La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

logo_musiczine

Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Veence Hanao

Electron libre pour hip-hop décomplexé

Écrit par

A peine remis de sa victoire au concours ‘Musique à la française’, Veence Hanao s’est emparé de la scène pour mieux paraphraser ses mots exaltés. Nouveau chantre intello d’une culture urbaine consciente, Veence Hanao chante ses textes à qui veut les entendre. Et ils sont de plus en plus nombreux. Cet été, cet amateur de soul au cœur jazzy se laisse découvrir sur les planches des Francofolies de Spa, du Dour Festival et d’Eu’ritmix. Rencontre avec un artiste au verbe acéré et à la langue bien pendue.

L’histoire de ta carrière solo est inextricablement liée à celles de Festen et Autumn. Peux-tu nous présenter ces différents projets ?

Dès mes débuts, j’ai eu la chance de rencontrer Noza, un jeune producteur. Je suis vite revenu vers lui pour lui faire part de mes envies. A l’époque, il venait de commencer un projet en compagnie de Pixel et Barok. Ils jouaient ensemble au sein d’une formation complètement décalée, proche du néo-dadaïsme : Festen. Noza m’a aidé à enregistrer mes premiers morceaux et m’a invité à rejoindre Festen. On s’est rapidement retrouvé à la tête de deux démos finalisées : une pour Festen et l’autre pour mon projet solo. Entre temps, Barok a quitté Festen. Avec Noza, on a encore cherché à toucher à d’autres styles musicaux. On a donc lancé Autumn. On s’est détourné des sonorités électroniques pour se concentrer sur le jazz et la soul des années 60. Le hip-hop reste, bien évidemment, le ciment de ces différents projets.

Aujourd’hui, Festen n’est plus. La fin du groupe coïncide-t-elle avec une volonté de ne pas s’éparpiller, d’éviter d’embrouiller l’auditeur ?

Inévitablement, une confusion s’installait. Quand on jouait pour Festen, on présentait quelques morceaux de mon projet solo. Quand je montais sur scène, les gens disaient : ‘Ah, c’est Veence Hanao de Festen !’ Quand nous avons lancé Autumn, certains venaient télécharger les morceaux en pensant écouter Festen. Bref, c’était un peu l’anarchie. Cependant, les raisons de la séparation de Festen ne sont pas à chercher de ce côté… Nous avions des envies différentes à l’égard de Festen. Aujourd’hui, on en est arrivé à penser qu’il s’agissait davantage d’un projet conceptualisé qu’un groupe !

Ta musique évolue entre le hip-hop, le jazz, l’electro, le slam et la poésie. Comment la décrirais-tu ?

J’ai la chance de bosser en compagnie de Noza, un gars d’une grande culture, capable de produire des sons qui partent dans tous les sens. Au risque de frôler une certaine incohérence, je souhaite conserver ce côté touche-à-tout. Je veux faire des choses différentes et éviter de restreindre mon univers. Maintenant, pour décrire ma musique, on peut dire qu’il s’agit d’un croisement entre le rap et le slam avec des influences electro et jazz.

Sur scène, tu joues déjà de nouveaux morceaux. Te lasses-tu facilement de l’interprétation de tes propres morceaux ?

Oui, je me lasse facilement. J’ai besoin de mouvement. Plus j’en fais, plus je suis critique par rapport au passé. Cela me permet d’évoluer. De toute façon, je ne suis pas encore au stade où les fans viennent pour entendre un morceau particulier. Aujourd’hui, j’ouvre les concerts pour des têtes d’affiche. Dès lors, j’offre de la découverte au public.

Vas-tu commercialiser ton premier album éponyme ?

C’est davantage une carte de visite. Grâce à cet enregistrement, on a eu la chance de remporter le concours ‘Musique à la française’ et de participer aux Nuits Botanique. Mais, à mes yeux, ce premier essai discographique est bouclé depuis longtemps ! Aujourd’hui, j’ai une terrible faim créative. Dans quelques semaines, Nous allons bientôt commencer à travailler sur de nouveaux titres. Nous voulons maintenant trouver un distributeur, peut-être lancer les bases d’un nouveau label. A l’occasion de notre tournée d’été, on offrira toutes nos chansons en téléchargement gratuit ! Mais on n’éprouve aucun regret à l’égard de ce premier album : il nous a permis de gagner un concours, de toucher un public dans quelques magasins spécialisés, de jouer de chouettes dates, de participer à des festivals. En quelque sorte, il s’agissait de présentations. Maintenant, elles sont faites !

Quel regard portes-tu sur la scène hip-hop belge ?

D’une manière générale, la scène hip-hop est boycottée. Nous sommes victimes d’un certain blocage. Cependant, nous ne nous donnons pas les moyens de nos ambitions. Certains rappeurs font preuve de bonne volonté... Malheureusement, il ne suffit pas de prendre un micro dans une cave pour sortir du lot ! Nous sommes mal informés sur le système culturel… On manque d’outils. Le paradoxe en Belgique, c’est qu’au moment où la scène hip-hop se réveille et s’active, elle ne dispose même plus des moyens mis en œuvre par le passé. Pour un Starflam, par exemple… Mais je déteste entretenir le rôle de la victime. Aujourd’hui, la culture rock est installée. A une époque, le rock a dû se battre pour en arriver là. Désormais, il est aux portes de toutes les institutions culturelles du pays. Je ne vais pas dire que c’est normal. Mais dans un même temps, les rappeurs ne font rien pour améliorer la situation. Alors, chacun doit y mettre du sien. Ce n’est pas impossible ! Arrêtons de cultiver le mépris gratuit : les gens ne veulent pas de mal au hip-hop !

Quels albums conseillerais-tu à Monsieur et Madame Tout-le-Monde ?

Le « Madvillainy » de Madvillain, « Champion Sound » de Jaylib, « Opera Puccino » d’Oxmo Puccino, « The Disrupt » de Oh No et l’incontournable Ella Fitzgerald pour son « Lullabies of Birdland ».

