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Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Le projet secret «Hante.» annonce un EP très prometteur

«Hante.» est un projet solo féminin plutôt mystérieux. Sur Soundcloud, la seule description disponible est «Haunted Wave from Paris». Jusqu'à maintenant, Hante a publié deux titres très prometteurs sur Internet: «Damages» et «Beyond The Waves». C'est de l'excellente Synth-Pop, dark et minimale, un peu dans le style de Phosphor, Linea Aspera, Minuit Machine, etc. Contrairement à ce que le nom du groupe aurait pu évoquer, la musique ne recèle pas d'accents 'witch-house' ou 'witch-wave'.

La première fois que j'ai écouté les deux titres, j'ai pensé à un groupe existant bien précis. J'ai contacté l'artiste via Facebook et il s'est avéré que j'avais deviné juste, vu qu'elle joue également dans ce groupe. J'ai demandé de plus amples informations et voici la réponse qu'elle m'a donnée: «Je suis de Paris et je travaille sur un premier EP qui sortira sur le label français Stellar Kinematics. J'ai été et je suis dans différents projets orientés dark wave / coldwave mais je n'ai pas révélé qui je suis pour l'instant parce que je veux vraiment savoir ce que les gens pensent de ma musique. Tout ce que je peux dire, c'est que je tombe très rarement amoureuse de groupes ou d'artistes, mais quand ça arrive, je suis assez obsessionnelle. Pour citer quelques noms: Xeno & Oaklander, Linea Aspera, The Frozen Autumn, CHVRCHES, M83, Depeche Mode, The Human League, Tears for Fears et bien d'autres ... Mes trois derniers coups de foudre sont "Love, French, Better" par Gold Zebra, "Losing Touch" par Empathy Test et "Deliverance" par h ø r d. Je ne me lasse pas de ces chansons! ».

On attend avec impatience ce mystérieux EP! Il devrait être publié à l'automne et comportera 4 titres.

Pour écouter Hante.:
- sur Soundcloud: ici
- sur Bandcamp: ici

Profil Facebook: ici .

Zola Jesus lève un coin du voile sur "Taiga"

Écrit par

Un an à peine après avoir sorti « Versions », qui signait une altération de perspectives dans sa discographie, Nika Roza Danilova, alias Zola Jesus, dévoile les titres de son successeur.

« Taiga », qui sortira en octobre et sera suivi d’une tournée (de passage le 14 novembre au Botanique) et dont le mix final a été confié à Dean Hurley (David Lynch, Danger Mouse, Sparklehorse) est annoncé par son auteur comme son album le plus accessible à ce jour.

 

 En regard de ce personnage singulier, gageons que son interprétation n’en sera nullement affectée.

 Tracklist 

 Taiga

Dangerous Day

Dust

Hunger

Go (Blank Sea)

Ego

Lawless

Nail

Long Way Down

Hollow

It’s Not over

 



Shonen Knife

Overdrive

Écrit par

Vingtième album en 33 ans de carrière pour les sympathiques Japonaises, dont le sommet en terme de carrière demeure à ce jour l’indéfectible admiration de Kurt Cobain, de son vivant, pour ce trio issu d’Osaka.

« Overdrive » explore aujourd’hui le Hard (?) Rock des seventies, en version lollipop.

Montagnes russes entre son gras et mélodies vocales sucrées.

L’inventaire recense dix guitares, deux basses, trois amplis et une pléiade d’effets divers.

Manifestement, le son rappelle celui des elpees de Thin Lizzy, Black Sabbath et Deep Purple, circa 70, mais le contraste avec le contenu bubble-gum est pour le moins troublant.

Les titres en sont l’illustration : « Dance To The Rock », « Shopping », « Like A Cat », Green Tea », rien qui n’inspire ici une poussée éhontée de testostérone.

Scandés de façon puérile, les lyrics (qui, vous l’aurez deviné, ne sont pas le point fort du combo) sont à prendre au second degré ; ce qui fait passer le projet pour un pastiche.

Pourtant, cet opus semble avoir été pensé comme un hommage à cette période dorée du Rock.

Le résultat reste distrayant et permet quelques dérapages de l’imagination cocasses (j’ai eu cette vision de Lemmy arborant des couettes et sirotant un jus d’ananas auprès d’Ozzy en bikini à pois), mais c’est loin d’être transcendant.

Au final, celles qu’on qualifie de Ramones d’Osaka résistent courageusement au temps, mais leur Pop acidulée sur fond de riffs de guitares gonflés d’overdrive reste une recette, certes fraîche, mais relativement insignifiante.

 

School Is Cool

Nature Fear

Écrit par

Quatre ans déjà que School is Cool a remporté le Humo Rock Rally et qu’il a publié son premier opus, « Entropology ». Depuis, la formation a accordé de nombreux concerts, et notamment au sein des prestigieux festivals belges. Ce qui a permis aux Anversois de se forger une certaine notoriété. Leur deuxième album était donc forcément attendu au tournant.

Autant l’avouer de suite, « Nature Fear » confirme tout le bien qu’on pensait de la formation flandrienne. Il est jouissif et accrocheur du début à la fin. En outre, leur indie-rock prend différentes colorations en fonction des morceaux. Ainsi, si le début de parcours est surtout marqué par les synthés des 80’s (« Wide-eyed & Wild eyed », « Envelop Me »), l’opus nous réserve une chanson pop rock classique baignant dans la mélancolie (« Golden Grey ») avant d’enchaîner par du punk à la fois énergique et exotique (« The Boothing Sound of Breaking Bones »). Tout un programme donc… Chaque musicien joue parfaitement son rôle. Tribales, les percus font bon ménage avec les cordes et les cuivres, alors que les harmonies vocales se superposent en couches. Toute une structure destinée à créer une musique à la fois dense et entraînante. Un régal pour les oreilles !

« Nature Fear » constitue certainement un des albums les plus intéressants réalisé par un groupe ou un artiste noir/jaune/rouge. El le sextuor se produira au Pukkelpop ce 16 août…

 

Persian Rabbit

Persian Rabbit

Écrit par

Persian Rabbit est né de la réunion entre plusieurs groupes issus de la scène rock alternative lilloise, dont Tang, Ed Wood Jr, Two Left Ears ou encore Green Vaughan. Drivée par Djavanshir, cette formation pratique un post rock singulier, caractérisé par le recours à un harmonium, instrumentation d’origine indienne rappelant l’accordéon. 

Malgré le contexte oriental (le patronyme, l’harmonium) cette élite lilloise marche plutôt sur les traces de Silver Mt Zion voire de Caspian (mais sous valium et en plus minimaliste). Empreint d’une grande sérénité, leur post-rock n’explose que rarement ; ce qui n’est pas nécessairement pour me déplaire. Pourtant le collectif n’hésite pas à se réserver l’une ou l’autre envolée, à l’instar de « Sell the Light ». En outre, une compo comme « Ginger » baigne au sein d’un climat maritime, particulièrement paisible. Seule la voix du chanteur éprouve davantage de difficultés à faire la différence ; même s’il faut avouer qu’elle parvient à insuffler de l’émotion au huit plages de cet elpee.

 

 

Lee Palmer

60 clicks

Écrit par

Lee Palmer est canadien. Originaire du Brunswick, il vit à Toronto depuis 1980. Aujourd’hui âgé de 60 balais, cet adepte de la roots music avait publié un album solo en janvier 2013. Il explore la musique de ses racines, où se mêlent folk, et surtout blues ainsi que country. Il chante d’un baryton chaleureux, en s’accompagnant à la sèche. "60 clicks" a été enregistré live dans le studio torontois de Rogue, des sessions au cours desquelles Lee a reçu le concours d'excellents musiciens locaux, dont Alec Fraser préposé à la basse, mais également responsable de la production.

Palmer signe les 11 plages. Parmi elles, figurent quelques blues de très bonne facture, à l’instar de la plage d’ouverture, "Do what I does", qu’on pourrait qualifier de particulièrement harmonieuse. La section rythmique est impeccable. Fraser et Al Cross se chargent des percussions. Rony Platt à l’harmo, Elmer Ferrer à la sèche et Burke Caroll à la slide excellent chacun sur leur instrument. La rythmique adoptée par "Waiting on my love to come" rappelle Howlin' Wolf, même si l’approche est plus soignée. Roly Platt (NDR : il a été plusieurs fois nominé aux Maples Blues Awards, distinctions réservées à la scène blues canadienne) brille sur son harmonica. Il est talonné par le bottleneck de Carroll. Un effet et des musicos qu’on retrouve sur "Fighting the blues" ; Wendell Ferguson (à la guitare 66 Tele cameo) renforçant pour le circonstance le line up. Le reste du long playing baigne essentiellement dans la country. Tout d’abord la ballade "Parents child". Puis "Sometimes", une plage caractérisée par les interventions tout en délicatesse des solistes. "Things are too good to be blues", ensuite ; mais dans l’esprit du western swing. Et du swing, cette piste n’en manque pas, l’harmo et la pedal steel entretenant ce climat. "Changed man" nous transporte au Sud de l’Espagne. A cause de ces accords de guitare dispensés par Elmer Ferrer. "Wrong not to write" nous ramène du côté de Dallas. Une compo au cours de laquelle l’harmo et la pedal steel de Burke Carroll sonnent comme à l’authentique. Le titre maître est une jolie cover de Bill Smith, disparu il y a quelques mois. Caractérisé par ses accents country/blues, "Together we roll" nous plonge dans le bluegrass. C’est également la piste finale. Platt y émerge à la manière de Sonny Terry.

