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Volbeat

Elvis, taille Heavy

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Nous sommes mi-novembre. Une légère mais sournoise pluie vous gifle le visage. L’hiver n’est pas loin. Devant Forest National, on ne recense que quelques téméraires qui grillent de l’herbe à nicotine. Les autres se réchauffent au sein du hall d’entrée. Le regard s’évade en direction du stand merchandising. Volbeat, la tête d’affiche, n’a décidément pas lésiné sur les souvenirs à emporter : de l’ultra-classique t-shirt au hoodie, en passant par le sac de sport et même le pot de gel –histoire de se gominer la chevelure à la Michael Poulsen, vocaliste du band– le fan a de quoi dépenser quelques deniers. Mais trêve de contemplation, la batterie de Crobot résonne…

La fosse est encore clairsemée et les gradins guère peuplés, quand Crobot attaque « Legend of the Spaceborne Killer », le titre d’ouverture de son premier opus. La musique de la formation pennsylvanienne plait aux mélomanes. Sa perfusion de hard rock libère une fameuse dose de groove. En outre, sa bonne humeur est incroyablement contagieuse. Vêtu d’une chemise blanche, surmontée d’un gilet brun et d’un jeans moulant, Brandon Yeagley a un look qui rappelle les sixties. Sa voix est puissante et suave. Malheureusement, et c’est souvent le cas à FN, le son n’est pas au top. Il rebondit, devient confus et manque cruellement de relief. Mais qu’importe, le band se démène en espérant que l’auditoire le suive. Recroquevillé sur sa basse, Jake Figueroa est littéralement habité par son instrument et semble vivre chaque note qu’il en extirpe. Lorsqu’il n’est pas debout sur son ampli, Chris Bishop fait tournoyer sa gratte autour de lui. Mais soudain, le vocaliste l’assaille et, en un bond, finit par atterrir sur ses épaules. Une belle occasion pour entamer une sympathique distribution d’onglets aux premiers rangs. En une demi-heure de show, les Yankees ont montré ce qu’ils avaient dans le ventre.

Le backflag de Crobot, petit format, est décroché, et laisse la place à celui d’Airbourne. Imaginez plutôt : un immense corps rouge en plan taille, moitié humain, moitié squelette, yeux exorbités et mâchoire largement ouverte, surmontés d’une longue chevelure bouclée, prend toute la longueur du podium. En fait, il s’agit d’une réplique morbide de Joel O'Keeffe, le chanteur charismatique du band. La présence dans le pit est désormais beaucoup plus conséquente. Il faut dire qu’Airbourne, c’est déjà presque une tête d’affiche. Débarquant torse nu sur l’estrade, jeans noir largement troué, O’Keeffe se démène comme un beau diable sur les planches. C’est simple : il ne tient pas deux secondes en place, s’acharne derrière son pied de micro ou arpente la scène de long en large, en courant ou en imitant le célèbre pas chassé d’Angus Young, guitariste d’AC/DC. Ce groupe légendaire du Hard Rock hante largement les compositions d’Airbourne ; et ses musicos ne s’en cachent absolument pas. La rumeur raconte d’ailleurs que le chanteur aurait pu –c’est du moins ce que les fans d’Airbourne espéraient ardemment– rejoindre AC/DC, lorsque l’été dernier, Brian Johnson avait dû jeter l’éponge. Bénéficiant un peu moins d’une heure de set, la formation australienne (NDR : tout comme la bande à Angus, si vous voyez l’analogie…) enchaîne les morceaux pour construite un mur de Hard Rock bien gras, incisif et qui va droit au but. Un show carré et généreux, au cours duquel le chanteur, guitare à la main, décide de monter sur les épaules d’un de ses roadies (NDR : c’est récurrent) et commence à se promener au coeur de la fosse, avant de fracasser une canette de bière (NSR : une de 50cl, s’il vous plait !) sur son crâne, pour en faire jaillir une fontaine de houblon au milieu des metalheads. Très rock’n’roll !

La scène est à peine rallumée qu’un drapé vient immédiatement la voiler. Pour laisser la place à une tête de mort ailée, surmontée du logo de Volbeat. La salle de Forest National est à présent pleine comme un œuf. Depuis le parterre jusqu’en haut des gradins. Les premières notes de « Born to Raise Hell » du tant regretté Motörhead servent d’échauffement ultime. Les poings se lèvent pendant le refrain. La foule est à point pour accueillir –comme il se doit– Volbeat. Toujours invisible, le groupe entame « The Devil's Bleeding Crown », plage d’ouverture de son dernier elpee, « Seal The Deal & Let’s Boogie ». La batterie s’ébroue. Le rideau tombe. Le public exulte. Face à son pied de micro, Michael Poulsen, cheveux gominés, veste à patchs recouvrant un t-shirt de Mercyful Fate et jeans noir, fait claquer sa magnifique voix dans les enceintes de la salle. À ses côtés, Rob Caggiano, l’ancien guitariste de Thrash Anthrax, mais devenu depuis 2013, le second homme fort du combo danois, est tout sourire face à l’auditoire. À moins d’avoir eu la chance d’applaudir le quatuor au cours des festivals d’été, cette nouvelle tournée est également une belle opportunité pour les amateurs de faire connaissance avec Kaspar Boye Larsen, le nouveau bassiste qui a rejoint le line up, en mai 2016. Casquette vissée à l’envers sur la tête, Jon Larsen martèle ses fûts. Discrètement. L’arrière du podium forme un demi-cercle métallique surélevé, sur lequel les artistes viennent régulièrement se dégourdir les jambes. En son centre –au point donc le plus haut de la structure– est planté un pied de micro dont Poulsen vient fréquemment s’emparer ; ce qui lui permet de bénéficier d’une vue privilégiée sur l’ensemble de la salle.

Volbeat n’est pas du genre à se payer la tête de ses fans. Pendant pas loin de deux heures, il va parcourir un bel éventail de sa discographie, en faisant néanmoins la part belle aux compos de son dernier LP, dont « For Evigt » (chantée entièrement en anglais, alors que la version cd propose une version partiellement en Danois), « Seal the Deal » et encore le slayerien « Slaytan ». Mais également des titres plus anciens, comme le devenu culte « Pool of Booze, Booze, Booza », « Hallelujah Goat » mais aussi « Still Counting ». Certains medias n’ont pas hésité à qualifier sa musique d’‘Elvis Metal’. Qui serait donc le fruit de la rencontre parfaite et bienheureuse entre Elvis Presley et Johnny Cash (NDR : ils sont considérés comme deux des principaux précurseurs du heavy metal) sur un lit de… Rockabilly. Michael Poulsen ne manque d’ailleurs jamais de se référer à la mémoire de l’Homme en Noir, en invitant la foule –troquant pour l’occasion sa guitare électrique pour une sèche– à reprendre en chœur le célèbre « Ring of Fire », en guise d’introduction au pastiche cashien, « Sad Man’s Tongue ». Le quatuor ne manque également pas de communiquer sa bonne humeur à l’auditoire. Le chanteur est d’ailleurs surpris en lisant une banderole brandie aux premiers rangs, invitant le groupe à interpréter « Ecotone ». Amusé, Michael demande au fan de lui envoyer le bout de tissu, afin de l’afficher dans le local de répétition. ‘Cette chanson, tu peux la retrouver en effet sur un de nos albums…’, balance-t-il à la personne concernée, passablement gênée, avant de finalement poursuivre : ‘Il y a longtemps qu’on ne l’a plus jouée ; mais on va quand même essayer’. Volbeat se lance donc dans une improvisation, d’un titre hors set list, pour le plus grand bonheur des fans et de la foule. Et les plus jeunes risquent fort de ne pas oublier ce concert ; surtout lorsque Poulsen invite les ‘kids of rock’ à monter sur l’estrade, afin de vivre la fin de parcours auprès des musicos. Des moments qui resteront gravés dans leurs mémoires. Et notamment lorsque le chanteur s’installe derrière un des ces petits mecs, baladant sa guitare au-dessus de l’enfant tout en continuant d’en jouer, à sa hauteur. Ou encore lorsqu’il invite ces metalheads en herbe à donner un dernier coup d’onglet sur sa gratte, en guise d’au revoir plus que d’un adieu.

Fidèle à sa réputation de bête de scène et malgré de gros problèmes de son liés à la salle de Forest National (les sonorités de guitare dispensées par Rob Caggiano ont failli plus d’une fois percer nos malheureux tympans), Volbeat a véritablement assuré le show. En une quinzaine d’années, le quatuor est devenu un incontournable de la scène Metal, trustant désormais les têtes d’affiche de festivals. Le genre de groupe dont on risque, pour le plus grand bien des oreilles, d’entendre encore parler pendant de nombreuses années.

Setlist : “The Devil's Bleeding Crown”, “Heaven nor Hell”, “A Warrior's Call”, “I Only Want to Be with You”, “Lola Montez”, “Let It Burn”, “Sad Man's Tongue”, “Hallelujah Goat”, “The Gates of Babylon”, “Slaytan”, “Dead but Rising”, “16 Dollars”, “Ecotone”, “For Evigt”, “Pool of Booze”, “Booze”, “Booza”, “Boa [JDM]”, “Goodbye Forever”, “Fallen”.

Encore: “Black Rose”, “Doc Holliday”, “Seal the Deal”, “Still Counting”.

(Organisation : Live Nation)

Puggy

En pensant aux victimes du Bataclan…

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Puggy est en pleine campagne promo pour l’instant, en France. Il se produisait au Splendid de Lille, ce 13 novembre, salle dont il avait foulé les planches, 3 ans plus tôt. Et bien sûr, pour y défendre son quatrième opus, « Colours ». 

C’est le premier anniversaire des attentats de Paris qui ont lourdement frappé le Bataclan. On ne peut donc qu’y penser. Et les artistes n’oublieront pas de commémorer ce drame.

Le concert est sold out. A l’entrée, la file est longue d'une cinquantaine de mètres. 

La capacité du Splendid est estimée à 900 âmes. Cet ancien cinéma reconverti en salle de concert est vétuste ; mais elle a son charme. Pas facile de se faufiler jusqu'aux premiers rangs. Tant pis, votre serviteur décide de s’installer à hauteur de la table de mixage.

Le supporting act est assuré par Faon Faon (NDR : voir présentation et review concert accordé au Brass de Forest, ici.

