La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Lily Allen aka Sheezus.

Écrit par

Le nouvel album de Lily Allen, « Sheezus », vient de paraître. Il s’agit de son premier elpee depuis la sortie, en 2009, « It’s Not Me, It’s You » qui s’était écoulé à 5 millions d’exemplaires dans le monde ! Après ce succès, la chanteuse s’était éloignée de l’industrie musicale pendant quelque temps pour fonder une famille.

Album CD Standard

1. Sheezus
2. l8 Cmmr
3. Air Balloon
4. Our Time
5. Insincerely Yours
6. Take My Place
7. As Long As I Got You
8. Close Your Eyes
9. Url Badman
10. Silver Spoon
11. Life For Me
12. Hard Out Here

Extra Deluxe Album Bonus Disc

01. Wind Your Neck In
02. Who Do You Love
03. Miserable Without Your Love
04. Holding On To Nothing
05. Somewhere Only We Know

http://www.lilyallenmusic.com/

 

 

Mogwai remixe Yann Tiersen.

Écrit par

Sorti il y a quelques jours, « ∞ (Infinity) », le nouvel album de Yann Tiersen s’offre un remix signé Mogwai, à travers le morceau « A Midsummer Evening ».

http://bit.ly/1hO4teJ

L’artiste français entamera une tournée européenne qui passera par l’AB à Bruxelles le 26 octobre.  

http://yanntiersen.com/

 

Alaska Gold Rush

Pas facile la vie d’artiste…

Écrit par

‘Les musiciens d'Alaska Gold Rush sont des chercheurs d'or qui ont troqué pelle et pioche contre guitare et batterie. Des terres pauvres du Mississippi aux déserts arides du Nouveau-Mexique, ils créent leur musique comme des villes fantômes’. Belle intro qui figure sur la bio du Bandcamp de ce duo réunissant le chanteur/guitariste Renaud Ledru et le drummer Alexandre De Bueger. Le premier possède une voix totalement atypique qui vous prend aux tripes, une superbe voix à la Peter Doherty, puissance 10, qui a probablement baigné dans le bayou. Le second est également chargé des fûts chez Crazy Lady Madrid et Electric Château. Il a aussi bossé pour David Bartholomé. Là, on est en pays connu. Une belle découverte signée Sunny Weeks Production, un petit label dynamique issu de notre plat pays. A ce jour, le tandem a publié un Ep, « Pilote Village Midnight ». Il assurait l’ouverture des 'Nuits belges' à la Rotonde, devant un public curieux et attentif. A l’issue de leur concert, Alaska Gold Rush s’est volontiers soumis au feu de nos questions.

Pourquoi avoir choisi Alaska Gold Rush comme nom de votre projet ?

Renaud : En fait, notre musique évoque les grands espaces de l'Ouest Américain. Nous souhaitions que le nom y fasse référence. Alaska parce qu'on le sentait bien. Mais  concrètement, il n'existe pas plus de lien avec l'Alaska que le Nouveau Mexique. C'est plutôt les immenses plaines du Far West que nous voulions parcourir, à travers l’esprit…

Renaud, d’où tiens-tu ta voix ?

Renaud : On ne peut pas dire que je l’ai vraiment travaillée. Elle est naturelle. Bien sûr, inconsciemment, elle a certainement été influencée par tout ce que j’écoute. Pas mal de blues et de la musique américaine traditionnelle. C’est inévitable…

Elle est pourtant différente en live et sur disque ?

Alexandre : En live, c’est plus rock. L'énergie est plus crue. Sur disque, on accentue l’aspect intimiste de nos compos.

Actuellement, vous formez un duo batterie/guitare, format que j’apprécie tout particulièrement. Mais afin d’étoffer quelque peu votre musique, ne comptez-vous pas vous servir d’autres instruments, comme par exemple la basse ou le synthétiseur ?

Renaud : au départ, on cherche à allier mes compositions au style de batterie d'Alex. De manière inédite. Qui sorte de l’ordinaire, si tu préfères. Le concept est assez roots. On débarque, on se branche et on joue. Ajouter un autre instrument, ce n'est pas prévu. C'est le concept du duo qui est original. Il ne nous viendrait pas à l'idée de changer cette formule. Sinon nous deviendrions un groupe de rock plus classique.

Question bateau : quelles sont vos influences majeures ?

Renaud : C'est dingue, il y a des trucs que j'adore et qu'Alex déteste et vice et versa. Nous ne partageons pas du tout les mêmes influences. Mais on se rejoint finalement à travers le résultat de notre collaboration, chacun y apportant sa propre vision. Ce que j'aime particulièrement ? La musique américaine : le blues des années 20 à 30, la country, l'americana, le rock'n'roll.
Alexandre : Je préfère la scène contemporaine. La musique instrumentale et plutôt radicale qui libère de l’énergie et une certaine puissance. Du rock assez dur, également. Nos influences sont différentes, mais au sein de notre projet, elles collent plutôt bien.

Entre la formation du groupe et la sortie de l’Ep, vous avez mis la gomme…

Renaud : Nous jouions ensemble depuis à peine un an. J’ai été très longtemps impliqué dans un projet solo. Au départ, nous adaptions les chansons que j’avais écrites à cette époque. Alex milite et a milité au sein d’une multitude de groupes. Ce qui lui a permis d’acquérir une belle expérience. Effectivement, dès le début, nous avons voulu concrétiser cette nouvelle collaboration. Le plus rapidement possible. Et puis choisir une image et en soigner l’esthétique. L’illustration de la pochette de l’Ep est une invitation au voyage…

Quel est le dernier concert auquel vous avez assisté ?

Renaud : Je reviens d'un voyage touristique aux Etats-Unis. Je me suis rendu au Juke Joint Festival de Clarksdale où j'ai assisté aux prestations de LC Ulmer et Robert Belfour, des octogénaires phénoménaux qui jouent tout simplement dans la rue. Une belle expérience personnelle
Alexandre : Il y a bien longtemps que je ne suis plus allé voir un concert. Le prochain ce sera Carl Et Les Hommes Boîtes, ce soir. Un excellent groupe, par ailleurs…

Quel est le dernier album que vous avez écouté ?

Renaud : Celui du Révérend John Wilkins. Nous sommes encore aux States ! Lors de mon trip à Clarksdale, j'ai pu rencontrer ce vieux prélat yankee et discuter avec lui. Je suis tombé par hasard sur son album, je l'ai écouté et c'est vraiment de la balle…
Alexandre : Le plus récent, c'est le dernier de Warpaint, quatre filles charmantes et douées, ce qui ne gâche rien.

Quand on écoute votre Ep, on est impressionné par la maturité qui en émane…

Renaud : On vieillit. Nous jouons depuis bien longtemps. Personnellement mon parcours a commencé très tôt. Dix ans déjà que nous nous produisons en concert ou enregistrons. Nous sommes déjà de vieux croulants.
Alexandre : Il y a effectivement pas mal de temps qu’on est impliqué dans la musique chacun de notre côté. Nous n’avons plus 25 ans. Même si nous avons encore du chemin à parcourir. Mais la maturité se forge au fil de l’expérience. Il est temps.

Le bayou vous inspire ?

Renaud : Pas tellement le bayou. Peut-être pour ses alligators. Mais plutôt le delta du Mississipi. Perso, j’estime que dans toute cette région la musique est complètement dingue, principalement dans la partie Nord et dans les collines, elle est un peu ‘trance’ et aux racines africaines…

Le statut d'artiste en Belgique, n'est-il pas devenu un chômage aménagé ?