 

The Nighthawks

444

Écrit par

Dans l’univers du blues, The Nighthawks est certainement l'une des plus anciennes formations qui fréquente encore le circuit des bars et des clubs. Du blues que le combo mêle au R&B, doo wop et rockabilly. La figure de proue est Mark Werner, membre fondateur qui drive le combo depuis 1972. Un chanteur/harmoniciste dont les bras sont intégralement tatoués. Sa réputation, le groupe de Washington DC l’a bâtie sur le duo Mark Werner/ Jimmy Thackery. Guitariste, ce dernier embrassera une carrière solo dès 1986. Par la suite, toute une série de gratteurs vont défiler : Jimmy Hall, Jimmy Nalls, Danny Morris, Pete Kanaras, … Depuis plus de dix ans, ce rôle est assuré par Paul Bell. Le line up est complété par le bassiste Johnny Castle et depuis 2010 du drummer Mark Stutso. Les quatre musicos participent aux vocaux !

Après 40 années d’existence, on se doute bien que la discographie du band est imposante. Leurs deux derniers opus remontent à 2010 et 2012. "Last train to Bluesville" est paru chez Rip Bang, et "Damn good time", sur Severn. Ce dernier essai est paru sur le label Ellersoul, un label très actif qui avait publié l’an dernier un superbe long playing de 4 Jacks, formation impliquant le gratteur texan Anson Funderburgh.

"Walk that walk" ouvre la plaque. Soutenu par les chœurs doo-wop de ses trois acolytes, Mark chante ce rockabilly. Wenner prouve qu'il n'a rien perdu de sa verve à l'harmonica, poussant ses notes dans leurs derniers retranchements. Imprimé sur un mid tempo, "Livin' the blues" est un blues buriné par la voix nasillarde et relativement usée du leader. Son message passe pourtant en puissance. Il souffle dans son harmo comme si ses jours étaient comptés! Il est vrai qu'il a été opéré à cœur ouvert en 2012. Débordant d’énergie, "444 A.M." nous replonge dans le rockabilly. Paul Bell joue en pickin' alors que Mark a déjà rechargé son instrument de poche! Une voix soul, chargée de passion (NDR : probablement celle de Mark Stutso), interprète "You're gone", un blues classique. Wenner a récupéré le micro pour attaquer l’excellent "Honky Tonk queen", une plage captivante qui évolue dans un registre honky tonk/country rock. Elle est même le théâtre d'une nouvelle sortie des solistes. Ludique, "Got a lot of lovin'" opère un retour au rock'n'roll. Les vocaux sont partagés tout au long du blues/soul "Crawfish". "High snakes" constitue la première accalmie de l’elpee ; une tendre et douce ballade fort bien ficelée, au cours de laquelle Paul Bell brille sur les cordes. "The price of love" est incontestablement une des meilleures plages du long playing, un R&B très participatif caractérisé par les interventions vigoureuses à l’harmo alors que Bell est passé à la guitare slide. Et "No secrets" adopte la même formule ! Stutso chante "Nothin' but the blues", un blues unplugged. Empreint de pudeur et de douceur, il est enrichi par la présence d’une slide aux interventions de toute beauté. La reprise du "Louisiana blues" de Muddy Waters préserve l’authenticité de la version originale. De bonne facture, cet elpee s’achève par "Roadside cross", une ballade folk roots qui met en exergue la mandoline du Japonais Akira Otsuka.

 

David Michael Miller

Poison sipped

Écrit par

Originaire de Buffalo, David Michael Miller est très tôt contaminé par la soul et le blues. En 1995, il monte Painted by Moses, un groupe qui pratique surtout le gospel. Inspiré par son voisin de Buffalo, Tommy Z, il fonde alors Beautiful Bones en compagnie de son fils et son neveu. Au répertoire : blues et soul ! On le retrouve plus récemment, lorsqu’il assure le rôle de chanteur au sein de Dive House Union. Une aventure ponctuée par l’enregistrement de deux opus live. L'an dernier, il rencontre le producteur local, Jesse Miller. Ce qui va lui permettre de concocter son premier long playing solo. En fait, David souhaite prioritairement être reconnu comme compositeur. Il signe d’ailleurs l’intégralité des pistes de ce disque. Il assure également le chant et la guitare. Il est soutenu par une section rythmique réunissant le drummer Carlton Campbell et le bassiste Daric Bennett. David est très proche des Campbell Brothers, un ensemble de gospel blues qui a forgé sa notoriété dans un style baptisé ‘sacred steel’. Au sein du line up, figurent trois frères aux cordes et un des fils du trio, à la batterie. En l’occurrence Carlton, qui a apporté son concours lors des sessions d’enregistrement. Deux des frangins, Darick et Chuck y ont également participé. Enfin Jesse Miller, préposé à la mise en forme, se charge de la plupart des parties de claviers.

"Hand me downs" ouvre la plaque. Un véritable brûlot. Ou si vous préférez une claque très électrique, caractérisée par ses changements de rythmes ; même si au galop, c’est surtout le tempo du boogie qui est adopté. La lap steel de Darick Campbell est percutante. Une plage très travaillée, fort bien produite. "Edge of the end of the world" change radicalement de style. Le morceau baigne au sein d’une ambiance exotique chaleureuse. Les interventions vocales sont excellentes. L'orgue de Jim Ehinger et le saxophone de Barry Arbogast tirent parfaitement leur épingle du jeu. Les interventions de Chuck Campbell sont particulièrement émouvantes, tout au long de "Memphis Belle", une superbe plage lente, que chante David, d’une voix bien mise en relief. Soul/blues d’une grande pureté, "Hope finds a way" est impeccablement structuré. Une charpente qui permet au chant limpide de se détacher de son environnement, avant que guitare, piano et cuivres ne prennent à leur tour, un billet de sortie. "Moonshine" poursuit dans le même esprit, nonobstant la présence de la trompette de Stephen McLean Jr. Miller soutient à nouveau Patrick Campbell, lorsque se dernier récupère la pedal steel, pour attaquer "Spent", un R&B bien saignant. Il la cède ensuite à Darick, pour aborder "Carolina bound", une bien jolie ballade. Autre ballade, "Careless" est une piste indolente, émouvante, soulignée par l'accordéon de Ron Davis. Superbe ! "Oncce" est sculpté dans de l’excellent r&b funkysant. Plage atmosphérique, "Movin' on" se distingue par sa remarquable intervention d’orgue que se réserve le producteur, Jesse Miller…

 

Little Mike

All the right moves

Écrit par

Little Mike Markowitz est un harmoniciste de blues qui jouit d’une belle notoriété. Un chanteur/compositeur/producteur originaire de New York. Il s’est depuis établi en Floride. Il a entamé sa carrière fin des 70’s. Il est donc sur les routes depuis un bon bout de temps. Très inspiré par le blues de Chicago, il a notamment accompagné Pinetop Perkins, Hubert Sumlin et Jimmy Rogers, des artistes devenus eux-mêmes célèbres après avoir côtoyé Muddy Waters et Howlin' Wolf… En 2013, le label El Rob avait publié un elpee intitulé "Forgive me", une œuvre réunissant des enregistrement datant déjà de 2001.

Little Mike est de retour, à Jacksonville, en Floride. Pour enfin y concocter un nouvel opus. Lors des sessions il a reçu le concours des Tornadoes originels : le guitariste Tony O. Melio, le bassiste Brad Vickers et le drummer Robert Piazza. Le line up est enrichi du pianiste, Jim McKaba au piano. Les treize compositions sont inédites.

