La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

logo_musiczine

Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26654 Items)

Soyez gentils avec Swans…

Écrit par

« To Be Kind », le nouvel album de Swans, produit par John Congleton, sortira le 12 mai prochain sur Mute. Lors des sessions d’enregistrement, Michael Gira a accueilli des hôtes plutôt notoires, et notamment Little Annie, St. Vincent, Cold Specks ainsi que Bill Rieflin !

Encore quelques jours à attendre mais vous pouvez déjà vous ruer sur « A Little God in My Hands » en téléchargement gratuit ici

 

Yuko, star à Londres ?

Écrit par

La formation belge Yuko a publié son nouveau single « While You Figure Things Out », un titre issu de leur album « Long Sleeves Cause Accidents », sorti le 7 avril, après 3 ans d’absence.

Le blog londonien Dots & Dashes compare déjà leur musique à celle de Jonsi, Grizzly Bear voire même Radiohead !

https://soundcloud.com/undayrecords/02-yuko-while-you-figure/s-ByaVt

https://www.facebook.com/YukoBand?fref=ts

 

Willy Vanderperre Amenra Nicolas Karakatsanis pour tourner une nouvelle vidéo…

Écrit par

Le photographe Willy Vanderperre (qui a notamment apporté sa collaboration à Dior, Jil Sander et Raf Simons) et le directeur de photographe Nicolas Karakatsanis (Rundskop et The Loft) ont réalisé la nouvelle vidéo d’Amenra. Voir ici

Cette très belle vidéo prélude une tournée qui passera le Grasspop le 28 juin et l’AB le 27 septembre pour une session acoustique.
 

http://www.churchofra.com

http://www.ritualofra.com

http://www.facebook.com/churchofra

 

 

The Bony King of Nowhere à Paris!

Écrit par

Le Gantois Bram Vanparys, alias The Bony King of Nowhere, se produira ce 1er mai à l’International, dès de 21 heures. Et c’est à Paris !

http://www.linternational.fr/

 

Arsenal

Arsenal jouait à la maison

Écrit par

Arsenal présentait fièrement son nouvel opus, « Furu », ce 19 avril à Anvers au sein d’une Lotto Arena survoltée.
Aller voir Arsenal en concert, c’est l’assurance de passer un bon moment. Le duo belge a la bonne habitude de transformer chaque salle qu’il visite en dancefloor, au bout de quelques notes ; et ce concert de la Lotto Arena n’a pas fait exception à la règle.
Plantons le décor, « Furu » est quelque peu différent des précédents opus. Moins exotique peut-être, un peu moins dansant, un peu plus rock, il reste néanmoins très efficace. Le challenge était d’insérer intelligemment ces nouveaux morceaux à un set complet sans dénaturer l’esprit Arsenal. Le groupe profite généralement de ses concerts à l’AB ou la Lotto Arena pour inviter de nombreux guests, comme lors des sessions d’enregistrements. C’est ainsi qu’hier, trois des chanteurs qui ont participé à la confection du disque avaient accepté de rejoindre la Lotto Arena : Lydmor, Tim Bruzon et Doseone.

Dès le début du concert, mes petites inquiétudes sur l’incorporation des titres de « Furu » sont balayées d’un revers de la main. Lydmor interprète brillamment “Timul (Lie Low)” et dans la foulée, Doseone et Tim Bruzon lui emboîtent le pas pour “Not Yet Free”, “Sharp Teeth” et “Beautiful Love”. Quatre titres du nouvel elpee parmi les cinq premiers morceaux, l’examen d’entrée est réussi avec distinction. Après cette petite introduction, le festival Arsenal peut commencer. Leonie, fidèle acolyte, charme les 8 000 spectateurs tout au long de “Switch” avant que Gabriel Rios, le vieil ami, ne vienne lui aussi apporter sa pierre à l’édifice.

Les compos se suivent et les classiques d’Arsenal mettent tout le monde d’accord. Toute la salle est debout, danse et chante, que ce soit en anglais, en français ou... en portugais.  “Melvin” vient clôturer le premier rappel et retourne complètement la Lotto Arena, dans une version remaniée et rallongée. Assurément un des meilleurs moments du show !

Ce concert est proche de la perfection, la setlist est bien balancée. John Roan et Léonie Gysel ont, comme toujours, une énergie incroyable et communiquent merveilleusement avec leur public.

Alors pourquoi décréter qu’il n’est que proche de la perfection et pas tout simplement parfait ? Parce que, pour avoir vécu leurs prestations à de nombreuses reprises, depuis plusieurs années, j’avais un petit goût de trop peu à la fin du concert. Je regrette de ne pas avoir vu la grande carcasse de Baloji venir interpréter “Personne ne Bouge”. Je regrette qu’en disposant d’une telle discographie, Arsenal ait pris la décision de jouer une seconde fois “Beautiful Love”, au cours de la soirée, pour clôturer le spectacle. “Beautiful Love” est un bon single, mais autant lors des dernières tournées, c’était un régal d’entendre une deuxième fois “Lotuk” ou “Melvin”, autant “Beautiful Love” ne méritait pas d’être bissé, même si Tim Bruzon la chante divinement bien.

