La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Nuits Botanique 2020 : la 27ème édition !

L’édition 2020 des Nuits botanique se déroulera du 23 avril au 16 mai 2020, même si officiellement le festival se terminera le 10 mai. Lors de la présentation de la conférence, Mme Bénédicte Linard, Ministre de la Culture pour la Région Wallonie-Bruxelles, est venue réitérer son soutien aux organisateurs, tout en souhaitant que les artistes féminines soient davantage présentes à l’affiche…

Cette année le projet SABAM FOR CULTURE a décidé de soutenir 9 projets de création d'artistes de tout le Royaume.

JUICY ORCHESTRA - 29.04.2020

Sasha Vovk et Julie Rens aka JUICY invitent l’orchestre du festival Musiq3 dirigé par Shirly Laub, soit un collectif réunissant 14 cordes et 2 flûtes, pour un set acoustique, le tout arrangé par le compositeur Jean-Marie Rens.

‘Nous vous donnons déjà un aperçu de ce que l’on compte présenter le 29 avril, en encore plus grand’. Déjà accompagné de 6 musiciennes à cordes, parfaitement en symbiose avec leurs voix juvéniles (et leur clavier minimaliste), le duo a livré des versions acoustiques de leurs compos traduites pour la circonstance en ballades intimistes. Convaincant !

RIVER INTO LAKE + STRING QUARTET

Après cinq années consacrées à collaborer étroitement avec Girls in Hawaii, Castus et le duo Blondie Brownie, Boris Gronemberger revient en quintet sous le patronyme de River into Lake, nouvelle incarnation du projet bruxellois V.O. dont il a tenu les rênes durant quinze années. À l’occasion du festival, le groupe revisitera son répertoire avec un quatuor à cordes. Un concert exceptionnel qui impliquera 10 musiciens.

OFFO VRAE

Nouveau projet folk-electro de Jawhar Basti où il s’embarque, en compagnie de plusieurs musiciens, dans une nouvelle aventure d’écriture (en langue française), en collaboration avec Lennart Heyndels aux arrangements, à la production.

KEL ASSOUF

Kel Assouf explore ses mondes intérieurs et cinématographiques. Ses compos, fidèles à l’esprit du blues touareg nous entraînent au sein de paysages sonores instrumentaux inspirés par le désert.

CHOUK BWA & THE ÅNGSTRÖMERS

Les frappes et les vibrations de Chouk Bwa produisent une myriade de signaux qui se glissent dans le cœur des machines ‘vintage’ des Bruxellois. Le duo les triture en direct et traduit en vibrations électroniques l’invisibilité des esprits. La transe millénaire devient urbaine, contemporaine…

On a eu la grande joie de se produire aux Transmusicales de Rennes le 6 décembre, et on vous retrouvera début mai pour deux soirées particulières (NDR : dont une prévue dans le cadre du Bota kids). Le groupe africain ne s’est pas déplacé ce soir car les musiciens habitent à des milliers de kilomètres, mais pour nous qui vivons à 200 mètres, on est comme à la maison’ signale ce duo de compositeurs électro (NDR : ne les taxez pas de DJs, ils détestent ce terme). Lors de ce showcase, derrière ses platines, bénéficiant d’une projection vidéo du collectif et d’un jeu de lumières bluffant, le tandem est parvenu à donner une petite idée de la richesse de ce projet mêlant musique ethnique et électronique…

ASHLEY MORGAN

Ashley Morgan, anciennement connu sous l’alias LTGL, a présenté « LETGOLETGOLETGO », son premier EP. Avec ce projet, le rappeur et producteur hasseltois détourne les codes du hip hop à l’aide d’instruments insolites. Il s’éloigne du format standardisé et produit un résultat frais et bourré d’expérimentations sonores.

Tout au long du showcase, les sonorités expérimentales et la voix du rappeur, responsable de textes engagés, se marient bien. En outre, il occupe très bien l’espace scénique...

GLAUQUE

Le très prometteur collectif namurois Glauque est l’un des groupes les plus en vue de la scène hip hop - électro francophone. Pour les Nuits Botanique, il proposera une déclinaison acoustique de son répertoire.

CABANE

Cabane est le nouveau projet de Thomas Jean Henri (Soy Un Caballo, Venus). Son album « Grande est la maison » a un casting franchement épatant : Kate Stables (This Is The Kit) & Will Oldham (Bonnie ‘Prince’ Billy), au chant et les arrangements des cordes de Sean O’Hagan (The High Llamas, Stereolab). Il proposera une version live de ce projet interprétée en duo avec Kate Stabbles.

ADRIAAN DE ROOVER

En se laissant emporter par Adriaan de Roover, il en ressort naturellement une musique électronique, texturée et enchanteresse. Fruit de son travail, intitulé « Expectations + mirror » est spécialement conçu pour le festival, où l’artiste s’est inspiré de son voyage en Inde…

LES AVANT-PREMIÈRES

De nombreux artistes profitent de l’exposition particulière des Nuits Botanique pour venir présenter leurs nouveaux titres en exclusivité. Le public de cette nouvelle édition aura la chance de pouvoir découvrir en primeur les nouveaux répertoires des artistes suivants :

Robbing Millions, Nicolas Michaux, Turner Cody and The Soldiers Of Love,

LES RELEASES

Les Nuits Botanique auront l’occasion de présenter pas moins de 11 releases lors de cette édition 2020 : Judith Kiddo, Flying Horseman, Glass Museum, Martha Da'ro, The K., Under The Reefs Orchestra, Cabnae, Buga, Annabel Lee, Soror, Milk TV,

ACTIONS PARTICULIÈRES DES NUITS

Après le succès des deux premières éditions, Le Botanique et les lieux incontournables de la place Saint-Géry s'unissent pour vous proposer une Nuit entièrement gratuite.

Des artistes belges du line-up des Nuits présenteront un dj-set exclusif et festif au Café des Halles, au Roi des Belges, au Zebra ou au Mappa Mundo avant leur passage en live au festival.

L’ÉVÉNEMENT PRÉ-NUITS 2020, LES PRÉMICES D’UN FESTIVAL ÉCLECTIQUE HAUT EN COULEURS.

Après le succès des deux premières éditions, Le Botanique et les lieux incontournables de la place Saint-Géry s'unissent pour vous proposer une Nuit entièrement gratuite.

YAEL NAIM 23.04.2020 EGLISE NOTRE-DAME DE LAEKEN - 20:00
FENNESZ at 24.04.2020 + KALI MALONE - EGLISE NOTRE-DAME DE LAEKEN - 20:00

25 ANS LABEL 62TV 29.04.2020

ROTONDE - 20:00

A l'occasion de ses 25 printemps, le label 62 TV records, présentera 3 de ses dernières pousses, Jawhar, watchoutforthegiants et Philemon.

BOTA KIDS 03.05. 2020 10 :00

Un rendez-vous inédit pour faire découvrir aux plus jeunes le monde des concerts, et tout particulièrement celui de Chouk Bwa & The Ångströmers, ainsi que des expositions.