"Hard hard way" ouvre la plaque. Une piste qui baigne manifestement dans une atmosphère Chicago blues. Le tempo est nerveux. Tous les instrumentistes sont bien en place. De manière à mettre en exergue les soliste. Dont l'excellent Melio aux cordes, aussitôt relayé par son leader, qui n'a rien perdu de ses qualités de souffleur. "So many problems" embraie sur un mode funky, dansant. Mike articule parfaitement ses mots. Le tempo et les interventions à l’harmo rappellent Slim Harpo. Tout comme sur "All the time" ! Blues lent, "Since my mother been ill" véhicule un maximum d'émotion. Mike communique sa douleur avec beaucoup de réalisme. Pour la circonstance, c'est le piano de McKaba qui domine le sujet, nous rappelant des légendes telles qu’Otis Spann et Pinetop Perkins. Il est relayé par Melio, dont le feeling à fleur de peau, évoque Hubert Sumlin. Melio est à nouveau au sommet de son art sur "Drunk last night", un blues imprimé sur un tempo élevé. "Sam's stomp" est un instrumental au cours duquel Little Mike injecte toute sa fougue à l’harmo. Et ses interventions sont particulièrement efficaces. Chaque soliste a droit à son ticket de sortie. Le titre maître est absolument superbe. Un blues nerveux entraînant, puissant, au cours duquel Mike Mike impressionne par son aisance à pousser ses facultés de souffleur, dans ses derniers retranchements ! "Blues is killing me" embraie sur ce même tempo soutenu. Melio s’y révèle très en verve. "Wonder why" adopte un rythme plus contemporain, celui du Chicago Westside. Mike est passé sur son instrument chromatique pour le splendide "Stuck out on this highway", un blues lent qui rend un vibrant hommage au légendaire George Harmonica Smith. D’excellente facture, le long playing s’achève par "Close to my baby", un blues excitant, au cours duquel l’harmoniciste nous emmène une dernière fois vers les sommets, sur un tempo emprunté à Jimmy Reed!

 

Hooded Fang

Gravez

Écrit par

La plaque commence de manière on ne peut plus fortuite par une intro instrumentale branlante mais qui déjà devrait mettre en avant certains indices en même temps que l’eau à la bouche.

Quelques instants plus tard, quatre mesures d’une basse aux épaules bien carrées se chargent de dégager la piste autour d’elle. Quatre mesures, un temps, et « Graves » s’installe comme un hymne surf garage reléguant The Drums dans un cabanon au fin fond d’une plage déserte.

Le chant rappelle à premier abord Ian Brown (surtout le timbre) ; mais tout au long de l’album, on imagine surtout un croisement entre les cordes vocales de Ian Svenonius (The Make-Up, Nation Of Ulysses, Chain And The Gang) et de Julian Casablancas des Strokes (NDR : en sévère panne d’inspiration depuis longtemps).

En y ajoutant une gratte facétieuse qui titille le chorus de façon ludique, une basse toujours bien présente, telle un pilier soutenant l’ensemble en équilibre subtil tout autour d’elle, et une production maison qui surclasse aisément celle de Steve Albini, au hasard (mais vraiment au hasard, hein !), on obtient la recette d’un élixir de jeunesse que je recommanderais volontiers à tous.

L’album s’achève trop tôt, avec en ‘outroduction’ les mêmes mélopées étranges qui lançaient cet album vers lequel on a qu’une envie, à savoir y revenir immédiatement.

Torontois, ces quatre jeunes gens (une fille, trois garçons) viennent, en gravant ce deuxième album, de signer le hold-up parfait.

Imparable comme les premiers Pavement, jouissif comme toute la discographie de Ty Segall et lumineux comme un orgasme commun à tous les noms cités dans cette rubrique.

« Gravez », le sex toy de l’année !

Le 7 septembre au Charlatan à Gand.

 

Steve Hill

Solo recordings – Volume 2

Écrit par

Steve Hill est un chanteur/guitariste. Un Montréalais dont le style oscille entre blues et rock. Entre 2002 et 2011, c’est d’ailleurs surtout dans l’univers du rock qu’il va évoluer. Avant cette période, il pratiquait uniquement le blues. Parmi les faits marquants de sa carrière on épinglera ainsi sa participation aux sessions d’enregistrement de "Roots and blues", un elpee de Nanette Workman. Compatriote, cette chanteuse est particulièrement populaire au pays du sirop d'érable. C’est en 2012 qu’il revient au blues, en publiant "Solo recordings - Volume 1", un disque salué par la critique ; ce qui lui vaudra quelques awards du blues dans son pays!

Steve Hill propose ici le deuxième volume de ses enregistrements opérés en solo. Il se réserve tous les instruments : guitares (Gibson), basse, batterie, percussions et harmonica. En outre, il chante et s’est chargé de la mise en forme ainsi que du mixing. Enfin, hormis 3 pistes, il signe toutes les autres compos.

"Still got it bad" ouvre la plaque. Un blues rock lent aux accents dramatiques. Les riffs puissants sont largement amplifiés. La voix colle bien au style. Elle est talonnée par la guitare qui ne laisse guère d'espace libre. "Slim chance" élève le tempo. Steve aligne les riffs rythmiques toujours aussi denses ; mais il s’autorise quelques petits envols en solitaire, le doigt armé d'un bottleneck. "Tough luck" baigne dans une certaine quiétude. D’une voix plus grave, Hill chante ce folk/blues en s’accompagnant à la sèche quand il ne souffle pas dans son harmo. Sa guitare slide introduit "The collector", une plage au cours de laquelle il sculpte des motifs rythmiques implacables et intenses. Manifestement, le Canadien est comme un poisson dans l’eau sur cet instrument. "Never is such a long time" constitue certainement le meilleur titre du long playing, un blues lent, sombre, marqué au fer rouge par les sonorités grasses et épaisses de sa Gibson Les Paul. La première reprise est consacrée au "Hate to see you go" de Little Walter. Une version alerte que Steve a adaptée à sa guitare. Une excellente cover au cours de laquelle Steve libère judicieusement ses cordes. Ballade indolente, "Better" véhicule des accents southern rock, mais également métalliques puisés dans le Delta, une piste mélodique caractérisé par le recours à un bottleneck. "Simple things" est un titre issu de la plume de Ray Bonneville, un guitariste/compositeur canadien qui a beaucoup bourlingué à travers les Etats-Unis. Steve et Ray avaient enregistré en duo cette chanson acoustique et l’avait réservée au premier opus de Hill, paru en 1997. Un traitement de choc a été administré au "I want you to love me" de Muddy Waters. Ce blues baigne au sein d’un climat écrasant, malgré ses changements de tempo et ce zeste d’harmonica. Chargé d’intensité, "Go on" trahit la face rockin' blues de l'artiste. "Long road" clôt l’elpee, une plage folk atmosphérique…

 

Crown Estate

Lazers + Battlesbridge

Écrit par

Deux amis de longue date, pas inconnus par ici, éloignés par deux continents distincts, aidés de deux ordinateurs et d’une liaison internet.

Il n’en fallait pas plus pour donner naissance à Crown Estate, projet bicéphale, bipolaire, bifurqué et surtout vachement bi(en) foutu.

Si la distance se compte en miles entre Hong Kong, Oakland et Londres, le talent de cette paire, elle, se compte en bits.

Auteurs d’un premier single irrésistible au sortir de 2013 (« Battlesbridge »), le tandem remet le couvert à l’entame de l’été, en publiant un « Lazers », toujours aussi inspiré et des plus excitants.

Oublions donc totalement leur passé respectif au sein de Rosa Mota, formation phare de l’underground nineties à laquelle ma propre histoire est trop intimement liée pour nous focaliser sur la quintessence de ces deux titres.

Car s’il est difficile de juger sur la longueur un projet disposant à ce jour d’une unique carte de visite recto/verso, il s’avère, à l’écoute de celle-ci, que leur potentiel est énorme.

Commençons donc par « Battlesbridge » et son introduction graduelle, lancée par une boîte à rythmes délicieusement vintage, sous une pluie digitale.

Lentement, Sacha Galvagna tisse une toile délicate sur laquelle la voix de Julie Rumsey, enrobée d’un voile de distorsion, vient secouer les fils de soie.

Cette Electro sensuelle, bientôt greffée d’un groove lancinant monte en puissance tout au long de ces trois minutes trente-cinq et laisse en suspens nos désirs naissants.

« Lazers », quant à lui, est un titre jouant avec des sonorités enfantines et affiche un aspect Pop plus prononcé.

La voix, la mélodie, toutes deux plus candides, se promènent sur un tempo plus élevé, se perchent au sommet d’un rythme espiègle pour mieux en dégringoler en grappes lumineuses comme une cascade de faisceaux lasers au milieu d’une nuit étoilée.

Plus direct que dans ces aventures parallèles (Charles Atlas, Carta, et autres projets personnels dont la sombre magnificence de The Last King Of England, entre autres), Sacha Galvagna appose ici son style et l’affine pour épouser parfaitement l’univers de sa compagne de jeu.

