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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Admiral Freebee

Facebook ? Du tape-à-l’œil !

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Admiral Freebee vient donc d’enregistrer un nouvel album, « The great scam ». Traduisez : la grande arnaque. Il s’agit de son quatrième. Un disque enregistré sous la houlette de John Agnello, à New York ; et pour lequel il a reçu, entre autres, le concours de Steve Shelley (Sonic Youth), J. Mascis (Dinosaur Jr) et surtout de David Mansfield (NDR : au cours des seventies, il a milité au sein du backing group de Bob Dylan puis de T-Bone Burnett). Bonne surprise, ce nouvel elpee est excellent (voir chronique de l’album ici). Il méritait au moins que son géniteur, Tom Van Laere, nous en parle. C’est ce qu’il a accepté, et dans la langue de Molière. Sympa !

C’est donc John Agnello qui s’est chargé de la mise en forme du long playing. A la production et aux manettes. Pas n’importe qui, puisqu’il a notamment bossé pour Sonic Youth et Dinosaur Jr., mais aussi pris soin du dernier opus de Kurt Vile, « Wakin on a pretty daze ». C’est d’ailleurs après avoir écouté l’elpee du Philadelphien, que Tom a conclu que c’était le meilleur choix. Il s’explique : « J’aime beaucoup Kurt Vile et War on Drugs (NDR : l’ex-groupe de Vile). Et évidemment, le dernier album de Kurt. Mais John a réservé un traitement personnel au mien. J’apprécie quand un producteur sent ce qui colle le mieux au climat de tes chansons. » D’accord, mais en matière de prod, Agnello a un son bien à lui. Perso je me souviens d’une formation américaine –excellente, par ailleurs– que j’avais interviewée il y a une quinzaine d’années, et qui répondait au patronyme de Cell. Et John avait enregistré leur long playing dans une église en bois, près de Woodstock. Faut croire qu’il a un secret de fabrication… « Le secret, c’est qu’il utilise les même effets pour tous les instruments. Que ce soit les guitares, les claviers ou la batterie. » Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Hoboken, près d’Anvers. Amusant, quand on sait qu’il existe un autre Hoboken au Sud d’Anvers. Tom revient sur cette coïncidence : « Je lui ai raconté, mais il n’a pas vraiment compris. Par contre, c’était aussi sympa de savoir que Frank Sinatra est né à Hoboken… »

Quatre ans sans sortir d’album ! Panne d’inspiration ou envie de créer un effet de manque chez les fans ? Il se justifie : « Pas tellement une absence d’inspiration, mais oui peut-être afin de créer un manque. Cependant, quand tu enregistres un album, il faut au moins une bonne année avant qu’il ne sorte réellement. Et je suis entré en studio, à New York, en juin 2013. En outre, lors de la sortie du disque précédent, je suis de nouveau parti en tournée ; et deux ans passent vite sur la route. Enfin, il faut aussi vivre un peu ; rencontrer beaucoup de femmes et connaître de nouvelles aventures (rires). Il n’y a pas que la musique dans la vie… »

Tom a un jour déclaré qu’il était fan des erreurs brillantes. Lors d’une interview un peu folle, qui s’était déroulée en compagnie de tous les musiciens d’Ozric Tentacles, l’un d’entre eux m’a tenu le même langage. Car ces dérapages leur permettaient d’improviser. Notre interlocuteur approuve : « J’aime également les erreurs, car je suis un petit peu une erreur (rires). Si je n’aime pas les erreurs, je ne m’aime pas moi-même. Quand je me trompe, je dis toujours à mes musiciens, qu’au bout de la troisième fois, ce n’est plus une erreur… »

Le dessin est très important dans le processus de composition chez Tom. Il est étroitement lié à l’écriture. Il approuve : « Pour composer les chansons de cet album, j’ai beaucoup dessiné. Des visages. Et ces croquis m’inspirent pour jeter les bases d’une chanson que je consacre à la personne que j’ai dessinée. »

‘The great scam’ se traduit par ‘La Grande Arnaque’. Tom réagit : « C’est la traduction en français ? C’est bon à savoir ! Alors, quand je vais causer avec des journalistes francophones, je vais pouvoir leur déclarer que je suis le Monsieur de la Grande Arnaque. » Par rapport à la symbolique du titre, est-ce bien l’image, l’apparence qu’il considère comme une grande arnaque ? Ce qu’on appelle vulgairement de la com’. Très présente dans l’univers de la politique, par exemple. Afficher un visage différent de celui que nous devrions montrer ? Considérer l’authenticité comme un produit ? Mais est-ce la raison pour laquelle il a déclaré que le monde serait meilleur s’il était plus vulnérable ? Il commente : « Le plus bel exemple de tape-à-l’œil, c’est certainement Facebook. Ah oui, le commun des mortels affirme que la solution de tous nos problèmes passent par les réseaux sociaux ; que grâce à eux, tout baigne. Mais ce n’est pas la réalité. Aujourd’hui, il est de bon ton de nager dans le bonheur. C’est pourquoi j’ai écrit la chanson ‘I don’t want to feel good today’, car j’estime que quand tu n’es pas heureux, ce n’est pas grave. Tout le monde traverse des moments difficiles. Mais pourquoi simuler un état de bonheur quand on ne le vit pas ? Pour faire croire à ton entourage que tu es constamment heureux ? C’est un peu difficile de l’exprimer en français, mais l’authenticité est devenue une façade. Le paraître a pris le pas sur l’être. Et ça c’est la plus grande arnaque. Donner l’illusion que tu es sincère, alors que tu ne l’es pas. Et être convaincu de ta sincérité. Perso, j’estime qu’il est quand même préférable de savoir quand tu joues la comédie… »

Il a aussi déclaré que ses chansons étaient à la fois un testament et une résurrection. Là manifestement, on entre dans le domaine de la religion. Tom confesse : « Simplement, je ne suis pas particulièrement religieux, même si je crois en Dieu. Lorsque je regarde une femme noire très belle, je pense réellement que Dieu en est le créateur. C’est aussi comme quand j’écris une bonne chanson ; ce n’est pas moi l’auteur, mais Dieu… »

En écoutant son album, trois références me viennent à l’esprit : Ryan Adams, Chuck Prophet et Lloyd Cole. La réponse fuse : « Lloyd Cole, je l’ai beaucoup écouté. Tu es le premier qui m’en parle, et tu as raison. Mon album de chevet, c’est… il est de couleur bleue, je ne reviens plus sur son titre… » (NDR : ‘Broken Record’ ?)

