La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Si on ne peut pas se voir, on peut toujours s’écouter…

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En 2000, des musiciens et artistes liégeois se rassemblent pour promouvoir leurs projets musicaux.

Ils créent un site internet. Ils mettent en avant les valeurs d'union et de solidarité.

Le Collectif JauneOrange est né.

En avril 2020, les musiciens du monde sont coincés chez eux. Il ne reste bientôt plus qu’internet.

JauneOrange revient à ses fondements d’union et de coopération.

Alors que les Compilations JO ont jalonné les années 2000-2010, JO présente aujourd’hui sa COMPIL-19 !

Dix-sept artistes se sont livrés à l'exercice de la démo « home studio », laissant une liberté totale à leur créativité individuelle, sans passer par le prisme du « groupe » ou du producteur.

La démarche est spontanée, brute et singulière. Le résultat est riche, collectif et varié.

Les sorties de disques sont repoussées, les nouveautés se font rares. La COMPIL-19 vous permet d'écouter de manière quasi instantanée ce qui se crée chez les artistes confinés.

Si on ne peut pas se voir, on peut toujours s’écouter. La COMPIL-19 est gratuite/prix libre. Si vous voulez soutenir la culture locale, vous pouvez soit utiliser le #playlocal ou acheter cette compile. Les bénéfices iront directement aux artistes.

Tracklist :

Jeremy Alonzi / Jasmine Tamaz
(The Experimental Tropic Blues Band, Ginger Bamboo, Müholos)
Mermaids War Chant

Xavier Guinotte / Antoine Litt
([MLCD] My Little Cheap Dictaphone / Valeero, Grand Curseur)
Don't You Know

Antoine Flipo
(Glass Museum)
Jaar

Gilles Dewalque
(Pale Grey, Tsu, The Feather)
Dark

Anthony Sinatra
(Hollywood Porn Stars, Piano Club)
480

Simon Fontaine
([MLCD] My Little Cheap Dictaphone, Pale Grey, The Feather)
Drawn

Léticia Collet
(Condore, Dan San)
May Tree

Louan Kempenaers / Damien Chierici
(Piano Club, Kowari / Yew, Dan San)
Damian's Birthday

Boogie Snake / Devil d'Inferno / Dirty Coq
(The Experimental Tropic Blues Band)
The Miracle of Life

Thomas Medard
(The Feather, Dan San)
In My Room

Jimmy Geers / Adrien Chapelle
(Romain Cupper, OSH)
Adrijim

Yannick Gregoire
(Duane Serah)
Finding Franck

Soutenez ces artistes ici :

The Somnambulist

Hypermnesiac

Écrit par

The Somnabulist, c’est le projet du chanteur/guitariste Marco Biancardi, un Italien établi à Berlin. Fondé en 2009, son line up a déjà subi plusieurs changements. Ce qui ne l’a pas empêché de publier 4 albums à ce jour, dont le dernier, « Hypermnesiac », est paru en février dernier.

Première constatation, l’instrumentation se focalise sur une structure guitare/basse/batterie, même si elle est, au final, bien plus riche qu’on ne l’imagine, invitant piano, cuivres (sax ténor et trombone), arrangements, samplings et tutti quanti, suivant les morceaux.

Découpé en 7 plages, cet elpee touche aussi bien à la noise, au rock, au psychédélisme, qu’au jazz et à la prog. Seule la jolie ballade « No use for more », lorgne vers la pop. Et encore ! Aucun morceau ne ressemble à un autre. Seule la voix éraillée, frémissante de Biancardo sert de lien entre les différentes pistes, une voix dont le timbre rappelle Jeff Martin (Tea Party), mais sans en avoir le baryton. S’ouvrant par l’élégant et atmosphérique « Film », un morceau tramé sur un piano sinistre, il s’achève par « Ten thousand miles longer », une méditation qui monte progressivement en intensité, en se frottant même au free jazz et aux sonorités de cordes cristallines, que ne renieraient pas And Also The Trees. Des cordes de même saveur qu’on retrouve également sur le nerveux « Tom’s still waiting ». Reptilien, « At least one point at which it is unfathomable » affiche une amplitude carrément prog, alors que « No sleep under heaven » libère une rage et une amertume feutrées dans l’esprit d’un Nick Cave. Une bien belle surprise !