Mariant de fort belle façon rythmique faussement évidente et accroche mélodique entêtante, comme une ritournelle obsédante, le duo apparaît d’étroite connivence, malgré le temps et la distance qui les séparent.

Reste à éviter le danger d’un processus de travail lent et minutieux et à donner suite au plus vite à ces deux titres au regard desquels, on peut déjà miser beaucoup d’espoir en ces deux têtes couronnées.

« Battlesbridge », « Lazers » ainsi que deux autres titres (dont l’intrigant « Skin ») sont en écoute sur le soundcloud du groupe. Et c'est ici

 

Dave Alvin & Phil Alvin

Common ground

Écrit par

Les frères Dave et Phil Alvin jouissent d’une belle notoriété dans l’univers du blues et du rockabilly. Les deux chanteurs/guitaristes californiens étaient déjà passés à la postérité lors de leur aventure originelle vécue chez les Blasters, à partir de 1979, un groupe qui a marqué l’histoire de la musique rock pour son style punk/roots. Après la disparition du band, les deux musicos ont entrepris une carrière individuelle, en parallèle. Et pour la première fois depuis trente ans, ils ont décidé d'enregistrer en duo. Intitulé "Common ground", l’album est sous-titré ‘Dave Alvin & Phil Alvin play and sing the songs of Big Bill Broonzy’.

Broonzy est un bluesman dont la carrière a commencé fin des années 20. Emigré à Chicago, il passe à la guitare électrique dès le début des années 40. Il met en boîte plus de 200 titres entre 1927 à 1942. Il est également un des tous premiers bluesmen à se produire en Europe. Il est décédé en 1958. On lui doit de nombreux classiques du blues. Merci aux frères Alvin de nous le rappeler…

Gene Taylor, un authentique Blaster, siège derrière le piano. La fratrie Alvin a puisé aussi bien dans le répertoire acoustique qu'électrique de Broonzy, ce qui rend cet opus bien diversifié. Dave et Phil jouent de la guitare, ce dernier également de l'harmonica.

"All by myself" commence très fort. Les deux frangins se succèdent aux vocaux, armés de leur sèche. "Feel so good" est certainement l'un des titres les plus connus de Broonzy". Cette version est électrique. Toujours aussi à l'aise lorsque le tempo est rapide, Gene Taylor est préposé aux ivoires. Vu l’attaque percutante et convaincante, caractérisée le plus souvent sur une succession d'accords frénétiques, c’est certainement Dave qui assure l'envol sur la guitare. "How you want it done?" a été gravé à l'origine en 1932. Une piste très rapide. Evoluant sur le rythme du chemin de fer, propulsé par le batteur. Le raid des grattes acoustiques est très tranchant. Direction "Southern flood blues", un morceau largement amplifié, imprimé sur le tempo frénétique du boogie. Dave se consacre à la six cordes, Phil –très inspiré par ailleurs– à l’harmonica. Un des premiers titres enregistrés par Broonzy remonte à 1927. Il s’agit de "Big Bill blues". L'atmosphère originelle est très bien restituée. Gene se concentre sur le piano. Particulièrement décontracté, Dave se charge de la guitare électrique. "Key to the highway" constitue la chanson la plus célèbre du vieux bluesman. Elle est adaptée en format acoustique. La voix y est puissante et le rythme, soutenu. "Tomorrow" date de 1951. C’est donc un titre plus récent. Il est traité en mode western swing. Balisée par le piano, la guitare déborde d’allégresse et se met à jumper vers les sommets. "Just a dream" est encore une compo notoire. L’osmose entre les musicos est parfaite. Un vrai bonheur ! Dans son style californien, Dave est imparable sur son manche. Pensez un peu à Hollywood Fats ou Junior Watson. Et il en remet une couche sur le boogie "You've changed. Dave et Phil conjuguent impeccablement leurs voix sur le remuant "Stuff they call money", une plage au cours de laquelle Taylor se montre très actif sur les touches d'ivoire. "Trucking little woman" baigne à nouveau dans une atmosphère californienne. Le jump et particulièrement animé. Le solo de Dave est décoiffant. De toute bonne facture, ce tribute s’achève par l’instrumental particulièrement roots, "Saturday night rub"…

 

Acquaintances

Acquaintances

Écrit par

La justification d'une conviction dépend simplement d'un fait établi.

Démembrant allégrement cette théorie étirée en complexes réflexions mathématico-humanistes chères au philosophe Bertrand Russel à qui le groupe doit son nom, Acquaintances taillade, désosse, piétine et démantèle tout sur la longueur de ce premier essai.

Somme de noms au travers desquels on redécouvre avec plaisir l’Amérique sous un angle érodé par le bruit et la déconstruction méthodiste du rock, le groupe réunit des membres de Ted Leo And The Pharmacists, Don Caballero ou encore The Poison Arrows.

Dans l’exacte lignée d’Atombombpocketknife, l’une des multiples formations au sein de laquelle a évolué Justin Sinkovich, dont on retrouve la patte et la voix sur la plupart des titres, Acquaintances ne se résume pourtant pas à un passe-temps pour musiciens débordant d’énergie.

Véritable vivier incendiaire, le long playing, qui s’inscrit dans une veine Garage des plus venimeuses, regorge de titres efficaces, directs, et habilement déstructurés.

Sombre mais pas noir, le venin s’écoule comme un flot de lave entre les tympans et génère un enthousiasme digne d’une boisson énergétique.

Guys, very pleased to make your Acquaintances !

Jarekus Singleton

Refuse to lose

Écrit par

A peine âgé de 29 ans, Jarekus Singleton est un jeune bluesman originaire de Clinton, dans le Mississippi. Il s’est cependant établi à Tampa, en Floride. Il a une peau noire au teint clair. Vu sa jeunesse, il a une vision contemporaine du blues, insufflant à ses compos une énergie rock, des vibrations r&b et même des élans hip hop! Jarkus avoue une passion pour les King (BB, Albert et Freddie), Stevie Ray Vaughan et en même temps pour le rap. Il a l’ambition de créer le blues du XXIème siècle. Au cours des derniers mois, il s’est produit dans le cadre d’une multitude de festivals ; ce qui lui a permis d’être repéré par Bruce Iglauer, le patron d’Alligator, label sur lequel il a signé.

Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au studio PM Music, à Memphis. Il y a reçu le concours de son backing band, soit l’organiste James Salone, le bassiste Ben Sterling, et le drummer John ‘Junior’ Blackmon.

Dès "Refuse to lose", on se rend compte que le blues de Jarekus sera différent. La construction instrumentale est plutôt complexe. L’interaction entre la guitare et l'orgue est constante. Aux six cordes, Singleton impressionne. Il est capable de libérer un tourbillon de notes rock de sa gratte ou de la faire sonner carrément blues. Soutenu par la section rythmique, "Purposely" se distingue par son funk novateur. L'orgue confirme son rôle de catalyseur naturel pour les cordes du leader. Elaborée, la structure autorise un envol chargé de passion. Excellent ! Pur r&b, "Gonna let go" est une invitation à investir la piste de danse. La voix délicatement soul de Singleton caresse "Crime scene", un blues lent contagieux traversé par un solo de guitare beau à pleurer. Et on n’est pas au bout de nos (bonnes) surprises. "Keep pushin" emprunte davantage au rock qu'au blues pur et dur. Sous la conduite de la guitare, les  changements de rythme sont judicieux. L’orgue de Salone communique à nouveau ses impulsions chaleureuses à l’ensemble. Une rampe idéale pour le décollage des cordes suivant, tout en adressant un petit clin d'œil aux échanges entre Carlos Santana et Greg Rolie, opérés dans un passé assez lointain. La barre est placée très haute et n’est pas prête de retomber. "Suspicion" bénéficie d’une délicate touche jazz. "Hell" est un blues lent accrocheur souligné par la voix harmonieuse de l’artiste. "Here" vire au funk naturel. "High minded" campe un blues très classique. "Blame game" se révèle plus singulier ; à cause une nouvelle fois de sa structure mélodique alambiquée. Pour la circonstance, Jarkus est épaulé par Brandon Santini, un jeune prodige à l’harmo et le pianiste Robert ‘Nighthawk’ Tooms. "Come with me" achève l’elpee. Un R&B rocker imprimé sur un tempo nerveux, fruit de la parfaite osmose entre les cordes et l'orgue de Salone. Un excellent album !

 

Dour Festival 2014 : dimanche 20 juillet

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Il paraît que c’est déjà le dernier jour… Dans ce microcosme dourois, on oublie les jours, les heures, les conventions et surtout que toutes les bonnes choses ont une fin. On part gonflés à bloc pour profiter, comme il se doit, de ces dernières heures passées au paradis.