En concert :

Le 13 juillet : Dour Festival

Le 22 juillet : Francofolies de Spa

Le 18 août : Festival Eu’ritmix

 

Jean-Patrick Capdevielle

Hérétique 13

Écrit par

Après quinze années de quasi-silence, Capdevielle nous propose enfin un nouvel album. Un disque pour lequel il a reçu le concours de quelques collaborateurs (et amis !) dont Christophe Deschamps, Philipe Almonino (Wampas, Tarmac) et David Hallyday (aux drums pour 6 compos). Sans oublier un duo échangé en compagnie de Jennnifer pour « Mal de chien », le titre final. Un elpee pour lequel il a choisi pour nom « Hérétique 13 ». Et il s’en explique lors de l’interview qu’il a accordée à Musiczine. Sans quoi, à travers ses lyrics, et suivant sa (bonne habitude) Capdevielle aborde, le plus souvent sur un ton souvent ironique, des sujets aussi contemporains que la télévision, l'impérialisme américain, la religion ou encore le leurre de la démocratie, et même plus universels comme la dérision et l'importance de l'amour. Des coups de cœur ? « Miss démocratie », « Mona Lisa Jones » balayé d’une section de cordes (Indochine ?) ainsi que l’irrésistible et échevelé «  Homo sapiens ». Deux petits bémols quand même : la présence d’un synthé (heureusement pas permanente) franchement dispensable et puis sur certaines compos d’inflexions empruntées par Jean-Patrick à Renaud, à moins que ce ne soit à Plastic Bertrand. Evidemment, si ça plane pour lui… 

Jean-Patrick Capdevielle

Jean-Patrick l'hérétique...

Écrit par
Quinze longues années qu’il n’avait plus sorti d’album de chansons. Bien sûr Jean-Patrick n’a pas chômé au cours de cette longue période, puisque dès 1993, il décide de fréquenter l'université californienne du cinéma de l'UCLA en Californie, compose la pièce classique ‘Carmine Meo’ pour la soprano Emma Shapplin (1998) et un opéra néoclassique, ‘Atylantos’, inspiré de la légende de l'Atlantide (2001) ; sans oublier son implication pour la peinture. Bref, hormis la parution d’une compile (‘Politiquement correct’) éditée en 1993, pas grand-chose à se mettre dans le creux de l’oreille pour les aficionados de ce natif de Levallois-Perret, en France. Mais enfin, il vient de sortir un nouvel album : ‘Hérétique’. Un come-back à 62 balais qui méritait quand même quelques explications…

‘Hérétique’. Définition du Larousse : qui tient de l’hérétique. Qui professe, soutient une hérésie. ‘Hérésie’. Définition du Larousse : doctrine contraire à la foi catholique et condamnée par l’Eglise. Par extension : opinion en contradiction avec les opinions admises. On entre directement dans le vif du sujet. Pourquoi avoir choisi un tel titre pour son album ? Et surtout, Capdevielle se considère-t-il comme hérétique parce que sa doctrine est contraire à la foi catholique, donc condamnable par l’Eglise ou simplement parce que ses opinions sont en contradiction avec les opinions admises. La réponse est claire : « Les deux ! Je suis opposé aux dogmes, et en particulier ceux qu’entretiennent les religions monothéistes. La religion ne représente pour moi qu’une idéologie au même titre que le communisme, le nazisme ou le fascisme. Je ne parviens toujours pas à comprendre qu’on puisse encore aujourd’hui traîner un péché originel qu’un gardien de chèvre a bien voulu rappeler à notre souvenir, il y a plus de 2 000 ans… » Quel sens donne-t-il alors à l’existence ? «  Je crois que l’esprit humain est vaniteux d’imaginer ce que serait le créateur. Le monde a-t-il été créé ou est-il le reste de quelque chose ? Ce qu’on appelle aujourd’hui univers. En fait, cette idée de création est le reflet de la prétention manifestée par la race humaine. Une prétention qui lui autorise tous les excès. De croire avoir tous les droits sur la terre. Comment expliquer l’existence de ces camps de concentration ? Et pas seulement ceux du passé, comme les plus célèbres demeurent ceux des nazis ? Parce qu’il en existe bien d’autres ailleurs encore aujourd’hui. Comment expliquer les mauvais traitements infligés aux animaux, et pas seulement pour se nourrir ? Or ils appartiennent tout autant que nous au patrimoine de la terre. Ce scandale est le fait de l’homme, le prédateur ultime… Je suis aussi un hérétique, parce qu’en temps que professionnel je refuse de souscrire aux diktats des multinationales ; et en particulier ceux qui régissent le monde de la musique… »

Jean-Patrick Capdevielle ne croit pas à la démocratie. Une opinion corroborée par sa chanson ‘Miss démocratie’. « Même si 100 000 personnes ont voté pour une personne, comment veux-tu que cette personne puisse faire la synthèse des idées de tous ces électeurs qui souvent ne comprennent rien au pouvoir. Et encore faudrait-il qu’elle le veuille. En fait, notre système actuel appartient davantage à la démagogie qu’à la démocratie. Il permet surtout à un certain niveau de pouvoir d’exercer son hégémonie sur le monde. Sur leur mode de vie. Et aux politiciens d’essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Tous les hommes politiques sont fatalement des démagogues. Je ne crois pas à la démocratie représentative. C’est un gilet pare-balles. Je voudrais qu’elle soit plus en phase directe avec les individus. Je suis partisan de soumettre les grandes questions par voie de référendum. Que ce soit au niveau national ou européen. Une méthode qui se rapproche davantage du petit peuple. Un peu comme si on exposait ces problèmes sur la place publique. Et des techniciens appliqueront les décisions du peuple. Des experts en économie, en politique, en matière de santé. Des techniciens dont les opinions sont neutres. Des gens compétents susceptibles d’émettre des suggestions sensées. Est-ce une utopie ? Je l’ignore, mais c’est mon opinion sur le sujet. A quoi assiste-t-on aujourd’hui ? A une course effrénée vers la croissance économique au détriment de l’humain. Je m’insurge face à cette démocratie à l’américaine. Je crains qu’on aille droit dans le mur… »

