La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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STONE

Plus jamais STONE…

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STONE vient de graver un single. Intitulé « Never again », ce morceau brut et honnête marque un retour à ses racines, enregistrant en direct pour capturer l'énergie agressive du groupe. Le chanteur et guitariste Fin Power explique que la chanson est une réaction à la perte de contrôle pour réussir à la radio ou devenir viral. Les paroles reflètent son parcours vers la sobriété et les défis rencontrés avec une grande maison de disques.

Inspiré par l'univers Cyberpunk 2077, Power a écrit « Never again » pour exprimer la résistance et la rébellion. Le groupe punk de Liverpool se concentre désormais sur la connexion réelle avec leur public, rejetant la viralité pour privilégier l'authenticité.

« Never again » est en écoute ici

 

 

Angus & Julia Stone

Cape Forestier

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Originaire de Newport, dans la banlieue de Sydney, en Australie, la fratrie Angus et Julia Stone est enfin de retour.

Ensemble, en tant que musiciens, producteurs et auteurs-compositeurs, ils forment les deux moitiés d'un groupe musical dont les paroles et les sons révèlent un amour pur et authentique pour la musique et un talent pour raconter de belles histoires. Des histoires qui les ont emmenés aux quatre coins du monde.

Sixième album d’Angus et Julia, « Cape Forestier » fait à nouveau vibrer la fibre sensible d’un auditeur averti et amoureux de superbes arrangements et des mélodies classieuses déjà rencontrées sur la plage d’entrée, « Losing You ».

La fratrie renoue avec ses racines folk et les thèmes abordés à ses débuts. On y retrouve ainsi les sonorités acoustiques aux lignes épurées aussi bien que les textes empreints de poésie et de légèreté qui ont fait le succès du duo. Le titre « Cape Forestier » se réfère à un chalutier appartenant à un ami et il est dédié à leurs parents et grands-parents, qui comme tous les marins et les pêcheurs, sont partis en pleine mer sans savoir ce qui les attendait. La nature et l’amour ont toujours été des thèmes récurrents dans les chansons du duo aussi. « Down To The Sea », « My Little Anchor » ou « No Boat No Aeroplane » mettent le cap sur l’océan immense et mystérieux.

Angus avait 16 ans quand il a écrit « No Boat No Aeroplane ». Paradoxalement, c’est probablement la chanson la plus réussie de l’opus. Une autre résurgence du passé. Tout au long du single « The Wedding Song », joué maintes fois en live (pour avoir assisté à de nombreuses repises aux concerts de la paire, votre serviteur confirme), les cuivres s’éclatent et poursuivent la voix enjôleuse de Julia.

Sorte de retour aux sources, « Cape Forestier » se distingue également par la qualité des arrangements qui subliment l’ensemble, signe d’une maturité acquise au fil des années dans leur carrière solo. Mais la magie n’opère que lorsqu’ils sont réunis. L’harmonie conjuguée par les deux voix sur « Losing You » est susceptible de faire fondre les cœurs, tel un glaçon au soleil. Il fallait l’oser : reprendre le classique de Bob Dylan « I Want You ». Angus y souffle dans son harmo ; et on tombe sous le charme. « The Wonder Of You », bien que très court, sert de conclusion. Parfaite, elle démontre, par un ensemble de cordes, la beauté de leur musique.

Prenez la mer sans hésitation avec pour seul ami ce « Cape Forestier » et débarquez sur une ile déserte. Un pur délice !

Birdstone

Les méandres de Birdstone…

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Formé en 2015 à Poitiers, Birdstone unit la puissance spirituelle du blues à la richesse du heavy-rock. Au croisement des thèmes mythologiques, de l'ésotérisme et des simples passions humaines, le trio narre les combats intérieurs de l'être humain, aussi bien que ses aspirations mystiques.

Basile, Edwige et Benjamin, originaires des Deux-Sèvres, puisent leur inspiration dans la ruralité, comme l’ont fait avant eux les bluesmen dans le Delta, à la fin du 19ème siècle.

Alliant mélancolie aride et riffs poisseux, la musique du trio oscille entre atmosphères éthérées, tensions dramatiques et climax impétueux. Le deuil, la solitude, le doute, la corruption mais aussi la rage et l'espoir sont autant d'impulsions et de guides dans l'imbrication des mélodies et des textes du trio, naviguant en permanence entre grandiloquence et intimité.

Son premier Ep, "The Cage", sorti en février 2017, a posé les fondations de l'univers du groupe : une forme de transe nimbée de mysticisme. Birdstone a décidé de mélanger la fougue du rock aux thématiques de la spiritualité et de la religion.

Son premier album, "Seer", sort en février 2019 et permet au groupe d'amorcer une ouverture à l'international. Le groupe apparaît à l'affiche de festivals d'envergure tels que le Hellfest, Terres du Son ou American Tours Festival, ainsi qu'en première partie de Yarol Poupaud, Triggerfinger ou encore King Khan & The Shrines. En 2022, au moment où ‘l'ancien monde’ s'écroulait, Birdstone a publié un nouveau chapitre : "Loss".

Le trio doré vient d’entrer dans un nouveau cycle dont le premier single “Hotline” est disponible depuis le 17 novembre et le deuxième extrait "Méandres", depuis le 1er mars 2024, est à voir et écouter

 

Elephant Stone

Pour Elephant Stone, l’histoire se répète…

Le groupe psychopop montréalais Elephant Stone vient de sortir son nouveau single "History Repeating", un nouvel extrait de son futur elpee, "Back Into The Dream ».

A propos de ce single Rishi Dhir déclare : ‘L'histoire a une tendance obsédante à se répéter. Cela va des cicatrices du colonialisme à la montée des régimes autoritaires. C'est comme si nous étions piégés dans une boucle, rejouant sans cesse les mêmes tragédies. La chanson "History Repeating" est ma façon d'affronter ces dures réalités, en particulier en ce qui concerne mon pays d'origine, le Canada, qui s'est construit sur les bases profondément troublantes d'un génocide visant les peuples indigènes. Cette chanson est un appel pressant à briser ce cycle. Tirons les leçons des chapitres les plus sombres de notre histoire pour créer un avenir plus juste et plein de compassion’.

Dhir, la force créatrice d'Elephant Stone, navigue avec expertise sur la scène psycho-pop depuis plus de 14 ans. La discographie du groupe, chargée de textes introspectifs et d'une musicalité transcendante évoquant la perte, la douleur et les crises existentielles, trouve un écho profond auprès des auditeurs du monde entier.

Prévu pour le 23 février 2024, son prochain album, "Back Into the Dream", est l'aboutissement ultime de son évolution musicale, offrant aux auditeurs un passage envoûtant à travers les mondes de l'introspection et de l'émerveillement.

