Dorian Sorriaux croit au changement…

Guitariste-chanteur dans l’univers du psyché/folk, Dorian Sorriaux a sévi comme guitariste au sein du groupe suédois Blues Pills. Il s’émancipe en explorant de nouveaux univers musicaux, et notamment à travers un folk plus acoustique et des textes plus…

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Le 7ème art soviétique inspire Bodega…

Le nouveau long playing de Bodega "Our brand could be yr life" paraîtra ce 12 avril 2024. En fait, il s’agit d’un ‘remake’ de l'unique LP de Bodega Bay, l'ancien groupe de Ben et Nikki, un disque auto-édité de 33 titres qui remonte à 2015. Sur cette nouvelle…

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Chroniques

Pegi Young

Pegi Young

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Jusqu’à présent, l’épouse de Neil Young, s’était contentée d’assumer les backing vocaux, sur les disques de son époux. Mais secrètement, il y a bien longtemps qu’elle rêve d’enregistrer son propre album. C’est chose faite. Un disque éponyme réunissant les chansons qu’elle a composées au cours des 30 dernières années. Et même davantage. Ainsi que quelques titres signés par quelques plumes notoires, comme Will Jennings, Jimmy Buffet ou Joe Sample. En outre, elle a reçu la collaboration de quelques musiciens et amis de Neil, dont Ben Keith, Mary Stuart, Spooner Oldham ainsi que le producteur Elliot Mazer. Mr. Young est également de la partie ; mais de manière très sporadique. Il ne chante d’ailleurs pas, se contentant de jouer de l’harmonica ou de gratter sa sèche très confidentiellement. Une seule intervention marquante : le recours au sitar électrique sur « Love like water ». Pour le reste, les chansons baignent dans un country/pop/folk invitant circonstanciellement pedal steel, banjo, mandoline, dobro et même un zeste de guitare électrique. Maintenant, il faut être réaliste, si Pegi possède une jolie voix, il faut reconnaître que sa musique est un peu datée et surtout mollassonne. Et comme le sens mélodique n’est guère contagieux, ce disque n’aura pas besoin de trois décennies pour prendre la poussière…

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Ray Austin

No other way

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Ray Austin est né en Angleterre. Il s’est cependant établi en Allemagne. A Fribourg. En 1970. Il est chanteur, guitariste et compositeur. On lui attribue six elpees à ce jour, « No other way » constituant son sixième. Il pratique un folk/rock largement teinté de country et parfumé d’un soupçon de blues, même s’il privilégie la forme acoustique. Ses amis sont tous de nationalité allemande : Niels Kaiser aux guitares électrique et acoustique ainsi qu’à la pedal steel, Michael Zumstein à la guitare, la mandoline et l’harmonica, Ingo Rau à la basse ainsi que Vladi Kempf à la batterie. Le disque est sous-titré “Old songs & new songs, blue songs & true songs”. Toutes les plages sont signées par Ray. Un œuvre agréable à écouter, évoluant dans un style très roots, propice au songwriter. La voix passe bien la rampe et l’instrumentation est irréprochable. Enfin, la plaque réunit une majorité de ballades aux mélodies soignées.

Tant “No other way” en ouverture que “While flowers die” se distinguent par leurs délicieux échanges de cordes. Balayés par une pedal steel, “A friend” et “Thirty hours a day” baignent dans la douceur. Indolent, “Long hard road” recèle un refrain susceptible de nous inciter à participer aux chœurs ! “Mean old motor car” est une chanson qui date de trente ans. On lorgne manifestement vers la country tout en trempant dans une ambiance boogie cow boy. Enfin, “Freiburg steel” entretient un climat de bonne humeur. Le combo adresse bien sûr quelques clins d’œil au blues. Et en particulier sur “Riverboat”, une plage qui évolue sur un axe Mississippi-Louisiane. Michael double à l’harmonica et au dobro tout au long du country/blues “Thin times”, un morceau imprimé sur un tempo lancé au galop. Et on a encore droit à un fragment laidback : “Peace of mind” ; mais country/blues/rock, et abordé dans l’esprit de JJ Cale.