19h00 précises, les lumières s'éteignent. Les deux filles débarquent de l’arrière de la scène. Elles portent sur la tête une coiffe blanche à franges en papier. Une bande enregistrée déclamatoire est diffusée dans les haut-parleurs. Il s’agit de ‘faontro’ », un enchaînement de différents jeux de mots et calembours, au cours duquel, l'expression 'Faon' est mise à toutes les sauces. Passé cette intro, elles déposent ces couvre-chefs sur un support. Fanny s’installe derrière son synthé, et Olympia, ses percus. Les clochettes résonnent. Olympia frappe sur ses percussions électroniques à l’aide de ses baguettes. Elles entament à deux voix « Fsld (Faon Sous La Douche) ». « Mariel » déboule, une ritournelle dansante qui vous invite lentement à investir le dancefloor. Les dominos et les jouets sont rangés. La tendre enfance est loin. Ne va pas trop vite ! On repart vers l'« Utopie », sans « Gravité ». Pour un petit voyage dans les fjords norvégiens, à la rencontre d’un « Eskimo », perdu sur un  îlot qui mange des grumeaux d'igloo. Conclusion, on a froid aux dents, mal au ventre et froid au coeur. Et cette french electro/pop rafraîchissante semble plaire à l’auditoire. Gravissons la « Montagne » par paliers,  jusqu'à 8 000 mètres. Le duo invite le public de reprendre le refrain. Une petite répétition est organisée. Olympia empoigne son ukulélé magique et Fanny le micro. Et le résultat est plutôt réussi, d’autant plus que le public accepte l’exercice choral avec enthousiasme. L’interaction est parfaite. Fanny pousse sa voix dans les octaves. « Mariage » clôt la prestation. C’est le morceau le plus délirant du concert. Il parle de blanc qu'elles n'aiment pas, de bistouquette et d'amour sans condition…

La scène n'est pas bien grande. Ziggy s’installe à droite. Armé de sa belle gratte (de couleur brune) électrique –parfois d’une semi-acoustique– Matthew se plante devant et au milieu. Romain, le plus agité, a opté pour le côté gauche. Le trio est soutenu par le claviériste/pianiste Matthieu Vandenabeele qui remplace John Janssens, depuis le début de la tournée consacrée au dernier elpee, « Colours ».

A l’issue d’une intro préenregistrée, le band monte sur l’estrade et attaque le dansant « Fight Like You'Re Fighting ». Matthew salue Lille. Il est vêtu d’un costume de couleur bordeaux. De teinte verte pour Ziggy et bleue pour Romain. Pas de chemise blanche, ni de cravate. « Feel So Low » et « Soul », sont davantage funky. Matt évoque le souvenir des attentats, de ses victimes, et remercie le public et les professionnels, pour avoir permis au monde de la musique, de continuer à vibrer pour des concerts. Après « Last Day on Earth (Something Small) », la température monte d’un cran. Mr Irons signale que c'est la première fois, lors de ce périple, que la formation va interpréter en ‘live’ « Gods Could Give », un morceau imprimé sur un mid tempo. Et le résultat est concluant. Puggy se permet même d’improviser sur les anciennes compos. De quoi leur communiquer une nouvelle jeunesse (« Goddess Gladys », « How I Needed You », « Something You Might Like » et « When You Know », titre qui achève le set). Ainsi le claviériste s’autorise quelques parenthèses jazzyfiantes. Quant aux hits, ils sont repris en chœur par l’auditoire, à l'unisson.

Le terrifiant « Territory » n’a donc pas été choisi pour clore le show, mais bien pour entamer le rappel. De quoi mettre tout le monde d’accord. Avant d’attaquer « You Call Me Up », Matt invite la foule à participer aux vocaux. Il la divise en trois parties, pour créer une polyphonie vocale, aux intonations différentes. Un chouette moment !

Puggy se produira à Forest National ce 9 décembre et à l’Olympia de Paris, le 31 janvier 2017.  

Setlist : Intro, « Fight Like You'Re Fighting », « Feel So Low », « Soul », « Last Day on Earth (Something Small) », « This Time », « Lonely Town », « Gods Could Give », « Goddess Gladys », « Ready Or Not », « How I Needed You », « Change The Colours », « To Win The World », « Something You Might Like », « Goes Like This », « When You Know »

Rappel : « Territory », « I Do », « You Call Me »

(Organisation : A Gauche De La Lune)

Bring Me The Horizon

Une véritable machine de guerre !

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Nous sommes la veille du premier anniversaire de ce funeste vendredi 13 novembre. Un an déjà que Paris et son Bataclan ont été victimes des attentats. La sécurité est maximale. Une certaine tension est palpable dans la foule, avant de pénétrer dans Forest National. Faut dire qu’il y a du monde à l’entrée. Qui ne sera autorisée qu’après deux fouilles. Ce soir, Bring Me The Horizon est tête d'affiche. Basement et Whiles She Sleeps assurant les supporting acts.

Andrew Fisher constitue la véritable colonne vertébrale de Basement. Originaire d’Ipswich, il est né en 2009. Sa musique est le fruit d’un mélange entre post hardcore, punk et grunge. Il s’était séparé en 2012, avant de reprendre l’aventure deux ans plus tard. Son dernier LP est paru en 2016. Il s’intitule « Promise Everything ». Et c’est surtout ce titre maître qui va se révéler le plus intéressant. C’est également le moment choisi par les deux gratteurs pour se mettre en évidence. A revoir lors d’un set plus conséquent.

Setlist : « Whole », « Aquasun », « Bad Apple », « Spoiled », « For You The Moon », « Earl Grey  », « Brother's Keeper», « Promise Everything », « Covet »

Formé en 2006, While She Sleeps nous vient de Sheffield. Il réunit le chanteur Lawrence Taylor, le bassiste Aaran McKenzie, le drummer Adam Savage ainsi que les guitaristes Sean Long et Mat Welsh. En 2012, le quintet avait été élu meilleur nouveau groupe britannique, lors de la remise des ‘Kerrang Awards’. Il s’était déjà produit à deux reprises à l’Ancienne Belgique. Et il avait séduit par son énergie débordante.

Le podium est pris d’assaut par les 5 gars. Hormis le drummer –difficile quand même dans ce rôle– tous les musicos bondissent comme des kangourous sur les planches. Le combo propose un majorité de plages issues de son dernier opus, gravé en 2015, « Brainwashed ». Quoique brute de décoffrage, la musique est particulièrement mélodieuse. Les deux gratteurs s’en donnent à cœur joie. Exhibant une chevelure abondante, le chanteur est un excellent showman. Il incite la foule à se rapprocher de l’estrade, s’écarter ou pogoter. Plus trop un exercice dans les cordes de votre serviteur. Il préfère assister au spectacle, depuis les gradins… WSS joue parfaitement son rôle d’entertainer. Malheureusement, les balances sont mal réglées. Et on n’entend pas trop bien les paroles du vocaliste…

 Setlist : « Brainwashed », « This Is The Six », « Our Courage, Our Cancer », « Civil Isolation », « Trophies Of Violence », « New World Torture », « Seven Hills », « Crows », « Four Walls ».

Bring Me The Horizon (BMTH) est une formation insulaire (NDR : également issue de Sheffield) fondée en 2004. Depuis, sa musique est en évolution constante. A l’origine deathcore, elle est passée par le metalcore avant d’embrasser un rock plus alternatif, généreusement nourri à l’électronique, à la limite du popcore. Et son dernier opus, « That's the Spirit », paru l’an dernier, en est certainement la plus belle illustration.   

Une estrade en trois créneaux est disposée, en arrière-plan tout en largueur, et devant un immense écran, sur lequel seront projetés des slogans, des textes de chansons, des mandalas animés, une mosaïque TV ou le film des musicos en action. D’une hauteur de 4 bons mètres, les deux cubes extérieurs sont destinés au drummer Matt Nicholls (à droite) et au claviériste/percussionniste/vocaliste Jordan Fish (à gauche). Sur le parallélépipède central, réduit à plus ou moins trois mètres de hauteur, les trois gratteurs se relaient régulièrement au milieu des imposants projecteurs. Soit le bassiste Matt Kean, le soliste Lee Malia ou le rythmique, John Jones. Ou alors coudoient le chanteur Olivier Sykes, sur le plancher des vaches. Et cette gigantesque structure sert également de support aux haut-parleurs ainsi qu’au light show qu’on pourrait qualifier d’explosif. Impossible de résister plus d’une heure, à ce régime, sans avoir les neurones en compote et les yeux explosés. C’est de la démesure ! Du gigantisme !

Dès « Happy Song », c’est le bordel dans la fosse. Tous les stroboscopes fonctionnent au-dessus de l'écran géant et devant l'estrade. L’ombre lumineuse du batteur apparaît au fil de ses frappes. Des canons à confettis et des serpentins multicolores sont balancés au-dessus de la foule en délire. Il y a trop de monde dans la fosse, et le service de sécurité tente d’y empêcher l’accès. Mais les spectateurs passent par les balcons et enjambent les barrières pour la rejoindre, engorgeant encore davantage le parterre…

La voix d’Oli passe correctement la rampe. Mais, outre les chœurs, c’est Jordan qui le supplée, lorsqu’il ne peut pas (ou plus) assurer son rôle. Quoique puissante, écrasante et truffée de breadowns, la musique reste mélodieuse. Surtout les refrains. Quasiment pop. Les tubes se succèdent. Fish se charge des beats électro. Et ils sont bien calibrés. Toutes les demandes formulées par Oli au public sont exécutées : fucks, hands up, jumps et circle pits. Il est partout, sur les planches ou les estrades.

Des anneaux blancs sont projetés sur l’immense écran, avant « Shadow Moses », le titre le plus attendu par l’auditoire. Oli tourne sur lui-même. Des machines à fumée crachent leurs vapeurs. On n’y voit plus rien. Les guitares frémissent et la foule –y compris celle des gradins– reprend le refrain en chœur.

« Chelsea Smile » (« Suicide Season ») opère un retour au metalcore. De quoi satisfaire les fans de la première heure. Plus paisible, « The Best Is Yet To Come » est enrichi de choeurs d'enfants samplés et de beats electro.

Et en fin de parcours BMTH balance ses « Can You Feel My Heart » et « Antivist », avant d’achever le show par « Throne  ».

En rappel, « True Friends » donnera une nouvelle occasion à l’auditoire de reprendre le refrain à l’unisson. La formation anglaise a manifestement ravi son auditoire, constitué d’une majorité d’aficionados. Musicalement, mais surtout visuellement, il faut reconnaître que le show était impressionnant. Une véritable machine de guerre !

Setlist : « Happy Song », « Go To Hell, For Heaven's Sake », « The House Of Wolves », « Avalanche », « The Best Is Yet To Come », « Aoife Ni Fhearraigh song », « Shadow Moses », « Chelsea Smile », « Follow You », « Sleepwalking », « Doomed », « Can You Feel My Heart », « Antivist », « Throne  »

Rappel :  « True Friends », « Oh No », « Drown »

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

Preoccupations

Un climat malsain, mais dans le bon sens du terme…

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La fraîcheur qui enveloppait les alentours du Botanique servait de décor idéal pour accueillir la formation canadienne, Preoccupations. Si ce nom ne vous dit rien, il en va sans doute autrement de Viet Cong. En fait, il avait été contraint de changer de patronyme, suite à des pressions extérieures, La bande à Matt Flegel était donc venue défendre son deuxième opus, ce samedi 15 novembre, dans la salle bruxelloise. Compte-rendu !

