La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26654 Items)

LaSemo 2014 : vendredi 11 juillet

Écrit par

C’est au coeur du Parc d’Enghien, endroit rêvé et enchanteur, que se déroule un des festivals les plus écologiques de Belgique, le LaSemo (NDR : ce qui signifie graine en espéranto). C’est la seconde fois qu’il retrouve ce site. Jusqu’en 2012, il était hébergé à Hotton, en Province de Luxembourg. L’an dernier, il avait drainé 20 000 personnes dont 1 000 enfants. A l’instar de l’Esperanza, le LaSemo se veut avant tout écologique : aucun papier ne traîne et de nombreuses poubelles sont disséminées aux quatre coins du site. Mais surtout, une alimentation ‘bio’ est disponible pour les festivaliers. Deux podiums sont prévus pour les artistes : 'Clairière' pour les artistes ou groupes confirmés et 'Pavillon' pour les découvertes et les surprises. Le festival propose également des spectacles de théâtre, du cirque, de l'Art de la rue, des saltimbanques, des fanfares ainsi que diverses activités pour petits et grands. Les organisateurs sont également sensibles à l'accueil des familles ainsi qu’aux personnes à mobilité réduite. Et dans ce contexte, on peut allègrement accorder 4 étoiles sur 5 à cette organisation. En outre, vivre 3 jours de festivités dans un cadre aussi agréable, sans une goutte de pluie, que demande le peuple ?

Votre serviteur débarque à 16h00 pile pour assister à la prestation de Casssandre sur le podium 'Pavillon'. Le patronyme du groupe cumule bien 3 's', afin se différencier d’une autre formation française, lauréate de l'émission TV' X-Factor'. Par contre, Casssandre a également remporté le concours 'Du F dans le texte', organisé par le Conseil de la Musique. Un combo drivé par la chanteuse Cassandre Brieux. Elle est soutenue par le bassiste Laurent Brouhon, le claviériste Anatole Zephir, le guitariste Rom Bazz et le drummer Yann Chapoutier. Sans oublier la percussionniste/flûtiste, Esinam Dogbatse, qui a débarqué au sein du line up, il y a peu. La troupe se produit surtout en Belgique et dans le Nord de la France. Et compte un premier Ep à son actif. Il est d’ailleurs paru tout récemment.

La voix de Cassandre est tour à tour, tendre, réconfortante ou autoritaire. Parfois aussi marécageuse (NDR : le bayou ?). Le band pratique une sorte de folk teinté de jazz et chargé de swing, dans l’esprit de Matt Bianco, même si les textes sont interprétés dans la langue de Voltaire. Au sein de la setlist, j’épinglerai « Anima », « Silence », « Impossible », « Cigarette » et surtout « Ma brune » ainsi qu’« Impertinente ». Difficile cependant de se faire une idée du potentiel de ce groupe en 45 minutes. D’autant que la scène est étroite et empêche les musicos d’optimaliser leur show. Et finalement, ce sont surtout les interventions d’Esinam, à la flûte traversière qui vont le plus me séduire. Car franchement, elles apportent un plus aux compos. A revoir dans d’autres conditions. Aux Francofolies de Spa ou au Brussels Summer Festival ?

Cap vers la scène principale 'Clairière' pour y harponner les boucaniers de Cré Tonnerre. L’équipage compte huit albums à son actif. Boucanier, Mousse, Flibustier et Passager Clandestin, qu’importe, ils nous viennent tous du fin fond de nos grandes forêts qui recouvrent la Province du Luxembourg. Finalement, ils auraient tout à fait leur place au festival des Barges, à Scène Sur Sambre. Mais ici nous sommes à Enghien. Les cinq pirates vont nous faire vivre un premier moment festif. Une bouée de sauvetage en guise de décor. Pas de batterie : deux grattes électriques et une acoustique, du fifre, une basse, des claviers et de l'accordéon. Très second degré, le spectacle est coloré et humoristique. Les zygomatiques sont constamment sollicités. Une envie irrésistible de danser vous prend dans les bas des reins dès les premiers instants du spectacle. Le pont du paquebot est immense. Les moussaillons préparent l'abordage en courant de gauche à droite ou de droite à gauche, selon. Ils nous filent notamment « Un P'tit Orval », « Moussaillon Capitaine » ainsi que « Kenavo ». A cet instant, en fermant les yeux, on a l’impression d’accoster à Saint-Malo, à bord d’un vaisseau d’époque, en compagnie des corsaires de Surcouf... Elio est même de la partie. Mais surtout les spectres de Renaud, Tri Yann et des Cow-Boys Fringants planent dans l’atmosphère. Suivez le son des fifres et entrez dans la farandole. La Cré Tonnerre, c’est également la marque d’une bière, en dégustation au bar. Mon LaSemo commence en boulet de canon…

Je fais cependant l'impasse sur Cozier et Hermans, un duo piano/chant qui revisite quelques standards jazz et classique. Géraldine possède une jolie voix, manifestement très travaillée ; mais je n'accroche pas. Il est temps de se diriger vers les stands de restauration pour y découvrir les spécialités ‘bio’.

Je regarde de très loin la prestation de GieDré. Elle est seule sur la grande scène armée de sa guitare et entourée de poupées gonflables, marionnettes et préservatifs. Son discours est imagé, vulgaire et provocateur. Il y a des gosses dans l'assemblée et j’estime que ce type de spectacle ne s’adresse à ces petites têtes blondes. J’avais déjà eu l’occasion de voir et d’écouter son récital dans le cadre de l'Inc' Rock BW en 2013, et je n’avais pas accroché du tout.

Sur l’estrade ‘Pavillon’, le duo Heymoonshaker va constituer une belle découverte. Coiffé d’un chapeau mou, Andy Balcon se charge de la gratte. Dave Crowe sert de beatbox. Ces grands voyageurs ont expérimenté leur show, dans la rue, en Nouvelle-Zélande où ils se sont rencontrés. Ils mettent ensuite le cap sur la Suède, où ils décident de traduire leur spectacle en salle. Au fil temps, le tandem a emmagasiné les influences, tout en conservant une même passion pour le blues. Enfin, la paire est retournée en Angleterre pour y enregistrer un Ep intitulé « Shakerism ».

Dave est un véritable phénomène. A l’aide de sa bouche (et de son micro), il reproduit les sonorités de drums, basse, et même de machines. Particulière, la voix d'Andy est grave et rocailleuse. Un peu comme si elle était née d’un croisement entre Joe Cocker et Don Van Vliet (Captain Beefheart). Le set s’ouvre par un morceau digne de Jimi Hendrix. Le duo est capable de mettre le feu avec trois fois rien. D’ailleurs, on remarque la présence toute proche de pompiers et secouristes prêts à intervenir. Outre le blues, la paire brille dans le domaine du dubstep, que Dave dispense tout simplement à l’aide de son organe vocal. On comprend mieux pourquoi Heymoonshaker comptabilise plus de 30 millions de vues sur le web. A mon humble avis, il est à l’aube d’une grande carrière. En trois-quarts d’heure, il a mis tout le monde dans sa poche. Une prestation unique et à voir absolument. Je quitte le premier jour du LaSemo épaté par ce show, mais aussi fatigué. Demain, dès l’aurore, je suis au turbin…

(Organisation : LaSemo)

The Ramones

Ramones : ¡Adios Amigos!

