Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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« The Fall », titre maître de l’album de Yew en clip !

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« The Fall », titre maître du dernier album de Yew, paru ce 21 octobre, relate l'histoire d'un homme qui essaye de rattraper son passé sans jamais y parvenir.

Il a beau tenter de rassembler ses souvenirs, ils se déconstruisent et lui échappent de plus belle...

Pour voir le clip de « The Fall », c’est ici

 

  

 

 

 

 

Voix de Femmes 2013 : samedi 26 octobre

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La troisième soirée du festival n'a pas attiré la grande foule. Le public semble s’être déplacé plus par curiosité que par véritable passion. Pour preuve, le peu de mains levées quand la tête d'affiche, Mélissa Laveaux, demande qui connaissait son projet. Moins de magie que les deux soirées précédentes mais une programmation éclectique et des artistes heureuses d'être présentes.

La soirée débute par le duo stambouliote Seni Görmem Imkansiz. Deux jeunes filles timides se font face et nous entraînent dans un univers mélancolique oriental. Se servant de deux synthés, une boîte à rythmes et un melodica, elles délivrent une electronica sombre et contemplative. Leurs voix graves s'enlacent et flottent sur les mélodies nostalgiques du melodica. Empruntant parfois des motifs musicaux du folklore turc, elles se marient plutôt bien aux sonorités froides des synthés et les légères rythmiques industrielles. On pourrait penser à une version orientale du groupe islandais Múm. Mais les morceaux sont souvent trop évanescents et finalement pas aussi originaux qu'on l'avait présagé. On a régulièrement une impression d'inabouti. On sera quand même attentif à leur évolution. Un premier album va bientôt sortir.

Changement radical de style chez Mélissa Laveaux. Cette Canadienne d'origine haïtienne vit aujourd’hui à Paris. Ce soir, elle arbore un magnifique boubou et de grosses lunettes de hipster. On lui donnerait sans hésiter le rôle de la gouvernante black sympa dans un soap américain des années 60. Une décennie qui influence d'ailleurs parfois sa musique. On va assister à un concert agréable, sans réel temps mort mais sans moment impérissable non plus. Les morceaux les plus efficaces sont au final les mêmes que sur le long playing : "Postman", "Generous Bones" et Pretty Girls", soit une pop rock fraîche et positive mâtinée d'éléments africains et enrichie de chouettes mélodies au clavier. Et le set se termine juste avant de devenir lassant.

La yourte est bondée pour accueillir Sarah Carlier. La Belge semble même être l'artiste la plus attendue par le public. Les différents morceaux sont d'ailleurs applaudis à tout rompre et la belle Sarah en est ravie. Il faut dire que ce petit band acoustique réunit d’excellents musiciens, et les titres de l'album entre folk et soul se succèdent de manière homogène. L'atmosphère est agréable, détendue, intimiste mais chaleureuse. Une véritable symbiose s’établit entre la formation et les spectateurs. Une petite touche de reggae, une reprise de Sting ("Mad About You") et une fort bonne version de "Goin Back To My Roots", fatalement aux accents disco, confirment tout le talent du groupe. Sarah Carlier n'est pas qu'une créature d'Internet, c'est un vrai talent susceptible de toucher un large public.

Il nous reste à découvrir une autre artiste exilée à Paris : l'Israélienne Riff Cohen. Curieux personnage que cette Riff. Physique et posture de mannequin, un peu ingénue, un peu potiche, elle est finalement assez nature. Les premiers titres  ressemblent à des comptines en français récitées sur des compositions largement inspirées par la musique orientale. Si la tentative est intéressante et les touches de luth et de darbouka plutôt réussies, c'est tout de même assez peu convainquant et même légèrement horripilant. Elle se révèle néanmoins plus à l'aise lorsqu'elle chante en hébreu, du rock sombre assez emphatique traversé par un violon oriental. Sa voix grave, à la limite de la justesse, se marie mieux à ces ballades tragiques. L'originalité de la ravissante idiote se manifeste encore dans une détonante reprise du "Bambino" de Dalida, entre punk tragique et guinguette orientale. Mais définitivement, elle me fatigue plus qu'elle m'intrigue, une opinion apparemment partagée par pas mal de spectateurs puisque la salle s'est vidée au fur et à mesure du concert.

Il ne me reste plus qu'à rejoindre mes pénates…

(Voir aussi notre section photos ici

 

 

Voix de Femmes 2013 : vendredi 25 octobre

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La deuxième soirée du festival est celle qui a attiré le plus de monde. La présence de Rokia Traoré n’y est pas étrangère. Mais la révélation est venue d'Ukraine.

En effet, le premier concert a conjugué poésie et folie issue d'Europe de l'Est. Quatre personnages en tenue folklorique, trois femmes et un homme forment DakhaBrakha (donner/prendre en ukrainien). Les dames portent de longues robes blanches et arborent de magnifiques couvre-chefs entre chapka et bonnets de horse guards. Assis l'un à côté de l'autre, face au public, la troupe a fière allure.

La musique est en permanence rythmée par différentes percussions assez hypnotiques. Par-dessus se posent quelques notes étirées de violon et d'accordéon qui créent une atmosphère étrange et envoûtante, à la fois folklorique et d'avant-garde. La même impression se dégage de la polyphonie de la troupe. Des chants traditionnels originaires d'Europe de l'Est, puissants et harmonieux, aux inflexions étonnantes, qui se répondent, se chevauchent et sont relancés sans cesse par des petits cris. On a même droit à une partie rapée assez délirante de la part d'une des interprètes. Tour à tour, dans ce foisonnement d'informations soniques, surgissent des imitations de bruits de la nature (elles utilisent notamment des appeaux), les vibrations d'une guimbarde ou les notes de toute une série d'instruments ethniques issus du monde entier. Alternant envolées franchement dansantes et moments de suspension, DakhaBrakha a emporté et bluffé l'assistance. Chaudement conseillé si le groupe repasse dans nos contrées.