Pour enregistrer « Hérétic », Capdevielle a reçu le concours de quelques collaborateurs notoires et tout d’abord, le guitariste des Wampas, Philippe Almosnino. « Au fil du temps nous nous sommes liés d’amitié. Philippe est également impliqué chez Tarmac. On a également reçu les encouragements d’Arnaud Samuel, violoniste chez cette formation et puis aussi et surtout de Louise Attaque. Sinon, David Halliday s’est également beaucoup impliqué lors des sessions d’enregistrement. Il joue ainsi des drums pour 6 titres. Et comme j’avais composé 32 chansons, je lui ai refilé 6 compos pour son prochain album. Je partage également les parties vocales avec Jennifer Jordan pour « Mal de chien ». Tous les gens avec lesquels je travaille ou j’ai travaillé deviennent des amis. Je privilégie toujours les rapports humains dans ma démarche. C’est pareil pour mon site internet. Tous ceux qui y travaillent font partie de la famille. Il en est de même pour les rapports avec nos fans… » ‘Mona Lisa Jones’ est une plus ancienne chanson. Elle date d’au moins 15 ans. Alors pourquoi l’avoir reprise pour cet elpee ? « En fait, c’est une chanson que j’aimais beaucoup, mais je n’étais toujours pas parvenu à l’intégrer sur un album à l’époque. Et puis comme tu sais, je n’ai plus rien enregistré du style par la suite… » Et il en en explique la raison : « A cette époque, mon fils a été victime d’un accident de la route. Il a failli y rester. Finalement, il s’en est sorti, mais est demeuré paraplégique. C’est alors qu’il y a eu comme quelque chose qui s’est cassé dans le processus d’écriture… Et puis, il y a quelques mois, une amie enceinte m’a demandé de venir lui rendre visite et de lui chanter quelque chose, parce qu’elle pensait que ce récital rendrait son enfant mélomane. Il s’est produit un déclic au fond de moi-même. Une autre naissance allait se produire. Et tout s’est débloqué. Je me suis remis à composer, travaillant 10 heures par jour. Et en un week-end, j’étais à la tête de toute une série de nouvelles chansons composées à la guitare, chose que je n’avais plus faite depuis belle lurette. Puis je me suis demandé ce que j’allais faire avec ce stock. J’ai finalement conclu qu’il fallait que je ressorte un album… » Mais Jean-Patrick écoute-t-il encore ses anciennes compos ? Ou alors y est-il allergique, dès qu’elles sont reproduites sur disque ? « Au début, je les écoute beaucoup. Au moins trois fois par jour. Mais au bout d’un certain temps j’éprouve une véritable révulsion à les réentendre. Non, je n’écoute pas mes anciennes chansons. Ou alors par accident. Par contre, elles ont fait l’objet de réarrangements pour la tournée en compagnie du groupe. Ce sont de nouvelles versions. Et finalement, les fans préfèrent de loin ces nouvelles adaptations. C’est inespéré… »

Capdevielle est compositeur, chanteur, acteur de cinéma et peintre. A-t-il une autre corde cachée à son arc ? « Pour l’instant, je m’occupe beaucoup du rédactionnel sur le site pour lequel je rédige un édito chaque semaine et j’entretiens un forum. Mais dans ma tête, j’ai encore un autre projet : écrire un roman. J’ai la structure dans ma tête. J’éprouve beaucoup de plaisir à écrire. Mes proches m’encouragent à m’y lancer. Mais ma manière de rédiger est assez proche de la langue parlée. Donc c’est uniquement dans ce style que je pourrai m’investir. Mais il faut que je puisse me laisser porter. Quand je sentirai que je pourrai m’y consacrer, ce sera OK… Ou alors, j’abandonnerai le projet avant de l’avoir commencé. Vivre la vie que je mène est déjà un privilège. J’ai accompli des études artistiques. J’étais un enfant gâté. Un fils unique. Mais je ne suis pas blasé. Je ne supporte pas de rester dans le flou et j’ai toujours peur de m’ennuyer. J’ai besoin de m’occuper l’esprit et de faire quelque chose, même quand je prends trois semaines de repos… C’est dans ma nature… » Dans l’univers du cinéma, Capdevielle a travaillé pour la société cinématographique de Paco Rabanne. Alors, Rabanne, modèle, maître, gourou ou excellent marqueteur ? La réponse fuse : « Excellent marqueteur ! Sais-tu que le QG de campagne électorale de Sarkozy était installé dans les anciens locaux de Rabanne à Paris. J’ai tourné pour sa boîte de production ‘L’énigme des sables’ en compagnie de Marie Christine Barrrault. C’était en 1988. A cette époque, il s’est chargé de la promo d’un de mes disques en Allemagne. On en a vendu 200 000. S’il devait se charger d’‘Hérétic’, on en vendrait 1 000 000 ! Sans quoi, j’ai un jour participé à une des ses assemblées générales. Il parlait déjà de lumière blanche et de fin du monde. Je devais éclater de rire, mais je me cachais pour ne rien montrer. Sa maison de couture a été rachetée par le groupe Puig. Mais après les déclarations sur la fin du monde, les administrateurs n’étaient pas très contents et lui ont demandé d’arrêter de raconter des bêtises, car elles influaient négativement sur les ventes… »

 

Nicole Willis

Keep Reachin’ Up

Écrit par

La soul retrouve toute son âme. Le temps d’un album magique, Nicole Willis et ses Soul Investigators injectent une dose de fraîcheur et de sensualité dans le bras fripé de l’uptown soul. A une époque où Motown livrait des tubes sur commande, tout en garantissant au monde un vivier d’artistes majeurs (The Supremes, The Four Tops, Marvin Gaye, The Temptations, etc.), le nouvel album de Nicole Willis n’aurait pas dépareillé avec l’ingéniosité ambiante. Allons-y sans détour : si « Keep Reachin’Up » était sorti en 1964, on le brandirait aujourd’hui tel un classique de chez classique. Un timbre de voix à défier les inflexions de Dionne Warwick, du groove tout en ‘rhythm and blues’, du funk râpeux comme la roche (l’éponyme « Keep Reachin’ Up »), la nouvelle livraison de Nicole Willis présente les atouts du disque incontournable. Pas la peine de s’éterniser sur un morceau particulier : les dix titres enregistrés sur « Keep Reachin’ Up » relèvent de l’excellence. Et après avoir constaté toutes les difficultés éprouvées sur scène par une Amy Winehouse défoncée et pas souvent concernée, on est en droit de s’interroger : quel artiste est aujourd’hui en mesure de faire de l’ombre aux performances scéniques de Nicole Willis ? La question est posée. Elle demeure sans réponse.

