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Anders Trentemøller

L’art de se fondre naturellement dans un ensemble…

Écrit par

A l’instar de son homologue James Lavelle et pléthore d’artistes contemporains, Anders Trentemøller n’est toujours pas parvenu à choisir entre veine Electro ou Rock. Il préfère brasser et piller allègrement divers genres, mélanger savamment différentes sonorités et s’accaparer le génie d’autrui pour nourrir son propre talent.
En résulte des albums audacieux et captivants qui ont révélé le bonhomme à la face du monde et ont propulsé le timide lascar au-devant de la scène.
Lieu de tous les dangers, alors, quand il est question de retranscrire, réadapter et réinterpréter en ‘live’, des morceaux préalablement conçus dans une seule et même caboche, assistée par des machines asservies à sa vision.
Reste alors à définir la configuration de ses shows, entre confort rassurant de programmations, et samples lui permettant de s’abriter derrière une façade austère ou prise de risque en groupe, hautement plus audacieuse.
Ayant privilégié la deuxième option, bien plus excitante il est vrai, il débarquait à Bruxelles ce vendredi, veille de long week-end, se proposant de nous faire vibrer à l’unisson.

Si les impératifs et les contraintes de la semaine avaient eu raison de mon début de soirée, il est heureux que je sois arrivé pile poil à l’heure pour le début du concert de Trentemøller. J’ai donc loupé la première partie.

De la prestation accordée par Den Sorte Skole, responsable d’un savant et étonnant mélange de cultures, il faudra que je me contente du téléchargement gratuit proposé sur leur site (http://densorteskole.net), avant d’éventuellement retrouver ces résidents de Copenhague à l’occasion de l’un ou l’autre festival.

Quand Anders débarque sur les planches accompagné de ses musiciens, derrière un épais rideau de fumée, il est bien difficile de le repérer tant l’homme s’efface derrière son collectif.

Si Trentemøller est la musique d’un seul homme, rehaussée de pertinentes collaborations vocales en studio, sur les planches, elle prend forme au travers d’un groupe tout acquis à la cause de son maître.

Et l’on en vient à oublier l’existence de celui-ci.

Car hormis quelques timides avancées en bord d’estrade, on ne peut vraiment pas dire que notre ami Anders tire la couverture à lui.

A l’abri des regards, derrière ses claviers et machines, il laisse le soin aux autres musiciens d’assurer le spectacle.

Au point que sa présence en devient anecdotique.

Reste que le show est rondement mené par ses hommes… et ses deux représentantes de la gente féminine, qui loin de n’apporter qu’une touche bienvenue de sensualité, sont l’équilibre parfait dans une composition scénique balancée entre une section rythmique précise et la quasi-invisibilité de leur leader.

Principalement assurées par l’une de celles-ci, les voix à l’origine campées par diverses personnalités, prennent vie dans une seule cage thoracique.

Une voix qui se fond parfaitement dans l’ensemble et qui, si elle n’imite pas les artistes impliqués sur disque, donne corps et âme à ce concert.

Entre Electro et Rock, le set propose une relecture des morceaux sans chambouler quoi que ce soit à l’univers de Trentemøller.

Ainsi, s’il prend certains risques en studio, Anders propose en live ce que le public est venu chercher.

Ce qui confère au show un côté un peu trop propret ; et pour cause, l’essentiel est assuré de manière largement conventionnelle.

Mais sans excès non plus.

On a donc droit à un light show modeste mais respectueux de l’esthétique, grâce à de très beaux luminaires qui auraient belle allure au plafond de n’importe quel salon, mais à cinq mètres de hauteur.

Une chorégraphie robotique simple mais suffisamment distrayante que pour conquérir le public.

Et bien sûr, quelques montées d’adrénaline bien senties à des moments clé, au détour de ses morceaux phares.

Les premières notes de « Lullaby » de cure amorcent la fin du concert.

Enfin, bien entendu, le groupe revient sur le podium, pour accorder un rappel pressenti, un ‘encore’ qui s’achève sous une avalanche de bulles de savon tandis que nos musicos déboulent sur une vague Surf destinée à réveiller quelque peu l’apathie de l’auditoire (« Silver Surfer, Ghost Rider Go!!! »)

Un concert réussi, professionnel et parfaitement maîtrisé, mais sans surprise…

(Organisation : Live Nation)

 

Gold Panda

Travelling Without Moving

Écrit par

Après une flopée d’Eps, un DJ-Kicks et un premier LP publiés entre 2009 et 2012, Gold Panda balançait début 2013 le formidable « Trust EP » suivi de six mois plus tard de « Half Of Where You Live », une nouvelle galette IDM, tout en subtilité. Le taciturne Londonien se produisait à guichets fermés ce 7 novembre à la Rotonde du Botanique.

Fini le costume de Panda arboré par le mec-dont-personne-ne-connait-le-vrai-nom, à ses débuts. C’est en toute sobriété que Gold Panda se faufile derrière ses platines devant une Rotonde pleine à craquer. Et le voyage IDM peut commencer. « We Work Nights » se paie l’entame d’un set quasi sans faille. En un peu plus d’une heure, le musicien nous traîne aux quatre coins du monde (« Brazil », « My Father in Hong Kong 1961 », « An English House », « Same Dream China »…) à travers sa console analogique. Malgré la discrétion du gars, le public est plutôt réceptif et se balance sur des « Vanilla Minus » et autres « Junk City II » autrement plus remuants qu’en version studio.

Le point d’orgue de la soirée nous viendra finalement de « You », le fameux beat récupéré par les dents longues de Charli XCX. Après une interprétation XXL de son tube, le british panda balance d’un air affligé son MacBook, branché sur sa console à peine deux minutes plus tôt et manifestement en plein bug. Un petit souci technique qui serait passé inaperçu sans l’amusante réaction du bonhomme. Au final, Gold Panda a déployé un set standard mais tout à fait captivant, parfait pour oublier les petits problèmes du quotidien l’espace d’une petite heure et des poussières…   

(Organisation : Botanique)

 

Gaëtan Roussel

Drôle d’idée, cet intermède électro…

Écrit par

Jeudi dernier, le Botanique affichait complet. A la Rotonde, Gold Panda, prodige anglais de l’électro avait réussi à faire salle comble, tandis qu’à l’Orangerie, Gaëtan Roussel y parvenait presque. Autant dire que le bar a dû bien tourner tout au long de la soirée. Quoi qu’il en soit, votre serviteur s’était déplacé au Botanique pour assister au concert de l’ex-leader de Louise Attaque et de Tarmac. Originaire de Rodez (NDR : c’est dans l’Aveyron) le Français était venu présenter son dernier album sorti en septembre, « Orpailleur ».

