vivons tous aux quatre coins de l’Europe. Finalement, nous nous sommes retrouvés à Londres pour les dernières répétitions.

Je t’ai préparé un blind-test.

SJ : D’accord.

Extrait n° 1

SJ : And Also The Trees : « I Lit A Light ». C’est l’une de ces chansons pour lesquelles nous nous sommes demandé : « Comment allons-nous l’intituler ? » Nous avons cherché pendant des heures, sans trouver. Finalement, nous avons repris le premier vers, un peu comme le font les poètes.

Ce nouvel elpee constitue donc le troisième volet d’une trilogie entamée par « The Bone Carver », puis prolongée par « Mother of Pearl Moon ».

SJ : Oui.

Et « The Devil’s Door » en signe le troisième et dernier chapitre ?

SJ : Le dernier, oui, normalement.

Si je comprends bien, les trois disques se répondent par leur esthétique musicale et par les instruments mobilisés ?

SJ : Oui, et par les musiciens également. C’est le premier album auquel les cinq musiciens ont tous contribué au niveau des compositions : mon frère Justin, Paul Hill à la batterie, Grant Gordon à la basse, Colin Ozanne et moi-même. La clarinette de Colin joue un rôle essentiel ; elle forme un fil conducteur qui traverse les trois opus et les relie entre eux.

Ce dernier elpee accueille aussi des invités de marque.

SJ : Absolument, notamment Catherine Graindorge, la merveilleuse violoniste et altiste belge.

Cette fois, tu ne l’as pas rebaptisée Catherine Gainsbourg, comme lors de notre précédente interview (rires) !

SJ : Ai-je vraiment dit ça ? Et pourtant, je n’avais rien bu (rires) !

À mes yeux, ce nouveau long playing incarne parfaitement And Also The Trees. J’ai choisi « I Lit A Light » précisément pour cette raison : ce titre sonne comme un classique d’AATT.

SJ : Ce morceau a mis du temps à se dessiner. Certaines compositions s’assemblent naturellement ; d’autres exigent davantage de travail et de réflexion. Celui-ci appartient à la deuxième catégorie.

Pour « Mother of Pearl Moon », vous aviez envisagé une parution sous le patronyme de ‘Brothers of The Trees’, votre projet acoustique. La même question s’est-elle posée pour « The Devil’s Door » ?

SJ : Non, dès le départ, il s’agissait d’un disque d’And Also The Trees.

D’accord, passons au deuxième extrait.

Extrait n° 2

SJ : Oh, je l’ai reconnu. C’est « Interstellar Overdrive », de Pink Floyd.

C’est l’un des morceaux qui a tout déclenché pour vous…

SJ : Tu l’as sans doute choisi parce que c’est l’un des tout premiers morceaux que Justin a réussi à jouer à la guitare, à ses débuts, quand il avait 14 ou 15 ans. Il le jouait sur une seule corde de sa guitare acoustique. Je me suis alors dit : « Tiens, mon frère sait jouer de la guitare ! »

L’autre morceau qu’il interprétait, c’était « ESP », des Buzzcocks.

SJ : Exactement.

À propos de Pink Floyd, Justin a confié que les Trees pratiquaient, selon lui, une forme de psychédélisme sombre.

SJ : Oui, dans un sens, c’est vrai. À l’époque, nous écoutions surtout « Relics », une compilation parue en cassette préenregistrée. Nous possédions aussi la compilation bleue des Beatles.

Et « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » ?

SJ : C’est notre grand frère qui possédait « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ».

Extrait n° 3

SJ : Oh, c’est The Cure !

C’est « Warsong », extrait de leur dernier disque.

SJ : Mon Dieu, il m’a fallu longtemps pour le reconnaître ! J’ai beaucoup écouté leur dernier opus, « Songs of A Lost World », mais pas assez attentivement pour en retenir tous les détails. J’aime beaucoup la guitare. Robert Smith reste un guitariste vraiment sous-estimé. Justin l’a toujours affirmé, et je partage son avis.

Vous assurerez d’ailleurs leur première partie à Nîmes !