DU MÉTAL ! 07.05.2020

Pour la première fois cette année Les Nuits Botanique s'associent à Metadrone, promoteur et agence de booking à l'origine entre autres du Desertfest pour une soirée sous le signe du stoner, heavy, psych, metal, sludge, doom, noise... Au programme, Graveyard, 1000Mods, Black Rainbow, Souvein et The K., Les détenteurs de tickets auront accès aux 3 salles

CAPITANE RECORDS LABEL NIGHT 08.05.2020

Cette soirée à la Rotonde présentera les premières pousses du label à savoir en avant-premières, Nicolas Michaux et Turner Cody and The Soldiers of Love, ainsi que le concert de sortie officielle de la première référence du label : l'album de Under The Reefs Orchestra.

AFTER PARTY ORANGERIE – ROTONDE

À la fois label, incubateur et organisateur d’un des festivals les plus excitants du continent africain, Nyege Nyege Tapes va prsenter sa musique électronique avant-gardiste, tout droit sortie de Kampala et des ghettos de Dar Es-Salaam, respectivement situés en Ouganda et en Tanzanie.

LE PIANO HORS FORMAT : un peu de classique…

STEPHANE GINSBURGH 15.05.2020
BEETHOVEN, «6 DERNIÈRES SONATES POUR PIANO»
BERNARD LEMMENS 16.05.2020
PIANO, «6 DERNIÈRES SONATES POUR PIANO» GRAND SALON - 20:00
ŒUVRES DE GEORGES ENESCU, LEO ORNSTEIN, ALEMDAR KARAMANOV, - ASSIS
FRANZ LISZT, VLADIMIR HOROWITZ ET DMITRI CHOSTAKOVICH

Enfin, Musiczine a épinglé quelques dates qui collent parfaitement à sa philosophie.

On retiendra notamment le 5 mai 2020, soirée au cours de laquelle se produiront Black Midi, Protomartyr, Black Country, New Road et Porridge Radio ; Millionaire et Corridor, le 30 avril ; Sophia, Trixie Whitley et Roscoe, le 29 avril, en attendant de nouveaux noms qui vont s’ajouter dans les prochaines semaines ; sans tenir compte, bien évidemment, des artistes susceptibles de plaire à un auditoire qu’on invite à checker sur le site des Nuits, ici

Liam Gallagher

Liam le conquérant…

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La commune de Forest a donc décidé d’instaurer une zone de parking payant, 1 km autour de la salle, au tarif de 5€ l’heure. Prohibitif ! Conclusion, votre serviteur a décidé de garer sa voiture à Uccle et d’emprunter le tram. Temps de parcours : 5 minutes ! Liam Gallagher se produit donc à Forest National. Il y a deux jours, il avait déclaré forfait à Hambourg, suite à des problèmes de voix. Mais hier, à Amsterdam, il a accordé un concert d’anthologie au Ziggo Dome. Toutes les conditions sont donc réunies pour que le bad boy remette le couvert, ce samedi 8 février…

Twisted Wheel assure la première partie. Il a été formé en février 2007 par deux ex-The Childrens, le chanteur/guitariste Johnny Brown et le bassiste Rick Lees. Ils ont ensuite été rejoints par le batteur Adam Clarke. Le groupe a emprunté, pour patronyme, le nom du club légendaire qui, de 1963 à 1972, a été l'épicentre de la scène mod mancunienne avant de devenir le lieu de naissance de la scène Northern Soul. Paul Weller et Liam Gallagher en sont devenus fans, raison pour laquelle ce dernier l’a choisi pour assurer le supporting act de sa tournée.

Votre serviteur débarque au beau milieu du set. Sur les planches, le trio est soutenu par un deuxième gratteur. Inspirée par Oasis, la musique trempe dans la britpop, mais en y injectant le punch de Franz Ferdinand. Le set recèle de bonnes compos, parfois chantées par le public, mais le groupe manque, malgré 13 années d’existence, encore d’identité. Une dernière condition, sans doute, pour pouvoir bientôt prétendre à un statut de stadium band… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Nomad Hat », « She's a Weapon », « Black and Blue », « DNA », « You Stole the Sun », « We Are Us ».

La dernière fois que Liam Gallagher s’est produit en Belgique, c’était à l’AB, dans une salle archicomble. Et ce soir, FN l’est également. 

Barbu, vêtu d’un imper de couleur jaune, Liam et sa troupe grimpent sur l’estrade à 21 heures. Il est soutenu par 9 musicos ; en l’occurrence un trio de jolies choristes, 3 guitaristes dont Bonehead, un drummer, un bassiste et un claviériste (synthés, hammond et orgue). Il ne manquait d’ailleurs plus que les cuivres pour donner une coloration néo-orléanaise à l’équipe.

Grâce à un gigantesque mur de leds derrière lui, Liam affiche immédiatement son rôle : celui d’une véritable ‘Rock‘ N ’Roll Star’. Il est, en outre, indiqué derrière le piano, planté sur une estrade, à gauche du drummer, ‘Rock’n’roll’. C’est d’ailleurs par la piste d’ouverture de « Definitely Maybe » qu’il ouvre le set. Après cette reprise d’Oasis, la formation enchaîne 5 plages issues de son dernier elpee solo, « Why Me ? Why Not », dont "Shockwave" et "Once", repris en chœur par la foule. Hymnique, ce dernier aurait d’ailleurs pu figurer au répertoire du défunt combo. Liam se sert régulièrement de cymbalettes ou de maracas. Un grand écran projette des images des musiciens ou de l’auditoire ; mais c’est "Morning Glory" qui va enflammer la foule. En outre, malgré le contrôle strict de la pyrotechnique, un feu de Bengale éclate. On imagine alors facilement assister à un match de foot à Manchester, alors que les chants des supporters montent dans les tribunes et que et la bière coule à flots dans les gosiers, quand elle n’est pas projetée dans les airs…

Les meilleurs titres d’Oasis ont été retenus. Bonne idée d’avoir laissé de côté les morceaux les plus ringards et d’avoir osé en sélectionner des moins notoires. A l’instar de « Columbia ».

Son fils a été invité à jouer du tambour sur "The River". Bonhead s’est particulièrement illustré, par son jeu raffiné et tendu sur les cordes, tout au long de « Supersonic ».