La force motrice du groupe, Rishi Dhir, a une capacité innée à mettre son âme à nu à travers la musique, en sondant la profondeur de ses fragilités et de ses réflexions. ‘Je suis souvent pris dans la toile de rêves intenses et récurrents qui, je pense, reflètent ma quête permanente d'identité et de sentiment d'appartenance’, explique-t-elle.

La richesse du paysage sonore d'Elephant Stone est complétée par des piliers tels que Miles Dupire à la batterie, Jason Kent au clavier et à la guitare, ainsi que Robbie MacArthur à la guitare. Ensemble, ils veillent à ce que chaque chanson témoigne de l'évolution constante d'Elephant Stone et de leur engagement inébranlable à repousser les limites musicales.

La ‘lyric’ vidéo de "History Repeating" est disponible

 

 

 

 

Elephant Stone

Elephant Stone est perdu dans ses rêves

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Chargée de textes introspectifs la musique d’Elephant Stone aborde pour sujets principaux, la perte, le deuil et les crises existentielles.

La formation montréalaise vient de sortir un nouveau single, « Lost In A Dream », une compo qui mêle les grooves à la Tame Impala au sens mélodique envoûtants d’un Todd Rundgren.

À propos de ce titre, Rishi Dhir a déclaré : ‘La création de 'Lost In A Dream' a été un voyage passionnant pour nous, un voyage où la fascination pour les rêves et leurs liens mystérieux avec la réalité ont pris le devant de la scène. Bien qu'il y ait de subtiles allusions à des inspirations telles que « Open My Eyes » de The Nazz et « Killing Moon » d'Echo and the Bunnymen, cette chanson trace notre propre voie musicale. Nous avons tissé un paysage auditif qui, nous l'espérons, permettra aux auditeurs de plonger dans leurs pensées et leurs rêves. Il s'agit de se perdre dans la musique, dans l'histoire qu'elle raconte, et de trouver une résonance dans sa propre vie…’

Ce nouveau single fait suite à son elpee, « Dawn, Day, Dusk », paru le 2 mai 2023.

« Lost in a dream » est en écoute

Photo : Bowen Stead

 

Stoner Bud's

Stoner Bud's a les dents longues…

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Paru en 2021, l’Ep « Yeah-Yeah » de Stoner Bud's laissait présager avec enthousiasme que le groupe banlieusard de Bordeaux n’avait plus envie de se cantonner au garage punk, qui avait fait les beaux jours de la décennie précédente. S'il garde sa maîtrise des codes électriques posés par Jay Reatard et Ty Segall, le trio monte son ambition un cran au-dessus sur son premier LP, « Vampires », une collection de 10 chansons singulières, intimes et aventureuses.

Ne vous laissez pas duper par ces chansons qui montrent toujours un peu d’espoir et de sourires ou bien par la pochette et les clips dignes des films d’horreur de série Z. « Vampires » est un album qui réussit l’exploit de dévoiler une sensible part de spleen sans renier le fun et l’authenticité de son garage punk originel. 

Issu de cet opus, « Vampire » est disponible sous forme de clip,

 

 

MoonStone

MoonStone et l’envers du miroir…

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MoonStone est issu de la région du Centre (La Louvière). Il reconnaît pour inspiration majeure, des groupes comme Nothing But Thieves, Muse et Royal Blood. Ses lyrics sont interprétés en anglais.

Fondé en 2019, la formation s’est enrichie d’un nouveau membre. En remportant le concours l'Envol des Cités, elle a pu se produire aux Fêtes de Wallonie avec Ykons et Typh Barrow mais surtout a été programmés au Festival de Ronquières, cette année. Son premier elpee est paru le 7 septembre 2022. Il s’intitule « Mirror ».  

Son single, « Lay down » est disponible en clip ici et l’after movie du festival de Ronquières,

 

 

The Rolling Stones

Décès de Charlie Watts, drummer des Rolling Stones…

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Le batteur des Rolling Stones, Charlie Watts, s’est éteint, ce mardi 24 août, à Londres. Il était âgé de 80 ans.

‘C'est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de notre cher Charlie Watts’, a indiqué dans un communiqué son agent, précisant qu'il était décédé paisiblement dans un hôpital de Londres plus tôt dans la journée, entouré de sa famille.

Un porte-parole de l'artiste avait déjà communiqué début août qu'il ne participerait pas à la tournée américaine du groupe, prévue cet automne, pour des raisons de santé. ‘Charlie a subi une intervention couronnée de succès, mais ses médecins estiment qu'il a besoin de repos’, avait indiqué cet agent à l'époque, sans autre précision.

Charlie avait rejoint les Rolling Stones en 1963. A l’instar de Mick Jagger et Keith Richards, Il était un des membres les plus anciens de la formation, au sein de laquelle ont également milité, parmi les plus notoires et pour des périodes plus ou moins longues, feu Brian Jones, Mick Taylor ou encore Bill Wyman.

Atteint d’un cancer de la gorge, il avait été soigné en 2004, à l'hôpital Royal Marsden de Londres, un combat contre la maladie qui avait nécessité six semaines de radiothérapie intensive.

Au début du mois d’août, son porte-parole avait annoncé que Charlie Watts ne participerait pas à la prochaine tournée américaine des Rolling Stones, car il était encore en convalescence.

Charlie avait mené une vie bien moins perturbée que celle des autres membres du groupe. Pendant qu’ils se distinguaient par les divorces, les addictions, les arrestations et les altercations, Charlie Watts, le taciturne, passait une vie sereine aux côtés de Shirley Shepherd, sa femme depuis 50 ans, et leur fille, Seraphina, dans leur haras pour chevaux pur-sang, en Angleterre.

Il a cependant vécu également une période de dépendance à l'héroïne et à l'alcool, au cours des eighties. Désintoxiqué, il avait assuré avoir complètement décroché.

Né le 2 juin 1941 à Londres, Charlie Watts est passé par le jazz avant de plonger dans le rock. C'est son voisin Dave Green qui l'y a initié à 13 ans. 30 ans plus tard, ils ont même fondé le quartet The A, B, C & D of Boogie-Woogie.

Autodidacte en batterie, le musicien a appris à jouer à l'oreille, en observant les drummers se produire dans les clubs de jazz londoniens. Il avait d’ailleurs avoué : ‘Je n’ai jamais fréquenté une école pour apprendre à jouer du jazz. Ce n'est pas ce que j'aime. Ce que j'aime dans le jazz, c'est l'émotion…’

Tout au long de sa carrière, il a développé, en parallèle des Rolling Stones, des projets consacrés au jazz. Il a enregistré plusieurs disques au sein de Charlie Watts Quintet puis Charlie and the Tentet Watts, un collectif réunissant la bagatelle de dix musicos.

