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Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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La fuite d’Ellside

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Roland Tchakounte

Ndoni

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Roland Tchakounte est né au Cameroun. Il a chopé le virus de la musique dès son plus jeune âge. Il s’intéresse d’abord au percus, puis à la guitare, et enfin au piano ainsi qu’à l'harmonica. C'est à l'écoute de John Lee Hooker qu'il s’est converti au blues, tout en conservant ses racines africaines. A ses débuts, il chantait dans son dialecte maternel, le bamiléké. Il publie son premier elpee en 1999, "Bred bouh shuga blues". En 2005, il grave "Abango", flanqué de Mick Ravassat. Un album acoustique qui lui ouvre les portes des States et du Canada! En 2006, le line up s’enrichit d’un percussionniste, Mathias Bernheim. Il embraie par "Waka" en 2008, puis "Blues Menessen", deux ans plus tard. Depuis, il écume les scènes de tous les Continents, pour y partager sa musique qu'il qualifie de ‘mélodie sauvage’.

Roland avoue pour références majeures, John Lee Hooker, Ali Farka Touré, Robert Johnson et Son House. Outre le guitariste Mick Ravassat et le percussionniste Mathias Bernheim, il est également épaulé aujourd’hui par le bassiste Laurent Legall.

L’elpee s’ouvre par "Fang am", un excellent blues amplifié sans excès, souligné par l'orgue Hammond de Renaud Cugny. Morceau acoustique, "Kemen" est dominé par la voix grave de Roland. Il l’interprète dans son dialecte ; ce qui ne nous permet pas de comprendre son message qui émane des hauts plateaux du Cameroun. Superbe blues, "Farafina" est empreint d’une émotion délicate ; une plage au cours de laquelle il partage le chant avec la voix féminine de Tatoumata Diawara, face à l'harmonica puissant de Christophe Dupeu et la guitare très présente de Ravassat. "Bouden ndjabou" est une piste à la mélodie séduisante. Piano et guitare rivalisent de subtilité. Condensé de douceur, "Mbak Tchann yogsou kidi" campe un blues rock discrètement boogie. Les cordes de Mick puisent leur inspiration chez Clapton. Les interventions à l'orgue Hammond de Cugny son chaleureuses. Et "Adendja" adopte un même profil. Blues lent, "Smile" nous conduit au bord du désespoir. Roland y concède quelques mots en français : ‘La vie est un combat’ ! Et dans la foulée, il suscite larmes et soupirs, tout au long de "Lana", une compo acoustique tout autant déchirante. Musicalement, Tchakounte me fait parfois penser à Mark Knopfler. Ou plus exactement au Dire Straits des débuts. C’est manifeste sur "Chuboula", mais également tout au long de l'évocateur "If you try black woman", piste illuminée par les interventions bouleversantes dispensées par la guitare de Ravassat. L'harmonica de Christophe ouvre "Me den mbwoga", un Chicago blues classique imprimé sur un mid tempo. De toute bonne facture, cet album s’achève par "Anetchana". La slide est tourmentée. La magie camerounaise opère une dernière fois…

 

Hans Theessink

Delta time

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Dans le milieu du blues et de la roots music, Hans Theesink compte déjà une bien longue carrière. Hans est né à Enschede, aux Pays-Bas, en 1948. Mais il y belle lurette qu’il réside à Vienne ; en fait depuis qu’il a épousé sa manager. Ses premiers enregistrements remontent aux 70’s, et on lui attribue plus de vingt albums personnels.

Terry Evans est un chanteur noir. Il est originaire de Vicksburg, dans le Mississippi. Il est surtout connu pour avoir chanté en compagnie de Bobby King ; et ce duo a souvent soutenu Ry Cooder. Terry est également un chanteur de studio très apprécié et sollicité. Il a, en outre, commis quelques excellent elpees de blues, parus chez Telarc, Audioquest et Virgin. La paire Theesink/Evans avait déjà gravé un long playing en 2008, "Visions".

