Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Planet Full of Blues

Hard landing

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Planet Full of Blues est un trio originaire de la Virginie. Johnny Ray Light en est le leader, mais aussi et surtout le chanteur/guitariste. Il est soutenu par le drummer Brock Howe et le bassiste Ron Dameron. La formation avait publié un premier opus éponyme en août 2008. Johnny avoue avoir été particulièrement inspiré par le regretté Stevie Ray Vaughan. Sa voix évolue dans un registre proche de Clayton-Thomas, du Blood, Sweat & Tears! Pour concocter cet elpee, le trio a bénéficié du concours du célèbre Jim Gaines. Des sessions qui se sont déroulées au sein des studios Bessie Blue de Memphis. Le combo pratique un blues rock largement teinté de R&B et libérant beaucoup de groove.

"Big mouth" ouvre le feu dans l’esprit de Vaughan. Néanmoins, la voix est moins hargneuse et a moins de vécu ! Elle emprunte alors l’expression autoritaire de David Clayton Thomas sur "So special", dominant bien sûr son sujet. Mr Light aborde son "Mashed potatoes Gravy" de manière ludique. Les musicos sont à la recherche de la bonne bouffe. De quoi donner de l’inspiration à Johnny pour s’envoler aux cordes. Sa voix est quand même particulière. Grave, elle est parfaitement adaptée lorsque le tempo n'est pas trop vif, comme sur "Open your eyes", une plage caractérisée par un solo très éclectique. Bien ficelé, "Busboy" trempe dans le blues rock conventionnel, une piste typique de la formule trio, la guitare comblant naturellement tous les espaces vides. "I had a dream" repose sur une trame dramatique réminiscente d’un Stevie Ray Vaughan des bons jours, une plage lente, aux accords de guitare fluides. "Big bright light" baigne dans un swamp rock qui lorgne vers le Creedence Clearwater Revival, mais sous une approche plus douce. Contaminé par les tonalités texanes de la guitare, "Sunday drive" déménage littéralement. "Felt like a tourist" accélère le tempo, un tempo bien soutenu par une rythmique très rock'n'roll qui laisse échapper de bonnes vibrations. Parcouru par d’excellentes interventions à la slide, "Snake lady" véhicule des accents très southern, roadhouse même. De bonne facture, cet elpee s’achève par le convaincant "Shugrue shuffle", un instrumental qui bluese et rocke comme du bon Freddie King!

 

Harold Martinez

Dead Man

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Ce « Dead Man » porte bien son titre ! Il baigne en effet dans une ambiance particulièrement poisseuse, si caractéristique de la ‘Bible Belt’ du Midwest américain, magnifiquement décrite par le film éponyme de Jim Jarmusch sorti en 1995, qui mettait en scène Johnny Depp.  Toutefois une référence saute immédiatement aux oreilles, en écoutant le second opus de Harold Martinez : David Eugene Edwards. Et tout particulièrement sur « The Killers Crow ». Car, non seulement cet elpee baigne dans un ‘swamp rock’ aux ambiances sombres et aux guitares distordues (« Dead Man »), mais les compos sont traversées par une voix écorchée, à la limite de la rupture. Saturée d’émotion, elle vous prend même aux tripes, dans un registre qui rappelle manifestement celui du cow-boy aujourd’hui actif au sein de Wovenhand. Flanqué du batteur Fabien Tolosa, le Nîmois Harold Martinez s’aventure sur les terres du sud des Etats-Unis depuis ses Cévennes natales ; et malgré un manque de personnalité propre, il parvient à nous bluffer. La cérémonie consacrée à ce « Dead Man » réveille en tout cas les fantômes du 16 Horsepower ! Un bien bel album…

 

Terry Hanck

Gotta bring it on home to you

Écrit par

Saxophoniste, Terry Hanck est âgé de 66 ans. Malgré les tempes et les cheveux gris, ce chanteur/compositeur/arrangeur/musicien est reconnu pour son immense talent de souffleur. Au sax ténor, bien sûr ! Son style est forgé dans le blues, mais un blues qu’il teinte de soul, de R&B et de rock'n'roll. Il puise ses principales influences au cœur des années 50. Né à Chicago, Terry est un passionné du blues. Il a fait le pas californien au cours des sixties. Plus tard, il milite au sein du backing band de l’ex-guitariste du Paul Butterfield Blues Band, Elvin Bishop. Début du millénaire, Hanck incite Chris ‘Kid’ Andersen à émigrer en Californie. Le Norvégien deviendra le gratteur attitré du souffleur, pendant plusieurs années. Et c’est le Kid et Hank qui produisent ce nouvel elpee. Johnny ‘Cat’ Soubrand a repris le rôle de sixcordiste au sein du Terry Hanck Band, aux côtés du drummer Butch Cousins et du bassiste Tim Wagar. Terry avait déjà publié un long playing en 2011. Intitulé "Look out!", il était paru chez Delta Groove. Le nouvel opus est sorti sur le même label. Un disque pour lequel il a reçu le concours de son backing group, mais aussi d’une belle brochette d’amis, pour la plupart des stars du blues contemporain.

"Right now is the hour" ouvre la plaque. Une compo signée par son vieil ami Elvin Bishop. Enrobée de chœurs gospel, parcourue par les cordes de Cat Soubrand et dynamisée par le saxophone en délire du leader, cette chouette plage de pop/r&b aurait pu alimenter un jukebox de la fin des 50s. Un riff de guitare familier aborde sa reprise du "Whole lotta lovin". Terry vide ses poumons sur ce titre signé Maxwell Davis/Joe Josea et popularisé par BB King. L’orgue Farfisa de Jim Pugh libère des sonorités vintage et Kid Andersen se réserve la guitare sur "Pins and needles", une plage ludique, ensoleillée et bien rythmée. "Peace of mind" nous replonge dans l'atmosphère du Chicago Westside, époque Magic Sam. A cause de ce riff de gratte rythmique bien caractéristique. Bob Welsh siège derrière le piano et Cat nous livre un superbe envol enflammé de notes torrides. Très jazz, "T's groove" est un instrumental saturé… de groove. Jim Pugh prend la direction de Memphis et se souvient d’un certain Booker T. Ce qui explique le titre de ce morceau. "My last teardrop" baigne au cœur d’une atmosphère festive. Celle de la Louisiane. Les spectres de Guitar Slim et de Fats Domino planent. Soubrand démontre une nouvelle fois sa dextérité aux cordes. Le sax baryton de Doug James rejoint le ténor de Hanck, tout juste pour libérer ce dernier lors d’un changement de rythme dévastateur. "No gettin' over me" est un succès recueilli autrefois par Ronnie Milsap. Sur cette reprise, la voix féminine de Lisa Leu Andersen soutient celle, particulièrement soul, de Terry. On navigue alors dans un climat qui me rappelle quelque part Junior Walker & The All Stars. Seconde piste instrumentale, "Jam up" est un classique du R&B des années 50, composé à la Nouvelle Orléans par Tommy Ridgley. Une piste balisée par la basse de Tim Wagar et les ivoires de Welsh. Une belle rampe de lancement pour propulser les solos de Soubrand, James et Hanck, au firmament… Terry signe "Gotta bring it on home to you", un blues légèrement teinté de rock, plutôt cool, qui permet à nouveau la sortie de trois solistes. Mais aux six cordes. En l’occurrence, Soubrand, Kid Andersen et Miss Debbie Davies (NDR : elle participe également aux vocaux). Excellent ! Terry chante autoritairement "One horse town". Cette finale dansante, très r&b, mais aux accents funkysants, entretient une ambiance endiablée, au cours de laquelle tous les acteurs participent avec beaucoup de plaisir …

 

Garotas Suecas

Feras Miticas

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Parallèlement à leurs travaux d’archéologie musicale exotique, les Espagnols de Vampisoul soutiennent également des productions actuelles dont celle de très douées et mystérieuses Brésiliennes. En l’occurrence des ‘Filles Suédoises’, traduction littérale de Garotas Suecas. A quelques encablures de cet incontournable et parfois décrié ‘Mondial’, le Brésil prouve que son univers ne se limite pas au foot, aux plages, au carnaval et autres strings mais recèle également de très bons groupes qui pratiquent du rock psyché, teinté de pop et de soul 60’s ! « Feras Miticas » (les ‘Animaux Mythiques’) constitue le second album de ce quintet issu de Sao Paulo. Une formation qui ne lésine pas sur les moyens pour transfigurer ses morceaux : cordes et cuivres confectionnent des entrelacs de guitares et de voix multiples (parmi lesquelles on remarquera la présence de Paulo Miklos, chanteur des mythiques Titas et de la rappeuse Lurdez da Luz). L’elpee regorge de perles luxuriantes sous effets (« L.A. Disco ») et bénéficie même du concours de l’ex-guitariste de Gun Club et des Bad Seeds, Kid Congo Powers ! Perdues au Brésil, ces ‘Filles suédoises’ semblent s’être parfaitement intégrées afin de créer un mix parfait entre langueur tropicale et esprit rock vintage et enfumé !

 

Shane Dwight

This house

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Shane Dwight est né en Californie. Depuis 2009, ce chanteur, compositeur et guitariste partage son temps entre Nashville et son ranch californien. Sa discographie est conséquente ; il a ainsi publié huit cd et 2dvd live. Paru en 2011, son dernier elpee, "A hundred white lies", avait été fort bien reçu par la critique. Il a signé un contrat chez Eclecto Groove, la branche rock du label blues californien Delta Groove. Il a conservé le même producteur, Kevin McKendree. La crème des musiciens de studio de la Music City de Nashville a participé aux sessions d’enregistrement : Doug Lancio à la guitare rythmique et Kenneth Blevins à la batterie (NDR : ce sont des membres du backing group de John Hiatt), Steve MacKey à la basse et Lynn Williams aux drums (NDR : il milite, lui auprès de celui de Delbert McClinton). Kevin McKendree, qui a longtemps soutenu McClinton, se charge des claviers.