‘Y a-t-il des Britanniques ici ?’ balance Liam. Mais les applaudissements ont été plus nourris lorsqu'il a demandé s'il y avait des Belges. ‘Je suppose que nous sommes toujours en Europe alors’, s’est-il alors empressé d’ajouter. Une remarque à l’égard du brexit ? « Acquiesce » s’est transformé en exercice de karaoké. Liam ne peut clairement pas gérer les notes élevées de Noel, aussi le public l’a suppléé. Mais à une seule reprise, Liam évitant soigneusement de s’y frotter aventureusement. Bien sûr, il n’a pas manqué de ressortir sa critique à l’égard de son frère et de Bono : des branleurs ‘Fokkin’. Typiquement Liam ! C’est peut-être aussi la raison pour laquelle il est si apprécié (?!?!)…

On imaginait que le show allait s’achever en douceur, suite à la version dépouillée de « Champagne Supernova », lors du rappel. Mais il s’est conclu en apothéose par un « Cigarettes et alcool » rugissant et explosif, titre au cours duquel on a de nouveau eu droit à un solo de gratte éclatant de Bonehead. Chapeau au groupe pour la précision et sa fluidité de ses interventions. Il fallait le souligner ! Puis Liam a vidé les lieux en remettant sa capuche sur la tête.

De toute évidence, les propres chansons de Liam s'intègrent parfaitement au répertoire d’Oasis, même si ce sont ces dernières qui ont mis le feu à la salle. Ce qui explique, sans doute pourquoi, il gagne certainement en popularité par rapport à son frère.

Une réunion est-elle envisageable ? Tous les aficionados l’espèrent. En attendant, Liam Gallagher se produira dans le cadre de l’édition 2020 du festival Rock Werchter (voir notre section photos )

Setlist : « Rock ‘n Roll Star » (Oasis), « Halo », « Shockwave », « Wall of Glass », « ComeBack To Me », « For What It’s Worth », « Morning Glory (Oasis), « Columbia (Oasis) », « Stand By Me » (Oasis), « Once », «  Why Me? Why Not », « The River», « Gas Panic! » (Oasis), « Live Forever » (Oasis), « Acquiesce » (Oasis), « Roll with It » (Oasis), « Supersonic » (Oasis), « Champagne Supernova » (Oasis), « Cigarettes & Alcohol » (Oasis)

(Organisation : Live Nation)

La machine à remonter le son de Gorillaz…

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Gorillaz introduit son nouveau concept musical “Song Machine”

Gorillaz revient bientôt sur les écrans grâce à « Song Machine », le nouveau dessin animé musical de 2D, Murdoc, Noodle et Russel, dont les épisodes sortiront petit à petit.

L’épisode 1 ‘Momentary Bliss ft slowthai and Slaves’ est à découvrir ici 

La saison 1 de Song Machine verra Gorillaz rejoint par une liste excitante, et en constante évolution, d’artistes non annoncés qui enregistreront en direct dans les studios Kong aux côtés du groupe virtuel le plus populaire de la planète.

Les caméras tournent 24h/24 et 7j/7, le quatrième mur est brisé, le chaos est réel, la porte est ouverte… Qu’est-ce qui arrive après ? Restez à l'écoute. 

Gorillaz bouleverse à nouveau le paradigme grâce à « Song Machine », le nouveau concept d'un des groupes les plus inventifs du moment. En opposition directe avec le cycle traditionnel enregistrement/single/album, le groupe rompt à nouveau avec le conventionnel, avec la publication spontanée d'épisodes tout au long de l'année.

La première chanson fraîchement extraite de « Kong » s’intitule « Momentary Bliss », qui voit Gorillaz collaborer avec Slowthai et Slaves pour marquer cette nouvelle décennie d’un gros coup.

Chaque épisode de « Song Machine » sera accompagné de Machinez Bitez, des petites conversations entre les membres animés du groupe et les vrais artistes en featuring.

Tamikrest surfe sur une vague d’espoir !

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Le groupe touareg est de retour avec un nouvel album le 27 mars et une tournée française dès mai 2020.

Parfois, la musique est plus forte que les notes jouées ou les mots chantés. Parfois, c’est un esprit qui s’enflamme et brûle d’une flamme dangereuse et éblouissante. Au vu de la situation politique si volatile et désespérée dans les terres ancestrales sahariennes d’où vient Tamikrest, « Tamotaït » est plus qu’un album. C’est un acte de résistance.

« Tamotaït » signifie l’espoir d’un changement positif. Changement, comme l’arrêt des combats qui sévissent dans le nord du Mali. Changement, comme la possibilité de prospérer dans leur terre natale – l’Azawad – que les touaregs nomades (ou Kel Tamasheqas comme ils préfèrent être appelés) ont brièvement possédé en 2012. C’est une musique formée de pensées, de rêves, d’inspirations et d’expérimentations collectives.

C’est aussi une musique forgée en exil. Au cours de la dernière décennie, les membres fondateurs de Tamikrest n’ont pas vécu à Kidal, au Mali, où le groupe s’est formé en 2007. Ils résident à Tamanrasset (en Algérie), à Paris, et parfois entre les frontières algériennes et maliennes. Pourtant, l’exil peut également signifier l’espoir d’un retour, tel que sur les morceaux « Amzagh » et « As Sastnan Hidjan », deux compositions que le groupe considère comme essentielles pour comprendre les thèmes de « Tamotaït ». Tamikrest y chante les opportunités qui s’offrent au peuple Kel Tamsheq.

Sur « Timtarin », la formation est rejointe par la chanteuse marocaine Hindi Zahra (le guitariste de Tamikrest, Paul Salvagnachas, a fait partie de son groupe pendant plusieurs années).

Ag Mossa a composé des morceaux sur des instruments traditionnels japonais lors d’une visite sur l’archipel. L’enregistrement de ces sessions a cessé brusquement à cause d’un typhon, mais on peut entendre le résultat sur « Tabsit », dernier morceau de Tamotaït sur lequel le groupe est accompagné par deux musiciens japonais, Atsushi Sakta et Oki Kano.

Un extrait ici

Un tout nouveau ‘Magazine’ !

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Magazine est un tout jeune groupe qui s’est lancé en décembre 2019. Ne pas confondre avec le mythe Magazine qui a sévi de 1977 à 1981 et de 2009 à 2011, et a impliqué des monstres sacrés comme Howard Devoto, Barry Adamson, Dave Formula et feu John McGeoch.

La formation vient de graver un single intitulé "Smith, évidemment !" qui a récolté en une semaine plus de 5 000 écoutes sur Spotify !

Le projet est atypique et navigue quelque part entre la cold et la synth wave… A vous de juger ici

Les premières dates de live seront :

01.05.20 Dour (B) Wolfrock festival

20.06.20 Marchin (B) Fêtes de la musique

 

Grout/grout tient en haleine !

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Grout/Grout vient de sortir une nouvelle vidéo « Hard Breathing », titre extrait de « Nyctinasty », un album pop aux accents folk. Paru l'an dernier, il s’agit du troisième elpee du groupe montpelliérain.

Le titre est disponible ici:

La Faune ou la flore ?

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Diva Faune a dévoilé le clip de son nouveau single “Would you stand by me”.

Le groupe y embarque pour une escapade en van à travers de grands espaces. Un road trip pop aux accents folk, oscillant entre fraîcheur et douce nostalgie de moments partagés.

C’est l’occasion de se (re)plonger dans l’album “Dancing with Moonshine” sorti en 2019 et dont était déjà extrait notamment le titre “Get up” (certifié single d’or depuis). Treize titres éclectiques naviguant au cœur des méandres d’une pop non-formatée qui s’autorise des excursions vers l’électro et l’indie-rock.