En pénétrant dans la salle, vers 20h15, j’éprouve de grandes difficultés à me frayer un passage au sein de la foule. Et la température qui règne au sein de l’Orangerie est déjà particulièrement élevée. Le supporting act a déjà entamé son set. Il est assuré par Christine and The Queens. Sur les planches, une jeune dame est entourée de deux danseurs. Pas de trace d’instruments, cependant. Héloïse de Nantes interprète ses textes sur une bande son, un peu comme lors d’un karaoké… Son électro-pop est d’une insipidité consternante. Aussi, quand ces danseurs vident les lieux –en fait après le premier morceau– on a intérêt à circuler, car il n’y a strictement plus rien à voir. Elle avoue ne pas être l’aise sur l’estrade. Mais on a du mal à croire ce qu’elle nous raconte, surtout quand on sait qu’elle a suivi une formation d’art dramatique. A mon humble avis, j’ai l’impression qu’elle n’est pas capable de défendre son album ; il n’y a d’ailleurs rien à défendre…   

Après une courte pause, Gaëtan Roussel monte sur le podium. Si, pour l’écriture, le Français travaille en solitaire, en concert, c’est loin d’être le cas. En ‘live’, il est généralement flanqué d’un backing group. Pour la circonstance, il est soutenu par deux choristes, deux batteurs, un bassiste, un guitariste. Rapidement, et pour le plus grand bonheur du public, il attaque les plages les plus notoires de son répertoire, dont les excellents « La simplicité » et « Eolienne ». Rien qu’à travers ces deux chansons, on prend conscience du talent de ce compositeur. De son professionnalisme aussi ! Et pour cause, le son est vraiment impeccable. Enfin, Gaëtan semble totalement épanoui. Arborant le sourire aux lèvres, il communique avec son public…

Soudain, un rideau de tulle s’élève. Le groupe interprète alors plusieurs morceaux tandis que des animations liées à l’artwork de la pochette sont projetées sur cette toile. Pas de doute, visuellement, ça en jette. Malheureusement, si le côté ‘électro-folk’ du Français me botte, sa  face ‘électro-dance’ me gonfle. A l’instar de son dernier single, « Orpailleur », qui évoque un certain Plastic Bertrand ! Mais c’est lorsque le groupe s’est lancé dans une espèce de techno rudimentaire que je me suis le plus consterné. Un intermède qui a duré un bon quart d’heure et au cours duquel il a fallu se farcir un bombardement de grosses basses et une atomisation des lignes de claviers. Or, Gaëtan Roussel n’est pas Gold Panda ! C’était comme si on s’était replongé en pleine Rave Party au beau milieu des 80’s. Heureusement le groupe est finalement parvenu à retomber sur ses pattes en enchaînant par « Help myself (nous ne faisons que passer) ». Au bout d’une heure et demie de prestation, au cours de laquelle il nous a quand même réservé une reprise de Gainsbourg et une autre de Talking Heads, la troupe vide les lieux…

En sortant du Bota, la foule semblait satisfaite du concert. Malgré cet exercice de style électro aussi expérimental qu’inutile. Une chose est sûr Gaëtan Roussel s’est livré corps et âme ce soir ; et en plus, avec le sourire. Mais personnellement, je le préfère armé d’une guitare acoustique que derrière des machines. Chacun son truc…

(Organisation : Botanique)

 

Austra

La Déesse de la Lumière plongée dans le 'dark'…

Dans la mythologie lettone, Austra est le nom de la Déesse de la Lumière. Originaire de la rive orientale de la mer Baltique, Katie Stelmanis, la chanteuse qui dirige la formation canadienne, mélange à la perfection cette lumière nordique et l'obscurité, le côté sombre des émotions et des atmosphères. Après avoir récolté un véritable triomphe au Vk*, en juin 2012, et accordé une prestation intimiste à Gand, au cours du même mois, mais un an plus tard, Austra revient ce soir dans une salle, comble, celle de l'Orangerie du Botanique, pour défendre son nouvel opus, "Olympia".

La scène est plongée dans une lumière bleutée. Des parasols blancs sont disposés à différents endroits du podium : éclairés de l'intérieur, ils constitueront l'élément de light show le plus notable, à côté de l'image de montagnes reproduisant celle de la pochette d'"Olympia », projetée à l'arrière-plan.

Sur les accords de "What We Done?", les musiciens entament donc le set. Ils sont tous habillés de blanc, sauf Maya Postepski, vêtue d’une blouse dorée. A côté de Katie Stelmanis, on reconnaît le bassiste et membre permanent Dorian Wolf ainsi que le claviériste Ryan Wonsiak. Grande surprise, les jumelles Sari et Romy Lightman qui assurent, en général, le rôle de danseuses et chanteuses 'backing vocals', sont absentes. Stelmanis avait prévenu qu'elles ne participeraient pas à toute la tournée, vu leur implication au sein de leur projet indie-folk Tasseomancy. Malheureusement, cette défection va se faire cruellement sentir tout au long de la prestation. Leur look très particulier de gitanes en costumes folk alternatifs et surtout leur présence scénique constituait, en effet, un atout incontestable lors du spectacle octroyé au Vk*. Un nouveau musicien figure par contre au sein du line up : un tromboniste ; sans doute Ewan Kay, qui a participé aux sessions d’enregistrement d’"Olympia".

La setlist est consacrée, à parts égales, aux deux long playings du combo. "Painful Like" et "Forgive Me", deux singles issus d'"Olympia", apportent une jolie impulsion de départ et Stelmanis est resplendissante dans sa robe blanche en satin. Elle glisse spontanément du micro, placé à l'avant de la scène, à son clavier Nord Stage, en virevoltant comme une petite fille. Elle l'a souligné dans une interview, les concerts de ce nouveau périple incluent beaucoup plus de parties interprétées en live, la programmation en Ableton leur permettant de modifier avec une plus grande flexibilité les séquences et les interventions des différents musiciens.

D'une façon générale, le son est bien équilibré et la batterie est assez discrète dans le mix, laissant une large place à la voix de Stalmanis. Celles des soeurs Lightman sont prises en charge par Maya Postepski, soutenue circonstanciellement par les backing tracks. Après "The Choke", un autre extrait du premier elpee déclenche les premières réactions d'enthousiasme au sein du public : "The Villain". Encouragée, Stelmanis vient s'agenouiller au-devant de l’estrade. Très concentrée sur son chant, elle accompagne chaque phrasé par des gestes des bras et des mains ; une technique qu'elle doit à sa formation. Rappelons que dans son jeune âge, elle a suivi des cours de piano classique et appartenait au Chœur d'Enfants de l'Opéra canadien. Malheureusement, au fur et à mesure que le concert évolue, on constate des problèmes de justesse, surtout sur "Lose It". Mais je me suis laissé dire qu'elle était malade, ce qui excuse tout à fait ces petites imperfections. De plus, elle a précisé en interview que sa voix est aujourd'hui légèrement plus grave qu'auparavant : elle devrait peut-être chanter "Lose It" un ou deux tons plus bas?

La belle ballade "Home", très bien accueillie par le public, ouvre le volet central, plus calme, de la prestation. Pour ceux qui ne la connaissent pas, la musique d'Austra est d'une intensité rare, croisement entre le lyrisme noir et mélancolique de Stelmanis et les rythmes tour à tour electro-dance, trance ou expérimentaux. Pour la voix, on pense à Kate Bush, Björk et Natasha Khan de Bat For Lashes, mais aussi aux chanteuses 'dark' comme Zola Jesus, elle aussi américaine originaire d'Europe de l'Est, Chelsea Wolfe ou Florence Welsh. Les arrangements évoquent tour à tour à New Order, Glasser, Anne Clark, Radiohead ou The Knife.

Les deux dernières compositions du set permettent au groupe de faire remonter la pression: "Lose It" déclenche des cris dans le public, surtout au moment où Stelmanis effectue la vocalise lyrique qui a rendu ce titre reconnaissable entre mille. Enfin retentissent les premiers sons électro de "The Beat And The Pulse" et par déduction, on imagine que la fin de parcours sera chaude... En effet, les fans sont en extase, les mains en l'air, pendant ce hit électro –en version longue– qui a cartonné sur les dance floors alternatifs du monde entier. Regardez la vidéo de ce moment unique ici 

Lors du rappel, Austra ne nous réservera pas "Annie (Oh Muse, You)" comme indiqué sur la setlist, mais bien l'excellent "Spellwork", suivi du lancinant "Hurt Me Now".