Vive La Fête

Jour de Chance

Écrit par

Délaissant quelque peu les plateaux télé des chaînes populaires flamandes et la vie à la ferme, les deux enfants terribles de l’electro-rock gantoise nous reviennent pour un sixième album après avoir écumé les scènes branchées du monde entier. “Vive la fête”: la solution est dans l’énoncé. Els Pynoo et Dany Mommens ne font pas dans la dentelle et visent avant tout à s’amuser et à faire danser leur monde. Amateurs d’electroacoustique, oubliez directement cet album: l’ancien bassiste de Deus et la plus belle paire de jambes de la scène belge balancent des beats gras aux forts accents eighties ponctués de riffs rock faciles mais efficaces. Els chante toujours en français et continue à écorner avec plaisir, et un délicieux accent du Nord, grammaire et syntaxe, nous gratifiant de quelques perles de non-sens dont elle a le secret. Danny, lui, ose la grande nouveauté de l’album et pousse la chansonnette en allemand sur “Quatsch”, sorte de Das Ich de la grande époque. On notera également que l’album se veut plus organique en augmentant la part laissée à la guitare, sans délaisser l’electro-dance pour autant. Sinon, il faut bien constater que, depuis “République Populaire”, les chouchous de Karl Lagerfeld n’ont plus rien inventé. Ce n’est pas la double reprise du “Love me, please love me” de Polnareff, pourtant réussie, qui me contredira. Reste un album à écouter à fond les manettes en fin de barbecue pour son côté déjanté et à aller les voir au plus vite en concert pour profiter de l’énergie basique mais communicative dispensée par le groupe sur scène.

Pat Travers

Stick with what you know

Écrit par

Ce hard blues rocker canadien est aujourd’hui âgé de 53 ans. Hendrix, Clapton, Beck ou encore Page lui ont tracé la voie. Ses premiers lauriers, il les a recueillis en Angleterre. Et en particulier lors de la sortie de son premier elpee. Un opus éponyme, paru en 1976, chez Polydor. Depuis, de nombreux albums ont jalonné une carrière que l’on peut déjà considérer aujourd’hui comme couronnée de succès. En 1993, il est signé par le label américain Blues Bureau, une écurie réputée pour son rock blues dur et largement amplifié. Son dernier opus, "P.T Power Trio 2", remonte à l'année dernière. Sous-titré, "Live in Europe", cette nouvelle plaque a été immortalisée en public, aux Pays-Bas, lors de sa tournée accomplie en 2006. Pat est épaulé par sa section rythmique, en l’occurrence le bassiste Franck McDaniel et le drummer Eric Frates. Sans oublier un second guitariste qui répond au nom de Kirk McKim.

Les premières plages évoluent dans un hard rock pur et dur. Des compos qui figurent à son répertoire depuis ses débuts : "Life in London", "Heat in the street", "Crash and burn" et "Snortin' whiskey", respectivement extraits de "Puttin' it straight" (1977), "Go for what you know" (1979) ainsi que de "Crash and burn" (1980), pour les deux dernières plages. Il passe enfin au blues, en attaquant le célèbre slow blues de Jimi Hendrixx, "Red house". Puis en embrayant par le "If I had possession over judgement day" de Robert Johnson, une version personnelle traduite en boogie rock dévastateur. C’est dans ce registre que Travers se révèle le plus convaincant. Il libère autant d’énergie que Michael Katon de Detroit, quoique moins de sauvagerie ! Un traitement qu’il inflige au flamboyant "PT Nutz aka Linus and Lucy". Instrumentale, la cover du "Oh pretty woman" d'Albert King est surprenante. Je dois même avouer que l’adaptation est totalement différente de l'originale ! La machine est bien huilée et écrase tout sur son passage. Pat chante férocement "Boom boom". Il passe à la moulinette ce titre-fétiche qu'il reprend depuis ses débuts. Le concert s’achève, mais bien entendu le public réclame un rappel. Pat revient d'abord seul, flanqué de sa guitare, pour interpréter "PT's solo time" (manifestation d’autosatisfaction ?) Les trois acolytes réapparaissent pour dispenser un "Born under a bad sign" cinglant. Ne manquez pas Pat Travers lors du prochain Live Music Harelbeke Festival, il s’y produira le 22 septembre...

The Traveling Wilburys

The Traveling Wilburys Collection

Écrit par

Premier véritable supergroupe, The Traveling Wilburys est né de la rencontre (notamment) entre Roy Orbison, Bob Dylan, George Harrison, Tom Petty et Jeff Lynne. Une aventure qui ne durera que trois ans et à laquelle Orbison ne participera qu’à l’enregistrement du premier elpee, puisqu’il décèdera en 1988. En fait, il n’existe que deux albums officiels des Wilburys. Intitulés paradoxalement « Traveling Wilburys Vol. 1 » et « Traveling Wilburys Vol. 3 », ils sont parus en octobre 1988 et octobre 1990. Sortis respectivement en 1989 et 1990, les volumes 2 (il est uniquement composé de démos et de versions longues du tome 1) et 4 (des chutes de bandes du tome 3) ne sont que des ‘bootlegs’ (des pirates si vous préférez !) L’intérêt de ce box procède tout d’abord de la réunion des deux elpees officiels (vol 1 et 3), enrichis d’inédits (deux sur le premier et autant sur le second), et puis de la présence d’un Dvd, immortalisant des sessions d’enregistrement du premier elpee, et de vidéos.