Sous forme de road-trip, la vidéo de "Would you Stand by Me", est à découvrir ici

Une vraie bombe !

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Né à Manchester, établi à Paris pendant de nombreuses années et désormais installé à Bruxelles, le musicien et producteur David Shaw est rarement là où on l’attend.

D’abord membre de Blackstrobe aux côtés d’Arnaud Rebotini et Ivan Smagghe, il prend son indépendance avec le premier album de David Shaw and The Beat, « So It Goes », manifeste personnel d’une techno vocale teintée de new wave.

Avec l’album « Jenks » de son projet DBFC, et la longue tournée qui suit, il confirme son envie d’exploser les chapelles et de jouer une musique urgente qui n’appartient qu’à lui. Un pied dans l’électricité punk, l'autre dans l’hédonisme club, il écrit aujourd’hui une nouvelle page sur cet EP.

Ses refrains sonnent comme des slogans. Tantôt fédérateurs, tantôt vicelards, ils incarnent à merveille les ascenseurs émotionnels et sentimentaux qui ont inspiré la création de son disque. « Love Songs With a Kick Vol. One », un titre qui résonne comme un manifeste d’une certaine approche du songwriting débauché par une musique club sauvage et assoiffée de saleté.

Quelques ombres bienveillantes planent sur ces morceaux de synth pop glamour joués par l’un des derniers punks de la scène techno française. On pensera ici et là à Marc Bolan, David Bowie, Lou Reed, Chris & Cosey, membres idéaux d’une famille musicale dysfonctionnelle qui fait désormais partie de l’ADN de David Shaw, dont la vision hors norme rejoint celle de ses glorieux aînés

Retrouvez David Shaw and the Beat ici 

Un premier morceau de Puzzle pour Lemon Straw…

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Lemon Straw annonce la sortie de "Puzzle", son nouvel album. Il paraîtra ce vendredi 6 mars. Ce sera son troisième. Pour info, depuis 2018, Xavier Bouillon a été remplacé par Grégory Chainis (basse et clavier).

En attendant, découvrez le clip de son tout nouveau single, "I never do", ici

The Inspector Cluzo

Un festin gascon

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Ce n’est pas la première fois que The Inspector Cluzo se produit en Belgique. Mais, ce mardi 4 février, c’est dans le cadre d’une tournée unplugged. La première en douze années de carrière ! Et justement, la paire est venue défendre son septième elpee, « Brothers In Ideals - We The People Of The Soil - Unplugged », un LP enregistré sous la houlette de Vance Powell (Stapleton, Raconteurs), à Nashville, en mai 2019. En fait, il s’agit d’une version acoustique de son précédent opus, « We The People Of The Soil ».  

Ce soir, Malcom (Laurent) Lacrouts et Phil Jourdain sont soutenus par trois musiciens issus de Nashville. Au piano, violon et violoncelle. Soit le claviériste Charles Treadway, et deux jolies dames, la violoniste Eleonore Denig et la violoncelliste Austin Hoke (NDR : comme on colle aux affiches !). La beauté au service de la musique et de ses cordes envoûtantes…

The Inspector Cluzo compte plus d’une centaine de concerts à son actif et a l’art de faire bouger les foules… Bien sûr, vu les circonstances, le concert sera moins nerveux que d’habitude et ne sera pas ponctué par un lancer de cymbales. Il sera donc plus paisible…

« A Man Outstanding In His Field » ouvre le bal. Charles se charge du préambule aux ivoires, dans un style bien jazzyfiant. Puis nos deux gentlemen farmers grimpent sur le podium. Suivant un même rituel, ils se tournent de gauche à droite en levant les mains, pour exécuter leur salut gascon. Michel Laborde a même droit à sa chanson. Aussi à l’aise sur le tracteur Massey Ferguson de 1963, bottes aux pieds, que le long de la Route 66 dans une grosse limousine américaine, santiags aux pieds, ils sont prêts à en découdre avec le blues et l’americana à la mode Johnny Cash, tout en se prêtant au jeu du funk. Lacrouts a une voix de tueur tout au long de "The Sand Preacher," un morceau dont le côté glacial et étrange est accentué par les interventions du violon et surtout du violoncelle, tout particulièrement lors de l’intro. Plutôt graveleuse, la voix de Lacrouts, proche de celle du mythique songwriter, élime plusieurs morceaux. Le light show est limité à de simples ampoules économiques. Jimi Hendrix signalait : ‘Le blues, si facile à jouer, si difficile à ressentir…’ Sorciers d’un blues déchiqueté, The Inspector Cluzo déclenche l’orage sur leur Far West à eux : le Sud-Ouest, les Landes, la ferme Lou Casse où, quand les hommes partent sur les routes, c’est pour attendre patiemment boucs, canards, oies et jars féroces. Mais l’appel des States et du large est plus important aujourd’hui. D’ailleurs, "Globalisation Blues" évoque un vieil enregistrement réalisé dans un bar au fin fond des States. En outre, on aura ainsi droit à quelques réminiscences empruntées à la musique des westerns spaghettis de Sergio Leone, un peu dans l’esprit de la Talisco. Sans oublier l’excellente cover du « Hey Hey My My » de Neil Young. A vous flanquer des frissons partout ! Pas d’excitation dans la fosse, le peuple est attentif. Cet exercice de style a quelque chose d’émouvant. La foule en réclame encore, et le rappel sera long. Très long même, débordant largement sur l’horaire prévu. Mais pour le plus grand bonheur de l’auditoire qui s’en est retourné rassasié, après un tel festin gascon….

Setlist : « A Man Outstanding In His Field », « The Sand Preacher », « Cultural Misunderstanding », « Ideologies », « The Run », « Lost In Traditions », « Fishermen », « Globalisation Blues », « The Best,We The People Of The Soil », « Hey Hey My My » (cover Neil Young), « Brothers In Ideals », « No Deal At The Crossroads », « Little Girls ».

(Organisation : Botanique)

Kevin Morby

Aussi à l’aise au sein d’un groupe qu’en solitaire…

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Kevin Morby a marqué l’année 2019 de son empreinte, en gravant un superbe cinquième album intitulé “Oh my God”. Depuis, le Texan d’origine enchaîne les concerts en Europe et aux USA. Ce mardi soir, dans la nouvelle salle cosy du Grand Mix, Morby entame sa nouvelle tournée française. Pour la circonstance, il a laissé son backing group à la maison. Le public français (et belge) a répondu présent, puisque le club est comble.

