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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Tommy Castro

The devil you know

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Tommy Castro est devenu une référence incontournable dans l’univers du blues et du R&B. Ce chanteur/guitariste californien accomplit une carrière exemplaire depuis une bonne vingtaine d'années. Il est surtout plébiscité pour ses aptitudes vocales. Une voix soul, qu’il puise dans le southern soul de Memphis. Il a même été comparé à Otis Redding. Il compte déjà plus d'une douzaine d'albums à son actif, dont six ont été publiés par le label californien Blind Pig. En 2009, il signe chez Alligator. Il lui réserve "Hard believer", la même année. Il aura fallu attendre un break de cinq années pour saluer son 2ème opus qui sort sur le label chicagoan. Il ne faut cependant pas oublier qu’en 2011 il avait gravé "Tommy Castro presents : Legendary R&B Revue Live!".

Les sessions d’enregistrement de « The devil you know » se sont déroulées en Californie, à Sausalito et San Rafael. Il a reçu le concours de son backing band, qu’il drive depuis 2012, les Pain Killers ; en l’occurrence le bassiste Randy McDonald, le drummer Byron Cage et le claviériste James Pace (un ex-Ana Popovic Band). Il a également bénéficié de la participation de nombreux et prestigieux invités. Le tracklisting est découpé en 13 pistes, soit neuf compositions personnelles et quatre reprises.

Une armée de guitares attaque "The devil you know", une plage qui macère dans le Mississippi blues. La voix de Tommy est puissante et savoureuse. Saturée, sa six cordes talonne le chant! L'orgue de Jim Pugh ouvre "Second mind", un morceau caractérisé par ses débordements de percussions syncopées. Les Pain Killers soignent ce funk participatif tandis que les cordes deviennent audacieuses. "I'm tired" est une des meilleures compositions issues de la plume de Chris Youlden, remarquable vocaliste qui a sévi chez Savoy Brown de 1967 à 1970. Castro chante d’ailleurs dans un registre assez proche. Ce titre figurait sur l'elpee "A step further, paru en 1969. Et c'est Joe Bonamassa qui reprend sans complexe le rôle de Kim Simmonds. La nouvelle version n’est guère surprenante, mais elle est bien restituée. Plutôt exploratoire, "Center of attention" consomme du R&B qui rocke. "The whale have swallowed me" est un blues composé par JB Lenoir. La cover ne manque pas de charme. La slide part en dérapage contrôlé. Tasha Taylor (NDR : c’est la fille de feu Johnnie Taylor, un chanteur et acteur texan qui a l’instar d’Isaac Hayes et The Staple Singers a marqué l’histoire de la scène Stax) lui donne la réplique vocale. Pour aborder le puissant "When I cross the Mississippi", Tommy est épaulé par le chanteur/guitariste Tab Benoit, le gratteur Mark Karan et l’organiste Mike Finnigan. Castro adapte le "Mojo Hannah" d'Andre Williams, à la sauce louisianaise. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’une invitée de charme, en l’occurrence Marcia Ball qui se consacre au piano et au chant. Pace siège derrière l'orgue Hammond, les Homes Brothers assurent les backing vocaux et Magic Dick (J. Geils Band) souffle dans son harmo, tout au long de "Two steps forward", un blues traditionnel, largement amplifié, au cours duquel le rythme s'emballe dans un gospel nerveux. Malgré la présence de cette ribambelle de ‘guests’, Tommy parvient à tirer son épingle du jeu sur ses cordes. Et c’est une véritable prouesse. Sur "She wanted to give it to me", ses interventions se révèlent même bien plus agressives que de coutume. La voix de Castro est vraiment impressionnante tout au long de "Keep on smilin'", un superbe R&B signé Wet Willie. C’est également la meilleure plage de l’opus. Tommy ne relâche pas l'étreinte. Il entame un duel vocal face à la ravissante Samantha Fish, tout au long "Medicine woman", une piste dont le cadre est balisé par les ivoires de Pace! Le long playing bénéficie de deux bonus tracks. Les deux titres parus en single. Soit les dansants "That's all I got" et "Greedy". Un excellent album!

 

Selwyn Birchwood

Don't call no ambulance

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Agé de 29 ans, Selwyn Birchwood est issu de Tampa, en Floride. Un jeune guitariste de blues, qui a remporté l'International Blues Challenge de Memphis. En compagnie de son groupe. Il reconnaît pour influence majeure Buddy Guy. Il excelle également à la lap steel, dont il a tout appris auprès de Sonny Rhodes, un des plus grands spécialistes sur cet instrument. Le Texan l’avait même intégré au sein de son backing group, pendant 4 ans.

Birchwood a fondé son propre band en 2010. Il avait déjà publié deux albums autoproduits : "FL Boy", en 2011 et "Road worn", en 2013. Les sessions d’enregistrement de ce nouvel opus se sont déroulées, chez lui en Floride. Le saxophoniste Regi Oliver, le bassiste Donald ‘Huff’ Wright et le drummer Curtis Nutall sont au poste. Selwyn signe l’intégralité de son répertoire.

"Addicted" nous plonge profondément dans le blues cher à Buddy Guy. La voix de Selwyn est aussi graveleuse que celle des doyens. De quoi forcer le respect. "Don"t call no ambulance" réverbère des sonorités du Mississippi blues. La guitare reste bien rivée au chant, prête à bondir dès que l’occasion se présente. Une opportunité qui ne tarde guère. Caractérisée par ses accents métalliques, la plage évoque les fameux boogie de John Lee Hooker! Changement de tempo et de style pour "Walking in the lion's den", une ballade blues roots que chante Selwyn d’un timbre très grave ; une piste légèrement teintée de jazz par les interventions de Regi à la flûte et au saxophone. "The river turned red" est un funk/blues dominé par les éclats de slide ; et c’est un invité de prestige, Joe Louis Walker, qui se la réserve. "Love me again" est un blues lent que chante Birchwood d’un timbre soul, spectral, alors que les accords de gratte sont parcimonieux et empreints d’une grande sensibilité. Armé de son bottleneck, il empoigne sa slide pour attaquer "Tell me why". Il libère d’abord des riffs épais et puissants, avant de s’autoriser quelques expérimentations sonores parfaitement maîtrisées. Notre homme est un adepte de la guitare slide. Il aime caresser voluptueusement son doigt d'acier tout au long des cordes, comme sur le paisible "Overworked and underpaid". Un piste au cours de laquelle il se réserve le micro, alors que RJ Harman (NDR : ne pas confondre avec le Californien James Harman!) souffle dans l’harmo. Agé à peine de 24 balais, ce jeune Floridien puise son influence majeure chez Jason Ricci. "Brown paper bag", c’est le blues lent attendu. Plus de 9 minutes de bonheur ! Selwyn y injecte toute sa sensibilité, sa passion. Et manifestement, ce feeling, il parvient à le pousser à son paroxysme, lorsqu’il se montre parcimonieux aux cordes. Une sobriété qu’il enrobe de douceur. Il y communique ainsi son mal de vivre. Une compo au cours de laquelle Dash Dixon, le claviériste de Black Honkeys, un collectif funk issu d'Orlando, siège derrière l'orgue Hammond! Changement radical de style pour "Queen of hearts", un R&B funky, généreux, soutenu par la section rythmique porteuse et l'arsenal de saxophones dont dispose Mr Oliver. Birchwood s’autorise un envol contaminé par le jazz sur "Falling from the sky", un r&b plutôt cool. Hoodoo stew" achève l’elpee. Le bottleneck et les interventions du saxophone baryton de Regi colorent ce Delta blues imprimé sur un mid tempo.