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Baloji

Hotel Impala

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Ancien membre de Starflam, Baloji a décidé de raconter son parcours personnel sur ce premier album solo. Un disque baptisé du nom de l’hôtel géré par son père à Lumumbashi, avant que l’établissement ne soit mis à sac lors des guerres ethniques au Katanga. C’est le point de départ de cette histoire qui nous est contée chronologiquement sur « Hotel Impala ». De « Ceci ne nous rendra pas le Congo » à l’arrivée en Belgique (« Ostende transit ») en passant par de multiples vicissitudes (difficultés d’adaptation, délinquance, menaces d’expulsion, musique), notre homme passe en revue une vie pas toujours facile, sur un ton toujours sincère et juste.

Les paroles sont importantes mais un soin particulier a été accordé à la musique. Baloji a réuni une sacrée équipe pour produire des morceaux de toute grande qualité. Un casting qui ressemble à un ‘who’s who’ de la musique belge : Peter Lesage, Manou Gallo, Marc Moulin, Gabriel Rios, Das Pop (Reinhard Vanbergen et Niek Meul), Noza (Festen, Autumn), Infinitskills, Charlotte Maison (Soldout), the Glimmers et Amp Fiddler (qui n’est pas belge). Une quantité de talents responsable d’authentiques tueries flirtant alternativement avec la soul, le funk psychédélique, le reggae et même l’électro lors du triptyque « Liège Bruxelles Gand ». En bref, un tout grand disque qu’on vous conseille chaudement.

Pour voir le clip de « Coup de gaz » : http://www.youtube.com/watch?v=P5LLiz65zNQ

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Buzzcocks

30

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Pour fêter le 30ème anniversaire de leur carrière, les Buzzcocks ont décidé de sortir un album réunissant la quintessence de leur œuvre. Sans les morceaux impliquant Howard Devoto. C'est-à-dire composés à leurs tout débuts. Sans quoi, la plupart des chansons y figurent ; et en particulier celles qui ont récolté le plus de succès (les singles) mais aussi les plus emblématiques (extraits d’Eps ou d’elpees). Dont les inévitables « What do I get », « I don’t mind », « No reply », « Even fallen in love (with someone you shouldn’t’ve) », « Love you more », « Hollow inside », « Orgasm addict », etc. Le tout complété par sept titres plus récents. Vingt-huit en tout ! Pourquoi pas 30 ?

Malheureusement, ces versions ont été enregistrés ‘live’. Au forum de Londres. Et la bande à Pete Shelley et Steve Diggle a beau faire tous les efforts possibles et imaginables pour communiquer son enthousiasme et son énergie, le son est pourri. Or quand on sait toute l’importance dévolue aux vocaux, chez les Buzzcocks, on a le droit d’être déçus. Passe encore s’il avait été immortalisé à la mi-sixties, à l’époque où ils étaient les seuls punk de Manchester avec The Fall. Mais, là, le concert s’est déroulé en 2007. Et 78 minutes de bouillie sonore sur une chaîne hi-fi, c’est dur à digérer…

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Tim Gane and Sean O’Hagan

La vie d’artiste

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Plus vraiment besoin de présenter Tim Gane et Sean O’Hagan, musiciens archi créatifs qui ont respectivement présidé aux destinées de Stereolab et the High Llamas. Ils s’associent ici pour illustrer musicalement « La vie d’artiste », film de Marc Fitoussi, tourné en compagnie de Sandrine Kiberlain et Emilie Dequenne. Une bande son aux couleurs des années soixante qui fait tout de suite penser à John Barry, Michel Colombier et aux compositeurs italiens comme Piero Umiliani. Une constellation de claviers ‘vintage’ et scintillants, une section de cuivres, de cordes et un couple basse-batterie sautillant se télescopent dans un exercice de style très mélodique qui convie à une promenade musicale onirique bossanova, pop psychédélique et vignettes intimistes. Du travail d’orfèvre, devenu tellement rare qu’il en devient précieux.