Simply Red

Stay

Écrit par
« Simply stay » ou simply rien de neuf sur la planète Simply Red ! En effet, aucune lueur de renouveau ne se dégage des cinq titres de cet Ep, présenté en avant première de la sortie du dernier album du groupe britannique. Après 22 ans de carrière, il semble que Mike Hucknall et ses acolytes manquent cruellement d’imagination, malgré la qualité toujours constante de leur musique. Chacun des morceaux de ce cd pourrait se cacher dans n’importe quel autre opus de la formation sans qu’on le remarque. Un cd à réserver aux inconditionnels de Simply Red, par conséquent…

Simian Mobile Disco

Attack Decay Sustain Release

Écrit par

Arrache tes vêtements, monte sur scène et bouge ton derrière, it’s the beat ! « It’s the Beat » n’est rien d’autre qu’un putain d’hymne electro à faire gémir d’extase les fiers et irréductibles ringards dont la platine vinyle est aujourd’hui encore et toujours squattée par Technotronic et consorts. De la même manière que son single porte-drapeau, « Attack Decay Sustain Release » est une véritable tuerie, une machine à sueur. « Sleep Deprivation », plage d’ouverture orgasmique vaut à elle seule son pesant d’or. Né des cendres de Simian, Simian Mobile Disco présente sur son premier essai pas moins de 10 énormes bombes (ou plutôt 9, s’il l’on omet l’affreux intrus, « Love ») aux influences très 90s (le funky « I Got This Down », « Hustler » et ses exquises envolées acid ou encore le nouveau single quasi euro-dance « I Believe »). Incidemment, le premier essai du duo est sorti le même jour que celui de Justice. Deux must, double régal. ‘Parce qu’ils sont nos amis, nous ne nous sentirons plus jamais seuls’ !

Axelle Renoir

Ushuaïa

Écrit par

Compositeur, auteur et interprète, Axelle Renoir a été nominée aux Victoires de la Musique, en 1996, dans la catégorie révélation féminine pour la confection de son premier album intitulé « Magnum et matinées dansantes ». Elle a failli devenir chef d’orchestre, héritage de sa formation au conservatoire, avant de se réorienter vers la composition. Elle a également écrit des musiques pour le cinéma et la télévision (« Les jolis choses », « Gangsters » et « 36 Quai des Orfèvres ». Alors, pas difficile de franchir le pas vers « Ushuaïa », l’émission phare de TF1 depuis 1987, lorsqu’on est engagée écologiquement. D’ailleurs la fabrication de l’album a respecté les principes de cette philosophie en utilisant des matières recyclables et des encres non polluantes. Pour enregistrer cet elpee, Axelle a reçu le concours de la chanteuse soul, Emily T ainsi que celle d’Emma. En outre, Sylvie Bonnet, romancière et parolière (amie aussi !), lui a écrit quelques chansons. Musicalement, les compos oscillent entre symphonie classique (ces violons !), électro pop, ambient, world et trip hop. Lorsque ces différents genres ne tentent pas d’entrer en osmose. Personnellement, seul le titre d’ouverture « Opening » (ben tiens !), un instrumental majestueux, aussi intense que remarquable, mérite une mention d’excellence. Le reste fait plutôt tapisserie et finit par susciter le profond ennui…

The Police

The Police

Écrit par

Ce n’est plus un scoop, The Police a donc décidé de se reformer pour effectuer une nouvelle tournée. Bien évidemment, A&M en a profité pour sortir une double compilation de 28 titres réunissant tous les plus gros succès du trio (voir le tracklist ci-dessous). Pas la peine de vous refaire l’historique de la formation  -même s’il ne faut pas oublier que la naissance de cette formation remonte déjà à 1977- vous la trouverez facilement sur le net. Bien plus intéressant à savoir, The Police ou plus précisément son reggae blanc a constitué et constitue toujours une référence de choix pour bon nombre de formations pop et rock. La dernière en date ? The Jai Alai Savant. Maintenant, oui ce recueil de tubes est avant tout un superbe cadeau d’anniversaire destiné à offrir à vos (grands)-parents. A moins que vous ne soyez animateur de soirées de communion, de mariage voire de noces en tous genres… 

Disque 1 :

"Fallout"
"Can't Stand Losing You"
"Next to You"
"Roxanne"
"Truth Hits Everybody"
"Hole in My Life"
"So Lonely"
"Message in a Bottle"
"Reggatta De Blanc"
"Bring on the Night"
"Walking on the Moon"
"Don't Stand So Close to Me"

"Driven to Tears"
"Canary in a Coalmine"

Disque 2 :

"De Do Do Do, De Da Da Da"
"Voices Inside My Head"
"Invisible Sun"
"Every Little Thing She Does Is Magic"
"Spirits in the Material World"
"Demolition Man"
"Every Breath You Take"
"Synchronicity I"
"Wrapped Around Your Finger"
"Walking in Your Footsteps"
"Synchronicity II"
"King of Pain"
"Murder by Numbers"

"Tea in the Sahara"

The Pigeon Detectives

Wait For Me

Écrit par

Originaire de Leeds, ce quintet enthousiaste a eu la chance, pour sa première sortie en dehors du Royaume-Uni, de jouer aux côtés des adulés Kaiser Chiefs. Un tremplin dont le groupe profite aujourd’hui comme il se doit, en sortant un premier album qui ne s’aventure jamais bien loin du sentier balisé par les ‘chiefs’ et autres survoltés anglo-saxons. Les rythmes sont aussi énergiques que limpides. Les guitares sont joviales. Les refrains s’enchaînent et traversent le disque à la vitesse de l’éclair, pressés de s’imprimer dans nos oreilles. Si on n’y prête pas attention, le repas est avalé en quelques bouchées et laisse très peu d’impressions derrière lui. On gratte donc un peu le fond, histoire de ne pas passer pour un pigeon. Et là, miracle : on se dit qu’on a bien fait de jouer les détectives. L’apparent manque de saveur ne se confirme finalement qu’à moitié, tant on apprécie, ici et là, quelques tonitruants accords ou clameurs faussement répétitives. A fond dans l’air du temps. Mais bien foutu.

