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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Christian Kjellvander

The pitcher

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Depuis la sortie de « I Saw Her From Here/ I Saw Here From Her », il y a deux ans, Christian Kjellvander n’a cessé de bourlinguer en Europe et outre-Atlantique. Entre deux villes, le Suédois ne s’est pas tourné les pouces et a continué à écrire. Le résultat figure sur cet énième album du songwriter intitulé sobrement « The Pitcher ».

L’opus a été enregistré live en 5 jours ! Difficile de croire qu’il ait réalisé une telle prouesse, lorsqu’on écoute ces neuf morceaux de country-folk. L’instrumentation est luxuriante et variée. Les cordes, les cuivres, les chœurs, tout y est ! Kjellvander crée une ambiance pour chaque titre et prend son temps pour l’installer. Aucun morceau ne descend sous les trois minutes. « The Valley » est par exemple plus entraînant tandis que sur « The Zenith Sunset » et « The Woods » la tension est palpable. Néanmoins, « The Pither » est un album qui exige plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Seule la voix du Scandinave fait un peu tâche d’huile. C’est sans doute le seul point faible de ses chansons. Malgré ce bémol, cet opus vaut clairement le coup !

 

Hospital Ships

Destruction in yr Soul

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Difficile pour votre serviteur d’être tout à fait objectif avant d’attaquer le chronique du nouvel album d’Hospital Ships, le projet solo de Jordan Geiger, l’ex-leader de Minus Story, groupe responsable (en 2005) d’un des plus beaux albums de ce millénaire, « No Rest for Ghosts » ! Et l’Américain avait récidivé, lors la publication de son second essai en solitaire, « Oh Ramona », un disque  tout aussi renversant…

Alors qu’« Oh Ramona » se concentrait sur le piano pour mettre en exergue la voix déchirante de Geiger, ce 3ème  est plus électrique, parfois même à la limite du noisy. En fait, il a été composé en groupe et évolue le plus souvent au sein d’un univers sonore proche de Minus Story (« Remaining Lights »). Boostés par une ligne de basse puissante, les morceaux gagnent en lumière et en intensité ce qu’ils perdent légèrement en intimité. Ce qui ne les empêche pas d’être chargés d’émotion. Sorte d’Arcade Fire fauché mais tout autant tourmenté, Hospital Ships soigne les blessures de l’âme à l’aide de petits moyens indie ; et pourtant, il est capable de décrocher la timbale, comme sur l’énorme et tendu « If it Speaks »… « Destruction in Yr Soul » démontre une nouvelle fois que Jordan Geiger, le songwriter issu de Lawrence (NDR : c’est dans le Kansas), mérite sa place auprès des grands troubadours US hantés que sont Jason Lytle, Mark Linous ainsi que Will Sheff…

 

Fastlane Candies

Telenovelas

Écrit par

Encensé à gauche, plébiscité à droite, le premier album des Liégeois est digne d’intérêt.

De fait, les plus sceptiques en seront pour leurs frais.

Car dans le genre lumineux, Faslane Candies en connaît en effet un rayon.

Pop de qualité, tirée à quatre épingles, mélodies imparables, gimmicks accrocheurs, production léchée et maîtrise du sujet ; la recette semble éculée, et pourtant elle fait toujours mouche.

Sans doute grâce à ce brin de magie qui distingue un honnête petit groupe d’un collectif talentueux.

Assurément de la trempe de la deuxième catégorie, les orfèvres aux commandes ici ont pris le temps de donner naissance à ce « Telenovelas ». Et ils ont bien fait serait-on tenté de dire, tant le résultat leur donne entièrement raison.

Soit des chansons qu’on devine rôdées en répétitions où passion et érudition devaient se  disputer à l’évidence ; mais aussi et surtout sur scène ou le groupe a trouvé son équilibre, dessiné son cap et forgé son expérience (à l’aide d’une nouvelle section rythmique).

Cette maturité s’affiche d’emblée sur « Girls » et le single éclaireur « Let Yourself Go », mais surtout se confirme tout du long de l’opus.

Ce « Telenovelas » est terriblement accrocheur, mais pas forcément dès la première écoute ou du moins pas aussi facilement qu’il n’y paraît.

Comme face à une beauté fatale, on sait dès le début qu’on succombera tôt ou tard, mais les attributs de séduction, s’ils fonctionnent immédiatement et à merveille, sont loin d’être racoleurs. Et évitent le côté Pompier dans lequel bon nombre se vautrent trop maladroitement.

Aussi, les amateurs de Pop ensoleillée ne pourront donc que s’émerveiller.

Quant à ceux qui préfèrent l’ombre, ils éviteront de trop s’exposer.

Un album brillant à plus d’un titre (puisque l’album en comprend dix).

L’air de rien, le label JauneOrange est occupé de redessiner la carte territoriale de la Wallifornie, en plaçant Liège Angeles au beau milieu.

 

Elephanz

Time for a Change

Écrit par

Jonathan et Maxime Verleysen sont frères. Depuis leur plus jeune âge, ils ont été autant bercés par pop-rock insulaire que la variété française. Après avoir tâté de la composition, les frangins se décident de se lancer en 2009, et fondent Elephanz. Très vite, ils gravent un premier Ep. Ce qui leur permet de participer aux Transmusicales où ils se distinguent. Pour concocter leur deuxième Ep, la fratrie bénéficie du concours de Pierre Guimard (Lilly Wood & The Prick) à la réalisation et d’Antoine Gaillet au mixage (M83, Toxic Avenger, …) Un disque qui paraît en 2011. L’ascension d’Elephanz est en marche. Si bien qu’il publie aujourd’hui son premier album. Pour l’enregistrer, il a de nouveau reçu la collaboration du gratin made in France. Et notamment Florent Livet (Cassius, Phoenix, Bloc Party, …), Aymeric Westrich (Aufgang, Kery James) et Pierre Devin (Jenifer, Brain Leech, …)

Evidemment, vu leur parcours et la liste des collaborateurs, on imagine que « Time for a Change » trahit des caractéristiques particulièrement hexagonales. On pense d’ailleurs immédiatement à la référence du genre : Phoenix. Les claviers sont omniprésents. Ils mènent la barque. Découpé en 10 pistes, cet elpee propose une pop à la fois efficace et entraînante. Les deux frères se partagent le micro et hormis « Je n’ai jamais », chantent dans la langue de Shakespeare. Le climat de l’opus est manifestement allègre et la palette de tempos plutôt large. Bref ce long playing tient la route et entretient un climat de bonne humeur.

 

Crazy Arm

The Southern Wild

Écrit par

Un groupe qui intitule son album « The Southern Wild » ne peut que vouer une certaine admiration au terreau Americana… Plus difficile d’imaginer par contre qu’il s’agit de musiciens actifs sur la scène punk de Plymouth (Devonshire) qui ont viré country le temps d’un album ! Souvent appelés les ‘Fugazi aux banjos’, les Crazy Arm passent donc cette fois totalement du côté acoustique de la force pour nous réserver une œuvre spectrale qui fait la part belle au style roots, mais sous sa forme la plus sauvage. Dans la lignée de The Decemberists (« County Jaws », « The Valley Weeping ») ou d’une version moins grand public de Mumford & Sons, les Anglais réussissent à convaincre, grâce à leur musique dominée par les banjos épileptiques et les grattes acoustiques, une musique parcourue par les voix croisées de Vicky Butterfield et Darren Johns. Les fans du groupe seront désarçonnés par cette escapade au pays des grands espaces musicaux, mais « The Southern Wild » est une incontestable réussite lorgnant vers l’univers de 16 Horsepower.

 

Capture

Communion (Ep)

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Dans une veine Pop bien propre sur elle, auto-produite, particulièrement soignée (NDR : vu les moyens phénoménaux mis à disposition de nos jours, ce n’est quand même pas trop difficile) et prête à être consommée sans minauder, célébrons le « Communion » de Capture.

Un disque qui fait suite à ce qu’il est commun d’appeler des débuts prometteurs puisque « Where we All Belong » leur avait ouvert les portes de premières parties de prestige, et en particulier d’Archive, de Sébastien Tellier ou encore de BRNS.

Et c’est justement en direction de l’univers sonore de ces Bruxellois, que « Communion » lorgne essentiellement.

Mais malgré ces nombreuses analogies, des traces d’Arcade Fire, d’Alt J ou d’Orchestral Manœuvre In The Dark sont susceptibles de vous traverser l’esprit, selon votre humeur, l’endroit où vous vous penchez sur cet Ep ou encore l’état émotionnel dans lequel vous vous trouvez au moment de l’écoute.