The Black Lips

In a world that’s falling apart

Écrit par

The Black Lips compte 21 ans d’existence et « In a world that’s falling » constitue son 9ème elpee. Après avoir longtemps pratiqué le garage punk, le groupe yankee (NDR : il est originaire de Dunwood, en Georgie) a décidé de passer au country punk. M’enfin, pas de stress, il reste encore des traces de garage dans son expression sonore (« Odella », notamment). Simplement, on a l’impression que, très souvent, la formation se sert des clichés country pour les interpréter à sa sauce, tout en n’oubliant d’y injecter son sens de l’humour très caractéristique.

L’opus s’ouvre par l’excellent country shuffle « Hooker Jon », un morceau qui évolue sur un tempo réminiscent de « This boots are made of walking » de Nancy Sinatra et Lee Hazlewood, et s’achève par « Live fast die slow », une sorte de chanson à boire, peut-être enregistrée au milieu d’un saloon. Le long playing recèle, bien sûr, des titres qui émargent davantage au country & western. A l’instar de « Rumbler », souligné furtivement par un harmonica, ou de l’allègre « Holding me holding you », une piste hantée par Johnny Cash. Mais en matière de punk, on retiendra surtout les chœurs plutôt que la sauvagerie ; « Dishonest man » nous replongeant plutôt dans le rock’n’roll des 50’s. Si la ballade hymnique « Get it on time » aurait pu figurer au répertoire du Velvet Underground, autre ballade, « Gentleman » véhicule des accents ‘rollingstoniens’ (NDR : pensez à « Wild horses »). Chargé de swing, « Angola rodeo » adopte une forme de glam réminiscente de T. Rex. Encore que le tout est servi dans l’esprit de la bande à Jagger/Richards. Bien enlevé, « Georgia » véhicule des accents psychédéliques. Et on en oublierait presque la présence régulière et inévitable de la pedal steel, interventions qui accentuent, bien sûr, l’aspect americana des compos.

La Féline

Vie future

Écrit par

La Féline, c’est le projet d’Agnès Gayraud, docteure en philosophie, auteure-compositrice et interprète, dont le premier LP, « Wolf & Wheel », est paru en 2011. Et ses observations sur le monde contemporain transparaissent tout au long de « Vie future », parfois de manière autobiographique.

Ce quatrième opus fait suite à « Adieu l’enfance », paru en 2015 et « Triomphe, en 2017. Une œuvre apocalyptique qui préfigure le désastre de notre planète. Avouons-le de suite, en cette période de confinement, cet elpee n’est pas de nature à vous détendre. Pas qu’il soit de mauvaise facture. Au contraire ; mais il risque de vous déprimer davantage. En fait il a été enregistré dans un contexte particulier, puisqu’alors qu’elle attendait son enfant, son beau-père est décédé.  

Evoluant dans une forme de trip hop, les 10 plages de ce long playing oscillent entre science-fiction et réalisme angoissant. Instrumentation organique et électronique alimentent des compos atmosphériques, poétiques, cotonneuses, cosmiques ou cinématographiques, parfois intimistes et surtout sombres, qu’elle chante d’une voix limpide, et dont le timbre oscille quelque part entre ceux d’Axelle Red, de Milène Farmer et de Françoise Hardy. Et même si parfois le tempo s’emballe, le climat demeure constamment grave tout en suscitant la réflexion… Et comme pour l’instant les idées ne sont pas vraiment claires, rien de tel pour compenser ce moment de spleen par l’écoute d’un bon vieux disque de garage/rock…

iloveyourass

Beluga (Ep)

Écrit par

Troisième Ep pour ce duo issu de Poitiers. Un disque découpé en 5 plages. Damien Gauvin se charge des parties de guitare et Aline Leroy des synthés et des bidouillages. Les deux se partageant le chant, parfois en anglais, souvent en français. Ce qui n’est pas du tout dérangeant, Damien affichant un timbre profond, sombre, rappelant Michael Gira (Swans) alors que la voix d’Aline se révèle davantage limpide, parfois à la limite du falsetto (Sur « Pandore », compo qui aborde la question de la violence dont sont victimes les femmes, elle adopte des intonations qui rappellent… Mathieu Chédid).