Arsenal reste une valeur sûre. Et il mériterait certainement plus de reconnaissance et de succès côté francophone. Un conseil, ne les ratez pas ce 29 août prochain, lorsqu’il se produira dans le cadre du festival Scène sur Sambre…

Setlist:

Timul (Lie Low) (feat. Lydmor)
Not Yet Free (feat. Doseone)
High Venus
Sharp Teeth (feat. Tim Bruzon)
Beautiful Love (feat. Tim Bruzon)
Switch
The Coming (feat. Gabriel Rios)
Saudade pt1
Saudade pt2
One Day at a Time
Estupendo
Lovesongs (Propaganda) (feat. Lydmor)
Evaporate (feat. Lydmor)
Personne ne Bouge
Lotuk

Encore 1:

Woe-is-me (feat. Doseone)
Longee
Melvin

Encore 2:

Either
Beautiful Love (feat. Tim Bruzon)

(Voir aussi notre section photos ici)

Ulver

Messe i.x–vi.x

Écrit par

Ulver (NDR : Ulver se traduit par loup en norvégien) est un groupe norvégien fondé en 1993. Au cours de sa carrière, s’est frotté à une multitude de styles, depuis le black metal (à ses débuts) à l’avant-garde, en passant par le folk, la prog, le garage, l’ambient, le trip hop, l’indus, le gothique, l’électro et j’en passe.

Pour enregistrer « Messe », il a reçu le concours de l'Orchestre de Chambre de Tromsø. Le concert s’est déroulé le 21 septembre 2012 et les bandes ont ensuite été retravaillées à Oslo. Cette messe est découpée en six chapitres.

L’introduction du premier est particulièrement longue et lente. C’est à peine si le son est audible. Baptisé pompeusement "I.X – As Syrians pour in lebanon grapples with ghosts of a bloody past", il libère quelques bruitages qui vont progressivement laisser la place à l'électronique aérienne et sidérale, avant que ne débarque un violon et un violoncelle pour déchirer l’atmosphère. Retour ensuite au calme absolu, moment choisi pour libérer le piano et saluer le retour de l'orchestre de chambre. Emphatique mais beau.

Sans s’en rendre compte, nous glissons dans la seconde plage. Intitulée "II.X – Shri Schneider", elle prélude l'arrivée de percussions électroniques, suivie d’interventions de claviers qui expérimentent des bruitages. L’ensemble est dirigé par le membre fondateur Garn, de son véritable nom Kristoffer Rygg, maître de la programmation.

"III.X – Glamour Box" constitue le troisième volet de l’opus. Grandiloquent et ambitieux, il mêle, dans un climat tragique, les sonorités synthétiques aux cordes de l'orchestre de chambre ! La progression sonore qui reflète le thème du fantastique est tout à fait remarquable…

Et elle bascule dans la pièce suivante, "IV.X -Son of man". Pour la première fois, des mots sont déclamés, laissant ensuite les chœurs prendre le relais au sein d’un décor majestueux, jusqu'à la déflagration de l'orchestre de chambre au cœur d'une atmosphère avant-gardiste.

"V.X – Noche oscura del alma" traverse la nuit. Elle est très sombre, manifestement…

"VI.X - Mother of Mercy" opère un retour au calme. Un final chanté dans un décor mélodique plutôt féerique quoique assez minimaliste.

Depuis Ulver a déjà publié un nouvel elpee en 2014, "Terrestrials". Jusqu’en 2011, Ulver était presque exclusivement une expérience studio. Ensuite, le band scandinave a commencé à se produire au sein de lieux prestigieux ; malheureusement, depuis ce mois d'avril, il semble que des ennuis de santé rencontrés par un des membres du groupe les aient obligés à mettre la pédale douce et à se concentrer sur leur travail en cercle fermé.

 

There Will Be Blood

Without

Écrit par

‘There will be blood’ (Trad : ‘Il y aura du sang’) est un film américain signé Paul Thomas Anderson, sorti en 2007, c'est aussi le patronyme d’un trio italien, issu de la région de Varèse, qui ne fait pas dans la dentelle. Une formation née 2009 qui réunit Davide Paccioretti (chant et guitare rythmique), Riccardo Giacomin (guitare et harmonica) et Mattia Castiglioni (batterie et percussions). Ce groupe avait déjà publié un Ep en 2010 intitulé "Prologue" et un autre en 2013, "One to nothing", dit le Diddley EP, ainsi qu’un album en 2011, "Whenever you go".

La mise en route est un peu chaotique, avant que le trio n’adopte le tempo du boogie pour attaquer "Ain't no places, no matter". La voix de Paccioretti est tonitruante. Elle prend naturellement le dessus. La musique est rustre, sans concession. Les deux grattes lui donnent son relief. "Twister" est imprimé sur un tempo vif, une compo largement inspirée par le blues primitif du delta. Castiglioni martèle ses fûts sans ménagement, mais c’est lui qui assure la cohésion de l’ensemble. Les cordes réverbèrent des sonorités particulièrement métalliques. A l’instar d’un Canned Heat enfermé dans un garage, le trio cherche une ouverture. "Kneel to your slave" se révèle plus menaçant. Davide hurle sa colère, tel un rapper assoiffé de sang, face aux riffs écrasés à la manière du Sabbath originel. Un style de riff qu’on retrouve sur "My face carved in stone", un autre blues lent au cours duquel les grattent érigent un véritable mur de son. Oui TWBB aurait pu naître au cœur des collines du Nord du Mississippi et enregistrer sur le label Fat Possum, comme le Jon Spencer Explosion en compagnie du bluesman R.L Burnside ou des Black Keys. Et c’est sur ces routes du Mississippi que "Souls cart" écrase la pédale des gaz. Une accélération fatale ! Manifestement le combo italien adore le boogie. Il le démontre sur "Voodoo", "Swamp" plage impressionnante au cours de laquelle il lorgne vers le ZZ Top des bons jours, et, en fin de parcours, "Back no more". A cet instant, Davide est proche de l'agonie. Une chanson qui s’achève à la manière d’une work song, comme à l’époque des chœurs d'esclaves dans les champs de coton. Le band se plonge dans l’atmosphère infernale d'un vieux juke joint branlant du Sud profond pour y déverser son énergie débordante et libérer un groove incroyable. C’est en sueur que la formation pousse son public au bord de l’anoxie. Se servant de "Truck", "Moonshine" et "Son of the lightning", ce dernier titre baignant dans un véritable climat de transe hypnotique. Le reste de l’elpee permet à tout le monde de souffler. Tout d’abord à travers "Snout", une piste unplugged. Les cordes sont bien sûr acoustiques, mais Mattia assume les percus à l’aide de cuillères. Rock/blues "Deeply well" adopte un tempo plus tempéré. Et l’opus s’achève par une chanson paisible intitulée "Last march", la marche d'un retour après une guerre qui aura été féroce…