"Delta Time" plante parfaitement le décor. Les cordes acoustiques nous entraînent au cœur du Delta du Mississippi. Hans est aux vocaux. La réplique est accordée par un canon de trois voix impliquant Evans, Arnold McCuller et Willie Greene Jr. "Blues stay away from me" est une compo signée par les frères Delmore, un tandem de country/blues qui a marqué les années 30. La nouvelle version est somptueuse et fragile à la fois. Le baryton de Hans et le ténor de Terry font merveille, sur fond de cordes tapissées par Ry Cooder! La cover du "It hurts me too" de Tampa Red est un classique du blues. Guitare et mandoline soulignent les voix empreintes d’émotion de notre duo. La slide électrique de Ry Cooder opère un retour magique sur le "How come people act like that" de Bobby Charles, un chanteur louisianais canadien. Un bottleneck glisse sur les cordes tout au long du "Down in Mississippi" de J.B Lenoir. La voix de Terry y est envoûtante. Lorsque celles d’Evans, McCullum et Greene se conjuguent, c’est un véritable régal pour les oreilles. On entre même dans le gospel sur "Build myself a home" ainsi que "Heaven's airplane", et le spiritual sur "Shelter from the storm", une plage marquée par une dernière apparition de Ry Cooder. Le duo propose aussi sa version du traditionnel "Pouring water on a drowning man", une compo notamment reprise, et à des époques différentes, par Little Milton, Otis Clay, Percy Sledge, Darrell Nulisch et Elvis Costello. Le "Honest I do" de Jimmy Reed est une autre cover à épingler. La finale est longue. Elle s’étale sur plus de 10’. Une piste intitulée "Mississippi" qui évolue dans un registre nonchalant et intimiste proche de Tony Joe White. Pendant que Hans souffle dans l'harmonica, les trois chanteurs noirs lient intimement leurs voix, prolongeant notre périple dans le Delta, tout en se remémorant tous les bluesmen célèbres, nés sur cette terre sacrée.

 

Various Artists

Cumbia Beat Vol 2

Écrit par

Convaincu par le potentiel irrésistible du genre, Vampisoul a décidé d’offrir un second chapitre à ses compilations destinées à mettre en exergue une Cumbia décidément bien à la mode ! Cette nouvelle livraison du fameux « Beat Cumbia » va remuer bien des guiboles… Le courant péruvien aussi connu sous le nom de ‘Chicha’ mélange les styles exotiques colombiens et cubains aux influences occidentales, et en particulier le rock psyché des sixties cher à Santana. Les percussions caribéennes, les solos inspirés, les pédales ‘wah wah’ et autres claviers Moogs alimentent une musique joyeuse et tout bonnement irrésistible ! Les maîtres du genre tels qu’Enrique Delgado ou Manzanita sont bien entendu présents à travers leurs groupes respectifs Los Destellos ou El Monje Loco, leur ‘side-projects’ comme Los Camenos ou même en solo. Cette musique principalement instrumentale, qui a sévi entre 1966 et 1983 au Pérou, demeure pop dans l’âme tout en s’avérant véritablement hypnotique et groovy. L’Amazonie regorge de secrets ; et cette nouvelle compilation réellement passionnante en est une nouvelle preuve vivante…

 

Vienna

One Heart At A Time

Écrit par

Non, non, nous ne sommes pas en présence d’un groupe américain spécialisé dans le rock FM… Ce sont des braves petits Flamands bien de chez nous ; et ils sont responsables de cette bonne vieille daube très susceptible de nourrir de bons gros Ricains avides de ce genre musical.

Vienna est une formation brugeoise drivée par le chanteur Gayle Van Hollebeke. Ses acolytes ont pour nom et rôle, Sven Herssens à la guitare et aux chœurs, Fre Gereels à la guitare, Bas Vermeulen à la basse ainsi que Miguel Ryde à la batterie.

Inconnu dans notre belle région wallonne, Vienna jouit déjà d’une bonne petite réputation au nord du pays grâce à ses prestations accordées en lever de rideau, lors des concerts (sans doute une de leurs idoles) d’Avril Lavigne, il y a un peu plus d’un an.

Pas de doute, à l’écoute des 11 morceaux proposés par Vienna, les cinq jeunes musicos sont fans d’Alanis Morissette, Sheryl Crow et autre ‘rockstarlette’ du même acabit. Le style est très vite reconnaissable, un ‘tchac-boum, tchac-boum’ dynamique et puissant mais quasi constant et répétitif. Bref un style à la fois simpliste et faussement musclé ! Ou si vous préférez, un pastiche de ce que proposent les trois gonzesses précitées. Pas mauvais en soi, mais vite lassant et encore plus vite oublié…

Ce bon ersatz pourrait, circonstanciellement, servir de belle petite affiche à moindre frais ; et déboucher sur un résultat très semblable à ce qui coûte, à n’en pas douter, une réelle fortune à l’organisateur…

On notera quand-même pour l’anecdote que c’est Universal qui les a signés, un signe ?

 

The Bopcats

25 years of rock’n’roll

Écrit par

Les Bopcats sont issus de Richmond en Virginie. Il y a plus de trente années que ce groupe de rockabilly écume les bars de la côte Est des USA. Leurs premiers enregistrements datent de 1984. Il s’agit de vinyles. Mais également de ‘démo tapes’ et de cassettes. La formation est toujours active et continue de se produire en live. Sous la forme d’un trio. Réunissant le guitariste Linda Fralin, le drummer Paul Hammond et le contrebassiste Steve Hudging. Ils se partagent les vocaux. Leurs idoles ? Sans surprise, elles répondent au nom d’Elvis Presley, Eddie Cochran, de Chuck Berry, Jerry Lee Lewis et autres rockers de la grande époque!