Des références qui brassent large, certes, mais qui permettent justement de ne pas trop vite coller une étiquette sur un groupe qui ne vient quand même que de graver un quatre titres.

Bref, cette fort belle carte de visite, concise et directe, remplit parfaitement son rôle : susciter l’attente.

 

Sofy Major

Idolize

Écrit par

Lorsqu’on chronique un album, il arrive que l’inspiration fasse défaut. Surtout lorsque le sujet à aborder est pauvre musicalement. Et si la biographie est aussi maigrichonne, bonjour le syndrome de la page blanche. Certains artistes ou groupes, à contrario, affichent un parcours tellement singulier ou émaillé d’anecdotes, qu’ils deviennent une aubaine pour le plumitif. C’est le cas de Sofy Major, dont le second elpee « Idolize », a été enregistré dans des conditions épiques. Et pour cause…

Octobre 2012, le band français débarque à New-York pour y enregistrer leur album, sous la houlette du producteur Andrew Schneider, propriétaire d’un studio à Brooklyn, sis près du canal Gowanus. Le 28 octobre, les musicos entament leurs premières prises et laissent leur matériel sur place. Au cours de la nuit, le cyclone Sandy s’abat sur la ville. Très peu de New-yorkais avaient pris les prévisions météorologiques à la légère. Lorsque nos voyageurs imprudents reviennent le lendemain, les eaux du Gowanus sont aux portes des locaux. Durant la journée, les chutes de pluie s’intensifient et le vent se renforce. Si bien qu’une partie du toit s’effondre. Ils tentent de protéger le matos et décident de partir se mettre à l’abri. Le 30 octobre, de retour sur les lieux, ils constatent que le studio est complètement sous eau. Tout le matériel est englouti. Sinistre total ! C’est alors que la solidarité entre musiciens a sauvé nos aventutriers du naufrage. Andrew et Dave Curran de Pigs et Unsane leur dénichent un nouvel endroit pour recommencer les sessions. Pas banale, vous en conviendrez, cette histoire.

Fondé en 2005, Sofy Major comptait alors cinq membres. Il est ensuite passé à un quatuor, avant de réduire son line up à un trio. C’est sous cette forme qu’il a concocté « Idolize ». Ce qui, en écoutant le disque, ne semble pas avoir eu beaucoup d’impact sur la musique des Clermontois. Elle est toujours aussi puissante. Hardcore et noise-rock y font bon ménage. Bien mise en avant, la section rythmique est solide. Les riffs de guitares sont sauvages et incisifs. Et quand Sofy Major relâche la pression, c’est pour repartir de plus belle, quelques secondes plus tard. Quant à l’aspect mélodique, il émane avant tout des parties vocales assurées par Mathieu Moulin, également préposé à la basse. Dave Curran (Unsane) apporte son concours au chant sur « Steven the Slow » ; ce qui communique un aspect encore plus ténébreux à la compo. Enfin, en guise de clôture, on a droit à une reprise du « Power of Their Voice » de Portobello Bones, un autre ensemble de punk-noise issu de l’Hexagone…

Une bonne claque comme je les aime ! En outre, le digipack est superbe. Une bonne raison de plus pour vous procurer cet opus…

 

SixseveN

After The Crash

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Autant être honnête avec vous. L’image reproduite sur la pochette a souvent des répercutions tragiques sur ma vision première d’un album.

Pas de chance, dans le cas de celui-ci…

Passons donc sur la symbolique mystérieuse de cette mise en scène (on dirait un candidat de ‘Tout Le Monde Veut Prendre Sa Place’ perdu au Spirit 66) et attardons nous sur le contenu.

Du reste, l’intérieur du livret est plutôt réussi (j’omets volontairement de commenter les photos du ‘Band On The Wall’)

Mais si je veux être sympa (la question mérite tout de même d’être posée à la lecture de cet article), je devrais m’abstenir de parler musique.

Or, c’est mon rôle. Donc. Après une introduction calamiteuse digne d’une fête foraine ou d’un télé crochet désastreux, « Dream Land » s’enfonce très vite dans ce qui ressemble plus à un cauchemar.

Le reste n’est qu’à l’image du désastre déjà en cours.

Musicalement bouffi de solos de guitares indigestes (ah, oui, on peut s’extasier devant cet étalage de technique, mais c’est plutôt du genre à refroidir mes ardeurs) et de gimmicks vocaux pas très persuasifs, j’avoue avoir peiné à aller jusqu’au bout du long playing.

Intitulé « After The Crash » suite à un accident de la route, cet album conçu par Stélio Gollas, tête rêveuse se masquant sous ce drôle le patronyme de SixseveN, porte surtout bien son titre après écoute.

On pourra extraire « Lover Sky » de la grisaille (sans doute un soubresaut de bonté de ma part ou de compassion déplacée) mais il y a hélas bien plus de titres à évincer à coups de pied au cul.

Pourtant, le registre est étendu mais mièvre (au mieux) dans tous les cas de figures.

De la chanson française (un exemple : « Rendez Vous », véritable abomination) au Rock bourrin (un large choix de pistes) en passant par des incursions maladroites d’Electro trop révérencieuse, tout y passe.

Allez, je vous ai gardé le meilleur pour la fin (car j’ai quand même poussé l’écoute jusqu’au bout), soit « Psychose Métallique », dont le titre faisait craindre le pire, mais qui s’avère le meilleur moment de l’LP, balancé dans une ambiance sombre plutôt réussie. (NDR : ce n’est ni Woven Hand ou les Swans, mais c’est pas mal quand même).

Et enfin « This Night » qui clôt de manière plus convaincante ce coup d’essai.

Pour le reste, si le mariage improbable entre For Non Blonde et Pierre Rapsat avait pu donner naissance à un avorton, on peut imaginer qu’il prendrait la forme de SixseveN les soirs de pleine lune.

 

MS MR

Secondhand Rapture (b)

Écrit par

MS MR (prononcez ‘Miz Mister’) est un duo mixte. Il réunit la chanteuse Lizzy Plapinger et le producteur Max Hershenow. Un couple qui surfe sur la vague du succès depuis la sortie de « Secondhand Rapture », leur premier album, dont vous avez probablement déjà entendu des extraits dans le cadre de la diffusion de séries TV comme ‘Games of Thrones’ ou ‘Grey’s Anatomy’. Une hype méritée pour un groupe que la blogosphère rapproche des univers de Lana Del Rey ou de Florence and the Machine ? Pas vraiment à l’écoute de ces petits hits électro-pop fadasses entendus des tonnes fois au cours de ces dernières années… L’auditeur lambda raffolera toutefois des singles de MS MR : le légèrement trip-hop « Hurricane » ou l’électro-pop « Bones », notamment ; mais le petit problème ici c’est qu’ils auraient tout aussi bien pu être signés par les artistes auxquels ils sont comparés. De la synth-pop légèrement gothique de Brooklyn un peu ‘Secondhand’ donc…

 

The Cosmic Dead

Surconsommation d’énergie cosmique…

Écrit par

C'est une salle Rogier pleine à craquer et surchauffée qui attendait Cosmic Dead et surtout Wooden Shjips. Des conditions plutôt limites pour apprécier pleinement deux concerts qui ont pourtant fait l'unanimité. Collé contre le mur du fond dans une posture pour le moins inconfortable, votre serviteur a essayé de faire abstraction de cette atmosphère viciée et éprouvante et de se concentrer tant bien que mal sur les prestations des deux groupes. Première constatation, ce genre de rock psychédélique n'attire pas les jeunes générations. La salle est peuplée majoritairement de quadragénaires pas vraiment remuants. Il est vrai qu'il n'y a guère de place pour remuer.

Le son, lui, est plutôt convenable et heureusement car le tourbillon noise des Cosmic Dead aurait bien du mal à passer sur du matériel de fortune.