Le titre maître ouvre l’opus. Une plage accrocheuse, caractérisée par une mélodie soul subtile. La voix de Dwight est solide et chaleureuse. Les sonorités dispensées par l’orgue Hammond de McKendree son feutrées. Une bonne rythmique communique un feeling funk à "We can do this", une piste toujours dominée par la voix, avant que Dwight ne s’autorise un billet de sortie sur sa gratte nerveuse et bien sentie. "Fool" baigne au sein d’un climat serein, presque indolent, une ballade réminiscente du Band, au cours de laquelle Shane nous réserve un solo tout en sensibilité. "Sing for me (Search for Sierra)" lorgne vers le Chicago Southside, mais sous un format contemporain. Une compo qui fleure bon le Sud. Parcouru par une mandoline et enrichie de chœurs gospel, elle exhale un charme discret et repose sur une trame mélodique ambitieuse. De sa voix accrocheuse et chargée de passion, Bekka Bramlett, la fille de Bonnie & Delaney, est venue chanter "It's gonna be beautiful", dans un climat country made in Nashville. Le style adopté tout au long de cet elpee s’avère, en général, plutôt homogène. "Devil's noose" est un blues aux accents roots americana. Directe, harmonieuse, la six cordes se fraie un chemin devant l'orgue Hammond. "Stepping stone " nous entraîne au cœur d’un Memphis blues bien saignant, une compo calquée sur le motif rythmique de "Green onions". Les changements de tempo sont parfaitement intégrés. Omniprésente, la guitare est impeccablement maîtrisée. Manifestement une des meilleurs plages du long playing. Shane a trouvé sa vitesse de croisière. Son blues est bien rythmé. Il n’a plus trop envie de changer de trajectoire. "Never before" est entraînant. La voix de Dwight est intransigeante pour aborder "I'm a bad man". Elle est aussi convaincante que celle du géant texan, Freddie King. Et la guitare laisse s’envoler de savoureux chapelets de notes, dès qu’elle en a l’opportunité, pour épouser le chant ! Ballade presque pop, "Losing ground" est tramé sur une ligne mélodique simple. Les sonorités de l’orgue sont lumineuses. Les interventions de cordes dignes de Clapton. Soutenu par un riff blues/rock, "Bad for you" concède des vocaux hip hop que traduisent les réponses animées de Lady Bekka. De bonne facture, cet elpee s’achève par "Crazy today", une piste qui baigne dans l'ambiance country/gospel de la Music City.

 

Bob Corritore

Taboo

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Bob Corritore figure parmi les harmonicistes contemporains de blues les plus talentueux. A 57 ans, il compte une importante discographie. Il aime les collaborations. Ainsi, au cours des dernières années il a enregistré plusieurs duos, et notamment en compagnie de Dave Riley ("Hush your fuss", "Lucky to be living" et "Travelin' the dirt road"), de John Primer ("Knockin' around these blues"), de Tail Dragger ("Longtime friends of the blues") et de Kid Ramos ("Phoenix blues sessions"). Il est devenu l'un des protégés du label spécialisé de Los Angeles, Delta Groove. Il a décroché un ‘Blues Music Award’ en 2011, pour son album "Bob Corritore and Friends", et en 2012, le ‘Living Blues Award’, comme meilleur harmoniciste! Ajoutons qu'il possède l'un des meilleurs clubs de blues aux USA, le Rhythm Room à Phoenix, dans l’Arizona!

Pour enregistrer cet elpee, Delta Groove a une nouvelle fois sollicité le concours de nombreux et prestigieux invités. Un disque consacré à des exercices de blues instrumentaux. Et auquel ont donc participé une véritable ‘Dream Team’ comme le mentionne le notoire Charlie Musselwhite, dans les notes du booklet ! Little Walter (NDR : trop tôt disparu, suite à une bagarre de rue, ce musicien légendaire avait milité au sein du Muddy Waters Band) est considéré comme le Dieu souffleur par Corritore. Walter adorait concocter des plages instrumentales. C’est certainement l'inspiration majeure de notre citoyen de l'Arizona. Sur les six premières plages, il est entouré par la crème des musiciens blues de L.A. : le guitariste Junior Watson, le claviériste Fred Kaplan, le bassiste Kedar Roy et le drummer Richard Innes.

Swing stomp, le "Potato stomp" de Willie Egan ouvre la plaque. Une plage qui met bien en exergue le talent de Bob, bien entendu, mais aussi de Doug James au saxophone et Watson à la guitare jump ! Bob est remarquablement secondé tout au long de "Many a devil's night", un merveilleux blues lent, beau à pleurer. Et les interventions de Watson sont bouleversantes face aux ivoires de Kaplan! Chicago southside, "Ruckus rhythm" évolue dans un style fort proche de Little Walter voire de Big Walter Horton. Subtilement exotique, "Harmonica Watusi" est une excellente plage, caractérisée par un harmo aux accents percutants et les interventions judicieuses dispensées par l'orgue de Fred ! Les percussions syncopées d'Innes stimulent le titre maître, une rumba extraite des marais, dont la mélodie est véritablement sublime. Après "Harp Blast", un shuffle imparable, l’opus pourrait s’achever et on pourrait le considérer comme une belle réussite ; mais l'intérêt va persister jusqu’à son terme, et même nous réserver de nouvelles bonnes surprises. L'orgue de Papa John Defrancesco et les cordes de Jimmie Vaughan alimentent "Mr Tate's advice", un Memphis R&B qui ne manque pas de charme. Blues fin de soirée, "5th Position plea" est destiné aux couples qui s’étreignent sur la piste de danse. Des rythmes latinos enflamment "Fabuloco", une plage qui rend hommage au remarquable guitariste Kid Ramos, qui lutte depuis plus de deux ans contre le cancer. Papa John DeFrancesco, Jimmie Vaughan et Doug James font leur retour pour épauler Bob sur "Shuff stuff", un shuffle à la texane. "T-Town ramble" s’achève dans le swing. Un climat jazzyfiant qui sert de tremplin à l’envol subtil de l’harmo. De grande classe, cette œuvre s’achève par "Bob's late hours", un dernier blues lent, idéal lors d’une virée nocturne vécue autour du bar...

 

Brian Cober

Austin wired

Écrit par

Brian Cober s’est forgé une fameuse notoriété à la guitare slide. C’est lui qui aurait inventé, dès 71, la technique de la double slide guitare, pratiquée en plaçant un bottleneck à deux doigts en même temps! Il participe à l’aventure du Terraplane Blues Band, fin des 70’s. En 1986, il monte son propre groupe, The Nationals, en compagnie de Paul McNamara et Dave Colter. Ils vont assurer le backing band de Bo Diddley, pendant deux tournées ! Le groupe publie l’album "Blue Howl" en 1996, suivi de "Peace of wood", en 2001, et "Double slide", en 2005. Après le décès de McNamara, en 2008, Cober poursuit une carrière individuelle, et grave "Real for gone", en 2010. Brian signe la plupart des compos de son répertoire.

Plutôt rock, "What will come" ouvre l’opus. Si le chant n'est pas inoubliable, le jeu sur la slide est étincelant et réverbère des sonorités très métalliques. La relecture du "Preachin' the blues" de Robert Johnson est opérée sur un tempo accéléré. La slide est omniprésente et ses incursions acérées sont particulièrement douloureuses. Lors d’une interview, Cober explique que "Preachin the blues" a été enregistré par Son House, dès 1930, une compo qu’il avait lui-même apprise de Tommy McCoy. Et quand, quelques années plus tard, Johnson l’a mise en boîte ce titre, sans lui avoir attribué de titre, il aurait du l'intituler "Blues walkin' like a man", pour ne pas entretenir de confusion! "I'm a bluesman baby" baigne dans un climat plus cool. Personnelle et originale, la slide épouse des ombres surprenantes, tout en relief. "Woulda coulda shoulda" s’attarde dans une semblable atmosphère. Et le tempo ralentit, comme si Brian voulait décomposer son approche de la slide, tel un bon pédagogue. Piste instrumentale, "Nuestro viento" suit un fil mélodique bien marqué. "I got a thing" adopte le rythme du chemin de fer, avant que la slide n’entre en éruption. Cober attaque le "Find my baby" de son ami canadien, Noah Zacharin. Laidback, "Run and  hideaway" bénéficie d’excellents arrangements. "Delevery man" clôt l’elpee. La slide adopte un profil plus conventionnel, tout au long de ce blues qui autorise les plus belles escapades de cet album… 

 

Son Palenque

Afro-Colombian Sound Modernizers

Écrit par

Profitant du léger revivalisme Cumbia, Vampisoul saute sur l’occasion pour déterrer les œuvres des mythiques Colombiens de Son Palenque qui, à la fin les années 70 et au cours des 80’s, servaient en quelque sorte de carrefour parfait entre les musiques d’Afrique et de Colombie. C’est ce qu’on va appeler la Palenquera ; soit un mix entre la Rumba congolaise et divers courants de musique sud-américaine (cumbia, chalupa, bullerengue, lumlalu et autre champeta criolla), le tout parfumé d’essences subtiles de psyché… A l’origine, des paysans originaires d’une Palenque (celle de Son Basilio dans ce cas-ci), c’est-à-dire une communauté d’esclaves africains, sont à nouveau déracinés, et parqués dans des grandes villes comme Baranquilla ou Cartagena, mieux connue pour ses plages. Selon la légende, c’est alors qu’est née une nouvelle sorte de rumba improvisée par les futurs membres de Son Palenque, lors de soirées festives… toujours une bière à la main bien entendu !