Écrit par

Vendredi 11 juillet 2014, Tommy Ramone (alias Thomas Erdelyi), vient de s’éteindre dans sa maison du Queens (New-York) à l’âge de 62 ans.

Souffrant d’un cancer des voies biliaires, l’ex-drummer du plus grand groupe punk de la planète était le dernier survivant du quartet original des Ramones.

C’est après la sortie d’un premier album en 1976 et quelques années d’attente, que les quatre New-yorkais deviendront progressivement une référence majeure du genre et influenceront toute la scène underground punk-rock.

Actif lors des 3 premiers albums du groupe (« Ramones », « Leave Home », « Rocket to Russia »), Tommy laissera tomber les baguettes en 1977 pour se consacrer exclusivement à la production, mais restera cependant fidèle au groupe jusqu’à leur séparation en 1996.

Une triste nouvelle qui succède aux décès successifs des autres membres de la formation. Celui Joey Ramone emporté par un cancer du système lymphatique (2001), de Johnny Ramone fauché par un cancer de la prostate (2004) et de Dee Dee Ramone succombant à une overdose (2002).

Tardivement (ou jamais !) reconnus par le monde de l’industrie musicale, les Ramones rejoindront finalement le Rock and Roll Hall of Fame en 2002.

Photo : Les quatre musiciens face au CBGB, lieu de naissance du punk et de la musique underground. C’est dans ce bar punk de Brooklyn que les Ramones livreront leur premier concert en 1974. Un live horrible joué sur un accord et sifflé par un public hargneux dont le seul but était de viser les musiciens avec des bouteilles de Bud dans la gueule. Fort heureusement, les quatre New-yorkais avaient persévéré jusqu'à la fin du set. Et ils ont bien fait.

Hasta la vista Tommy ! 

Souvenirs :  http://youtu.be/r0a22CrMf4s

 

 

Jane Doe & The Black Bourgeoises

Tu dois être riche si tu veux devenir musicien

Écrit par

Jane Doe & The Black Bourgeoises ! A la lecture du patronyme, on imagine être en présence d’une vocaliste à la tête d’un girl band un peu cul-cul. Ce n’est pas le cas. Oui, il y a une chanteuse : Julie Megank ; et deux choristes, Cookie G. et Cherry G. Mais pas seulement. La formation est également soutenue par quelques vieux briscards issus de la scène belge, dont les guitaristes Antoine Cannon (Super Like You) et Dave Kostman (NDR : il double également au synthé), le bassiste Dan Diaz (Driving Dead Girl) et enfin le batteur de Von Durden, Nicolas Scamardy.  Bref, en 2013, cette formation a publié un album très rock'n'roll intitulé « Angel Crash ». Le parcours du combo est antinomique : naissance, composition, studio, album et enfin concerts. C'est dans le bar du Bazanova à Houdeng, juste avant leur prestation, que le groupe nous a accordé une interview. On vous relate les réactions les plus intéressantes…   

Ben manifestement, ça rocke pas mal pour vous, les filles ?

Julie : effectivement, ça boume et ça rocke plutôt bien pour nous…

Quelques mots sur votre parcours et vos influences ?

Nicolas : j'ai rencontré Julie, il y a deux ans. Et alors que nous circulions en voiture, elle s’est mise à chanter ; et je me suis rendu compte qu’elle avait une superbe voix. Je l’ai donc invitée à participer à la confection de quelques maquettes. Puis nous sommes entrés en studio. Ce n’est qu’ensuite que nous avons fondé le groupe, puis nous avons commencé à nous produire en concert.
Julie : Et enfin on est allé manger un spaghetti. Nous avions faim.

De la table on peut donc passer aux goûts musicaux...

Dan : perso, j’épinglerai Machiavel et Slayer.
Julie : Skarbone 14, Jeanne Mas de l’époque « En rouge et noir ». Soit sa plus intéressante. Mylène Farmer pour l’aspect émotionnel qu’elle parvient inoculer à ses chansons… ( ?!?!?)
Nicolas : je vais quand même répondre un peu plus sérieusement à cette question. Je pense que tous les membres du groupe écoutent plus ou moins les mêmes artistes. De manière générale, nos goûts sont éclectiques, même si nous préférons le rock. Et si nos aversions sont souvent partagées, c’est ce partage des sensibilités qui nous permet paradoxalement de concocter une musique originale...

Remettre le passé au goût du jour, c’est un peu votre philosophie, non ?

Nicolas : wah, je comprends ce que tu veux dire !
Julie : oui, nous aimons bien le côté 'vintage' de la musique.
Cherry B. : suivant l’adage on pourrait affirmer que c'était mieux avant. Si on avait décidé de s’inspirer de One Direction ou d’autres trucs pareils, on ne ferait peut-être pas la même musique.

Quel est le dernier concert auquel vous avez assisté ?

Antoine et Julie : celui de Queens Of The Stone Age.
Dan : de Wooden Shjips.
Nicolas : Queens Of The Stone Age également, mais par téléphone ; en fait Julie y était en compagnie des autres membres du groupe. Je me suis montré sous un visage gentlemen. J’ai nettoyé la maison.
Cherry B. : je ne me souviens plus très bien, j’étais bourrée ? Je pense qu’il s’agissait d’Amine Bell.

Et le dernier album que vous avez écouté ?

Nicolas : celui de Stromae. Il a reçu beaucoup de critiques négatives. J’ai reçu ce disque en cadeau. Mais si on ne me l’avait pas offert, je l’aurais acheté. Au moins, par curiosité. J'assume ce choix. Pour l’instant, ce gars est vraiment incroyable.

Cherry B. : oui, et pourtant, il essuie de nombreuses critiques de la part de ceux qui ne supportent pas son succès.
Julie : le dernier disque acheté est celui d’Urban Voodoo Machine. Je me le suis procuré lorsqu’on s’est produit au Power festival. Leur set est à la foi complet et délirant.
Nicolas : sur scène, The Urban Voodoo Machine est une formation vraiment impressionnante. On dirait des saltimbanques qui réalisent un mélange parfait entre la musique manouche, néo-orléanaise et tzigane.
Antoine : le dernier album que je me suis payé, c’est celui de Daan.
Dan : et moi de The Black Angels.

Qui signe la musique et les paroles chez Jane Doe ?

Nicolas : je me charge des parties musicales. Les textes, ce n’est pas trop mon truc. C’est le chanteur de Von Durden et Julie qui s'en occupent. Cherry se consacre aux backing vocaux. Et elle est balaise dans le domaine des harmonies vocales. Dan et les autres amènent leurs propres idées au niveau des sonorités. Et puis finalement, chacun d’entre nous apporte sa teinte personnelle à l’ensemble. Moi, j’ébauche le canevas en noir et blanc et eux y mettent les couleurs.