Alexandre : C'est un peu compliqué. Renauld a un job. J’en suis encore au stade des démarches ; mais il est sûr que cette situation n’est pas évidente. Peu de budget est consacré à la musique. Et surtout, vu la crise, on s'en prend surtout au secteur qui ne ramène pas trop d'argent. J'avais pensé choisir ce statut, mais c'est très compliqué, pour le moment. Je vais donc devoir abandonner l’idée et essayer de trouver un vrai boulot.
Renaud : Ce qui est dommage, c'est qu’il est de plus en plus difficile de devenir pro quand on est artiste. On considère et tout particulièrement chez le musicien, qu’il exerce un passe-temps ou un hobby.
Alexandre : Si tu souhaites défendre un projet qui tienne la route, comme certains groupes qui se produisent ce soir, tu dois répéter quatre à cinq fois par semaine. Cela doit être un fool time job. Et du coup, il ne faut pas se leurrer, car pour atteindre un niveau optimal, une longue période de développement est nécessaire. Aussi, en général, seul le milieu aisé voire fortuné, en bref qui ne doit pas travailler pour se nourrir, bénéficie de toutes ces conditions pour atteindre cet objectif…
Renaud : Tu dois avoir plusieurs cordes à ton arc. Il faut bosser à côté. Tu dois un peu moins répéter et refuser des concerts, parce que tu n’es pas disponible. Ce qui complique un peu le bazar.

Renaud, tu es le seul à composer ?

Renaud : Oui, les paroles, la musique ainsi que les mélodies. En général, je débarque avec un morceau terminé. Puis nous le retravaillons ensemble. Et au final, il ne va plus du tout ressembler à la mouture originale. Alex y met vraiment sa touche personnelle. On construit le morceau, on le déconstruit, puis on le reconstruit. C'est ainsi que nous fonctionnons…

Dans l’univers du blues/roots, Roland Van Campenhout et Steven De Bruyn sont des artistes belges que Renaud apprécie ?

Renaud : Oui, Roland je connais. Je crois qu’ils ont enregistré un album ensemble (NDLR : « Fortune Cookie », auquel Tony Gyselinck a également participé). Roland, j'aime bien. Je l'ai vu plusieurs fois en concert. Il a une superbe voix. Ses albums acoustiques sont vraiment géniaux. Ils me parlent vraiment. Je l’apprécie un peu moins en live, il joue parfois en freestyle, des morceaux qui peuvent parfois durer 15 minutes. Je suis moins fan de ses solos de guitare.

Vous avez prévu une tournée des festivals à votre agenda ?

Renaud : Pour être très honnête, tout ce qui est booking est un peu bricolage maison. Donc c'est super ! Nous avons dégotté, ici en novembre, une première partie au Botanique. Nous avons été contactés pour participer aux Nuits Belges. C’est vraiment génial. On s’est produit lors de quelques chouettes concerts. Petit à petit, l’agenda prend forme. On joue au Verdur Rock fin juin et au Massif festival en septembre. Il n'y a pas une grosse tournée de prévue. On essaye, petit à petit, de grignoter des dates…

Ce n'est pas la première fois que vous jouez à la Rotonde ?

Renaud : Non, c'est la deuxième fois.
Alexandre : En tout cas au Botanique, c'est la salle qui nous convient le mieux. Et l’endroit que je préfère quand j’assiste à un concert. Il est à la fois intimiste et convivial. En outre, les artistes et le public sont très proches, tout au long du spectacle…

 

Yes

Un véritable marathon de rock progressif

Semaine nostalgie à l'AB ! Après Steve Hackett, le guitariste de Genesis et avant The Sisters of Mercy, place à Yes, le dinosaure du rock progressif des années '70 qui invite ses fans à réécouter en ‘live’ trois albums légendaires de leur discographie : « Close To The Edge » ('72), « Going For The One » ('77) et « The Yes Album » ('71). 

Le line up est quasi le même que celui qui avait déjà foulé les planche de l'AB en 2011 : Steve Howe à la guitare, Geoff Downes (ex-Buggles, ex-ASIA) aux claviers, Alan White à la batterie et Chris Squire à la basse. En 2011, un certain Benoît David avait joué le rôle de Jon Anderson, le chanteur malheureusement évincé. Cette année, c'est un nouveau sosie, l'Américain Jon Davison (Glass Hammer, Sky Cries Mary) qui s'y colle et la ressemblance est à nouveau étonnante.

La formation monte sur le podium sur la musique de « L'Oiseau de Feu » d'Igor Stravinsky, alors que sont projetées des photos d'époque et la pochette de « Close To The Edge ». Et c'est parti pour cet opus, qui ne compte en fait que trois longues pièces. Le contenu, on le connaît : il mêle prog, psychédélisme et jazz-rock, un cocktail transcendé par des harmonies vocales que n'auraient pas reniées Crosby, Stills and Nash.

Pour l'album « Going For The One », on passe à un format plus 'abordable' : les chansons sont moins longues et plus mélodiques. C'est sans nul doute mon LP préféré de Yes. La formation interprète à la perfection les petites merveilles que sont « Wonderous Stories », « Awaken » ou « Parallels ».

Après une pause de 20 minutes, Yes revient pour interpréter « The Yes Album ». Remontant à 1971, il recèle les classiques « Yours is no disgrace », « Starship Trooper » et « I've Seen All Good People ». Steve Howe nous gratifie aussi de son superbe solo de guitare acoustique, « Clap », dans lequel sa technique du finger-picking excelle au plus haut niveau. Après « A Venture », un titre qui n'avait encore jamais été joué en live avant cette tournée, le band finit en beauté par « Perpetual Change ». Et lors du rappel, nous avons encore droit à un dernier chef-d'oeuvre, « Roundabout », le single paru en 1972.

En conclusion, ce véritable marathon musical a duré 3 heures, un set peut-être trop long pour les mélomanes non avertis ; mais quel bonheur de voir que cette musique parvient encore à remplir les salles, en dehors de tout formatage commercial. Pour ma part, je ne peux m'empêcher d’avoir un petit pincement au coeur pour Jon Anderson, le grand absent de la soirée. Quant à ceux qui ne se contentent pas de ces concerts nostalgiques, je leur conseille de (re)découvrir l'excellent travail de Steven Wilson, en solo ou au sein de Porcupine Tree ; car cet artiste est parvenu à assimiler la musique des années '70 tout en créant un style nouveau, adapté au son d'aujourd'hui.

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist :

Intro : The Firebird Suite (Igor Stravinsky)
1. Close to the Edge
Close to the Edge
And You and I
Siberian Khatru
2. Going For The One
Going for the One
Turn of the Century
Parallels
Wonderous Stories
Awaken
3. The Yes Album
Yours Is No Disgrace
Clap
Starship Trooper
I've Seen All Good People

A Venture
Perpetual Change

Encore:

Roundabout

(Organisation : Ancienne Belgique)

Les Nuits Botanique 2014 : mardi 20 mai

Pas vraiment de tête d’affiche au Grand Salon du Botanique ce mardi soir. Deux configurations à l’identique, piano (jardin) et cordes (cour) plantés au centre d’un décor sobre illuminé de lumières blanches mettant en relief les deux colonnes de pierre du salon. Un écrin douillet en configuration assise confrontant toutefois deux univers différents. Tout d’abord, celui du duo danois rigoureux de Broken Twin, entre mélancolie et colère. Ensuite, celui du duo français emmené par le charme délicieusement moqueur d’Emily Loizeau.

La chaleur anormalement élevée s’est glissée subrepticement dans toutes les salles du Botanique. 26° C au thermomètre. Température idéale pour plonger dans l’océan polaire et hautement mélancolique des deux jeunes Scandinaves. Une transition thermique rondement menée par la talentueuse chanteuse/pianiste Majke Voss Romme accompagnée de son impassible Broken Twin au violon, Nils Gröndahl.