Le groupe mené par Justo Valdez et Enrique Tejedor a publié un 1er elpee 1980. Dans la foulée, le combo va graver quelques albums, dont un bénéficiera de la participation du fameux guitariste Abelardo Carbono (NDR : qui avait fait l’objet d’une compile, il y a quelques mois, parue sur le label espagnol) avant de disparaître, début des années 90, suite à la modernisation des techniques d’enregistrement. Les vétérans ont néanmoins fait leur come-back à partir de 1999 en compagnie du Guinéen Sekou Diabaté, puis concocté un nouvel LP en 2012, plus de 30 après leurs débuts ! Suivre l’évolution de Son Palenque c’est donc un peu traverser l’histoire de la musique afro-colombienne…

 

Radio Moscow

Disjoncteurs capricieux…

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Une soirée psychédélique était bien calée au Vaartkapoen (Vk*) de Molenbeek, ce jeudi 28 mai, en compagnie de Moaning Cities et de Radio Moscow. Pas étonnant que les mélomanes se soient déplacés en nombre. Chargée de promesses, la première formation est issue de Bruxelles. Originalité, à l’instar de The Narcotic Daffodils, le line up implique un musicien qui joue du sitar. Pas courant sur la scène belge. Le quintet assure la première partie du combo étasunien Radio Moscow. Un trio réunissant de jeunes chevelus. Qui ce soir va être confronté à de multiples problèmes d’alimentation en électricité. Mais ‘it was rock'n'roll time'.

Fondé en automne 2011, Moaning puise essentiellement ses racines dans le blues et le psychédélisme né entre les années 60 et 70, et tout particulièrement chez les Doors, le Velvet Underground, 13th Floor Elevator et Silver Apples. Woodstock, c’est leur Nirvana. Mais leurs références sont également contemporaines, et peuvent s’inscrire dans l’esprit de Black Rebel Motorcycle Club, The Black Angels, Dead Meadow, Goat, Wooden Ships, Night Beats, Conershop ou Tape Impala. Et si les guitares rock’n’roll sont souvent puissantes, adoptant même parfois un ton stoner, ce sont les interventions du sitar qui font vraiment la différence. Aux commandes du navire, le chanteur/guitariste Valérian Meunier. Le line up est complété par la chanteuse/bassiste Juliette Meunier (NDR : sa frangine !), le drummer Grégory Noël et deux sixcordistes, en l’occurrence Bertrand Gascard ainsi que Timothée Sinagra. C’est ce dernier qui est également préposé au sitar. Il écoute beaucoup de musique orientale. Il a appris à jouer de cet instrument en Inde. C’est un grand maître qui l’a initié lors d’un séjour de plusieurs semaines.

Leur premier Ep est paru en septembre 2012. Et il est éponyme. Limité à 300 exemplaires sous la forme du vinyle, il est actuellement épuisé. Le single « Jjah Ming Dee » est sorti en avril 2012. Il a également fait l’objet d’un clip. En août 2013, le quintet enregistre son premier long playing. Intitulé « Pathways Through The Sail », il est bien accueilli par la critique musicale. Il a même été présenté le 15 février 2014, lors d'une release party ‘sold ou’t à la Rotonde du Botanique. 

Les artistes montent sur les planches du Vk*. Les trois guitaristes sont alignés en front d’estrade. Le drummer campe juste derrière Valérian. Juliette s’est installée, en retrait, à droite. Et ses interventions appliquées sont vrombissantes. Grégory frappe frénétiquement ses fûts. Tim se met à l'aise et retire chaussures et chaussettes. Peu courant ! Valérian chante dans un micro classique ou un cornet de téléphone trafiqué.

« Breat And Games » nous plonge immédiatement dans les sixties et les seventies. « Jah Ming Dee » est un titre qui ne figure pas sur l'album. C’est une plus ancienne compo, et elle nous invite à prendre le chemin de l’Orient. Mais un petit détour par Woodstock s’impose via « House For Sail ». La seconde étape du voyage s’intitule « Breat And Games » et elle interpelle l’auditoire. Un duel oppose le drumming et la ligne de basse. « Witches And Dames » monte en puissance. Tim, yogi dans l'âme, s'accroupit. Et on se délecte des sonorités qui émanent de son sitar sur « Shipbreaker ». Le concorde atterrit au Taj Mahal après un « Peaking Slow ». Le voyage est terminé, « Panic In The Dark » nous ramène à Molenbeek. « Please To Loose » nous renvoie une dernière fois vers les seventies. Le set s’achève en beauté par « Vandal In The Run », une nouvelle composition. Les spectateurs sont enchantés par le set et en redemandent. D’ailleurs, à l’issue de la soirée, pas mal de spectateurs vont acheter leur album, au stand merchandising. Et perso, je pense que Moaning Cities a le potentiel pour s’exporter. C’est en tout cas, tout le mal qu’on leur souhaite…

Place maintenant à la tête d’affiche. Les musicos se chargent de débarrasser et d’installer le matériel eux-mêmes. Radio Moscow est un groupe de rock/blues psychédélique américain formé en 2004, dans l'état d'Iowa. Parker Griggs en est le guitariste, le chanteur et le principal compositeur. Avant de se lancer dans cette nouvelle aventure, il sévissait chez Duck and Cover, comme lyriciste et drummer. Et quand il quitte le bateau, c’est pour monter un projet qu’il baptise Garbage Composal. Que le bassiste, Serana Andersen, viendra rejoindre plus tard. Avant de changer de patronyme, pour adopter celui de Radio Moscow. Le duo travaille d’arrache pied, et se produit en ‘live’ sans batteur. Pour pallier cette lacune, Parker pré-enregistre les parties de drums et les amplifie lors des concerts. Et lorsque le tandem tourne dans le Colorado, il n’a toujours pas dégoté la pièce manquante. Dan Auerbach, le leader des Black Keys les remarque et leur propose de produire le second album et de le sortir sur leur label Alive/Bomb Records. Malheureusement, Parker ne parvient pas à conserver suffisamment longtemps le moindre drummer pour mener à bien sa barque, et la proposition tombe provisoirement à l’eau. Et quand il peut enfin entrer en studio, le bassiste Luke McDuff qu’il venait de recruter le laisse tomber, pour retourner aux études. Finalement, le premier elpee est mis en boîte en 2007. Zach Anderson se charge alors de la basse et Paul Marrone des drums. Le trio part alors en tournée de 2009 à 2010. Mais au bout du périple, Paul Marrone décide de mettre la clef sous le paillasson afin de se focaliser sur son side-project baptisé Cosmic Wheels. Il cède alors la place à Cory Berry qui avait suppléé Keith Rich pendant quelques mois. Radio Moscow publie « Brain Cycles » en 2009, « The Great Escape Of Leslie Magnafuzz » en 2011 et « 3 And 3 Quarter » en 2012. En attendant la sortie du dernier opus intitulé « Magical Dirt », prévue pour le 17 juin, et passé en revue ce soir, le combo avait gravé un Ep en 2013, « Rancho Tehama ».

Ce soir, le line up de Radio Moscow réunit Parker, le bassiste Anthony Meier et –surprise– Paul Marrone aux drums. Apparemment, ce dernier revient participer régulièrement aux tournées du groupe. La setlist revisite d’abord « Brain Cycles » alignant « Broke Down », « I Just Don't Know », « The Escape », « Brain Cycles » et « Hold On Me ». Les riffs dispensés par Parker sont précis et harmonieux. La ligne de basse est ronflante, dans l’esprit de Chas Chandler, à l’époque du Jimi Hendrix Experience. Le trio nous réserve quelques titres de leur prochain long playing. Caractérisé par ses envolées de guitare psychédéliques, « Death Of A Queen » est magistral. Mais à partir de « Before It Burns », un sérieux problème technique va handicaper le bon déroulement du set. Six pannes de courant ! Le batteur va bien tenter de meubler ces interruptions de solos habiles et kilométriques. Mais l’ambiance retombe d’un cran. Le set reprend par « Before It Burns ». Cependant, au cours de « 250 Miles », Parker pète une corde de sa gratte et doit la remplacer. Heureusement, les musicos sont persévérants et talentueux. La monté en puissance est de plus en plus perceptible. La foule commence à s’exciter et même à pogoter. On aura même droit à du crowdsurfing. Vu l’animation qui règne devant l’estrade, et le concert qui prend une forme plus métallique, votre serviteur bat en retraite, et s’installe derrière la table de mixage, placée au milieu de la salle. Mais l’histoire n’est pas terminée, car si le concert a pu se poursuivre, il a quand même été à nouveau perturbé, par de nouvelles coupures de courant…

Setlist de Radio Moscow :

Broke Down
Death Of A Queen
I Just Don’t Know
The Escape
Before It Burns
250  Miles
Brain Cycles
Hold On Me
These Days
Mistreating  Queen
No Time
Rancho
Tehama Airport

Rappel :

Intro
No Good Woman.

(Organisation Vk* Concerts)

Moaning Cities

Un parfum de flower power…

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Une soirée psychédélique était bien calée au Vaartkapoen (Vk*) de Molenbeek, ce jeudi 28 mai, en compagnie de Moaning Cities et de Radio Moscow. Pas étonnant que les mélomanes se soient déplacés en nombre. Chargée de promesses, la première formation est issue de Bruxelles. Originalité, à l’instar de The Narcotic Daffodils, le line up implique un musicien qui joue du sitar. Pas courant sur la scène belge. Le quintet assure la première partie du combo étasunien Radio Moscow. Un trio réunissant de jeunes chevelus. Qui ce soir va être confronté à de multiples problèmes d’alimentation en électricité. Mais ‘it was rock'n'roll time'.