Musicalement iloveyourass pratique une musique qui agrège pop, noise, krautrock, post rock, trip hop et électro. Samples mélodiques et rythmiques, décharges électriques, synthé old school vaporeux, boîte à rythmes minimaliste et boucles inépuisables alimentant une expression sonore corrosive, hypnotique et surprenante.

Josy & The Pony

Eponyme

Écrit par

“Eponyme” constitue le deuxième elpee de Josy & The Poney. Un disque qui s’ouvre par une intro d’une trentaine de secondes et s’achève par un « Epilogue : Manège A3 » de 17 minutes, un morceau purement expérimental, inspiré sans doute par le « Revolution 9 » des Beatles, mais avec boucles et bruitages électroniques. Mais franchement, après l’avoir écouté une fois, on n’a vraiment plus envie de recommencer l’épreuve.

Bref, attardons-nous plutôt sur les 7 autres plages qui rivalisent toutes de valeurs hippiques. Ben oui, parce que tous les titres de cet LP se réfèrent au poney, alors que le contenu, à double tranchant quand il n’est pas teinté d’humour noir ou encore pimenté d’insinuations lubriques, traite tour à tour de sexisme, du statut des femmes dans la société, de l’intégrisme ou du radicalisme politique… Dommage, cependant, qu’on ne distingue pas toujours bien les paroles, parfois étouffées par l’instrumentation. Probablement un problème de prod ou de mixing.

Musicalement, Josy & The Pony puise ses sources dans les sixties. Aussi bien le garage (The Seeds, tout particulièrement), le surf rock (The Shadows, The Tornadoes) que le yéyé (« Deux chevaux Mustang » rappelle ainsi le « Harley Davidson » de Gainsbourg, chanté par Bardot en 67). Mais également les eighties. A travers le punk/pop francophone si bien incarné par Lio ; « Ânon petit con » évoque même, quelque part, un certain « Banana split » (NDR : les puristes citeront plutôt Edith Nylon ; à vos encyclopédies !). Et puis les nineties. A cause de cet orgue vintage, rogné, dont les sonorités nous replongent dans l’univers d’Inspiral Carpets. Ou d’un synthé bricolo qui lorgne manifestement vers Stereolab. Mais le résultat tient parfaitement la route, la plupart des compos libérant une énergie bien rock’n’roll tour à tour lancée au trot ou au galop…

Overgrass

Killing Time

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Originaire de Sion, en Suisse, ce trio a assuré le supporting act de Last Train, l’an dernier, pour de nombreuses dates. Ce qui explique sans doute pourquoi, il a reçu le concours de Rémi Gettliffe, le réalisateur des albums de la formation alsacienne, pour enregistrer son premier elpee. En outre, ce dernier s’est également chargé des synthés et de certaines parties de gratte, outre les backing vocaux.

On pourrait croire qu’Overgrass est un peu une réponse helvète à Supergrass. Pas vraiment ! En fait, si le combo s’inspire bien de la britpop, c’est plutôt du côté d’Oasis et d’Ash qu’il puise ses influences. Mais pas seulement, puisqu’il affiche également des références yankees. Tour à tour empruntées au punk pop de Green Day (l’hymnique « The day we met ») ou au punk blues de White Stripes  (le syncopé « Give a little thing to love » qui met en exergue l’excellent drumming de César Roméro) voire du garage/rock des Raconteurs. Pas pour rien que le chanteur/guitariste, Joel Groda, est un grand admirateur de Jack White. Si « Take me away » émarge au psychédélisme, en intro, « Feel alive part on » est imprimé sur un tempo new wave, alors qu’allègre, le final « Don’t let her go » donne une petite idée du potentiel de ce band, en ‘live’. Les arrangements sont épurés, les mélodies, en général, accrocheuses, le préposé aux fûts est vraiment balèze, et les compos ne manquent pas de charme vintage. Manque peut-être, encore, ce petit plus, cette touche d’originalité, qui lui permettrait de prendre une autre dimension…

Festivals 2020 : annulations et reports

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Le Conseil National de Sécurité a officiellement interdit le déroulement des festivals jusqu'au 31 août 2020 inclus. Le secteur privilégie dans l'ensemble les annulations aux reports. Le public ne sera pas remboursé, mais aura la possibilité de "reporter" ses tickets à 2021 ou 2022 ou de recevoir un ‘voucher’. En bref, pas de BSF, Cactus, Couleur Café, Dour, Dranouter, Francofolies, Gent Jazz, Graspop, LaSemo, Lokerse Feesten, Micro, Pukkelpop, Rock Zottegem, Rock Werchter, TW Classic, Esperanzah!, Ronquières, Solidarités, Tomorrowland, W-Festival et bien d’autres ; ils sont donc purement et simplement annulés en 2020. Seul les Ardentes envisage encore un report.

