La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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DucHeSs SaYS

The Queen is dead? God saves Duchess !

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Exercice périlleux pour lequel j’affiche toujours une certaine appréhension, l’établissement d’un Top proposant le meilleur du meilleur de l’année écoulée me pousse toujours à retarder l’échéance au maximum. Bien m’en a pris, puisque ce jeudi quinze décembre, m’était donné l’occasion d’aller applaudir les Canadiens de DucHeSs SaYS, pour ce qui restera, d’un point de vue scénique, un des hauts faits d’armes de 2011.

Au vu de leur prestation incendiaire, pleine de gouaille et de rébellion bon enfant, dont le souvenir brûlant dessine encore quelques jours plus tard un rictus jubilatoire aux commissures de mes lèvres à peine engourdies par les premiers froids, je ne peux que les asseoir définitivement sur le trône consacrant la prestation de ces douze derniers mois.

Ce soir, je me suis échappé de ma cage sur le tard, et malgré un vol sans encombre, je déplore devoir manquer à l’appel de Lady Fucked Up. Gentes demoiselles, veuillez me pardonner ce malencontreux contretemps qui ne m’a pas permis de juger de votre prestation. D’autant plus que selon les rumeurs, elle était des plus réussies. Jeunes pousses du label Cheap Satanism Records, ces fleurs du mâle devraient me permettre au plus tôt de pallier à ce manquement, car je ne doute pas avoir l’occasion de les croiser à l’entame de l’an nouveau. Et pour sûr, je ne manquerai pas d’en faire le compte rendu, ici même.

Il est à peine un peu plus de vingt heures et les Parisiens de Pilöt prennent corps sur le devant de la scène.

Petit bout de femme étrangement vêtue, Alex C.T. De Selve, chanteuse de son état, se dresse alors dans la lumière, et sa douce folie s’étend alors comme une ombre démesurée qui va planer tout au long du set, sur un public happé par son chant sauvage et sa fausse fragilité.

L’ossature tour à tour cambrée, puis recroquevillée dans un pyjama enfantin trop large, rappelant les baigneurs du début du vingtième siècle, elle étrangle sa voix avant de la laisser prendre corps et finalement subjuguer l’auditoire.

Illustration parfaite de la brindille allumant un feu de forêt.

Sur le fil d’un rasoir dont la lame entaille joyeusement les poncifs de multiples genres, du Punk aux épileptiques soubresauts d’un Rock Bleu-Blanc-Rouge désireux de se faire plus anglophile que la très chère Albion, Pilöt libère une énergie primale que l’on rencontrait chez Sloy, autre fantastique groupe Hexagonal.

Une belle claque, qui annonçait une fameuse gifle…

Parce que confronté à DucHeSs SaYS, l’ampleur du séisme allait encore gravir quelques échelons sur la réglette de Richter.

Dresser le tableau de l’univers frappadingues de ces Québécois me demanderait plus de nuances que ma palette n’en comporte.

Ces prédicateurs de l’Eglise des perruches (un ordre mêlant clairvoyance et astrologie) déconstruisent et reconstruisent à leur guise les préceptes du Saint Rock, en y ajoutant une bonne dose d’humour et de démence sauvagement dosée.

Annie-Claude Deschênes, en grande prêtresse de cérémonie, sait y faire quand il est question d’haranguer les foules et amener le public à communier dans une orgie sonore explosive.

N’hésitant pas à inscrire le titre du morceau suivant au feutre indélébile sur le bras d’une spectatrice, à frapper le front des plus distraits ou encore à subtiliser quelques draps de son hôtel pour les transformer en étendards festifs animés par son auditoire, la charismatique Canadienne a passé les trois quarts du concert au milieu d’une foule enchantée et prête à en découdre, comme le prouve les nombreuses invasions ‘on stage’, aux côtés de musiciens vraisemblablement acquis à cette cause et passablement indifférents à ce genre de débordements.

D’un bout à l’autre de ce concert mémorable, tension et frénésie se taillent la part belle d’un gâteau que l’on mangerait jusqu’à l’indigestion.

Au final, on aura droit à deux rappels ‘expérimentaux’. De quoi asseoir la popularité de ces Ducheess au regard d’un Magasin 4 ravi d’une telle débauche de saine folie, et surtout au mien.

Pour ceux qui avaient eu la chance d’assister à un de leurs sets (notamment celui accordé à Dour, cet été), comme pour les autres qui les découvraient ce soir, DS démontre qu’elle est une formation à voir, revoir et re-revoir absolument !

Certains concerts vous donnent le sentiment d’assister à un événement. Parce que pléthore de groupes préfèrent se la jouer ‘sérieux’ et ne dégagent pas grand-chose, si ce n’est un ennui profond, il faut participer à un concert de DucHeSs SaYS, au moins une fois dans sa vie.