Cette collection retrace 25 années de carrière, à travers onze compositions originales et six reprises. Les Bopcats nous replongent au cœur des 50’s, période qui a vu éclater ce style toujours au goût du jour, le rock'n'roll ! Au cours des premières années, Gary Fralin, le frère de Lindy était préposé au piano. Un instrument qui apportait une plus grande diversité aux morceaux, et surtout cette couleur ‘Jerry Lee Lewis’ à l'ensemble.

"Don't want to be alone" ouvre les hostilités. Le tempo est vif. Le son impeccable et en particulier les sonorités des guitares. Une ouverture souveraine. "Dark train" maintient le rythme, toujours soutenu par les interventions échevelées de Gary au piano. Le Néo-orléanais Dave Bartholomew signe "Who drank my beer", une plage au climat bien plus blues et R&B. Le quartet est ici rejoint par un autre frère Fralin, John. Il se débrouille également très bien aux ivoires et incite Lindy à prendre un envol sur les cordes, dans un style jump d’excellente facture. Blues enlevé, "Broke down" est contaminé par le country rock. A cause de la pedal steel de Lindy qui alimente la piste. Ce dernier est épaulé par John ‘Sparkly’ Otte qui double au chant et au sax ténor sur "All I need", tout en célébrant un retour au rock'n'roll. Brad Tucker est passé à la basse acoustique sur le rockabilly "Wheels of mine", un titre chanté par les frangins Fralin. Trois reprises sont absolument superbes. Tout d’abord le "Red Cadillac" de Robert Gordon. Ensuite le "Ventilator blues" des Rolling Stones, un cover qui adopte un tempo plus cool. L’intensité du blues dispensée par Fralin nous entraîne dans une atmosphère digne de Howlin' Wolf. Et enfin, sans surprise, le "Marie Marie" de Dave Alvin. A cet instant, on ne peut que penser aux Blasters, passés eux, à la postérité. Caractérisé par son riff très ‘stonien’, "Sweet thing" se distingue également par le piano barrelhouse de Gary, une compo renforcée pour la circonstance par les saxophones et les vocaux. "Life of crime" baigne également dans un même climat. Gary s’y réserve l'orgue. Manifestement, la musique des Bopcats était en pleine phase d’évolution. Remarquable titre aux accès de guitare réverbérés, "Jenny Jenny" lorgne vers les Paladins. Jusqu'au terme de l’opus, les Bopcats jurent fidélité au rock'n'roll. A l’instar de l’adaptation du "Get rhythm" de Johnny Cash et d’"On a roll". Parfois, cette formation me rappelle les Flamin' Groovies, un band que j'ai toujours adoré! Et ne vous trompez pas de Bopcats ! Pourquoi ? Dans l’univers du rockabilly, c’est un patronyme courant. Il en existe d’ailleurs un spécimen en Finlande, aux Pays-Bas, au Canada et même dans l’Oklahoma…

 

Coffee Or Not

Ghost

Écrit par

Un peu à l’image des Senseo et autres machines à faire le café pour Monsieur et Madame tout le monde, il en existe une à consensus musical qui vous pisse son avis pour un oui ou pour un non.

Et de nous dire ce qu’il est de bon ton d’écouter ou non.

Ainsi, Coffee Or Not commence-t-il à jouir d’un certain engouement.

Pour ma part, après quelques tasses, je me suis rangé à l’idée qu’il s’agissait plutôt de thé que de café. Et encore ! Trop sucré à mon goût.

Les chansons figurant sur cet elpee (leur deuxième) parlent du fantôme du passé qui hante nos présents.

Avec une douceur ouatée qui confine à l’ennui par moments.

Gentiment acoustique, poli pour ne pas déranger, il possède des vertus tellement apaisantes qu’il en devient soporifique.

Sauf peut-être sur le judicieusement nommé « Wake Up ».

Pour le reste, « Ghost » n’est pas un mauvais album et il est fort à parier qu’il charmera les oreilles remplies de miel.

Perso, son insipide robe à peine troublée d’un nuage de lait ne m’a guère émoustillé.

 

Cult Of Youth

Love Will prevail

Écrit par

‘A travers la noirceur de l'ombre, qui cache la mer et les cieux,
Une clarté blafarde et sombre, fait voir l'une et l'autre à nos yeux’

Empruntée à Madame Madeleine de Scudéry, femme de lettres française du dix-septième siècle, cette oxymore illustre idéalement le propos musical de Cult Of Youth et de cet album en particulier, assurément un des meilleurs parus cette année.