Inconnues du grand public, ces deux jeunes femmes d’à peine 25 ans ont déjà assuré les premières parties de l’excellent groupe britannique Daughter, en 2013, et font déjà partie des rares privilégiés (premiers artistes scandinaves) à rejoindre les rangs du prestigieux label ANTI- (Beth Orton, Tom Waits, Wilco).

Et, dès les premières notes de « Sun Has Gone », en ouverture, un microclimat s’installe : froideur et spleen profond. Les deux virtuoses nous confirment très vite qu’elles ne sont pas venues à Bruxelles pour plaisanter : une voix magnifique, des compositions habitées, un univers d’une mélancolie abyssale fidèle à la musique scandinave contemporaine. Une chanteuse du crépuscule dans la lignée danoise d’Agnes Obel et de Mi & L’Au qui vire au cauchemar et à l’angoisse sur « In Dreams ». Quelques pizzicati crispants en guise d’entrée, des murmures menaçants dans un parlophone évoquant des hurlements issus d’une forêt lointaine, ce sont les rêves crispants dont se berce Majke Voss Romme.

Ensuite, la tension redescend sur « River Raining », un morceau sur lequel les deux musiciennes s’échangent les instruments. Nils passe sagement au piano et Majke prend la guitare électrique pour nous offrir un nébuleux pop-folk venu du Nord. 

Hormis quelques ‘shuuut’ épars, le public est cloué par cette poésie venue d’ailleurs. Une poésie mélancolique mettant en scène deux enfants saisis d’un désespoir tranquille, perdus dans l’immensité d’un monde anxiogène.

Une sublime collection de chansons minimalistes et intimistes sans âge à découvrir sur leur premier album « May ».

Extrait : http://youtu.be/cNemKX1jF88

Changement de décor et d’atmosphère pour la nouvelle création acoustique d’Emily Loizeau. Un concert intimiste composé de 24 plages issues de ses trois albums configuré autour de son piano, sa voix pétillante, sa poésie originale, son humour noir contagieux et du stupéfiant violoncelle d’Olivier Koundouno. Un répertoire réorchestré, présenté dans un contexte de musique de chambre lui conférant une toute autre dimension. Tout un programme !

Un show complet entre rires et larmes qui voyage dans le temps et dans l’espace.

Il a suffi de trois morceaux pour que le piano cède sur « London Town ». Pas besoin de backliner, l’artisan accordeur Loizeau le répare seule en toute décontraction. Déconcertant ! S’emparant naturellement de l’incident pour entrer dans un long dialogue avec son public et se lancer dans une savoureuse improvisation pleine d’humour. Un humour irrésistible et une  autodérision qui chauffe rapidement la salle. Accords et désaccords aussitôt réparés, l’artiste française se lance et relance « London Town » et « Coconut Madam ». Deux morceaux jazz blues endiablés sur un piano désaccordé qui ne sont pas sans rappeler les cafés concerts de la belle époque ou encore les music-halls des années folles.   

Un spectacle qui joue avec les sentiments des spectateurs et échoue sans alerte sur la profonde tristesse de « Cet Enfant » ou, assise sur l’avant-scène, sur le folk mélancolique de « In Our Dreams », proche de l’univers de Moriarty ou Herman Düne.

Trêve de mélancolie, la chanteuse française, constamment en interaction avec son public, change de costume et se lance dans un vrai jeu d’acteur et de conteur sur la surprenante reprise de « Gigi L’Amoroso » de Dalida. Une cover qu’elle vit intensément, face à un public qui ne reste pas de marbre.

Emily Loizeau possède un talent indéniable pour composer au piano de belles chansons françaises (ou anglaises) et écrire des textes bien troussés. Exercice qu’elle illustre à la perfection en affichant une douce excentricité sur « Boby Chéri » et « Je ne sais pas choisir ». Deux titres dignes d’un grand Thomas Fersen !

Une heure trente et trois rappels plus tard, l’artiste protéiforme rend un hommage musical (« Assum Blanco »), à l’actrice-chanteuse-poétesse brésilienne Renata Rosa avec laquelle elle prépare une tournée au Brésil et clôture son spectacle par ces simples mots : ‘Je pars à l’autre bout du monde…’

Bon voyage l’artiste !

Eric Ferrante

Extrait : http://youtu.be/vUUe788wnAo

(Organisation : Botanique)

Emily Loizeau + Broken Twin

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Triple affiche alléchante ce mardi soir sous le Chapiteau trônant fièrement dans les jardins du Bota… Une soirée placée sous un simple moto qui aurait pu faire un beau titre pour une production spaghetti de Sergio Leone : ‘La Découverte, La Confirmation et Le Retour…’

La Découverte : Moodoïd. Il revenait donc à cette jeune formation française, drivée par Pablo Padovani (guitariste de Melody’s Echo Chamber et fils du jazzman Jean-Paul Padovani), de fouler en premier lieu, les planches du chapiteau. Elle est venue défendre son premier Ep qui s’ouvre par l’élégant single psyché « Je Suis la Montagne ». Bien entendu, vu l’heure et la température estivale qui règne à l’extérieur, l’assistance est plus que clairsemée. Bref, il y a peu de monde pour découvrir les compositions alambiquées du quatuor parisien. Pour entretenir un certain mystère, Pablo s’est maquillé d’un masque étoilé. Mais il a surtout de la chance d’être soutenu par trois charmantes demoiselles. Clémence Lasme aux drums, et puis deux Lucie, Droga aux claviers et Antunes à la basse. Il éprouve parfois des difficultés à assurer sa voix sur les parties instrumentales, pourtant efficaces, rappelant l’univers vaporeux de Connan Mockasin, mais en plus rock et moins sensuel. Mais en y réfléchissant un peu, c’est plutôt du côté de Tame Impala qu’il faudrait aller chercher, les références. Une intéressante découverte qui me laisse toutefois un peu sur ma faim…

La Confirmation : François & The Atlas Mountains. Plus la peine de revenir sur le succès critique récolté par la bande hexagonale depuis la sortie de son second album, « Piano Ombre », il y a quelques semaines… Mais c’est un public, déjà plus conséquent, qui accueille la troupe, deux ans après leur passage, aux mêmes Nuits, dans la plus intimiste Rotonde. Dès les premières notes, le ton est donné : le set sera énergique, intense et dansant ! Le groupe puise parmi les plus belles pépites de son répertoire qu’il chante tantôt dans la langue de Shakespeare, tantôt dans celle de Molière. Outre la présence de singles en puissance (« La Vérité »), certaines compos bénéficient d’envolées ‘africanisantes’. François & The Atlas Mountains incarnerait une sorte de Vampire Weekend qui afficherait sans honte son faible pour la variété française tout en assouvissant son appétit à propager des salves indie-rock très susceptibles de virer au psychédélisme. Annoncé légèrement dépressif, François Marry semble avoir remonté la pente et manifeste beaucoup de dynamisme à côté de ses Atlas Mountains qui, eux, prouvent et confirment à nouveau leur réputation, leur talent et leur parfaite cohésion ! Une évidente confirmation qui me le laisse rêveur quant au potentiel futur du groupe…