Joyfultalk assure le supporting act. Pas vraiment folichon. On décide alors de quitter la salle pour aller admirer le magnifique Jardin du Botanique. Trois des quatre musicos de Preoccupations nous rejoignent alors. On en profite pour déguster une bière, ensemble, avant le concert. Ces gars sont vraiment sympas !

Cinq minutes avant le début de leur représentation, ils prennent congé de leurs interlocuteurs et partent préparer leur set qu’ils vont accorder dans l’Orangerie. A 21 heures, le quatuor monte sur l’estrade. Et il entame son show par « Anxiety ». Issue du nouvel opus, cette plage est bien plus sombre que les compos qui figuraient sur l’opus de Viet Cong. Elle nage toujours dans le post punk ; mais la voix particulièrement rauque de Flegel est davantage mise en avant. Le climat est quelque peu malsain, mais dans le bon sens du terme. Oui, c’est possible…

Le deuxième titre, « Silhouettes » est un titre-phare issu du précédent LP. Mais le tempo est bien plus rapide que sur celui imprimé sur le morceau d’ouverture : et la foule commence à remuer en reprenant en chœur les ‘Ahou oh ouh oh’ qui parsèment le refrain. Un public qui n’a pas rempli totalement la salle, puisque à vue de nez, elle doit comptabiliser entre 3 et 400 âmes…

Les natifs d’Alberta alternent titres du premier et du second long playing, avant d’atteindre le pic du spectacle ; en l’occurrence « Memory ». Suivant un schéma régulièrement imaginé par les musicos, le morceau est découpé en trois parties. Le départ est paisible, la suite est intrigante et le final captivant. Flegel nous y invite à ‘Erasing your memory’, comme pour faire une croix définitive sur Viet Cong.

C’est un rôle dont on ne parle pas assez souvent, mais celui du batteur est vraiment important. C’est lui qui balise le rythme sur toutes les compos. Et sans exception. En outre, et tout particulièrement dans l’univers du post punk, la qualité du drumming est primordiale.

A l’issue de « Death », le band tire sa révérence. Un titre quand même exceptionnel. La version studio est longue, mais en live, elle dépasse les 20 minutes. Elle est également découpée en trois volets, chacun d’entre eux pourraient d’ailleurs être appréhendés en morceaux distincts. Un véritable régal !

Pas de rappel. C’est dans la norme. Et puis, bien dans l’esprit du post punk. Preoccupations a donc accordé une prestation d’une heure. Mais elle a été époustouflante. Malgré son changement de patronyme, il n’a rien perdu de ses aptitudes. Ancien et nouveau répertoire se complètent parfaitement. En outre, les musiciens sont éminemment sympathiques. Non seulement on avait pu tailler une bavette en leur compagnie avant le spectacle, mais à l’issue de celui-ci on a retrouvé Matt pour une longue conversation au cours de laquelle nous avons parlé de musique, mais pas seulement. Vivement leur retour en Belgique ; et selon les renseignements recueillis, on pourrait les revoir lors des festivals estivaux, l’an prochain…  

(Organisation : Botanique)

Leonard Cohen

Leonard Cohen s’est éteint à l’âge de 82 ans

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Leonard Norman Cohen est décédé ce 10 novembre 2016, à Los Angeles, en Californie. Il était né le 21 septembre 1934 à Westmount (Montréal), au Québec. De son véritable nom Leonard Norman Cohen, ce poète, romancier et auteur-compositeur-interprète canadien s’est imposé dans l’univers du folk, fin des sixties, avant de teinter son style de multiples influences, oscillant de la pop au cabaret, en passant par la country et la world. D’une voix grave, il chantait le plus souvent au sujet de l'amour passion, de la religion, de la solitude, de la sexualité, des relations humaines et de la politique. C’était un Juif pratiquant. Ses plus grands tubes ? « Suzanne », « Bird on a wire » et « Hallelujah ». Il a exercé une influence majeure sur des artistes comme Suzanne Vega, Nick Cave, Ian McCulloch et Jean-Louis Murat. Notamment ! Il venait de graver un album studio, « You want it darker », le 21 octobre dernier. Il était monté sur scène, au Festival de l'île de Wight, en 1970, juste après Jimi Hendrix. Plus de 1500 artistes ou groupes ont repris ses compositions. Outre son impressionnante discographie, il a publié une dizaine de livres (romans, recueils de poésie, psaumes, prose, etc.). RIP.

AFM Metal Fest 3 : vendredi 11 novembre 2016

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Organisée par Aubry Legrain (NDR : c’est le programmateur metal du Salon de Silly), la troisième édition de l'AFM Metal Fest se déroulait donc ce vendredi 11 novembre. Une belle affiche ponctuée par le concert de The Butcher's Rodéo, venu présenter son nouvel album, « Backstabbers ». L'entrée est fixée à 18 euros ; il ne faudra donc pas casser sa tirelire pour assister à ce festival qui programme –quand même– douze groupes.

L'ouverture des portes est fixée à 15 heures. Les Bras Cassés sont censés ouvrir le bal. Ils portent bien leur patronyme, car ils ont déclaré forfait. Et sont remplacés au pied levé par un duo acoustique (guitare/voix), réunissant le gratteur Laurent Kasier (bassiste et chanteur de  Mum's And Clow's qui se produira au cours de la soirée) et une chanteuse. Baptisé Green Patch, le tandem se consacre à la reprise de standards de la musique pop/rock. Pas mal, mais un peu court.  

Un chapiteau planté dans le jardin accueille ensuite Tiny Damned Souls. Un quatuor tournaisien pratiquant un punk/rock/garage old school. Et dont les musicos ne sont pas nés de la dernière pluie. La voix du chanteur est énergique. Il s’exprime dans la langue de Molière ou de Shakespeare, suivant les morceaux. ‘One, two, three, four’ et le tempo rappelle immédiatement celui institué par les Ramones. Les riffs de guitares sont huileux, graisseux et sauvages. Le section rythmique batterie/basse est solide. Votre serviteur a besoin de se réchauffer. Rien de tel qu’un petit vin chaud.

Cap ensuite vers la grande scène pour assister au set des gagnants du Contest, Stand For. Un concours au cours duquel le jeune quintet montois avait vraiment impressionné. La setlist est bien équilibrée. Particulièrement mélodieuse, la voix prend facilement son envol. Les interventions de guitares sont parcimonieuses, mais efficaces. Et techniquement irréprochables. Le spectre d’Iron Maiden plane. Manifestement, l'expression sonore rêve des eighties…

Côté ‘Jardin’, One Eye Dollar vient de grimper sur l’estrade. Issu du Pas-de-Calais le quintet est né en 2012. Et il cumule les concerts outre-Quiévrain. Son set démarre pied au plancher. Poisseuse, grasse, basique, vivifiante, la musique semble née d’un cocktail entre stoner, punk et grunge. Encore qu’on y décèle quelques traces de blues primaire. Afin de se chauffer la voix et les membres (NDR : vu la température de plus en plus glaciale), les musicos se partagent une bouteille de gnole. Le potentiel de One Eye Dollar est indéniable et son énergie, débordante.

Vu le nombre de groupes qui se succèdent, la soirée prend du retard. Last Breath Messiah est programmé ‘indoor’. Les métalleux commencent à affluer dans la salle. Le son y est bon et la température agréable. Elle va même monter graduellement tout au long de la prestation du combo. Dont les membres sont originaires de la région de Chièvres et Mons. Le plus notoire –Stephane Busiau, un des deux sixcordistes– a sévi tout un temps chez Resistance. La formation est responsable d’un mix entre hardcore et trash metal, caractérisé par des vocaux hurlés. Mais ce sont les deux gratteurs qui font littéralement le ménage…

Retour sous la tente, à l’extérieur, où il fait de plus en plus froid. Balls On Fire est un cover band qui puise son répertoire dans les années 90 et 2000. Aubry (NDR : oui l’organisateur du festival) est aux vocaux. Il est blond et se pavane, tel un coq anglais… juste à côté de son tas de fumier. Il est épaulé par un second vocaliste. Un peu comme chez Run DMC. Au sein de la set list, figurent des reprises de Deftones, Papa Roach, Nirvana, Korn et bien d’autres. Des adaptations bien électriques et chargées de testostérone…

Stand For Truth embraie sur la grande scène. Il implique des musiciens tournaisiens et montois (NDR : de Do Or Die, très exactement). Un des gratteurs affiche de magnifiques tatouages sur les jambes. Les autres, sur les bras. A son actif, un seul elpee : « The Game Is Over ». Il est sorti en 2013. Et le nouvel LP devrait paraître bientôt. Angelo se consacre au micro, Goran à la basse, Guillaume aux drums et Etienne ainsi que Délo se réservent les guitares. Le style ? Du metalcore a coloration 90’s. Outre les tatouages, les musicos sont particulièrement poilus… et barbus. Le chanteur invite immédiatement la foule à se rapprocher du podium. C'est un peu un rituel, pour lui. De quoi le rassurer et en même temps bénéficier de la meilleure interactivité possible avec son public. Les deux gratteurs et le bassiste sont montés sur des ressorts. Ils sautent sur l’estrade, de long en large, comme des kangourous. Le chanteur est un fameux chauffeur de salle. Son chant hurlé est mélodique. Quoique puissant, le volume sonore est supportable… si on a recours aux bouchons de protection dans les oreilles.

Dehors on se les gèle. Et pourtant, Mum's & Clow's est sur l’estrade. Il faut du courage pour se produire sur scène, mais aussi pour assister à un concert, dans de telles conditions hivernales. Le gratteur et le bassiste sont parfaitement complémentaires. La voix du chanteur passe bien la rampe. Les compos naviguent quelque part entre blues, stoner et rock alternatif. Les textes sont exprimés tour à tour en français ou en anglais. Et sur les planches, le combo affiche une énergie débordante…

Spiritual Drive devait également se produire à l’extérieur. Mais un des deux canons à chaleur a rendu l’âme. Conclusion, on rapatrie, en deux temps trois mouvements, tout le monde sur et autour de la scène 'Découverte'. Tant mieux. Car on aurait fini par choper la crève. Mais, il faut quand même souligner le travail opéré par l’équipe technique et les bénévoles qui se sont pliés en quatre pour que rien ne soit laissé au hasard ; et tout particulièrement pour préserver la qualité du son, marque de fabrique du Salon de Silly. Le band est originaire du Nord de la France. Son style ? Du stoner. Et il a la pêche. Le drummer transperce littéralement les peaux de ses fûts. Particulièrement mélodique, la voix du lead singer est singulière et casse les codes du genre. Mais les compos envoient le bois. La ligne de basse est à la fois lourde et claire.