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Michael Jackson

Thriller 25 “The World’s biggest selling album of all time”

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25 ans plus tard, « Thriller », album culte de Michael Jackson, n’a toujours rien perdu de son aura. Et on pourrait presque croire qu’il était normal de rééditer ce formidable album, vendu à ce jour, à plus de 100 millions d’exemplaires.

Coup de pub ? Coup de génie ? On est en droit de se poser des questions. Il est certain que les fans inconditionnels et les nostalgiques trouveront dans cette réédition quelques moments de bonheur, notamment sur le titre « For All Time ». Chanson inédite que le Roi de la Pop et son producteur, Quincy Jones, n’avaient pas retenue 25 ans plus tôt. Mais en ce qui concerne le reste, on hésite et on n’est pas vraiment convaincu par les collaborations, apportées par les invités tout au long de cet opus. Ainsi la pathétique reprise du « The Girl is Mine 2008 », opérée en compagnie de will.i.am des Black Eyed Peas, est une grosse déception, tout comme « Beat It 2008 », chanté pour la circonstance, par Fergie. Il y a bien le mix de Kanye West réservé à « Billie Jean 2008 », histoire de relever quelque peu le niveau, mais manifestement on a le droit d’être dépité par la solution sonore en présence.

Heureusement, le Dvd sauve les meubles. Parce qu’il recèle les clips incontournables « Billie Jean », « Beat It » et bien sûr LE « Thriller » aussi monstrueux que terriblement dansant. Et on épinglera également une dernière petite merveille ; en l’occurrence la performance du « Motown 25: Yesterday, Today, Forever » au cours de laquelle l’ex-Jackson Five réalise pour la première fois son légendaire Moonwalk devant un public en délire.

Question quand même : pourquoi Michael Jackson a-t-il voulu s’entourer de gros calibres US de Rap et R n’ B. Est-ce pour essayer de redorer une étoile qui ne cesse de pâlir ? Le mythe Jackson s’est transformé depuis bien trop longtemps en victime et les mauvaises langues colporteront que cette réédition tombe plutôt bien à l’heure où le pauvre Michael risque de devoir vendre son ranch de Neverland. Mais rendons à Michael ce qui appartient à Michael : à ce jour, personne n’est encore parvenu à faire aussi mieux que lui dans ce style musical. Et son succès, personne ne pourra jamais lui enlever. Il figurera, c’est une certitude, en lettres d’or dans l’Histoire de la Musique…

I-tunes: http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D272583648%26id%3D272583590%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

MSN music: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=5&catno=OD2DI6278547

 

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Torpid

Fraiseman

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Rencontré lors d’un concert de Sea and Cake au Botanique, le bassiste de Torpid m’a confié le peu de souci que son groupe se faisait de l’image qu’il renvoie et des modes en matière de musique. En témoignent les titres des chansons et l’artwork dadaïste du disque, mettant en scène une créature à tête de fraise, imaginée suite à la rencontre avec un étrange personnage lors de l’enregistrement de cet album, leur sixième…

Tendue, paranoïaque, et d’une redoutable efficacité, la musique proposée par le trio luxembourgeois émigré à Bruxelles mérite de se faire une place dans le petit monde trop propre sur lui du rock noir-jaune-rouge. Les ports d’attache Math- Rock/ Emo  sont certes vite identifiés (June of 44, Fugazi, Unwound, Jesus Lizard ou encore les brutaux Shellac de Steve Albini qui a enregistré et mixé ce disque), mais ils ne voilent ni l’originalité des compositions ni la qualité du jeu des musiciens. La rythmique est précise, nerveuse et contrastée (les deux parties du titre d’ouverture « Fluffy Bite » sont éloquentes à cet égard), et les guitares tranchantes, indomptables. La tension est permanente et la guerre au consensualisme se dessine à chaque virage : ici, aucune base n’est stable, une infinité de possibles se dessine et fait monter l’excitation tout au long de l’album. J’épinglerai particulièrement « Floos », monstre rampant, paresseux et vénéneux, qui finit par vous laisser au bord du chemin, harassé ou encore la pop sous perfusion de « Mucker », addictive au possible. Seule réserve : les ‘interludes’ dispensables qui affaiblissent un tantinet l’ensemble. Mais pas assez cependant pour gâcher le plaisir qu’on éprouve à l’écoute de cette musique grisante qui, tout en assumant pleinement ses références, privilégie l’audace et la créativité à la répétition de formules éprouvées.