Les Ecossais démarrent leur set par une lente progression noise. On est directement noyé sous les effets psyché. Ceux qui pensent que la musique est aussi faite de silences peuvent s'en aller. Il n'y aura pas un instant de répit. Hypnotiques et grinçantes, les couches sonores s'empilent. Après cet amuse-gueule d'une dizaine de minutes, Cosmic Dead entame un deuxième et... dernier morceau qui va durer plus de 20 minutes. Trop court me direz-vous. Pas vraiment. Il n'aurait pas fallu que la performance se prolonge tant elle est violente, voire harassante. C'est d'ailleurs l'avis général à l'issue du concert : une grosse claque qui aurait sans doute lassé si elle s’était prolongée. Car au cours de la deuxième partie les citoyens de Glasgow vont durcir le ton. La batterie est plus présente, les sonorités du synthé plus agressives et les musiciens rentrent dans une transe spectaculaire balançant leurs têtes chevelues comme des damnés. Au milieu de ce magma sonore on se régale de rencontrer une partie plus space-rock tribale qui ressemble de loin à Ozric Tentacles (en bien plus noise quand même). On pense aussi aux moments les plus paroxystiques de Can même si le groupe joue plus sur l'énergie que sur la technicité. Les Cosmic Dead ne sont en effet pas des virtuoses. Il y a même deux, trois moments où l'un ou l'autre membre perd un peu le fil conducteur, mais sans conséquence, puisque tout est dans l'excès. Le concert se clôture par une suspension des guitares aux armatures métalliques des lumières, ultime hommage au Dieu noise.

Un concert des Cosmic Dead est une expérience. Si ces atmosphères étouffantes mais stimulantes vous chatouillent l'occiput, sachez qu'ils reviendront dans notre pays le 19 décembre à l'Escalier de Liège en compagnie des excellents Naam.

Après une pause clope face au vent glacial qui contraste assez violemment avec la fournaise de la salle, il est temps de retrouver nos hippies de l'espace.

La posture des Wooden Shjips contraste avec leurs prédécesseurs. Autant les Cosmic Dead se contorsionnent sur les planches, autant les Californiens économisent leurs mouvements. La différence d'âge peut-être, une philosophie plus ‘peace’ certainement. Car si Omar Ahsanuddin se déchaîne sur sa batterie, les trois autres font l'apologie du statisme. Seul Ripley Johnson se balance de temps en temps lorsqu'il se fend d'un solo. Dusty Jermier, sorte de dandy hippie, tient sa basse de manière raffinée, le manche levé comme un gitan alors que Nash Whalen semble planté au milieu du podium, le regard dans le vague. Economie de geste mais pas d'énergie. Le groupe propose une version musclée de son nouvel et excellent album "Back To Land". Les morceaux les plus rythmés comme "Other Stars", "In The Roses" ou "Ghouls" sont parfaitement taillés pour la scène. Nous sommes à bord d'une diligence lancée à toute vitesse sur les plaines de l'Ouest. Une cavalcade où se chevauchent guitares aériennes, batterie métronomique et orgue lunaire. De quoi regretter de ne pas avoir plus d'espace pour se dandiner. On apprécie aussi beaucoup la basse caoutchouteuse de "Ruins". Et le groupe n'oublie pas de se replonger dans le précédent et déjà culte elpee "West", épinglant notamment les formidables "Lazy Bones" et "Flight". Le tout est soutenu de visuels fatalement psychédéliques qui se baladent sur les murs ; et ces formes ondulatoires participent parfaitement à l'hypnose qui s'installe progressivement. Alternance d'envolées électriques et de passages plus méditatifs (peut-être un rien trop longs vu les conditions), ce set a réussi à nous emporter dans une sorte d'hallucination collective. Bien moins kraut que Moon Duo, l'autre projet de Ripley Johnson, moins mélodique aussi, les Wooden Shjips nous ont prouvé qu'ils incarnaient bien les tauliers du psychédélisme des années 2010. Et si l'interaction entre le public et le band était quasi nulle durant le concert, ce dernier semblant totalement absorbé par sa musique, comme sur une autre planète, il n'en a pas été de même après le concert. Souriants et décontractés, les chamans californiens resteront en effet de longues minutes à taper la causette en compagnie de leurs fans.

On espère qu'ils ne mettront pas trop de temps à revenir dans nos contrées et si possible, dans une salle un peu plus confortable.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout + Heartbreak Tunes)

 

Wooden Shjips

Hallucinations collectives

Écrit par

C'est une salle Rogier pleine à craquer et surchauffée qui attendait Cosmic Dead et surtout Wooden Shjips. Des conditions plutôt limites pour apprécier pleinement deux concerts qui ont pourtant fait l'unanimité. Collé contre le mur du fond dans une posture pour le moins inconfortable, votre serviteur a essayé de faire abstraction de cette atmosphère viciée et éprouvante et de se concentrer tant bien que mal sur les prestations des deux groupes. Première constatation, ce genre de rock psychédélique n'attire pas les jeunes générations. La salle est peuplée majoritairement de quadragénaires pas vraiment remuants. Il est vrai qu'il n'y a guère de place pour remuer.

Le son, lui, est plutôt convenable et heureusement car le tourbillon noise des Cosmic Dead aurait bien du mal à passer sur du matériel de fortune.

Les Ecossais démarrent leur set par une lente progression noise. On est directement noyé sous les effets psyché. Ceux qui pensent que la musique est aussi faite de silences peuvent s'en aller. Il n'y aura pas un instant de répit. Hypnotiques et grinçantes, les couches sonores s'empilent. Après cet amuse-gueule d'une dizaine de minutes, Cosmic Dead entame un deuxième et... dernier morceau qui va durer plus de 20 minutes. Trop court me direz-vous. Pas vraiment. Il n'aurait pas fallu que la performance se prolonge tant elle est violente, voire harassante. C'est d'ailleurs l'avis général à l'issue du concert : une grosse claque qui aurait sans doute lassé si elle s’était prolongée. Car au cours de la deuxième partie les citoyens de Glasgow vont durcir le ton. La batterie est plus présente, les sonorités du synthé plus agressives et les musiciens rentrent dans une transe spectaculaire balançant leurs têtes chevelues comme des damnés. Au milieu de ce magma sonore on se régale de rencontrer une partie plus space-rock tribale qui ressemble de loin à Ozric Tentacles (en bien plus noise quand même). On pense aussi aux moments les plus paroxystiques de Can même si le groupe joue plus sur l'énergie que sur la technicité. Les Cosmic Dead ne sont en effet pas des virtuoses. Il y a même deux, trois moments où l'un ou l'autre membre perd un peu le fil conducteur, mais sans conséquence, puisque tout est dans l'excès. Le concert se clôture par une suspension des guitares aux armatures métalliques des lumières, ultime hommage au Dieu noise.

Un concert des Cosmic Dead est une expérience. Si ces atmosphères étouffantes mais stimulantes vous chatouillent l'occiput, sachez qu'ils reviendront dans notre pays le 19 décembre à l'Escalier de Liège en compagnie des excellents Naam.

Après une pause clope face au vent glacial qui contraste assez violemment avec la fournaise de la salle, il est temps de retrouver nos hippies de l'espace.

La posture des Wooden Shjips contraste avec leurs prédécesseurs. Autant les Cosmic Dead se contorsionnent sur les planches, autant les Californiens économisent leurs mouvements. La différence d'âge peut-être, une philosophie plus ‘peace’ certainement. Car si Omar Ahsanuddin se déchaîne sur sa batterie, les trois autres font l'apologie du statisme. Seul Ripley Johnson se balance de temps en temps lorsqu'il se fend d'un solo. Dusty Jermier, sorte de dandy hippie, tient sa basse de manière raffinée, le manche levé comme un gitan alors que Nash Whalen semble planté au milieu du podium, le regard dans le vague. Economie de geste mais pas d'énergie. Le groupe propose une version musclée de son nouvel et excellent album "Back To Land". Les morceaux les plus rythmés comme "Other Stars", "In The Roses" ou "Ghouls" sont parfaitement taillés pour la scène. Nous sommes à bord d'une diligence lancée à toute vitesse sur les plaines de l'Ouest. Une cavalcade où se chevauchent guitares aériennes, batterie métronomique et orgue lunaire. De quoi regretter de ne pas avoir plus d'espace pour se dandiner. On apprécie aussi beaucoup la basse caoutchouteuse de "Ruins". Et le groupe n'oublie pas de se replonger dans le précédent et déjà culte elpee "West", épinglant notamment les formidables "Lazy Bones" et "Flight". Le tout est soutenu de visuels fatalement psychédéliques qui se baladent sur les murs ; et ces formes ondulatoires participent parfaitement à l'hypnose qui s'installe progressivement. Alternance d'envolées électriques et de passages plus méditatifs (peut-être un rien trop longs vu les conditions), ce set a réussi à nous emporter dans une sorte d'hallucination collective. Bien moins kraut que Moon Duo, l'autre projet de Ripley Johnson, moins mélodique aussi, les Wooden Shjips nous ont prouvé qu'ils incarnaient bien les tauliers du psychédélisme des années 2010. Et si l'interaction entre le public et le band était quasi nulle durant le concert, ce dernier semblant totalement absorbé par sa musique, comme sur une autre planète, il n'en a pas été de même après le concert. Souriants et décontractés, les chamans californiens resteront en effet de longues minutes à taper la causette en compagnie de leurs fans.

