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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Rebelles, les Wallflowers ?

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Le sixième opus des Wallflowers est paru ce 2 octobre. Il s’intitule « Rebel, Sweetheart », et fait suite à « Glad all over », sorti il y a déjà 7 ans. Il a été enregistré à Nashville. 

Cerise sur le gâteau, Mick Jones (ancien membre du groupe The Clash) est venu donner un coup de voix et de guitare.

« Reboot The Mission » est le premier single issu de cet opus tant attendu.

Pour regarder la vidéo de ce titre, c’est ici

http://bit.ly/MAOrao

https://ec.smcdp.net/welcome?key=685DE9D6-A3FA-95DA-A60D-1670C5E5619F

Pour plus d’infos : http://www.thewallflowers.com/

 

Syrano et sa dernière escale.

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Lors d’un de ses voyages, Syrano s'est arrêté à Madagascar et s'est lié d'une profonde amitié avec les responsables de l'association SPV-Felana d'Antsirabe, une ville du centre du pays.

Il est devenu parrain de l’organisation et a décidé de la soutenir le plus efficacement possible. 

Les tee-shirts vendus lors de ses concerts ont été brodés à la main par les artisans d’une coopérative locale de l’île rouge. Syrano calcule le bilan carbone de ses activités et le compense en replantant des arbres à Madagascar grâce à la pépinière de l'association. Enfin, il reverse un pourcentage de la vente de ses disques et de ses livres à SPV.

C'est dans cet état d'esprit qu'il a composé six nouveaux morceaux inédits à partir des enregistrements qu'il a gardé dans sa besace, lors de la réalisation de l'album. Il les a réunis sur un Ep intitulé « Les cités d'émeraude - dernière escale » ; un véritable maxi humanitaire qui permet de financer la construction d'une école.

La structure a accueilli 88 élèves lors de la rentrée scolaire 2012-2013 et offre aux enfants, outre le travail d’éducation et l’organisation d’activités, un repas journalier, dans un pays sans gouvernement où les institutions sont totalement démissionnaires.

http://wtrns.fr/Hsl1_pZI3h4f3L-

http://syrano.bandcamp.com/album/les-cit-s-d-meraude-derni-re-escale

http://youtu.be/InqBORRg8jA

http://www.youtube.com/watch?v=TJB6b6qIN-A&feature=share&list=PLF597EF5D642D3867

http://www.youtube.com/watch?v=TJB6b6qIN-A&feature=share&list=PLF597EF5D642D3867

 

Francis Cabrel rend hommage à Dylan

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‘Je répétais avec un petit groupe dans un garage près d’Agen quand quelqu’un m’a invité à écouter un 45trs, qui débarquait directement d’Angleterre. Et ce fut la révélation, le coup de tonnerre, la lumière. J’avais seize ans et j’ai compris que ma musique prendrait cette direction. Un peu plus tard, j’ai écouté le premier album de Leonard Cohen et toutes ces références se sont mélangées ; mais dans l’attitude, la posture, la démarche, Dylan a toujours été le modèle’.

Ce qui explique pourquoi rendre un hommage au Zim, à travers un album, poursuit Cabrel depuis une quinzaine d’années. Une idée régulièrement retardée par d’autres impératifs.

‘En janvier, j’ai donc publié un grand livre de chansons consacrées à Dylan et j’ai pioché dedans. J’ai commencé par "All along the watchtower". J’ai choisi une compo difficile, en pensant que si je pouvais passer cet obstacle, je devrais pouvoir boucler le projet...’

Afin d’aller jusqu’au bout de sa démarche, à l’instar du visuel de l’album « Self Portrait » peint par Bob Dylan en personne, la pochette de « Vise le ciel » reproduit le portrait de Cabrel, qu’il a dessiné en personne…

 

Usher prend soin de lui…

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Usher est un des artistes les plus performants en matière de vente de disques, dans l’histoire de la musique. Pensez donc, il a écoulé 44 millions d’exemplaires d’albums à ce jour.

"Numb" constitute le 3ème single issu de l’album “Looking 4 Myself”.

Time Magazine - "Looking 4 Myself the seventh album by the reigning emperor of R&B is lighter than air and sexy as hell.” 

NPR - “leaping over boundaries, Marvel hero style… (the album is) solidly soulful, dramatic in all the right places, heartfelt, deeply danceable, sexy… As a powerful force in the pop mainstream…Usher …wields the kind of influence that helps define what relevance looks like.”

https://ec.smcdp.net/welcome?key=ADE96B34-AE43-5268-7D91-FC764DE865C5

  

Un nouveau clip pour Another Belgian Band…

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Après avoir publié leur nouvel Ep, au printemps dernier, un disque mixé par Nicholas Horgnies et Julien Paschal, personnages dont la carte de visite mentionne la mise en forme d’enregistrements opérés par Soy Un Caballo, VO, Le Yéti et Ginzhu, Another Belgian Band, le groupe qui joue de la pop déguisée en folk acoustique vient de concocter un premier clip vidéo. Il est consacré à la chanson « Midlife Crisis » !

http://www.youtube.com/watch?v=5H2mrtl1Cuc

 

Les mots d’amour cinématographiques de Benjamin Biolay.

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« Aime mon amour » est un premier extrait de « Vengeance », le nouvel opus de Benjamin Biolay. Il fait l’objet d’un clip vidéo.

Devant et derrière la caméra on retrouve Karole Rocher (‘Polisse’, ‘Braquo’,…). Après avoir partagé les premiers pas de Biolay sur grand écran, dans le film ‘Stella’, elle signe ici sa première réalisation.

http://www.youtube.com/watch?v=dj7Lfoil1-I&feature=youtu.be

 

 

Sophie Hunger craint la lumière…

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Sophie Hunger a grandi quelque part entre la Suisse, l'Angleterre et l'Allemagne. Ce qui explique pourquoi elle chante aussi bien en anglais, en français, en allemand, qu’en dialecte suisse alémanique. Précision : d’une voix envoûtante…

Elle vient de publier son quatrième elpee, « The Danger of Light ». Lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours d’Adam Samuels (Warpaint, Daniel Lanois, John Frusciante) à la production. Mais également de Josh Klinghoffer (Red Hot Chili Peppers, PJ Harvey), Nathaniel Walcott (Bright Eyes), Steven Nistor (Daniel Lanois, Danger Mouse), sans oublier son backing group.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=AyUp1rnv7rY

Pour plus d’infos : http://www.sophiehunger.com

 

Les Inrocks 2012 : vendredi 9 novembre

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Il est 19h30, et on dénombre encore moins de monde qu’hier à l’Aéronef. Heureusement, tout comme la veille, la salle va se remplir progressivement, n’atteignant cependant, en fin de soirée, que les deux-tiers de sa capacité. Faut dire aussi que l’affiche ne propose pas de hype comme The Vaccines. Tant pis ou tant mieux, on aura ainsi tout le loisir de faire des découvertes.