Mike Goudreau Band

The grass ain't greener

Écrit par
Originaire du Vermont, ce chanteur/compositeur/guitariste/chef d'orchestre/arrangeur et producteur est âgé de 42 ans. Son père est Canadien. Mais d’expression francophone. Dans les années 90, il fonde le Boppin' Blues Band en compagnie duquel il enregistrera sept albums, marqués par le blues, le jazz et même les chants de Noël. En 2001, il décroche une bourse auprès du Conseil des Arts du Québec. Ce qui lui permet d'enregistrer un album dans la langue de Molière "Nous avions rendez-vous". Mike se produit également au sein de son propre groupe : le Mike Goudreau Band; une formule sans cuivres et davantage orientée vers le blues. "The grass ain't greener" a été concocté en 2006 et implique les musiciens suivants : Harmonica Zeke à l’harmonica, Nino Carlo Fabio ou Loorie Goodman aux claviers, Daniel Poulin à la basse ainsi que Patrick Morin ou Richard Bergeron aux drums. Mick signe huit des douze plages.

"Too good to be true" lance les musiciens sur les bons rails. Une plage dynamique, très inspirée par le Chicago blues. Non seulement Goudreau possède une bonne voix, mais ce fin gratteur est inspiré par les meilleurs guitaristes de la cité des vents. Harmonica est un partenaire de choix, un harmoniciste au tempérament de feu et au souffle est puissant. Inspiré par Albert King, "Have you been cheatin' on me?" lorgne du côté de Memphis. Un funk chaleureux soutenu par l'orgue Hammond de Lorrie. Le chant de Zeke est moins vigoureux que celui de son patron. Mais sur le slow blues "Keep on drinkin'", il se réserve aussi de la slide acoustique et manifeste davantage de conviction. Compo énergique mais légère, "Baby please give in" rocke tout en accordant une large part à l'inspiration des solistes : Nino au piano, Mike et Zeke. La reprise du célèbre "Mercury blues" de K.C Douglas est imprimée sur un mid tempo. Le ton est assez volatil. Les musiciens tirent leur épingle du jeu ; et en particulier l'omniprésent Harmonica Zeke. Trempé dans le Chicago southside classique et fort bien ficelé, "I had me a woman" s’inspire manifestement de Muddy Waters. Ballade légèrement gospel, "Give it to the Lord" trahit une sonorité très Memphis. A cause de l'orgue Hammond infiltré par Nino Carlo. Mike signe ici une intervention très originale sur les cordes. Cette même impression, ma foi fort agréable, caractérise une autre ballade : "Dear John song". Soutenu par l’orgue, Mike chante dans un registre jazz. Les lignes de guitare sont inspirées par Carlos Santana. Excellent! "The grass ain't greener " constitue un des meilleurs moments de l’opus. La machine tient bien la route et Mr Goudreau y démontre toute l’étendue de son talent en accordant un solo explosif, un exercice de style immédiatement suivi par une réplique tonique de Zeke. La fin d'album demeure tout aussi intéressante. La reprise du "Oh! Darling" des Beatles en est une belle illustration. Non seulement le sens de la mélodie est bien préservé, mais Zeke ne souffle que les notes nécessaires. Cet album de bonne facture s’achève par le célèbre "Caledonia", un titre bourré de swing au cours duquel les mêmes musiciens se mettent encore et toujours en évidence. Cerise sut le gâteau, un tout nouvel album intitulé "Boppin' 15" sortira d’ici quelques jours !

Mansbestfriend

Poly.sci.187

Écrit par

Après deux ans de silence radio, Tim Holland aka Sole nous revient sous le pseudo Mansbestfriend pour enregistrer un premier album. Instrumental et sorti chez Anticon (cofondé par... Tim Holland), « Poly.sci.187 » respecte la philosophie du label et brouille les pistes, navigant entre hiphop, electronica et sonorités indus.

Tim Holland nous livre un album aux ambiances épaisses, une œuvre qui doit s'écouter dans son intégralité. Pas question de sortir un ou deux titres du lot, on parle ici d'ambiances, de textures et d'expérimentations qui ne font effet que sur la longueur. Les mélodies sont rares ou cachées derrière un brouillard de distorsion mais leur absence permet aux rythmes, aux textures et aux collages de jouer leur effet hypnotique malgré des morceaux très concis et un recours quasi systématique au fade-out. Bande-son d'un dimanche embrumé à Portland, où sévit Sole, Poly.sci.187 nous entraîne dans ses expérimentations plus qu'il ne pousse à l'écoute attentive. Les quelques voix insérées dans l'ensemble sont d'ailleurs inaudibles et semblent sortir d'un radioréveil mal programmé. S'y côtoient un enfant libanais dénonçant l'invasion israélienne, la philosophe anarchiste Emma Goldman ou des extraits d'une pièce de Brecht. Une oreille vigilante se délectera cependant du travail sur la palette de sons employée et de la multiplication discrète des niveaux d'écoute.

Mansbestfriend ne nous livre certainement pas un disque facile - plus d'un repousseront rapidement cet état anxiogène distillé insidieusement et les ruptures rythmiques parfois brutales - mais les audacieux se délecteront de ce rêve (cauchemar?) éveillé.

The Jai Alai Savant

Flight of the bass delegate

Écrit par

Ils aiment le ska, le dub, le punk et le reggae et répondent au nom de Jai Alai Savant (prononcez hi-a-lie sa-vant). Ils ont beaucoup écouté The Police, The Clash, Bob Marley, Peter Tosh, King Tubby, The Specials, Madness et Porno for Pyros. Un trio issu de Philadelphie mais établi aujourd’hui à Chicago. « Flight of the bass delegate » constitue le premier album de cette formation drivée par le chanteur/compositeur/guitariste Ralph Darden alias DJ Major Taylor. Lors de son passage en Belgique, ce dernier nous avait accordé une longue interview. Je vous invite d’ailleurs, si vous ne l’avez pas encore fait, à y (re)plonger. Elle est suffisamment éloquente pour vous faire une idée de l’énorme potentiel affiché par ces musiciens. D’ailleurs, si vous vous rendez au festival de Dour, ne les manquez sous aucun prétexte. Et l’album alors ? Les deux premières phrases de cette chronique sont suffisamment explicites. Suffit d’y ajouter que le timbre vocal de Ralph est proche de celui de Perry Farrell et vous disposez de toutes les infos indispensables et nécessaires…