 

Ardenne Heavy

The Ep with No Name

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Ce groupe nous vient du fin fond des Ardennes, de Bastogne plus précisément. Son style ? Le heavy metal. Vu son patronyme, ce n’est pas étonnant. Mais en même temps, cette appellation est à double sens, puisqu’elle veut également affirmer l’origine (NDR : une appellation contrôlée ?) de leur formation. En 2011 et 2012, le combo autoproduit deux démos. Début 2013, il est sélectionné pour participer au Durbuy Rock Festival. Il y représente la Province du Luxembourg. Dans la foulée, il enchaîne plusieurs festivals, et notamment le Nordic Rock, le Ward'In, et surtout La Guerre des Gaules, au cours duquel il ouvre pour Skindred et Mass Hysteria.

Nicolas Scohier et Simon Gaudron se réservent les guitares. Le second nommé, se charge également du chant. A la section rythmique, Ludovic Meunier se charge des drums et Pieltain de la basse.

« The Ep With No Name » constitue leur premier Ep. La plaque s’ouvre par l’instrumental « The Man With No Name » et embraie par « 37 In The Box ! », deux titres qui tiennent parfaitement la route. Le quatuor reconnaît pour influences majeures Black Sabbath, Judas Priest, Metallica, Machine Head, Down, High On Fire. Et « The Unknow Hero » en est une belle illustration. « Big Whisky » distille des cordes de gratte bien charpentées et puissantes. Le gosier du vocaliste colle parfaitement au style. Chargé d’électricité, « With Prison » aurait pu figurer au répertoire de Lemmy Kilmister (Motörhead). Blindé, leur métal est capable de résister au feu des panzers qui ont sévi au cours de la deuxième guerre mondiale…

L’Ep est disponible en digital sur iTunes, Google Play Music et Amazon MP3 ; mais vous pouvez aussi le commander à l’adresse e-mail suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Spring Offensive

Young Animal Hearts

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Formation insulaire, Spring Offensive nous vient d'Oxford. Elle s’était produite en première partie de To Kill A King, ce 2 février dernier, au club de l’AB. Et y revient ce 26 octobre. Inutile de dire que votre serviteur sera encore au poste, pour assister à leur prestation. D’autant qu’en ‘live’, le quintet est plutôt généreux. Nouvelle sensation britannique dans l’univers du pop/rock indie, elle avait publié un Ep acoustique intitulé « Between Me & You », en 2009.

Paru en single, « Young Animal Hearts » prélude la sortie de leur premier elpee. C’est également le titre du long playing. Qui clôt le tracklisting. Une compo hypnotique, mais également empreinte de douceur. Et le premier elpee s’inscrit dans le même esprit. Si le timbre de Lucas Whitworth est caractéristique, il est constamment souligné de backing vocals. Et toutes ces voix se conjuguent régulièrement en harmonie. A l’instar de la plage atmosphérique et envoûtante, « Not Drowning But Waving ». Le chant domine à nouveau « Bodylifting », mais le recours aux percus est particulièrement judicieux. L’opus recèle de nombreuses plages ensoleillées, sucrées et délicates. Dont « Hengelo », « Cut The Root », « River », « Carrier », « Something Unkind », « 52 Miles » et « Speak ». Mais aussi et surtout « No Assets », un hit potentiel. Pourtant, ce n’est qu’au fil de l’écoute qu’on se rend compte de la richesse des compos. Elles regorgent même de subtilités, mais plusieurs écoutes sont nécessaires avant de pouvoir les déceler….

 

Shannon Shaw

Dreams in The Rat House

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Troisième album du trio d'Oakland, "Dreams in The Rat House" perpétue les atmosphères rétro des deux premiers opus. La bande à Shannon Shaw (parallèlement bassiste au sein de Hunx and His Punx) nous offre en effet, à travers sa fusion d'early rock, de rockabilly, de surf, de beat music et de garage, un voyage à travers les fifties et le début des sixties. On y croise de tout jeunes Beatles, les Shangri-Las ou encore Buddy Holly dans une grande messe doo-wop où les onomatopées sont fatalement à la fête. Les ‘Heyheyhey’, ‘Yayaya’, ‘hohoho’ et autres ‘ouwahouh’ se succèdent en effet tout au long d'un album rafraîchissant mais finalement assez répétitif. Et même si les singles ("Rip Vanwinkel", "Ozma") figurent en début de parcours, j'ai plutôt préféré sa deuxième face. Le surf de "The Rabbits Nose", les roulements de batterie de "Hundsortails" ou les élégantes harmonies de la ballade "Unlearn". Signalons enfin l'atroce pochette, kitsch à souhait, totalement en adéquation avec le look des membres du groupe tout droit sorti d'un film de John Waters. Bref, un disque sympathique de doux dingues pour amateurs de vintage un peu décalé qui mérite les acclamations mais peut-être pas la standing ovation.

 

Yossi Sassi

Desert Butterflies

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En 1991, Yossi Sassi co-fonde et produit Orphaned Land, groupe d’origine israélienne considéré comme un pionnier de ce que les musiciens appellent eux-mêmes le 'Jewish Muslim Métal' ou encore le 'Middle East Progressive Métal'. Mouvement mariant le death métal aux chants traditionnels du Moyen-Orient et aux sonorités orientales, le groupe prône la coexistence pacifique entre juifs et musulmans. Reconnu comme artiste complet, Sassi joue de 17 guitares et instruments différents, représente diverses marques de grands luthiers et crée même ses propres instruments comme la 'Bouzoukitara'. Cet instrument est une conception particulière mêlant les sons du bouzouki des Balkans à ceux de la guitare électrique.