On espère qu'ils ne mettront pas trop de temps à revenir dans nos contrées et si possible, dans une salle un peu plus confortable.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout + Heartbreak Tunes)

 

Indochine

Direction Paradize !

Écrit par

Le Zénith Arena de Lille était bien trop petit, le week-end dernier, pour accueillir les fans d’une bande de jeunots comptant cinquante balais passés qui composent LE groupe rock/pop français par excellence, Indochine. Formation portée sur les fonts baptismaux, début des eighties, par les frères Sirkis, le band a collectionné les triomphes et trusté les récompenses en tous genres, au cours de leurs trente années d’existence. Il y a maintenant plus de deux lustres que Nicolas est seul à la barre de ce paquebot des ondes et ce, depuis le départ bien involontaire de son frangin Stéphane. Depuis qu’un single virevoltant a chanté la gloire d’un héros de roman à deux sous, Bob Morane, ce cargo transporte des containers entiers de hits, voguant  sur les eaux multicolores de la musique pop et emmenant dans son sillage des générations de passagers. Ce soir, ils sont tous là, les enfants (parfois très jeunes), leurs grands frères ou grandes sœurs et même leurs parents. Faut dire que depuis 1981, les fans de la première heure ont enfanté à leur tour des petits fans et c’est donc en quelque sorte à une grande réunion de famille qu’on assiste quand Indochine se produit sur les planches.
Ce soir, ils sont plus de sept mille à avoir fait le pied de grue, des heures durant parfois, afin de chanter, danser, faire la fête en compagnie de leurs idoles. Mais les déçus sont encore bien plus nombreux. Dix fois, quinze fois même le Zénith aurait pu afficher complet tant la demande était incroyable. Un succès qui ne se dément pas malgré les années qui passent. Incroyable ! Qu’est-ce qui nous attend en 2020 ?
Dès la sortie du dernier opus, « Black City Parade », Indochine gratifiait ses fans d’une tournée. Las, celle-ci se déroulait dans des salles où n’entraient à tout casser que 2 000 aficionados. Les veinards laissaient derrière eux un monstrueux cortège de mécontents, déçus et désabusés. Et c’est peu dire. Heureusement, Nicolas avait promis que cette ‘mini-tournée’ serait suivie d’une autre aux dimensions bien supérieures. Ouf !
Le Zénith de Lille qui avait vendu les 14 000 places en moins d’un quart d’heure affichait donc plus que complet pour ce week-end festif (6 décembre : St Nicolas !)…

Pour l’anecdote, c’est Airbag One qui est chargé de chauffer le public. Mission difficile, voire impossible pour ce trio qui tente malgré de très mauvaises conditions sonores de se faire connaître. La foule n’en a cure et n’a d’yeux et d’oreilles que pour les vieux de la vieille. Allez ouste les jeunes !!! Nicolas ! Nicolas ! Nicolas ! vitupèrent des milliers de gorges déployées.

Quelques minutes pour débarrasser définitivement le plancher et… obscurité totale…

Les prémices de « Black City Parade » retentissent à peine que la foule se soulève comme un seul homme et dégage illico une énergie insoupçonnée (?). Des dizaines de bâtons d’encens plantés sur le pourtour du podium et un jeu de lumières principalement axé sur le rouge et le blanc donnent le ton : en route pour un voyage planant tout en couleurs… « Traffic Girl » qui suit la plage inaugurale submerge la fosse de confettis, ce qui rend encore l’ambiance plus chaleureuse et festive. Tout le monde hurle, tout le monde chante, tout le monde danse. Délire total, paradis pour tous ! La bonne humeur est de mise et ne quittera plus l’auditoire durant les deux heures trente de concert. « Belfast », troisième titre consécutif du dernier elpee, démontre qu’Indochine n’a rien perdu de sa valeur au fil des siècles (ben oui, ils ont débuté au XXème !)

« Kissing my Song » et « Salome » déclenchent la machine à remonter le temps. A priori, seuls les plus anciens sembleraient à même de fredonner des vieux airs. Que nenni ! Les gamin(e)s d’à peine 8/10 ans s’en donnent à cœur joie, démontrant à qui l’ignore que la mémoire ne se travaille pas (seulement) à l’école… mais surtout dans l’affectif. Nicolas joue l’alternance pour la grosse demi-heure suivante, enchaînant le récent et le moins récent, « Memoria », « Little Dolls », « Miss Paramount », un fantastique « Wuppertal », superbement mis en images grâce à un écran géant contournant le public subjugué par le pas de danse d’Alice Renavand, le magique « J’ai demandé à la lune ». Puis un « Tes yeux noirs » de derrière les fagots donne le tournis et des crampes aux plus âgés dont je suis. Mais ce soir, rien ne pourrait arrêter cette folie contagieuse, même pas quelques courbatures.

Pour calmer un peu le jeu, Nicolas se la joue défenseur des opprimés, des discriminés en attaquant le très controversé « College Boy » et son clip honni par les médias du monde (francophone) entier. Pour l’occasion, les ballons blancs style marche de la même couleur font leur apparition et le message passe beaucoup mieux.

Trois minutes de calme, de réflexion et c’est reparti ! « Alice and June » n’ont aucune pitié de mes vieilles articulations qui vont sans aucun doute rendre l’âme sur les mesures d’un medley de la meilleure veine. « Canary Bay », « Des fleurs pour Salinger », « Paradize », « Play boy », « 3ème sexe » s’entremêlent, s’entrechoquent pour achever ceux qui résistent encore. Le coup de massue viendra lors du super hype « Trois nuits par semaine » balancé juste après une « Maryline » vieille de dix ans.

Heureusement, Nicolas a pitié de votre serviteur (des autres aussi) ! Seul au piano, il entame la séquence ‘émotion’ en chantant « The Lovers », en hommage aux victimes des Philippines et à Nelson Mandela, décédé la veille.

« Le manoir » et surtout « A l’assaut » emboîtent le pas à ce relatif moment de douceur. Ils sont un peu dépoussiérés pour l’occasion ; et à cet instant, j’en vois quelques-uns qui hésitent sur les paroles car ils ne connaissent pas cette dernière. L’honneur est sauf…

Enfin, non mais des fois, vont pas tout nous bouffer ces gamins hein… Déjà qu’ils étaient pas nés pour les trois quarts du répertoire, faut quand même pas rigoler !

Par contre, « L’aventurier », tout le monde connaît, même ceux qui sont encore dans le ventre de leurs mères présentes ce soir. Dingue ce groupe ! C’est bien sûr l’heure de finir en beauté. Place donc aux feux d’artifice et au lâcher de ballons dans le public. Le père Sirkis y va de quelques shoots bien calibrés et s’amuse lui aussi comme un gosse (qu’il est toujours, soit dit en passant).

L’arrêt cardiaque nous guette, il est temps que cette soirée de folie s’arrête. Mais la mort est si douce lorsqu’elle est librement consentie !

Allons-y donc pour deux rappels. « Le fond de l’air est rouge » annonce la fin d’une soirée mémorable, pleine d’une intensité plus que palpable, sans temps mort et sans aucune lassitude ressentie. Quelle forme, quelle énergie !

‘Je pars, je n’reviendrai jamais…’ seront les derniers mots chantés ce soir, « Pink Water 3 » mettant un point final à deux heures trente de plaisir, d’euphorie, de folie.

Chapeau ! Rideau ! Dodo !

(Organisation Vérone Productions)

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Girls Against Boys

Coup de barre…

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Non, non, vous ne rêvez pas : Girls Against Boys existe encore et nous revient, après 11 ans de mutisme ; il a même sorti un Ep 5 titres. Intitulé « Ghost List », il est disponible sur le site de téléchargement légal Epitonic. Une bonne occasion pour le quatuor noise-rock américain de rejoindre la longue liste des groupes ‘dinosaures’ sortis de leur longue retraite pour nous rebalancer leurs vieux tubes assaisonnés et relevés de quelques ‘nouveautés’. Par nouveautés, vous entendrez, bien évidemment, nouveaux morceaux et non révolution sonique et structurelle.
Une légère parenthèse (certainement lucrative) pour Scott McCloud dans son projet personnel « Paramount Styles » et une démarche sans prise de risque pour le leader du band. Car cette formule continue de réunir une masse considérable de nostalgiques venus écouter une musique familière, celle qu’ils connaissent et aiment déjà. Bref, il ne fallait pas s’attendre à de grandes surprises ou de grandes révolutions sonores ce jeudi soir à l’Atelier 210 lors du set livré par GVSB face à un public d’amateurs conquis d’avance.