Dirge

Rebecca

Écrit par

Dès le premier titre, une nostalgie fascinante, digne de Damien Rice, nous envahit. Une sensation accentuée par le timbre de Yann, chanteur de ce trio français. La musique proposée par Dirge émarge donc au pop/rock. Si le deuxième morceau est tout aussi prometteur, la suite du cd se révèle parfois un peu trop plate et répétitive. En outre, on ne peut pas dire que les parties de batterie brillent par leur originalité. Malgré ces bémols, « Rebecca » évolue parfois aux confins de l’univers de musical de Mud Flow, tout en affichant des caractéristiques extrêmement séduisantes et même émouvantes. On espère simplement que Dirge n’en restera pas à ce stade, et donnera naissance, dans le futur, à de nombreux et somptueux morceaux, dans le style des deux premières plages de l’opus…

Bright Eyes

Cassadaga

Écrit par

Conor Oberst, le cerveau de Bright Eyes, est un monstre sacré, une sorte de légende vivante. Et franchement, on songe à prendre le pari : dans quelques années, les autorités américaines songeront à remplacer la Statue de la Liberté (symbole rendu caduque par l’érosion de l’échelle des valeurs) par un buste de Conor Oberst (nouveau résident new-yorkais, par ailleurs). Sans relâche, depuis ses quatorze ans, l’enfant d’Omaha, dans le Nebraska, étudie les bases de la country folk américaine pour mieux la sublimer. Autant dire que le garçon sortait des disques avant même d’entrevoir ses premières poussées d’acné. « Cassadaga », sixième album de l’éphèbe, marque une nouvelle étape dans la carrière de Bright Eyes. Enfin signé sur une major, Oberst délaisse ses introspections dépouillées pour privilégier la densité et quelques levées instrumentales ancrées dans la plus pure tradition du ‘classic rock’.

Qu’il chante l’amour ou des faits sociaux teintés d’implications politiques, Conor Oberst emprunte toujours cette même voix : chevrotante et gavée d’une foule d’émotions (à faire pleurer les plus réjouis). Et si les premières écoutes sont susceptibles de condamner ce disque à la rubrique des albums écrasés par la banalité, il serait dommage de s’arrêter en (si bon) chemin et de ne pas approfondir les idées avancées par Conor Oberst et ses compagnons d’aventure (au rang des invités, on reconnaît notamment Gillian Welsh ou M. Ward). Car le fil des écoutes se révèle vite des plus précieux. « Cassadaga » est un disque à apprivoiser. Comme la belle pochette de cet album, les subtilités harmoniques se décodent ici avec patience.

L’Amérique a enfanté bon nombre d’artistes (con)sacrés en son cœur : Bob Dylan, Bruce Springsteen ou Woodie Guthrie. Avec des titres comme « Four winds » et « Soul singer in a session band », Bright Eyes rejoint (sans mal) ce lignage patriotique. Préparons-nous déjà à suivre la discographie du bonhomme. Les perspectives sont vastes et toujours réjouissantes.

Guillaume Ledent

Ton océan

Écrit par

Les deux premiers titres de « Ton Océan » évoquent un certain Saule. Même timbre, mêmes mélodies légères, mêmes jeux de mots et même humour. Pas étonnant donc que le Montois vienne partager « L’Amour fou » en compagnie de Guillaume Ledent, un sympathique duo pour un des morceaux les plus réussis de l’opus. De l’amour, il y en a beaucoup sur ce cd, comme quand l’artiste parle avec tendresse de la joie d’être parents (« Ma Noceuse » et « 25 à 35 ans »). Mais l’acidité (« Tout va bien », « Pipeau ») et la dérision (« Mac Gyver ») sont aussi au rendez-vous. Si les mélodies oscillent entre airs orientaux, musique des îles, gimmicks rock et rythmes reggae, c’est lorsqu’elles sont les plus dépouillées qu’elles sont les plus charmantes. En effet, la voix douce de Guillaume Ledent, soutenue uniquement du piano (« Paradis ») ou de la guitare sèche (« Roses d’avant ») est l’atout séduction de l’œuvre. Une œuvre qui lorgne manifestement vers des artistes comme M ou Pierre Rapsat. Plutôt plaisant…

Couleur Café 2007 : du 29 juin au 31 juillet

Écrit par

Couleur Café, chapitre XVIII ou 18 ans pour un festival assez unique en son genre. Comparé à son petit frère devenu grand Werchter, qui vise un public jeune sur un site pitoyable, se transforme en marécage à la moindre drache et dont le prix d’entrée est devenu exorbitant, Couleur Café (qui pourrait soit dit en passant se redonner un nom un peu moins gnangnan) est un festival devenu adulte. L'heure des bilans? Peut être mais la recette continue de prendre. Il n'y a que très rarement des têtes d'affiche, on ressort des vieux groupes comme UB40 du placard à balais, un petit coup de hip hop, on mélange le tout et on obtient l'activité à inscrire chaque année dans son agenda pour tout Bruxellois réticent à l’idée d’avaler des kilomètres pour se rendre à un festival. Devant faire face à une météo capricieuse, Couleur Café a dû aussi composer à un autre coup du sort samedi soir : l'incendie impressionnant d'un entrepôt qui a conduit les autorités à évacuer 20 000 personnes du site vers 19h. Heureusement, il a rouvert quelques heures plus tard alors que les médias (RTL-TVI en tête) avaient quasi exclu toute possibilité de reprise ce soir là.

Mais venons-en à la programmation: dès vendredi, on a pu voir Live from Buena Vista, autrement dit une version light du Buena Vista Social Club, privé des regrettés Ibrahim Ferrer et Ruben Gonzalez, mais quand même du beau monde, comme Omara Portuondo et Julio Alberto Fernández au chant et 'Rubalcaba' Gonzales et Daniel Ramos Alayo, membres des 'Afro Cuban All Stars', en bonne forme. Bien que les musiciens ont visiblement du plaisir à jouer, la ‘salsa’ ne prend plus tant les regrettés papys faisaient du sacré bon boulot.