Quand vous débarquez en studio, vous emmenez des partitions préenregistrées ?

Nicolas : non, nous bossons plutôt en ‘live’. On dispose, en général de démos. C’est tout. On joue du rock et on ne cherche pas à dénicher des sonorités particulières. Ce n’est sans doute pas très original, mais c'est, en tout cas, immédiat.

Ce qui explique, sans doute, pourquoi la scène est essentielle pour vous ?

Nicolas : absolument ! C'est toute notre vie. Quand on ne produit pas en public pendant trois ou quatre mois, on a l'impression de régresser. Seul le studio et les répètes permettent de garder le moral au top.
Julie : il y a un mois que l'on n'a pas plus joué en concert ; c’est comme si on ne s'était plus vu depuis une éternité.

Quel regard portez-vous sur vos fans ?

Nicolas : je n'aime pas ce concept. Il est déjà très agréable de savoir que quelqu'un achète ton disque, car tu as passé beaucoup de temps pour le concevoir. Tu as ramé, tu as dû casser ta tirelire pour atteindre cet objectif. Et une personne te dit qu’en se levant le matin, elle a écouté ta musique ; alors tu es ravi et tu as la pêche pour la journée...

Vous participez au ProPulse, la semaine prochaine. Un tremplin ?

Nicolas : ce qu’on espère c’est qu’il nous permettra de décrocher des dates en septembre. On a donc besoin d’intermédiaires qui nous aident, sans trop nous plumer. Je m'explique. Un label ou tout au moins l'éditeur est susceptible d’effectuer cette tache, à travers des clips ou en ciblant les radios, sans pour autant exiger 75 % du cachet, après coup. C’est la raison pour laquelle il existe des contrats-type. Ils nous aident et en retour ils retrouvent un peu les billes qu'ils ont investies. D’autres semblent se préoccuper de notre avenir ; mais c’est surtout leur portefeuille qui les intéresse. Et ils nous demandent des sommes indécentes. Et là, va te faire voir.

Déjà qu’il est difficile de vivre de sa musique en Belgique…

Nicolas : à qui le dis-tu ?
Cherry B. : sauf si l'on s'appelle Daan. Pas notre Dan, hein ! En fait, un musicien peut survivre en Belgique, mais il doit diversifier ses activités. Bosser également comme musicien de studio, par exemple. C’est mon cas. J’y assure ce rôle, et puis j’exécute des dj sets. M’enfin, ces rentrées me permettent de payer le loyer ; pas de nourrir son homme…
Nicolas : il ne faut pas oublier que l'on réinvestit tout ce qu’on gagne. Une chouette image circule sur le net : celle d’un iceberg. La partie visible, c’est le show ; en dessous, celle qui est immergée représente les heures de travail et d'investissement. Dan a cassé ses cordes. Tarif : 50 euros. En plus, se produire en concert implique des coûts de déplacements.
Cherry B. : des contrats, on n’en manque pas, mais tout est réinvesti dans les frais de fonctionnement du groupe.
Nico : nous nous déplaçons en train ou en voiture pour participer aux répètes, deux à trois fois par semaine. Ce sont encore des dépenses, même si elles sont personnelles.
Dan : oui, participer à l’aventure d’un groupe coûte très cher. Il faut acquérir et entretenir le matériel. Tu dois être riche si tu veux devenir musicien. Le public imagine que parce que tu te produis sur de grosses scènes, tu encaisses des cachets importants. En réalité, tout passe dans les frais. On n'a jamais eu de marge bénéficiaire suffisamment conséquente pour dire de partir en vacances.

Evidemment, s’exporter, ce ne sont pas des vacances…

Nicolas : on est allé jouer en France. Et on a adoré l’expérience. Peut-être que le ‘Pro Pulse’ nous permettra d’y retourner. Je crois que c'est une envie que nous partageons tous : partir loin tous ensemble.
Cherry B. : tout à fait ! Mais le booking doit le permette ; et surtout, encore une fois, il faut de l'argent. Pour voyager. Pour être logé. Et là on fait un appel aux âmes charitables…
Nicolas : je suis même partant pour assurer une première partie lors d’un ‘tour bus’. Des amis ont vécu ce périple en Europe, comme supporting act d’un groupe de metal. Et finalement, heureusement qu’ils se sont retrouvés en merchandising ; car finalement, si l’expérience est enrichissante, elle engendre des débours auxquels tu ne penserais même pas, au départ.

Le système Aka Starter, vous y avez pensé ? Pour organiser sa tournée, Sarah Carlier a eu recours à cette manière de recueillir des fonds via Internet…

Cherry B. : oui, je connais. Mais que ce soit Akamusic ou Akastarter, une personne sur dix-huit va tirer parti de ce système. Sans vouloir casser ou critiquer la méthode, c’est cette société qui va encaisser les bénéfices. En outre, la formule ne permet pratiquement aucune liberté de création et de production. C’est une structure intéressante pour tout artiste qui accepte le formatage et la dépendance. Vu notre souci d’indépendance, ce n’est pas la bonne formule à adopter.

 

Patrick Park

Love like swords

Écrit par

Patrick Park n’a pas le physique de sa musique. Il ressemble plutôt à un bûcheron. La virilité de cet Américain originaire du Colorado colle assez mal à la quiétude qui émane de sa voix et de l’ambiance générale au sein de laquelle baigne ses compos. Responsable de nombreux Eps, il vient donc de publier son quatrième album. Plutôt ‘classique’, voire atmosphérique son rock est propre et agréable à écouter. Lors des sessions d’enregistrement, il a bénéficié du concours de Dave Trumfio (Wilco) derrière les manettes. « Love like swords » recèle de chouettes plages aux mélodies contagieuses. Personnellement, j’ai surtout apprécié « Let’s Go », un titre davantage énergique. C’est d’ailleurs cette énergie qui manque aux compos de l’artiste. Les coups de folie ou les simples montées d’adrénaline sont trop rares, pour faire la différence…

 

Clare Louise

Balloons

Écrit par

Décidemment, la capitale de l’Europe ne se contente plus d’attirer des technocrates venus des quatre coins de l’Union ; elle héberge également de jeunes folksingers talentueuses. Ainsi, cette année, après avoir accueilli la Toulousaine Scarlett O’Hanna, c’est au tour de la Bretonne Claire Girardeau, aka Clare Louise, d’y enregistrer son album. Et « Balloons » constitue le second de la Bruxelloise d’adoption.

Dix morceaux en 36 minutes, c’est le temps qu’il lui a fallu pour nous faire (re)découvrir son univers. Contrairement à son opus précédent, Clare Louise, flanquée de quatre musiciens, a décidé d’enrichir son folk d’une instrumentation délicate et variée. Ainsi, des cuivres, des cordes et même des bruitages électroniques sont venus étoffer sa musique, lui procurant ainsi une dimension lyrique. Sa voix communiquant la sensibilité nécessaire à l’ensemble.