Lady Fucked Up + Pilöt + DucHeSs SaYS

(Organisation : Cheap Satanism Records + HeXaGEN + Magasin 4)

Tony Sly

Sad Bear

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Quand un ex-punk décide de débrancher son ampli et de renoncer aux distos, pour embrasser un style plus basique, le plus souvent folk, limité en général à la sèche et à la voix, ça passe ou ça casse. Parce que lorsqu’on est seul avec sa guitare acoustique, il n’est plus possible de se cacher derrière le moindre artifice. Seule la qualité de songwriting importe. Parmi les reconversions les plus réussies, on épinglera Elliott Smith et Micah P. Hinson, qui militaient également au sein d’une formation punk avant de se lancer dans une aventure une solitaire. Il y en a d’autres, bien sûr, et l’exemple le plus récent est certainement celui accompli par l’ex-chanteur de Million Dead, Frank Turner.

Malheureusement, il faut reconnaître que Tony Sly n’a pas vraiment fait le bon choix. En outre, son deuxième album risque fort de définitivement éloigner les fans de No Use For A Name. Et pas seulement, parce que l’énergie légendaire dispensée par le groupe culte californien est ici totalement absente. Quant aux quelques étincelles qui parsèment accidentellement l’une ou l’autre plage, elles ne parviennent jamais à allumer la flamme. Simplement parce que les neuf morceaux qui figurent sur « Sad Bear » sont d’une niaiserie indicible. Les lyrics, tout particulièrement. Qu’il interprète, trop souvent d’un ton pathétique (« Discomfort Inn », « Therapy »). Même que si Tony Sly voulait faire pleurer sous les chaumières, il ne parviendrait qu’à provoquer des fous rires. Le pauvre !

 

Too Much & The White Nots

Hootenanny

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Too Much and The White Nots est un collectif bien belge qui ne connaît pas la crise. Un septuor réunissant, un véritable ‘melting pot’ noir, jaune, rouge ; soit deux Wallons, une Bruxelloise d’origine néerlandophone ainsi que des Bruxellois d’adoption (français, italien). Et le collectif est parvenu à trouver le bon équilibre en n’hésitant pas à faire des compromis, pourvu qu’ils soient source de joie et de bonne humeur. 

« Hootenanny » constitue leur tout premier elpee. Leurs influences ? Ils les puisent essentiellement dans le folk des sixties et du début des seventies. Pensez d’abord à Bob Dylan. Pour la face étasunienne. Et Nick Drake. Pour l’insulaire. Des influences que le collectif revendique d’ailleurs. Evidemment, si on se limite à la scène contemporaine, ce serait plutôt du côté de Fleet Foxes qu’il faudrait lorgner. Tout en imaginant un chanteur dont le timbre est aussi nasillard que celui de Devendra Banhart.

Parfois légèrement teintées de blues, les compos de Too Much and The White Nots sont balisées par un violoncelle et des guitares. Une trame sur laquelle vient se greffer une multitude d’instruments, dont un ukulélé, des dununs, du glockenspiel et un xylophone. Bien que le climat soit le plus souvent allègre, une certaine tension est parfois palpable sur certaines plages. Quant aux vocaux, dispensés sous forme de dialogues ou conjugués en harmonie, ils communiquent beaucoup de vivacité aux chansons. Deux regrets cependant, certaines pistes tirent en longueur. Et puis, il y a cette reprise « My Moon, My Man » de Feist, absolument abominable…

Bonne nouvelle quand même, le groupe a bien la tête sur les épaules. Et il est conscient que c’est sur les planches qu’il parvient à donner le meilleur de lui-même. Il lui faudra donc encore bosser pour reproduire sur un support, tout le talent qu’il parvient à afficher en ‘live’…

 

Wu Lyf

Go Tell Fire To the Mountain

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Wu Lyf, initiales de ‘World Unite - Lucifer Youth Foundation’ fait la nique à toutes les convenances et aux genres établis. D’ailleurs, pour enregistrer ce « Go Tell Fire To the Mountain », la ‘fondation de la jeunesse luciferienne’ s’est enfermée… dans une église. Les Mancuniens en sont sortis muni d’un premier LP énorme, aux hymnes que l’on imagine facilement repris par un stade de foot entier. Ellery Roberts, alias Elle Jaie, scande ses versets à qui veut les entendre. Et même si personne ne les entend, il n’en a rien à clairement rien foutre. Chaque syllabe est hurlée comme si son auteur recherchait la moindre once de délivrance que pourrait lui apporter ses interjections. Emmené également par des riffs de guitares séraphiques, le « Go Tell Fire To the Mountain » de Wu Lyf  joue la carte de la dualité avec un brio désarmant.

« Heavy Pop », tel est le titre qui clôture la galette mais qui décrit également à merveille les dix morceaux qui la compose. A mi-chemin entre l’enfer et le paradis, les quatre Britons peuvent se targuer sans rougir d’avoir généré le chaînon manquant entre Pop, Indie et Metal. Suffit de jeter une oreille à « We Bros » ou l’énormissime « Spitting Blood » pour se laisser convaincre. Oubliez le sacrifice de chèvre et n’implorez plus l’absolution. Ecouter « Go Tell Fire To The Mountain » de World Unite – Lucifer Youth Foundation est l’acte le plus libérateur et spirituel susceptible d’être réalisé en cette période trouble.