The Bots est un duo californien (NDR : de Los Angeles, très exactement) qui réunit deux frères, Mikaiah en Anaiah Lei. Le premier, c’est le plus jeune. Il est âgé de 15 ans et se réserve les drums. Le second en à 18. Il se charge de la guitare et accessoirement des bidouillages, à l’aide d’un mini-pupitre (NDR : c’est la mode !) Le plus amusant dans l’histoire c’est que si le batteur arbore une coiffure digne de Jimi Hendrix, c’est le gratteur qui semble hanté par le ‘sixcordiste’ mythique. La prestation est solide, mais Anaiah n’utilise pas suffisamment ses grosses cordes, comme Jack White. Et le résultat est bien trop aride pour vraiment convaincre. Moralité, il leur faudrait un bassiste… On épinglera quand même la performance de l’éclairagiste qui est parvenu à communiquer une impression de flamme aux rampes verticales du  light show. …

La jeune chanteuse Natalie Bergman et son frère Elliot, multi-instrumentiste, forment l’ossature de Wild Belle, une formation chicagolaise qui pour sa tournée à engagé un drummer, un bassiste et un claviériste/guitariste plutôt doué. C’est d’ailleurs souvent ce dernier qui va marquer la prestation de son empreinte. Mais on ne peut pas dire que les autres vont lui emboîter le pas. Blonde, Natalie est très jolie. Elle a une voix très douce, mais elle est mortellement statique. Son frère Elliot, joue aussi des claviers et du saxophone. Il a de très longs cheveux et des lunettes fumées, mais ce n’est pas John Helliwell. Encore que lors des premiers morceaux, j’ai parfois eu l’impression de replonger dans l’univers le plus pop de Supertramp. Ce n’est qu’en milieu de parcours que le band va enfin trouver sa vitesse de croisière, en dispensant une forme de reggae/dub bien plus convainquant. M’enfin, pas de quoi fouetter un chat, même sauvage…

Willy Moon, alias William Sinclair, est néo-zélandais. Il est né à Wellington, mais vit à Londres depuis quelques années. Son look est stupéfiant. Sa taille impressionnante. Costard noir en tergal, chemise blanche, il a les cheveux gominés. Il possède une voix de crooner très fifties. Et ce soir, il est accompagné d’un drummer, d’un préposé au (large) pupitre et d’une guitariste. Vêtue de noir, le pantalon hyper moulant, Marlies Dekker affiche une beauté mystérieuse, sensuelle, lunaire (?!?!), presque gothique. Sa guitare est par contre de couleur blanche. Tout un jeu de contrastes qui sied bien à leur musique, fruit d’un mélange improbable entre rockabilly et hip hop. Encore que ce hip hop soit dispensé de manière très judicieuse voire parcimonieuse. Au cours de son set, Willy nous propose une version plutôt malsaine de son hit, « Yeah Yeah », et puis un cover du célèbre « I put a spell on you » de Screaming Jay Hawkins. Confortant mon idée que ce show est quelque part hanté par les Cramps. Bref, la bonne surprise de ce festival et un artiste que je retournerai certainement voir en concert.

Michael Kiwanuka est chanteur/compositeur britannique. Sur scène, il s’accompagne à la guitare. Sèche ou électrique suivant les circonstances. Il est soutenu par un backing band extrêmement solide et talentueux. Il possède une voix remarquable. Taillée pour la soul. Et de soul, il en sera question tout au long de son set. Même quand il reprend le « May this be love (waterfall) » de Jimi Hendrix, musicien qu’il cite volontiers comme source d’inspiration. Encore que Bill Withers et Otis Redding me semblent des références plus évidentes chez cet artiste. Quant aux interventions rognées de l’orgue du claviériste, elles nous renvoient manifestement chez Booker T. Ce sont d’ailleurs les moments que j’ai le plus appréciés. Au vu de la réaction du public, les amateurs du style ont sans doute dû avoir vécu un concert de rhythm and blues, sous sa forme la plus pure. Mais difficile d’accrocher quand on est peu réceptif à la soul… (Setlist : « I’ll get along”, “Tell me a tale”, “Worry walks”, “Bones”, “May this be love”, “I’m getting ready”, “Rest”, “New tune”, “Home again”, “If you’d dare” + “Extra song”)

(Organisation : Les Inrocks et l’Aéronef)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

Les Inrocks 2012 : jeudi 8 novembre

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2012 célèbre donc le 25ème anniversaire du festival des Inrocks. Cette nouvelle édition, programmée du 5 au 13 novembre, s’arrêtait donc à Paris, Lyon, Nantes, Marseille, Toulouse et Lille. Et vu la proximité, c’est à l’Aéronef de Lille que Musiczine a couvert l’événement, ces jeudi 8 et vendredi 9 novembre. Peu de monde pour applaudir Poliça, lorsqu’il monte sur les planches, à 19h30. Un auditoire qui va progressivement gonfler, pour finalement bien investir les lieux, afin d’assister au set de The Vaccines.