Grâce a ce deuxième opus plus abouti, Clare Louise s’inscrit dans la droite lignée d’artistes comme Angel Olsen ou Joanna Newsom.

Elle se produira ce 11 août dans le cadre du Brussels Summer Festival

 

Klaxons

Love Frequency

Écrit par

C’est en 2006 que j'ai découvert  Klaxons. Lors de l'émission Taratata présentée par Nagui. A l’instar de Franz Ferdinand, quelques années plus tôt. Le quatuor est né en 2005.  A Londres. Il publie d’abord deux singles prometteurs : « Magick » et « Golden Skans », avant de sortir un premier album, « Myths Of The Near Future », début 2007. Et le long playing est très bien reçu par la critique musicale anglaise. Il décroche notamment le prestigieux 'Mercury Music Prize', récompensant le meilleur album paru alors en Grande-Bretagne. Un prix décroché après avoir défendu cet elpee lors d’une tournée mondiale. Un périple qui avait rencontré un succès certain. Le deuxième elpee, « Surfing The Void », paraît en août 2010. Il ne satisfait pas les aficionados. Motif principal : ils n’y retrouvent pas l'electro/pop incendiaire du premier essai et estiment qu’il manque de relief. Il faudra de nouveau attendre 4 longues années pour voir sortir « Love Frequency ». Il est tombé dans les bacs ce 16 juin. Et le troisième opus est toujours considéré comme un tournant pour un groupe. Soit il passe, soit il casse…

Le disque s’ouvre par « A New Reality ». Une compo qui libère immédiatement de bonnes sensations. A cause des nappes de synthé réminiscentes des 80’s. Puis de la remarquable conjugaison des voix entre celles de James Righton et Jamie Reynolds. « There Is No Other Time », c’est est le premier single qui a précédé la sortie de l'album. Une invitation spontanée à rejoindre le dancefloor. Une compo manifestement influencée par Daft Punk. Les voix sont traitées au vocodeur. Funkysantes, les guitares adoptent un profil très Chic. Belle tentative, mais trop formatée à mon goût pour être irrésistible.

« Show Me A Miracle » constitue le second single extrait de ce troisième album. Du même style que l’autre. « Out Of The Dark » poursuit dans la même veine. Pas très convaincant, non plus. « Children Of The Sun » en revient à la formule qui a fait le succès du band. Une compo plus accessible et qui passe bien la rampe.

« Invisible Forces » est sculpté dans la pop la plus pure. Les claviers sont entraînants. Les harmonies vocales, empreintes de sérénité. Judicieusement électro, « Liquid Light » est une compo qui me botte bien. Les harmonies vocales dominent à nouveau leur sujet. « The Dreamers » est une plage raffinée par les nappes de synthés. Et c’est le titre maître qui achève l’opus. Bref, ce « Love Frequency » souffle le chaud et le froid. Il recèle quelques bonnes pistes, mais aussi des titres plus que dispensables. The Klaxons a voulu prendre un virage plus electro et funky. C’est dans l’air du temps, mais peut-être pas une bonne idée…

Klaxons se produira dans le cadre du festival de Dour ce 18 juillet. Il foulera également les planches du Botanique ce 15 novembre 2014. 

 

Gruppo di Pawlowski

Neutral Village Massacre

Écrit par

Ex-leader d’Evil Superstars, Mauro Pawlowski semble connaître une jeunesse éternelle. Hormis son aventure plus notoire au sein de dEUS, il dissémine ses riffs à travers des tas d’autres projets. Entre The Love Substitutes et Club Moral, il trouve encore le temps de mettre sur pied d’autres expérimentations. Dont un groupe qu’il a modestement baptisé Gruppo di Pawlowski ! Et son opus, « Neutral Village Massacre » porte bien son titre. Pas question de câlinage auditif ici, mais plutôt des agressions sonores produites sous la houlette de l’illustre Steve Albini.

Le groupe débute pied au plancher par « Do the Watching the ex-Wives Dance Dance ». Les refrains sont scandés et les sonorités de guitares noisy. Pas questions de déambulations pop ici, mais d’attaques frontales au comble de leur excitation (« Experiments in Hate »), des assauts exécutés dans un esprit résolument punk, proche des Melvins voire de Jesus Lizard. Un album parfois énervant car dissonant mais salvateur quant à la forme de sale gosse qu’ont pu conserver certains acteurs du rock belge. L’ami Pawlowski a décidé de ne pas nous foutre la paix et de caresser nos oreilles, à sa manière, tout au long des festivals auxquels il figure à l’affiche. Soit le Valkhof Festival le 12 juillet (Nijmegen), le Rock Herk 19 juillet (Herk-de-Stad), le Boomtown Live le 23 juillet (Gand) ainsi que le Pukkelpop le 14 août (Hasselt).

 

Amalthea

In The Woods

Écrit par

Les Suédois d’Amalthéa nous reviennent tout droit sortis des bois pour nous présenter un nouvel album : « In The Woods ». Mais quand on évoque l’atmosphéric métal, on attend souvent de voir le loup au détour d’un sentier. Certes Amalthéa a bien planté le décor. On imagine des paysages moroses, des rivières qui serpentent, des lumières en nuance. L’ambiance est aérée, la qualité musicale et lyrique très bonne. Quelques titres comme « Rust » jouent sur les confrontations entre brutalité et douceur. - - -Tiens, je viens de voir passer le loup…

Mais dans l’ensemble on reste dans le contemplatif, le narratif, la recherche de la qualité technique au détriment de l’originalité.

Ce qui transforme cet « In The Woods » en exercice que l’on entend mais que l’on n’écoute pas vraiment. On se perd un peu dans toute cette introspection lacrymale.

Cependant, je serais très vilain de qualifier "In The Woods" de mauvais album sans y mettre la nuance qui convient : pour les puristes du genre, en accompagnement d’une soirée entre amis au coin du feu, sous le ciel étoilé, le vent faisant ployer majestueusement la cime des arbres, alors vous devez vous le procurer !

Pour ma part j’ai souvent eu l’impression d’être au rayon ‘surgelés’ d’une grande surface, hésitant entre les fish sticks en bâtonnets ou en galets ? En plus j'aime pas les fish sticks.