 

Bad Company

Live At Wembley

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Après avoir mis fin en 2009 à son aventure en compagnie des musicos de Queen, Paul Rodgers, s’est réservé quelques dates en solo, avant de reformer Bad Company. Le combo vétéran du hard blues des seventies a ensuite accordé une série de concerts, dont le plus prestigieux reste celui de la Wembley Arena de Londres, en septembre 2010. Le live qui témoigne de cette grande soirée propose un Bad Co resserré autour des trois membres originels. Paul Rodgers, mais aussi Mick Ralphs et Simon Kirks. Le trio s’est adjoint les services du guitariste Howard Leese (Heart, Lita Ford) et du bassiste, moins célèbre mais non moins talentueux Lynn Sorensen.

En 74 déjà, le succès est au rendez-vous et Bad Co se montre déjà comme un groupe taillé pour la scène, autant pour la puissance qu’il dégage que pour le charisme d’un Rodgers à la voix aux accents rauques et blues. Près de quarante ans plus tard, elle n’a pas failli, comme en témoigne « Can’t Get Enough » qui ouvre cette dernière date de la tournée 2010. L’énergie libérée par les 14 titres qui suivent, impeccables et sans fioritures, reste elle aussi intacte. Même s’il y a près de trente ans qu’ils ne se sont plus produits en Angleterre, tout le stade reprend à tue-tête le refrain irrésistible de « Shooting Star » et applaudit avec fracas à l’annonce des titres. Tous des tubes, comme les célèbres « Seagull », « Feel Like Makin Love », « Movin On » ou « Rock’n Roll Fantasy ».

Bad Co offre au public les chansons qu’il souhaite entendre, et on reste bouche bée en réalisant qu’autant de ses compos soient devenues des ‘classiques’. En outre, le temps n’a altéré ni le look, ni la voix, de celui qui a succédé à Freddie Mercury. Une magnifique leçon de hard rock à l’ancienne qui donne toujours envie de taper du pied. Peut-être le live de l’année !

 

CANT

Dreams Come True

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Petite escapade solo pour Chris Taylor, membre très actif de Grizzly Bear et Department Of Eagle ainsi que producteur à ses heures perdues. Sous le sobriquet de CANT, Taylor dévoile ses premières divagations en solitaire, entre pop et electronica. Enfin, pas si solitaire qu’on ne l’imagine. Car George Lewis Jr. donne également de sa personne en jouant quelques instruments sur plusieurs morceaux de « Dreams Come True ». Un choix peu étonnant tant la voix de Chris Taylor se rapproche de celle de son protégé.  En effet, les intonations relevées ici évoquent implacablement celles qui étayent le « Forget » de Twin Shadow, produit l’an dernier par le Grizzly Bear himself. 

Après une mise en bouche très Yeasayer-esque (« Too Late, Too Late »), le disque ratisse large au niveau des influences. Outre Twin Shadow, Chris Taylor s’aventure également sur les terres déjà occupées par Brandon Cox et ses nombreux projets. « Believe » et « Bang », pour ne citer qu’eux, auraient aussi bien pu apparaître au sein d’une œuvre de Deerhunter qu’une autre d’Atlas Sound. Si on se laisse facilement prendre au jeu de CANT, ce n’est pas tant pour son originalité que son foisonnement d’idées. La richesse et la variété des compositions de « Dreams Come True » se révèlent être ses principaux points forts. Peut-être même les seuls. Mais c’est déjà beaucoup plus que d’autres…

 

Bertrand Cantat

Chœurs

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Déjà disponible en MP3 sur la plupart des plateformes de  téléchargement payant, "Choeurs" sortira ce vendredi 16 décembre en livre-CD chez Actes-Sud et sera distribué en librairie.

De "Dithyrambe au soleil" aux "Serviteurs d'Arès", 17 pistes figurent sur cet enregistrement, prolongement de la trilogie "Des Femmes", consacrée à Sophocle par le dramaturge Wajdi Mouawad. ‘L'album « Chœurs » est une dérive des chœurs mis en musique par Bertrand Cantat, Bernard Falaise, Pascale Humbert et Alexander MacSween dans les pièces "Les Trachiniennes", "Antigone" et "Electre"  de Sophocle traduites par Robert Davreu et qui composent le spectacle Des Femmes, trilogie théâtrale mise en scène par Wajdi Mouawad’, explique l'éditeur Actes Sud. 

D'une couleur très rock, le groupe –qui, sur scène, prenait la place du chœur antique– réunit Bertrand Cantat, le bassiste Pascal Humbert (ex-Passion Fodder et ancien membre de 16 Horsepower), le guitariste canadien Bernard Falaise et son compatriote, Alexander Mac Sween, préposé aux drums.

Toutes les musiques ont été composées et signées par les quatre musiciens. Quant aux textes, ils sont adaptés de Sophocle, sauf deux exceptions : "Bury Me Now", un titre issu de la plume de Bertrand Cantat, qui a cosigné "Dithyrambe au Soleil" en compagnie de Wajdi Mouawad.