Mingawash est un peu considérée comme la formation régionale de l’étape. Et pour cause, les musicos sont originaire d’Ath et de Tournai. La bande à Martin est attendue de pied ferme. Le line up réunit six ou sept membres sur les planches. L’auditoire s’est agglutiné contre le podium. Difficile de se faufiler aux premiers rangs. Le panda gesticule sur scène. Et après avoir ôté sa fourrure, il se retrouve en slip kangourou ; un cache-sexe trop grand, bordé d’une alaise, à moins qu’il ne s’agisse d’un pampers vintage. Main droite tendue vers la paume et doigt tendu vers le haut, bonjour les f***. Mais au sein du band, on ne se prend pas la tête. On préfère libérer un max d’énergie. La foule devient folle. Les riffs de grattes dispensés par Maxime et Quentin sont lourds et incendiaires. La ligne de basse est gluante. Théo martyrise les peaux de ses fûts. Clément et Martin (NDR : il est également batteur chez Feel et Lemon Straw) hurlent des textes dans la langue de Molière. Ce dernier frappe sur tout ce qui résonne. Les round circles et les circle pics se mulitiplient. Et les Mingawashettes assurent le show avec Panda. Ce dernier décide de surfer sur la foule à l’aide d’un matelas pneumatique usagé. Plein de rustines, il se dégonfle. Chez Mingawash, l’autodérision n’est pas un vain mot. Un humour comparable, enfin toute proportion gardée, à celui Rammstein. Assurément le clou de la soirée !

On passe ensuite à du lourd. Bukowski, un quintet parisien impliquant le chanteur/guitariste Mathieu Dottel, le bassiste Julien Dottel (c’est son frangin), les sixcordistes Fred Duquesne et Clément Rateau ainsi que le drummer Timon Stobart. Du metal brut de décoffrage, bien huilé, mais mélodique. Old school, mais mis au goût du jour. Les lyrics sont dispensés en français. Le band est considéré comme un des meilleurs, dans le style, dans l’Hexagone. Et cette véritable machine de guerre va ravir sa fan base qui s’est déplacée en nombre…   

Il se fait tard, et votre serviteur décide de quitter les lieux. Il n’assistera donc pas à la prestation de The Butcher's Rodeo, le side projet du chanteur d'Aqme, Vincent. Ce dernier est ici chez lui. C’est comme sa famille. Et elle le soutient. Il est venu défendre son nouvel opus, « Backstabbers ».

Rendez-vous en novembre 2017 pour la quatrième édition de l'AFM Metal Fest

The Butcher's Rodeo + Bukowski + Mingawash + Spiritual Drive + Mum's and Clow's +  Stand For Truth + Last Breath Messiah + Balls On Fire +  One Eye Dollar + Stand For + Tiny  Damned Souls + Green Patch

(Organisation : Aubry Legrain + Le Salon de Silly)

 

Imperial Crowns

The Calling

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The Imperial Crowns est une formation établie à Los Angeles. Eponyme, son premier elpee remonte à 2000. Le band embraie alors par "Hymn Book" en 2004, "Preachin’ the blues Live !" en 2005 et "Star of the West" en 2007. Puis, plus rien pendant 10 ans…

Le line up est aujourd’hui réduit à un trio. Il réunit le chanteur/harmoniciste Jimmie Wood, le guitariste J.J Holiday et le drummer Willy Sullivan. Les trois musicos signent toutes les compos et coproduisent le long playing. 

Imprimé sur un tempo rigoureux, "I gotta right" ouvre la plaque. Jamie Wood est déjà aux commandes. Sa voix est agressive, rugueuse et franche. Il est également déjà bien affûté sur son harmo, alors que les interventions de JJ aux cordes sont particulièrement mordantes. Miss Rachel C. Wood accorde la réplique vocale et Benmont Tench (NDR : membre du backing group de Tom Petty, les Heartbreakers) siège derrière le piano. Le rythme est toujours aussi offensif sur "The calling". La voix allie désinvolture et sauvagerie. JJ double à la guitare et au cümbüs, une espèce de luth turc. "Grace under pressure" est plus paisible. Billy Sullivan cumule –sans doute grâce aux vertus du re-recording– la batterie, la basse et les claviers. La composition est assez complexe. Très travaillées, les cordes sont également déjantées ; communiquant une impression étrangement acide à l’ensemble. La slide de JJ crache des flammes face aux percus métronomiques de Billy, tout au long de "Wasn’t love at first sight", un blues funky, au cours duquel la voix se révèle assez autoritaire. Boogie blues spasmodique, "Love n’ the devil" est enrichi d’une section de cuivres. JJ déchire y déchire les sonorités de ses cordes en écrasant ses pédales. La voix de Jimmy devient étonnamment débonnaire sur la ballade "Something of value", alors que la slide progresse en douceur face à l’harmonica. Les claviers de Sullivan et le piano électrique de Benmont Tench produisent des effets spéciaux, pendant le R&B "The mark of Cain". Brûlot, "Mr Aphrodite" adopte à nouveau un tempo nerveux. Les Imperial Crowns se muent en big band, impliquant harmonica, guitare, piano, cuivres et chœur féminin. Toujours cuivré, "Liberate" est une piste indolente bien construite, au cours de laquelle Jimmie et JJ se partagent les guitares. Une plage dont l’originalité est entretenue par les cordes électrifiées. Qui se mêlent aux acoustiques, tout a long de "Papa Lawd", un blues/rock funkysant coloré par les interventions du djembé et de l’harmonica. Autre plage tumultueuse, "Question Mark" clôt cet LP. Un morceau au cours duquel l’harmo et la slide se réservent leurs dernières sorties…

La formation se produira ce 13 novembre 2016 à la Boîte à Musique de Wattrelos.

 

Various Artists

My Precious! / A Waves Radio Show Compilation

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Paru sur le label bruxellois Red Maze, « My precious! A waves radio show compilation » est une initiative de l’émission WAVES, diffusée en Belgique, le dimanche dès 20 heures sur radio Vibration (107.2FM sur la capitale, 90.0 sur Mons et ici sur la toile)

Les curateurs, Fernando Wax et Phil Blackmarquis, ont sélectionné 13 titres nouveaux et exclusifs signés par des formations ou artistes inspirés par les eighties et tout particulièrement les courants, dark, new et cold wave, ainsi que post punk, ambient et même électro dont l’inévitable EBM ; des styles qui séduisent toujours de nombreux aficionados, malgré ses 30 années d’existence. Et en publiant un tel recueil, ils ont voulu démontrer que cette scène était toujours bien active. Même sur la scène internationale. Certains noms, qui figurent sur la compile, s’étaient produits dans le cadre des fameuses Fantastic nights bruxelloises…

Combo argentin, Diktatur propose une minimal wave enrichie de chœurs. Duo français, Position Parallèle dégaine sa synth-pop pour traquer « Mort ou vif ». Quintet suédois, Agent Side Grinder déverse sa cold wave tout au long du renversant « Giant falls ». Et le reste est tout aussi surprenant…

L’album est en vente ici en digital ou en vinyle (édition limitée à 600 copies dont la pochette a été réalisée en sérigraphie).

 

 

Kadavar

Kadavar exquis…

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A premier abord, l’affiche peut sembler improbable. Elle renseigne la présence d’un groupe slovène et un autre allemand. Mais où est-on allé chercher ces formations de hard rock pour se produire à Tourcoing ? Simplement là où beaucoup d’artistes puisent leur inspiration, et depuis de nombreuses années. Soit au sein des fabuleux albums de Black Sabbath et Deep Purple ; et même en allant puiser chez le Led Zeppelin, où se confondent encore les genres et les influences.

Le premier band répond au patronyme de Stray Train. Y militent cinq hommes dont l’âge oscille entre la trentaine et la quarantaine. Ils balancent du rock’n’roll. Mais le timbre vocal du chanteur est léger. A première écoute, c’est plutôt surprenant. Et la surprise vient autant de l’inconnu que du matériel utilisé sur scène. D’abord à cause de la conjugaison entre les deux guitares, opérée entre une ‘Gibson Custom’ –branchée sur un ampli de marque obscure, elle est responsable d’un son particulier– et la Fender Stratocaster, câblée sur un Marshall. Puis de l’impact apporté par le drummer, dont les interventions sont tellement précises qu’elles en deviennent fascinantes. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le solo de Jimmy Page, pendant « Whole Lotta Love », a été exécuté sur Fender. Mais qui donc a dit que le rock était essentiellement sous l’emprise de la Gibson ?

Là où l’on attend une déferlante susceptible de faire remuer les corps et hocher les têtes, on assiste à une performance magnifiquement réglée, techniquement imparable, mais qui souffre d’un excès de calme. Ne nous méprenons pas, le show est au rendez-vous. Tatoués, les types ont une dégaine certaine. Les mains glissent sur le manche avec une aisance stupéfiante pour libérer des riffs rageurs. On a la nette impression que les musicos veulent étaler tout leur brio. Une sensation accentuée par la cover du « Pressure On Time » de Rival Sons. Bien réalisée, la version confirme la parfaite maîtrise des musiciens. La première partie a donc bien répondu aux attentes du public ; une mise en bouche qui dresse parfaitement le décor pour le combo suivant : Kadavar.

Kadavar réunit trois types, dont le look aurait pu naître d’un croisement entre des Vikings et les membres de ZZ Top. Trois gars qui ont de la présence sur les planches. En témoigne, le monde qui a rappliqué dans la salle, dès la fin du supporting act. L’atmosphère est instantanément lourde. La tension monte alors que la musique se meut en bourdonnement sourd et perturbant. Le groupe se prépare. Les balances sont presque terminées. Il ne reste plus qu’à attendre. Les écoutes préliminaires n’ont pas révélé grand-chose. C’est en véritable néophyte qu’il faudra partir à la découverte du trio. Et là, on va prendre une fameuse claque. On aura ainsi droit à un set flairant bon les seventies. Alimentés par des solos de gratte, bien soutenus par la ligne de basse et bien entretenus par les drums, les morceaux s’étalent sur plus de cinq minutes. Les riffs paraissent simples mais ils sont si bien enchaînés que le résultat est bluffant. Hochant la tête tous les trois en rythme, les musicos donnent envie à l’ensemble de l’auditoire de s’époumoner et de danser. Et pourtant, quoique caricatural, ce hard rock a beau se déchaîner et libérer toute sa rage, il est toujours juste. La voix est peu présente et, le plus souvent, elle épouse les sonorités de gratte, pour mieux épauler les interventions du soliste. Enfin, en constatant que le bassiste s’est confiné dans un coin du podium, on pourrait penser que son rôle est plus qu’effacé. Mais rapidement, on se rend compte qu’il est indispensable. Il sert même de fil conducteur. Quant au batteur, installé au centre et à l’avant de l’estrade, il fait penser à un homme-orchestre au bord du délire. Puissant, inépuisable, son drumming est tout bonnement phénoménal… Et on n’est pas au bout de nos surprises ; car en rappel, le band ne va pas nous réserver un morceau, mais trois, dont en finale une reprise du célèbre « Helter Skelter » des Beatles, comme un écho au morceau le plus rock du groupe pop/rock britannique.