 

A Hero Build

Prospects (Ep)

Écrit par

Quand un groupe s’estampille ‘Honest Punk rock’, on peut se poser des questions. Est-ce qu’il a pressé un cinq titres pour les copains, Mamy Jacqueline et Papy Fernand ? Ou est-ce de la modestie et de la politesse en s’excusant déjà de ne pas être à la hauteur de nos espérances ? Je crois plutôt qu’il faut comprendre qu’en publiant ce « Prospects », A Hero Build a voulu se montrer sincère, franc et fidèle à ses conceptions. Ce deuxième Ep des Ostendais nous confirme qu’ils ont passé plus de temps au skatepark qu’à la pêche à la crevette ! Après « Our nature », ils poursuivent un parcours intéressant surfant sur une vague mélancolique hyper énergique. Si les thèmes sont à mettre en rapport avec une constante remise en question de soi-même, les épreuves de la vie, la note d’espoir est toujours présente. Succession très réussie de rythmes lents et d’accélérations pied au plancher, guitare tranchante, chant déchiré, A Hero Build n’est pas sans laisser penser à Rise Against. L’enchaînement des titres est agréable et on ne se lasse pas de réécouter un groupe, qui, s’il n’a pas la prétention de se mettre au niveau des cadors du genre, prouve que le punk rock a aussi encore de beaux jours en Belgique. Info non négligeable, A Hero Build nous offre l’ensemble de son œuvre en téléchargement gratuit, nous demandant juste de les aider à se  faire connaître en offrant et distribuant leur musique. C’est chose faite ! (Bandcamp ici)

 

Splitter

Thea

Écrit par

Splitter est le projet de Benjamin Sievers débuté en 2010. Malgré ses 19 ans, "Thea" constitue déjà son 4ème album mais le premier qui bénéficie d'un support physique. Le label Finaltune a en effet été séduit par les compositions de l'Allemand que l'on pouvait trouver sur Bandcamp (le présent elpee était d'ailleurs en ligne depuis fin 2012).

Les influences principales de cet habitant de Brême sont assez évidentes : Boards of Canada, Arms & Sleepers, Aphex Twin et Radiohead. On cite également Paul Kalkbrenner et Trentemøller. Soit une série de morceaux qui oscillent entre electronica, IDM et ambient-techno, destinés à une écoute domestique plus qu'aux dancefloors. C'est mignon, plutôt inoffensif, sans faute de goût et plein de bonnes intentions mais fort peu original. A cet âge, il n'est pas facile de s'affranchir de ses héros.

On retiendra néanmoins les deux plages les plus technoïdes (même si les beats sont plutôt légers) : "Trabantenstadt" (du Kalkbrenner sans les basses énormes) et "The Belt of Venus" (hommage aux "Analord" de AFX). On signalera encore L'IDM glitch de "Eath Satellite" proche des derniers travaux de BOC ainsi que l'electronica et le chant mélancoliques de "Secondary". Et l'on suggérera à Benjamin de continuer dans la veine un rien plus expérimentale de "Das Leben Zieht An Mir Vorbei", où les drones se marient plutôt biens à des claviers très Arms & Sleepers.

Mélodique, introspectif et planant à l'image du titre final, "Pylon", caractérisé par son IDM aux rythmiques répétitives, "Thea" se consomme froid ou chaud mais n'a pas l'effet excitant attendu. C'est plutôt une camomille apaisante à siroter avant d'aller dormir ; mais dont on aura peu de souvenir au réveil. 

 

Radio 911

Tout ira mieux (Ep)

Écrit par

Formé il y a deux ans, Radio 911 est un trio de punk-rock issu de Liège. "Tout ira mieux" constitue leur premier maxi. Allergiques à l'anglais, selon leur fiche de presse, ils éructent donc leurs paroles nihilistes en français. Ils suivent ainsi les pas de groupes du même tonneau comme les Français de Guerilla Poubelle ou les Bruxellois de Corbillard dont ils ont récemment assumé la première partie. On pourrait aussi évoquer tous ces combos de punk du pays du camembert, tel Métal Urbain ou Parabellum, qui nous ont fait marrer voire nous ont conscientisé lorsqu'on était ado. Les paroles malheureusement, lorsqu'elles sont audibles, manquent un peu du second degré et/ou de la violence qui a (ont) fait le succès de ces formations. Radio 911 cite Rancid, NoFX et les Ramones parmi ses influences et il est en effet difficile de ne pas y penser. Les Liégeois se fendent aussi de deux morceaux plus orientés ska-punk ("Tout ira mieux", "Encore un soir"). On ne cherchera évidemment pas d'originalité dans cette musique qui se veut avant tout festive et déconneuse. Mais il faudra tout de même un chouïa plus de personnalité pour se faire une place dans la liste infinie des groupes à pogo.

L'Ep est téléchargeable gratuitement sur Bandcamp et c’est ici

Radio 911 se produira à Liège le 14 juillet sur la péniche Inside Out en compagnie des Anglais de AMFX et des Belges de Fire Me!

 

Blood Red Thrones en vinyle

Écrit par

Actif depuis 1999 sur la scène du Death , BLOOD RED THRONE est souvent considéré, à tort ou à raison, comme une référence du genre. On a parfois reproché aux Norvégiens un manque d'originalité pour se consacrer au brutal pur et dur, avec une priorité donnée au jeu de basse. Cependant ils ont toujours essayé de moderniser un style et de se démarquer par une signature propre. Sept albums plus loin, ils sont souvent cités aux côtés de groupes mythiques de l'histoire du death. Mais des sommets d'agressivité, n'est-ce pas aussi ce que vous recherchez, bande de gros méchants ? Dans ce cas, soyez exaucés ! BOOD RED THRONE a décidé de fêter ses 15 ans en rééditant 'Brutalitarian Régime' et leur nouveau-né éponyme 'Blood Red Throne' en version limitée vinyl colorisé en .... rouge, cela va de soi ! Uniquement disponible sur le magasin en ligne d' Hammerheart Records, pressez-vous, il n'y en aura pas pour tout le monde!

http://www.youtube.com/watch?v=K6VDT43bLNw#t=169

http://www.hammerheart.com/


Ardentes 2014 : jeudi 10 juillet

Écrit par

Démontrant à nouveau que qualité, quantité et fréquentation ne sont pas des valeurs étroitement liées, les Ardentes ont enregistré, en 2014, un record d’affluence historique, accueillant 76 000 festivaliers.
S’il est fort à parier qu’une seule tête d’affiche soit parvenue à booster la vente de tickets pour cette édition, le phénomène n’est pas nouveau et reflète simplement l’engouement toujours grandissant d’un public bon enfant, qui tient absolument à participer à l’événement.
Pour les mélomanes les plus difficiles, la programmation définitive n’avait plus le même attrait que l’initiale. Et le prix du sésame n’était plus du tout proportionnel à la quantité de musique appréciée par un seul et même quidam.
Mais au demeurant, l’affiche concoctée est en tout point restée fidèle aux préceptes initiaux ; et cette recette, visant un public très diversifié, a de nouveau porté ses fruits.
À l’instar de son allée des saveurs, cette grande artère longeant le site et conduisant à sa scène principale, proposant à chaque pas effluves épicées et plaisirs du palais issus des quatre coins du monde.
Prenant soin d’éviter l’écoeurement et certain d’y trouver un minimum son compte, le festivalier n’a plus qu’à opérer ses choix et espérer que le temps soit de la partie…
Mais vu les dernières pluies, il restait donc à enfiler sa belle humeur imperméable et chausser ses plus belles bottes de caoutchouc.
Rendez-vous en terrain connu, entre jeunesse festive et vieux briscards à qui on ne la fait plus. Le compte-rendu des Ardentes 2014, c’est ici!