SJ : Oui. Ils nous ont choisis pour ouvrir leurs trois concerts dans les arènes, en juillet prochain. Je me réjouis de rejouer auprès d’eux. La dernière fois remontait à douze ans, à l’Apollo de Londres. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, car je n’avais plus vraiment écouté The Cure depuis longtemps, ni assisté à l’un de leurs concerts depuis des années. Justin, lui, était resté en contact par e-mail. L’expérience s’est révélée formidable. Alors, quand Justin m’a parlé de Nîmes, je me suis dit : « C’est magnifique de les revoir et de rejouer auprès d’eux, surtout que j’adore le nouvel opus. » Et quel lieu splendide pour jouer !

Pour ceux qui l’ignorent, The Cure a joué un rôle crucial au début de votre carrière : ils ont produit votre première cassette et votre premier long playing.

SJ : Et le premier single… Robert nous avait également demandé d’ouvrir pour eux à l’époque. C’était notre troisième concert ; nous manquions vraiment d’expérience.

En quelque sorte, la boucle se referme aujourd’hui…

SJ : Oui. Le plus incroyable, c’est que nos carrières ont suivi des trajectoires radicalement différentes. Nous partageons toutefois un point commun : aucun de nos deux groupes ne s’est séparé avant de se reformer. Nous avons continué, chacun sur notre propre chemin. De temps à autre, nos routes se croisent. Et c’est formidable qu’elles se rejoignent de nouveau, 45 ans plus tard.

 Je me souviens qu’à l’époque, Robert aurait déclaré qu’And Also The Trees surpassait The Cure !

SJ : Je crois que c’est une légende.

Cela dit, cette formule lui ressemble assez.

SJ : C’est possible. Il se montre très humble et très généreux.

Il aurait confié à Wire que The Cure arrêterait dès qu’il atteindrait le même succès. Plus tard, lorsque le groupe a explosé, les membres de Wire seraient allés trouver la bande à Robert en backstage, à Bruxelles, pour leur demander : « Alors, vous arrêtez quand » (rires) ?

SJ : C’est fou, ça !

Oui, les frères Pauly, de Parade Ground, m’ont raconté cette anecdote. Elle illustre assez bien l’humour de Robert.

SJ : Oui, c’est vrai.

Extrait n° 4

SJ : « My Lady d’Arbanville », de Cat Stevens !

Si je ne me trompe pas, il s’agit de la seule reprise jamais enregistrée par AATT, non ?

SJ : Oui. Elle figurait sur « Farewell To The Shade ».

J’ai toujours pensé que cette chanson annonçait très bien l’esthétique d’AATT. Non pas que vous l’ayez copiée, mais elle semble préfigurer votre univers musical.

SJ : Intéressant.

En 1970, Cat Stevens a écrit cette chanson. Plus de dix ans plus tard, And Also The Trees a, d’une certaine manière, développé ce climat pour en créer un langage à part entière : le romantisme, l’anglicité, la fibre folk, mais aussi l’ombre, le ‘dark’ et la présence de la mort.

SJ : Je vois ce que tu veux dire.

Sais-tu que cette chanson évoque sa petite amie, Patti d’Arbanville ?

SJ : Je l’ignorais.

C’était un mannequin très demandé. Un jour, elle est partie à New York. Déçu, il a composé cette chanson où il la décrit comme un cadavre, parce qu’à ses yeux, son départ équivalait à une mort symbolique.

SJ : Ah, je vois. Je ne connaissais pas l’histoire de cette chanson.

Elle est ensuite devenue une actrice connue, notamment dans le cinéma érotique.

SJ : Vraiment ?

Oui, comme dans « Bilitis », en France.

SJ : En tout cas, nous avons repris cette chanson et, franchement, nous le regrettons aujourd’hui. Le résultat ne nous semble pas très réussi. À l’époque, The Cure s’orientait vers une veine plus mainstream, confortée par des tubes comme « Lovecats ». En France, notre maison de disques, New Rose, estimait qu’un espace se libérait et que nous pouvions occuper la place de The Cure comme groupe underground ou plutôt de rock alternatif. Mais pour y parvenir, ils nous ont lancé : « Il vous faut un tube. » Nous nous sommes dit : « Nous n’écrivons pas vraiment de tubes. Prenons une chanson de quelqu’un d’autre et voyons ce que cela donne. » Finalement, nous avons retiré tous les éléments commerciaux et accrocheurs du morceau. Quand le label a entendu notre version, ils ont réagi : « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait ? » De toute évidence, cela ne deviendrait pas un tube. Ce fut un tournant dans notre carrière, car dans le monde de la musique, un succès change tout : il permet d’enchaîner les tournées et de gagner beaucoup d’argent.