En effet, alors qu’une tempête sévère s’abat sur la capitale, le public ne se prive pourtant pas de venir physiquement et chaleureusement remplir le parterre du 210 pour s’agiter sur les tubes décennaux du groupe de Washington. Un quatuor identique à l’original, chant/guitare, 2 basses (plus un clavier additionnel pour Johnny Temple) et une batterie.                                                      

Une setlist généreuse de 12 morceaux (+ 2 rappels) qui va déballer rapidement sa discographie classique, réchauffer la salle dès le deuxième titre « Super-Fire », et confirmer ces excellentes dispositions par « Cash Machine » ainsi que le toujours très énergique « Bulletproof Cupid », excité d’un clavier plutôt furieux.
 

Pourtant, l’intensité baisse assez rapidement. La voix grave, fatiguée de Scott McCloud devient progressivement monotone et glace l’auditoire d’une certaine lassitude. Un band en crise de fatigue ? Un son parfois hasardeux et étouffé ? Soit. Un concert en perte de vitesse et d’énergie pendant son voyage sonore. Soulignons que GVSB enfile les concerts sur une longue durée et ne peut humainement garder un dynamisme perpétuel et au beau fixe. Avant-hier, excellent dans la mythique salle Electric Ballroom de Londres ; hier, au 4AD de Diksmuide et demain à Zagreb. Ce soir, il faut l’avouer, il manque parfois de mordant.

Néanmoins, le band relève la tête en fin de parcours lors de l’efficace « Diamond Life » issu de son dernier Ep. Et jette un dernier coup de nerf sur le très bon « Kill The Sex Player ». Dernier effort enfin destiné aux aficionados, l’inévitable « She Lost Control » de Joy Division et « Rockets Are Red », morceau vieux de plus de 20 ans, en rappel.

Un retour inattendu de Girls Against Boys, sans grand éclat, plutôt réservé aux fans de la première heure. 

Autumn Falls

(Organisation Atelier 210 + Toutpartout) 

 

White Fence

De l’autre côté de la barrière blanche…

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Soirée garage ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, puisque se produisent, dans le cadre de l’Autumn Falls, Mountain Bike, Night Beats, White Fence et Ty Segall. Sachant que les hostilités commencent à 19h45, Ludo et votre serviteur décident de prendre la route suffisamment tôt. Pas de souci, on débarque à Molenbeek, vers 19h20. Mais fâcheux contretemps, trouver une place de parking est une véritable galère. Après avoir sillonné les artères en long et en large, on déniche finalement un emplacement, chaussée de Mons. Un peu de marche, et il est 20h10, quand on pénètre au sein du Vaartkapoen…

Malheureusement, vu l’heure d’arrivée, on n’a pu assister au concert de la formation belge Mountain Bike. Alors place à Night Beats. Un trio établi à Seattle qui a publié son deuxième elpee cette année, « Sonic Bloom ». Référence à Sonic Boom, pseudo de Peter Kember, le cofondateur de Spacemen 3 ? Probablement. Mais dans les grandes lignes, car si le band puise son inspiration dans le psyché garage, il lorgne surtout vers The 13th Floor Elevators. Encore que les sonorités de guitare me font parfois penser au groupe insulaire Gun, un combo qui avait gravé un hit en 1968, « Race with the devil ». Les trois musicos portent des cheveux longs comme à cette époque. Et fatalement, leur musique trempe dans le revivalisme de cet acabit. Les moments les plus mélodiques sont vraiment bien ficelés et la basse peut se révéler hypnotique. Le drummer frappe comme un malade ; si bien que régulièrement un roadie doit venir remettre son matos en place, parce qu’il se disloque. Malheureusement, les envolées acides manquent quand même de fil conducteur et on se demande parfois où elles veulent nous conduire. Paraît que sur disque, le trio offre un visage plus séduisant. Bref, s’il a manifestement du potentiel, il doit encore bosser pour vraiment s’imposer dans le circuit.

White Fence, c’est le projet de Tim Presley. On raconte qu’il serait issu de la famille du King. C’est à vérifier. Une chose est sûre, il est aussi prolifique que Ty Segall. Les deux artistes sont d’ailleurs très amis et ont enregistré ensemble un album, « Hair », l’an dernier. Depuis 2010, il a d’ailleurs publié six elpees, sans compter les Eps et les collaborations diverses. Sur les planches, il est soutenu par un bassiste coiffé d’une casquette de marin, d’un drummer et d’un second gratteur qui caresse une douze cordes à manche scié le plus souvent à l’aide d’un bottleneck ; il est, en outre, également préposé aux bidouillage électroniques. Un peu timoré, malgré des paillettes autour des yeux, il communique l’aspect space rock aux compos. Tim arbore un coupe de cheveux plutôt mod. Il porte un pull blanc torsadé et tient sa guitare très haute sur la poitrine. Honnêtement, je dois avouer avoir éprouvé des difficultés à entrer dans leur set. D’abord la voix de Presley n’est pas assez mise en valeur à mon goût, et puis il y a ces brisures constantes dans le rythme qui ne facilitent pas l’accroche. Pourtant, après 20 bonnes minutes, je perçois le fil conducteur. Enfin s’il y en a un. En fait, le franc tombe. Le spectre du Velvet Underground apparaît. Et tout se clarifie. La barrière blanche tombe alors, si vous préférez. Mais si les mélodies sont bien présentes, elles éclosent entre les envolées expérimentales. Manifestement, White Fence est un groupe underground, et pour apprécier sa musique en ‘live’, il est indispensable d’en écouter d’abord ses disques…

Lors du concert conjugué de Kurt Vile et de Scout Niblett, on m’avait mis la puce à l’oreille. Ty Segall et ses acolytes se produiraient assis. Et lors de l’installation du matos, cette rumeur se confirme. Un drummer s’installe de profil, à droite. Son kit de batterie est minimal : une caisse claire, un tom basse et une cymbale. A gauche, se plante un bassiste. Et au milieu Ty Segall et Sean Presley (NDR : le frère de l’autre ?) aux grattes acoustiques électrifiées. Ces deux musicos chantent et ce dernier se met parfois à siffloter. Quand ils conjuguent leurs voix en harmonie, il faut avouer qu’il y a de quoi tomber sous le charme. Curieux de se produire sous cette configuration, car les compos ont la pêche. La première partie du concert privilégie les titres du dernier opus, « Sleeper ». Segall court même prendre la place du batteur pour « The man man ». Souriant, Ty a un physique qui me fait penser à celui de Kurt Cobain. En plus enveloppé. Il secoue régulièrement sa tignasse en grattant son instrument. Les deux sixcordistes y sont impressionnants de maîtrise. Leur manière d’électrifier leurs cordes acoustiques à l’aide des pédales est absolument épatante. Et le quatuor finit par libérer un groove dévastateur. Simplement, Ludo, notre photographe et votre serviteur sont collés contre l’estrade. Or les mouvements de foule commencent à s’amplifier. Les gobelets de bière à voltiger. Le crowdsurfing s’invite aux réjouissances, mais surtout les bousculades débridées. Ca pogote sec, certains spectateurs manquent d’être piétinés dans la cohue ; mais sous les coups de boutoir, nos vertèbres commencent à encaisser. Une situation qui nous force à battre en retraite. Or, vu la hauteur du podium et l’affluence (NDR : c’est sold out, donc il doit y avoir 600 spectateurs), on ne voit plus rien. On entend, c’est chouette, mais le concert n’a plus la même saveur. Il y a bien eu un rappel et puis, on a vu deux fans ressortir avec la guitare que Ty leur avait offerte. Sympa. Sauf pour les conditions du spectacle. A revoir dans d’autres circonstances…

Autumn Falls

Mountain Bike + Night Beats + White Fence + Ty Segall

(Organisation Vk* + Toutpartout + Heartbreaktunes)