Une légère pluie tombe sur Liège et je me dirige vers la yourte où se produit Mirel Wagner. Le premier opus de cette Finnoise d'origine éthiopienne a bouleversé plus d'un amateur de folk. Pas de chance, toutes les places sont déjà occupées et je vais à nouveau me résoudre à braver les intempéries. Les chansons de Mirel sont intimistes, presque confidentielles. Elles s'écoutent religieusement. Assise sur le sol, les yeux fermés, la Nordique d'adoption enchaîne les morceaux à la guitare sèche. Le moment est peut-être un peu trop solennel pour un vendredi soir. Un peu plombant aussi, il faut bien le reconnaître et les conditions dans lesquelles j'assiste au concert, rajoute encore au pathos. Un groupe de bourgeoises sort de la tente, le rire nerveux aux lèvres. ‘Bon, où est ma boîte d'antidépresseurs’ lance l'une d'elles. Agaçant pour l'amateur de folk neurasthénique que je suis mais compréhensible. Mirel Wagner interprète son album et notamment les bouleversants "No Death" et "Red" mais aussi de nouvelles compositions. Le prochain elpee ne s'annonce pas plus joyeux. Le concert s'achève devant très peu de spectateurs, les autres sont déjà partis applaudir Rokia Traoré. Mirel ne méritait pas une telle réception.  

C'est donc trempé, frigorifié et un peu affligé que je découvre Rokia Traoré. La transition n'est pas trop abrupte puisqu'elle entame son set par ses morceaux les plus calmes et les plus nostalgiques ("Ka Moun Ké", "Mélancolie"). C'est joli, c'est appliqué mais les chansons me touchent moins que sur le long playing. Il me manque peut-être la production de John Parrish… Ce sentiment mitigé va me poursuivre jusqu'à la fin du set. On assiste à un show bien huilé, impeccable de maîtrise et superbement interprété (un remarquable batteur notamment) mais jamais, je ne me sentirai totalement emporté. C'est bien mais pas extraordinaire. Cependant, le public était venu pour danser et il en a eu pour son argent. Après ce début en douceur, les percussions se débrident, les choristes se transforment en danseuses et Rokia montre tout son talent de guitariste. Le concert se clôture sur une reprise de Gloomy Sunday qui ne fait pas oublier la version de Billie Holyday. Un spectacle un peu trop conventionnel à mon goût donc ; mais les artistes de la veille avaient sans doute mis la barre trop haut.

(Voir aussi notre section photos ici

 

Holograms

De l’émotion à fleur de peau…

En ce tout début de congé de Toussaint, l’été indien joue les prolongations. La bonne humeur règne dans les rues de Bruxelles. Etudiants et touristes envahissent la ville. Mais c’est au cœur d’un endroit bien caché, le Beursschouwburg, que tout se passe ce soir. Sa superbe terrasse au cinquième étage offre une vue sur la Bourse et la rue Dansaert, ajoutant une belle note de convivialité…

Les Bollock Brothers ouvrent le bal. Les grandes frasques au placard. On retient le côté bon enfant et les souvenirs agréables des jeunes années de ce groupe. Une formation qui continue son parcours sans faire grand bruit. Il n’a jamais fait le buzz. C’est pas son truc. Un buzz, disparaît aussi vite qu’il n’apparaît… L’impression positive et accueillante se confirme au fur et à mesure que le set avance. Le petit tour d’horizon des singles (« Horror Movies », « Harley davidson of a bitch » et la reprise de « Pretty vacant » des Pistols) est un plaisir pour les oreilles. Autant de compos qui nous communiquent à nouveau des fourmillements dans les jambes. Et pas qu’à vos serviteurs, puisque le public commence à pogoter. Quel dommage que le service de sécurité n’ait pas été briefé sur le sujet (NDR : mais d’où sortaient-ils ??) Ces gros bras ont mis incompréhensiblement le holà sur une brochette endiablée, trop rapidement tuée dans l’œuf... Le line up du combo a subi quelques changements au fil du temps (NDR : suite notamment au décès du claviériste, Mark Humphries, en 2008). Mais finalement le band continue puiser aux sources du patrimoine écossais et irlandais. On a ainsi parfois l’impression d’être plongé dans l’ambiance d’un stade de football insulaire. D’ailleurs le leader Jock n’hésite pas à partager son stock de bières. Ou à nous vanter les mérites de notre équipe nationale, nous narrant sa rencontre avec Marc Wilmots lors du dernier match Belgique-Ecosse. Le kilt était de mise et seyait fort bien !

En deuxième partie de soirée, Holograms souffle un vent d’air frais dans une salle surchauffée. Des Suédois révoltés. Jeunes, très jeunes même. Une découverte pour Aida mais une confirmation pour Sébastien, qui n’avait pas hésité à plébisciter leur premier opus « Holograms », au quatrième rang de son top 20, pour 2012. Et le dernier né « Forever » devrait également y faire bonne figure. Une satisfaction d’assister enfin à un de leurs concerts, après deux annulations successives (NDR : à Dour le dimanche, et dans le cadre du Micro festival liégeois). On en a enfin des explications. Enfin, c’est ce que la rumeur colporte. Des difficultés financières. Un véhicule qui tombe en panne et reste bloqué plusieurs semaines en France. Des visas qu’on ne semble pas vouloir leur accorder pour effectuer une tournée aux States. Toute une série d’épreuves que le groupe a eue du mal à gérer. Le tout entraînant des conflits. Et puis, pas évident de trouver des solutions, quand on n’a plus un rond en poche.