Bien qu’ici ladite clarté apparaisse plutôt à nos oreilles enchantées.

Dans un registre Folk lumineux embrassant avec ardeur la gravité d’un Dark Wave glacial mais jamais caricatural, COY sème habillement les fantômes de ses majeures influences (Death In June, Coil, Blessure Grave) et embrasse l’auditeur d’une étreinte fiévreuse digne du baiser de Klimt.

Vous l’aurez compris, le groupe, emmené par Sean Ragon (ex-Laugh As Laughters) ne fait pas dans la broderie.

Certes, sur papier, on craint que ces allures Post Punk rehaussées de cordes et de cuivres ne virent à un culte passéiste plutôt qu’à une ode à une quelconque jeunesse.

Mais qu’on se rassure ; les dix titres présentés sur l’autel s’avèrent simplement magistraux et parviennent d’emblée à faire oublier les spectres de ces glorieux aïeuls.

Si le regard est sans doute passéiste, la vision est contemporaine. Ce qui explique, peut-être, pourquoi cet opus est un de mes favoris de cette dernière année, avant l’apocalypse annoncée.

 

Gallon Drunk

The Road Gets Darker From here

Écrit par

Pour un groupe resté résolument dans l’ombre pendant toutes ces années, intituler son dernier né « The Road Gets Darker From here » pourrait sonner comme le glas d’une carrière entamée à l’aube des années 90.

Sauf qu’à l’écoute de ce brûlot, on se rend bien vite compte que si les ténèbres sont prêtes à nous envelopper, on s’en réjouit et on ne demande qu’à chavirer en compagnie de ces vieux briscards, sujets de sa gracieuse Majesté.

Si Gallon Drunk est une référence majeure pour beaucoup et si le CV de ses membres en dit long sur leur potentiel, c’est au cœur de sa musique que l’on comprend mieux l’essence même de ce Rock poisseux et classieux à la fois. 

Cet album pourrait être un classique, si…

Si Gallon Drunk n’était pas voué à l’éternel purgatoire du Rock.

Mais entre nous, c’est justement là qu’ils se sentent le mieux.

Loin des lumières éclatantes qu’ils laissent aux autres, dans cet underground qui sied si bien à leurs riffs graveleux.

Pertinente de vérité la définition qui suit traduit mieux que n’importe quel article dithyrambique, la valeur de ces Britons.

Le gallon (symbole : gal) : unité de volume anglo-saxonne, utilisée pour mesurer la qualité d’une musique ne faisant pas partie du système international d'unités.

Tout est dit…

 

Lone Pine

Road (Ep)

Écrit par

« Road » est le fruit du travail d’un seul homme. Derrière Lone Pine se cache Thibaud Petit. Il s’est réservé toute l’instrumentation et s’est chargé de l’écriture des cinq compos qui peuplent son premier ouvrage. Ce petit elpee ne contient en effet, et c’est tant mieux, que 16 minutes de musique super répétitive, réparties en quatre morceaux et une grosse intro de 120 secondes.

Quasi intégralement construites autour d’une guitare acoustique, les 4 mélodies sont d’un ennui mortel ; mais, rien d’étonnant à cette impression, lorsqu’on connaît le sens réel de Lone Pine. Lone Pine est une ville minuscule sise au cœur de la désertique Owens Valley, longeant le flanc oriental de la Sierra Nevada, en Californie. Visiblement, la ‘route’ qui y mène est aussi aride que l’environnement qu’elle dessert. Et bien Thibaud ne fait pas autre chose… Il nous emmène dans un désert musical aussi pénible que la chaleur épouvantable qui doit régner là-bas.

Un tout gros manque de fraîcheur. A réserver aux amateurs du genre, s’il en existe…

 

 

Simon McBride

Crossing the line

Écrit par

En Irlande du Nord, Rory Gallagher et Gary Moore sont de véritables symboles du blues rock énergique. Agé de 33 balais, Simon McBride est originaire de Belfast. Producteur, compositeur, guitariste, il est également chanteur. Gallagher n'est pas vraiment sa référence. Rory était intrinsèquement bien plus blues. Par contre, McBride peut revendiquer la succession de Gary Moore. De toute évidence, il relève de la face la plus rock du blues. Ses débuts, il les a d’ailleurs accomplis au sein de Sweet Savage, un groupe de métal ! Son talent est enfin reconnu en 2008, lors de la sortie de sa première production personnelle, "Rich man falling", un elpee déjà publié chez Nugene. Il embraie par "Since then" en 2010 et "Nine lives" en 2011, deux opus qui allaient confirmer la naissance d'une nouvelle étoile.