En quittant l'Orangerie, un sentiment mitigé nous envahit. Car la prestation a été, dans l'ensemble, moins puissante, moins irrésistible que celle accordée au Vk*, notamment à cause de l'absence des soeurs Lightman et surtout, de la nature, moins electro, de beaucoup de nouveaux morceaux. Austra n'en reste pas moins une formation exceptionnelle, offrant une musique d'une beauté désarmante, en tous points magique.

(Voir notre section photos ici)

La première partie était assurée par Crime, un duo berlinois composé de Mika Risiko (Sissters) et Sarah Adorable (Scream Club). Leur synth-pop expérimentale s’appuie sur leur Ep "Epiphany". Sur les planches, la carrure transgenre de Risiko impressionne. Sa voix, sorte de croisement entre Alison Moyet et Brian Molko, est étrange. Adorable est plus discrète. Tant aux claviers qu’au chant. Mais révèle, lorsqu’elle en a l’occasion, un joli timbre. Une prestation décalée, résolument originale, qui a autant intéressé les uns que franchement déçu les autres… (Et pour les photos, c'est )

Organisation: Botanique

 

Föllakzoid

Space Chili

Écrit par

Ce concert, on en parlait depuis des semaines dans la petite communauté d'amateurs de musique cosmique liégeois. Chacun y allait de son petit commentaire sur les réseaux sociaux pour tenter de convaincre. ‘Ne ratez pas ces Chiliens, l'album est formidable’. ‘Des Chiliens?...’ ‘Oui des Chiliens qui pratiquent le kraut-rock comme Can et en plus, ils sont sur Sacred Bones, un des meilleurs labels du monde’. Le lobbying semble avoir fonctionné. La salle (on devrait plutôt parler de pièce puisque il s'agit d'un living aménagé) est copieusement garnie pour accueillir Föllakzoid et sa première partie, les Gaumais d’Umungus.

Le trio Umungus constitue le parfait supporting-act. Il a récemment assuré la première partie des vétérans d’Acid Mother Temple, au Magasin 4, une formation légendaire du psychédélisme. Il nous plonge directement dans des atmosphères qui fleurent bon le psyché rock des années 70. Oscillant entre passages lents aux relents jazz-rock et chevauchées électriques, on est bluffé par la maîtrise technique. Plus Gong que Can, il offre en tout cas un solide set jamais indigeste. Le guitariste s'en donne à coeur joie et n'est pas avare en petits effets psyché de tous genres indispensables à ce style, mais suffisamment maîtrisés pour ne pas devenir superfétatoires. On apprécie également le travail du batteur sur les cymbales. Pas de réelles longueurs lors de ce set qui augure un bel avenir aux Luxembourgeois. Allez faire un petit tour sur leur page Bandcamp, vous ne serez pas déçus si ce type de musique recueille vos faveurs.

Quatre Chiliens chevelus à la mine un peu fatiguée s'installent alors sur scène. Follakzoïd a certainement publié un des albums kraut/space rock de l'année ("II") et se produit donc à Liège, au milieu d'une longue tournée européenne comptant une soixantaine de dates. Ils figurent également à l’affiche du Yellowstock Winterfest qui se déroulera le 30 novembre à Geel en compagnie, entre autres, de Dead Skeletons et Naam. Remarqués par ces grands talent scouts de Sacred Bones en 2009, suite à leur prometteur premier long playing, le combo a tout de suite trouvé sa place parmi leurs éminents collègues de label (Moon Duo et Psychic Ills notamment pour citer les plus proches musicalement, sans oublier leurs compatriotes d'Holydrug Couple).                                  

Le set démarre en douceur. Quelques minutes atmosphériques avant de se lancer dans les compositions les plus clairement kraut-rock du quatuor de Santiago ("Trees", "99"). Le fantôme de Can hante ces morceaux aux rythmiques et à la basse métronomiques. La voix spectrale, style Moon Duo, du chanteur/guitariste se pose sur cette autobahn musicale. On est à Cologne. En 72 ! Quelques notes de guitares, fatalement pleines d'écho, peuvent également évoquer Spacemen 3. Kraut-rock, space-rock, cosmic music, peu importe finalement. La musique plane sec et devient même presque dansante à l'apogée de ces très longues et évolutives plages.

Puis, curieusement, le groupe replonge dans des climats plus méditatifs et hypnotiques. Le public est moins attentif. Logique, c'est presque ennuyeux.

Certainement délectable au coin du feu mais pas franchement folichon à ce moment. Un dernier morceau mid-tempo ne parvient à nous replonger complètement dans la transe. Fin. Il n'y a pas de rappel. Les guitares sont déjà dans les housses. On regrettera donc un peu cette trame où le paroxysme est venu un peu tôt et où la fin était sans doute un rien mièvre ; mais on ne parlera pas pour autant de concert moyen. La plupart des gens présents ont apprécié et iront, si ce n'est déjà fait, jeter une oreille sur l'album. On aurait juste aimé que les parties plus débridées et expérimentales s'étirent un peu plus. En ce sens, le dernier morceau a offert un final explosif mais extrêmement court au regard de sa durée. En fait, on aurait apprécié que la formation propose un peu plus qu'une simple copie de "II", opus formidable mais finalement assez domestique. Vu leurs têtes à la fin du concert, il n'en avait peut-être tout simplement pas l'énergie. A revoir dans un cadre moins feutré, peut-être.

(Organisation : Jungle)

 

Josh Ritter

Josh le bienheureux…

Écrit par

Déjà responsable de 5 albums à ce jour, Josh Ritter, petit gamin de Moscow dans le très Midwest Idaho, a bien grandi et évidemment pris de la bouteille… C’est donc une salle copieusement garnie qui accueille ce chantre de l’Americana, le mardi 5 novembre, à l’Orangerie du Botanique. Peu médiatisée dans nos contrées, cette plume inspirée est pourtant, depuis quelques années, l’auteur d’une multitude de morceaux folk-rock racés de haute tenue, des compos qui récoltent un certain succès bien mérité dans son pays d’origine mais aussi en Irlande (où il était le protégé de Glen Hansard) et en Ecosse !

C’est sous une formule trio, accompagné de ses musiciens Zack Hickman et Austin Nevins, que Josh Ritter entame son show. Il affiche un large sourire qui ne le quittera pas de la soirée. Son groupe, modestement baptisé ‘The Royal City Band’, est impressionnant de justesse. Faut dire que dès les premières notes, on se rend compte que la sonorisation est absolument parfaite. Une entrée en matière idéale donc ! Zack Hickman affiche un look vintage. Ou old school, si vous préférez. A cause de sa moustache, mais également de son costard. Ses interventions à la contrebasse parviennent irrésistiblement à faire swinguer les compos, pendant qu’Austin Nevins, véritable virtuose, jongle aisément entre mandoline, banjo et guitare acoustique ou électrique. Josh communique énormément avec son public. Il avoue être lassé des concerts noyés dans l’électricité et se tourne volontiers vers les versions épurées de ses quelques hits folks, tels que « Snow is Gone », « Wings » ou « Me & Jiggs ». Un retour à la simplicité qui le pousse même à interpréter plusieurs morceaux ‘a capella’, juste devant la foule. L’artiste laisse transparaître toute sa bonne humeur à travers ses ballades americana **** étoiles. Rarement le public aura rencontré une brochette de musiciens si humblement heureuse de se produire au Botanique. Une bonne humeur tellement communicative qu’aucun spectateur ne verra passer l’heure quarante de prestation partagée entre émotion et joie de vivre !