Considéré comme le douzième meilleur batteur de tous les temps par le magazine Rolling Stones, Charlie reconnaissait en toute honnêteté avoir eu plusieurs fois envie de tirer sa révérence.

Après chaque tournée, il déclarait qu’il rentrait définitivement chez lui. Puis au bout de deux semaines, il tournait en rond et sa femme lui conseillait de revenir sur sa décision, car il devenait invivable...

Suite à cette disparition, le futur des Rolling stones est devenu incertain. Mais dans le passé, malgré les épreuves, le tandem Jagger/Richards est toujours retombé sur ses pattes. Maintenant, il leur appartiendra de retrouver un drummer aussi sobre et efficace que Mr. Watts. Ce qui n’est pas gagné d’avance !

RIP

The Blue Stones

Rock’n’roll is back

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Il y a bien du monde pour accueillir The Blue Stones au Witloof bar du Botanique (NDR : toute proportion gardée, puisque la salle voûtée ne peut accueillir qu’un maximum de 200 personnes), ce dimanche 27 octobre 2019, un duo canadien, issu de l’Ontario, de Windsor très exactement. Tarek Jafar se charge du chant et de la guitare, Justin Tessler des drums et des backing vocaux. A son actif, quelques singles, deux Eps et un premier album baptisé « Black holes », paru l’an dernier. La presse spécialisée n’a pas hésité à comparer le tandem aux White Stripes et autres Black Keys. Autopsie.

Débarquant une dizaine de minutes après le début du set, on est assez étonné de l’ambiance qui règne dans la fosse. La foule s’enthousiasme, s’enflamme même régulièrement et reprend certaines des paroles en chœur. La prestation est aussi efficace qu’énergique. Tarek dispense des accords de gratte tour à tour grinçants, crus, acérés, furieux, croustillants, délicats ou rafraîchissants, en se servant habilement de ses pédales, quand il ne libère pas un groove aux tonalités épaisses. Il est en outre très interactif. Et sa voix est beaucoup plus profonde que sur disque, où elle privilégie le falsetto. Le drumming de Justin est aussi puissant qu’ample. Parfois, il nous réserve des interventions torrentueuses. Ponctuées de ‘oh, oh, oh’ ou de ‘da da daah’ contagieux, les compos les plus pop incitent l’auditoire à reprendre les onomatopées en chœur. Spasmodiques, elles adoptent un profil plus funk. Enfin, quand elles s’enfoncent dans le blues, c’est dans l’esprit du Fleetwood Mac de Peter Green. Bref, vu le climat du concert et la palette de genres explorés, on a parfois l’impression de vivre un concert né de la rencontre entre l’intime et l’intimidant. En fin de parcours, le public est survolté et applaudit même en cours de morceau, et tout particulièrement lorsque l’un des musiciens met en exergue son talent d’instrumentiste. A 8h50, The Blue Stones tire sa révérence. Le public a beau réclamer un rappel, la paire ne reviendra plus, un public multigénérationnel au sein duquel on a croisé de nombreux quadras, mais également des trentenaires et des jeunes filles qui doivent à peine compter vingt printemps. Et c’est une bonne nouvelle. Rock’n’roll is back !

(Organisation : Botanique)  

Cornerstone

What a beautiful evening !

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Aussi surprenant que cela puisse paraître, Cornerstone a accordé son premier concert dans le temple national du heavy metal ce 28 janvier. C’est que le Biebob de Vosselaar jouit d’une réputation européenne (NDR : au bas mot), et que les groupes branchés ne conçoivent pas une tournée des clubs sans débarquer les flight cases sur la minuscule scène du lieu mythique. Cornerstone aura donc attendu la sortie de son troisième album pour venir saluer un public constitué uniquement de connaisseurs et d’habitués. Formé d’un ex Rainbow (le chanteur Dougie White) et d’un ancien Royal Hunt (le guitariste Steen Mogensen), le combo a véritablement atomisé la salle, passant en revue les meilleurs titres de ses trois opus. Complices d’un chanteur qui ne manque pas d’humour, les musiciens ont délivré une prestation sidérante de virtuosité et d’enthousiasme. Les nostalgiques de Rainbow, dont le band s’est largement inspiré, en ont pris plein les oreilles. Parce que ce groupe sonne aussi bien que l’arc-en-ciel de Ritchie Blackmore à son apogée. Les titres s’enchaînent sans aucune baisse de régime, et le combo se fend d’une set-list absolument remarquable : « Welcome to Forever », « When the Hammer Falls », « End of the World » (NDR : issu du petit dernier « Once upon our Yesterdays »), mais aussi de véritables hymnes extraits du fabuleux « Human Stain ». Lors du hit “Midnight in Tokyo”, titre emblématique de Cornerstone, le groupe s’est attiré la complicité d’un public tout acquis à sa cause. Frissons dans le dos dès les premières mesures du sublime « Unchosen One » interprété avec un formidable feeling, et succès garanti pour la reprise de la plage titulaire du dernier album de Rainbow  (« Stranger in us all » avec Dougie White et déjà Candice Night !!). En rappel, ce joli monde nous a gratifiés d’un « Perfect Stranger » plus puissant que l’original. Un final en apothéose. What a beautiful evening !

 

 

Angus & Julia Stone

Snow

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Ca roule pour les Stone ! Non pas la bande à Jagger, mais la soeurette et le frangin originaires de Newport, un faubourg de Sydney.

Angus et Julia ont attiré l’attention du grand public, en 2010, grâce au titre devenu culte, « Big Jet Plane », issu de l’album « Down The Way »

Ce succès planétaire doré leur avait d’ailleurs valu une brouille que le producteur Rick Rubin était parvenu à dissiper, en les conviant à l’enregistrement d’un opus homonyme (plus groovy et électrique), en 2014.

Les critiques les plus négatives avanceront (sans doute à juste titre), qu’hormis cet exercice de style, les deux artistes se complaisent dans une zone de confort à laquelle il est difficile de les extirper depuis leur premier Ep, paru en 2006, « Chocolate & Cigarettes ».

« Snow », ne déroge pas à la règle ! Et pourtant, même si elles sont loin de transcender, les compositions enregistrées sans la moindre pression parviennent tout de même à dégager (de manière inégale certes) une certaine plénitude. On y ressent l’étendue des grands espaces. Un parfum de liberté sauvage parfaitement contrôlé.

Logique lorsque l’on sait que la réalisation de cet opus a été opérée au sein du studio d’Angus à Byron Bay où la fratrie, entourée de fidèles musiciens, a passé ses longues soirées à jammer et à construire la maquette de ce qui constitue la suite d’une lignée que l’on espère encore longue.