Le disque s’ouvre par "Lead us away". On pense immédiatement à Free, un groupe que Simon apprécie beaucoup. Même sa voix évoque leur chanteur, Paul Rodgers. Tout comme sur la cover du "Go down gamblin'" de David Clayton-Thomas. Dynamique, cette compo ouvrait le 4ème elpee de Blood Sweat & Tears, un long playing paru en 1971. "No room to breathe" est un premier sommet de l’opus. Cette compo baigne parfaitement dans le style de McBride. Le tempo est lent. Autoritaire et majestueuse, la voix est contrebalancée par la réplique féminine de Mia Simone. L’intro de "Don't be a fool" est imprimée sur un tempo saignant. Simon s’y multiplie. Tout d’abord à l'orgue Hammond. Enfin on suppose. Dans un registre réminiscent de Deep Purple voire de Whitesnake. Pensez à Jon Lord. Puis à la slide. A la manière de Mick Moody. Il est vraiment dans son trip, lorsqu’il attaque le blues lent aux accents dramatiques. A l’instar de "Starve this fever", une piste digne du jeune étasunien Joe Bonamassa ; cependant, il ne se contente pas de parodier le natif d’Utica. Il brille tant au chant qu’aux cordes. Elles vibrent. Leur intensité est maximale. McBride est agité par une passion trépidante. Pop/rock/blues, "Alcatraz" est soutenu par un riff solide. Les cuivres sont bien présents ; et on assiste, en même temps, au retour de Mia Simone aux chœurs. Le tout est raffiné par le travail de production. Jackie McAuley est un autre gratteur issu du Nord de l’Irlande que j’apprécie beaucoup. Il a milité auprès de Van Morrison, chez Them, et un peu plus tard, soit au milieu des sixties, au sein des Belfast Gypsies. Par la suite, il s’est converti au folk, avant de s’investir dans le rock celtique à travers Poormouth. Sixcordiste extraordinaire, il est injustement méconnu du grand public. McBride me fait furieusement penser à McAuley tout au long du superbe "One more try". Un nouveau point culminant de l’elpee. Simon chante passionnément "A rock and a storm", en s’accompagnant uniquement d’une gratte sèche. Il se réincarne en Jimmy Page lors de l'intro de "Heartbreaker" ; même si au chant il demeure le disciple de Paul Rodgers. Simon adapte "Home to me", une plage particulièrement mélodieuse signée par son jeune compatriote Gareth Dunlop. L’opus s’achève par une reprise puissante et magistrale de "Down the wire", une piste qui figurait sur "Since then", long playing gravé en 2010. Excellent!

 

Johnny Mox

We = Trouble

Écrit par

En une cascade de sons et de voix samplées, l’Italien Johnny Mox (je soupçonne quand même un nom d’emprunt !) construit un univers certes un peu barré, mais au final assez jouissif.

Si l’intro laisse quelque peu dubitatif (surtout le côté cheap de cette human beat box), le second titre « Oh Reverend » tend vers une certaine instantanéité pour le moins salvatrice.

Jonglant des loops et de ses muqueuses avec une sacrée dose de malice (le roulement de tambour buccal sur « All We Ever Wanted Was Everything » est un manifeste à la décomplexion à lui seul), Johnny ne se prend pas au sérieux (en atteste une pochette en papier de verre qui symbolise à elle seule l’âpreté illusoire de toute chose).

Pour autant, sa musique ne se veut pas une farce.

Plutôt une ode à la liberté et à l’audace.

Celle-ci finit par payer, et si quelques écoutes seront peut-être nécessaires à dérider certains auditeurs, il est fort à parier que cet album séduira plus d’un mélomane.

Mention spéciale au dernier titre, « Benghazi ». Plus introspectif dans ses premières mesures, captivant, il laisse entrevoir un potentiel atmosphérique…

 

Pollens

Brighten & Break

Écrit par

Dès les premières notes de « Brighten & Break », la musique alambiquée des Américains de Pollens rappelle l’univers barré de Merrill Garbus et son projet tUnE-yArDs… On y rencontre des rythmes africains (« Helping Hands »), des harmonies vocales tribales (« Snakes Goes Growing ») et une bonne dose d’indie rock (« New Lazarus »). Le groupe a été mis sur pied à Seattle en 2008 par Jeff Aaron Bryant et Hanna Benn avant de s’élargir à un sextet. Il a signé sur le label allemand Tapete pour publier ce premier album. Le son particulier de Pollens renvoie également aux constructions originales de l’‘Avant-Pop’ des Dirty Projectors, tant l’ambiance y est hypnotique. L’album fascine par son originalité et sa prise de risque mais énerve également par sa relative difficulté d’accès et sa cacophonie (« Powers »). Un album ambitieux qui aurait peut-être gagné à simplifier son mode d’écriture…