Alors qu’un boyau longiligne sépare cette année l’espace public en deux devant la scène principale, la boue, elle, s’est invitée tout autour, isolant du coup les premiers festivaliers sur un îlot encore propre et sec.

Quelques heures plus tard, un véritable déluge va transformer le site en zone marécageuse… y compris pour les prochains jours. Pourtant plusieurs milliers de braves vont affronter les intempéries pour assister au final de Shaka Ponk. Pas votre serviteur, qui a préféré réembarquer sur la première pirogue destinée à le ramener chez lui.

Avant de reprendre la Meuse, il a quand même fallu se farcir l’affiche du jour, pas très passionnante, il faut l’avouer.

En balançant la tête de gauche (Main Stage) à droite (HF6) et de droite à gauche, je chope une sorte de tournis qui n’est pourtant pas consécutif au mouvement de balancier infligé à mon cervelet. Finalement, j’aurais plutôt dû accepter de participer à une thalasso en famille. Et je me morfonds déjà en imaginant devoir subir une musique de fond, insipide…

Et, de quoi amplifier un sentiment de déception, les infos relatives au set exécuté par Ulysse, jeune formation liégeoise talentueuse, m’indiquent qu’il aurait fallu déjà être sur place. Fondée en 2013, elle est manifestement à suivre.

Héritant donc du titre d’espoir en devenir, ces jeunes pousses remportaient voici peu le tremplin des Ardentes, qui leur ouvrait les portes du HF6 en début d’après midi.

Un cadeau qui ne se refuse pas, même si d’avance, il est certain que la fréquentation du site en sera encore à ses balbutiements, à cette heure précoce du jour.

Ce qui du reste ne semble pas avoir terni la prestation de ces jeunes gens, dont l’electro subtilement teintée d’influences Indie Pop aura fait forte impression.

Frais, carrés, et faisant preuve d’une étonnante maturité, Ulysse semble voguer vers des horizons emplis de promesses.

Du coup, amputé de la moitié des prestations qui pourraient m’intéresser en ce premier jour, mon agenda ressemble à une peau de chagrin.

Essayant de trouver mon compte malgré tout et éprouvant le plus souvent un ennui profond, j’étire tant bien que mal ma patience jusqu’au set de Cats On Trees.

Loin d’être fascinant, il a le mérite de nous sortir de la déprime.

Les mélodies égratignées par le duo Toulousain s’accommodent fort bien des timides rayons de soleil qui à l’extérieur tentent de percer, tandis qu’à l’intérieur de ce grand hangar à l’acoustique approximative, l’ambiance est à la détente et à la bonne humeur.

Sans subjuguer l’auditoire, le groupe récolte quand même un accueil chaleureux, et par temps de disette, leur prestation est perçue comme salvatrice.

Servis par un light show habillant subtilement leurs statiques postures (difficile à blâmer dans la mesure où il s’agit d’un duo piano/batterie) et usant de ficelles évidentes pour aider le public à pénétrer leur univers, Nina Goern et Yohan Hennequin remplissent parfaitement leur contrat et nous offrent les premiers hochements de têtes approbateurs.

Ce qui hélas clôt le chapitre des bonnes nouvelles.

 

 

Si le Reggae sans réelle inspiration de Naâman et la loufoquerie de La Pegatina, sorte de sous-Mano Negra de supérette, invitent plus à la noyade qu’à l’acharnement, à force de gueuler depuis le fond de la plaine, une immonde boîte à muzak pour décérébrés va te forcer à t’enfoncer dans la boue et n’en ressortir que le lendemain. La House Of Bull d'un célèbre brasseur local se chargeant en effet d'assurer les interludes à grands coups de musique de kermesse.

Complètement immergé dans les artères du sol, les vociférations de Naughty Boy et de son crew me laissent indifférent et mon irrésistible désir de fuir à tout prix les immondes Shaka Ponk pousse ma barque à grands coups de rames.

Sillonnant sur un fleuve épais, j’entends au loin résonner les échos de Wiz Khalifa et les sirènes me murmurent que je ferais mieux de faire marche arrière.

Mais je m’entête, et du coup, rate ce qui semble bien avoir été la révélation du jour, bien loin des clichés ‘Bling Bling’ auxquels je m’attendais.

Quelques encablures plus loin, au sortir d’une grotte, j’aperçois de menaçants nuages foncer sur le site Ardentes ; et dans le tumulte de cet orage naissant, je regagne mes pénates.

(Organisation Ardentes)

Voir aussi notre section photos ici

 

Distorted Harmonies

Chain Reaction

Écrit par

Distorted Harmony nous vient d'Israël et plus précisément de Tel Aviv. Le groupe est né en 2009, suite à la rencontre entre le compositeur/claviériste Yoav Efron et le drummer Yogev Gabay. En 2011, le duo est rejoint par le guitariste Guy Landau, le bassiste Iggy Jackson- Cohen aka Jalapeno et le chanteur Misha Soukhinin. Le premier album « Utopia » est paru en 2012. « Chain Reaction » constitue donc leur second. Et dès la première écoute on ressent de bonnes sensations.

Le combo pratique un métal/prog/rock tour à tour paisible ou musclé. Et la transition entre ces deux pôles est impeccable. Les mélodies sont soignées, les refrains contagieux (« Methylene Blues »), mais les guitares (parfois envahissantes, quand même) sont régulièrement découpées dans des riffs sauvages ; à l’instar du deuxième morceau de l’LP, « Children Of Red ». Etonnant, malgré leur origine, le band ne concède aucune influence orientale ou même moyen-orientale.

Afin de me forger une idée plus précise de l’évolution de la formation, j’ai pris la peine d’écouter leur premier long playing, « Utopia ». Manifestement le band a pris de la bouteille. Les musicos maîtrisent parfaitement leurs instruments. Et certaines pistes trahissent quand même des influences puisées chez Dream Theater. 

« Every Time She Smiles » ouvre la plaque, une plage aux arrangements puissants, mais soignés, sur laquelle se pose une voix harmonieuse. Une voix qui sert souvent de modérateur. A l’instar de « Misguided », une chanson de 8’ (NDR : c’est la plus longue de l’elpee), au cours de laquelle la gratte démarre en douceur, s’emballe avant d’être rejointe par les claviers. Manifestement, ce morceau adopte une structure bien prog.  