(Organisation : Le Grand Mix)

 

 

Napalm Death

Un mec engagé à la tête d’un noisy fucking band…

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‘Napalm Death’ : deux mots qui claquent de manière brutale. Cependant, au fil de ces trente-cinq dernières années, ils se sont vus attribuer, dans le monde du Metal, le symbole d’un groupe reconnu, respecté et admiré par un grand nombre pour ses explorations sonores, le plus souvent au sein des marges les plus violentes, sous les étendards punk-hardcoriens du Grindcore. Un style musical dont les Britanniques sont par ailleurs considérés comme les pères fondateurs. Rencontre avec un des leurs, le vocaliste Mark ‘Barney’ Greenway, pour aborder l’actualité du band, mais également la facette engagée de l’artiste.

Quelques badauds sont adossés sur la devanture de la salle mythique bruxelloise du Magasin 4, en attendant que le hangar ouvre ses portes. Le tour manager m’invite à y pénétrer et me demande de patienter près du comptoir d’entrée. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvre et, dans l’embrasure, apparaît Mark Greenway, mieux connu dans le milieu sous le pseudo de ‘Barney’. Et surtout, comme chanteur emblématique de Napalm Death, groupe de Grindcore qui impacte les esprits depuis plus de trois décennies. Il me fait signe de le rejoindre. J’entre donc à mon tour dans la pièce où sont installés, au centre, deux vieux canapés recouverts de couvertures. Le reste de la pièce est occupé par des lits ; certainement un endroit où se reposent les groupes avant de monter sur les planches. La lumière est plus que tamisée, mais petit à petit, je m’acclimate à la pénombre. Barney s’assied en face de votre serviteur. Il a presque la cinquantaine, mais en paraît 10 de moins. Il est vêtu d’un vieux t-shirt de couleur bleue et d’un pantalon noir. Ses cheveux sont quelque peu en désordre. Le genre de gars qu’on pourrait croiser en rue sans se retourner, et surtout sans jamais penser qu’il a tant influencé la scène musicale marquée du Triton.

Napalm Death appartient à cette catégorie de formations qui ne chôment pas ; il a ainsi publié dix-neuf elpees studio en trente-cinq ans d’existence. Le dernier en date, ‘Apex Predator – Easy Meat’, unanimement acclamé par la critique, est paru il y a un peu moins de deux ans. Les Britanniques auraient-ils quelque chose de neuf sous le coude à proposer ? « Non, mais on en parle… », explique Barney. « Encore rien de vraiment tangible : pas encore de répétitions ni de dates de studio. On en est juste au stade du bla bla ». Mais le nœud du problème, c’est surtout l’absence, depuis fin 2014, de Mitch Harris, le guitariste ? Il a pris ses distances pour des raisons familiales (NDR : depuis lors, il a été remplacé par celui de Corrupt Moral Altar, John Cooke). « Cette absence nous complique quand même l’existence » admet-il. « On ne sait pas encore vraiment comment on va résoudre le problème. On sait que les gens nous attendent, mais voilà… », poursuit-il, pensif.

Une absence, certes handicapante, mais qui n’en est pas encore à menacer la survie du combo. La recette miracle ? « Nous aimons toujours ce que nous faisons. Tout simplement ! C’est important, surtout après tant d’années. Je connais d’autres formations qui sont également sur la route depuis aussi longtemps, mais ne sont plus impliquées comme elles devraient l’être. Je ne veux absolument pas vivre une telle situation. J’aime vraiment ce projet. J’aime ce que nous abordons et l’autonomie que nous avons, progressivement, acquise… » Le quatuor serait donc prêt à rempiler pour les vingt prochaines années ? Cette question, l’artiste préfère ne pas se la poser et appréhender le futur en des termes plus courts. « Tu sais, chaque fois qu’on réalise un nouvel album, et surtout maintenant, c’est un peu comme si on arrivait à une fin. Pendant le processus d’écriture et d’enregistrement, on ne peut s’empêcher de penser que ce sera peut-être le dernier et qu’il doit donc nécessairement être le meilleur possible. Ce genre de questionnement peut faire peur, mais pour nous c’est le genre de truc qui nous motive », soutient Barney.

Mais ce n’est pas parce que la longévité de Napalm Death pourrait en faire pâlir plus d’un qu’il ne fréquente plus que les arènes et les stades. Loin de là. Le vocaliste reste à ce sujet très modeste : « Il n’a jamais été question de bétonner un plan de carrière et de miser uniquement sur de grosses dates. Notre motivation est dictée par ceux qui se bougent pour venir nous voir. Et peu importe si elles sont plus petites… » Il s’arrête, réfléchit, avant de reprendre : « Et puis, tu sais, je ne me fais pas d’illusion : Napalm Death a toujours été un noisy fucking band. Il faut être réaliste, on n’est absolument pas taillé pour jouer dans des amphithéâtres ! Je ne voudrais, au final, pas militer au sein d’un groupe plus grand… et qui finirait, d’une façon ou d’une autre, par disparaître dans l’espace de ses propres attentes… »

L’histoire de la musique a de plus déjà démontré que les stades n’étaient pas toujours remplis par les groupes les plus talentueux. Par contre, ce dont Napalm Death peut se targuer, c’est d’avoir acquis une solide notoriété dans le milieu ; ce dernier lui attribuant notamment la paternité du Grindcore. « C’est évidemment sympa à entendre », dit-il en souriant, « Mais ce n’est pas un compliment sur lequel on se repose. Si on veut rester bon, on doit continuer d’évoluer. Par exemple, en enregistrant des albums qui rencontrent nos aspirations. Mais tout en ne perdant pas de vue ce qui représente l’essence même du band. La musique de Napalm Death est avant tout du rentre-dedans très rapide. On a toujours refusé de se reposer uniquement sur notre réputation, on doit être proactif ! », explique-t-il avec entrain. Du rentre-dedans très rapide, quatre mots qui ne pourraient pas mieux coller au style de la formation. Mais quelle définition le parrain du Grind donne-t-il au mot ‘extrême’ ? « C’est large… très large ! Au niveau musical, ce terme peut se traduire par une volonté de ne pas se conformer, de ne pas rentrer dans les standards de la production. En règle générale, le monde de la musique dicte ce qui doit être ‘adéquat’, selon ses propres critères. Mais le spectre sonore est si important, si large, qu’il est nécessaire de pouvoir tout exploiter, en ce y compris les parties rarement explorées. Si lors de sessions, tu es derrière le desk et tu vois que ça crache… que ça crache délibérément… et que le producteur te dit : mais bon sang, qu’est ce que tu fous ?! C’est qu’on est dans le bon, c’est à ce moment-là que nous devenons extrêmes ! », raconte-t-il en rigolant.

Mais hormis la musique, Barney est également un personnage très engagé. Il n’est pas rare qu’il exprime ses opinions, que ce soit à propos de la misère rencontrée quotidiennement par les réfugiés, de la séparation indispensable entre l’Etat et les institutions religieuses, du droit des animaux ou encore à travers ses coups de gueule qui dénoncent l’occupation des territoires palestiniens. « Perso, j’estime que la politique, c’est d’abord comment se comporter en tant que femme ou homme et tenter de percevoir ce que fait actuellement l’humanité. Je grossis le trait, mais c’est aussi comprendre pourquoi un individu qui appartient à tel camp ou vit d’un côté ou l’autre de l’océan n’a plus le droit d’être appelé ‘être humain’. Même si je sais que c’est enraciné au plus profond de l’homme d’avoir un comportement exclusif », justifie-t-il, avant de poursuivre : « A mon humble avis, je suis seulement un être humain et j’essaie simplement de faire passer quelques idées. Après, tu peux évidemment me reprocher d’être de gauche ; mais c’est vrai, et j’ai un certain background. J’ai besoin d’exprimer ce que je pense. Si, au final, on veut rendre ce monde meilleur, il faudra faire beaucoup d’efforts. A commencer par des gens ordinaires comme toi et moi, pour comprendre et tout mettre en œuvre afin de développer l’égalité entre les individus, sauvegarder la dignité et le bonheur de chacune et chacun ».

C’est également dans cet état d’esprit que Barney, en 2015, avait écrit au Président indonésien, fan du groupe (!), afin de lui demander de gracier trois Anglais condamnés à mort pour détention de drogue. Une situation dont le chanteur se souvient particulièrement bien : « Auparavant j’étais engagé dans une organisation de défense des droits de l’homme, en Australie. C’est via cette association que j’ai été informé de la menace de mort qui pesait sur la tête de trois Britanniques. Or l’un d’eux était également fan de Napalm Death. En outre, le Président d’Indonésie apprécie également notre musique… Je lui ai donc fait savoir que j’étais un opposant convaincu à la peine capitale. Et puis, j’avais ouï dire qu’il était un dirigeant réfléchi ; ce qui n’a pas toujours été le cas là-bas… J’ai donc voulu débattre avec lui des raisons du maintien de la peine de mort ; ce qui, à mes yeux, a toujours plus ressemblé à un recul de civilisation qu’autre chose… » Et même si cette interpellation n’a finalement pas permis d’annuler leur condamnation à mort, le chanteur affiche un certain optimisme : « Au moins, pour le futur, mon intervention a permis une certaine ouverture. Ce n’était malheureusement pas la première fois que j’intervenais pour abolir cette sentence. Mais je tiendrai toujours le même discours : qu’elle émane d’un État ou de n’importe quelle autre organisation, personne n’a le droit d’envoyer quelqu’un à la mort ».

Ce déni de justice, ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de sources qui nourrissent continuellement les textes de Barney, chez Napalm Death. « Quand on lit nos lyrics, on pourrait parfois penser que nos paroles sont déprimantes. Mais c’est tout le contraire ! Ce qui est vraiment déprimant, c’est quand on retourne en arrière. Ce serait tellement facile de se dire : OK, je vis en Angleterre ; c’est un pays relativement calme où rien de grave ne se passe vraiment… Mais non ! Ce n’est pas ma vision des événements. » Barney met sa main sur mon épaule et se confie : « Par exemple, toi, je ne te vois pas comme un Belge, mais un être humain, en compagnie duquel je prends plaisir à parler. Pour moi, l’origine ou la nationalité sont loin d’être des facteurs prépondérants… Comme je milite au sein d’un groupe, mes idées peuvent bénéficier d’un certain écho… En fait, je me considère comme un internationaliste. »

Il s’arrête, sourit, et conclut : « Et puis, même si je ne participais pas une telle aventure, je pense que j’agirais de toute façon de la même manière ! »

(Interview réalisée à Bruxelles, au Magasin 4, le 25 septembre 2016).