 

 

Dan Stuart

The Deliverance of Marlowe Billings

Écrit par

Dan Stuart a une carrière bien remplie. En outre, il a acquis une fameuse expérience. Aujourd’hui âgé de 52 ans, il n’en est pourtant qu’à son deuxième opus solo. Son précédent, « Can O’Worms » remonte déjà à 1995, même si l’an dernier il avait publié un Ep. Mais l’essentiel de son parcours, il ne l’a pas accompli en solitaire. Né en 1961, à Los Angeles, il a fait ses premier pas chez les Serfers. C’était en 1979. Mais c’est à travers son aventure chez Green on Red qu’il va se forger sa notoriété. Essentiellement, tout au long des 80’s. La formation relève alors d’une scène bien spécifique que les journalistes vont taxer de ‘Paisley Underground’. Alors que le monde musical est en pleine explosion punk, ce mouvement va impliquer toute une série de groupes comme Dream Syndicate, Rain Parade, True West, Naked Prey ou encore Long Ryders. Simplement, parce que ces combos puisent leur inspiration majeure dans le psychédélisme, le rock, le folk et parfois même aussi le blues. A des degrés divers, cette scène va influencer des groupes comme Wilco, les Chills, Grandaddy, Calexico ou encore Mercury Rev. En une dizaine années d’existence, Green on Red va publier huit elpees avant de se séparer. En 1993, Stuart enregistre un long playing en compagnie d’Al Perry. Il va ensuite participer à de multiples projets (NDR : et notamment Danny & Dusty et The Slummers) avant de finalement nous revenir pour son second elpee solo, « The deliverance of Marlowe Billings ».

« Can’t be found » ouvre l’elpee ; un superbe morceau rappelant clairement le Lou Reed de la belle époque. Une référence qu’on retrouve également sur l’excellent « Love Will Kill You ». Le ton de l’album est sombre et mélancolique. Dan Stuart chante ses mésaventures amoureuses. Son spleen est omniprésent dans ses compos, et ce climat me rappelle parfois celui du chanteur français Daniel Darc, à l’époque de son œuvre intitulée « Crèvecœur ». Le Californien branche l’électricité sur « Clean White Sheet » et « What Are You Laughing About ». Et le résultat est parfait. Il colore son « Gringo go home » de forts accents mariachi. Nous rappelant que Green On Red est une des influences assumées par Calexico.

Dan Stuart a toujours bon pied bon œil. Songwriter talentueux, il vient donc de commettre un excellent opus. Peut-être un des meilleurs de l’année. Surtout en termes d’americana. « The Deliverance of Marlowe Billings » regorge de pépites. Et elles nous viennent de l’Ouest des Etats-Unis…

 

Dernière Volonté

En français dans le texte…

Le succès aussi fulgurant que surprenant du hit de Lescop, « La Forêt », a braqué les projecteurs des médias sur un genre de musique, la 'French new-wave'. Se réclamant de Daho et Taxi Girl, ce genre puise dans les sonorités synthétiques des années 80 et les combine à un chant dans la langue de Molière, avant de plonger le tout dans des ambiances mélancoliques, voire sombres. Mais il existe un groupe, actif depuis plus de 10 ans, qui peut d'une certaine manière (mais pas uniquement) être rattaché à ce mouvement, c'est Dernière Volonté, le projet du Français Geoffroy Delacroix, dit ‘ Geoffroy D’. Nous avons eu l'occasion de le rencontrer avant le concert qu'il a donné au Magasin 4, à Bruxelles, le 12 octobre dernier.

Créé en 1998, Dernière Volonté était à l’origine un projet de musique ‘dark ambient’, très bruitiste, caractérisé par un côté martial. Geoffrey raconte « Quand tu es jeune, tu commences par du bruit parce que c'est tout ce que tu sais faire, surtout quand tu n'es pas musicien. Puis tu structures un peu plus ta production et tu te rends compte que tu peux créer des mélodies ; mais ce processus vient au fil du temps. Plus tu avances, plus tes compos sont construites. Ce qui ne veut pas dire qu'elles soient meilleures. Souvent, au départ, la musique est énergique, mais c'est un bordel sans nom ; puis elle devient mélodieuse, mais chiante et surtout perd toute son énergie. Donc j'essaie de trouver le bon équilibre entre les deux. En vieillissant, j'essaie de me rapprocher de mes influences. »

Précisément, côté références, on pense de suite à Taxi Girl. « Taxi Girl est en effet une influence très importante pour moi. J’ai découvert ‘Mannequin’ et ‘Les Yeux des Amants’, quand j'avais 8 ou 9 ans. Si je chante en français, je crois que c'est grâce à eux. » Mais Geoffroy cite également Soft Cell, Kraftwerk, Test Dept, Laibach et Suicide, comme sources d’inspiration. Sans oublier Dominique A. Surtout les premiers albums, jusqu'à ‘L'Horizon’.