En 2012, il se lance dans l’aventure, Melting Clocks, son premier galop, dans lequel il décline la routine quotidienne au travers d’une chaleur apaisante et mélange les genres. Il nous incite à ne plus rêver nos vies mais à vivre nos rêves. Pour lui, la musique est un mode de réalisation personnelle universel. Il croit en sa capacité à rassembler les gens au-delà des différences culturelles et des conflits.

Aujourd’hui, il a définitivement quitté Orphaned Land pour se consacrer aux rencontres à travers le monde et diffuser ses idées et ses expériences. « Desert Butterflies » a été enregistré sur trois continents, un disque pour lequel Sassi a reçu la collaboration de Marty Friedman (ex-Megadeth), Ron ‘Bumble foot’ Thal (Guns’n’Roses), Mariangela Demurtas (Tristania, Moonspell) et bien d’autres. Derrière onze titres oscillant d’est en ouest, du nord au sud, il continue à propager ses idées unificatrices. Nous sommes tous, quelles que soient nos conditions de vie et de naissance, des créatures capables d’adaptation et d’évolution. Nés au stade larvaire, nous construisons nos cocons de certitudes. Il nous invite à franchir ce cap pour devenir papillons et réaliser nos rêves contre vents et marées. Sous ce concept, il nous propose un ensemble de compositions techniques. Si des accroches hispaniques, latines, japonisantes ou des inspirations métal sont bien présentes, la rythmique est fortement orientale. Peu de chants à travers ce voyage, juste une musicalité qui laisse libre cours à l’interprétation personnelle des sentiments exprimés dans les titres. Si vous vous sentez l’âme d’un globe-trotter alter mondialiste, si vous rêvez d’un parcours philosophique initiatique, si vous avez besoin de soleil et de réconfort, je vous souhaite bon voyage en compagnie de cet album !

 

Jonathan Richman

No me Quejo de mi Estrella

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« No me Quejo de mi Estrella » constitue avant tout une faveur accordée par Jonathan Richman à ses fans hispaniques. C’est également une sorte de ‘best of’ de son œuvre accomplie depuis le début des années 2000. L’ex-Modern Lovers a en effet sélectionné personnellement 16 titres qu’il a composés au cours des 15 dernières années. Un recueil qui reflète parfaitement le style adopté aujourd’hui par le troubadour américain, un conteur drôle et désenchanté à la fois (« You Can Have a Cellphone That’s Ok But Not Me »). Evidemment, certaines de ses chansons adoptent un profil davantage latino. Flamenco même. A l’instar de l’inaugural « La Guitarra Flamenca Negra » et « La Fiesta Es Para Todos ». Les deux versions de « When We Refuse to Suffer » (I et II) sont particulièrement représentatives d’une expression sonore mélancolique empreinte d’une touchante simplicité… Cette compilation constitue une belle porte d’entrée pour pénétrer dans l’univers de cet artiste attachant…

 

House of Cosy Cushions

Spell

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House of Cosy Cushions est le projet de Richard Bolhuis, un habitant de Groningen. "Spell" constitue son cinquième album. Un disque qui alterne morceaux instrumentaux plutôt introspectifs et ballades folk nocturnes. Ces dernières sont sans doute moins originales. Des accords de guitare bouclés à l'infini sont agrémentés de quelques drones offrant ainsi un écrin contemplatif à la voix fragile de Bolhuis. "The Mad Sisters" est le seul morceau chanté qui incorpore un harmonium et quelques notes de violons. Sans être lugubre, ce n'est jamais très marrant.

Ce violon de l'invitée Saskia Meijs parcourt également les meilleures plages de "Spell". On le retrouve notamment dans “Black Bat Dance” aux côtés de percussions martiales et d'un trombone tonitruant ou lors de la piste finale " Kerkje te Oostum", composée initialement pour accompagner de récentes installations dans le Groninger Museum. Un titre qui navigue entre ambient et neo-classique que l'on aurait pu retrouver dans la discographie du Kammerflimmer Kollektief. On pourrait aussi déceler certaines analogies avec les atmosphères les plus calmes du Kilimanjaro Darkjazz Ensemble et de Bohren and Der Club of Gore (particulièrement sur "Charlotte Salomon"). Et Richard Bolhuis nous entraîne également dans des contrées post-rock indus minimalistes sur "Into The Words".

"Spell" est sans conteste l'album le plus audacieux de House of Cosy Cushions. Sans doute parce qu'il laisse plus de place à l'improvisation et à l'expérimentation. Assurément une étape majeure dans sa discographie. Reste à savoir jusqu’où Richard Bolhuis veut nous entraîner. Très touchantes, presque émouvantes, ses chansons ne sont pas dénuées d'intérêt ; mais on serait curieux de découvrir un elpee exclusivement instrumental qui incorporerait le violon, le trombone et la batterie sur tous les morceaux. Il y a, en tout cas, une vraie personnalité et beaucoup de maîtrise derrière ces compositions audacieuses et parfois un peu énigmatiques. Les climats nonchalants et pourtant tendus, désertiques et denses à la fois plongent l'auditeur dans une sorte de méditation dont il est tiré régulièrement par de petites aspérités sonores. Car les coussins sont effectivement douillets dans cette maison ; mais les bruits de la rue sont parfois perturbants.

 

Raider 79

De la techno, mais pas seulement…

Écrit par

Raider 79 est un jeune artiste montois qui vient de sortir « Double Face part II », un Ep au cours duquel il explore les chemins de traverse d’une Techno bourrée d’énergie destinée aux hangars gigantesques ou aux raves. Mais en ne lassant jamais grâce à un sens du détail et de la micro-variation. Entretien en compagnie de ce talent prometteur issu de l’autre patrie de la techno (la Belgique évidemment).

Quel chemin as-tu parcouru avant d’arriver à la techno ?

Mon père m’a offert 2 platines Technics, et c’est le véritable point de départ. J’ai commencé à mixer dans la région de Tournai où j’habitais à ce moment-là. Très vite, j’ai commencé à passer de la Trance, de l’Electro et de la Techno. J’y ai pris goût ; mais le vrai tournant s’est produit lors de l’achat d’une Groovebox qui m’a plongé dans la production plus que le mix. Et j’ai commencé à acheter d’autres machines pour étoffer mon son.

Quelles ont été tes influences ?