Le Retour : Hercules & The Love Affair. Après avoir pondu un 1er elpee éponyme, en 2008, disque qui leur avait permis de percer sur la scène new-yorkaise, la bande emmenée par l’iconique Andy Butler a ensuite traversé un long passage à vide, défaillance ponctuée par la publication d’un deuxième long playing plutôt décevant. Toujours aussi fantasque, le combo yankee nous revient sous un nouveau line up resserré entre les bidouilleurs Andy Butler et Mark Pistel ainsi que les deux vocalistes Gustaph et Rouge Mary. Gustaph est néanmoins belge, et son registre est proche de celui de Jimmy Somerville. Quant à Rouge, c’est un Ch’ti (et oui…) D’origine algérienne, ce personnage charismatique possède une voix profonde. La house d’Hercules est destinée à chauffer l’ambiance. Et ses beats sont capables de remuer les spectateurs les plus stoïques. Les choristes ainsi que le très Cousteau Butler (coiffé d’un bonnet rouge) se décarcassent pour faire danser d’auditoire et se donnent les moyens pour y parvenir, malgré une certaine monotonie de ton ! Le public se trémousse et en redemande ! On se croirait transporté dans un Club berlinois plutôt qu’au beau milieu de l’austère capitale européenne. Franchement euphorisant, le set d’Hercules prône l’amour et l’ouverture à un auditoire qui n’attendait que ces messages… Il fallait bien que la foule se réchauffe avant d’affronter le déluge qui s’est abattu sur Bruxelles, dès la fin du concert ! Un retour pimpant et mouillé qui m’a littéralement lessivé, avant d’entamer la rédaction de mon article…

(Organisation Botanique)

Taï

Hercules & the Love Affair + François & The Atlas Mountains + Moodoïd

 

 

 

 

 

Les Nuits Botanique 2014 : lundi 19 mai

Votre serviteur est donc tombé amoureux de The ZZZ's, un trio féminin issu d'Osaka (Japon), lors de son passage remarqué dans le cadre du festival Sonic City, à Courtrai. Et apparemment, Paul-Henri Wauters, le programmateur du Botanique, qui était également sur place, a dû, lui aussi, succomber à leur charme ; car quelques mois plus tard, nous avons le bonheur de retrouver cette formation à l'affiche des Nuits.

Elles ont beau être de jolies et frêles demoiselles, elles n'en produisent pas moins une musique très puissante, violente même ; un postpunk/no wave sur le fil du rasoir, très 'noise' et expérimental, un peu comme si Einstürzende Neubauten avait reçu le renfort de Bauhaus et Thurston Moore, l’ex-leader de Sonic Youth. A propos de Thurston Moore, c'est d'ailleurs lui qui a remarqué les trois Nippones, lors d'un show à Miami et les a propulsées sur la scène alternative internationale.

Dans la magnifique salle de la Rotonde, The ZZZ's a littéralement ‘déchiré’. Au moment où elles montent sur le podium, habillées de noir, elles ressemblent à des geishas gothiques officiant dans une messe mystique intense et menaçante. A droite de la scène, arborant une longue chevelure noire, Youkary est très belle. Elle porte une basse qui a l'air plus grande qu'elle ! Mais quelle dextérité ! Dans « DNA », elle joue exclusivement des harmoniques et sa précision est redoutable. Le son est ronflant, métallique et hypnotique, surtout tout au long de « Cut It Out ». Par moments, elle pousse des cris orgasmiques dans le micro tout en ondulant très élégamment. Au centre, Lyn est une ‘batteuse’ puissante et expressive, à la technique irréprochable. Souvent, elle relève la tête pour se dégager les cheveux et élève son regard vers la haute voûte de la Rotonde.

Mais le point focal de la formation, c'est clairement Youkaku, à la guitare et aux vocaux principaux. Elle tire de sa gratte des sons vraiment hallucinants, tantôt batcave façon Daniel Ash (Bauhaus), tantôt shoegaze façon A Place To Bury Strangers, tantôt carrément 'indus', noise, façon scie sauteuse. Les voix sont principalement transformées en cris stridents ; mais parfois, la chanteuse nous réserve des moments plus calmes, où elle murmure doucement, comme dans « Suicide ».

The ZZZ's a interprété la majorité des morceaux de ses deux Ep's digitaux autoproduits : « Magnetica » et « Prescription », réunis une compile en 2013. Les deux titres phares sont incontestablement « Dystopia » et « Suicide ». Sur « Dystopia », on distingue une filiation étrange avec Savages, le groupe dirigé par Jehnny Beth. Les deux girls bands se sont d'ailleurs liés d'amitié. Une excellente prestation !

Avant The ZZZ's, nous avons pu découvrir deux formations liégeoises. D'abord, Frank Shinobi. Leur prog-noise-rock étonnant évoque Pixies, 31 Knots, The Redneck Manifesto et même Yes. Ensuite, IT IT Anita, dont le shoegaze post-nineties très puissant, à la limite du metal est également parvenu à faire revivre le fantôme de Sonic Youth. Lors de leur dernier morceau, un des guitaristes est descendu dans le public pour donner sa guitare à un fan qui a pu jouer lui même pendant quelques minutes l'accord unique (Sol majeur) de cette partie-là de la compo. Funny !

(Organisation Botanique)

Philippe Blackmarquis

The ZZZ's + IT IT Anita + Frank Shinobi

Voir aussi notre section photos :

http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/zzzs-19-05-2014/
http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/it-it-anita-19-05-2014/
http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/frank-shinobi-19-05-2014/

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 Nous en sommes au quatrième jour des Nuits Botanique, le soleil est bien présent pour réchauffer le coeur des mélomanes. Votre serviteur se dirige donc vers la Rotonde où se produit l'événement. Deux groupes bien de chez nous sont chargés d’électriser la salle : Frank Shinobi et It It Anita. ZZZ'S constitue la tête d'affiche. Une curiosité nippone qui vaut le détour !

 

Le premier groupe à fouler la scène de la Rotonde est liégeois. Il s’agit de Frank Shinobi. Quatre joyeux lurons qui ne se prennent guère au sérieux ; et on le ressent évidemment sur les planches. Un album à épingler au tableau de chasse leur actif : « A Little Less More ». Il est sorti en 2010 chez Honest House. Malheureusement, le son est médiocre et ne me permet pas d'apprécier leur musique. Je fais donc l'impasse. On se revoit dans de meilleures conditions.

Le second groupe à affronter le public est It It Anita. Ce n'est pas le nom de code d'une opération d'envergure organisée par les services secrets russes, mais une autre formation liégeoise. Bourrée de talent, elle est en contact permanent avec son public. Je la découvre pour la première fois.

Michael Goffard (guitare/chant), membre du défunt Malibu Stacy et Damien Aresta (chanteur et fondateur du label Jaune/Orange) décident de se réunir pour composer quelques morceaux ensemble. Ils sont rejoints par le batteur François Casteleyn et le bassiste Christophe Malpas (ex-Terrils). Au printemps 2013, quelques titres sont enregistrés et mixés par Jason Sébastien Russo (ancien bassiste de Mercurey Rave). Les influences sont nombreuses : Pavement, Thee Oh Sees, Band Of Horses, Mogwai en passant par Beastie Boys, Sonic Youth, Grandaddy et Sparklehorse. I.I.A. pratique un rock indé qui puise ses sources dans les années 90 et vient de sortir, en vinyle collector, un Ep cinq titres hautement recommandable. Et il est éponyme.

Barbu et chevelu, Damien, le chanteur, prend le temps de descendre dans la fosse et invite un spectateur à gratter sa guitare. Damien va le nourrir d'une banane. C'est assez rock'n'roll. Et tous les photographes présents dans la salle vont immortaliser l'événement. Ici, la bonne musique est au rendez-vous et le son digne de l'institution qu'est la Rotonde. Le set est court et intense, l'énergie est présente, les riffs de guitares efficaces. La setlist aligne « Intro », « Pile Of Gold », « Tacoma », « F# », « Mountaain », « NPR » et « G-round ». Rien à dire, c'est parfait, la place est chaude pour les vedettes de la soirée : les trois mignonnes jeunes femmes du groupe japonais ZZZ'S.