Okkervil River

L’émotion à son paroxysme…

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Fondé en 1998, Okkervil River est considéré comme un des meilleurs représentants de la scène folk yankee contemporaine. Et pour cause, au fil du temps, sa musique a constamment évoluée. Sa discographie est conséquente. Elle compte 8 elpees et de nombreux Eps. Sans oublier les diverses collaborations auxquelles Will Sheff, le leader a participé. On rappellera quand même, qu’à l’origine, Jonathan Meiburg militait au sein du combo. Puis il a décidé de monter son propre projet, Sherawater.

S’il faut bien avouer, que les précédents opus ne sont pas exceptionnels, le dernier en date, intitulé « Away », est vraiment excellent. Faut dire que Will a renouvelé le line up de son band, presque dans son intégralité. On était donc curieux de connaître le résultat, sur les planches. Et la Rotonde semblait vraiment l’endroit idéal pour juger, s’il avait fait le bon choix.

Lors de sa tournée, Okkervil River a choisi pour supporting act, un jeune londonien, Lookman Adekunde Salami, aka L.A Salami. Il vient de graver un premier LP, baptisé « Dancing with Bad Grammar ». En général, les premières parties son rarement passionnantes et incitent plutôt le mélomane à s’attarder au bar, en taillant une bavette en compagnie de ses potes. Bon, bien sûr, il y a des exceptions. Et bien L.A Salami en est une. D’ailleurs, tout au long de sa prestation, l’hémicycle ne va jamais désemplir, le folk singer, armé d’une sèche et d’un harmonica, nous réservant un set d’une demi-heure particulièrement inspiré…

A 21h, les lumières de la Rotonde s’éteignent. Will Sheff grimpe sur l’estrade. Il est suivi de ses musiciens. Une demoiselle s’installe derrière son clavier, à droite, tandis que le guitariste et le contrebassiste optent pour la gauche. En arrière plan, siège le drummer. Le décor est adapté à la saison. Un paysage automnal est projeté sur une toile, sur laquelle on a accroché quelques feuilles d’arbre. Bucolique !

Le set s’ouvre par plusieurs titres issus du dernier opus, l’excellent « Okkervil River R.I.P ». Le son est excellent. Les balances sont impeccables. La voix de Sheff est vraiment bouleversante. Les musicos sont excellents, à l’instar du guitariste qui va nous réserver, tout au long du show, de superbes solos. Outre son répertoire récent, Okkervil River va puiser dans sa discographie antérieure. Ce qui nous vaudra de splendides –et surprenantes– versions de « Or Life is not a movie, or maybe », « For Real » ou encore d’« Unless It Kicks ». Entre les morceaux, Will échange quelques mots avec l’auditoire. Il nous rappelle qu’en 2008, il avait vécu un gros stress, sur le ferry, qui le conduisait de l’Angleterre à la France, alors qu’il suivait les résultats des élections aux States, opposant Obama à McCain. Une situation qu’il avoue revivre ce soir (NDR : son réveil a dû être difficile, quand il a appris que Trump avait été élu).

Vers 22h15, la formation vide les lieux. Quelques minutes plus tard, un spot éclaire Will Sheff. Il est derrière le public, seul armé de sa sèche. Le Texan attaque alors « The War Criminal Rises and Speaks ». L’auditoire est littéralement subjugué. Alors que le morceau entame un long crescendo, le musicos reviennent sur le podium pour lui emboîter le pas. A cet instant, un frisson vous parcourt l’échine. Rarement un concert n’a d’ailleurs été autant chargé d’émotion. Un set hors normes. Finalement, en ce sombre 8 novembre, on aura quand même vécu quelque chose de positif…

(Organisation : Botanique)

Shake Shake Go

De la rue aux grands festivals, en passant par les premières parties et les pubs miteux…

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Shake Shake Go s’était produit dans le cadre du festival de Ronquières, en août dernier ; un événement qui avait drainé pas moins de 36 000 spectateurs. Le line up réunit quatre garçons et une fille. La carrière de ce band ressemble à un conte de fées. C’est d’abord dans la rue qu’il a opéré ses balbutiements ! Après avoir accordé de petits concerts dans des pubs miteux, il est pourtant rapidement repéré...

La suite ? Une première partie de James Blunt assurée en 2014 dans le Royaume-Uni, puis en France (notamment celle de Rodrigo y Gabriela), un premier single publié en décembre 2014, un premier Ep (éponyme) en mars 2015 et un premier album, « All in time », début 2016.

Emmenée par la jolie Poppy Jones, cette nouvelle sensation venue d’outre-Manche se produisait donc près du célèbre ‘plan incliné’, dans le cadre d’un périple international ! Pas étonnant, lorsqu’on sait que plus de 7 millions de personnes ont écouté "England Skies". Malgré son jeune âge, le quintet jouit d’une popularité digne des plus grands ! Ronquières avait donc flairé le bon filon puisque c’était sa première date belge. Sans doute pas la dernière !

Votre serviteur, d’un pas audacieux, se dirige vers miss Jones afin de décrocher une interview. Pari gagné ! Certains membres sont francophones, certes, mais c’est la gonzesse du combo qui s’y colle. C’est à peine si elle parvient à baragouineur quelques mots de français. En conséquence, c’est dans la langue de Shakespeare que l’entretien se déroulera…

Le patronyme du groupe est le fruit de l’imagination d’un enfant de 6 ans. Et si c’était celui d’une personne du troisième âge ?

En fait, nous cherchions un nom sans avoir d’idées précises. Puis, un jour, lors d’une de nos prestations, un petit garçon, prénommé Archie, jouait avec un ‘shaker’ et s’est exclamé ‘shake shake’. Nous avons donc opté naturellement pour Shake Shake Go. Franchement, nous avions reçu de nombreuses suggestions. Je me souviens d’une proposition du genre ‘Space Cabbage’ (Trad. : Chou Spatial). Je suis satisfaite que nous n’ayons pas choisi celui-là ! Pour répondre à ta question, si le choix avait été posé par une personne âgée, nous aurions probablement chopé quelque chose de plus banal comme 'The Buskers' (Trad. : les Musiciens ambulants) ou un truc de bien plus mental, je n’en sais rien…

Le festival de Ronquières était la seule date belge de votre tournée. Vous vous attendiez à une telle réception ? Comment jugez-vous le public belge, par rapport aux autres ?  

Notre premier concert en Belgique était vraiment super ! Nous avons reçu, partout, un accueil chaleureux ! Il est toujours un peu effrayant de se produire quelque part, pour la première fois. Nous connaissons ce pays car nous y avons quelques amis. Les gens sont très sympas et disponibles ! Même, lorsqu’il y fait plus froid… sans doute que vos bonnes bières, consommées dans la bonne humeur ici, y sont pour quelque chose!

D’un duo né sur les bancs de l’université, toi et Marc avez décidé de former un quintet. Pourquoi opté pour cette configuration spécifique ?

Nous disposions de quelques chansons en réserve, mais cherchions encore notre identité musicale. Puis, nous en avons conclu qu’il était peut-être temps d’apporter du neuf. Tout s’est construit naturellement en fonction de l’expérience de chacun. Le travail d’écriture est toujours réalisé par nous deux, dans l’esprit originel du duo.

On décèle un certain feeling celtique dans la musique de SSG. Tu es Galloise et Marc, d’origine bretonne. Etait-ce une manière de revendiquer vos origines ?

Effectivement, nous partageons tous deux des origines celtiques. Nous n’avions aucun souhait manichéen de prime abord. Nous ne cherchions pas non plus spécifiquement à les refléter dans nos chansons. C’est le hasard le plus total. Elles se sont tout naturellement glissées dans nos compositions.

Vous avez commencé à jouer dans la rue et dans les pubs miteux. La notoriété est apparue rapidement suite aux premières parties réalisées pour James Blunt. Comment gérez-vous le succès qui est le vôtre aujourd’hui ?

Les choses ont bien évolué depuis nos premières prestations dans la rue ! Ces conditions, nous les avons vécues pendant un certain temps. Finalement, c’était amusant et elles ont constitué un excellent tremplin pour la suite. Mais je préfère me produire aujourd’hui dans des endroits comme celui-ci ! Après avoir accompagné James Blunt, nous avons signé chez le label ‘Beaucoup Music'. 'Auguri Productions’ s’est occupé de toute la logistique de la tournée. Nous avons aussi assuré la première partie de Rodrigo Y Gabriela et participé à des festivals grandioses ; ce qui nous a permis de nous imposer véritablement comme groupe.

La formation vit pleinement en ‘live’. Les compos et les arrangements permettent une ouverture pour ce type de configuration. Votre mode de création a-t-il été conçu en ce sens ? Pourriez-vous imaginer une formule plus électro-acoustique par exemple ?

Nous nous sommes vite rendus compte, lorsque nous jouions dans la chambre de Marc, que si nous voulions percer, nous devions écrire des textes épiques et forts. Jouer en ‘live’ constitue la cerise sur le gâteau ! Nous estimions important de concevoir les compos afin qu’elles prennent une dimension toute particulière, qu’elles soient interprétées en public ou écoutées simplement sur un support quelconque.

Et justement en concert, les compos sont-elles figées ou leur réservez-vous une place pour l’improvisation ?

Le set évolue de tournées en tournées ! Le ‘live’ permet de se rendre compte assez rapidement de ce qui fonctionne ou pas ! On adapte donc, selon ! Rien n’est figé !

Les thématiques abordées dans vos chansons sont finalement assez simples et sont toutes teintées de positivisme. Pourtant, elles servent parfois d’exutoire pour dénoncer les travers sociétaux ou les magouilles politiques. Véhiculer des lyrics engagés ne semble pas apparemment pas votre tasse de thé…

J’aime écrire des textes simples où les gens peuvent s’y retrouver, voire s’identifier. Je traite de sujets qui me sont proches, me touchent et sont faciles à comprendre. Ce qui me permet de vivre pleinement mes chansons. L’artiste peut se permettre de dénoncer certains faits sociétaux ou politiques, c’est vrai ! Comme être humain, j’ai mes propres opinions ! Cependant, je m’interroge toujours sur la manière la plus objective de les rendre publiques, tout en gardant un certain recul.

L'électro domine les charts aujourd’hui. Proposer du pop/folk doucement sucré n’est-il pas à contre-courant et plutôt risqué ?