David Mansfield, un ancien et illustre collaborateur de Bob Dylan s’est chargé de la mandoline et surtout de la pedal steel, lors des sessions d’enregistrement. « Il est incroyable. A l’âge de 15 ans, il tournait déjà en compagnie du band de Bob Dylan. Il était très jeune et côtoyait déjà des vétérans. Il a participé à l’enregistrement de 7 elpees de Bob Dylan, et a également bossé pour Tom Waits et T-Bone Burnett. » On suppose que c’est John qui a eu l’idée de l’inviter. « Oui, il le connaît très bien. Il travaille beaucoup avec lui. Mais le plus impressionnant, c’était sa rapidité d’adaptation. Je voulais lui expliquer les accords et lui me répondait que ce n’était pas nécessaire. Il les écoute et les reproduit instantanément. Et quasi à la perfection. Il se plante rarement… »

John Mascis joue sur un des titres de son nouvel album, « Finding my way back to you ». S’il a joué aussi fort en studio qu’en live, toute l’équipe devait se protéger à l’aide de boules Quiès… Tom précise : « Sa collaboration s’est effectuée via internet. Il ne s’est pas déplacé à Hoboken. On a d’abord communiqué via skype ou e-mail. Puis il a exécuté sa partition dans son home studio. C’était mieux ainsi, car il était loin de nous ; mais c’était déjà trop fort pour nos oreilles. » (rires)

Tom a tourné aux States, il y a un quelque de temps, en compagnie de Neil Young. Un musicien dont il apprécie particulièrement la musique. Mais comment est-il parvenu à concilier son agenda et le sien, souvent considéré comme démentiel, quand on sait que l’Anversois n’aime pas trop faire le forcing lors des tournées, pour y privilégier, notamment, le contact avec l’habitant. Tom clarifie : « Cet été je vais encore tourner avec lui. Non, mais pas de souci, je n’ai accepté que trois ou quatre dates. »

A propos de concert, votre serviteur avait eu l’occasion d’assister à un set d’Admiral Freebee, en 2005. Tom me demande : « C’était en trio ou dans un groupe avec deux ou trois guitaristes ? » C’était en compagnie d’un groupe. Il ajoute alors : « Et maintenant, c’est un nouveau line up, et il y a des cuivres. » Pour donner une coloration plus swing et r&b ? Comme sur ‘Do your duty’, un titre un peu festif, abordé dans l’esprit de la Nouvelle-Orléans ? « On va le jouer au Cactus (NDR: ce samedi 12 juillet 2014). Et la présence de cuivres nous entraîne un peu dans l’univers de la Nouvelle Orléans, un peu comme chez Dr. John. Tu connais la série télévisée américaine ’Treme’ ? Elle baigne dans ce climat musical louisianais… »

Tom chante, joue de la guitare et de l’harmonica. Or, en général, un harmoniciste est disciple d’un maître du jazz ou du blues. Tom avoue : « J’aime beaucoup le blues. Et ma référence est Little Walker. On va également se produire au festival de Peer, cette année. Pour y jouer du blues. Une majorité de compos de blues… »

 

Nouvel album pour l'ex-Madrugada Sivert Höyem

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"Endless Love", le nouvel album de Sivert Höyem (ex-Madrugada) est à présent disponible (Hektor Grammofon / Differ-Ant).
Dédicacé à la mémoire de son manager, décédé à la fin de l'enregistrement, il semble taillé dans le même bois sombre que ses prédécesseurs.

Le tracklist complet :

Endless Love
Enigma Machine
Handsome Savior
Inner Vision lyrics
Free As A Bird/Chained To The Sky
Little Angel
Wat Tyler
Görlitzer Park
At Our Evening Table
Ride On Sisters

Arcade Fire met le feu à Londres

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En plein « Reflektor » tour, Arcade Fire faisait halte dernièrement dans la capitale Anglaise.

 Pour marquer le coup, les Canadiens étaient accompagnés le premier soir par Ian McCulloch le temps d’une reprise de Echo And The Bunnymen (« The Cutter »).

Quant au second soir (samedi 07 juin),  le band lui préfèrait une cover des Smiths ( en l’occurrence, « London », face B du 12’’ « Shoplifters Of The World Unite » sorti en mille neuf cent quatre vingt sept).

 Signalons aussi que Arcade Fire avait tout particulièrement insisté pour jouer au Earl’s Court, salle promise aux spéculations de promoteurs immobiliers dont la culture musicale est loin d’être la préoccupation majeure…

 

Un premier Ep pour Girls Say No…

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Un premier Ep prometteur pour le quintet liégeois Girls Say No : « Emmetropia »...

Girls Say No se nourrit de sonorités énergisantes de synthétiseurs d'un autre temps. Les guitares sont sexy et les rythmes bien balancés. Les titres composés par le groupe sont résolument synthé-pop et les mélodies affirmées. Ils s'écoutent des bords de la Volga aux plages de Paraiso au Brésil. Paraiso se traduit par paradis en portugais. L'oeuvre de l'artiste contemporain japonais Korehiko Hino habille classieusement les 5 titres de ce premier Ep.

« Emmetropia » a été produit par Anthony Sinatra (Piano Club, Hollywood Porn Stars). L'Ep a été enregistré dans les studios La Chapelle et mixé au Studio 5.

« Triangular Love » constitue le premier single extrait de l'Ep. Il bénéficie d'une vidéo visible sur YouTube. Girls Say No sera en concert le 21 juin 2014 au Festival Vibrations de Malmédy. Allez donc les voir en concert !

www.girlssayno.be

www.facebook.com/girlssayno

https://twitter.com/GirlssayNo

 

Rocket Recordings showcase 2014 : samedi 7 juin

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C'est dans le cadre d'un involontaire triptyque psychédélique que s'inscrivait, ce samedi, le showcase du label Rocket Recordings. Involontaire, car cette affiche résultait des hasards de la programmation du Magasin 4 qui proposait deux jours plus tôt Spectrum/WoodenShjips et le lendemain Mugstar. Une agréable alternative au psych lab d'Eindhoven pour ceux qui n'aiment pas trop les festivals ou n'ont pas les moyens d'y assister ; d'autant plus qu'une partie des groupes cités et que l'on citera plus loin y figuraient également.

Mais revenons à l'objet de ce compte-rendu ; à savoir la présentation de 4 artistes du label, dont Gnod, invité à clôturer la soirée. En arrivant devant les portes du Magasin 4, on apprend qu’une des trois formations a déclaré forfait, Teeth of the Sea, pour cause de van défectueux. Il faudra donc s’armer de patience avant de découvrir la première à monter sur les planches : Lay Lamas. Pas grand monde à ce moment-là pour écouter les Italiens qui tentent d'installer une ambiance un peu primitive/chamanique/bucolique (biffez la mention inutile) à l'aide d'une batterie au départ très basique qui souvent se contente de marquer le temps, d'une guitare pas excessivement bavarde mais parfaitement adaptée au genre, une basse assez groovy et quelques sonorités diverses assez proches de bruits issus de la nature (l'ambiance bucolique évoquée ci-dessus). Petit à petit, la sauce prend et le jeu s'étoffe mais quand débarque une voix plutôt pop, je m'accommode assez mal de son timbre... Moment à partir duquel je vais décrocher de leur set... Un set malgré tout relativement honnête pour un hors d’oeuvre qui s’est déroulé devant un bien maigre public.