Laurent Garnier et Technasia au départ m’ont énormément influencé. Actuellement je me sens plus proche du son de Vitalic et de l’ambiance qu’il peut créer dans une salle. Comme lui, je re-travaille mes morceaux pour les Live.

Comment se déroule le processus de création de tes morceaux ?

Je travaille seul dans mon coin d’abord. A une certaine époque, j’ai bossé en compagnie des Fouck Brothers qui m’ont permis d’évoluer dans mon projet musical. Je suis isolé au moment de la composition pure, mais je n’hésite pas à solliciter le concours d’un ami pour opérer le mastering et les arrangements ; ce qui permet de prendre du recul par rapport à mon travail.

Qu’est-ce que tu écoutes pour t’inspirer ?

Principalement de la techno, mais pas seulement. Il faut s’ouvrir à d’autres styles pour se renouveler même si on ne le ressent pas forcément dans ma création. Quand ils fouillent dans ma compactothèque, mes amis sont souvent étonnés d’y repérer des disques de musique classique. Mais au moment de la composition, plus aucune influence externe ne vient me perturber. Je me coupe de toute musique autre que la mienne.

Peux tu décrire l’évolution de ton son ?

Au début, mes morceaux étaient plus carrés, plus bruts. Ensuite, j’y ai injecté une certaine souplesse, en gardant l’énergie. Je cherche constamment des variations autour d’une structure.

Comment se déroule ta vie de musicien en Belgique ?

C’est très compliqué au niveau du booking, surtout que je n’assure plus de djing pour me faire connaître, mais je vais peut être m’y remettre. L’avantage d’un petit pays, c’est la facilité des contacts et de pouvoir s’entourer d’amis.

Quel est le meilleur endroit pour écouter ta musique ?

Dans une salle sombre, grande ou dans une voiture (sourire)

Quel est le retour des gens sur ta musique ?

Ils adorent l’énergie, le côté un peu sombre qui ressort au milieu d’ambiances plus joyeuses, ce qui me motive encore plus pour mon live.

Pour écouter l'EP, c'est ici

Les mémoires délirantes d’Ozzy Osbourne, Prince des Ténèbres…

Écrit par

Le chanteur de Black Sabbath, Ozzy Osbourne va sortir une compilation de ses titres solo chez Epic, le 7 octobre prochain, sous le titre de « Memoirs Of A Madman », dont tous les détails sont repris ci-dessous. Cette compilation paraîtra en format CD, double vinyle et double vinyle picture disc. Le DVD sera également double et livrera des clips, des performances live inédites, des interviews et des heures d'images retraçant la carrière de l'artiste. Y figurera également une version alternative du clip de « Mama, I'm Coming Home » et les making-of des clips « Let Me Hear You Scream » et « Life Won't Wait ».

Tracklist de l’album « Memoirs of A Madman »

01. Crazy Train
02. Mr. Crowley
03. Flying High Again
04. Over The Mountain
05. Bark At The Moon
06. The Ultimate Sin
07. Miracle Man
08. No More Tears (edit)
09. Mama, I’m Coming Home
10. Road To Nowhere
11. Perry Mason
12. I Just Want You
13. Gets Me Through
14. Dreamer
15. I Don’t Wanna Stop
16. Life Won’t Wait
17. Let Me Hear You Scream

Tracklist du DVD « Memoirs Of A Madman »

DVD 1 – Les clips

01.Bark At The Moon
02. So Tired
03.The Ultimate Sin
04. Lightning Strikes
05.Crazy Train
6. Miracle Man
07. Crazy Babies
08.Breaking All The Rules
09.No More Tears
10.Mama, I’m Coming Home
11. Mr. Tinkertrain
12. Time After Time
13.Road To Nowhere
14.I Don’t Want To Change The World (Live)
15. Changes
16.Perry Mason
17.I Just Want You
18.See You On The Other Side
19. Back On Earth
20. Gets Me Through
21. Dreamer
22. In
My Life
23. I Don’t Wanna Stop
24. Let Me Hear You Scream
25.Life Won’t Wait
26. Let It Die

Bonus :

01. Mama, I’m Coming Home (version alternative)
02.The Making of Let Me Hear You Scream
03. The Making of Life Won’t Wait

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http://instagram.com/ozzyosbourne

Pour le teaser : c'est par ici  

Thot

The City That Disappears (b)

Écrit par

Grégoire Fray assume pratiquement seul la paternité de Thot. C’également le créateur d’un style qu’il a curieusement baptisé ‘Vegetal Noise Music’.

Pour la circonstance, il a mis les petits plats dans les grands, en confiant le mix final à Magnus Lindberg (Cult Of Luna).

Cette œuvre dévoile ses visions sombres, sorte de trames opaques et visqueuses d’un Indus-Electro-Rock qu’on comparera forcément à Nine Inch Nails.

Mais au-delà d’une certaine admiration pour Trent Reznor, on décèle avant tout un désir réel de se démarquer par le biais de compositions riches et fort bien mises en place.

En live, Thot bénéficie d’un line up efficace et de projections vidéo susceptibles de mettre en lumière toute son obscurité. C’est donc à un projet réfléchi auquel on a droit.

Une réflexion qui démarque ce troisième album des deux précédents (« The Huffed Hue » et « Obscured By The Wind ») en poussant l’univers de Thot dans des retranchements à la fois malsains et attractifs.

Envoyé en éclaireur et en exclusivité sur le réseau deaddrops.com, le single « HTRZ » qui ouvre ici le long playing trace d’ailleurs la voie dans ce sens, déflorant une flore étouffante à coups de serpes digitales.

Si la surabondance d’effets fatigue quelque peu l’attention au fil de l’elpee (et principalement sur les voix), il faut souligner le travail remarquable réalisé en amont par cet artiste belge.

Seul aux commandes et ignorant les compromis, il délivre ici une œuvre personnelle forte et mise en abîme par une production léchée, faisant la part belle à un souci du détail.

En découle une plongée en apnée haletante, angoissante, heureusement ponctuée de respirations en surface (au souffle court) salvatrices dans ces dédalles suintant de phobies urbaines.

Des atmosphères qui atteignent leur paroxysme sur « Citizen Pain », lors d’une finale noise aux reflets de goudron.

Rosco

The Call Of The Cosmos

Écrit par

Rosco nous invite à partager un voyage en apesanteur…

Guère étonnant du reste, de la part d’un ancien membre de The Darkside et de Spacemen 3 (Sterling Roswell a effectivement milité comme batteur sur les albums « The Perfect Prescription » et « Performance »).

Promenade interstellaire donc, entre mise sur orbite, dérives spatiotemporelles ainsi qu’escales qui jalonnent l’astre sis au bout de l’univers et notre planète bleue.