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Ty Segall

Le cul entre deux chaises…

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Soirée garage ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, puisque se produisent, dans le cadre de l’Autumn Falls, Mountain Bike, Night Beats, White Fence et Ty Segall. Sachant que les hostilités commencent à 19h45, Ludo et votre serviteur décident de prendre la route suffisamment tôt. Pas de souci, on débarque à Molenbeek, vers 19h20. Mais fâcheux contretemps, trouver une place de parking est une véritable galère. Après avoir sillonné les artères en long et en large, on déniche finalement un emplacement, chaussée de Mons. Un peu de marche, et il est 20h10, quand on pénètre au sein du Vaartkapoen…

Malheureusement, vu l’heure d’arrivée, on n’a pu assister au concert de la formation belge Mountain Bike. Alors place à Night Beats. Un trio établi à Seattle qui a publié son deuxième elpee cette année, « Sonic Bloom ». Référence à Sonic Boom, pseudo de Peter Kember, le cofondateur de Spacemen 3 ? Probablement. Mais dans les grandes lignes, car si le band puise son inspiration dans le psyché garage, il lorgne surtout vers The 13th Floor Elevators. Encore que les sonorités de guitare me font parfois penser au groupe insulaire Gun, un combo qui avait gravé un hit en 1968, « Race with the devil ». Les trois musicos portent des cheveux longs comme à cette époque. Et fatalement, leur musique trempe dans le revivalisme de cet acabit. Les moments les plus mélodiques sont vraiment bien ficelés et la basse peut se révéler hypnotique. Le drummer frappe comme un malade ; si bien que régulièrement un roadie doit venir remettre son matos en place, parce qu’il se disloque. Malheureusement, les envolées acides manquent quand même de fil conducteur et on se demande parfois où elles veulent nous conduire. Paraît que sur disque, le trio offre un visage plus séduisant. Bref, s’il a manifestement du potentiel, il doit encore bosser pour vraiment s’imposer dans le circuit.

White Fence, c’est le projet de Tim Presley. On raconte qu’il serait issu de la famille du King. C’est à vérifier. Une chose est sûre, il est aussi prolifique que Ty Segall. Les deux artistes sont d’ailleurs très amis et ont enregistré ensemble un album, « Hair », l’an dernier. Depuis 2010, il a d’ailleurs publié six elpees, sans compter les Eps et les collaborations diverses. Sur les planches, il est soutenu par un bassiste coiffé d’une casquette de marin, d’un drummer et d’un second gratteur qui caresse une douze cordes à manche scié le plus souvent à l’aide d’un bottleneck ; il est, en outre, également préposé aux bidouillage électroniques. Un peu timoré, malgré des paillettes autour des yeux, il communique l’aspect space rock aux compos. Tim arbore un coupe de cheveux plutôt mod. Il porte un pull blanc torsadé et tient sa guitare très haute sur la poitrine. Honnêtement, je dois avouer avoir éprouvé des difficultés à entrer dans leur set. D’abord la voix de Presley n’est pas assez mise en valeur à mon goût, et puis il y a ces brisures constantes dans le rythme qui ne facilitent pas l’accroche. Pourtant, après 20 bonnes minutes, je perçois le fil conducteur. Enfin s’il y en a un. En fait, le franc tombe. Le spectre du Velvet Underground apparaît. Et tout se clarifie. La barrière blanche tombe alors, si vous préférez. Mais si les mélodies sont bien présentes, elles éclosent entre les envolées expérimentales. Manifestement, White Fence est un groupe underground, et pour apprécier sa musique en ‘live’, il est indispensable d’en écouter d’abord ses disques…

Lors du concert conjugué de Kurt Vile et de Scout Niblett, on m’avait mis la puce à l’oreille. Ty Segall et ses acolytes se produiraient assis. Et lors de l’installation du matos, cette rumeur se confirme. Un drummer s’installe de profil, à droite. Son kit de batterie est minimal : une caisse claire, un tom basse et une cymbale. A gauche, se plante un bassiste. Et au milieu Ty Segall et Sean Presley (NDR : le frère de l’autre ?) aux grattes acoustiques électrifiées. Ces deux musicos chantent et ce dernier se met parfois à siffloter. Quand ils conjuguent leurs voix en harmonie, il faut avouer qu’il y a de quoi tomber sous le charme. Curieux de se produire sous cette configuration, car les compos ont la pêche. La première partie du concert privilégie les titres du dernier opus, « Sleeper ». Segall court même prendre la place du batteur pour « The man man ». Souriant, Ty a un physique qui me fait penser à celui de Kurt Cobain. En plus enveloppé. Il secoue régulièrement sa tignasse en grattant son instrument. Les deux sixcordistes y sont impressionnants de maîtrise. Leur manière d’électrifier leurs cordes acoustiques à l’aide des pédales est absolument épatante. Et le quatuor finit par libérer un groove dévastateur. Simplement, Ludo, notre photographe et votre serviteur sont collés contre l’estrade. Or les mouvements de foule commencent à s’amplifier. Les gobelets de bière à voltiger. Le crowdsurfing s’invite aux réjouissances, mais surtout les bousculades débridées. Ca pogote sec, certains spectateurs manquent d’être piétinés dans la cohue ; mais sous les coups de boutoir, nos vertèbres commencent à encaisser. Une situation qui nous force à battre en retraite. Or, vu la hauteur du podium et l’affluence (NDR : c’est sold out, donc il doit y avoir 600 spectateurs), on ne voit plus rien. On entend, c’est chouette, mais le concert n’a plus la même saveur. Il y a bien eu un rappel et puis, on a vu deux fans ressortir avec la guitare que Ty leur avait offerte. Sympa. Sauf pour les conditions du spectacle. A revoir dans d’autres circonstances…

Autumn Falls

Mountain Bike + Night Beats + White Fence + Ty Segall

(Organisation Vk* + Toutpartout + Heartbreaktunes)

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Nouvelle épée pour les Flaming Lips.

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Le nouvel Ep des Flaming Lips s’intitule « Peace Sword ». Et un extrait est en écoute sur Soundcloud

https:/soundcloud.com/bella-union/the-flaming-lips-peace-sword

Tracklisting

1. Peace Sword ("Open Your Heart")
2. If They Move, Shoot 'Em
3. Is The Black At The End Good
4. Think Like A Machine, Not A Boy
5. Wolf Children
6. Assassin Beetle - The Dream Is Ending

 

 

La roue tourne pour The Fleshtones

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Les Fleshtones se sont formés en 1976 à New York avec la ferme volonté de perpétuer l'esprit originel du rock des 60's ! Puriste du son garage, ces Américains célèbrent avec ferveur le culte de la guitare fuzz et de l'orgue Farfisa…

Ils publieront en janvier un nouvel album intitulé « Wheel of Talent »

http://rajiworld.com/artist/the-fleshtones/
http://www.yeproc.com/artists/the-fleshtones
http://www.nippertown.com/2012/04/04/live-the-fleshtones-bat-sheas-4112/
https://www.facebook.com/pages/The-Fleshtones-Official/177240861436

 

Naked (In A Sphere)

Périple visionnaire au cœur de la terre des glaces…

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Plus ou moins un an après la sortie de son premier album, « Dyro í dauoapögn », Ásgeir nous rendait visite au Botanique. Prévu initialement au Witloof Bar, les organisateurs ont certainement été surpris par la rapidité de ventes des places ; à tel point qu’ils ont dû déménager le spectacle à la Rotonde. Même l’Orangerie n’aurait sans doute pas été assez spacieuse pour accueillir le nombre de demandes. Personnellement, je n’avais jamais vu la Rotonde bondée à ce point. Il faut croire que les organisateurs avaient surévalué le nombre de tickets disponibles !