C’est dommage…

SJ : Avec le recul, je pense que c’était une bonne chose de ne pas avoir décroché de hit. Cela aurait changé notre parcours, et nous aurait aussi transformés en tant que personnes.

Extrait n° 5

SJ : C’est l’incroyable version de Scott Walker du classique de Jacques Brel, « Ne Me Quitte Pas ». Magnifique. Mais je crois préférer l’originale.

En revanche, pour « My Death », les versions de Scott Walker et de David Bowie surpassent l’originale, non ?

SJ : Oh, absolument, sans aucun doute. Je dirais même que Bowie l’emporte peut-être, simplement parce que la version live est grandiose.

Oui, celle interprétée lors du dernier concert de la tournée « Ziggy Stardust », au moment où il a mis à mort son personnage.

SJ : C’est vraiment un classique.

Scott Walker incarne, à mes yeux (NDLR : oreilles ?), le chanteur baryton par excellence.

SJ : Oui, je suis d’accord.

Lui et Jim Morrison.

SJ : N’oublions pas Frank Sinatra.

Oui, Frank Sinatra, bien sûr !

Extrait n° 6

SJ : Les Doors ! Et « Crystal Ship » !

Je l’aime particulièrement, parce qu’elle reste moins connue.

SJ : C’est l’une de leurs meilleures chansons. Les paroles sont également superbes. Au début d’And Also The Trees, Jim Morrison me fascinait. J’avais lu « No One Gets Out Of Here Alive ».

Ah oui, le livre !

SJ : Je voulais devenir comme Jim. Plus récemment, j’ai lu l’excellente autobiographie de Robbie Krieger, le guitariste des Doors. Il y déconstruit en quelque sorte le mythe de Jim, et c’est salutaire, car Jim ne correspondait pas à l’image que les gens imaginaient.

En tant qu’être humain, tu veux dire ?

SJ : En tant qu’être humain, bien sûr. On découvre aussi qu’en réalité, travailler à ses côtés relevait du cauchemar. Il échappait à tout contrôle. Il s’agissait probablement d’un homme magnifique au départ, mais la célébrité l’a entraîné sous l’emprise de la drogue et de l’alcool.

C’est triste, en effet…

Extrait n° 7

SJ : C’est nous. C’est « The Legend of Mucklow ».

La chanson évoque des fantômes, non ?

SJ : Oui. Une histoire de fantôme circulait dans le hameau du Worcestershire où nous avons grandi. Un certain Mucklow aurait été pendu pour avoir volé du bétail. Les gens racontaient avoir aperçu son spectre rôder dans le hameau, sous la silhouette d’un cavalier. Un soir, ma copine, qui ne croyait pas aux fantômes, s’est retrouvée nez à nez avec lui en voiture, au détour d’une allée. Il l’a suivie sur la route, et cette rencontre l’a profondément troublée.

Crois-tu aux fantômes ?

SJ : Je crois que j’y crois et que je n’y crois pas en même temps. J’ai toutefois vécu des expériences qu’aucune explication rationnelle ne permet d’éclairer. Et je connais des personnes qui ont traversé des situations tout aussi inexplicables.

Tout repose finalement sur la perception.

SJ : Bien sûr.

Extrait n° 8

SJ : On dirait la voix de Brendan Perry.

Oui, c’est bien lui ! Il s’agit de Dead Can Dance. Le morceau s’intitule « Fortune Presents Gifts Not According To The Book ».

SJ : Bizarrement, je n’ai jamais vraiment accroché à Dead Can Dance. J’ai essayé, mais cela n’a pas fonctionné pour moi. Ici, j’ai reconnu la voix de Brendan Perry grâce à sa collaboration auprès d’Olivier Mellano.

J’ai choisi Dead Can Dance parce que, à mon avis, leur univers dégage une atmosphère comparable à celle d’And Also The Trees.

SJ : Beaucoup de gens qui aiment And Also The Trees apprécient aussi Dead Can Dance. Je ne dirais pas que je ne les aime pas ; disons plutôt que je n’ai jamais vraiment accroché. Peut-être n’ai-je pas écouté les bons disques. De quel opus est-il extrait ?

Il provient du disque « Aion ».

SJ : D’accord.