 

The Tablets

The Tablets

Écrit par

The Tablets, c’est le nouveau projet de la Mexicaine Liz Godoy. Et des projets, elle n’en manque pas, parce qu’elle est également impliquée chez The Fearsome Sparrow et a également tourné en compagnie de Black Heart Procession, au sein de Tetsunori. Elle s’est établie depuis peu à New York pour y vivre auprès de son compagnon, le producteur Brenden Beu, notamment responsable de la mise en forme d’albums de Male Bonding, Pissed Jeans et o’Death. Leur premier elpee est éponyme, et il navigue quelque part entre les eaux du rock garage 60’s, de la pop bubblegum et de la new-wave ; mais le est tout agrémenté d’une étonnante influence des ‘girls bands’ mexicains chers à la jeunesse de Godoy. Sans oublier les interventions distordues de señor Beu aux guitares et à l’orgue Farfisa. Un mix noise-pop qui, aurait pu naître de la rencontre hypothétique entre Jesus & MaryChain et Cults. Mais pour The Tablets, la pop est plus cauchemardesque que la ‘Dream-Pop’ ! Cependant, si l’elpee demeure plaisant, il y manque l’étincelle pour faire la différence. En outre, la voix de Liz Godoy manque cruellement de puissance (et même parfois de justesse)… Un constat navrant, car plusieurs bonnes idées émergent de ces intéressantes alliances opérées entre douceur et noirceur, comme sur l’inquiétant « Vladimir » ! A revoir, donc…

 

The Soft Hills

Departure

Écrit par

Les membres de The Soft Hills sont originaires de Seattle, mais il ont fait leurs valises et migré vers le Sud-est, en l’occurrence la Californie, suite aux problèmes de santé rencontrés par leur leader, Garrett Hobba. Vu le changement de climat, on pouvait s’attendre à une métamorphose dans le style. Pas du tout. « Departure » est aussi mélancolique et sombre que les disques précédents. Apparemment, le soleil n’a pas eu d’effet bénéfique sur le moral des musicos de The Soft Hills, puisqu’ils ont décidé de poursuivre leur aventure sans se soucier de leur environnement…  

Les pistes tracées par « Departure » se croisent quelque part entre l’americana et le psyché rock. Pensez à Fleet Foxes et Midlake. Malheureusement, jamais la formation ne parvient à atteindre le niveau de ces deux formations. En début de parcours, la voix fragile de Hobba nous sensibilise quelque peu ; mais au bout d’une demi-heure, faute de pouvoir nous surprendre ou de se démarquer de leurs références, les compos deviennent franchement ennuyeuses et on se surprend même à bâiller. Bref, cet elpee n’est pas mauvais, mais plutôt dispensable…

 

The Smoke Wagon Blues Band

Live in Hamilton

Écrit par

Basé à Hamilton, au bord du lac Ontario, ce blues band canadien compte déjà 17 années d'existence. Le chanteur/harmoniciste Corey Lueck en est toujours le leader. Il est secondé par le guitariste Mike Stubbs. "Live in Hamilton" constitue leur 5ème opus. Le dernier, "It ain't easy", était paru en 2012. Ce nouvel elpee a donc été immortalisé en public, l'année dernière, au Stonewalls Music Hall, chez eux à Hamilton. La formation avait voulu capter cet événement sur support, afin de révéler leur manière de communiquer toute leur palette d’émotions à un auditoire susceptible d’apprécier leur musique. Le répertoire est essentiellement signé par la paire Lueck/Stubbs.