La tâche ingrate de la première partie était, ce soir, dévolue à la Norvégienne Karian Jahnsen, alias Farao. Avant de me déplacer, j’avais écouté furtivement le premier album de la Scandinave et pour une fois, son electro-folk paraissait valoir le coup. C’est donc plein d’espoir que je suis entré dans la Rotonde. Malheureusement, j’ai vite déchanté. Plantée au milieu de l’estrade et armée d’une guitare, elle est uniquement soutenue par une claviériste, par ailleurs choriste. Malgré une voix douce et harmonieuse et des lyrics certainement dignes d’intérêt, la jeune artiste ne parvient pas à donner du relief à ses compos ; si bien qu’au bout de deux, voire trois titres, on décroche. Entièrement consciente des limites de la formule duo, Farao annonce qu’elle partira bientôt en tournée, accompagnée d’un véritable groupe. On n’attend donc plus que son nouveau projet prenne forme…

Durant l’intermède, (presque) personne ne quitte la salle de peur de perdre les quelques centimètres conquis de haute lutte. À 21h, les lumières s’éteignent et un chant traditionnel islandais retenti. Le band monte ensuite sur scène. Apparemment, la barbe est de mise ; et on attribuera une mention spéciale au batteur. Ásgeir Trausti Einarsson (NDR : c’est son véritable nom !) s’installe au centre du podium, debout, derrière ses claviers. Il est entouré par deux autres barbus, également préposés aux claviers, et par un guitariste, imberbe ce dernier. Ásgeir entame son concert par quelques morceaux trempés dans l’électro-folk, des titres empreints de douceur contemplative, comme seuls les musiciens originaires d’Islande sont capables d’en pondre ; à l’instar de Sigur Rós, d’Olafur Arnalds ou encore de Mùm. Paisible, sa voix évoque Justin Vernon voire James Blake. Il interprète la quasi-intégralité du répertoire dans sa langue natale, malgré l’existence de versions anglaises qui circulent depuis que John Grant en a opéré la traduction. Evidemment, peu de mélomanes sont capables de l’accompagner au chant. Ils se comptent même sur les doigts d’une main. Sa facilité à monter dans le registre des aigus est impressionnante. Sous son bonnet, le songwriter semble timide. Entre chaque morceau, il se contente de saluer et de remercier l’auditoire. Le groupe nous réserve encore quelques compos sculptées dans un folk-rock plus classique, débarrassées de toute trace d’électronique. Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié de set qu’Ásgeir passe à la vitesse supérieure en attaquant des morceaux plus captivants, construits en crescendo. De quoi faire frissonner la foule. Ásgeir a confirmé tout le bien que l’on pouvait penser de lui. Subtil, mélancolique et bouleversant, son set nous a permis de vivre un périple visionnaire au cœur de la terre des glaces… 

(Organisation Botanique)

 

 

Scout Niblett

Règlement de compte à OK Corral !

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La prévente relative à la double affiche réunissant Scout Niblett ainsi que de Kurt Vile & The Violators n’ayant pas obtenu le succès escompté, le spectacle a dû déménager à l’Orangerie du Botanique. Bref, il était donc logique que la salle soit bien garnie pour accueillir ces artistes.

Originaire de Nottingham, Scout Niblett est depuis peu quadragénaire. Elle s’est installée au States en 2003 et s’est fixée à Portland, dans l’Oregon, deux ans plus tard. C’est d’ailleurs au début de ce millénaire qu’elle a véritablement entamé sa carrière. Responsable de 6 albums à ce jour, son dernier « It's Up to Emma » est sorti en mai dernier. Au cours des dernières années, elle beaucoup bossé en compagnie de feu Jason Molina, Bonnie ‘Prince’ Billy et Steve Albini, ce dernier comme producteur. C’est aussi une passionnée d'alchimie et d'astrologie. C’est d’ailleurs un des thèmes de ses lyrics. A ses débuts, elle pratiquait une forme de blues indé, avant de glisser progressivement vers un post punk minimaliste. 

Kurt Vile est étasunien. Et il nous vient très exactement de Philadelphie, en Pennsylvanie. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il militait chez War on Drugs, formation qu’il a quittée en 2005, cédant alors le relais du leadership à Adam Granduciel. Vile en solo, ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il est soutenu par un backing group qu’il a baptisé The Violators, en 2009. Et jusqu’au pénultième elpee, Granduciel était encore de la partie. A la guitare, mais parfois aussi à la production. Paru cette année, « Wakin on a Pretty Daze » constituera certainement un des albums de l’année. On était donc curieux d’assister à sa transposition en ‘live’…

Il est 20 heures pile, quand Scout Niblett monte sur l’estrade. Seule. Juste armée de sa guitare. Et on peut affirmer qu’elle est curieusement fagotée. Elle dépose son sac à dos à ses pieds. Des grands pieds, puisqu’elle doit chausser du 47 fillette. Mais ses chaussures sont trouées, il faut le préciser. Elle a enfilé des chaussettes de laine rouge jusqu’au genoux. Et puis a revêtu une robe qui doit sortir de la garde-robe de son arrière arrière grand-mère. Elle a cependant un joli minois. Pas très souriante, quand même, elle a piqué une fleur rouge, dans ses cheveux, au-dessus de son oreille droite. A partir du second morceau, elle est rejointe par un drummer. Excellent, mais aux interventions à la fois parcimonieuses et percutantes. Puis du troisième titre, par un guitariste, tout aussi discret, mais dont les petites touches nuancent judicieusement les compos. En fin de parcours, il va prendre de plus en plus de place, notamment sur les morceaux les plus musclés. A la limite du grunge. Pas pour rien qu’elle cite Nirvana, Sonic Youth et Mudhoney, parmi ses influences majeures. Pourtant, tout au long de son set, je n’ai pas cessé de penser à PJ Harvey. Et en particulier à l’époque de « To Bring You My Love ». A cause de cette tension constante, qui va aller crescendo. Et puis de son style dépouillé, sauvage, viscéral, la voix campant plutôt un hybride entre Cat Power et Kim Deal, malgré des intonations parfois terriblement violentes. A l’instar de « Gun », morceau au cours duquel on a l’impression qu’elle est prête à se procurer un fusil pour régler ses comptes. Ses hurlements font même froid dans le dos. Probablement le résultat de problèmes de couple. Franchement, à la place de son mec, je m’exile au fin fond de l’Amazonie… Et pour accentuer cette impression, les coups de drums claquent comme de véritables balles. Meurtrières, implacables. Avant d’entamer le dernier titre, Emma Scott esquisse un léger sourire. Nous avoue être malade depuis quelques jours (NDR : elle a probablement chopé une bronchite), puis reprend son sac à dos et tire sa révérence. N’empêche on a vécu un excellent concert…

21h30, les lumières s’éteignent et les haut-parleurs diffusent un titre des Happy Mondays. Puis, Kurt Vile et ses Violators prennent possession de la scène. Kurt et son guitariste rythmique arborent une chevelure impressionnante, celle du drummer et du bassiste s’arrêtant au-dessus des épaules. Kurt change de gratte à chaque morceau. Et manifestement aux six cordes acoustiques, il est particulièrement habile. En se servant d’un tapis de pédales, il dissémine des sonorités élégantes, psychédéliques, en picking, torturées ou encore scintillantes. Il est même capable de dispenser des accords en ‘barré’ à l’aide de son pouce, comme Jimi Hendrix. Impressionnant ! Il tâte aussi de la gratte électrique ; mais il me semble bien moins à l’aise. Si bien qu’au début d’un morceau, il lâche son manche, empoigne le micro pour chanter, puis ne sait plus où il en est, regarde ses pédales et interrompt la chanson. Il récidive et se plante une seconde fois sur le même titre. Finalement, il en revient à une guitare acoustique et rétablit la situation. En fin de set, il reprendra la gratte électrique, mais sans se servir de ses pédales, preuve s’il en est que l’artiste est bien plus à l’aise armé d’une acoustique électrifiée, voire d’un dobro. En milieu de parcours, il va même nous réserver deux titres ‘unplugged’, « Peeping tomboy » et « Feel my pain ». Remarquable ! Vocalement, Kurt a un peu trop tendance à laisser traîner la voix ou alors à la tremper dans la reverb. Pourtant son timbre est aussi chaleureux et profond que celui de Lloyd Cole. C’est tout à fait flagrant sur disque, mais pourquoi ne profite-t-il pas de cet atout majeur sur les planches ? La question mérite d’être posée. Au fil du show, le second guitariste et le bassiste s’échangent leurs instruments, ce dernier en profitant alors d’injecter davantage de vibrato dans les sonorités électriques. C’est également lui qui circonstanciellement se sert de la boîte à rythmes. Il imprime ainsi un tempo de rumba à l’excellent, long et atmosphérique « Goldtone ». Hormis « Freeway », le band va puiser son répertoire au sein de ses trois derniers albums, l’entamant par le titre maître du dernier long playing, « Walkin on pretty day », et l’achevant, lors du rappel par celui du « Smoke ring for my halo ». Un bon concert, parsemé de quelques titres psychédéliques, hypnotiques, planants, de la meilleure veine, dont le sens mélodique des compos m’a parfois rappelé Robyn Hitchcock, mais pas aussi parfait que nous ne l’espérions…

(Organisation Toutpartout + Botanique)

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Kurt Vile

Ne pas perdre les pédales…

Écrit par

La prévente relative à la double affiche réunissant Scout Niblett ainsi que de Kurt Vile & The Violators n’ayant pas obtenu le succès escompté, le spectacle a dû déménager à l’Orangerie du Botanique. Bref, il était donc logique que la salle soit bien garnie pour accueillir ces artistes.