Ce sont justement ces étapes en capsules qui présentent l’intérêt de cet opus (les interludes gravitationnels constituent d’agréables moments à l’écoute des chants de l’espace).

Car entre chansons et voie lactée, l’ancien acolyte de Sonic Boom et Jason Pierce ne choisit pas. Il propose les deux. En blocs. Les uns s’emboîtant dans les aspérités stellaires des autres.

Les pépites Pop, qui ne sont pas sans rappeler Moose, ne se succèdent donc pas tout au long de cet essai, mais s’intercalent ci et là, comme autant de comètes flirtant avec l’immensité d’une galaxie intérieure qui, elle, évoque les ambiances de Stars Of The Lid.

Un OVNI dans toute sa splendeur !

 

Rival Sons

Great Western Valkyrie

Écrit par

Rival Sons est une formation de rock/blues issu de Long Beach, en Californie, un style qu’il pratique sans accorder la moindre concession. Elle est née en 2009, lorsque le guitariste  Scott Holiday, qui militait chez Black Summer Crush, fonde les Rival Sons, en compagnie du  Jay Buchanan, alors leader de son propre band, Buchanan. Et pour compléter le line up, le duo engage une section rythmique. Si Michael Miley est toujours à la batterie, Robin Everhart a cédé sa basse à Dave Beste, depuis l’année dernière.

Leur premier elpee, "Before the fire", paraît en 2009. Autoproduit, il est bien reçu par la critique. Ce qui permet au quatuor d’assurer le supporting act pour AC/DC et Alice Cooper. Le groupe signe en 2011 sur le label Earache. Il y publie "Pressure & Time" quelques mois plus tard, un elpee qui recueille un fameux succès. La même année Rival Sons tourne en Europe, et se produit dans le cadre du festival de Werchter. En 2012, il enregistre son second essai à Nashville, "Head down". Il sort en septembre. Début de cette année, les musicos y retournent, toujours au studio LCS, pour y mettre en boîte "Great Western Valkyrie", sous la houlette de Dave Cobb.

Ce long playing baigne dans un rock/blues puissant. Un style qui rappelle tour à tour Led Zeppelin, le Free, Bad Company et Deep Purple. Particulièrement dense, "Electric man", qui ouvre la plaque, évoque inévitablement le célèbre dirigeable. A cause de la voix qui semble hantée par le Robert Plant de la première époque. En crachant généreusement ses flammes, le  hard rockin' blues de Rival Sons nous replonge au début des 70’s, et tout particulièrement lorsque des combos comme Bad Company ou Whitesnake profitaient de la solidité de leur section rythmique, pour faire hurler leurs cordes. L'intro de "Secret" est digne de la paire Richie Blackmore/Jon Lord, mais si la gratte et l’orgue empruntent un profil semblable à celui du Deep Purple originel, le voix de Jay est davantage proche de Robert Plant que de Ian Gillan. "Play the fool" synthétise toutes ces références insulaires du passé, un rock coriace qui repose sur des riffs en béton érigés par Holiday. Mais la tonalité des cordes répercutée lors de leur envol métallique est légèrement contaminée par le psychédélisme, un peu comme chez Blue Cheer, un autre trio de braise, qui a sévi à cette époque. "Good things" nous transporte du côté de la baie de San Francisco. A cause de ce cette réverbération acide réminiscente de groupes comme Iron Butterfly voir même des premiers pas de Steppenwolf. "Open my eyes" est contaminé par le blues/rock de Led Zep. Les Rival Sons n'ont sans doute rien inventé, mais ce qu’ils font est bien fait. Caractérisé par un clavier léger, atmosphérique (NDR : probablement un Farfisa), "Rich and the poor" prend une pause dans la douceur. "Belle star" embraie dans un climat plus éthéré encore, presque prog, davantage hérité de la seconde moitié des seventies. La voix de Buchanan épouse le timbre de Paul Rodgers, tout au long de "Where I've been", une autre piste empreinte de tendresse. Solennelle, "Destination on course" est une longue plage dont le climat évolue au fil du parcours. Il y a du hard, du prog et du krautrock ; mais surtout une intervention divine des valkyries dans la voix de Buchanan, pour la circonstance tellement proche de Klaus Meine (Scorpions), alors que ravagées, les guitares hurlent de détresse. A vivement conseiller aux nostalgiques des 70’s, of course…

 

Parquet Courts

Sunbathing Animal

Écrit par

A l’heure des bacchanales musicales, où les partouzeurs avisés s’enroulent et s’oignent d’onguents et de parfums dignes des filtres d’amour réputés, certains restent cloîtrés dans leur univers inconfortable et plus complexe d’accès.

Là où les grandes machines à disques font tout pour séduire, jusqu’à se singer les uns les autres, Parquet Courts se contente d’un local crasseux et malodorant entre potes.

Un garage, une quantité astronomique de bières chaudes, une ambiance étouffante où plane une odeur de chaussettes humides appartiennent à leur terrain de jeu favori.

New-yorkais d’adoption, ces cow-boys en ont connu des galères et des refus. Zigzaguant à leurs débuts entre des bars miteux, au public clairsemé. Mais en lieu et place de faire des concessions, le combo persiste dans leur style ‘garage’ en le signant d’un grincement de volet et d’une bonne odeur d’huile de moteur.

« Sunbathing Animals » constitue le 3ème opus des Américains. Il fait suite à l’excellent « Light Up Gold », paru en 2012 et le bordélique « American Specialities », sorti en 2011.

A son écoute, on perçoit une volonté manifeste d’éviter les coups de couteau à l’aveugle comme on a pu le constater sur la galette précédente.

On y perçoit encore mieux les influences du Velvet, Sonic Youth et Pavement, entre autres, dont le groupe se targue, sans honte.

Désaxé aux frontières de la fumisterie, il ne sombre cependant jamais dans le bricolage. Tout y est limite. Et à la manière d’un Black Lips, les accords s’enchaînent, s’entrechoquent et explosent sans avoir réellement besoin d’un détonateur.

Pagayer, se hisser, se vautrer avant de se relever : ce sont des verbes que le band ne se contente pas de conjuguer. Parsemant les différentes pépites vitaminées de quelques morceaux plus délicats (toute proportion gardée), « Sunbathing Animal » crée un véritable enchaînement fluide et percutant.

« Sunbathing Animal » s’avère certainement l’une de leurs œuvres les plus abouties, mais connaissant les larrons, nul doute qu’ils vont vite retourner à leur lieu de prédilection et nous asséner d’autres griffes encore plus surprenantes et vicieusement placées. On en rugit de plaisir d’avance.