Pour clôturer la soirée, un rapide rappel débute par un étrange morceau solo signé par le contrebassiste Zack Hickman, nous racontant l’histoire d’une pieuvre au don mimétique pourtant plongée dans la solitude (…) et se termine par une nouvelle version ‘a capella’ de « Kathleen », compo au cours duquel il est accompagné de ses musiciens et de Tift Merritt, la chanteuse de country américaine qui avait ouvert pour lui en première partie. Un ‘feel good’ concert de haute tenue !

(Organisation Botanique)

 

Various Artists

Dale La Bota

Écrit par

« Dale La Bota » correspond à une plongée vertigineuse au sein de la culture populaire de Los Angeles baignant dans le punk et la musique mexicaine ; une immersion offerte par les maisons Hellcat (le label de Tim Armstrong, également chanteur/guitariste chez Rancid) et Smelvis ! Une déclinaison latine des fameuses compilations « Give the The Boot » (‘Dale La Bota’ en espagnol) qui traite de ska-punk (La Probeska, mais également le très cool The Interrupters qui reprend ici Jimmy Cliff), de ruées hardcore (Union 13 et les pas très convaincants 8 Kalacas) et de reggae tex-mex (Big Javy & Los Tenampa). Un recueil qui épingle également des titres inédits ; et notamment de Tim Timebomb, des vétérans de Voodoo Glow Skulls ainsi que d’Inspector… Une face du punk californien observée depuis l’angle hispanique le plus intéressant…

 

Setting Sun

Be here when you get there

Écrit par

Il était encore étudiant dans un lycée du Queens, quand il compose ses premières chansons. Depuis, Gary Levitt a largement dégrossi son talent de songwriter. Et a pas mal bourlingué. Quittant son New York natal pour émigrer quelque temps à Los Angeles et Londres, avant de revenir au bercail. Après quelques expériences peu concluantes, il monte Setting Sun. En 2008. « Be here when you get there » constitue déjà le cinquième album de son groupe à géométrie variable. Pour cet opus, on retrouve notamment à la basse Jen Turner (Here We Go Magic, Joseph Arthur). Un disque pour lequel Levitt s’est chargé de la composition et de la production.

« Be here when you get there » est un disque sculpté dans le pop folk. Les instruments acoustiques (guitare, violon, …) constituent la charpente des compos, une ossature sur laquelle la voix moelleuse de Levitt, souvent balayée d’arrangements de cordes, vient se poser, communiquant une belle palette d’émotions qui oscillent de la mélancolie à l’allégresse. Si la plupart des plages sont imprimées sur un mid tempo, certains titres se révèlent un peu plus vivaces (« Idiot »).

Cette œuvre baigne dans un univers sonore au sein duquel milite Port O’Brien ou encore sévissait, feu St-Thomas alias Thomas Hansen (NDR : il est décédé en 2007). Une radio a même osé comparer Setting Sun à Arcade Fire. Personnellement il y a un (bon) pas que je n’oserai pas franchir !

Bref si ce long playing n’est pas extraordinaire, il cependant tout pour plaire. Il s’écoute d’une traite et finalement ne manque pas de charme…

 

Paganella

Bingo

Écrit par

A l’heure de la communication, afficher une pochette manquant à ce point d’inspiration est un obstacle.

Quand on sait que derrière ce nom se cache un combo s’exprimant en français dans le texte sur des compositions résolument Rock, l’écueil semble même insurmontable.

Si en plus le premier titre s’intitule « Le Goût Du Fiasco », on considère l’étendue du risque que prend ce groupe originaire de Toulon.

Pourtant, le nom de Denis Barthe à la réalisation éveille la curiosité.

L’ex-batteur de Noir Désir a-t-il eu le nez fin se demande-t-on ?

A la première écoute, le projet suscite une certaine sympathie, notamment par la grâce de quelques mélodies vocales accrocheuses.

Quelques imperfections techniques et un suave slow (« A l’ombre du frêne ») tempèrent  néanmoins cet enthousiasme.

L’album déroule ensuite et se laisse écouter distraitement.

Plus à l’aise sur des tempos enlevés, Paganella tire son épingle ici, mais se perd dans la pelote là-bas.

On pense à Mell, autre Française à la langue bien pendue (certaines similitudes troublantes dans la voix), mais on est loin de son génie drôle et iconoclaste.

Arrivé au terme de ce CD, on le range dans son insipide pochette et il y a peu probable qu’on l’en extraie à nouveau dans le futur.

 

Jonny Lang

Fight for my soul

Écrit par

Ce jeune chanteur/guitariste est aujourd’hui âgé de 32 ans. Il n’en a que douze, lorsqu’il chope le virus du blues. A 14 ans, il sort son premier album sur un label indépendant. Intitulé "Smokin'" il paraît sous le patronyme de Kid Jonny Lang & The Big Bang. Un an plus tard, il signe chez A&M. Il y publie "Lit to me", début 1996, la veille de ses 16 printemps et en écoule plus d'un million d'exemplaires. En 1998, il grave "Wander this world", une œuvre au cours de laquelle il mêle blues, soul, funk et même pop, mais surtout démontre qu’il a déjà atteint un stade étonnant de maturité. Malheureusement, il traverse ensuite une période d'addiction à l'alcool et aux drogues. Il a cependant le courage de se remettre en question et se convertit alors au christianisme. Il faudra attendre la fin 2001 pour saluer la publication d’un nouvel elpee, un disque résolument pop-rock baptisé "Long time coming". Il opère un nouveau virage à 180°, en 2006. Son nouvel essai, "Turn around", n’est en effet ni blues, ni pop/rock, mais gospel et spiritual. Et si on ne tient pas compte de l’album "Live at the Ryman", immortalisé en 2010, il a fallu attendre sept longues années avant de voir un LP studio tomber dans les bacs. Pour la toute première fois, il est épaulé par son backing group habituel.

"Blew up" ouvre la plaque. Une piste chargée de promesses. Agréable à l’écoute aussi. Bien construite, parfaitement mise en forme, elle est imprimée sur un tempo accrocheur. Contagieuse, la voix de Jonny est soutenue par des chœurs féminins. Il y règne un climat R&B propice à la danse, presque ‘motownesque’. Cependant, acérée, déjantée et singulière, la guitare parvient à se libérer. Nonobstant sa structure élaborée, "Breakin' in" trempe dans un R&B aux accents pop et commerciaux, une piste au cours de laquelle les percussions sont placées bien à l'avant-plan. Et "We are the same" est de la même trempe. Un R&B chiadé, luxuriant même, qui intègre cordes et arrangements amples. A cet instant, nous ne sommes plus très loin d’un Stevie Wonder, mais à des années-lumière du blues rock que le guitariste nous dispensait au cours de son adolescence. "What you're looking for" pénètre alors dans l’univers soul/pop de feu Michael Jackson, même si les interventions remarquables de la six cordes dominent l’ensemble. Curieux ! Et "Not right" creuse le même sillon. "The truth" est une ballade au sens mélodique aiguisé. Légèrement écorchée, la voix passe bien la rampe. Les interventions de guitare sont limpides, belles à pleurer. "River" est contaminé par le son Tamla Motown, un excellent R&B au cours duquel on s’attend à voir débarquer les Four Tops ou les Supremes. Autre ballade, "Fight for my soul" épouse un profil assez proche d'un Eric Clapton contemporain, mais en plus musclé. Et un peu pleurnichard sur "All of a sudden". Encore une ballade : "Seasons". Indolente, chargée de cordes, elle s’étire lentement, mais sûrement, comme une B.O. de film. Solennelle, "I'll always be" est une longue plage qui clôt l’elpee. Difficile de comprendre pourquoi Jonny a concentré les pistes les plus rythmées en début de parcours, et les plus lentes en fin de tracklisting…