Petit moment exotique en compagnie de Naâman. Jeune Français fan de la Jamaïque et de ses traditions musicales, il s’est imposé sur la scène reggae. Autant dire que son physique autant que son background sont atypiques ; mais aussi qu’ils poussent à l’admiration. Sa voix est absolument incroyable. La Dance Hall est sous le charme. Une version rallongée de « Skanking Shoes » conclut le seul concert de reggae auquel je me serai rendue.

On se dépêche d’assister au début de set de Casseurs Flowters, nouveau groupe d’OrelSan et Gringe. Je dois bien avouer que m’y rends par curiosité, très peu attirée par ce genre musical. Pour une fois, nous voyons la Last Arena clairsemée. Nous aurions dû nous douter que le public cible du Dour Festival n’a que peu d’intérêt pour un groupe de rap français, apprécié par beaucoup d’ados. Orelsan et Gringe montent sur les planches, accompagnés de deux DJ’s. Force est de constater qu’ils font le show. Leurs paroles sont tantôt totalement futiles, tantôt très réfléchies, mais souvent ridicules… On ne peut nier leur énergie débordante mais ce n’est pas assez pour rester toute l’heure…

Allons jeter un œil à la Cannibal Stage et à Punish Yourself. Comme d’habitude, c’est démentiel. Entre peinture phosphorescente et grand n’importe quoi sur scène. Il est parfois difficile de se concentrer sur leur musique tant on accorde de l’importance à leur comportement. Performance scénique ou concert ?

A 23 heures direction la RedBull Elektropedia pour Len Faki. On se faufile à l’intérieur de la tente où comme d’habitude la chaleur et l’humidité règnent en maître. C’est encore une star de la techno que nous propose le line-up de Dour. Rasé, en débardeur, il arrive aux platines et commence son set. Une heure trente de techno qui passera extrêmement vite. Sans le son on ne croirait pas écouter de la minimale tant les gens dansent. Temps écoulé pour Len Faki, deux minutes de break permettent aux fans de techno de sortir pour laisser la place aux fans d’électro. Nous annonçons Brodinski ! Ce n’est vraiment pas mal mais nous nous attendions à mieux. Ses enregistrements sont un peu plus puissants et originaux que son live, au final assez classique.

C’est pourquoi nous décidons lettre le cap sur Last Arena pour y assister à la prestation de  Boys Noize. C’est le dernier artiste à se produire en plein air, sur la scène principale, cette année. Pour sa troisième participation à Dour, il nous offre un live mémorable. Ce DJ reconnu mondialement n’a plus rien à prouver. On pourrait critiquer son manque de renouvellement ; mais sa recette habituelle est un véritable succès. Le public est en délire, tout le monde sans exception danse au rythme de son électro épurée et presque mécanique. Encore un excellent moment qui se hisse sans surprise dans mon ‘top 5’ de cette édition.

Il est deux heures du matin. En ce moment, totalement ébahis par Boys Noize, qui remercie chaleureusement son public, nous pensons juste être déçus de tout ce que nous entendrons après lui. C’était sans compter sur un drôle d’oiseau…

2h30. Les lumières s’éteignent. Le Dance Hall est plongé dans l’obscurité. Mr. Oizo n’est plus à présenter. C’est en sa compagnie que nous allons clôturer le festival cette année (bien que forts tentés par Boris Brejcha, deux scènes plus loin). Il nous ferait presque oublier le très bon Boys Noize. Encore une fois, les fans d’électro sont conquis par ce DJ totalement détaché de la situation, pas du tout concerné par son live. Il se contente de balancer ses tracks sans montrer aucune émotion. Il finira même par faire son sac avant même d’éteindre ses platines, partant ainsi ‘sans dire au revoir’. Néanmoins, c’est une des meilleures prestations que nous avons pu voir sur les quatre jours. « Positif » (Vous êtes des animaux !), son tube, met le public dans un état de transe. Avant un remix du « Riverside » de Sidney Samson, il nous passe même du Gesaffelstein (NDR : le top 1 de l’édition Dour 2013). Que demander de plus ? Peut être une heure supplémentaire… Car la ‘journée’ s’achève une heure plus tôt en ce dimanche, à quatre heures du mat’ au lieu de cinq.

Cette heure trente passée en compagnie de l’Oizo nous a laissé sur notre faim. Il est de ces concerts dont on n’ose pas regarder sa montre de peur qu’il prenne fin. Il est de ces endroits dont on ne compte pas les jours car on aimerait y passer l’éternité. L’ambiance qui règne sur la plaine en ce dimanche soir est incroyable. Certains escaladent les installations pour y décrocher des panneaux, d’autres improvisent des concerts sur les poubelles… Tout nous pousse à continuer la fête au son des enceintes des bars et ce jusqu’au petit matin. Nous sommes accompagnés de centaines de campeurs déjà nostalgiques et que rien ni personne ne fatiguera. Consolez-vous mélomanes car l’organisation nous a annoncé aujourd’hui que l’édition 2015 s’étalera sur cinq jours. Au revoir et merci Dour, à l’année prochaine.

(Organisation Dour Festival)

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The Last King Of England est un expatrié

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Autoproclamé dernier roi d’Angleterre dans un premier temps, mais probablement renommé The Last King Of Rome en dernière minute (en hommage à son papa décédé récemment), , l’ex Rosa Mota Sacha Galvagna, actif au sein de Carta et Charles Atlas sort à l’automne son premier album solo (si on excepte quelques magistrales cartes postales sépia distribuées sous le manteau à l’aube des années deux mille).

 Amours chagrines et recherche constante d’un endroit nommé ‘home’ (après avoir quitté Londres, Sacha s’est retrouvé pèle mêle à Hong Kong, San Francisco et à présent à Oakland) sont les thèmes abordés dans ce long play qui sortira le 09 septembre prochain sur Saint Marie Records.

Orné de mélancolie, la couronne de ce grand seigneur devrait encore nous garantir quelques frissons de bonheur.

 L’album est d’ores et déjà en commande ici (agrémenté de deux titres en écoute)


Dour Festival 2014 : samedi 19 juillet

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Le ciel se couvre sur la plaine de la Machine à Feu. C’est parti pour une troisième journée de festival, dont le line-up est un peu moins alléchant que pour les trois autres jours. De plus, la fatigue commence à se faire sentir. Mais ni la programmation, ni le manque de sommeil ne vont nous arrêter !

Mettons nous en forme en commençant notre tour d’horizon par Stand High Patrol. Ils se produiront de 14 à 22 heures au Dub Corner. Les sonorités dub chaudes, ensoleillées et relaxantes de ces artistes bretons ne peuvent que nous mettre de bonne humeur…

On s’empresse de rejoindre la Last Arena en début de soirée pour y voir une des têtes d’affiche du festival, j’ai nommé Cypress Hill. C’est une première pour moi, bien qu’il soit régulièrement programmé dans divers festivals européens. Il est 19 heures et la Last Arena est entièrement remplie. Le public s’est déplacé en masse pour ce crew au style si particulier. Dès le début c’est une véritable fête, la set list mise sur ses tubes pour mettre l’ambiance. « Insane in the brain », « Roll it up light it up smoke it up », « I want to get high», « Dr. Greenthumb », « Hits from the bong», « How I could just kill a man » et j’en passe. On regrette qu’une formation comptant 25 ans de carrière se repose autant sur ses acquis. C’est néanmoins un excellent concert que l’on n’est pas déçu d’avoir attendu. Quelques minutes d’improvisation, de percussions et de scratches nous rappellent à quel point les musicos sont capables de mélanger les styles à la perfection. Chaque titre est une bonne occasion pour eux de vanter les mérites de la marijuana et défendre sa légalisation. ‘Who wants to get high tonight with Cypress Hill ?!’ font de leur live une véritable ode à la ganja !

Un bref passage par la Dance Hall pour y (re)voir Shantel & Bucovnia Club Orkestar. Comme d’habitude, ils réalisent leur show à l’aide d’une musique tout droit importée des Balkans.

Le temps nous est compté et on le partage entre Shantel et Jagwar Ma. Sous ce patronyme félin se cache un trio australien formé en 2011. Après avoir transité par Glastonbury, il y a quelques semaines, il débarque à Dour. Leur musique novatrice évolue quelque part entre rock, pop et l’électro. Le fameux Noel Gallagher a avoué qu’il était trop occupé à parler d’eux pour reformer Oasis. En ce samedi, le combo nous livre une performance brillante. Le mix bien dosé des styles crée une playlist dansante qui devrait plaire à un large public. Un groupe qui promet d’aller loin…

Le ciel se remplit de nuages… Certains prient Zeus de les épargner pendant que d’autres n’attendent que la pluie. C’est finalement vers 22h que les premières gouttes tombent sur le festival. Elle ne cessera pas de la soirée. Dour retrouve son visage boueux et glissant. On aura tout vu pour cette vingt-sixième édition ! Autant Theo Parrish que The Hives me déçoivent… Espérons que la soirée nous livre de bonnes surprises.