Pour rappel, les Nuits Botanique ont été postposées du 29 septembre au 11 octobre et la fête de la musique prévue du jeudi 18 au dimanche 21 juin est également annulée.

Pour toute info complémentaire, on vous invite à vous rendre sur les sites des différentes organisations.

Doctors of Madness

Dark Times

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Quarante et un an plus tard, Doctors of Madness refait surface. Enfin, pas tout à fait puisqu’au cours de cette longue période, la formation a fait l’objet de rééditions et de compiles. Et puis, Richard Strange a quand même connu une carrière solo quand il n’a pas apporté son concours à d’autres artistes. Pas très souvent, cependant. Ce qui s’explique aussi, parce qu’il a aussi mené une carrière d’écrivain, d’acteur, et d’enseignant, en parallèle. Mais s’il a remonté son DoM, il n’est plus que le seul membre originel. Pour enregistrer cet opus, il a d’ailleurs reçu le concours de toute une volée d’invités, dont Joe Elliott (Def Leppard), Sarah Joane Morris (Communards), Steve ‘Boltz’ Bolton (Atomic Rooster, Scott Walker, The Who), Terry Edwards (Nick Cave, PJ Harvey, Tindersticks) et la jeune protest singer Lily Budd (Band of Holy Joy, Sarah Jane Morris). Quant à la mise en forme, elle a été réalisée par John Leckie (Pink Floyd, Radiohead, Stone Roses).

Et le résultat est tout bonnement remarquable. D’abord, il y a les lyrics qui tirent à boulets rouges sur le mode de vie contemporain et la classe politique qui la régit. Des textes revendicatifs, plein de colère, qui appellent même à la révolte. Puis la musique…

« Dark Times » est découpé en 8 titres… tranchants. Depuis « So many ways to hurt you » et son clavier vintage qui nous replonge dans l’univers d’un Nick Cave, tout comme le titre maître final, un morceau caractérisé par un vocal déclamatoire éraillé (très souvent), une basse palpitante, un violon grinçant et des interventions au piano électrique (Ray Manzarek ?), en passant par le single « Make it stop », une compo enrobée de chœurs féminins délicats et de masculins véhéments, le rythmé et cuivré « Walk on shame », qui aurait pu figurer dans le répertoire de feu David Bowie (NDR : en 2018, The Guardian avait décrété que la musique de Doctors of Madness était le chaînon manquant entre celle du Duke et des Sex Pistols !), sans oublier l’excellent « This kind of failure » et l’atmosphérique « This is how to die », sorte de Leonard Cohen, sans l’imagerie poétique. Remarquable ! L’album de l’année en 2019 pour votre serviteur !

Tomàs Doncker

Moanin' at Midnight (Deluxe edition)

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Le premier elpee de cet artiste américain, "Inside out", remonte à 2017. Ce chanteur/guitariste black compte déjà une fameuse discographie à son actif. En outre, il a fondé son propre label, True Groove. Son œuvre la plus accomplie, "The mess we made", remonte à 2015 ; mais enrichie d’inédits, elle a été rééditée deux ans plus tard, en Deluxe Edition. "Moaninn' at Midnight" était déjà paru en 2014. Il fait à son tour l’objet d’une réédition. Elle a été sous-titrée "The Howlin' Wolf Project", car si les huit titres de base sont tous issus de la plume de Willie Dixon, le plus grand compositeur du Chicago Blues, tous ont été interprétés avec bonheur par la légende Big Foot….

Tomas et ses True Groove All Stars se partagent claviers, basse, guitare et pedal steel. Tomàs possède une voix naturellement puissante, grave, idéale pour s'attaquer au répertoire de Wolf ! Très moderne, mais respectueuse des compos originelles, la production a été assurée par James Dellatacoma, qui épaule aussi Doncker dans les parties de guitare.