Petit à petit, Geoffroy prend confiance dans ses compositions chantées dans sa langue maternelle. En publiant ‘Les Blessures de l'Ombre’ en 2003 et ‘Devant le Miroir’ en 2006, il confirme sa nouvelle direction, basée sur l’électro-pop. Le côté martial est cependant toujours présent dans les paroles, la musique et les aspects visuels du groupe.

Cette fascination pour ce profil martial étonne quand on connaît la douceur et la finesse de la personnalité de l'artiste. « Je ne suis pas militariste. En fait, je suis né dans une famille qui a vécu la guerre... Il y a dans cet univers une esthétique que je trouve très forte. C'est aussi sexuel... C'était aussi lié à la vie que je menais... Le combat de tous les jours. On est dans une société de plus en plus dure... et sans aucun avenir. Les gens sont de plus en plus agressifs, comme des soldats individualistes. Déjà à l'époque c'était troublant et aujourd'hui, c'est de plus en plus flagrant. »

On l'a compris : Geoffroy utilise une métaphore, celle de l'homme comme soldat dans l'ère moderne. « Ce n'est pas la guerre en tant que telle qui me fascine, c'est plutôt le bourbier de l'âme humaine. Je n'ai jamais chanté la conquête guerrière, ce que j'aime c'est la description du côté perdu de cette âme humaine... »

Lorsqu’on évoque Lescop et le renouveau de la French new-wave, Geoffroy se réjouit mais souligne quand même quelques similarités entre la musique de Lescop et la sienne. « Quand j'écoute ‘La Forêt’, j'ai l'impression d'entendre une de mes chansons. Il y a peut-être des coïncidences, mais j'ai constaté que le texte ressemblait beaucoup à ‘Cran D'Arrêt’, sur l'album ‘Devant Le Miroir’. Dans celle de Lescop, il y a des phrases qui sont presque similaires. » Comme Lescop viendra dans quelques semaines au Botanique, nous aurons l'occasion de lui poser la question... « En tout cas, il est important, Lescop, parce qu'il représente une alternative à toutes ces groupes français qui chantent en anglais et rivalisent de conneries. Je ne suis pas fan mais il incarne un concept intelligent et fort. Enfin un artiste qui chante en français et réussit à passer au-delà de la variété stupide. »

Geoffroy va même plus loin. «  Nous avons une langue extraordinaire, qui marche dans tous les pays. Il y a 40 ans, Yves Montand réalisait un carton à Broadway. Il n'y pas de raison que cette situation ne se reproduise pas. Le premier groupe électro-punk au monde, en 1976-77, c'était Métal Urbain et il s’exprimait en français! Leur premier disque a très bien marché en Angleterre et s'est exporté aux Etats-Unis. Le leader des Dead Kennedys en est un fan absolu et il a influencé les Jesus & The Marychain. Ce sont des Français qui chantent en français!  »

Au moment de clôturer cet article, je me souviens des dernières paroles de Geoffroy lors de son interview. Je lui avais demandé quelle était sa vision de la musique. Sa réponse est claire et sans équivoque : « Le plus important, c'est le fond. Dans toutes les formes d'art, c'est ce que tu as dans le cœur qui compte, ta vérité, ton émotion pure. Les groupes qui m'ont fait vibrer, c'est des mecs qui avaient quelque chose à dire, qui étaient tourmentés par leur passion. Tous les autres, à côté, ce sont des copieurs qui torchent des textes idiots. Il y en a quelques uns qui valent le coup ; le reste, pour moi, c'est du plastique... »

Merci à Geoffroy D, Michel Kirby et au Magasin 4.

(Photo : Xavier Marquis)

 

Kreidler

Den

Écrit par

Kreidler est un quatuor allemand fondé à Dusseldorf, en 1994. Le groupe pratique du post rock électro-expérimental. Et « Den » constitue déjà leur 11ème album. Une régularité qui force nécessairement le respect.

Maintenant, il faut reconnaître que leur musique n’est pas du tout ma tasse de thé. Epuré, leur style est systématiquement balisé par une ligne mélodique en boucle, tracée au synthé et stimulée (?) par une boîte à rythmes hypnotique oscillant entre trois ou quatre niveaux de sonorités de basses différentes, au maximum.