Ce soir, ils sont enfin au rendez-vous. Le début de parcours est plutôt hésitant. Les nappes synthétiques ne parviennent pas à encore à se forger un caractère atmosphérique. Les réglages traînent en longueur. Et lorsque les balances sont enfin au point, le set en flèche, nous réservant quelques superbes envolées imprimées sur un rythme irrésistible. Holograms a le don de tirer parti des différents climats qu’il instaure au sein d’une même compo. Et de les faire vibrer. De nous faire vibrer. De les rendre homogènes sans qu’elles ne deviennent ni vraiment mélancoliques ni allègres. Tout n’est cependant pas parfait. Les vocaux sont intrigants. Parfois dérangeants. C’est ce qui nous autorise à penser que le groupe a encore une belle marge de progression. Néanmoins, l’énergie est communicative. C’est sans doute un paramètre que le groupe devrait davantage explorer. Enfin, je retiendrai surtout l’aspect émotionnel de leur prestation. Au cours de leur set, les 4 x 20 sont parvenus à faire passer leurs émotions. Et ça, c’est vraiment une performance…

Et si vous souhaitez jeter un coup d’œil à notre rubrique photos, c’est ici

 

 

 

The Bollock Brothers

Une ambiance digne d’un stade de foot insulaire…

En ce tout début de congé de Toussaint, l’été indien joue les prolongations. La bonne humeur règne dans les rues de Bruxelles. Etudiants et touristes envahissent la ville. Mais c’est au cœur d’un endroit bien caché, le Beursschouwburg, que tout se passe ce soir. Sa superbe terrasse au cinquième étage offre une vue sur la Bourse et la rue Dansaert, ajoutant une belle note de convivialité…

Les Bollock Brothers ouvrent le bal. Les grandes frasques au placard. On retient le côté bon enfant et les souvenirs agréables des jeunes années de ce groupe. Une formation qui continue son parcours sans faire grand bruit. Il n’a jamais fait le buzz. C’est pas son truc. Un buzz, disparaît aussi vite qu’il n’apparaît… L’impression positive et accueillante se confirme au fur et à mesure que le set avance. Le petit tour d’horizon des singles (« Horror Movies », « Harley davidson of a bitch » et la reprise de « Pretty vacant » des Pistols) est un plaisir pour les oreilles. Autant de compos qui nous communiquent à nouveau des fourmillements dans les jambes. Et pas qu’à vos serviteurs, puisque le public commence à pogoter. Quel dommage que le service de sécurité n’ait pas été briefé sur le sujet (NDR : mais d’où sortaient-ils ??) Ces gros bras ont mis incompréhensiblement le holà sur une brochette endiablée, trop rapidement tuée dans l’œuf... Le line up du combo a subi quelques changements au fil du temps (NDR : suite notamment au décès du claviériste, Mark Humphries, en 2008). Mais finalement le band continue puiser aux sources du patrimoine écossais et irlandais. On a ainsi parfois l’impression d’être plongé dans l’ambiance d’un stade de football insulaire. D’ailleurs le leader Jock n’hésite pas à partager son stock de bières. Ou à nous vanter les mérites de notre équipe nationale, nous narrant sa rencontre avec Marc Wilmots lors du dernier match Belgique-Ecosse. Le kilt était de mise et seyait fort bien !

En deuxième partie de soirée, Holograms souffle un vent d’air frais dans une salle surchauffée. Des Suédois révoltés. Jeunes, très jeunes même. Une découverte pour Aida mais une confirmation pour Sébastien, qui n’avait pas hésité à plébisciter leur premier opus « Holograms », au quatrième rang de son top 20, pour 2012. Et le dernier né « Forever » devrait également y faire bonne figure. Une satisfaction d’assister enfin à un de leurs concerts, après deux annulations successives (NDR : à Dour le dimanche, et dans le cadre du Micro festival liégeois). On en a enfin des explications. Enfin, c’est ce que la rumeur colporte. Des difficultés financières. Un véhicule qui tombe en panne et reste bloqué plusieurs semaines en France. Des visas qu’on ne semble pas vouloir leur accorder pour effectuer une tournée aux States. Toute une série d’épreuves que le groupe a eue du mal à gérer. Le tout entraînant des conflits. Et puis, pas évident de trouver des solutions, quand on n’a plus un rond en poche.

Ce soir, ils sont enfin au rendez-vous. Le début de parcours est plutôt hésitant. Les nappes synthétiques ne parviennent pas à encore à se forger un caractère atmosphérique. Les réglages traînent en longueur. Et lorsque les balances sont enfin au point, le set en flèche, nous réservant quelques superbes envolées imprimées sur un rythme irrésistible. Holograms a le don de tirer parti des différents climats qu’il instaure au sein d’une même compo. Et de les faire vibrer. De nous faire vibrer. De les rendre homogènes sans qu’elles ne deviennent ni vraiment mélancoliques ni allègres. Tout n’est cependant pas parfait. Les vocaux sont intrigants. Parfois dérangeants. C’est ce qui nous autorise à penser que le groupe a encore une belle marge de progression. Néanmoins, l’énergie est communicative. C’est sans doute un paramètre que le groupe devrait davantage explorer. Enfin, je retiendrai surtout l’aspect émotionnel de leur prestation. Au cours de leur set, les 4 x 20 sont parvenus à faire passer leurs émotions. Et ça, c’est vraiment une performance…