Par sa noirceur, sa puissance émotionnelle et –forcément– la forte personnalité de la voix ainsi que l'instrumentation (guitare, voix, basse, batterie), cet ensemble n'est pas sans connexion avec l'univers que Bertrand Cantat est parfois parvenu à développer, par le passé, chez Noir Désir.

Pour ses moments de forts contrastes, il peut être rapproché du projet ‘Nous n'avons fait que fuir’. Le 21 juillet 2002, Noir Désir avait alors donné à Montpellier, dans le cadre du festival Radio-France, une représentation unique de ce long poème de Bertrand Cantat, mis en musique en direct par Noir Désir.

Programmé par France-Culture, ce projet avait fait l'objet d'une parution en livre CD aux éditions Verticales, en 2004.

Tracklisting de « Chœurs » :

1.         Dithyrambique au soleil
2.         Déjanire
3.         Le Choeur Joie
4.         La puissance de Cypris
5.         Les mouillages
6.         Révélation de l’Oracle
7.         Puisse un vent violent se lever
8.         La victoire de Thèbes
9.         Rien n’est plus redoutable que l’Homme
10.       Heureux sont ceux qui du malheur
11.       Eros
12.       Bury me Now
13.       Dionysos
14.       Elle viendra l’Erinys
15.       Courir sous la pluie
16.       Le Chœur des Oiseaux
17.       Les serviteurs d’Arès

 

Feorm

Feorm

Écrit par

Alors qu’il est annoncé à l’agonie voire à bout de souffle depuis quelques années, le post-rock enfante encore régulièrement de bonnes surprises. De quoi laisser présager une durée de vie bien supérieure à celle qui lui avait été attribuée.

Feorm est une formation insulaire, dont l’expression sonore puise dans les structures post-rock, mais également la musique électronique. Les références ? Tortoise, Mogwai mais également la scène allemande des années 70 (Komische Musik).

Au départ, à l’instar des jazzmen, les 5 musicos ont développé des séances d’improvisation au sein d’une fermette sise dans le Norfolk rural. Les 12 morceaux ont ensuite été mixés (NDLR : mis en f(e)orm(e) ?) par Denis Blackham, sur l’île de Skye. Un travail d’équipe exigeant qui a conféré à l’ensemble une dimension cinématographique évoquant les paysages froids et noirs comme sur le véritable western nordique de « The Long Drop ».

Tout en préservant l’aspect mélodique, Feorm est parvenu à pondre des compos qui tiennent la route et dont le style lorgne tour à tour vers le post-rock classique (« Munc the Grover »), l’électro-groove ambient (« Clatterhoof »), le jazz (« Necterne ») et même le prog (« Oriens »).

Fool’s Gold

Leave no Trace

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Il y a deux ans, Fool’s Gold frappait un grand coup, en publiant son premier opus. Un disque éponyme au cours duquel la formation était parvenue –avec pas mal de classe d’ailleurs– à agréger rythmes éthiopiens et sonorités hébraïques, sur des structures chères au krautrock teuton. Réunissant une dizaine de membres, le collectif californien (NDR : établi à L.A.) impliquait alors des musiciens de Foreigner, la star latine Erica Garcia et l’ex-drummer de We Are Scientists…

Leur nouvel elpee a été enregistré sous un line up bien plus classique. Cinq musiciens drivés par le duo fondateur Luke Top (voix et basse) et Lewis Pesacov (guitare). Les compos figurant sur « Leave no Trace » sont bien plus rock que sur le précédent elpee. Moins originales également. En outre, elles sont interprétées dans la langue de Shakespeare et plus en hébreu. Une version alternative du titre maître, rebaptisée «  Sans Laisser de Trace »), l’est même dans celle de Molière.

Ces changements sont-ils la conséquence d’une volonté de rendre leur expression sonore plus commerciale ? Avouons-le, on s’en fout un peu ; pourvu que le résultat soit à la hauteur. Et il l’est manifestement ! Luke Top se révèle ici excellent chanteur. Sa voix est même proche de celle de Nick Urata (Devotchka). Et tout particulièrement sur « Leave No Trace » et « The Dive ». Elle porte même littéralement les morceaux. Et pas seulement ceux qui ont revêtu un format moins répétitif, donc rock, mais aussi sur les plages hantées par les sonorités africaines, dans l’esprit Talking Heads voire des Clash (« Wild Window »). Fool’s Gold signifie ‘Attrape-nigaud’ ; et c’est loin d’être le cas pour ce « Leave No Trace », qui flaire plutôt la bonne affaire !

 

The Fox Heads

We Want to be Numb

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Les fans des Beasties Boys sont invités à écouter impérativement « We Want to be Numb », le premier album de The Fox Heads, un duo qui mélange brillamment le hip-hop old school et l’esprit indie. Un ‘hip-pop’ franco-canadien bicéphale composé du MC Ira Lee –déjà entendu aux côtés de Rubin Steiner sur l’immense et rigolo « Gay & Proud »– et du producteur tourangeau Funken.