Fondé en automne 2011, Moaning puise essentiellement ses racines dans le blues et le psychédélisme né entre les années 60 et 70, et tout particulièrement chez les Doors, le Velvet Underground, 13th Floor Elevator et Silver Apples. Woodstock, c’est leur Nirvana. Mais leurs références sont également contemporaines, et peuvent s’inscrire dans l’esprit de Black Rebel Motorcycle Club, The Black Angels, Dead Meadow, Goat, Wooden Ships, Night Beats, Conershop ou Tape Impala. Et si les guitares rock’n’roll sont souvent puissantes, adoptant même parfois un ton stoner, ce sont les interventions du sitar qui font vraiment la différence. Aux commandes du navire, le chanteur/guitariste Valérian Meunier. Le line up est complété par la chanteuse/bassiste Juliette Meunier (NDR : sa frangine !), le drummer Grégory Noël et deux sixcordistes, en l’occurrence Bertrand Gascard ainsi que Timothée Sinagra. C’est ce dernier qui est également préposé au sitar. Il écoute beaucoup de musique orientale. Il a appris à jouer de cet instrument en Inde. C’est un grand maître qui l’a initié lors d’un séjour de plusieurs semaines.

Leur premier Ep est paru en septembre 2012. Et il est éponyme. Limité à 300 exemplaires sous la forme du vinyle, il est actuellement épuisé. Le single « Jjah Ming Dee » est sorti en avril 2012. Il a également fait l’objet d’un clip. En août 2013, le quintet enregistre son premier long playing. Intitulé « Pathways Through The Sail », il est bien accueilli par la critique musicale. Il a même été présenté le 15 février 2014, lors d'une release party ‘sold ou’t à la Rotonde du Botanique. 

Les artistes montent sur les planches du Vk*. Les trois guitaristes sont alignés en front d’estrade. Le drummer campe juste derrière Valérian. Juliette s’est installée, en retrait, à droite. Et ses interventions appliquées sont vrombissantes. Grégory frappe frénétiquement ses fûts. Tim se met à l'aise et retire chaussures et chaussettes. Peu courant ! Valérian chante dans un micro classique ou un cornet de téléphone trafiqué.

« Breat And Games » nous plonge immédiatement dans les sixties et les seventies. « Jah Ming Dee » est un titre qui ne figure pas sur l'album. C’est une plus ancienne compo, et elle nous invite à prendre le chemin de l’Orient. Mais un petit détour par Woodstock s’impose via « House For Sail ». La seconde étape du voyage s’intitule « Breat And Games » et elle interpelle l’auditoire. Un duel oppose le drumming et la ligne de basse. « Witches And Dames » monte en puissance. Tim, yogi dans l'âme, s'accroupit. Et on se délecte des sonorités qui émanent de son sitar sur « Shipbreaker ». Le concorde atterrit au Taj Mahal après un « Peaking Slow ». Le voyage est terminé, « Panic In The Dark » nous ramène à Molenbeek. « Please To Loose » nous renvoie une dernière fois vers les seventies. Le set s’achève en beauté par « Vandal In The Run », une nouvelle composition. Les spectateurs sont enchantés par le set et en redemandent. D’ailleurs, à l’issue de la soirée, pas mal de spectateurs vont acheter leur album, au stand merchandising. Et perso, je pense que Moaning Cities a le potentiel pour s’exporter. C’est en tout cas, tout le mal qu’on leur souhaite… 

Place maintenant à la tête d’affiche. Les musicos se chargent de débarrasser et d’installer le matériel eux-mêmes. Radio Moscow est un groupe de rock/blues psychédélique américain formé en 2004, dans l'état d'Iowa. Parker Griggs en est le guitariste, le chanteur et le principal compositeur. Avant de se lancer dans cette nouvelle aventure, il sévissait chez Duck and Cover, comme lyriciste et drummer. Et quand il quitte le bateau, c’est pour monter un projet qu’il baptise Garbage Composal. Que le bassiste, Serana Andersen, viendra rejoindre plus tard. Avant de changer de patronyme, pour adopter celui de Radio Moscow. Le duo travaille d’arrache pied, et se produit en ‘live’ sans batteur. Pour pallier cette lacune, Parker pré-enregistre les parties de drums et les amplifie lors des concerts. Et lorsque le tandem tourne dans le Colorado, il n’a toujours pas dégoté la pièce manquante. Dan Auerbach, le leader des Black Keys les remarque et leur propose de produire le second album et de le sortir sur leur label Alive/Bomb Records. Malheureusement, Parker ne parvient pas à conserver suffisamment longtemps le moindre drummer pour mener à bien sa barque, et la proposition tombe provisoirement à l’eau. Et quand il peut enfin entrer en studio, le bassiste Luke McDuff qu’il venait de recruter le laisse tomber, pour retourner aux études. Finalement, le premier elpee est mis en boîte en 2007. Zach Anderson se charge alors de la basse et Paul Marrone des drums. Le trio part alors en tournée de 2009 à 2010. Mais au bout du périple, Paul Marrone décide de mettre la clef sous le paillasson afin de se focaliser sur son side-project baptisé Cosmic Wheels. Il cède alors la place à Cory Berry qui avait suppléé Keith Rich pendant quelques mois. Radio Moscow publie « Brain Cycles » en 2009, « The Great Escape Of Leslie Magnafuzz » en 2011 et « 3 And 3 Quarter » en 2012. En attendant la sortie du dernier opus intitulé « Magical Dirt », prévue pour le 17 juin, et passé en revue ce soir, le combo avait gravé un Ep en 2013, « Rancho Tehama ».

Ce soir, le line up de Radio Moscow réunit Parker, le bassiste Anthony Meier et –surprise– Paul Marrone aux drums. Apparemment, ce dernier revient participer régulièrement aux tournées du groupe. La setlist revisite d’abord « Brain Cycles » alignant « Broke Down », « I Just Don't Know », « The Escape », « Brain Cycles » et « Hold On Me ». Les riffs dispensés par Parker sont précis et harmonieux. La ligne de basse est ronflante, dans l’esprit de Chas Chandler, à l’époque du Jimi Hendrix Experience. Le trio nous réserve quelques titres de leur prochain long playing. Caractérisé par ses envolées de guitare psychédéliques, « Death Of A Queen » est magistral. Mais à partir de « Before It Burns », un sérieux problème technique va handicaper le bon déroulement du set. Six pannes de courant ! Le batteur va bien tenter de meubler ces interruptions de solos habiles et kilométriques. Mais l’ambiance retombe d’un cran. Le set reprend par « Before It Burns ». Cependant, au cours de « 250 Miles », Parker pète une corde de sa gratte et doit la remplacer. Heureusement, les musicos sont persévérants et talentueux. La monté en puissance est de plus en plus perceptible. La foule commence à s’exciter et même à pogoter. On aura même droit à du crowdsurfing. Vu l’animation qui règne devant l’estrade, et le concert qui prend une forme plus métallique, votre serviteur bat en retraite, et s’installe derrière la table de mixage, placée au milieu de la salle. Mais l’histoire n’est pas terminée, car si le concert a pu se poursuivre, il a quand même été à nouveau perturbé, par de nouvelles coupures de courant…

(Organisation Vk* Concerts)

 

Les Nuits Botanique 2014 : mardi 27 mai

Les Nuits Botaniques 2014 se sont refermées ce mardi soir lors d’un concert atypique, accordé dans le cadre solennel de la cathédrale des Saints Michel et Gudule. Une co-production Botanique / Manège.mons / Musiques Nouvelles qui traduit la volonté des initiateurs du projet, Paul-Henri Wauters (Botanique) et Jean-Paul Dessy (Musique Nouvelles), de permettre la rencontre entre artistes issus de traditions musicales extrêmement différentes, du baroque à l’électro.

Un imposant podium a été installé à l'avant de l'hôtel, en plein centre de la cathédrale ; et quand résonnent les premières voix du plain-chant de la Schola grégorienne du Sablon, on est plongé dans un univers magique. Le très sombre et majestueux « Andante » du ‘Deuxième quatuor, en do mineur’ (1896) de Sergei Rachmaninov, permet d'apprécier la remarquable finesse de l'Ensemble Musiques Nouvelles, que dirige avec maestria Jean-Paul Dessy.

Pour suivre, l’intermezzo ‘ambient’, bénéficie de la complicité de deux invités de marque issus d'Islande. Sygtriggur Baldursson, percussionniste multi-instrumentiste, fondateur des Sugarcubes en compagnie de Björk, joue à l’aide d’un archet sur des sortes de gongs bols ; et son complice Kippi Kaninus bidouille des sons étranges sur son laptop. Tout en douceur, l'orchestre entame ensuite « Mother of God, Here I stand », très belle pièce pour cordes du compositeur britannique Sir John Kenneth Tavener, malheureusement décédé l'an dernier.

On sursaute ensuite quand retentissent les premières notes de la Toccata en ré mineur pour orgue de Jean-Sébastien Bach, interprétée ici par Xavier Deprez. On lève la tête car, dans la cathédrale, l'orgue est accroché à la paroi de l'église, au-dessus de la nef. Après un nouvel a capella (« Victimae Paschali Laudes »), l'orgue se joint à l'orchestre pour le concerto op. 40 d'Henryk Görecki. La musique est ici tourmentée, répétitive et hypnotique, comme une valse virevoltante et dissonante.

Autre temps fort : la composition de Jean-Paul Dessy, « Vertiges pour orchestre à cordes » (2012), une oeuvre d'une finesse étonnante, qui se construit au travers de sonorités subtiles, riches en harmoniques et en harmonies. Dans un enchaînement parfait, la pièce se mue en écrin pour l'étrange chant diphonique de Tulegur Gangzi, nomade bluesman venu de la Mongolie intérieure.