Pour assurer la première partie, Kevin Morby a embarqué l’une de ses connaissances ; en l’occurrence Justin Sullivan (NDR : ne pas confondre avec le chanteur/guitariste et leader du New Model Army), aka Night Shop. Ce n’est autre que l’ex-drummer de The Babies, la formation au sein de laquelle Morby s’est fait connaître avant d’intégrer Woods. L’ancien batteur s’est donc concerti en songwriter. Justin grimpe sur les planches vers 20h30. Il est seul armé de sa sèche et va nous livrer des ballades bien folk. Ses morceaux baignent ainsi dans un style, il fallait s’en douter, qui rappelle Kevin Morby, mais dont les influences oscillent entre le Velvet Underground et Bob Dylan. Une parfaite entrée en matière pour cette soirée.

Vers 21h, les lumières s’éteignent. Vêtu d’un costume blanc floqué dans le dos du titre de son dernier opus, Kevin Morby monte seul sur l’estrade sous les applaudissements de la foule, et s’installe derrière son clavier. Et entame son set par “Oh My God”. Dès la chanson terminée, il enfourche sa guitare pour interpréter ses derniers tubes, dont “Congratulations”, “Hail Mary”, “Savannah” ou encore “Nothing Sacred/All Things Wild”. L’artiste parvient à contrebalancer le minimalisme instrumental par une imposante présence scénique. En outres ses compos sont d’une efficacité redoutable. Le natif de Lubbock prend manifestement plaisir à jouer de la gratte et sa joie est communicative. Après plus d’une demi-heure de récital, alors que l’atmosphère, au sein du club, est à son point culminant, Justin Sullivan, son ancien compère, le rejoint et s’installe derrière les fûts. Kevin Morby entame alors un survol de sa discographie en réservant notamment à l’auditoire des titres tels que “All of my Life” ou encore le superbe “I Have Been to the Mountain”. Au bout d’une heure de concert, les deux musiciens tirent leur révérence. Mais quelques minutes plus tard, ils reviennent sur le podium, pour accorder, en guise de rappel, “Harlem River”.

En un peu plus d’une heure, Kevin Morby a démontré qu’il était aussi à l’aise au sein d’un groupe qu’en solitaire. En outre, la richesse de son répertoire et ses qualités de musicien prouve qu’il figure parmi les meilleurs songwriters de sa génération…

(Organisation : Le Grand Mix)

Nick Cave

Conversations with Nick Cave : une soirée surréaliste et émouvante…

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Trois mois avant son passage prévu (et déjà complet) au Sportpaleis, en compagnie de ses Bad Seeds, Nick Cave nous gratifiait d’un double spectacle plus intimiste, baptisé ‘Conversations with Nick Cave’, au Bozar. Un concept que l’Australien avait déjà présenté chez nous, à de Roma, fin mai 2019. Une prestation alternant récital et jeu de questions et réponses (parfois farfelues), clôturée par une séance de dédicaces. Le tout pendant 3 bonnes heures. Compte-rendu d’une soirée émouvante et parfois surréaliste.

Il s’agissait d’arriver bien avant l’heure afin de frayer un passage à travers les couloirs du Bozar, ce vendredi soir. Et aussi se laisser guider, à plusieurs reprises, par des hôtesses pour trouver son siège. En effet, une bonne dizaine d’entrées (non fléchées) s’ouvrent sur cette salle Henry Le Boeuf. Un auditoire d’une capacité de 2 000 places (toutes assises), réparties entre plusieurs balcons, deux parterres (légèrement superposés) et une grande scène sur laquelle des tables étaient dressées afin d’accueillir une petite centaine de privilégiés.

Après une intro préenregistrée, Nick Cave opère une entrée sobre sur les planches et s’installe derrière son piano pour interpréter une version originale de « Papa Won't Leave You, Henry », bien que moins enragée que de coutume.

Tel un maître de cérémonie l’artiste va ensuite expliquer les règles de la représentation. Il nous précise qu’il s’agit de la toute dernière de cette thématique consacrée à ‘Conversations’. Lancées après un événement tragique (NDR : la disparition de son fils de 15 ans), ces soirées lui ont servi de thérapie. Et une occasion pour les fans de témoigner leur affection après l’ouverture du blog The red hand files.

Ce soir, les questions des spectateurs sont relayées via une dizaine de stewards répartis dans la salle, et équipés de bâtons lumineux. Steward que pointe ensuite Nick Cave lorsqu’il veut choisir un spectateur (et une question).

Il garde une certaine distance avec les groupies, en précisant qu’il refusera les demandes de photos ou les envahissements de podium, mais réservera du temps, en fin de parcours, pour accorder des autographes.

Une demande bafouée dès la première question, par un spectateur qui lui demande directement de le rejoindre sur l’estrade. La réponse est sans équivoque : ‘No’. Ou encore une autre sollicitation d’une dame qui lui propose de l’accompagner au piano. Proposition qu’il décline également. Un peu plus tard, une autre spectatrice insiste pour lui offrir des fleurs. Il accepte cette fois-ci, mais décline la bise associée. Un peu plus tard encore un autre audacieux retente sa chance en demandant un autographe. Nick accepte mais précise que ce sera ‘the last one’.

Après les plus lourdingues, place ensuite aux questions plus profondes, comme cette d’un fan qui précise écouter sa musique dans ses périodes de spleen, et demande si c’est aussi une façon pour l’auteur d’atténuer sa tristesse ? ‘Ma musique m'amène à un point plus haut. Je laisse souvent place à mes sentiments. Et je travaille beaucoup, chaque matin en essayant de les ressentir au mieux’ répond-t-il dans les grandes lignes. Un interlude (im)prévu se déroule ensuite (NDR : il a été préalablement approuvé par Cave). En l’occurrence une demande en mariage sur l’estrade. Nick précise que le futur marié doit ramener sa promise dans ses bras. Lequel, n’aura pas froid aux yeux, et s’exécutera sous une salve d’applaudissements.

Et on n’a guère le temps de s’ennuyer car les compos s’enchaînent également, dont le toujours émouvant « Into my arms » et le plutôt rare « Where's the Playground Susie ? ».

Une spectatrice surprend ensuite l’auditoire (qui ne sait trop comment réagir) en prétendant avoir vu Jésus et s'être sentie dans une autre dimension. Elle demande si Nick a déjà entendu ce genre de témoignage. Au début, l’Australien tourne la situation en dérision et le public s’en amuse. Mais elle garde son sérieux et prétend l’avoir réellement aperçu, jetant un peu un froid dans l’auditoire. Nick retrouve alors son flegme, en citant l’importance des convictions. La foule applaudit alors poliment.

Autre moment particulier, ce témoignage d’une veuve qui a accompagné son mari jusqu’à la mort (avec comme chanson culte « The ship song »). Suite à quoi le chanteur montre beaucoup de compassion en parlant de l'absence d’un être aimé. Et enchaîne directement et judicieusement par cette compo, soutenu par le public sous le coup de l’émotion.

D’autres questions plus classiques s’invitent au cours de la soirée comme celles relatives à ses inspirations pour les compositions de son dernier elpee. Suite logique, il attaque ensuite « Waiting for you », interprété comme lors d’une cérémonie religieuse.