Nothing (But The Rain) » est un instrumental assez bien balancé. « As One » constitue la plage du long playing que je préfère. Au fil de l’écoute, j’y découvre de nouvelles sonorités. Déroutant au départ, « Hollow » nécessite également plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Et paradoxalement, il finit par vous apaiser. Des cordes acoustiques ouvrent « As You Go ». La voix est tendre et mélodieuse ; mais ce n’est qu’un tremplin pour permettre une montée en puissance graduelle qui intervient lors de « Naturel Selection »…

 

Le leader de Cabaret Voltaire, Richard H. Kirk, sort un EP vinyle

Richard H. Kirk, le fondateur et leader du légendaire groupe britannique Cabaret Voltaire, publie "Never Lose Your Shadow", un EP de titres tirés de ses archives musicales, sur le label new-yorkais Minimal Wave. Richard H. Kirk s'est fait connaître dans les années '70 en tant que membre des pionniers de la musique industrielle : Cabaret Voltaire. Sa première production comme artiste solo, « Disposable Half-Truths », est sortie en 1980 sur le label Industrial Records de Throbbing Gristle et depuis lors, Kirk a poursuivi une carrière solo en parallèle jusqu'à la dissolution de Cabaret Voltaire en 1994.

Sur le vinyle, Minimal Wave a compilé des titres enregistrés à l'origine entre 1978 et 1987, des titres qui n'avaient jamais été sortis sur vinyle. La plage titulaire, «Never Lose Your Shadow » déchire complètement: c'est un époustouflant cross-over entre musique industrielle, dance music et 'no-wave'.

Les trois autres titres sont plus expérimentaux et reposent sur des idées que Kirk a explorées dans Cabaret Voltaire à l'époque. Selon Kirk, « ces titres ne sont en aucun cas des 'déchets' de Cabaret Voltaire ; ce sont des morceaux solo. Néanmoins, je pense que « Never Lose Your Shadow » a, à maints égard, servi de modèle pour la musique que Cabaret Voltaire a enregistrée pour Virgin / Some Bizarre entre 1983 et 1985. Surtout la combinaison séquenceur et boîte à rythmes. Au niveau des paroles, «Never Lose Your Shadow » s'inspire du 'road movie' "Vanishing Point", entre autres".

Le EP est limité à 999 exemplaires numérotés à la main, les 500 premiers étant pressés sur vinyle gris et le reste sur vinyle noir. Il sera publié le 26 août 2014. Les pré-commandes débutent le 1er août.

Richard H. Kirk jouera sur scène en tant que Cabaret Voltaire pour la première fois depuis 20 ans au 'Atonal Festival' de Berlin le 24 août.

Pour acheter l'EP: ici .

Pour écouter «Never Lose Your Shadow »: ici .

Sweet Jane

Une histoire de famille

Écrit par

La rencontre s’est déroulée au Witloof Bar du Botanique, juste après le concert de présentation de son nouvel opus, « Time away ». Sweet Jane alias Christel Mignolet a donc attendu plus de 10 ans avant de publier ce troisième essai. « Full moon » remonte d’ailleurs à octobre 2003. Ce qui méritait des explications…

Ce n’était pas intentionnel ! Au cours de cette période, je me suis consacrée à d'autres projets. Et comme je suis entière, je m’y livre à fond. Je n'ai jamais arrêté d'écrire des chansons. J'ai toujours continué dans mon coin, dans ma chambre. Et puis à un certain moment, je me suis dit qu'il était temps de faire un peu l’inventaire. Et réunir les chansons écrites dans le passé sur un album. J’en ai également ajouté quelques unes qui occupent une bonne moitié du nouveau cd.

L'écriture de tes textes est assez pointue, mais aussi soignée. Tu es méticuleuse ?

Mon écriture est spontanée. J’utilise énormément la métaphore. J’ai plutôt recours aux images plutôt qu’au réalisme. Et pourtant, je suis également dans la réalité, en utilisant des mots simples et directs.

« Sweet Jane », c’est le titre d’une chanson du Velvet Underground que Lou Reed a transformé en tube. Mais pourquoi avoir choisi ce patronyme ?

J’ai découvert le Velvet Underground, il y a une vingtaine d'années. Et j’ai flashé sur cette chanson. A cette époque, j’étais aux Etats-Unis en compagnie d’amis qui l’écoutaient souvent. Finalement, elle est devenue une expression entre nous. Aussi, quand j’ai cherché un nom de scène, je n’ai pas dû chercher très loin. Et puis la musique colle bien au projet. Oui, je reconnais, je suis fan du Velvet Underground.

D’après tout ce que j’ai pu lire, tu es très attirée par la scène britannique. C’est une référence primordiale pour toi ?

Oui, absolument ! J’ai été bercée par la scène anglaise, parce que ma maman est néerlandaise et elle écoutait beaucoup de musique anglophone. Mon papa est francophone, et lui est chanteur/compositeur. Mon frère joue également de la musique. Mon petit frère est ingénieur du son. C'est lui qui s’est chargé du mixing ce soir. Donc, c'est une histoire de famille. On baigne dans l’univers de la musique depuis notre enfance.

Se produire en concert, c’est important pour toi ?

Tout à fait ! A cause du retour que nous procure le public. Le ‘live’ me transporte. Me fait vibrer à l’intérieur. J’essaye de donner le meilleur de soi-même. Bien sûr que pour les artistes, il est très important de monter sur les planches… 

Au Botanique, tu as joué au Witloof Bar. Pourquoi pas à la Rotonde ?

Un concours de circonstances. Le Botanique est fort booké. Quand on m'a proposé de me produire au Witloof Baf, j’ai accepté. Je suis ravie d’y avoir joué. A ce propos, je remercie le programmateur du Bota, Paul Henry Wauters. A la Rotonde, le son est magnifique. J'y ai déjà assuré la première partie de Shannon Wright, au mois de novembre 2013 ; et c'était très chouette. Et la prochaine fois que je reviens au Botanique, cela sera à la Rotonde. Maintenant, je suis vraiment contente d'avoir joué ici ce soir après 10 ans d'absence. De voir que les gens qui sont déplacés ce soir ont apprécié le spectacle. Ils étaient vraiment enthousiastes. C'est mon sentiment en tout cas. J'ai les deux pieds sur terre et la tête dans les nuages. C'est un peu dans ma nature.

A propos de première partie, dans le passé, tu as accompli celles de Calexico, Sophia et d'Echo & The Bunnymen. De bons souvenirs ?

Chaque concert laisse de bons souvenirs. Pour Calexico, c'était à la Soundstation de Liège. A cette époque là, ils s’étaient déjà forgé une certaine notoriété, mais pas encore comme celle acquise aujourd'hui. Donc c'est chouette. Echo & The Bunnymen, je les ai précédés à l'Ancienne Belgique. J'étais un peu angoissée, car la salle est très grande. A l’époque, je n’étais pas très sûre de moi. Mais après le set, le guitariste est venu me voir pour me dire qu’il l’avait apprécié. J’étais vraiment contente, alors que pourtant, pendant toute ma prestation, j'étais dans mes petits souliers. Un excellent souvenir ! Sophia, on a grandi entre guillemets ‘ensemble’. Son projet a commencé à la même époque que le mien. Robin vit en Belgique. On se connaît. J'aime beaucoup ce qu'il fait. Il fait partie de mes relations amicales.

As-tu prévu une tournée des festivals ou des grandes salles pour défendre ton nouvel album ?