Bénéficiant du concours remarqué d’artistes ou de groupes comme Boogers, Pneu ou Mesparrow (NDR : l’inénarrable « Tits » rappelle les œuvres honteuses mais jouissives de Bloodhound Gang), The Fox Heads explore l’électro-pop (« We Want to be Numb »), le rock  (« Best Day » et « Single Friends », deux compos qui s’inscrivent manifestement  dans la lignée du Français Boogers) et la pop (« Google It »). Ce single ainsi que « Happy Father’s Day », une plage magnifiée par le flow très cool d’Ira Lee, sont drôles et truffés de traits d’esprit. Et difficile de résister à l’humour pétillant qui en émane.

Sculpté dans un hip-hop hybride et positif, « We Want to be Numb » est un véritable concentré de bonne humeur !

 

Chilly Gonzales

The Unspeakable Chilly Gonzales

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Chilly Gonzales, jamais à court d’idées, revient moins d’un an après la sortie de l’album-concept au résultat mitigé, « Ivory Tower ». Pour la circonstance, le délire du Canadien est autrement plus fun que son escapade précédente. Pas de long métrage pour accompagner cette nouvelle galette, mais un orchestre. Car Jason Beck, alias Gonzales, propose le premier album de rap entièrement orchestral de l’histoire ! The Roots se sont d’ailleurs presque immédiatement emparés du concept en annonçant que le successeur de « Undun », leur nouvelle galette, surferait sur cette vague. Gonzo retourne donc à ce qu’il fait de mieux sur ce « The Unpeakable Chilly Gonzales » : surprendre l’auditeur.

Les trompettes chevaleresques de « Supervillain Music », les percussions et le refrain entêtant de « Party On My Mind », les cordes cinématographiques de « Different Kind Of Prostitute » sont autant d’éléments intrigants qui font de cette galette l’une des plus intéressantes de l’année. « Shut Up And Play The Piano », clin d’œil à son excellent « Piano Solo », referme sublimement la galette. Pour arriver à un tel résultat Chilly Gonzales s’est payé les services de… son frangin, le compositeur Christophe Beck (responsable notamment des B.O. de Buffy The Vampire Slayer, Very Bad Trip, Percy Jackson, etc.) ainsi que de son amie de toujours, Leslie Feist, qui a, pour l’occasion, endossé le rôle de coach vocal ! Le résultat : neuf morceaux solides, entre rap et musique de film. Un mariage de genres qui ne devrait laisser personne indifférent, à commencer par les fans de Gonzo. A quand l’opérette électro ?

 

Krux

III – He Who Sleeps Amongst The Stars

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Fruit d’une maléfique collaboration entre des ex-musiciens d’Entombed, d’Opeth, et de Therion, Krux est diaboliquement emmené par Leif Edling, actuel Candlemass, dont le split serait imminent !

Troisième volet d’une trilogie taillée dans un doom spatial seventies à souhait, Krux III élargit encore ses horizons en envoyant quelques riffs plus actuels, bien palpables dans l’intro de « Emily Pane » chargée de chœurs à la Therion.

Titre épique d’une dizaine de minutes, « Prince Azaar And The Invisible Pagoda » s’avère tout simplement magistral. Son break sublime est dominé par une basse au son ultime, le tout dans une atmosphère moins spatiale, mais pas très loin d’une dimension cinématographique.

Hommage ou simple hasard ? Une plage nous renvoie carrément dans le ciel d’un Rainbow, époque RJ Dio, c’est une évidence.

« The Death Farm » se veut plus direct, plus doom dans la tradition années 80. On pense même à Nemesis, la toute première mouture de ce qui deviendra Candlemass.

Ce troisième tome  se distingue enfin par la grande qualité de ses solos de guitare, des parties comme on en trouve rarement au sein de la scène actuelle du metal pachydermique. Fredrik Akeson est tout simplement bluffant, aussi à l’aise dans la mélodie que dans les exercices plus ténébreux. Krux nous invite à découvrir une autre vision du doom, tout au long d’un futur classique qui, souhaitons-le, permettra  à Edling et sa troupe de ne plus tirer le diable par la queue, à l’avenir.

 

Los Campesinos!

Hello Sadness

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Un titre hommage à Françoise Sagan, pour étaler la confiture, un album enregistré à Girona (Espagne), pour le côté ‘exotique’, des claviers vintages, pour la hype, un pop-rock dans le vent, pour imiter ses pairs… « Los Campesinos ! » aurait-il sorti, sabots aux pieds, la panoplie complète destinée aux clubs des popeux branchés ? Une plaquette pop de plus ? Fort heureusement, le bilan de « Hello Sadness » n’est pas si dramatique. Le quatrième long-playing des génies pop-rock en provenance de Cardiff  respire la générosité et la sincérité. Dix titres, évoquant l'amour, la rupture, la perte, le chagrin, les corps emmêlés, spontanément sortis des tripes de Gareth Campesinos ! Un album instinctif dans lequel le chanteur s’épanche sans retenue, parle de lui, confie son expérience. Le contexte général change alors le décor musical. Il amorce une certaine rupture artistique et donne à entendre des compositions sensiblement teintées de mélancolie (« Every Defeat A Divorce (Three Lions) », « Hate For Island »).  