Votre serviteur apprécie l’électro. Mais mélodieuse. Impliquant un(e) bon(ne) vocaliste. Et dont la construction des morceaux est créative et entraînante. Et quand une belle césure au beau milieu d’une compo vient interrompre le rythme, avant de le relancer de plus belle, c’est encore mieux ! Ce n’est vraiment pas ce que Kreidler propose. Leur solution sonore est trop linéaire et ne tolère que de (très) légères variations, de manière à provoquer chez les amateurs du genre, un état de ‘transe’. On n’était donc pas fait pour s'entendre…

Evidemment, les aficionados de Kreidler risquent d’adorer cet elpee, découpé en 7 pistes. Et particulièrement « Sun » et « Cascade », les deux morceaux les plus travaillés du disque. On ne peut d’ailleurs pas reprocher à la formation teutonne de les trahir, puisqu’elle pratique le même style musical, depuis ses débuts.

 

Francis Cabrel vise le ciel…

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Sur le site de Sony Music, Francis Cabrel parle « Comme une Femme », le premier extrait de son nouvel album « Vise le Ciel », qui sortira ce 22 octobre.

http://t.fans.sonymusicemail.com/r/?id=h23389e65,16a0617f,16a06190

Tracklisting :

1. Comme une femme
2. Quinn l'esquimau
3. D'en haut de la tour du guet
4. Je te veux
5. On ne va nulle part
6. Un simple coup du sort
7. La dignité
8. Il faudra que tu serves quelqu'un
9. Tout se finit là , bébé bleu
10. L'histoire d'Hollis Brown
11. Comme Blind Willie Mc Tell

http://www.franciscabrel.com

 

Qui a besoin de Dark Dark Dark ?

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Si vous appréciez Beirut et Lost in the Trees, vous devriez aimer le folk symphonique de Dark Dark Dark. Leur nouvel opus, « Who Needs Who », vient de sortir. Et la formation américaine se produira ce 1er décembre au Botanique de Bruxelles, dans le cadre du festival ‘Autumn Falls’.

http://brightbrightbright.com/

 

Lavender Diamond brise les cœurs…

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C’est ce 8 octobre 2012 que Lavender Diamond a sorti son nouvel album. Intitulé « Incorruptible Heart », il a été produit par Damian Kulash d'OK GO et mixé par Dave Fridmann (Flaming Lips, MGMT).

Le clip du single "Everybody's Heart's Breaking Now" est disponible sur YouTube.
http://www.youtube.com/watch?v=SPHZY8IOgIc

Au cours des dernières années, la chanteuse du quatuor californien, Becky Stark s’était surtout illustrée à travers toute une série de collaborations, parmi lesquelles on épinglera évidemment celles opérées auprès de Zooey Deschanel, Michel Gondry ou encore M Ward. Le nouvel opus de la formation est déjà bien accueilli outre-Atlantique.

 

Le Monde appartient à Ozark Henry.

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Le vendredi 19 octobre sortira la bande originale du film « Le Monde Nous Appartient ».

« Le Monde Nous Appartient » est un film belge réalisé par Stephan Streker. Il sera projeté dans les salles à partir du 21 novembre. Ozark Henry s’est chargé de la B.O. de ce long métrage.

http://www.youtube.com/watch?v=3BjxmpOEFxc

La révélation du Festival de Montréal 2012, c’est Vincent Rottiers dans « Le monde nous appartient. » (The Huffington Post)

Fureur de vivre à Bruxelles pour un film captivant, plein de style et d'émotion." (Le Vif/L'Express)

Tracklisting

01 Maintenant 0’15”
02 Rhinoceros 3’18”
03 Memento Mori 1’18”
04 Avant le Silence 3’59”
05 Le Délire 2’02”
06 Le Monde Nous Appartient 5’21”
07 Stand By Me (Le Monde Nous Appartient) 4’20”
08 Kindred Spirits 4’12”
09 Air And Fire 4’23”

 

The Bewitched Hands sur les traces de Dracula…

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Après avoir publié en 2010, « Birds & Drums », collaboré avec Yuksek, s’être produit à la Cigale, au Printemps de Bourges et aux Francos en 2011, The Bewitched Hands, groupe originaire de Reims, nous propose son second album ce 12 novembre. Intitulé « Vampiric Way », il a été produit par Julien Delfaud (Phoenix, Etienne de Crécy, Herman Dune).

 

Moslyve gâte ses fans.

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Le groupe de rock indé Moslyve met son nouveau single « Sound » ainsi que 2 remixes à la disposition du public en téléchargement gratuit via Soundcloud:

http://soundcloud.com/moslyve/sets/sound-single/

Ce titre est extrait de l'album « Slave to Modern Age » qui sort le 22 Octobre via le label Mind Riot Music.

http://www.mindriotmusic.com
http://www.facebook.com/Moslyve