Didier Deroissart

Frank Shinobi + It It Anita

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Petite soirée francophone, ce lundi soir, dans le cadre des Nuits Botanique, puisque l’Orangerie accueille Blondie Brownie, un duo féminin flambant neuf mais qui réunit des talents confirmés, et dont la musique s’inscrit dans la lignée de Stereolab ; ainsi que le plus notoire Florent Marchet, un auteur-compositeur tellement prolifique qu’il réserve certaines de ses compos à des tas d’artistes qui militent dans l’univers de la chanson française ou à des projets conceptuels. Il est, en outre, responsable de 5 albums à ce jour, dont « Bambi Galaxy », paru en janvier dernier…

Malgré une température azuréenne, le public est plutôt clairsemé lorsque Blondie Brownie monte sur l’estrade. Faut aussi avouer que les mélomanes ont aussi parfois l’envie de récupérer de leur week-end… Pour la circonstance, Catherine ‘Blondie’ Biasio et Aurélie ‘Brownie’ Muller sont soutenues par un jeune drummer. Leurs vignettes pop sont sucrées et teintées de sonorité 80’s. Mais l’emballage est tellement chargé de fausse innocence qu’on ne peut que penser à La Femme. Ou à un pastiche de Cœur de Pirate. Et finalement, le trio s’en sort bien mieux lorsqu’il muscle le son ou booste le tempo. Alors le set gagne en intensité et parvient même à surprendre ; et en particulier lorsque ‘la Blonde’ dégaine son trombone et la brune son Steel Drum, se payant même une belle reprise de Georges Michael. Cerise sur le gâteau, Antoine Wielemans, un des chanteurs de Girls in Hawaï, vient rejoindre le combo sur l’estrade afin d’interpréter une chanson empreinte de mélancolie, dans la langue de Molière. Une découverte intéressante malgré une prestation encore inégale. Blondie Brownie devrait publier un premier Ep à la rentrée…

Etonnant, la salle ne se remplit pas davantage, lorsque Florent Marchet débarque sur le podium. Et pourtant, son dernier long playing, « Bambi Galaxy », a été unanimement encensé par la critique. Cohérent par rapport à son trip rétro-futuriste, notre ami déboule sur le podium affublé d’une bien seyante combinaison argentée, tandis que ses musiciens (un batteur et deux claviéristes) portent des masques à gaz et des combinaisons que ne renieraient pas Maître Yoda dans ‘Star Wars’. On peut alors affirmer que le délire cosmique est poussé à son comble. Les sonorités électro prennent le pas sur l’instrumentation plus classique de ses 3 brillants premiers albums (« Gargilesse », « Rio Baril » et « Courchevel »). Prolixe, l’ami Marchet affabule entre ses morceaux sur des expériences hallucinées qu’auraient vécu Plastic Bertrand ou Raël auprès d’étranges petits hommes verts… Le set est majoritairement composé des titres de son dernier elpee et le climax est d’ailleurs atteint sur le single « Space Opéra » et surtout le magnifique « Bambi Galaxy » qui réalise une rencontre (NDR : du troisième type ?) entre Polnareff et Souchon ! Même ses anciens standards tels que « Tous Pareil » ou « La Famille Kinder » sont gonflés et customisés aux beats saturés. Le groupe est bien en place et le son irréprochable. Bref, cette formule devrait faire des ravages lors des festivals, cet été. Que ce soit à la basse ou derrière son piano, Florent manifeste une énergie inépuisable. Il n’hésite pas rappeler qu’il adore les Nuits du Bota. Et le répète à l’envi. Après une petite heure de concert, l’alien français revient sur les planches et prend place aux ivoires pour nous accorder une version plus intimiste de son intemporel et bouleversant « Le Terrain de Sport », ponctuée d’une dernière salve musclée et euphorisante. Mes Nuits débutent on ne peut mieux…

Taï

(Organisation Botanique)

Florent Marchet + Blondie Brownie

 

 

 

 

 

Sharon Jones

Alive and Kicking

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Mad Soul tonight at the AB! Sharon Jones est de retour sur les planches de l’Ancienne Belgique! Tout naturellement sold-out, le show intervient deux ans après son précédent passage dans la salle bruxelloise, qui avait laissé l’auditoire sur les genoux. Et une fois n’étant pas tradition, Miss Jones, accompagnée de ses éternels et mythiques Dap-Kings, a rallumé le feu au cœur de la capitale lors d’un show retransmit en direct sur YouTube.

Précédé d’un DJ set dispensé en dents de scie par l’Ecossais Keb Darge, pourtant connu pour dénicher de jolies pépites rares, le concert démarre ponctuellement, comme il est de coutume à l’AB. Place à la reine de la Soul actuelle, Sharon Jones, une sacrée boule d’énergie positive. A 58 ans, la dame de fer de l’écurie Daptones Records, resplendit plus que jamais.

Les huit Dap-Kings prennent place dès 21h, suivis des deux choristes qui figurent dans la vidéo de « Stranger To My Happiness ». En guise de mise en bouche, ils vont ensemble interpréter deux sympathiques morceaux extraits du premier LP à venir de l’une des backup singers, dont je n’ai malheureusement pas saisi le nom. De quoi chauffer doucement le public avant l’arrivée de la reine de la soirée. Et quelle reine ! Vêtue d’une petite robe grise et noire à franges, elle met le public dans sa poche, à peine débarquée sur les planches. A cause de son charisme, son humour et son talent incroyables.

Chez Sharon Jones, rien n’est statique. Les franges s’envolent, la tête se secoue dans tous les sens, les jambes se démènent malgré de hauts talons… Et une humeur sans faille communiquée à toute l’assemblée, malgré la présence de touristes qui ne parviennent pas à retirer le bâton de leur derrière. Les premiers rangs, eux, sont bouillants. La chanteuse se prête même au jeu de la danse langoureuse tout au long d’un morceau, en compagnie d’un jeune homme qui se s’est habilement glissé sur scène sans qu’on ne le remballe immédiatement. Un moment qu’il ne risque pas d’oublier, le Fred.

Qu’à cela ne tienne ! Elle fait ensuite appel à quelques demoiselles du parterre qui l’accompagnent le temps d’une efficace démonstration de danse. Du côté de la set-list, le groupe se concentre essentiellement sur « Give The People What They Want », quatrième LP paru en janvier dernier. Les envolées de cuivres se suivent et font mouche à chaque note, rehaussant ces arrangements Funk et Soul vintage, que Sharon Jones sublime de sa voix gospel. Un sans-faute pour cette grande dame qui luttait encore contre un cancer des voies biliaires, moins d’un an auparavant. Ce soir, il fallait être mort ou apathique pour ne pas avoir la moindre gouttelette de sueur qui perlait au milieu du front.

Les prochains rendez-vous belges de Sharon Jones et ses Dap-Kings sont prévus pour le 31 octobre au Vooruit de Gand, et le 6 novembre au Het Depot de Leuven. Deux options, aucune excuse !

(Organisation : Live Nation)

Les Nuits Botanique 2014 : samedi 17 mai

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Les Nuits Bota battent leur plein ! Il a fallu opérer des choix en cette troisième journée qui accueille George Ezra au Grand Salon, Cat Power au Cirque Royal, Arc Iris à la Rotonde et White Denim à l’Orangerie. Mais difficile de résister à l’appel des Australiens de Jagwar Ma qui venaient présenter leur irrésistible « Howlin’ », sous le Chapiteau du festival.