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Barry White

An evening with Barry White

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Curieusement, de son vivant, Barry White n’avait jamais sorti d’album live officiel. Cinq ans après son décès, il y avait donc de quoi se poser des questions sur cette sortie inattendue. Pur produit commercial destiné à rentabiliser encore un peu plus les tubes de légende du gaillard ? Ben non. Bonne nouvelle: la crainte fait très vite place à l’engouement, et le roi de la soul n’a pas été berné à titre posthume. Captation d’un concert offert en 1999 à ses fans californiens, le show bénéficie d’un son impeccable et contient la plupart des titres phares du chanteur. Il faut évidemment attendre le dénouement pour entendre l’immortel « You’re the first, the last, my everything » ou le mega fredonné « Let the Music Play ». Entretemps, le bonheur est total, même si on aurait aimé découvrir quelques versions inattendues (ou allongées) de toutes ces chansons que nos tympans connaissent par cœur. Mais on se rassure en se disant qu’elles n’existent probablement pas… 

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Arca

On ne distinguait plus les têtes

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Le poète portugais Fernando Pessoa n’a presque rien publié de son vivant. Il rangeait ses écrits dans un coffre qu’il conservait jalousement. Et ceux-ci n’ont d’ailleurs été découverts qu’après sa mort. Ce type de coffre se dit ‘arca’ en portugais. A l’instar du coffre de Pessoa, ce disque risque de rester le secret de quelques mélomanes qui seront bien inspirés d’ouvrir la boîte de Pandore.

Projet initié en 2000 par le prolifique compositeur français Sylvain Chauveau et son ingénieur du son Joan Cambon, Arca propose tout au long de ce troisième album une expérience sonore digne d’intérêt, naviguant sur des eaux plutôt calmes. De paysages engourdis, voire neurasthéniques, émerge la voix de Sylvain Chauveau, douce et posée (le très beau « Sunday Negative »). Une tension bienvenue finit, au terme du voyage, par nous arracher à notre torpeur, le temps d’un « 1957 » hypnotique et furieux et d’un « Nyodene » d’apocalypse.

Chaque piste de ce court album (5 plages) se déploie ici comme un long et lent travelling sur un paysage, qu’on imagine volontiers d’hiver. Chauveau et Cambon ont d’ailleurs travaillé ensemble sur plusieurs films et confessent volontiers leur amour du Septième Art. Ainsi, la neige fige les gestes et les cœurs sur un titre tel que « Laced by the Night », pourtant tapissé d’une couche électronique évoquant le crépitement d’un feu dans la nuit.

Ce projet, le plus ‘rock’ de Sylvain Chauveau, ravira tant les amateurs de Talk Talk et de Sigur Ros que ceux du compositeur Arvo Pärt, adepte lui aussi d’une ligne claire, minimale, ponctuée de silences et de bienveillantes sonorités électroniques.

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The Dø

A Mouthful

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On ne les présente déjà plus. The Dø, premier phénomène incontournable de 2008, nous offre un ouvrage d’introduction à la hauteur du buzz qui l’entoure. « A Mouthful » est un condensé exemplaire de pop à la fois euphorisante et délassante. Juste assez gentillet pour ne pas paraître trop candide et juste assez candide pour ne pas paraître trop niais. Le duo franco-finlandais joue habilement la carte de la diversité, valsant de rythmiques simples à des sonorités légèrement plus audacieuses.

La voix haut perchée d’Olivia Merilahti, qu’elle se fasse délicate (les jolis « When Was I Last Home ? », « Song For Lovers », « Searching Gold »), hargneuse (« The Bridge Is Broken », « In My Box ») ou joueuse (le M.I.A.-esque « Queen Dot Kong »), sert merveilleusement bien les compositions du couple. «  A Mouthful » est donc une œuvre si enivrante que l’on en pardonne le manque de cohérence. Quant à se lancer dans un immense bordel organisé, autant s'arranger pour que ce soit bandant…

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