La présence de UB40 nous a ramenés 20 ans en arrière. L’indémodable "Food for thought" a entamé le concert de ce groupe phare du reggae blanc britannique. Pour le reste, on aura droit à tous les hits au goût de réchauffé (« Kingston Town », « Red red wine »). Sur scène, on remarque les visages sans âge des deux frangins Campbell, un peu fatigués. Ceux-là devraient rendre les armes fissa sous peine de terminer dans un bal de bourgmestre l’année prochaine…

Un peu plus tard, sur la scène Univers, on jette un coup d’œil sur Kelis et sa coupe de cheveux en avance de cent ans (rasée d’un coté, pas de l’autre). La New-yorkaise se la joue extra-terrestre mais balance ses tubes imparables (« Milk Shake ») à un public chauffé à blanc.

Minuit, et c’est l’heure du Gotan Project sur la scène Titan. Costard blanc impeccable pour Philippe Cohen-Solal et Christoph Muller, entourés de ravissantes violonistes, le concert démarre par « Diferente », tiré du nouvel album qui fait son effet quand le morceau s’emballe sur une boucle rythmique imparable. Des accents kraftwerkiens traitent la voix sur « La Viguela ». Mais le groupe communique peu avec son public, et malgré un dispositif vidéo plutôt impressionnant, l’intérêt s’estompe rapidement. En cause ? Certainement l’heure tardive de passage et le côté plus expérimental du dernier album comparé à la « Revancha del Tango ».

Le lendemain, Rachid Taha ouvre le bal ou plutôt du thé à la menthe dansant, compte tenu de l’heure plus que sage de son passage ( ?!?!?). Tirant profit des nonante minutes qui lui sont accordées, le chanteur envoie la sauce tout au long de son arab’n’roll pas piqué des hannetons. Entre deux chansons, il harangue la foule, semble quelquefois prendre son public de haut et transforme son concert en tribune politique pour défendre la cause des immigrés qui se noient pour entrer aux portes de l’Europe ou pour dédier ses chansons ‘aux pédés, aux lesbiennes, aux Roumains et aux Bulgares’. Voilà qui change des messages politiquement corrects et infantilisants égrenés pendant toute la soirée par les chauffeurs de public de Coul’Caf.

Le reste de la soirée on le connaît. Il y a l’incendie, puis la réouverture des portes à 21h. Ayant été informé d’une annulation quasi-certaine du concert, j’ai quitté les lieux et n’ai pas pu assister au concert de Ziggy Marley, ni à celui de Daan, qui ont reçu des échos positifs dans la presse national belge.

Le lendemain, un trou béant sur un toit et un périmètre de sécurité installé sont les seuls témoins de l’incendie de la veille.

Evènement de la journée, le show de Johnny Clegg. Malheureusement un peu tombé dans l’oubli, le Sud-africain ne déçoit pas. Sa musique évolue toujours entre folk, pop et danse traditionnelle sud-africaine. Il prend aussi à témoin le public, réfugié sous le chapiteau pour fuir la pluie torrentielle, pour dénoncer la situation dramatique dans son pays : tant sur le plan de la criminalité et du sida, malgré une réussite économique toute relative. 

Un peu plus tard, dans la salle de presse de l’espace VIP, j’entends une confrère téléphoner son article : ‘Après le feu, la pluie…’ Un peu cliché mais vrai. Je me démène comme un beau diable afin de renégocier mon photopass afin que celui-ci me donne accès en front-stage lors des derniers concerts de cette édition 2007.

J’obtiens l’autorisation de photographier Horace Andy et ses magnifiques tresses blanches. Apparu sur la scène reggae au début des années 70, son falsetto suave est une des plus belles voix de la Jamaïque. Massive Attack lui dresse un piédestal dans les années 90 en lui permettant de participer à de nombreux morceaux de son premier album et surtout chef-d’œuvre, « Blue Lines » ; notamment « One Love », une compo reprise dans la setlist, ainsi que « Skylarking ». L’artiste se montre généreux à l’égard des photographes qui ont la permission de photographier l’intégralité du concert.

Un peu plus loin, les Belges de Joshua retiennent mon attention. Très énergique, sa prestation mêle électro et hip-hop.

Sur la Petite Rue du Bien Manger (Pas Brûlé s’il vous plaît) j’avale un couscous cher et peu savoureux.

Les conversations attrapées au hasard sous-entendent que nombreux sont ceux qui attendent la venue de The Roots sur la scène Univers. Pour un groupe de rap, la présence de tant d’instruments (tuba, guitare, basse, batterie, percussions) impressionne. Leur musique, d’ailleurs qualifiée de hip-hop orchestral, révise les préjugés liés à ce style en alliant mélodie, rock et soul.

La soirée s’achève sur le reggae dancehall de Sean Paul et un set très réussi de DJ Mehdi.

La voie est ouverte à une nouvelle génération de musiciens et moi à vrai dire, je me sens un peu largué en affichant mes 37 ans…

 

 

Nouvel album pour Hollywwod P$$$ Stars

Écrit par

« Satellites », le deuxième album de Hollywwod P$$$ Stars paraîtra le 28 août prochain. Il a été enregistré sous la houlette de Christine Verschorren aux studios Caraïbes célèbres pour la chaleur de ses bandes analogiques. 16 titres mixés à Seattle par le sorcier culte de l’indie américaine, John Goodmanson (Hot Hot Heat, Blond eRedhead, Von bonides, Death Cab For Cutie). La foramation entamera sa tournée de concerts par le Pukkelpop et on la retrouvera dans le cadre des nuits du Soir.

Liste des morceaux de l'album "Satellites" :

1) Andy

2) Islands

3) The fugitive

4) Crimes

5) Ben's dead

6) Young girls

7) Diamond

8) Walking cash machine

9) Perfect storm

10) I want you

11) Calling ghosts

12) There's a god

 

Pour plus d’infos : http://www.hollywoodpornstars.be/nt.html