Pas d'urgence ce soir. C’est qu’il fait 21° dehors ! Complètement allergique à la pop insipide de Jamaica, je pénètre dans le chapiteau sur les coups de 22h30. Soit à l'instant même où la lumière s'éteint. Il reste pas mal de place, le concert n'est pas complet. La tente éphémère est tout de même bien remplie, et le parterre à l'air particulièrement motivé. Tant mieux, c'est exactement ce que Jagwar Ma est en droit d’attendre de son public. Parce que, Jagwar Ma, ce sont deux mecs australiens qui ont compris exactement comment faire bouger une foule.

Le duo (trio pour le ‘live’) est au rendez-vous pile à l’heure. Les gars avaient déjà fait leurs preuves sur une scène belge, en l’occurrence celle de l’AB, il y a un peu plus d’un an lorsqu’ils accompagnaient Foals pour leur tournée européenne. Une performance qui n’avait pas laissé indifférent les fans du quintet, puisque plutôt bien acclamée.

Sur l’estrade, pas de batterie. Jono Ma se charge de l'intro de « What Love », derrière son dispositif de DJ. Son binôme et interprète, Gabriel Winterfield, prend place derrière son micro, aux côtés de leur bassiste live, Jack Freeman. Une heure durant, les trois gaillards vont enchaîner les morceaux de l’excellent « Howlin’ ». Des versions revues et corrigées pour la scène, comme ce « Come Save Me », titre rock’n’roll aux accents psyché qui bifurque dans ses dernières minutes vers un véritable hymne dancefloor, rallié à un « Exercise », un peu plus faiblard. Les singles « Man I Need » et « The Throw » finissent par dégourdir les jambes d’un public chauffé à blanc. « Four », l’un des morceaux les plus electro de la bande, et le spasmodique « Let Her Go » achèvent le boulot.

Au bout de 45 minutes, Winterfield annonce la fin des festivités, clamant ‘We only have one album guys !’ devant la déception manifeste du parterre. C’est donc en omettant les deux ballades de leur premier LP que les trois musiciens effectuent un rappel sur un « That Loneliness » brillamment allongé de quelques beats bien placés. Une petite heure directe et efficace.

A revoir cet été au festival de Dour, le 19 juillet prochain !

(Organisation Botanique)

Jagwar Ma

 

R.E.M. Unplugged.

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Le 19 mai sortira enfin la collection des sessions Unplugged opérées par R.E.M. de 1991 à 2001. De quoi passer de bonnes vacances…
www.remhq.com
www.facebook.com/REMhq

Unplugged: The Complete 1991 And 2001 Sessions

Track Listing

1991 Unplugged

1. “Half A World Away”
2. “Disturbance at the Heron House”
3. “Radio Song”
4. “Low”
5. “Perfect Circle”
6. “Fall on Me”
7. “Belong”
8. “Love Is All Around”
9. “Its The End Of The World As We Know It (And I Feel Fine)”
10. “Losing My Religion”
11. “Pop Song 89”
12. “Endgame”
13. “Fretless”*
14. “Swan Swan H”*
15. “Rotary 11”*
16. “Get Up”*
17. “World Leader Pretend”*

2001 Unplugged

1. “All The Way To Reno (You’re Gonna Be a Star)”
2. “Electrolite”
3. “At My Most Beautiful”
4. “Daysleeper”
5. “So. Central Rain (I’m Sorry)”
6. “Losing My Religion”
7. “Country Feedback”
8. “Cuyahoga”
9. “Imitation of Life”
10. “Find the River”
11. “The One I Love”*
12. “Disappear”
13. “Beat a Drum”*
14. “I’ve Been High”*
15. “I’ll Take the Rain”*
16. “Sad Professor”*

 

Rien que des Nikki Nack pour UnE-yArDs…

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La fantasque Américaine tUnE-yArDs se produira ce 16 mai dans le cadre des Nuits Botanique. « Nikky Nack », son nouvel elpee, est à  écouter en streaming ici

Et la vidéo chargée de fun consacrée à « Water Fountain »

 

 

 

 

 

Un camion balai pour The Pains of Being Pure at Heart…

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Après avoir publié un premier album éponyme en 2009 qui faisait la synthèse de 25 ans de rock anglais (The Jesus And Mary Chain, Sarah Records, …), The Pains Of Being Pure At Heart a réussi à créer la sensation dans le monde de l'indie-pop.

Mais c'est « Belong », leur second LP, qui va permettre au band new-yorkais de s’installer définitivement sur le trône du revival 90’s.

Chœurs angéliques, mélodies douces amères, mur de guitares saturées, claviers planants et batterie frénétique au programme.

La formation a mis en ligne une vidéo au grain vintage qui se terminait par les mots ‘days of abandon’. Ce sera le titre d'un nouvel album qui sortira le 22 avril.

https://www.youtube.com/watch?v=Zc9A3R83A_0

 Tracklisting

01 Art Smock
02 Simple and Sure
03 Kelly
04 Beautiful You
05 Coral and Gold
06 Eurydice
07 Masokissed
08 Until The Sun Explodes

09 Life After Life
10 The Asp at My Chest

The Spectors creuse…

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Influencé par le son de la Motown et les Beatles, The Spectors a sorti son premier Ep, « Dig ». Après en avoir extrait un premier single intitulé « Nico », il nous en propose un second, soit le titre maître de l’Ep, « Dig », produit pour la circonstance par Chris Urbanowicz des Editors.

https://www.youtube.com/watch?v=qoyTGt37DfQ

21.05 – Kultuurkaffee @ VUB, Brussel
28.05 – Burn Out @ MOD, Hasselt
19.07 – Beau Soleil, Serskamp
21.07 – Kneistival, Knokke-Heist
25.07 – Rock Olmen, Olmen

14.08 – Brussels Summer Festival, Brussel
23.08 – Synergie Meeting 3, Zwevegem

www.facebook.com/spectorsmusic

www.thespectors.be

 

Prince et la Warner se réconcilient…

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Le 18 avril dernier, le chanteur Prince et Warner Bros Records ont annoncé qu’ils allaient entamer une nouvelle collaboration !

Ce partenariat n’englobe pas seulement la sortie d’un album truffé d’inédits mais aussi d’anciens morceaux de Prince réenregistrés par l’artiste lui-même.

Warner Bros Records était l’exclusif détenteur des droits de l’artiste et de ses créations de 1978 jusqu’aux années 90.

Pour les fans de Prince, ce nouveau partenariat qui verra prochainement le jour représente une véritable mine d’or.

Cet été, il y aura 30 ans que le légendaire album « Purple Rain » est sorti.

 

L’amour ne fait pas peur à Dan Wilson…

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Le 26 mai prochain sortira « Love Without Fear », le nouvel album de l’Américain Dan Wilson, plus connu comme ex-leader de Semisonic (« Closing Time ») ou comme plume pour la diva soul Adèle.

www.twitter.com/danwilsonmusic

http://www.twitter.com/danwilsonmusic

 

George Ezra aime voyager…

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George Ezra vient d’annoncer la sortie prochaine de son premier album studio. Prévu pour le 30 juin, cet elpee s’intitulera « Wanted On Voyage ».

Un premier single précède l’opus. Baptisé « Budapest », il fait également l’objet d’une vidéo, et c’est ici  

« Wanted On Voyage » a été enregistré entre début novembre et mi-janvier à Clapham, au Sud de Londres, sous la houlette du producteur Cam Blackwood. Ezra y joue de la guitare, de la basse et du piano.