 

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Road dog's life

Écrit par

Né fin des 80’s, ce duo surfe littéralement sur une vague de contrastes. Ils sont pourtant tous deux guitaristes. La longue crinière qui lui tombe sur les épaules, Smokin' Joe Kubek porte maintenant une barbichette blanche. Et il est blanc. Chanteur, Bnois King, lui, est de couleur noire. Depuis leur rencontre, ils ont publié près de 15 albums et sont reconnus par toute la communauté blues. Leurs disques sont d’ailleurs tous sortis sur d’illustres labels. Que ce soit Bullseye, Blind Pig, Alligator et depuis deux ans, Delta Groove. C'est Randy Chortkoff, le boss de cette écurie qui s’est chargé de la production de ce nouvel elpee dont dix des douze plages sont composées par le tandem.

Pour la circonstance, nos deux gratteurs ont reçu le concours de Willie J Campbell (Mannish Boys, ex-Fabulous Thunderbirds et James Harman Band) à la basse et Jimi Bott (Woodbrain, ex-Mark Hummel, Rod Piazza et Fabulous Thunderbirds) à la batterie.

Le duo s’est forgé un style bien distinct. Et dès les premières notes de "Big money Sunny", on reconnaît immédiatement leur patte. Empreinte de délicatesse, la compo est soulignée par la voix veloutée de Bnois et ponctuée par une sortie de guitare toute en créativité. Et "Come on in" qui embraie est tout aussi raffiné. "Nobody but you" nous entraîne au cœur d’un climat digne de Sonny Boy Williamson II. On remarque bien la présence de deux chanteurs et deux harmonicas. Il s’agit de Randy Chortkoff et l'inimitable Kim Wilson. A charge de Jimi Bott de bien imprimer le rythme. Joe et Bnois s’y réservent chacun une sortie sur les cordes, dans leurs genres spécifiques. "Road dog's life" accélère le tempo. Kubek y puise l'inspiration pour décocher une brassée de flèches sur ses cordes. Kim Wilson souffle dans son harmonica sur "K9 blues", un blues classique au cours duquel Smokin' Joe construit un solo qui monte progressivement en puissance, dans un style emprunté à Freddie King, son ex-patron! "The look at your face" est parcouru d’accents exotiques. Ceux de la rumba. Bott entretient parfaitement ce climat à l’aide de ses percussions. Invité, Kid Andersen s’autorise un superbe solo, mais à la touche tellement singulière, si proche du grand Peter Green. Il est aussitôt relayé par un Kubek au sommet de son art. Les deux solistes prennent leur pied face aux superbes interventions de basse dispensées par Willie J Campbell, sur l’excellent blues rock "Face to face". Une surprise ? La reprise du "Don't bother me" de George Harrison. Et Kubek se ménage une splendide sortie lors de cette remarquable adaptation. Kim Wilson se révèle aussi percutant au chant qu’à l'harmonica sur "I ain't greasin'", un blues imprimé sur un tempo élevé. Kubek est à la lap steel et King au crachoir pour "Talkin' bout bad luck", un blues plutôt indolent. Et une seconde surprise nous attend. Après avoir adapté les Beatles, ils s’attaquent aux Rolling Stones. Leur version du "Play with me" est plus rapide que l’originale. Largement infusée de blues, elle met en exergue l'harmo de Chortkoff et les cordes des deux gratteurs. Cet excellent opus s’achève par "That don't work no more", un blues rock solide balisé par une rythmique familière à Jimmy Reed.

 

Fire ! Orchestra

Exit !

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Ce disque est bien difficile à appréhender, difficilement cernable de prime abord.

Car on  pourrait craindre le concept fumeux, l’avant-gardisme rébarbatif, l’essai Arty ennuyeux.

D’ailleurs, un parcours rapide et hasardeux aurait tôt fait de vous glacer d’effroi et de circonspection.

C’est que cet album nécessite la plus grande vigilance, demandant d’abord aux sens de s’habituer à l’obscurité pour ne pas se heurter aux contours acérés d’obstacles évidents.

Pourtant, à l’instar d’un excellent moment cinématographique, « Exit ! » s’approprie l’attention, l’avale dès les premiers instants, tente sauvagement de sucer le flux de vos idées, des plus inavouables aux plus anodines.

Et en deux plages seulement, Fire ! Orchestra se propose d’œuvrer comme catalyseur onirique.

Il est bien entendu question de film d’auteur ici, plus que de film d’horreur.

Et pourtant…

Car cette œuvre demande une réelle volonté d’être confrontée et malmenée de bout en bout, de se laisser séduire avec violence.

Un voyage en terres boueuses, fiévreuses, aux relents Jazz et Kraut.

Mais bien plus encore.

Imaginez Nina Simone happée par une nuit de grand vent et violentée dans la trame d’une toile de Jérôme Bosch, et vous commencerez à cerner le genre d’ambiances sombres et agitées qui traversent cet elpee d’un bout à l’autre.

Danse schizophrène et plongée en apnée vers des cieux balayés de flammes sourdant de derrière une épaisse tenture rouge au milieu d’une forêt, les deux chemins présentés ici ne mènent évidemment pas vers une quelconque sortie.

C’est un leurre qu’on devine dès le début. Un jeu de piste tortueux pour qui aime s’égratigner au contact des ronces.

Mais pour peu qu’on se laisse prendre à ce piège sans résister, curieux de savoir ce qui se trame au détour de chaque trompette, sous chacun de ces grooves, au-dessus de la cime de ces voix tournoyantes et enivrantes et dans les caresses charnelles de ces saxes, l’ivresse est au rendez-vous.

Fire ! Oui. Et il marche avec moi.

Orchestra, absolument, car il y a ici pléthore d’instruments donnant vie à ce cauchemar.

Le tout dessinant un décor infernal que l’imagination se charge de mettre en scène, quelque part entre l’enfer de Dante et les images syncopées de David Lynch.

 

Darkane

The Sinister Supremacy

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Quand « Rusted Angel » est sorti en 1999, Darkane a dépoussiéré avec grâce et talent la scène thrash, genre alors moribond. Technique, puissant, usant d’un sens de la mélodie inné mais intelligent, le groupe a su, tout au long de sa discographie, garder le cap qu’il s’était fixé, sans jamais céder un iota au death mélodique entre-temps popularisé par Soilwork et In Flames ou à quelque autre style que ce soit, au prix d’un succès de foule qu’il ne connaîtra jamais. Il devra se contenter de l’estime des mélomanes et d’un statut de culte, référence ultime en termes de thrash puissant et mélodique. Après une pause de cinq ans, les Suédois reviennent en forme et proposent un album qui ne déparera pas au sein de leur magnifique discographie. Ce qui leur permet à nouveau de s’imposer comme les leaders d’un genre qu’ils maîtrisent comme personne. Intelligemment composé, jamais facile, tout en restant d’une efficacité imparable, « The Sinister Supremacy » n’a non seulement pas à rougir face au reste de l’impressionnant CV du groupe, mais s’impose très vite comme une de leurs meilleures sorties.