Sans utiliser l’artillerie et les artifices extravagants, les (redevenus) compères ont finalement fait jaillir des eaux profondes et froides, un disque doux et sirupeux porté entre rythmes pop léchés, chœurs envoûtants (« Snow »), rythmiques synthétiques et poésie douce/amère (NDR : « Baudelaire », inspiré d’‘Enivrez-vous’).

Fruit d’une collaboration à quatre mains, le timbre, tantôt faussement nonchalant, tantôt empruntant un dérivé de la technique du ‘prechgesang’ (« Make It Out Alive »), se marient à merveille et n’est pas sans rappeler la complicité vocale d’un ‘The xx’ (« Nothing Else »). 

Epurés à souhait et sans la moindre expérimentation superflue, les douze titres s’écoutent sans effort, enrichis de temps à autre par le son organique émanant d’un vieil orgue poussiéreux des années 60 chiné aux puces par Angus (« Cellar Door », directement inspiré du film Donnie Darko).

Bref, un disque qui risque d’envelopper les plus frileux dans un cocon sonore intemporel…

Angus & Julia Stone

De quoi faire fondre les cœurs, comme neige au soleil…

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Il y a déjà trois ans que votre serviteur n’avait plus assisté à un concert de la fratrie Stone. La dernière fois, c’était déjà à Lille, mais à l’Aéronef. Pour un spectacle à la fois électrique et lumineux. Ce mardi 17 octobre, Julia et Angus se produisent encore au sein de la métropole, mais au Zénith ! Une salle qui peut accueillir 7 000 personnes. Or, ce soir, elle ne recense qu’une bonne moitié de spectateurs. Pourtant, fort de son succès en progression constante, le duo est de plus en plus souvent programmé au sein de grands espaces. La semaine dernière, Forest National a fait salle comble. Allez comprendre…

Le supporting act va nous réserver une belle surprise. En l’occurrence le Londonien Isaac Gracie. Arborant une longue chevelure blonde, il affiche une belle gueule d’ange. De quoi faire frémir le public féminin. Il a enfilé un pantalon bariolé, digne de Johnny Clegg et un pull à damiers blanc et noir. Ce soir, il se sert d’une gratte tour à tour électrique ou acoustique, et est flanqué d’un drummer et d’un bassiste. Son doigté sur les cordes est impressionnant. Et que dire de sa voix ? Tout simplement bouleversante, divine même ! Un peu dans le registre de celle de Jeff Buckley. Bref, pas étonnant que juste après avoir publié son premier Ep, il ait signé sur le label britannique, EMI. Une chose est sûre, il a littéralement retourné le Zénith et surtout est parvenu à faire chavirer le cœur de ces dames… A suivre de très près !  

Angus et Julia Stone sont donc partis en tournée européenne, un périple baptisé ‘Snow European Tour 2017’, qui transite notamment par Bruxelles et Lille. Ils vont y défendre leur dernier opus, paru en septembre dernier. Un album particulier comme l’explique Angus : ‘C'était la première fois que nous avons commencé à écrire ensemble, dans la même pièce’. Ils ont passé 8 semaines dans le même studio, coupés du monde pour concocter ce « Snow », dont ils vont présenter de larges extraits…

Vêtue d’une minirobe de couleur noire et chaussée de souliers à hauts talons pailletés, Julia se plante à droite. Barbu, casquette en pied de poule de teinte brune vissée sur la tête, Angus a choisi le côté gauche. Le duo est soutenu par un drummer, monté sur une estrade assez haute, un claviériste, un bassiste et un gratteur qui se consacre aussi bien à la guitare qu’au banjo. Ces deux derniers sont coiffés de Stetson. En fond de scène, trône un totem amérindien à l’effigie d’un renard, de 5 à 6 mètres de haut, placé devant un écran géant destiné à la projection des nombreuses vidéos. Elles vont donner tout leur sens au spectacle. Depuis les vagues à la lave en fusion, en passant par un cerf, une forêt de sapin où traîne un loup, des nuages, un ciel étoilé ainsi que les grandes plaines poussiéreuses ; et la liste est loin d’être exhaustive. On y reviendra. Notamment en fin d’article…    

« Baudelaire » ouvre le set. Julia souffle dans sa trompette. Elle se consacre également au lead vocal, Angus exécutant les chœurs. Tournoyant, le light show finit par devenir aveuglant. Armé de sa sèche, Angus déclame à la manière d’un slam, « Make it Out Alive », Julia inversant alors les rôles. D’une durée de 8 bonnes minutes, « Cellar Door » s’ouvre par un long passage instrumental, au cours duquel le tandem se réserve les six cordes électriques, avant qu’Angus n’opte pour le dobro. De couleur bleue, le light show projette une image du totem au plafond. Impressionnant ! Parfois Julia chante en agitant les mains, à la manière du regretté Joe Cocker. Irrésistible, « Chateau » est balisé par les ivoires et se distingue par ses harmonies vocales en couches ou conjuguées. Les spots se focalisent, l’un après l’autre, sur les musicos. Julia tapote le bord de sa sèche et salue le public avant d’entamer un titre indolent, mais carrément americana, « Wherever You Are ». Les trois guitares entrent en action sur le rock et bien nerveux « Bloodhound ». Etonnant, « Private Lawns » adopte un profil reggae avant de virer au ska, un morceau que se réserve Julia au micro, alors que le second gratteur est passé au banjo. Et c’est elle qui le ponctue à la trompette. Le public siffle pour marquer sa satisfaction. Chanson d’amour, « Who Do You Thinck You Are » est d’abord tapissé par le Hammond et traversé par un filet de guitare. Puis Angus saisit d’abord un harmonica et plonge la chanson au sein d’une atmosphère dylanesque. Et alors, décide de siéger derrière les ivoires, en fin de parcours. Pendant tout ce temps, Julia invite la foule à frapper dans les mains…

Julia et Angus proposent une version acoustique, mais surtout bouleversante, du « Uptown Folks » de Dope Lemon, un titre ponctué par des interventions au piano et au banjo. Une lune immense apparaît sur l’écran. Elle rougit et développe des effets pyrotechniques. Puis Julia s’autorise un superbe solo de gratte. Angus étale tout son talent à la cigar box, sur « Nothing Elses ». Des faisceaux blancs se concentrent sur les deux stars. Julia apporte la conclusion à la trompette. Enfin, place au hit « Big Jet Plan ». A la demande d’Angus, les spectateurs allument leur smartphones, dans un bel ensemble. Magique !