"Ain't no sunshine when she's gone" est une ouverture somptueuse, un blues lent écrit par Bill Withers, gravé sur son premier elpee, en 1971. Le piano de Nick Succi cède le relais à une intervention magistrale de Gordon Aiechele, au saxophone ténor. La voix de Nick est rocailleuse, puissante, et chargée de passion. Le son est impeccable. Les interventions de guitare, de piano électrique et surtout du saxophone sont remarquables. "Hen house hopping" accélère le tempo. Ce swing blues aux accents jazzy permet aux solistes de prendre un billet de sortie ; que ce soit l’harmoniciste, le pianiste, le guitariste ou le saxophoniste, tous les musicos sont pétris de talent. "Josephine" est une bien jolie chanson empreinte de douceur. Mike distille un solo en y injectant toute sa sensibilité avant de céder le témoin au fameux Aiechele. "Wrong side girl" marque un retour au swing et au rythme. Succi balise le boogie woogie à l’aide de son piano et Jason Colavecchia se réserve un solo sur sa lourde basse acoustique. Le timbre de Lueck est vraiment particulier, mais il sait comment le faire vibrer. Comme sur la douce ballade, "I can't change". Blues rythmé, "Fine furred Momma" nous permet de découvrir une autre facette du talent de Corey, à l'harmonica. Sans surprise, "Smoke wagon boogie" est un boogie qui laisse toute liberté aux différents solistes : guitariste, bassiste, harmoniciste et bien sûr le pianiste. Blues lent d’une grande pureté, "Lonesome whistle blues" adopte une ligne mélodique réminiscente de "Bring it on home". "Feeling of the witch" est une longue plage, une espèce de medley empruntant autant à "Feelin' alright" qu’à "Season of the witch". Et le style adopté par le piano nous renvoie à la Nouvelle Orléans ou encore à l'époque de Joe Cocker lorsqu’il était flanqué de ses Mad Dogs & Englishmen. Bref, ce qui va à la voix de Cocker va à celle de Lueck ! De toute haute facture, ce concert s’achève par la reprise du "Blow wind blow" de Muddy Waters.

 

Stéphane Pompougnac

Bloody French

Écrit par

Il y a des noms difficiles à porter. Celui de Stéphane Pompougnac en est un bel exemple. Pour beaucoup d’entre nous il est le responsable des infâmes compiles Lounge, la série des « Costes » de sinistre mémoire, qui ont enfanté, pendant une longue décennie, de la soupe musicale pour restaurants ‘branchés’.

C’est donc avec une certaine appréhension qu’on aborde l’écoute de « Bloody French », son dernier LP.

Et même si les préjugés ont la vie dure, il serait malhonnête de l’enterrer immédiatement.

Nous ne sommes pas devant un chef-d’œuvre mais face à un agréable album. Un peu passe-partout, mais qui ne fait pas saigner l’oreille.

Des morceaux Deep House comme « Reload » et « Open Space » sont bien construits.

La ludique surprise de fin d’album, « Take your Time » sauve l’album de la noyade qui le menaçait depuis l’orient de pacotille représentée dans « Desert Palm ».

Et quelques morceaux insipides rendraient interminables une séance de solarium.

Mais allez, avouons-le, s’il avait eu recours à un pseudo pour effacer son passif, on aurait même pu le savourer sans cet arrière-goût de sushi avarié.

 

Ozma

New Tales

Écrit par

Les musiciens d’Ozma se sont rencontrés en fréquentant l’Académie Musicale de Strasbourg. Et en 2001, ils décident de monter un groupe. Un quartet réunissant le saxophoniste David Florsch, le guitariste Adrien Dennefeld, le bassiste/claviériste Edouard Séro-Guillaume et le drummer Stéphane Scharlé. Le groupe signe l’intégralité des morceaux de ce "New tales", qui raconte le voyage fantaisiste de Jim, l'étrange compagnon fictif rencontré naguère sur la route de Santiago de Compostelle et qui a participé aux différentes expériences du groupe. La formation considère sa musique comme le fruit de la rencontre entre fanfare mutante et une jungle sonore. D’une manière plus prosaïque, on pourrait la considérer comme de la prog sérieusement contaminée par le jazz et l’électro. Leur premier opus, "Electric Taxi land", est paru en 2007. Le second, "Strange trafic", en 2009. Et "Peacemaker", en 2011. Quoique essentiellement instrumentale leur expression sonore ne manque pas de charme…

Caractérisé par sa chouette mélodie, "Awakening" ouvre l'opus. Le saxophone mène les débats face à une rythmique qui glisse parfaitement sur les enchaînements. "The launch" est une plage rafraîchissante. David Florsch souffle aisément dans son instrument tout au long de ce titre de jazz moderne qui passe bien la rampe. Le tempo s’élève pour "Wide and open", une compo traversée de bruitages électroniques. La progression rythmique est irrésistible et les changements de tempo sont susceptibles d’évoquer King Crimson, même si l’approche demeure personnelle. Et sur cette piste, c’est la basse d'Edouard qui guide ses partenaires. Plus prog, "Belouga" baigne dans l’esthétisme et la sérénité. Des claviers introduisent cette compo réminiscente du Floyd circa 70’s, malgré le recours aux synthés. Des bruitages se mêlent aux percus de Stéphane sur "The drive". Accessible et même accrocheur, "The walk" trempe dans l’ambient. "Supertanker" marque le retour du saxophone. Une piste complexe, déchirante, un peu free, même si on se rend bien compte que tout est parfaitement maîtrisé comme chez Robert Fripp. Plus paisible, "Dark city" se nourrit de jazz rock. Exquis ! L'orgue cède le témoin à la guitare. Un titre hanté par le légendaire Frank Zappa, même si on est ici plus très loin de la fusion jazz-rock instituée par Weather Report… David reprend la direction des opérations sur "Monsters". Il explore un thème free jazz. Ses interventions au saxo me rappellent cependant Dave Jackson, souffleur émérite du Vandergraaf Generator. "Rest and rebirth" (le repos et la re-naissance) retrouve un peu de douceur. Très intéressant, cet opus s’achève comme il avait commencé, par "Tales of Jim", une plage à la mélodie agréable conduite par le saxophone…

 