C’était leur période médiévale, néo-folk, sombre, presque mystique. À leurs débuts, pourtant, ils venaient du post-punk, comme vous. Ils ont ensuite évolué vers le gothique, le médiéval, puis la world music, nourrie d’influences orientales.

Extrait n° 9

SJ : Oui, je vois ce que c’est. An Pierlé !

Elle vit à Gand, comme tu le sais, puisque tu y as enregistré auprès de Catherine Graindorge.

SJ : Oui ! Je ne me souviens pas du titre de cette chanson.

Elle s’intitule « Cold Winter » et figure sur l’album « An Pierlé & White Velvet ».

SJ : C’est un disque que j’adore.

La dernière fois que nous nous sommes vus, je t’avais conseillé d’écouter « Arches ».

SJ : J’ai écouté « Arches ». J’aime bien, mais pas autant que celui-ci. Je trouve que « Arches » rappelle pas mal Anna von Hausswolff. Je ne sais pas si elle a subi son influence.

C’est vraiment étrange, car je pense exactement la même chose. La preuve : l’extrait suivant est…

Extrait n° 10

SJ : Voilà : c’est Anna von Hausswolff.

Un morceau complètement fou : « The Mysterious Vanishing of Electra ».

SJ : Tu vois, j’adore ce morceau. C’est aussi l’un de ses meilleurs.

L’as-tu déjà vue en concert ?

SJ : Je l’ai vue trois fois sur scène. La première, je n’avais jamais entendu parler d’elle. Un ami m’a dit : « Tu devrais aller la voir. » C’était à Genève. J’y suis allé sans grandes attentes, car les derniers concerts auxquels j’avais assisté m’avaient beaucoup déçu. Je me demandais même si le problème ne venait pas de moi : je baigne dans la musique depuis si longtemps que je me croyais peut-être en burn-out vis-à-vis des concerts. Puis je suis allé voir Anna, et elle m’a complètement bouleversé. C’était incroyable. Ce concert reste l’un des meilleurs auxquels j’ai assisté.

C’était à quelle période ? Celle de « Dead Magic » ?

SJ : Oui. Je ne connaissais aucun de ses disques. C’était dans un tout petit théâtre, devant peut-être 150 ou 200 personnes, ce qui paraît incroyable. Ensuite, je l’ai vue en première partie de Nick Cave au Festival de Montreux. J’ai trouvé cela bien, mais moins puissant que la première fois. Enfin, je l’ai revue l’année dernière au festival Nox Orae, au bord du lac Léman, en Suisse romande. Franchement, j’ai été déçu. Je n’aime pas ses nouveaux morceaux. Elle a perdu un guitariste et engagé une saxophoniste.

Oui. J’estime que la saxophoniste (NDR : Lisen Rylander Löve) prend trop de place.

SJ : Clairement !

Et elle assure aussi la première partie. Résultat : trop de saxo. Or, trop de saxo, ce n’est pas bon (rires).

SJ : Non, non, il faut vraiment manier le saxo avec prudence.

En tout cas, la tournée de « Dead Magic » était tout simplement magique !

SJ : Je lui voue toujours un immense respect, mais, au final, elle m’a épaté la première fois, satisfait la seconde et déçu la dernière.

Extrait n° 11

SJ : Facile : c’est à nouveau AATT, dans « Macbeth’s Head ».

J’adore cette chanson. Tu as expliqué un jour qu’elle était trop difficile à interpréter en live. Pourquoi ?

SJ : C’est vraiment difficile. Nous avons essayé, mais cela ne fonctionne pas.

Est-ce parce que ta ligne vocale descend trop dans les graves ?

SJ : En partie. Mais nous n’avons jamais réussi à obtenir la fluidité recherchée. Nous nous montrons très exigeants envers nous-mêmes. Espérons que le son sera bon ce soir !

Dernier extrait

SJ : Ce titre me dit quelque chose. Est-ce AATT ? Non, c’est November !

Bingo !

SJ : C’est le projet que je partage en compagnie de Bernard Trontin…

… des Young Gods, qui vit à Genève. Préparez-vous un nouvel opus ?