Anthroprophh va constituer la véritable énigme de la soirée. Véritable référence pour les amateurs de psyché fuzz, Paul Allen, le guitariste de The Heads, y milite. Le trio passe, en effet, sans transition aucune entre morceaux ‘climatiques’ et véritables concours de solos pour batteries et guitares, des compétitions dignes de dinosaures du rock qui mériteraient davantage leur place sur les ondes de Classic 21 ou la scène du Spirit of 66 qu'au Magasin 4... On a eu beau chercher et on cherche toujours le fil rouge entre l'excellente pièce rituelle installée par une batterie tribale et des drones de cordes organiques, un peu sales, et le morceau qui a suivi, typiquement classic voire hard rock. Progressivement, lassé par ces digressions incessantes, l'attention se dissipe et on commence à attendre ce qui vraisemblablement devrait être le clou de la soirée : à savoir les fabuleux Gnod.

Pour les avoir vus à plusieurs reprises, je peux vous garantir que ces Mancuniens nous réservent toujours des surprises. On ne sait jamais sous quel line up ils vont se produire ni quel genre de performance ils vont livrer : techno post indus, psyche zen ou plus heavy voire encore drones extatiques... Bref, la gamme dans laquelle ils s'expriment est assez vaste et le résultat souvent heureux. Comme ce soir d'ailleurs où ils nous embarquent directement dans un trip kraut motorik et aérien illuminé par un superbe sax (une première en ce qui me concerne). La magie s'installe directement et l'attention du petit nombre d'aficionados réunis dans le club bruxellois est bien focalisée. On passe alors à du plus lourd dans la frappe de batterie au sein d’un climat hyper répétitif n'offrant que la fuite ou l'hypnose. En choisissant la seconde solution, on boira jusqu'à la dernière goutte le breuvage... Je glisse alors ironiquement à l’oreille d’un des programmateurs de la salle : 'Et maintenant c'est fini!' ; et, effectivement, le groupe s'arrête et salue l'audience perplexe et espérant au moins se voir accorder un rappel. Mais il n'en sera rien. La formation a apparemment jugé que le charme était rompu après ces deux compos très longues certes mais qui n’ont offert au final qu'un live de 40 min maximum! Ce qui ne peut évidemment que laisser un goût de trop peu compte tenu de 3 remarques. Primo, seuls 3 des 4 groupes prévus se sont produits. Secundo, le dernier passage de Gnod en ces murs avait été écourté non pas par leur faute mais à cause d'un quidam qui avait trop abusé de substances et trouvé judicieux de balancer sa bière sur leur matos. Tertio, le band occupait la tête d'affiche, tout simplement. Il me semble quand même qu'en tenant compte de ces paramètres, les spationautes auraient pu nous emmener encore visiter un p'tit bout de galaxie en plus... non? Reste à compter sur leur prochain passage pour nous débarrasser de ce léger sentiment de frustration.

(Organisation Rocket Recordings + Magasin 4)

Gnod + Lay Lamas + Anthroprophh

 

Wovenhand

La puissance d’un rite chamanique…

La première fois que votre serviteur a vu David Eugene Edwards, c’était lors d’un concert de  16 Horsepower, dans le cadre du festival de Dour, en 1998. Sa voix unique, habitée, incantatoire, quasi mystique m’a littéralement crucifié. Cette formation pratiquait un folk-rock tribal, teinté de sonorités amérindiennes. Pas étonnant, puisque du sang Cherokee coule dans les veines de David. Qui a monté un nouveau projet en 2001 : Wovenhand. Et dont il est également le chanteur et leader. Au fil du temps, le combo a considérablement durci son style ; devenu plus 'stoner', il est aujourd’hui dominé par les guitares électriques.

Dans une Ancienne Belgique quasi sold-out, Wovenhand a présenté son dernier opus  « Refractory Obdurate », au cours d’un concert intense, inspiré et chargé d'émotions. Le son s'est encore alourdi, par rapport au concert accordé à l'Eden de Charleroi, en 2012. Réunissant Ordy Garrison à la batterie et Gregory Garcia à la basse, la section rythmique impressionne par sa puissance. En outre, vrombissantes, les sonorités de basse dispensées par Garcia ont un long 'sustain'. A la guitare et aux 'backing vocals', Chuck French arbore son look amérindien habituel.

Mais tous les regards sont bien sûr tournés vers David Eugene Edwards. Il est coiffé de son indéboulonnable chapeau et arbore une croix païenne sur la poitrine. Il adopte une attitude de chaman. Quant il chante, il alterne entre un microphone classique Shure et un Neumann, de manière à obtenir un son plus compressé, comme issu d'un mégaphone. On le sait, ses concerts sont beaucoup plus que des concerts, ce sont des rituels. Sa voix vous emmène dans un monde pétri de spiritualité. Sa foi ouvertement déclarée en Dieu transcende sa musique. Il évoque Jim Morrison, mais aussi Neil Young et Nick Cave.

Au sein de la setlist figure des extraits de « Refractory Obdurate » et des morceaux plus anciens. La première partie est plus ‘stoner’ et dans certaines compositions, comme « Closer » ou « Maize », la musique devient même carrément ‘psyché’, voire même hypnotique. On pense parfois à Swans, tant l'atmosphère est intense. Au cours du show, Edwards va nous réserver une version quasi a capella et surtout bouleversante du « Horse Head Fiddle » de 16 Horsepower.

C’est la deuxième partie du concert qui va vraiment me plaire le plus. David Eugene troque alors sa Gretsch Tennessee rouge contre une très vieille mandoline en bois, une pièce vintage datant, paraît-il, de 1887. Le son est plus clair, moins bruyant. Tant « Corsicana Clip » et « Oburate Obscura », tous deux issus du dernier elpee, atteignent la perfection. Edwards chante de longues intros mêlant anglais et langues Lakota amérindiennes. Il captive totalement l’attention du public, qui semble ensorcelé par ses gestes et sa voix.

Le troisième volet du show sera, à mon humble avis, le moins intéressant. Les compos sont moins intenses et moins diversifiées. Le set se termine néanmoins par le puissant « Good Shepherd », rappelant quelque part The Black Angels.