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Cloé

D’une nuit à l’autre

Écrit par

En 2010, Cloé publiait « Hasards de trajectoire », un concept album présenté sous la forme d’un road movie tourné dans le métro de Bruxelles. Suscitant en mon fors intérieur, un sentiment de claustrophobie. A nouveau habillé d’un superbe booklet cartonné, « D’une nuit à l’autre » est à nouveau conceptuel, mais il est remonté à la surface. Le thème principal de cette œuvre est le départ. Depuis la capitale de l’Europe. D’un autochtone qui décide de s’installer à l’étranger. De la réaction du voisin et de l’épicier face à cette décision. Mais également évoque le destin des immigrants qui se sont exilés à Bruxelles, depuis de nombreuses années. En parsemant l’opus de leurs témoignages. La plupart y ont travaillé. Y travaillent même parfois encore. Le plus souvent comme indépendants. Ont eu des enfants. Mais ont toujours rêvé un jour de retrouver le soleil de chez eux. Portraits décrits sous une forme poétique et déclarations récoltées lors d’une sorte de micro-trottoir, accent des intervenants sauvegardé pour la circonstance, constituent la trame de fond de ce disque fort bien ficelé. Et pour cause, l’aspect musical est particulièrement soigné. Electro, classique (NDR : certains passages ont été réalisé par l’Orchestre de Chambre du Luxembourg, en compagnie duquel elle a d’ailleurs joué en live, arrangés par Renaud Lhoest), spoken word, chanson et rock font ici bon ménage. Artiste polyvalente, Cloé nous démontre à nouveau toute l’étendue de son talent. Et puis la pertinence de ses messages. Elle qui a beaucoup bourlingué, nous rappelle que si on aime voyager, on aime tout autant retrouver son chez soi. Et dans ce contexte, la notion de l’exil prend une toute autre signification…

 

Miley Cyrus

Bangerz

Écrit par

Depuis qu’elle a du poil au minou, la petite sœur spirituelle de Justin Bieber s’est découvert une féminité qu’elle n’hésite pas à afficher sur la place publique comme d’autres font le tapin. Parce que le mot d’ordre en 2013, c’est ‘montre ton cul, tu vendras du disque’, Miley Cyrus use et abuse de ses formes quasi inexistantes pour pallier son manque de talent et de créativité. Et ce qui est merveilleux, c’est que la formule magique de sa porno-pop fonctionne à plein tube, au point que son « Bangerz » soit déjà en pole position des charts internationaux.

Entre deux démonstrations burlesques de twerk, la blonde de Nashville popularisée par Disney (tiens donc…) s’amuse à faire exploser le baromètre du vulgaire, élevant la barre de cet art tellement haut que les futures starlettes devront se creuser la tête et enterrer le tissu pour détrôner la nouvelle reine de la discipline. La fille de Billy ‘Achy Breaky Heart’ Cyrus est la photographie parfaite de l’état de l’industrie musicale des années ’10. Un triste constat qui enfonce encore plus fermement la pierre tombale des éléments qualitatifs de la scène pop. Au point de se demander si son public acquiert le disque par intérêt pour le contenu musical (pour autant que l’on puisse le définir de la sorte) ou pour mater les photos du livret érotico-kitsch.

« Bangerz » est à l’image, autant littérale que figurée, de sa génitrice : plat et insipide. Sans parler de cette ignoble voix OGM qui déraille plus vite qu’un TGV à Saint-Jacques de Compostelle (…trop tôt ?) S’il existe un mot dans le dictionnaire qui soulignerait à merveille cette sous-œuvre et sa responsable, celui-ci se limiterait à cinq lettres, initiale ‘M’.  Tout est dit.

 

The Clash

Hits Back

Écrit par

Il doit sans doute s’agir de la septième compile consacrée au Clash. Particularité, le choix des titres. Dicté suivant leur concert légendaire accordé au Fairdeal de Brixton en 1982. Le tout enrichi de 8 classiques du groupe qui ne figuraient pas sur la setlist. Soit 33 plages réunies sur deux compact-discs. Dommage que ce ne soit pas ce concert qui ait été immortalisé ‘live’… M’enfin, si vous ignorez tout de cette formation punk mythique, rien de tel pour mettre le pied à l’étrier…

 

Chickfight

Acrobats

Écrit par

C’est en 2010 que ce quatuor liégeois a publié son premier Ep, « Slackers and slaves. « Acrobates » constitue donc la suite logique de ce premier essai. Un disque qui a néanmoins bénéficié de conditions idéales d’enregistrement. Et pour cause, il a été concocté au sein des studios Brighton Electric, fréquentés autrefois par The Cure ; et sous la houlette de Ja Jago, ex-guitariste de The Ghost of a Thousand, dont la carte de visite épingle notamment la mise en forme de long playings pour The Maccabbes ou encore Mastodon. Découpé en 10 plages, cet opus propose un punk mélodique qu’on pourrait situer à la croisée des chemins de Green Day, Nada Surf et Sum 41. Les compos sont bien enlevées et dynamisées par des cordes de guitare pétillantes et vivifiantes, parfois même furieuses. La voix est tour à tour claire, déclamatoire ou rugissante. Les chœurs sont bien balancés. Les drums souples. La ligne de basse est cotonneuse. Le sens mélodique, en général, préservé. Un seul titre plus élaboré, caractérisé par ses changements de rythme : « Fits and starts ». C’est peut-être le reproche que l’on peut reprocher à Chickfight, l’uniformité de ton. Mais dans le style, c’est plutôt bien fichu. Paraît que c’est sur les planches que le combo donne toute la mesure de son talent. Il a d’ailleurs assuré les premières parties pour Limp Bizquit, Cypress Hill et Sum 41. Evidemment !

 

Château

Noblesse Oblige

Écrit par

Racé et élégant comme les lévriers qui trônent fièrement sur les photos de ce six titres, « Noblesse Oblige » dirige directement le propos droit dans l’étroit couloir de nos pavillons.

Sans ambages, sans artifices inutiles, sans fausses courbettes ni agitation inutile.

Grâce à une voix et un phrasé qui ne sont pas sans rappeler ceux de David Gedge (Wedding Present), Geoffrey Hautvas (qui milite par ailleurs au sein de Vismets) pose ses bagages dans la cour des grands.