Poliça nous vient de Minneapolis. Le line up réunit deux drummers, un bassiste, et une chanteuse qui bidouille régulièrement un petit pupitre électronique. Sur disque, la voix de Channy Leanagh est martyrisée par un vocodeur. Sur les planches, on est vraiment surpris par son timbre presqu’angélique. Mince, pour ne pas dire maigre, elle arpente le podium de long en large. Son bassiste, également très bon vocaliste, lui donne parfois la réplique au chant. De leur demi-heure de prestation, on retiendra surtout deux compos : « Dark Star » et « Wandering Star ». Pour le reste, si la formule est originale, le recours à deux batteurs me semble inutile, surtout si c’est pour jouer la même partition. Remplacer un de ces musiciens par un percussionniste pourrait certainement apporter davantage de profondeur à leur musique…

Place ensuite à la bonne surprise de la soirée : Phantogram. Un duo formé par Sarah Barthel et John Carter. Le couple se partage les vocaux. Sarah se charge des synthés et John de la guitare. En ‘live’, ils sont soutenus par un drummer. Sarah est une très jolie fille. Très sexy aussi. Toute vêtue de cuir. Noir, comme sa chevelure. Derrière son mini pupitre, elle entretient les couches de sonorités ‘noisy’. Sa voix est claire, mais aussi bien capable de se fondre dans la douceur que de libérer ses instincts sauvages. John dispense des accords de gratte, le plus souvent, tintinnabulants. ‘Shoegaze’ aussi. Tel un ouragan, ce mélange d’électronique et d’organique dévaste tout sur son passage. Le groupe n’est pas new-yorkais pour rien. On en est encore soufflé…

Fondé par le chanteur Asca Taccone et le drummer Matthew Compton, Electric Guest a été rejoint par les frères Todd et Torry Dahlhoff, respectivement bassiste et claviériste, en 2011. Paru cette année, son premier opus, « Mondo », a bénéficié du concours de Danger Mouse, à la production. Première constatation, Asca n’est pas plus grand que Prince. Et sa voix de ténor est capable de passer en falsetto, à l’instar du kid de Minneapolis. Il se déplace sur l’estrade un peu à la manière d’un crapaud, et vient de temps à autre pianoter sur un clavier. Le répertoire d’Electric Guest oscille entre compos pop et ballades mélancoliques, des chansons trempées dans une soul un peu rétro. Quant aux lyrics, ils traitent de la solitude et du déchirement entre les aspirations artistiques du vocaliste et son confort matériel. Qui ne devrait pas trop tarder à lui ouvrir les bras, tant la musique de la formation de Los Angeles est formatée pour la bande FM.

Il revenait à The Vaccines de clôturer la première journée du festival. A ce moment de la soirée, la salle est enfin comble. Un quatuor londonien qui fait le buzz, en Grande-Bretagne, depuis l’an dernier. Et pourtant on ne pas dire que leur musique soit novatrice. Puisant ses sources aussi bien chez The Strokes, The Ramones et Jesus & Marychain, elle me fait plutôt penser à celle des Arctic Monkeys. Surtout en live. Physiquement, le guitariste ressemble à Paul Simonon (NDR : même dégaine en plus), alors que le bassiste a le look pour postuler chez les Datsuns. The Vaccines va nous livrer un set de 55 minutes bourré d’énergie, puisant son répertoire au sein de ses deux premiers opus (« Come of age » et « What Did You Expect From The Vaccines? »). Bourré d’énergie, très rock’n’roll, mais bien balancé, démontrant que l’expérience acquise au fil des concerts, commence à payer. D’ailleurs le public ne s’y est pas trompé en acclamant leur prestation. Un reproche ? Ben oui. Après le morceau final, le combo s’est barré. Pas un signe, pas un merci. De quoi court-circuiter l’idée même d’un éventuel rappel. C’est sans doute ce qu’on appelle l’attitude punk…

(Organisation : Les Inrocks et l’Aéronef)  

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

Efterklang

Classieux…

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Il y a quelques mois, Efterklang publiait son quatrième album, « Piramida ». Une œuvre directement inspirée d’un leur voyage accompli au large d’une île proche du pôle Nord où se dressait autrefois une cité minière. Durant ce périple, le groupe a enregistré des sonorités et des ambiances qui ont servi ensuite, à l’écriture de l’album. Pour retranscrire ce climat froid et atmosphérique en ‘live’, les Danois ont tout simplement décidé de se produire en compagnie d’un orchestre symphonique, lors de leur tournée. En coopération avec les Bozar et la Muziekgebouw d’Eindhoven, l’Ancienne Belgique accueillait donc Efterklang et l’Orchestre de Rotterdam, le Sinfonia Rotterdam sous la direction de Matthew Coorey. Pour l’occasion, les sièges sont entièrement sortis et il n’y a apparemment, plus aucune place libre.

La première partie n’est pas étrangère à Efterklang, puisqu’il s’agit de Peter Broderick, ancien membre du groupe. Multi-instrumentiste, cet Etasunien vient défendre son nouvel opus solo. Il impressionne par son aisance tant instrumentale que comportementale. Il change d’instrument morceau après morceau (banjo, violon, guitare,…) et manifeste un tel aplomb, qu’on a parfois l’impression qu’il foule les planches de l’AB, depuis sa plus tendre jeunesse. Il arpente ainsi l’estrade, seul, au violon en chantant presqu'a cappella. Après une bonne demi-heure de prestation, il vide les lieux. Pour quelques instants seulement, car Broderick fait partie du backing group d’Efterklang, et s’y réserve le clavier tout en participant aux chœurs. 

A 21h, l’orchestre de Rotterdam monte sur le podium. Il réunit une petite trentaine de musiciens, dont une section de cuivres, une autre de cordes et un percussionniste. Le trio de base est également soutenu par trois choristes, Budgie (le drummer de Siouxsie and The Banshees) et Peter Broderick. Rien qu’à regarder la scène, sans avoir entendu la moindre note, on sait déjà que la soirée sera classe ! La première heure du concert est consacrée au dernier long playing. Les morceaux sont interprétés dans l’ordre du traklisting. L’orchestre apporte de la consistance aux compositions. Le chanteur Casper Clausen et son acolyte à la basse, Rasmus Stolberg, occupent le devant de l’estrade et semblent apprécier le déroulement des opérations. Plus tard, Clausen expliquera que ce concert était le dernier de la tournée sous cette formule ; en outre, il nous a rappelé que l’AB est une des premières salles, hors Danemark, a les avoir accueillis, en 2005. Ce qui explique, certainement ce plaisir clairement perceptible et communicatif. Les morceaux s’enchaînent. Si le meilleur moment du set est atteint, lors de l’interprétation de « Black Summer », on retiendra surtout les 30 minutes au cours desquelles l’orchestre va réaliser une véritable performance, sous les yeux et pour le plaisir des oreilles, des membres d’Efterklang. Après « Monument », dernier titre de l’elpee, tout ce beau monde quitte le podium, non sans avoir remercié à diverses reprises les musiciens, sous les applaudissements d’un public debout qui en redemande.