Suivant la tradition, Wovenhand quitte la scène au son de chants amérindiens et le public crie dans le rythme pour rappeler le groupe. Et quand il revient sur les planches, c’est pour attaquer « Glistening Black » et surtout une version étonnamment musclée de "Kicking Bird" (issu de "Ten Stones").

Wovenhand confirme donc son évolution vers une musique plus puissante, plus 'stoner', aux accents ‘psyché’. Sans le vouloir, il bénéficie certainement de la vague 'revival' du psychédélisme qui s’est abattue sur la scène pop/rock depuis quelques années. Pourtant, il s’agit d’un des groupes les plus authentiques de la scène musicale. Leurs concerts constituent des cérémonies lumineuses, inoubliables et chargées d’une rare intensité... Tatanka!

En première partie, tout comme il y a deux ans, se produisait The Flying Horseman, le groupe du chanteur-compositeur anversois Bert Dockx. Leur musique est en parfait accord avec celle de Wovenhand. Certaines chansons évoquent également And Also The Trees, Joy Division, Nick Cave ou The Velvet Underground. Caractérisé par une profondeur émotionnelle touchante, leur style puise dans le post-folk et le blues. Outre Bert Dockx au chant et à la guitare, le line up du groupe implique deux chanteuses/claviéristes, un guitariste, un bassiste et un batteur.

(Organisation : AB)

 

Watertank

Sleepwalk

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Une décennie déjà que Watertank sillonne l’Europe. A leur actif quelques démos et autres Eps. Watertank s’est enfin décidé à graver son premier long playing. Mais ce « Sleepwalk » leur permettra-t-il d’élargir son audience ? Une chose est sûre, les fans du rock made in 90’s devraient facilement se laisser séduire, car leur hardcore synthétise le style de groupes-phare de l’époque. Les tendances noise d’Helmet se reflètent à travers «  Far From Low ». La voix est aussi ‘grunge’ que celle de Scott Weiland sur « Ants in Suits ». « Pro Crook » trempe dans un power-rock mélodique digne des Foo Fighters. « Fear Over the City » réverbère des sonorités de guitares métalliques que ne renieraient pas les Deftones. Et « Giant Heads » goûte le stoner de Kyuss. Des compos dont les riffs puissants incitent à headbanger comme au bon vieux temps. Et l’irrésistible « Sharp Beaks Strike Back » en est certainement l’exemple le plus frappant. Malheureusement, cet elpee ne devrait pas attirer les mélomanes à la recherche d’artistes novateurs ; car bien réalisé et produit, « Sleepwalk » manque cruellement de personnalité…

 

Alex Banks

Illuminate

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Et la lumière fut. Puis elle vacilla.

On pourrait résumer ainsi le 1er album d’Alex Banks, « Illuminate ».

Entre ombres et lumières, mais toujours guidé par cette lueur sensuelle qui pénètre dans l’oreille, on suit le nouveau prodige londonien dans un dédale de pièces musicales sublimes.

Signé sur le label de Modeselektor, MonkeyTown, il en garde le goût pour les rythmiques concassées. Mais il y ajoute sa patte mélancolique qui ressort de structures précises, où de la maîtrise naît l’émotion.

N’hésitant à parsemer ses compos de moments acoustiques, il crée un des albums majeurs de cette année Electro.

Jeune ado metalleux, comme beaucoup de ses potes, sa vie a changé au contact des raves et de la Jungle.

Produisant des jingles pour films d’entreprise afin de vivre de sa propre musique il va finir par remixer les cadors de chez ‘Ninja Tune’ (Bonobo, Andreya Triana).

L’album est particulièrement original, ne puisant dans divers courants musicaux (Glitch, Dubstep, booty) que le strict nécessaire à sa réussite.

Mention particulière à « Solar », miniature hachée qui en plein milieu de parcours, se transforme en épopée house.

Sur « Initiate », le Dubstep se durcit et contraste avec la voix d’Elizabeth Bernholz pour créer un équilibre presque parfait. Caractérisé par ses rythmiques tribales, « Sheya » constitue l’autre sommet d’un opus qui n’en manque pas.

 

Foxhound

In Primavera

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A l’instar de jeunes chiens fous, les membres du quatuor italien Foxhound (lignée canine so british) visent à la fois nos jambes et nos têtes tout au long de leur second album intitulé « In Primavera ». Ces musicos d’à peine 21 ans nous y proposent un condensé de post-pop efficace et ultra aguicheur. Une musique sautillante (« All Alone on my Own ») et inventive doublée de mélodies funky évidentes (« Erase Me »). Caractérisée par cette basse au groove disco, ses claviers dansants et ses guitares légères, elle baigne dans une solution sonore née d’un croisement hypothétique entre Vampire Weekend, Foals et surtout Two Door Cinema Club. Et même lorsque le tempo ralentit, les Péninsulaires parviennent à conserver le cap, tout en évitant de tomber dans la guimauve. Les chœurs post punk nonchalants (« Fitness ») et les rythmes dub abordés subrepticement dans l’esprit des Clash (« I Don’t Want to Run Today », « I Just Don’t Mind ») y sont sans doute pour quelque chose. Epinglons quand même la participation de Davide Rossi aux sessions d’enregistrement, violoniste qui a également collaboré à la confection des long playings de Coldplay, The Verve et Alicia Keys. « In Primavera » n’est peut-être qu’un disque autoproduit ; mais ce band italien pourrait bien contaminer tout le Vieux Continent, tant sa pop est bien ficelée et terriblement accrocheuse. Qu’on se le dise !

 

King Khan

Idle No More

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Après un hiatus de six ans, King Khan et ses Shrines sont de retour. Et intitulé « Idle No More », leur nouvel album est toujours aussi solaire. Pourtant, ces dernières années n'ont pas été un long fleuve tranquille pour le Canadien d'origine indienne. Abattu par la perte d'amis chers (NDR : dont la légende du garage Jay Reatard) et par une violente dispute avec son complice de toujours Mark Sultan (NDR : également épuisé par les abus), Arish Ahmad Khan sombre dans la dépression. Après une longue introspection, quelques stages en sections psychiatriques et des retraites spirituelles dans des monastères bouddhistes, il nous revient en pleine forme et « Idle No More » en est la preuve la plus ‘groovante’.