Nous avons conscience des risques auxquels nous nous exposons. Toutefois, c’est notre culture musicale et nous ne comptons pas y déroger. Je pense qu’il y aura toujours un public pour ce genre de musique. Il s’y retrouvera d’une manière ou d’une autre. Elle est, selon ma propre définition, exempte de toute fioriture. 

Est-elle également une ode au voyage selon toi ?

Nos compositions ont mûri à travers nos voyages, autant en ce qui concerne le groupe comme entité qu’en fonction de nos diverses individualités.

Il paraît que vous habitiez tous dans des endroits différents géographiquement. Pas évident lorsqu’il s’agit de répéter…

Il est vrai que nous vivions dans des endroits géographiquement éloignés. Marc, en Normandie, Virgile à Lyon, Kilian et moi-même aux Pays de Galles et Toby à Birmingham. Pendant tout un temps, la situation était donc plutôt compliquée. Parvenir à faire coïncider nos agendas respectifs était la difficulté majeure. A titre anecdotique, il nous est même arrivé d’utiliser Skype. Aujourd’hui, nous vivons en France. C’était indispensable pour la survie du band ! Tout se passe pour le mieux ! Le fromage y est excellent en plus !

De qui vous sentez-vous proche artistiquement en Belgique ?

Pour être honnête, je ne connais pas beaucoup d’artistes belges. J’ai découvert récemment Puggy. Je n’en avais jamais entendu parler ! Mes comparses avaient déjà écouté certains de ses titres. J’apprécie son univers authentique. Perso, j’aimerais aller le voir en concert.

Vous travaillez actuellement sur la création d’un second opus. S’inscrira-t-il dans la lignée du premier ?

Absolument ! Nous n’allons pas changer de ligne de conduite. Nous comptons simplement la faire évoluer, l’améliorer ! Nous sortons de deux semaines passées en studio. Je pense que nous sommes sur la bonne voie ! Nous y avons injecté énormément d’énergie et j’espère tout simplement que ce second album sera accueilli favorablement tant par le public que par les critiques.

Freaky Age revient comme une machine

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Aujourd’hui sort ‘Like A Machine’, le premier single du nouvel album de Freaky Age. Avec des guitares tranchantes et une batterie explosive, le groupe bruxellois se montre dans un nouveau registre plus brut. Après trois albums, une dizaine de tubes diffusés sur les ondes belges (notamment « Time Is Over et Where Do We Go Now ») et des années passées en tournée, les quatre musiciens ont décidé en 2014 de prendre le temps pour créer leur quatrième opus. En attendant la sortie de leur nouvel album en février 2017, les fans peuvent écouter le nouveau single ici. Et découvrir le clip .

Le groupe est définitivement de retour pour mettre le feu à cette fin d’année.

Red Hot Chili Peppers

Comme à la piste des étoiles…

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Le premier concert du Red Hot Chili Peppers, auquel votre serviteur a assisté, c’était le 17 février 1988. A l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Malgré la température extérieure, le set était particulièrement torride, les musicos achevant leur prestation en tenue d’Adam, leur sexe emballé dans une chaussette de laine. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et les derniers albums de la formation californienne ont souvent fait plus que pâle figure ; à l’instar du dernier, « The Getway », paru en juin dernier. Ce qui n’empêche pas le Sportpaleis d’être sold out, pour accueillir le quatuor, 28 ans plus tard. De quoi vérifier si l’énergie libérée en live, à ses débuts, est toujours aussi intense…

Deerhoof assure le supporting act. Issu de San Francisco, il réunit la chanteuse/bassiste Satomi Matsuzaki, le drummer Greg Aunier ainsi que les guitaristes John Dieterich et Ed Rodriguez. Dans le cadre de l’édition 2014 des Nuits Botanique, il s’était investi dans le Congotronics Vs Rockers, en compagnie de musiciens congolais, américains et européens. « The magic », son seizième opus, est également paru en juin dernier. Et inévitablement, le quartet va y puiser allègrement. Avant-gardiste, sa musique oscille entre noise, pop, punk, rock, jazz et prog. Si la voix de Satomi est aussi cristalline que particulière, ce soir, elle n’est pas très distincte. Problème de mixing ? Probable ! Pourtant, quoique de petite taille, inlassablement, elle s’éclate en gigotant sur le podium. Pendant tout ce temps les deux gratteurs multiplient les impros ; et ils pourraient déraper dans le n’importe quoi, s’il n’y avait la section rythmique, et tout particulièrement le drumming de Greg, à la fois impressionnant et fédérateur. A revoir dans de meilleurs conditions…

A 21h30, les lumières s’éteignent. Flea monte d’abord sur le podium. Ses fringues sont plutôt bigarrées. On lui apporte sa basse. Il est suivi par le drummer, coiffé d’une casquette à l’envers. Il se dirige immédiatement derrière ses fûts, installés sur une estrade. Josh Klinghoffer, le gratteur, porte un ‘baggy trouser’ large voire bouffant. Et le trio ouvre le show par une jam de plus ou moins 5 minutes. Flea et Josh entrent en duel, à l’aide de leurs instruments. Flea frappe vigoureusement ses cordes à l’aide de ses doigts, via sa célèbre technique du tapping. Le chanteur, Anthony Kiedis, débarque enfin. Il ressemble à un jeune premier : bermuda, tee-shirt et casquette de couleur noire, il a enfilé un caleçon long qui laisse apparaître des tatouages qui doivent remonter jusqu’en haut de ses jambes. Il sautille ou bondit sur les planches. Il me fait penser à un bonobo. Le combo est soutenu par deux musiciens de tournée, un percussionniste et un claviériste.

Le light show est impressionnant. Celui placé en arrière-plan est plutôt agressif. Constitué de 2 à 300 tubes led, un autre surplombe un bon tiers de la fosse et il va onduler en vagues successives, au-dessus des spectateurs, suivant les morceaux. Des images, des vidéos, mais également les prises de vue du concert –parfois en gros plan– sont projetés sur quatre immenses panneaux.

Anthony remercie régulièrement la foule. Il s’exprime dans un excellent français, alors que nous sommes… à Anvers. Outre celles du dernier elpee, Red Hot Chili Peppers va privilégier les plages de « Stadium Arcadium » et « Californication ». Mais également les tubes. Dont « Under The Bridge », l’inévitable « Californication » et l'explosif «  By The Way », morceau qui achève le concert. Sans oublier la cover du « Cosmic Dancer » de T. Rex. Et c’est Josh qui amorce ce  morceau à l’aide de sa six cordes. En live, Josh remplace dignement John Frusciante. Ses interventions sont précises mais généreuses. Des intros en jam amorcent pratiquement chaque hit. Lors de ses solos, Chad en profite –en fin de parcours– pour balancer ses baguettes dans la foule. Klinghoffer va également se réserver le micro à quelques reprises. Et limpide, sa voix passe bien la rampe. Chaque musicien aura droit à son solo. Une autre cover : « If It Be Your Will ». La compo est signée Léonard Cohen. Et elle est particulièrement léchée. Tout en adoptant une démarche mi-canard, mi-primate, Antony crache, d’un air vengeur, littéralement ses mots. Bluffant !

Lors du rappel, Josh va s’attaquer à « My Death ». Au chant et à la gratte. Il s’agit d’une adaptation de « La Mort » de Jacques Brel.

Flea revient sur le podium. Et son retour, il le célèbre en faisant le poirier. Ce type est incroyable. On se croirait à la piste des étoiles. Quant au final il sera tout bonnement monstrueux. Et comment aurait-il pu être autrement, puisqu’il s’agit de l’incontournable « Give It Away ».

Setlist : « Intro Jam », « Around The World », « Dani California », « Scar Tissue », « Dark Necessities », « Cosmic Dancer », « Did I Let You Know », « Go Robot », « Cosmic Dancer, Right On Time », « Feasting On The Flowers », « Aeroplane », « Detroit », « Californication », « Goodbye Angels », « If It Be Your Will », « Under The Bridge », « By The Way ».

Rappel : « My Death », « Dreams Of A Samurai », « Give It Away ».

(Organisation : Live Nation)

Va à La Plage

Une invitation à se rendre au littoral ? Oui, mais alors à Ostende…

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C’est la deuxième fois que votre serviteur se rend au Zik Zak, au cours de la même semaine. A l’affiche ce soir, Va à La Plage. Fondé en 2013, ce quatuor bruxellois est drivé par l’auteur/chanteur Julien Coene. Si les textes poétiques et imagés sont exprimés dans la langue de Molière, la musique lorgne plutôt vers la pop, une pop décomplexée qui se singularise par ses cordes de guitares épiques et ses chœurs languissants. Deux vidéos du groupe cartonnent, pour l’instant, sur Youtube : « Louise » et « La Nuit ». Une bonne raison pour aller vérifier ce que le combo a dans le ventre…

Le supporting act est assuré par Le Prisonnier. Une référence à la célèbre série, mettant en scène Patrick McGoohan, qui a marqué les sixties ? A vérifier ! Toujours est-il que le combo réunit le guitariste/chanteur Joey Carl, le bassiste Mathieu Volont et le drummer Arnaud Luyckfasseel. Les morceaux proposés sont courts, rapides et rageurs. Le band puise plus que probablement ses influences chez Téléphone, Noir Désir, Deportivo, Nirvana et White Stripes. Tout un programme ! Mais les compos servent surtout à véhiculer des messages engagés. Et dans la langue de Voltaire. La thématique ? Au cours de notre existence, nous sommes tous quelque part prisonnier de l’argent ou du boulot, au détriment de nos passions, de nos désirs personnels. Dès qu’on accepté ce choix, la porte se referme sur notre liberté. A méditer !   

« Si Tu Me Veux » ouvre le set. La gratte est mordante et les percus sont incendiaires. Inévitablement on ne peut s’empêcher de penser à Bertrand Cantat. « Tout Le Reste » traduit le désir d’un homme pour une femme. Il retourne sa veste, pour une simple étincelle (‘Pour un soir avec elle, on brûlera tout le reste’). Le chanteur vocifère ses mots, pour exprimer les « Instincts Primaires »…

Setlist : « Si Tu Me Veux », « La Race Humaine », « N'Hesite Pas », « Bang Bang », « Plus Rien », « Pour Que Tu Comprennes », « Potentialité », « Vietnam », « Te voilà », « Des Gens étranges », « Trop », « Monde  Merveilleux », « Faisons Comme Si », « Tout Le Reste », « Mon Innocence », « Instincts Primaires »

Le line up de Va à La Plage réunit le gratteur François Willemaers, le bassiste Benoît Vrelust et le drummer Gilles Arbeau. Sans oublier, bien sûr, Julien Coene, préposé au chant et à la guitare. 