Et pour regarder « Recording Wanted On Voyage » c’est là 

Son concert le 17 mai aux Nuits du Botanique est soldout mais vous pouvez vous rattraper à Werchter le 4 juillet prochain

http://www.georgeezra.com

https://www.facebook.com/georgeezramusic

Wanted On Voyage tracklisting

01. Blame It On Me
02. Budapest
03. Cassy O'
04. Barcelona
05. Listen To The Man
06. Leaving It Up To You
07. Did You Hear the Rain?
08. Drawing Board
09. Stand By Your Gun
10. Breakaway
11. Over The Creek
12. Spectacular Rival

 

Le chronomètre de Kasabian

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A l’occasion de ses dix années de carrière, Kasabian publiera son cinquième album, ce 9 juin.

« 48:13 » réunit 13 titres, pour une durée totale de… 48 minutes et 13 secondes !

Un premier extrait intitulé « Eez-eh », sera disponible dès le 2 juin sur la toile

http://www.kasabian.co.uk/

https://www.facebook.com/kasabian

https://twitter.com/KasabianHQ

Album Tracklisting:

1. (shiva)
2. bumblebeee
3. stevie
4. (mortis)
5. doomsday
6. treat
7. glass
8. explodes
9. (levitation)
10. clouds
11. eez-eh
12. bow
13. s.p.s.

 

Les Nuits Botanique 2014 : vendredi 16 mai

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Ce n'est probablement plus un secret pour personne, les Nuits Botanique sont des événements qui attirent la foule, une foule d’aficionados mais aussi de curieux en tout genres. Autant dire qu'en ce vendredi où le soleil avait décidé de remontrer le bout de son nez, un monde fou semblait s'être donné rendez-vous dans les différentes salles du Bota ainsi que sous le chapiteau.

En arrivant au jardin bruxellois, je suis surpris par la présence de 4 policiers postés à l’entrée, et dont le nombre va s’avérer bien plus important dans son enceinte... La manifestation aurait-elle un caractère si dangereux pour nécessiter un tel déploiement des forces de l'ordre? Ou bien n'est-ce là que l'habituel genre de parades dont nous sommes gratifiés en période de cirque pré-éléctoral? A moins qu'il ne s'agisse simplement du délire sécuritaire et répressif dont semble souffrir la capitale depuis déjà quelque temps...

Bref laissons ces considérations de côté pour nous concentrer sur le sujet de cette chronique, en l’occurrence, la prestation de James Holden à l'Orangerie. Vu le sold out affiché au moins une bonne semaine avant la date prévue, je ne suis pas surpris de rencontrer une foule déjà bien compacte seulement 5 minutes après le début du concert, et choisis de rester en bordure, là où on ne se marche pas trop sur les pieds et l'angle de vision est correct. Si je craignais d'être un peu loin pour réellement apprécier la performance, finalement mes appréhensions ont été rapidement balayées, grâce au son qui ne manque pas de présence mais aussi à la dynamique insufflée au set d'Holden par le batteur présent à ses côtés.

Ce dernier ne se contente pas de soutenir les ondes électroniques envoyées par le jeune producteur en vogue mais y insuffle un swing qui ajoute un supplément de groove à ses compositions. Des compos où l'électronica flirte avec la kosmische musik grâce à un synthé modulaire dont la pureté sonore ravit les oreilles les plus exigeantes et peu sensibles à celles de l'éternel laptop qui pourtant fait également partie du matériel présent ce soir sur les planches. C'est cette volonté de mêler les éléments qui enrichit la substance que produit le jeune talent anglais et lui offre sans doute un accès plus large que celui réservé habituellement aux musiciens de cette sphère. Qu'il s'agisse de matériel ou d'influences musicales d'ailleurs, celles-ci brassant aussi bien une électronique abstraite, parfois mélancolique et souvent soucieuse des détails que des mouvements plus rythmiques amenant à la transe. Une transe aux saveurs psychédéliques comme lors du final (avant rappel) qui s'apparente à une véritable gigue electro tribale venue couronner un concert très dansant où les morceaux plus ambient ont toutefois été écartés. En bonus on aura droit à un morceau electro/disco kraut du meilleur effet lui aussi, même si la vraie montée venait juste de se produire auparavant, clôturant une soirée très réussie et fort attendue.

(Organisation Botanique)

James Holden

Thorbjørn Risager

Too many roads

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Thorbjørn Risager est danois. Agé de 37 ans, ce chanteur est un fervent adepte de BB King et Ray Charles. Professeur de formation, il a opté pour la carrière musicale. Depuis 2003, il dirige un groupe de sept musiciens, baptisé désormais The Black Tornado. Ensemble, ils ne se limitent pas au blues pur et dur mais plutôt à une fusion entre le blues, le funk, le R&B, la soul, le gospel et le rock. "Too many roads" constitue leur 8ème opus, il fait suite à "Between rock and some hard blues", paru en 2013.

L'album démarre par "If you wanna leave". Une véritable claque ! Puissante, la voix domine son sujet y compris la section rythmique. Le son est sale, pourrave, avant que l’ensemble des musicos ne viennent le rejoindre. La voix de Thorbjørn est autoritaire. Idéale pour ce type de plage, elle force même le passage. Pourtant, c’est le saxophone de Kasper Wagner qui s’autorise le premier envol. Une ouverture assez extraordinaire. "Too many roads" nous entraîne dans le delta du Mississippi, berceau du blues originel. La production est soignée. Le son du dobro, clair. Les harmonies vocales et la section rythmique soutiennent parfaitement le leader. "China gate" est la B.O. de ce film, un long métrage sorti en 1957 qui mettait notamment en scène Nat King Cole, une compo signée Victor Young. Cette nouvelle version est traduite en ballade folk/blues émouvante et dépouillée. "Paradise" nous ramène dans le Delta, pour une fusion roots blues, impliquant la collaboration de la section de cuivres. Des cuivres toujours bien présents et même grisants tout au long de "Drowning", une plage syncopée, balisée par la lourde contrebasse de Soren Bojgaard et les percussions de Martin Seidelin, qui emprunte à la musique caribéenne. Retour au blues pour "Backseat driver", une piste au riff impérieux, imposé par le leader. Ballade soul, "Through the years" est illuminée par une belle sortie de Peter Skjerning sur ses cordes. Un épais riff blues/rock amorce "High rolling". Nous ne sommes pas loin des Stones, mais la voix de Risager est bien plus allumée et mâle que cette de Jagger. De toute bonne facture, "Long forgotten track" est une ballade roots aux accents laidback, nonchalants, digne de JJ Cale. Plus immédiat, "Reh hot & blue" trempe dans un R&B presque pop. Un morceau bien ficelé au cours duquel la guitare parvient à se détacher de la fusion entre les cuivres et l'orgue. Libérant un max de groove, "Rich man" nous plonge dans l’univers de la Nouvelle Orléans. Et plus exactement reflète la joie de se produire dans la rue. Trompette, clarinette et sousaphone : tous les cuivres sont à la fête. Ce superbe album s’achève par une dernière surprise. Un rockabilly ! Pur et dur ! "Play on" dont le piano boogie est attaqué furieusement, un peu à la manière de Jerry Lee Lewis…

 

Porcelain Raft

Permanent Signal

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Véritable globe-trotter, Mauro Remiddi est né à Rome, a grandi à Londres et s’est établi, depuis une douzaine d’années, à Brooklyn. Le choix d’entreprendre une carrière professionnelle, dans l’univers de la musique, s’est rapidement révélé à lui. C’est vers l’âge de 10 ans qu’il touche pour la première fois un instrument. Après avoir enregistré quelques Eps sous différents patronymes et écrit une B.O. pour un film italien, il décide de lancer un nouveau projet qu’il baptise Porcelain Raft. Et comme il est déjà connu dans la sphère musicale, il déniche rapidement un maison de disques, en l’occurrence le label indépendant américain, Secretly Canadian (War on Drugs, Damien Jurado, …) Il publie d’abord un Ep, et dans la foulée, un premier elpee intitulé « Strange Weekend ».