Car, bien heureusement, les Shrines n'ont pas perdu l'enthousiasme et la folie qui en font un des groupes les plus efficaces en ‘live’. On retrouve toujours la fusion de rock garage, de funk/soul de l'époque blaxploitation et de psychédélisme qui constitue la base musicale du band depuis sa création. Les sixties et le début des seventies restent donc l'influence majeure des présentes compositions. King Khan semble ici avoir puisé une grande partie de son inspiration dans la musique des Stones période Brian Jones et dans la British Invasion en général (Animals, Zombies...) Le chant du Canadien, s'il reste influencé par James Brown, n'a d'ailleurs jamais sonné si ‘Jaggerien’. Mais les ombres de Curtis Mayfield, de Wilson Pickett et du Sun Ra Arkestra continuent de planer au-dessus du berceau, à travers notamment une section de cuivres toujours aussi décoiffante. Que de jolies références auxquelles on peut ajouter une dose de Northern Soul ("Luckiest Man"), un zeste de Motown ("Pray For Lil") et un doigt de Jay Reatard fatalement ("So Wild", en forme d'hommage).

Signé pour la première fois sur un label notoire (Merge), le groupe a sans doute pu bénéficier de conditions idéales pour l'enregistrement. Certes, les guitares sont encore poisseuses et psychédéliques mais la production est plus confortable et le ton un rien plus pop ("Better Luck Next Time" et son refrain notamment). De quoi augmenter le nombre de fans qui pourront remuer allègrement du derrière sur les stoniens "Born To Die" et "Thorn In Her Pride", les deux tubes de "Idle No More". Les plus romantiques craqueront sans doute aussi pour "Darkness", sucrerie soul dédié à Nina Simone où l'on découvre un King Khan inédit, tendre et caressant. Un album réussi donc qui donne encore plus de crédibilité à ce groupe avant tout reconnu pour ces performances scéniques et lui ouvre des horizons discographiques assez prometteurs.

King Khan & The Shrines se produiront à Dour le dernier jour en guise d'apothéose festive. Gageons que peu de festivaliers résisteront à l'appel de cette formation endiablée et de son bondissant gourou.

 

Cinderella

Stripped

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Le hard rock mélodique des années 80 ne ferait plus recette. Faux ! « Stripped », la compile qui résume la longue carrière de Cinderella en est la parfaite illustration. Cet opus était déjà paru, en 1999, sous le titre de « Live At The Key Club », chez Cleopatra. Il a été enregistré les 2 et 3 octobre 1998 au Key Club d’Hollywood durant la tournée baptisée ‘Unfished Business’. La nouvelle mouture a été enrichie de deux plages ; en l’occurrence « Sick For The Cure » et « Make Your Own Way », deux bonus tracks immortalisés ‘live’ lors de concerts accordés en 1991. Les quatorze autres pistes remontent à 1999. Des versions puisées au sein des quatre elpees parus entre 1986 et 1994. Une bonne initiative pour permettre de raviver le souvenir du combo chez les anciens aficionados ou d’inviter les néophytes à approfondir le sujet, en s’intéressant à leur discographie.

La naissance de Cinderella remonte en 1983. A Philadelphie. Lors de la rencontre entre le chanteur/lyriciste/guitariste/claviériste Tom Keifer et le bassiste Eric Bittingham. John Bon Jovi, poids lourd du métal mélodique, les prend sous son aile et leur permet de signer chez Mercury. Cinderella se traduit par Cendrillon, dans la langue de Molière. Leur premier long playing paraît en 1986. Il s’intitule « Night Songs ». Et suinte de glam bien yankee. Pensez à Poison ! Cinq pistes ont été retenues pour le recueil. Tom y signe tous les textes. Le single « No Body’s Fool » rencontre un succès certain et permet au combo de servir de supporting act à John Bon Jovi, Poison et David Lee Roth. « No Body’s Fool » est une superbe ballade destinée à caresser les tympans délicats. Efficace et caractérisée par son refrain entraînant « Shake Me » est une compo imprimée sur un tempo plus enlevé. La voix de Tom est haut perchée, légèrement rocailleuse, rappelant même parfois Brian Johnson d’AC/DC, une formation au sein de laquelle il puise une certaine inspiration.

« Long Cold Winter » remonte à 1988. Les traces de glam sont encore présentes, mais on y assiste à un virage carrément blues. Le disque va se vendre à plus de trois millions d’exemplaires aux States. 5 pistes de cet opus ont été retenues, dont le méga hit « Don't Know What You Got », une ballade racée, très spécifique de cette époque. Et que votre serviteur apprécie tout particulièrement.

Cinderella grave « Heartbreak Station » en 1990. Malgré des accents blues davantage marqués, et le concours de cuivres, le disque s’écoule moins facilement que le précédent. Pourtant, y figurent de très bonnes chansons comme « The More Things Change », « Heartbtreak Station » ou« Shelter Me », incluses sur la compilation, parmi les cinq pistes retenues, si on tient compte des deux bonus tracks.

C’est à partir de cette époque que Tom va rencontrer des problèmes de cordes vocales. Le quatrième album, « Still Climbing », voit le jour en 1994 ; mais il ne déclenche pas l’enthousiasme des trois premiers essais. D’ailleurs un seul titre a été retenu de cet LP, « Hot And Bothered ».

Cette compilation prélude le retour de Cinderella sur la route des festivals et des concerts. En espérant qu’il retrouve l’inspiration pour concocter un véritable nouvel album…

 

Troisième album solo pour Slash

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Slash sortira son nouvel album le 12 septembre prochain. Intitulé « World On Fire », il a bénéficié du concours de Miles Kennedy & The Conspirators.

L’ex-Guns’N’Roses a aussi reçu la collaboration du producteur Michael ‘Elvis’ Baskette (Alter Bridge, Falling In Reverse ou Incubus), pour la mise en forme de l’opus.

Après avoir vendu plus de 100 millions d’albums, décroché un Grammy Award et sept nominations, ainsi qu’être parvenu à entrer dans le Rock N Roll Hall Of Fame, Slash a acquis, suite à sa carrière, le statut de guitariste légendaire.

Tracklisting:

“World on Fire”
“Shadow Life”
“Automatic Overdrive”
“Wicked Stone”
“30 Years to Life”
“Bent to Fly”
“Stone Blind”
“Too Far Gone”
“Beneath the Savage Sun”
“Withered Delilah”
“Battleground”
“Dirty Girl”
“Iris of the Storm”
“Avalon”
“The Dissident”
“Safari Inn”
“The Unholy”

Slash se produira en Belgique, le 26 novembre, à Forest National.

http://slashonline.com

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Parlez-vous anglais ou martien ?

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Le nouveau clip consacré au dernier single du groupe Electro Disco Pop Parlez-vous anglais ? est paru. Au menu  Radios à Transistors, danses sexy, Nintendo et Ovnis...

http://t.ymlp227.net/mjyearaujyqyacaqeaaauhq/click.php

Imaginé et réalisé par Eric Martinen & Monkyshot Production (WARZ...), le clip relate la rencontre entre Buddy Bud - un VRP de bas étage venu vendre des minis Ovnis à construire - et une famille très particulière...