 

Daddy Longlegs (Canada)

The devil's in the details

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Daddy Longlegs est considéré comme un groupe de garage. Il nous vient de Waterloo, dans l'Etat d'Ontario, au Canada. Fondé en 2001, il a décroché un Maple Blues Award (César du blues canadien), en 2008. Le line up réunit le chanteur/guitariste Mike Elliott, l’harmoniciste Chris ‘Junior’ Malleck, le bassiste Steve Toms et le drummer Jeff Wagner. Les musicos revendiquent comme influences majeures, les spécialistes du West Coast blues, comme Rusty Zinn, le regretté Nick Curran, les Fabulous Thunderbirds, Red Devils, James Harman et Little Charlie and the Nightcats. "The devil's in the details" constitue leur 5ème opus.

L’elpee démarre par le titre maître. Un brûlot à l’impact direct. Les sonorités primaires dispensées par la guitare me rappellent les Red Devils. La voix est caractéristique des ‘garage bands’. L’harmonica est plutôt détonnant. "Your love is killing me" élève le tempo. Chris Malleck est incapable d’attendre son tour et aligne une série de notes torrides, explosives. Il est rapidement relayé par Elliott qui n’hésite pas à en remettre une couche. Mike chante, d’un timbre à la fois perçant et émouvant, le blues lent "Lonely". Sa sortie aux cordes est bien plus parcimonieuse, face aux interventions graves et écrasantes de la section rythmique. Guitare et harmonica se conjuguent pour attaquer le nerveux "Borrowed time". Wagner en profite pour s’exciter sur ses fûts, alors que Malleck nous réserve un solo plein de dynamisme. Shuffle menaçant, "40 hour wreck" est balisé par le travail rythmique de la guitare. Une compo qui brille par sa cohésion. Manifestement la formation canadienne prend plaisir à nous faire partager sa musique."Easy for me" adopte le rythme du Chicago Westside originel. La voix se déchaîne sur "Get drunk and be someone", du pur rock'n'roll, très jump, au cours duquel Chris souffle dans son harmo comme un possédé alors que Mike semble hanté par le regretté Hollywood Fats. Ralentissement de tempo pour "You wonder", une plage qui baigne au sein d’une atmosphère lourde et au cours de laquelle la guitare se charge de reverb’. Malleck aborde le thème musical de "Summertime" dans sa partie libre à l'harmonica. "The one" lorgne à nouveau vers les Red Devils de Lester Butler. Le rythme est hypnotique et la six cordes totalement déjantée. "Half pint" nous replonge dans le West Coast jump. De bonne facture, cet opus s’achève par un blues acoustique intitulé "Dug my own grave".

 

Crocodiles

Crimes Of Passion

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Retour au soleil pour nos sauriens de San Diego, puisque après la superbe Berlin, c’est à Los Angeles que cet album a été enregistré sous la houlette de Sune Rose des Raveonnettes.

Un retour à la lumière, certes, mais le climat européen n’est nullement délaissé pour autant.

En témoigne le premier titre « I Like It In The Dark », présenté comme un joyeux hymne athéiste agrémenté d’un chœur Gospel et de fulgurantes traverses de lumière giclant de guitares incisives et d’un piano endiablé.

Mais ce qui frappe en premier (et qui est mis en exergue par la pochette du disque), c’est l’influence du Velvet Underground, filiation de plus en plus évidente avec celles déjà pressenties d’Echo & The Bunnymen ou encore d’une certaine frange anglaise, Jesus & Mary Chain en tête.

Les mélodies sont mises en avant mais le bruit n’est pas exempt pour autant.

Elargissant leur panorama, Crocodiles s’offre un album d’une grande maturité, là où sur scène, ils en sont restés à un stade antérieur.

Citant The Soft Boys en lieu et place des Beach Boys ou encore The Jackson 5 là où attend (et entend?) les MC5, la bande à Charles Rowell et Brandon Welchez a décidé de frapper fort dans la sphère du revival nineties.

Le détachement de la voix confère toujours ce côté ‘cool’ aux compositions et « Crimes Of Passion » a tout d’un très bon album.

Car la passion est en effet bien présente et suinte au détour de chacun des titres. L’attitude est honnête. On sent que le groupe a grandi, passé un cap, et qu’il désire s’attaquer à des sommets plus élevés. Et de s’en donner les moyens.

Le résultat est peut être trop brillant, trop poli, mais n’enlève en rien la qualité intrinsèque des compositions.

Si cet album n’est peut être pas celui qui les fera rentrer au panthéon de leurs glorieuses idoles, il n’en demeure pas moins leur plus réussi à ce jour.

 

Joe Cocker

Fire it up Live

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Depuis le succès commercial décroché fin 1968 par sa cover du "With a little help from my friends" des Beatles et son passage remarquable et remarqué au Festival de Woodstock, en août 1969, Joe Cocker est considéré comme une star mondiale. Le petit bonhomme de Sheffield fêtera ses 70 balais en 2014. Ce double album a été immortalisé à l'Anxess Arena de Cologne, en avril dernier. Il fait la part belle à son dernier opus studio, "Fire it up", sorti en 2012, puisque 8 plages ont été retenues dans le tracklisting. Il y a bien longtemps que les vétérans du Grease Band ou de Mad Dogs and Englishmen n’assurent plus le rôle de backing group. Par contre, Joe possède encore cette voix chaude si caractéristique, idéale pour aborder son pop/rock teinté de soul et blues.

Le concert démarre par "I come in peace", une piste issue de son dernier elpee studio. Joe est introduit sur scène par les claviers de son directeur musical Nick Milo. La voix rappelle toujours celle de Ray Charles et domine l'ensemble. Il embraie ensuite par deux de ses grands succès, "Feelin' alright" de Dave Mason, soutenu par les interventions bien dynamiques de Milo au piano, et "The Letter", une compo que les Box Tops avaient traduite en hit, dès 1967. Caractérisées par celles du piano, du saxophone de Norberto Fimpel et des voix féminines de deux choristes, la version est exceptionnelle. "When the night comes" est un autre titre qui figure à son répertoire depuis bien longtemps. Un hard rock mélodique signé Bryan Adams. Une occasion rêvée pour le guitariste Gene Black de tirer son épingle du jeu. Originaire de Detroit, ce gratteur partage la scène avec Joe depuis 1997. Sur ce premier cd, j’épinglerai encore la reprise du "Up where we belong" de Buffy Sainte-Marie. Et pour mettre en exergue cette superbe mélodie empreinte d’une grande sensibilité, Joe et une voix féminine se partagent des vocaux. A l'origine, en 1982, il la chantait en compagnie de Jennifer Warnes. Sans oublier la reprise tout en puissance du "Come together" des Beatles et une impeccable relecture du "You are so beautiful" de Billy Preston, au cours duquel sa voix écorchée libère tellement d’émotion…