Après avoir conquis l’Europe et les Etats-Unis, grâce à trois albums salués par la critique, mais également à des tournées intenses accomplies aux quatre coins du monde, lui permettant de se produire dans des festivals prestigieux tels que le Primavera en Espagne ou le festival des Inrockuptibles en France, la formation galloise nous revient aujourd’hui à la tête de chansons pop directes et concises, à l’image du premier extrait « By your hand ». Des arrangements à la production, en passant par la qualité des textes, tout indique que « Los Campesinos! a changé de cap. De quoi ravir les fans et attiser la curiosité des autres ! ‘C’est par l’urgence, les couleurs, l’excentricité et l’hédonisme que Los Campesinos! rénove la pop music’.

Un détour intimiste qui aura néanmoins le mérite d’attirer la curiosité des amateurs du genre.

 

Louise Attaque

Du monde tout autour

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Premier Best-Of pour Louise Attaque, qui célèbre 17 ans de tubes. Car Louise Attaque c’est une machine à tubes ! Et on les reconnaît immédiatement à la voix cassée de Gaëtan Roussel et au violon d’Arnaud Samuel. Le quatuor compte aussi Robin Feix à la basse et Alexandre Margraff aux drums. Leur travail a d’ailleurs été récompensé par trois victoires de la musique. Et leurs chansons ont marqué toute une génération de trentenaires.

Leur premier opus « Louise Attaque » sort en 1997 et se vend à 2,5 millions d'exemplaires (!) ; le second « Comme on a dit », en 2000, s’écoule à 700 000 ! Le groupe se sépare alors momentanément. En 2005, ils gravent « A plus tard crocodile ». En 2009, en solo, Gaëtan Roussel publie « Ginger » (et hop, encore une victoire de la musique). Mais aujourd’hui, le temps d’un instant, le groupe se reforme et propose un véritable petit trésor pour les fêtes de fin d’année.

Vous pensez ne pas connaître tous les morceaux de ce Best-Of ? Détrompez-vous ! Ecoutez et vous serez surpris d’entendre que tous sonnent familiers.

De « Amours », « Ton invitation », le célébrissime « J’t’emmène au vent », « Les nuits parisiennes », « Savoir » et « Léa » (issus de leur premier album – une des meilleures ventes dans l’histoire du rock français) à « Depuis toujours », « Si l’on marchait jusqu’à demain » et « Si c’était hier » (« A plus tard Crocodile »), en passant par « Tu dis rien » et « La Plume » (« Comme on a dit »), ils n’ont certainement eu aucun mal à composer cette compile à partir de leurs trois albums. Mais quels albums !

Ce Best-Of recèle aussi deux inédits : « Snark », ressuscité des débuts de Louise Attaque (en 1998), et le single de lancement de l’album « Du monde tout autour », qui porte clairement leur signature et tourne déjà à profusion sur les meilleures radios. On vous le dit, ils sont forts, très forts !  

Le coffret Edition Collector réunit le CD 17 titres, un DVD d’1h30 offrant 4 titres live, 2 documentaires et le clip du single « Du monde tout autour », ainsi qu’un livret 24 pages, 2 stickers et 3 lithographies. Dessin original de Robin Feix. Les fans sont gâtés !

 

Clare Louise

Castles In The Air

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‘Tout ce qui brille n’est pas or’. Tiens, pourquoi les apparences peuvent être trompeuses, lorsqu’on évoque Clare Louise ? Elle a une jolie voix, ses mélodies sont à la fois entraînantes, douces, subtiles et légèrement folk et quoique vivant à Bruxelles, elle n’incarne pas pour autant une nouvelle découverte belge, quoique…

Née entre Normandie et Bretagne, mais exilée dans notre capitale pour terminer son cursus scolaire, Claire Girardeau décide, diplôme en poche, d’y rester pour tenter de percer dans son domaine de prédilection, la chanson folk. Baignée lors de son Erasmus par les rythmes irlandais, c’est tout naturellement qu’elle se rapproche du chant traditionnel et du folklore celtes.

Un premier Ep plus que confidentiel ne la décourage pas. Et bien aidée cette fois par Marc Huygens (ex-Venus), elle réussit à enregistrer douze titres sur ce premier album. Bénéficiant de la collaboration de ses fidèles acolytes Charlotte Danhier au violoncelle et Cédric Van Caillie à la guitare, mais aussi d’un petit coup de pouce de quelques invités, dont Tuur Florizoone, Françoise Vidick (JOY) et Mathieu Catala (Balimurphy), notre Belge d’adoption atteint son objectif. Il en résulte une première œuvre intime, fragile, raffinée.

Portées par une voix pure et somptueuse, haut-perchée et profonde, ses douze chansons sont autant de compositions intemporelles, tantôt emplies de simplicité, tantôt minutieusement arrangées.

La réussite est au rendez-vous. Les guitares et le violoncelle, se partagent seuls le pouvoir de véhiculer ces mélodies délicates.