Julia chante en français « For You ». Le texte aborde les sujets de la passion du vin et de la vertu. Le public est conquis et frappe des pieds sur le sol. Deux renards lumineux, colorés et décorés de plumes d’indiens apparaissent sur les écrans pour souligner le solo de gratte électrique accordé par Angus, sur « My House Your House ». La fosse reprend le refrain en chœur. Et il fallait s’en douter, de la neige envahit l’écran et la scène pendant « Snow ». Un titre mélancolique pimenté par l’intervention du banjo. Le duo présente ses musiciens… qui sont apparemment tous américains. Au bout d’une heure quarante, le concert s’achève par  la reprise du célèbre « Harvest Moon » de Neil Young.

Manifestement, la fratrie a vaincu sa timidité maladive. Et lorsque Julia sourit, le cœur de votre serviteur fond comme neige au soleil...

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Verone Productions + Uni-T Production)

Stoned Diplodocus

Stoned Diplodocus

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Derrière ce dinosaure au long coup se cache un trio issu de Caen. Après avoir publié une démo, en 2015, il nous propose son premier long playing. Il est paru sur le label l’Etourneur, une nouvelle structure caenaise destinée à promouvoir les talents régionaux.

Eponyme, cet opus est découpé en 5 plages, chacune d’une durée moyenne de huit minutes. Stoned Diplodocus se plait dans la déstructuration. Il multiplie (trop souvent ?) les changements de rythmes. Fluctue constamment d’intensité. Hormis, « They live », plage qui ouvre l’opus, les compos sont essentiellement instrumentales et oscillent entre stoner et math-rock, tout en intégrant, circonstanciellement, des accents psyché.

Le combo caenais est manifestement ambitieux. Or, non seulement la qualité du son est loin d’être optimale, mais en outre, les compos soufflent le chaud et le froid. Les bonnes idées foisonnent, c’est sûr. Et puis certains riffs sont épatants. Comme en intro d’« Attila » ou sur « Empress ». Mais cette recherche constante de la complexité nuit à l’ensemble.

Bref, il y a un fameux potentiel chez ce combo. Et une fameuse marge de progression. Aux musicos de trouver la bonne formule, pour ne pas disparaître, comme l’animal qui lui sert de patronyme, en pleine période du Jurassique…

The Rolling Stones

Totally stripped (cd + dvd)

Écrit par

En 1995, les Stones ont eu la bonne idée d’accorder quelques concerts plus intimistes (?!?!?), en marge de la tournée ‘Voodoo lounge’. Enfin, plus exactement dans des salles de capacité raisonnable (l’Olympia de Paris, le Paradiso d’Amsterdam et la Brixton Academy de Londres) ; soit loin de la démesure des spectacles organisés dans les stades. Ce dvd nous propose le documentaire ‘Totally stripped’, diffusé à l’époque sur quelques chaînes TV ainsi que des extraits (en entier) de ces concerts mi-acoustiques, mi-électriques. Si les puristes se réjouiront de la présence des versions d’« I Can’t Get Next To You » d’Al Green ainsi que de « Tumbling Dice », limité au piano et la voix, votre serviteur s’est littéralement régalé à l’écoute et à la vision des compos bien électrifiées et judicieusement choisies lors de ces sets. On y découvre également des images inédites de répètes, des interviews et des soundchecks. L’adaptation du « Like a rolling stone » de Dylan et l’incontournable « Gimme shelter » (NDR : le morceau figure dans sa version intégrale sur le cd) sont de petits bijoux. Et le reste vaut vraiment son lot de pierres qui roulent…

Keith Stone

The Prodigal returns

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Keith Stone est un enfant de la Nouvelle Orléans. Pas tout à fait un enfant car, âgé de 50 ans, il est déjà considéré comme un vétéran de la scène locale. Il est parvenu à assimiler tous les courants qui alimentent la musique néo-orléanaise : jazz, blues, R&B, funk, dixieland et Brass Band. Stone a fait ses armes chez Willie Lockett & The Blues Krewe. "The Prodigal returns" constitue son premier long playing. Il a été enregistré chez lui, en Louisiane, sous la houlette de David Hyde, également préposé aux parties de basse. Hyde avait participé aux sessions d’enregistrement de l'excellent album de Fo' Reel, "Heavy water", fin 2014.

Le court "Prélude" instrumental s'ouvre par le piano de Dr John. Il nous entraîne dans les rues du quartier français de New Orleans. On entend le bruit produit par une calèche, puis d’une fanfare, celle d’un brass band, qui parcourt habituellement ces quartiers. R&B largement cuivré, "Better things to do" évolue dans un registre proche du southern soul de Memphis. La voix de Keith est puissante. Sa guitare est particulièrement affûtée. Nelson Blanchard double orgue et batterie. Des cordes empreintes d’une grande sensibilité amorcent "First love", un superbe blues lent. Autoritaire, austère, la voix domine ce blues tapissé par l'orgue et les ivoires de Blanchard. Et si le solo de guitare est excellent, Stone prolonge volontairement ses notes pour obtenir un effet dramatique. Autre excellent blues, "Cindi Leigh" véhicule des accents zydeco, des accents entretenus par l'accordéon de Bruce ‘Sunpie’ Barnes et le frottoir d'Andy J Forest ! Et au cœur de ce climat naturellement cool, le saxophone ténor de Mike Broussard s’évade. Une forme de soul indolente mais chaleureuse baigne "Take me home". Elaine Foster participe aux chœurs et Keith injecte énormément de feeling sur ses cordes, tout au long de ce morceau au cours duquel les cuivres excellent : Lacy Blackledge à la trompette ainsi que Mike Broussard aux saxophones ténor et baryton. "New Orleans Moonlight" est bien ancré dans la ‘Crescent City’, un titre de soul/blues cuivré abordé dans l’esprit de Dr John, alors que les interventions de cordes dépouillées lorgnent vers BB King. La basse de David Hyde et les percussions de Nelson Blanchard sculptent "Time to move on" dans le funk. Bobby Henderson se réserve un bijou de solo sur son saxophone alto avant de céder le relais à Stone, inspiré par Albert King. Henderson est passé au ténor sax pour "Make me feel alright", un rock'n'roll contaminé par les rythmes de la Louisiane. La trompette de Blakckedge et la guitare de Stone colorent "Buster's Place" (NDR : le Buster's est un restaurant local réputé dans la Soul Food), un instrumental paradoxalement ‘no jazz’. Bénéficiant d’excellents arrangements, "The prodigal returns" est un morceau de funk au cours duquel Keith triture ses cordes à l’aide de son jeu de pédales. Longue finale instrumentale, "Just a closer walk with Thee" revient à la case départ : le piano magique de Dr John, la guitare tout en feeling, la voix, l'orgue de Blanchard et, enfin, le brass band avec trompette, sousaphone, trombone et saxo alto. Un excellent album!