Le second compact disc s’ouvre par le titre maître de son dernier opus, "Fire it up". Il aligne ensuite toute une série de morceaux plus notoires les uns que les autres. Tout d’abord "N'oubliez jamais", une compo signée par Russ Kunkel et Jim Cregan (ex-Family/Cockney Rebel), qu’il avait incluse sur son long playing "Across from midnight", en 2003. Et au cours de cette cover impeccable, le clavier emprunte le son d'un accordéon. Le "You can leave your hat on" de Randy Newman, ensuite. Un de ses titres fétiche. La version particulièrement réussie d’"Unchain my heart" est vraiment hantée par son idole, Ray Charles. Bien entendu, lors d’un concert de Joe Cocker, sa célèbre reprise du "With a little help from my friends" est incontournable. Pour la circonstance, elle s’étale sur plus de 11'. En fin de concert, il nous réserve le "Summer in the city" de John Sebastian (NDR : en 1966, cette chanson avait permis à Lovin' Spoonful d’atteindre le sommet des charts). Sans oublier, bien sûr, un pétillant  "Cry me a river". Un show de Cocker est toujours soigné et d’excellente qualité, y compris de nos jours ; même s’il n’engendre plus aune surprise et encore moins de grande claque…

 

Sean Chambers

The Rock House sessions

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Originaire de Fort Meyers, en Floride, Sean Chambers est chanteur et guitariste de blues. En 1998, il avait déjà publié un premier album, intitulé "Strong temptation". Il rejoint alors le légendaire Hubert Sumlin (ex-guitariste de Howlin' Wolf), pour y assurer le rôle de second gratteur. Il y restera de 1998 à 2003. Il monte alors son propre groupe, en compagnie duquel, il grave "Humble spirits" en 2004 et "Ten til' midnight" en 2009. En 2011, il commet encore "Live from the Long Island Blues Warehouse". Dernièrement, il a bossé pour le groupe de southern rock, Blackfoot, en compagnie de Rick Medlocke, guitariste qui milite aujourd'hui au sein de Lynyrd Skynyrd. Pour enregistrer "The Rock House sessions", il s’est rendu à Nashville, au studio Rockhouse. Il n’a pas entraîné son backing group, dans l’aventure, mais à recruté des requins de studio locaux comme le bassiste Tommy McDonald, le drummer Tom Hambrigde, et le claviériste Reese Wynans, cet ex-Double Trouble se chargeant également de la mise en forme.

"World on fire" est une ouverture imparable. Signée par l’ex-Fleetwood Mac Rick Vito, elle baigne dans une atmosphère digne de Howlin’ Wolf. Une compo puissante, caractérisée par des guitares réverbérées, nappée par les claviers de Wynans, balayée par l'harmonica et ponctuée par une explosion finale des cordes. Sean et Etta Britt se partagent les vocaux tout au long de "Since I've been down", une piste franchement rock'n'roll. Reese folâtre sur l'orgue Hammond, un peu à la manière de Jon Lord ; d'ailleurs ce titre aurait pu figurer au répertoire de Deep Purple. Et pour cause, si Chambers s'éclate d’abord sur sa slide, il entame ensuite un dialogue ‘blackmoresque’ avec Bob Britt (NDR : encore un musico issu de Nashville qui a déjà apporté sa collaboration à Bob Dylan et John Fogerty). Sean attaque "Healing ground", une piste signée par le Texan Gary Nicholson. Un rockin' blues bien graisseux, hanté par un harmo, et découpé dans un riff stonien par le gratteur Rob McNelley (NDR : ex-Tinsley Ellis et Delbert McClinton Bands). Jolie ballade, "Meant to be" s’ouvre dans un climat réminiscent des Stones circa "Sticky fingers", c’est-à-dire lorsque Mick Taylor était préposé à la guitare. Chambers injecte toute sa sensibilité sur cette plage. Changement de style pour "Come to Pappa", une compo issue du répertoire de Bob Seger, convertie en R&B très funkysant, tapissé par une section de cuivres. Sean adapte sous un format Stax, "Holding on", une composition lente issue de la plume de Gary Moore. Signé Hambridge et Gary Nicholson, "Just for the thrill" est un blues rock imprimé sur un mid tempo. Chambers et Michael St Leon se partagent les parties de six cordes, mais c'est l'harmonica qui prend son envol ! Egalement écrit par Tom Hambridge, "Money in a minute" est un autre rockin' blues puissant, au cours duquel Chambers écrase ses pédales. Soul blues mélodieux, "It hurts to see you go" libère énormément d’émotion. Une compo qui évoque Albert King, même si la voix lorgne plutôt vers Gary Moore. Et la sortie de cordes est impériale. Très rock'n'roll, le "Choo Choo Mama" d’Alvin Lee clôt l’elpee. Une finale formulée en forme d’hommage… 

 

Camilla Sparksss

Europe (7 inches)

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Barbara Lenhoff est un sacré bout de femme, une boule de nerfs qui tant chez Peter Kernel que pour son projet solo, baptisé Camilla Spartsss, donne tout ce qu’elle a dans le ventre.

« Europe » constitue son troisième Ep. Un disque pour lequel elle a fait naturellement appel à son compagnon chez Peter Kernel, Aris Bassetti, pour la production et l’écriture. Quant au mastering, il a été confié à Simon Davey (Justice, Daft Punk, The Kills, …) Sur les deux titres de cet Ep, la Canadienne nous livre une electro-pop décomplexée aux accents noisy. Son phrasé est agressif et colle parfaitement à sa musique. Tant sur le titre maître, plus métallique que sur « This is Huge », tout au long duquel Mademoiselle Lenhoff montre les crocs.

Si ses trois premiers essais lui ont permis de se faire connaître au sein du petit monde indie, on attend de pied ferme le premier opus de Camilla Sparksss… 

 

Various Artists

Saoco Vol.2

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Quelques mois après la sortie de « Saoco », une double plongée vertigineuse au cœur de la musique bomba et plena portoricaine, qui a sévi entre 1954 et 1966 –ces musiques étaient celles des esclaves comme le Saoco était leur cocktail !–  la maison barcelonaise Vampisoul remet le couvert en explorant la période sise entre 1955 et 1967 d’un curieux œil un rien biaisé… 

Une nouvelle collection de 28 titres d’humeur salsa et dansants dont l’irrésistible « Saoco » d’Ismael Rivera, illustre parrain de toute cette scène oubliée accompagné du groupe Cortijo Y Su Combo. La salsa d’alors était innovante pour l’époque et insufflait des rythmes modernes à une musique parfois engoncée dans ses habitudes traditionnelles… Ce nouveau volet élargit donc l’horizon : Mon Rivera utilise des trompettes et saxophones au lieu des classiques trombones, Chivirico revendique les influences cubaines de la Guaracha tandis que d’autres poussent vers le Merengue d’Haïti, la cumbia colombienne, le joropo vénézuélien ou le Calypso de Trinidad et Tobago… Des pépites qui n’ont rien perdu de leur pouvoir d’agitation sur nos jambes et nos bassins.

Et comme d’habitude chez Vampisoul, le livret, écrit par Yannis Ruel, est passionnant de détails et photos !

 

MS MR

La petite soeur de Florence...

Florence Welsh (Florence + The Machine) compte désormais une petite sœur ! Lizzy Plapinger et Max Hershenow forment le duo MS MR (prononcez ‘Miss Mister’). Elle et la célèbre Florence possèdent une voix aussi puissante et profonde, qu’elles magnifient au sein d’un univers à la fois sombre et lumineux... La musique de MS MR affiche cet aspect typiquement 'dark' et solennel, mais lorgne aussi du côté du trip-hop voire même de la pop commerciale. Originaire de New-York, MS MR compte à son actif un Ep mais il est surtout responsable d’un premier elpee, "Secondhand Rapture", dont la sortie a fait grand bruit, en mai 2013.