L'Ep « Dancing On The Other Side » du trio franco-berlinois est également enfin disponible et en écoute intégrale sur soundcloud (et Spotify, Deezer, iTunes).

http://www.parlezvousanglais.com/

Tracklist

1- Sandman's got a bad provider (feat. Natascha Rogers)
2- The Last Paradise On Earth
3- The House of Joy
4- London

 

 

Le ‘Rallye chantons français!’ change de nom

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Le ‘Rallye chantons français!’ change de nom, il s’appellera dorénavant le Festival FrancoFaune, à cause de sa biodiversité musicale. Il se déroulera les Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 octobre à Bruxelles. 30 artistes se produiront pendant 3 jours, en 12 lieux différents.

Les premiers noms : Saule pour son dernier concert à Bruxelles de sa tournée, Barcella pour la première date belge du ‘Puzzle Tour’ et la révélation canadienne Peter Peter. Sans oublier les nombreux concerts découvertes du festival, artistes sélectionnés pour la Biennale de la Chanson française : Barbarie Boxon, Denis K, Exodarap, Kouzy Larsen et les Blablabla's, l'Age Nu, La Cécité des Amoureux, Laid comme vous, Les Filles de Hirohito, Mathias Bressan, Matthieu Thonon, Mon Real, Sages comme des Sauvages, Teme Tan, The Bridge et Tout Finira Bien.

De nouveaux noms seront annoncés dans les prochaines semaines.

http://francofaune.be/

 

Pat Metheny

La Pat’ d’un virtuose…

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Votre serviteur a vécu un grand moment, ce jeudi 4 juin, au 110 du Boulevard Anspach. S’y produisait le mythique guitariste Pat Metheny, soutenu pour la circonstance par The Unity Group, son backing band. Le public est venu assister en nombre à ce concert ; on peut d’ailleurs considérer que l'Ancienne Belgique est sold out. Pas de supporting act. Faut dire que le show va s’étaler sur trois heures. Partagé en trois parties, il va se focaliser sur les albums « The Unity Group », paru en 2012 et, « Kin », début de cette année ; et nous réserver des duos plutôt audacieux avec chacun de ses musiciens. Un spectacle organisé dans le cadre des VW Spring Sessions.

Patrick Bruce Metheny est né le 12 août 1954, à Lee's Summit, dans le Missouri, aux Etats-Unis. Guitariste de jazz, il se produit en concert, plus ou moins, deux cent fois par an. Le premier album de Pat Metheny est paru en 1976. Depuis, il en a publié une cinquantaine. Mais il a surtout acquis sa notoriété à travers ses multiples collaborations. Et notamment auprès de Herbie Hancock, Joni Mitchell, Chick Corea ainsi que David Bowie pour le tube « This Is Not America »…

Pat monte sur l’estrade. Et interprète en solo « Into The Dream/The Sound Of Water », en se servant d’une guitare à double manche. Apparemment, il s’agit d’une 18 cordes électro-acoustique. Et dès le départ, on est subjugué par sa maestria. On est entraîné dans un périple sonore empreint de douceur, au cours duquel le mélomane ferme les yeux pour mieux l’apprécier. Dès « Come And See », le Unity Group vient rejoindre Pat sur les planches. Un line up impliquant Ben Williams à la contrebasse et à la basse, Antonio Sanchez aux drums, Chris Potter au saxophone ainsi qu’à la flûte traversière et à bec ; sans oublier le multi-instrumentiste Giullio Carmassi. Que ce soit au buggle, à l’orgue ou à la trompette, ses interventions circonstancielles seront néanmoins remarquées. De ce premier volet d’une durée de 70 minutes, j’épinglerai « Roofdogs », « The Bat » et « James ».

Avant d’attaquer le second, Pat prend la parole et nous annonce qu’il sera consacré au long playing « Kin ». En fond de scène, on remarque la présence de six automates sortis tout droit du dix-neuvième siècle. Ces machines musicales sont pilotées électroniquement et elles sont destinées à enrichir la musique, pourtant déjà complexe de Metheny. Deux armoires recèlent des bouteilles de dimensions différentes. Elles ont également été remplies à des niveaux différents. Et vont servir de tuyaux d’orgue. Les autres automates contiennent des vibraphones aux mailloches qui bougent toutes seules, des clochettes, des cymbales ou encore des tambours. Outre le titre maître, « Rise Up », « Born » et « One Day » y sont interprétés, dans ce contexte.  

Le troisième volet est consacré aux duos. Pat et Ben pour « Bright Size Life », Pat et Chris pour « Bluesette » (NDR : soit dit en passant, un bel hommage rendu à Toots et à la Belgique), Pat et Giulio pour « Dream Of The Return » et enfin, Pat et Antonio pour « Go Get It ».

Ces exercices de style achevés, « Have Your Heard » nous invite à faire un bond d’un quart de siècle en arrière. Et pour cause, ce morceau date de 1989 ; c’est même un extrait de l’elpee « Letter From Home ». Pat casse une corde. Le temps de changer de gratte, et c’est reparti. Enfin, pas tout à fait, puisqu’il s’agit du dernier titre du concert. Pas trop le temps de gamberger, puisque 5 minutes plus tard, l’équipe au grand complet remonte sur le podium. Pour se frotter à « Are You Going With Me », une plage kilométrique qui figurait sur l’elpee « Off Ramp », gravé en 1982. Lors du second encore, Pat revient en solitaire. Armé uniquement de sa gratte, il va nous réserver un pot-pourri de ses succès « Phase Dance/Minuano(Six Eight)/As It Is/This Is Not America/Last train Home ».

A l’instar de Carlos Santana, Steve Vai, Eric Clapton, Marc Knopfler, Joe Satriani, Jeff Beck et Slash, Pat Metheny est une légende vivante de la guitare. Aussi, votre serviteur estimait qu’il était de son devoir d’être présent à ce spectacle. 180 minutes, c’est sans doute un peu long. Même si c’est un concert de jazz. Cependant, quand on assiste à celui de Metheny, ce n’est pas l’artiste qu’on regarde, mais ses doigts qui parcourent le manche de sa guitare. De ses guitares, qu’il change pratiquement après chaque morceau. C’est alors qu’on se rend compte de son immense talent. De sa virtuosité. Et que son statut de légende n’est pas usurpé.  