SJ : Oui. Il est presque prêt ! La chanson, ici, s’intitule « Run With The Deer ». D’ailleurs, c’est amusant, car j’ai repris les paroles de cette composition pour le projet mené auprès de Catherine Graindorge. Pendant la préparation de la tournée « Songs for the Dead », elle m’a déclaré : « J’ai ce morceau intitulé “Animal”, que je joue en rappel. » Elle m’a demandé si j’avais des paroles à y ajouter. J’ai essayé d’y placer celles de « Run With The Deer », et cela a merveilleusement fonctionné. Le plus difficile pour moi, lorsque je joue auprès de Catherine, c’est que le violon porte une charge émotionnelle immense. J’éprouve des difficultés à garder ma voix sous contrôle. Je dois éviter de me laisser submerger.

Vraiment ? À ce point-là ?

SJ : Oui, absolument. Quand je quitte la scène après l’avoir interprétée, je suis vraiment dans un état second.

Ah, maintenant je comprends mieux : après le concert donné auprès de Catherine, à Tervuren, tu semblais évoluer dans un autre monde.

SJ : Son violon m’emmène très loin.

Peut-on dès lors espérer une nouvelle collaboration entre vous ?

SJ : Je ne sais pas. Je serais très heureux qu’elle m’invite à nouveau pour travailler à ses côtés.

Elle participe d’ailleurs à votre dernier opus, non ?

SJ : Oui ! Elle assure quelques chœurs dans « The Return of The Reapers » et à la fin de « The Trickster ». Elle joue aussi du violon dans « The Rifleman’s Wedding » ; c’est vraiment magnifique. Elle est incroyable, je l’aime beaucoup.

Nous l’aimons tous. Elle ouvrira d’ailleurs la soirée avant vous. Je suis certain que cette église accueillera un concert merveilleux.

SJ : Tu nous mets la pression, là (rires).

L’église vous transmettra de bonnes vibrations. Tu le sais, elles se dressent toujours sur…

SJ : Oui, sur des hauts lieux énergétiques.

Voilà. Merci beaucoup, Simon.

SJ : Merci, Phil.

(Photo : Christophe dehousse)

Pour écouter et commander l’opus « The Devil’s Door », rendez-vous ici

Pour écouter la version audio de cette interview, rendez-vous dans l’émission « WAVES »,

(Merci à And Also The Trees, Simon Jones, La Nef et l’émission « WAVES »).

Stereo Grand

Stereo Grand, une histoire belge qui continue de s’écrire !

Écrit par

Né en 2008 d’une rencontre belgo-écossaise, Stereo Grand s’est imposé au fil des années comme l’un des projets indie pop les plus attachants et constants de la scène belge.

Dès ses débuts, le groupe construit son identité sur une double culture musicale et une manière moderne de travailler entre deux pays, forgeant un son à la fois lumineux, direct et profondément mélodique.

Aujourd’hui, Stereo Grand célèbre plus de quinze ans d’existence, quatre albums, des centaines de concerts et une discographie cohérente qui traverse les époques sans jamais perdre en sincérité.

Cette année 2026 leur est consacrée puisqu’un best of sous forme d'un triple vinyles est sorti en mars. Un best of qui parcourt leurs quatre albums, les EPs, extra-singles, un vinyle sera inédit.

Alors que la formation était à la base belgo-écossaise, le line up a évolué, est aujourd’hui 100 % belge.

La nouvelle formule scénique insuffle une énergie renouvelée, tout en respectant l’héritage du projet. Chaque concert devient une traversée : des premiers hymnes radio aux titres récents, le public redécouvre un catalogue riche et fédérateur.

Une histoire belge qui continue de s’écrire - plus vibrante que jamais.

Everything Is Gold en écoute ici.

 

CMAT

Un concert généreux et intensément vivant…

Écrit par

Après une date complète à La Madeleine et un passage très remarqué au Pukkelpop en 2025, CMAT signe son retour en Belgique en compagnie de son ‘very sexy’ backing group. L’Irlandaise confirme une trajectoire ascendante sans accroc et profite de cette tournée pour défendre son troisième long playing, « Euro‑Country », paru ce 29 août 2025. Elle investit l’Ancienne Belgique pour une soirée annoncée sous le signe de l’autodérision, de l’excentricité et d’une énergie parfaitement assumée.

Derrière le pseudonyme CMAT se cache Ciara Mary‑Alice Thompson, artiste qui définit sa country pop comme un croisement improbable entre Dolly Parton, Weird Al Yankovic et Katy Perry. Sa capacité à faire cohabiter des univers contradictoires lui vaut un auditoire toujours plus large, deux elpees classés numéro 1 en Irlande ainsi que des nominations aux BRIT Awards, à l’Ivor Novello Prize et au Mercury Prize. Sa voix, tour à tour caressante et affirmée, sert des textes qui explorent des thématiques émotionnelles — comportements autodestructeurs en tête — abordées par le prisme d’un humour ‘camp’ et d’une autodérision constante.