Fichtrement bien entouré dans sa sphère royale, aussi bien sur scène (Kevin Dochain des Von Durden à la guitare, Malik Alimoekhamedov Kupid Kids à la basse et Alexandre De Bueger  fidèle de David Bartholomé derrière les fûts) qu’en studio, notre faux noble s’amuse ici, et cela s’entend à tous les étages du palais.

Sur un ton anarchiste bon enfant, Geoffrey vole donc dans les plumes de l’aristocratie avec désinvolture. Et un second degré décapant.

Musicalement, c’est assez entraînant, parfois un peu conventionnel (« Where I Belong »), mais on ne s’ennuie pas et le résultat est même très attachant.

Bref, un album qui a du chien.

 

Blues Point

Simply blues

Écrit par

Blues Point est un trio qui pratique un mélange acoustique de blues, R&B, funk et rock'n'roll. Une formation polonaise, née à Varsovie, en novembre 2010. Le line up réunit le chanteur/guitariste/bassiste/drummer/claviériste Wlodek Sobczak, le chanteur/guitariste Mirek Borkowski et le saxophoniste Arek Osenkowski. Le groupe avait publié un premier album en mai 2012, "Po Prostu…" "Simply blues" constitue, en réalité, la version anglaise de cet opus, qui pour la circonstance a été enrichi de deux nouveaux titres.

Cette tranche de blues qui nous vient de l'Est s'ouvre par "You've gone out of my life", un morceau discrètement funky d'où s'échappe rapidement le saxophone d'Osenkowski. Et son intervention est excellente ; elle me rappelle même celle du regretté Dick Heckstall Smith, lorsqu’il militait chez les Bluesbreakers de John Mayall, à la fin des sixties. "This old good blues" baigne dans le Chicago blues urbain proche de l’esprit originel. L'atmosphère est bien reconstituée par les interventions au piano et du bottleneck, même si on se rend bien compte que l’anglais n'est pas la langue maternelle du chanteur. Imprimé sur un tempo lent, "Whiles like diamonds" nous entraîne dans une ambiance très roots. Impeccable, l’instrumentation est ponctuée par un superbe envol du saxophone. Le souci de la perfection hante "My one and only", un blues singulier qui colle bien au climat de l’elpee. Nonobstant l’âpreté des vocaux, "A new life" se distingue par la pureté du son des cordes et du saxophone. Et j’avoue que j’apprécie tout particulièrement cette piste. Le combo nous propose sa version du classique de Tampa Red, "Don't you lie to me" ; et à la sauce polonaise, elle s’avère particulièrement rafraîchissante. Caractérisé par son empreinte jazz, "Open up your heart" est poursuivi par son souci de l’esthétisme. "Lonely in this town " met une fois encore en exergue le jeu exceptionnel d'Arek. La six cordes est amplifiée tout au long du blues lent "My guardian angel" ; et manifestement Wlodek se débrouille plutôt bien dans le style. Et lorsque le saxophone entame un dialogue avec les cordes électriques, l’émotion est à son paroxysme. Très électrique, la guitare affronte alors le saxophone devenu hurleur (honky) sur "Fun with Blues Point". L’elpee s’achève par "Molla", une plage instrumentale particulièrement mélodieuse…

 

Attila

About That Life

Écrit par
J’ai grimacé en glissant le premier album d’Attila dans ma platine, je dois le reconnaître. D’abord l’emballage transpire le deathcore convenu, cliché et mille fois transpiré par tous les pores. Et de fait, Attila ne s’économise aucun poncif… Tout y est : les guitares 7 cordes et le son pompé à Meshuggah, la bad boy attitude mi-metal mi-hip hop et les paroles provoc’ à deux balles. Difficile dès lors d’extraire le combo du phototype au sein duquel ils semble se complaire. Et puis, au détour d’un break, on entend autre chose. Une influence southern metal non négligeable, un chant qui se veut plus varié qu’à l’accoutumée (« Rageaholics »), et une ‘fuck you’ attitude certes un peu puérile, mais terriblement efficace !! Au milieu de la troisième chanson, on est happé par la machine et on se rend compte qu’Attila est plus proche dans son attitude d’Emmure, Deez Nuts ou The Hell que du deathcore pur et dur. L’ouverture d’esprit est donc de mise, le groupe n’hésitant pas à mêler les genres, au service d’une efficacité de tous les instants qui greffe à sa base deathcore du death, du djent, du hip hop, de l’électro, du stoner, voire même du nu metal ! Ce n’est pas cérébral, ça ne réinvente pas la roue, mais c’est la bande son idéale d’une fête apocalyptique, de celles qui se terminent quand le jour s’est levé depuis longtemps…

 

 

 

 

Barrence Whitfield

Dig this savage soul

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Non, ce n’est pas une plaisanterie, mais le véritable nom de Barrence Whitfield est Barry White. Il est né à Jacksonville, en Floride, un haut lieu du rock sudiste (NDR : le southern rock est considérée comme la terre de l’Allman Brothers Band et de Lynyrd Skynyrd). Agé de 58 ans, il s’est forgé une belle notoriété comme chanteur de R&B et soul. Il a connu ses heures de gloire comme leader des Savages, au cours des années 1980 et 90. Il avait entre-temps déménagé à Boston. Dès 1977, pour être plus précis. Réputées explosives, ses prestations scéniques empruntaient aussi bien à Little Richard, Wilson Pickett que Don Covay. A l’époque, Barrence avait publié une dizaine d'albums.

L'homme a ressuscité ses Savages, l'année dernière ; cependant, sa musique ne trempe plus dans le soul/funk/R&B mais plutôt dans le rock féroce et primaire! Peter Greenberg, guitariste originel, qui a sévi chez des garage bands comme DMZ ou les Lyres, a accepté de recommencer l’aventure. Et il déborde toujours autant de dynamisme.