(Organisation Ancienne Belgique et Jazztronaut)

Real Estate

Il y a encore du pain sur la planche…

Ce soir-là, l’été n’était pas encore au rendez-vous, alors que la musique de Real Estate est estivale. Il venait donc défendre son nouvel album « Atlas », dans la Rotonde. L’elpee rencontre déjà un certain succès ; ce qui explique donc pourquoi l’hémicycle était sold out. Issus du New Jersey, ces Nerds ont clôturé leur tournée européenne par Bruxelles, et paradoxalement, en montant sur l’estrade, on sent qu’ils sont assez impressionnés par la configuration des lieux…

Ensoleillée, légèrement teintée de psychédélisme, la pop produite par ce quatuor yankee semble émaner directement des sixties. Martin Courntey en est le guitariste et également le chanteur. Un chanteur à la voix très ‘british’ qui déblatère des lyrics mélancoliques ; et finalement me fait penser à Ian Brown.

Le set d’ouvre par « The bend » et enchaîne par le single « Crime », deux titres caractérisés par leurs superbes mélodies. Et la suite va se poursuivre dans le même esprit. Les compos sont pétillantes, animées et bien construites ; et il émane même une certaine sérénité de leur musique. Mais c’est également ici que le bât blesse, car si le concert s’avère agréable et soigné, il manque de relief ; et parfois on a l’impression que les chansons se ressemblent. La transposition du disque en ‘live’ n’apporte strictement rien de neuf. C’est un peu comme quand on boit une cannette d'ice-tea : la première gorgée est un délice, mais le reste de la boîte devient de plus en plus fade.

En fin de parcours, le band va quand même attaquer des morceaux plus psychédéliques et dynamiques, des compos pimentées par les interventions judicieuses du drummer. Plage plus ancienne, « It's real » –caractérisée par ses ‘ooohs’ et ‘aaahs’– va d’ailleurs constituer un des moments forts de la soirée. Tout comme le plus mélancolique « Had to hear ». Balisé par une  rythmique intéressante, ce titre sera vivement acclamé par le public.

Naviguant quelque part entre dream pop, surf rock et psyché rock, Real Estate tente de suivre une route tracée par d’illustres prédécesseurs comme Galaxie 500, Pale Saints, Yo La Tengo ou The Chills, mais si leur set ne manque ni d’élégance, ni de subtilité, il est encore trop hésitant et uniforme pour rivaliser avec ceux que nous ont dispensés ou dispensent encore aujourd’hui leurs maîtres…

Playlist: The bend/ Crime/ Easy / Past lives / Fake blues / Green aisles / Backwards / Horizon / Hmil / Muni / Real / Primitive / Dogs / Had to hear      Bis: 2 part / all the same

Photos: http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/botanique/

(Organisation: Botanique, Bruxelles)

 

Damien Jurado

Minimaliste, mais efficace…

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Originaire de Seattle, Damien Jurado roule sa bosse sur les routes du globe depuis un bon bout de temps, n’emportant, pour seul compagnon, que sa guitare sèche. Effacé, mais reconnu dans l’univers hermétique des folkeux, l’Américain n’est jamais vraiment parvenu séduire un public plus large. Une notoriété qu’il mériterait pourtant amplement, vu ses compétences de songwriter. Surtout depuis qu’il s’est associé à Richard Swift, multi-instrumentiste chez The Shins, mais également producteur pour, notamment, Foxygen et Laetitia Sadier. Grâce à son soutien, Damien Jurado semble avoir déniché le relais qui lui permet de transcender ses mélodies et donc de rendre son folk plus accessible.

Prévu initialement dans l’AB Box, il y a quelques semaines, le concert a finalement été déplacé au Club. Trop peu de places vendues ? Peu importe, le côté intimiste du Club correspond finalement davantage à l’univers sonore de Damien Jurado. Et finalement, la salle affichait tout de même complet.

Vers 21h, l’artiste monte sur les planches. Et suivant le même rituel, il va interpréter ses chansons assis, en grattant sa sèche. Dans ces conditions, difficile de tricher ! Après avoir écouté ses derniers albums (produits par R.Swift), on peut légitimement se demander comment il va parvenir à proposer une version plus épurée de son répertoire.

Jurado ouvre, tout en douceur, son set par « Silver Donna », un titre issu de son dernier opus, « Brothers of Eternal Son ». D’emblée, on est scotché par sa voix, en tous points identique à celle de ses disques. Les yeux à moitié ouverts (NDR : ou fermés, selon), il est totalement absorbé par sa musique. Judicieusement utilisée, la reverb’ permet de donner du relief à son chant. Son jeu de guitare est tout simplement minimaliste mais efficace. Timide, et sous le coup d’un jetlag, il ne commencera à s’exprimer qu’après un bon quart d’heure. Hésitant, il se lance pourtant dans un discours relatif à ses influences, reconnaissant avoir été ému par Richie Havens ou encore marqué par l’aspect répétitif de la musique brésilienne. Il enchaîne alors par « Silver Timothy », morceau davantage ‘exotique’ également extrait de son dernier long playing. Au fil du temps, Jurado est plus à l’aise. Il semble avoir surmonté sa fatigue. Il est de plus en plus loquace, même bavard, et arrive à amuser le public. Il avoue ne pas être doué pour les séances d’accordage. Et finalement, l’Américain se révèle un réel boute-en-train. Son bagout donne finalement du rythme à son récital. Dont on perd même le fil, à plusieurs reprises, vu la succession de titres…

Cependant, Damien Jurado nous a  réservé un excellent concert. Une heure et demie au cours desquelles il va démontrer tout son talent de songwriter, de guitariste et de chanteur à la voix aussi belle que fragile, dans un contexte acoustique et dépouillé. Le mélomane lambda regrettera sans doute une trop grande sobriété dans l’instrumentation ; mais en ce qui me concerne, je dois avouer que ce set m’a permis de découvrir une personnalité particulièrement sympathique, dans un cadre intimiste, celui de l’ABClub…  

(Organisation AB)

Le grand retour électrique 2014 : samedi 31 mai

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Le Salon à Silly est une magnifique institution. A l’origine, il s’appelait ‘le Salon de Musique’ –c’est-à-dire au début du XXème siècle”– et il servait de salle de théâtre et de concerts. Négligé dans les années 80, le Salon ressuscite en 1994. La salle est restaurée et sa capacité maximale peut atteindre alors environ 350 personnes. A partir de 1998, des concerts sont organisés par l’ASBL ‘Chant du Possible’, devenue depuis ‘Silly concerts’, dont les ‘Jeudi Jazz Sessions’ sont programmés, dès 2009. Caractérisé par son excellente acoustique, l’endroit est devenu un passage obligé en Communauté Française pour les artistes émergents. Actuellement, c’est le sympathique François qui gère les lieux. Et pour les amateurs de bières spéciales, sachez que le bar propose des spécialités produites par la Brasserie de Silly.