James ajoute parfois des effets synthétiques dans l’expression sonore. A l’instar d’"Evil", une ouverture réussie qui met en exergue les cordes largement amplifiées. Une recette qu’on retrouve sur "Moanin' at midnight" et un "Smokestack lightning" dont le cri strident traverse les sonorités d’orgue et de piano électrique en harmonie. Indolent, "Killing floor" se distingue par son excellente, mais intimiste, intervention à la gratte. A contrario, "I ain't superstitious" évolue sur un tempo soutenu. Blues lent, "Back door man" adopte un profil particulièrement Chicago Southside", dans l’esprit de Muddy Waters. L’opus propose 4 bonus tracks, dont une version ‘dub mix’ de "Moan in' at Midnight" et trois prises ‘live’ immortalisées au sein des clubs de la Big Apple, parmi lesquelles les adaptations de "Back door man" et "Smokestack lighning" sont hantées par le spectre du grand bluesman. Enfin, on n’en oubliera pas le rôle de l'harmoniciste David Barnes, excellent de bout en bout ; un souffleur qui militait au sein des backing groups de Vernon Reid et James Blood Ulmer. 

Black Midi

Schlagenheim

Écrit par

Franchement, il y a des lustres que votre serviteur n’avait plus chroniqué un album pareil. Pour être original, il est original. Mais il faut être très réceptif à ce type de musique, pour pouvoir l’encaisser. Suis d’ailleurs étonné que ce groupe ne soit pas signé chez Sub Rosa, dans la catégorie noise. C’est dire ! Imaginez un peu une musique qui puise ses influences aussi bien chez Shellac, Slint, McLusky, Wire, Unwound que Gang of Four, tout en réservant une part d’impro à des compos décapantes, menaçantes ou sauvages, aux rythmes constamment changeants, parfois indus, parfois funk ou encore post punk, et sur lesquelles vient butiner la voix nasillarde, gémissante ou gutturale, tour à tour hurlée ou déclamée, parfois en empruntant les inflexions de Robert Plant ou de David Byrne, de Geordie Greep. Si certains n’ont pas hésité à qualifier son expression sonore d’anarcho-punk, il faut savoir que le combo s’est forgé un nom dans une même scène issue du sud de Londres qui a enfanté Shame et Fat White Family. Pas de structure refrain/couplet, donc, mais un chaos organisé où se mêlent et se démêlent guitares acérées, grinçantes, ligne de basse agile et pecus syncopées, dans un ensemble finalement rendu (in)cohérent par la maîtrise instrumentale des quatre musicos. A ne pas mettre entre toutes les oreilles !

Theo Hakola

Water Is Wet

Écrit par

Ecrivain et chanteur (entre autres casquettes artistiques…) américain, Theo Hakola traîne ses mots et ses talents en France depuis la fin des seventies, à travers ses aventures de jeunesse vécues au sein de Passion Folder et Orchestre Rouge. Il s’est même chargé de la production de « Où veux-tu qu’je r’garde’ », le premier album de… Noir Désir ! Surnommé le ‘Baudelaire du rock’ par Télérama, ce natif de Spokane (Washington) vient de graver son 8ème opus solo. Tout en marchant sur les traces de grands songwriters tels que Bob Dylan et Leonard Cohen, le dandy quasi-septuagénaire dévoile ses morceaux au textes poétiques qui surfent entre le rock le plus classique (« Never Bought a Bottle of Water ») et l’americana-folk (« Weak in the Knees ») le plus inspiré. Un artiste majeur à la classe intacte…

Bernard Allison

Songs from the road (CD + DVD)

Écrit par

Bernard Allison n’est autre que le fils de Luther, l'un des plus grands bluesmen de tous les temps. Il est trop tôt disparu, en 1997, à l’âge de 58 ans. Aujourd'hui, Bernard en a 54 et s’est forgé sa notoriété, non pas parce qu’il est le fils de, mais grâce à son talent de guitariste. Thomas Ruf était le manager de Luther avant qu’il ne fonde son label, en 1994. Pas étonnant qu’il ait signé le fiston très tôt. D’ailleurs, le premier elpee de Bernard, "Funkifino", publié chez Ruf, remonte déjà à 1995. Et son premier opus, pour le marché yankee, date de 1997, année du décès de son père.