La dernière partie du concert est illuminée par le charisme et la voix de Mélanie de Biasio, jazzwoman carolo-bruxelloise à la voix grave et sensuelle. Mystérieuse, vêtue d'une blouse blanche, elle campe sur un petit podium à l'arrière de l'orchestre et en accomplissant des gestes lents et majestueux de ses mains, elle interprète en douceur « No Deal », suivi de « The Flow », sur des arrangements superbes de Stéphane Collin. On a des frissons sur la peau et la gorge serrée devant tant de beauté. Après « Denis », une composition pour orgue, baryton et choeur de Stéphane Collin, Mélanie revient pour un dernier « All My Love » à vous couper le souffle. La douce mélopée bluesy se marie aux chants de Tulegur Gangzi et aux pulsations montantes des violons pour s’achever de façon surprenante sur trois sons de cloche. S'en suit un silence recueilli, jusqu'à ce que Jean-Paul Dessy laisse retomber les bras. Un final époustouflant, qui déclenche un tonnerre d'applaudissements. Les musiciens devront revenir saluer plus de cinq fois le public, vu la ferveur des acclamations. Regardez ce final en vidéo ici 

De retour sur terre, on a bien conscience d'avoir assisté à un spectacle exceptionnel, non seulement parce qu'il s'agit d'une création unique mais aussi parce qu'il transcende les frontières entre les musiques. Bien sûr, on est resté dans un environnement musical très ‘classique’ ; et on aurait apprécié un peu plus d'audace pour intégrer des musiques plus récentes, plus alternatives.

En tout cas, tous les musiciens ont ici tenté de rapprocher leurs répertoires au-delà de leur univers habituel. Entre contemplation et exubérance, ils ont entamé un dialogue pour créer une musique inédite. Concert liturgique, multiple et incantatoire, Sonic Cathedral nous a permis de vivre un superbe voyage sonore, doublé d’un florilège musical mystique…

Philippe Blackmarquis

Sonic Cathedral 2014

Programme :

• Répons des ténèbres « Velum templi »

• « Andante » du Deuxième quatuor, en do mineur (1896) de Sergei Rachmaninov (version pour orchestre à cordes)

• Mother of God, Here I stand, de John Tavener (2003)

• Toccata en ré mineur BWV 565 pour orgue (1703-1707), de Jean-Sébastien Bach

• Victimae Paschali Laudes

• Concerto pour clavecin, version pour orgue et orchestre à cordes, op.40 (1980) de Henryk Górecki

• Organum Gloria

• Vertiges pour orchestre à cordes (2012) de Jean-Paul Dessy

• Chants de Tulegur Gangzi

• No Deal & The Flow (arrangements de Stéphane Collin) par Mélanie de Biasio

• Denis, pour orgue, cor, baryton et chœur (2014) de Stéphane Collin en hommage à Denis Simándy (corniste dédicataire).

• With all my love de Mélanie de Biasio (arrangements de Stéphane Collin)

(Organisation : Botanique / Manège.mons / Musiques Nouvelles)

Les Nuits Botanique 2014 : dimanche 25 mai

Si Ásgeir Trausti Einarsson, petit elfe timide n’est pas encore notoire sur nos terres, il est quand même parvenu à réunir pas mal de monde, ce soir, sous le chapiteau des Nuits.
Vu sa voix d’ange et son joli minois, il n’est pas étonnant d’y rencontrer une assistance majoritairement féminine.

Mais ce détail peut s’avérer réducteur ; car, outre son charme discret, l’Islandais est capable de puiser un peu de la magie de ses contrées, qu’il se ferait un plaisir de partager avec nous ce soir.

Premières parties assez anecdotiques.

La jolie mais si commune voix de Denai Moore (rien à voir avec la demi-actrice !), n’a suscité qu’un intérêt plus que mitigé (quelques encouragements polis), tandis que la fougue Cockney du jeune Niall Gavin et de ses sbires, évacuée sous le patronyme de Only Real, a sans doute entraîné un regain d’attention, mais n’est néanmoins pas parvenue à électriser l’atmosphère.

Qu’importe, Ásgeir va, lui, s’en charger.

Découvert pour ma part au détour d’un reportage sur Arte, j’étais curieux d’assister en ‘live’ à la transposition de ses deux très beaux albums mêlant electronica et Folk des grands Fjörds.

Deux faux opus en vérité, puisque « In The Silence », le deuxième, est en fait une réinterprétation de « Dýrð í dauðaþögn », le premier, chanté dans sa langue natale.

Un idiome qui est principalement mis en avant lors de ses concerts. Et pour cause, le jeune homme est manifestement plus à l’aise dans sa langue natale que dans celle de Shakespeare.

Des compositions down tempo distillées comme des contes énigmatiques, au coin d’un feu, sous une aurore boréale, et qui virevoltent autour du jeune chanteur et de ses camarades venus du Nord pour nous.

Un show délicatement exécuté, sur la pointe des pieds, en accord parfait avec l’image que je m’en faisais, et dont l’éclat, loin d’être aveuglant, dégage néanmoins une subtile lueur, comme celle de milliers de chandelles frémissant au cœur d’espaces féeriques…

On épinglera bien entendu sa version subtile du « Heart Shaped Box » de Nirvana, une reprise régulièrement interprétée par celui que certains surnomment déjà le ‘Bon Iver des terres de glaces’

Nul doute qu’à son retour, Ásgeir se sera forgé un nom dans les flammes et la neige.

Akim Serar

(Organisation : Botanique)

Denai Moore + Only Real + Ásgeir

 

Découverte : Victoria + Jean.

Ce duo originaire de Stockholm est né de la relation entre la chanteuse Victoria et le guitariste  Jean. Le couple est soutenu à la batterie par la charmante chanteuse du défunt groupe belge, Miele. Un trio qui a convaincu le parterre de la Rotonde, ce dimanche 25 avril. 

Cette formation transpire la conviction et la puissance grâce au son massif de la guitare et une compréhension parfaite entre les musiciens, malgré leur jeunesse.

Le lyrisme, le charme animal et la sensibilité de la superbe rousse Victoria rend, en outre, cette performance captivante.

Cerise sur le gâteau, lors de ce périple sonore naviguant quelque part entre l’univers de PJ Harvey (pour le côté brutal), de Feist (pour la présence scénique et les nuances) et de Janis Joplin (pour la conviction et l’aspect farouche et revendicateur), la belle Victoria décuple l’efficacité et la puissance de ses compositions en y ajoutant des percussions inattendues et tribales.

En tout cas, Victoria + Jean s’est avéré une très bonne surprise, et voir une fille aussi ‘burnée’ qui évolue dans un style bien loin des niaiseries habituelles devrait plaire aux habitués des Nuits Botanique.

Un projet tout frais qui ne manque ni de rage ni de potentiel. Et il pourrait aller très loin.

Confirmation : Wars On Drugs

C’est enfin venu le moment de monter sur l’estrade pour l’un des groupes les plus attendus ce dimanche soir aux Nuits Botanique.

Dès le premier morceau du set, Wars On Drugs parvient à emporter le public, très nombreux par ailleurs, dans son univers, grâce au superbe « An Ocean In Between The Waves », un monde dans lequel la voix évoque Tom Petty et le Michael Stipe du début de R.E.M.

A la deuxième chanson, le chanteur parvient à obtenir une très bonne communication avec le public via quelques traits d’humour subtils.

Après avoir enchaîné quelques morceaux énergiques, agrémentés de solo de guitares bien sentis, précis et énergiques, rappelant les Waterboys, la formation nous emmène vers des ambiances plus posées et planantes rappelant les meilleurs moments de Pink Floyd, et notamment lors de l’interprétation du nouveau single « Red Eyes ».

De toute évidence, il appert que le chanteur-guitariste Adam Granduciel est la tête pensante du band. Il est parvenu à s’entourer d’excellents musiciens entièrement dévoués à sa cause ; et le line up affiche une cohésion parfaite.

Le plus impressionnant d’entre eux est certainement le batteur Patrick Berkery $ qui enchaîne passages nuancés et puissants tout au long d’une dynamique maîtrisée.

Le concert alterne ensuite titres paisibles (dont certains évoquent parfois Daniel Lanois) et morceaux plus puissants, susceptibles d’enivrer une audience réceptive à un show convaincant! Bref le set de ces Philadelphiens a largement tenu ses promesses.

Seul bémol, le côté hautain et antipathique de l’équipe technique qui m’a forcé à quitter la salle manu militari, alors que je leur demandai simplement la setlsit du soir.

François François

(Organisation Botanique)

Victoria + Jean et War On Drugs

 

 

School Is Cool craint la nature…

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School is Cool, sextuor belge né en 2009, a sorti son premier album « Entropology » en 2011, un disque produit par Reinhard Vanbergen du groupe Das Pop.

L’influence des Pixies, des Dodos, de Menomena, de Kate Bush et de Bruce Springsteen y va de pair avec pop baroque, musique tribale et percussions ethniques.

Fin 2013, le groupe s’est retranché dans les Ardennes pour enregistrer leur second album, « Nature Fear ».

Il s’est ensuite envolé pour New York où il a terminé le mix et le mastering sous la houlette de Scott Jacoby et Emily Lazar, duo qui a déjà travaillé pour Vampire Weekend et HAIM.

« Black Dog Painting » est le morceau d’ouverture dont le clip est disponible via un mini site lancé spécialement pour l’occasion où le morceau est téléchargeable gratuitement : www.blackdogpanting.com

http://url.snd1.ch/url-134810531-1657303-09052014.html

www.schooliscool.be

 

La fête nationale de The Experimental Tropic Blues Band

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Le nouvel album de The Experimental Tropic Blues Band est presque terminé et il a pour thème majeur... la Belgique!

Intitulé « The Experimental Tropic Blues Band présents ‘The Belgians’ », il explorera la singularité, l'absurde et le surréalisme inhérent à ce pays aussi grand qu'un confetti.

Ce nouvel album fera l'objet de quelques concerts 'spéciaux'.

Pour ces occasions rares, le groupe sera accompagné de projections d'images d'archives et de fiction qui évoqueront notre plat pays de manière artistique, populaire et décalée, sans oublier d'en présenter ses évènements et personnages marquants.

Rendez-vous le 6 juin à l'Europavox Festival à Clermont-Ferrand.