Ce soir, l’affiche est métallique. Elle a été baptisée ‘Le grand retour électrique’. Au menu, Spark Gap, une valeur montante du rock alternatif issue de l'Hexagone. Puis, Full Throttle Baby, un ensemble également originaire de la région parisienne. Ensuite, The Butcher's Rodéo, une formation dont le line up implique le chanteur d’Aqme, Vincent Peignart-Mancina. Et Vincent va bouter le feu à la salle. Avant d’accueillir en final, les Lillois d'Unswabbed.

Spark Gap est un power trio parisien. A son actif un album intitulé « The Boys From Alaska » et un Ep cinq titres (« Fearology ») paru en mai 2014. Max Muller se réserve le chant et la guitare, Fred Ascherfeld la basse et Julien Henri les drums. Le combo pratique un metal alternatif assez mélodique. Leur set est puissant et bien électrique. Il libère à la fois énergie et bonne humeur. Un feeling punk et communicatif fait vibrer le bas de vos reins. Les compos sont interprétées dans la langue de Shakespeare. De leur prestation, j’épinglerai « Feed The Wolfes », « The Take Off », « Go Back To Mars Bruno » et « The Wall ».

Full Throller Baby réunit le chanteur Julien Dottel, le guitariste Jérémy Delamotte, le bassiste Alexis Soliveaux et le batteur Timon Stobart. Le quartet reconnaît pour influences majeures The Bronx, Danko Jones et surtout AC/DC. Julien déborde d’énergie. Il est comme possédé par une certaine frénésie. Mais il a aussi le sens de la communication. Il passera d’ailleurs la moitié du concert au milieu public, déjà nombreux, afin de les inciter à se remuer et de faire  la fête. Un bon moment partagé entre le combo et l’auditoire…

The Butcher's Rodeo nous vient encore de Paname. A leur actif deux Eps : « Like A Hobo On A Bison », publié en 2011. Et « Ghosts In The Weirdest Places », en décembre 2013. Le groupe définit son style comme du hobocore. La syllabe ‘core’ émane de hardcore. Aux Etats-Unis, le terme 'hobo' désigne un SDF qui se déplace de ville en ville, en utilisant le chemin de fer. Le band français a choisi de voyager à dos de bison. Le vocaliste, Vincent Peignart-Mancina, milite également au sein d’Aqme, groupe que j’ai pu voir la semaine dernière. Il y est surnommé 'Le Nabot Chantant'. Le line up implique également deux sixcordistes, un bassiste et un batteur. La guerre peut maintenant éclater. Il y a autant de mouvement sur les planches que dans l’auditoire. Vince court dans tous les sens. Il s'époumone. Clairement hardcore, sa voix nous réserve cependant de belles envolées mélodiques. Parfaitement maîtrisées, elles montrent ainsi l'étendue du talent de ce frontman. Enfin, drums et drummer vont finalement atterrir au milieu de la fosse, alors en ébullition. Et toute cette belle intensité se communique à la foule. L'énergie libérée par le quatuor est communicative. Déclenchant pit circles et pogos. Une belle claque qui ne peut que profiter au dernier groupe, Unswabbed.

Deux longues années que le fer de lance du métal français n’était plus monté sur les planches. Il ouvre sa nouvelle tournée par le Salon à Silly. Séb, Bruno, Mathias, Filz et Charles se sont rencontrés en 1995. A l’époque, ils n’avaient pas 20 ans. Bien qu’issus d'horizons musicaux différents, ils décident de monter Unswabbed. Premier objectif : se faire plaisir ! Filz abandonne néanmoins l’aventure, réduisant le line up à un quatuor. Qui compte plus de deux cents dates de concerts à son tableau de chasse. Leur participation dans la catégorie ‘Découverte Rock/Métal’, lors de l’édition 2011 du Printemps de Bourges, suscite l'intérêt de Canal +. Aussi dans le cadre de l'émission 'Un Monde de Brutes', la chaîne les suit pendant cinq jours. Leur nouvel Ep, « Tales From The Nightmares vol.1 », est paru ce 31 mai. Et le band est venu le défendre en ‘live’. Leur répertoire est partagé entre titres interprétés dans la langue de Molière (une majorité) et dans celle de Shakespeare (quelques uns). Leurs textes sont engagés. Les mélodies accrocheuses et les riffs incisifs. De quoi achever en apothéose, cette superbe soirée passée au Salon de Silly.

Spark Gap Full + Throttle Baby + The Butcher's Rodéo + Unswabbed.

(Organisation François Mertens - Le Salon de Silly)

Morning Parade pris en flagrant délit d’adultère.

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Les Anglais de Morning Parade publieront leur nouvel album le 8 septembre prochain.

“Pure Adulterated Joy” a été produit par Ben Allen Allen (Bombay Bicycle Club, Animal Collective, Cee Lo Green).

Track listing:

  1.  Shake The Cage
  2.  Alienation
  3.  Reality Dream
  4.  Love Thy Neighbor
  5.  Car Alarms & Sleepless Nights
  6.  Autoinjector
  7.  Sharing Cigarettes
  8.  Seasick
  9.  Pure Adulterated Joy
 
10. Culture Vulture
  11. Alienation (Acoustic Version)
  12. Reality Dream (Acoustic Version)
  13. Culture Vulture (Acoustic Version)

http://www.morningparade.com
http://soundcloud.com/morningparade

http://www.facebook.com/morningparade
http://www.youtube.com/user/MorningParade

 

Meshell Ndegeocello et ses amis…

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Porté par le groove, le tout dernier album de Meshell Ndegeocello, « Comet, Come To Me », renoue avec la source même de la créativité qui a lancé sa carrière… 

L'album a bénéficié du concours d’invités spéciaux comme Shara Worden (My Brightest Diamond), Jonathan Wilson et Doyle Bramhall.

« Friends » constitue le 2ème  extrait de cet elpee paru en single. Il y a 30 ans, Whodini, groupe pionnier du hip-hop new yorkais, se faisait connaître avec ce titre. Meshell reprend ce morceau et le transforme en méditation jazz. A écouter ici

 

 

 

Les Foo Fighters fêtent leur anniversaire en série.

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Le groupe de rock américain a confirmé que son 8ème album –qui sortira à l’automne prochain– sera accompagné d’une série sur HBO.

Cette dernière, réalisée par Dave Grohl, documentera l’odyssée à travers les huit villes dans lesquelles le disque a été créé.

Les Foo Fighters, accompagnés du producteur Butch Vig, ont puisé dans l’héritage musical et le patrimoine culturel de huit villes : Chicago, Austin, Nashville, Los Angeles, Seattle, La Nouvelle-Orléans, Washington et New York.

Une chanson a été enregistrée dans chaque ville, et chaque chanson met en vedette les légendes locales ; en outre les lyrics ont été écrits dans un style expérimental.

http://www.foofighters.com/
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