Le DJ set de Machinedrum est intéressant car totalement fou. Subtil mélange de sonorités hip-hop, jungle, techno… Accompagné d’un visuel des plus délirants. C’est surprenant, mais on s’en lasse vite. 

Direction la RedBull Elektropedia Balzaal pour le très célèbre Doctor P ! A la frontière entre la dubstep et la drum’n’bass, on passe très vite de l’un à l’autre. La folie s’empare de la foule lorsqu’il passe son remix de « Tetris ». Beaucoup prétendent que la dubstep se meurt, mais nous remarquons que les fans ne désemplissent pas à Dour. Je n’en suis pas une grande adepte et pars pour d’autres découvertes…

La pluie a vite fait fuir les festivaliers qui se retrouvent peu nombreux sur le site. A partir d’aujourd’hui, on en distingue deux sous-groupes : ceux qui ont prévu des bottes en caoutchouc et ceux qui n’en ont pas. C’est un peu comme la loi de la jungle. Heureusement, j’en suis équipée, et partout vous me suivrez.

‘Pas terrible, cette journée’, me dis-je après Doctor P. C’était sans compter sur le live de Rone. Il sera la véritable claque musicale de la journée. Le genre de concert qui vous fait oublier tout ce que vous avez pu voir auparavant. Ce Français vivant à Berlin ne se produit qu’en live et c’est tant mieux. Depuis quelques années, il est soutenu par la presse musicale et les DJ électro les plus influents. Une expérience inoubliable, de la minimale pure et mélodieuse agrémentée d’enregistrements vocaux… Avis aux fans du genre, Rone est un monstre !

(Organisation Dour Festival)

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Johnny Winter

Johnny Winter s’est éteint en été…

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Véritable icône du blues et du rock, Johnny Winter vient de nous quitter. Il est décédé ce 16 juillet. Il avait fêté ses 70 ans, en février dernier. Albinos, ce Texan avait entamé sa carrière à la fin des 50s, en compagnie de son jeune frère Edgar. Il faudra attendre la fin 60s pour qu'il recueille un début de reconnaissance, et en particulier lors le la sortie de son premier elpee, "The progressive blues experiment", en 1968. L’année suivante, il est signé chez Columbia et grave un opus éponyme. C’est également en 1969 que Johnny se produit sur la scène du festival de Woodstock!

A cette époque, Winter voulait créer sa propre musique, en s’inspirant à la fois du blues et du southern rock, mais sous une forme plus puissante. Son troisième elpee, "Johnny Winter And", enregistré en compagnie du talentueux gratteur Rick Derringer, va lui permettre d’atteindre la consécration.  

Il décide alors de donner un nouvel élan, fin des 70’s, à la carrière du mythique bluesman, Muddy Waters, en produisant quatre albums du géant de Chicago. En 1984, il signe chez Alligator ; ce qui va permettre au label blues de publier une trilogie d'exception. En l’occurrence, "Guitar slinger", "Serious business" et "Third degree". Il rejoint un peu plus tard l’écurie Pointblank.

Winter rencontre ensuite de sérieux problèmes de santé : ce qui va l’éloigner de la scène pendant quelques années.  

Lorsqu’il revient dans le circuit, on se rend compte qu’il a perdu certaines de ses aptitudes. Mais il compense ces carences par une passion, demeurée intacte.

La sortie d’un nouvel album intitulé "Step back" était prévue pour ce 2 septembre. Johnny souhaitait en revenir au blues de ses origines, et avait reçu, notamment, lors des sessions d’enregistrement, le concours d’Eric Clapton, de Billy Gibbons, Leslie West, Joe Perry, Joe Bonamassa, Brian Setzer, Ben Harper ainsi que Dr John.

Johnny s’est éteint au beau milieu d’une tournée européenne ? Deux jours plus tôt, il avait encore participé au festival de Cahors, soit le 14 juillet. Il s'y était déjà produit en 2011. Il est décédé inopinément dans sa chambre d'hôtel, à Zurich.

L’histoire se souviendra de cette authentique légende du blues et du rock. Un guitariste ingénieux, dont les interventions gémissantes à la slide étaient particulièrement expressives, collant merveilleusement à sa voix à la fois sauvage et déchirante…

 

 

Francofolies de Spa 2014 : vendredi 18 juillet

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Une belle journée s’annonce, ce vendredi à Spa. Il y a du soleil et c'est la fête à la musique pendant 5 jours. Déjà 20 ans que l'organisation est sur pied ; et depuis, elle a acquis une fameuse expérience. Mais la chanson française a toujours le dernier mot. Ce qui n’empêche pas une programmation particulièrement éclectique. Qui oscille de la pop au hip hop, en passant par l’électro. Une scène particulière lui est même réservée. De quoi contenter un large public. Je débarque une heure avant le premier concert programmé au 'Village FrancoFou'. Direction l'Hôtel Radisson Blu Palace, le centre névralgique de l'organisation pour retirer mon sésame. Une petite reconnaissance et cap sur ce 'Village FrancoFou' où se produit le premier groupe de la journée : les R'Tardataires.

Les R'Tardataires ont la tâche ingrate d’ouvrir les hostilités sur un des 3 podium du Village : la ' Ice Watch'. Les 2 MC's : Ced (Cédric Chiappe) et Max (Maxime Lacroix) sont prêts à mener la danse. Vous faire vibrer et vous chauffer les zygomatiques. Ils sont épaulés par le bassiste Benoît Lesage, le claviériste Andréa Monticciolo, le drummer Aurélien Weynant, le guitariste Sébastien Hogge et enfin du préposé aux ‘scratches’, DJ Nsk. Le collectif a déjà remporté quelques prix prestigieux. Lauréat du Franc'Off 2013 et finaliste de la Biennale de la Chanson Française en 2013, il arpente depuis plus de trois ans, les planches de notre Royaume. Il vient de sortir un premier album intitulé « Mieux Vaut Tard Que Jamais », et est bien décidé à le défendre.

Les Liégeois sont de véritables showmen. Des entertainers ! Dès le premier titre, le courant passe instantanément entre l’auditoire et le band. Il l’incite à participer activement au spectacle. Les compos sont sculptées dans un hip hop déjanté ou plus exactement du rap teinté de ska, reggae, ragga voire de rythmes latino. La setlist nous réserve une adaptation de la « Pêche Aux Moules » totalement déroutante. Ced et Max se sont éclipsés quelques instants pour enfiler un gilet pare-balles, afin d’attaquer un « 22 Fais tourner » particulièrement consistant. La troupe tente de faire passer ses messages. Des messages ironiques, mais à prendre au second degré. Les lyrics parlent de la vie de tous les jours, mais également montent en épingle les dérapages de la justice et de la police…  

La reprise du « Kiss » de Prince est plutôt funkysante. « Belle Au Naturel » trempe dans le ska. « Le P'tit Dylan » nous plonge dans la musique manouche. « On Remet Les Pendules A l'Heure » est contaminé par le raggamuffin. Bref, le crew ratisse large. Pas étonnant qu’on rencontre dans l’auditoire, des spectateurs de tous les âges. La piste de danse est spacieuse, mais elle est déjà très bien garnie. Les R'Tardataires ont bien rempli leur rôle malgré le soleil de plomb et sont parvenus à faire monter l’ambiance d’un cran…

Pour Soan, c'est sa première Franco à Spa. Chanteur atypique de la scène rock hexagonale, il a été finaliste de la Nouvelle Star en 2009. Pour affronter la foule (NDR : et le soleil), il s’est coiffé d’un chapeau noir mou et a enfilé des ‘baggy trousers’. Il est épaulé par deux gratteurs, un bassiste et un batteur. Leur dernier elpee, « Sens Interdits », est paru en 2013. Je fais l'impasse. Je le revois au festival des Barges de Scène-Sur-Sambre, à Thuin, dans un mois.