Immortalisé ‘live’, "Songs from the road" réunit un CD de 13 plages et un DVD qui en compte trois de plus. Un événement qui s’est déroulé au Musiktheater de Dortmund, en octobre 2019. Sur les planches, Bernard Allison est soutenu par un backing group réunissant une solide section rythmique, Dylan Salfer à la seconde gratte, un musicien à peine âgé de vingt printemps, et puis le saxophoniste José James, un saxophoniste vraiment remarquable. Bref, un groupe parfaitement huilé qui se nourrit de funk, blues, jazz et r&b.

Bernard puise dans son répertoire pour nous livrer le meilleur de son funk ("Night train"), souvent mêlé de jazz ("Call me Momma", "Same ole feeling"), du blues pur et dur, parfois teinté de rock. Shuffle, "I can't get you out of my mind" adresse un solide clin d'œil à Stevie Ray Vaughan, une compo au cours de laquelle, Salfer se fend d’une superbe intervention aux cordes. Hanté par Jimi Hendrix, "Feels kinda funny" est allumé par les riffs rock/blues de Bernard. Les deux gratteurs se partagent les envols à la slide. Dans ce registre, Bernard se déchaîne lors de la finale, "Slide Master". Il rend enfin un hommage émouvant à son père, en reprenant deux de ses compos, en l’occurrence les longs blues lents, "You're gonna need me" et "Let's try it again"…

Wire

Mind Hive

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« Mind hive » constitue déjà le dix-septième elpee de Wire. Et s’il recèle quelques titres percutants, il se révèle plus velouté que rugueux. Plusieurs plages se nourrissent généreusement de synthés, à l’instar des atmosphériques « Shadows » et « Unrepentant », réminiscente du Floyd circa « The final cut » ou du final « Humming », les oscillations électroniques somnolentes se mêlant aux grattes sous reverb’, mais sur un tempo flemmard.

On retrouve cependant le véritable Wire sur plusieurs pistes. Ainsi, chant incisif et rythmique soutenue épousent parfaitement un esprit bien punk tout au long de « Be like them ». « Cactused » est imprimé sur un tempo new wave. « Oklahoma » oscille entre noisy et gothique, dans l’esprit de « 154 ». L’hypnotique « Hung » synthétise, en 8’, l’œuvre de Wire, une compo étrange, à la section rythmique percutante, qui mêle construction lente de textures de guitare et bandes préenregistrées. Enfin, cerise sur le gâteau le très pop « Off the beach » bénéfice d’une jolie mélodie qui n’est pas sans rappeler l’incontournable « The 15th ». Sans quoi, on épinglera encore les lyrics, qui traitent aussi bien du sort des réfugiés, fustigent le néo-libéralisme ou s’inquiètent de la montée du populisme. Même si ce n’est pas le meilleur album de Wire, il tient parfaitement la route.

Fly Pan Am

C'est ça

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Treize ans après sa séparation, Fly Pan Am est de retour et nous propose un nouvel album. Le premier depuis « N’écoutez pas », paru en 2004. Petit rappel au sujet de ce groupe plutôt méconnu chez nous. C’est en 1996 que Fly Pan Am prend son envol. Il réunit Jonathan Parant (guitare, voix), Jean-Sébastien Truchy (basse, synthés), Félix Morel (batterie) ainsi que de Roger Tellier-Craig. Ce dernier fonde alors une formation qui va devenir une référence dans l’univers du rock : Godspeed You ! Black Emperor ; un combo qu’il quitte cependant en 2003. Fly Pan Am grandit donc dans l’effervescence montréalaise aux côtés des créateurs du label Constellation, tout en développant une musique avant-gardiste oscillant quelque part entre le shoegaze, le krautrock et le post-rock. Il grave quatre albums avant de se séparer. Les différents membres se consacrent alors à différents projets tels qu’Avec le Soleil Sortant de sa Bouche, Pas Chic Chic ou Les Enfants Sauvages.

Quinze plus tard, la formation nous propose un nouvel elpee enregistré à l’Hotel2Tango. Le son de Fly Pan Am n’a rien perdu de son originalité. Le band parvient toujours à agréger les styles (krautrock, post-rock, shoegaze) avec brio. Propulsés par des boucles hypnotiques, les compos sont imprimées sur des rythmes frénétiques. Loin d’être accessibles, les neuf morceaux de « C’est ça » nécessitent plusieurs écoutes attentives avant de pouvoir les apprécier. Il est d’ailleurs nécessaire de s’affranchir des explorations sonores et de démêler les nappes de guitares et de claviers afin que se révèlent les multiples subtilités des compos.