Une personne handicapée dans la foule, s'exprimant difficilement, l’interpelle ensuite. Elle lui signale être née le même jour que lui, et lui propose, de manière touchante, de prendre un verre après le concert. Un autre moment chargé d’émotion vu la spontanéité manifestée par les deux interlocuteurs.  

Durant la soirée, outre la déprime et la mort, il aura aussi été beaucoup question de mariages, et de chansons qui s’y rapportent. Et dans ce contexte, « Are you the one I've been waiting for ? » est logiquement exécuté.

Notre homme rend aussi hommage au peintre grec Stefanos Rokos qui a réalisé, il y a 17 ans, pas moins de 14 peintures associées à l’album « No more shall we part ». A propos, une exposition est toujours ouverte à Anvers (Bernaerts Gallery) jusqu’au 9 février. Signalant au passage que ces compositions peuvent grandir auprès de chaque mélomane qui la comprend à sa façon.

Le timing semble ensuite dicté par un manager (aussi garde du corps par moment) en sentinelle sur le côté de la scène. Celui-ci n’hésite pas à signaler au leader de se lancer dans ses chansons ou de débuter l’encore. (NDR : dommage, car sans ces contraintes, Nick aurait encore laissé davantage libre cours à ces échanges).

Le rappel va cependant réserver de belles improvisations, et quelques inédits comme « Palaces of Montezuma » (Grinderman) ou encore « Shivers » (NDR : de ses jeunes années passées au sein de Boys Next Door).

Vu la durée du spectacle (plus ou moins 3 heures quand même), on peut affirmer que les spectateurs en ont eu pour leur argent (NDR : même si le prix des entrées était plutôt exorbitant). Et à ce titre, rappelons quand même l’intervention, sans langue de bois, de Cave, en début de set. Il était scandalisé en apprenant que des personnes situées au niveau de la scène avaient dû payer un supplément. Et que d’autres qui devaient s’installer à cet endroit s’étaient vues relégués sur des sièges en parterre au dernier moment. Promettant au passage de discuter avec le promoteur d’un éventuel remboursement.

Enfin pour être complet, saluons aussi la patience manifestée par l’artiste lors d’une séance de dédicaces depuis le podium qui s’est prolongée pendant un bon quart d’heure après la fin du show…

Setlist : « Papa Won't Leave You, Henry », « God Is in the House », « The Mercy Seat », « Avalanche », « Into My Arms », « Where's the Playground Susie? », « The Ship Song », « Waiting for You »,« Jubilee Street », « (Are You) The One That I've Been Waiting For? », « Sad Waters », «Love Letter ».

Rappel: « Fifteen Feet of Pure White Snow », « Palaces of Montezuma », « Shivers », « Stranger Than Kindness », « Skeleton Tree ».

(Organisation : Bozar)

Gogolfeest 2020 : vendredi 31 janvier

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Le Gogolfeest est un festival organisé par Gogolplex, une structure qui compte 10 années d’existence. Elle propose de venir fêter cet événement, en famille, au Recyclart (rue de Manchester à Molenbeek), car le VK est en réfection pour 24 mois. Tous les bénéfices seront reversés à la fondation Gogolplex Vidéo qui contrôle le financement du développement artistico-culturel bruxellois dans la capitale européenne. Pour cette année, le festival est partagé entre concerts et Dj sets, mais, festivités oblige, la consommation de boissons et saucisses est également au menu gastronomique. Sans quoi, à l’affiche musicale figure Stikstof, Juicy, Témé Tam, Les Pandores et parmi les Djs, Vega, YZ, Franco Néro, New Smile, Deer Pony et Alvarez. Mais votre serviteur s’est avant tout déplacé pour Juicy et Témé Tam.

Témé Tan entame les hostilités à 20 heures. C’est le projet de Tanguy Haesevoets. Né quelque part entre Kinshasa et Bruxelles, il a été bercé par les rythmes africains, au cours de sa jeunesse. On l’avait découvert en première partie du duo cubain Ibéyi, à l’Ancienne Belgique. Une prestation décevante, il faut le reconnaitre. En fait, il était venu seul avec ses machines. Ce soir, il est soutenu par trois musicos. En l’occurrence Maï Ogawa aux synthés (Alec et les Japonaises), Mathieu Vandermolen à la basse et la guitare ainsi que Gérard Dubru aux percussions. Les vêtements de ces derniers sont de couleur rouge, alors que Tanguy a opté pour le brun et le gris ; mais ce sont ses chaussures qui focalisent les regards. A leur disposition, il y a pas mal de percus africaines, mais également un ukulélé, une mini-guitare électrique et une semi-acoustique.

La formation est installée en carré au milieu de la fosse, jute devant la table de mixage. Elle rôde ce set acoustique depuis deux bons mois. Il s’agit d’ailleurs de la quatrième prestation sous cette configuration. Tanguy chante sans micro, et se sert d’une gratte, d’un ukulélé, de percus et d’un mpd. L’instrumentation ondule en sourdine, lorsqu’il pose sa voix sur ses chansons. Le set s’ouvre par une nouvelle composition. Précieuse, indolente et atmosphérique. Moment au cours duquel on entendrait presque une mouche voler. Outre 5 titres inédits, il va interpréter, sous une forme plus lente et unplugged, ses tubes « Se Zwa Zo », « Améthys », « Ça va pas la tête ? » et « Matiti », un morceau qui clôt un set captivant, au cours duquel il a permis à notre esprit de voyager entre le Congo et le Brésil, en passant par les Antilles, à travers sa tropical pop, qui plonge ses racines dans la world music et le groove africain, et qu’il épice de nu-soul, de funk, de hip hop, de zouk et de rumba…

Place ensuite à Juicy. Sasha Vovk et Julie Rens forment ce duo explosif, déjanté et un peu féministe. Un premier opus est en préparation et de larges extraits devraient être révélés le 28 avril prochain, dans le cadre des Nuits Botanique…  On annonce même 23 musicos sur les planches, pour cette soirée !

Dans une mise en scène sauvage et désinvolte, les filles font leur entrée, vêtues de pantalons blancs à franches, bodys noir sexy et vaporeux. La salle est bien remplie. La foule se laisse rapidement entraîner par les rythmes hip-hop ainsi que les voix soul/r&b des deux chanteuses. Mais également leur enthousiasme, leur humour au second degré ainsi que leur gestuelle. Les filles vont nous réserver leurs inévitables déhanchements sensuels, les exercices de gymnastique avec le balancement de la jambe d’avant en arrière, la petite pique adressée à Théo Franken, un light show dominé par le rouge et le blanc, assumer une rituelle panne de matos (pied de percu électronique de Julie qui rend l’âme), afficher leur capacité à interchanger leurs instruments, et achever leur prestation par l’excellent « Count Our Fingers Twice ».