« Question De Chance » ouvre le bal. L’instrumentation est riche, le rythme subtilement funky. Et la compo prend littéralement son envol, lorsque les claviers entrent dans la danse…

Spasmodique, « Marion » lorgne vers un BB Brunes devenu adulte. Un morceau taillé pour le dancefloor. « Le Chemin », c’est celui d’une vie tracée par une petite promenade en forêt. « Adieu Mademoiselle », nonobstant l’absence du violon, et « Alaska » sont deux titres mélancoliques.

Pour amorcer « Place des Corps Saints », la voix emprunte un ton déclamatoire, aux accents ‘gainsbourgeois’. La setlist n’oublie bien évidemment pas les inévitables « Louise » et « La nuit ». Plutôt funkysant, le premier est manifestement sculpté pour les dancefloors. Le deuxième, devenu depuis un tube, est plus pop, nonobstant ses nuances légèrement psychédéliques. Et le set de s’achever par le dansant « 2012 ».

Du set épinglera aussi une cover surprenante et accrocheuse d’Arno Hintjens : « Les yeux De Ma Mère ». Et pour cause, elle a été mijotée à la sauce électro/pop. Une invitation à se rendre au littoral ? Oui, mais alors à Ostende…

Setlist : « Question De Chance », « Marion  », « Le Chemin », « Adieu Mademoiselle », « Alaska », « Place des Corps Saints », « Le grand Voyageur », « Les yeux De Ma Mère », « Louise », « SOS », « Heureux Présage », « Le Vide », « Enfance », « La Nuit  », « La Belle Etoile », « 2012 »

(Organisation : Zik Zak)

Badbadnotgood

Plus good good que bad…

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Ce jeudi 3 novembre, Badbadnotgood se produit à l’Ancienne Belgique. Nonobstant son style musical, pas vraiment accessible, le groupe torontois a attiré la grande foule. C’est même sold out. Etonnant ! Maintenant, il est exact que depuis 2010, la progression du quatuor est constante. Elle ne souffre même d’aucun accident de parcours. En outre, le band canadien jouit d’une solide réputation en ‘live’. Et enfin, son dernier album, « IV » est vraiment excellent, une œuvre qui, outre ses morceaux instrumentaux, bénéficie du concours d’excellents featurings ; à l’instar du saxophoniste Colin Stetson, du chanteur Sam Herring (Futur Islands), du rappeur Mick Jenkins ou encore de la vocaliste Charlotte Day Wilson. On était donc impatient de découvrir comment les Canadiens allaient parvenir à retranscrire ce concept sur les planches.  

Le concert débute à 21 heures pile. A droite du podium, se plantent le bassiste Chester Hansen et le saxophoniste Leland Whitty. Et à gauche, le claviériste, Mathhew Tavares. Alexander Sowinski siège, derrière ses fûts, au centre.

Pendant une heure et demie, les quatre jeunes musiciens vont en mettre plein les oreilles au public, puisant leurs titres au sein de l’ensemble de leur discographie. Ce qui a manifestement plu aux amateurs de jazz. Chacun leur tour, les musicos vont démontrer leur aisance sur leur instrument. Le set est truffé de solos de basse, batterie, sax et batterie. Il y en aura pour tous les goûts. Mais heureusement, le show ne s’est pas limité à une succession de démonstrations gratuites. Pas du tout. Et pour cause, Badbadnotgood nous a réservé également des parties mélodiques, émouvantes, parfois même, entraînantes. Ainsi, derrière ses fûts, Alexander Sowinski galvanise l’auditoire, qui n’a pourtant guère besoin de stimuli pour s’éclater.

La réputation live n’était donc pas usurpée ! Ce type de groupe jazz à la technique irréprochable, capable de soigner l’aspect mélodique tout en communiquant autant avec son public, ne court pas les rues. C’est une certitude. Une chose est sûre, la formule fonctionne à la perfection. Et on comprend ainsi mieux l’engouement suscité par ce spectacle.

Pomrad assurait le supporting act, un groupe anversois –de jazz, of course– qui est parvenu à tirer son épingle du jeu. Un choix judicieux donc…

(Organisation : Botanique)

 

David Bartholomé règle ses comptes avec le fait de vieillir !

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Sharko a mis un nouveau clip en ligne. Il s'agit d'une nouvelle version dite "electro" de la chanson "When I Was Your Age" (aka "La chanson Justin Bieber", où le chanteur David Bartholomé règle ses comptes avec le fait de vieillir dans un univers régi pour et par les jeunes).

 

Après la version album et la version acoustique, Sharko délivre donc une troisième version sans compromis, épurée, moderne, urbaine, noire mais non sans enthousiasme.

Le groupe semble prendre un malin plaisir à proposer de nouveaux arrangements !

Mise en image par Brice VDH qui après avoir filmé Pamela Anderson et Julien Doré s'est encanaillé avec plaisir à ses délires.

A découvrir ici !

Faon Faon

Signé Cat’s eyes…

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Le Brass est situé dans l'ancien bâtiment de production électrique et de brassage des brasseries Wielemans-Ceuppens. Le bar est sympa, la salle conviviale et le son excellent. Pas de gros problèmes de parking pour y accéder. Ce soir, s’y produisent Goodbye Moscow et Faon Faon dont c’est la ‘release party’ de son premier Ep, financé par une plate-forme de crowdfunding. Les réseaux sociaux se sont chargés de la promo. Autre temps, autre mœurs…

Faon Faon s’était produit dans le cadre du festival LaSemo, en 2015. C’est à cette occasion que votre serviteur avait découvert le duo féminin. Réunissant la mannequin Olympia Boule et la styliste et Fanny Van Hamme. Elles sont également lauréates du concours ‘Du F. dans le texte’. Et chantent donc dans la langue de Molière. Fanny a acquis une certaine expérience en participant à l’aventure d’un groupe de rap, mais aussi en chantant dans une chorale. Olympia est branchée sur les musiques africaines et asiatiques. Mais également sur les traditions orales qui se jouent à l'oreille. Elle a également milité chez Cargo Culte. Qui à l’époque, s’était autorisé une cover plutôt réussie du « Chercher Le Garçon » de Taxi Girl.

Goodbye Moscow assure donc le supporting act. Il s’agit du projet de Benjamin Hutter. Né en Russie, il a grandi à Bruxelles. Il a publié un Ep 5 titres, en 2015, « De rêves inachevés ».

Sur l’estrade il est seul aux commandes et se charge des claviers de la gratte et des samples. Dépouillé, le décor se limite à des lampadaires, des lampes vintages, de vieilles TV et une photo de cosmonaute (Youri Gagarine ?) Il pose le doigt sur une machine, et la musique s’écoule. Elle est pop, mais découpée dans les beats électro. L'« Horizon » défile devant nous. La voix de l’artiste est éthérée. Devant ses claviers, ses mains ondulent. Manifestement, il maîtrise son sujet. Passionné par les étoiles et la conquête spatiale, ce doux rêveur nous entraîne progressivement dans sa galaxie. Mais pas facile d’y entrer. Il faut attendre qu’il empoigne sa gratte pour y parvenir. Et là on accroche. On tombe même sous le charme de cette musique. Pourtant, elle est torturée, un peu à la manière d’Etienne Daho. Enfin, surtout ses textes, exprimés en français…

En vieux français, ‘feün’ signifie ‘petit animal’. Un cervidé à deux têtes. Les donzelles débarquent par le côté droit de la scène et viennent se mêler à la foule. Les lumières sont éteintes. Olympia, armée d’un ukulélé, Fanny, d’un tambourin à cymbalette, la suit.

Les interjections et les applaudissements fusent de toutes parts. Les filles remontent sur l’estrade, sous les feux des projecteurs. Multicolores. Fanny se consacre alors aux synthétiseurs et Olympia, aux percussions et toujours au ukulélé. « FSLD (Faon Sous la Douche) » ouvre le set. Clochettes et harmonies à deux voix sont un véritable enchantement. Campant une sorte d’hybride entre pop, electro et hip hop, les titres défilent. Dont « Eskimo », celui qui squatte les ondes radiophoniques. L’ambiance monte d’un cran. Pour éviter « La Montée », il faut ensuite « Sauver l'Amour », une reprise judicieuse de Daniel Ballavoine. Savez-vous planter des « Choux De Bruxelles ». Dans votre potager ? C’est écolo ! Cependant, Tanguy Haesevoets, aka Monsieur Témé Tam, n’est pas au jardin. Arriver au sommet de la « Montagne », c’est  l’objectif de Faon Faon. Le « Mariage » vaut bien une « Berceuse. Et le set de s’achever par le générique de ‘Cats Eyes’. Une signature qui leur va comme un gant. Un guitariste et un bassiste les rejoignent alors qu’elles vont prendre plaisir à changer constamment d’instruments, tout au long de ce titre.

Setlist : « FSLD », « Mariel », « Eskimo », « Utopie », « Gravité », « La Montée », « Sauver l'Amour », « Choux De Bruxelles », « Montagne »

Rappel : « Mariage », « Berceuse », « Cats Eyes ».

(Organisation : Le Brass)

Un bon paquet de FiTZ

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FiTZ , c’est avant tout un duo de musiciens, un mélange de gros son(s), de rythmiques puissantes et de textes engagés, à la fois poétiques et hargneux. Leur album sortira ce 7 novembre en Belgique, au Canada et au Japon. Pour donner s'en mettre l'eau à la bouche, le groupe propose en cette période post-Halloween de faire "La pêche aux morts".

S’il fallait vraiment définir FiTZ, on pourrait les situer à la croisée des chemins entre un rock dur parfois métallique, un stoner pesant et oppressant et une révolte punk incisive, le tout chanté en français.

ZUT, "J'ai la tête en l'air"

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Le 8ème album du groupe ZUT , « Y’a un Bug », est sorti le 21 octobre 2016. Il s’attache aux petits grains de sables qui parsèment l’existence d’un enfant (l’arrivée d’une petite sœur, le grand frère ado, la jambe dans le plâtre, les poux sur la tête, le manque de temps des parents…) avec l’humour et l’énergie qui caractérisent le trio. Un premier morceau, "J'ai la tête en l'air" est disponible dès à présent.

Les trois chanteurs-auteurs-compositeurs dissèquent avec malice le quotidien des enfants qu’ils se plaisent à transposer en chanson avec humour et affection.

 

Un premier EP pour The Beat Caroline

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Le groupe français The Beat Caroline allie une enivrante fusion de blues et de folk sur leur premier EP "Annie" . A la fois psychédélique, à la fois rock 'n' roll, le groupe s'appuie fortement sur la voix sensuelle et assurée de FANI. Le nom du groupe est un clin d'oeil  à la "beat generation" et aux diverses influences musicales 60' du groupe. C'est également une référence à la célèbre station de radio pirate anglaise "Caroline'".