 

Stones Jack Jones

Love & Torture

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Sexagénaire, Stones Jack Jones est un personnage au parcours plutôt atypique. Loin du rêve américain, il est né dans une famille de mineurs et a passé son enfance en Virginie. Il choisit pour pseudo Stones Jack Jones, un patronyme qui évoque davantage un alcool frelaté que celui d’un songwriter. Et se produit dans les clubs de ‘striptease’, avant de s'installer à Nashville, où il se forge une certaine notoriété. S’il a gagné un combat contre la maladie, il faut reconnaître que cet artiste n’est toujours pas enclin à faire la fête. Rien qu’a regarder sa mine austère, on a plutôt envie de compatir. Et son nouvel opus, "Love and Torture", ne laisse pas entrevoir le moindre coin de ciel bleu dans son univers sombre.   

Sa voix est rauque. Son americana noir et mystique. Un peu dans l’esprit de Wovenhand. Pas étonnant quand on sait que David Eugene Edwards et Stones Jack Jones sont issus des Appalaches.

« Shine » est une ballade solennelle à la mélodie efficace. Le ton est donné. Et il est obscur. L’instrumentation est parfaitement équilibrée : banjo, mandoline, harmonica, harpe, tout y passe, sans jamais que la musique ne puisse sembler surfaite. Mais c’est la voix de l’Américain qui fédère l’ensemble. Kurt Wagner (Lambchop) joue de la guitare sur « Circumstance », alors que pour « Ships », c’est la chanteuse country Patty Griffin qui vient donner de la voix.

A l’écoute de « Love and Torture », il faut avouer qu’on ne se fend pas la gueule. Cependant, la charge émotionnelle y est considérable ; à tel point que cet opus pourrait servir de tremplin à une profonde introspection.

The Rolling Stones

From The Vault – The Marquee Club – Live in 1971 (cd + dvd)

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Le 23 juin 1971, The Rolling Stones accorde un set au Marquee de Londres, devant un parterre trié sur le volet. Dans l’auditoire figurent notamment Eric Clapton et Jimmy Page. La formation est venue présenter son futur elpee, « Sticky fingers », qui sortira 3 semaines plus tard. Sur les planches, outre Mick Jagger, Keith Richards, Charlie Watts et Bill Wyman, on retrouve le fameux guitariste Mick Taylor (NDR : il a milité au sein du groupe de mai 69 à décembre 74). Et le backing group a également une fière allure, puisqu’il réunit le pianiste Ian Stewart, le claviériste Nicky Hopkins ainsi que la section de cuivres constituée de feu Bobby Keys et Jim Price. Mick est vêtu d’une sorte de boléro qui lui arrive au milieu du torse et Richards, barbe de trois jours, semble tombé du lit.

De « Sticky fingers », les Stones nous réservent « Dead Flowers » (au cous duquel Mick et Keith chantent en duo), « I got the blues » (NDR : un titre que le combo ne voudra plus jouer en ‘live’ pendant 28 ans !), « Bitch » et « Brown sugar ». Dans la setlist figurent également l’incontournable « (I can’t get no) satisfaction », « Live with me », le « Let it rock » de Chuck Berry et « Midnight ramble » (9’ quand même !).

Cinq bonus tracks : 2 x 2 prises alternatives d’« I got the blues » et « Bitch », dont la première est précédée d’un épisode de soundcheck amusant, ainsi que le « Brown sugar » interprété dans le cadre du Top of the pops’, au cours duquel Mick Jagger avait enfilé un costard rose. Rose comme sa casquette d’ailleurs. Ce morceau ne figure pas dans la version audio.

On épinglera l’authenticité du son des Stones. Apre, sauvage, sensuel, percutant il a été remixé par Bob Clearmountain qui est parvenu à préserver son authenticité. Les images sont de très bonne qualité et le digipack est enrichi d’un livret de 16 pages, dont les notes ont été réalisées par Richard Havers. Un témoignage ‘live’ des Rolling Stones, alors au sommet de leur art !

C.W. Stoneking

Le présent conjugué au passé…

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Il s’agit de la troisième soirée passée d’affilée, par votre serviteur, à l'Ancienne Belgique. Il y a 37 ans qu’il la fréquente, soit depuis l’âge de 16 ans. Et il s’en est déroulé des concerts d’anthologie, sous ses yeux et les oreilles grandes ouvertes. Ce soir, le spectacle est intégralement consacré à des découvertes. Soit C.W. Stoneking et en supporting act, Fernando Gonzalez. La salle est en mode flex (théâtre assis)

Fernando Gonzalez est un guitariste qui pratique le finger-picking. En Belgique, Jacques Stotzem et Antoine Goudeseune en sont également de dignes représentants. Chiliens, ses parents et grands-parents étaient des guitaristes professionnels. S’il a choisi la nationalité belge, ce sixcordiste talentueux est à la fois inspiré par le classique et le flamenco. Il est également professeur au Conservatoire d'Anvers.

Sur les planches, Fernando est soutenu par un pianiste. Pas courant d’assister à ce type de spectacle à l’AB. Il prend place sur un siège, à droite du podium. Il tient sa gratte un peu à la manière de Django. Il signale qu'il va interpréter de la musique classique et latine. Le concert s’ouvre en duo par une superbe reprise d'Astor Piazzola. De Vivaldi à Marco Pereira, les adaptations sont superbes. Le set baigne dans une ambiance latine. La guitare devient carrément agressive pour « La Vie Est Brève » de Manuel Falla (NDR : ce pianiste espagnol a bossé en compagnie de Claude Debussy et Maurice Ravel). L’artiste a perdu sa setlist. Un petit moment de silence suivi rapidement de l'hilarité générale au sein de l’auditoire. Ouf, Fernando l’a retrouvée et peut poursuivre le concert qu’il achève par un titre signé par l'Argentin Abel Flery. Grâce à sa technique, Gonzalez nous a carrément bluffés. Une belle entrée en matière…

Place ensuite à Christopher William aka C.W. Stoneking. Très particulière, sa voix s’adapte parfaitement à son répertoire. Perso, je pensais qu’il était issu du Sud des States, tellement il a un accent à couper au couteau. Mais non, il est australien. Peut-être existe-t-il, au pays des kangourous, un Delta et un Bayou, tellement sa musique est contaminée par le blues et le roots.

Le podium est parsemé de plantes exotiques. Un squelette trône devant la batterie et une perruque blanche sur un présentoir. C.W. monte sur l’estrade. Il est armé de sa gratte et se plante juste devant le drummer, Jacob Kinniburgh. Deux charmantes choristes vêtues de robes charleston, prennent position à gauche. Il s’agit de Maddy et Memphis, aka The Kelly Sisters. Andrew Scott, le contrebassiste/bassiste, choisit le côté droit. Stoneking joue du blues, mais un blues qui oscille du plus classique à celui des années 30, et qu’il teinte de swing, de jazz, de roots et de gospel. Ce n’est pas le premier show de l’artiste en Belgique. Son fan club est assez conséquent. Et on va s’en rendre compte au cours du show.