Si vous appréciez la musique expérimentale (enfin, mais pas trop quand même, car le label Constellation a déjà poussé le bouchon bien plus loin), n’hésitez pas à découvrir ou à redécouvrir Fly Pan Am, un combo qui se produira en concert le 25 octobre au Magasin 4.

Thorbjørn Risager

Come on in

Écrit par

Chanteur et guitariste, Thorbjørn Risager est né au Danemark. Son style ? Le r&b. Il a monté son backing group en 2003. Avant de signer chez Ruf, en 2014, il publiait sa discographie sur son propre label, Cope. C’est à cette époque qu’il baptise son band, le Black Tornado, un combo qui implique un gratteur, un claviériste, une section rythmique et une section de trois cuivres. "Come on in" constitue son 4ème opus pour Ruf.

Graveleuse et naturellement puissante, la voix de Risager sert de socle à l’expression sonore. Et on s’en rend compte dès le morceau d’entrée, également titre maître. Le Scandinave puise une bonne partie de son inspiration dans le blues originel qui émane du delta du Mississippi. A l’instar des brillants "Last train" et "Never givin' in". Sur le premier, il se sert d’un bottleneck, alors que claquements de main, rythme tribal et changements de tempo irrésistibles alimentent le décor sonore. Le second se distingue par une conjugaison complexe entre cordes, percussions, orgue et cuivres, une synergie que transperce la voix, en profondeur de Thorbjørn. Dépouillé, "Sin City" est chargé de feeling. Mélancolique, "On and on" en devient presque lugubre. "Two lovers" baigne dans la douceur, alors que "Nobody but tue Moon" émarge carrément à la pop. Les interventions aux cordes sont brillantes, tout au long de "Over the hill", un jump blues saturé de swing. Blues/rock explosif, "Love so fine" est découpé dans des riffs réminiscents de Deep Purple. Oui, oui ! Même que la guitare s’autorise un billet de sortie qui s'évade vers les sommets. Blues roots pur et dur, I'll be gone" est tramé dans les cordes acoustiques et se distingue par un envol final à la slide.  

Une avenue harmonieuse toute tracée pour Jade Hairpins…

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« Harmony Avenues, c’est le premier album de Jade Hairpins, un projet qui réunit deux membres de Fucked Up, Jonah Falco et Mike Haliechuk.

Falco a assumé pour la première fois les fonctions de chanteur et de parolier principal et monté un groupe ‘live’ au sein de sa ville natale de Londres, en Angleterre. Il décrit sa musique comme si elle chevauchait le post-punk en s’inspirant de New Order, Scritti Politti et Orange Juice, mais en y ajoutant un sens de l'humour et de l'absurdité pompé chez Ian Dury et les Blockheads, Television Personalities et The Monks.

La vidéo de « J. Terrapin » est disponible ici

 

Cet Ohmme féminin fantasme sur les fantômes…

Écrit par

Fondé en 2014, mais sous le patronyme de Homme, Ohmme (est un groupe de rock issu de Chicago, réunissant le duo multi-instrumentiste Sima Cunningham et Macie Stewart. Depuis 2016, le drummer Matt Carroll est venu rejoindre le line up. Son deuxième elpee, « Fantasize Your Ghost », paraîtra ce 5 juin 2020.

Les auteurs-compositrices Sima Cunnningham et Macie Stewart son amies depuis plusieurs décennies et ont formé ce lien infrangible en se produisant au sein des nombreuses communautés musicales chicagoan et en collaborant avec des tas d’artistes aussi bien issus du monde indie rock que hip-hop.