Riches, leurs compositions puisent leurs sources dans le jazz. Si la progression des morceaux surprend et déstabilise parfois, on se laisse vite emporter par les voix envoûtantes de Julie et Sasha. Seules sur scène, elles sont à l’aise sur chacun de leurs instruments, que ce soit la guitare, le piano, le synthé, ou la batterie électro… Elles s'en amusent en échangeant leurs rôles au beau milieu des titres. En totale osmose, on assiste à un spectacle coloré et à une expérience musicale de qualité. Le public est conquis comme à chaque concert des filles. On a même droit à une nouvelle compo puissante et envoûtante, « I’m The One ». Ravi votre serviteur vide les lieux avec son fils et son pote, devenus depuis, également aficionados, et prennent alors le chemin du retour, des étoiles pleins les mirettes. Vivement les Nuits Botanique!

 Setlist : « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Not A Hard Nut To Crack », « What You Can’t Confess », «I Wanna, Yes, I Wanna », « Mama Told Me », « See Me Now », « I’m The One », « Count Our Fingers Twice ».

Juicy + Témé Tan

(Organisation : VK et Gogolflex)

Roseaux

Roseaux 2

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Roseaux, c’est le projet d’Emile Omar, un ex-animateur et programmateur de radio, en France, dont le premier opus, est paru en 2012, un disque dont les chansons avaient été interprétées par Aloe Blacc. Au sein de son backing group figurent le muti-instrumentiste Alex Finkin et le violoncelliste Clément Petit. Pour concocter ce second long playing, il a invité toute une série de vocalistes, y compris Aloe Blacc, qui ne se charge cependant que d’un seul titre, « Dailey Bread », une compo dont le tempo hypnotique est tracé par le piano, au drumming aride et à l’intensité sinusoïdale. Parmi les guests figurent le chanteur camerounais Blick Blassy, qui se charge de « Kaät », une bossa nova traversée par une intervention de flûte virevoltante. Puis « Libäk », un titre soul à l’intensité dramatique, des chœurs répondant au lead vocal. Ben l’Oncle Paul se réserve le soul/jazz/skiffle « Island », une mélopée conduite par la ligne de contrebasse et soulignée de chœurs gospel. On le retrouve sur « I am going home » (NDR : rien à voir avec le morceau culte du Ten Years After, « I’m going home ») une valse orchestrale et emphatique, enrichie de cuivres jazzyfiants. Le timbre mélancolique d’Anna Majidson » se pose sur « I should have known », une piste dont les arrangements rappellent « Englishmen in New York » de Sting. Et celui plutôt fragile de Mélissa Laveaux, dont le débit évoque Selah Sue, sur la cover de John Martyn, « You can discover ». Une version plus allègre que l’originale.

Quelque part entre jazz, soul, world et folk, ce « Roseaux 2 » voyage entre le continent africain, les Caraïbes et le Brésil. Une œuvre à l’élégance rare, aux arrangements sophistiqués et classieux, qui devrait plaire aux tympans délicats des mélomanes. Et pour que votre info soit complète, sachez que c’est Renaud Letang (Manu Chao, Feist, Alain Souchon) qui s’est chargé du mixing. On épinglera encore la jolie pochette, même si elle n’est pas facile à caser, vu son format…

Verdée

Dans nos pas (Ep)

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La musique de Verdée mêle synthétique et organique. Suivant qu’elle émane d’oscillations électriques ou de sonorités confiées à Dame Nature. Un mix qu’elle assure en personne, afin d’en extraire la quintessence. Une nature qu’elle aime, qu’elle chérit, comme s’il s’agissait du prolongement de son âme.

Un premier album intitulé « Dans nos pas » réalisé par Dominique Brusson (également compagnon d’armes de Dominique A) devrait sortir début de l’année 2020.

En attendant, cet Ep nous propose trois titres qui devraient faire saliver les plus impatients : « Le cœur et la sève », « Reine et roi » et « Atome ». Une mise en bouche donc qui confère à cette artiste hybride une ouverture à connotation poétique verte et végétale.

Ça sent l’herbe fraîche, les prés fleuris, les champs à perte de vue. Les textes sont éminemment engagés et apportent un souffle nouveau à la nouvelle chanson française.

L’enveloppe sonore se veut fraîche et légère comme l’eau de source. Une ode à la détente et au bien-être. Un style qu’elle définit elle-même comme ‘chansons électro-organiques’.

Il y a dans l’univers de cette femme quelque chose d’inventif, de frais, avec ce brin de virginité dans les vocalises comme une invitation à se poser et contempler indéfiniment le monde qui nous entoure.

Verdée serait-elle immaculée ? L’avenir nous le dira ! En attendant, il est bon de s’abreuver à ce doux élixir électro… orgasmique !

Beak>

Un excellent concert… mais on n’a rien vu…

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Dans le cadre du vingtième anniversaire de l’Aéronef, les organisateurs ont eu l’excellente idée de programmer Beak> pour la modique somme de trois euros. A ce prix-là, pas étonnant que les places se soient écoulées rapidement. Ainsi, ce mercredi soir, le trio de Bristol investissait la salle lilloise (seule la moitié de la salle était accessible) alors qu’il n’a rien sorti depuis son excellent album simplement intitulé “>>>”, en 2018…

C’est TAU qui se charge d’ouvrir les hostilités. L’Irlando-allemand Sean Mulrooney est le leader de cette formation qui implique quatre autres musiciens et propose une forme de folk-rock psychédélique qu’elle enrichit de chants chamaniques, de percussions tribales, tout en laissant transparaitre des influences irlandaises… Le cocktail est surprenant et a le mérite d’attirer l’attention du public. Le groupe quitte la scène après une petite heure de set…

Il est 21h20 lorsque les lumières s’éteignent. La salle est comble. Geoff Barrow (ex-Portishead) est installé derrière ses fûts sur la gauche de la scène. Au centre, assis sur un siège, Billy Fuller se charge de la basse, alors que Matt William se plante à droite, derrière son synthé. Vu la hauteur insuffisante du podium, les opportunités de pouvoir apercevoir les musiciens sont plutôt minces. A moins d’avoir la taille d’un basketteur… Il faudra donc se contenter des quelques lumières ajustées sur les amplis et de la musique. Heureusement, en la matière, les trois Anglais excellent. Leur son est parfait et reconnaissable entre mille. Le band parvient à mêler subtilement électro et krautrock. Bien que n’ayant pas accès au spectacle visuel, le public semble transporté et nombreux sont les fans à se dandiner. A l’aide de riffs de basse tantôt hypnotiques, tantôt incisifs, une batterie précise et des claviers alternant les ambiances atmosphériques et les rythmes de club, Beak> parvient à subjuguer le public. Il enchaîne des titres d’une efficacité redoutable tels que « Wulstan II », « Brean Down » ou encore « Allé Sauvage ». Les Anglais se montrent même affables avec l’auditoire, en souhaitant, par exemple, un joyeux anniversaire à l’Aéronef ou en regrettant le Brexit à venir. Seule ombre au tableau, une petite altercation entre les musicos et un spectateur apparemment trop bavard lors de l’introduction de « When we fall II ».