 

Coco Montoya

Songs from the road

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Coco Montoya est un prestigieux guitariste. Un bluesman californien qui s’est forgé sa notoriété en militant chez les Bluesbreakers du vétéran anglais John Mayall. Il a pourtant entamé sa carrière comme drummer, au sein du backing band texan d’Albert Collins. Une légende du blues. Mais c’est sa dextérité aux cordes qui va le rendre célèbre. Coco va vivre d’incessantes tournées, pendant 10 ans, auprès de Mayall. Alors qu’il est encore sous la houlette de son employeur, il tente l’une ou l’autre aventure individuelle. Avant de se lancer en solitaire. Début des 90’s il publie pas moins de trois elpees chez Blind Pig. Puis début de ce siècle, il rejoint Alligator, réservant à nouveau 3 opus à sa nouvelle écurie. Enfin, en 2009, il signe sur le label allemand de Thomas Ruf, pour lequel il vient de graver "I want it all back".

Ruf a décidé de consacrer des albums live, en Cd et Dvd, à ses artistes, qu’il a baptisé "Songs from the road". Joan Shaw Taylor, Oli Brown, Luther Allison, Savoy Brown et Royal Southern Brotherhood avaient déjà bénéficié de la formule. Qui a permis à Coco Montoya et son band de réunir 14 plages sur un double compact disc, épinglant quatorze titres issus de la discographie du Californien, dont cinq extraits du dernier LP "I want it all back", et trois, du tout premier, "Gotta mind to travel", paru en 1994.

Le concert a été immortalisé au Triple Door de Seattle, en août 2013. Il s’ouvre par  "Got a mind to travel", une plage au cours de laquelle les interventions dispensées à la guitare sont tellement proches de celle du Master of the Telecaster, Albert Collins. Le premier envol est cependant accordé par Leeper, à l’orgue. "Hey Senorita" est un hit décroché par un combo doo-wop, baptisé The Penguins. Et il remonte à 1954. La touche latino-américaine contamine cette cover, une piste qui permet aux deux solistes de tirer leur épingle du jeu. De superbes cordes introduisent "Too much water", une excellente ballade au cours de laquelle le chant naturellement puissant de Coco se détache de l'ensemble. Ce qui ne l’empêche pas d’injecter toute sa sensibilité dans un des meilleurs soli du concert! La reprise du "The one who really loves you" de Smokey Robinson met également en exergue la voix de Coco. Elle nous transporte dans l’univers northern soul de Motown. Il marche de nouveau sur les traces d’Albert Collins lorsqu’il aborde "Love jail". Ivre de bonheur, il est comme un poisson dans l'eau. Les plages s'allongent. A l’instar de "Don't go makin' plans", une piste R&B funky qui s’étale sur plus de 11'. Le premier disque s’achève par "I wish I could be that", une belle opportunité pour les deux solistes de briller sur leurs instruments respectifs !

La seconde plaque s’ouvre par un blues pur et dur. En l’occurrence le "Fanny Mae" de Buster Brown. Caractérisée par cette trame plutôt simple, mais répétée à l’infini, cette compo avait décroché un n°1 au top R&B en 1960. Roots R&B bien nerveux,"I love your love in my life" permet à nouveau au band de se lancer dans de longues chevauchées instrumentales. "Good days, bad days" est un titre issu de la plume de Gary Nicholson. Un blues lent. Enfin ! Mélodique, cool, il baigne dans un style proche d’un Eric Clapton contemporain. Une piste qui s’étale sur plus d’un quart d'heure. La longueur de la plage aurait pu s’avérer un handicap, mais vu la constance dans l’esthétisme et la sensibilité, on finit par y succomber. "I want it all back" est une autre compo issue de la plume de David R Steen, un ami fidèle à Coco, qui lui apporte son concours à l'écriture. La mélodie est exquise. Les accords de gratte son raffinés. Tous les musiciens reprennent en chœur le refrain. Le concert s’achève par trois morceaux signés par Henry ‘Coco’ Montoya. D’abord le très soul "I won't beg" et le plus blues "You'd think I'd know better by you", une piste balisée par le piano de Leeper. Enfin "My side of the fence", un blues nerveux, susceptible pour la dernière fois de ressusciter Collins. Et pour que votre info soit complète sachez que la production et le mixage ont été assurés par Jim Gaines. Un album de bonne facture, même si un seul cd aurait largement suffi…

 

Ian McLagan

United States

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Ian McLagan est un claviériste insulaire qui jouit d’une belle notoriété dans l’univers du rock. Il a participé à l’aventure des Small Faces de Steve Marriott entre 1965 et 69 ; puis des Faces de Rod Stewart et Ron Wood, dans la foulée et jusqu’en 1975. Par la suite, il s’est converti en musicien de studio et de tournée. Il a longtemps apporté son concours aux Rolling Stones, mais également à Bob Dylan et Bruce Springsteen. Fin des seventies, il entame une carrière solo, malgré la collaboration d’un backing group. Il publie "Troublemaker" en 1979 et "Bump in the night" l'année suivante. Finalement, il baptise son combo, The Bump Band. Son dernier opus, "Never say never", remontait déjà à 2008. Ian a 69 balais. Il y a déjà un bon bout de temps qu’il s’est fixé à Austin, au Texas. Toute son équipe –soit le gratteur Scrappy Jud Newcomb, le bassiste Jon Notarthomas et le drummer Conrad Choucroun (impliqué également chez NRBQ)– s’est réunie au sein de son studio Doghouse, à Manor (NDR : c’est également au Texas) pour concocter ce long playing. Un disque mis en forme par McLagan en personne.