Barrence nous salue sur une rythmique franchement punk sur "The corner man". Il a conservé toute l’énergie extravertie qui l’enflammait au siècle dernier. "My baby didn't come home" est un R&B orageux. Le saxophone de Tom Quatrulli se met à hurler. Whitfield met toute la puissance dans sa voix et la guitare parvient à se frayer un chemin jusqu'à l'explosion attendue. Dévastateur, "Oscar Levant" est un rock'n'roll qui déménage. La basse de Phil Lenker et les percussions d'Andy Jody impriment le rythme alors que les autres acteurs se démènent. Et le tout macère dans un bouillonnement jouissif. Vraiment excellent ! "Bread" est du R&B rockant, soutenu par des voix féminines débridées. Les plages défilent. Les musicos ne s’accordent aucun répit, mais jamais ne se désunissent. Leur fougue leur permet de tout renverser sur leur passage. En outre, Greenberg n'hésite jamais à prendre un billet de sortie, en attaquant brutalement ses cordes comme pouvait le faire Ron Asheton, chez les Stooges. "Hey little girl" permet à Quatrulli de faire exploser son saxophone. Jamais rassasiée, la voix de Barrence libère une énergie comparable à celle d’un James Brown sur les planches. Barrence nous entraîne dans son monde où le répit n'existe pas! Et même si le tempo ralentit sur "I'm sad about it", la voix éclate d'un bout à l'autre. "Show me baby" nous dévoile les Savages sous leur jour le plus blues. "Turn your damper down" conclut dignement cette œuvre : un boogie au dynamisme détonant. Excellent et unique en son genre !

 

Volcano Choir

Repave

Écrit par

Justin Vernon s’entoure pour la seconde fois des membres de sa formation fétiche, Collections Of Colonies of Bees, pour « Repave », un nouveau recueil qui fait suite à l’élégant « Unmap », publié en 2009. L’homme derrière Bon Iver et Gayngs y est fidèle à lui-même, un grand orfèvre de mélopées qui font tantôt planer tantôt pleurer. Le point faible de ce dernier procède de sa tendance à gonfler ses prods à mesure qu’enfle l’intérêt du public pour ses créations. Un peu à l’image de la discographie issue de son occupation principale.

« Unmap » tablait entièrement sur la dimension discrète, fantasmagorique et expérimentale des neufs perles qui le composait. « Repave » se veut donc plus accessible et emprunte des routes éclairées (certains diront faciles), qui le rapproche pas mal des travaux de Bon Iver. Mais dans son ensemble, cette deuxième œuvre de Volcano Choir est une nouvelle fois fascinante tant Vernon et ses potes détaillent minutieusement chaque microseconde de leur labeur.

Volcano Choir se produira au Cirque Royal le 13/11.

 

Billy Thompson

Friend

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Billy Thompson est originaire de Fayetteville, en Caroline du Nord. Guitariste, il chante le blues et le R&B. Sa discographie est conséquente. En 1994, il publie son premier opus, "Coat with many colours", en compagnie des Mighty Penguins. Sous son propre nom, il a gravé "Tangerine sky" en 1998, "Area 51" en 2005 et "A better man" en 2010. Ce dernier elpee avait été produit par Tony Braunagel (Robert Cray Band) et notamment bénéficié du concours de Mike Finnigan, John Lee Schell, Kenny Gradney et Lenny Castro. En 2001, il avait participé au spectacle musical de Broadway, "It ain't nothin' but the blues".

En ouverture, "Soldier of misfortune" donne le ton. Un morceau de Memphis R&B au cours duquel Billy démontre qu’il possède une fort bonne voix pour ce style. Il laisse échapper de subtiles grappes de notes inspirées par Albert King, alors que la section de cuivres épouse les riffs. Il reprend le "Garden" de Joey Harris, une plage blues roots, à laquelle participe Bill Payne, le pianiste de Little Feat. Constituée de Hutch Hutchinson à la basse et Eric Selby à la batterie, la section rythmique est solide. Ce qui permet à Bill de se concentrer sur sa guitare slide. Thompson vit son blues. Sa voix est empreinte d’une grande sensibilité tout au long du blues indolent, "Interlude". Et l’atmosphère intimiste, chaleureuse est entretenue par l'orgue Hammond B3 de Mike Finnigan (Bonnie Raitt Band). Blues enlevé, "Farmer Kenny" est une piste qui permet aux solistes –Billy, Wes Lamich à l'orgue et Red Holloway sur son saxophone– de tirer leur épingle du jeu. Excellent, le titre maître est une ballade roots découpée dans des accords de gratte à la fois saignants et captivants. Un peu dans le style d’un Clapton contemporain. Particulièrement mélodique, "Halfman" baigne dans un climat intimiste. Funky voire même R&B, "Many faces" est dominé par le sax de Ron Holloway et enrobé de choeurs féminins. Le funk devient percutant sur "Satisfied". Nous ne sommes pas tellement loin de Little Feat qui a justement délégué son pianiste Bill Payne et son bassiste Kenny Gradney. Chargé de passion mais indolent, "Then my love" est un gospel blues au cours duquel le sentiment de mélancolie est entretenu par l'orgue de Finnigan. Soudés par le rythme, les quatre musicos se déchaînent tout au long d’"Ain't but one", un R&B nerveux, dansant. Shuffle de bonne facture, "Got to be did" libère beaucoup de groove. La version du "Ain't no sunshine" de Bill Withers est excellente. Chargé de swing, dansant, rythmé, "While the world's winding down" clôt ce superbe long playing. Une plage au cours de laquelle la voix de Billy me rappelle alors le vétéran anglais John Mayall…

 

Thisquietarmy

Hex Mountains

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Projet monocéphale baigné d’ambiances orageuses et sourdant des échos d’un céleste onirisme, le projet d’Eric Quash, alias Thisquietarmy (en attaché s’il vous plaît) manie l’Art pompier du bruit avec autant de zèle que je m’applique à tremper ma plume dans l’encre noire de ses compositions infestées figurant sur « Hex Mountains ».