« How long » ouvre le bal. C’est un extrait de son nouvel opus, « Gon' Boogaloo ». Les sonorités de gratte (une Fender jazzmaster - Firemist de 1965) sont vintage et lo fi. On a l’impression de déambuler au sein des rues de Détroit pour ce titre très années 40. Chœurs gospel et grosse caisse font pétiller l’ensemble. Le décor roots est planté. La voix de CW est impressionnante. Andrew a opté pour la contrebasse sur « I'm The Jungle Man ». C.W. a davantage recours au spoken word qu’au chant et il est remarquablement secondé par les voix féminines. Le swing est omniprésent, mais il manque de cuivres. Des aficionados commencent à jumper, à droite de l’auditoire. Gospel/soul, « The Love Me Or Die » (NDR : tiré de « Jungle Blues »), nous entraîne dans un vieux club de jazz enfumé, pour y siffler un tord-boyaux, comme à l’époque de la prohibition. Suranné et langoureux, « Mama Got The Blues » est beau à pleurer. Idéal pour danser un slow. Les choristes ont rejoint les loges. La suite du spectacle sera plus festive…

« The Thing I Done » passe en revue flamenco, roots, reggae et même ska (la section rythmique !) On a franchement envie de danser. Tout comme pour « The Jungle Swing ». De vieilles perles remises au goût du jour et qui enchantent. Le présent conjugué au passé. Pas de cuivres ni de banjo pour « Jungle Blues », un morceau qui pourrait servir de bande sonore à un film muet. Les filles opèrent leur retour pour « Good Luck Charm », une compo à l’atmosphère ‘philspectorienne’ qui nous rappelle les sixties et tout particulièrement The Ronettes et The Crystals. « Tomorrow Gon' Be Too Late » est un blues ténébreux et poignant.

« He's Been A Shelter For Me » est une cover de The Soul Sirrers datant de 1961. Bien épaulé par la chorale soul, C.W. épate la galerie. « Get On The Floor » est un rockabilly endiablé, « The Zombie » un titre plus sombre et « Talking Lion Blues », une chanson récréative. Le set s’achève par une brillante interprétation du titre maître de son dernier opus, « We Gon' Boogaloo », un rock’n’roll enflammé réminiscent de Jerry Lee Lewis. Le dernier album est passé dans son intégralité à la moulinette.

Tout au long du show, C.W. interagit avec l’auditoire. Mais excusez-moi l’expression, mais putain, j'ai passé une belle soirée ! Dur, dur de revenir dans notre siècle. Je pense ne pas emprunter la DeLorean du Professeur Emmett Brown, mais m’exiler dans le Mississipi australien.

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Angus & Julia Stone

Une bonne dose d’électricité en plus…

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Votre serviteur se rend pour la deuxième fois, cette semaine, à l’Aéronef de Lille. A l’affiche,  Angus et Julia Stone. Le concert est sold out, et le mot est faible. Il sera quasi-impossible de se faufiler au cœur de l’auditoire. Et pour cause, les spectateurs sont entassés comme dans une boîte à sardines. Il reviendra à The Staves, un trio réunissant trois sœurs, d’assurer le support acting act…

Les trois frangines nous viennent de Watford (NDR : c’est dans le comté de Hertfordshire, en Grande-Bretagne). En fonction des compos, Emily, Jessica et Camilla Staveley-Taylor se réservent les grattes acoustiques ou le ukulélé. Mais participent toutes aux vocaux. Conjuguées, leurs harmonies sont d’ailleurs superbes. On comprend mieux pourquoi Tom Jones les avait plébiscitées en son temps. Elles s’expriment quelque peu dans la langue de Molière, entre les chansons. Mais adoptent une attitude plutôt statique. De leur setlist, je retiendrai deux perles, « If I Was » et « Mexico ». Leur musique trempe dans le folk/rock, même si les puristes y détecteront sans doute de la country et de l’americana. Bref, un concert plutôt sympa, mais pas vraiment transcendant. Ce qui n’a pas empêché le public d’applaudir généreusement la prestation de The Staves

Après avoir gravé « A Book Like This » en 2008 et « Down the Way » en 2010, le couple a publié un troisième long playing, ce 29 juillet 2014. Et il est éponyme. Les deux premiers opus se sont bien vendus et tout un chacun sait pertinemment que le troisième essai est souvent un cap difficile à franchir. Il est même parfois vital pour la survie d’un groupe ou d’un artiste. Ce dernier LP est moins cérébral, plus nerveux et surtout plus électrique.

Votre serviteur a déjà eu le loisir d’assister aux sets d’Angus, de Julia ou ensemble. Des musiciens que j’apprécie énormément. Et Julia, tout particulièrement, même si le couple est à la fois complice et complémentaire. Le concert va durer 60 minutes. Préposé aux cordes, le duo est soutenu par un bassiste, un claviériste, un drummer et un guitariste. Ce qui porte le nombre de gratteurs à trois. En arrière-scène, de petites leds scintillent sur une toile, comme pour représenter la voie lactée.

Le set d’Angus & Julia Stone s’ouvre par « A heartbreak », la plage d’entrée du nouvel opus. Le son est puissant. Agressif, privilégiant les teintes bleues et rouges, le light show se focalise sur les artistes, mais par groupe de deux (NDR : pas un cadeau pour les photographes !) Angus est coiffé d’un bonnet à pompon flashy. Toujours aussi jolie, la longue chevelure en tresses, Julia est vêtue d’une petite jupe noire sexy (NDR : trente balais de moins, et je la raccompagne aux Antipodes). Malgré l’avalanche de sonorités de cordes, « Main street » est un morceau plus paisible, plus doux, caressé par la voix sensuelle de Julia. Une voix susceptible de vous faire fondre comme un glaçon sous les rayons du soleil. Et puis son sourire me fait craquer. On ferme les yeux et on atteint déjà le Taj Mahal musical. Tout comme lors de « For you », un titre fluidifié par un filet de piano et ciselé dans les cordes de guitares d’une grande limpidité. Le timbre de Julia se fait plus rocailleux sur « Crash And Burn », une compo découpée par des riffs de gratte sauvages, dans un climat proche de Neil Young.