"All I wanna do" est un excellent roots rock. Au chant, Ian n’a pas le charisme de Marriott ou de Stewart. Mais ses interventions aux claviers sont excellentes. Un orgue qui mène de nouveau la barque tout au long de "Pure gold", une bonne plage rock, malgré la voix fatiguée de Mac. Le piano ouvre la voie à "Don't say nothing", une ballade qui colle parfaitement à la voix du leader, un titre au cours duquel Scrappy tire son épingle du jeu à la six cordes. Des sonorités de slide feutrées introduisent "I'm your baby now", un blues de toute bonne facture. Dans ce contexte, la voix passe ici bien mieux la rampe. "Mean old world" n'est pas le classique du blues composé par Little Walter, mais une ballade empreinte de douceur. Ian se consacre au chant et au piano, avant que, tout en sobriété, la guitare ne vienne mettre son gain de sel. Autre roots song, Love letter" exerce un charme discret. Le tempo est indolent. Les sonorités d’orgue rappellent Booker T et Billy Preston. Pas étonnant, puisque McLagan avoue avoir beaucoup appris de ces deux mythes ! Le début de "Who says it ain't love" se distingue par une mélodie particulièrement riche. Fragile, la voix tente de s’imposer dans un univers balisé par une rythmique quasi reggae! Une rythmique parfaitement structurée par l’orgue et la guitare. Plus soul, "Shalalala" aurait pu figurer au répertoire de Rod Stewart. "How blue" est un titre judicieux. Un boogie blues vaporeux conduit par le piano roadhouse de Mac. Particulièrement agréable à écouter, ce long playing s’achève par une ballade country folk. Ian y susurre ses mots, alors que Leigh Mahoney (David Byrne Band, Tosca String Quartet) vient apporter son concours au violon.

 

Woman’s Hour

Conversations

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Originaire de Londres, cette formation réunit deux gars et une fille, cette dernière se réservant le micro. Un combo qui a parfaitement saisi la recette d’un ‘hype’, servie à la grosse louche depuis de nombreuses années…  

En extrapolant, on pourrait imaginer leur musique comme le résultat d’un croisement entre la dream-pop de Beach House et (surtout) la cold-wave The XX. « Conversations » constitue le premier opus de Woman’s Hour, un œuvre dont les atmosphères oscillent entre les plus glaciales et les plus réconfortantes. Des ambiances entretenues par une ligne de basse caoutchouteuse, des cordes de guitare minimalistes, une batterie électronique et, bien entendu, des nappes de synthés. Mais à partir de l’instant où on se rend compte que la chanteuse possède un timbre quasi identique à celui de Romy Madley Croft (The XX), il est difficile d’échapper aux analogies susvisées. Dès lors, même si ce premier album ne manque pas de charme, il souffre quand même d’un manque d’originalité.

Woman’s Hour se produira le 25 octobre au Botanique.

 

The Trap

Is set!

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Lorsque après avoir vécu une véritable explosion, début des 70’s, le blues anglais commence à s’essouffler, il se retire dans les pubs. Ce qui va lui permettre encore de vivre de beaux jours. Notamment du côté de Southend, près de l'embouchure de la Tamise, et principalement grâce à Dr Feelgood, une formation alors drivée par le chanteur/harmoniciste Lee Brillaux et le guitariste Wilko Johnson. Quelques années plus, l'explosion punk va ramener ce blues sur le devant de la scène, grâce à des pubs bands énergiques, comme Nine Below Zero ou encore Count Bishops.

Garage, la musique de The Trap nous replonge au beau milieu de cette époque. Ce quintet est pourtant suisse… le line up réunit le chanteur Nico Cennamo, le bassiste Yannis Friederich, le drummer Fred Michaud ainsi que les guitaristes Dominguez et Olivier Bene. En 2011, il avait gravé un premier Ep 4 titres. Le combo signe l’intégralité de son répertoire, et c’est de la pure dynamite.

Tout au long d’"All night long", morceau qui ouvre la plaque, les guitares sont bien en rythme. Cesar Dominguez souffle comme un possédé dans son harmo alors que la voix furieuse de Nico rappelle le regretté Lee Brillaux. Excellent, "Lonely road" est victime d’une attaque punk énergique. L'harmo est totalement déchaîné! La rage au ventre, Nico éructe ses vocaux sur "Bound to love", une plage garage cinq étoiles, au cours de laquelle Dominguez s'envole enfin sur ses cordes. L'instant d'après, il récupère sa musique à bouche pour nous délivrer un nouveau brûlot, "Pay no mind". Un nouveau cri de rage plus tard, il se met à martyriser son harmo pour exécuter "That girl", une plage très agressive. Les guitares sont inépuisables tout au long de "You wanna rock", une solide tranche de rock'n'roll. Des riffs bien alignés préludent une intervention vocale bien punk sur "Not a sound". Inlassablement, The Trap  relance la machine à rythme. L'harmo de César et la voix puissante et offensive de Nico balisent "All the things". A cet instant, Cennamo me rappelle quelque part le chanteur du groupe australien Count Bishop, un ensemble remarquable qui a sévi à la fin des seventies. "Crazy" tourne au même régime. La basse ronflante de Yannis galvanise "Got the means", une piste aux guitares totalement débridées. Cesar a retrouvé son souffle pour attaquer "Lose my mind". On imagine alors un Status Quo qui aurait subi une cure de rajeunissement ou sous l’emprise de quelconques produits énergétiques. "Rock'n'roll" is not dead. Et le combo helvète le démontre. Le long playing s’achève par "Save your love", un titre au cours duquel la formation s’est autorisée un petit coup de Diddley Beat. Excellent !

 

Mad Caddies

Dirty Rice

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Après 7 années passées sur les routes et les scènes musicales du monde entier, Mad Caddies a pris son temps avant de publier son "Dirty Rice". Groupe phare de la scène ska punk depuis la sortie de "Duck and Cover", en 1998, après 400 000 albums vendus en 19 années de carrière, Mad Caddies a décidé de mûrir comme le bon vin et de vieillir avec ses fans. Plus loin du punk, plus près du ska. On a troqué les bouteilles de whisky pour les biberons et les hamburgers pour la cuisine de bobonne. Ainsi "Dirty Rice" est servi comme un plat qui garde ses composants de départ, à savoir le côté jazzy de la Nouvelle-Orléans, mais en y intégrant toute une palette de saveurs qui viennent parfumer l'ensemble. Les cuivres et pianos, plus lents, plus swing, font la part belle au ragtime, au dixieland, au reggae, le tout relevé à la sauce cajun. D'où le titre de l'elpee, puisqu'il tire celui-ci d'un plat traditionnel de Louisiane comprenant... une douzaine d'ingrédients. Indigeste ? Non, du tout ! Tout se déguste à la petite cuillère et reste cohérent. Evidemment, ceux qui espèrent retrouver des tempos rapides à la « Riot », « Monkeys » ou encore « Drinking For 11 » risquent de rester un peu sur leur faim. Mad Caddies a décidé d'entrer dans l'âge de la maturité. N'ayant plus rien à prouver, il se libère et vit pleinement toutes ses influences. En 12 mélodies plus riches les unes que les autres, "Dirty Rice" communique sa bonne humeur. Cette évolution dans le registre ne doit pas nous faire oublier ce que Mad Caddies est réellement : un formidable Big Band, une machine de scène qui exprime pleinement toute sa palette en live. Ce ne sont pas les festivaliers de Dour qui diront le contraire.