Son dernier elpee s’inscrit dans cette même logique d’équilibre : un disque qui traite de sujets majeurs — capitalisme, revers de la notoriété — sans lourdeur ni posture. Le single viral « Take a Sexy Picture of Me », rebaptisé « Woke Macarena » par les fans, s’attaque notamment aux diktats esthétiques imposés aux femmes. Cet opus affirme un peu plus CMAT parmi les autrices‑compositrices‑interprètes incontournables de sa génération, tout en renforçant une réputation scénique forgée par une présence généreuse, une énergie communicative et un sens aigu du spectacle.

La soirée affiche complet depuis de longues semaines.

La première partie évoque un air de déjà‑vu pour celles et ceux qui avaient assisté au concert de The Last Dinner Party. Katy J. Pearson, originaire de Bristol, s’avance seule, armée de sa voix et de sa guitare électro‑acoustique. Comme au Cirque Royal, elle se présente sans accompagnement, installée en bord de podium devant un rideau rouge encore fermé.

L’écoute reste plaisante : les chansons franchissent aisément la rampe, confirmant pourquoi la Britannique s’est déjà forgé une solide réputation. Pourtant, une retenue persistante l’empêche de réellement happer l’auditoire. L’étincelle tarde à surgir, et l’attention de la fosse se disperse. À mi‑parcours, des conversations s’élèvent des premiers rangs, un manque d’égards manifeste envers l’artiste. Dommage, car Katy J. Pearson dispose d’une superbe voix aérienne et d’un toucher délicat, ses doigts effleurant les cordes avec assurance tandis qu’elle enchaîne des mélodies finement ciselées. Les applaudissements demeurent chaleureux, parfois ponctués de cris tentant de couvrir les bavardages d’une foule dissipée.

La musicienne compte déjà trois elpees à son actif — « Return » (2020), « Sound of the Morning » (2022) et « Someday Now » (2024) — auxquels s’ajoutent plusieurs singles et un EP, « Katy J. Pearson and Friends Present Songs From The Wicker Man ». Elle entame son set par « « Take Back the Radio, extrait du premier disque. Après une brève introduction, ce morceau lumineux, traversé par une quête de rédemption, célèbre un retour sur les ondes et contraste avec le reste du répertoire. Des réminiscences de Fleetwood Mac traversent les esprits, tandis que sa musique navigue entre folk, country, Americana et indie rock. Une touche post‑punk surgit sur « Alligator », où elle délaisse son chant habituel — quelque part entre Stevie Nicks et Belinda Carlisle — pour un phrasé plus monocorde évoquant Cate Le Bon. Une entrée en matière convaincante pour une artiste qui trace sa route et dont la présence est de plus en plus sollicitée sur le circuit britannique pour assurer des supporting acts de prestige (page ‘Artistes’ ici). 

Setlist : Take Back The Radio, Sound Of The Morning, Those Goodbyes, Alligator, Siren Song, Beautiful Soul, Talk Over Town.

Le rideau se lève et révèle un décor structuré autour de deux estrades. À gauche, la violoniste capte immédiatement l’attention. Au centre, un escalier de cinq marches offre à CMAT un terrain de jeu idéal pour multiplier les poses. À droite, le batteur occupe l’espace, tandis qu’un peu plus bas, sur une plateforme avancée, le claviériste — short moulant en lin — se dresse devant le bassiste, flanqué à gauche d’un guitariste grimé en femme. Bottes hautes noires, bas-résille et courte jupe rouge éclatante : CMAT s’impose d’emblée. Les rebords des estrades et de l’escalier s’illuminent grâce à des rampes LED majoritairement rouges, soulignant l’ensemble du dispositif.