Lors des Francos on fait toujours des découvertes. Mais celle qui va marquer le plus ce festival est canadienne, montréalaise plus précisément, et s’appelle M'Michèle. Elle s’y produit tous les jours. Cinq fois sur le podium 'Red Bull Elektropedia' et une fois sur celui du ‘Pierre Rapsat’. Aujourd’hui, elle a investi la RBE. Elle joue de la harpe et est épaulée par un bassiste à qui on a greffé des pattes de kangourou ainsi que d'un bidouilleur, dont les machines colorent l’ensemble de beats et de loops. Ils fonctionnent constamment dans l’impro ; et c’est tout à fait novateur. Son Ep « Magnolia » symbolise la vie, sa force, sa fragilité et sa beauté. Elle nous retranscrit ces thèmes avec autant de sensibilité que de passion à l’aide de sa harpe, dont elle triture les sonorités à l’aide d’une pédale de distorsion. Le titre maître est chanté sur disque, comme le signale l'artiste ; mais afin de permettre aux mélomanes de mieux saisir les subtilités de la compo, la version sera instrumentale. Le set est court : 45 minutes. Mais intense. A son issue, de nombreux spectateurs vont complimenter le trio. Ce qui est amplement mérité. Dès que M'Michèle est à l’affiche d’une de nos salles, je suis de la partie…

Direction 'Ice Watch' pour assister à la prestation des petits frères français des R'Tardataires : Bigflo et Oli. L’animateur les présente comme la nouvelle sensation de l'année. Il s’agit de deux frères, MC's, qui ont fréquenté le Conservatoire de Toulouse. L'un y a appris à jouer de la batterie et l'autre, la trompette. L'album « L'Ecole Du Micro D'Argent » d’IAM constitue une référence majeure pour le duo. Leur premier clip posté sur la toile a comptabilisé 180 000 vues sur YouTube, en moins de trois semaines. Et leur dernier, "Monsieur tout le monde", repris dans la setlist, en a totalisé 1 100 000 vues, en une seule. Ce sont également leurs premières Francos à Spa. Agés respectivement de 21 et 17 ans, les frangins apportent une certaine fraîcheur dans l’univers du rap français. Leur premier Ep, « Le Trac », est paru en avril dernier. Il est découpé en 5 pistes.

Un violoncelliste et un préposé aux machines montent les premiers sur l’estrade. Suivent ensuite la fratrie MC’s qui en débarquant harangue immédiatement la foule. Et les invite notamment à se rapprocher du podium. Il fait de plus en plus chaud. A l’instar des R'Tadartaires, ce sont d’excellent entertainers capables de communiquer leur bonne humeur. Et puis également des musiciens qui se servent de la basse et de la trompette pour personnaliser leur rap. Ironiques, les lyrics sont bourrés de jeux de mots. A mon humble avis, le tandem est promis à de grandes salles ; aussi, tant qu’il est accessible en petit comité, il ne faut pas manquer leur show…

Marie Warnant, c’est un peu mon coup de coeur. Il y a quelques mois, Marie était encore pour moi une parfaite inconnue. C'est un ami qui me l’a fait découvrir.

Marie rencontre le Gantois Mirko Banovic, le bassiste d'Arno et d'Arsenal. Il l’invite à enregistrer son nouvel elpee, « Nyxtape », dans son studio. Lors des sessions, elle reçoit le concours du batteur Pieter De Wilde (Raketkanon, Raveyards, Sioen) et du guitariste/ingénieur du son Frédéric Segers (Stadt, Sioen). Dans la mythologie grecque, ‘Nyx’ est la déesse de la nuit. Elle est reproduite sur la pochette, par un chat à trois yeux. ‘Tape’ se réfère aux cassettes audio qui servent, en quelque sorte de laboratoire à sons. Le résultat baigne au sein d’un climat manifestement plus anglo-saxon. Electro, également. Des spécificités qu’on ne rencontrait pas sur « Ritournelle ».

Et c’est cet album que Marie va nous proposer sur la scène ‘Proximus’, en compagnie de ses collaborateurs gantois. Non seulement, elle est talentueuse, mais elle sait ce qu’elle veut. « Melopee » ouvre le bal. Un premier extrait de « Nyxtape ». Belle entrée en matière. Elle embraie par « Le Souvenir Des Siens », « Exit », « Trip Atlantique », « Make Love », « Sous l'Epiderme », Point De Suture », « Les Eaux De Mars » et « Danse ». « Sous l'Epiderme » est une chanson d'amour qui interpelle. Douce et bien maîtrisée, la voix de Marie nous charme. Elle se sert tantôt de sa guitare, tantôt de ses machines pour y mixer les sonorités enregistrées sur les fameuses K7 audio. Mirko bosse pour Arsenal et on ressent sa vision électro dans les compos. Cette ouverture d’esprit rencontrée chez les artistes du Nord du Pays est une aubaine pour renouveler sa création artistique. « Les Eaux De Mars » nous parle du Brésil, une chanson qui avait d'ailleurs été reprise, en son temps, par Georges Moustaki. Marie y a gommé les effets latino pour les remplacer par ses expérimentations. On aura encore droit à « La Vie Est belle », une plage extraite du premier elpee, « De un à dix » et « Ca Finira A L'Eau », issus de « Ritournelle » ; sans oublier « Bruxelles », pour ne pas trop perturber les aficionados de la première heure, ainsi que « Foutue mémoire », en guise de finale.  

Pas de Saint André pour votre serviteur, Les R'Tardataires m'attendent à l'Hôtel Radisson Blu Palace pour une interview. Je me demande quand même ce qu'ils vont me raconter…

Entretien terminé, je me rends au 'Café de l'Europe' pour un set semi-acoustique de Bagdad Rodéo. J’avais découvert cette formation parisienne, ma fois fort sympathique, il y a deux mois, dans le cadre du festival 'La Vie En Rock', à Dour. En règle générale le band envoie du lourd, du rock bien carré et énergique. Sans jamais se prendre au sérieux. Il est assez cocasse de voir ces cinq musicos se partager un espace de deux mètres carrés. Le batteur est à l’arrière et doit se contenter d’une caisse claire et un tom basse. Le concert est déjà commencé, quand je débarque, mais je prends énormément de plaisir à les revoir. Je me répète, mais il fait tropical. Pas un seul souffle d’air frais. Sous cette chaleur étouffante, chanter donne soif. Et le vocaliste –barbu, par ailleurs– réclame quelques bonnes bières belges pour se désaltérer. Il s’agit de MSR De La Tourette, un personnage un peu fêlé. Il est épaulé par le guitariste Christobal Sanchez Del Rodéo, coiffé d'un chapeau de cow-boy, Romain aux percussions ainsi que Houston, pour la circonstance également à la gratte. Yayo a quitté le bateau récemment pour tenter une nouvelle aventure. Il est remplacé par un pt'it nouveau préposé à la six cordes acoustique. Le quintet ne manque pas d’interpréter « Quand Je Serais Mort ». Même acoustique, l’énergie libérée est phénoménale. Mais pas dévastatrice, comme sous leur format électrique. C'est la deuxième fois que nos cinq joyeux lurons se produisent en Belgique. Ils vont réitérer leur set unplugged pendant cinq jours aux Francos, mais chaque fois dans des endroits différents. « J'aime Pas Les Filles » passe à la moulinette. Christobal a empoigné un ukulélé pour abordé le countrysant « Dis Moi Papa », au cours duquel le refrain 'On suce des bi*es' est judicieusement remplacé par 'On Suce Des frites'. Il ne manque plus que la mayonnaise. Mais elle risque de fondre. « Mon Pote Jésus » achève leur show.

En attendant de réaliser la seconde interview en compagnie de Sold Out, qui clôture la programmation sur la 'Ice Swatch', j’en profite pour me restaurer et prendre un peu d'ombre. L’entretien terminé, retour vers la scène 'Proximus' pour assister à la prestation de vieux de la vieille de la scène belge, Machiavel. Il y a pas mal de monde pour voir et écouter ces dinosaures. Le groupe a pondu un douzième album, baptisé « Colours », l’an dernier. Et il le promotionne depuis sa sortie. Après avoir accordé un concert mémorable au Cirque Royal en décembre dernier, mais moins percutant qu’en 1978, il est de retour aux Francos. Ce dernier long playing n’est certainement pas leur meilleur. Dans ces conditions, je ne compte pas trop m’attarder. Et, malgré la distance qui me sépare du podium, je constate que Marc Ysaye n'est pas calé derrière les fûts. Pourtant, son remplaçant se débrouille plutôt bien. J’écoute « Feel the sun », un extrait d'« Eleven » ; et comme le clame Mario, c'est de rigueur. Il imite un oiseau qui flotte dans l'air. Mais quand il chante, j’ai l’impression que sa voix a perdu de sa puissance…

Troisième rencontre de la journée en compagnie de Marie Warnant. Une entrevue à bâtons rompus comme je les aime. Je souhaite rejoindre la scène 'Pierre Rapsat', où se produit Julien Doré. Mais vu la foule compacte, il est quasi impossible d’approcher l’estrade. Je tente quand même de me faufiler. Ce qui me permet d’entendre de très loin « Kiss Me Forever », une plage qui figure sur l'album « Bichon » et « Femme Like You ». Le confort d’écoute, mais surtout de situation devient de plus en plus précaire. Je fais donc demi-tour. Julien revient à l’AB. J’y serai. Et les conditions seront certainement nettement meilleures.