En tout cas, pas pour l'instant. Pas tout de suite. J'ai encore envie de poursuivre la tournée des petits clubs, en automne. En janvier, je vais peut-être encore me produire dans des centres culturels. Je commence à bosser sur un quatrième album et après je pourrais envisager celle des festivals. Si on me sollicite, bien sûr, je ne dirai pas non. Mais pour l'instant, je me suis cantonnée aux petits clubs et c’est plutôt une formule sympa. Je trouve que le rapport entre l’artiste et le public y est vraiment direct. Je suis très heureuse d’y jouer. Des grandes scènes, j'espère oui. Mais je suis déjà très satisfaite de ce qui m’arrive actuellement.

On compare souvent ta voix à celle de PJ Harvey. Un compliment ?

Une référence importante. C’est certainement une source d’inspiration pour moi. Et pour pas mal d’autres chanteuses. Mais pas seulement pour sa voix. Pour ce qu’elle dégage. Elle a vraiment en elle quelque chose de poignant. Et que l'on me compare à elle, c'est un beau compliment.

Que représente Spain pour Sweet Jane ?

Un groupe américain que j’adore. Enfin, leur musique. Elle est particulièrement chaleureuse, intense, soul, très poignante également. C’est également une de mes inspirations majeures. De nombreuses formations issues de la scène new-yorkaise pratiquent ce style de musique. J'ai tout de suite accroché. Velvet Underground était un peu plus rock. J’étais plus jeune aussi. Puis j’ai évoluée et je suis tombée sous le charme de la lo fi. Cette musique me berce, me transporte, m’envahit…

Question que je pose régulièrement aux artistes belges : peut-on vivre de sa musique en Belgique ?

Non, il faut garder les pieds sur terre. Adamo et Arno sont professionnels et peuvent vivre de leur musique. Ils s’exportent à travers le monde. Puggy et Suarez sont certainement sur la bonne voie. Tant mieux pour eux ! Pour tous les autres qui commencent leur carrière ou dont le style musical est plutôt alternatif, ce n’est pas possible. Le téléchargement illégal est toujours d’actualité. On ne vend pas de cd, sauf en concert. En magasin, c'est fini. On ne peut pas compter sur de telles rentrées au début d'une carrière de chanteur/musicien. Aujourd'hui c'est dur. Perso, j’ai une activité professionnelle en plus de l’artistique ; et si un jour je devais lâcher mon job pour vivre de ma musique, je le ferais. Mais pour l’instant, ce n'est pas mon intention…

Ryan Adams ne vous veut que du bien…

Écrit par

Ryan Adams a confirmé la sortie de son nouvel album ce 8 septembre. Il sera éponyme. Originaire de Jacksonville, l’auteur-compositeur-interprète américain a autoproduit ce disque, à Los Angeles, dans son propre sutio, Pax-Am.

« Gimme Something Good » c’est le titre de son premier single issu de cet elpee, mais également le premier morceau que l’Américain publie depuis son dernier opus, « Ashes & Fire » gravé en 2011.

http://youtu.be/HE46n2Rs9Jo

Tracklisting

Gimme Something Good
Kim
Trouble
Am I Safe
My Wrecking Ball
Stay With Me
Shadows
Feels Like Fire
 Just Might
Tired Of Giving Up
Let Go

 

Karen O écrase tout sur son passage…

Écrit par

Karen O, c’est la flamboyante vocaliste des Yeah Yeah Yeahs. Elle publiera son premier album solo, le 8 septembre. Intitulé « Crush Songs », il paraîtra chez Cult Records, le label de Julian Casablancas des Strokes. Entre bons amis new-yorkais, c’était prévisible…

www.karenomusic.com

www.facebook.com/officialkareno

www.twitter.com/KarenO

 

 

The Feather transparent ?

Écrit par

De retour de la Canadian Music Week (Toronto), The Feather continue sa tournée en passant par les plus prestigieux festivals belges (Dour, Francofolies, Les Ardentes, Brussel Summer, ...) avant de repartir au Canada pour le FME (Québec), fin août.

Avant d'entamer les hostilités estivales, le groupe présente son nouveau clip consacré au titre « Invisible », réalisé par Simon Medard, auteur des précédents clips pour « Sighs » et « The Sunshine ».

Tourné au Burundi, ce clip constitue le témoignage contemplatif d'un voyage marquant pour le réalisateur.

http://t.ymlp204.net/uujqaraubmyqaxaejqaaaujeu/click.php

En concert cet été :

12/07/2014 - Ardentes Festival - Liège - BE

17/07/2014 - Francofolies de Spa - BE

18/07/2014 - Dour Festival - Dour - BE

08/08/2014 - BSF - Bruxelles - BE

09/08/2014 - Wead Festival - Havelange - BE

23/08/2014 - Bucolique Festival - Ferrières - BE

 

Yew & Arno, clap première !

Écrit par

« Between Up and Down », fruit étonnant de la rencontre entre Yew et Arno a été mis en image! Un clip contemplatif conçu sous la forme d’un road-movie à travers les Etats-Unis, créé au départ en dessin et aquarelle et réalisé en rotoscopie.

L'histoire d'un personnage traversant les USA à l'époque de La Grande Dépression et de la Prohibition qui tente de fuir la concentration des villes pour un retour dans la nature.

La  conception du clip a  été confiée aux réalisateurs Frédéric Hainaut et Simon Médard. 

https://www.youtube.com/watch?v=BdkkoksBe5g

 

 

Christine and The Queens assoiffés de chaleur humaine…

Écrit par

Le premier album de Christine and The Queens bénéficie d’un véritable plébiscite médiatique ; il est d’ailleurs entré #6 des ventes d’albums !

Affichant des références éclectiques, depuis le hip-hop (Kendrick Lamar, Drake...) à la pop (Kate Bush), en passant par Gainsbourg version Gainsbarre (‘libido au plus haut, décadence totale’) et le couple mythique Lou Reed/Laurie Anderson, sans oublier Michael Jackson, le long playing privilégie le minimalisme, les rythmes, l’évidence organique des voix et la recherche de teintes contemporaines. Une œuvre dont les lyrics ont été majoritairement écrits dans la langue de Molière, mais qui autorisent des incursions dans celle de Shakespeare. Un opus qui recèle une reprise très étonnante de Christophe, « Les Paradis Perdus ».

L’artiste se produira ce 4 octobre au Botanique de Bruxelles.

Tracklisting

1 iT
2 Saint Claude
3 Christine
4 Science fiction
5 Paradis perdus
6 Half Ladies
7 Chaleur humaine
8 Narcissus is Back
9 Ugly-Pretty

10 Nuit 17 à 52
11 Here Sain

Le clip du titre « Saint Claude » : https://www.youtube.com/watch?v=ZzFYmz2lfT4&feature=kp

La performance de Christine and the Queens au Grand Journal de Canal+ : https://www.youtube.com/watch?v=Yd2dTo_z4rI

www.christineandthequeens.com
www.facebook.com/christineandthequeens