Et vous pouvez d'ores et déjà apprécier un premier extrait de cet album à venir : « Disobey! »

http://vimeo.com/94813926

 

Buscemi de retour…

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Buscemi est un Dj belge influencé par la house, la lounge, la jazz, la musique latine et le drum’n bass. Son nouvel album s’intitule « Sol Y Suave ». Parfait pour ‘chiller’ cet été donc.

https://soundcloud.com/gentlepromotion/sets/buscemi-sol-y-suave-1/s-8UJN4

 

Le « Charm » de Fastlane Candies…

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Les Fastlane Candies viennent de publier un tout nouveau clip, plein de « Charm », puisqu’il s’agit du titre extrait de « Telenovelas », leur plus que recommandé premier album.

Une superbe vidéo signée Haris Pilton à visionner ici

Voici les prochaines dates de concert du groupe:

20/06/2014 Fiesta du Rock - Flemalle - BE
21/06/2014 FDM Chaudfontaine - BE
04/07/2014 Unisound - Court-St-Etienne - BE

12/07/2014 La Semo festival - Enghien - BE
09/08/2014 BSF - Bruxelles - BE

 

 

The Oscillation

Oscillations psychédéliques…

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Ce n’était sans doute pas la meilleure soirée pour organiser un concert à Liège, ce soir de double liesse populaire, mais les aléas des agendas le voulaient ainsi.
Exit donc ceux qui ont préféré le foot ou les saucisses en plein air et place aux grands gagnants de cette soirée préélectorale : ceux qui, malgré tout, ont répondu présent pour cette triple affiche alléchante qu’on aurait pu qualifier de mega-trip-tyque…

Tout commence en apesanteur par le set de Parallel Odyssey, dont l’intriguant patronyme suggère les chemins empruntés par ces deux membres de Next Exit To Nowhere et le batteur de Cosmic Connexion. Deux formations étiquetées Post Rock.

Si le nouveau projet semble effectivement être de cette veine, le trio a néanmoins le bon goût de s’éloigner de ce  spectre somme toute réducteur et d’étendre sa sombre ramure à des horizons psychédéliques, voire teintés de New Wave.

Amorcé par une rythmique en suspension comme un souffle retenu, leur chevauchée épique va bientôt claquer comme un étendard dans le vent. Bridant leurs montures au sommet de vertigineuses montagnes pour foncer au galop dans les sillons laissés par de fiévreux larsens éclaireurs. Quelques assauts bruyants et retentissants, toujours sur la corde raide et en équilibre constant, contrebalancés ci et là par de longs souffles suspendus, entre hoquets et rage contenue.

Le Canadien Eric Quach, alias Thisquietarmy (et en un mot s’il vous plaît) a éprouvé les pires difficultés à capter l’attention d’un public plus intéressé par les dernières lueurs du jour que par sa propre prestation. Il est vrai que si ses sets sans concessions ravissent les amateurs de pédales d’effet et de Drone cyclo-roboratif, ils rencontrent rarement du succès auprès d’un public non averti. Ses motifs entrelacés en boucles telles les strates d’une sombre atmosphère gagnent en ampleur, font trembler les murs de l’enceinte (des enceintes aussi) et ont vite raison des quelques oreilles insensibles à ce bruit savamment orchestré. Une musique difficile à appréhender qui requiert une attention que peu d’auditeurs sont prêts à lui accorder ce soir.

Enfin, place  aux Anglais de The Oscillation, tout près de subjuguer l’assistance, revenue à l’essentiel, intra-muros.

Sous les effets miroitants de projections kaléidoscopiques créées en live (un procédé consistant à diffuser des taches de couleurs par le biais d’un projecteur), le trio tisse la trame d’un concert qui, montant en puissance, va mettre à genoux la majorité de l’assistance. Hypnotiques et sans fard, les extraits de “Out Of Phase”, et surtout de “From Tomorrow”, dernier album en date (dont le fantastique “No Place To Go” en apothéose magistrale), dégagent ce soir une puissance d’une rare intensité et d’une redoutable efficacité.

S’immisçant au milieu d’un mur du son, les mélodies finement ciselées s’entrelacent autour d’une rythmique en tout point implacable. L’effet est subjuguant. Et la satisfaction du band se fait l’écho des applaudissements nourris du public. C’est donc dans un final de très haute facture, que The Oscillations termine son set et clôture sa tournée.

Et tandis que la nuit étend son voile au dehors, il plane à l’intérieur comme un doux sentiment de satiété.

Parallel Odyssey + Thisquietarmy + The Oscillation

(Organisation: Collectif Mental Proudly)

 

La Vie En Rock 2014 : samedi 24 mai

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De nombreux artistes se sont mobilisés pour subventionner la recherche contre le cancer. Les deux organisatrices du festival La Vie En Rock, Laurence et Janique, sont toutes deux passionnées de musique rock. En outre, elles mènent un même combat contre le cancer du sein. C'est une terrible maladie que toutes les femmes portent en elles. Toutes celles qui sont atteintes traversent une épreuve douloureuse. Moralement, d’abord. Les traitements sont lourds, les proches sont atteints. Le soutien de la famille et des amis est essentiel pour lutter contre cette pénible maladie, la vaincre et espérer en guérir, alors qu’elle est souvent considérée comme une banalité de l’existence. Malheureusement, des personnes perdent encore la vie après avoir contracté cette tumeur maligne. La recherche contre le cancer permet cependant de repousser les limites de cette terrible affliction. Mais cette recherche a besoin de fonds. Laurence et Janique ont décidé de monter ce festival avec l'aide de la ville et du festival de Dour, qui ont apporté une aide logistique essentielle dans l'organisation de cette première édition. Il faut signaler également que le concours apporté par les bénévoles est également important lors d’un tel événement. 20 artistes contactés par Laurence et Janique ont répondu présent à l'appel et ont accepté de s’y produire gratuitement. Des artistes locaux tels que Antoine Henaut, Vegas, Inc.Ognito, Ozvald, Over Me ou encore Super Like You, mais également quelques pointures internationales ou émergentes comme Aqme, Lys ou Nicola Testa et des valeurs sûres de notre rock national, dont Marka. Avaient également répondu présent de belles découvertes comme les Brugeois de Transcoder et les sympathiques Parisiens de Bagdad Rodéo, qui avaient un message à faire passer avec humour. Tous les bénéfices récoltés seront reversés à la Fondation contre le cancer.

L'événement se déroule sur le site de la Machine à Feu, bien connu des festivaliers du célèbre Festival de Dour, dans la salle de Dour Sports où deux scènes ont été aménagées. Le festival a marqué des points dans l'accueil des festivaliers d'un jour. Les scouts de Dour ont organisé des activités pour les enfants. L'acoustique a été améliorée par des aménagements dans la salle où se déroulent les concerts. Un confort permis grâce aux professionnels du festival d'été. A l'heure de l'apéritif, le magique Mighty Dan va nous émerveiller derrière ses platines. Dan est un guitariste/bassiste bien sympathique qui milite au sein de plusieurs groupes de rock : Driving Dead Girl et Jane Doe and The Black Bourgeoises.

Paire D'As ouvre cependant réellement les hostilités à 12h15. Un duo finaliste du concours 'L'Envol Des Cités' réunissant L'rapace aka Laurent Demine et Moz aka Charles Degrelle. En cours de set, ils sont rejoints par Dj Xel.2014. Pas facile d’ouvrir un festival et de défendre son potentiel en 45 minutes. Mais finalement ils s'en tirent plutôt bien. Leur rap a de la consistance. On sent qu’ils partagent une même passion pour la musique et veulent transmettre la bonne parole. Dans le genre, Paire D'As me fait penser à Makyzard, le poète dans l'âme. Une belle surprise !

Place ensuite aux Carolos d'Over Me. Ce sont un peu les petits frères de Vegas. Un sextuor réunissant 2 frères, 2 cousins et 2 amis, fondé en 2011. Ils puisent leurs influences chez Archive, Incubus et Radiohead et dispensent un rock teinté d'électro qui allie puissance et musicalité. Votre serviteur les avait découverts l’an dernier, sur la Scène Off du festival Scène-Sur-Sambre. Je confirme, c'est un des groupes montants de notre scène rock wallonne. Ils terminent toujours leurs déclarations par le terme 'Peace '. Alors, 'Paix ' les amis.

Cette longue journée sera empreinte de bonnes sensations et pleine de surprises musicales. Super Like You est la troisième formation à monter sur l’estrade. Je reconnais au chant le guitariste de Jane Doe and The Black Bourgeoises, Antoine Canon. Le second gratteur, c’est Julien Mus et il est particulièrement doué (NDR : Daniele, sa maman, également responsable du fan club de Fed Lani, me glisse à l'oreille que c'est son gamin ; et le gamin, je l'ai vu cinq jours plus tôt à la Rotonde du Botanique, empoigner la guitare d'un membre du groupe liégeois d'It It Anita pour nous accorder un fameux solo de guitare). Denis Gehain et Nicolas Scaillet sont les deux autres membres de Super Like You. J’apprends également qu’il y a un bout de temps que le band ne s’est plus produit en ‘live’ et qu’il est temps qu’il sorte un album. On l’attend donc impatiemment…

On passe ensuite aux choses sérieuses en compagnie des Louviérois d'Inc.Ognito. Quatre amoureux du son et du rock, responsables d’un premier Ep 6 titres, « Do It Yourself ». Et il a bien été accueilli par la critique musicale. Mourat Agjij (bassiste et l'ingénieur son indispensable du Botanique), Loïc Vanhooland (talentueux guitariste du groupe de covers Rock En Stock), Lucas Lepori (également batteur de Romano Nervoso) et enfin d'Angelo Guttadauria (chant et guitare) sont les quatre mousquetaires. Angelo a laissé de côté ses claviers aujourd'hui. Inc.Ognito prépare un nouvel album ; nous allons donc découvrir de nouvelles compos. Ils ont peint une bande noire à hauteur des yeux, un peu comme un masque de Zorro. Novateur, leur rock est bourré d'énergie et mature. Ils n'ont certainement pas inventé la dynamite, mais ils auraient pu. Ils reconnaissent pour influences majeures, Nirvana, Queens Of The Stone Age, Foo Fighters et The Ramones. Dès leur enfance, ils ont été biberonnés au rock, au punk et au grunge. Une claque magistrale ! Et pas besoin de boules-Quiès pour savourer leur musique énergique et chargée de décibels…