Il sera récompensé, puisqu’Efterklang revient toujours flanqué de l’orchestre pour attaquer deux anciens morceaux. Dont le très attendu tube « Modern Drift ». Au cours de celui-ci, Clausen communie avec le public en descendant à son niveau.

Le groupe déserte une nouvelle fois les lieux, mais y revient quelques instants plus tard. Seul problème, tous les morceaux ont été interprétés et tenter une impro en compagnie d’un orchestre de trente personnes est plutôt scabreux. Le groupe s’en excuse, mais reprend toutefois « Hollow Mountain », une compo jouée en début de concert.

Un spectacle de haut vol. Le public est comblé. Il déserte progressivement la salle, dans une ambiance de fête, preuve que ce concert était plus que réussi !

(Organisation AB)

 

Lescop

Bruxelles, la nuit...

En cette soirée pluvieuse de novembre, il y a deux spectacles auxquels je veux absolument assister à Bruxelles : Lescop au Botanique et Animal Bodies + Bestial Mouths au Café Central. On peut dire que, dans mon agenda, les deux affiches se té-Lescop-ent... Hum... Mais comme je suis incapable de choisir, je décide de combiner les deux. Les vertus de l'ubiquité sans être... cuité. Un choix opportun puisqu’il va me permettre de rencontrer Lescop après son concert et de tailler une bavette en sa compagnie (voir plus loin)...

Lescop, de son vrai nom Matthieu Peudupin, est l'ex-chanteur du groupe Asyl (de La Rochelle) et semble incarner aujourd'hui la nouvelle sensation ‘made in’ France. Il pratique une ‘pop wave’ minimale qu’il chante dans la langue de Molière et teinte d'éléments 'dark'. Une ‘pop noire’ si on se réfère au nom du label qu'il vient de créer. Le hit lumineux "La Forêt" et le tout récent album éponyme ont révélé au grand public un artiste talentueux et discret, qui évolue dans un style sis quelque part entre Daho, Taxi Girl et Indochine, mais dont les arrangements dépouillés lorgnent vers Joy Division. 

Lescop s’était produit en première partie de Daniel Darc, au Botanique, en mai dernier. Il est en tête d'affiche pour ce concert intimiste prévu dans une Rotonde achi-sold out. Une sirène retentit, puis l'hypnotique "Paris s'endort" ouvre efficacement le concert. Lescop investit les lieux avec classe et discrétion. Pendant "Ljubljana", une capitale où, dit-il, ‘on trouve de très belles filles’, nous prenons le temps de l'observer. Il porte un simple polo Fred Perry fermé jusqu'au dernier bouton, un jean et des Converse. Derrière son pied de micro, concentré et les yeux fermés, il ressemble à Ian Curtis. Mais quand il danse, ce ne sont pas des mouvements frénétiques qui l'animent mais bien d'élégants déhanchements, légèrement androgynes.

Tant qu'on est dans les noms de villes, Lescop enchaîne par "Los Angeles", lieu où ‘des choses importantes se sont passées pour nous’. Sur scène, il est flanqué de Cédric Leroux (ex-Phoebe Killdeer) à la guitare, un croisement improbable entre Prince, Fred Chichin et Phil Lynott (une tête de Lynott?). Il joue de sa Fender Jazzmaster en exécutant des mouvements saccadés et épileptiques. A droite, on retrouve Antoine de Saint-Antoine, l'acolyte des débuts chez Asyl. Il est préposé à la basse, aux chœurs et au PC. Il n'y a pas de batteur, mais les morceaux ont nettement plus de pêche que sur disque. En outre, le son est, dans l'ensemble, excellent.

Dans "La Nuit Américaine", Lescop démontre que ‘live’, il a nettement gagné en aisance, par rapport au concert de mai. Il convainc aisément le public à taper dans les mains et enchaîne les morceaux en les agrémentant d’une présentation humoristique. Il remarque la disposition en amphithéâtre de la salle, qui lui rappelle ses cours à la fac. Quand il demande si quelqu'un a déjà pratiqué l'hypnose, votre serviteur –adepte de l'hypnose ericksonnienne– ne peut s'empêcher de lever la main. Lescop me fait un signe et la formation nous balance "Hypnose". Plus tard dans la soirée, Lescop me confiera qu'il utilise cette technique pour gérer son trac. Ce qui peut paraître étonnant pour un artiste qui se produit en public, au sein d’un groupe depuis 1995 ; mais la situation est évidemment différente quand on doit défendre un projet solo.

Revenons au concert, car le combo attaque son hit "La Forêt". Le public acclame chaleureusement les premières notes de basse, rejointes par le rythme minimal de batterie. Lescop campe sur le devant de la scène. Son interprétation est impeccable. Nous dansons en remuant la tête, comme ensorcelés par cette mélodie envoûtante. Après des applaudissements nourris, le set se termine par le puissant "Un Rêve" et le fascinant "Le Vent", une chanson sur ‘les souvenirs brûlants’.

Une courte pause et Lescop revient sur le podium, pour aborder le très paisible "Tu m'écrivais souvent", un inédit (voir la vidéo ici ). On attend impatiemment la sortie de l’Ep, sur lequel devraient figurer des inédits et remixes. Ensuite, place à "Slow Disco", une chanson proche de "La Forêt", mais plus indolente. Enfin, l'excellent "Tokyo, La Nuit", le deuxième hit du combo, n’a pas été oublié…

Lors du second rappel, au moment de choisir la toute dernière chanson, Lescop suggère d’adopter une formule instituée au cours des 60’s, en reprenant le hit à la fin du concert. Et on est reparti pour "La Forêt" (voir la vidéo ici ), mais cette fois, surprise, Lescop descend dans le public et demande aux spectateurs de s'asseoir. Il chante ainsi les premiers couplets de la chanson au milieu de ses fans. Au moment où le rythme redémarre, il saute en l'air et tout le monde l'imite. De retour sur l’estrade, il se déchaîne. Il communique son enthousiasme aux autres musicos. Tel un lion rugissant, il se dresse au bord du podium en tendant le micro vers le public, qui lui répond par un vacarme assourdissant. Un grand final pour un concert un peu court, certes, mais en tous points convaincant! Lescop promet de revenir pour un show plus long et dans une salle plus grande... Le rendez-vous est pris!