Polly O'Keary

Compass

Écrit par

Vingt-cinq années que Polly O'Keary écume les scènes du blues. Et pourtant, cette jeune femme affiche toujours autant de charme. Elle chante, joue de la basse et compose. Elle vit dans le Nord-ouest des USA, près du Pacifique. Elle avait été désignée comme meilleure chanteuse locale, en 2004, par la Société de blues de l'état de Washington. Elle avait concocté deux albums à ses débuts, à l’aide de son backing group. Puis, en compagnie de son partenaire Tommy Cook, préposé aux drums, elle a constitué la section rythmique des Taildraggers, le backing band du chanteur/guitariste Too Slim (Tim Langford). Pendant 4 ans. Polly remonte ensuite son trio, The Rhythm Method. Tommy Cook se charge, bien sûr, de la batterie et leur ami de longue date, Chris 'Seattle Slim' Nonnenmaker, est de retour. Il se charge, évidemment, de la guitare. Et les onze plages ce nouvel elpee ont été enregistrées au sein du studio Egg de Seattle. En outre, Lady Polly signe toutes les compos.

Polly possède une voix autoritaire. Et elle le démontre déjà sur "Fools gold". Une solide plage légèrement teintée de funk au cours de laquelle Arthur Migliazza, invité pour la circonstance, se charge des claviers. Particulièrement inspiré, Seattle Slim torture le son dispensé par sa six cordes à l’aide de ses pédales. La voix de Polly vibre tout au long du divertissant "Summer". Chris excelle à nouveau sur son manche. Il affiche ici un lyrisme proche de Dickey Betts. Les choses sérieuses commencent à partir de "Nothing left to say", une piste roots aux accents western. Soutenu par les Seattle Horns, au sein duquel la trompette de Greg Lyons se met en évidence, ce titre évoque, malgré le chant, une hypothétique B.O. d'Enio Morricone. Chris en profite d’ailleurs pour surfer sur ses cordes… Long blues aux intonations r&b, "Your honor" met bien en exergue le timbre vocal de Miss O'Keary ; et 'Seattle Slim' en profite pour libérer toute sa sensibilité sur sa gratte. Migliazza siege derrière le piano pour attaquer le solide shuffle "Harder than it has to be". Le riff répété de la guitare communique un format funk à "Stop train", un blues parfaitement balisé par la section rythmique. La voix bien féminine de Polly caresse la mélodie d’"I've got none", une ballade légère, au swing empreint de délicatesse ; une chanson qui permet à Chris de se réserver une superbe sortie jazzyfiante, toute en subtilité et fraîcheur. "How the mighty fall" baigne dans un climat R&B. Mais les percussions exotiques suscitent un envol de six cordes digne de Carlos Santana. Les cuivres et le cordes de Nonnenmaker contribuent rondement à la configuration purement funk de "You get me high". Polly met une dernière fois ses capacités vocales en exergue sur "Let me be kind, une piste dont la mélodie semble assez proche d’"I'd rather go blind". Une occasion rêvée pour ‘Seattle Slim’ d'exprimer toute l’intensité de son feeling sur ses cordes. Impeccable, cette finale est investie par de nombreuses voix.

 

Nebelung

Palingenesis

Écrit par

La palingénésie est un concept que l'on retrouve dans quantité de disciplines. Que ce soit en philosophie, en théologie, en politique, en occultisme ou en botanique, il tourne autour des mêmes notions de régénération et de renaissance des êtres. Le trio allemand Nebelung prétend en tout cas s'être inspiré de cette nature qui se renouvelle en permanence et qui selon le leader Stefan Otto, impose par sa beauté le silence à notre monologue intérieur.

On ne peut pourtant pas totalement parler de renouvellement dans la musique de Nebelung qui continue de creuser le sillon de son dark-folk mélancolique. Le principal changement vient de la quasi-absence de chant. Juste quelques mots murmurés de temps à autre qui collent parfaitement à la structure de morceaux construits comme des mantras.

Délaissant définitivement le format chanson, ils se promènent dans des paysages contemplatifs et introspectifs et provoquent un curieux phénomène d'étirement du temps. Le monde semble tourner au ralenti.

Inspiré à la base par des sessions d'improvisations, "Palingenesis" est avant tout un album de guitares acoustiques qui pourrait –et c'est un comble– paraître un peu monocorde. Pour l'apprécier, à mon sens, il faut se concentrer sur les structures des morceaux et l'étonnante multitude d'informations sonores qui les peuplent, issues d'instruments rares tels le verrillion, l'harmonium indien ou le hammered dulcimer. Mais on peut aussi accepter de se laisser aller totalement à la rêverie, bercé par ces boucles célestes hypnotiques. Et si certains moments peuvent paraître monotones, ils nous plongent, par leur répétitivité, dans le climat méditatif désiré par le groupe. A vous de voir si vous avez envie d'y pénétrer.

Les 15 minutes du morceau "Wandlung" sont très représentatives. On est plongé dans une atmosphère lente, désertique, chargée de mélancolie, qui petit à petit commence à susciter un certain ennui quand le son de l'harmonium nous entraîne vers une montée finale hypnotique où les couches sonores se superposent délicieusement.

On pointera aussi le cinématographique et plus lumineux "Nachtgewalt" et sa rivière de sonorités au violon. Empreint de nostalgie, ce violon joué par Katharina Hoffmann traverse tous les morceaux avant d'être enfin mis en exergue, lors de l'excellent morceau final "Innerlichkeit".

Un opus pour se déconnecter de la violence urbaine. La nature a trouvé sa musique de chambre.