Près d'un an après s’être produite dans le Witloof Bar, la formation revient au Botanique, mais pour la circonstance, dans la grande salle, et à guichets fermés s'il vous plaît. ‘Last year we played in the basement, and this year, we're playing in the main hall: it's an upgrade for us!’ précise Lizzy Plapinger en début de set. Cette date est la première de leur tournée européenne. Elle fait suite à une série de concerts accordés en Amérique du Nord.

Ce sont évidemment les chansons de "Secondhand Rapture" qui constituent la majorité de la setlist, une setlist enrichie de deux reprises, soit un morceau des Arctic Monkeys ("Do I Wanna Know") et une compo de LCD Soundsystem ("Dance Yrself Clean"). D'emblée, nous sommes impressionnés par la présence scénique et le rayonnement naturel de Lizzy Plapinger. Sa chevelure teintée de bleu indigo et sa blouse noire ornée de broderies dorées scintillent dans la lumière et son sourire est comme un rayon de soleil. Dès le début, elle séduit grâce à son extraordinaire voix mais aussi par le sentiment de complicité qu'elle crée avec son public.

"Bones" constitue la tout première chanson composée par le duo et elle ouvre donc logiquement le spectacle. ‘Dig Up the Bones but Leave the Soul Alone’ s’avère déjà un refrain culte, immédiatement mémorisable, et toute la compo baigne au sein d’une sublime ambiance très symphonique, quasi tribale. On pense bien entendu à Florence + The Machine mais aussi à Lana Del Rey et à HAIM.

Sur les planches, Lizzy (MS) est épaulée par son partenaire, Max (MR), qui se réserve les claviers et 'backing vocals' ainsi que Zach Nicita à la batterie. Je n'ai pas reconnu le bassiste. Une chose est sûre, il ne s’agissait pas de Curtis Nystrom. Quant au son, il est tout simplement impeccable et la voix est parfaitement mise en valeur dans le mix ; ce qui est très important pour un groupe comme MS MR.

Après "Bones", "No Trace" prolonge l'ambiance symphonique tandis que "Salty Sweet" se distingue par ses accents soul et bluesy. La belle Lizzy se déhanche sur les rythmes endiablés de Zach Nicita et le public réagit avec entrain! "BTSK" marque la première pause du concert et le duo interprète cette touchante ballade côte à côte. "Fantasy" et "Think of You" révèlent ensuite le côté ouvertement 'mainstream pop' du duo et par moments, on pense à Katy Perry ou même Taylor Swift. Après la reprise des Arctic Monkeys et le très engageant "Head Is Not My Home", les New-yorkais nous réservent le très émouvant "This Isn't Control". Les sonorités de glockenspiel et de cordes synthétiques forment un écrin magique pour la très belle et mystérieuse mélodie. "Dark Doo Wop" et "Ash Tree Lane" prolongent la magie et révèlent toute la richesse des arrangements de MS MR.

Pendant la cover de LCD Soundsystem, Max Hershenow quitte son poste derrière les claviers et vient esquisser un pas de danse auprès de sa compagne au-devant de la scène, pour le plus grand bonheur des fans. ‘We have kept the best for the end’, annonce ensuite Lizzy, avant d’attaquer "Hurricane" (pour voir l'interprétation 'live' de ce titre, c'est ici), sans doute la plus belle composition du duo. Un rythme très syncopé, des harmonies délicieusement 'dark' et une mélodie lumineuse : c'est un hit imparable, tout en retenue et intelligence. Le groupe, qui n'accorde jamais de rappel, se retire ensuite définitivement, au grand dam des fans.

Au final, on a assisté à un superbe concert, chargé d'émotion et illuminé par un sincère plaisir de jouer. Seul petit bémol : le côté visuel était un peu pauvre surtout quand on sait que le duo accorde une grande importance à ses clips et au design. Enfin, la prochaine fois que ces petits génies reviendront à Bruxelles, il y a fort à parier qu’ils se produiront dans une très grande salle et pour un super show !

Malheureusement, je suis arrivé trop tard pour la première partie : Outfit, un groupe de Liverpool qui pratique une pop psychédélique très inspirée des 80’s et en particulier de Pink Floyd.

(Organisation : Botanique)

 

Suede

Epique…

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Suede, vieille gloire britpop est de retour, ce vendredi 1er novembre, à l’Ancienne Belgique. Le groupe, qui avait été gratifié d’un prestigieux ‘Meilleur groupe anglais’ par feu le Melody Maker, en 1991, alors qu’il n’avait gravé qu’un single, s’était séparé de son guitariste, Bernard Butler en 1994, après la sortie de « Dog Man Star », somptueux album, considéré comme un classique des nineties. Richard Oakes avait ensuite rejoint le line up. Suede a cependant splitté en 2003, le temps de laisser à leur charismatique leader, Brett Anderson, de commettre 4 albums solo et de partir en tournée, dans la foulée. La formation décide néanmoins de se reformer en 2010, uniquement pour se produire sur les planches. C’est au départ, ce qui est prévu. Elle participe aux festivals et visite les salles entre 2011 et 2012 ; et finalement entre en studio. Alors que les Pixies et Blur peinent à concevoir un single, Suede 2.0 publie « Bloodsports » début 2013, un elpee particulièrement bien reçu par la critique, un disque digne des premiers long playings.

L’AB est pleine à craquer, ce soir de Toussaint. Le concert affiche sold-out depuis quelques mois. Le combo envisage d’immortaliser ce set sur un disque ‘live’, ce qui nous autorise à penser que la prestation sera épique… Et elle le sera…

Le show s’ouvre par « Europe is our Playground », une compo qui baigne dans une douceur presque sensuelle. « Barriers » opère le lien entre l’ancien et le nouveau répertoire. Une manière de bien équilibrer le tracklisting. Qui aligne ensuite des titres du dernier long playing. Des morceaux aux rythmes plus marqués. Le public est extatique. Brett danse de façon frénétique. « Snowblind » constitue le premier moment de grâce de la soirée ; et les ‘hoo hoo hoo’ résonnent majestueusement dans la salle. Quand retentit « It starts and ends with you », notre cœur se met à battre plus vite, et l’auditoire communique son enchantement en sautillant sur le parquet. « Filmstar », « Trash », « Animal Nitrate » s’enchaînent sur un rythme endiablé. Brett Anderson n’hésite pas à prendre l’un ou l’autre bain de foule. Le climat devient incandescent. On sent venir la petite mort, lorsque les paroles de ‘We all watch them burn’, tirées de « We are the pigs », se transforment en litanie hypnotique. « He is gone » rend hommage au père de Brett, décédé en 1989. Un moment de recueillement judicieux en ce 1er novembre. « Still Life » nous réservera le deuxième moment de grâce. Et Suede de clore les débats par une trilogie de morceaux incontournables, dont « So Young » et « Metal Mickey », qui figurent sur le premier opus (NDR : éponyme !) et « Beautiful Ones », extrait de « Coming up ». La foule entre alors en plein délire, jouissant pleinement du moment présent. Suede ne concèdera cependant qu’un seul rappel ; en l’occurrence « Hit Me », deuxième single issu du dernier LP.

J’ai rarement vu un public entrer dans une telle transe, à l’AB. En général, il reste statique ; mais pour la circonstance, il bondissait en cadence, fustigé par un Brett Anderson plus entertainer que jamais, un Brett se livrant même carrément à son auditoire, en allant plusieurs fois à sa rencontre, tout en continuant à chanter. On sent qu’il aime ce qu’il fait, qu’il aime être là. Une vraie belle soirée et assurément un des concerts à épingler pour cette année 2013…

(Organisation Live Nation)

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