Les organisatrices tenaient à programmer dans leur festival, une formation issue du Nord du pays. Ce sera Transcoder, un quintet issu de Bruges. La Flandre regorge de talents, mais peu d’entre eux se produisent en Wallonie. Ils ont assuré les deux premières parties, à l'Ancienne Belgique, d’Arid. C'est d'ailleurs Steven Van Havere, le batteur de la bande à Jasper Steverlinck, qui les a découverts et les a pris sous son aile. Ils viennent de publier un Ep intitulé « For My Blood », en vinyle collector. Produit par Luc Van Acker, il pourrait être rapidement épuisé (NDR : votre serviteur s'est donc précipité au merchandising pour acquérir son exemplaire signé par les artistes). Jan Van Acker, le chanteur, et Miguel Wensch, le bassiste, affichent un look à la Triggerfinger. Et leur musique libère une énergie comparable. Précis sur son instrument, Miguel me fait même penser à l'imposant Mr Paul. Au sein de Transcoder, militent également trois jeunes loups : le nouveau guitariste Jonathan Verrier, le second gratteur Steve Lehnen et un fameux batteur répondant au nom de Minco De Bruin. Manifestement, le band est influencé par les Stooges, Sonic Youth, Joy Division et Radiohead. Et cet astucieux cocktail procure des sensations dans le bas du dos. Leur set est énergique, tout en puissance et assez rock'n'roll. Une belle découverte ! Allez donc les applaudir en concert, vous ne serez pas déçu. Et puis, vous pourrez même aisément leur parler après leur show, ils sont charmants.

Laurence, drapeau Breton en main, annonce un groupe qui lui tient chaud au coeur : Lys. Qui dit Bretagne me fait penser directement à Lorient et son festival inter celtique. J'en ai déjà la chair de poule. J'adore ce mélange de musique celtique et de rock. Mais c’est une petite déception, car non seulement ce quatuor nous vient de Rennes, mais il nous balance un pop/rock teinté d'électro, aux références anglo-saxonnes particulièrement marquées. Pas grave quand même, et finalement plaisant à écouter. A leur actif, une galette intitulée « Go Your Own Way ». Gravée en 2001, elle a été produite par l'ex-batteur de Placebo, Steve Hewitt, qui poursuit son projet solo en compagnie de son frère Nick : Love Amongst Ruin. De très bonnes sensations musicales pour ce projet à suivre de très près…

Je me retourne vers la table de mixage et je vois arriver le second ingénieur-son de Puggy, un des mes groupes favoris. Pourtant, le son est parfait ; cependant, Alex possède une technique toute particulière pour rendre le son cristallin, un son qui n'agresse pas les tympans délicats. Et c’est un plus lors d'un concert. Alex va se charger de mixer le set de Nicola Testa. Je ne pourrais y assister, puisqu’une interview est calée au même moment. J'espère pouvoir le découvrir prochainement, en salle.

L'interview terminée, je retourne dans la salle pour y découvrir un groupe régional, Ozvald. Drivé de main de maître par Giuseppe Petolillon, il se singularise par la présence d’une talentueuse violoniste de remplacement (Hélène Cambier), qui a intégré le groupe après seulement deux répétitions. Elle a suivi une formation classique et les sons qu'elle tire de son instrument communiquent une forme de mélancolie aux compos atmosphériques de Giuseppe. Le capitaine de ce navire est flanqué d'un doux rêveur à la six cordes, Stéphane Panozzo. Eminemment sympathique, le sourire constamment aux lèvres, Stéphane est pourtant batteur de formation. Le line up est complété par le bassiste Fabrice Giacinto et le drummer Maxime Pasquini. Ozvald est venu défendre son Ep 5 titres, « United Opposites », paru il y a peu. Malgré un son légèrement trop fort à mon goût, qui n'altère heureusement pas la qualité du concert, la musique est aérienne et vous transporte dans un voyage intemporel rempli de rêves et d'elfes. Mais le périple peut aussi s’achever en douceur dans les fjords du Grand Nord et de l'Islande, un pays béni pour les artistes créatifs. Une nouvelle découverte musicale à épingler à ma collection d'albums et surtout un collectif d’artistes attachants et totalement ouverts à la discussion. D’ailleurs, à l’issue du set, j’ai pu rencontrer Giuseppe et ses quatre acolytes…

Nouvelle impasse pour les concerts d’Antoine Henaut et de Marka, pour cause d'interviews…

Mes entretiens terminés, je reviens assister à la prestation d'un groupe essentiel et émergeant de la scène belge, Vegas. Ce n'est pas la première fois. Il a publié, il y a quelques mois, son troisième album « Everything You Know Is Wrong », sous la houlette de Charles De Schutter. Vegas est actif sur le circuit rock belge depuis 2005, année au cours de laquelle il a sorti son Ep inaugural. Eponyme, son premier elpee est paru en 2006. Second LP, « An Hour With » a été enregistré au studio Noise Factory (Channel Zero) et mixé par Charles De Schutter (Superbus, Vismets, Pleymo, Stereo Grand et M). Le troisième album constitue, en général, un tournant dans la carrière d'un groupe. Il explose ou disparaît dans la zone crépusculaire de l’underground. Et « Everything you know is wrong » a bien été accueilli par la critique. Vegas est occupé de se forger une réputation de plus en plus solide. Plutôt électro/pop, le single « I Know » est plus que prometteur. Les sensations sont bonnes, la mélodie accrocheuse et même contagieuse. Le virage électro est une invitation à se rendre sur le dancefloor. Un public de fans est aggloméré devant le podium et va nous démontrer, à grands cris, qu'ils sont capables de danser sur la musique de ce groupe que je vous recommande vivement. 

Bagdad Rodeo nous vient de l’Hexagone. Il est même parisien. A leur actif, deux albums simplement intitulés « Un » et « Deux » (NDR : ce dernier vaut vraiment le détour !) Ce quintet réunit MSR De La Tourette, un chanteur un peu fou et déjanté, le guitariste Christobal Sanchez Del Rodéo, coiffé d’un chapeau de cow-boy (NDR : une paire de sympathiques joyeux lurons !), Yayo à la basse, Romain à la batterie et Houston aux claviers. Sur l’estrade, le combo plonge son spectacle dans la dérision totale. Si les textes sont engagés, ils sont cependant parfois inachevés, et on reste un peu sur sa faim. Bagdad Rodéo utilise l’humour pour faire passer son message. Le set est bourré d’énergie. Les riffs de guitares sont précis et incisifs. Festif, leur rock peut aisément virer au country. Un ukulélé introduit « Dis-Moi Papa ». Quatre filles sont invitées à monter sur le podium pour participer aux choeurs et chanter le refrain légèrement incorrect (‘On suce des bi..es’). Hilarante, « Mon Pote Jésus » est une compo qui baigne dans la country. Le contact entre les musicos et le public est total. Il s’agit de leur premier concert en Belgique, et c’est pour une bonne cause. Ils sont à l’affiche des Francofolies de Spa. Si vous souhaitez passer un bon moment en leur compagnie, ne les manquez surtout pas.

Originaire de Mons, Komah est une formation de métal. Le line up implique Leny Andrieux au chant, Luigi Chiarelli et Greg Discenza aux guitares, Nicholas Brynin à la basse ainsi que Jonas Sanders à la batterie. Le quintet compte deux elpees en rayon : « Straight Line » sorti en 2009 et « Between Vice And Virtue », un disque enregistré et mixé par Charles Deschutter, en 2012. Puissante et bien structurée, leur musique libère ses décibels. De quoi ravir les aficionados du style, comme votre serviteur. Komah s’était produit dans le cadre du Graspop Metal Meeting, en 2013. Pas étonnant qu’il ait de la bouteille…  

Il est déjà 23h10, lorsque Aqme débarque sur l’estrade, un groupe parisien de rock/métal alternatif dont les lyrics sont chantés dans la langue de Molière. Un quatuor au sein duquel militent Vincent Peignart-Mancini au chant, Julien Hekking à la guitare, Charlotte Poiget à la basse et Étienne Sarthou à la batterie. Sa discographie compte, à ce jour, la bagatelle de six elpees studio, 2 Eps et un cd/dvd live. Il est venu défendre son dernier long playing « Épithète, Dominion, Épitaphe », paru en 2012. Vincent a une présence scénique impressionnante. Un charisme qui déborde d’énergie et de passion. Mais le concert ne manque ni d’humour, de folie ou de bonne humeur. C’est mon fiston qui m’a permis de découvrir Aqme, il y a quelques années et j'ai accroché immédiatement. Il n’est pas courant de voir une dame se charger de la basse, chez un combo métal. Mais elle excelle sur ses quatre cordes. Les riffs de guitare dispensés par Julien sont incisifs et ravageurs. Etienne frappe frénétiquement sur ses fûts. Quel bonheur de revoir ce groupe attachant, que j’avais tant apprécié lors de sa prestation accordée dans le cadre du défunt festival Autumn Rock, de Braine-Le-Comte.

Il est 01h00 du matin, la journée a été longue et pleine de surprises. Il est donc temps de quitter Dour. Le festival La Vie En Rock est une belle expérience. Il en était à sa première édition et c'est une totale réussite. A l'année prochaine, pour la deuxième...