Actif depuis deux mille cinq, le Canadien tisse depuis, les motifs sombres d’une ode à la noirceur, à l’étrange et aux brumeuses incantations d’entités gisant dans les tréfonds de son esprit.

Si une vingtaine de projets jonchent sa riche discographie, attardons-nous sur ce dernier essai.

Un projet axé sur une spirale tournoyante qui emmène l’auditeur dans un gouffre angoissant et laisse planer une ombre menaçante d’un bout à l’autre des quatre titres ici présents, dont il est bien difficile de se dépêtrer après écoute.

C’est donc à une expérience inquiétante, comme un voyage introspectif auquel il faut s’attendre avant d’entamer ce périple en terre inconnue.

A l’instar de certaines substances chimiques, « Hex Mountains » pourrait donc donner lieu à quelques mauvais trips si vous n’êtes pas en condition optimale pour ce grand plongeon.

Car le voyage est glacial, et les silhouettes qui planent au dessus de ces montagnes renvoient à des fantômes abandonnés depuis la nuit des temps.

Nuit hantée, possédée et qui renvoie les échos de cauchemars ancestraux.

Brrr… Ce qui ne donne pas franchement envie de s’immiscer dans cet univers glauque.

Sauf que…

Sauf qu’évidemment, ce type de mise en abîme fait appel à la curiosité malsaine de chacun et nourrit l’amour morbide pour ces vieux contes qui nous faisaient trembler lorsque nous étions encore des enfants.

Les craquements, les bruits épars, les sonorités elles-mêmes renvoient aux souvenirs laissés dans nos imaginaires et la somme de toutes ces ambiances ne seraient somme toute que peu intrigante si elle ne se nourrissait du suc de nos mémoires.

Sorte de train fantôme en paysage désolé, ce disque génère des plaisirs solitaires, là où on s’abandonne aux monstrueux, au gisant tapis dans le noir, et autres mouvements imperceptibles qui secouent la lourde tenture de nos rêveries.

Entouré pour l’occasion de collaborateurs physiques, Eric Quosh signe son album le plus noir, le plus sombre, mais surtout le plus abouti.

Si on pardonne un certain maniérisme dans les envolées de « Spirit In Oblivion » et une qualité de son étouffée, on prendra donc son pied lors de cette randonnée accomplie en compagnie de vieux esprits.

Conseil : munissez vous quand même d’une petite laine.

Il fait plutôt froid dans ces vallées sépulcrales. 

De passage au Magasin 4 le 12 novembre et à l’An Vert de Liège le 15 du même mois.

 

Tedeschi Trucks Band

Made up mind

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Le Tedeschi Trucks Band est un groupe qui marche très fort aux States. A l’origine, il se produisait sous le patronyme de Dereck Trucks and Susan Tedeshi Band, une formation fondée en 2010 à Jacksonville (NDR : c’est en Floride !) Dereck et Susan sont mariés. Agée de 42 ans, elle est originaire de Boston. Chanteuse/guitariste, elle a déjà publié plusieurs elpees sous son propre nom. Derek, lui, n’en a que 34 ans. C’est le leader de son Derek Trucks Band et surtout il est membre de l’Allman Brothers Band.

Le premier opus du TT Band "Revelator" est paru en 2011, un disque qui a décroché un Grammy Award pour le ‘meilleur album de blues’. Et le deuxième est sorti en 2012. Un ‘live’ intitulé "Everybody's talkin'". Pour ce troisième essai, le couple a reçu le concours de Kofi Burbridge, aux claviers et à la flûte, de deux batteurs/percussionnistes, de cuivres et de choristes.

Le titre maître ouvre l’elpee. La compo est imprimée sur un rythme soutenu. Puissante, la voix de la charmante Susan domine l'ensemble jusqu'à ce que Derek libère sa slide, une sortie musclée, caractérisée par sa sonorité caractéristique. "Do I look forward" constitue un des sommets de l’opus. Sur une superbe mélodie, Susan chante d’un timbre rocailleux, expressif, cette compo bouleversante illuminée par une orchestration magique et traversée par une slide tout à fait exceptionnelle. Manifestement l'école de l’Allman Brothers Band a été déterminante dans la formation du jeune Trucks. Pas pour rien que son père, Butch Trucks, a assuré le rôle de drummer dès les débuts de l'ABB, aux côtés de Duane Allman et Dickey Betts! Introduite par les cordes acoustiques de Derek et la flûte de Kofi, "Idle wind" est une ballade au cours de laquelle la slide refait surface en fin de parcours, au coeur des cuivres. "Misunderstood" est une plage coécrite par Sonya Kitchell (une jeune chanteuse/auteur/compositrice) et Eric Krasno (guitariste de Soulive). Funky elle laisse la part belle aux cuivres et à l'orgue Hammond. La même paire signe également "It's so heavy", une ballade assez émouvante que Susan chante avec une émotion bien palpable devant les soubresauts de la slide. Le guitariste texan Doyle Bramhall partage l’écriture de "Part of time". Il en profite pour communiquer une touche soul au TTB. Bramhall remet le couvert sur "All that I need", une piste réminiscente de l’Allman Brothers ponctuée par une sortie brillante de la slide. Très southern rock, "Whiskey legs" se limite à la voix, les guitares et la section rythmique. Et le résultat est excellent ! Les deux époux s'échangent des chapelets de notes sur leurs grattes. Susan chante passionnément "Sweet and low", une ballade soul issue de la plume d’Eric Krasno. "The storm" constitue le meilleur titre de cette œuvre. Puissant, inventif, complexe, stimulé par ses changements de rythme, c'est la dernière occasion franche accordée à Butch pour faire palpiter sa slide ou lui permettre de dialoguer avec l'orgue Hammond. Duo acoustique intimiste échangé entre Susan et Butch, "Calling out to you" clôt l’elpee, une piste écrite par Eric Krasnus.