Après avoir passé plusieurs mois sur les routes et pris quelques jours de repos, l’Italo-britannique se remet au travail et couche sur papier ses expériences engrangées au cours de cette aventure enrichissante. Moins de deux ans après la sortie du précédent long playing, Porcelain Raft nous propose donc ce « Permanent Signal ». Pour enregistrer cet LP, le multi-instrumentiste a reçu le concours de quelques relations qui militent au sein de l’univers indie-rock américain ; et notamment Jonny Rogoff (Yuck) aux fûts, Darby Cicci (The Antlers) aux chœurs et à la trompette ainsi que Gaspar Claus (qui a notamment apporté sa collaboré à The National et Sufjan Stevens) au violon.

Tout au long de « Permanent Signal », Mauro puise un peu dans tous les styles. Si bien que le véritable fil conducteur des onze pistes de cet elpee est tramé par la voix. Une voix douce, nasillarde et chargée de feeling qui nous plonge dans une atmosphère mélancolique. L’album s’ouvre par deux plages magistrales, sculptées dans la dream-pop, évoquant Beach House. Soit le captivant « Think of The Ocean » et le vaporeux « Cluster ». Porcelain Raft commence très fort ! La suite manque malheureusement de constance et surtout d’intensité. Caractérisé para ses références 80’s, « Minor Pleasure » est même totalement dispensable. Il faut attendre « The Way Out » et « Five Minutes From Now » pour retrouver chez Remiddi l’inspiration du début. Deux morceaux de shoegaze digne de The Antlers. Quatre titres sur onze, c’est néanmoins un bilan insuffisant pour le talent de Mauro. Il nous doit une revanche !

 

Mount Carmel

Get Pure

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Mount Carmel ne nous invite pas à grimper sur la montagne biblique située en Israël, Mais à savourer son troisième opus. Fondé en 2010 à Colombus, dans l'Ohio, ce power trio américain réunit les frères Reed. Matthew au chant et à la guitare, Patrick à la basse. Un line up complété par le drummer, James McCain qui a remplacé récemment Kevin Skubak. Leur patronyme serait inspiré du lieu de naissance de cette fratrie : l'hôpital Mount Carmel de Colombus! Les deux premiers elpees étaient parus chez Siltbreeze, "Mount Carmel" dès 2010 et "Real woman" en 2012.

Publié sur Alive Naturalsound, "Get pure" a été enregistré au Suma Recordings de Cleveland et mixé au Ghetto Recorders de Detroit par Jim Diamond (NDR : notamment responsable de la mise en forme d’un album des White Stripes). L’esprit blues/rock est intact. Ces jeunes musicos ont été plongés, dès leur naissance, dans ce style insulaire réminiscent de la fin des 60s et du début 70s. Notamment celui que pratiquaient The Cream, Free et Humble Pie. Vous devriez ainsi vous faire une petite idée de la musique concoctée par le trio.

La machine à remonter le temps nous replonge donc quatre décennies en arrière. "Gold" ouvre l’opus. Une compo qui baigne dans l’ambiance du Cream, même si McCain ne possède pas la puissance de feu d’un Ginger Baker. "Back on it" est imprimé sur un tempo rapide. La section rythmique, bien soudée. La voix de Matthew, légèrement écorchée. "Back on it" trahit l’influence majeure de Mount Carmel : le Free. A cause des riffs blues rock dramatiques et de la manière de chanter, proche de celle de Paul Rogers, malgré un peu moins de puissance naturelle. "Whisper" me rappelle un des tous premiers groupes de hard rock californien, Blue Cheer, un combo sont sa version enflammée de "Summertime blues" avait récolté un énorme succès. Les deux plages suivantes nous invitent à pénétrer dans l’univers d'Humble Pie lorsque le pouvoir était partagé entre Steve Marriott et Peter Frampton. Tout d'abord "No pot to piss". A cause de cette succession de rythmiques adoptée par la guitare et surtout la voix empruntée à Frampton. Puis "Swallow me up", plus hard dans le style. Instrumental "Bridge to nowhere" constitue un exercice de style. Il sert également d’interlude avant de passer à la suite des événements. "One more morning" opère un retour à la formule instituée par le Free. Caractérisée par une sortie de cordes bien sentie, cette piste recèle son lot de dérapages contrôlés. Dans un climat similaire, "Will I" libère des sonorités de guitare bourrées de feeling. En écoutant "Hanging on", j’ai dû quelque peu me creuser les méninges. Faut dire que des groupes anglais susceptibles de composer une telle compo, à l’époque, il y en avait des tonnes. Parfois de très bons, quoique obscurs, comme Leafhound. Et cette piste me rappelle finalement ce band britannique! "Fear me now" lorgne de nouveau vers The Cream. La tension dramatique y est entretenue par la lourdeur du riff. Tout comme le final, "Yeah you mama". Cependant, Matthew ne possède ni la force, ni l'élégance vocale de Jack Bruce. Un long playing à conseiller à celles et ceux qui n’ont ceux qui n'ont pas vécu cette grande époque! Même si Mount Carmel n’a pas encore acquis la notoriété des Black Crowes voire des Black Keys!

 

Moonbow

The end of time

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Cet arc-en-ciel lunaire est un combo de stoner rock originaire de Kentucky. Un super-groupe, puisqu'il réunit des musiciens de Hank3, Afghan Whigs, Hermano et Valley of the Sun. La formation a été fondée en 2010 par le chanteur Matt Bischoff. Et elle implique Ryan McAllister à la basse (NDR : qui se sert d’une Rickenbacker), David McElfresh à la guitare et Steve Earle à la batterie. 

"End of time" ouvre le long playing. On pénètre d’abord dans un univers folk entretenu par un violon et des cordes acoustiques. Mais après trente secondes, une ligne de basse bien épaisse ébranle le décor. Et nous entraîne au cœur d’un rock bien dur mais parfaitement audible. Et Black Sabbath n’est pas loin lorsque la guitare se fond dans la section rythmique. La musique pratiquée par Moonbow est bien stoner, c’est-à-dire très influencée par les 70s. Pas de hurlement vocal. Lorsque la guitare se libère, elle est bien maîtrisée et cavale rarement comme un étalon incontrôlable. "Journey of the iron horse" embraie sans la moindre pause. Le rythme est nettement plus rapide. Le cheval d'acier est au galop. La conjugaison entre la ligne de basse et les interventions de la batterie est volontairement lourde, écrasante même ; et la guitare de McElfresh a bien du mérite à s'en extraire. Matt Bischoff a une voix bien timbrée. "Fire bath" est une compo accrocheuse, malgré son titre. Un bain de feu pour se purifier de la fumée sacrée dans la fontaine de Satan. Pas vraiment un thème réjouissant ! Remontons dans le temps, et plus précisément fin des sixties/début des seventies lorsque Black Sabbath, Budgie ou même Motörhead sévissaient sur la scène hard rock. "Take it for granted" nous y replonge. Les lyrics sont signés John Garcia (Vista Chino, Kyuss) ; et il chante d’une voix douce, avant que Matt en prenne le relais pour aussitôt nous invectiver ! De bonne facture, "Octavia" est une plage au refrain contagieux. Cette aventure stoner se poursuit par "Saved", une piste censée sauver le pécheur des ténèbres. Mais l’opus s’achève dans un climat chaotique, lorsque débarque "Black widow", une veuve noire dont l’apparition est saluée par une bonne sortie des cordes.