(Organisation : La Vie En Rock ASBL-Laurence Musique et Janique Saussez)

 

Les Nuits Botanique 2014 : samedi 24 mai

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Les Flaming Lips se produisaient donc ce samedi 24 mai au Cirque Royal de Bruxelles, dans le cadre des Nuits Botanique. En entrant dans la salle, on remarque la présence de câbles suspendus au plafond, accrochés un peu comme à la foire, au stand du tir à la ficelle. Souvenirs d’enfance… Il s’agit de la troisième fois que votre serviteur assiste à un set du combo issu de l’Oklahoma. La première fois, il était chargé d’hémoglobine et la deuxième digne du carnaval. A 8 heures pile, Young Knives, supporting act, ouvre les hostilités. La salle est à moitié remplie et ne le sera complètement, hormis le poulailler, apparemment resté fermé, que lorsque la tête d’affiche entamera son set…

Young Knives est un trio issu du Leicestershire, en Grande-Bretagne. A ce jour, il a publié une dizaine de singles, 4 Eps et 6 albums, dont une réédition du premier mini LP, enrichi de trois titres. Après avoir changé à deux reprises de patronyme, le band a finalement décidé d’opter pour Young Knives, en 2002. Le line up réunit deux frères, Henry et Thomas ‘The House of Lords’ Dartnall. Ils se partagent le chant. Le premier se réserve la guitare. Le second, la basse ainsi que les claviers/synthés/programmateurs. Un troisième larron, Oliver Askew est préposé aux drums. Vêtu d’une combinaison orange, Thomas, monte sur l’estrade, la tête enveloppée dans un globe à l’effigie d’un personnage cartoonesque, globe qu’il ôtera dès le second titre de la setlist. La formation va dispenser un set assez complexe, davantage truffé de bidouillages électroniques que sur leurs premiers elpees. Une forme d’alt/prog/electro/punk versatile qui nécessiterait une meilleure connaissance de leur discographie pour être apprécié à sa juste valeur ; d’autant que le fil mélodique va se révéler quasi insaisissable sur presque l’intégralité du set, avant un dernier titre beaucoup mieux équilibré et diablement accrocheur. On retiendra également de leur prestation le déploiement d’ailes de chauve-souris opéré par Henry sur « Something awful ».

Lorsque les Flaming Lips montent sur l’estrade, on remarque la présence de deux drummers, dont l’un est également percussionniste. Ce n’est plus Kliph Scurlock, présent depuis 2002, qui siège derrière les fûts, puisqu’il a été viré du band, récemment, par Wayne Coyne. Ils portent une perruque jaune enserrée par un bandeau. Steven Drozd, co-compositeur et ex-batteur, présent au sein du line up depuis 1991 (NDR : il nous avait accordé une interview en 1999 voir ici), se réserve les claviers et la guitare. Mais c’est surtout le petit nouveau, Derek Brown, également préposé aux mêmes instruments qui se charge des backing et parfois même le lead vocal. Du line up initital, il ne reste plus que le bassiste Michael Ivins –qui joue la plupart du temps assis– et le chanteur, Wayne Coyne.

Coyne a enfilé un costume de Musclor, mais de couleur rouge, recouvert de paillettes argentées sur les bras et le dos. Et dès le premier titre, il envoie trois énormes ballons dans la foule, dont l’un va finir par se coincer dans le plafond. Au cours des premiers morceaux, des poupées géantes font leur apparition. Elles symbolisent soit des chenilles prêtes à devenir papillons, une étoile, un soleil ou encore des martiens. Martiens qui finiront même par se garnir de paillettes. D’après Wayne, ils sont bourrés ! Et tel un rite, une pluie de confettis s’abat sur l’auditoire. Jusque là, pas vraiment de surprise, dans le chef de la bande yankee. Quant aux titres, ils flirtent avec une mélancolie réminiscente de Mercury Rev, même si parfois on a l’impression que le timbre vocal de Coyne, souvent en falsetto, manque de puissance. Et curieusement, il lui arrive d’emprunter certaines inflexions à feu John Lennon. Le tempo monte d’un cran sur « Yoshimi battles the pink robots part 1 », moment au cours duquel les sonorités vintage du clavier me font curieusement penser au long métrage mettant en scène Sophie Marceau, « La Boum ». Puis, dès la fin du morceau, un roadie vient débarrasser le micro de Coyne. Très rapidement, on se rend compte, qu’il va y avoir du changement. Et pour cause, un cube de plus ou moins 2m50 de hauteur se détache du fond de la scène et se déplace jusqu’au bord du podium. Les techniciens commencent alors à déployer de multiples câbles depuis le haut de ce cube aménagé en estrade, et plus exactement à mi-hauteur d’un pied de micro. Des câbles qui ressemblent étrangement à ceux suspendus au plafond. Un écran de fumée plus tard, Wayne apparaît en haut de ce mirador. Il s’est changé et berce une poupée d’enfant dans les bras. Et un véritable déluge de lumières commence à déferler le long de ces fameux câbles, un peu comme sur un sapin de Noël. Multicolores ou blancs, selon les morceaux. Et le tout est balayé de lasers. On en aura plein les yeux jusqu’au bout du spectacle. D’autant plus que si sur le panneau arrière, constitué de plaques perforées de petits trous, n’étaient alors projetées que des lumières psychédéliques, on a alors également droit à des dessins animés, représentant des jeunes filles nues qui dansent au son de la musique. Comme sur le plus indus « The W.A.N.D ». Le tempo devient même parfois frénétique sur « Silver trembling hands », une compo dont le climat et les harmonies vocales me rappellent furieusement le Floyd originel. Wayne se prend pour un chef d’orchestre, mais souffle aussi paradoxalement dans une trompette en plastique. De ses gestes, il invite constamment le public à enflammer l’ambiance. Mais quoique ravi, l’auditoire manque quand même de répondant. On ne voit pas le temps passer… Aussi on est assez étonné de voir arriver la dernière chanson, « A Spoonful weighs a ton », au bout de laquelle Wayne termine son texte par les mots « Love », répétés en boucle et affichés sur l’écran. Il descend alors de son piédestal et prend congé de la foule...

Un seul rappel, la cover du « Lucy in the sky with diamonds » des Fab Four. Coyne est remonté sur son cube et le public reprend en chœur le refrain même si, vu la puissance du son, on n’entend pratiquement rien de sa participation. Le light show est à nouveau activé sous sa forme la plus paroxystique, pendant que de petits papiers dorés sont projetés dans le Cirque Royal. Bonjour le service de nettoyage ! Puis, c’est le vide. Il est 23 heures. Les lumières se rallument et on reste sous cette impression de spectacle multicolore auquel je ne me souviens pas avoir un jour assisté… Lumineux !

(Organisation Botanique)

The Flaming Lips + Young Knives

 

Smallgang

San

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Smallgang est avant tout une histoire de famille, une histoire entre deux frères, le bassiste Simon et le guitariste Toshi Kobayashi. « San » constitue leur second album, mais le premier essai depuis que Ruth Atkins a quitté le navire, réduisant le line up à un duo. Néanmoins, pour enregistrer cet opus, les frangins ont engagé Matthew Barnhart pour assurer les drums.

Et puis, ils ont également reçu le concours de quelques invités, dont Ritsuko Taneda, la bassiste de Shonen Knife. Pas étonnant, puisque si les deux mecs sont bien londoniens, ils sont originaires du Japon. Oui, c’est vrai, le nom de famille est une autre indication.

Bref, sur « San », Smallgang a voulu en revenir à une structure basiquement rock : guitare-basse-batterie. À l’ancienne ! Douze morceaux sculptés dans un noise-rock minimaliste, énergique, rafraîchissant et efficace. Les sessions se sont déroulées à Chicago ; et on ressent clairement l’influence des groupes qui ont marqué cette ville mythique. On pense notamment à Shellac. La basse caoutchouteuse, tout comme les percussions lourdes et lentes rappellent le groupe de Steve Albini. Une œuvre qui alterne titres plus puissants comme « Hibernation » et plages davantage mélodiques, à l’instar de l’entraînant « Precursor » ou du mélancolique « Cards ».

Finalement, en limitant leur gang à une fratrie, Smallgang est parvenu à trouver un parfait équilibre. On devrait certainement encore parler de la famille Kobayashi, au cours des prochaines années…

 

Scarlett O’Hanna

Romance Floats

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De son véritable nom Anna Muchin, Scarlett O’Hanna est originaire de Toulouse. Elle entame sa carrière solo, en 2007. Intitulé « Cheap Bling Bling », son premier Ep lui permet de se forger une certaine notoriété et surtout de tourner en compagnie d’illustres artistes issues de la scène folk telles que Laura Veirs, Scout Niblett ou encore Emily Jane White. Et après avoir publié son deuxième elpee, c’est Wilco qui l’invite à assurer le supporting act de sa tournée. Quand elle s’établit à Bruxelles, il y a trois ans, c’est d’abord pour dénicher un emploi au sein des instances européennes…

Elle vient de graver son troisième opus. Et sur ce « Romance Floats », elle se réserve une nouvelle fois l’écriture, la composition et la production. Un disque qui va bien au-delà du format folk. La Française y explore d’ailleurs un univers sonore chargé de contrastes. Elle n’hésite ainsi pas à prendre du recul par rapport à ce style forcément acoustique, en général lassant, pour glisser vers le rock lo-fi. « Romance Floats » baigne ainsi au sein d’un univers qui oscille entre douceur, hédonisme et électricité. Une amplitude qui rappelle celui embrassé par des artistes telles qu’Angel Olsen ou encore Cat Power. Caractérisé par sa mélodie imparable, « Dramamine » illustre parfaitement la vivacité du folk/rock de la demoiselle. Les sonorités chaleureuses des six cordes, les percussions basiques et les chœurs généreux nous permettent d’oublier Bruxelles et les origines françaises d’Anna Muchin. Son univers sincère et touchant rappelle même davantage les forêts canadiennes que les lugubres bâtiments de l’Union européenne.

Dans son style, Scarlett O’Hanna est une des révélations de ce début d’année. Lors d’une interview accordée à un média belge, la Française exprimait son envie de décrocher le statut d’artiste afin de vivre de sa musique. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Il serait dommage qu’un tel talent soit obligé de finir sa carrière dans un sinistre bureau de l’Union Européenne !