 

Lily and Madeleine

Lily and Madeleine

Écrit par

Lily & Madeleine, c’est sympa comme patronyme, non ? Sufjan Stevens serait même devenu un fan des jeunes sœurs Jurkiewicz. Il les a même signées sur son label Asthmatic Kitty… Petite promesse d’un folk louvoyant et à la marge ? Bel et touchant espoir rapidement déçu. En effet, on ne peut pas dire que l’originalité soit le point fort de Lily (17 ans) et Madeleine (18 ans). Issues d’Indianapolis, ces artistes préfèrent tisser des jolies mélodies aux harmonies légères et à l’instrumentation léchée. En mode ‘duo vocal’ tout au long de l’exercice, les sœurs communiquent leurs états d’âmes sur des mélopées entretenues par des accords de piano, des grattes acoustiques et autres cordes séduisantes (« Nothing but Time »). Un peu comme chez First Aid Kit. Un long playing parfait pour sonoriser un ‘Tea Time’ en bonne compagnie ou pour ‘bruncher’ le dimanche ; beaucoup moins pour vous surprendre ou vous exciter…

 

Larman Clamor

Frogs

Écrit par

Larman Clamor, c'est le projet d’Alexander von Wieding, un artiste allemand établi à Hambourg. Paradoxalement, sa musique est imprégnée du climat torride et terriblement humide des marais. Elle baigne même dans une atmosphère propice au swamp boogie, irrigué par le blues et le rock, mais également par un psychédélisme singulier. En outre, ce chanteur/musicien voue une grande admiration au blues primitif du Delta (Robert Johnson, Mississippi Fred McDowell, John Lee Hooker). "Frogs" n’est ni son premier ni son dernier essai. Il avait publié un Ep ("The Lonely Pendulum") et deux elpees en 2011 ("Altars to turn blood" et un éponyme) en 2011. Et en 2013, il a gravé "Alligator heart". Ce "Frogs" remonte donc déjà à 2012.

Alexander joue aussi bien de la gratte acoustique qu’électrique, mais a aussi recours aux percus. Sa voix est caverneuse, ténébreuse et semble communiquer le même mal de vivre que Tom Waits.

Boogie primaire, le titre maître ouvre le long playing. La voix semble venir voix d'outre-tombe. Clamor crée des effets sonores à l’aide de ses instruments basiques, que ce soit des percussions des percussions fugitives ou des rythmes saccadés produits par la guitare. "Seven slugs O'mud" a changé l’or en boue. Instrumental, "Mill wheel alchemy" concède des accents orientaux. L’attaque sur les cordes est quasi permanente. Et cette menace se traduit par une brèche hypnotique. Des rythmes spasmodiques secouent "The mudhole stomp". Les éclats de la voix sont au bord de la rupture. Les pensées les plus sombres sont difficiles à évacuer… Autre boogie, "Undead waters" adopte un profil plus chaotique. La marée ne cesse de monter. "Mine to grind" hésite entre le blues en transe et le périple psychédélique ; mais il ne mène qu’à une impasse. Ce sorcier des sons de l'étrange nous entraîne au cœur d’un autre trip instrumental acide, "Potions & secrets". Alexander frappe sur tous les objets qui l'entourent. Angoissé, il cogne même sur ses cordes lors d’un autre boogie, "Black cylinder". Introduit par un clavier lointain, "Gorgon's gold" est peu à peu envahi par les cordes. Elles prennent même possession de l’espace sonore à travers une fusion de blues et de rock. Malgré le chant âpre et vindicatif, la compo est plus accessible. Tourmenté, acide, presque envoûtant, "Within temples of mold" demeure néanmoins agréable à l’écoute. "Frogs" est une œuvre qui mérite une écoute attentive. On y rencontre une multitude de sonorités inattendues. L’elpee s’achève par "Journey of the serpents". Ces marais sont décidemment bien dangereux à traverser…

Et pour que votre info soit complète sachez qu’Alexandre confectionne personnellement les illustrations de ses pochettes. Celle de "Frogs" est particulièrement colorée de vert et de jaune, laissant apparaître un soleil levant au ton blafard…

 

King of The World

KOTW

Écrit par

King of the World nous vient des Pays-Bas. Un excellent quartet de blues réunissant le chanteur/bassiste Ruud Weber, le merveilleux guitariste Erwin Java, le claviériste Govert Van der Kolm et le batteur (ex-Normaal) Fokke De Jong. Java est un gratteur particulièrement populaire dans son pays. Pendant 25 longues années, il a figuré dans le backing group de Harry Muskee, authentique légende du blues et leader intemporel de Cuby and the Blizzards. Ruud a également longtemps sévi comme bassiste au sein d’un autre backing group. En l’occurrence celui du Britannique Snowy White. Et on l’entend tout au long de cet opus. Tant la voix que le style particulièrement mélodique.

King Of The World est né en 2012, un an à peine après la disparition du mythique Cuby. La formation avait publié un premier opus en 2013, "Can't go home". Et en Hollande leur popularité est montée en flèche en deux temps trois mouvements. D’ailleurs, lors de la remise des Dutch Blues Awards, en février dernier, elle a remporté cinq prix : meilleur blues band, meilleur guitariste, meilleur organiste, meilleur bassiste et meilleur batteur. Qui dit mieux?