CMAT assume pleinement son statut de diva, un rôle qu’elle adopte sur les planches, en parsemant son set de clins d’œil malicieux. Loin d’un simple artifice, cette posture nourrit un spectacle rythmé par des pitreries aussi maîtrisées que savoureuses. Dès l’ouverture progressive du rideau, l’ambiance se dessine. « Janis Joplining » sert d’introduction atypique : plus que la chanson elle‑même, ce sont les regards appuyés et le jeu de séduction adressé à la foule qui dominent. Le morceau agit comme un sas avant « The Jamie Oliver Petrol Station », rapidement repris en chœur. Le clip vient tout juste de paraître — sans la présence du chef étoilé ce soir‑là — mais l’auditoire s’enflamme. Les fans couvrent presque totalement la voix de CMAT, d’autant que le mixage manque encore de précision : tantôt trop en avant, tantôt noyée dans sa formation ‘very sexy’. La prise en main d’une guitare, une première dans le show, prolonge opportunément le titre.

Incontournable de son répertoire, « I Don’t Really Care For You » arrive très tôt. CMAT y déploie sa désormais célèbre ‘pause’, partant en chasse de spectateurs susceptibles de l’agacer. Trois d’entre eux sont épinglés et reçoivent une sérénade teintée d’un regard noir parfaitement dosé. L’artiste maîtrise l’art de capter la fosse en un instant. Une délégation irlandaise bien présente à l’Ancienne Belgique se manifeste d’ailleurs un peu plus tard. Mais place d’abord aux morceaux issus d’« Euro‑Country ». « When a Good Man Cries », livrée avec ferveur malgré une gorge visiblement sèche, précède "Tree Six Foive », accueilli avec un enthousiasme immédiat. CMAT multiplie les montées sur son estrade : le talent s’affirme, et le sentiment que d’autres surprises se profilent s’installe.

« Have Fun ! » s’impose désormais comme un classique. Gestuelle généreuse et échanges appuyés installent une atmosphère chaleureuse. L’amusement ne se dissimule pas : entre deux morceaux, elle glisse un bonbon dans sa bouche, puis engage une courte discussion avec un fan venu de Gand, à qui elle confie le reste de la friandise. Clin d’œil local : ‘ça colle aux dents, Anatole !’.

Le temps s’écoule à vive allure, non pas par abondance de titres — neuf seulement figurent sur la setlist — mais parce que le spectacle gagne en intensité. Les interactions au sein de la formation entretiennent une dynamique réjouissante. Une gorgée de thé humidifie le gosier avant « Take a Sexy Picture of Me », dont le refrain est scandé si puissamment par la foule que la voix de CMAT se fait presque discrète. Elle compense en offrant une succession de poses, laissant aux photographes un court répit avant « Iceberg ». Plus épurée, la chanson la retrouve en duo avec sa violoniste, pour un moment de grâce suspendu.

L’heure réglementaire est dépassée. Les habitués le savent : CMAT conserve toujours quelques pièces longues pour conclure. Peu de place, donc, pour les digressions, même si un extrait improvisé de « J’aime la vie » de Sandra Kim s’invite brièvement. Avant « Running/Planning », elle présente sa formation ‘verys sexy’ avant de quitter le podium.

Le rappel s’articule en trois temps, soutenu par un sextuor au complet. « Euro‑Country », titre éponyme du troisième elpee, frappe d’emblée par son urgence et sa densité sonore. CMAT rappelle son attachement à un activisme joyeux, une manière d’ancrer le message sans l’alourdir. Le propos se fait plus grave, sans rompre l’élan général — un moment marquant de la soirée.

La fête repart de plus belle sous une version extra‑longue de « I Wanna Be a Cowboy, Baby ! » : la fosse se balance sans relâche. Malgré une heure largement entamée, « Stay for Something » s’impose encore. CMAT ironise sur son incapacité à livrer un concert de moins de nonante minutes. Ces minutes offertes renforcent une ferveur déjà palpable. L’artiste se mêle une dernière fois à la foule, point d’orgue d’un concert généreux et intensément vivant. Les applaudissements, assourdissants, résument à eux seuls la réussite de cette soirée. Le compte à rebours est lancé avant ses prochains passages à De Roma et au Rock Werchter…

Setlist: Janis Joplining, The Jamie Oliver Petrol Station, I Don’t Really Care For You, When a Good Man Cries, Tree Six Foive, Have Fun !, Take a Sexy Picture of Me, Iceberg, J’aime la vie (Sandra Kim, extrait improvisé), Running/Planning

Rappel: Euro‑Country, I Wanna Be a Cowboy, Baby !, Stay for Something

(Pour les photos, c'est ici)

(Organisation Live Nation)

 

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