« Private Lawns » met le cap vers Kingston. Julia soutient la rythmique à l’aide de son banjo ; mais empoigne ensuite un cornet à piston, tout en continuant à se servir de son instrument à cordes. Place ensuite au hit « Big Jet Plane ». J’adore. Et toujours ce chant qui vous flanque des frissons partout. La cover du « You'Re The One That I Want » de John Travolta et d'Olivia Newton-John est particulièrement réussie. Elle est même originale. Serein, « Grizzly Bear » est un autre extrait du dernier elpee, un morceau qui projette dans votre inconscient des images du désert australien. Toujours tiré du même opus, « Wherever You Are » est une ballade savoureuse, à consommer en hiver, près d'un bon feu de bois. Les harmonies vocales dispensées par Angus et Julia sont stupéfiantes. Lors du rappel, le couple va nous réserver des versions acoustiques de « And The Boys » et « Santa Monica Dreams ». En duo. La setlist était totalement différente de celle proposée lors de leur show accordé, au Cirque Royal. Et de toute bonne facture, ce concert a surtout mis en exergue la différence entre les anciens titres du groupe, toujours sculptés dans le folk rock, et les nouvelles chansons, bien plus électriques…

Organisation : Vérone Productions

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Elephant Stone

The Three Poisons

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« The Three Poisons » constitue le troisième opus d’Elephant Stone, un trio canadien qui pratique une forme de rock psychédélique à coloration orientale. Et pour cause, il a également recours à des instruments issus de la musique traditionnelle indienne, comme le sitar, le tabla ou le dilruba. Le trio réunit Rishi Dhir (chant, basse et sitar), Miles Dupire (drums) et Gabriel Lampert (guitares et choeurs). En ajoutant un peu de patchouli, quelques volutes de ganja et beaucoup de fleurs, on pourrait se croire revenu en 1970, sur la côte Ouest des States. Encore que le combo évoque plutôt les Black Angels, Brian Jonestown Massacre et même Stone Roses, comme références majeures. Solides, il faut le reconnaître. La naissance d’Elephant Stone remonte à 2008/2009. Rishi Dhir venait de quitter The High Dials pour monter ce nouveau projet. A ce jour, le band a publié deux long playings, « The Seven Seas » en 2009 et « Elephant Stone » en 2013.

Tout au long de « The Three Poisons », le son est clair, limpide et soyeux. Le sitar constitue le fil conducteur de l’œuvre. Il supplante rapidement le riff de guitare sur « Motherless (Love's Not For War) » et se révèle souverain sur le grisant « Child Of Nature (Om Nava Shivaya) ».

Enrobés de chœurs, le titre maître et « All Is Burning » libèrent un excellent groove. « Wayward Son » est hanté par John Lennon. « Echo & The Machine » adopte un profil plus contemporain. Si « Worlds Don't Begin And End With You » manque un peu de puissance, il constitue une invitation à rejoindre la piste de danse en compagnie de votre partenaire.

Manifestement, ces musicos sont doués et ont bien assimilé les références de leurs maîtres es psychédélisme. Les esprits chagrins les taxeront probablement de revivalistes ; mais perso, j’estime que leur approche est finalement bien dans l’air du temps, évoquant même parfois en mon for intérieur la formation belge, Moaning Cities…

 

Rob Stone

Gotta keep rollin'

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Originaire de Boston, Rob Stone est un chanteur/harmoniciste de blues. Mais aujourd’hui, il partage son temps entre la cité des Vents et celle des Anges, Los Angeles. C'est en assistant à un concert de Charlie Musselwhite que lui prend le désir irrésistible de souffler dans l'harmonica. A ses débuts, c’est un concitoyen impliqué dans le Muddy Waters Band, qui le guide, Jerry Portnoy. En 1991, le drummer de blues Sam Lay l'invite à rejoindre son groupe. Rob s’établit alors à Chicago. En 1998, il forme sa propre formation, les C-Notes, en compagnie de Chris James et Patrick Rynn. Stone compte trois elpees à son actif, tous publiés chez Earwig. Le premier "No worries" remonte déjà à 1998, "Just my luck" est paru en 2003 et "Back around here", en 2010. Sans oublier la compilation qu’il vend lors de ses concerts, "My side of the story" (éditée chez Marquis). Il a désormais signé sur le label de Richard Rosenblatt, Vizztone.

Pour concocter "Gotta keep rollin'", il a reçu le concours du guitariste Chris James et du bassiste Patrick Rynn, deux musicos chevronnés qui l’épaulent depuis plus de 20 ans. A eux trois, ils signent la moitié du répertoire de ce nouvel opus. Mais les invités se sont également bousculés. Et ils sont notoires. Eddie Shaw, tout d’abord. Agé de 77 ans, ce vétéran a joué du saxophone ténor pour les mythiques Little Milton, Muddy Waters et surtout, Howlin' Wolf, pour lequel il a été le chef de bande jusqu'à la mort du géant. John Primer, ensuite. Il a joué de la guitare pour Muddy Waters au cours des dernières années de sa vie, mais également Magic Slim. Sans oublier le drummer Willie Hayes, et le pianiste bostonien David Maxwell. Et la liste prestigieuse est loin d’être exhaustive…

Stone démarre par le "Wait baby" de Johnny Jones, un bon shuffle au cours duquel le leader ne tarde à se mettre en évidence. Son art et sa puissance de souffle, sont bien inspirés par la légende, Little Walter. Du blues d’excellente facture, of course. Il change déjà de style lorsqu’il attaque le "Wonderful time" de John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson, une compo nerveuse vivifiée par le piano roadhouse de David Maxwell. Autre shuffle, "Lucky 13" est issu de la plume de Rob. De l’excellent southside blues dominé les ivoires de Maxwell et rehaussé par la participation de John Primer à la guitare ! Et Rob maîtrise bien ses interventions vocales. La cover du "She belongs to me" de Jazz Gillum évolue sur un tempo indolent. Eddie Shaw a ramené son ténor sax et s’illustre tout au long d’"Anything can happen" et le "Move baby move" de Billy ‘The Kid’ Emerson, alors que Chris James se déchaîne sur ses cordes. Une pause instrumentale : "Strollin' with sasquatch". Un blues lent de facture classique balisé par les ivoires d'Ariyo, un pianiste japonais qui a sévi chez les Sons of Blues de Billy Branch. Imprimé sur un tempo enlevé, "Wired and "tired" déménage littéralement. Stone souffle judicieusement dans les sonorités aigues. Henry Gray, vétéran du swamp blues, se réserve le piano. Et son style est immédiatement identifiable. Rob épanche toute la tristesse qui le ronge devant le piano très inspiré de Maxwell, sur "Cold winter day", un blues lent composé par Blind Willie McTell. "Blues keep rollin' on" est un autre excellent blues, entraînant par ailleurs. Coup de jump pour "Not no Mo", une plage qui libère énormément de swing. Maxwell est intenable au piano. Parfaitement soudés, James et Rynn imposent l’empreinte rythmique et Chris James s’autorise même sa meilleure sortie…

 

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