Je me dirige ensuite sans attendre vers le Café Central pour assister aux concerts de deux groupes issus de la très vivante scène 'witch-wave' américaine: Animal Bodies et Bestial Mouths. Issu de Vancouver, Animal Bodies réunit Natasha (voix et guitares) et Sam (claviers, programmations). Ils sont influencés par les musique 'dark' (EBM, new-wave, punk...) mais leur approche, très ‘Lynchéenne’, est résolument novatrice et s'inscrit dans un mouvement où l'on rencontre aussi Zola Jesus, Chelsea Wolfe, The Soft Moon ou encore In Death It Ends... Bref, on baigne encore dans l'ambiance d’Halloween! Devant une cinquantaine de fans et de curieux, le groupe a interprété une majorité de morceaux figurant sur leur excellent Ep "The Kiss of The Fang" (Sweating Tapes). On attribuera quand même une mention particulière à l’hallucinant "Venus Transit" (voir la vidéo ici ). Les rythmes sont saccadés et obsessionnels. Joués en ‘live’ par Sam, les synthés reposent sur des basses EBM aux accents 'drone'. Quant aux vocaux de Natasha, ils sont saturés, stridents et torturés. Un set court mais puissant!

Bestial Mouths émargeait au rayon ‘découvertes’. Mais je dois avouer avoir été impressionné par leur synth-punk expérimental, caractérisé par une rythmique tribale, saccadée, des synthés déjantés et la voix incantatoire, très ‘Siouxsienne’, de Lynette Cerezo. Affichant un look de PJ Harvey gothique illuminée, Cerezo ne chante pas, elle éructe. Le concert ressemble à un rituel illuminé et infernal. En fin de parcours, le groupe attaque une reprise du "Never Alive" de Snowy Red. Une belle manière de remercier Michael Thiel, le fils de Snowy Red, présent au premier rang, et dont la collaboration à l’organisation de ce concert a sans doute été plus que précieuse.
http://youtu.be/w-FylKnc56k

Mais la soirée était loin d'être finie car c'est à ce moment que Vincent, sa compagne Valéria, accompagnés de... Lescop et de son band, ont débarqué. Une très chouette surprise, qui nous a permis de mieux connaître ces artistes en sirotant quelques bonnes bières belges.

Lescop nous a ainsi confié en 'off' que le buzz créé par les médias à son sujet l’avait mis très mal à l’aise. La couverture des Inrocks (‘Lescop ressuscite la cold wave’) apparaît à cet égard déplacée vu que l'intéressé ne semble nullement motivé par la nostalgie et estime jouer une musique moderne, bien d'aujourd'hui.

En dépit de cette situation, il estime indispensable de rencontrer les médias populaires, avouant même n’exclure ni la Star Ac' ou The Voice. Pour lui, l'important est en effet de toucher un maximum de monde, notamment les kids. Après tout, il avoue avoir lui même découvert Blur et le grunge grâce à des programmes TV populaires.

Je n'ai pas pu m'empêcher de lui poser la question concernant la ressemblance entre "La Forêt" et la chanson "Cran d'Arrêt", de Dernière Volonté, une analogie que Geoffroy, le chanteur de DV, avait épinglée lui-même lors de son interview (voir ici ). La réponse à cette question est claire: Lescop ne connaît pas DV et ne peut donc pas s'en être inspiré. Nous mettrons dès lors ces corrélations sur le compte de l'inconscient collectif... et de la référence commune à The Cure, bien sûr.

Enfin, Lescop nous a confié qu'il allait à nouveau collaborer avec Indochine pour leur prochain album, aux côtés de Air. Rappelons qu'il avait déjà cosigné "Les Portes du Soir" sur "Alice et June".

‘Allons danser!’, lance soudain Lescop, et nous nous retrouvons aussitôt sur le ‘dancefloor’ du Café Central sur la musique de notre copine DJ Nancy Bruxelles. Je lui suggère de glisser dans sa programmation, "Tokyo, La Nuit" ; et pendant que nous nous déhanchons sur ce sublime morceau, je me dis que c'est quand même beau, Bruxelles, la nuit...

Merci à Lescop, Cédric, Antoine, Vincent, Valeria, Nancy et Mat.

(Organisation : Botanique pour Lescop et Cheap Satanism Records pour Animal Bodies/Bestial Mouths)

 

The Vaccines

Come of Age

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Ce quatuor londonien est devenu la nouvelle coqueluche de l’Albion. Fondé en 2010, il vient de publier son deuxième album, « Come of age ». Un disque qui a bénéficié de la mise en forme d’Ethan John (King of Leon, Emmylou Harris).

Si la formation puise ses influences majeures chez les Ramones, The Strokes et The Jesus And Mary Chain, c’est souvent aux Libertines et à Arctic Monkeys qu’elle est comparée. Normal, puisque ces deux groupes sont nés en Grande-Bretagne.

Des références qui semblent de mieux en mieux digérées sur leur nouvel opus. Parfois pour laisser un peu de place à d’autres. Une chose est sûre, les cordes de guitares sont toujours bien présentes. Surf, tintinnabulantes, déchiquetées, saignantes ou pétillantes (NDR : sur l’allègre « All in vain », elles gémissent même comme la Rickenbacker de feu George Harrison) elles balisent la plupart des compos. Depuis le ‘strokesien’ « No hope », au cours duquel Young emprunte un timbre vocal ‘dylanesque’ à « Lonely world »’, une ballade britpop hymnique qui aurait pu figurer au répertoire d’Oasis, en passant par le menaçant (The Cramps ?) « Ghost town », trempé dans le psychobilly, « Aftershave ocean », une compo mid tempo dont le sens mélodique lorgne vers Ash, « Weirdo », secoué par une ligne de basse trépidante (Pixies ?) et bercé par une voix détachée (Pastels ? Belle & Sebastian ?), le rugueux et hypnotique « Bad mood », fruit d’une rencontre hypothétique entre Jesus & Marychain et The Arctic Monkeys et le superbe « I wish I was a girl », une plage imprimée sur un tempo new wave. La panoplie de rythmes développés par le drummer est également un des atouts des Vaccines. Il adopte même le célèbre 4/4 des Ramones sur « Teenage icon ».