 

Slow Earth

Latitude and 023

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« Latitude and 023 » n’est pas un mauvais disque. Et encore moins un bon.

Il a le malheur de se poster dans ce no man’s land où végètent tant de groupes, et ses coordonnées géographiques incomplètes ne nous permettent pas de le retrouver.

Cyniquement, on pourrait relever que sur le premier titre (« Identify »), le chanteur déclare ‘don’t waste your time’, ce qui pourrait passer pour une subtile mise en garde.

Pour le reste, Slow Earth fait aussi bien / mal (biffez la mention inutile) que pléthore de groupes actuels.

Soit une résurgence nineties un brin catchy, un brin maniérée, surproduite et au final assez plate.

Mention spéciale à la très vilaine pochette qui illustre pourtant admirablement l’avenir de ce groupe. 

 

The Rippers

Stiff

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Originaires de la Drôme, les membres de The Rippers sont avant tout des fans du punk-rock qui a sévi au cours de la deuxième moitié des 70’s et des 80’s. D’ailleurs, avant d’adopter ce patronyme, la formation française proposait comme répertoire des covers de Dead Kennedys, des adaptions qu’ils reprenaient dans les caves qu’on mettait à leur disposition. C’est en 2008, une fois le line-up fixé et le nom adopté, que The Rippers a choisi de se démarquer de ses idoles et de composer ses propres morceaux. Depuis sa création, le groupe a notamment ouvert pour Izia (NDR : oui, oui, la fille de Jacques Higelin) et accompli une mini tournée en Angleterre.

Intitulé « Stiff », leur album ne manque pas d’énergie. Il baigne d’ailleurs dans un climat gothico-punk respectueux de ses références. Malheureusement, le soufflé retombe un peu trop rapidement. Et malgré ce dynamisme, pour peu que l’on ne soit pas des grands fans du genre, on commence royalement à s’emmerder voir à se crisper face aux cris stridents féminins de la chanteuse Jill Strong.

Bref, pour l’originalité, on repassera. En fait, le band ne parvient jamais à nous entraîner dans l’univers malsain au sein duquel il est censé nous plonger. Pas assez punk. Pas assez gothique. Et les interventions électro saupoudrées à gauche et à droite ne sont pas de nature à améliorer la situation.

Bref, ce « Stiff » ne marquera certainement pas l’histoire du punk français. On est même loin du compte.

 

Mintzkov

Sky hits ground

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Mintzkov est une formation anversoise qui a remporté le célèbre Humo Rock Rally en 2000, au nez et à la barbe d’Admiral Freebee. Le band a publié 4 albums, dont ce dernier, intitulé « Sky hits ground », réalisé en D.I.Y. Depuis l’écriture à la production, en passant par le booklet. Peu de temps après la sortie de leur elpee précédent, « Rising sun, setting sun », le groupe a été frappé par la mort d’un des membres fondateurs, le guitariste Bert Van Den Roye, des suites d’une overdose. Ce dernier opus lui est d’ailleurs dédié. Les lyrics des compos évoquent d’ailleurs les thèmes de la mort et de la perte, même si cette souffrance est teintée d’espérance.

Mintzkov a souvent été comparé à dEUS. Sans doute à cause du timbre vocal de Philippe Bosschaerts, assez proche de Tom Barman. Et puis des riffs de gratte, aux accents dramatiques. Ce qui colle parfaitement aux compos de ce « Sky hits ground », même si elles se révèlent plus contagieuses que celles de leurs illustres concitoyens. Surtout quand elles sont abordées dans l’esprit de Mud Flow. A l’instar de « World of mouth », une plage soulignée de superbes harmonies vocales. Toujours soignées, par ailleurs. L’elpee s’ouvre paradoxalement par un ancien titre, « Slow motion, full ahead », une démo retravaillée et transformée en potentiel, et s’achève par la piste la plus mélancolique, le titre maître en l’occurrence, finalement plus proche de Girls In Hawaii qu’on ne l’imagine. Et on sait pourquoi…

 

M+A

These Days

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Fin 2011, paraissait “things.yes”, le premier LP de M+A, disque coup de cœur s’il en est. Deux ans après avoir commis ce véritable délice auditif, le duo italien publie « These Days », un second opus qui mise une nouvelle fois sur des sonorités planantes et délicieusement estivales. Or, Michele Ducci et Alessandro Degli Angioli ont décidé d’emprunter les saintes voies de la Pop. Ce qui ne constitue pas un péché en soi, si ce n’est que les deux hommes ont perdu un peu de leur superbe en chemin. Les voix, évoluant auparavant comme un spectre planant discrètement au-dessus de leurs mélopées, prennent désormais une part importante du processus. Ce qui donne au final de très jolies mélodies, desservies par des chants trop consensuels.

La particularité des morceaux de M+A découlait également des textes interprétés en norvégien. Un choix tout à fait aléatoire de la part des deux hommes qui avaient pris le parti de l’originalité. Ici, ils sont standardisés, en anglais donc. Ce qui ôte pas mal de charme à l’ensemble, mais n’empêche pas pour autant le duo de créer de belles petites tranches de Pop euphorique, comme les entêtants « When », « De-Light », « Down The West Side », « B-Song » et son côté très Beck et Fujiya & Myagi ou encore « Practical Friday » et ses délicates notes de saxo.

« These Days » fera mouche essentiellement chez les mélomanes qui découvriront M+A via cette galette. Et qui, à coup sûr, voudront rapidement s’intéresser à leur back catalogue. Ne serait-ce que pour conserver ce grand sourire incontrôlable provoqué par la plupart des dix mélodies de ce nouvel LP !

A découvrir sur scène dans le cadre du Glimps Festival de Gand, ce 13 décembre.