Originaire de Nottingham, Scout Niblett est depuis peu quadragénaire. Elle s’est installée au States en 2003 et s’est fixée à Portland, dans l’Oregon, deux ans plus tard. C’est d’ailleurs au début de ce millénaire qu’elle a véritablement entamé sa carrière. Responsable de 6 albums à ce jour, son dernier « It's Up to Emma » est sorti en mai dernier. Au cours des dernières années, elle beaucoup bossé en compagnie de feu Jason Molina, Bonnie ‘Prince’ Billy et Steve Albini, ce dernier comme producteur. C’est aussi une passionnée d'alchimie et d'astrologie. C’est d’ailleurs un des thèmes de ses lyrics. A ses débuts, elle pratiquait une forme de blues indé, avant de glisser progressivement vers un post punk minimaliste.

Kurt Vile est étasunien. Et il nous vient très exactement de Philadelphie, en Pennsylvanie. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il militait chez War on Drugs, formation qu’il a quittée en 2005, cédant alors le relais du leadership à Adam Granduciel. Vile en solo, ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il est soutenu par un backing group qu’il a baptisé The Violators, en 2009. Et jusqu’au pénultième elpee, Granduciel était encore de la partie. A la guitare, mais parfois aussi à la production. Paru cette année, « Wakin on a Pretty Daze » constituera certainement un des albums de l’année. On était donc curieux d’assister à sa transposition en ‘live’…

Il est 20 heures pile, quand Scout Niblett monte sur l’estrade. Seule. Juste armée de sa guitare. Et on peut affirmer qu’elle est curieusement fagotée. Elle dépose son sac à dos à ses pieds. Des grands pieds, puisqu’elle doit chausser du 47 fillette. Mais ses chaussures sont trouées, il faut le préciser. Elle a enfilé des chaussettes de laine rouge jusqu’au genoux. Et puis a revêtu une robe qui doit sortir de la garde-robe de son arrière arrière grand-mère. Elle a cependant un joli minois. Pas très souriante, quand même, elle a piqué une fleur rouge, dans ses cheveux, au-dessus de son oreille droite. A partir du second morceau, elle est rejointe par un drummer. Excellent, mais aux interventions à la fois parcimonieuses et percutantes. Puis du troisième titre, par un guitariste, tout aussi discret, mais dont les petites touches nuancent judicieusement les compos. En fin de parcours, il va prendre de plus en plus de place, notamment sur les morceaux les plus musclés. A la limite du grunge. Pas pour rien qu’elle cite Nirvana, Sonic Youth et Mudhoney, parmi ses influences majeures. Pourtant, tout au long de son set, je n’ai pas cessé de penser à PJ Harvey. Et en particulier à l’époque de « To Bring You My Love ». A cause de cette tension constante, qui va aller crescendo. Et puis de son style dépouillé, sauvage, viscéral, la voix campant plutôt un hybride entre Cat Power et Kim Deal, malgré des intonations parfois terriblement violentes. A l’instar de « Gun », morceau au cours duquel on a l’impression qu’elle est prête à se procurer un fusil pour régler ses comptes. Ses hurlements font même froid dans le dos. Probablement le résultat de problèmes de couple. Franchement, à la place de son mec, je m’exile au fin fond de l’Amazonie… Et pour accentuer cette impression, les coups de drums claquent comme de véritables balles. Meurtrières, implacables. Avant d’entamer le dernier titre, Emma Scott esquisse un léger sourire. Nous avoue être malade depuis quelques jours (NDR : elle a probablement chopé une bronchite), puis reprend son sac à dos et tire sa révérence. N’empêche on a vécu un excellent concert…

21h30, les lumières s’éteignent et les haut-parleurs diffusent un titre des Happy Mondays. Puis, Kurt Vile et ses Violators prennent possession de la scène. Kurt et son guitariste rythmique arborent une chevelure impressionnante, celle du drummer et du bassiste s’arrêtant au-dessus des épaules. Kurt change de gratte à chaque morceau. Et manifestement aux six cordes acoustiques, il est particulièrement habile. En se servant d’un tapis de pédales, il dissémine des sonorités élégantes, psychédéliques, en picking, torturées ou encore scintillantes. Il est même capable de dispenser des accords en ‘barré’ à l’aide de son pouce, comme Jimi Hendrix. Impressionnant ! Il tâte aussi de la gratte électrique ; mais il me semble bien moins à l’aise. Si bien qu’au début d’un morceau, il lâche son manche, empoigne le micro pour chanter, puis ne sait plus où il en est, regarde ses pédales et interrompt la chanson. Il récidive et se plante une seconde fois sur le même titre. Finalement, il en revient à une guitare acoustique et rétablit la situation. En fin de set, il reprendra la gratte électrique, mais sans se servir de ses pédales, preuve s’il en est que l’artiste est bien plus à l’aise armé d’une acoustique électrifiée, voire d’un dobro. En milieu de parcours, il va même nous réserver deux titres ‘unplugged’, « Peeping tomboy » et « Feel my pain ». Remarquable ! Vocalement, Kurt a un peu trop tendance à laisser traîner la voix ou alors à la tremper dans la reverb. Pourtant son timbre est aussi chaleureux et profond que celui de Lloyd Cole. C’est tout à fait flagrant sur disque, mais pourquoi ne profite-t-il pas de cet atout majeur sur les planches ? La question mérite d’être posée. Au fil du show, le second guitariste et le bassiste s’échangent leurs instruments, ce dernier en profitant alors d’injecter davantage de vibrato dans les sonorités électriques. C’est également lui qui circonstanciellement se sert de la boîte à rythmes. Il imprime ainsi un tempo de rumba à l’excellent, long et atmosphérique « Goldtone ». Hormis « Freeway », le band va puiser son répertoire au sein de ses trois derniers albums, l’entamant par le titre maître du dernier long playing, « Walkin on pretty day », et l’achevant, lors du rappel par celui du « Smoke ring for my halo ». Un bon concert, parsemé de quelques titres psychédéliques, hypnotiques, planants, de la meilleure veine, dont le sens mélodique des compos m’a parfois rappelé Robyn Hitchcock, mais pas aussi parfait que nous ne l’espérions…

(Organisation Toutpartout + Botanique)

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William Fitzsimmons

The Lion Sleeps Tonight

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A l’aube de la sortie de « Lions », son cinquième LP studio, le sympathique barbu dépressif issu de Pennsylvanie a pris le temps de se réserver un petit détour par la Belgique, qu’il avait déjà visitée à trois reprises en 2011. Deux ans plus tard, il revient sur les planches d’un Witloof Bar aussi complet que lors de son premier passage, sur cette même scène.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas grand-chose de neuf sous le ciel neurasthénique de William Fitzsimmons. Armé de ses guitares sèches pour un concert acoustique, le singer/songwriter avale un prozac et entame son set dès 21h par un extrait de « Gold In The Shadows » avant d’annoncer que la majorité du set privilégiera « Lions », son nouvel opus à paraître au mois de février prochain. Le Witloof est plein et tout ouïe. Mais lorsqu’on assiste à l’un de ses récitals pour la troisième fois en deux ans, on ne peut s’empêcher d’avoir la désagréable sensation de se taper une rediff’. Fitzsimmons fait du Fitzsimmons.

Loin d’être pénible pour autant, l’homme sait comment capter l’attention de son public à coups de plaisanteries, comme lorsqu’il prétend, non sans une pointe d’humour, avoir laissé sa fille adoptive de 2 ans seule à la maison avec pour tout moyen de subsistance, un grand bol de céréales et un couteau pour se défendre. Du coup, les petites blagues de l’homme à l’allure de fermier de l’Arkansas font beaucoup plus mouche que ses nouvelles compos qui, à priori, n’apportent rien de neuf à sa discographie. Et sont parfois même soporifiques. Peut-être l’effet ‘acoustique’ ?

Niveau capital sympathie, William Fitzsimmons a encore tout gagné. Musicalement, il faudra attendre la sortie de « Lions » et de ses arrangements studio pour se prononcer sur la qualité des nouveaux morceaux qui, dans leur mouture acoustique, paraissent donc bien trop similaires à ses travaux antérieurs…

(Org : Bota)

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