Le long playing baigne dans un blues esthétique, mélodique, harmonieux. Et on s’en rend compte dès le premier morceau, "Fool no more", une compo empreinte de charme. La voix de Ruud est très expressive, proche de celle de son ami et partenaire des meilleurs jours, Snowy White. L’orgue Hammond de Govert communique à l’ensemble une chaleur naturelle ; et, enfin, les sonorités de guitare sont belles à pleurer. Le toucher est tellement parfait qu’on en oublierait presque que pour sortir de telles notes imaginatives, il faut être à la hauteur. Le tempo s’élève pour "Someway somehow". La section rythmique swingue naturellement. L'orgue est omniprésent et les cordes de Java décollent à nouveau pour atteindre les sommets. "If you want to leave" est le long blues lent de circonstance. Abordé dans le style des Blizzards, mais à l'anglaise, bien sûr, rappelant les jours glorieux de la british blues boom qui a sévi fin des 60’s. Les sonorités de la six cordes sont vraiment chargées d’émotion. On pense aussi parfois à David Gilmour. Surtout lorsqu’elles sont rejointes par l’orgue, dans l’esprit du Pink Floyd à son apogée. Le sens mélodique authentique des compositions est un des maillons forts de KOTW. Des compos qui ne souffrent d’aucune faiblesse. "Living with the ghost of the past" s’illustre par une fluidité claptonienne des cordes. La plage qui me botte le plus est incontestablement "Beatin like a drum". Une compo belle et pure. C’est à cet instant que Java se rapproche le plus du Dieu Peter Green. Ce son réverbéré ne peut émaner que d'une Gibson Les Paul. Face aux roulements de caisse, on retrouve l'impact de "Supernatural", l'inoubliable instrumental qui figurait sur l’LP "A hard road" des Bluesbreakers de John Mayall. C’était en 1966, Green et Dunbar y étaient impliqués. Erwin a empoigné le dobro acoustique pour négocier "Get up and do it", une plage roots. Nerveux, "Hurricane" réveille le souvenir du "Going down" de Don Nix. Fokke en assure la trame tout en puissance. Le piano électrique et les percussions communiquent un ton très jazz  à "Doctor doctor", une piste qui puise son inspiration dans les rues de la Nouvelle Orléans. "Money means trouble" clôt l’opus. Java est passé à la slide pour cette piste imprimée sur un tempo très vif. Et ce n'est pas tout à fait terminé, car le disque recèle une plage cachée, en l’occurrence une reprise intimiste du "I shall be released" de Bob Dylan. Un superbe album!

 

Hancox

Vegas lights

Écrit par

Hancox est un quartet drivé par le chanteur/guitariste Pip Hancox. Il a longtemps été le leader de The Guana Batz, un groupe anglais né en 1982, réputé pour son psychobilly. Une véritable référence dans le style ; à cause de son style énergique, fruit de la rencontre entre punk et rockabilly. Au cours de l'été 2010, il s’est retranché quelque part en Californie, du côté de San Diego, non loin de la frontière mexicaine, pour monter ce nouveau projet. Au sein duquel on retrouve quand même le bassiste Johnny Bowler, un ex-Guana Batz. Le line up implique également deux Californiens, soit le guitariste Gino Meregillano et le drummer Alex Pappas. Le band est donc partagé équitablement entre Britannique et Yankees.

"London streets" ouvre la plaque. Le chant adopte un phrasé punk, mais l’attitude emprunte au blues. Mais finalement la structure de ce titre s’avère plutôt raffinée et la production soignée. Le psychobilly reste l'épine dorsale de Hancox. Toute la sauvagerie de l'attitude punk est bien présente au cours des premiers titres. Et en particulier "Toxic twins", "Sally" et "Back door city". "Beautiful creature" marque un tournant dans l’opus. Excellente compo, elle est imprimée sur un tempo plus lent. L’instrumentation est irréprochable et les sonorités de cordes évoquent tout bonnement les Stray Cats. On reste dans le rockabilly tout au long de "7th daughter", une piste très énergique mais parfaitement construite. Gino, le gratteur américain, apporte manifestement ici toute son expérience. Bien rythmé, "Ellinore" constitue une autre réussite de l’elpee. On est même ici plus très loin de la pop. C’est la conjugaison des deux guitares qui crée la spécificité du son Hancox. Et sur ce morceau, l’envolée dans l'univers surf est remarquable. "Carburetor" fait encore la part belle au surf, même si ici les cordes sont débridées et sonnent plus métalliques. Et à partir de "Bleed", le doute n'est plus permis, Hancox pratique du 'surfabilly', pour la circonstance sur un thème hispano-mexicain. Les guitares sont irrésistibles. Tout comme sur "Shake". Un véritable mur du son est érigé, mais émaillé de petits effets sonores bien créatifs. Le titre maître est une ballade qui ne manque pas de charme. Plutôt lent, mêlant subtilement cordes électriques et acoustiques, il bénéficie de nouveau d’interventions vocales très soignées. Et Hancox se retire en attaquant une cover du hit de Blondie, "Call me". Surprenant ! Si l’album a bénéfice d’une mise en forme parfaite, je me demande quand même pourquoi il démarre par toute une série de plages psychobilly?