Pour vous faire une petite idée du style pratiqué par la formation, deux vidéos sont disponibles sur la toile, “3 2 4 3” (ici) et “Ghost” (

Axel Flóvent en villégiature…

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Révélation indie folk islandaise, Axel Flóvent a publié son premier EP sur Nettwerk, ce 27 mars 2020. Intitulé « Tourist », ce disque inclut le single éponyme ainsi que 3 autres titres dont le puissant « Sea Creatures », à découvrir ici. A peine trois EPs au compteur et Axel Flóvent s’impose déjà comme un artiste qui compte sur la scène indépendante islandaise notamment grâce à son premier single « Forest Fires » qui cumule désormais pas moins de 40 millions de streams. A conseiller vivement, si vous appréciez la musique de Sophia…

Jeremiah Johnson

Heavens to Betsy

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Jeremiah Johnson est originaire de St Louis, dans le Missouri. Il y a d’ailleurs passé toute sa jeunesse. Parmi ses références majeures, il cite Eric Clapton, Alvin Lee, Hank Williams Sr et Jr. En 1999, il part vivre à Houston, au Texas. Il y restera une dizaine d'années. Le temps de bien assimiler le Texas blues. De retour sur sa terre natale, ce chanteur/guitariste décide d’intégrer ces nouvelles influences à son blues/rock. Ce n’est qu’à partir de son quatrième opus, "Grind" (NDR : gravé en 2014, il bénéficie du concours de Devon Allman à la production), qu’il est enfin reconnu par la critique. Il embraie par "Blues heart attack", en 2016, avant de signer sur le label allemand Ruf. Ecurie pour laquelle il sort "Straitjacket", en 2018, un long playing mis en forme par Mike Zito. "Heavens to Betsy" constitue donc son 7ème LP.

Le disque s’ouvre en force par "White lightning", un southern rock très bien ficelé, manifestement marqué par la large famille Allman. Les cordes de Jeremiah occupent tous les espaces libres et prennent leur envol dès qu’elles en ont l’occasion ; à l’instar de "Soul crush". Mais dans l’ensemble, c’est le saxophone de Frank Bauer qui souffle sur les braises. La voix colle parfaitement à "Tornado", une superbe fresque sudiste réminiscente de Devon Allman. Le répertoire de Johnson est varié. Ainsi, "Ecstasy" est une ballade lente aux accents pop, chaleureusement tapissée par l'orgue de Steff et au sein de laquelle le sax de Bauer s’incruste. Caractérisés par leurs riffs puissants, "Forever and a day" et "American steel" nous replongent dans le rockin' blues des années 70. Pensez à Bad Company voire à Whitesnake. Particulièrement country, americana même, "Leo Stone" conjugue cordes acoustiques et électriques, ces dernières flirtant avec le style de Dickey Betts. Dans le même genre, "Long way home" est une plage rappelant le Band de Bob Dylan, une remarquable ballade à la solide mélodie, à l’ambiance décontractée et au climat généreusement nappé d’interventions à l'orgue Hammond. Jemeriah nous réserve également deux rock'n'roll dynamiques, "Castles in the air" et "Preacher's daughter". Une seule reprise sur ce long playing, le franchement blues "Born under a bad sign" de Booker T Jones. Le célèbre Albert King l’avait traduit en succès dès 1967, alors que l’année suivante, le trio anglais The Cream en avait réalisé une superbe version…   

Grimme

Un hôtel, une étoile

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Originaire de Lyon, Victor Roux a fait ses armes au sein de plusieurs groupes rhônalpins (Azrael, XX Mariani, entre autres) avant de se lancer dans une carrière solo. Et manifestement, c’était un bon choix. 

En 2015, il opte pour le patronyme Grimme et se forge un univers bien personnel, jonglant aussi bien avec les sons, la peinture, la sculpture que les images.

« Un hôtel, une étoile » est une invitation au voyage animée d’une espièglerie finement dosée. Un aller-retour passé/présent au cours duquel un grain de voix clandestin subtilement craquant se pose sur de jolies envolées orchestrales.

Très poétique dans l’âme, l’œuvre surprend par ses compositions pop/folk aériennes et colorées, hybrides dans la construction, où se mêlent transversalité vintage et horizontalité contemporaine.

Les propos du songwriter prennent une dimension particulière lorsqu’ils s’abandonnent sur un lit de guitares réverbérées et synthétiseurs old school, laissant le mélomane dans un entre-deux rêve éveillé où le libre arbitre n’a plus raison d’exister. On se laisse submerger par une vague d’émotions soudaines aux horizons lointains.

Superbes, les arrangements communiquent davantage de profondeur à cette musique intergénérationnelle où les fluctuations vivifiantes et chatoyantes permettent de mieux traverser les affres du temps.

Si vous aimez l’univers sulfureux de Syd Matters, alors cet opus est fait pour vous.

Finalement, et si Grimme était un conte ?