Si la scène avait été réhaussée de quelques dizaines de centimètres, on aurait pu décréter une soirée parfaite. Néanmoins, il faut avouer que musicalement, Beak> évolue dans les hautes sphères du rock britannique…

(Organisation : Aéronef)

Bon Iver

I,i

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On ne présente plus Justin Vernon, aka Bon Iver, artiste qui a gagné le droit de suivre ses instincts depuis le carton surprise de son premier album, le sublime « For Emma, Forever Ago », une œuvre au folk boisé. Et l’Américain n’a d’ailleurs pas hésité à approfondir ses aspirations les plus aventureuses sur « 22, a Million », un elpee sorti en 2016. Inclassable, sa nouvelle et 4ème livraison, « I,i » mixe ces derniers aux mélodies les plus cristallines, mais dans un esprit général plus optimiste ; à l’instar du single lumineux « Hey, Ma ». Entre folk, r’n’b futuriste (« Imi », « We ») et expérimentations autotunées (« Naeem » au final bouleversant), les textures sont riches (saxo, cordes et samples), mais les mélodies émergent malgré la frustration de morceaux s’évaporant avant d’avoir pu donner leur quintessence. Notons que quelques invités de marque s’invitent au générique tels que Moses Sumney, James Blake ou les frères Dessner (The National). Bon Iver, un artiste décidément unique et précieux.

WIVES

So Removed

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Un groupe qui entame son elpee par un brûlot tel que « Waving Past Nirvana » ne peut que m’être sympathique ! Le post-punk de WIVES libère d’ailleurs quelques effluves 90’s très plaisantes. Mais les morceaux de ces jeunes musiciens sont avant tout totalement new-yorkais dans le son ! Le quatuor mené par Andrew Bailey (ex-DIIV) et James Beach semble posséder une foi inébranlable dans sa musique comme au plus beau temps du rock indie. On pense aux Ramones (« Whatevr »), au glam rock (le réjouissant « Hideaway »), à Sonic Youth (« Why is Life ») ou même au Velvet (le plombé « Workin’ »). Mais « So Removed » est avant tout un excellent album de rock réalisé avec la fougue et la morgue des premiers albums des Strokes…

Lee Evans

Mississippi Flood

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Lee Evans a commencé à jouer de la batterie à l’âge de 10 ans. Et de la guitare électrique à celui de 11. Affichant aujourd’hui 24 ans printemps, il nous propose aujourd’hui son premier Ep, « Mississippi flood ». Et vu le titre, vous vous doutez que le blues constitue une influence majeure pour ce jeune Américain. Après avoir écouté ce disque, on parlera plutôt de blues/rock. Certains sont cependant davantage blues, et d’autres plus rock voire garage, à l’instar du frénétique, « Always in the hurry ». Plage qui ouvre la plaque, elle nous plonge dans un garage réminiscent des Stooges voire de MC5. Plus classique, « Foreign girl » s’inspire manifestement de John Lee Hooker ; à cause de cette trame en boucle, alors que l’instrumental « Ballad of the Mississippi flood » évoque plutôt la partie la plus atmosphérique de l’« Albatross » du Fleetwood Mac. Les trois autres pistes adoptent un ton plus contemporain. Si « Song of inspiration » aurait pu figurer au répertoire des White Stripes, « Ain’t no beggar man » et l’excellent et fiévreux « New ground » sont carrément hantés par le Gun Club ; même la voix s’y révèle aussi écorchée que celle de Jeffrey Lee Pierce. On attend un véritable album avec impatience…

Soundwalk Collective with Patti Smith

Farewell

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Fondé par Stephan Crasneanscki, à New York, au tout début du millénaire, Soundwalk Collective est un collectif expérimental qu’a rejoint Simone Merli en 2008.

La formation puise son inspiration au sein de lieux spécifiques, naturels ou artificiels, et nécessite de longues périodes de voyage d'investigation et de travail sur le terrain.

Parmi les collaborateurs éminents figurent le musicien de jazz éthiopien Mulatu Astatke, le photographe américain Nan Goldin, le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard, le père du mouvement hip hop Afrika Bambaataa et la chanteuse, auteure-compositrice et poétesse américaine Patti Smith. Le collectif a également réalisé des partitions originales pour la chorégraphe de danse contemporaine, Sasha Waltz.

Pour concocter cet opus, Le Soundwalk Collective s’est rendu au Mexique, dans la Sierra Tarahumara, sur les traces du périple d’Antonin Artaud (1896 – 1948), poète surréaliste, dramaturge, opiomane et théoricien français, afin de capturer l’esprit du peuple Rarárumi et surtout mettre en boîte des sons (chants, tambours traditionnels, etc.), avant de les retravailler en studio. Puis Patti Smith a été invitée à déclamer les visions hallucinogènes du Marseillais. Le résultat a ainsi été gravé sur ce « Farewell », une œuvre austère et difficile à assimiler pour tout mélomane lambda. Dommage que le single, « Ivry », ne figure pas sur la plaque. C’était la seule compo signée par l’icône du punk. Elle y chante et l’instrumentation organique y est bien plus en phase avec l’univers du rock et de la pop.

Marcel et son Orchestre

Hits, hits, hits, hourra !

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Marre de cette grisaille qui vous colle au train du matin au soir ? Vous en avez assez du spleen qui vous tanne dès l’aube ? Alors, Marcel et son Orchestre pourraient vous aider à retrouver un peu de joie de vivre.

Originaires de la région Hauts-de-France, Marcel et ses sbires font dans la déconne depuis 1986, en proposant des compos de rock festif qui véhiculent des accents punk et ska.

Séparée en 2010, usée par le rythme effréné des tournées, la formation renaît en 2017 pour quelques dates seulement avant de disparaître à nouveau pour mieux revenir sur le plan médiatique grâce à ce « Hits, hits, hits, hourra ! ».

Cet (ultime ?) hommage propose un condensé de bonne humeur en revisitant 26 morceaux sous un angle contemporain et 22 inédits, de quoi dresser le bilan de 33 années d’une carrière aussi riche que surprenante.

Cet ouvrage est loin d’être une blague facile. Disgracieuses à souhait, les compos puent le dixième degré sous un air faussement léger ! Mais ne manquent jamais d’originalité. En se servant d’une musicalité pétillante et de textes à l’opprobre miraculeux, ils décrivent des faits de société avec un humour pleinement assumé. C’est sérieux sans vraiment s’y prendre.

Il faut voir cet opus comme une recette où tous les ingrédients nécessaires sont réunis pour faire naître un vent libérateur, à l’instar du Carnaval de Dunkerque dont la bande revendique l’appartenance sur scène en arborant costumes et froufrous colorés.

Ce disque est à écouter pour ce qu’il est : une farce rigolote, curieuse et sérieuse dont on se plait à écouter les complaintes.

Bref, glissez ce CD dans votre lecteur et laissez-vous charmer par cette signature artistique iconoclaste. C’est résolument absorbant.

En finalité, tout est bon… dans le bouffon !