Les Vaccines se produiront ce 8 novembre 2012 à l’Aéronef de Lille, dans le cadre du festival des Inrocks.

 

Bob Dylan

Tempest

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« Tempest » constitue déjà le 35ème album studio du Zim. Eponyme, son tout premier était paru en 1962, soit il y a exactement 50 ans ! Pour enregistrer cet opus, il a pu compter sur son plus fidèle collaborateur, en l’occurrence le bassiste Tony Garnier, du drummer G. Receli, du gratteur Stu Kimball et du multi-instrumentiste Donnie Herron (steel, banjo, violon, mandoline). Mais également du guitariste Charlie Sexton, de retour après une bonne décennie d’absence ainsi que de David Hidalgo (Los Lobos), notamment à l’accordéon.

« Tempest » est le plus long titre de cet elpee. 14 minutes au cours desquelles, Dylan développe sa vision personnelle du naufrage du Titanic. Une valse country, tourmentée par des interventions de violon, qui finit par lasser. Cette compo, « Pay in blood », sorte de r&b trempé dans la pop, et « Roll on John » qui rend hommage à Lennon, sont incontestablement les points faibles de l’opus. Parce qu’il en recèle de très forts. Tout d’abord le morceau d’entrée « Duquesne Whistle ». Un western swing (dixieland ?) au cours duquel, sa voix ravagée ressuscite le fantôme de Louis Armstrong. Ensuite « Narrow way », un blues percutant découpé dans des riffs décapants, et imprimé sur un tempo hypnotique, irrésistible. Un autre blues ensuite, « Early roman kings ». Il y restitue carrément le célèbre riff du « Like a Rolling Stone » de Bo Diddley. Et le résultat est probant. Mais aussi l’éblouissant « Scarlet town ». Sans oublier l’envoûtant « Tin angel » (NDR : cette ligne de basse vibrante, mugissante), où il n’y manque que des bruitages insolites, pour s’imaginer au sein de l’univers de Tom Waits. Deux plages au cours desquelles il démontre qu’il est bien la référence ultime quand on parle de renaissance du mouvement folk/rock. Bien sûr, on n’oubliera pas ses lyrics. Poétiques, énigmatiques, féroces, ténébreux et peuplés de fantômes. A l’instar de « Soon after midnight », une chanson au cours de laquelle il traite de l’amour, de ses tourments et de la cruauté que ce sentiment peut engendrer.

 

Gauntlet Hair

Gauntlet Hair

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Gauntlet Hair nous vient de Lafayette, dans le Colorado. Un duo réunissant Andy R. (guitare, chant) et Craig Nice (batterie) qui se connaissent et partagent leurs goût musicaux, depuis l’âge de 15 ans. Certains médias comparent déjà leur musique à celle d’Animal Collective. Pour la créativité, peut-être. Et le recours à la technologie moderne, sans doute. Mais certainement pas pour les vocaux, Andy les dispensant constamment en reverb. Propulsé par les drums, mais aussi toute une panoplie de percus et de basses synthétiques, les rythmiques sont puissantes, pulsantes, palpitantes. Les cordes de guitare, bringuebalantes, tintinnabulantes, elliptiques, un peu comme chez Vini Reilly (Durutti Column), mais davantage écorchées voire déchiquetées.

Paru fin de l’année 2011, cet opus est éponyme. Il recèle neuf plages qui baignent dans une forme de noisy contemporaine. Expérimentale aussi ; mais sans jamais sombrer dans l’intellectualisme à tout crin, Gauntled Hair parvenant à baliser toutes ses compos sur une trame subtilement mélodique. A découvrir !

 

Malka Spigel

Every day is like the first day

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Malka Spigel était la chanteuse et la bassiste du groupe mythique israélien Minimal Compact. La formation a essentiellement sévi de 81 et 88, et si elle s’est reformée en 2003/2004, c’était uniquement pour accorder quelques concerts. Faut dire que tous les musicos ont depuis leurs propres projets.

Malka est également l’épouse de Colin Newman, le frontman de Wire. Ensemble, ils participent d’ailleurs à l’aventure de Githead. Mais elle se consacre aujourd’hui surtout à la photographie et à la vidéo. Il lui arrive cependant de tenter l’aventure en solitaire. A l’instar de ce nouvel elpee, « Everyday is like the first day », qui n’est que son quatrième publié sous son propre nom. Enfin, en solo, c’est vite dit, puisque lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de son époux, de Johnny Marr ainsi que de quelques autres. Des sessions qui se sont déroulées sous la houlette de Ronald Lippok, Teho Teardo et Gil Luz, tantôt à Berlin, Rome ou Tel Aviv. Le tout après avoir dégrossi les compos à Londres, en compagnie d’Andy Ramsay (Sterolab, High Llamas, Add N to (X)), et surtout pu se servir d’instruments insolites ou vintage, tels que le bouzouki, le vibraphone ou les synthés analogiques).

En résulte un album découpé en 12 plages inégales. Lorsque les compos glissent excessivement vers l’électro/ambient, on a l’impression d’entendre du Stereolab sous prozac (« Lost in sound », « Dream Time », « After the rain » et même « European weather », malgré la présence de drums). A contrario les morceaux les plus vivifiants nous replongent dans un post punk digne de Wire, mais dynamisé par les interventions de basse pulsantes de Malka. A l’instar du tempétueux titre maître, du magnétique « See it sideways », de l’hypnotique « Finding you », caractérisé par ces accords de gratte presque en boucle, des accords encore plus saturés sur les excellents « Chasing shadows » et « Two dimensions in a single frame », cette dernière plage jouant parfaitement sur le contraste entre la section rythmique nerveuse et la voix éthérée de Malka. De l’opus, j’épinglerai encore « Ammonite », une mélopée ténébreuse, enrichie d’arrangements de violon, dont la progression de cordes tout en subtilité me rappelle quelque part Bel Canto ; et puis enfin l’énigmatique « Back in the old city », piste hybride réussie, à cause de l’équilibre parfait entre instrumentation organique et électronique. 