Premier véritable essai gentiment transformé pour ‘notre’ adoptée, longuement bercée par les guitares des Dylan, Neil Young et autre Joni Mitchell qu’écoutaient ses parents dans les brumes qui cachent parfois le Mont Saint-Michel.

 

David Lynch

Crazy Clown Time

Écrit par

David Lynch cherche de nouveaux horizons pour chouchouter son cher public. Il choisit donc de se laisser choir dans la chanson. Charmante idée à priori! Changeant de ton sur chaque piste, l’une chassant l’autre comme on jetterait un chat noir tel un chiffon dans une chasse aux sorcières. Certains se sentiront chagrinés par ces enchaînements peu chatoyants, d’autres déboucheront peut-être le champagne et chantonneront : ‘Lynch est un génie, un champion toutes catégories’. Mais cet album est plutôt charcuté et digne d’un charlot que chargé et blindé comme un char prêt à écraser chaque obstacle sur son chemin. « Crazy Clown Time » fait chuter le cinéaste au rang de charlatan. Il nous sert du réchauffé, il ne chamboule pas le monde musical. Il a versé dans un chaudron de vieilles chaussettes usées qu’il espérait changer en chant chaleureux. C’est quelque peu le chiche-kebab. On ne sait pas trop ce qu’on peut trouver dedans. C’est de la chirurgie, on rafistole. Mais nous ne sommes pas de vulgaires chameaux qui peuvent être chahutés au bon vouloir des chacals qui les entourent, il faut que l’on puisse s’abreuver aux bonnes sources. Dès lors, si son challenge était de chambarder, ce vieux charognard n’a pas raté son coup. Son disque est bien chaloupé, il nous fait même parfois un chouia chanceler, il nous chatouille les tripes. Mais cet ensemble parait aussi chétif qu’un château de cartes. Si un chasse-neige passe par-là, il aura vite fait de chaparder la place de David Lynch.

« Crazy Clown Time » est une allitération musicale (vous savez cette répétition de sons dans une phrase ou un texte). C’est indiscutablement un exercice de style, mais je vous laisse juger si c’est poétique ou si, au contraire, c’est d’une lourdeur profonde.

 

Manatee

Like a small animal

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Ce premier Ep marque les débuts de Manatee, groupe issu de Normandie, créé en 2009. Le trio de Caen (Maxime Marais, Tiphaine Moreau et Charlotte Paiola à la voix) a fait sensation au festival Nördik Impakt, en 2010. Manatee est à la fois un fleuve des Etats-Unis et le nom anglais d’un mammifère marin, mais il s’agit surtout ici d’un clin d’œil adressé à Animal Collective et leur album « Danse Manatee ».

Ce que les Français ont gravé là, c’est de la pop acidulée et rafraîchissante dans la veine des Cranberries ou des Cardigans. Du moins pour les deux premiers titres. L’Ep s’ouvre sur « Blind night Travel », au rythme entraînant et enivrant. « Reflection » est sans conteste le meilleur morceau de l’elpee. Gâce à la sensibilité et la simplicité de sa mélodie. C’est magique, scintillant, comme un manège de chevaux de bois qui prendrait son envol. La chanteuse nous envoûte en anglais sur des rythmiques électro. « The one » et « Sponge » nous invitent à plonger dans le monde sous-marin à l’aide de sonorités aquatiques, organiques, parfois un peu agaçantes. Ces deux derniers morceaux plus artificiels, déstructurés et synthétiques ne plairont peut être pas au plus grand nombre, mais font de Manatee un groupe à part sur la scène pop.

Gageons que le trio continuera sur sa lancée prometteuse et nous proposera prochainement un album complet plus jusqu’au-boutiste dans son approche.

 

Mina May

Everything was beautiful and nothing hurt

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Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Mina May et l’actrice porno du même nom n’ont aucun point commun. Enfin, presque, puisqu’on ne décèle rien que de la testostérone chez ce quatuor toulonnais formé en 2000 : Antoni (basse-claviers-guitare), El Pulpo (batterie), Kriss Baritone (guitare) et Flashing Teeth (voix, guitare, claviers). Après avoir accordé des centaines de concerts, un premier album éponyme sort en 2008, puis un remarquable Ep (« Skylarking »), l’année suivante. La formation décide alors de partir et de s’évader pour mieux se retrouver. Leur année passée ensemble à Montréal a donné naissance ce 15 novembre à « Everything was beautiful and nothing hurt », un opus publié sur le label indépendant Pacinist / Almost music.