 

Dave Hurricane Hoerl

Un-Twisted

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Chanteur/harmoniciste/compositeur, Dave Hoerl est né à San Francisco. Il a beaucoup appris de Rick Estrin, le leader des Nightcats. Il réside au Canada, du côté de Vancouver, depuis 1986. Et en 2012, il a acquis la double nationalité, canadienne et américaine. Lorsqu’il débarque dans son pays d’adoption, il devient très proche du pianiste Kenny ‘Blues Boss’ Wayne. Dave fonde les Twisters en 1994. La formation a gravé depuis 4 long playings ; et si elle et toujours en activité, seul Hoerl y milite comme membre originel. Une aventure qui lui a permis depuis de cumuler les nominations aux Awards du blues, décernés par la Toronto Blues Society. Hoerl développe également d’autres projets. En duo ou trio, au sein de Hurricane and the Hooligans.

Ce nouvel opus solo a été enregistré dans le studio Blue Wave, à Vancouver. Il est co-produit par Kevin Burke et Dave. Hoerl a écrit ou co-écrit 9 des 11 plages. Lors des sessions, il a reçu le concours de la crème des musiciens locaux. Et notamment Double D (Dave Dykhuizen) aux guitares, Charles Hart (l'un des Twisters) à la basse, Roger Brant à la batterie, Dave ‘Cob’ Webb aux claviers et Johnny Ferreira aux saxophones.

"Soul mate", titre qui ouvre les hostilités, est sans doute celui qui lorgne le plus vers le Chicago blues. L’ambiance est cool. Dave Webb assure derrière son piano. Parcimonieux aux cordes, James ‘Budd’ Rogers (invité pour la circonstance) est tout aussi efficace sur ses cordes. Mais les interventions de Hoerl à l’harmo sont à la fois personnelles et bouleversantes. Ce n’est pas un musicien extraverti qui en remet constamment trois couches. Il privilégie la sobriété tout en livrant son âme, à l’instar du très swing "Pure & simple blues", une plage au cours de laquelle il est soutenu par Double D à la slide. "I'd rather be blind, crippled and crazy" est issu de la plume de Charles Hodges et O.V Wright (avec la bénédiction du label Hi). Un soul blues indolent, qu’il chante discrètement. Webb tapisse l’expression sonore de ses interventions à l’orgue Hammond. Double D tire son épingle du jeu en mode jazz. "Snake charm" est une plage élégante, dansante et subtilement manouche. La six cordes de Brandon Isaak (le Twister) libère énormément de swing. Ferreira vient apporter son concours au saxophone ; et finalement David se sent comme un poisson dans l’eau au cœur de ce style qui incontestablement aurait plu à notre Toots Thielemans. "Fight of the century" est une piste lente, mais subtilement funky, une plage au cours de laquelle Webb tire son épingle du jeu à l’orgue Hammond. Empreint de délicatesse, "Don't think it can't happen to you" est un autre titre de toute bonne facture imprimé sur un tempo jazzyfiant. Un morceau qui baigne au sein d’un climat fragile entretenu par l'orgue et l'harmo du leader ! Chip Hart amorce "Grand old game" (NDR : une chanson dont le lyrics traitent du baseball), une compo dont le Diddley beat est imprimé par les percus de Hart aussitôt relayées par l'harmonica. "She took back my heart" trempe dans le soul funk. Roots song entraînante, "Long highway" repose sur une jolie ligne mélodique. "A little off the top" adopte un profil r&b emprunté aux 50’s. Câline, la voix s’inscrit parfaitement dans ce climat fin de soirée. Les accents jazz sont entretenus par la contrebasse, le piano et le sax ténor de Ferreira. "I left my heart in San Francisco" est un morceau autrefois popularisé par Tony Bennett. La version proposée est instrumentale. L’ombre de Toots Thielemans plane à nouveau. Hoerl et manifestement un musicien talentueux, mais en même temps créatif. Ce qui ne gâte rien !

 

Girls Say No

Emmetropia (Ep)

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A l’origine, la formation avait choisi pour patronyme The Miss Universes. En 2013, elle a été forcée de le changer et a opté pour celui de Girls Say No. En fait, il avait été contesté par le milliardaire américain Donald Trump, fondateur du concours international de beauté 'Miss Univers', en 1996, pour lequel il avait enregistré la marque…

Pour concocter cet Ep, le quintet liégeois a reçu le concours d’Anthony Sinatra à la production. Anthony est également le chanteur du groupe Piano Club et membre du collectif JauneOrange. L'Ep a été mis en boîte au sein des studios La Chapelle et mixé au Studio 5.

Le line up réunit Yannick Albert (synthé, chant), Laurent Richter (basse/chant), Arnaud Muller (drums), Benjamin Hermann (guitare) et Ludovic Wannez (synthé). Avant de graver ce disque, le band avait publié « Triangular Love », en mars 2014, un single destiné à faire la promo de l’Ep. Il avait été bien accueilli par le public et les médias. La pochette d’« Emmetropia » a été réalisée par l’artiste/peintre japonais Korehico Hino, dont les sujets s’inspirent le plus souvent de personnages jeunes et androgynes.

Je suis donc allé regarder sur YouTube, la vidéo de « Triangular Love ». Une compo particulièrement contagieuse, aux vocaux bien maîtrisés, et dont les nappes de synthétiseurs épousent une configuration contemporaine. Bref, on ressent très fort la patte d’Anthony tout au long de ce morceau de pop sucrée, même si les éclats de guitare surf nous replongent à l’époque des Beach Boys. « Spanish Fury » s’inscrit davantage dans l’esprit des Cars, un combo qui m’avait énormément marqué à la fin des 70’s et au tout début des 80’s. Outre l’évocation de leur synthé pop, le chant me rappelle celui de Ric Ocasek. Vu la présence d’une guitare qui arrondit les angles, « Little Talk » ne trempe pas dans l’électro pure. D’ailleurs les synthés ne sont ni agressifs et encore moins envahissants, et privilégient le sens mélodique. « Meteorr » est une invitation à investir le dancefloor. La musique de Girls Say No est une invitation au voyage. Depuis les rives de la Volga jusqu’aux plages brésiliennes de Paraiso. Et « Tundra » en est un parfait exemple.

Pour un premier essai, Girls Say No a tapé dans le mille. Faut dire cependant, que le concours d’Anthony y est sans doute pour quelque chose. Un Ep particulièrement soigné qui s’inscrit dans l’esprit de qualité du collectif JauneOrange. A suivre de très près !