Je décide donc de retourner vers le podium 'Ice Watch', pour assister au concert de Grand Corps Malade. Pas de chance, le parcours est identique. C'est le problème du Village FrancoFou quand il y a trop de monde. Sous cet effet de serre, on se sent oppressé. Je tends l’oreille, et perçois leur musique de loin…

Il faut faire des choix. Les déplacements deviennent de plus en plus difficiles. Je préfère abandonner le combat, je reverrai cet artiste une autre fois. Au 'Village Acadien', il y a beaucoup moins de monde. On peut s'asseoir et respirer un peu. Je me pointe à la fin de la prestation de Marcie, une jeune auteur/compositeur/interprète canadienne. Elle est seule sur scène, et chante en s’accompagnant à la guitare. C'est la meilleure manière de découvrir un artiste, en acoustique. On y décèle les forces, les faiblesses, les émotions et surtout le talent. Elle a une jolie voix et manifestement s’inspire de Brel, Barbara et Gilles Vigneault.

Caroline Savoie a 19 ans et est Canadienne. Elle nous vient du fin fond du New Brunswick ; et c’est une collègue à Lisa Leblanc. On assiste à son soundcheck. Elle s’était illustrée dans le cadre du festival Interceltique de Lorient, en 2013. Une jeune prodige dont on entendra encore parler, c’est une certitude. Elle s’exprime en acadien. Et pas toujours facile de comprendre son dialecte. Mais une chose est sûre, il vous traverse l’âme, comme un rayon de soleil. 

Sur les planches, Caroline est épaulée par un guitariste, au style plutôt blues, un bassiste et un gars au cajón (NDR : petite caisse en bois rectangulaire amplifiée par un microphone). « Si Tu Savais », le titre maître de son opus, est à la fois dynamique et enchanteur. L’émotion nous étreint quand elle nous parle d’« Henri ». Caroline raconte qu'elle reçoit des lettres destinées à Henri qui a habité sa maison pendant 50 ans, avant son 'chez soi'. La voix est chaude et sensuelle. Il émane un tel charisme de Caroline qu’on la suivrait bien dans rue, avec ou sans sa guitare. On la guiderait volontiers pour retrouver sa route du « Chemin Perdu ». Caroline a participé à 'The Voice France' où elle a impressionné tout son monde. Logique ! Certains artistes vous marquent l’esprit, on ne sait pas trop pourquoi et c’est le plus souvent le fruit du hasard. J’ignorais même l’existence de cette Caroline, mais une intuition m’a poussé à aller voir son concert. Et je ne le regrette certainement pas.

Duo électro/rock, Soldout vient de publier son nouvel album. Et il s’intitule « Puppylove ». En fait, il s’agit de la musique d’un film réalisé par la Belge Delphine Lehericey. Y figure leur nouveau single, « It's A Sin », une brillante reprise de Pet Shop Boys que Charlotte Maison et David Baboulis se sont totalement réappropriés. 

Il y a du peuple devant l'Ice Swatch'. La réflexion est facile : c’est sold out. Le décor est dépouillé. Rien que les synthétiseurs et machines (boites à rythmes, séquenceurs) ; et en avant-plan une banderole sur laquelle est imprimé leur patronyme. Charlotte a chaussé des lunettes fumées. Sa voix passe bien la rampe. Dès le début du set elle se déhanche sur les beats électro et entraîne progressivement le public à danser. Le dancefloor est immense, mais peu enclin à de tels exercices. Même des sardines ne pourraient pas se libérer de leur boîte. Bien rôdée, la setlist nous réserve cependant de nouveaux morceaux, mais c’est la reprise de Pet Shop Boys qui fait un tabac. Charlotte jumpe sur le rythme de « To The Ocean ». Et l’ambiance monte encore d’un cran, lorsque le combo attaque le standard « I Don't Want To Have Sex With You ». Charlotte termine à genoux, au pied de ses machines… Un des meilleurs concerts de Soldout auquel j’ai pu assister depuis longtemps.

J’ai loupé Girls In Hawaii. Pas de souci, je revois la formation dans 10 jours, à Lokeren. Et puis je les avais déjà visionnés dans le cadre du dernier 'Couleur Café'. On me rapporte qu’il a décroché un disque d'or. Félicitations, c’est tout à fait mérité.

Un dernier crochet par l'Hôtel Radisson Blu Palace pour réaliser ma dernière interview, celle des Namurois de Fastlane Candies. Pendant leur entretien, quelqu’un passe près de nous et lâche 'Bonjour M'ssieurs, Dames!!!' C’était Mathieu Chedid. Sans sa perruque, ne l'avais pas reconnu. Une belle et longue journée vient de s’achever ; mais j'ai encore deux heures de trajet à me taper pour le retour. Rendez-vous en 2015 !

(Organisation Francofolies de Spa)

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Dour Festival 2014 : vendredi 18 juillet

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Le soleil tape encore plus fort qu'hier. On annonce déjà plusieurs catastrophes dues à la météo. Les festivaliers restent prudents et traquent le moindre coin d'ombre. Les pompiers arrosent abondamment la foule.

14h20, on commence en mode léger par Fakear. Une électro ethnique, qui nous invite à voyager entre l'Asie et l'Afrique. La salle aérée nous permet de profiter pleinement de cette musique apaisante, loin du soleil de la plaine.

Petit passage chez The Notwist. Leurs micros et instruments créent des sons uniques et originaux. Je ne m'attarde pas malgré les très bonnes critiques à leur sujet et leur énergie décidément contagieuse.

Direction la Redbull Elektropedia Balzaal pour N'to. La Balzaal est pleine à craquer, or c'est un vrai sauna. Difficile de profiter du set, dans ces conditions. Rentrons au camping pour se retaper.

Retour à la Balzaal pour le live de Kölsch. On commence par le regarder en retransmission sur le plancher placé à l'extérieur. Très vite pris de remords, nous décidons d'entrer dans la tente. Plus chaude encore qu'en après-midi, la température à l'intérieur dépasse largement les 40°. C'est une expérience proche de la transe que tout le monde est en train de vivre. Kölsch, pour son premier passage à Dour, nous offre un live incroyable. Les jeux de lumière suivent le rythme de la techno épurée qui jaillit des baffles. Ce cocktail explosif met la foule sens dessus dessous. Rien ne les arrêtera, pourtant tous dégoulinants, motivés par un DJ souriant et chaleureux. Une heure et demie de mix qui va totalement nous retourner. C'est définitivement un artiste à suivre!

Bakermat lui succède au même endroit. Vous comprendrez que j'aille suivre sa prestation dehors. Le rythme entêtant de la techno cède le relais à un style plus mélodieux. Le jeune Bakermat, décontracté, incite à se déhancher en écoutant un style deep house mais agrémenté d'accents jazzy. C'est une performance correcte, plaisante mais pas transcendante.

Il est temps de rejoindre péniblement la Last Arena, bravant la foule pour rejoindre ‘le’ concert attendu ce vendredi. Si Dour 2013 recevait Fritz Kalkbrenner, c'est Paul qui est prévu pour l'édition 2014. Le public est on ne peut plus impatient de passer une heure et demi en compagnie de la star de la techno berlinoise. Paul Kalkbrenner apparaît enfin derrière ses platines. La magie opère dès les premières secondes. Un immense écran lumineux fait défiler des formes minimalistes qui répondent à la musique. La qualité de ses productions nous laisse tous sans voix. Sa techno est froide, un peu folle, parfaitement rythmée. Cette impression de perfection rythmique ne nous quittera plus. Le site est bourré de monde. C'est un moment des plus intenses, un moment de communion. Lui, derrière sa table, dressée comme un véritable autel, sa musique nous entraîne dans un recueillement presque religieux. On s'attendait à voir la star, nous avons rencontré un artiste humble, discret mais réceptif. Le public en redemande. Il revient pour une dizaine de minutes. A quelques mètres de la scène, nous le remercions chaleureusement. C'est une véritable claque. Assurément le coup de cœur de la soirée. Le prince de la techno mérite amplement son titre!

Pressons-nous avant la fin du show de Noisia. De la techno minimale nous passons maintenant à une drum'n'bass énergique. Les amateurs du genre sont au rendez-vous, le chapiteau est rempli. Leur remix de Prodigy "Smack my bitch up" conclut sur le coup de 2h30 une soirée riche en émotions.

(Organisation Dour Festival)

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