Un album puissant, qui démarre sur les chapeaux de roue, en balançant des sonorités à la Ghinzu. Excusez du peu ! La suite ne déçoit pas. C’est du rock, du vrai, toutes guitares électriques dehors et ambiances psyché empruntées aux Doors. C’est enivrant, hypnotique. La façon de chanter (en anglais) de Flashing Teeth n’est pas sans rappeler les années New Wave. Siouxsie, tout particulièrement. Mais la voix proprement dite ressemble à celle de Frank Black, des Pixies. Une sacrée référence encore ! Le cinquième morceau marque une rupture nette et soudaine. « Everything was beautiful and nothing hurt » est beaucoup plus électro, la voix est plus présente et plus torturée. Un bijou. « Visitor » a des allures de longue litanie déstructurée, davantage parlée que chantée. Sur « Think Twice », on retrouve le style autrement plus rock du début de cet elpee. Les guitares de « Nails on stainless steel » sont stridentes, presque dérangeantes pour qui serait sensible aux acouphènes. « Rising sun » nous permet de planer pendant 6 délicieuses minutes électro. Et nos boys psychédéliques concluent par « In the turmoil », lors d’un mélange rock et synthés vintage qui résume bien leur style, souvent comparé à celui de Radiohead, à très juste titre.

Bref, un disque riche, ambitieux, intéressant, intelligent et qui brasse une multitude d’influences. Ne passez pas à côté de cet elpee typiquement anglo-saxon et pourtant bien français. Un grain de folie et beaucoup de talent. Et plus on écoute, plus on aime, vous êtes prévenus !

 

Miossec

Chansons Ordinaires

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Miossec n’est certainement le plus poétique des paroliers francophones, mais appartient sans aucun doute à la catégorie des plus directs! Il n’enrobe pas ses paroles d’un doucereux emballage ! Ce n’est pas nécessaire pour donner le goût au travail du Brestois. Ses « Chansons Ordinaires » perpétuent sa tradition. Pas question de déroger à la règle. Mais soyons honnêtes, ses coutumes musicales ne métamorphosent pas Christophe Miossec en artiste transcendant. Ce huitième opus va contenter son public déjà acquis à sa cause, mais aura du mal à en conquérir un nouveau. Les textes sont pour la plupart relativement faibles, faciles. Les mélodies manquent de renouvellement. Et on ne rencontre pas sur ce disque les plus grandes compos de l’auteur-compositeur-interprète français. Là où il y a un véritable effort, c’est sur le titre qu’il a adopté. C’est en effet un record de longueur qu’il a établi en choisissant « Chansons Ordinaires », puisque jusque là, celui qui dénombrait le plus de lettres était « A prendre ». Je me moque un peu parce que les chansons sont intitulées de manière un peu simpliste (« Chanson que personne n’écoute », « Chanson pour les amis », etc.). L’origine remonte à l’entre-deux guerre où les chansons avaient toutes une fonction et étaient baptisées par rapport à celle-ci. Mais n’éternisons pas cette chronique qui suscite aussi peu d’intérêt que l’elpee auquel il se rapporte.

 

Mr. Oizo

Stade 2

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Nouvel opus de Mr. Oizo, « Stade 2 » constitue un pur exercice de style comme peut si bien les produire Quentin Dupieux, depuis ses débuts. L’électron libre d’Ed Banger n’en fait jamais qu’à sa tête et sa nouvelle production ne déroge pas à la règle. Les beats délirants, distordus et puissants issus d’un cerveau passablement dérangé (si en juge ses films complètement barrés comme ‘Rubber’, sorti l’année dernière) sont toujours au programme. Le hit « Flat Beat » pour la pub de Levi’s lui a permis de bénéficier d’une grande liberté d’action et le Français ne s’en prive pas. Les 13 plages de « Stade 2 » aux titres loufoques (« Camelfuck », « Oral Sax » ou « Douche Beat ») oscillent entre house, rock et acid tout en s’offrant des samples souvent drôles. Pas la moins mélodie à l’horizon, mais de l’électro massif et percutant. Un album libre et irritant à la fois mais probablement jouissif lorsqu’on est dans un état second (« Stade 2 » ?) Evidemment, celui-ci n’est pas prêt de passer sur France 2 !

 

Paranoid Castle

Champagne Nightmares

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Après nous avoir permis de découvrir Astronautalis, responsable d’un superbe premier album chroniqué en ces pages la semaine dernière, le label yankee Fake Four Inc persiste et signe en nous livrant le second opus de Paranoid Castle. Deux petits bijoux sculptés dans un hip hop particulièrement novateur. Et franchement, dans le style, l’écurie se révèle la plus intéressante, pour l’instant. D’ailleurs, je dois avouer que depuis quelque temps, ma flamme pour le hip hop était occupée de s’éteindre. Et ce label américain, grâce à ces deux opus, vient tout simplement de ranimer les braises…

Paranoid Castle est né de la collaboration entre Kirky Dominant, un rappeur issu d’Oakland mais aujourd’hui établi à New York, et le producteur canadien Factor. Une association qui est née en 2003. Intelligents, ironiques, sarcastiques même, les lyrics abordent les relations humaines difficiles. Ils sont tour à tour chantés ou rappés par Dominant. Mais contrairement à ses condisciples du genre, il aborde ses thèmes avec beaucoup d’humour et d’autodérision. Et le tout est superbement soutenu par les beats et les samples de Factor. Un coup de cœur ? « Stacey Is Doing WAY Too Much », une plage qui baigne dans une atmosphère ‘bon enfant’…

Rafraîchissant, allègre même, « Champagne Nightmares » est un album à consommer sans modération.