 

Gletscher

Devout

Écrit par

La musique de Gletscher serait-elle aussi froide que celle d’un glacier (NDR : Gletscher signifie glacier en allemand) ? Une chose est sûre, elle est métallique. Glaciale aurait pu être ma chronique, si je m’étais contenté d’écouter le premier morceau de l’opus, en l’occurrence le titre maître, une plage dont les vocalises sont aussi irritantes que celles d’Evanescence. Une introduction quelque peu rebutante donc… Mais si la suite n’est pas parfaite, on y rencontre quelques pistes plus intéressantes et inspirées. A l’instar de « Notfall », une compo à l’instrumentation rugueuse et à la structure complexe, abordée dans un esprit proche de Tool. De quoi me permettre de légèrement revoir mon analyse. Bien sûr, on ne tombera pas raide dingue de l’opus de ce groupe zurichois qui a pourtant débauché Joileah Concepcion, chanteuse yankee issue de Sleeping People et Temporary Residence, pour participer aux sessions d’enregistrement. D’autant plus que certains passages post-métal (« December ») trahissent un manque évident d’inspiration. Néanmoins, il faut admettre que leur prog metal ténébreux (NDR : paradoxal quand on choisit un tel patronyme) devrait quand même plaire aux fans de riffs lourds et puissants chers à Maynard James Keenan…

 

Laurent Garnier

AF 4302 (Ep)

Écrit par

2014 pourrait devenir une grande année pour les fans de Laurent Garnier.

En décidant de faire la tournée des labels qui l’excitent, il leur offre à chaque fois un Ep dans l’esprit de ses hôtes.

Après un vol « AF 0490 » chez « Still Music » et une escale « A13 » chez « Musique Large », il dépose son flight case chez ses potes « Modeselektor » et leur maison « 50Weapons ».

Et « AF 4302 » est du Garnier de haut niveau. Même surprenant !

3 morceaux de Techno viscérale, abrasive, minérale mais extrêmement dansante.

3 morceaux pour la montée, le moment culminant et la descente.

Garnier, en plus d’être une encyclopédie vivante, a le sens de l’humour. Car les titres de ses morceaux sont assez parlants. « M.I.L.F » caractérisé par son haletant préliminaire, « D.S.K » sa lubricité, et « H.E. » son ambiance de backroom. Se renouvelant sans se renier, le producteur français ravit en proposant un nouveau spectre sonore.

 

Fred & The Healers

Hammerbeatmatic

Écrit par

Fred Lani avait à peine 17 ans lorsqu'il a fondé la première mouture des Healers. C’était en 1994. Elle impliquait son Healerspère, Papy X, à la basse et Marc Lhommel, à la batterie. A l’époque, le combo pratiquait du Texas blues, inspiré par Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter. Leur premier elpee, tout simplement baptisé "First", tombe dans les bacs en 1997 et séduit rapidement leur public! Dans la foulée, le combo publie "I gotta leave". Soit, en 1998. "Electerrified" ne paraît qu’en 2001. Fred se lance dans une aventure plus personnelle en compagnie du notoire Bruno Castelluci, à la batterie. En 2004, la bande à Lani grave "Red", un elpee présenté en avant-première au Botanique. A la même affiche, figure un certain Triggerfinger… C'est ensuite le silence radio. Fred disparaît pour mieux revenir. Ce sera en 2013. Il engage deux nouveaux musicos, le bassiste Cedric Cornez et le batteur Nicolas Sand. Il ressuscite ainsi les Healers.

"Hammerbeatmatic" vient donc de sortir et constitue la meilleure œuvre commise à ce jour pour notre chanteur/guitariste qui affiche aujourd'hui 36 ans au compteur. La production et toutes les compos sont signées Frédéric Lani.

L'ouverture est largement électrique. Blues/rock, "Doyle the hunter" nous replonge à une époque où Jimi Henrix était un dieu vivant. Bien que déjantée, la guitare reste parfaitement sous contrôle. Une excellente entrée en matière. Changement de style pour "A man for a day", une folk blues intimiste, particulièrement mélodieux, paru –semble-t-il– en single, une plage qui monte progressivement en puissance. "Roots and roses" est un morceau écrit pour le festival du même nom qui se déroule chaque 1er mai au Centre Culturel René Magritte de Lessines. Il est vrai que Mr Roots & Roses, Frédéric Maréchal, naguère responsable du Boogie Town Festival de Louvain-la-Neuve, demeure l'agent des Healers. Oscillant entre rock et boogie, la piste est toujours hantée par le spectre de Hendrix. "Burning" porte bien son titre. De toute évidence inspiré par l'albinos texan, Johnny Winter, il est particulièrement brûlant ! Fred éructe ses vocaux de la même manière, et ses cordent slident également jusque la jouissance. Enrobée de chœurs, "Dreams" est une ballade roots qui ne manque pas de charme. Chargées de sensibilité, les cordes explorent tous les espaces disponibles. "Lover's boogie" est le boogie attendu. L’intro est digne de Canned Heat. Dr Boogie et Fred Maréchal ne doivent plus tenir en place. Pourtant la guitare restitue des accords plus proches d’un Billy Gibbons (ZZ Top). Le riff asséné à "AVD" est très percutant. Sans aucun doute, un élément de base de la ‘Hammerbeatmaticmania’. La section rythmique est à son avantage, une rampe de lacement idéale pour permettre à Fred de lancer ses scuds. La voix a fortement mûri et c'est bien la marque d'une progression. La machine de guerre est définitivement sur ses rails. Les brûlots se suivent : "The river bed", caractérisé par ses cordes incandescentes, le très ‘hendrixien’ (époque Band of Gypsies) "The best thing", l'incendiaire "Like a leaf". "Remedy" nous ramène vers les berges du Mississippi. La slide domine le sujet. Plage dynamique, "Scratch my back" n’est pas un titre de Slim Harpo, mais bien signé Lani. Enfin, en finale, "Another place" nous immerge dans le Delta, une compo au cours de laquelle le bottleneck est en plein délire…