 

Pro-Pain

Straight to the dome

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Malgré 20 années de carrière, on ne peut pas dire que la routine ait altéré les ardeurs de ces vétérans de la scène métal hardcore new-yorkaise ! Pro-Pain nous propose d’ailleurs son treizième opus. Découpé en 11 plages, ce « Straight to the Dome » ne devrait pas décevoir les aficionados du combo étasunien. Onze bombes ‘old school’ sauvages, excitantes et qui font mouche à tous les coups. A l’instar de « Nothing Left » ou « Bitter Pill », deux pistes illuminées par la voix inimitable de Gary Meskil, malmenées par la double grosse caisse de Dan Richardson et fouettées les riffs métalliques gargantuesques d’Adam Phillips. Mais le groupe ose néanmoins s’aventurer en terres inconnues. Comme sur « Zugabe ! », une ‘chanson à boire’ destinée à ses nombreux fans allemands… L’album a été enregistré en Suisse et mixé par le producteur helvétique V.O. Pulver. Pas une raison pour que le son soit neutre. Pro-Pain a toujours été un groupe énervé et monolithique (NDR : il est parfois difficile de discerner un titre de l’autre…), d’ailleurs, « Straigh to the Dome » ne déroge pas à la règle.

 

Magic Slim

Bad Boy

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De son véritable nom Morris Holt, Magic Slim est un des derniers grands bluesmen chicagolais, encore actifs. Il est né dans le Mississippi, il y a déjà 75 ans. Sa génération est celle qui a suivi les Muddy Waters, Howlin' Wolf, Willie Dixon et consorts qui fréquentaient le quartier sud de Chicago. Slim s'est révélé dans le Westside, au cœur des années 70. Les autres ténors de ce style répondaient au nom de Luther Allison, Otis Rush, Magic Sam et Buddy Guy. Certains d’entre eux sont encore en vie. En 1968, les Teardrops deviennent le backing group de Magic Slim, un groupe au sein duquel militait son frère Nick Holt, vers la fin des seventies. Et plus exactement à partir de 1978. Son nom était ainsi apparu lors de la sortie du deuxième volume du "Living Chicago blues", chez Alligator! Magic Slim a gravé une quarantaine d’albums, principalement sur le label californien Blind Pig et en Europe pour l’écurie autrichienne Wolf.

Le plus souvent souriant, Slim a un visage buriné. Son blues est authentique, primaire, immédiat et fleure bon le Sud. Ses Teardrops contemporains réunissent le guitariste Jon McDonald, le bassiste Andre Howard et le drummer BJ Jones. Ils ont rejoint leur boss dans le studio Rax Trax de Chicago. Le répertoire est largement emprunté à d'autres artistes, car Slim n'a jamais vraiment eu la plume féconde.

"Bad Boy" ouvre l’elpee. Une compo signée Eddie Taylor. C’était le gratteur en titre de Jimmy Reed, l'une des stars du blues en son temps. Mais Slim s'approprie ce "Bad boy", tant il l’intègre au plus profond de lui-même. Il dialogue en permanence avec les cordes de sa Gibson. Ses Teardrops le talonnent et lui donnent la réplique vocale. Magic Slim, c'est une recette, un style bien personnel. Les plages de cet opus forment d’ailleurs un ensemble bien homogène. Le bassiste André Howard et Magic partagent le chant tout au long de "Someone else is steppin' in", une compo qui rappelle manifestement le célèbre "Sweet home Chicago". Slim passe à la moulinette "I got money", une plage issue de la plume de Detroit Junior, un excellent pianiste chicagolais qui avait débuté sa carrière à Detroit. Imprimée sur un tempo soutenu, cette piste est légèrement teintée de funk. "Sunrise" c'est du Slim au sommet de son art. Issu de sa plume, ce blues basique et sans aucune fioriture est garanti 100% Holt. Il n’y libère les notes nécessaires que selon le feeling de l'instant. Les Teardrops forment un backing group solide. Et "Girl what you want me to do" en est la plus belle illustration. La guitare rythmique, la basse et la batterie forment une assise sans faille pour se mettre au service du boss. Ce dernier a alors le loisir de prendre des billets de sortie, dès qu’il en a l’occasion. "Hard luck blues" est le slow blues de circonstance. Très dépouillé, véhiculant des accents dramatiques, il macère dans le Chicago Westside. Magic appuie sur le champignon pour nous délivrer son "Gambling blues", puis embraie par sa version du "Champagne and reefer" de Muddy Waters. Une adaptation bien agréable de ce blues spécifique à la Cité des vents. La bande des quatre s'amuse et prend son pied tout au long du "How much more lang" de J.B Lenoir. La cover du "Matchbox blues" d’Albert King est fidèle à l’originale. "Country Joyride" achève l’opus, une plage nerveuse comme j’adore…

 

Such Gold

Misadventures

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Je pensais vraiment que ce style musical était tombé en désuétude ; mais à ma grande surprise certains groupes pratiquent encore cet emocore à tendance screamo, tel que le dispensaient, à l’époque, d’horribles groupes comme The Used ou Finch. Such Gold figure parmi ces nostalgiques. Et son premier elpee, « Misadventures », est manifestement hanté par cet esprit. Les 10 morceaux ont d’ailleurs été produits par Steve Evetts que l’on a vu aux côtés d’Every Time I Die, des très bons Snapcase ou de Saves The Day. Ces New-yorkais sont responsables d’un punk hyper mélodique, criblé de cris empruntés au hardcore… Nostalgiques, ces musicos le sont certainement, pour choisir un tel patronyme, car il considère cette scène toujours comme « Such Gold » pour eux… Les fans adoreront, les autres ne se laisseront pas embarquer dans l’aventure. Mais les membres de Such Gold ne seraient-ils pas un peu jeunes pour exhumer un genre à peine disparu ?

 

Swod

Drei

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« Drei » constitue le troisième album de ce duo allemand, réunissant Oliver Doerell et Stephan Wöhrmann. Ces deux Germanophones ont pris leur temps pour concocter cet opus, puisque 4 années séparent ce disque de leur précédent LP, « Sekuden », et pas moins de 8 ans, leur premier, « Gehen ».

L’elpee s’ouvre tout en délicatesse, par une intro au piano. Un climat empreint de douceur, entretenu par les ivoires, qui ne va plus nous quitter jusqu’en fin de parcours. Car si les Teutons émargent à l’électronica, c’est assurément du côté abstrait et orchestral de ce style que le duo penche, plutôt que vers le drum & bass énergique.

Cette œuvre dégage une certaine force tranquille. Ou plus exactement une forme de mélancolie douce (NDR : on y revient !) Superbe mais sombre, une plage comme « Largo » en est certainement la plus belle illustration. Mais les autres pistes sont aussi réussies.

On est transporté au sein d’un univers propice au rêve. Des songes romantiques, faut-il le préciser ? Paisibles, les morceaux (NDR : surtout des ballades !) s’égrènent et finissent par envoûter. Discrète l’électro cède volontiers la place aux ivoires et aux instruments à cordes.

Plutôt adepte d’électro énergique et rythmée, je dois même avouer m’être laissé séduire.

Un chouette album !

 

Hermann Szobel

Szobel

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Hermann Szobel est né à Vienne, en 1958. A 17 ans, ce jeune prodige enregistre un album de jazz fusion très en avance sur son temps : "Szobel". Ce pianiste/compositeur puise alors déjà ses influences chez Keith Jarrett, Weather Report et Frank Zappa. C'est cet opus qui vient d’être réédité en compact disc. L’artiste souhaitait créer une musique instrumentale élaborée. Un an plus tôt, il s’était envolé pour New York afin de concrétiser sa mission sacrée. Il recrute pour collaborateurs le bassiste Michael Visceglia, le drummer Bob Goldman, le vibraphoniste/percussionniste David Samuels ainsi que Vadim Vyadro aux cuivres et bois.

Détail qui a son importance, Hermann était le neveu de l'imprésario Bill Graham (NDR : le propriétaire des salles du Fillmore à New York et San Francisco). Ce qui allait lui ouvrir pas mal de portes ; et en particulier celle d’un label major : Arista! Malheureusement, un peu trop prétentieux, le gamin va s’égarer dans ses excentricités ; si bien que le Hermann Szobel Band ne se produira qu'à une douzaine de reprises. Et l’aventure de l’ensemble ne durera que huit mois. L'enregistrement d'un second elpee va avorter et Hermann repartira en Autriche où plus personne n'entendra parler de lui. Il est pourtant toujours bien en vie, mais semble sorti des circuits musicaux.

Trente-cinq ans plus tard, Lazers Edge vient donc d’exhumer ce disque. Seul au clavier, Hermann ouvre "Mr Softee", avant d'être rejoint par le bassiste, puis de Vyadra au saxophone. L’écriture des compos est complexe. Les changements de rythmes sont brutaux et improbables comme les affectionnait tant Zappa et ses Mothers of Invention. Créative, laissant libre cours à l’improvisation, l’expression sonore puise autant dans l’univers du jazz que du classique. L’artiste trace les lignes de base de ses morceaux, pour permettre aux autres instrumentistes de pointer le nez à la fenêtre. A l’instar de "The szuite", piste qui met en exergue la basse, les percussions et enfin le saxophone, de toute évidence un élément important dans la structure de son puzzle imaginaire. Szobel se divertit de ses divagations aux ivoires, tout au long de "Between 7 and 11" et "Transcendental floss". Délire cosmique, "New York City 6 am", est le fruit d’un dialogue visionnaire entre piano et section rythmique. C’est aussi le titre final.

Ce long playing était donc paru en 1975. Il y a déjà une dizaine d’années que Zappa explorait ce style. Et puis, il ne faut pas oublier qu’en Angleterre, fin des sixties, l’école de Canterbury a enfanté des groupes de jazz/rock expérimentaux comme Nucleus ou Soft Machine. Et qu’en Allemagne, le krautrock avait déjà livré toute sa quintessence. Dès lors, le terme avant-gardiste n’est sans doute pas trop approprié pour qualifier cet album. On lui préférera celui de cérébral.

 

Arthur Adams

Feet back in the door (single)

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Ce single serait la première sortie du label Kind of Blue Music, une nouvelle écurie issue de Nashville. Keb Mo, lui aussi chanteur/guitariste noir établi à Los Angeles, en assure la production.

Arthur est né le jour de Noël, en 1943, à Medon, dans le Tennessee. Il chante le gospel dans l'église du quartier, avant de rejoindre les Gospel Travellers. Il émigre ensuite à Nashville, puis à Dallas où il accompagne Chuck Berry, Lightnin' Hopkins et Buddy Guy. Il publie ses premiers singles début des 60’s sous le nom d'Arthur K. Adams. En 1967, il atterrit enfin à Los Angeles, Son premier album, "It's private tonight", paraît en 1972. Chez Blue Thumb. La mise en forme est confiée à Bonnie Raitt. Ses trois albums suivants se révèlent plus funk et soul que blues. Il les grave au cours de la même décade. Fin des 80s, il monte son propre band. Ce qui ne l’empêche pas d’apporter régulièrement son concours au grand BB King. Et quand le BB King's Blues Club s'ouvre à Holywood, Arthur en devient l'une des plus régulières attractions. Il faut encore attendre 1999 pour voir la sortie de "Back on track", chez Blind Pig ; un opus pour lequel bénéficie de la participation de BB King. Son dernier elpee, "Stomp the floor", était sorti chez Delta Groove en 2009. Il y dispensait un blues traditionnel largement teinté de R&B et de jazz. Bref dans un style purement Adams !

Dansant, "Feet back in the door" est blues superbe, Arthur possède une voix pure, délicate, idéale pour chanter la soul. Ses interventions à la guitare sont discrètes et ne reflètent pas le potentiel de l’artiste (NDR : on s’arrache cet esthète des cordes, lorsqu’il s’agit de dénicher un musicien de studio). Une excellente compo néanmoins, tapissée par l'orgue Hammond. "Like only she can do" adopte un profil semblable. Empreinte de douceur, la voix d’Arthur est enrobée de chœurs tout au long de ce morceau légèrement funk. Il se réserve néanmoins une brève sortie aux cordes, particulièrement inspirée. Ce single est aisément téléchargeable sur la toile…